Catégorie : Algérie

  • Enquête : L’Islam au quotidien dans les pays du Maghreb

    L’Islam est abordé aujourd’hui par la majorité des médias et des écrivains-penseurs comme une idéologie plus que comme une religion.

    Le coté religieux pratique se trouve le plus souvent –si non toujours- écarté au profit de ce que les journalistes et autres ‘‘spécialistes’’ appellent… les maux de l’Islam ; islamisme et djihadisme en tête.

    Rares sont ceux qui sont allés voir du coté de la pratique de la religion par les croyants.

    Comment est ce que les musulmans pratiquent leur Islam ?

    Comment est ce que ces musulmans regardent certaines institutions de leur religion ?

    Comment font-ils pour concilier profane et sacré ?

    Si les réponses à ces questions semblent quelques fois évidentes pour les musulmans du Golf et du Moyen-Orient qui – à force de clichés – nous paraissent des religieux purs et durs pour qui le profane ne peut exister en dehors du religieux, le doute s’installe dès que l’on s’intéresse aux pays de l’Afrique du Nord et plus exactement du Maghreb.

    Ainsi, l’Algérie qui a vécu des « années noires » de terrorisme islamiste, la Tunisie considérée comme le pays le plus laïc du monde arabe et le Maroc qui conduit actuellement une expérience de réformes religieuses (voir notre dossier) sont autant de terrains où il est fort intéressant d’étudier la pratique religieuse.

    Le sujet vient d’être abordé par l’hebdomadaire Jeune Afrique qui a consacré dans son 2498ème numéro une enquête aux enseignements forts intéressants sur la pratique religieuse dans les pays du Maghreb.

    Pour les trois pays (Maroc, Algérie, Tunisie), l’enseignement le plus important relevé par cette enquête est qu’entre ce que prévoit la religion et ce qui se fait dans la pratique, il peut y avoir des arrangements et même des … discordances.

    Je vous invite à découvrir (durant quelques épisodes) comment se vit l’Islam au Maghreb. Vous découvrirez notamment que désormais, dans presque tous les domaines, les apparences comptent plus que tout autre chose. Tel est le cas -par exemple- du port du voile et de la fréquentation des mosquées les vendredis dans l’ensemble des pays du Maghreb.

    Dans la première partie de l’enquête, nous allons découvrir une Tunisie qui semble s’éloigner d’une laïcité à la française pour se rapprocher de la sécularisation à l’anglo-saxonne.

    Pour ce qui est de la deuxième partie, je vous invite à découvrir comment après (et malgré) les années noires du terrorisme islamiste, le religieux regagne de plus en plus l’espace public.

    Et pour finir, je vous présenterai dans une troisième partie les statistiques de la pratique religieuse au Maroc. Retenez votre souffle, les chiffres qui nous parviennent du Maroc sont –le moins que l’on puisse dire- très révélateurs de l’état de la pratique religieuse dans nos pays.

    Tunisie : laïcité à la française ou sécularisation à l’anglo-saxonne ?

    « Le seul indicateur disponible pour mesurer la pratique religieuse est celui du nombre de mosquées, passé de 2390 en 1987 à 4483 en 2008. Malgré cette progression significative encouragée par l’Etat, qui nomme les imams, et d’après les statistiques compulsée par Jeune Afrique, la Tunisie demeure toutefois le pays Maghrébin qui a le plus d’habitants (2230) par lieu de culte comparativement au Maroc (800 habitants) et à l’Algérie (615 habitants avant la fermeture d’environ 40 000 lieux de prière dans les années 1990 pour raison de sécurité). Cette densité de population par mosquée est également supérieure à la France laïque, qui compte 1315 habitants par église. »

    Ces chiffres -révélées par Jeune Afrique- montrent-ils le désintérêt des tunisiens de la pratique religieuse ?

    Je ne le pense pas pour deux raisons :

    1- Il est vrai que les mosquées durant les jours de la semaine sont moins remplis que les cafés de Tunis et de sa banlieue mais cela n’est pas à attribuer à la baisse de la pratique religieuse mais plutôt au fait que cette pratique s’individualise. Désormais, beaucoup sont ceux qui préfèrent accomplir leurs prières chez-eux. Il existe même des pratiquants qui n’ont jamais mis les pieds dans une mosquée.

    2- Ce constat se vérifie si l’on fait la comparaison entre les fidèles quotidiens des mosquées et ceux du Vendredi. A l’occasion de la prière du Vendredi, toutes les mosquées sans exception affichent complet. Pour manque de place, certains se trouve même dans l’obligation de prier sur les trottoirs et rues adjacentes des mosquées.

    Faut-il rappeler aussi que c’est le développement du nombre des pratiquants des vendredis (à coté du port du voile de plus en plus répondu) qui a fait dire à certains qu’il existerait un regain de religiosité en Tunisie.

    Regain de religiosité ! Info ou intox ?

    Mohamed Kerrou, sociologue tunisien spécialiste de l’islam, n’est pas tout à fait d’accord.

    Pour lui « Il n’y a pas de retour du religieux. Ce sont plutôt les spécialistes qui font un ‘‘retour’’ pour mieux comprendre le phénomène et découvrent, en l’observant avec les instruments des sciences sociales, que ce n’est plus le même religieux. Dominent désormais le ritualisme et l’ostentation. Au fond, les gens ne sont pas plus pratiquants et sont plus préoccupés par la cherté de la vie que par l’angoisse métaphysique. Ils empruntent le langage religieux pour exprimer leur malaise social. »

    Pour Mr Kerrou, le symbole même de ce regain de religiosité en Tunisie, le voile, n’a plus le sens religieux d’autre fois :

    « Aujourd’hui, on n’est plus en présence du même voile, soutient Kerrou. Traditionnellement, il est censé dérober le visage et le corps au regard. Or on a actuellement des ‘‘couvre-chefs’’ de couleurs variées, portés avec des jeans, des robes, et, même … des strings. Ils montrent plus qu’ils ne cachent».

    On ne peut qu’être d’accord avec ce constat sur le nouveau Hijab, simplement, on ne peut nier, malgré cela, le fait que l’idée de porter ce ‘‘couvre-chef’’ vient (dans la majorité des cas) d’une volonté de se conformer à une obligation religieuse. Ce sentiment-là provient de l’omniprésence d’un discours religieux qui rend le port du voile obligatoire.

    D’où le constat fait par certains selon lequel il existerait une influence orientale (à travers les chaînes satellitaires des émirs du Golf) sur les tunisiennes, et –partant- un regain de religiosité en Tunisie.

    Au-delà du port du voile et de la controverse qui l’entoure (regain de religiosité ou pas), ce discours religieux oriental peut-il être menaçant pour la laïcité en Tunisie ?

    « C’est de l’alarmisme déplacé, répond Kerrou. D’abord, la Tunisie n’a jamais été un pays laïc. Contrairement à ce qu’on écrit ici ou là, Habib Bourguiba était un musulman moderniste. Et le président Ben Ali puise dans l’héritage bourguibien en tenant compte de la tradition du pays. N’oubliez pas que l’Etat tunisien moderne n’a jamais été gouverné par des religieux, mais par des civils qui n’ont pas de conflit avec la religion du pays. C’est cela, la sécularisation au sens anglo-saxon du terme. Elle est tout simplement plus avancée ici qu’ailleurs dans la région».

    Je ne suis pas d’accord pour dire que prendre garde des signes d’une religiosité poussée (à l’extrémisme) est de l’alarmisme déplacé.

    Certes, il ne faut pas voir un islamiste intégriste djihadiste derrière chaque barbue ou chaque voilée, mais il ne faut pas oublier aussi que ceux qui observent une pratique religieuse fondamentaliste n’auront qu’un pas à faire pour se transformer de musulmans pieux à islamistes purs et durs.

    Algérie : … et la religion investit l’espace public

    Pour Malek Chebel, anthropologue algérien des religions, « le vendredi, les mosquées sont prise d’assaut. Mais, dans bien des cas, la frontière entre sincérité et comportement moutonnier n’est pas très nette».

    Cette affirmation vaut pour les trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) où les mosquées (spécialement les vendredis) ne désemplissent pas.

    Seulement, si en Tunisie ou au Maroc cela n’a rien d’une situation exceptionnelle, en Algérie, une signification particulière peut être déduite de cet état des lieux et ce pour deux raisons.

    a) Le pays a connu dans les années 1990 une décennie noire (dont les conséquences et certains aspects continuent jusqu’à nos jours) durant laquelle plus de 150.000 algériens (au bas mot) ont trouvé la mort.

    Principal accusé dans cette tragédie : l’Islam politique et ses agents djihadistes.

    Suite à ces évènements, nombreux étaient ceux qui pensaient que les Algériens finiraient par abandonner cet Islam qui a causé la mort de milliers d’entre eux.

    Contrairement à ces attentes, et malgré un repli observé au cours de ces années noires, selon Jeune Afrique, la pratique religieuse et en particulier l’assiduité dans les mosquées serait en forte hausse.

    b) L’Algérie, contrairement à ses voisins Marocain et Tunisien, se définit en quelque sorte comme république islamique. En effet « dans sa proclamation du 1er novembre 1954, le Front de Libération Nationale (FLN) appelait le peuple à se soulever et annonçait son objectif : ‘‘l’indépendance par la restauration d’un Etat Algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques.’’ L’Algérie n’est donc pas un Etat laïc, et l’islam est l’une des composantes de son identité».

    Ces deux éléments combinés (d’une part un Etat qui se veut islamique et d’autre par une population traumatisée par un certain islam, celui des islamistes) font que les Algériens vivent aujourd’hui une situation paradoxale. Ainsi, « si les fidèles sont plus nombreux, les bars ne sont pas pour autant vides. Jeudi soir, premier jour du weekend, les boites de nuit de la capitale refusent du monde mais, le lendemain à midi, les rues adjacentes aux lieux de culte sont interdites à la circulation et livrées aux tapis de la grande prière du vendredi. »

    Au delà de ce paradoxe –qui peut être considéré par certains comme l’incarnation même de la liberté et d’une société émancipée- le danger réside dans l’apparition de certains signes d’islamisation poussée de certaines institutions de la société algérienne :

    1- C’est le cas pour ce qui est de « la création d’espaces réservés à la prière dans des endroits où la chose semblait impensable. Un exemple ? Les sièges de certaines rédactions de la presse francophone, fief de la résistance à l’intégrisme, en sont aujourd’hui dotés à la demande des… journalistes. »

    2- C’est le cas aussi pour ce qui est du comportement de certains agents de l’ordre. En effet, selon certains témoignages, « les plus intolérants sont les forces de l’ordre (…) En période de menstruation, les femmes sont dispensées de Ramadan. Celles qui sont surprises entrain de manger en dehors de chez elles sont emmenées au poste de police où des ‘‘fliquettes’’ vérifient…les bandes hygiéniques ! Et gare si celles-ci sont immaculées. »

    3- Plus inquiétant encore, la justice se radicalise et adopte une jurisprudence de plus en plus… islamisée. Ainsi, elle « a souvent la main lourde pour les contrevenants. Si à Bishra (500 km au sud-est d’Alger) la condamnation, le 29 septembre 2008, de six hommes accusés de ‘‘non respect d’un fondement de l’Iislam’’ à quatre ans de prison ferme a été annulée en appel, d’autres ‘‘briseurs de Ramadan’’ ont eu moins de chance et purgent encore leur peine avec des détenus de droit commun. Le code pénal prévoit un emprisonnement de trois à cinq ans pour quiconque dénigre les préceptes de l’Islam par voie d’écrit, de dessin ou de déclaration publique. C’est de l’interprétation de cet article de loi que découle la jurisprudence qui frappe désormais les non-jeuneurs. »

    Une chose est sûr, malgré plusieurs décisions prises par les gouvernements algériens successifs et qui visent à monopoliser la gestion de la religion (formation et affectation des imams, gestion des mosquées, fermeture des lieux de culte après les prières…) il semble que « le spectre du djihadisme plane toujours sur le pays de Bouteflika. »

    Maroc : l’Islam par les statistiques

    Le Maroc est le seul pays arabes pour lequel nous disposons de statistiques sur les pratiques religieuses des marocains.

    Trois marocains –Mohamed El Ayadi, historien, Hassan Rachik, anthropologue et Mohamed Tozzy, politologue- nous font découvrir un … autre Maroc.

    Ce travail de recherche nous a été présenté par le politologue Mohamed Tozy dans une interview accordée à Hamid Barrada de Jeune Afrique.

    Je vous propose ci-dessous les principaux enseignements de cette enquête :

    * La prière :

    – Les marocains prient massivement. Mais le rapport à la prière est changeant : on prie, on s’arrête, on reprend…

    – Pour prier, la mosquée n’est pas le lieu principal des dévotions.

    – 15 % des marocains n’ont jamais prié, soit environ 2 millions.

    – 16 % seulement des hommes fréquentent les mosquées (2 % pour les femmes).

    – Le Maroc compte 41 755 lieux de culte.

    – 25 % seulement accomplissent à l’heure dite la prière de l’aube. Seuls 5 % d’entre eux se rendent à la mosquée pour le faire.

    – La prière du vendredi ne mobilise régulièrement que la moitié des fidèles, alors que 37 % ne la font jamais.

    * Le jeûne du Ramadan :

    – 60 % considèrent comme non musulmans ceux qui ne font par le ramadan.

    – 82 % sont contrte l’ouverture des cafés et restaurants pendant le ramadan.

    * Les sources d’informations sur la religion :

    – La télévision est la principale source d’information pour 40 % des marocains.

    – 15 % s’informent auprès de leurs parents.

    – 12 % s’informent des livres.

    – 11 % s’informent des mosquées.

    – 2 % s’informent de l’école.

    – Pour les ruraux, ils sont plus de 50 % à déclarer que la mosquée est leur 1ère source d’information.

    * Les écoles ou rites (madhib) de l’islam :

    – 73 % ignorent leur existence.

    – Sur les 24 % qui en connaissent l’existence, 16 % sont capables de les citer.

    – 60 % ne connaissent pas les quatre Califes qui ont succédé au Prophète.

    * Musique, cinéma, mixité et prêts bancaire :

    – 3 % estiment que la musique est illicite (haram).

    – 1 % considère le cinéma haram.

    – Tous les marocains sont favorable à la mixité à l’école mais ils ne sont que 30 % à être favorable pour cette mixité sur les plages.

    – 52 % pensent que le prêt bancaire ne pose aucun problème alors que 13 % seulement le considèrent illicite.

    Que penser des marocains après ces statistiques. Je laisse la réponse à Mr Mohamed Tozy pour lequel « le Marocain n’agit pas en musulman dans toutes les situations. Il fait scrupuleusement ses cinq prières quotidiennes, il contracte un prêt bancaire, il apprécie le bordeaux, il regarde des films et peut même acceptes que sa fille épouse un chrétien ou un juif pour peu que celui-ci respecte les apparences. »

    Vive l’hypocrisie ?!

    « Erreur grossière de jugement ! On confond l’incontournable pragmatisme avec une attitude immorale. Ce n’est pas parce qu’on est profondément croyant qu’on doit s’interdire de prendre des libertés avec les règles et les dogmes ».

    Parfaitement d’accord avec vous Mr Tozy !

    Tous les extraits et citations présents dans cet article sont issus de l’enquête : « Etre musulman au Maghreb » publiée par Jeune Afrique dans son 2498ème numéro.

    Source : Islamiqua, 2008-2009







  • Défait au Sahara Occidental, le Maroc s’accroche à la guerre médiatique contre l’Algérie

    CETTE CAMPAGNE TROUVE PRÉTEXTE DANS LE CONFINEMENT VOLONTAIRE DU PRÉSIDENT TEBBOUNE : Intox et mensonges contre l’Algérie

    L’édification de l’Algérie nouvelle dérange, au plus haut point, certaines officines qui ont sonné le clairon, à coups de fake-news et de désinformation, contre le pays et semer le doute dans l’esprit du peuple. L’état de santé du président de la République n’est qu’un alibi pour le Makhzen et ses affiliés pour sortir la grosse artillerie du mensonge et reprendre leur travail de casse contre notre pays.

    Pourtant, le tweet du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, rassurant le peuple sur son état de santé, et les comptes rendus de ses activités depuis le début de son confinement volontaire sur conseil de ses médecins, sont là pour prouver qu’il se porte à merveille et qu’il n’y a aucun motif d’inquiétude quant à ses capacités de remplir ses charges et missions de chef suprême des Forces armées, de Premier magistrat du pays et de chef de l’État. Quel crédit donner aux rumeurs colportées sur son état de santé quand on sait que les services de la présidence n’ont pas hésité à rendre public un communiqué, informant l’opinion publique que sur conseil de ses médecins, il s’est imposé un confinement volontaire. Quoi de plus normal, des présidents de certains États, des Premiers ministres, des chefs de gouvernements et des hommes politiques, ont contracté la Covid 19, et cela n’avait dérangé personne. Même le président du plus puissant pays au monde, Donald Trump, avait été victime de la pandémie, mais cela ne l’a pas empêché de gérer les affaires courantes de son pays et de préparer la campagne pour sa réélection. Les cercles qui se cachent derrière la campagne de désinformation engagée depuis l’entrée du président de la République en confinement volontaire sont connus et leurs desseins sont clairs : entraver le processus de changement actuellement en cours dans le pays, isoler l’Algérie en jetant le trouble dans l’esprit de ses partenaires étrangers et gêner son action diplomatique sur le plan régional et mondial.

    Des chefs d’Etat qui sont contraints de prendre un congé de quelques jours pour des soins ou pour du repos, c’est courant dans le monde et cela ne dérange outre-mesure le fonctionnement des institutions. Mais quand il s’agit de l’Algérie, c’est l’hallali, c’est le branle-bas de combat, c’est le bruit de bottes. Cela prouve que ce qui se passe dans notre pays dérange plusieurs parties et plusieurs cercles à leur tête les relais de l’oligarchie et le Makhzen qui s’agitent et actionnent leur machine de désinformation à chaque occasion pour s’attaquer à l’Algérie.

    Les dernières installations de certains consulats de pays africains dans la capitale sahraouie occupée Layoune, présentées par Rabat comme « un franc succès » diplomatique, ont été suivies d’une vague de protestations à travers le monde. Et ce qui avait été présenté comme une étape franchie vers « la reconnaissance de fait de la marocanité » des territoires sahraouis occupés s’est retourné contre la diplomatie marocaine et les lobbies du Makhzen et ses relais. La campagne de désinformation qui cible l’Algérie s’inscrit dans ce cadre, celui de maintenir le voisin de l’Est dans une position de défensive et rien d’autre. Le président de la République s’est imposé un confinement sanitaire de quelques jours. Il suit les affaires du pays et il gère au quotidien les affaires de la République. Il a rassuré le peuple sur son état de santé, que veulent-ils de plus…
    Slimane Ben

    Le Courrier d’Algérie, 27 oct 2020

    Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, El Gargarat, Makhzen, propagande, intoxication, désinformation,

  • Algérie : Le retour de «l’affaire khalifa Bank»

    L’affaire «khalifa Bank» revient dans les couloirs du tribunal correctionnel du conseil de district de Blida en novembre prochain, suite au retour de l’affaire par la Cour suprême, qui a accepté l’appel du parquet et de 13 prévenus condamnés en 2015, conduits par le principal prévenu, Abdel Moumen Rafiq Khalifa, condamné pour incarcération. Al-Nafez, 18 ans, a été inculpé du crime de formation d’une association perverse, de falsification de documents bancaires, de faillite, de vol, de fraude, d’abus de confiance et d’autres accusations.

    Le procès se déroulera cette fois dans le nouveau tribunal de Boufarik, car le dossier de la khalifa Bank a façonné l’intérêt de l’opinion publique nationale et internationale, notamment lors du premier procès en 2007, au cours duquel le principal prévenu, Khalifa Abdel Moumen, était absent en raison de sa présence en fuite au Royaume-Uni, après le bombardement de l’affaire en 2003, devenu Connu comme le scandale du siècle.

    L’affaire a été reconstituée en 2015 lorsque le chef du complexe, Abdul-Moumen Khalifa, a été extradé et expulsé le 24 décembre 2013 par les autorités britanniques, sur la base de l’accord judiciaire bilatéral, après quoi l’affaire était prévue en 2015, et s’est terminée par le prononcé d’une peine de 18 ans de prison opposable à l’accusé. Le principal et la confiscation de ses biens, après avoir été condamné par contumace avec la réclusion à perpétuité et d’autres peines, qui variaient entre l’acquittement et l’emprisonnement avec sursis contre le reste des parties suivantes.

    13 officiers criminels de l’Etat, des employés toxiques, des noms dans le monde du sport et des hommes d’affaires comparaîtront devant le tribunal correctionnel, sur 71 prévenus dans le premier dossier, qui avaient précédemment contesté les jugements rendus contre eux en 2015, tandis que le reste des prévenus, dont ceux décédés, comme le notaire Omar Rahal, Son appel a également été accepté. Ils ont des décisions définitives et certains d’entre eux ont été punis. L’avocat et membre du conseil syndical régional du district de Blida, Sharaf Al-Din Rabiei, a déclaré que l’affaire de la « Khalifa Bank » est normale comparée aux affaires de corruption qui sont devant les couloirs de la justice aujourd’hui.

    Algérie Journal, 20 oct 2020

    Tags : Algérie, Khalifa Bank, Abdel Moumen Rafiq Khalifa,

  • Mali : Le fiasco de la guerre du Maroc contre l’Algérie

    Le royaume a œuvré vainement pour empêcher l’application de l’accord d’Alger

    Le Maroc a, dès l’année 2014, tenté d’écarter l’Algérie de tout rôle dans la résolution du problème du Mali. Pourtant, et avec la bénédiction de la communauté internationale, les belligérants au Mali, le gouvernement de ce pays et les combattants touaregs avaient paraphé l’accord d’Alger pour la réconciliation et le développement de l’économie.

    Les ministres des Affaires étrangères de 19 pays – dont la France, la Libye et le Mali – approuvent un accord sur la création, très probablement dans la capitale marocaine, d’un centre de formation pour le personnel en charge de la sécurité aux frontières. Connu sous le nom de Déclaration de Rabat, cet accord est « l’aboutissement des importants efforts du Maroc pour affirmer sa présence dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord », écrivait en 2014 Le Courrier International. Le Maroc s’est empressé d’apporter son soutien à l’intervention française au Mali.

    En comblant le vide, il a pris un avantage dans sa lutte avec l’Algérie pour dominer la région. Des perspectives jusque-là inenvisageables – exercer une influence et nouer des liens bilatéraux avec des pays du Sahel sans que l’Algérie ne soit impliquée-, sont désormais à sa portée, d’après Le Courrier International. Le roi, Mohammed VI, a développé certaines de ses actions au Mali en offrant, par exemple, des bourses religieuses aux jeunes Maliens pour qu’ils puissent étudier dans les universités marocaines, notait le journal. Cependant, le gouvernement du Mali et les combattants touaregs ont exprimé leur volonté d’œuvrer pour l’application de l’accord d’Alger. Une victoire diplomatique pour l’Algérie.

    En 2020, le Maroc remet ça à l occasion du coup d’Etat au Mali. En août 2020, et alors qu’un coup d’Etat militaire a eu lieu au Mali, et d’après les medias, le Président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) au Mali, le Colonel Assimi Goïta, a remercié le roi Mohammed VI pour la contribution active du Maroc aux efforts déployés en vue d’aboutir au dénouement de la crise dans le pays. Le Colonel Assimi Goïta a rappelé que l’Ambassadeur du roi a été le premier diplomate à prendre contact avec les nouvelles autorités maliennes, après le coup d’Etat du 18 août 2020, dès le jeudi 20 août.

    Le Colonel Assimi Goïta a, par ailleurs, salué les relations multiséculaires et le partenariat fécond qui lient les deux pays. Et au Maroc d’exploiter le coup d’Etat pour obtenir les faveurs des nouvelles autorités au Mali et écarter l’Algérie. Là encore, c’est le fiasco pour le Maroc. En effet, les Nations-unies ont indiqué, mercredi dernier, que l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, demeurait “la seule voie viable” pour régler la crise complexe dans ce pays sahélien, appelant les Maliens à se “l’approprier sur le plan national” afin qu’il puisse être exécuté. Pour des raisons inexpliquées, l’accord d’Alger n’a pas été appliqué. Le SG de l’ONU s’est dit “préoccupé” par la persistance des retards dans l’exécution de l’Accord d’Alger de 2006, dans le cadre du dialogue national inclusif, et par le regain d’insécurité dans tout le pays, notamment par l’absence de redéploiement des forces de défense et de sécurité nationales reconstituées dans le nord du Mali. En parallèle, il a demandé aux dirigeants maliens “de faire preuve de l’esprit d’initiative nécessaire” et de trouver un terrain d’entente et des solutions pragmatiques pour reprendre la mise en œuvre du processus de paix et faire avancer les réformes essentielles, notamment la révision de la Constitution.

    Il y a quelques jours, le gouvernement du Mali et le Mouvement National de Libération de l Azawad (MNLA), ont exprimé leur soutien àl’accord, excluant le Maroc de toute tentative d’écarter l’Algérie. Le représentant permanent du Mali auprès des Nations-unies, Issa Konfourou, a réaffirmé jeudi la détermination des autorités de la transition au Mali à “mettre en œuvre” l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Une victoire dans la région pour la diplomatie de l’Algérie contre la politique d’exclusion lancée par le pouvoir au Maroc.

    Abdelhamid T.

    Source : Cresus.dz, 24 oct 2020

    Tags : Mali, Maroc, Algérie, Touaregs, Azawad, Accord d’Alger, MNLA,


  • Algérie : des partis appellent à une réaction officielle sur les propos de Macron sur l’Islam

    Propos de Macron sur l’islam : des partis appellent à une réaction officielle

    Par Aziza Mehdid

    Les dernières déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’islam et les musulmans de France ont suscité une vive polémique et moult réactions de par le monde. Si Alger a préféré « ne pas répondre officiellement à des propos participant de la pure propagation », la classe politique, elle, y voit un « devoir » à ne pas passer sous silence une telle attaque.

    Ce sont particulièrement les partis issus de la mouvance « islamiste » qui ont réagi, à l’image du Mouvement El-Bina de Abdelkader Bengrina. Ce dernier a décidé hier d’emboîter le pas au Mouvement de la société pour la paix (MSP) en appelant les autorités publiques « à intervenir en vue de protéger la communauté musulmane en France de la montée de la haine et des pratiques racistes suite aux déclarations non responsables du président français ».

    « Face aux attaques franches subies par l’islam et les musulmans et l’atteinte officielle et directe de la France à la sacralité de la nation, et la montée accrue des jugements racistes, ainsi que les approches intégristes des politiciens contre cette religion, il est du devoir de tout musulman et de la nation musulmane de protéger l’islam, de défendre l’honneur de son prophète (QSSSL) et d’imposer le respect de la sacralité des musulmans de toute partie visant à leur porter atteinte », lit-on dans un communiqué publié sur la page Facebook du président du Mouvement El-Bina.
    M. Bengrina considère que « les derniers évènements ayant eu lieu en France ne seront pas sans conséquences dangereuses sur les relations de Paris avec les autres pays ». Des répercussions qui, explique-t-il, toucheront les intérêts français dans le domaine économique et culturel.
    Ainsi, le Mouvement tient, selon la même source, à « rejeter les politiques de l’hostilité et le conflit mené contre l’islam à travers des croisades et des politiques colonialistes, dont l’impact est toujours perceptible dans le monde musulman ». Le chef du parti précise qu’il dénonce « le terrorisme au nom ou contre la religion, au nom ou contre l’Etat, quelle que soit son origine », appelant « les sages de la place politique française à freiner la dégradation gouvernementale qui tente de justifier l’échec en fabriquant des batailles extérieures ».

    Le président du parti appelle « les peuples de la nation musulmane, de par le monde, à exprimer leur refus de ces menaces avec des méthodes pacifiques et légales », et « à faire primer le langage de la raison et du dialogue civilisationnel au lieu d’acculer le monde à des dérapages vers la violence et la contre-violence ». Par ailleurs, le MSP a exprimé son indignation dans un communiqué rendu public ce week-end. Son président Abderrazak Makri a accusé clairement le président français Macron d’atteinte à l’islam, appelant les autorités algériennes « à dénoncer officiellement les déclarations du président français et à prendre une position diplomatique, politique et économique convenable en considérant que l’islam est religion d’Etat ».
    « Le président français poursuit d’offenser les musulmans et d’agresser le prophète Mohammed ( QSSSL). Il s’agit d’une agression directe contre chaque musulman. C’est un comportement qui exprime une profonde haine envers l’islam et les musulmans. Persister dans cette offense est une attitude non conforme à l’éthique et s’inscrit aux antipodes des normes politiques et diplomatiques, au risque d’attiser les haines et les conflits entre les nations et civilisations », indique le communiqué du parti.
    Tout comme le Mouvement El-Bina, le MSP souligne que l’islam et les musulmans se démarquent du terrorisme et de ceux qui sèment l’horreur au nom d’une quelconque religion. « Chaque musulman connaissant sa religion condamne le terrorisme quelles que soient sa forme ou ses raisons. L’assassinat de l’enseignant français est condamnable et répréhensible, malgré l’acte criminel qu’il a commis à l’encontre du prophète de l’islam. Certes, il y a une minorité musulmane qui exploite le culte musulman pour justifier ses tendances violentes, mais cela est contraire aux préceptes de la charia’ islamique tolérante. Ce qui est valable aussi pour les autres religions », poursuit le même document.

    Pour Makri, l’argument de la liberté d’expression n’est pas admissible et ne justifie en rien la publication des caricatures sur le prophète Mohammed (QSSSL) dans la presse française, faisant observer qu’« aucune critique, sous toutes ses formes, n’est tolérée concernant la Shoah, qualifiée de comportements racistes et sionistes ». Le chef du parti « islamiste » s’est également adressé aux institutions religieuses et aux organisations et autres associations du culte pour prendre position « en condamnant les propos du président français ». Il demande toutefois à la communauté musulmane de « résister aux altérations faites à leur religion » et de donner surtout « une bonne image de l’islam civilisationnel et tolérant ».

    Le Jeune Indépendant, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, Macron, Islam, caritcatures, Samuel Paty, islamophobie,

  • Coronavirus : Inquiétude permanente en Algérie

    par Abdelkrim Zerzouri


    La multiplication des signaux d’alerte liés à l’épidémie de coronavirus augure-t-elle d’un retour au durcissement des règles et mesures de lutte contre le Covid-19 ? A entendre le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, et le Directeur général (DG) de l’Institut Pasteur, Fawzi Derrar, qui ont fait part, ces derniers jours, de leur «inquiétude» suite au rebond du nombre de contaminations au nouveau coronavirus, on croirait que la situation sanitaire s’est gravement détériorée, ou qu’il ne faudrait pas écarter cette éventualité dans les prochains jours. Pourtant, le léger et relatif rebond des cas positifs, 250 nouveaux cas confirmés de coronavirus, 144 guérisons et 10 décès déclarés le samedi 24 octobre, n’est pas loin de la période où les autorités ont procédé au déconfinement de certaines wilayas et l’autorisation de la reprise de certaines activités, suite à la stabilité de la situation épidémiologique en Algérie, estimait-on dans la foulée d’autres avis qui ont salué la stratégie gagnante menée par les pouvoirs publics en Algérie pour lutter contre la propagation du coronavirus (Covid-19), dont les responsables de l’OMS, qui se sont félicités des « mesures prises par le gouvernement algérien pour circonscrire l’épidémie à tous les niveaux ».

    Pourquoi alors les autorités algériennes prennent, elles, ce ton alarmant ? Cela suppose-t-il que des données ou des résultats d’enquêtes en leur possession prévoient un retour à la circulation active du Covid-19 ? Des propos du ministre de la Santé abondent dans ce sens, faisant état du lancement d’enquêtes sur le terrain pour identifier les raisons de la propagation du coronavirus dans certaines wilayas, dont Jijel et Saïda, devait discuter le samedi 24 octobre avec les directeurs des établissements hospitaliers de l’évolution du virus et de la préparation en cas de la hausse du nombre des cas. Les craintes des autorités sont particulièrement attribuées au constat d’un relâchement de la part des citoyens en matière de respect des règles de prévention édictées dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus.

    Il est vrai et juste, donc, de dire que la détérioration de la situation sanitaire n’est pas à écarter et qu’il faudrait adopter dans ce cadre une attitude d’inquiétude permanente. On a laissé tomber les masques de protection, la distanciation physique et l’hygiène des mains ne sont plus de mise lors des regroupements familiaux, notamment lors des célébrations des fêtes de mariage, en hausse ces derniers jours, sans respect d’aucun protocole. Comme si le Covid-19 est loin derrière nous. C’est ce comportement irresponsable qui augure d’une évolution menaçante de la situation sanitaire. Dans ce contexte, il serait important de ne pas se limiter au constat de relâchement des citoyens pour voir en face une tolérance inadmissible des services compétents chargés de faire respecter les règles sanitaires édictées dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Le relâchement des opérations de contrôle au niveau des marchés, des commerces et des regroupements des citoyens a également contribué, grandement, à l’abandon du respect des règles en question. En vérité, ce qui a sauvé le pays d’une situation désastreuse reste ce maintien de la fermeture des frontières.

    Le Quotidien d’Oran, 26 oct 2020

    Tags : Algérie, coronavirus, covid 19, pandémie,

  • Algérie : L’issue des bravades

    par Abdou BENABBOU


    A différents niveaux, certains responsables officiels algériens sont piégés par les nuances entre l’esprit et la lettre. Absence de la maîtrise du discours ou un manque d’expérience face à la foule ? Peut-être. Le mot et le verbe mis dans la bouche d’un représentant de l’Etat ont les facultés d’un bouquet de fleurs offert ou, au contraire, celles d’un breuvage insipide à boire selon les ambiances et les idées arrêtées de ceux qui les reçoivent.

    En demandant à une assistance de se contenter de se plier à une situation présente ou de changer de pays, le jeune ministre de la Jeunesse a laissé sa langue devancer son esprit dosant son élan patriotique expéditif sans réelle densité. Dans la précipitation de son langage, il n’a pu éviter une maladroite circonvolution cérébrale qui allait buter contre la dramatique parabole des harraga. Ceux-là, bien évidemment, n’ont pas attendu un nouveau jour pour s’aligner sur la droite lignée du ministre qui a mis le doigt sur une constante dont il a occulté la mesure.

    L’ex-président déchu avait utilisé l’égocentrisme par le verbe et le comportement allant jusqu’à affirmer qu’il pouvait être roi s’il ne s’était pas appliqué à bouder un trône que le peuple lui offrait. L’issue de ses puériles bravades est connue.

    On assiste malheureusement de plus en plus à une marmelade verbale officielle de la part de responsables, plongés dans un océan de problèmes pour lesquels ils n’ont pas été aguerris et leurs discours toujours spontanés se présentent comme un aveu d’impuissance.

    On aurait grandement tort de trop leur en vouloir car la crise multiforme ne peut se suffire d’un radotage usé et que le verbe et la parole, quels que soient leurs parfums, ne sont plus que des témoins à charge. Nos gouvernants seraient mieux avisés d’insister sur leurs insuffisances pour réclamer aux bras de se tendre pour que les responsabilités se généralisent.

    Une charge ministérielle n’a de conséquent que dans l’action. Si elle ne s’en tient qu’au verbe et aux recommandations, elle devient démagogie, populisme et se transforme aux yeux du peuple en fuite en avant.

    Le Quotidien d’Oran, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, Sid Ali Khaldi, Messaoud Djari,

  • Algérie : Tebboune en confinement préventif

    Le président, Abdelmadjid Tebboune, 72 ans ‘‘est entré à partir d’hier et pendant cinq jours en confinement volontaire préventif, sur recommandation de l’équipe médicale de la présidence de la République’’, a indiqué samedi un communiqué de cette dernière reprise par la télévision. ‘‘La décision est prise suite à l’apparition des symptômes du Covid-19 chez plusieurs hauts cadres de la Présidence de la République et du Premier ministère’’, ajoute la même source.

    La médiatisation de cette information par la présidence de la République, surtout que le président Tebboune n’a pas de symptômes, vaut son pesant d’or en termes de communication de la part de la présidence de la République qui entend ainsi jouer à fond la carte de la transparence. Une démarche qui, au premier degré, permet déjà d’anticiper les éventuelles rumeurs sur les réseaux sociaux qui n’auraient pas, à coup sûr, raté un tel « scoop » pour flamber la Toile, surtout que le contexte, gros de rumeurs ces derniers temps sur ces mêmes réseaux sociaux, y est très propice.

    Mais l’enjeu véritable de cette médiatisation de l’information est bien au-delà du simple calcul de court-circuiter les réseaux sociaux, car il s’agit surtout de marquer à ce niveau une rupture radicale par rapport à la manière dont les informations sur l’état de santé de l’ancien président de la République étaient gérées.

    Du temps de l’ex- président Bouteflika, souvent en délicatesse avec sa santé, dont le fameux AVC en 2014, la présidence de la République, quand elle avait le feu vert pour le faire, intervenait toujours en retard et souvent en réaction aux rumeurs de bouche à oreille. Il s’agit donc pour le président Tebboune de marquer sa différence et, pour le coup, « l’Algérie nouvelle » qu’il entend incarner trouve dans la médiatisation de l’information du « confinement volontaire et préventif » du président une traduction concrète et palpable qui confère à ce slogan une certaine dose de bonne foi et de véracité.

    Au-delà du fait que sa médiatisation se veut comme un marqueur de la nouvelle stratégie de communication de la présidence de la République, on se demande aussi si l’information rendue publique à travers l’APS et les télévisions publiques et parapubliques n’est pas orchestrée dans le but de faire oublier les bourdes successives du wali d’Oran, mais surtout de l’excité ministre de la Jeunesse et des sports qui, par leurs attitudes zélées et arrogantes, ont causé un tort à la démarche du président en pleine campagne électorale.

    Le premier pour rappel, a fait preuve d’impertinence, voire même de goujaterie, à l’égard d’une brave enseignante qui se plaignait légitimement de la vétusté du mobilier scolaire et des produits désinfectants.

    Le second, poussant le bouchon plus haut, a prodigué de précieux conseils aux jeunes Algériens qui ne sont pas d’accord avec « la constitutionnalisation de la Déclaration du 1er Novembre » d’aller se trouver des pays de rechange.

    Malgré les excuses du bout des lèvres du wali d’Oran et du ministre de la Jeunesse et des sports, le mal est fait, à en juger par le caractère viral des deux vidéos montrant ces deux responsables.

    La médiatisation de la mise en confinement volontaire du président Tebboune fera-t-elle oublier les pas de clerc du wali et du ministre, dont les jours sont désormais comptés.

    L’Est Républicain, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, coronavirus, v¡covid 19,

  • Algérie : Abdallah Djaballah appelle au boycott des produits français

    par Ilhem Tir

    En réaction aux dernières déclarations provocatrices du président français, Emmanuel Macron, et aux atteintes au prophète Mohamed (QSSSL), le président du Front pour la justice et le développement (FJD), Abdallah Djaballah, en campagne contre le projet de la Constitution, appelle au boycott de tous les produits français.

    En meeting hier au Centre culturel Ibn Badis de Constantine dans le cadre de sa campagne contre le projet constitutionnel, Abdallah Djaballah a préféré endosser la abaya du cheikh que le costume du politique en prononçant un discours purement religieux profitant de la circonstance des événements islamophobes en France.

    Un pari gagnant puisqu’il a su capter l’attention de toute la salle acquise à sa cause lorsqu’il parla du prophète et de sa position dans le cœur de tous les Algériens. Tout en se référant au Coran et à quelques versets, le leader islamiste a appelé les citoyens à s’exprimer face à ces attaques provocatrices contre leur prophète avant de proposer une campagne de boycott de tous les produits français et en invitant l’État à prendre des mesures concrètes comme la convocation de l’ambassadeur de la France à Alger.

    Après une heure de prêche, le chef de file des islamistes a convergé vers la principale raison de la tenue de son meeting à savoir la Constitution et «le devoir d’aller voter et dire non à ce projet», dira-t-il. Sans verser dans les détails, il a accusé, lors de son intervention, la commission chargée de l’élaboration de ce projet d’être composée majoritairement de membres «laïques».

    «Cette Constitution sera une malédiction, pour le pouvoir et pour les Algériens qui voteront par oui, a-t-il affirmé.

    Affirmant avoir étudié le projet de manière explicite, le chef du FJD a considéré la nouvelle Constitution comme une «menace pour les constantes» avant d’énumérer les prérogatives élargies du président de la République dans cette nouvelle mouture de la loi fondamentale.

    Il a regretté que le chef de l’État se soit accaparé tous les pouvoirs contrairement à ses promesses.

    Ilhem Tir

    Le Soir d’Algérie, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, France, Islam, Samuel Paty, islamophobie, boycott, Abdallah Djaballah,


  • Algérie : la bourse ou la vie ?

    La place boursière palestinienne est plus importante que celle de l’Algérie…a déclaré le président de la COSOB (Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse) dans une interview à « LSA direct ». Inimaginable ! Un pays, amputé des 3/4 de son territoire par l’occupation israélienne et en guerre permanente contre l’Etat hébreu, possède plus d’entreprises cotées en bourse que l’Algérie, supposée le plus riche pays d’Afrique !

    Mise en place dans les années 2000, dans le sillage des réformes structurelles édictées par le FMI, la cotation en bourse fut juste un bluff. Ajoutez à cela l’opacité qui entoure les financements bancaires et voilà une place boursière réduite à sa plus simple expression. Sur les milliers d’entreprises qui activent en Algérie, seules 4 sont cotées en bourse : il s’agit de Biopharm, Saidal, l’hôtel Aurassi et Alliance assurance !!!

    La Bourse d’Alger, lit-on sur le fronton d’un crasseux immeuble situé à l’angle du carrefour Amirouche – Maurétania. C’est ça la Bourse d’Alger sans point à la ligne !

    Amère réalité de 20 ans de pratiques économiques mafieuses et où l’opacité fut une règle d’airain. A quoi bon avoir recours à la cotation en bourse quand la vraie place boursière est le square Port Saïd ? Dinar réinjecté dans l’euro et anonymat garanti…Port Saïd et ses filiales à Eulma, Sétif, Oran, Annaba….Jamais en rupture de liquidité et toujours au service du ni vu ni connu. Truisme qui envoie gouvernants et trafiquants dans la même logique, le marché parallèle du fric sans investissements (véritable Bourse de fait), qui fut pendant ces 20 ans une sorte de Banque Mondiale locale avec ses mécanismes, ses commanditaires, ses entremetteurs, ses swifteurs et tutti quanti, fut aussi la véritable mécanique économique de l’Algérie rapineuse. C’est là que s’approvisionnaient les oligarques made in Algeria, avant de prendre leur « Jet privé » aux soutes gorgées d’euros et de dollars. Carnage de la morale, mise au piquet de la décence …La légalité sombra dans un contexte vainqueur par chaos. La suite, on la connaît. La Bourse d’Alger ? La bonne blague ! La Bourse ou la vie, lisait-on dans les romans de Dickens dans les bas-fonds de Soho. La Issaba aima pendant longtemps les deux. Même si au final, c’est une vie de cachot qui sonna la récré.

    La Nation, 19 oct 2020

    Tags : Algérie, bourse, finances, entreprises, économie,