Catégorie : Maroc

  • Guerre des plumes entre le Maroc et l’Algérie (Le Monde diplomatique)

    Par Ali Chibani

    Quand la presse algérienne défend « la Gandhi du Sahara Occidental », les titres marocains décèlent un « piège algérien (1) ». La grève de la faim observée depuis le 15 novembre par la militante sahraouie Aminatou Haïdar à l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries, après qu’elle a été refoulée par les autorités marocaines, a ravivé les querelles entre journalistes des deux pays. Une vieille guerre que chaque camp justifie.

    Nourdine Jouhari, directeur de la rédaction de Maroc Hebdo International, estime que la défense du territoire, le maintien du Sahara Occidental sous l’autorité de la monarchie, fait l’unanimité dans son pays. Pour lui, seule l’autonomie du « Sahara marocain » est acceptable, car « il y va de la survie de la marocanité et de l’intégrité territoriale du pays ». Son hebdomadaire n’a de cesse d’évoquer un possible conflit armé avec le voisin algérien. Ces dernières années ont en effet été marquées par un renforcement de l’arsenal militaire algérien, et la presse marocaine suit de près ce dossier. C’est le cas de Maroc Hebdo International, qui énumère dans le détail les nouvelles acquisitions algériennes et conclut : « “Qui veut la paix prépare la guerre”, conseille le dicton. Alger, surtout, et, dans une moindre mesure, Rabat, ne dérogent pas à la règle (1) . »

    « Notre position [pour l’indépendance des territoires sahraouis] est déterminée par notre histoire, rétorque Mohammed Touati journaliste au quotidien algérien L’Expression. Nous avons vécu cent trente ans d’un colonialisme brutal, nous ne pouvons donc pas accepter que d’autres peuples vivent la même expérience. » Merzak Tigrine, journaliste à Liberté, partage cet avis : « Nous condamnons l’occupation du territoire sahraoui comme nous condamnons la barbarie israélienne contre les Palestiniens. Nous sommes passés par là ! »

    Tout porte à polémique. Le 18 septembre 2009, la presse marocaine rapporte que des « violations des droits de l’homme [dans les camps des réfugiés] à Tindouf ont été dénoncées vigoureusement à Genève par une délégation de Sahraouis unionistes ». L’Expression réplique par une diatribe sans concession contre la « délégation sahraouie fantoche (2) » dont les membres sont traités de « harkis ». Néanmoins, le journal algérien appelle les Marocains à se prononcer en faveur de l’autodétermination du Sahara occidental. Et il leur rappelle leur engagement passé en faveur de l’indépendance de l’Algérie : « Le peuple marocain, dont la longue tradition de lutte contre la torture et le respect des droits de l’homme est devenue un symbole, trouve en la cause sahraouie le plus bel exemple de fraternité entre les peuples… »

    Karim Boukhari, directeur de rédaction à l’hebdomadaire indépendant marocain TelQuel, se méfie des surenchères : « Nous nous efforçons de garder la tête froide au sujet du Sahara. On tente d’éviter des termes comme “séparatistes” – on parle plutôt d’“indépendantistes” – pour qualifier les membres du Front Polisario. On évite des expressions comme “la cause de tous les Marocains”, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à la propagande, tant marocaine que non marocaine. Ce n’est pas toujours évident, puisque cela peut nous valoir des incompréhensions, même chez certains de nos lecteurs. »

    Certains d’entre eux sont, en effet, habitués à une condamnation sans nuance de l’Algérie, censée être la seule à entraver le processus de paix au Sahara Occidental à cause des « appétits de la junte militaire […], qui avance sans ambages la solution du partage d’un territoire séculairement rattaché au Royaume (3). »

    « L’Algérie crée tous les problèmes possibles pour éviter la fin du conflit avec le Sahara Occidental », affirme Nourdine Jouhari. A quoi les médias algériens ripostent que la monarchie n’offre aux Sahraouis que le statut de province autonome et refuse l’organisation d’un référendum sur leur indépendance. Mohammed Touati insiste : « Nous défendons, certes, la cause sahraouie, mais ce n’est pas pour autant que nous voulons être partie prenante du conflit. Nous souhaitons la tenue d’un référendum pour permettre aux Sahraouis de faire leur choix. Et s’ils optent pour leur rattachement à la monarchie marocaine, nous respecterons leur décision. »

    Une chose est sûre : les journalistes algériens se sentent confortés par l’Organisation des Nations unies (ONU), qui considère le Sahara Occidental comme l’un des seize derniers « territoires non autonomes » entrant dans ses efforts de « décolonisation ». Le directeur d’Aujourd’hui le Maroc minimise ces résolutions et tranche : « La solution réaliste ne peut tourner qu’autour du projet d’autonomie proposé par le Maroc. Un point c’est tout (4). »

    Aussi, Nourdine Jouhari peut expliquer : « La proposition d’organiser un référendum sur l’“autonomie des provinces sahariennes” a été acceptée par la communauté internationale. Mais Alger veut empêcher sa réalisation. »

    Dans cette lutte au couteau, le journaliste tente souvent de ternir l’image du camp adverse. Côté algérien, la presse opère un parallèle entre les peuples sahraoui et palestinien, et utilise une même terminologie pour les deux conflits, parlant de « territoires occupés » et d’« Intifada » ; La Tribune dénonce les « forces d’occupation marocaines ».

    El Moudjahid se fait la voix du Front Polisario en couvrant les voyages de M. Mohamed Abdelaziz, « président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) », et en reprenant les informations de l’agence de presse sahraouie SPS. Quant à Mohammed Touati, il égratigne ses confrères marocains : « Nous reprenons les articles pour rectifier le tir. Nous nous sentons agressés par tous ceux qui refusent l’indépendance des populations colonisées. »

    Les journalistes marocains, eux, exploitent les mouvements sociaux chez leurs voisins, notamment ceux du « pays kabyle (5) », que Maroc Hebdo International décrit aussi comme une « Intifada ». Rappelant la naissance d’un mouvement autonomiste kabyle, l’hebdomadaire ironise sur le soutien aux Sahraouis et fait mine de s’interroger : « Et si le Maroc, sans autre forme de cynisme à l’algérienne, revendiquait devant les instances internationales le droit du peuple kabyle à disposer de lui-même, quitte à se constituer en Etat souverain… (6) ? » « Cette extrapolation me fait rire ! Que je sache, en Algérie, il n’y a pas de peuple en danger », réplique Mohammed Touati. « Nous n’avons pas inventé de revendications pour le peuple algérien, se défend le rédacteur en chef de Maroc Hebdo International. Nous ne sommes pas pour le démembrement de l’Algérie. »

    Des deux côtés, les journalistes s’alignent le plus souvent sur les positions des autorités politiques. Les accusations réciproques fusent. Ainsi, le quotidien arabophone algérien Al Khabar désigne les hôpitaux marocains comme destinataires d’un trafic d’organes d’enfants qui se fournit en Algérie. Maroc Hebdo International riposte en dénonçant les « nombreuses dérives de la presse algérienne (7) ».

    Les journalistes sont-ils manipulés par le pouvoir ? « Je ne subis aucune pression et personne ne me force à écrire mes articles, se défend Mohammed Touati. Pour moi, c’est la presse marocaine qui n’est pas libre… ». Nourdine Jouhari soutient que le Palais n’exerce aucune pression sur sa profession. « Il n’y a pas non plus d’autocensure, mais de la responsabilité. Quand nous écrivons sur le Sahara marocain, nous avons en tête le conflit avec l’Algérie et avons conscience de la nécessité de défendre l’intégrité de notre territoire. » Karim Boukhari, lui, rappelle que TelQuel est allé enquêter sur les camps de Tindouf en Algérie et que « les conclusions de [ses] reporters allaient à l’encont re de la propagande marocaine ». Un reportage mal perçu par des internautes marocains, qui ont accusé l’hebdomadaire de « manque de professionnalisme ».

    Cette guerre des plumes contribue à l’enracinement du conflit dans les consciences. Toute nuance devient suspecte. Quand le souverain marocain fait part de sa volonté d’ouvrir ses frontières, El Watan y voit un signe de « l’aggravation de la situation socioéconomique au Maroc (8) » et Le Soir d’Algérie une volonté d’envoyer en Algérie les Marocains pauvres.

    Pour Jamal Berraoui, de La Gazette du Maroc, « le véritable conflit est entre le Maroc et l’Algérie. Le Sahara marocain sert de prétexte à deux nationalismes qui s’affrontent ! » Karim Boukhari ajoute : « Le conflit du Sahara est essentiellement une guerre de diplomatie officielle et parallèle, une guerre de “lobbies”, de propagande, etc. Je crois que toutes les parties l’acceptent et s’en accommodent. C’est même devenu un cache-misère et un bon moyen de désinformation. »

    « La presse des deux pays devrait agir pour une solution humaine du problème, estime Jamal Berraoui, qui voit « la société sahraouie en pleine transformation alors que les journalistes ne suivent pas ». Et d’ajouter : « Les deux presses se sont dévalorisées parce qu’elles ne font pas leur travail d’information. Elles relaient seulement la position officielle », avant de conclure : « S’il n’y a pas de dialogue entre Alger et Rabat, ce problème durera encore trente ans. »

    Notes

    (1) Maroc Hebdo International, Casablanca, 9 au 15 décembre 2009.

    (1) Maroc Hebdo International, 25 septembre au 1er octobre 2009.

    (2) L’Expression, Alger, 20 septembre 2008.

    (3) La Gazette du Maroc, Casablanca, 4 mars 2002.

    (4) Aujourd’hui le Maroc, Casablanca, 1er septembre 2008.

    (5) Maroc Hebdo International, 30 octobre au 5 novembre 2009.

    (6) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

    (7) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

    (8) El Watan, Alger, 22 mars 2008.

    Source : Le monde diplomatique, 30 déc 2009

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, Algérie,

  • Affaire Ben Barka : un blocage inexplicable

    Les interrogations qui entourent l’affaire Ben Barka atteignent leur paroxysme suite à un nouveau rebondissement. Le général Hosni Benslimane semble être au dessus des lois internationales.
    par Hicham Bennani

    Un nouvel épisode de l’affaire Ben Barka a éclaté au grand jour le jeudi 1er octobre. Dans la soirée, un représentant du ministère de la Justice informe les médias que les mandats d’arrêts internationaux émis par Interpol contre quatre ressortissants marocains impliqués dans l’affaire vont enfin être diffusés. Le lendemain, à 19h30 sur France 3, Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, se félicite de la décision du ministère. Une source proche du ministère de la Justice marocain, interrogée par l’AFP, se dit alors «surprise de cette annonce, car c’est une ancienne histoire qui revient à la surface chaque fois qu’une “partie occulte” veut salir les relations excellentes entre le Maroc et la France». Le gouvernement marocain, quant à lui, reste muet. Mais, coup de théâtre, deux heures après, le même ministère revient sur sa décision. «Le parquet de Paris demande la suspension de la diffusion de ces mandats, dans l’attente des précisions demandées au juge d’instruction», indique un communiqué de l’AFP, qui précise : «Interpol (organisation internationale de police criminelle) a demandé des précisions afin de les rendre exécutables. Sans ces précisions, ces mandats sont inexécutables».

    L’après Rachida Dati

    L’origine de cet énième rebondissement remonte en fait au mois de juillet 2009. A ce moment là, Maurice Buttin écrit à Michèle Alliot-Marie pour la féliciter d’avoir été nommée à la tête du ministère de la Justice. Il en profite pour lui rappeler que lorsqu’elle était ministre de la Défense, elle avait eu le courage de libérer les dernières pièces du dossier du SDECE (ancêtre de la DGSE) sous scellés au Tribunal de Grande Instance de Paris, alors que les ministres de la gauche ne l’avaient pas fait. Il lui signale également d’une part que la justice marocaine n’exécute pas les Commissions rogatoires internationales (CRI) qui lui ont été adressées par le juge Patrick Ramaël depuis cinq ans, en dépit de la convention judiciaire franco-marocaine, alors que toutes les CRI, dans n’importe quelle autre affaire, sont parfaitement exécutées par la justice marocaine. Et d’autre part, que depuis deux ans les mandats d’arrêt lancés à l’encontre de personnalités visées par ces CRI (en raison de leur non exécution) ne sont pas diffusés par Interpol. La ministre répond à l’avocat le 28 août suivant, en le remerciant et en lui précisant qu’elle prenait attache avec le Directeur des affaires criminelles pour lui soumettre les problèmes soulevés. Tout ceci explique donc l’annonce du 1er octobre. Sur cinq mandats d’arrêt, quatre sont décrétés valables. La ministre les transfère alors au ministère de l’Intérieur français. Le cinquième, qui concerne Boubker Hassouni, ex-agent du Cab 1 (unité secrète des services marocains), a fait l’objet d’une demande de complément d’information qui a été exaucée, à savoir la date de naissance et les origines de l’accusé.

    Les quatre mandats d’arrêt qui marquent l’actualité concernent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron des renseignements militaires, Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l’homme qui aurait organisé tout le volet opérationnel en France et Abdelhak Achaachi, agent du Cab 1, qui aurait accompagné Chtouki dans des chambres d’hôtel avant l’assassinat. «Benslimane était au Cab 1, plusieurs témoins attestent qu’il répercutait tous les appels et coups de fil. Il est cité dans des PV d’audition d’ONG», précise Joseph Tual, journaliste à France 3, spécialiste de ce dossier.

    Ce qui est étrange, c’est que ces mandats d’arrêt ont été signés il y a deux ans (le 18 octobre 2007) par le juge Patrick Ramaël, chargé du dossier. «C’est à cause du blocage de la justice marocaine que les mandats d’arrêt ont été lancés. Si la justice marocaine avait décidé d’appliquer la commission rogatoire du juge Ramaël en présentant des personnes par des juges marocains il y a deux ans, on n’en serait pas arrivés là !», clame Bachir Ben Barka, fils de Mehdi Ben Barka, joint par téléphone. Le lancement des mandats d’arrêt avait été rendu public par les médias le 22 octobre 2007, le jour même où le président Nicolas Sarkozy et Rachida Dati étaient à Marrakech pour une visite d’Etat officielle. Une annonce qui a eu l’effet d’une bombe. Mais force est de constater que ces mandats d’arrêt n’ont pas été officialisés par Interpol dans le monde entier. En effet, le général Benslimane est allé aux JO de Pékin (24 août 2008), en tant que président marocain du CIO, sans avoir été inquiété. «Le constatant, j’ai demandé au juge pourquoi le général n’avait pas eu d’ennuis», nous déclare Maurice Buttin. Après s’être informé, le juge lui explique que les mandats n’étaient effectivement pas délivrés hors de France… «On comprend mal comment ce qui est vrai en France, n’est plus vrai en dehors de la France», s’indigne Bachir Barka.

    Décision politique

    «Interpol pointe des insuffisances dans ces mandats d’arrêt et demande que ces insuffisances soient complétées», a déclaré à l’AFP Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice. Bachir Ben Barka, qui s’était félicité de la première annonce, se dit profondément indigné : «On constate qu’un ministre s’est déjugé en 24h. Ma famille et moi-même sommes abasourdis. On ne pouvait pas imaginer que la raison d’Etat puisse prendre des formes aussi cyniques. On était habitués à des formes sournoises, mais là c’est le cynisme de la réforme d’Etat à l’état brut». Selon lui, l’argument du ministère «ne tient pas la route, c’est une décision politique». Même son de cloche du côté de Maurice Butin : «Officiellement, le dossier a été de nouveau bloqué pour des raisons « techniques » en quelque sorte. Ce n’est pas très sérieux, car ces mêmes raisons existaient forcément il y a deux ans. C’est donc sans conteste une raison politique». On pourrait en déduire que l’Elysée est très vraisemblablement derrière cette décision. «Je note que ce ne serait pas la première fois, depuis son arrivée au pouvoir suprême, que le président Sarkozy revient sur une décision d’un de ses ministres, voire du Premier ministre lui-même», précise l’avocat. Aujourd’hui, Interpol se refuse à communiquer. «Interpol doit être en train d’avoir des rendez-vous au plus haut niveau en France, car ils sont visiblement instrumentalisés. Pour Interpool il n’y a aucun problème pour diffuser les mandats d’arrêt à travers le monde entier», indique Joseph Tual. «Interpol va sans doute exécuter les « conseils » qui lui sont prodigués en haut-lieu…», confirme pour sa part Maurice Buttin.

    La 76è Assemblée générale d’Interpol s’était ouverte lundi 5 novembre 2007 à Marrakech. Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que Hosni Benslimane en personne avait ouvert ce colloque. Ceci expliquerait en partie le mutisme d’Interpol après ces événements récents. A l’heure où nous mettons sous presse, une source proche du dossier assure que les mandats ont bien été diffusés depuis 2007. Des pays comme l’Espagne, où Benslimane s’est pourtant rendu, n’auraient donc pas appliqué les demandes d’Interpol. En n’exécutant pas les commissions rogatoires internationales, le gouvernement marocain semble encore refuser de mettre enfin la lumière sur la disparition de Ben Barka. Pour Maurice Buttin, «cette vérité est à Rabat, je l’ai toujours dit. Ce gouvernement contresigne ainsi toute la responsabilité du pouvoir d’alors, en la personne du roi Hassan II».
    Quarante-quatre ans après la disparition de l’opposant Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp à Paris, l’affaire qui est probablement la plus emblématique des années de plomb, demeure toujours une énigme. Des deux cotés de la Méditerranée, la vérité fait toujours peur.

    Le Journal Hebdomadaire, octobre 2009

    Source : Hicham Bennani

    Tags : Maroc, Mehdi Ben Barka, France, Hassan II,

  • Le roi du Maroc boude la France depuis près de deux ans

    Depuis près de deux ans, la ville de Betz attend de renouer avec la « générosité » du roi du Maroc. En effet, c’est la première fois que les habitants de cette ville constatent une si longue absence de Mohammed VI. A cela s’ajoute que leurs enfants n’ont pas pu profiter des habituelles vacances au Maroc au frais du souverain chérifien. La population de cette localité de la banlieue parisienne se pose des questions sur cette absence remarquée de celui qui s’est fait remarquer par ses gestes d’amitié et affection envers elle.

    Pour ceux qui connaissent le Maroc, il n’y a qu’une seule explication à cela : Les relations entre Rabat et Paris ne sont pas au beau fixe. Les signes révélateurs de la tension traversée par les relations bilatérales entre les deux pays:

    -Au mois de septembre 2019, le roi du Maroc n’a pas daigné assister aux obsèques funéraires du président Jacques Chirac.

    -A deux reprises, Paris annule une visite annoncée du président Emmanuel Macron au Maroc.

    -La médiatisation par la France du procès du policiers français recruté par les services secrets marocains auxquels il transmettait une copie des fiches « S ».

    -Le refus de Rabat de rapatrier les dénommés MENA (mineurs non accompagnés) dont le sujet a fait beaucoup de bruit en France.

    -En plein confinement, le royaume n’a pas répondu à l’appel du président Emmanuel Macron visant à faciliter le rapatriement de ressortissants français coincés dans le royaume à cause de l’état d’urgence sanitaire.

    -L’empressement des autorités marocaines à condamner la publication des caricatures du prophète Mouhammad

    -La ligne éditoriale très critiques de certains médias proches du palais

    Selon des connaisseurs du dossier, Paris ne voit pas d’un bon oeil que le nom du Maroc soit mêlé aux attentats terroristes commis en Europe depuis 2004 et le rapport très critiques des experts de l’ONU sur le Sahel qui dénonce la collision des autorités marocaines avec les réseaux de trafic de drogues au Mali, et dans la région du Sahel en général. Non sans raison, le président français a cité le Maroc parmi les pays qui font le lit de l’islamisme radical et le conseil municipal de la ville d’Angers s’est opposée à la cession au Maroc d’une grande mosquée en construction.

    Tags : Maroc, France, Macron, Mohammed VI, Angers, Betz, Islam, caricatures,

  • Maroc : la nouvelle « ligne rouge »

    Au Maroc, trois questions ont été définies comme les « lignes rouges » : la monarchie, l’Islam et le Sahara Occidental. Cependant, une nouvelle ligne rouge a surgi depuis la disparition en décembre 2017 de Lalla Salma. Personne n’ose en parler.

    La princesse tant adoulée est devenue un msytère. Malgré les rumeurs qui ont entouré sa disparition, le palais n’a pas daigné présenter un seul élément prouvant qu’elle est encore en vie.

    Avec leur silence, les marocains ont mis Lalla Salma et le Sahara Occidental dans le même sac. Derrière ce silence, il y a aussi un mystère puisqu’il peut être interprété de différentes manières. Soit un soutien aux thèses officielles, soit une crainte des représailles du régime. Dans les deux cas, il s’agit d’une position qui n’honore pas l’opinion publique marocaine s’agissant d’une dame qui a largement contribué à redorer l’image du Maroc à l’étranger et qui s’est imposée dans la haute société occidentale grâce à sa beauté, son élégance et son charisme.

    Tags : Maroc, lignes rouges, monarchie, Sahara Occidental, Islam,

  • Maroc : La bataille de Mahbes racontée par un journal espagnol

    Le Maroc a perdu un bataillon et quatre cents tonnes d’armes dans la bataille de Mahbes

    A six heures du matin le dimanche 14 octobre, les 1200 hommes qui composent le XIV bataillon d’infanterie RIM des Forces Armées Marocaines, stationné à Mahbes depuis quatre ans, sont secoués dans leur sommeil, ou à l’intérieur des tranchées. , par une grande salve de plans de différents calibres. Avec sa connaissance proverbiale du terrain, le Polisario a réussi à rapprocher ses Land Rover du tir de fusil. Les défenseurs de la ligne de front seront fauchés dans quelques minutes.

    Leurs corps, criblés de balles, certains dans un état avancé de décomposition, reposent toujours au même endroit où ils sont tombés, neuf jours plus tard. Un petit groupe de journalistes, composé de correspondants de la presse occidentale accrédités dans la capitale algérienne, a pu marcher pendant plusieurs heures à travers la ville dévastée, d’où émerge seul l’ancien fort Tercio, presque intact. Les troupes du bataillon marocain qui ont vu leur évasion entravée ont tenté de s’y réfugier. Les combattants sahraouis dégageront complètement toutes les lignes de défense en six heures; quatre heures de plus suffiront pour achever toute résistance dans le périmètre de Mahbes. La journée du 15 sera consacrée à la recherche des alentours à la recherche de ceux qui ont réussi à s’échapper. Certains militaires marocains traverseront le désert sur environ soixante-dix kilomètres avant d’être capturés, et on suppose que plusieurs d’entre eux parviendront à se mettre en sécurité dans la garnison de Zag.

    Mahbes est une ville de mort et de désolation lorsque nous la visitons. La petite escorte qui nous accompagne – une demi-douzaine de sahraouis, armés uniquement de fusils automatiques Kalasnikov – découvre le dédain inhabituel du Polisario face à l’éventualité d’une tentative marocaine de réoccuper la place. Cette hypothèse semble être écartée par le Front qui, en tout cas, contrôle strictement l’ensemble de la périphérie et, s’il est vrai qu’il a préféré ne pas s’installer dans la localité elle-même, cela tient principalement au fait que, s’il le faisait, il constituerait une cible trop facile pour les avions marocains F-5 et Mirage F-1, venus régulièrement bombarder l’endroit.

    Nous avons personnellement dénombré 132 cadavres marocains; plus de la moitié sont blottis au fond des tranchées; d’autres sont dispersés dans toute la ville. Entre la dernière ligne de défense et le centre de Mahbes, nous rencontrerons plus d’une dizaine de morts: des hommes dont les traits, quand ils peuvent encore être reconnus, dénotent la jeunesse qu’ils possédaient et qui a été tronquée en quelques minutes. Le spectacle est insoutenable et la puanteur qui émane des corps est épouvantable. L’un des journalistes ne pourra pas éviter d’être emprisonné par de profondes nausées, ce qui l’amène à vomir sur le sol.

    Les hommes du 14e bataillon royal d’infanterie marocaine sont démoralisés. C’est l’impression tirée du contenu de nombreuses notes personnelles qu’ils ont rédigées et qui ont été récupérées par le Polisario. Les journalistes ont également lu une centaine de documents, tous avec l’indication de secret et très secret, envoyés au chef de la place, le colonel Mohamed Chamsseddin, par le haut état-major, l’état-major des FAR , l’état-major général avancé d’El Aaiún et d’autres dépendances officielles.

    Drogues, homosexualité et désertions

    Dans l’un de ces documents, daté de Rabat et envoyé par l’état-major, la garnison est alertée de la résurgence du trafic et de la consommation de drogue parmi les forces marocaines installées au Sahara occidental. Sur le côté, il y a une annotation qui dit: «Comme l’une des affaires les plus criminelles, nous citons celle du caporal Mohamed Bujari, qui a été découvert en photographiant un groupe de soldats faisant du kif avec des membres du 2e RIM … ». Diverses notes de service concernent les défauts. L’un d’eux, signé à Mahbes, le 27 mars 1979, par le sergent Ali Hadir, évoque la « disparition » du soldat de seconde classe El Jonssi …, « qui a quitté son poste de gardien du dépôt de munitions ».

    L’un des documents capturés par le Polisario est la copie d’un message, reçu à Mahbes le 17 juillet 1979, envoyé par l’état-major, particulièrement significatif de l’état d’esprit dans lequel se trouvaient les hauts responsables à la veille du sommet africain. de Monrovia. Le texte se lit comme suit: «Nous savons que, profitant de la présence de Sa Majesté le Roi au sommet de l’OUA, les rebelles ont décidé d’intensifier leurs attaques contre des localités qui, parce qu’elles sont connues, peuvent susciter l’intérêt international. Les cibles spécialement assignées sont Tan-Tan, Tarfaya, Laayun et toutes les villes au nord d’Uarkziz. »

    Des descriptions faites des circonstances de l’attaque, par les cinquante prisonniers marocains présentés avant la visite de Mahbes, il est possible de déduire que le Polisario avait une concentration de forces importante, peut-être de l’ordre de 2 000 à 3 000 hommes.

    Une arme puissante

    Mais, pour ce qui est des armes, les prisonniers eux-mêmes admettent que la garnison en avait beaucoup et qu’elle était supérieure à celle utilisée par les assaillants. La place avait une escouade de voitures blindées, composée de huit AMX (seulement quatre d’entre eux étaient dans la ville au moment de l’attaque), une escouade d’artillerie lourde et un groupe de soutien spécial composé de batteries de roquettes sol-sol. des types TOW, fabriqués par la firme américaine Hughes, et SAM-9, de fabrication soviétique.

    Le Polisario a voulu démontrer, en attaquant et en occupant Mahbes, l’inefficacité de l’aviation marocaine, puisque le terrain sur lequel se trouve la garnison – complètement plat – facilite l’intervention éventuelle de l’armée de l’air. Mais ni le Mirage ni le F-5 ne pouvaient changer le cours des événements. Mahbes est tombé en l’espace d’une seule journée, bien que des combats sporadiques se soient poursuivis, dans certains secteurs, pendant plus de 36 heures. Le colonel Chamsseddin n’était pas sur les lieux; son adjoint, le capitaine Mohamed Sakka, s’étant convaincu qu’il n’obtiendrait pas les renforts qu’il avait demandés à Zag, s’enfuirait, avec d’autres officiers, dans l’une des voitures blindées.

    Plus de quatre cents tonnes d’armes diverses, dont, complètement intact, un missile TOW nord-américain et son système de tir complet, ont été récupérées par le Polisario. Mahbes avait une valeur symbolique pour les Sahraouis. Dans cette ville non seulement un important détachement de forces nomades s’est installé dans le passé, mais l’embryon de la première administration sahraouie s’y est installé et le Conseil national sahraoui a été créé, composé d’une majorité de membres de l’ex-Yemaa. Les forces marocaines ont abouti à Mahbes à l’occupation de tout Seguiet el Hamra.

    La localité constitue un verrou important de l’axe théorique Tindouf-Smara et sa perte rend toute la partie sud du territoire marocain encore plus précaire que par le passé. Très peu de points de résistance subsistent pour le Maroc dans la partie nord du Sahara occidental. À l’exception du triangle Aaiún-Bu-Craa-Smara, il n’y a que des garnisons situées à Bojador, Guelta-Zemur et Bir-Enzaram. Au lieu de cela, tout le nord-est de la zone est contrôlé par le Polisario.

    Les Sahraouis montrent un grand mépris pour ce que nous considérons comme des normes de sécurité élémentaires, mais qui, dans leur cas, n’ont aucune signification. La guerre du Sahara est clairement déjà passée dans une phase horizontale très éloignée de la guérilla. Leurs objectifs sont l’attaque et la conquête de grandes garnisons, et le nombre de celles qui restent au Maroc diminue rapidement.

    * Cet article a paru dans l’édition imp rimée du dimanche 28 octobre 1979

    Source: El País, 28 octobre 1979

    Tags: Sahara occidental, Front Polisario, Maroc, Mahbes, bataille,

  • Maroc : Mehdi Ben Barka… Entre barbouzes et affaire d’Etat

    Le fait que le gouvernement POMPIDOU ait pu être interpellé à la veille de l’élection présidentielle de décembre 1965 après l’enlèvement de l’opposant au roi du Maroc HASSAN II, Mehdi BEN BARKA (ci-dessus), n’avait pas manqué d’étonner. Du moins jusqu’à ce que l’on apprenne que beaucoup trop de prétendus gaullistes se trouvaient « mouillés » dans une affaire assez complexe qu’on mettra quelque temps à démêler, et où l’on se trouvait en présence pour l’occasion, aussi bien de truands que de policiers voire de barbouzes. Ce sera du reste l’un des plus gros scandales de l’ère gaulliste et il nécessitera que le général en personne intervienne lors d’une conférence de presse pour répondre aux nombreuses interrogations des journalistes lesquels, notamment deux journalistes de l’Express, Jacques DEROGY et Jean-François KAHN, avaient très vite compris dans quel guêpier s’était fourré l’Etat et de ce dont il s’agissait avec ce qui est devenu l’un des plus célèbres assassinats politiques. D’autant que sur le sol français, et alors qu’il s’y croyait en parfaite sécurité, BEN BARKA, un leader politique d’envergure internationale, venait de périr assassiné.

    Chef de l’opposition au Maroc et représentant de l’Union Nationale des Forces Populaires, on ne retrouvera jamais le cadavre d’un homme que l’on a longtemps cru éliminé après son enlèvement. Ce que l’on sait, c’est que Mehdi BEN BARKA condamné à mort dans son pays avait émigré ces derniers mois en Suisse où il avait trouvé refuge à Genève chez le consul d’Algérie, qu’il se rendait fréquemment au Caire où il avait un appartement et qu’il se trouvait le 29 octobre 1965 à Paris pour, sans doute, y rencontrer le cinéaste Georges FRANJU. Celui-ci avait prévu avec l’aide du producteur Georges FIGON et de l’ancien directeur des programmes de Radio Maroc, le journaliste Philippe BERNIER de réaliser avec le leader tiers-mondiste un film évoquant la décolonisation qui devait faire la une à la veille d’un sommet des pays du Tiers Monde prévu pour janvier 1966. Après plusieurs tentatives de rendez-vous infructueuses, les deux hommes avaient d’ailleurs prévu ce jour-là de se voir à Paris à la Brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain où BEN BARKA s’était rendu accompagné d’un jeune étudiant marocain. C’est ce dernier qui alertera les autorités dès le lendemain. Ancien professeur du futur roi du Maroc HASSAN II, l’agrégé de mathématiques BEN BARKA rêvait à 45 ans de construire une société nouvelle dans un pays dirigé par le roi MOHAMMED V qui venait d’accéder à l’indépendance. Mais son opposition à son fils HASSAN II dès son arrivée au pouvoir en 1961, et à un système féodal basé sur un pouvoir absolu lui vaudra sans doute d’échapper dès novembre 1962 à un premier attentat et de nombreuses inimitiés. Devenu dangereux depuis qu’il animait un courant tricontinental, nombre d’observateurs estiment d’ailleurs que s’il n’avait pas été enlevé en octobre 1965 à Paris ni probablement tué, il aurait assurément changé le cours de l’histoire du Maroc et peut-être même du monde du fait de ses responsabilités dans le Tiers Monde et que l’entourage du roi HASSAN II en était parfaitement conscient.

    Mehdi Ben Barka… Entre barbouzes et affaire d’EtatAutour de cet enlèvement les questions restent nombreuses. Ce film de FRANJU, était-il vraiment à l’ordre du jour et n’était-ce pas plutôt pour faire venir Mehdi BEN BARKA à Paris que cette rencontre lui avait été proposée ? S’inquiétant de ne pouvoir le joindre le 1er novembre, son frère Abdelkader prévenu de son enlèvement apprendra qu’il n’avait pas été enlevé par des policiers français ce qui le décidera à porter plainte pour séquestration. Interpellé le 29 octobre précédent sans violence par deux hommes lors de son arrivée à la Brasserie Lipp, Louis SOUCHON et Roger VOITOT se présentant à lui comme étant des policiers français, BEN BARKA sera aussitôt emmené à Fontenay-le-Comte où l’aurait, a-t-on dit, attendu le Général OUFKIR, le Ministre de l’Intérieur du roi HASSAN II (ci-contre). Du moins selon l’une des versions connues, l’autre prêtant à un certain BOUCHESECHE d’être le responsable de sa mort. Un BOUCHESECHE qui finira sa vie d’une drôle de façon car l’entourage d’HASSAN II ne souhaitait pas laisser trop de témoins derrière lui. Il est vraisemblable qu’il avait été prévu le 29 octobre de rapatrier Mehdi BEN BARKA au Maroc et de l’y emprisonner. Selon une autre version, le Général OUFKIR ne se trouvera en France qu’un peu plus tard, sans doute pour savoir ce qu’était devenu l’opposant à son roi. Le général venu à Paris, aurait même demandé l’assistance technique à son homologue français, le ministre Roger FREY, pour effacer les traces d’un enlèvement qui aurait mal tourné. Ce qu’il est facile de deviner au vu de ce que l’on sait aujourd’hui c’est que le leader tiers-mondiste ait pu faire l’objet d’un véritable complot organisé par le ministre marocain et que celui-ci savait pouvoir compter pour cet enlèvement sur le concours de policiers et de responsables français dont le Préfet de Police Maurice PAPON. Toujours aussi zélé qu’à l’époque où il déportait des Juifs à Bordeaux, et évoquant une nouvelle fois la raison d’Etat, PAPON n’empêchera d’ailleurs pas le Général OUFKIR de regagner le Maroc. Ce qui apparaît également curieux dans cette ténébreuse affaire, c’est aussi la disparition méthodique de tous les témoins qui auraient pu assister à l’enlèvement et au probable meurtre et pas seulement du truand BOUCHESECHE. Qu’il s’agisse du producteur, l’autre truand Georges FIGON retrouvé suicidé à Paris l’année suivante ou du jeune étudiant marocain qui, à son tour, se serait curieusement « suicidé » en 1971.

    Malgré le procès qui se tiendra peu après cet enlèvement et l’implication de responsables français (1967), rien ne permettra de déterminer avec exactitude qui en était l’auteur. Le Français Antoine LOPEZ dit « Savonette » l’un des responsables des services de renseignements dont les attaches avec l’entourage d’HASSAN II ont été prouvées, sera l’un des seuls condamnés pour son implication dans l’enlèvement.

    Mehdi Ben Barka… Entre barbouzes et affaire d’EtatIl faudra cependant attendre de nombreuses années avant que l’affaire rebondisse. Après DEROGY et J-F. KAHN, un nouveau journaliste, Joseph TUAL (ci-contre) a entrepris en effet d’enquêter pour enfin connaître la vérité sur cette ténébreuse affaire. Comme vous le verrez dans le film qui suit, il a pu rencontrer un dénommé Ali BOUREQUAT qui a été incarcéré au Maroc avec des truands comme BOUCHESECHE et une partie de ceux qui avaient enlevé le leader et opposant marocain. Il semble même que la tête d’un Mehdi BEN BARKA décapité ait été ramenée au Maroc et qu’elle ait été enterrée avec les corps de tous ces témoins dont il convenait de se débarrasser dans les jardins du PF3, une prison secrète des quartiers chics de Rabat devenu par endroits un véritable charnier où l’on n’arrive plus depuis après que des transformations ont été apportées à faire pousser le moindre oranger, les corps ensevelis l’ayant été sous de la chaux vive. Bien que personne ne songe plus aujourd’hui à trouver la moindre explication à des investigations régulièrement contrariées, l’enquête continue. Mais saura-t-on un jour la vérité ?

    Source : Certitudes, 9 jan 2020

    Tags : Maroc, France, Mehdi Ben Barka, barbouzes, services secrets, Mossad, Israël, Hassan II,

  • Signes de guerre économique entre le Maroc et l’Espagne

    Des articles de presse ont mis en garde contre la possibilité d’une guerre économique sans précédent entre le Maroc et l’Espagne, après les mesures prises par les autorités marocaines pour empêcher les activités de contrebande, en suspendant définitivement le commerce via les points de passage de Ceuta et Melilla.

    Madrid a récemment annoncé l’imposition d’une amende de 700 $ aux camions entrant sur le territoire espagnol avec plus de 200 litres de carburant. Cependant, il semble ne surveiller que les véhicules originaires du Maroc.

    Le journal marocain Akhbarna a rapporté que ces mesures coïncidaient avec une période d’exportation intensive de produits agricoles marocains vers l’Europe, causant des pertes massives aux compagnies maritimes internationales et affectant les délais de livraison pour les acheteurs.

    Selon les informations, le Maroc a répondu en annonçant une nouvelle mesure qui oblige les camions espagnols à soumettre un contrat de partenariat à une entreprise marocaine pour obtenir l’autorisation de traverser le territoire africain.

    En cas de violation de la nouvelle réglementation, les véhicules espagnols seront confisqués au port de Tanger Med. La décision est entrée en vigueur mardi 27 octobre.

    Source : Monitor do Oriente, 29 oct 2020

    Tags : Maroc, Espagne, guerre économique, Ceuta, Melilla, camions de transport, routiers,

  • Maroc : Le seul événement algérien partagé par la twittoma

    Le jour où le peuple algérien s’est levé contre le 5ème mandat du président Bouteflika, l’Algérie a attiré les regards de tous les marocains. Derrière cet intérêt de l’opinion publique marocaine se trouve, non pas des positions basées sur des principes démocratiques, mais le rêve de voir l’Algérie laisser tomber son soutien aux aspirations légitimes du peuple sahraoui à l’autodétermination e indépendance.

    Depuis l’élection présidentielle remportée par Abdelmajid Tebboune, les marocains ont laissé de s’intéresser à l’Algérie et de partager des Twits sur ce qui se passe dans le pays voisin de l’Est. Pourtant, il y avait des événements qu’on pourrait qualifier d’historiques et qui ont marqué la différence entre les dirigeants marocains et algériens. Pour la première fois, on voit dans un pays arabe des chefs de gouvernements, des ministres, des hommes d’affaires défiler devant la justice pour rendre compte de leurs méfaits liés à corruption, aunépotisme et au clientélisme.

    Il semble qu’au Maroc le fait de voir Saïd Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal pernocter en prison est un fait anodin. Les réformes apportées par la nouvelle Constitution algérienne semblent pas, non plus, attirer l’attention des marocains. Aucun de ces événements n’a mérité un twit de la part des braves journalistes et démocrates marocains. Du moins jusqu’à l’évacuation en Allemagne du président Tebboune. La nouvelle semble avoir réveillé les esprits des marocains qui l’ont vite relayée. Elle a ravivé leur vieux espoir de voir une relève susceptible de répondre favorablement à leurs ambitions expansionnistes. Notamment maintenant que le passage d’El Guergarate fait la une des journaux et les légumes marocaines pourrissent sur les routes du Sahara Occidental.

    Y a-t-il une chance que les marocains prient pour la rapide récupération de celui qui, à leurs yeux, incarne l’esprit du défunt président Houari Boumediène ? La réponse est bien connue de tous.

    Tags : Sahara Occidental, Algérie, Maroc, Front Polisario, Bouteflika, Hirak, Abdelmajid Tebboune,

  • L’histoire d’un million d’esclaves blancs au Maroc

    C’est l’histoire oubliée du million d’Européens blancs qui ont été arrachés à leurs foyers et emmenés enchaînés sur les grands marchés aux esclaves d’Afrique du Nord pour être vendus au plus offrant. Ignorés par leurs propres gouvernements et contraints de supporter les conditions les plus dures, peu ont vécu pour raconter l’histoire.

    S’appuyant sur le témoignage de première main d’un garçon de cabine de Cornouailles nommé Thomas Pellow, Giles Milton reconstruit de manière vivante un chapitre inquiétant et peu connu de l’histoire. Pellow a été acheté par le sultan tyrannique du Maroc qui a construit un palais de plaisir impérial d’une taille et d’une grandeur énormes entièrement construit par des esclaves chrétiens.

    En tant qu’esclave personnel, il serait témoin de la splendeur barbare de la cour impériale et vivrait la terreur quotidienne d’un régime brutal. Saisissant, impeccablement recherché et brillamment réalisé, WHITE GOLD dévoile un chapitre explosif de l’histoire populaire, raconté avec le rythme et la ferveur de l’un de nos meilleurs historiens.

    Tags : Maroc, esclavage, White Gold, Giles Milton, Thomas Pellow,

  • Mélenchon, est-il toujours fier d’être né au Maroc?

    Dupé par les dépêches de la MAP, comme le dernier des analphabets marocains, Jean-Luc Mélenchon a sorti sa fameuse : « Oui, je suis né au Maroc, c’est mon pays natal et je pense qu’il mérite votre admiration ».

    La performance dont Mélenchon parle s’est avéré un leurre. Jour après jour, les indicateurs sur l’état de la pandémie au royaume de Mohammed VI grimpent de plus en plus forçant les autorités à maintenir la fermeture des frontières au tourisme dont le pays a tant besoin.

    Le nom du Maroc a été souvent citée dans le dossier de l’assassinat du professeur Samuel Paty. Mélenchon s’est probablement affiché avec Abdelhamid Sefrioui, le marocain qui se trouve actuellement au cachot suite à sa fatwa se trouvant derrière le crime qui a secoué la société française.

    A la prétendue performance du Maroc dans la gestion du coronavirus que Mélenchon a loué à l’Assemblée Française, il pourrait aussi ajouter le record enregistré par le royaume chérifien en matière d’attentats terroristes. Ses compatriotes marocains méritent un prix dans ce domaine puisque, depuis 2004, ils occupent la Une de la presse internationale.

    Mélenchon, à l’instar de ses collègues politiciens de l’Hexagone, préfèrent tourner le regard ailleurs. Ils n’ont pas le courage de voir la réalité en face par crainte que le Maroc ouvre la porte aux africains qui n’attendent qu’un petit geste pour embarquer vers l’El Dorado européen. Au nom des intérêts géo-politiques et en vue de protéger leur allié criminel, les autorités françaises ont choisi de s’en prendre à l’Islam et aux musulmans.

    Tags : Maroc, France, Samuel Paty, Charlie hebdo, caricatures, Macron, Jean-Lec Melenchon, pandémie, coronavirus, covid 19,