Catégorie : Maroc

  • Maroc, premier producteur de cannabis

    Maroc La lecture des mouvements marocains (photo) semble différente. En voyant les choses d’un peu haut, ils s’inscrivent dans les efforts effectués par le roi pour « démocratiser » son pays. Ce serait pour lui une tentative de solder l’héritage politique de son père Hassan II, qui n’a quitté le pouvoir, après tout, qu’il y a 12 ans. Deux composantes, dont on parle trop peu, semblent caractéristiques de cet héritage.

    La première est l’absence de liberté, qui s’est traduite par une répression beaucoup plus insidieuse, mais à notre avis tout autant sinon plus réelle encore qu’en Tunisie. Au Maroc, nombre de choses étaient et sont encore interdites, mais tolérées. Le pays était (est encore) extrêmement infiltré, à tous niveaux, par la police et les indicateurs. Une épée de Damoclès est ainsi suspendue sur la tête de chaque citoyen et donne à la répression, quand elle s’exerce, un caractère arbitraire et surtout imprévisible, donc beaucoup plus fort.

    Cependant, plusieurs éléments font que le manque de liberté reste malgré tout mieux accepté au Maroc qu’il ne l’a été en Tunisie. Tout d’abord, le fait que cette répression s’exerce d’une façon moins violente et visible, plus « intelligente », pourrait-on dire. Pour la même raison, elle est également plus « négociable », ce qui réduit les oppositions frontales. De plus, il y a le sentiment, pour nombre de marocains, que le Maroc « appartient au roi », ce qui tend à faire mieux accepter le caractère arbitraire de l’exercice de la loi.

    La seconde caractéristique de cet héritage est, évidemment, la drogue. Le Maroc est le premier producteur de cannabis et de haschich au monde [4]. Ceci sous-entend évidemment qu’il existe au Maroc une « caste » qui vit et profite de cet énorme trafic, y compris dans l’entourage proche du roi. Ceci n’est certainement pas un élément qui tend à favoriser l’évolution de la société marocaine vers la « démocratie », tant il est vrai que plus les « places » valent cher, plus ceux qui les occupent s’y accrochent de toutes leurs forces…

    Face à cette situation, on ne peut que louer les efforts de Mohamed VI pour faire évoluer les choses. A ce titre, les récentes réformes constitutionnelles, qui renforcent le pouvoir du premier ministre, et surtout le font choisir désormais au sein du parti majoritaire à l’Assemblée, sont un modèle du genre, puisqu’elles protègent le roi et le libèrent de la responsabilité d’une éventuelle vindicte populaire, le premier ministre devenant, par ce fait, un « premier fusible »…

    Ainsi, le roi peut poursuivre la route vers une monarchie parlementaire, en renforçant la prise en compte des aspirations du pays, et se libérer un peu plus de certains « amis » encombrants issus du système, policier et maffieux, tolérés sinon installés par son père.

    Ces observations permettent d’envisager l’avenir du Maroc avec un peu de sérénité. Les réformes avancent, quoique lentement, plutôt dans la bonne direction. Disons que l’on fera bien volontiers l’économie d’une révolution au Maroc, et si les choses changent, même lentement, chacun pourra s’en louer.

  • Que signifie le « soutien du Maroc à la libération du nord du Mali » ?

    Rabat.- Après sa visite au Maroc de la semaine dernière, le premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, est retourné au Mali avec la promesse de Rabat de soutenir ce pays africain « dans la résolution de la crise sécuritaire au Nord du Mali ».
    La presse malienne assure que le Maroc a promis d’aider ce pays africain à« libérer » le nord du Mali. On évoque un « soutien de taille ».  Mais que signifie donc ce « soutien de taille » ? S’agit-il d’un banal et pas cher soutien diplomatique ou est-ce que le Maroc compte aller plus loin dans l’aide qu’il compte apporter au Mali ?
    Si le pouvoir marocain n’a pas les moyens de mener la guerre en solitaire aussi loin de ses frontières, il peut parfaitement former une coalition avec d’autres Etats de la région pour lancer des opérations punitives contre AQMI dans cette région du Sahel. Encore que, on voit mal l’Algérie qui considère le Mali comme une arrière-cour laisser son frère-ennemi marocain investir la région.
    Mais même si ce verrou saute sous la pression des Américains, il reste que nos vaillantes forces armées royales devront tout de même en plus d’AQMi essayer de faire la fête aux autres rebelles de la zone : les Touaregs.
    Pour les imprésentables touaregs islamistes d’Ansar Eddine, ça peut passer, mais pour les touaregs de l’Azawad, cela risque d’avoir quelques fâcheuses répercussions à l’intérieur du royaume chérifien.
    C’est que les Touaregs sont des berbères, des Amazighs, et le royaume est considéré comme une nation amazighe, avec une très forte population amazighe et des mouvements revendicatifs amazighs, du nord au sud du pays, qui ne verraient pas d’un bon oeil que « leur » armée s’en prenne à leurs frères de Tamazgha, la nation mythique (et réelle ethniquement) des Berbères.
    En conclusion, il serait bon que notre gouvernement, ou plutôt le Palais, qui mène comme toujours la danse, explique à son peuple adulte et vacciné que signifie ce « soutien du Maroc à la libération du nord du Mali » ?
    Badr Soundouss
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  • Encore un acte antisémite en France par des….juifs !

    Un écrivain marocain agressé par des sionistes à Paris 
    L’écrivain marocain Jacob Cohen a été agressé au café « Rive gauche » à Paris, par des membres de la Ligue de défense juive (LDJ), un groupuscule fasciste et raciste juif qui a pour mission d’agresser en France tous les intellectuels juifs qui ne font pas dans la pensée unique sioniste.
    Jacob Cohen, un militant propalestinien, qui venait présenter son dernier ouvrage, le « Printemps des Sayanim, » avait accusé il y a quelques semaines publié par Demain le conseiller royal André Azoulay d’être un « sayan », c’est-à-dire un collaborateur du Mossad, les services secrets israéliens. Comble de l’extrémisme, l’agression a été filmée par les agresseurs de la LDJ qui l’ont diffusée sur internet. 
    L’écrivain marocain Jacob Cohen est assurément un persécuté. Mais, il ne l’est pas en raison de sa nationalité, de sa religion ou de la couleur de sa peau. Il l’est simplement à cause de ses opinions politiques. Depuis que Cohen a osé traiter le conseiller royal André Azoulay de sayan, c’est-à-dire de « collaborateur du Mossad », les services secrets israéliens, et s’en est pris, par des actes et des paroles, à la politique de l’Etat d’Israël envers les Palestiniens, les agressions se suivent et se ressemblent. 
    Après une première agression, perpétrée le 12 mars par des membres de la Ligue de défense juive (LDJ), une agression qui a été filmée et postée sur le site de ce groupuscule d’extrême droite, Jacob Cohen a été de nouveau agressé le 5 juillet par des gros bras de la LDJ près du métro Saint-Paul, à Paris. Comme pour la dernière fois, il a eu droit à de la farine et de la peinture rouge. Et comme pour la précédente fois, une plainte a bien été déposée dans un commissariat de police de la capitale français. Mais, « étant donnée la complicité qui règne entre le CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France], son bras armé la LDJ et les plus hautes instances de la République, il est peu probable que cette plainte aboutisse », signale Cohen. 
    Jacob Cohen a écrit au ministre français, le wissamiste Manuel Valls, en espérant que la police sera cette fois-ci capable de mettre la main sur les agresseurs de l’écrivain marocain. 
    Loldzalgérie, 14/07/2012
  • Le Maroc cherche-t-il à sanctuariser son armée?

    Un projet de loi garantissant l’immunité des militaires fait débat au Maroc. L’Etat est soupçonné de vouloir protéger une armée souvent accusée de porter atteinte aux droits de l’Homme en toute impunité.
    Le premier projet de loi du gouvernement dirigé par l’islamiste Abdelilah Benkirane, qui prévoit d’accorder aux militaires une immunité pénale contre toute poursuite judiciaire, suscite une vaste controverse et des débats sans fin sous la coupole du parlement et dans la presse locale.
    «Les personnels militaires au sein des Forces armées royales (FAR) qui exécutent des ordres reçus de leurs supérieurs dans la chaîne [de commandement] dans le cadre d’une opération militaire conduite dans le pays, ne pourront faire l’objet d’accusations pénales et bénéficieront de la protection de l’Etat contre toute exposition à des menaces, des poursuites, des attaques, des atteintes, des propos diffamatoires ou des insultes dans la pratique ou dans l’exécution de leurs devoirs ou après celles-ci»,stipule le chapitre 7 de ce projet de loi.
    En somme, la loi garantit aux militaires des forces armées marocaines une immunité absolue contre les poursuites pénales pour les opérations militaires réalisées sur le territoire national en vertu des ordres reçus de leur supérieur hiérarchique.
    Elle prévoit également que l’État protège les membres des forces armées contre les poursuites ainsi que la critique ou toute accusation.
    Une immunité «vague et inacceptable»
    Ce nouveau texte accorde une immunité «vague et inacceptable» à l’institution militaire, a déclaré le secrétaire général du parti Authenticité et Modernité (PAM) Abdelatif Wahbi. Le PAM qui avait été créé par Fouad Ali El Himma, un intime du roi, avait pourtant jusqu’à son basculement dans l’opposition, été un parangon du tout-sécuritaire.
    «Nous mettons en garde contre les conséquences néfastes de l’adoption de ce chapitre», a-t-il poursuivi, sans rejeter explicitement le concept de l’immunité. «Mais nous voulons la réduire et la cadrer, de manière à éviter toute conséquence et répercussion négative résultant des revers qui pourraient accompagner cette immunité».
    Le responsable politique a suggéré de demander l’avis du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Ce dernier, proche de l’institution royale, a finalement plaidé pour une révision du texte.
    Le ministre délégué à l’administration de la Défense nationale Abdellatif Loudiyi s’est défendu quant à lui de toute volonté politique de sanctuariser l’armée.
    «Il s’agit de protection, non d’immunité. Si quelqu’un a commis un crime, il sera déféré devant les tribunaux», a-t-il déclaré, «La loi protège les personnels militaires dans l’exercice de leurs missions et de leurs devoirs nationaux», a-t-il ajouté.
    Un désaveu juridique à l’international
    Il n’a pas convaincu la Commission internationale de juristes (CIJ) basée à Genève qui s’est déclarée profondément préoccupée par le fait que le projet de loi accorde l’immunité pour tous les crimes graves prohibés par le droit international pouvant être commis par les membres des Forces Armées Royales (FAR) en vertu des ordres de leurs supérieurs, notamment les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide, la torture et les disparitions forcées.
    Pour la CIJ, La loi ne prévoit pas non plus de mesures juridiques contre les supérieurs lorsque leurs ordres sont contraires au droit.
    Dans un communiqué rendu public, la CIJ a fait cette mise au point:
    «Au cours des cinquante dernières années, les forces armées marocaines et autres services de sécurité (ont) pu agir en toute impunité, sans avoir à rendre compte de leurs actes devant les tribunaux ou le Parlement. Ils ont bénéficié d’une immunité, de fait, contre toute procédure judiciaire pour leur rôle dans les violations de droits de l’homme documentées dans le rapport de 2005 de la Commission de vérité marocaine (ndlr : L’Instance Equité et Réconciliation-IER), notamment les exécutions sommaires et arbitraires, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les tortures et autres mauvais traitements.»
    Et pour cause, «Il s’agit de l’institution militaire, considérée au Maroc comme sacrée, ne relevant jusqu’ici que du seul pouvoir royal» rappelle le quotidien Le Soir Echos, qui s’interroge sur le caractère «intouchable» de l’armée royale.
    Des dossiers très embarrassants
    La proposition de loi a eu au moins l’avantage de délier la parole sur une institution qui ne souffre d’aucun commentaire ou critique dans les agoras publiques. Un parlementaire a même rappelé les exactions dont s’était rendu coupable l’institution militaire dans les années 1950 lorsqu’elle avait maté dans le sang la rebellion du Rif, faisant naître une inquiétude perceptible dans les médias comme Maroc Intelligence ou Al Massae
    Et si d’aventure cette boite de Pandore devait être ouverte, le pouvoir marocain serait effectivement dans l’embarras, tant les implications supposées et jamais éclaircies de l’armée lors de nombreuses vagues de répression contre des civils au Maroc sont légion: massacres durant les grandes émeutes urbaines, embastillement d’opposants dans des bagnes secrets, actes de torture, disparitions forcées, sont autant de plaies jamais cicatrisées de l’histoire récente du Maroc.
    Sans parler d’autres dossiers sensibles à l’international, comme celui de l’épisode de la guerre au Zaïre du temps du dictateur Mobutu Sese Seko ou lorsque des troupes marocaines avaient été accusées d’exactions contre des civils dans d’autres théatres d’opération africains sous la bannière des casques bleus des Nations Unies. Le Maroc a aussi activement participé à la«guerre contre la terreur» mené par l’administration Bush et aurait torturé sur son sol des ressortissants étrangers.
    Certains hauts gradés, comme les généraux Hosni Benslimane et Hamidou Laânigri poursuivis et recherchés par la justice espagnole pour «actes de génocide au sahara Occidental» selon l’accusation, sont d’ailleurs demeurés d’active au sommet de la hiérarchie militaire, malgré un mandat d’arrêt émis par Interpol à leur encontre.
    Une situation que le Maroc partage avec les pires dictatures qui protègent leurs dirigeants de toute extradition ou de comparution devant une instance judiciaire internationale. Le Maroc n’a d’ailleurs pas ratifié le traité instituant la Cour Pénale Internationale (CPI). 
    Une omerta persistante sous Mohammed VI
    Malgré son discours de réconciliation, Mohammed VI n’a jamais permis la mise en cause de ses officiers supérieurs, pour la plupart hérités de son père Hassan II. Ces derniers avaient d’ailleurs fait montre d’une grande fébrilité lorsque l’Etat, pressé par l’opinion publique nationale et internationale sur les cas des milliers de disparus durant les «années de plomb», s’était vu forcé d’admettre une part infime de sa responsabilité, sans pour autant faire toute la lumière, ni juger les auteurs de ces crimes demeurés jusqu’ici impunis.
    Depuis la montée de Mohammed VI sur le trône, l’omerta au sein de l’armée a d’ailleurs subsisté comme l’ont démontré les affaires du capitaine Mustapha Adib qui avait révélé la corruption généralisée au sein de ses rangs et celle du colonel Terhzaz, accusé de haute trahison pour avoir fait état au roi de la situation sociale des vétérans de la guerre contre le Polisario.
    Mieux, la nouvelle constitution du Maroc maintient l’armée dans une zone de confort institutionnel sans égale, au point où d’aucuns la définissent même comme une «milice» au service de la monarchie
    Le dernier rapport de Christopher Ross, l’envoyé spécial des Nations Unies, sur les violations des droits de l’Homme commises par l’armée marocaine au Sahara Occidental et qui lui a valu le désaveu du Maroc ne serait pas non plus étranger au projet de loi d’immunité des militaires. 
    Budgétivore, secrète, bardée de privilèges et de passe-droits, corrompue, l’institution militaire demeure toujours taboue. Ouvrir la moindre brèche dans son sanctuaire est considéré comme un acte antipatriotique voire de sédition. En définitive, la loi en gestation ne servirait qu’à graver dans le marbre cet état de fait.
    Ali Amar
    Slate Afrique, 11/06/2012
  • Vérité et justice sur l’enlèvement de Ben Barka

    Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir à Paris pour réclamer «vérité et justice» sur l’enlèvement en 1965 dans la capitale française de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka.
    Portant des portraits d’opposants ou de simples citoyens marocains disparus, les manifestants ont appelé notamment à ce que «les raisons et les complicités d’Etats cessent d’entraver l’action de la justice» dans la recherche de la vérité sur les «disparitions forcées» des opposants et des politiques marocains.
    Ils répondaient à l’appel de l’Institut «Mehdi Ben Barka» et «Mémoire Vivante» qui, avec le soutien d’associations des parents de disparus et de défense des droits de l’homme au Maroc, organisent chaque 29 octobre de l’année l’anniversaire de la disparition de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965, devant la brasserie Lipp, lieu où il devait déjeuner avec le cinéaste Franju et un journaliste pour discuter de la réalisation d’un film sur la décolonisation. 46 ans après l’enlèvement du dissident marocain, sa famille est toujours en quête de vérité sur ce fait marquant de la vie politique du royaume et de l’ensemble des pays du Tiers monde,
    à une époque où l’opposant Ben Barka était perçu comme un leader des pays en voie de développement et un des penseurs du processus de décolonisation dans le monde. Selon son fils Bachir, le dossier en justice en France concernant l’affaire Ben Barka n’a pas avancé. 
    «Je dirai même qu’il a reculé. En 2010, nous avions annoncé que nous allions voir le juge pour la reconnaissance de documents dont le secret défense allait être levé par le ministère de la Défense et que ces documents ce sont ceux que le juge a pu saisir dans le siège des services secrets français», a-t-il rappelé, regrettant que «seulement une partie insignifiante des documents a pu bénéficier de cette levée du secret défense».
    «Cela est intervenu contrairement à la vie de la commission consultative du secret de défense nationale. Et depuis, l’affaire est au point mort du côté de la justice française», a-t-il indiqué à l’APS, affirmant que cette «obstruction à la vérité est une décision politique».
    «Au Maroc, le même blocage est constaté du fait que la commission rogatoire du juge français pour entendre les témoins, responsables sécuritaires notamment, qui pourraient apporter des éléments sur l’enlèvement de mon père, n’est pas encore opérationnelle, malgré toutes les précisions que le juge en question a envoyées à qui de droit», a ajouté le fils de l’opposant marocain.