Catégorie : UMA

  • Le spectre de l’anarchie armée au Maghreb et au Sahara

    Les dernières évolutions tragiques en Libye préfigurent une tendance de fond particulièrement lourde et sanguinaire dans notre région. Avec l’assentiment du monde dit libre qui feint de s’en offusquer
    S’achemine-t-on d’aventure vers l’anarchie armée et généralisée en Libye ? Tout porte à le croire. Les derniers développements font craindre le pire. Et les réactions internationales qui s’ensuivent renforcent les appréhensions sur fond d’un alarmisme justifié.
    D’abord, les faits. Avant-hier, les autorités de Tripoli ont qualifié de «tentative de coup d’Etat» l’offensive menée à Benghazi par un général à la retraite contre des milices islamistes. Les heurts particulièrement violents ont fait au moins 79 morts et 141 blessés vendredi. Le rouleau compresseur meurtrier a commencé lorsque Khalifa Haftar, général à la retraite, a lancé vendredi matin une opération avec un groupe baptisé «Brigade du 17-Février», contre des groupes qualifiés de terroristes à Benghazi. La ville est réputée pour abriter plusieurs mouvances terroristes lourdement armées. Le général Haftar s’est autoproclamé chef de l’armée nationale. Il se fait fort du soutien de nombreux officiers de l’armée régulière qui ont fait défection, ainsi que d’officiers et d’unités combattantes munies d’avions et d’hélicoptères de combat.
    Pour l’heure, Tripoli considère l’offensive de Khalifa Haftar et consorts comme «un agissement en dehors de la légitimité de l’Etat et un coup d’Etat», aux termes du communiqué lu par le président du Congrès général national (CGN, Parlement), Nouri Abou Sahmein. Ce dernier a renchéri : «Tous ceux qui ont participé à cette tentative de coup d’Etat vont être poursuivis par la justice». De son côté, Khalifa Haftar balaie l’accusation d’un revers de main : «Notre opération n’est pas un coup d’Etat et notre objectif n’est pas de prendre le pouvoir. Cette opération vise un objectif précis qui est d’éradiquer le terrorisme. L’opération va continuer jusqu’à purger Benghazi des terroristes».
    Entre-temps, l’armée régulière a décrété samedi une zone d’exclusion aérienne sur Benghazi et sa région, menaçant d’abattre tout avion militaire faisant intrusion dans cette zone. Ce qui n’a pas empêché le raid d’un avion militaire contre un groupe d’ex-rebelles islamistes au nord-ouest de la ville.
    Hier, c’était au tour de Tripoli de flamber et trembler. Des coups de feu ont été entendus au sud de Tripoli, non loin des locaux du Congrès général national (CGN, Parlement). Les députés ont été prestement évacués. Des témoins ont indiqué que les civils armés appartenaient aux tristement célèbres brigades de Zenten, qui contrôlent plusieurs sites sur la route de l’aéroport. Peu auparavant, un convoi de voitures blindées était entré dans Tripoli depuis la route de l’aéroport, et s’était dirigé vers les locaux du CGN. Les routes ont été fermées à la circulation, tandis que les civils se bousculaient et se pressaient de rentrer chez eux. Un vent de panique souffle sur Tripoli et d’autres villes et régions libyennes.
    Panique en Libye, fortes appréhensions à l’international. Branle-bas diplomatique et militaire dans les capitales mondiales. Des réunions de très haut niveau ont eu lieu au Caire, à Tunis, à Alger et ailleurs. On s’attend au pire. Des vols réguliers sont suspendus. Les Américains ont acheminé des centaines de marines d’Espagne vers les côtes italiennes du sud. Les Français sont en état de veille.
    Les états-majors internationaux sont sur le qui-vive. Les observateurs aussi. On fait l’état des lieux et on esquisse des prévisions à court et moyen terme.
    Le circonstanciel ne saurait cacher la tendance de fond. Al Qaïda a opéré depuis quelque temps un vaste redéploiement géostratégique. Le Maghreb, le Sahara et l’Afrique subsaharienne lui tiennent désormais de principal lieu d’ancrage. Soit une dizaine de millions de kilomètres carrés. Cela va des confins du Soudan à l’Atlantique en abordant les zones limitrophes de l’Afrique de l’Ouest et les hauteurs de l’Atlas.
    Les convulsions dudit printemps arabe ont été mises à profit de ce dessein démentiel. Les interventions du Qatar, de la France, de l’Italie, des Etats-Unis d’Amérique et de l’Otan en Libye ont favorisé les mouvances terroristes de la nébuleuse Al Qaïda au Sahara, au Mali, en Tunisie et aux abords de l’Algérie. De sorte que les dernières évolutions tragiques en Libye préfigurent une tendance de fond particulièrement lourde et sanguinaire dans notre région. Avec l’assentiment du monde dit libre qui feint de s’en offusquer.

    Soufiane Ben Farhat

    http://soufiane-ben-farhat.space-blogs.net/blog-note/201845/libye-le-spectre-de-l%E2%80%99anarchie-armee-au-maghreb-et-au-sahara.html
  • Comment le Maroc introduit Israël insidieusement au Maghreb

    L’Etat hébreu a réussi facilement à s’incruster dans la région du Maghreb et se rapproche de l’Algérie petit à petit, à travers son maillon faible : le Maroc. 
    Selon le magazine israélien Identité juive, des «experts» israéliens ayant participé à un forum international sur les énergies renouvelables à Rabat ont proposé aux Marocains d’aider leur pays à installer un système de production d’énergie renouvelable destiné aux foyers non alimentés par le réseau d’électricité. 
    Les autorités marocaines, à travers l’Académie Hassan II des sciences et techniques, ne se sont pas fait prier pour accepter cette offre de «coopération» aussi suspecte dans un secteur aussi névralgique, avec des experts issus d’un pays avec lequel le Maroc entretient des relations de plus en plus assumées. 
    Il est un fait que les groupes marocains liés au puissant lobby juif et présents dans toutes les sphères de décision ont de tout temps œuvré pour pérenniser cette «normalisation» avec l’entité israélienne, en facilitant notamment la tâche aux investisseurs, mais surtout aux services de renseignements israéliens d’y installer leur réseau qui leur permet d’avoir un œil sur le seul pays non encore normalisé de la région du Maghreb, à savoir l’Algérie, sachant que le Mossad est déjà à pied d’œuvre depuis au moins quelques années au Maroc, par le biais de sociétés-écrans israéliennes travaillant dans différents secteurs. Certaines de ces entreprises sont impliquées dans des opérations militaires et des crimes de guerre contre la population palestinienne, comme l’ont révélé des ONG marocaines qui ont appelé, en avril 2013, à manifester contre la présence d’une entreprise de gardiennage dan leur pays. 
    D’autres informations provenant du Maroc font état de la présence d’agents du Mossad infiltrés. C’est l’ancien chef du service militaire du renseignement (Aman), le général Amous Yadlin, qui a déclaré que le Mossad a tenté d’infiltrer onze pays arabes dans le but de les déstabiliser, en précisant que les services de renseignements israéliens, dans leur plan, visait l’Algérie à travers le Maroc, où ils disposent de quelque 300 agents actifs, selon le général, dont des collaborateurs marocains. Information jamais démentie par les autorités marocaines. Autant d’alertes pour l’Etat algérien dans cette conjoncture régionale marquée par des accès de tension de plus en plus fréquents avec la monarchie marocaine qui l’obligent à rester doublement vigilant.
    R. Mahmoudi
    AP, 25/02/2014

    La MINURSO est la seule mission onusienne qui ne surveille pas le respect des droits de l’homme. S’il vous plaît, votre signature de cette pétition aidera à atténuer les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental, dernière colonie en Afrique
    SIGNEZ LA PETITION!

  • Le Maghreb, l’unité brisée sur les dunes du Sahara occidental

    Quand la fondation Al Majd l’a invité, samedi dernier, comme conférencier au 25ème anniversaire de l’Union du Maghreb Arabe, Mustapha Filali a eu tout le temps de puiser dans une mémoire séculaire, qui a, durant le XXème siècle, retenu les principaux épisodes de l’histoire moderne de la Tunisie et du Maghreb. Car, en plus d’occuper des postes clés au lendemain de l’indépendance de la Tunisie en 1956, Mustapha Filali, aujourd’hui âgé de 92 ans, a également été actif sur le plan maghrébin, en inaugurant, en 1989, le poste de premier secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).
    Un poste qui le positionne parmi les fins connaisseurs de l’UMA, de ses atouts, mais aussi de ses rêves avortés. Bien qu’il ne préfère pas « l’expression imagée de mort-née » que politologues et historiens n’ont de cesse de coller à l’union de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc, de la Mauritanie et de la Libye, Mustapha Filali ne se leurre pas. « C’est l’absence de la volonté politique qui a entravé l’intégration maghrébine, les chefs des pays du Maghreb ne s’étant jamais réunis depuis 1994 », a ainsi affirmé l’ancien secrétaire général de l’UMA. D’ailleurs, selon lui, il ne reste de l’UMA que le secrétariat général réduit aujourd’hui à une entité incapable de participer à la décision, ni de donner corps aux 34 protocoles et résolutions maghrébins, restés jusqu’ici lettres mortes.
    Pourtant l’Union Maghrébine a, aux yeux de Mustapha Filali, tous les atouts pour être effective, sinon des plus performantes dans cette ère des coalitions et des conglomérats interétatiques. Il y a d’abord la continuité du relief qui fait du Maghreb une entité homogène. Riche tant de ses richesses naturelles minières, gazières et pétrolières que de son espace terrestre et maritime, avec une position stratégique au centre du bassin méditerranéen, une longue façade atlantique et une proximité avec le détroit de Gibraltar et le canal de Sicile, le Maghreb dispose de toutes les matières premières à un essor économique qui, ajoutées aux milliers de cerveaux et compétences désertant la région, auraient fait de l’UMA une alliance qui n’aurait rien à envier à l’Union européenne, ni aux pays de l’ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain).
    Mais cette projection dans un futur prospère s’est très tôt pliée face à la réalité, quand Mustapha Filali a évoqué, non sans regret, le problème inutile du Sahara occidental, qui tel une épine au pied, empêche l’intégration maghrébine.
    Ce problème avait, bien avant même la déclaration de Marrakech, failli désintégrer l’Organisation de l’Unité Africaine, ancêtre de l’actuelle Union Africaine, qui avait, en 1982, admis la République arabe sahraouie démocratique (RASD) comme membre à part entière. Les annales de l’histoire retiennent encore les incidents diplomatiques qui s’en suivirent et qui finirent par le retrait du Maroc de l’OUA et la compartimentation de l’organisation panafricaine en deux blocs : les anti-RASD d’une part, les amis de la RASD dans l’autre camp avec comme chef de file l’Algérie. L’Algérie a en effet toujours soutenu les sahraouis durant la longue guerre qui les a opposés de 1975 à 1991 au Maroc et à la Mauritanie. Et même après le cessez-le-feu de 1991, les Algériens ont maintenu leur appui au mouvement politique Polisario qui revendique toujours l’indépendance du Sahara occidental.
    Algériens et Marocains entretiennent, depuis, des relations froides, réchauffées de temps en temps par des litiges sporadiques et des échanges de déclarations antagonistes. Les invectives et les attaques, jadis reprises seulement par les média, ont récemment commencé à investir les arènes des réseaux sociaux.
    Les appels à la réconciliation, et donc à la l’unité maghrébine, ne sont pourtant pas inaudibles. Mais ils semblent perdus nulle part sur les 266 000 km2 des dunes sahraouies.
    http://www.leconomistemaghrebin.com/2014/02/17/maghreb-unite-brisee-sahara-occidental/

    Au Sahara Occidental, ancienne colonies espagnole envahie par le Maroc, la mission de l’ONU est la seule mission qui ne rapporte sur les violations des droits de l’homme à cause du veto de la France au Conseil de Sécurité.
    En vue de mettre fin à cette anomalie, nous vous prions de bien vouloir signer cette pétition adressée à Ban Ki-moon pour demander l’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homm.
    MERCI INFINIMENT  

    https://secure.avaaz.org/fr/petition/Ban_Kimoon_Elargir_les_competences_de_la_MINURSO_pour_la_supervision_du_respect_des_dr/?copy

  • Maghreb-2013 : Un tour d’horizon sur des événements importants

    De nombreux événements ont marqué le Maghreb de 2013 bien que l’Union des peuples, en tant qu’organisation reste une utopie. Le Maroc a connu une récession et des difficultés économiques qui ont obligé le royaume à faire des prêts auprès des institutions financières mondiales. La Tunisie est toujours en quête d’un consensus national pour une sortie de crise. La crise politique pèse lourdement sur l’économie et les recettes de touristiques. En Libye, l’autorité provisoire peine à mettre en place les institutions sécuritaires capables d’instaurer un climat de sérénité et de quiétude. En Mauritanie, les législations locales ont marqué la fin de l’année écoulée avec le renforcement du parti au pouvoir. Les Sahraouis n’ont pas exaucé leur rêve d’autodétermination devant les avatars politiques de Washington et le partie pris de la France.
    Maroc : Un pas en arrière
    La tension entre le Maroc et l’Algérie a sérieusement marqué les esprits en 2013. Jamais les relations entre les deux pays ne sont arrivées à ce stade d’embrouille. Le Maroc a saisi l’occasion d’une lettre du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, lue à Abudja par le ministre de la Justice, Tayeb Louh, pour crier au complot. Le makhzen avait mobilisé tous ses relais et ses partis croupions pour dénigrer l’Algérie. La crise diplomatique s’est alors enflammée des deux côtés après qu’un individu se réclamant de la « jeunesse royaliste » eut arraché le drapeau du consulat algérien à Casablanca. Les relations algéro-marocaines était également au cœur du discours du roi du Maroc, prononcé à l’occasion du 38e anniversaire de la Marche verte le 6 novembre dernier. Quelques jours plus tard, Bouteflika adressait une lettre de félicitations au monarque à l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance du Maroc. Vu le climat qui régnait, celle-ci a plutôt été perçue comme un geste de bienséance diplomatique. L’affaire du pédophile espagnol gracié par Mohamed VI avait failli mettre le royaume à feu et au sang. Le Danielgate comme l’a nommé la presse marocaine a attisé la colère des Marocains. Si la majorité des médias nationaux s’étaient avancés avec beaucoup de retenue sur un sujet impliquant directement le roi, la médiatisation internationale de l’affaire ainsi que la prise de position de la société civile avait créé le buzz. Même la répression des forces de l’ordre lors de la manifestation du 2 août à Rabat n’avait pas refroidi les Marocains. Au contraire, les ONG des droits de l’homme étaient allées jusqu’à porter plainte contre le ministre de l’Intérieur de l’époque. Cependant cela n’avait pas éteint le feu de la polémique. Toujours sous la pression sociale et internationale, le Maroc avait demandé l’extradition du pédophile. Mais l’Espagne s’y était finalement opposée, prétextant que les accords en matière d’extradition de prisonniers entre les deux pays n’incluent pas les nationaux. Aujourd’hui, Daniel Galvan purge sa peine en Espagne avec la possibilité de sortir de prison en 2018, conformément à l’article 92 du code pénal qui accorde, sous certaines conditions, la liberté conditionnelle aux détenus ayant plus de 70 ans. L’affaire du journaliste Ali Anouzla a également capté l’intérêt de l’opinion publique. Arrêté le 17 septembre dernier, à Rabat, suite à la publication d’une une vidéo d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, incitant à commettre des « actes terroris tes» au Maroc, l’ex-directeur de publication du site Lakome.com était et est toujours accusé d’actes terroristes.
    Tunisie :La crise…encore et toujours
    Tout au long de l’année 2013, la Tunisie aura vécu sous le poids d’une crise politique grave qui a laissé son empreinte sur la situation socio-économique du pays accablé aussi par une menace terroriste qui gronde pour porter un coup à sa stabilité et freiner son processus de transition. Les forces de l’opposition laïques n’ont pas tari en critiques acerbes sur le parti islamiste au pouvoir lui reprochant la « mauvaise gestion des affaires du pays » et sa « tolérance » vis-à-vis des courants extrémistes accusés d’être à l’origine des actes de violence qui secouent le pays. Des accusations qui seront rejetées en bloc par les dirigeants du parti. L’assassinat du député Mohamed Brahmi, en juillet dernier, viendra attiser la tension entre le gouvernement transitoire dirigé par Ali Laârayedh, du parti islamiste Ennahdha, et les forces de l’opposition laïques. Cet assassinat sera le deuxième après celui qui aura coûté la vie en février de la même année, à l’homme politique Chokri Bélaïd. Les partis de l’opposition n’hésiteront pas à pointer du doigt la troïka au pouvoir l’accusant d’ « atermoiement » quant à la rédaction de la nouvelle Constitution dans le seul but de faire « perdurer » la période de transition tout en lui reprochant de procéder à des désignations partisanes dans les rouages de l’État « pour ficeler les opérations de fraude lors des prochaines élections ». Les dirigeants du parti au pouvoir ont affirmé que le peuple tunisien « avait voté en leur faveur en toute démocratie et ils ne peuvent par conséquent, se dérober à leurs responsabilités pour exaucer la volonté de l’opposition sous peine de faire sombrer le pays dans l’inconnu ». De longs mois durant, les sympathisants des deux parties investiront les rues à travers les différentes régions du pays enclenchant ainsi un fleuve de manifestations et de sit-in interminables. Le Livre noir de Marzouki a constitué également un événement majeur dans la vie politique du voisin de l’Est. Hormis quelques publications qui ont échappé au contrôle, les instances judiciaires tunisiennes se sont prononcées contre sa diffusion.
    Mauritanie : Rien n’a changé
    L’ événement politique majeur de l’année 2013 en Mauritanie a été l’organisation d’élections législatives et municipales les 23 novembre et 21 décembre, après deux reports imputables à la situation de l’état civil et à une tentative vaine de nouer un dialogue entre le pouvoir et la frange la plus radicale de l’opposition. Un fichier de 1,1 million d’inscrits a servi de base à ces consultations électorales sur une population globale en âge de voter évaluée à 1,9 million. Ces consultations ont enregistré la participation d’une soixantaine de partis politiques parmi lesquels, quatre seulement se réclament de l’opposition. Par contre, les élections législatives et municipales 2013 ont été boycottées par dix partis regroupés au sein d’une Coordination de l’opposition démocratique (COD) et quelques autres de la mouvance dite radicale. A l’issue de ces élections, qui ont connu un taux de participation évalué à 72 pc, le président Mohamed Ould Abdel Aziz dispose d’une majorité confortable de 108 députés sur une Assemblée nationale qui en compte 147. Le principal parti de la majorité, l’Union pour la République, compte 74 députés et ses alliés de la mouvance présidentielle 34 élus. La mouvance favorable au pouvoir est aussi largement majoritaire dans les assemblées municipales, en dépit d’une forte présence de l’opposition dans les communes de Nouakchott, où elle a remporté trois mairies sur neuf. Au terme de ces élections, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a salué leur “bon déroulement” et souligné le fait qu’elles aient permis un renouvellement de la classe politique tant au niveau de l’Assemblée nationale que des conseils municipaux.
    Libye : Un grand pays balkanisé
    L’année s’est achevée en Libye sans qu’aucune avancée n’ait été enregistrée sur le plan sécuritaire. Les autorités provisoires peinent à mettre en place des institutions sécuritaires alors que les milices reprennent du poil de la bête. Des groupes de mercenaires, des djihadistes et des séparatistes assiègent des sites pétroliers pour acculer le gouvernement provisoire d’accepter leurs revendications qui se différent d’une bande à une autre. C’est le cycle de la terreur qui s’est installé à Tripoli et Benghazi où on enregistre des attentats contre les ambassades et les représentations diplomatiques. Le dernier attentat a été perpétré avant-hier matin, contre l’ambassade de France à Tripoli. Il fait deux blessés parmi la gendarmerie française, dont un a été grièvement atteint, et provoqué d’importants dégâts. Il s’agit de la première attaque contre des intérêts français en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Pour l’analyste Patrick Haimzadeh, spécialiste de la Libye, cet attentat est symptomatique d’un pays en proie à la violence permanente.
    Algérienews, 01/01/2014
  • Trois questions à Ignacio Cembrero, journaliste à El Pais, spécialiste du Sahara occidental et du Maghreb

    Ignacio Cembrero est journaliste au quotidien espagnol El País. Il est spécialiste du Maghreb et du dossier du Sahara occidental. Dans cet entretien, il explique pourquoi les Etats-Unis veulent que l’ONU enquête sur les atteintes aux droits de l’Homme au Sahara occidental et les raisons de la réaction nerveuse du Maroc.
    Les États-Unis veulent que l’ONU enquête sur les atteintes aux droits de l’Homme au Sahara occidental. Comment expliquez‑vous cette demande américaine ?
    C’est une vielle idée qui resurgit à la faveur de deux événements. D’une part, la dernière tournée de Christopher Ross dans la région et ses entretiens, au Sahara occidental, avec les indépendantistes sahraouis. D’autre part, les liens entre la Fondation Robert Kennedy et John Kerry, le nouveau secrétaire d’État américain, ainsi qu’avec Susan Rice, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU. C’est la fondation et sa présidente, Kerry Kennedy, qui ont annoncé, en premier lieu, l’initiative américaine le 12 avril sur son site et sur Twitter.
    Le Maroc a réagi avec nervosité en exprimant son opposition à l’extension du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme. Pourquoi cette panique ?
    Le bilan en matière des droits de l’Homme au Sahara s’est certes amélioré depuis l’époque du roi Hassan II, mais il n’est pas brillant. Il suffit de lire le rapport de Juan Méndez, le rapporteur de l’ONU sur la torture, après son voyage au Maroc en 2012. Accueillir au Sahara, de temps en temps, des missions de l’ONU, du Parlement européen ou d’ONG comme HRW, c’est une chose, mais avoir une surveillance permanente sur place de la Minurso, c’est différent.
    Cette présence peut inciter les indépendantistes à être plus actifs sachant que les forces de sécurité marocaines devront y réfléchir à deux fois avant de sévir contre eux, car la Minurso sera aux aguets. Je dis toujours à mes interlocuteurs marocains que leur offre d’autonomie pour cette ancienne colonie espagnole serait bien plus crédible s’ils traitaient les indépendantistes avec plus de ménagement. Rabat a toujours soutenu que les réfugiés de Tindouf étaient des « séquestrés » par le Polisario. Si surveillance il y a, c’est l’occasion ou jamais de tenter de libérer ces milliers de « séquestrés ».
    Quelles sont les conséquences d’une extension du mandat de la Minurso sur le règlement du conflit au Sahara occidental ?
    Il est encore trop tôt pour en parler. Il faut d’abord voir à quoi aboutit exactement cette initiative américaine. D’ici le 25 avril, jour du vote au Conseil de sécurité de l’ONU, les responsables marocains vont faire tout leur possible pour édulcorer ce projet de résolution. Ils ont déjà dépêché, ou ils vont le faire dans les prochains jours, des délégations dans les capitales des pays membres du Conseil de sécurité, en priorité chez les membres permanents. Ils comptent beaucoup sur Paris, mais je ne sais pas si la France socialiste de Hollande va autant les aider que l’ont fait dans le passé les présidents Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. Le dénouement de cette initiative passe, dans une large mesure, par Paris.
    TSA 16 avril 2013
  • Ni Maghreb économique, ni Maghreb politique

    Il aurait fallu dans le cas du Sahara Occidental, qu’une puissance comme la France s’en tienne à la résolution des Nations unies, elle qui avait travaillé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU à la promotion du droit international dans le cas cité à savoir la guerre contre l’Irak.

    L’Algérie va rencontrer, cette semaine, les neuf autres membres du groupe des 5+5 dont elle fait partie à savoir les cinq pays européens du bassin occidental de la Méditerranée, et ses quatre autres voisins du Maghreb. Les premiers sont solidaires et déjà engagés au sein de l’Union européenne tandis que les autres sont éparpillés tant au sein du Maghreb qu’au sein de la Ligue arabe. Ils sont ensemble mais pas unis. Les premiers sont engagés avec l’UE sur le plan de l’économie, et encore un peu moins sur le plan de la défense. 
    Les Etats-Unis encouragent depuis longtemps à la construction du Maghreb, au moins du Maghreb économique, en attendant d’avancer pour passer à une forme d’union. Un blocage politique des négociations entre le Polisario et le Maroc entrave le processus de construction du Maghreb sur les plans politique et économique. Pourront-ils dépasser leurs profondes divergences au sein de l’Union Pour la Méditerranée et se présenter ainsi solidaires pour renforcer leurs relations avec d’autres ensembles régionaux dans le monde ? Il ne faut pas oublier que l’UPM n’a pas pour vocation de devenir un ensemble obligatoirement solidaire car il n’y a pas que les cinq qu’on rencontre régulièrement dans le groupe des 5+5. 
    A ses débuts, il s’agissait de construire l’UM et non l’UPM. L’UM envisageant à ses débuts de grandes ambitions, car Sarkozy voulait en faire un ensemble soudé. C’était la Chancelière allemande qui avait tenu à introduire le P pour y intégrer tous les autres pays de l’UE justement pour qu’il n’y ait pas d’organisation parallèle à l’UE. Elle ne voulait pas d’une France  » bigame  » mariée à l’UE et à l’UM. Comment réussir dans le groupe des 5+5 ce qu’on ne peut pas réussir entre les pays du Maghreb ? 
    Si le Maghreb économique n’existe pas, qu’est-ce que nous pouvons faire dans ce domaine tant avec l’UPM qu’avec l’UE ? Plus de raisons de fermer les frontières avec le Maroc que de raisons pour les fermer ? La fermeture des frontières bloque l’avancée des négociations de coopération économique, voire la construction du Grand Maghreb. Ne serait-il pas un projet trop grand pour les pays du Maghreb que de décider de faire cette union que l’on sait pourtant impossible? Les dirigeants s’étaient consultés et n’avaient pas pu. Les peuples pour le moment quant à eux n’ont jamais été consultés à ce sujet. Pourtant, les dirigeants parlent d’un Maghreb des peuples. 
    En juin 1988, à Zéralda, au lendemain de la clôture du sommet de la Ligue arabe, les cinq dirigeants des pays du Maghreb, en présence du roi de l’Arabie Saoudite, avaient tous affirmé que la question du Sahara Occidental ne pouvait nullement en constituer un obstacle. Et pourtant, cette vision n’avait pas été confirmée sur le terrain. 
    Tous ceux qui avaient suivi avec admiration le rôle qu’avait joué la France au Conseil de sécurité de l’ONU pour promouvoir le droit international dans l’agression que s’apprêtait à commettre l’hyper puissance américaine contre l’Irak espéraient qu’enfin la justice internationale influerait sur toutes les décisions onusiennes. Il aurait fallu dans le cas du Sahara Occidental, qu’une puissance comme la France s’en tienne à la résolution des Nations unies, elle qui avait travaillé au sein du Conseil de sécurité de l’ONU à la promotion du droit international dans le cas cité à savoir la guerre contre l’Irak. La France avait ouvert la voie à l’espoir mais l’a refermée avec sa position dans l’affaire du Sahara occidental. 
    Les populations sahraouies souffrent pour deux raisons : pas de souveraineté politique sur leur Etat, car encore colonisé au troisième millénaire bien amorcé, pas de souveraineté sur leur devenir économico social pour cause de colonisation de leur pays. Pourra-t-on dire, maintenant, après la position de la France sur la question du règlement du conflit entre le Maroc et le Polisario, qui a révélé un parti pris flagrant en faveur du Maroc, que le projet de l’Union Pour la Méditerranée est sur la bonne voie ?
    Il est vrai qu’un tel projet nécessite que les conflits cessent et que s’installe la stabilité politique comme préalable à la stabilité économique et à la réunion des conditions d’une coopération d’où la possibilité de penser à une intégration économique.
    N. B.
    Le Maghreb, 9 avril 2013
  • Le rôle de l’UE et des USA au Maghreb

    Après Hillary Clinton, c’est au tour de Catherine Ashton de fouler le sol algérien pour une visite d’une journée. La Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité emboîte donc le pas à la secrétaire d’Etat US et semble chercher à peu près la même chose, à savoir concrétiser un rapprochement avec Alger sur les questions régionales.

    La responsable européenne a traité avec ses pairs algériens des questions relatives à l’intégration régionale au Maghreb, la crise au Sahel et la situation en Syrie. Pour nos voisins outre méditerranée, ces trois dossiers relèvent de leur sécurité tant économique que stratégique. Ils voudraient avoir en face une UMA fonctionnelle, ce qui revient à dire un grand marché de plus d’une centaine de millions de consommateurs, une sous-région sahélienne apaisée et bien entendu une entente qu’ils voudraient parfaite sur des dossiers internationaux à l’exemple de conflit syrien.
    Même si les Européens, proximité oblige, affichent un intérêt particulier à coordonner avec les pays du Maghreb sur des sujets aussi stratégiques, il reste que les Américains, pour des raisons qui leur sont propres, aspirent également à nouer des relations denses avec le Maghreb avec l’Algérie comme pays leader dans la région. Catherine Ashton consent, elle aussi, à cette réalité géostratégique. C’est dire donc que l’Algérie se pose actuellement comme l’acteur de premier ordre sur la scène régionale.
    Cela étant dit, les Européens, comme les Américains doivent savoir que si la vision algérienne pour la résolution du problème malien est intéressante, ils devraient aussi bien l’écouter sur la question de l’intégration maghrébine. Et s’ils voulaient réellement participer à l’édification de l’UMA, il leur suffirait de ne pas contrer les résolutions de l’Onu concernant la question du Sahara occidental. Tout un chacun sait que le défaut de dynamisation de l’UMA tient à l’entêtement du royaume marocain, aidé dans sa bêtise par certains pays européens.
    Par Smail Daoudi
    Ouest Tribune, 7 Nov 2012
  • GEOPOLITIQUE – L’Espagne, enfin véritable porte européenne du Maghreb ?

    C’est une tradition instaurée par Felipe González et respectée depuis par tous les chefs du gouvernement récemment débarqués à La Moncloa. Le premier déplacement à l’étranger honore systématiquement le voisin marocain. Ainsi, le 19 janvier dernier, Mariano Rajoy s’est rendu à Rabat, pour sa première visite officielle à un chef d’Etat étranger. L’homme fort du Parti populaire (PP) est arrivé dans un contexte particulier, notamment après les déclarations de l’islamiste modéré, nouveau responsable de l’exécutif marocain, Abdelilah Benkirane, qui concédait, vingt-quatre heures avant la rencontre entre les deux hommes : « Nous sommes voisins et donc obligés à nous entendre du mieux possible. Même si cela sera peut-être plus compliqué avec Rajoy »
    Durant sa campagne pour les élections générales, Mariano Rajoy avait laissé entendre qu´il dérogerait à la tradition instaurée par Felipe González voulant que tout nouveau président espagnol élu se rende en premier au Maroc. En quittant le pouvoir en 1996, le premier président de gouvernement socialiste de l´ère démocratique en Espagne avait fait cette recommandation à son successeur du Parti populaire, José María Aznar. A son tour, José Luis Zapatero donnera ce même conseil à Mariano Rajoy, dans un premier temps peu enclin à suivre la tradition.
    A la surprise générale, alors que tout le monde l´attendait à Bruxelles, le nouveau président avait tout de même choisi de se rendre au Maroc, le 19 février dernier, pour son premier déplacement après investiture. Quelques jours auparavant, l’homme fort du PP clamait pourtant que l´Europe était sa « priorité des priorités ». Sa première ambition étant de faire entrer l´Espagne dans le « noyau dur » des décideurs aux côtés de la France et de l’Allemagne. 
    De José María Aznar, « l’homme qui hait le Maroc », à Mariano Rajoy, « l’ennemi du Maroc »
    Lorsque l´ancien président conservateur, José María Aznar, avait bloqué l´initiative de Jacques Chirac destinée à faire adopter par les pays de l´Union européenne une position sur le Sahara occidental alignée sur celle de la France, il avait eu droit, lors de sa seconde visite officielle à Rabat -au début des années 2000-, aux plus virulents commentaires de la presse, un quotidien marocain titrant même en grandes manchettes : « L´homme qui hait le Maroc ». 
    La crise diplomatique qui a suivi entre Madrid et Rabat sur fond de conflit de Perejil, en juillet 2002, lorsqu’une unité amphibie espagnole ira déloger le groupe de gendarmes marocains qui venait d’occuper ce rocher litigieux situé à 300 m des côtes marocaines, apportera la preuve que l´inflexible Aznar ne se laisse pas intimider par les manœuvres du roi Mohammed VI.
    Plus récemment, c’est Mariano Rajoy qui a été la cible d´une manifestation massive à Casablanca, organisée par le pouvoir conjointement avec onze partis politiques, le qualifiant d´ »ennemi du Maroc ». 
    Le premier reproche attribué à Mariano Rajoy remonte déjà à quelques années. Alors qu’il était encore leader de l´opposition, il avait eu la maladresse de déplorer l´assaut brutal lancé le 8 novembre 2010 par les forces d´occupation au Sahara occidental pour déloger les 20.000 Sahraouis qui avaient pris place dans le camp de protestation pacifique de Gdeim Izik, situé aux abords d´Al Ayoune. 
    Des relations litigieuses qui trainent depuis plus de 500 ans
    Les relations hispano-marocaines traînent derrière elles plus de 500 ans de conflits et de crises intermittentes. Pourtant, l’Espagne et le Maroc ont un long passé historique commun, des affinités culturelles qui remontent loin dans l’histoire. Tout cet héritage commun devrait plutôt unir les deux pays au lieu de les séparer.
    Beaucoup de litiges planent sur ces relations fragiles : le retour de l´Espagne à sa position traditionnelle de soutien à l´autodétermination au Sahara occidental, le statut des villes enclavées Ceuta et Melilla, considérées comme « villes occupées » par le Maroc. Mais aussi le laxisme des autorités marocaines dans la lutte contre l´émigration clandestine et le trafic de drogue, des phénomènes souvent exploités comme instruments de pression sur Madrid. 
    L´importance de tous ces thèmes va bien au-delà des visites protocolaires, il n´est pas sûr que la multiplication de ces petits gestes d´apaisement puisse suffire pour faire l´impasse sur ces dossiers litigieux qui empoisonnent les relations bilatérales depuis de nombreuses années. Certes, ces relations sont privilégiées au plan économique et commercial, l´Espagne étant le second investisseur au Maroc après la France, et son second client. 
    Mais les récents changements entrainés par le printemps arabes pourraient avoir de nombreuses répercutions pour la politique méditerranéenne de la Péninsule.
    Le printemps arabe pourrait changer la politique méditerranéenne de l’Espagne

    Les répercussions du printemps arabe sont loin d’être terminées. Alors que les processus politiques qui ont conduit la révolte arabe peuvent engendrer liberté et développement, ou causer frustration et chaos, la position géostratégique de l’Espagne sera affectée sur le long terme. 
    La vague de liberté, née en 2011, qui s’est écrasée contre l’autoritarisme, n’a sûrement pas dit son dernier mot et continuera probablement sa route en parcourant le Maghreb et le Moyen-Orient pendant des années. Une situation qui devrait conduire à une redéfinition de la politique étrangère espagnole de l’espace méditerranéen. L’Espagne est probablement le pays de l’UE qui a plus à gagner, si les changements dans le monde arabe conduisent à la prospérité, à une plus grande stabilité et à la démocratie. Il est temps que la politique méditerranéenne de l’Espagne soit guidée vers des projets plus réalistes, soit plus pratique et plus cohérente que celle employée au cours de ces dernières années.
    En revanche, à l’inverse, si les transitions enclenchées par les révoltes entraînent la mise en place de politiques encore plus autoritaires, l’Espagne sera alors à la limite d’un profond fossé entre le nord et le sud de la Méditerranée.
    Le nouveau gouvernement espagnol dirigé par Mariano Rajoy a là une opportunité exceptionnelle de reprendre le leadership dans la région méditerranéenne avec des propositions ambitieuses, courageuses et cohérentes, d’après les besoins d’une région en pleine mutation.
    Benjamain IDRAC et Priscyllia CANABATE
    Lepetitjournal.com ( Espagne) Lundi 27 février 2012
  • Le printemps arabe dépoussière le projet de ressusciter le Maghreb Arabe

    Le changement qui a touché plusieurs régimes de la région du nord de l’Afrique a réchauffé les relations entre l’Algérie et le Maroc. Un dialogue a été amorcé entre les dirigeants des deux pays sur la possibilité de normaliser complètement les relations, après une période de gel qui a duré plusieurs années.

    L’Algérie n’a pas laissé passer le message du roi marocain en novembre qui appelait à un rapprochement et a indiqué la volonté du royaume marocain d’une normalisation complète avec le voisin algérien, puisque le président Abdelaziz Bouteflika a répondu qu’ « il était en de bâtir l’union du Maghreb Arabe »,
    faisant allusion à la nécessité de s’adapter aux changements géostratégiques dans la région. Et lorsque le ministre marocain des affaires étrangères annonce la semaine dernière lors de sa visite en Algérie que « nous nous sommes entretenus avec nos frères algériens pour la programmation de cette visite et une réponse favorable n’a pas pris plus de dix minutes », cela est plus qu’un signe que la barrière de « la crainte » entre les deux pays a été brisée et que le premier wagon a été mis sur les rails.

    Mais le climat est-il favorable à une normalisation complète des relations ? Le ministre délégué aux affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel n’a pas tardé à mettre les points sur les i, et ce au vu d’une divergence flagrante de positions des deux pays. Puisque l’Algérie pense que tous les dossiers doivent être mis sur la table, alors que le Maroc pense que le dossier de l’ouverture des frontières fermées depuis l’attentat de Marrakech en 1994 est la solution. Abdelkader Messahel a pour cela annoncé au lendemain de la visite du chef de la diplomatie marocaine, Saad-Eddine El Othmani que « l’ouverture des frontières n’est pas à l’ordre du jour », pour souligner que l’Algérie a d’autres priorités parmi les dossiers à négocier avec Rabat.

    Il semble que les « réserves » dont l’Algérie a déjà fait part soit derrière les propos du ministre marocain des affaire étrangères que « notre approche diplomatie consiste à commencer par ce qui est convenu, suivi par une ouverture progressive des dossiers litigieux, parce qu’une seule visite ne suffit pas », ce qui est une reconnaissance marocaine des demandes de la partie algérienne. Mais les changements de régime en Tunisie et en Libye et la visite de la secrétaire américaine Hilary Clinton dans les pays arabe constitueront d’une manière ou d’une autre une pression sur les parties algériennes et marocaines pour traiter les « accumulations » entre eux ou d’une moins de ne pas retourner aux années de « rupture ».

    Le projet de relancement de l’union du Maghreb Arabe qui connait « gel » depuis plusieurs années est dans ce contexte la solution pour une normalisation entre les cinq pays, particulièrement vu le fait qu’il y a de nouvelles politiques au Maroc et en Algérie qui visent à laisser le dossier du Sahara occidental entre les mains de l’ONU et à ne pas l’utiliser pour freiner les rencontres entre les dirigeants.

    El Khabar, 28/1/2012

  • Pour un Maghreb Pacifique : Trouver d’abord une solution au problème du Sahara…

    L’ex-députée algérienne, Sabah Bounour, avait au cours d’une intervention, à l »’occasion de la rencontre de la jeunesse Maghrébine, organisée en fin décembre dernier à Nouakchott, déploré l’absence de représentants de la jeunesse sahraouie.

    Après sa question « pourquoi les sahraouis sont absent à cette rencontre », les organisateurs avaient alors répondu que ces derniers avaient été invités pour prendre part à ce colloque, « mais qu’ils n’avaient pas répondu ». L’expression appartient au marocain Abdessamad Filali, président de l’Union des jeunes maghrébins (UJEM).

    Bounour avait également déploré que le texte de la déclaration sur le Sahara n’ait été pris en compte par le communiqué final sanctionnant la des fin des travaux de la rencontre de Nouakchott.
    Elle avait également souligné le même sort a été réservé à la proposition de création d’une commission mixte de jeunes issues des  » UJEM  » de tous les pays du Maghreb qui se déplaceront sur les lieux au Sahara occidental en tant qu’observateurs et visiteurs pour s’enquérir des faits réels de ce qui se passe et faire un rapport ou un constat lequel sera débattu lors d’une rencontre qui sera consacrée exclusivement au conflit du Sahara occidental. Cette rencontre, estime-t-elle, devra être à l’image de celle qui s’est produite à Nouakchott, mais cette fois, en présence « de nos frères sahraoui dans la transparence la plus totale et en toute démocratie surtout que notre objectif est la construction D’un Maghreb uni et démocratique. Ces propositions ont été formulées par les participants Algériens et Mauritaniens et soutenues par la majorité des présents à l’exception de la délégation Marocaine. 
    Bounour , qui avait lancé un appel en faveur du respect du droit internationale, a en outre soulevé un autre point qui, de son avis, « n’est pas des moindre » et qui a été développé au cours de la rencontre de Nouakchott. C’est celui des « mines et du mur construit par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés ».
    Aussi mentionnera-t-elle, « c’est tout de même curieux que rien n’a filtré a ce sujet et pourtant beaucoup d’intervenants ont soutenu le peuple sahraoui dans sa cause et ont demandés a ce que cesse enfin sa souffrance qui a duré plus de trente six ans déjà ». Tous les intervenants avaient convenu qu’il s’agit de, l’un des derniers peuples de la région qui aspire à sa liberté et sa dignité, au nom du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
    Pour Nacer Boudiaf, de la délégation algérienne, « Il y a au Maghreb, la question épineuse du Sahara Occidental. Pour l’Algérie, le Maroc a tort. Et pour le Maroc, l’Algérie a tort. Mais pour les Sahraouis, le monde entier a tort ».
    « Le monde a tort, parce que la femme sahraouie accouche depuis plus de trente ans sous les tentes et dans des conditions des plus déplorables », a-t-il ajouté. Il a également tort, poursuit-il, parce que « l’enfant sahraoui né le jour de l’émergence de ce problème, est âgé aujourd’hui de 36 ans, et n’a rien connu dans sa vie à part les malheurs dans lesquelles les hommes politiques ont voulu le confiner ».
    S’adressant à la diplomatie internationale, qui semble fournir des efforts timides pour apporter une solution au problème, Nacer Boudiaf a indiqué que cette dernière, « n’a pas une idée précise des souffrances endurées par des milliers d’êtres humains, les Sahraouis, dans le voisinage immédiat de nos pays.
    Et d’ajouter Pourquoi le peuple sahraoui n’a pas bénéficié des mêmes avantages Timor L’est aujourd’hui indépendant ? « Il y a une différence fondamentale entre les Sahraouis et les Est-Timorais : les premiers sont musulmans les deuxièmes sont chrétiens », a-i-il fait ressortir. 
    Il est temps pour Boudiaf d’approcher les Sahraouis pour leur demander « sincèrement » ce qu’ils veulent, loin des salons feutrés dont les accoutumés n’ont jamais passé une nuit à Tindouf à une température de -5°, pour savoir où sont les véritables intérêts du peuple sahraoui.
    Il convient de souligner que la question du Sahara a été identifiée comme étant un grand obstacle dressé devant l’Union du Maghreb arabe. Certains avaient avancé qu’elle coûte chère aux pays de cet espace, dont elle contribue la fermeture des frontières des uns et des autres.
    La jeunesse avait alors prôné la disparition de toutes les barrières pour laisser place aux échanges entre les différents peuples constituant l’espace maghrébin et par delà promouvoir les échanges avec l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.
    EOM

    Date publication : 18-01-2012 11:47:10