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Sahara : l’enjeu caché des phosphates (Kissinger Cables)
Les derniers câbles diplomatiques publiés par Wikileaks révèlent l’importance des gisements de phosphate de Bou Craâ dans les négociations entre le Maroc et l’Espagne au début des années 70.Les « Kissinger Cables » publiés lundi par Wikileaks regroupent l’ensemble des câbles diplomatiques américains échangés entre 1973 et 1976, à l’époque où Henry Kissinger était Secrétaire d’Etat à Washington. Ces câbles, dont plusieurs milliers concernent le Maroc, apportent des perspectives inédites sur la nature et l’évolution des négociations au Sahara pendant cette période charnière du conflit.Parmi les informations révélées par Wikileaks, celles concernant les phosphates du Sahara sont particulièrement intéressantes dans le sens où les enjeux politiques liés au territoire ont toujours occulté la réalité géologique et que les données fiables sont rares.Aujourd’hui, l’OCP extrait à Bou Craâ entre 2,5 et 3 millions de m3 de roches brutes par an, pour un chiffre d’affaires de 527 millions de dollars en 2011 (1). Le Polisario accuse l’Etat marocain de « pillage des ressources naturelles » ; Rabat prétend au contraire que les mines de Bou Craâ «ne sont pas rentables et sont maintenues en production pour des raisons sociales».(2)« L’Espagne, 3e ou 4e producteur mondial de phosphates »C’est au début des années 70 que l’exploitation du phosphate à Bou Craâ a démarré. Selon les câbles diplomatiques, les Espagnols, à travers la société Phosboucraâ, ont investi 200 millions de dollars de l’époque en équipements et en installations. En 1974, la mine produisait déjà 2,3 millions de tonnes de roches, expédiées en majorité en Espagne. Madrid prévoyait d’augmenter la capacité de production à 10 millions de tonnes par an. Un objectif réalisable « probablement d’ici fin 1975 », selon un câble diplomatique en provenance d’Espagne et daté de septembre 1974. La même source indique que les réserves prouvées à l’époque, 1,7 milliard de tonnes, permettraient de maintenir ce niveau de production à Bou Craâ pendant 150 ans et feraient de l’Espagne « le 3e ou 4e producteur mondial de phosphates, juste devant ou derrière le Maroc ».Bou Craâ, objet de négociations entre Madrid et RabatAu cours de l’année 1975, alors que le départ de l’Espagne était devenu inéluctable et que le Maroc se positionnait pour récupérer le territoire, en attendant le verdict de la Cour internationale de justice, les diplomates américains relevaient l’importance de la question des phosphates dans les négociations en cours entre les deux pays. Selon des conseillers économiques étrangers en poste à Rabat, cités dans un câble daté de septembre, «lorsque des discussions sérieuses commenceront sur l’exploitation future de la mine de phosphates de Bou Craâ, alors l’accord sur le Sahara pourra être considéré comme conclu ». -
Sahara occidental : Le roi Juan Carlos était un « informateur » des Américains
La nouvelle fournée de câbles diplomatiques américains révélés par Wikileaksvient de faire une nouvelle victime. Ou plutôt vient de révéler le nom d’un énièmeconfident des Américains. Cet informateur est le roi d’Espagne, Juan Carlos 1er, l’actuel chef d’Etat du pays voisin.Selon les rapports de l’ambassadeur américain à Madrid (entre 1975 et 1978),Wells Stabler, le prince Juan Carlos de Bourbon, successeur désigné deFranco à cette époque, le tenait informé des mouvements du Caudillo auSahara occidental. Il le tenait tellement bien informé que les Américains savaient mieux que quiconque ce que faisait ou ce comptait faire le moribond Franco au Sahara au moment où Hassan II s’apprêtait à lancer la Marche verte. Puis après quand il l’avait lancée.Selon Stabler, Juan Carlos était tout sauf discret. Ce qu’il racontait aux Américains, il le racontait aussi à d’autres. Les confidences du futur roi d’Espagne arrivaient aussi à l’ambassade des Etats-Unis à Rabat, quelqu’un les refilait à l’ambassadeur de France dans la capitale marocaine qui à son tour les transmettait à son homologue de Madrid.Ces indiscrets allers-retours rendaient furieux Wells Stabler qui dans d’autres câbles au secrétaire d’Etat Henry Kissinger disait tout le mal qu’il pensait de sa royale « source ». -
Patates chaudes : François Hollande osera-t-il aborder avec Mohammed VI ces sujets tabous de la relation franco-marocaine ?
François Hollande se rendra ce mercredi au Maroc pour une visite officielle. L’objectif : consolider une relation privilégiée entre le Maroc et la France, son principal partenaire économique.Atlantico : François Hollande se rendra ce mercredi 3 avril au Maroc pour une visite officielle. L’objectif est de consolider une relation privilégiée entre le Maroc et la France, son principal partenaire économique. Outre l’aspect économique, quels seront les autres sujets abordés lors de cette visite ? Et quels seront les sujets qui fâchent, qui eux, ne seront pas abordés ?Abdelmalek Alaoui : Je pense que tous les sujets seront évoqués, avec bien entendu des thématiques bilatérales très classiques telles que la coopération sécuritaire, l’appui substantiel de la France au plan d’autonomie au Sahara occidental ou encore les intérêts économiques communs. Cependant, seront également traités les sujets plus récents comme le soutien a la démocratisation et l’appui de la France en termes de coopération culturelle, technique et scientifique. Dans un contexte très tendu en termes budgétaires, il faut d’ailleurs s’attendre à ce que ces sujets soient mis en avant par Paris, à défaut de signatures de grands contrats.Ali Amar : Les sujets ayant trait à la coopération économique seront certes au cœur des discussions, comme il est de coutume entre Rabat et Paris et quel que soit le locataire de l’Elysée. C’est une constance qui se traduit par une très forte présence des investissements hexagonaux dans le royaume. Il est de tradition de dire que le CAC 40 a fait du Maroc sa chasse gardée. Sur ce chapitre, les cris d’orfraie de la gauche alors dans l’opposition sur le non-sens de certains contrats signés sous Sarkozy comme celui du très contesté TGV ou des délocalisations des industries françaises encouragées par une AFD à chéquier ouvert avec Rabat ont été mises en sourdine. La realpolitik a repris ses droits tant les intérêts croisés sont inextricables. Il est remarquable d’ailleurs de constater qu’Arnaud Montebourg ne sera pas du voyage au Maroc, lui qui ferraillait pour rapatrier les emplois délocalisés en masse au Maroc. Les sujets qui rendaient fébriles le Maroc vis-à-vis de la gauche avant l’élection de Hollande ont vite été remisés, comme les critiques sur le non-respect des droits de l’Homme, sur l’auto-détermination du Sahara Occidental ou sur l’ingérence marocaine dans l’Islam de France pour ne citer que ceux-là.La doctrine française pour le Maroc est de soutenir son régime coûte que coûte et elle ne varie pas en fonction de l’alternance politique. A l’UMP, comme au PS, la France au pouvoir parle d’une même voix en faveur de la monarchie chérifienne.Dans un contexte de révolutions arabes, le Maroc est bien souvent désigné comme un exemple de transition démocratique par les Occidentaux, notamment par la France. Qu’en est-il dans les faits ? Comment expliquer l’indulgence des pays occidentaux vis-à-vis du Maroc ?Abdelmalek Alaoui : Le terme « indulgence » pourrait laisser penser que la bienveillance française à l’endroit du Maroc serait injustifiée. Or, quelle que soit la focale que l’on utilise, les faits sont têtus et les statistiques incontestables. En effet, le Maroc, bien qu’il lui reste du chemin à parcourir, a entamé sa transition démocratique bien avant les autres pays du monde arabe. Dès le début des années 2000, le pays organisait sa réconciliation mémorielle à travers les auditions publiques de l’instance Equité et réconciliation, pilotée par d’anciens prisonniers d’opinion dont l’emblématique Driss Benzekri. D’autre part, le Maroc représente pour l’Occident un laboratoire en termes de dialogue inter-religieux et inter-culturel, ce qui explique en partie le souhait de l’Occident de l’accompagner dans son processus de réforme. Enfin, il ne faut pas croire que le chemin qu’emprunte le Maroc, parce qu’il est apaisé, en soit pour autant moins exigeant, le débat politique n’a jamais été aussi vivace et libre que depuis le printemps arabe.Ali Amar : La réalité est que l’Occident et la France tout particulièrement ont de tous temps choisi le camp des dictatures arabes agitant pour se justifier le spectre de l’islamisme. On l’a vu avec Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte etc. Le Maroc, allié de toujours de l’Occident est considéré comme un pays dont le régime a choisi une forme de tempérance qui le rend acceptable. Ce que l’on qualifie de transition démocratique en douceur n’est en fait qu’une transition générationnelle d’un régime qui ne s’est pas débarrassé des scories du passé. Le vrai pouvoir se situe encore et toujours au cœur du Palais royal où une génération remplace doucement la précédente tout en continuant d’exercer un pouvoir omnipotent. Le roi concentre entre ses mains tous les pouvoirs qui, paradoxalement, ont été renforcés par la récente réforme constitutionnelle. Une réforme cosmétique rendue possible grâce à la domestication totale des partis politiques qui acceptent de s’adonner à cette farce démocratique et qui autorise toutes les dérives autoritaires.Mais dans la rue, malgré le calme apparent, la contestation couve et il suffirait d’une simple flammèche pour que la société s’embrase. La situation est d’autant plus périlleuse en raison de la crise économique et sociale dont la gravité n’est pas encore totalement révélée. L’indulgence envers le Maroc de Mohammed VI est due à la conjonction de plusieurs facteurs : la foi surréaliste et peu sincère de certains dans les intentions du monarque de vouloir établir une plus grande justice sociale, alors que celui-çi s’adonne à une prédation économique sans nom sans être inquiété à l’étranger sur ses biens mal acquis à l’instar d’autres potentats africains, le cynisme de la France qui continue de faire du pays le terrain de chasse fétiche de cette «diplomatie économique» que semble vouloir réinventer François Hollande, la corruption généralisée des oligarques français par le Maroc. Résultat, jamais les turpitudes du royaume en matière de droits de l’Homme, de mal gouvernance ou de la persistance d’une politique répressive ne sont dénoncées. Ici, et pire qu’en Tunisie sous Ben Ali, la République est coupable. Sa responsabilité directe dans le bouillonnement social marocain et par ricochet dans la montée des exaspérations populaires et des extrêmismes est à rappeler avec insistance.Cette complaisance est-elle liée aux liens « incestueux » entre les élites françaises et marocaines ?Abdelmalek Alaoui : Le Maroc dispose d’une élite francophone et francophile qui ressemble, par bien des aspect a la communauté des Sciences Po – ENA -grandes écoles que vous avez en France. Cette élite francophone est et a été très importante dans la mesure où elle a tenu la technostructure du pays depuis l’indépendance et a permis à ce royaume sans ressources naturelles de se déployer d’une manière raisonnablement satisfaisante, notamment au niveau de ses infrastructures. Il y a , depuis longtemps, la tentation de stigmatiser ces élites et d’imaginer une connivence avec l’étranger. Tout ceci, à mon sens, est très exagéré.Contrairement à ses prédécesseurs, François Hollande a su garder ses distances avec le pouvoir marocain. Cela lui permettra-t-il une parole plus libre ?Abdelmalek Alaoui : François Hollande a reçu le Roi Mohammed VI à l’Elysée une semaine après qu’il ait été élu. Je ne pense pas que l’on puisse qualifier cela de distance mais au contraire de signal fort quant au souhait que le « passé ait un avenir » . Il y a incontestablement une différence de style entre François Hollande et Nicolas Sarkozy , mais cela ne signifie pas pour autant que le Maroc sera traité différemment. Dans la politique étrangère française, le nombre de dossiers passé par Rabat et Paris le sait, c’est pourquoi l’hexagone est attentif à préserver cette relation particulière.Ali Amar : François Hollande a semblé vouloir se démarquer de ses prédécesseurs, mais en réalité les liens incestueux qu’entretiennent les élites au pouvoir des deux pays sont telles que la volonté présidentielle de garder ses distances avec le Palais demeure bien marginale. Le puissant lobby pro-marocain à Paris, au cœur des réseaux politiques qu’ils soient de gauche ou de droite, dans les cercles affairistes qui défendent leur pré-carré au Maroc, dans les rédactions gavées de voyages d’agrément à La Mamounia et chez les stars du show-biz et autres intellectuels médiatiques, alimente cette complaisance vis-à-vis d’une monarchie marocaine faussement sublimée. Certes, Hollande n’est pas un habitué des palaces de Marrakech et des raouts organisés par le Maroc pour séduire la classe dirigeante française, mais au PS, la vieille garde mitterandienne où l’on compte des afficionados du Maroc comme Jack Lang pour ne citer que lui, a été regénérée pourrait-on dire avec l’arrivée de nouveaux «amis du Maroc» toujours prompts à louer la soit disant « exception marocaine » dans un monde arabe aux prises avec des révolutions à l’issue incertaine. Pierre Moscovici, Najat Vallaud-Belkacem ou encore Manuel Valls en sont les dignes représentants. De ce point de vue, la continuité dans l’aveuglement envers la situation politique et sociale au Maroc, voire la complicité avec l’entourage royal sont assurés. Le premier chef d’Etat africain à être reçu à l’Elysée par Hollande a été Mohammed VI. L’Elysée avait alors affirmé dans un bref communiqué l’attachement de François Hollande à l’amitié entre la France et le Maroc et souligné les liens exceptionnels qui la caractérise. Dans ce concert de louanges, pas un mot n’a été prononcé, pas une allusion n’a été faite aux revendications de la société civile sur ce qu’elle considère comme des réformes en trompe-l’œil, ni aux jeunes militants du Mouvement du 20 Février né dans le tumulte des printemps arabes et qui ont battu le pavé pendant plus d’un an et dont nombre d’entre eux croupissent depuis en prison pour avoir exprimé des opinions dissonantes. Rien non plus sur la corruption des proches de Mohammed VI et de son appareil sécuritaire, dont certaines affaires avaient filtré grâce notamment à Wikileaks. Tous les ouvrages édités en France qui abordent ces questions sont systématiquement interdits au Maroc sans que cela n’émeuve grand monde dans les salons parisiens.Le 27 août 2012, François Hollande traçait les grandes lignes de sa diplomatie à l’occasion de la traditionnelle Conférence des ambassadeurs, à l’Elysée. Le Président avait déclaré la vouloir en rupture avec la «Françafrique». Il avait affirmé que la politique africaine de la France devait être «différente du passé». Avant tout, «elle doit être fondée sur la transparence dans nos relations commerciales et économiques, la vigilance dans l’application des règles démocratiques» avait-t-il dit. Pour ce faire, il avait promis de rencontrer les oppositions politiques, les militants associatifs, la société civile et de «tout dire partout et faire en sorte que ce qui soit dit soit fait». Or, que constate-t-on dans son programme de visite à Rabat et Casablanca ? Rien de tout cela, il ira à la rencontre d’ONG et d’individualités soigneusement sélectionnés pour leur compromission avec l’Etat. La vraie opposition, elle, est tenue à l’écart des agapes franco-marocaines, notamment les figures du Mouvement du 20 Février, les associations de défense des droits de l’Homme non adoubées par le Palais, les forces politiques opposées à la nouvelle Constitution taillée sur mesure pour maintenir la prévalence du roi sur les institutions, sans parler de la presse indépendante en voie de disparition qui n’aura pas, encore une fois, droit au chapitre.
Atlantico, 03 avril 2013 -
Mohamed VI à la rescousse de son ami Karim Wade?
Le Roi Mohamed VI est arrivé aujourd’hui à Dakar pour un séjour de 48 heures. De sa dernière visite au Sénégal, les sénégalais ont gardé le cliché de sa sortie, dans les rues de la capitale sénégalaise, au volant d’une voiture en compagnie du fils de l’ancien président, Karim Wade, un grand ami au souverain marocain convoqué aujourd’hui même par la justice sénégalaise pour répondre sur les sources de sa fortune. Une coïncidence de date qui n’est pas passée inaperçue par la presse locale.Le DakarActu remarque que » outre la version officiellement servie, pour expliquer la raison de la visite, il nous revient que l’illustre héritier de Hassan II serait en service commandé, décidé à sauver le soldat Karim Wade, en bien mauvaise posture. Dans tous les cas, avérée ou pas, la coïncidence du séjour du roi avec la convocation de Karim n’en demeure pas moins plus que troublante, si nous faisons le lien avec la solide amitié qui lie le souverain marocain à Wade fils, nous serions même tentés de dire la famille Wade, si nous nous rappelons de la proposition qu’il avait faite au président Wade à la perte de son pouvoir ».Pour porter secours à son copain, le roi Mohamed VI possède une carte de poids pour amener le président sénégalais Macky Sall à faire pression sur la justice sénégalaise en vue de lâcher Karim Wade. Alcaly Cissé, ancien député détenu au Maroc depuis le mois d’août 2012 et sous menace d’extradiction vers l’Arabie Saoudite où il risque d’être soumis à la torture et au mauvais traitement ou même être exécuté. La détention de Cissé aurait été la réponse de Mohamed VI aux poursuites de son ami Wade.Amnesty International et plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont invité le président Sall à aborder l’affaire Alcaly Cissé avec le Roi du Maroc en vue de libérer cet ancien député sénégalais.Pour rappel, une dépêche de Wikileaks a révélé qu’il ya deux ans, Karim Wade a passé quelques heures en détention à l’aéroport de Casablanca où il a été pincé en possession de haschich. Il a ensuite été libéré sur instruction du roi du Maroc, Mohamed VI. L’officier de police qui a osé l’interpeller a été déterré dans le Sahara Occidental, territoire disputé avec les sahraouis. Raison officielle de sa libération : « l’arrestation du jeune Wade pouvait mettre en danger les relations entre le Sénégal et le Maroc ».Grâce à Wikileaks, on a appris que la destination Sahara Occidental est conçu par les autorités marocaines comme une punition pour ceux qui osent contrarier le roi. -
La nouvelle donne qui fait trembler le Maroc
Le président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, a achevé lundi une visite en Algérie.Concernant le dossier du Sahara occidental, il a indiqué dans un point de presse, que « c’est une question qui concerne le Maroc et le Sahara occidental ». Il a précisé que la position de son pays n’est pas une position pro-marocaine mais pro-Nations unies. « Nous avons besoin, dès qu’il y a un problème comme celui-là, de toute la force et la parole des Nations unies. Nous soutenons le travail fait jusqu’à présent par l’envoyé spécial des Nations unies et nous voulons qu’il puisse y avoir une solution négociée et qui mette un terme à cette situation », affirme-t-il.Un membre de la délégation parlementaire algérienne qui a assisté à la rencontre entre les parlementaires français et le président algérien a révélé au journal Algérie Focus, qu’Abdelaziz Bouteflika a consacré une bonne partie de son allocution au conflit du Sahara Occidental.Pour rappel, la France, avec son veto au Conseil de Sécurité, empêche la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental) de surveiller le respect des droits de l’homme dans cette ancienne colonie espagnole envahie par le Maroc en 1975. L’ambassadeur de la France au Conseil de Sécurité intervient depuis plusieurs années pour introduire des modifications dans le rapport du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-moon, à l’avantage du Maroc.Selon des documents américains révélés par Wikileaks, le président algérien Bouteflika a déclaré à un diplomate américain que la France se sert du conflit sahraoui pour se venger de l’Algérie. -
Cyber flicage : souriez, vous êtes traqués
Les entreprises de cyber flicage se font beaucoup d’argent.Après les révolutions arabes de 2011, les régimes de la région semblent s’être résolus à l’idée qu’il fallait désormais contrôler internet. Ces gouvernements ont donc noué d’étroits liens avec des entreprises d’espionnage numérique privées, pour la plupart occidentales. Gamma Group, Hackers Team, Amesys, Siemens, Philips, Blue Coat, la concurrence est rude pour un marché qui brasse des milliards de dollars chaque année.Le but de ces transactions est clair : l’espionnage massif des populations.Et ne comptez pas sur ces sociétés de surveillance numérique, ni sur leurs gouvernements en France, au Royaume Uni en Italie aux États Unis ou en Allemagne pour s’inquiéter des dangers que leurs technologies peuvent représenter pour les droits de l’homme.La guerre est ouverte entre des gouvernements de mieux en mieux équipés et une cyber dissidence qui apprend à se défendre.Amesys, une entreprise française qui nous veut du bienAmesys était l’entreprise française d’espionnage en ligne préférée du régime sanglant de Gaddafi.En 2011, cette même entreprise, avec l’absolution du gouvernement de M. Nicholas Sarkozy et sous couvert de la lutte contre le terrorisme, avait vendu son programme d’espionnage de masse Pop Corn au régime marocain pour une valeur estimée à 2 millions de dollars US. Et ce ne serait qu’un début.En collaboration avec Alten, une entreprise française spécialisée dans le conseil en technologies de l’information, des ingenieurs d’Amesys travailleraient d’arrache-pied au Maroc pour installer leur système. L’opacité entoure leur présence au Maroc ansi que le coût qu’engendrent leurs prestations pour le contribuable marocain, qui se retrouve a payer le prix d’une technologie dont la finalité est pourtant la surveillance de ses propres communications privées.Le programme est en tout point similaire à un autre, Eagle, que la même entreprise avait pourtant vendu en Libye au plus fort de la répression du régime policier du « Frère Guide. »Au Maroc, a quoi pourrait bien servir un tel programme sinon qu’à espionner l’ensemble de la population ?Le manuel d’utilisation du logiciel Eagle, qui sert de base pour Pop Corn, est on ne peut plus explicite :le système récupèrera toutes les données, et fichiers attachés, associés aux protocoles suivants : Mail (SMTP, POP3, IMAP), Webmails (Yahoo! Mail Classic & Yahoo! Mail v2, Hotmail v1 & v2, Gmail), VoIP (SIP / RTP audio conversation, MGCP audio conversation, H.323 audio conversation), Chat (MSN Chat, Yahoo! Chat, AOL Chat, Paltalk -qui permet aux utilisateurs de Windows de chatter en mode texte, voix ou vidéo, NDLR), Http, Moteurs de recherche (Google, MSN Search, Yahoo), Transferts (FTP, Telnet).
Source: Fhimt.
Hackers Team, la pizza connectionEn 2012, le site que vous êtes en train de consulter fut la cible d’une attaque par un virus sophistiqué, fabriqué par une entreprise italienne basée à Milan, Hackers Team. Un trojan (cheval de troie) élaboré nous avait été adressé dans l’espoir d’infiltrer nos ordinateurs pour pouvoir ensuite nous espionner à la source. A qui profite le crime ? Qui au Maroc a les moyens et les ambitions pour pouvoir se procurer une telle technologie ?Une guerre ouverteNous sommes bel et bien engagés dans une guerre froide d’un autre genre—une guerre cybernétique qui ne dit pas son nom, opposant régimes oppresseurs et leur dissidence numérique.Une étude publiée par le groupe de recherche canadien Citizen Lab cette semaine montre la prolifération de l’usage des technologies de surveillance en ligne made in USA a travers le monde. Il est montré a quel point les entreprises de flicage numérique les plus avancées pactisent tous les jours et sans scrupule avec les régimes les plus répressifs et les plus sanguinaires de la planète.Il faut que cela cesse. Les citoyens du net en sont de plus en plus conscients. La contre-offensive se prépare.**Pour mieux vous mettre en perspective les dangers de l’espionnage en ligne nous vous invitons a regarder le documentaire ci-dessous, diffusé l’an dernier sur la chaîne de télévision française Canal+. Une belle enquête réalisée par Paul Moreira:https://www.mamfakinch.com/cyber-flicage-souriez-vous-etes-traque/ -
Corcas : Symbole de la mauvaise gestion du dossier du Sahara
Le président du Corcas, Khalihenna Ould Errachid, est toujours en fonction alors que son mandat a officiellement expiré il y a plus de deux ans.Khalihenna Ould Errachid n’était pas présent à la cérémonie présidée par le roi cette semaine à Agadir, durant laquelle le président du CESE et ex-ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a présenté sa note de cadrage pour l’élaboration d’un nouveau « modèle de développement » au Sahara.Le président du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (CORCAS), instance censée représenter la population sahraouie des « provinces du sud », n’a pas non plus été consulté par le CESE lors de la préparation de cette note de cadrage. L’équipe de Benmoussa a pourtant auditionné les principaux acteurs institutionnels du territoire (Agence de développement des provinces du sud, CNDH, walis, etc.).Il faut dire que le mandat du conseil consultatif a officiellement expiré en 2010. Pourquoi n’a t-il pas encore été renouvelé par Mohammed VI, alors que son président continue de recevoir à titre officiel les dignitaires étrangers en visite dans le royaume ? Lakome a essayé de contacter la direction du Corcas pour en savoir plus sur ce « flou » juridique. Mais ses dirigeants « sont actuellement en déplacement à l’étranger ».« Le Conseil est aujourd’hui en situation d’hibernation, il souffre d’un manque de crédibilité », explique à Lakome l’un de ses membres, le politologue Mustapha Naïmi.Depuis sa création en 2006, le Corcas est régulièrement dénoncé pour son manque de transparence et ses dysfonctionnements. Composé de 141 membres, tous nommés par le roi, le Corcas n’a en effet pratiquement aucune activité, si ce n’est le rôle de représentation attribué à son président.Pouvoir discrétionnaire du palaisCinq commissions de travail spécialisées ont pourtant été mises en place lors de sa création, couvrant tous les aspects de la vie locale au Sahara : affaires économiques, éducation, formation, affaires sociales, développement humain, environnement, droits de l’homme, etc.Problème : « aucune commission ne s’est réunie ! », affirme Mustapha Naïmi. Le dahir royal de 2006 ne détaille pas les prérogatives et modalités de fonctionnement de ces commissions. Seules les attributions du président y sont clairement précisées. « Il y a eu des contestations au sein même du Corcas, nous avons fait des propositions mais nous n’avons pas été écoutés », explique Mustapha Naïmi.L’opacité du financement est également dénoncée par notre interlocuteur. Le budget du Corcas n’est pas rendu public (ni contrôlé par le parlement) : il dépend directement du palais royal.Sahraouis fidèles au trôneCréé par Mohammed VI en 2006, le Corcas est l’héritier direct d’anciennes instances consultatives mises en place par le palais. Ces structures permettent à Rabat de mettre en avant « ses » sahraouis face au Polisario, considéré à l’ONU comme le « représentant du peuple du Sahara occidental ».La création d’un premier « Conseil Consultatif chargé des Affaires Sahariennes » est annoncé par Hassan II en août 1981, juste après que le défunt roi ait accepté à Nairobi le principe d’un référendum pour résoudre le conflit. Les 85 membres de ce conseil, choisis parmi les élus sahraouis et représentants de tribus, sont tous nommés par Hassan II. La structure restera une coquille vide pendant deux décennies : aucun texte juridique n’en définit le fonctionnement !1999 : une nouvelle ère ?En septembre 1999, deux mois à peine après l’accession au trône de Mohammed VI, des émeutes à caractère social embrasent Laâyoune. Les forces de police locales répriment violemment les manifestants sahraouis, pour la plupart des étudiants et des diplômés chômeurs. Mohammed VI prend alors une série de mesures pour tenter de calmer la situation : le wali est remplacé, le chef de la police locale est relevé de ses fonctions et des forces militaires sont déployées dans la ville pour remplacer la police locale, haïe par la population.Le nouveau souverain met également en place une « Commission Royale du Suivi des Affaires Sahariennes », qu’il préside lui-même. En octobre 1999, à l’issue de la première réunion de cette commission, le palais annonce une nouvelle importante : le conseil consultatif crée par Hassan II en 1981 va être réactivé. Ses membres, issus de la population sahraouie, devraient cette fois-ci être élus, en toute transparence, et pourront siéger au sein de la nouvelle commission royale. Mohamed VI réaffirme ce principe le mois suivant à Marrakech, à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte :« Ces instructions ont porté également sur la réactivation du conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes et l’élection de ses membres, en associant les fils de cette région afin qu’ils soient représentés au sein de la commission Royale, avec ce que cela exige comme révision des textes législatifs et des procédures réglementaires pour l’élection du conseil dans l’honnêteté et la transparence […]. »Le temps passe mais cette élection ne voit pas le jour. Pourquoi ? Au début des années 2000, le palais royal estime peut être ne plus en avoir besoin. Sur le plan diplomatique, l’organisation du référendum est en train de capoter, au grand soulagement du Maroc, toujours appuyé par ses alliés français et américains. En interne, Mohammed VI a congédié le tout-puissant ministre de l’Intérieur Driss Basri et a pris en main le dossier du Sahara. Le travail du CCDH et la création de l’Instance équité et réconciliation (IER) en 2003 aident par ailleurs à calmer les tensions.2006 : émeutes et projet d’autonomieLa violente vague d’émeutes survenue à Laâyoune à partir de 2005 viendra toutefois rappeler à Rabat l’importance d’avoir un relais crédible auprès de la population locale pour canaliser les revendications. D’autant plus que les négociations post-référendum menées par l’envoyé onusien James Baker ont échoué et que le Maroc doit maintenant proposer une nouvelle alternative crédible au référendum. Mohammed VI se rend alors au Sahara en mars 2006 et annonce à Laâyoune la création d’un Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas) :« Par cet acte, Nous posons un jalon que Nous considérons essentiel pour ancrer la culture de la concertation et permettre ainsi à nos concitoyens d’apporter, par des propositions concrètes et pratiques, leur contribution pour ce qui concerne toutes les questions ayant trait à notre intégrité territoriale et au développement économique, social et culturel des provinces du Sud, si chères à Notre coeur. »L’objectif du palais est d’associer ces représentants sahraouis à l’élaboration d’un plan d’autonomie pour le territoire, qui sera présenté par le Maroc à l’ONU. Dans son discours de Laâyoune, Mohammed VI insiste sur les notions de représentativité et d’ouverture :« Attaché à ce que le Conseil puisse se prévaloir de la crédibilité, de l’efficacité et de la représentativité nécessaires, Nous avons veillé à ce qu’il soit constitué de notables de tribus et d’élus, réputés pour leur patriotisme sincère et la pertinence de leur jugement.Nous avons tenu également à ce que le Conseil soit ouvert sur les acteurs de la société civile et les forces vives de la nation, prêtes à produire et à s’investir, notamment parmi les femmes et les jeunes, que Nous entourons de Notre haute sollicitude. »Les 141 membres de ce nouveau Conseil ne seront pourtant pas élus démocratiquement comme l’avait promis Mohammed VI en 1999 : c’est le palais royal qui continue de nommer chacun de ses membres. Le roi place à leur tête Khalihenna Ould Errachid, puissant notable de Laâyoune et fervent défenseur de la cause marocaine depuis le début du conflit.New York : le Corcas face au PolisarioEn mars 2007, Khalihenna Ould Errachid se rend donc à New York aux côtés de Taieb Fassi Firhi, Fouad Ali El Himma et Yassine Mansouri pour détailler la proposition marocaine au secrétaire général des Nations-Unies. Le mois suivant, l’initiative d’autonomie est officiellement présentée par le Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU.Khalihenna Ould Errachid fait également partie de la délégation marocaine qui se rend en 2007 et 2008 à Manhasset, dans la banlieue de New York, pour une série de rencontres entre le Maroc et le Polisario.La présence du Corcas à la table des négociations rend les émissaires indépendantistes furieux. Comme le rapporte le diplomate américain Richard P. Jackson dans un câble diplomatique révélé par Wikileaks,« Le Polisario a rompu le protocole diplomatique et moyen-oriental en refusant de serrer la main des Sahraouis de la délégation marocaine et en quittant la pièce ou en se retournant chaque fois que ces derniers prenaient la parole ».Le Corcas aujourd’hui dans l’illégalité ?En 2009, alors que la proposition marocaine d’autonomie peine à s’imposer dans les négociations, Mohammed VI durcit le ton et renforce l’approche unilatérale du royaume. Début octobre, 7 militants indépendantistes sont arrêtés à leur retour d’Alger et accusés d’atteinte à la sécurité extérieure de l’Etat.Dans son discours de novembre, le roi annonce que la régionalisation avancée sera appliquée en premier lieu au Sahara et qu’une « profonde restructuration » du Corcas est à venir. Le mandat du conseil consultatif, fixé à quatre ans, arrive en effet à expiration en 2010. Mohammed VI parle une nouvelle fois d’ouverture et de représentativité :« Il s’agira de revoir sa composition et de renforcer sa représentativité en assurant son ouverture sur de nouvelles élites compétentes et patriotiques. Il faudra également opérer la mise à niveau de ses structures et de son mode de fonctionnement. Ceux-ci doivent, en effet, être mis en adéquation avec les nouveaux défis et ce, parallèlement à l’amélioration de l’efficacité de l’action du Conseil en matière de mobilisation en faveur de la défense de la marocanité du Sahara et de son développement. »Un an plus tard, la réforme est encore dans les tiroirs quand éclatent les événements de Gdeim Izik. Le 6 novembre 2010, soit 48h avant le démantèlement du camp, Mohammed VI mentionne une dernière fois la restructuration à venir du Corcas :« A cet égard, Nous procéderons prochainement, avec l’aide de Dieu, à la promulgation d’un Dahir pour le nouveau Conseil[…] »…C’était il y a deux ans. Aujourd’hui, le durcissement du palais concernant la souveraineté marocaine du territoire (que l’ONU ne reconnaît toujours pas), entraîne de nombreux heurts avec les responsables onusiens. Les rapports 2011 et 2012 du secrétaire général de l’ONU, très critiques envers l’attitude marocaine, sont à ce propos riches en enseignement.Pourtant, Rabat poursuit cette voie, comme le montre le nouveau rôle dévolu en novembre dernier au CESE – institution nationale consultative – pour s’occuper du développement du territoire.En attendant de ressortir la « carte sahraouie », rien n’empêche toutefois Mohammed VI de régulariser dès maintenant la situation juridique du Corcas…LAKOME, 6/1/2013 -
Le CNI espagnol dupé par les services secrets marocains
Le Service de renseignement espagnol (CNI) soutient que l’Espagne a fait une erreur historique en abandonnant son ancienne colonie du Sahara en la livrant au Maroc et à la Mauritanie en 1975 suite à l’Accord Tripartite de Madrid.L’information provient d’un e-mail d’un sahraoui qui travaille pour les services secrets marocains et se proclame le dirigent d’un éventuel parti opposé à la direction du Front Polisario.Un groupe se faisant appeler « Groupe de Réhabilitation Martyr El Ouali » a récemment piraté son e-mail et publié le contenu de l’un des messages qu’il a reçus, en date du 26 Septembre 2012, d’un agent marocain nommé Moulay Hassan Idrissi.Dans ce courrier, Idrissi dresse le bilan de ses rencontres avec des membres du CNI espagnol qui ont exprimé leurs craintes qu’un atentat puisse être commis sur le sol espagnol par des Sahraouis, en représailles à ce que le CNI a considéré comme une erreur historique en allusion à l’abandon du Sahara par l’Espagne.Selon Idrissi, la réunion a eu lieu à Alicante et les espagnols voulaient savoir davantage sur ce parti, ses sources de financement, ses membres et ses relations avec le Maroc et l’Algérie et d’autres questions de nature sécuritaire. Il ajoute que dans la troisième rencontre, les interlocuteurs espagnols étaient plus confiants et prêts à aporter de l’aide s’ils en sont sollicités. Ils ont posé des questions sur l’impact des mouvements jihadistes sur les jeunes sahraouis des camps de Tindouf et les liens qui peuvent avoir les responsables sahraouis avec le trafic de drogue et la vente d’aide humanitaire.La même source ajoute que les agents espagnols ont montré leur disponibilité à poursuivre les contacts avec le parti mentionné dans le but de recueillir des informations sur les camps de réfugiés, les territoires sahraouis occupés et les mouvements terroristes, tout en signalant que le Polisario CNI ne collabore pas avec avec le CNI sur ces questions.La Tribune du Sahara, 16/12/2012 -
Christopher Ross et les barbouzes tueuses de Mohammed VI
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz MokhtariRouer de coups, matraquer, lui cracher dessus et, au final, lui marcher sur le ventre en présence de sa sœur et de ses enfants, est-ce l’attitude la plus intelligente à avoir alors même que Christopher Ross n’avait pas encore quitté Laâyoune occupé ? Pourtant, la police et les militaires du Maroc n’ont pas hésité à y aller, férocement, pour massacrer Aminatou Haider, grande dame, indépendantiste sahraouie et défenseur des droits de l’Homme.L’aveuglement marocain aussi barbare soit-il appelle à quelques réflexions. Le roi Mohammed VI estil en perte de vitesse pour laisser se faire réprimer Aminatou Haider au su et au vu de tous, pendant le séjour de l’émissaire onusien dans la région, dans le pays. Si tant est que oui, le souverain marocain détient encore toutes les cartes du Sahara entre les mains, pourquoi alors a-t-il agi aussi bêtement ? Mohammed VI s’était fait tancer par les Américains lors du soulèvement des populations sahraouies à Laâyoune, il y a deux ans, et les sévices corporels subis par Mme Haider étaient dénoncés violemment par les officiels américains (Wikileaks). Pourtant, la répression sauvage et publique continue alors même qu’à l’époque, la propagande du palais royal et de puissants lobbies européens avait pu accréditer la thèse des dépassements auxquels le monarque ne pouvait mettre fin parce qu’il les ignorait. Pour vicieuse qu’elle ait été, la réplique avait, néanmoins, servi à cacher le soleil avec un tamis. Juste après, le palais commet une autre bourde royale. La demande du dessaisissement du dossier sahraoui par Christopher Ross au compte de l’ONU. Là, Mohammed VI s’attendait à tout sauf aux réponses cinglantes et sans ambages du secrétaire général de l’ONU et des officiels US. Ban Ki-moon puis Hillary Clinton, B. Obama, enfin, quoique de façon sournoise, indiquent à Rabat que Christopher Ross reste le temps de sa mission et ce n’est pas au Maroc de démettre les émissaires onusiens. Difficile aux sbires de Sa Majesté de coller le ratage à Benkirane, le Premier ministre, comme cela avait été envisagé, cela aurait été ridicule, tout le monde sachant parfaitement que c’est le roi seul, avec la France, qui gère le dossier sahraoui. Faire le dos rond, telle a été la consigne. L’attentat dont a été victime Aminatou Haider jeudi dernier révèle, pourtant, que Mohammed VI n’a encore rien compris à la question sahraouie, ni aux motivations du peuple des nuages que ni la répression, ni les louvoiements, ni les débauchages ne peuvent faire oublier sa détermination à l’autodétermination, d’un mot à l’indépendance. En se livrant à des pratiques sauvages, de répression contre un symbole de la résistance, mondialement connu, belle femme et mère de deux enfants, au comportement exemplaire et au courage forçant le respect de toutes et tous, jusque et y compris certains de ses ennemis, Rabat est aux abois, ne sait plus quoi ni comment agir. Les attitudes royales actuelles rappellent, étrangement, le forcing opéré par les ultras de l’Algérie française quand ils commencèrent à comprendre que l’Algérie de papa, c’était fini. Certes, il y a eu l’OAS, de lâches exécutions, des assassinats gratuits, du plasticage, des bombes, des attentats. L’indépendance de l’Algérie était, dès ce moment-là, inscrite dans le marbre, inéluctable, en marche. Aminatou Haider vaincra, c’est évident. Nos deux Djamila (Boupacha et Bouhired), Hassiba Ben Bouali, Zohra Drif-Bitat, Malika Gaïd en sont la preuve pour l’indépendance.A. Z.Le Soir d’Algérie, 7 Nov 2012 -
Morocco and the farce of the normalisation with Algeria
To mark the 12th anniversary of his ascended the throne, King Mohammed VI has not failed to raise in his speech to the nation on the occasion to express his wishes for the opening of borders between Algeria and Morocco. Better yet, the king wants a normalization of relations between the two countries.
“We want to the beginning of a new dynamic open to the settlement of all outstanding issues as a prelude to a normalization Total bilateral relations, including the reopening of land borders, “stated Mohammed VI.
In a report sent to the White House and revealed by Wikileaks, the CIA expressed its concerns about the possibility that the Morocco makes recourse to war against the Polisario Front and Algeria to undermine the principles of self-determination and decolonization advocated by the UN.Other sources assert that the continuing protests of the Movement February 20 could lead the Moroccan government to ignite the Western Sahara conflict to stop the mobilization of the Moroccan people by directing the eyes of one crisis to the Sahrawi instead of the crisis of the Royal Morocco. A credible argument too much considering that the late King Hassan II had used the invasion of Western Sahara to create a political consensus around his throne threatened by several coup attempts.
Starting these realities, it becomes difficult to believe in the good faith of the authorities in Morocco when requesting the reopening of borders and the normalization of relations with the neighboring country. Indeed, what credit should be given to an invitation, of course officially, while in parallel Morocco, through its media, continues to campaign against Algeria for the simple reason that this country supports a just cause? For whatever think Rabat, the decolonization of Western Sahara is not a casus belli between Algeria and Morocco. It is the sole responsibility of the United Nations and the Security Council.
Regarding UMA, it is necessary to ask whether the member countries are willing to endorse the building of “a Maghreb where some win and others lose. ” A Maghreb that some will build on the backs of some. An event inadmissible for Algiers. But it is likely that this view could not appeal in Rabat, even if the logic that Morocco wanted to take the time to dwell and meditate. But Rabat is too busy with his blindness, he would impose on others their own concept of the regional area in which it operates with other people – including one to whom the Mekhzen denied the right to exist under the pretext of the Moroccan the territory in which he lives. Thus, the desire to Rabat to open a new page in relations between the two countries and normalizing bilateral relations between Algeria pragmatism that results from a thorough knowledge of the geopolitics of the region.Formula that Morocco’s request, no one is able to forbid him. It attempts to exploit other purposes the principled position of Algeria on the Western Sahara issue is fair, although international law is there to show who is right and wrong on this issue said . But the Moroccan people will not be wrong forever. The Moroccan Spring is here to prove it. This means therefore that Rabat should review its policy prior to restate its offer.