Catégorie : Algérie

  • Algérie : Les hôpitaux en alerte

    Les structures sanitaires, du moins celles qui sont habilitées à accueillir et à prendre en charge les malades Covid-19, sont en alerte, en prévision d’une augmentation soudaine et significative du nombre de contaminations. Le ministre de la Santé, qui s’est réuni samedi dernier avec les responsables des établissements sanitaires de la capitale, dans le but de tout mettre en œuvre pour faire face à une hausse brutale des cas Covid-19, a instruit les directeurs des principaux hôpitaux concernés par l’épidémie de se tenir prêts à toute éventualité.

    Selon le docteur Mohamed Bekkat Berkani, qui a assisté à la réunion en sa qualité de membre du comité scientifique de suivi de l’épidémie du coronavirus en Algérie, la situation est déjà compliquée à Alger où des hôpitaux sont saturés et donc dans l’incapacité de recevoir de nouveaux cas. Les responsables des structures hospitalières comme le CHU Mustapha Pacha, le CHU Béni Messous ou l’hôpital Nefissa Hamoud (Hussein Dey) ont été instruits de procéder à une réaffectation de plusieurs services et prendre des mesures organisationnelles adéquates, afin d’être disposés à prendre en charge le surplus de patients, le cas échéant. Dans plusieurs hôpitaux du pays, la remobilisation des moyens logistiques et des personnels est donc à l’ordre du jour.

    Il y’a lieu de préciser que la situation épidémiologique ne cesse de s’aggraver de jour en jour, dans un contexte marqué par un relâchement quasi-généralisé de la part des citoyens dans le respect des gestes barrières. La tendance haussière des contaminations pour le 6èmejour consécutif le démontre et les multiples appels à une prise de conscience lancés par les autorités sanitaires illustrent l’inquiétude montante. Le bilan communiqué hier par le porte-parole du comité scientifique a fait état de 276 nouveaux cas confirmés de coronavirus et 7 décès.

    La situation est de plus en plus instable faisant craindre le pire avec la reprise des cours dans les collèges et les lycées, sans oublier le rendez-vous électoral programmé le 1er novembre prochain. Preuve qu’elle est préoccupante, à l’hôpital de Boufarik, le service des maladies infectieuses affiche complet depuis une dizaine de jours. Selon son responsable, le professeur Mohamed Yousfi, « il n’y a plus de place au niveau de l’hôpital pour accueillir les malades atteints de la Covid, les lits de tous les services Covid sont occupés. Aujourd’hui, on a été obligé de transférer les malades vers d’autres hôpitaux de la wilaya de Blida.

    Alors qu’il y a quinze jours, l’hôpital affichait un taux d’occupation autour de 30 à 40% ». Le ministère de la Santé, qui s’attend à une demande accrue de lits d’hospitalisation, semble déterminé à prendre les devants avant que les structures hospitalières ne soient dépassées, en mettant la pression sur les responsables, qui à leur tour, vont solliciter un personnel soignant au bord de la rupture, obligé de maintenir la mobilisation quelles que soient les circonstances. Mais à quel prix ?

    Il est à signaler que toutes ces mesures pourraient s’avérer insuffisantes, sans un sursaut des citoyens, dont le relâchement déplorable risque de mettre le pays dans une situation similaire à celle qui prévaut dans d’autres pays où la hausse des contaminations a amené les autorités à revenir aux dispositifs de confinement et de couvre-feu.

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 27 oct 2020

    Tags : Algérie, coronavirus, covid 19, pandémie, confinement,

  • Algérie : L’urne du changement

    Après un long marathon de trois semaines, la campagne explicative sur le projet d’amendement de la Constitution prend fin aujourd’hui à minuit. Un long périple a conduit les différents animateurs de cette campagne aux quatre coins du pays où ils ont prêché la bonne parole et mis en exergue les points forts de cet amendement qui sera soumis au peuple algérien ce 1er novembre.

    Une campagne qui, il faut le noter, s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles et où aucun incident, de quelque nature que ce soit, n’a été signalé.

    Les orateurs ont multiplié les sorties et les rencontres avec un auditoire de plus en plus nombreux qui a investi les salles où les leaders des partis politiques, les représentants de la société civile, les associations et les membres du gouvernement tenaient les meetings. La campagne a été le meilleur moyen pédagogique pour toutes ces forces afin de mettre en lumière les nouveautés qu’apportaient ces amendements et qui versaient toutes dans l’édification d’un nouveau modèle de gouvernance répondant aux attentes de millions d’Algériens désireux de voir les choses évoluer et changer dans le bon sens dans leur pays.

    Une Constitution, pour reprendre les discours des intervenants, qui « renforce les droits et les libertés comme et réduit le contrôle de l’administration sur les élus… répond à un important nombre des revendications du mouvement de protestation populaire du Hirak… pose les fondements de l’Algérie nouvelle et apporte du positif à l’égard de la jeunesse et de la femme… comporte des mécanismes qui permettent de construire une économie nationale prospère».

    Ce sont là, entre autres, les arguments avancés par les animateurs de cette campagne qui ont réussi, en grande partie, à mettre en relief les profonds changements qu’apporte cette novelle Constitution. Mais aujourd’hui, place aux seuls électeurs qui auront à se prononcer ce 1er novembre sur cette nouvelle mouture de la Constitution appelée à changer en profondeur les pratiques et les us politiques dans notre pays. Une

    Constitution sensée donner un nouveau départ au pays et garantir les droits fondamentaux du citoyen algérien qui veut voir les choses changer en profondeur dans son pays. Pour ce, le vote de ce dimanche est crucial pour l’avenir de l’Algérie et de tous les Algériens.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 28 oct 2020

    Tags : Algérie, 1er novembre, constitution, référendum, réformes,

  • Maroc : Le seul événement algérien partagé par la twittoma

    Le jour où le peuple algérien s’est levé contre le 5ème mandat du président Bouteflika, l’Algérie a attiré les regards de tous les marocains. Derrière cet intérêt de l’opinion publique marocaine se trouve, non pas des positions basées sur des principes démocratiques, mais le rêve de voir l’Algérie laisser tomber son soutien aux aspirations légitimes du peuple sahraoui à l’autodétermination e indépendance.

    Depuis l’élection présidentielle remportée par Abdelmajid Tebboune, les marocains ont laissé de s’intéresser à l’Algérie et de partager des Twits sur ce qui se passe dans le pays voisin de l’Est. Pourtant, il y avait des événements qu’on pourrait qualifier d’historiques et qui ont marqué la différence entre les dirigeants marocains et algériens. Pour la première fois, on voit dans un pays arabe des chefs de gouvernements, des ministres, des hommes d’affaires défiler devant la justice pour rendre compte de leurs méfaits liés à corruption, aunépotisme et au clientélisme.

    Il semble qu’au Maroc le fait de voir Saïd Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal pernocter en prison est un fait anodin. Les réformes apportées par la nouvelle Constitution algérienne semblent pas, non plus, attirer l’attention des marocains. Aucun de ces événements n’a mérité un twit de la part des braves journalistes et démocrates marocains. Du moins jusqu’à l’évacuation en Allemagne du président Tebboune. La nouvelle semble avoir réveillé les esprits des marocains qui l’ont vite relayée. Elle a ravivé leur vieux espoir de voir une relève susceptible de répondre favorablement à leurs ambitions expansionnistes. Notamment maintenant que le passage d’El Guergarate fait la une des journaux et les légumes marocaines pourrissent sur les routes du Sahara Occidental.

    Y a-t-il une chance que les marocains prient pour la rapide récupération de celui qui, à leurs yeux, incarne l’esprit du défunt président Houari Boumediène ? La réponse est bien connue de tous.

    Tags : Sahara Occidental, Algérie, Maroc, Front Polisario, Bouteflika, Hirak, Abdelmajid Tebboune,

  • Lutte antiterroriste : Tensions entre l’Algérie et la France

    Si les relations entre l’Algérie et la France traversaient déjà des turbulences en raison du refus français de rendre les archives de la Guerre d’Algérie et de la période de colonisation, un nouvel élément vient s’ajouter au valse et qui risque de créer des tentions entre Alger et Paris.

    En effet, l’armée algérienne vient d’interpeller dans la région de Tlemcen, Moustapha Derrar, un terroriste récemment libéré au Mali sous pression de la France dans un marchandage basé sur la libération de 200 terroristes et le paiement de plusieurs millions d’euros en guise de rançon en échange de la libération de trois ôtages.

    L’Algérie qui se trouve derrière la résolution onusienne incriminant le paiement de rançons aux groupes terroristes, voit d’un très mauvais oeil l’initiative française. Selon la presse locale, Alger compte poursuivre cette affaire à l’ONU.

    Dans un communiqué publié à cet égard, le ministère algérien de la défense a qualifié l’attitude française de « contraire aux résolutions des Nations Unies incriminant le versement de rançons aux groupes terroristes et qui entrave les efforts visant à combattre le terrorisme ».

    Pour rappel, Derrar a rejoint les groupes terroristes en 2012.

    Tags : Algérie, France, Mali, Sahel, terrorisme, ôtages, rançons,

  • Algérie : Le vote des expatriés en question

    par Abdelkrim Zerzouri


    Comment se comporteront les Algériens de l’étranger lors du référendum constitutionnel du 1er novembre ? Le vote des expatriés reste une inconnue à la veille de cet important rendez-vous. Les animateurs de la campagne référendaire, qui se sont fortement mobilisés durant trois semaines pour défendre avec force et argument le « Oui », n’ont pas manqué de souligner que le projet d’amendement constitutionnel soumis au référendum populaire le 1er novembre consacrera un rôle économique et social important à la communauté algérienne résidant à l’étranger, tout en préservant la dignité des vivants et celle des morts, qu’on ne pouvait même pas rapatrier pour les enterrer sur le sol de leurs aïeux.

    On rappelle également que l’exclusion de cette communauté par la Constitution de 2016, interdisant l’accès à certains postes de responsabilité aux binationaux (art. 63) notamment, ne sera qu’un mauvais souvenir d’une sombre période marquée par tant d’injustices. Déjà, bien avant l’avènement de la nouvelle Constitution, le président Tebboune a montré tout l’intérêt que porte le pays à ses enfants vivant à l’étranger. Mais quel écho tout cela devrait-il avoir ?

    Les électeurs de la communauté algérienne installée à l’étranger vont-ils répondre massivement à l’appel du devoir et exercer leur droit en exprimant leur choix entre le « Oui » et le « Non », ou va-t-on encore assister à une forte abstention qui nous rappellerait le faible taux de participation à l’élection présidentielle du 12 décembre dernier ? Les enjeux sont presque identiques, voire une continuation sur une même ligne pour poser le premier jalon de l’Algérie nouvelle, mais les sentiments seraient plutôt tempérés par rapport à la présidentielle, qui a connu de graves dérives qualifiées d’antidémocratiques par de nombreux observateurs.

    Les opposants à l’élection présidentielle ont tout fait, en effet, pour empêcher les expatriés de rejoindre l’urne, allant jusqu’à les intimider devant les portes des centres de vote, en sera-t-il de même ce 1er novembre ?

    Sur près d’un million d’électeurs recensés à l’étranger, seulement 8.69% ont voté à l’élection présidentielle du 12 décembre, un faible taux en partie dû au climat tendu créé par les opposants à cette élection, mais le rendez-vous du 1er novembre pourrait présenter un autre portrait de la participation des expatriés.

    Aucune élection ne ressemble à une autre. Et il y a également cette évolution dans les positions des électeurs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, dont il faut tenir compte sur le plan des tendances à l’abstention, à la participation et au boycott. Reste que les paramètres disponibles ne permettent pas de sonder avec précision ces penchants. En raison de la crise sanitaire, qui rend très difficile, voire impossible, tout déplacement à l’étranger, aucun média n’a pris le pouls de cette communauté algérienne établie à l’étranger au sujet du référendum constitutionnel, ni aucune rencontre organisée à l’étranger par les animateurs de la campagne référendaire.

    Bien sûr, il y a les représentations consulaires, présentes sur place, qui peuvent jouer un rôle dans le sens de la sensibilisation au vote, mais rien n’a filtré à ce propos. Une discrétion totale entoure ce genre d’activité, si activité il y a. De toute évidence, on devrait attendre le 1er novembre pour être fixé sur le comportement de vote des Algériens en général, et les expatriés en particulier, dont la distance qui les sépare de leur pays a été distendue par la Covid-19, en sus d’autres facteurs qui diffèrent des conditions de déroulement du vote à l’intérieur du pays, à l’exemple des longues distances à parcourir pour rallier les centres de vote dans un contexte marqué par le reconfinement à travers de nombreux pays, particulièrement en Europe où se concentre un grand nombre d’électeurs.

    Le Quotidien d’Oran, 28 oct 2020

    Tags : Algérie, Constitution, 1er novembre, référendum vote, communauté algérienne,

  • Grande mosquée d’Alger : Ouverture, aujourd’hui, de la salle de prière

    Cet immense hall, qui s’étend sur une surface de 20 000 m2 et peut accueillir jusqu’à 120 000 fidèles, sera ouvert à l’occasion de la fête religieuse du «Mouloud»

    La salle de prière de la Grande mosquée d’Alger sera inaugurée aujourd’hui à l’occasion de la fête religieuse du Mouloud. L’annonce en a été faite le mercredi 14 octobre par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui avait présidé une réunion du Gouvernement par visioconférence sur ce dossier ainsi que sur d’autres.

    A l’issue de cette communication, le Premier Ministre avait informé l’opinion du report de l’inauguration officielle de l’édifice religieux, programmée pour le dimanche 1er novembre, et annoncé les décisions du président de la République relatives à l’ouverture de la salle de prière de «Djamàa El Djazaïr» et à la levée de la suspension de la prière du vendredi.
    Selon le communiqué publié par les services du Premier Ministère, «la situation de la pandémie du Coronavirus (Covid-19) et son évolution au niveau mondial et national empêchent l’inauguration de Djamàa El Djazaïr en présence des autorités religieuses musulmanes des cinq continents, des institutions et universités du monde musulman, des organisations internationales islamiques, des oulémas et des intellectuels».

    «De ce fait, et une fois la pandémie passée, Monsieur le Président de la République procédera personnellement à l’inauguration de Djamàa El Djazaïr en présence des invités de l’Algérie», a-t-il encore été indiqué, pour préciser que l’ouverture de la salle de prière «coïncide avec la célébration du 1er Novembre 1954».

    Pour rappel, le chef de l’Etat avait annoncé, le 20 août dernier, l’inauguration officielle de la Grande Mosquée d’Alger pour le 1er novembre avant de laisser ouverte cette cérémonie qui devrait voir la participation d’invités étrangers et de représentants diplomatiques de pays musulmans accrédités en Algérie. Cependant, le chef de l’Etat risque d’être absent à l’ouverture de la salle de prière de «Djamàa El Djazaïr» en raison de son confinement volontaire de cinq jours depuis samedi dernier, et ce, après que plusieurs cadres supérieurs de la présidence de la République et du gouvernement aient présenté des symptômes de contamination au nouveau coronavirus (Covid-19).

    Un chantier ouvert en 2012
    Les travaux de la Grande mosquée d’Alger ont été entamés en 2012 par lEntreprise chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) pour se classer comme la plus grande d’Afrique et la troisième plus grande au monde après «Masdjid Al-Haram» de La Mecque et «Masdjid Al-Nabawi» de Médine. L’utilité, mais le coût surtout, de cet édifice dans une Algérie où le besoin d’infrastructure d’utilité publique se pose toujours, a nourri la polémique pendant des années. Cependant, au début septembre, l’Argentier du pays a mis fin à cette polémique. «Loin des surenchères avancées çà et là, le véritable coût global des affectations allouées à la construction de ce monument religieux, civilisationnel et politique est de 898 millions d’euros et non 3 milliards», comme rapporté, avait déclaré Aymen Benabderrahmane. La salle de prière, qui sera ouverte aujourd’hui au public, s’étend sur 20 000 m2 pour accueillir jusqu’à 120 000 fidèles, un chiffre qui ne sera probablement pas atteint avant longtemps en raison des risques de contamination à la Covid-19 et du maintien des gestes de prévention en vigueur pour les mosquées de grande capacité d’accueil. Déployée sur une superficie totale de 27,75 hectares la Grande mosquée d’Alger dispose de 12 bâtiments indépendants dont une grande bibliothèque riche d’un fonds bibliothécaire d’un million de livres et pouvant recevoir 3 500 personnes. Selon une fiche technique communiquée aux médias, elle dispose d’un centre culturel de 8 000 m2 de superficie, pouvant accueillir 3 000 personnes et d’une maison du Coran «Dar El Qoran», d’une capacité de 300 places, dédiée aux étudiants post-gradués algériens et étrangers en sciences islamiques et sciences humaines. La Grande mosquée d’Alger abrite également une médiathèque, une vidéothèque, une filmothèque, deux amphithéâtres, un amphithéâtre de 500 places avec salle de projection, une salle de travail d’une capacité d’accueil de 30 à 50 personnes, des espaces de projection, des ateliers d’art et un pôle informatique. Quant au minaret, il comporte 43 étages desservis par des ascenseurs panoramiques permettant d’observer la baie d’Alger et ses environs. Chaque étage est doté d’un espace fonctionnel dont une aire dentrée spacieuse, avec un grand foyer, prévu au pied du minaret, un musée et un centre de recherche pour l’art et l’histoire islamiques.



    Zinedine Zebar, photographe-reporter : «Vue d’en haut et de près, la mosquée est encore plus impressionnante»

    Entre 2015 et 2020, le photographe-reporter Zinedine Zebar a documenté les travaux de réalisation de la Grande mosquée d’Alger en se rendant sur le chantier et en prenant des centaines de photos à l’intérieur et à l’extérieur. Pendant cinq ans, il a suivi attentivement son évolution en regardant travailler les ouvriers et les maçons chinois qui, pierre par pierre, ont donné corps à ce qui va rester pendant longtemps sans doute le plus grand édifice religieux musulman jamais construit en Algérie.

    Entretien réalisé par Salim Benour

    Reporters : Depuis des années, inlassablement, vous photographiez la Grande mosquée d’Alger depuis les premières fondations pratiques à ce jour. D’où vous est venu cet intérêt pour l’édifice religieux ?

    Zinedine Zebar : Pour un photographe de l’évènement comme moi, je ne pouvais pas ne pas m’intéresser à la Grande mosquée d’Alger. Avant même que je ne décide de travailler dessus, je m’intéressais à son sujet en raison de la polémique qu’elle avait suscitée au moment de l’annonce du projet. Après, en regardant la maquette et en voyant que le projet était devenu d’importance nationale, pas seulement au plan religieux, j’ai décidé d’échafauder un plan de travail pour capter la naissance et l’évolution de la mosquée. Je devais choisir entre l’esthétique et l’information, j’ai davantage travaillé sur l’information même si je n’ai pas négligé les photos artistiques que j’espère exposer un jour à l’intérieur même de la mosquée ou ailleurs dans un lieu approprié.

    A quel moment précis avez-vous commencé à travailler sur le projet sans discontinuité ?

    J’ai pris le chantier en route, car en 2015, beaucoup de choses étaient déjà faites par les Chinois. Cela dit, les travaux déjà réalisés concernaient les fondations et tout ce qui est encore souterrain. Quand j’ai commencé à travailler sur la mosquée, les piliers montaient encore et l’ensemble du site était encore vraiment un chantier. Le projet s’est accéléré sous mes yeux si je puis dire et je l’ai vu prendre forme. Les centaines de clichés que j’ai réalisés témoignent de cette évolution vers la consistance et comment le site commençait déjà à marquer l’ensemble du paysage de la baie d’Alger. C’est surprenant comment un édifice peut modifier complètement des lieux qu’on croyait inchangeables.

    En dehors du monumental, qu’est-ce qui vous a le plus intéressé dans cette grande mosquée ?

    Je m’intéressais à tout. Dès l’entrée du chantier, j’avais la fièvre de photographier et de capter tous les mouvements matériels et humains à l’intérieur du chantier. Les restrictions de sécurité et le fait de ne pas gêner les travaux dans certains endroits particuliers, comme la coupole, ne m’ont pas permis de faire certaines photos. Quand des gens travaillent dans un chantier où la sécurité est un impératif, vous ne pouvez pas vous déplacer comme vous voulez. On fait la grimace et on passe son chemin, avec la compensation que vous n’avez pas raté grand-chose au point de vue de l’information photographique. Les photos aériennes que j’ai prises à différents moments du chantier ont été pour moi un moment professionnel et de plaisir intense. Je remercie l’Unité aérienne de la Sûreté nationale (UASN) pour m’avoir permis de prendre place parmi ses équipes héliportées et de m’avoir aidé à prendre les clichés que je voulais. Vue d’en haut et de près, la mosquée est encore plus impressionnante. On réalise ce que c’est comme prouesse architecturale et technologique même s’il existe dans le monde des constructions qui défient l’imagination que l’on a de l’art de bâtir. Pour vous dire, j’ai encore faim de ces prises aériennes que j’aimerai refaire parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir en fonction de la lumière, de la couleur du ciel, du temps qu’il fait.

    Continuerez-vous à travailler sur la Grande mosquée ?

    J’irai aujourd’hui regarder ce qui se passer durant l’inauguration de la salle de prière et d’observer comment se déroulera cette cérémonie qui restera dans l’histoire religieuse et architecturale du pays. J’irai aussi vendredi pour assister à la prière hebdomadaire, car cela me permettra de compléter mon travail en m’intéressant cette fois à l’humain, aux premiers instants où l’édifice religieux sera fréquenté par les premiers fidèles qui l’aborderont.

    Reporters DZ, 28 oct 2020

    Tags : Algérie, Grande Mosquée, Aïd El Maoulid,

  • Algérie : Les fauteurs de troubles à la manœuvre

    Déboutés par le peuple qui refuse de marcher dans leur combine, consistant à remuer ciel et terre pour provoquer le chaos en Algérie, les voilà de retour, ces éternels semeurs de troubles qui, trouvant prétexte dans le confinement préventif du chef de l’État, déploient leur propagande médiatique au grand jour. Pour ce faire, ils s’adonnent à leur sport favori, celui de colporter les rumeurs dans les mailles des réseaux sociaux. Pas que, puisque ces fake news sont saupoudrées d’une bonne salve de commentaires calomnieux.

    L’adhésion du peuple à la démarche du président Tebboune dont le rendez-vous du dimanche prochain constitue la rupture avec le passé dérange les forces du mal et autres chargés de mission télécommandés par les ennemis de l’Algérie. Ils étaient nombreux en effet, à l’affût, ces commandos des cellules dormantes de l’ex-FIS, cloitrés dans leurs bureaux élus dans les capitales étrangères, et tapis derrière l’écran, manœuvrent à coup de cacophonies qu’ils tiennent pour des infos « exclusives ».

    Dans un contexte régional explosif et un monde déréglé, la stabilité et la force de l’Algérie dérangent les intérêts occultes de certaines officines étrangères qui ont envoyé leurs missionnaires attitrés pour tenter de semer le doute, la panique et la confusion au sein du peuple qui vit en communion avec son Président et son Gouvernement.

    Par des montages Photoshop, invention de fausses informations et la publication de posts anonymes sur des réseaux sociaux, les professionnels de la désinformation essayent de détourner l’attention sur leurs échecs répétés à faire sortir le peuple dans la rue. Ces missionnaires, qui ont vendu leurs âmes pour quelques dollars et euros doivent savoir que le peuple est éveillé et conscient des enjeux du moment. Ce même peuple les a démasqués et a fait échec à leurs plans vils et mesquins.

    L’entente entre le Président et son Peuple et entre lui et l’Institution militaire ne sont pas faits pour arranger les choses pour les charognards qui sévissent sur la toile.
    Farid Guellil

    Le Courrier d’Algérie, 28 oct 2020

    Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, Constitution, référendum, 1er novembre,

  • Algérie : «La France résiste à rendre les archives coloniales algériennes» (Chikhi)

    L’Algérie se réservera le droit de faire appel à la Cour international si le gouvernement français ne donne pas suite aux demandes de l’Algérie a déclaré M. Abdelmadjid Chikhi.

    S’exprimant mardi lors d’une intervention sur les ondes radio de la Chaîne 3, le conseiller du président chargé des archives et de la mémoire nationale a fait savoir que l’Algérie n’entend pas renoncer à sa volonté de récupérer les archives et le patrimoine matériel qui lui ont été enlevés pendant la période coloniale et qui se heurte au blocage du côté français.

    M. Chikhi, considère que tout le patrimoine qui a été volé par la France pendant les 132 ans de la brutale colonisation de l’Algérie, «doit retourner ».

    Pour lui, toutes les archives, objets historiques et culturels relatifs à l’histoire du pays et illégalement transférés par l’occupant en France, doivent lui être restitués, constatant, à cet égard, une «résistance» de Paris à se conformer à la demande maintes fois réitérées par l’Etat algérien.

    Chikhi a noté que les contacts initiés pour résoudre ce problème ont tendance à «s’éterniser», observant que lorsque les chercheurs algériens se rendent chez leurs homologues français pour discuter, «ils restent sur leur faim».

    Constatant une «résistance viscérale» pour répondre à la demande légitime de l’Algérie de reprendre le contrôle de son patrimoine, il a néanmoins noté «une certaine volonté» de la part de l’autre partie, qui pourrait conduire à des résultats «plus heureux». Mais, a-t-il tempéré, nous n’avons pas avancé en raison de la situation défavorable engendrée par la pandémie de Covid 19.

    Concernant l’historien Benjamin Stora, chargé d’animer les débats côté français, il a relevé un état d’esprit qui pourrait, selon l’orateur, «contribuer à faciliter un dialogue, qui devrait reprendre prochainement».

    Parmi les archives demandées par l’Algérie, M. Chikhi a également évoqué celles relatives aux essais nucléaires français dévastateurs effectués au Sahara algérien, qui ont notamment abouti à des traces indélébiles sur les habitants de cette région et leur environnement.

    Avec Echourouk

    Tags : Algérie, France, colonisation, colonialisme, crimes, répression, guerre d’Algérie,

  • Algérie : Chute du dinar, pouvoir d’achat impacté

    Baisse progressive de la valeur de la monnaie nationale depuis 2014 : Chute du dinar, pouvoir d’achat impacté

    Les glissements successifs du dinar par rapport à l’euro et au dollar, depuis la chute des prix du pétrole en 2014, ont eu des répercussions négatives sur le pouvoir d’achat des ménages. Et la tendance va se poursuivre en 2021, 2022, 2023, selon les projections du projet de loi finances 2020.

    Cette série de baisses cumulées sur plusieurs années constitue une véritable dévaluation du dinar. Qu’on en juge. Sur le marché officiel, il faut 128,65 dinars pour un dollar américain et 152,208 dinars pour un euro. En 2014, la monnaie nationale était cotée à 80,56 dinars pour un dollar et 106,91 pour un euro. Soit une dévaluation de plus de 50% pour le dollar américain et plus de 30% pour l’euro depuis. Ce qui veut dire que les politiques des gouvernements précédents ont utilisé, ces dernières années, cette baisse du dinar par rapport au dollar américain, notamment pour augmenter les recettes fiscales afin de réduire le déficit du budget en forte augmentation. Le gouvernement Djerad ne semble pas opérer de rupture avec ces manœuvres monétaires puisque le projet de loi des finances 2021 prévoit, pour l’année prochaine, une baisse de 5% de la valeur du dinar. L’inflation ou hausse des prix, conséquence d’une inflation importée, corollaire de cette politique, est estimée selon ce texte à 5% en 2021, plus de 4% en 2022 et 2023.

    Eviter le syndrome latino-américain

    Sur le marché noir de la devise, c’est la flambée. Il faut désormais 202 dinars pour un euro, un niveau jamais atteint depuis le début du confinement. L’écart entre le marché parallèle et le marché officiel est d’environ 30%, soit un seuil important qui montre l’importance de la chute du dinar par rapport aux autres devises. Ce marché, considère l’économiste Hocine Benissad, reflète la vraie valeur du dinar. Il faut savoir en ce sens que la valeur d’une monnaie dépend de la solidité de l’économie nationale reflétée par les indicateurs macro-économiques, notamment le solde de la balance des paiements, du compte courant et celui de la balance commerciale.

    En Algérie, du fait de sa dépendance aux hydrocarbures, il y a une forte corrélation entre la valeur du dinar et la valeur du prix du baril algérien. Comme l’Algérie affectée par la crise a ses clignotants économiques au rouge, il est clair, selon des économistes, qu’elle devrait dévaluer sa monnaie. Cette question économique est également éminemment sociale. Selon eux, cette situation commande le sacrifice de la population pour espérer sortir des ornières de la crise financière actuelle et parvenir à une économie plus efficiente.

    Loin donc la cotation administrative du dinar appliquée avant la crise de 2014 éloignée des fondamentaux de l’économie nationale. La question est de savoir si le gouvernement Djerad n’a pas d’autre choix que de baisser la valeur de la monnaie : meilleure appréhension de l’assiette fiscale, meilleure collecte de l’impôt, meilleure politique fiscale, mobilisation de ressources extra budgétaires : emprunts obligataires, partenariat public-privé, IDE et promotion tous azimuts de l’investissement intérieur à travers une amélioration du climat des affaires et des incitations qui rendent plus intéressant l’acte de produire que d’importer.

    Dans le scénario contraire, l’Algérie risque d’être frappée par le syndrome latino-américain à la longue : la disparition des couches moyennes enregistrée dans certains pays d’Amérique du Sud en raison de la crise économique qui a touché et la population démunie et les couches moyennes de ces Etats. Protéger le pouvoir d’achat veut dire également en finir avec les dérèglements du marché intérieur et ses récurrentes pratiques spéculatives, les surcoûts logistiques à l’import et les surfacturations.

    Reporters DZ, 27 oct 2020

    Tags : Algérie, euro, dollar, dinar, change, pouvoir d’achat, économie,

  • Algérie : Le virus au palais présidentiel

    Vigilance

    L’annonce de la mise en quarantaine du président Abdelmadjid Tebboune et la contamination par le covid-19 de nombreux hauts cadres de la présidence et du gouvernement, remet les choses à leurs places. Que le terrible virus arrive à s’introduire dans la forteresse du palais présidentiel est un signe que la situation sanitaire est loin d’être maitrisée comme le laisse benoitement entendre le discours officiel.

    Du coup, se pose la question de savoir si les chiffres balancés quotidiennement par le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, traduisent véritablement la réalité sur le terrain. La question se pose d’autant plus que l’on assiste à un grave relâchement de la vigilance des citoyens. Pis encore, le gouvernement a décidé de rouvrir les écoles primaires en attendant la reprise des cours pour les collèges et les lycées le 4 novembre prochain.

    Or, deux écoles primaires ont été fermées hier à Ain El Hammam dans la wilaya de Tizi Ouzou à cause précisément de l’apparition du virus. Sans doute que d’autres cas vont apparaitre dans les prochains jours dans d’autres régions du pays. Et alors que la menace de la propagation du COVID-19 pèse lourdement sur ces rentrées scolaires le gouvernement a décidé de rouvrir également les mosquées le 6 novembre. Est-ce vraiment une bonne idée dans un contexte national marqué par la reprise à la hausse des chiffre de contaminations ?

    Mais aussi dans un contexte mondial pour le moins terrifiant avec cette deuxième vague qui couvrent la majorité des pays européens notamment ceux du sud de la méditerranée ? C’est dire qu’il y a tout lieu de redoubler de vigilance surtout que l’Algérie est nettement moins outillés que ces pays en matière de moyens et de structures de prise en charge des malades touchés par le terrible virus.

    La course effrénée vers le referendum sur la constitution ne devrait pas se faire au détriment de la santé des algériens. Le gouvernement a la responsabilité morale et politique de faire en sorte d’éviter au pays de connaitre une flambée de contaminations largement au-dessus de ses moyens. C’est aussi cela la bonne gouvernance et le changement dont on parle.

    Imane B.

    L’Est Républicain, 27 oct 2020

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