Catégorie : Actualités

  • Sahara Occidental : Vidéo d’une intervention de la police marocaine à Bojador

    Une des intervention de la police à Bojador le 21/01/2016
    Les caméras des jeunes de l’Intifada Sahraouie ont capturé une des violentes interventions des forces de répression à Bojador, ville occupée du Sahara Occidental à 170 km au sud d’El Aaiun.
    Les autorités du Maroc ont procédé à la coupure de l’électricité dans la ville avant de donner feu vert aux forces anti-émeutes l’ordre d’assaillir les maisons de la population civile sahraouie.
    Dans la vidéo, les policiers sont visibles sur les toit d’une maison en vue de pénétrer dans l’habitation pour arrêter quelques jeunes soupçonnés d’avoir participé dans la manifestation du 21 janvier 2016.
    Une intervention musclée qui prouve s’il en est besoin de la cruauté de l’occupation marocaine au Sahara Occidental, comme elle prouve le modèle de droits de l’homme du Maroc dont le rapport annuel de Ban Ki-moon ne cesse de vanter. Il y a lieu de se demander sur les raisons du silence du CNDH sur ces événements. Cette institution créée par le gouvernement marocain dans le but de défendre les intérêts de l’occupation et museler les voix de la liberté sahraouies.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=OtgRCeAZ1eg]

  • Moroccoleaks : Maroc sollicite l’assistance de l’OTAN contre le « risque éminent de la menace terroriste provenant de la Libye »

    Le Maroc, pays qui dans le but de s’assurer le contrôle du territoire du Sahara Occidental, ne cesse de clamer un statut de puissance régionale, est incapable d’assurer la sécurité de son propre territoire. Rabat a demandé protection aux forces de l’OTAN contre, selon une note confidentielle, un « risque éminent de menace terroriste provenant de Libye ».

    Dans une note de la Mission du Maroc auprès de l’Union Européenne, Bruxelles, signée par l’ambassadeur Menouar Alem, celui-ci signale qu’il a été « saisi par les responsables de l’OTAN au sujet de la requête que Monsieur le Secrétaire Général du MAEC a introduite auprès de ladite organisation pour solliciter son assistance concernant le risque imminent de la menace terroriste en provenance de la Libye ».
    L’ambassadeur marocain signale que « l’option consistant à faire appel à une assistance totale de l’OTAN allant jusqu’au contrôle de la police et l’assistance dans la surveillance aérienne interne s’avérerait très complexe eu égard aux considérations politiques internes ».

    « Il a été convenu de maintenir le contact avec les responsables de l’OTAN pour la suite qui sera réservée à cette requête », conclue la note.
  • Moroccoleaks : Le MAE sénégalais demande de l’argent pour payer le pélérinage des siens

    Objet : Requête du MAE sénégalais pour 3 places du pèlerinage
    Il faut dire que les pays dits « amis » du Maroc savent soutirer les dividendes de cette « amitié » au détriment du contribuable marocain en vue de défendre les positions du Maroc sur le conflit du Sahara Occidental. Leurs personnalités n’hésitent pas à demander des faveurs traduits en argent comptant et trébuchant. Un exemple dévoilé par la documentation confidentielle fournie par le dénommé Chris Coleman24.
    Dans une note de l’ambassade du Maroc à Dakar, en date du 1er août 2014, signé par l’ambassadeur Taleb BARRADA, ce dernier porte à la connaissance du MAE marocain et son département que le MAE sénégalais M. Mankeur NDIAYE, lui a fait part de son souhait d’obtenir du Maroc « trois places de pélérinage qu’il souhaiterait octroyer à ses proches ».
    « A noter que l’année dernière une enveloppe de trois laces complètes lui avait été remise en mains propres », rappelle la note, soulignant qu’ « il attire l’attention que le dernier délai de bouclage des règlements pour La Mecque, au Sénégal, est fixé à la dernière semaine de ce mois d’Août ».
    « Je vous prie de bien vouloir accepter le principe de ce soutien et donner vos instructions pour que les montants conséquents soient adressés au Ministre Mankeur NDIAYE qui a toujours régis positivement à nos démarches et doléances », conclue la note.
    Haute considération
    L’Ambassadeur Taleb BARRADA

  • Moroccoleaks : Entretien téléphonique avec l’Ambassadeur Rosemary Dicarlo (1er août 2014)

    Objet : Question Nationale/ entretien téléphonique avec l’Ambassadeur Rosemary Dicarlo
    J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que j’ai reçu, ce matin, un appel téléphonique de l’Ambassadeur Rosemary Dicarlo, Représentant Permanent Adjoint des Etats Unis à New York en charge de la question Nationale, qui a voulu m’informer que ses autorités « ont les inquiétudes » suivantes au sujet de la question du Sahara :
    • La limitation par les autorités marocaines du mouvement du personnel des Nations Unies et de la
    MINURSO au Sahara, 
    • Au sujet du processus politique, Christopher Ross a programmé de visiter le Maroc et souhaite que sa visite ait lieu le plus rapidement possible,
    • Les Etats Unis attendent que le Maroc accorde, rapidement son plein soutien à Madame Kim Bulduc, nouveau Représentant Spécial du Secrétaire Général,
    • Durant la dernière visite de Sa Majesté le Roi à Washington, un accord a été conclu pour :
    – Etablir un programme de visites régulières du Haut-Commissariat pour les Droits de l’Homme
    au Sahara,
    – L’enregistrement de plus d’ONG originaires du Sahara,
    Cesser les poursuites judiciaires des civils par le tribunal militaire, mais les progrès sont très lents sur ces trois questions
    • Durant le dernier entretien entre Monsieur l’Ambassadeur Omar Hilale et L’Ambassadeur Samantha
    Power, RP des Etats Unis, cette dernière a été « surprise » par l’affirmation de l’Ambassadeur Hilale
    qui l’a informée qu’étant celui qui a conclu les termes de référence de la visite des experts du HCDH
    au Sahara, il n’a jamais été question de visites régulières ou de programme de visites au Sahara.
    Enfin l’Ambassadeur Di-Carlo m’a informé que ces « inquiétudes » (concerns) seront également communiquées par l’Ambassade des Etats Unis à Rabat aux autorités marocaines.
    Haute considération
    L’Ambassadeur Permanent Adjoint
    Abderrazzak Laassel
  • Mohamed Abdelaziz en appelle à Ban Ki-moon

    Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a demandé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, d’«intervenir» en urgence pour protéger les citoyens sahraouis dans les territoires occupés contre l’oppression exercée par les forces d’occupation marocaines, rapporte avant-hier l’agence de presse sahraouie (SPS).
    Le président sahraoui a adressé un message au SG de l’ONU dans lequel il l’exhorte à «intervenir» pour permettre aux citoyens sahraouis de jouir de leur droit au rassemblement, la liberté d’expression pacifique ainsi que le droit de communication avec les observateurs internationaux, précise la même source. L’appel du Président Abdelaziz fait suite à deux attaques lancées par les forces d’occupation marocaines destinées à réprimer deux manifestations pacifiques les 13 et 16 juillet, causant plusieurs blessés, selon SPS. «Les rapports émanant des organisations internationales spécialisées confirment de manière incontestable que les violations des droits de l’homme par le gouvernement marocain vont crescendo», ajoute la même source.
    Le SG du Polisario a ainsi dénoncé la politique de tergiversation pratiquée par le Maroc vis-à-vis des efforts de l’ONU et du processus de négociations destinés à la décolonisation du Sahara occidental, suggérant que de «pareilles politiques doivent être combattues énergiquement à travers le monde». Il a en outre demandé à la communauté internationale «d’exercer toutes les pressions et d’imposer des sanctions contre le Maroc afin d’amener ce dernier à se conformer à la légalité internationale, à mettre fin à la spoliation des richesses naturelles du peuple sahraoui et à démanteler le mur (militaire) de séparation».
    L’appel aux armes n’est pas à écarter, selon le chef de la diplomatie sahraouie
    Par ailleurs, la libération des humanitaires européens enlevés dans les camps des réfugiés sahraouis et le blocage des pourparlers de paix après le retrait de confiance par le Maroc au médiateur des Nations unies, Christopher Ross, ont été évoqués avant-hier par le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, dans le dernier numéro de la revue italienne de géopolitique Limes. Sur le rôle joué par les dirigeants sahraouis dans l’affaire des otages européens, une Italienne et deux Espagnols, le ministre sahraoui a expliqué que les dirigeants sahraouis avaient établi «immédiatement» après l’enlèvement des contacts avec leurs homologues de Mauritanie, du Mali, du Niger et du Burkina Faso, mais aussi avec les gouvernements italien et espagnol. «Le seul but était de libérer les otages et les ramener chez eux en toute sécurité. Nous avions favorisé la voie diplomatique en mettant en action les services de renseignement, en évitant le recours à l’action militaire». Et d’ajouter que l’échange d’informations concernant l’état de santé des trois coopérants et sur les lieux où ils étaient détenus, était constant, affirmant que les dirigeants sahraouis savaient parfaitement dans quelle région du Mali ils étaient. Estimant que l’évolution de la situation Mali et dans la région du Sahel a compliqué d’une «façon dramatique» les négociations avec les ravisseurs, il a confié : «Toute cette région est une poudrière, à un certain moment entre mai et juin, nous avions craint le pire pour les otages». «Le Mali est dans une totale anarchie, dans ce couloir qui va du Tchad, en passant par le Niger, le Mali, la Mauritanie et aboutit au Sahara occidental, les partisans de l’extrémisme islamique continuaient à tenter de faire régner la chaos. C’est dans cette région que prolifèrent les conflits, les attentats et les enlèvements dont certains finissent mal», a-t-il expliqué.
    Pas de cellules djihadistes dans les camps de réfugiés
    A une question sur l’état actuel du conflit du Sahara occidental, le ministre a estimé que le rejet des revendications des Sahraouis et le mépris de beaucoup de résolutions de l’ONU par le Maroc ont fait naître un «désir croissant» du peuple sahraoui de retourner aux armes, en particulier chez les jeunes. «Mais je voudrais exclure l’existence de cellules djihadistes dormantes dans les camps de réfugiés ainsi que dans le Sahara occidental occupé», a-t-il encore affirmé.
    Par ailleurs, M. Ould Salek, qui a qualifié la décision unilatérale du Maroc de retirer sa confiance à Christopher Ross de «choix gravissime», a rappelé que les Etats-Unis et les Nations unies ont fermement réitéré leur confiance à un homme qui «a toujours servi la voie d’un règlement juste du conflit, auquel sont liés de nombreux espoirs et attentes». Il a, dans ce contexte, relevé que le Maroc défie la communauté internationale et arrête les négociations, ajoutant que ces dernières années les négociations avançaient lentement et ont conduit à des résultats minimes, mais elles ont laissé ouverte la voie du dialogue et contribué à contenir les exigences du retour à la lutte armée. «Je crains que cela va devenir de plus en plus difficile à tenir à distance l’appel aux armes», a-t-il cependant indiqué.
    A.F.
  • Le Mujao infiltré par les «services» marocains

    Le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, dans un entretien accordé à un journal italien, a suggéré à demi-mot que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), groupe terroriste récemment créé à la suite d’une scission d’avec l’Al Qaïda au Maghreb arabe (AQMI), pourrait avoir été infiltré par les services secrets marocains.
    Notre journal avait été le premier à explorer cette piste, sachant que ce groupe terroriste, dont la naissance est assez floue, et qui est dirigé par un terroriste libéré par ATT, l’ancien président malien, sur demande instante de la France, s’en prend exclusivement à l’Algérie et au Polisario. Ce groupe, en effet, est derrière l’enlèvement de nos sept diplomates à Gao, ainsi que celui des trois travailleurs humanitaires sahraouis dans le camp de Rabouni. 
    Il se trouve également derrière les deux attentats à la bombe qui avaient visé les brigades de gendarmerie de Ouargla et de Tamanrasset. Dans la foulée, nous avons également obtenu confirmation d’une autre information donnée en exclusivité sur ces colonnes, à savoir que l’émir local d’AQMI, Abou Zeïd, a bel et bien élu domicile au niveau de l’ancien palais de Mouamar Kadhafi, sis à Tombouctou.
  • La solution du conflit du Sahara passe par Paris

    Mohamed Abdelaziz met l’ONU au pied du mur

    Pour le Président du Sahara occidental, l’ONU tergiverse dans le règlement du conflit du Sahara, pendant que certaines grandes puissances continuent d’apporter leur soutien au Maroc et piétinent de ce fait les traités des droits de l’homme.

    Suite aux dernières déclarations faites dans la ville de Boumerdes ce week-end dernier, Mohamed Abdelaziz tente de ramener la France de son côté afin de négocier en pole position la solution à son conflit. Cependant aucune réaction n’a été encore visible chez la France de François Hollande depuis ces dernières déclarations du moins optimistes du Président Sahraoui Mohamed Abdelaziz. Il a, rappelons-le estimé que «la solution du conflit du Sahara occidental ne peut venir que de Paris», faisant allusion a une intervention diplomatique de François Hollande. Selon Mohamed Abdelaziz le geste du Président Français pourrait changer la donne et obliger Rabat a accepter des négociations qui aboutissent vraisemblablement a une solution définitive du conflit. Rappelons que le Président du Sahara occidental s’est rendu durant ce week-end dernier dans la ville côtière de Boumerdes située a 40kilometre a l’Est de la Capitale (Alger). Sa visite a été effectuée dans le cadre des festivités de l’université d’Eté organisées par le Polisario. A la suite de la clôture des travaux de l’université d’Eté, Mohamed Abdelaziz a tenu une conférence de presse au cours de laquelle plusieurs questions liées principalement a la situation au Sahara occidental ont été développées.
    Dans son intervention le président Sahraoui a insisté toujours sur le rôle de la France qu’il estime encore une fois prépondérant dans la solution du conflit avec le Maroc. Il souhaite aussi que la France exige du Royaume Cherifien de  respecter les résolutions de l’ONU et celles de l’union Africaine. Mohamed Abdelaziz dira clairement «c’est un appel pressant que je lance à François Hollande dont nous avons un grand espoir. Sur un autre registre, Mohamed Abdelaziz a fustigé certains pays dit influents qui soutiennent le Maroc à perpétuer sa mésaventure contre le peuple sahraoui, pendant que d’autres pays aussi puissants persistent dans leur silence face aux violations de droits de l’homme et la répression dans les territoires occupés». Dans le souci de libérer les détenus politiques Sahraouis et pour connaître le sort des autres prisonniers qui se trouvent encore dans les geôles Marocaines, Mohamed Abdelaziz a également exhorté l’ONU à exercer son droit pour prendre des sanctions à l’égard des autorités chérifiennes.  A.Timizar
  • Belkhadem décline l’invitation de Ghannouchi après ses propos pro-marocains

    Acculé par ses adversaires au sein du parti, notamment ceux du Mouvement de redressement et de l’authenticité (MRA) dirigé par Abdelkrim Abada qui l’accusent de vouloir donner une ligne islamique au parti, le SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a refusé de répondre à l’invitation que lui a adressé le président du parti tunisien Ennahda, Rachid Ghannouchi, pour assister au 9e congrès, le premier organisé dans la légalité qui s’est tenu récemment durant cinq jours dans la capitale tunisienne. 
    Il a tout poliment décliné l’invitation de peur d’être taxé encore une fois d’islamiste par ses opposants qui ne reculent désormais devant rien pour le déloger de son poste. Les vraies raisons de cette absence n’ont pas été dévoilées pour l’instant. Ni le MSP ni aucun autre parti islamiste n’a été invité à ce congrès. Une brochette de personnalités issues du mouvement islamiste mondial était présente à cette réunion. Près de deux cents personnalités à travers le monde, dont le président du bureau politique du mouvement palestinien Hamas, Khaled Mechael, le chef du parti islamiste soudanais de la Oummah, Sadok Mehdi, le président du Conseil national de transition libyen, Mustapha Abdeljalil, et le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, ont été invités à la séance inaugurale censée rassembler plus de 25 000 personnes. 
    Lors de la dernière crise interne qui a secoué le FLN, certains hauts responsables l’avaient accusé d’islamiser le parti en perspective de la présidentielle de 2014 qu’il veut remporter haut la main avec le soutien des islamistes. Cette volte-face n’est pas faite pour arranger les choses pour le SG du FLN qui entretient pourtant d’excellents rapports avec le leader tunisien. En effet, le chef du parti islamiste tunisien Ennahdha, Rachid Ghannouchi, qui a entamé sa première visite officielle à l’étranger par une visite de trois jours à Alger a rencontré en tête-à-tête le SG du FLN. Cette visite en Algérie a été qualifiée tantôt de «privée» par le porte-parole d’Ennahda et d’«officielle» par la presse nationale. Mais la dernière version reste la plus plausible puisque le lendemain de son arrivée, Ghannouchi a été reçu officiellement par le président Bouteflika dans le palais d’El-Mouradia. Pourtant, les relations de Ghannouchi avec l’Algérie s’étaient tendues après ses propos pro-marocains concernant la question du Sahara occidental. Il avait pris cause pour la version marocaine. De plus, Rachid Ghannouchi s’est rendu à plusieurs reprises en Algérie dans les années 1980 sous le régime de Chadli Bendjedid. Il a été ensuite l’un des «conseillers» du FIS dissous à partir de son exil de Londres. La dernière visite du patron d’Ennahdha date du mois d’août dernier. Il était venu assister aux obsèques de l’ancien ministre des Affaires religieuses, Abdelhamid Chibane. 
    Mahmoud Tadjer
    Le Jeune Indépendant, 21/07/2012
  • Sahara Occidental : Droite ou gauche, Paris toujours alignée sur les thèses marocaines

    par Yazid Alilat
    Ce n’est ni une surprise, ni un secret: la France actuelle, qu’elle soit dirigée par la droite ou la gauche, reste toujours le soutien le plus fidèle aux thèses expansionnistes du Maroc, au Sahara Occidental. 
    A peine l’épisode Sarkozy estompé, voilà que la France officielle réitère, sans grande retenue du reste, son plein appui à l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc, et, dans la foulée, se dit respectueuse des résolutions de l’ONU sur ce dernier conflit de décolonisation en Afrique. De passage au Maroc où il a visité des projets d’habitat financés par la France, le ministre français chargé du Développement Pascal Canfin, a affirmé que la France «appuie» toujours le ‘plan d’autonomie’ proposé par le Maroc, pour résoudre le conflit du Sahara Occidental. Lors d’une conférence de presse à Rabat avec le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères Youcef Amrani, il a déclaré que la France réitère cette position «qui n’a pas changé». «Nous appuyons le plan d’autonomie marocain qui est pour nous, la seule proposition crédible sur la table des négociations», a-t-il précisé, ajoutant que la France «soutient» aussi la «recherche d’une solution politique à cette question sous l’égide des Nations unies et conformément aux résolutions qui ont déjà été adoptées». 

    Le soutien, sans faille, de la France aux thèses marocaines, quant à l’avenir du Sahara Occidental, vient jeter une ombre sur les espérances des uns et des autres quant à un certain recul, attendu de la part de la gauche, quant à la situation actuelle d’impasse dans laquelle la décolonisation de ce territoire a été créée par Rabat. Les déclarations de Canfin battent en brèche les affirmations, dimanche dernier à Alger, du chef de la diplomatie française Laurent Fabius sur la recherche des moyens d’arriver à une paix durable dans la région. D’autant que les efforts de tous sont actuellement requis pour lutter contre la grande menace du terrorisme au Sahel, et qui met entre parenthèses tous les efforts de développement de ces vastes territoires. 
    Pour autant, la France a toujours bloqué les résolutions de l’ONU sur l’avenir du Sahara Occidental, notamment dans la mise en oeuvre du plan onusien du référendum d’autodétermination, que Rabat a toujours ignoré, bloqué, sinon saboté depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et l’apprêt des combats en 1991. 
    Le plan d’autonomie est la seule proposition mise sur la table par les autorités d’occupation marocaines, lors des négociations organisées sous l’égide des Nations unies et menées par l’envoyé personnel du SG de l’ONU, le diplomate américain Christopher Ross. Par contre, le Front Polisario a, lors des différents rounds de ce processus, déclaré qu’il est ouvert à toutes les propositions sur l’avenir du territoire, mais à travers un référendum au cours duquel les Sahraouis s’exprimeront librement sur leur avenir politique. 
    Les négociations entre le Maroc et le Front Polisario, qui se tiennent à Manhasset, près de New York, sont pour le moment gelées, le Maroc ayant entre temps récusé l’envoyé personnel de Ban Ki Moon, l’accusant de partialité. Une manoeuvre habituelle de la diplomatie marocaine pour renvoyer indéfiniment la résolution d’un conflit né de l’invasion du Sahara Occidental en 1975 par les troupes marocaines. 
    Dimanche à Alger, Laurent Fabius avait souhaité un rapprochement des positions du Maroc et de l’Algérie sur ce dossier, précisant que la position de la France était celle «défendue par les Nations unies». En fait, ‘’il n’y a aucune contradiction, fait-on valoir aujourd’hui au Quai d’Orsay, le plan d’autonomie est une bonne solution, mais cela relève de l’Onu ». Selon un responsable du Quai d’Orsay, interrogé par RFI, le règlement du conflit entre Sahraouis et Marocains a peu de chance d’aboutir avec les Nations unies, qui depuis vingt ans n’ont pas réussi à désensabler l’épineux dossier. « Il ne faut pas se leurrer, ajoute-t-il, la solution passera par une réconciliation entre l’Algérie et le Maroc ». A Alger, Laurent Fabius avait insisté sur la dynamique de rapprochement engagée entre ces deux nations du Maghreb, en proposant même, si les Algériens et les Marocains le souhaitaient, l’aide de la France. Paris, en somme, quelle que soit sa couleur politique, ne veut pas changer de fusil d’épaule, quant au conflit sahraoui, le dernier dossier de décolonisation en Afrique, encore sur la table des Nations unies.
  • L’Onu pour la mise en place d’un gouvernement représentatif

    Le représentant spécial du secrétaire général des Nation unies pour l’Afrique de l’Ouest a déclaré, jeudi, que le règlement de la crise au Mali passe avant tout par l’installation d’un gouvernement représentatif. 

    Tarek Hafid – Alger (Le Soir)– L’Organisation des Nations unies fait du dialogue une «priorité» pour le retour de la stabilité au Mali. «La promotion d’un dialogue nécessaire, d’une part entre les Maliens pour mettre au point une feuille de route de sortie de crise, notamment en vue d’organiser des élections présidentielles, et d’autre part pour garantir le recouvrement de l’intégrité territoriale du Mali par le dialogue», a affirmé, jeudi, Saïd Djinnit, le représentant spécial de Ban Ki-moon pour l’Afrique de l’Ouest, lors d’une conférence de presse animée au Palais des Nations de Genève. 
    Djinnit a estimé «incontournable » l’installation d’un gouvernement représentatif, rapporte l’Agence presse service. Il rappelé à ce titre l’appel des pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à l’installation d’un gouvernement d’union nationale incluant toutes les parties. Cependant, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU n’écarte pas l’option militaire. «Même si le dialogue est la priorité, une action militaire n’est pas à exclure», a souligné Saïd Djinnit. Selon lui, la situation sécuritaire reste très préoccupante du fait de «l’arrivée, suite au conflit en Libye, de grandes quantités d’armes et de personne étrangères ». 
    Pour l’heure, les organisations terroristes contrôlent toujours la quasi-totalité du large territoire du Nord. C’est dans cette zone qu’étaient détenus les otages espagnols Enric Gonyalons et Ainhoa Fernandez Rincón ainsi que l’Italienne Rossella Urru. Kidnappés le 23 octobre 2011 dans un camp de réfugiés sahraouis, près de Tindouf, ces trois otages européens ont été libérés, mercredi, et ont pu rejoindre leurs pays d’origine via le Burkina Faso. Selon un responsable du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) cité par l’AFP, cette libération est intervenue après le versement d’une rançon de 15 millions d’euros. Cette même source a évoqué la libération d’un «moudjahid» emprisonné en Mauritanie. 
    Cette nouvelle affaire pose une nouvelle fois la problématique du versement de rançon. Le Mujao, organisation terroriste particulièrement active, notamment contre les intérêts algériens, dispose déjà d’une trésorerie conséquente du fait de son implication dans le trafic de drogue international. En lui versant 15 millions d’euros, l’Italie et l’Espagne auront contribué au renforcement de ses capacités en hommes et en armes.
    Le Soir d’Algérie, 21/07/2012