Catégorie : Maghreb

  • Le réveil algérien vu du Maroc : le pouvoir aux aguets, les militants en soutien

    Ce serait peu de dire que le Maroc s’intéresse à ce qui se passe actuellement en Algérie. Pouvoir, journalistes, militants et simples citoyens ont depuis quelques semaines les yeux rivés sur l’autre côté de la frontière, fermée depuis bientôt un quart de siècle. Avec cependant des regards différenciés.

    L’ironie de la situation mérite d’être soulignée : alors qu’habituellement, entre Rabat et les organisations internationales qui scrutent l’évolution du royaume à coup de baromètres, il est question d’éternelles prises de bec où la partie marocaine ne manque pas de dénoncer « l’impartialité » de leurs rapports, souvent bien critiques, depuis début février, il en est autrement, comme par enchantement, s’agissant bien entendu de ce qui est dit de l’Algérie.

    La MAP, l’agence de presse officielle, s’évertue à citer la moindre communication émanant des ONG internationales à l’adresse du voisin de l’Est. Exemple parmi d’autres, lorsque Reporters sans frontières (RSF) est venue déplorer « la pression exercée sur les médias algériens », son avis a donné lieu à une dépêche, alors que ses alertes sur les vicissitudes vécues par les journalistes locaux et étrangers ayant couvert le Hirak rifain de 2007 ont été passées sous silence…

    Une ligne éditoriale qui ne surprend guère, un rapport de la Cour des comptes reprochait déjà en 2013 à l’agence, nationalisée en 1974 par l’ancien roi Hassan II, de privilégier les informations institutionnelles et officielles, au détriment de la règle de la polyphonie, mais qui est particulièrement cultivée en ces temps de soulèvement populaire en Algérie contre l’hérésie d’un cinquième mandat du président Bouteflika, 82 ans, malade et mutique depuis sept ans.

    Dans la même veine, la frange de plus en plus large de la presse connue pour ses accointances avec le versant sécuritaire du Makhzen force le trait sur la « bombe algérienne ». On retiendra particulièrement les coups portés à la carotide du régime gérontocratique par Le360 annonçant que « le plus marocophobe des apparatchiks algériens est de retour » pour rapporter la nomination de l’ancien ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, en tant que conseiller diplomatique auprès du « dictateur »Bouteflika

    La télévision, exclusivement d’Etat, ne manque pas de consacrer à chaque JT des « reportages » toujours alarmistes sur les manifestations en Algérie, moulinant des images d’agences sur fond de récit pronostiquant l’imminence d’un désordre révolutionnaire. Les grands moyens sont également déployés, notamment chez la Tangéroise Medi 1TV, à l’ambition maghrébine, qui a dépêché sous les fenêtres de Bouteflika, hospitalisé à Genève, un envoyé spécial pour réaliser des duplex quotidiens dans un scénario de mise sous tension permanente.

    C’est qu’entre Rabat et Alger, ce n’est pas tant le réveil des masses populaires, réminiscences des printemps arabes souvent vite étouffés qui est l’objet d’analyses, mais cette raideur continue entre les deux frères rivaux du Maghreb que la question du Sahara Occidental a maintenu dans une rivalité datant de la Guerre froide.

    LE SAHARA OCCIDENTAL, ÉTERNEL NŒUD GORDIEN

    Nombre d’observateurs, professionnels ou simples commentateurs sur les réseaux sociaux, considèrent que toute solution au conflit, nécessaire à une détente et à une normalisation tant attendue de la part des peuples, ne pourrait venir qu’avec un changement de régime en Algérie. Et comme pour pousser à la roue, Bouteflika est ainsi éreinté sur Twitter et Facebook où son image d’homme finissant, agrippé autant à son fauteuil roulant qu’au pouvoir est sans cesse ressassée.

    La même attente est perceptible de la part du pouvoir royal qui a récemment tendue la main à La Mouradia pour ouvrir « un dialogue sans conditions ». Celui-ci, quoique silencieux, est aux aguets, scrutant les tendances qui se dégagent de l’extraordinaire mobilisation de cette jeunesse algérienne qui aspire au renouveau, mais qui se révèle aussi comme le miroir des ambitions de la même génération de Marocains dont elle est coupée depuis 25 ans… Il faut dire que du Rabat officiel, la fin imminente du règne statique de Bouteflika est vécue autant comme une délivrance qu’avec une inquiétude légitime : « Tout chaos aux frontières de l’Est n’apporterait que des effluves de déstabilisation pour toute la région, tant le régime algérien, déjà opaque n’est que trou noir », reconnaît-on dans les milieux sécuritaires.

    Mais si ces considérations pragmatiques influent la position marocaine officielle, d’autres voix se lèvent pour appeler au soutien inconditionnel et fraternel au peuple algérien dans sa « cause juste ». L’Algérie, n’ayant pas véritablement connu de mouvement social durant les révolutions arabes, selon nombre d’observateurs, elle serait donc actuellement en train de vivre son propre printemps avec une fraîcheur jusqu’ici insoupçonnée. Suivant les récents rebonds de l’actualité algérienne, essentiellement à travers les réseaux sociaux, plusieurs anciens militants du mouvement du 20 février (M20F) y voient, avec une pointe de nostalgie, un écho à leurs propres contestations.

    Hormis les revendications propres à la situation politique de chaque pays, l’ambiance bon enfant et exemplaire des marcheurs, la récurrence des mobilisations le week-end, ou encore leur ampleur, rappellent en tous points les différentes marches du M20F de 2011. Certains s’en amusent en allant même jusqu’à comparer certaines personnes prises en photo lors des marches d’Alger avec des figures connues du militantisme au Maroc… (voir photos)

    Si les points de vues s’accordent en majorité pour railler les épisodes les plus surréalistes du « House of Cards » ou du « Game of Thrones » qui se jouent à Alger, quelques piques bien senties sont également adressées à certains médias marocains, mutiques lors des défilés du M20F, mais particulièrement productifs pour décrypter aujourd’hui la situation algérienne. Ceux sont aussi les pontes de la télévision publique, toujours droits dans leurs bottes pour déclamer le discours officiel, qui sont malmenés sur les réseaux sociaux, comparés à leurs « courageux » homologues algériens ayant défié leur hiérarchie ou démissionné pour protester contre la ligne éditoriale biaisée imposée à leurs médias.

    Dans une « lettre aux Algériens » publiée sur Facebook, Nasser Zafzafi, figure de proue du Hirak rifain, condamné à 20 ans de prison, a salué quant à lui « le Hirak populaire algérien », se félicitant de « son caractère pacifique » et de son « grand sens du patriotisme » à même de « déjouer les méthodes du makhzen algérien qui a transformé ce pays d’un million et demi de martyrs, en un Etat corrompu et totalitaire ». Pour lui, malgré la fermeture des frontières entre les deux piliers du Maghreb, il demeure « un seul peuple (…) qui partage les mêmes difficultés et aspirations ».

    Un message « d’encouragement et de conseil contre toute récupération politique à des fins autres que celle de la juste cause » repris en boucle par des militants rifains sur la Toile, considérant ainsi que le réveil algérien est consubstantiel aux aspirations communes des peuples marocain et algérien en quête des mêmes liberté et dignité…

    Algérie Espoir, 11 mars 2019

    Tags : Maroc, Algérie, Hirak,

  • Le roi du Maroc bloque une enquete sur sa fortune en Europe et accuse l’Algerie

    Le richissime souverain marocain, Mohammed VI, vient d’actionner les services pour tuer dans l’œuf une enquête que le quotidien français Le Monde s’apprêtait à publier au plus tard le 4 février courant.

    Le très sérieux quotidien parisien a, en effet, «ajourné» la publication d’un très gênant dossier portant sur les comptes bancaires de la famille royale marocaine à l’étranger. But avoué du Makhzen : «Des milieux franco-marocains et algériens, soutenus par une horde de « contestataires du royaume » sont impliqués dans ces investigations.»

    Comme à son accoutumée, le Palais royal n’hésite pas à pointer du doigt l’Algérie lorsque des journalistes français, américains ou britanniques prennent l’initiative d’enquêter sur la fortune du «roi des pauvres».

    Pour ce faire, il fait appel à des médias proches de la DGED (contre-espionnage marocain). Un site web marocain s’en prend violemment au quotidien français en des termes péjoratifs, qualifiant le travail des deux journalistes, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, de «pseudo-investigation».

    Et d’ajouter : «Les journalistes d’investigation n’ont rien trouvé d’exclusif, ni même d’assez consistant pour alimenter et donner un semblant de crédibilité à leur article.»

    Un hebdomadaire marocain tient à rappeler qu’«aucun extrait de l’article du quotidien français n’a encore été publié». Il faut savoir que la contestation au sein même du Palais a tendance à prendre des proportions importantes.

    Outre celle de Moulay Rachid, frère du roi, à qui on avait arraché le titre de prince héritier au profit de Moulay Hassan, le fils de 11 ans du souverain, il y a celle de Moulay Hicham, le cousin du roi, qui, selon les statistiques réunies par un média marocain, a fait l’objet de pas moins de 45 articles en l’espace d’une année, et neuf dans les 30 derniers jours.

    «Tous évoquent le fils de Moulay Abdellah en des termes péjoratifs et soulignent ses relations avec le journaliste d’un site opposé au Makhzen, le sportif et ancien détenu Zakaria Moumni, ses « machinations contre Mounir Majidi » ou encore ses fautes de français».

    « Plus riche que l’émir du Qatar, les ressources naturelles qu’offre le sous-sol marocain à M6 sont infiniment moindres que celles de l’émir, tout juste quelques «espoirs pétroliers» et des mines d’or », écrivait Régis Soubrouillard le 7 mars 2012 sur Marianne.

    «Sa fortune personnelle a pourtant doublé en cinq ans. Le budget de fonctionnement du Palais est deux fois supérieur à celui de l’Elysée alors que le PNB du pays est plus de 25 fois plus faible que celui de la France», indiquait l’hebdomadaire français.

    Le budget alloué à la monarchie marocaine est régulièrement en hausse et dépasse de loin celui de plusieurs grands ministères. Une ligne de crédit pharaonique qui échappe à tout contrôle, s’indignait de son côté un journal en ligne marocain.

    Rafik Bahri

    Où va l’Algerie, 9 fév 2015

    Tags : Maroc, Algérie, Mohammed VI, fortune, prédateur, roi des pauvres,

  • Maroc : Quand le peuple voit avec les yeux du Makhzen

    « Dans ce monde de traîtres, rien n’est vrai ni faux, tout dépend de la couleur du verre avec lequel on regarde”. C’est une réflexion très sage de l’écrivain y penseur espagnol Ramón de Campoamor (1817-1901).

    Tous les êtres humains sont irrémédiablement dominés par la subjectivité et cette circonstance nous rend faillibles dans toute observation. Tout critère, toute conclusion, tout verdict est toujours empreint de cette subjectivité avec laquelle nous vivons, avec laquelle nous observons, avec laquelle nous pensons.Toutes nos idées et tous nos jugements sont filtrés, conditionnés par notre perspective particulière, par la couleur du verre avec lequel nous regardons.

    Le peuple marocain est un bel exemple de cette vérité. Il ne voit ses voisins qu’avec les verres de son régime despotique. Il porte dans ses gênes la haine que son Makhzen éprouve envers l’Algérie, le Sahara Occidental, la Mauritanie…et même l’Espagne à cause de la solidarité du peuple espagnol avec la lutte du peuple sahraoui.

    Le plus étrange dans cette histoire est que même ceux qui se disent opposants au régime et démocrates s’alignent avec ceux qui ont vu le roi du Maroc sur la Lune. Dans le fond de leur pensée, ils rêvent de verser de l’acide sur les sahraouis dont le nationalisme est perçu comme une création de l’Algérie et le Front Polisario comme une marionette de leur voisin de l’Est.

    Malgré la répression sauvage qui s’abat sur eux, il n’hésite pas à soutenir leur régime dans sa politique sanguinaire pratiquée au Sahara Occidental, malgré que le Maroc n’a jamais tiré une balle pour la libération du territoire sahraoui du joug colonialiste. Le Sahara Occidental est marocain parce que la chaîne 2M le veut ainsi. Parce que la presse jaune a façonné ainsi leur pensée.

    La France soutient la monarchie marocaine contre la volonté du peuple marocain. Cela n’empêche pas ce peuple d’être de son soutien au Maroc dans le conflit du Sahara Occidental. Simplement parce que, à l’instar de leur régime sanguinaire, ils rêvent d’anéantir leurs voisins qu’ils méprisent et dont ils se sentent supérieurs alors que la grande majorité des marocains vivent dans une misère qui obligent leurs femmes à aller se prostituer partout dans le monde. Ce qui n’est pas le cas des pays voisins parce que leur niveau de vie est nettement meilleur que celui du royaume du tourisme sexuel. Cette réalité, ils sont incapables de la voir, parce qu’ils regardent avec les yeux du Makhzen.

    Au debut de la crise algérienne, elle a focalisé l’attention des marocains. Non pas par solidarité avec le peuple algérien, ni par des sentiments démocratiques. Tout simplement parce qu’ils rêvent de voir en Algérie un régime qui lâcherait les sahraouis et leur livrerait dans un plateau d’or à son boucher, un qualificati qui peut être appliqué autant au régime marocain qu’à son peuple. Ce qui, évidemment, n’est qu’un rêve. Ils peuvent toujours rêver, puisque c’est gratuit et à la portée de tout le monde. Maintenant ils sont déçus parce qu’ils voient que l’Algérie n’a pas basculé dans l’anarchie parce que, contrairement au marocain, le peuple algérien est un peuple cultivé, politisé et conscient.

    Tags : Maroc, Sahara Occidentl, Algérie, peuple sahraoui, Mauritanie,

  • Le Maroc espionne l’Algérie via les réseaux sociaux et par satellite !

    Les services de renseignements marocains ont crée une nouvelle branche spécialisée dans l’espionnage des algériens, via les réseaux sociaux, dont le Facebook et le Twitter sont en tête de liste pour espionner l’Algérie.

    Le Maroc ne se lasse pas de s’équiper de nouvelles technologies pour connaitre et suivre de prêt l’orientation des algériens en termes d’affaires locales ou internationales, afin de l’exploiter dans les plans hostiles que le Makhzen trame contre l’Etat algérien, gouvernement et peuple. Les services algériens spécialisés dans la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité ont avorté une grande opération d’espionnage procédée par les services de renseignements marocains.

    Cette opération consistait à contrôler les commentaires postés par les algériens, ainsi leurs opinions culturelles et politiques . Le Maroc a signé l’année dernière un contrat avec la France portant sur la vente de deux satellites d’observation de type Pléiades en deux phases (1 + 1). La mission principale dévolue à ces satellites serait la surveillance des mouvements des troupes de l’armée algérienne. A cet effet,la presse algérienne a accusé le Maroc de vouloir espionner l’Algérie avec son satellite français et a indiqué que cette prétendue transaction, renforce encore plus, le global, l’ininterrompu et le multisectoriel, axe Rabat -Paris .

    Source: ALgérie360, 13 vr 2015

    Tags : Algérie, Maroc, espionnage, Facebook, réseaux sociaux, satellites,

  • Discours de Hicham Alaoui au Lycée de Belmont

    Entre éthique et éducation : Une vie de dissidence

    Je tiens à remercier le corps professoral, les élèves de l’école Belmont Hill, et en particulier le Directeur pédagogique de l’éducation globale, Adam Harder, pour cette merveilleuse occasion. Je dois avouer que lorsque j’ai reçu cette invitation, j’étais très honoré mais aussi un peu anxieux.

    J’étais heureux de cette invitation, parce que notre discussion d’aujourd’hui me permet de me sentir partie intégrante du tissu social de cette communauté scolaire en partage. Cependant, j’étais aussi inquiet, parce qu’aujourd’hui, je ne parle pas comme à mon habitude dans le cadre de mon expertise scientifique. Les organisateurs m’ont demandé de vous provoquer, de vous inspirer…Et c’est très clairement le défi intellectuel le plus difficile qu’il soit !

    Pour essayer de répondre à cet appel du mieux que je peux, il me faut retourner en arrière dans le temps, et convoquer les images et les bruits d’un pays lointain. Ce que j’entends dans ce souvenir c’est le sourd bruit des bottes de combat qui marchaient sur le tarmac, et le grincement des barrières métalliques des check-points.

    Nous étions en 1971, et j’étais ce garçon de sept ans, au Maroc, qui regardait de loin un coup d’État militaire se dérouler contre mon oncle, le roi Hassan II. Le coup d’État visait à renverser une monarchie vieille de 400 ans et à faire disparaître une institution vieille de 1200 ans. Le coup a échoué, mais pas avant que les troupes rebelles ne fassent un bain de sang au palais royal. J’ai vu un officier de l’armée dire à ses deux soldats de tuer ma mère. Après son départ, ils ont refusé, car elle était enceinte de ma future sœur.

    Mon père a été blessé par balle et de nombreux membres du palais ont été tués. Ce jour-là, la monarchie marocaine, dirigée par la famille royale dans laquelle je suis né, a failli se terminer. Après cela, ni la monarchie ni la politique de mon pays n’ont été les mêmes. En y repensant, cette journée épouvantable a représenté bien des choses. Mais avant toute chose, elle a marqué une transition. Depuis ce jour, s’est ouverte une ère de répression violente et brutale alimentée par le nationalisme, dont les cicatrices sont toujours présentes aujourd’hui. Au plan personnel, elle a aussi marqué ma propre transition de l’innocence de l’enfance à la vie adulte. Quand vous devez arrêter d’agir mais commencer à réfléchir; mais aussi quand vous devez arrêter de réfléchir et commencer à agir.

    Soyons honnêtes. Aucun d’entre nous n’est le Pape François ou le Dalai Lama. Nous sommes des êtres humains profondément imparfaits. Et personne d’entre nous ne prétend être un exemple de rectitude, ou de perfection. Nous avons des défauts, des faiblesses, et des regrets. Avoir un fondement éthique ne signifie pas être parfait. En revanche, cela signifie que, quoique vous fassiez, vos actions résonnent en correspondance de vos valeurs les plus profondes. Ainsi, fiez-vous à votre conscience quand vous poursuivez vos rêves, ils sont interdépendants, et le seront toujours. Ils se nourrissent les uns des autres. On ne peut pas poursuivre un rêve sans conscience, ou, à l’inverse, avoir une conscience sans rêve.

    Je réalise que ce que j’énonce ici peut sembler énigmatique ou abstrait. Cependant, permettez-moi d’illustrer mon propos à travers l’expérience personnelle et ce que signifie concrètement avoir une boussole morale comme guide de ses actions et cela, en particulier dans les moments de transitions tumultueux et de changements imprévisibles. Les trois points sur lesquels je voudrais insister aujourd’hui sont : l’universalité de l’éthique, le pouvoir de la dissidence et l’importance de l’éducation.

    Éthique universelle

    Premièrement, l’éthique est une question universelle. Par éthique, j’entends les règles, les croyances et les loyautés sous-jacentes qui nous soufflent intérieurement quand nous agissons avec vertu ou que nous nous trompons. Les codes éthiques, par ailleurs, sont aussi différents pour chaque individu que peuvent l’être leurs empreintes digitales. Mais tout comme les empreintes digitales, tout le monde doit avoir un système éthique. C’est pourquoi l’éthique est universelle. Je voudrais vous parler de ma propre perspective éthique, en partant de mon expérience personnelle, en tant que musulman ancré dans la foi islamique et socialisé dans la tradition du Prophète. Les rudiments de l’islam peuvent sembler familier a beaucoup d’entre vous qui êtes non-musulmans.

    Par exemple, la foi islamique m’a aidée, moi comme beaucoup d’autres, à adopter une gamme extraordinaire de bons comportements. Je citerais d’abord le besoin de lutter contre l’oppression partout où nous pouvons la voir, lorsque certaines personnes sont injustement lésées, marginalisées ou ciblées par le triomphalisme d’autres. Une autre leçon importante est de faire preuve de compassion et de bienveillance envers les pauvres et les personnes vulnérables. Leur vie est égale à la nôtre, et pourtant ils sont souvent oubliés au sein de la société. Une autre idée encore est l’importance de l’évolution et de la croissance individuelle, du moins d’après ma propre expérience de musulman.

    J’ai commencé ma vie en pensant au bien en le rapportant à mes propres actions ou aux faits qui pouvaient me rendre dignes. Cependant, tout au long de mes études, au fur et à mesure que j’explorais les traditions philosophiques occidentales et que je voyageais à travers le monde, mon horizon s’est élargi. J’ai commencé à croire non seulement à ce qui était bon, mais aussi à ce qui était juste. J’ai été éduqué comme un membre d’une communauté de croyants. Notre cohésion et notre foi avaient la valeur de droits collectifs pour nous. Cependant, mes différentes expériences m’ont obligées à considérer l’individu comme méritant également tous les droits et libertés inhérents aux personnes. Ce n’était pas une transition facile, car elle exigeait une longue réconciliation entre le fondement de ma foi et ce flot de nouvelles idées. Et cela reste d’ailleurs pour moi, encore aujourd’hui, une quête sans fin.

    C’est ce fondement éthique qui m’a poussé, il y a vingt ans, à rejoindre le corps des casques bleus des Nations Unies au Kosovo, pays qui sortait alors d’une guerre terrible. Ce fondement éthique m’a également convaincu du bien-fondé de la protection des droits les plus fondamentaux des êtres humains, y compris le droit de vote en démocratie. Vos propres ambitions et objectifs vous mèneront certainement dans des directions très différentes. Mais ce que j’ai appris durant ces années, c’est que peu importe comment vous construisez et calibrez votre boussole morale, elle reflétera probablement une partie de cette universalité qui s’étend à toutes les traditions culturelles.

    De plus, il vous faudra réussir à relier vos actions à votre éthique. Ils sont imbriqués : l’un est le produit de l’autre. Je peux vous assurer qu’à chaque étape de votre vie où vous sentirez que vous avez réalisé quelque chose d’important, vous serez encore plus satisfaits et tranquilles. Vous devez pouvoir vous retrouver dans la phrase de Frederick Douglass : « L’âme qui est en moi, personne ne peut la dégrader. »

    Considérant l’époque dans laquelle nous vivons il s’agit d’une intuition particulièrement vitale. Notre époque est marquée par la montée de la peur, de l’incertitude et de l’imprévisibilité. Nous ne pouvons pas prévoir l’avenir. Mais individuellement, nous pouvons toujours connaître nos valeurs. C’est l’ultime certitude.

    Le pouvoir de la dissidence

    J’aimerais maintenant parler un instant de ce que signifie être dissident, surtout en ces périodes de transition. Parfois, vos convictions éthiques sont si fortes, et votre engagement envers elles si inébranlable, que vous pouvez devenir un dissident sans jamais avoir eu l’intention de l’être. Dans mon cas, le voyage vers la dissidence a eu le temps lent de la géologie. Mes convictions dans le bien fondé des droits de l’homme et de l’importance de la démocratie se sont sédimentés au fil des années. A chaque fois que je me suis engagé personnellement parce que j’étais témoin d’injustice ou à chaque étape de mon éducation, une nouvelle couche de ma conviction démocratique s’est sédimentée.

    Finalement, ces engagements ont été si forts et inévitables qu’ils m’ont forcés à prendre position dans mon pays natal, le Maroc. Et cela a créé des tensions. D’une part, la monarchie régnante s’accroche au pouvoir absolutiste. Aux yeux de beaucoup, l’autorité royale est ointe de Dieu. La Monarchie a survécu aux coups d’État et a écrasé les soulèvements grâce au soutien de la providence. Pour les défenseurs de cet ancien système de gouvernement pourtant humainement construit, des notions démocratiques comme les élections ne servent qu’à perpétuer cette réalité.

    D’autre part, il y a beaucoup de voix comme la mienne qui croient en la monarchie constitutionnelle, où le souverain est le symbole de la continuité de l’État et de l’unité du peuple – mais pas le chef de l’exécutif, comme c’est le cas de pays comme le Royaume-Uni et le Japon. Inversement, les défenseurs de l’absolutisme invoquent toujours l’argument que leurs systèmes de gouvernement sont les produits d’histoires uniques, et sont donc à la fois exceptionnels et culturellement authentiques.

    L’absolutisme peut prendre différentes formes. En fin de compte, l’arbitre ultime est la loterie biologique. Le pouvoir absolu peut être exercé par les forts et les dominateurs, ou il peut être manié par les inconstants et les capricieux. De même, il peut être exercé par l’indifférent et le lointain. Aucun n’est supérieur à l’autre, car le pouvoir absolu ne se perpétue pas seulement grâce aux caprices d’un dirigeant, mais plutôt grâce aux institutions politiques qui soutiennent l’ensemble du système. Ces institutions existent souvent bien au-delà du cadre d’un gouvernement officiel. Par-dessus tout, nous croyons que lorsqu’une société veut une réforme, la réponse du pouvoir devrait être accommodante et empreinte de tolérance plutôt que de résistance et d’obstruction.

    Si ces tensions m’ont forcé à me séparer de la monarchie et de l’environnement dans lequel je suis né, elles m’ont également permis de découvrir une grande vérité. Aujourd’hui, le Maroc, comme beaucoup d’autres pays, est en pleine transition vers l’inconnu. Et l’extrême incertitude -c’est un instinct humain – déclenche la peur. Cette peur pousse les personnes à se raccrocher à ce qui leur est familier. Il s’agit, tout comme l’éthique, d’une caractéristique universelle. Je dois avouer que moi aussi j’ai ressenti cette peur et, avec elle, le désir de me rabattre sur les éléments plus familiers de ma vie.

    Si vous vous tenez debout dans cette tempête de peur, vous apprendrez à résister à cet instinct fondamental – et c’est précisément celaqui fera de vous un dissident. Cela veut dire aussi, ignorer la pensée dominante de l’époque et toujours défendre ses propres positions. « La croyance aveugle en l’autorité est le plus grand ennemi de la vérité » a dit Albert Einstein.

    La dissidence est encore plus subversive lorsqu’elle est, en plus, raisonnable. Si vous avez des objectifs extrêmes, il est facile pour les autorités de vous disqualifier mais lorsque vous proposez des changements réalistes et réalisables, vous devenez une menace toujours plus grande. Je sais que cela peut sembler ambitieux. Mais cela touche réellement chacun de vous ici, en tant que jeune. Nous vivons, ici, dans une société libre, ce qui veut dire beaucoup plus qu’organiser des élections tous les deux ou trois ans, ou encore bénéficier de droits civils. Vivre en démocratie, signifie aussi pouvoir devenir un citoyen engagé qui, quel que soit son âge, se bat pour faire de son école, de sa communauté et de son pays des endroits meilleurs et plus justes.

    Alors que mon combat a consisté à introduire la démocratie dans un système de gouvernement absolutiste, votre combat portera sur la défense de la démocratie en période de stress et d’incertitude. Les démocraties occidentales, sont en ce moment mêmes soumises à de fortes pressions. En Occident, l’aggravation des inégalités économiques a mis en évidence l’étendue de la pauvreté et du dénuement. Culturellement, les normes de comportement de base comme la tolérance et le respect disparaissent de nos relations. Tout cela est encore plus fort en politique, les élus mettent de plus en plus à l’épreuve les limites de leur pouvoir et de leurs privilèges. Ils accusent souvent ceux qui ne sont pas d’accord avec eux d’être déloyaux, ou pire encore, les désignent comme l’ennemi.

    En Amérique, nous avons beaucoup de qualificatifs pour exprimer cette décadence politique : populisme, nativisme et polarisation. Peu importe comment nous les appelons, ces forces centrifuges menacent de déchirer le tissu social de la démocratie américaine. Votre combat ici sera de rétablir la civilité et la tolérance en politique et de préserver les droits et la dignité de tous – y compris ceux qui sont en désaccord avec vous.

    Dans ce contexte, je vous encourage à remettre en question l’autorité. Avec discernement, et en mettant à part l’autorité de ceux qui vous souhaitent le meilleur, comme vos professeurs et vos parents. Mais soyez critiques et souvenez-vous toujours du pouvoir de votre voix. Et avant tout, rappelez-vous que le premier devoir d’un dissident est sa propre conservation. Ne confondez pas sacrifice et autodestruction. En suivant cette voie, vous pourrez être impopulaire à certains moments. Pendant les périodes particulièrement difficiles, vous subirez de multiples pressions pour vous conformer à la majorité dans ce climat de peur.

    En effet, les dissidents peuvent vivre un ostracisme total. Votre meilleure réponse est de rester humain et de ne pas laisser votre cœur devenir impitoyable. Vous perdrez peut-être beaucoup d’amis, mais vous découvrirez que la plupart n’ont jamais été des amis, seulement des connaissances. Vous découvrirez aussi que les personnes fiables qui restent seront vos meilleurs amis pour la vie.

    Je me souviens précisément quand ma dissidence a dépassé les limites de la tolérance de mon oncle, le roi Hassan II, qui m’a élevé après la mort de mon père. Pour me punir, on m’a presque interdit d’entrer au Palais. Un soir, j’ai décidé d’aller à une soirée royale sans invitation et sans m’annoncer. Pour moi, le roi n’était pas seulement mon oncle, mais un homme plus grand que nature. Plus généralement, quels que soient ses excès ou les taches indélébiles de son règne, le roi était mythique pour les Marocains en raison de son esprit et de son habileté. A la fin de sa vie, il a aussi posé les jalons pour une potentielle percée démocratique du pays. Souhaitant me châtier devant des centaines d’invités, le roi m’a appelé et m’a demandé : « Et vous, qui êtes-vous ? »

    A ce moment-là, portant mon smoking, j’ai répondu de la seule façon qui me semblait appropriée : « Je m’appelle Bond. James Bond. Aux services secrets de Sa Majesté. » Inutile de dire que le roi m’a permis de rester, mais pas avant de dire : « Je suis le seul à avoir un permis de tuer ! » Cette histoire est restée un bon souvenir, mais toutes les expériences de dissidences n’ont pas été aussi amusantes et le voyage (vers l’indépendance) n’as pas été sans encombre. Au début, je me sentais coupable, car je violais l’esprit de cohésion et d’unité. Rapidement, cependant, j’ai réalisé que la force se trouvait plutôt dans la diversité et le questionnement. Et avec le temps, j’ai embrassé mon ostracisme.

    Être dissident peut sauver votre esprit. Un esprit brisé est plus difficile à guérir que des os brisés. Cependant, ne laissez pas les autres briser votre esprit. Au début des années 1990, une prison bien connue dans le désert du Maroc a fermé ses portes et ses prisonniers politiques ont été libérés après des décennies d’incarcération brutale. Certains de ceux qui ont été relâchés étaient dans un état épouvantable. Ils avaient des griffes à la place des ongles et leurs visages ressemblaient à ceux de fauves. Certains avaient rapetissés, ayant été forcés de s’asseoir accroupis pendant des années. Pourtant, de cette prison sont également sorties des histoires extraordinaires de survie et d’héroïsme. Beaucoup de prisonniers politiques n’ont jamais renoncé à leurs convictions et croyances les plus profondes malgré les conditions barbares auxquelles ils ont été soumis. Leurs os étaient brisés, mais leur esprit est resté intact.

    Inversement, il y avait beaucoup d’opposants politiques au Maroc qui ont eu la chance de ne jamais connaître la prison. Leurs os étaient entiers. Pourtant, leur esprit s’est lentement évanoui en raison de leur étouffement progressif et de leur isolement par les autorités politiques. Ils n’ont pas tant été attaqués, mais marginalisés. Ils n’étaient pas tant punis, mais châtiés, pas tant réprimés que réprimandés par ceux qui étaient au pouvoir. Parce qu’ils n’ont jamais été forcés de confronter leurs convictions morales dans un moment de vérité déterminant, pour lequel ils auraient eu besoin de rassembler toutes leurs forces, ils sont lentement tombés dans l’abîme de l’insignifiance.

    Sur un autre plan, ma dissidence m’a fait affronter d’innombrables défis. L’État a orchestré de nombreuses campagnes, publiques et secrètes, pour me faire pression, m’intimider et me contraindre à plusieurs niveaux. Outre les attaques politiques, j’ai été la cible d’étranglement économique, je suis devenu un bouc émissaire public et subi l’ostracisme social. J’ai été expulsé de pays en raison de mes opinions politiques et je reconnais que mes actions sont sous surveillance constante. Mes courriels et mes appels téléphoniques ont fait l’objet de piratage informatique et de fuites publiques bien avant que le rapport Mueller ne montre aux États-Unis que la communication de personne n’était vraiment pas sûre. Et il vaut mieux ne pas parler en public d’autres actions encore qui ont été prises contre moi. Cependant, ces difficultés ne sont rien en comparaison à ce que certains ont enduré.

    Mais le plus dur a été de quitter mon pays. Comment élèverais-je mes deux enfants si loin de chez moi ? C’était une peur profonde, comme James Bond l’aurait dit, ‘it scared the living daylights out of me’ Comment pourrais-je me rattacher à mon pays de naissance ? Pour paraphraser Bond à nouveau, je n’ai eu qu’un ‘Quantum of Solace’, qu’un certain réconfort. Mais aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que l’exil que je me suis imposé était une bénédiction déguisée. J’ai adopté ce pays comme le mien. Grâce à ce pays, j’ai pu m’épanouir d’une manière que je n’aurais jamais pu imaginer possible auparavant.

    Ces expériences m’ont appris que, même lorsque les circonstances sont difficiles nous devons toujours séparer nos liens affectifs de nos principes moraux et des buts que nous nous efforçons d’atteindre. Mais ne vous laissez jamais intimider. Vous ne devriez pas non plus succomber au ressentiment. Rappelez-vous que votre dissidence vient du pouvoir de résister à la peur de l’inconnu. En effet, le vrai courage vient de la capacité de surmonter cette peur.

    L’éducation, une clé de voute

    Cela m’amène à mon dernier point qui porte sur le fait que l’éducation et la connaissance doivent constituer une clé de voûte dans votre vie alors que vous construisez une boussole morale et apprenez le pouvoir de la dissidence. Vous allez tous quitter cette école, à un moment donné, pour poursuivre vos études supérieures. Pour beaucoup, cela signifie aller à l’université. Pour certains cette échéance est proche, pour d’autres elle est à l’autre bout du monde. Cela signifie un chemin hors du collège encore rempli de leçons et de visions.

    Lorsque je parle d’éducation, je parle de deux dimensions différentes. Tout d’abord, dans la salle de classe, rappelez-vous l’avertissement du poète classique Rumi : « Laissez-vous entraîner par la plus forte attraction de ce que vous aimez vraiment. Elle ne vous perdra pas. » En d’autres termes, donnez-vous la liberté d’expérimenter, d’explorer et d’expliquer sans abnégation. Il n’y a aucune pénalité pour l’apprentissage d’une matière ou d’un sujet qui n’est peut-être pas nécessaire plus tard dans la vie. Ce faisant, vous découvrirez peut-être votre véritable passion.

    La deuxième dimension de l’éducation va au-delà de la salle de classe. Il ne s’agit pas seulement de salles de cours ou de bibliothèques ou encore de la supervision d’un professeur. Cette deuxième dimension requiert plus encore que l’effort intellectuel et retenir des notions pour les examens. L’éducation, c’est saisir l’impact de vos actions sur le monde. Cela signifie comprendre comment vos actions peuvent non seulement miner et blesser les autres, mais aussi les inspirer et les enrichir. Apprendre la différence critique est votre impératif éducatif.

    En même temps, cette introspection exige que vous alliez au-delà dans la recherche de vos fondements éthiques et de votre voix personnelle. Vous méritez en même temps, le droit de tout critiquer et celui de défendre ce en quoi vous croyez.

    Mais il y a un piège. Une fois que vous aurez quitté cette école, personne ne pourra vous contrôler ou dicter vos actions. Il vous faudra choisir. C’est la partie la plus terrifiante de votre éducation future, l’idée austère mais libératrice qu’à partir de ce moment, vous serez seul responsable de ce que vous apprenez, de comment vous l’apprenez, et de pourquoi vous luttez.

    Ces choix, à leur tour, auront un impact durable, « car l’âme prend la couleur et la teinte des pensées qu’elle entretient » a dit Marc Aurèle. Ainsi, vous deviendrez votre propre artiste. Tout au long de ce processus, vous devez rester humble. L’humilité est une source de force. Avoir beaucoup d’amis n’est pas nécessairement mieux que d’en avoir quelques-uns fiables, et les plus grands plaisirs de la vie proviennent souvent des plus petites choses.

    Surtout, rappelez-vous qu’il y aura des périodes où vous douterez. Peut-être êtes-vous en train de vivre une période de doute en ce moment même, alors que vous vous préparez à obtenir votre diplôme et à plonger tête la première dans ce moment de transition. Ce faisant, suivez votre boussole morale, rappelez-vous le pouvoir de la dissidence et restez déterminés à faire de l’éducation la clé de voûte de votre vie. C’est votre choix, mais ce sera aussi votre destin – le vôtre et le vôtre seul.

    Hicham Alaoui

    Source: Fondation Hicham Alaoui

    Tags : Hicham Alaoui, Maroc, Hassan II, Collège Belmont,

  • Le Maroc espionne l’Algérie via Facebook !

    Les services de renseignements marocains ont crée une nouvelle branche spécialisée dans l’espionnage des algériens, via les réseaux sociaux, dont le Facebook et le Twitter sont en tête de liste pour espionner l’Algérie.

    Le Maroc ne se lasse pas de s’équiper de nouvelles technologies pour connaitre et suivre de prêt l’orientation des algériens en termes d’affaires locales ou internationales, afin de l’exploiter dans les plans hostiles que le Makhzen trame contre l’Etat algérien, gouvernement et peuple.

    Echorouk a appris de sources bien informées que les services algériens spécialisés dans la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité ont avorté une grande opération d’espionnage procédée par les services de renseignements marocains.Cette opération consistait à contrôler les commentaires postés par les algériens, ainsi leurs opinions culturelles et politiques .

    Le Maroc a signé l’année dernière un contrat avec la France portant sur la vente de deux satellites d’observation de type Pléiades en deux phases (1 + 1). La mission principale dévolue à ces satellites serait la surveillance des mouvements des troupes de l’armée algérienne.

    A cet effet,la presse algérienne a accusé le Maroc de vouloir espionner l’Algérie avec son satellite français et a indiqué que cette ‘prétendue’ transaction, renforce encore plus, le global, l’ininterrompu et le multisectoriel, axe Rabat – Paris.

    Tags : Maroc, Algérie, espionnage, Facebook,

  • Tunisie, Algérie, Maroc – Hicham Alaoui : Pour un pacte entre tous les acteurs, en leadership Maghrébin dans le monde arabe

    Le Maghreb après le Printemps arabe : tel était le thème d’une conférence tenue jeudi dernier 25 avril 2019, à l’Université de Georgetown, Wahington DC. Elle couronne un long travail de recherche et d’analyse consigné dans un ouvrage collectif de 12 universitaires intitulé ‘The Maghreb after the Arab Spring : The Lure of Authoritarianism‘.

    Introduisant les travaux de la conférence, Hicham Alaoui (Harvard University), a livré sa lecture de l’évolution dans les pays du Maghreb, se concentrant particulièrement sur le Maroc, son pays, l’Algérie et la Tunisie. Sa description de chacun de ces pays est intéressante à lire. La thèse de Hicham Alaoui est de favoriser, dans une singularité maghrébine (et non un caractère exceptionnel), un pacte consacrant un compromis entre tous les acteurs significatifs, y compris les islamistes. C’est ce qui consacrera un leadership démocratique dans le monde arabe. Extraits. (Traduction non-officielle)

    Télécharger le texte intégral

    Tunisie : pour la première fois la Ligue arabe a tenu son sommet dans une démocratie qui fonctionne

     »Il y a beaucoup à dévoiler ici au croisement de la singularité maghrébine. Je voudrais me concentrer sur un seul aspect, à savoir les possibilités de changement démocratique au niveau macro-analytique. Permettez-moi d’envisager un sous-ensemble du Maghreb, à savoir le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, que je connais intimement. Comme on le sait il existe en Tunisie, une démocratie électorale en cours de processus de consolidation alors qui a du mal à institutionnaliser l’Etat de droit et les responsabilités. Sa démocratisation en 2011 n’était jamais supposée se produire, étant donné les revendications répétées de l’exceptionnalisme maghrébin ou tunisien utilisé par les élites françaises, en soutien à Ben ‘Ali.

    Tout comme la troisième vague de démocratie, la démocratie tunisienne a été conçue à travers pactes entre acteurs politiques concurrents. Dans ce cas, ces acteurs concurrents étaient Islamistes et laïcs. Divisés par la discorde idéologique mais incapable de l’emporter les uns contre les autres.

    En Tunisie, les partis islamistes et non islamistes ont coopéré par le biais d’une coalition de gouvernance afin de jeter les bases de sa transition démocratique, y compris des élections et une nouvelle constitution. Ce chemin n’était ni facile ni parfait. Islamistes et laïcs ont dû négocier constamment en pleines tensions et leur alliance a failli s’effondrer plusieurs fois. De plus, les problèmes économiques, les revendications sociales, les problèmes de justice transitionnelle et la corruption ont pesé sur l’Etat tunisien.

    Néanmoins, la Tunisie pourrait bien révéler que le mode de transition politique le plus avantageux en Europe le Moyen-Orient est une démocratie pactée. En tant que tel, il peut être bénéfique intellectuellement de relancer l’étude comparative des pactes et des transitions pactées. Les gains de la Tunisie ont a également produit un fait extraordinaire non mentionné dans les médias arabes. Quand Tunis a accueilli 30ème sommet de la Ligue arabe le mois dernier, c’était la première fois que la Ligue arabe ne s’était jamais réunie auparavant dans une démocratie arabe qui fonctionne.

    (…)

    Tunisie, Algérie et Maroc : pluralisme et leadership

    Ces trois vignettes de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc montrent un fil conducteur. Avant le printemps arabe, ils avaient tous des États de type «jacobin» définis par un degré élevé de centralisation autoritaire. Dans le même temps, ils ont également générés à des frais très limités, un pluralisme qui a été exploité à bon escient. Ainsi, ces vieilles stratégies de survie ne fonctionnent plus. En effet, une question intelligente est de savoir non pas si à grande échelle changements politiques viendraient à se produire, mais quand et comment, ainsi qu’à quel coût en fonction des tendances tunisiennes et algériennes relevées.

    Ma conviction, enracinée dans la singularité maghrébine et sa représentation de la politique arabe au sens large, est que cette démocratisation peut s’accomplir si elle est pactée. La démocratie sera poussée d’en bas, mais doit finalement être façonnée et institutionnalisée par le biais d’un compromis entre acteurs. Il existe de nombreux groupes et forces rivaux qui revendiquent le pouvoir dans les pays du Maghreb. Certains ont été historiquement supprimés, tandis que d’autres sont restés au pouvoir depuis des décennies. En cas de rupture populaire, il appartiendra à ces concurrents de se forger une compréhension mutuelle afin de créer un ordre politique commun.

    Si nous voyons de tels changements positifs catalysés de cette manière, peut-être dans quelques années ne parle pas d’exceptionnalisme maghrébin, ni de singularité maghrébine, mais plutôt de leadership maghrébin pour le monde arabe en termes de caractère démocratique. Et c’est une réalité mérite d’être étudié. »

    Source : Leaders

    Tags : Maroc, Tunisie, Algérie, Hicham Alaoui, Printemps arabe,

  • Maroc : Le Makhzen se réjouit de la fermeture du site Algérie Patriotique

    Le site d’information Algérie Patriotique se retire de la toile après sept ans d’existence. Les actionnaires ont décidé, aujourd’hui 24 avril, de fermer le site, en précisant que le pas fatal est franchi pour « éviter un amalgame dangereux qui dénature [ la ] ligne éditoriale ».

    « Les actionnaires d’Algeriepatriotique qui confectionnaient le site avec le précieux concours d’une équipe de professionnels émérites, en faisant leur le principe cardinal du respect de l’intelligence et de l’acuité exceptionnelles des lecteurs et amis du journal, ont décidé que cette riche aventure doit cesser pour que cesse avec elle l’ambiguïté autour de l’indépendance du site. Par cette décision mûrement réfléchie, nous voulons éviter qu’à cette contraction douloureuse que vit notre pays s’ajoute un amalgame dangereux qui dénature notre ligne éditoriale ; lequel amalgame rend absconse la grille de lecture des événements actuels et pourrait servir à entretenir à dessein des thèses contraires aux intérêts de l’Algérie », ont écrit les actionnaires du site dans leur dernier papier mis en ligne ce matin.

    Sans le dire directement, les actionnaires du site veulent éviter que le général Khaled Nezzar soit confondu avec les écrits de ce site d’information du fait que le fils de l’ancien ministre de la défense est l’actionnaire majoritaire. « Une situation nouvelle s’est créée qui veut qu’aujourd’hui la confusion mène à des tiraillements et des manipulations nuisibles pour la stabilité et la sécurité du pays », précise  les actionnaires d’Algérie patriotique.

    Le Makhzen n’a pas résisté à la tentation d‘exprimer sa joie de voir le site Algérie Patriotique fermer boutique. « Un site internet de propagande algérien ferme boutique », écrit Le Desk sur le site algérien qui a attiré le plus de haine des marocains à cause de son soutien ferme à la cause sahraouie et ses nombreux écrits qui mettent à nu les conspirations des services secrets marocains et de leurs mentors français contre les aspirations légitimes des peuples de la région.

    Les lecteurs du site sont conscients du rôle d’avant-garde joué par Algérie Patriotique contre les manœuvres du Maroc visant à déstabiliser l’Algérie dans l’espoir de voir réaliser ses rêves expansionnistes et accomplir les ordres de ses maîtres de l’Elysée.

    « Ainsi vous faites le bonheur du Makhnez », écrit Slimou, alors que Mohamed El Maadi se demande « qui va répondre à ce torchon haineux et marocain qu’est le 360 MAG », un site proche du palais de Mohammed VI et de la DGED.

    Ziad Alami, pour sa part, apporte une « moralité : On pousse à la sortie un site patriotique pour laisser le champ médiatique libre au site Makhnazi TSA-Tout Sauf l’Algérie ».

    Pour M’Hamed Hamrouch, le départ d’AP n’est pas définitif. « Je sais que ce n’est qu’un au-revoir comme je sais aussi que les Patriotes DZ et le peuple du Sahara Occidental vous attendent déjà avec impatience », dit-il.

    « Nous souhaitons un retour rapide de ce site AP qui a toujours été à l’avant-garde du combat de la défense des peuple opprimés et de ceux qui luttent pour leur indépendance comme notre peuple et celui du Sahara Occidental », écrit Le Rifain.

    Les lecteurs du site sont conscients du rôle joué par AP dans la lutte contre les manœuvres du Maroc visant à créer la zizanie ainsi que celle de son principal protecteur, la France, qui l’a poussé à l’aventure saharienne dans le but de faire du Maghreb sa chasse gardée.

    Si beaucoup d’algériens sont tristes de voir AP disparaître, ce n’est pas le cas des marocains en général dont les sentiments envers les voisins sont régulés et synchronisés par la mamchine de propagande du Makhzen.

    Tous les marocains, qu’ils soient makhzéniens ou pas, monarchiques ou pas, de gauche, de droite, du centre, intellectuels, analphabètes, partagent la haine de l’Algérie à cause de sa position contre les velléités expansionnistes de la monarchie alaouite et ses maîtres de Paris. Après avoir offert leur pays, leurs femmes et leurs enfants aux français, ils veulent que l’Algérie et la RASD fassent de même.

    Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Algérie Patriotique, article 102, armée,

  • Maroc : les mauritaniens découvrent le vrai visage des marocains

    Le Maroc est une destination très fréquentée par les mauritaniens. Casablanca est devenue La Mecque plusieurs classes sociales mauritaniennes. En premier rang, les commerçants. Ils y trouvent tout genre de trafic et de marchandises de contrefaçon. Grâce à la corruption (appellée « graissage » en Mauritanie), ces commerçants peuvent introduire leurs produits sans les dédouaner.

    Beaucoup de femmes et d’homosexuels mauritaniens se rendent au Maroc en quête d’argent facile moyennant la pratique de la prostitution.

    En raison de cela, le Maroc est un pays très apprécié par les citoyens mauritaniens. Cependant, ils commencent à découvrir le vrai visage des marocains qui est celui du mépris envers tous les voisins, en particulier ceux appartenant aux pays qui, pour Allal El Fassi, faisaient partie du dénommé Grand Maroc.

    Le « tcharmil » qui a envahi la rue marocaine est aussi palpable dans la mentalité des fonctionnaires du royaume alaouite. Dans la rue, on trouve des bandes armées d’énormes épées qui sément la terreur des passants, dans les bureaux et autres institutions marocaines vous avez droit à un marocain grossier dont la bouche ne sort que les gros mots et qui n’a aucun respect pour l’autre.

    Cette réalité vient d’être découverte par les voyageurs mauritaniens. Les autorités de l’aéroport de Casablanca ont invité les clients mauritaniens de la RAM à passer la nuit dans un local qu’ils ont qualifé de « taudi » après l’annulation de leur vol.

    En effet, le vol AT511 à destination de Nouakchott, initialement prévu le lundi 22 avril 2019 à 22h40 a été annoncé avec un retard de 1h de temps puis de 2h de temps.

    “Les agents de RAM avaient d’abord déserté la salle d’embarquement F2 avant de revenir pour annoncer aux passagers remontés que le vol est annulé. Et la RAM choisit d’installer les Mauritaniens dans une salle qui ressemble plus à un taudis qu’un lieu d’hébergement. Une quinzaine de passagers mauritaniens a d’ailleurs refusé l’offre d’hébergement indigne et a préféré passer la nuit dans la salle d’embarquement”, a précisé un passager dans une déclaration relayée par l’agence Al-Akhbar.

    Tags : Mauritanie, Maroc, commerce, prostitution, RAM, retard, vol,

  • Wikileaks : La situation des musulmans en France inquiètent les USA

    Le Département d’État de Washington conseille à la France de « donner una place aux musulmans » :

    Dans un câble diplomatique classé secret, l’ambassade américaine à Paris analyse, à travers plusieurs angles, la situation de l’islamisme radicale en France. Elle est inquiète à cause de ce qu’elle appelle « la marginalisation, l’exclusion et la discrimination dont sont victimes les musulmans de France inquiètent les américains ».

    Dans une note datée du 17-08-2005, et mis en ligne par Wikileaks le 2 décembre 2010, les analystes de l’ambassade américaine à Paris dressent un tableau peu reluisant du traitement réservé par les locataires de l’Elysée à cette catégorie de la population enfermée dans « des banlieues pauvres » situées à « l’extérieur des grandes villes de France ». Et même si les américains reconnaissent que la France réussit tant bien que mal à contrer la menace terroriste de l’extrémisme islamiste, ils ne manquent pas, néanmoins, de souligner que l’Hexagone comprend plus de « 9000 activistes » susceptibles d’alimenter à n’importe quel moment des filières du « Djihadisme ».

    Même la situation précaire des prisons françaises a été passée à la loupe. La note, qui cite des observations « confidentielles » des Renseignements Généraux Français précise que « pas moins de 50 % des détenus sont de confession musulmane ! Les mauvaises conditions carcérales et la détresse sociale de ces détenus ont créé un terrain idéal pour les recruteurs de l’islamisme radical ».

    Selon le câble diplomatique américain, 44 % des prisonniers convertis à l’islam tombent sous le charme de la tendance salafiste et 49 % de ces nouveaux salafistes n’ont jamais obtenu un diplôme dans leur vie. Plus étonnant encore, ce mémo révèle que les conversions à l’islam prospèrent au sein même de l’armée française où récemment  » 3,5 % de militaires français, y compris des officiers, s’étaient convertis à l’islam ».

    Non obstant, les diplomates américains nuancent ce constat. Pour eux, pour l’heure, rien ne prouve que ces conversions sont liées à des « raisons idéologiques ». Le mémo américain n’omet pas également de souligner que la France ne contrôle pas parfaitement le discours religieux produit en Hexagone par des imams dont la majorité ne parlent même pas français et, d’ailleurs, à peine 20 % d’entre eux, disposent de la nationalité française. Tous ses éléments constituent pour les services américains des ingrédients dangereux susceptibles d’alimenter une crise sécuritaire à même de nuire aux intérêts des Etats-Unis. Et ce risque demeure toujours important tant que les autorités publiques françaises rechignent à accepter la communauté musulmane comme une partie intégrante de « la société française ».

    Tags : France, Wikileaks, terrorisme, radicalisation, Islam,