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  • Le Maroc est devenu indépendant grâce à l’Algérie

    LA RÉVOLUTION ALGÉRIENNE EST LA CAUSE DE L’OCTROI DE L’INDÉPENDANCE AU MAROC AVEC LA TUNISIE EN 1956 AINSI QUE PLUS DE VINGT AUTRES COLONIE AFRICAINE, DONT 13 PAYS EN UNE SEULE JOURNÉE EN 1960 …

    Les raisons de la haine de nos voisins…ouest et..sud…

    Les raisons de la haine du Maroc ….et les autres envers l’Algérie: Leur histoire est fausses… leur histoire est fausse pauvre et vide. C’est pour cela qu’ils n’agissent que pour voler et usurper l’histoire de l’Algérie et de toute la région de l’Afrique du Nord.

    Le complexe d’infériorité de ces pays devant l’Algérie est ancien et éternel et ce n’est nullement le résultat de la guerre des sables et Amgala. Ils ont honte de leur histoire honteuse depuis l’époque des royaumes Numides et Maures, ainsi que la trahison de leur roi Bokhus le mauritanien de son beau frère, le roi Jugurtha.

    Ils sont jaloux de l’histoire d’Algérie qui s’étend à 3000 ans, alors que leur histoire n’a commencé que depuis 1200 ans, date de la venue des Idrisides de l’orient qui les ont commandés par les mythes.

    Ils sont jaloux du fait que les Algériens ont été en Andalousie, à leur tête Tariq ibn Ziyad, Algérien de Tlemcen, et qui lui aussi n’a pas été épargné de leur énième tentative d‘usurpation et de vol.

    Ils sont aussi jaloux de la dynastie almohade dont les rois et les soldats sont tous des Algériens et descendants de la tribu Koumia de Nedroma à Tlemcen, une branche de la tribu berebere algérienne Zenata.

    Ils ont usurpé l’histoire des Mauritaniens, les descendants des Almoravides et Yussuf Ibn Tachfine Chenguiti, le Mauritanien qui a occupé le Maroc et y a fondé la ville de Marrakech et a vaincu les croisés Espagnols dans la bataille de « Zellaka ».

    Ils ont aussi été vaincus par Abu Yaaqoub El Mansour l’almohade dans la bataille « Alarak », un petit-fils du sultan Abd al-Mu’min le Koumi Nédroméen de Tlemcen.

    Ils falsifient l’histoire et prétendent que le Maroc était indépendant, mais si nous faisons nos recherches nous ne pouvons trouver aucun état fondé par des marocains depuis la Mauritanie. Il y a seulement le petit état enseveli des Berghouata qui a été battue par les Almoravides.

    Les Mérinides et les Wattassides sont des descendants d’algériens, de tribus algériennes, ils étaient donc aussi commandés par les Almohades algériens pendant 150 ans. Les Idrisides Alaouites (venus d’orient) les ont aussi commandés pendant 190 ans, qui ont été vaincus par le commandant Amazigh algérien Abu Elfottouh Belkin Ibn Ziri Es Senhadji, fatimide, et les a soumis à son ordre.

    Les Assadites et les Alaouites qui les gouvernent sont des descendants de la race des Idrissides creep qui sont venus de l’orient, contrairement aux états qui ont gouverné en Algérie comme les Hamadites et les Zirides ainsi que les Almohades et les Zianides qui sont tous des Amazighs Algériens.

    Ils doivent une fière chandelle aux Algériens et aux Othomans car c’est grâce à eux que les marocains ont pu rester indépendants après être intervenu dans la bataille de l’Oued Elmakhazine contre les Portugais en 1578 et ont sauvé les marocains de l’occupation. Une bataille dont se vantent les marocains et ont oublié qui étaient la cause de la victoire sur les « Trois Rois ».

    Et même l’histoire récente n’a pas été épargnée par la fraude et l’usurpation marocaine. L’Émir Abdel Kader a subi une grande trahison de la part du sultan de Fès Abdul Rahman ibn Hisham, qui l’a pourchassé suivant le traité Lala Maghnia en 1845 avec la France, mais la perspicacité et l’intelligence dont possédaient l’Émir ont fait que ce dernier a donné une leçon inoubliable à ce sultan dans la bataille de « Silwan » en Novembre 1847. Puis, assiégé de tous côtés, a été forcé de se rendre pour éviter un grand massacre de tout l’ouest Algérien par la France.

    Cela n’a pas été la dernière trahison, mais les trahisons ont été renouvelés sous le règne de Hassan II quand il était prince héritier, qui a informé la France au sujet de l’avion transportant les cinq dirigeants de la Révolution algérienne qui s’est soldé par un vrai piratage en air.

    Aussi, même la résistance au Maroc a été en grande partie dûe à un Algérien, le moudjahid et docteur Abdelkrim El khatib de Mascara. C’est lui, en fait, le fondateur de « l’Armée de libération marocaine ». Abdelkrim Elkhatib et son cousin Yousef al-Khatib. Il a aussi fondé le mouvement populaire dans les années soixante qui est devenu après un parti islamiste appelé « le Parti de la Justice et du Développement ».

    Et les marocains oublient que la résistance en Algérie contre le colonialisme français, qui a duré environ 75 ans, a été la cause du retard de l’occupation du Maroc, qui n’a commencé qu’en 1907 et a été achevée en 1912. L’occupation française du maroc n’a duré que 5 ans finalement.

    Certains fabulateurs sont allé jusqu’à dire que l’origine du Cheikh Bouamama est marocaine !? Ce qui est une usurpation parce Cheikh Bouamama (Muhyiddin bin Arabi), descendant d’Abu Bakr dit-on qui est de Ouled Sid Echikh d’El Bayadh, sa grand-mère est «marocaine » de « zone Figuig » qui était une terre algérienne avant le traité « Lala Maghnia » en 1845.

    Et ces marocains oublient toujours que la révolution algérienne est la cause de l’octroi de l’indépendance au Maroc avec la Tunisie en 1956 ainsi que plus de vingt autres colonie africaines, dont 13 pays en une seule journée en 1960.

    Et ces marocains font semblant d’oublier avec leurs dirigeants que ce sont les Algériens qui ont fait l’histoire de la région alors que ces marocains étaient serviteurs du colonialisme.

    Lakhdar Bahlouli

    Source : Pour une 2ème République

    Tags: Maroc, Algérie, Mauritanie, Tunisie, France, colonialisme, indépendance,

  • Quand Kadhafi justifiait au roi du Maroc sa reconnaissance de la RASD

    Le 27 février 1976, le Front Polisario proclama la naissance de la RASD à Bir Lehlou, dans les territoires libérés du Sahara Occidental. Le lendemain, le Guide libyen envoya une lettre au roi du Maroc Hassan II exposant les raisons qui l’ont poussé à la reconnaissance de l’État proclamé par les sahraouis.

    Texte de la lettre:

    Mon respectable frère,

    « Si deux parties parmi vous se querellent, faites la paix entre eux : mais si l’une d’entre elles transgresse au-delà des limites contre l’autre alors combattez le transgresseur jusqu’à ce qu’il respecte les commandes d’Allah; mais s’il se soumet alors faites la paix entre elles avec justice et soyez juste, car Allah aime ceux qui sont justes. » 

    « Par leur affection et pitié mutuelles, les fidèles ressemblent à un seul corps et si un membre de ce corps souffre tous les membres succomberont à la douleur et à la fièvre. » 

    En tant que croyant au Coran et en la Sunna et animé par le Nationalisme Panarabiste, je me permets de vous adresser ce télégramme, au moment où je crois qu’il mérite d’être envoyé.

    Pour être tout à fait clair, je dis, dès le début, que le sujet de ce télégramme est le Sahara Occidental, qui comprend la Saguia el-Hamra et le Rio de Oro.

    Respectable Roi,

    Le 11 juin 1972, j’ai déclaré, moi-même, dans un discours public que la République Arabe Libyenne assumera sa responsabilité panarabe et soutiendra une guerre populaire de libération au Sahara Occidental si l’Espagne ne se retire pas de cette contrée (1). Personne, à l’époque, ne m’a dit que je m’immisçais dans une question d’un territoire marocain. Je n’ai pas parlé de Sebta et Melilla(2), jusqu’à maintenant encore occupés par l’Espagne, parce que cela concerne la souveraineté nationale marocaine.

    Au début de l’année 1973, il y avait une véritable guerre de libération sur le territoire du Sahara Occidental mené par le Front Populaire pour la Libération de Saguia el-Hamra et Rio de Oro (Front POLISARIO). La République Arabe Libyenne a accompli son devoir panarabe en soutenant le POLISARIO avec des armes et en lui ouvrant un bureau à Tripoli.

    Il convient de rappeler que les pays aujourd’hui concernés par cette question n’ont pas coopéré avec la République Arabe Libyenne dans l’approvisionnement du POLISARIO et ils n’ont pas coopéré dans d’autres aspects. Ces pays ont plutôt confisqué (3) les armes qui étaient envoyées de la République Arabe Libyenne au POLISARIO.

    Jusqu’à 1975, quand vous êtes devenu une partie déclarée dans cette question, je vous ai confirmé, par la voie des représentants que vous avez envoyés à cette époque, que la capacité militaire de la République Arabe Libyenne était à votre disposition si vous décidiez de libérer le Sahara Occidental du colonialisme.

    Cependant, ce qui est arrivé c’était que vos forces sont entrées dans une opération d’octroi et de réception du Sahara de la part de l’Espagne, « et que Dieu puisse épargner les fidèles de la guerre ». Jusqu’à présent, je déclare pour l’histoire, que je ne suis pas contre le Maroc. Je croyais que les habitants du Sahara, dirigés par le POLISARIO, n’étaient pas contre l’intégration au Maroc et j’ai remercié Dieu pour le fait que le rôle de la République Arabe Libyenne ait fini couronné par la sortie du colonialisme d’un pays arabe.

    Dieu sait combien j’ai essayé de convaincre la direction du POLISARIO de vous joindre après l’indépendance. Vous vous rappelez, sûrement, des garanties que j’ai eues de votre part pour les membres du POLISARIO. Je ne nie pas que vous m’avez confirmé ces garanties via vos envoyés et via l’ambassadeur marocain à Tripoli.

    Respectable frère, Roi,

    Ce qui est arrivé au Sahara Occidental aujourd’hui est très dangereux, indépendamment de la nature des nombreux dérapages qui ont mené à cela. Les habitants du Sahara, dirigés par le POLISARIO, ont maintenant déclaré au monde qu’ils ne sont ni Marocains, ni Algériens, ni Mauritaniens et que ce sont les fils du Sahara qui ont pris les armes et ont libéré leur pays, et personne d’autre(4).

    L’opération d’annexion du Sahara au Maroc est ainsi devenue, sans équivoque, une opération d’annexion obligatoire. Je parle ici de la réalité et les résultats, pas des raisons et des causes. Je ne me suis pas opposé, jusqu’à maintenant, à l’annexion du Sahara Occidental au Royaume du Maroc ou à la Mauritanie et je ne peux être contre le peuple marocain frère ou contre l’armée marocaine dont le sang coule toujours sur le Golan.

    Au contraire, je suis parmi ceux qui croient en la nécessité de l’unité arabe de l’Océan au Golfe et parmi ceux qui œuvrent avec acharnement pour cela et qui prêchent pour son inévitabilité. Mais il est peu raisonnable d’ignorer la volonté d’un des peuples arabes, qui s’est battue contre cette annexion jusqu’au point de se jeter dans les frontières algériennes. Tindouf est maintenant concentrée de tentes de Sahraouis qui ont fui cette annexion, comme des tentes de pèlerins à La Mecque. Qui peut nier, cher Frère, cette tragédie ; et qui peut nier la volonté des habitants du Sahara ; et qui peut nier le droit de ceux qui, seuls, ont pris les armes pour libérer leur pays ?

    Je ne parle que de vérités tangibles, je ne suis pas partie concernée dans cette dispute territoriale. Je ne parle pas de l’annexion ou du contraire, car l’annexion est maintenant devenue forcée et son succès ou son échec dépend de l’extermination du peuple sahraoui ou de l’armée marocaine – et les deux choses seraient catastrophiques pour nous tous. « Celui-ci est mon père quand je l’appelle et celui-là est mon oncle ». Si nous commençons à utiliser cette méthode, la méthode de l’unité par la force contre les peuples, la carte de la nation arabe changerait et cela inclurait la carte de mon pays et celle du vôtre.

    Majesté, si vous étiez en guerre contre des séparatistes à l’intérieur du Royaume du Maroc, nous nous battrions à côté de vous ; et si vous vous battiez contre des colonisateurs étrangers au Sahara, nous nous battrions à côté de vous ; mais maintenant que vous vous battez contre un peuple qui dit non, alors nous ne serons pas de votre côté.

    La voix que le monde doit entendre est celle du peuple sahraoui, soit-elle pour l’unité avec vous ou pour l’indépendance à côte de vous.

    [Finalement, je ne peux rien dire de plus, sauf ce que Dureid Ibn el-Simma a dit à son peuple : 

    نصحت لعارض واصحاب عارض ……… ورهط بني السوداء والقوم شهدي

    فلما عصوني كنت فيهم وقـــــد ارى ……… غوايتهم واني غير مهـتــــــــــدي

    امرتهم امري بمنعرج الـــــــــــلوى ……… فلم يستبينوا النصح الا ضحى الغد

    وهل انا الا من غزية ان غـــــــوت ……… غويت وان ترشد غزية ارشــد

    Votre frère, le Colonel Mouammar el-Kadhafi, le 28 février 1976.

    Hassan II, à l’époque, était loin d’imaginer que Kadhafi allait un jour arrêter son soutien à la lutte du peuple sahraoui. Selon Jeune Afrique, Kadhafi était agacé par Omar El Mehechi qu’il accusait de conspiration contre son régime. El Mehechi, qui a fini par s’installer au Maroc, a été livre, en 1983, par Hassan II au leader de la Jamahiriya, en échange de sa cessation de son soutien logistique au Front Polisario. Un soutien qui était décisif dans la guerre du Sahara Occidental.

    En effet, si les sahraouis sont arrivés à utiliser des armes sophistiqués dans la guerre contre le Maroc c’est grâce à la générosité de Kadhafi. Les algériens avaient une autre conception. Pour eux, les sahraouis devaient se limiter aux armes qui conviennent à la mobilité et aux principes de la guerre de guerrilla.

    Kadhafi a fourni au Polisario des chars sophistiqués tels que T-54, T-55, T-64 et même des missiles sol-air Quadrant connu en Occidentl sous le nom de « SAM-6 » utilisés par l’armée sahraouie pour la première fois lors de l’attaque à la garnison marocaine de Guelta Zemmour et qui ont changé la donne sur le terrain. La défaite marocaine à Guelta Zemmour a poussé Hassan II à convoquer en personne le chargé d’affaire de l’ambassade soviétique à Rabat pour lui demander de transmettre aux dirigeants soviétiques “les vives protestations de sa Majesté contre la présence de missiles soviétiques de type SAM 6 dans la région”. Face à cette situation, les Etats-Unis ont multiplié leur aide militaire aux marocains.

    Après avoir constaté la capacité et l’efficacité des sahraouis dans l’utilisation de ces armes sophitiqués, les algériens n’ont pas réchigné à suivre les pas de Kadhafi dans leur soutien logistique aux combattants sahraouis.

    (1) En 1972, la Libye avait permis l’émission du premier programme radio pour l’indépendance de Saguia El Hamra et Rio de Oro.

    (2) Jusqu’à présent, le Maroc refuse de revendiquer ces deux villes occupées par l’Espagne

    (3) Il fait allusion à l’Algérie. La décision de confisquer ces armes est dû au fait qu’Alger se méfiait du mouvement sahraoui parce que, lors de la Guerre des Sables, certains habitants d’origine sahraouie de la ville de Tindouf ont soutenu l’occupation marocaine de cette ville lors en 1963. Certains ont même regagné le Maroc à cette époque. Parmi eux, Habbouha qui deviendra Colonel de l’armée marocaine et dirigera la première bataille d’Amgala contre les unités algériennes postées dans cette localité en janvier 1976.

    (4) Le Maroc a toujours refusé de s’engager militairement dans la guerre de libération de la Mauritanie, l’Algérie et le Sahara Occidental. Au contraire, le roi du Maroc n’a pas hésité à conspirer avec les forces coloniales espagnoles et françaises contre les maquisards sahraouis lors de l’opération Ecouvillon. Rabat attend que les habitants libérent leur pays pour ensuite le revendiquer entièrement ou partiellement.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Libye, Kadhafi, Ceuta, Melilla, armes, Hassan II,

  • L’impunité homosexuelle du roi du Maroc (journal espagnol)

    – Entretemps, il persécute et emprisonne ses sujets pour avoir partagé sa propre orientation sexuelle

    – L’homosexualité au Maroc est punissable sous réserve de l’identité de la personne qui la pratique

    Source: canariassemanal.org, 14/02/2019

    Au Maroc, comme dans d’autres pays ayant l’Islam comme religion officielle, l’homosexualité est sévèrement punie. L’article 489 du Code pénal interdit la pratique de l’homosexualité avec des peines allant de trois mois à trois ans d’emprisonnement.

    La vérité est que cette considération à propos de l’homosexualité n’a pas été exclusive aux pays de religion islamique. En Espagne, par exemple, l’homosexualité a également été sévèrement punie, à la fois récemment et dans un passé lointain.

    Dans les périodes où l’Inquisition Catholique espagnole avait le pouvoir d’exercer son pouvoir en tant que tribunal autonome disposant de la pleine capacité de décider de la vie ou de la mort des citoyens, être surpris en train d’entretenir des relations homosexuelles risquait d’entraîner directement au feu du bûcher.

    Mais il n’est pas nécessaire de remonter de quelques siècles dans le temps pour voir à quel point la vie des homosexuels n’a jamais été simple. Pendant la dictature de Franco, ceux qui ont osé pratiquer ce que l’Église a appelé « le péché néfaste », les homosexuels ont été traités pénalement avec la « loi des paresseux et des escrocs », ce qui pourrait les entraîner en captivité dans des camps de concentration créés à cet effet.

    Sans aller plus loin, dans les îles Canaries, et plus particulièrement dans l’île inhospitalière de Fuerteventura, les autorités franquistes ont installé un camp de concentration où les prisonniers homosexuels étaient forcés de purger leur peine avec des travaux forcés.

    L’homophobie n’a donc pas été seulement une caractéristique attribuable aux sociétés affectées par l’Islam, mais la culture religieuse judéo-chrétienne était encore plus dure et cruelle envers eux que les pays de religion musulmane.

    MOHAMED VI OU L’HOMOSEXUALITÉ NON PUNISSABLE

    Cependant, il convient de souligner que la persécution légale des homosexuels au Maroc n’affecte que certains d’entre eux. Il y a d’autres homosexuels dont le statut social les libère des peines qui ne s’appliquent qu’aux pauvres. Un fait qui montre que la « condition de classe » de l’homosexuel détermine également la rigueur de la peine qu’il doit recevoir.

    Nous allons apporter des explications. Un livre récemment publié en France est impossible à trouver dans le royaume du Maroc. Son titre est « Mémoires d’un soldat marocain ». Son auteur est Abdelilá Issou, ancien officier de l’armée marocaine, formé à l’Académie militaire royale de Mekinez. Issou est aujourd’hui exilé en Europe.

    Dans son livre, Issou, outre une description détaillée de la corruption existant dans les dômes de l’armée et du gouvernement marocain, indique que les flirts homosexuels du monarque actuel Mohammed VI sont largement connus depuis longtemps par les hautes classes du pays.

    « Que Mohamed VI ait eu des relations homosexuelles fréquentes depuis qu’il était prince, c’était un secret de polichinelle qui circulait au Maroc. Dans les salons aisés de la bonne société de Rabat et de Casablanca, on en avait déjà parlé pendant les dernières années du règne de Hassan II. Les gens savaient qu’il allait bientôt avoir à faire à un « commandeur des croyants » atypique, une véritable première au Maroc « .

    Selon le récit d’Abdelilá Issou dans son livre « Mémoires d’un soldat marocain », l’amoureux du roi était Alaoui, un «petit-fils d’un esclave noir ayant servi dans le palais (les descendants de ces esclaves vivent encore, en état de semi-esclavage, dans la ville royale de Touarga, municipalité à statut spécial appartenant à la préfecture de Rabat, situé dans le Méchoaur). Abderrahmane était l’ami et le camarade de jeu du jeune prince, plus tard l’un de ses confidents et compagnon de sorties nocturnes, mais nous ne trouvons aucune trace dans les annales officielles vue la relation embarrassante avec le palais ».

    Tel que rapporté par Issou dans son livre, Alaoui et l’auteur ont coïncidé 1995 à Tanger, où Alaoui avait été affecté à la gendarmerie. Un soir, les deux ont partagé des boissons et des discussions dans un bistro de la ville. Au fur et à mesure que la nuit avançait, l’alcool commença à faire effet et sa langue se libérait.

    « Il m’a laissé comprendre que sa relation avec son grand ami n’était plus aussi bonne et que c’était en raison de certains rapports confidentiels, dont il n’a pas expliqué la nature, que le ministre de l’Intérieur de l’époque, le tout-puissant Driss Basri, avait présenté au roi Hassan II. Quelques heures plus tard, son chauffeur est venu nous chercher et ils m’ont déposé dans le phare de Malabata. Je ne l’ai plus revu ».

    Et voilà, au Maroc comme dans d’autres parties du monde, la « condition de classe » d’un homosexuel est également un facteur déterminant au moment d’être persécuté ou non. Cela montre que, chez les homosexuels, il en va de même pour les femmes, les Noirs, les Gitans, les Juifs … ou avec le reste des êtres humains. L’appartenance à l’une ou l’autre classe détermine la manière dont vous serez considéré par ceux qui contrôlent le pouvoir politique, judiciaire et économique.

    Ce type de discrimination raffinée n’est pas une caractéristique exclusive des pays arabes. Aujourd’hui, nous pouvons savoir, grâce à des recherches historiques, que certains des inquisiteurs espagnols des XVIe et XVIIe siècles ont envoyé au feu du bûcher des homosexuels présumés et gisaient simultanément avec les enfants d’autels à leur service dans les appartements monastiques austères.

    EDGAR HOOVER, LE CHEF HISTORIQUE DU FBI, PERSECUTAIT AVEC ACHARNEMENT CEUX QUI PARTAGAIENT SES MÊMES PRÉFÉRENCES SEXUELLES

    Ou plus récemment, il y a à peine 60 ans. Au cours des persécutions anticommunistes contre le maccarthysme dans les années 1950, Edgar Hoover, l’héros historique de l’extrême droite et indiscutable chef du FBI, au même temps qu’il se démenait en vue de concocter des pièges sophistiqués contre ses ennemis politiques en les accusant d’être homosexuels, lui, derrière les portes, n’hésitait pas au moment d’exercer son homosexualité avec son second de bord au Federal Bureau of Investigation, Clyde Anderson Tolson.

    En synthèse et pour résumer l’idée centrale de cet article. Autant au Maroc que dans la plupart des pays d’Occident et d’Orient, il existe un phénomène social ahurissant. Il y a des homosexuels distingués auxquels toute la société et ses médias peuvent rendre un hommage respectueux et admirer, en louant même leurs préférences sexuelles. Simultanément, il y a aussi d’autres homosexuels, qui sont communément considérés comme de simples « pédés de merde », sur lesquels retombe lourdement le poids des lois ou de la discrimination sociale.

    Comme vous pouvez le constater, tout est réduit à la question élémentaire de la classe sociale à laquelle on appartient.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, homosexualité, homosexuel, classe sociale, discrimination, Islam, homophobie,

  • Gabon: vacance de pouvoir, sosie et jeu de cache-cache

    La justice gabonaise rejette la requête d’expertise médical du président Ali Bongo, victime d’un AVC en 2018. Il avait passé plusieurs mois de convalescence en Arabie Saoudite et au Maroc avant son retour en mars dernier, période durant laquelle l’opposition et une partie de la société civile réclamait que la vacance de pouvoir soit déclarée en vue de déterminer la capacité du Chef de l’État à exercer ses fonctions.

    Pour le tribunal de première instance de Libreville, seul le gouvernement ou alors le aprlement peuvent saisir la Cour Constituionnelle en vue de constater la vacance de la présidence de la République.

    La question que la classe politique et la société civile se posent est « qui gouverne le Gabon » ppendant qu’Ali Bongo était dans cet état.

    Pour l’opposition, la décision de la justice vient renforcer le doute sur la capacité du président à diriger le pays. Le fait de ne pas avoir toute la transparence autour de la santé d’ABO prouve que les détracteurs ont parfaitement raison à propos de l’indisponibilité de Bongo parce que, pour faire taire cette rumeur, il fallait que cette commission médicale soit mise en place.

    Depuis l’AVC du président, on compte le nombre des fois où il s’est exprimé en public. Il y a l’adresse à la Nation le 31 décembre 2018 et qui s’est faite, d’ailleurs, depuis le Maroc. Par la suite les quelques mots qu’il a échangé en regagnant le Gabon, ce qui ne fait que soulever des questions, ce qui dévoile l’inefficacité de la stratégie de communication du gouvernement gabonais qui ne permet pas au peuple de s’appaiser. Au contraire, cette stratégie s’est avéré carrément contre-productive.

    Depuis son AVC Ali Bongo n’a reçu aucun diplomate étranger, ce qui a poussé beaucoup de citoyens à penser que l’homme assis au palais est un sosie et que la visite du président togolais vise à lui délivrer un certificat d’authenticité.

    Cette polémique a lieu au moment où la justice gabonaise est éclaboussée par le scandale de la disparition de 353 conteneurs saisis de Kevazingo et les coupures d’eau à Libreville. Depuis 15 jours, il n’y a pas d’eau au quartier de l’Enset et parfois pas d’eau depuis plus d’un an dans d’autres quartiers de la capitale. Sans oublier l’état d’insalubrité inqualifiable du mobilier, des portes, fenêtres, vitres, latrines, eau, électricité, fournitures de téléphones de bureau, internet, etc, dans lequel se trouvent les différentes Maries du pays.

    Photo: DR

    Tags : Gabon, Ali Bongo, sosie, vacance de pouvoir,

  • L’UE offre 900.000 euros pour renforcer la répression au Maroc

    Source : Délégation UE au Maroc, 2/05/2019

    Appui à la réforme de la justice au Maroc. Jumelage Institutionnel Maroc Union européenne

    Lancement du Jumelage : « Appui au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire au Maroc »

    Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme « Réussir le Statut Avancé », le conseil supérieur du pouvoir judiciaire du Royaume du Maroc, a abrité ce 2 mai, la cérémonie de lancement du projet de jumelage institutionnel Maroc Union européenne : «Appui au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire au Maroc», en présence de Monsieur Mohammed Benchaaboune, Ministre de l’Economie et des Finances, de son excellence Mme Claudia WIEDEY, Ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, de Monsieur Mostafa Faress, Président Délégué du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, de Monsieur Mohammed ABDENNABAOUI, Président du Ministère Public , de son excellence Monsieur Marc TRENTESEAU, Ambassadeur de Belgique au Maroc, et d’autres personnalités nationales et internationales.

    Ce jumelage, qui s’inscrit également dans le cadre de l’appui de l’Union européenne à la réforme de la justice, prend la forme d’une coopération entre le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire du Maroc et le conseil supérieur de la justice belge.

    Il permettra de mobiliser des experts des deux pays et de bénéficier de l’expérience pour appuyer les capacités institutionnelles, managériales et organisationnelles du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), et ce en accord avec les préconisations de la Charte de réforme du système judiciaire marocain, ainsi qu’avec les standards européens en matière de modes de gestion des systèmes judiciaires de justice.

    A cette occasion, Mme Claudia Wiedey, ambassadeur de l’Union européenne au Maroc a dit : « L’Union européenne accompagne, à travers ce jumelage, le renforcement des capacités de ce nouvel acteur Constitutionnel incontournable qu’est le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire.

    Renforcer l’Etat de droit, avoir un pouvoir judiciaire indépendant accessible et conforme aux standards internationaux est une des étapes du processus de transition démocratique dans lequel le Maroc est fermement engagé. «

    Des missions et voyages d’études seront organisés dans le but de prendre connaissance des meilleures pratiques européennes et internationales en matière de gouvernance, d’indépendance de la magistrature et de communication.

    Ce jumelage institutionnel est prévu pour une durée de 24 mois est financé par l’Union européenne à hauteur de 9.700.000 dirhams (900.000 euros) et est géré avec l’appui de la Direction du Trésor et des Finances Extérieures -Cellule d’Accompagnement du Programme Réussir le Statut Avancé-relevant du Ministère de l’Economie et des Finances.

    Les jumelages institutionnels, sont des instruments conçus comme un moyen d’échange d’expertise publique entre des Etats membres de l’Union européenne et des administrations publiques du pays bénéficiaire.

    Tags : Maroc, UE, Justice, Etat de droit, jumelage, Jumelage Institutionnel Maroc Union européenne, Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire,

  • Comment le Makhzen utilise la communauté juive marocaine contre la presse indépendante

    Par Ali Lmrabet

    Quand ils ne sont pas occupés à faire du shopping (savonnette par ci, shampooing par là) pour « Sidi » et « Lalla », les diplomates marocains mènent une guerre impitoyable contre les rares journalistes indépendants qui restent au Maroc.

    Dans le passé, on avait de forts soupçons sur cette guerre souterraine, aujourd’hui il existe des documents qui prouvent que des diplomates marocains montent des cabales contre les journalistes qui dérangent le régime.

    Dans une note non signée adressée au ministre des affaires étrangères, mais qui est sûrement l’œuvre ou bien du secrétaire général ou bien de la directrice des affaires américaines, ce (ou cette) haut fonctionnaire fait part à son patron de la réunion qu’il a eue avec le conseiller politique de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat, David Greene.

    Des cinq sujets abordés avec l’Américain, le fonctionnaire marocain a cru bon de placer « L’éventuel octroi d’une bourse au journaliste Ali Anouzla » en deuxième position. Après « La cause nationale et le Conseil de sécurité », mais avant le reste des autres sujets évoqués, comme par exemple le rapatriement d’un certain Younés Chekouri, citoyen marocain détenu à Guantanamo.

    Au sujet d’Ali Anouzla, le diplomate écrit :

    « S’agissant de l’éventuel octroi d’une bourse d’études universitaires, dans le cadre du programme « Mireille Fellowship », au journaliste Ali Anouzla, j’ai précisé à M. Greene qu’au cas où l’Ambassade américaine à Rabat aurait proposé l’attribution de cette bourse, ce Département aurait souhaité être approché comme il l’a été il y a deux ans au sujet d’un membre d’Al Adl Wal Ihssane, tout en soulignant que cette information, si elle s’avère vraie, serait inquiétante et inacceptable ».

    Voilà que le ministère marocain des affaires étrangères doit être « approché » à chaque demande de bourse d’un citoyen marocain. Comme si on était en Chine communiste. De surcroît, la possibilité d’octroi d’une bourse à Ali Anouzla serait « inquiétante et inacceptable ».

    Pour quelles raisons ? Cette note ne le dit pas. Mais cela prouve l’importance démesurée que prête la diplomatie marocaine, qui est complètement noyautée par les services secrets marocains, aux journalistes indépendants.

    Demain s’est mis en contact avec Ali Anouzla. Si ce dernier reconnait avoir bien demandé un visa pour les Etats-Unis en début d’année, il dément formellement avoir sollicité une bourse.

    L’ambassadeur Bouhlal s’amusant pr!s du Jefferson Memorial de Washington (Photo DR)

    Mais la cerise sur le gâteau reste la correspondance envoyée au ministre des affaires étrangères par l’ambassadeur du Maroc à Washington, l’inénarrable Rachad Bouhlal.

    Dans ce courrier « confidentiel », un document révélé par le hacker « Chris Coleman », dirigé au cabinet du ministre Salaheddine Mezouar, Bouhlal semble répondre à une sollicitation de ce dernier :

    « Suite à notre conversation téléphonique, je tiens à signaler que pour l’instant seul le site www.art19 (http://www.art19) a rapporté que l’organisation non gouvernementale américaine « Project on The Midle East Democracy (POMED) compte décerner le 8 mai 2014, le prix Leaders for Democracy » pour l’année 2014 au profit d’Ali Anouzla et Boubker Jamaï ».

    A Demain, nous avions eu vent de cette affaire au mois de mai dernier, et avions alors publié un article intitulé « L’ambassadeur du Maroc à Washington a tenté de faire retirer des prix à Anouzla et Jamaï ». Mais nous n’avions pas tous les détails que vient de nous offrir ce hacker.

    Sur deux pages, l’ambassadeur, qui parle de manière péjorative des deux journalistes en les traitant d’« individus », fait état de son enquête sur le prix du POMED et tente d’en minimiser la valeur avec des phrases du genre « le conseil de cette organisation est composée de personnalités de stature moyenne », ou bien « cette organisation nouvellement créée, serait en quête de reconnaissance ».

    Ce qui ne l’empêche pas de faire quatre (4) propositions pour contrer l’octroi de ce prix à Ali Anouzla par cette organisation de « stature moyenne » et « en quête de reconnaissance ».

    Les voilà, ces « démarches proposées », dont la plus ignominieuse reste l’appel à Serge Berdugo, le secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc, et ambassadeur itinérant du roi Mohamed VI, pour qu’il « envoie un mail au président de cette organisation, Stephen McLnerney (qu’il a rencontré et avec lequel il a déjeuné), dans lequel il lui signifie le trouble causé au Maroc et en particulier à la communauté juive de voir qu’un journaliste qui a publié une vidéo faisant l’apologie du terrorisme puisse être primé ».

    Les « démarches proposées » par l’ambassadeur Rachad Bouhlal pour discréditer le journaliste Ali Anouzla.

    Ainsi donc, le secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc a voyagé expressément aux États-Unis pour déjeuner avec le président d’une ONG dans le seul but de discréditer un journaliste. C’est trop, c’est exagéré.

    Et puis contrairement aux affirmations de Bouhlal, le site d’Anouzla, Lakome, n’a jamais « publié une vidéo », il a simplement indiqué le link où elle apparaissait comme l’ont fait d’autres sites, comme Demain. D’ailleurs, plusieurs copies de cette vidéo circulent toujours sur Youtube et d’autres vidéos sur le même ton sont publiées chaque semaine par le site américain SITE ou, par exemple, sur le site du ministère espagnol de l’Intérieur, sans que cela ne provoque l’émoi ou le « trouble » d’une quelconque communauté juive.

    Que Bouhlal, un « fonctionnaire » qui maintient des relations directes avec le chef des services secrets (DGED), sans passer par son théorique ministère de tutelle, le MAEC, complote contre un journaliste, c’est dans l’ordre des choses. Cela fait partie de son sale « boulot ». Mais, pourquoi Serge Berdugo implique-t-il la communauté juive marocaine dans une cabale contre la presse indépendante du Maroc ?

    Cherche-t-il l’obtention d’une prébende ou d’une faveur ? Comme par exemple quand, en 2010, il a demandé au directeur du protocole royal l’octroi un wissam pour son ami Aharon Abuhatzira, un Juif marocain reconnu coupable en Israël de « corruption », « abus de confiance et fraude » pour avoir volé l’argent qui devait revenir à des yeshivot, des écoles religieuses ?

    Ou bien veut-il faire oublier l’affaire du tableau de Bertuchi ? Quand il était ministre du tourisme (1993-1995), le bon Serge avait dérobé de Tétouan un tableau du peintre espagnol Mariano Bertuchi, légué à la ville, et ne l’avait restitué qu’après les protestations des habitants de cette cité du Nord du Maroc.

    Tout le monde sait que le défunt Hassan II, puis Mohamed VI, ont utilisé et utilisent encore les Juifs de cour pour accuser faussement les dissidents, ou les journalistes qui déplaisent au régime, d’« antisémitisme », d’« islamisme » ou, comme dans le cas d’Ali Anouzla, de « terrorisme », pour tenter de ternir leur réputation, et par la même leur crédibilité. Mais ces méthodes de basse police ne doivent pas être celles du secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc dont le vrai travail aujourd’hui est de réformer les structures sclérosées de son organisation qui ont été incapables de retenir nos compatriotes juifs qui ont fait le choix d’aller vivre ailleurs.

    Demain online, 26 dec 2014

    Tags : Maroc, Presse, lobby, juifs. sionisme, Serge Berdugo, Ali Anouzla, Aboubar¡kar Jamaï,

  • Algérie – L’Emir Abdelkader : vaincu par les trahisons

    Suite aux débats hautement riches et de haut niveau frisant parfois la polémique qu’ont suscités les articles de notre cher ami SENNI sur l’Emir Abdelkader et les conférences initiées par la Fondation du même nom, le Docteur Driss REFFAS nous a fait parvenir une contribution que nous publions intégralement et mettons à la disposition du lecteur. Le débat sera-t-il relancé?

    La RÉDACTION.

    « La vérité et la justice sont souveraines, car elles seules assurent la grandeur des nations.» E.Zola

    C’est l’histoire qui nous appartient, elle raconte une période sensible de l’Emir Abdelkader. C’est avec la traduction de son autobiographie, et quelques ouvrages bien choisis, que je tente de repositionner un débat qui m’a paru manquer de clarté au cours des différentes conférences tenues à la fondation « Emir Abdelkader ». Avec sa propre vérité qui vaut ce que valent les autres vérités. Chacun de nous traîne lourdement dans son être la symphonie inachevée du Père de la Nation Algérienne.

    Oui, une véritable symphonie réglée, où tout était imbriqué avec façon et méthode. Une armée, une administration, un système éducatif, enfin tous les ingrédients d’un Etat moderne. Même les plus « convaincus », les farouches « défenseurs », esquivent maladroitement l’interrogation sur les conditions environnementales qui ont poussé cet illustre stratège militaire à négocier son départ de sa terre natale qu’il a défendue pendant dix- sept années de combat.

    Oui, dix- sept années de combat où l’Emir a affronté durant 116 batailles, 142 généraux, cinq princes et 16 ministres de la guerre. L’Emir n’avait qu’une seule ambition, c’était de libérer son pays, rendre son peuple fort, grand et prospère au sein des nations.

    A la lecture de la conférence donnée par le docteur Chamyl Boutaleb président de la fondation Emir Abdelkader –section d’Oran- intitulée : « Vérités sur les derniers jours de la résistance de l’Emir Abdelkader », on constate que le conférencier réfute catégoriquement la notion de reddition telle qu’établie par l’historiographie française détentrice des uniques archives sur la colonisation de l’Algérie.

    Il précise dans ce sens, que c’est beaucoup plus « par devoir mémoriel que pour les besoins d’une simple précision sémantique». Aussi, et dans le même ordre d’idées, Badiâa, la petite fille de l’Emir, au cours d’un entretien livré au quotidien « EL KHABAR », réfute la thèse de reddition, tout en avançant la thèse d’un « accord de sécurité » signé avec les français lui permettant d’émigrer vers la Mecque. El Amira Badia a essayé ingénieusement de réparer la mémoire de son grand-père en empruntant la « logique sentimentale », incompatible avec la notion d’appréciation et d’objectivité dans le domaine de l’Histoire. Elle appelle le Ministère de l’Education à supprimer les manuels scolaires qui évoquent la reddition de l’Emir. La protection, et le droit de s’exiler ou d’émigrer (le terme n’a pas d’importance) lui a été accordé par la France, une fois que l’Emir a décidé de mettre fin à la résistance armée, et de quitter définitivement le pays. D’ailleurs, l’Emir avant d’être libéré par l’Empereur Louis Napoléon, a réitérer son engagement à ce dernier de ne plus retourner en Algérie :

    «Louange au Dieu unique !

    Que Dieu continue la victoire à notre seigneur des rois, Louis Napoléon ! Que Dieu lui donne appui et inspire ses desseins. Celui qui est devant vous est Abd el-Kader, fils de Mahi-ed-din. Il vient se présenter à votre altesse auguste pour vous remercier de vos bienfaits et il accourt auprès de vous afin de se réjouir de votre vue. Car, il en prend Dieu à témoin, vous lui êtes plus cher qu’aucun de ceux qu’il aime. […] Vous avez eu confiance dans celui qui est devant vous. […] Mais lui vous a juré par le pacte de Dieu et par le serment inviolable, au nom de tous les Prophètes et de tous les Envoyés, qu’il ne trompera pas votre confiance en lui, qu’il ne violera pas son serment, qu’il n’oubliera pas votre générosité et qu’il ne retournera jamais au pays d’Alger. Déclaration remise solennellement au Palais de Saint-Cloud entre les mains du prince Louis Napoléon le 30 octobre 1852.

    Napoléon avait toujours été d’avis de relâcher Abd- el-Kader, mais les ministres de la guerre successifs s’y sont opposés. Peu importe le terme qu’emploie l’historiographie française (reddition, capitulation, soumission), mais ce qui important, c’est d’approcher le sentiment, et d’apprécier à sa juste valeur, la situation chaotique que l’Emir a subie malgré lui, car engendrée par son entourage immédiat, et appuyée par le roi du Maroc, de surcroît de sa lignée, ne pouvait aboutir pour un homme faible de caractère et de foi, certainement au suicide. Heureusement, l’Emir, religieux convaincu, s’en est remis à Dieu pour surmonter l’épreuve. L’Emir n’a pas été vaincu au cours d’une bataille par le général Lamoricière, il a été vaincu par une cascade de trahisons.

    Le sultan du Maroc, Moulay Abderrahmane, ayant reçu une raclée dans la bataille d’Isly, s’est soumis à la France, et paraphé le traité de Tanger ayant une visée unique à savoir, interdire à l’Emir Abdelkader tout repli vers le Maroc. Dans ce sens, on peut lire l’article 4 dans ce traité conclu à Tanger le 10 septembre 1844 :

    Article 4 : Hadj Abdelkader est mis hors la loi dans toute l’étendue du royaume du Maroc, aussi bien qu’en Algérie. Il sera en conséquence poursuivi à main armée par les Français sur le territoire de l’Algérie, et par les Marocains sur leur territoire jusqu’à ce qu’il en soit expulsé ou qu’il soit tombé au pouvoir de l’une ou de l’autre nation. Dans le cas où Abdelkader tombe sous le pouvoir des troupes françaises, le gouvernement de sa majesté, l’Empereur des français s’engage à le traiter avec égard et générosité. Dans le cas où il tombe sous celui des troupes marocaines, sa majesté l’Empereur du Maroc s’engage à l’interner dans l’une des villes du littoral ouest de l’Empire, jusqu’à ce que les deux gouvernements aient adopté de concert les mesures indispensables pour qu’Abdelkader ne puisse en aucun cas reprendre les armes et troubler de nouveau la tranquillité de l’Algérie et du Maroc.

    Cet article fut mis à exécution par Moulay Abderrahmane, au printemps de l’année 1847. Ce sultan auquel l’Emir vouait un grand respect, en se faisant après le serment d’allégeance, son représentant et son bras droit. Encore plus, dans la loyauté extrême, après le traité de la Tafna, l’Emir lui avait offert le pouvoir suprême, le considérant à juste titre, de son honorable lignée, celle de Moulay Idriss, fondateur de la ville de Fès. El hadj Abdelkader Ben Mahieddine, n’a pas supporté l’effusion de sang des soldats Algériens et Marocains, frères dans le même djihad face au même ennemi qu’est la France. Déjà vainqueur d’une première bataille livrée malgré lui face au roi du Maroc, l’Emir a employé tous les moyens pour rendre à la raison le sultan du Maroc, jusqu’à lui envoyer comme émissaire son meilleur ami , son khalifa El Bouhmidi qui fut emprisonné sans être entendu, et par la suite assassiné. Diminué, et humilié, le roi du Maroc ne pouvait supporter la pression de la France qui exigeait de lui l’application immédiate du traité de Tanger. Dans le cas contraire, elle allait se charger de le faire elle-même, ce qui veut dire tout simplement, la perte de sa souveraineté sur le Maroc. Devant cet état de fait, le sultan moulay Abderrahmane expédia une lettre à l’Emir pour l’informer, que la seule sortie honorable qui lui restait, est celle de se constituer prisonnier, ou de s’enfuir vers le désert, sinon il sera expulsé par la force au-delà de la frontière marocaine, c’est-à-dire là où le général Lamoricière l’attendait avec 3500 fantassins et 1200 cavaliers.

    Affecté déjà par la trahison des tribus qui lui ont prêté allégeance, ébranlé par la trahison du souverain du Maroc et , dans les moments très difficiles que traversait son armée, réduite à quelques centaines d’hommes et de cavaliers qui ne disposaient pas de munitions suffisantes, l’Emir apprit que ses deux frères, Si Mustapha et si El Hocine se sont rendus au général Lamoricière. Un abandon inattendu qui mit à plat le moral d’El Hadj Abdelkader El Djazairi, et de sa Deïra. Quel être humain, de surcroît chef militaire, peut supporter un scénario aussi dramatique ? Celui qui a la foi en Dieu pour s’écarter du suicide, afin d’assumer ses responsabilités envers ses compagnons, ceux qui lui sont restés fidèles.

    Le 21 décembre 1847, la Deïra abandonna l’Emir en cours de route pour se soumettre aux Français. D’ailleurs, dans sa lettre au général Lamoricière, l’Emir précise : « …Je te recommande de maintenir où elles sont, les tribus séparées. Je pensais hier soir qu’elles me suivaient, et lorsque j’ai regardé derrière moi, il n’y avait plus personne. » Bien avant, en février de la même année 1847, Sid Ahmed Ben Salem, un des lieutenants de l’Emir, khalifa du Sebaou avait fait sa soumission, avec la seule condition d’être transporté en Orient avec sa famille, et tous ceux qui désiraient l’accompagner. Bugeaud à mis à la disposition du Khalifat de l’Emir tous les moyens pour quitter l’Algérie, et rejoindre son lieu de choix. Peu de temps après, l’Emir a reçu une correspondance de son ex- khalifa, où ce dernier justifiait sa soumission tout en lui indiquant le respect par la France de la promesse tenue à son égard. Dans la même lettre, il signifia à Hadj Abdelkader, dans le cas où il désirait imiter son exemple, il peut faire confiance aux Français. Ce qui est certain, et important à préciser dans « l’affaire Ben Salem », c’est que cette lettre a été rédigée par les français et signée par l’ex- khalifa, dans le seul but de faire parvenir à l’Emir « le respect » de la parole donnée vis-à-vis d’un ennemi qui désire mettre fin à la résistance.

    La nuit du 21 décembre 1847, ébranlé par les multiples trahisons affectant sensiblement son moral, et dans des conditions climatiques rigoureuses, l’Emir convoqua son dernier conseil où étaient présents Si Mustapha Ben Thami, Si Kaddour Ould Sidi Mbarek et l’Agha Boukhikha. Conscient de la lourde responsabilité qui lui incombait vis-à-vis des tribus qui lui sont restées fidèles, dans une atmosphère morose et pleine d’émotion , Hadj Abdelkader s’exprima : « La lutte est finie, Dieu en a décidé ainsi. J’ai combattu pour ma religion et mon pays…Nous devons nous rendre à l’évidence. Que puis-je faire encore dans ce pays alors que la cause est perdue ?…Quand nos citoyens rejoignirent les chrétiens, je me suis mis du côté du sultan marocain parce que nous étions tous musulmans. La seule question qui reste à trancher est la suivante : « Faut-il se soumettre aux chrétiens ou au sultan du Maroc. Vous pourrez choisir ce qui vous paraît convenable. Quant à moi, mon choix est fait. J’ai décidé de négocier avec mon ennemi que j’ai combattu et à qui j’ai infligé bien des défaites, plutôt que de me soumettre à un musulman qui m’a trahi… Je réclamerai de me rendre en terre musulmane, avec ma famille, et ceux d’entres vous qui voudront me suivre. Et maintenant que je suis impuissant, je n’y peux rien. Je veux me reposer de la fatigue de la guerre…Il ne me reste plus l’envie du pouvoir. Je l’ai lavé avec de l’eau et du savon… ». L’adhésion fut totale autour de la décision de l’Emir. Ainsi, l’Emir décida de nouer officiellement le contact avec le général Lamoricière. Après un premier contact de mise en confiance entre les hommes à travers les messagers, l’Emir envoya au général une correspondance rédigée par son khalifa Benthami , dont la traduction parait fidèle aux yeux des historiens : « Louange au Dieu unique. Que dieu répande ses grâces sur notre seigneur et maître Mohammed et sur ses compagnon.

    Du prince des croyants, le guerrier saint,El-lladj-Abd-cl-KadEr. — Que Dieu l’assiste et le protège ! —

    Au général Lamoricière, chef des troupes françaises de la province d’Oran.

    Que Dieu rende prospères nos affaires et les vôtres ; (Que le salut soit sur quiconque reconnaît la vraie voie. ..Nous sommes décidés à partir vers l’Orient, nous et ceux qui veulent y aller. Nous voulons une réponse avec votre cachet, nous garantissant sécurité et protection), et votre parole de nous emmener jusqu’à Alexandrie ou Akka du côté du Cham. Je désire la parole française qui puisse être ni diminuée, ni changée, et qui me garantira que vous me ferez transporter, soit à Alexandrie, soit à Akka (Saint-Jean-d’Acre) mais pas autre part. Veuillez m’écrire à ce sujet d’une manière positive. Lors de notre entrevue nous nous communiquerons beaucoup de choses. Je connais ta manière d’agir et je désire que tu aies seul le mérite du résultat. Je te recommande de maintenir où elles sont, les tribus séparées. Je pensais hier soir qu’elles me suivaient, et lorsque j’ai regardé derrière moi, il n’y avait plus personne. Il y a dans ces tribus des affaires d’intérêt qui concernent moi et les miens ; par exemple, des chameaux, des mulets, des effets et des chevaux. Je désire donc terminer ces affaires par la vente de ces choses ; alors ceux qui voudront venir avec moi dans l’Est seront libres de le faire. Je te prie également de t’intéresser à la mise en liberté de mon frère : El-Sidi-Mohammed Bouhmidi, le plus tôt possible, afin qu’il puisse m’accompagner. »

    Pressé par le temps, et par la position fragile dont l’Emir et ses compagnons s’y trouvaient, le général Lamoricière s’empressa à répondre à l’Emir sans consulter au préalable sa hiérarchie, particulièrement le Duc D’Aumale : « Louanges au Dieu suprême. De la part du général Lamoricière à Sidi-el-Hadj-Abd-el-Kader-ben-Mahiedine — que le salut soit avec toi ! — J’ai reçu ta lettre et je l’ai comprise. J’ai l’ordre du fils de notre roi, — que Dieu le protège ! — de t’accorder l’aman que tu m’as demandé et de te donner le passage à Alexandrie ou à St-Jean-d’Acre ; on ne le conduira pas autre part. Viens, comme il te conviendra, soit de jour, soit de nuit. Ne doute pas de cette parole ; elle est positive. Notre souverain sera généreux envers toi et les tiens. Quant aux tribus qui t’ont quitté et qui sont chez les Msirda, je me rendrai demain au milieu d’elles. Les esclaves, chameaux, chevaux, mulets et effets qui t’appartiennent et ont été emmenés par elles, tu peux être tranquille à leur sujet ; tout ce qui t’appartient te sera rendu et la part qui te revient sur les choses qui sont en commun te sera remise. Il en sera de même pour ceux qui sont avec toi. Je suis certain que tu pourras emmener dans l’Est, par mes soins, ceux qui voudront te suivre. Pour ce que tu me dis,relativement à Bouhamidi, aussitôt que tu seras arrivé, je ferai partir un bateau pour Tanger, et j’écrirai, au Consul de France, de réclamer Bouhamedi à Mouley-Abd-er-Rhamane. Je pense qu’il sera mis en liberté, et, s’il le veut, il pourra aussi te suivre dans l’Est. On m’a dit que ta famille était chez les Msirda, je ferai en sorte qu’il ne soit rien enlevé de ce qui lui appartient. Quant à ce dont tu auras besoin, au moment de ton arrivée, pour toi et pour ceux qui t’accompagnent, tu sais ce que nous avons fait pour ton frère et pour les siens. Tu peux voir par là ce que nous ferons pour toi. Tu peux être certain que tu seras traité comme il convient à ton rang. »

    Une fois la lettre envoyée à l’Emir, le Général Lamoricière, saisit le Duc D’Aumale : « Bou-khouia me rapporte mon sabre et le cachet du commandant Bazaine,et, en outre, une lettre de l’Emir qui est de l’écriture de Moustapha Benthami. Je vous adresse copie de la traduction de cette lettre, ainsi que la réponse que j’y ai faite. J’étais obligé de prendre des engagements ; je les ai pris, et j’ai le ferme espoir que votre altesse royale et le gouvernement les ratifieront, si l’Emir se confie à ma parole. »

    L’Emir s’est confié à la parole du général, car auparavant, tout un travail de propagande a été bien mené pour que l’Emir adhère sans difficultés à la lettre de Lamoricière, notamment la prise en charge de ses frères, et spécifiquement la reddition de Sid Ahmed Bensalem et sa « fameuse » lettre envoyée à Hadj Abdelkader. Assuré par les engagements écrits du Général Lamoricière, L’Emir accompagné de sa famille et de ses fidèles, se dirige vers Sidi Brahim. C’était le jeudi 23 décembre 1847. Quelle émotion, quel souvenir, et enfin quel contraste, entre cette date et la journée du 23 septembre 1845 qui marqua le début des hostilités de la bataille de Sidi Brahim. Ce fut sur le théâtre même de son plus complet triomphe militaire, que l’Emir accomplit les prières du Dohr et d’el Asr dans le mausolée avant de rencontrer Lamoricière. Pour la dernière fois, l’Emir venait d’apposer son front sur la terre arrosée de sang de ses compagnons martyrs. Concernant les évènements qui se sont déroulés entre le 23 et 24 décembre 1847, je laisse à la juste appréciation du lecteur trois lectures :

    1- Celle relatée par Boualem Bessaïh dans son ouvrage intitulé : De Louis Philippe à Napoléon L’Emir Abdelkader – Vaincu mais triomphant. Ouvrage publié avec le soutien du Ministère de la Culture, dans le cadre du Fonds National pour la Promotion et le Développement des Arts et des Lettres. Casbah Editions-2009- : Une fois à Nemours, l’Emir escorté du général De Lamoricière, du Général Cavaignac, et du lieutenant- colonel De Beaufort a rencontré le Duc d’Aumale qui l’attendait. Après un instant de répit, il s’adressa au prince : «J’aurais voulu faire plutôt ce que je fais aujourd’hui ; j’ai attendu l’heure marquée par Dieu. Le général m’a donnée une parole à laquelle je me suis fié ; je ne crains pas qu’elle soit violée par le fils d’un grand Roi comme celui des Français. »

    Le Duc d’Aumale approuva l’engagement de son général. Le lendemain, eut lieu la dernière cérémonie avant d’embarquer le 25 décembre sur le bateau qui devait accoster à Toulon. Hadj Abdelkader, s’est présenté a cheval, mis pied à terre pour se présenter devant le prince :

    -Je vous offre, a-t-il dit, ce cheval, le dernier que j’ai monté. C’est un témoignage de ma gratitude, et je désire qu’il vous porte bonheur ».

    -Je l’accepte, a répondu le prince, comme un hommage rendu à la France, dont la protection vous couvrira désormais, et comme un signe d’oubli du passé).

    2- Le même évènement relaté dans l’historiographie Française par Marie D’AIRE, née Boissonet dans son ouvrage édité en 1900 (imprimerie Yvert et Tellier-Amiens), intitulé : Abdelkader- Quelques documents nouveaux, lus et approuvés par l’officier en mission auprès de l’Emir: La nuit du 23 au 24 fut une nuit de douleur et d’insomnie. Harassé de fatigue, avant de pouvoir être un peu à lui-même dans ses appartements, il fut mené chez le commandant de place ; le duc d’Aumale le reçut froidement. Après avoir donné les marques polies dont il ne se départissait jamais, Abd-el-Kader dit au prince :

    – ce que Tu devais depuis longtemps désirer ce qui arrive aujourd’hui ; l’événement s’est accompli à l’heure que Dieu avait marquée. Il y eut ensuite un assez long silence ; puis, le duc d’Aumale prit la parole :

    – Le général m’a fait part de ce qui s’est passé entre toi et lui ; il t’a assuré que tu ne serais pas conduit en captivité en France, mais à St-Jean-d’Acre ou à Alexandrie. Je confirme cet engagement, et j’approuve tout ce que le général t’a dit. Il sera ainsi fait s’il plaît à Dieu ; mais il faut l’approbation du Roi et de ses ministres, qui seuls peuvent décider sur l’exécution de ce qui est convenu entre nous trois. Quant à moi, je ne puis que rendre compte de ce qui s’est passé et t’envoyer en France pour attendre les ordres du Roi. L’Emir baissa la tête, réfléchit un moment et répondit :

    -Que la volonté de Dieu soit faite ! je me confie à toi .

    Avant de quitter le prince, il sollicita la grâce de n’être débarqué nulle part sur la terre algérienne. Le duc d’Aumale y consentit, mais il dit à l’Emir qu’il devait se présenter le lendemain matin devant lui, et lui amener son cheval comme témoignage de sa soumission entière au Roi et à la France. Abd-el-Kader feignit d’être un peu surpris d’abord ; puis, après avoir échangé un regard avec Lamoricière, il répondit :

    – Je t’amènerai demain ma bonne jument, -et avec un triste sourire-, c’est la dernière qui me reste.

    Je tiens à préciser que l’auteur de l’ouvrage, Marie D’AIRE née Boissonet, est la nièce du capitaine Esteve Boissonet, officier en mission auprès de l’Emir, en compagnie de l’historiographe et traducteur Camille Rousset pendant sa captivité à Pau et Amboise. Il lia une grande amitié avec l’Emir. Le capitaine était un républicain convaincu. 3-En parcourant l’autobiographie de l’Emir Abdelkader, écrite en prison en 1849, et traduite par Hacène Benmansour (spécialiste en économie islamique)- Dialogues Editions-Paris- 1995- on note sur le même évènement : Quand nous sommes arrivés à Sidi Brahim, nous fûmes accueillis par certains chefs français à Sersour avec le plus grand respect sur l’ordre de Lamoricière. Nous avons prié le Dhohr et l’Asr, puis nous avons pris la route. Lamoricière est venu nous accueillir avec certains notables de la région comme Sekkal. Ils nous ont dit que Lamoricière avait beaucoup apprécié notre soumission. Il respectera sa parole même au prix de sa vie. Nous sommes partis vers Ghazaouet où nous avons trouvé le fils du Roi Louis Philippe, le Duc d’Aumale pour nous accueillir. Après un accueil chaleureux, il a dit au maître ( l’Emir Aek) qu’il nous confirmait ce que Lamoricière nous avait promis comme sécurité, protection et transport là où nous voulions. Au coucher du soleil, nous avons pris le bateau dans lequel est venu le fils du Roi, en compagnie de Lamoricière. Le samedi matin, nous sommes arrivés au port d’Oran où nous avons changé de bateau. D’Aumale nous a donné une lettre de recommandation destinée au consul d’Alexandrie en plus de 6000 francs pour le maître et deux pistolets en souvenir. Au port notre maître lui a offert son cheval pur sang, unique en son genre. Le Duc D’Aumale a désigné son traducteur Rousset pour accompagner notre maître.

    En conclusion, je dirai tout simplement et avec conviction que la vérité même si elle est amère, doit être inscrite avec rigueur. Est-ce que les événements ont été décrits avec fidélité par les acteurs concernés ? Certainement que le prestige de chacune des parties a légèrement faussé le transfert des données. Ce qui est sûr, l’Emir Abdelkader, autant que chef suprême d’une armée qui a défait à maintes reprises l’une des plus puissantes armées de son temps, sinon la puissante, aurait préféré être tué, ou fait prisonnier au cours d’une bataille, que de subir des trahisons inattendues de la part de ses frères de sang et de religion( Algériens et Marocains) au profit de l’ennemi. Aussi, il a refusé l’offre de protection des tribus marocaines, car un homme de sa stature refuse de vivre caché, et d’être traqué par son ennemi. A ce dernier, qui l’a combattu loyalement et qui reconnaît sa valeur d’homme d’Etat, et chef militaire émérite, que l’Emir s’est soumis. Il a demandé protection et sécurité pour quitter définitivement, non pas sa patrie qu’il a défendue crânement, mais ceux qui s’y plaisent dans les « délices » de la subordination. Quant au parjure décrié par beaucoup d’intellectuels, je dirai tout simplement que notre Emir devait assumer en tant que chef militaire sa décision de soumission à l’ennemi. Un Ennemi en temps de guerre, demeurera un ennemi en temps de paix. Aussi, pendant sa captivité sur le sol français, l’Emir a vécu en parfaite harmonie avec ses deux frères qui l’ont abandonné au moment où il avait besoin d’eux . Je laisse la parenthèse ouverte pour un débat juste et sincère, dénué de sentiments, car ces derniers n’ont pas une place de choix dans l’écriture de l’histoire d’une nation. C’est par la vérité que l’Emir est bien protégé. J’ajoute, que tout historien, enseignant universitaire en histoire, ou libre chercheur n’a pas le droit d’exprimer un sentiment « protecteur ». Sinon, il s’éloigne de la vérité historique.

    D. D. REFFAS

    Notes :
    -l’autobiographie de l’Emir Abdelkader, écrite en prison en 1849, et traduite par Hacène Benmansour (spécialiste en économie islamique)- Dialogues Editions-Paris- 1995 –

    -Abdelkader- Quelques documents nouveaux, lus et approuvés par l’officier en mission auprès de l’Emir- 1900-(imprimerie Yvert et Tellier-Amiens)- Marie D’AIRE, née Boissonet –

    – De Louis Philippe à Napoléon L’Emir Abdelkader – Vaincu mais triomphant. Boualem Bssaieh-

    Source : L’Emir Abdelkader

  • Un ministre allemand accuse la France d’avoir saboté le Projet Desertec en Algérie

    L’association des oulémas a fait état de révélations graves attribuées au ministre allemand de l’Energie, Peter Altmaier, cité, selon cette organisation, par la chaîne de télévision allemande ZDF, au sujet du projet d’énergie solaire prévu dans le désert algérien, Desertec, qui devait regrouper onze partenaires, dont le groupe énergétique algérien Sonelgaz.

    Des médias avaient déjà évoqué ce sujet, mais la version qu’en donne l’association des oulémas est tout à fait inédite, même si elle ne précise pas la date. «Nous voulions investir avec l’Algérie dans le plus grand projet solaire au monde, dans le grand désert algérien», aurait déclaré le ministre allemand, selon l’association.

    «L’Algérie pourrait alimenter l’Europe en électricité et gagner des milliards de dollars, mais le gouvernement de Bouteflika n’était pas de cet avis, car la France s’opposait fermement à l’idée que l’Algérie puisse se développer, diversifier son économie et sortir de sa dépendance aux hydrocarbures.

    L’Algérie aurait pu devenir l’un des plus gros exportateurs d’électricité au monde, mais la France a bloqué le projet, l’un des projets les plus importants et les plus lucratifs pour l’Algérie», aurait encore soutenu Peter Altmaier. Cinq groupes allemands, et pas des moindres, issus tous du pays le plus impliqué dans le très médiatisé projet Desertec, s’étaient retirés en 2014.

    Après Siemens et Bosch qui avaient pris leurs distances deux années auparavant, ce fut au tour du groupe de BTP et de services Bilfinger, de la compagnie d’électricité E.ON et du groupe bancaire HSH Nordbank de se désengager.

    Les principaux partenaires et associés du consortium quittaient ainsi le train avant même l’arrivée en gare, ce qui avait hypothéqué définitivement l’immense projet boudé par les Français. En plus de Sonelgaz, dix autres partenaires allemands, espagnols, tunisiens et marocains étaient impliqués dans Desertec Industrial Initiative.

    Le consortium regroupant des sociétés et des institutions européennes et du pourtour méditerranéen, créé en 2009, visait à l’origine à couvrir une part des besoins en énergie de l’Europe en exploitant le potentiel solaire et éolien du sud de la Méditerranée.

    Le coût total du projet s’élevait initialement à 400 milliards d’euros. Si, pour l’association des oulémas, le plus important dans le sujet est de nourrir le sentiment anti-français qui s’est davantage développé chez les Algériens depuis le début du soulèvement populaire du 22 février et qui transparaissait à travers les slogans, l’information en soi mérite d’être débattue et clarifiée auprès des responsables algériens. Car il s’agirait d’une opération de sabotage caractérisée de l’économie nationale.

    Source : L’Est Républicain

    Tags : Algérie, France, Allemagne, Projet Desertec,

  • Accord de partenariat entre la GUE/NGL et le Front Polisario

    Le 10 avril dernier, la Permanence en UE du Front Polisario a signé un accord de partenariat, d’une durée de 2 années, avec le groupe politique du Parlement Européen GUE/NGL (Gauche Européenne/Gauche Verte du Nord).

    Après la visite de la présidente de la GUE/NGL, Gabi Zimmer, dans les camps des réfugiés sahraouis, la GUE/NGL a décidé de signer cet accord avec le Front Polisario, où la GUE/NGL s’engage officiellement à promouvoir et défendre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et du Sahara Occidental occupé illégalement par le Maroc depuis le 1975. De plus la GUE/NGL s’engage aussi à augmenter les pressions sur les institutions européennes afin de faire respecter le droit international sur la question du Sahara Occidental, mais aussi à sensibiliser la société sur la condition des sahraouis.

    Cet accord a été rédigé en tenant compte des conventions et de résolutions de l’ONU déjà approuvés et qui accordent au Sahara Occidental le droit inaliénable à l’autodétermination.

    Dans l’accord, les deux parties s’engagent à :

    développer leurs relations selon les principes du droit international ;
    organiser régulièrement des consultations et des rencontres, en donnant surtout la priorité à la participation des membres du Conseil National Sahraoui et de l’Union Nationale des Femmes Sahraouies ;
    assurer un échange d’expériences entre la GUE/NGL et le Conseil National Sahraoui, spécialement sur certains thèmes particuliers ;
    organiser souvent des séminaires sur des sujets d’intérêt commun ;
    écrire un communiqué conjoint, au moins une fois chaque année, concernant le Sahara Occidental, en se focalisant surtout sur les discussions de la mission MINURSO du Conseil de Sécurité de l’ONU, sur les négociations de paix entre le Front Polisario et le Maroc, et/ou sur les sessions du 4e comité de l’Assemblée Générale de l’ONU concernant le Sahara Occidental.
    Plus précisément la GUE/NGL s’engage à :

    réaffirmer fortement sa solidarité au peuple sahraoui et son droit inaliénable à l’autodétermination et liberté, mais aussi son soutien dans la recherche d’une solution durable du conflit, en permettant au peuple sahraoui de légitimer son indépendance ;
    réaffirmer le droit du peuple sahraoui à l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental, et aussi son droit d’utilisation des ressources de la façon la plus convenable pour eux ;
    continuer son soutien actif à l’intergroupe « Paix pour le Peuple Sahraoui » crée depuis 1986 ;
    recruter un stagiaire sahraoui sélectionné par le Front Polisario, avec tous les documents nécessaires pour travailler en Belgique.
    Le Front Polisario s’engage à :

    fournir à tous les membres de la GUE/NGL toutes les informations concernant le peuple sahraoui, comme aussi celles concernant les négociations pour la solution du conflit au Sahara Occidental au sein de l’ONU ;
    coordonner et faciliter les visites des délégations de la GUE/NGL dans les camps des réfugiés sahraouis en Algérie et dans les territoires libérés, mais aussi la participation des délégations de la GUE/NGL aux rencontres internationales en solidarité avec le peuple sahraoui

    Source : Comité Belge de Soutien au Peuple Sahraoui, 15 avr 2019

    Tags : Sahara Occidental Front Polisario, Maroc, Gauche Européenne, GUE/NGL

  • Dossier DGED (4) Enquête Exclusive. Nos espions à l’étranger

    Par Mehdi Sekkouri Alaoui, envoyé spécial à Amsterdam

    Enquête Exclusive. Nos espions à l’étranger

    Vrais flics et faux diplomates

    Comment la chute d’un agent secret marocain a fait scandale en Hollande, mettant à nu un réseau d’espionnage aux ramifications insoupçonnées.

    Lundi 28 septembre 2008. En ce début de soirée, les cafés d’Oost, quartier multiethnique à l’ouest d’Amsterdam à forte présence marocaine, sont quasi déserts. Cela semble être le cas depuis plusieurs jours, déjà. L’explication à cette étrange désaffection tient en une phrase : les révélations fracassantes sur les activités des services de

    renseignements marocains sur le sol néerlandais. Tout simplement. En moins d’une semaine, les 350 000 personnes que compte la communauté marocaine en Hollande ont appris que des policiers et des responsables politiques, d’origine marocaine eux aussi, flirtaient avec la puissante DGED (Direction générale des études et de la documentation) de Yassine Mansouri. Résultat : un vent de méfiance et de paranoïa souffle depuis sur les “Marokkaanse”, dont beaucoup réduisent désormais leurs “sorties” au strict minimum. “Aujourd’hui, il faut se mettre en tête que tout le monde est susceptible de travailler pour les flics. Même tes proches”, lâche en souriant Ahmed, 29 ans, qui reconnaît avoir changé ses habitudes : “J’ai décidé de moins fréquenter certains endroits et surtout certaines personnes”. Un premier constat que confirme Jamal Ryane, militant associatif à Amsterdam : “Cette affaire a créé un profond malaise au sein de la communauté marocaine. On n’avait vraiment pas besoin de ce genre de scandales, nous sommes déjà suffisamment pointés du doigt…”. Et d’ajouter, déçu : “On croyait qu’avec l’arrivée de Mohammed VI au pouvoir, le temps des barbouzeries de bas étage était révolu. Ce n’est malheureusement pas le cas. Nous sommes toujours aussi fliqués qu’avant”.

    On infiltre bien la police hollandaise

    Flash-back. Nous sommes en mars 2007, les services secrets néerlandais (AIVD, équivalent de la DGST marocaine) envoient une note interne à la direction de la police les informant que deux de leurs membres seraient des collaborateurs des renseignements marocains, la DGED en l’occurrence. La réaction ne se fait pas attendre : la police licencie illico presto Redouane Lemhaouli et Mohamed Ziad pour “violation du secret professionnel” et “manquement au devoir”. Les autorités néerlandaises n’hésitent pas, dans le même temps, à faire part de leur colère à Rabat. Dans la foulée, deux agents secrets, théoriquement rattachés à l’ambassade du Maroc à La Haye, sont priés de quitter le pays sur le champ…

    Dans un premier temps, les deux présumés coupables, Redouane Lemhaouli et Mohamed Ziad, encaissent le coup sans broncher. Le premier, dit “Ré”, est brigadier à Rotterdam. Il est devenu, à 38 ans, une célébrité locale connue pour son engagement dans la société civile, notamment auprès des Marocains. Marié à une Hollandaise, cet originaire du Rif marocain, qu’il a quitté très jeune dans les valises de ses parents, était en 1991 un des tout premiers “étrangers” à rejoindre les rangs de la police. Il est un si bon représentant de l’entente maroco-hollandaise, qu’on lui prête un rôle actif dans la préparation de certaines visites effectuées par des délégations néerlandaises au Maroc. Mohamed Ziad, lui, est un enfant de Hay Mohammadi à Casablanca, arrivé en Hollande dans les années 90. Il est préposé bénévole à l’accueil dans un commissariat de quartier de La Haye depuis moins d’un an. Assistant social à la base, Mohamed, la trentaine, milite dans une ONG dont il est le président : l’association des droits des Marocains aux Pays-Bas. Il est connu pour prendre part, comme nous l’ont confirmé plusieurs sources, “aux manifestations revendiquant la marocanité du Sahara”. Ziad, à qui il arrive de collaborer avec des journaux arabophones au Maroc, a par ailleurs la réputation d’être “proche des employés du consulat du Maroc, qu’il fréquente assidûment”.

    L’espion et la princesse

    L’affaire aurait pu en rester là, sans écho public, si les médias ne s’en étaient pas mêlés. Le 15 septembre, Nova, émission quotidienne phare de la télévision publique néerlandaise, dévoile les barbouzeries supposées du tandem Redouane Lemhaouli – Mohamed Ziad. Le scandale éclate alors au grand jour.

    Rencontré dans les studios de Nova dans la région d’Amsterdam, le journaliste Robert Bas nous confie avoir eu beaucoup de mal à boucler son enquête. “Au début du mois de juillet, nous avions eu des informations selon lesquelles un membre de la police de Rotterdam a été licencié pour espionnage. Nous avons alors entamé notre investigation, qui s’est avérée plus longue que prévu du moment que personne ne voulait répondre à nos questions”. Raison de cette omerta : l’affaire des deux policiers d’origine marocaine, qui promet de remonter jusqu’à un haut niveau de l’establishment local, risque d’éclabousser au passage la famille royale néerlandaise. Et pour cause, en février dernier, la princesse Maxima, épouse du prince héritier Willem Alexander, présidait une cérémonie de remise des diplômes à 57 jeunes immigrés. L’opération, un coup de marketing pour l’intégration des populations immigrées, est parrainée… par un certain Redouane Lemhaouli, épaulé par Mohamed Ziad. Le jour de la remise des diplômes, donc, la princesse trône au milieu d’un parterre de haut rang (le ministre de la Jeunesse et de la Famille, le chef d’état-major des armées, l’ambassadeur du Maroc aux Pays-Bas, etc), parmi lequel s’est glissé Lemhaoudi. Sans oublier Ziad, confortablement installé parmi le public. Séduite par ce programme de réinsertion mis sur pied par “Ré”, la princesse va jusqu’à accepter de le parrainer en le baptisant “Projet Maxima”. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que “Ré”, et son ami “Momo”, feraient l’objet de la fameuse note des services néerlandais quelques semaines plus tard…

    Scandale national

    La diffusion de l’enquête de Nova, le 15 septembre, fait l’effet d’une bombe dans l’ensemble des Pays-bas. Toute la classe politique est montée au créneau pour crier au scandale. Le parti travailliste, membre de la coalition au gouvernement, demande que l’ambassadeur du Maroc soit rappelé à l’ordre. Même requête du côté des chrétiens démocrates. Pour sa part, l’extrême droite de l’ultraconservateur Geert Wilders, connu pour son islamophobie, a carrément exigé l’expulsion du diplomate marocain en poste à La Haye si Rabat ne présentait pas ses excuses dans les plus brefs délais. C’est la crise ouverte.

    Dans la foulée, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Verhagen, déclare donner “une importance particulièrement grande à l’affaire”. Devant le Parlement, il confirme le licenciement de Redouane Lemhaouli et le renvoi des deux diplomates marocains, dont l’identité n’a jamais été clairement établie. Le ministre renchérit en précisant que “des explications ont été officiellement demandées au Maroc”. Pour les détails de l’affaire, il faudra repasser. Après un tête-à-tête quelques jours plus tard avec son homologue marocain dans les couloirs des Nations Unies, dont la teneur est restée secrète, Verhagen envoie une lettre aux élus condamnant “l’intervention de certaines parties ou services pour influencer les citoyens d’origine marocaine”. Le responsable néerlandais pointe indirectement la DGED, l’accusant à demi-mots de “porter atteinte à la démocratie et à la souveraineté des Pays-Bas”. Mais il évite soigneusement de déclarer la guerre ouverte : non, tous les détails de l’affaire ne seront pas révélés parce que “le sujet est sensible et l’enquête suit toujours son cours”.

    Une façon bien diplomatique pour éviter la rupture totale avec Rabat. Mais aussi, comme nous l’explique cette source locale, “pour éviter de s’aliéner l’ensemble de la (forte) communauté marocaine aux Pays-Bas”.
    La loi du silence Question : quel genre d’informations Redouane Lemhaouli et Mohamed Ziad pouvaient-ils bien transmettre aux services de renseignements marocains ? “On ne peut pas trancher, répond l’enquêteur de Nova, Robert Bas. Mais d’après tous les éléments d’enquête qui sont passés entre nos mains, nous sommes sûrs de leur culpabilité. Ce n’est pas pour rien qu’on a interdit aux deux hommes d’exercer dorénavant dans la fonction publique ou d’occuper tout autre poste jugé sensible. Et puis, s’ils étaient vraiment innocents, comment se fait-il qu’ils n’ont jamais protesté?”.

    Contacté par TelQuel, Mohamed Ziad a nié catégoriquement être un agent à la solde de la DGED (lire interview). Quant à Redouane Lemhaouli, il a préféré ne pas donner suite aux sollicitations des journalistes. Ce qui laisse la porte ouverte à toutes les supputations. Dont une, particulièrement colportée, comme nous avons pu le constater, tant à La Haye qu’à Rotterdam ou Amsterdam, et qu’une source à Nova nous résume ainsi : “Il est probable qu’il y ait eu un deal entre Lemhaouli et les autorités néerlandaises. En contre-partie de son silence, il ne serait pas poursuivi en justice”. Impossible pour le moment de le confirmer. Mais si Lemhaouli continue de se terrer dans le silence absolu, son entourage se charge de clamer son innocence et va jusqu’à crier au complot. Fomenté par qui ? “Les services de renseignements hollandais pour l’obliger à collaborer, ou l’extrême droite, voire tout simplement des concitoyens (marocains) jaloux de sa réussite”, clame sans conviction Farid Oulad Lahcen, responsable de “La voix des démocrates marocains aux Pays-Bas”, unique organisation engagée dans la défense du tandem Lemhaouli – Ziad.

    Politiciens ou espions ?

    Lemhaouli et Ziad ne seraient pas les seuls à collaborer avec les services de renseignements marocains. Dans les jours qui ont suivi la diffusion de l’enquête de Nova, un conseiller communal de Rotterdam a mis le feu aux poudres en déclarant, dans un programme télévisé, avoir été sollicité par les services marocains. Rencontré à la mairie de la deuxième ville des Pays-bas, Fouad El Haji nous raconte : “Un jour, un ami m’a invité à l’accompagner à une soirée marocaine. Sur le chemin, il m’a clairement demandé de rejoindre un réseau d’informateurs dont il faisait partie. Il m’a dit, pour finir de me convaincre, qu’en contre-partie mon avenir serait pleinement assuré !”. Le conseiller d’origine marocaine (il a vu le jour à Al Hoceïma en 1969) va encore plus loin : “Je peux vous assurer que je ne suis pas le seul homme politique d’origine marocaine à avoir été contacté par les services marocains. Beaucoup ont même répondu favorablement à l’offre qui leur a été proposée”. Mohamed Rebbae, un des premiers députés marocains aux Pays-Bas, basé à Utrecht, joint pour les besoins de notre enquête, abonde dans le même sens : “En 1999, ils (les services marocains) m’ont envoyé un ancien voisin, qui s’est présenté comme un agent des renseignements s’occupant de la communauté marocaine en Espagne. Il m’a clairement signifié que je pouvais avoir tout ce que je voulais si je répondais favorablement à sa demande de collaboration”. Comme Fouad El Haji, Mohamed Rebbae affirme avoir décliné “l’offre”, informant au passage les autorités néerlandaises…qui se sont plaintes à Rabat. “Mon cas n’est sûrement pas isolé. Ils sont nombreux ceux qui sont approchés mais rares sont ceux qui osent le dire”, nous explique encore Rebbae.

    Ce qui est sûr, c’est que le scandale (des services marocains) a pris des proportions énormes en Hollande. Pas au Maroc, où les responsables ont visiblement décidé de “laisser passer l’orage”. Yassine Mansouri, patron des services, Taïeb Fassi Fihri, diplomate numéro 1 du royaume, voire Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement, jouent pour le moment la carte de la sérénité, rangeant ainsi “l’affaire” au rayon des faits-divers. En un mot, Rabat fait la sourde oreille. Jusqu’à quand ?

    Mohamed Ziad. Espion, pas espion ?

    Mohamed Ziad est, avec Redouane Lemhaouli, à l’origine du scandale d’espionnage qui secoue les relations entre les Pays-Bas et le Maroc. Il a accepté de nous rencontrer à Amsterdam.

    En mars dernier, vous avez été licencié par la police de La Haye qui vous accuse de collaborer avec les services de renseignements marocains. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

    A ce jour, je n’arrive toujours pas à réaliser ce qui m’arrive. D’ailleurs, je suis tombé des nues lorsque mes supérieurs m’ont appris la nouvelle. Je ne peux pas être un espion pour la simple raison que je n’ai pas la mentalité qu’il faut, je ne suis pas fait pour ça. Le militant associatif que je suis n’acceptera jamais de travailler pour un service de renseignement, qu’il soit marocain ou néerlandais. Les idéaux et les valeurs que je défends me l’interdisent.

    On vous dit proche des employés du consulat du Maroc, que vous fréquenteriez assidûment…

    Mais ce n’est pas un crime de rentrer dans un consulat du Maroc. Si j’y suis aussi souvent, c’est parce que je suis à la tête d’une association qui défend les droits des Marocains aux Pays-bas. Des gens ayant des problèmes avec l’administration marocaine font appel à moi, et c’est cela qui m’amène à m’y rendre régulièrement pour rencontrer un assistant social, dans le but de leur trouver des solutions. Cela ne prouve en rien que je suis un agent à la solde des services marocains.

    Quel rapport entreteniez-vous avec Redouane Lemhaouli ?

    J’ai rencontré son père en 2001 au sein du consulat du Maroc. Il était là parce qu’il avait lui aussi un différend à régler avec l’administration marocaine. Par la suite, les gens lui ont parlé de moi, il est donc venu vers moi pour me demander des conseils. C’est ainsi que j’ai connu Redouane Lemhaouli, à qui j’ai apporté mon aide dans le cadre du “projet Maxima”. Mon rôle à moi était de lui trouver des jeunes Marocains en situation difficile pour les inclure dans le projet.

    Selon vous, Lemhaouli, alias Ré, est-il un agent au service des renseignements marocains ?

    Pas du tout. Il n’y a pas si longtemps, Lemhaouli s’est vu saisir une maison à Tanger parce qu’il n’arrivait plus à rembourser son crédit. S’il était vraiment un espion, je ne pense pas qu’il aurait eu droit à ce genre de traitement.

    Et vous ?

    Je ne suis pas un espion. Ma propre mère restée au Maroc a été expulsée de son appartement à Casablanca parce qu’elle n’arrivait plus à payer son loyer. Si j’étais un espion, je ne crois pas que cela se serait pas passé ainsi. Et puis au commissariat de quartier où j’étais affecté, je n’étais qu’un simple préposé à l’accueil qui n’avait même pas accès à l’informatique.

    Comment avez-vous appris votre licenciement ?

    Mes supérieurs m’ont appelé du jour au lendemain pour m’annoncer qu’ils ne pouvaient pas me garder, sans autre forme d’explication. Ils m’ont ensuite accompagné à la maison pour récupérer mon uniforme de police. Je n’ai plus de contacts avec eux depuis ce jour-là.

    Si vous êtes innocent, pourquoi avoir choisi de garder le silence ?

    J’aurais pu donner suite à cette affaire, crier au scandale, mais j’ai choisi de tourner la page. Ce travail, en fin de compte, je n’en ai pas besoin. A la base, je suis assistant social, mais actuellement, je suis en arrêt maladie, et je perçois toujours mes indemnités d’invalidité. Ce travail à la police de La Haye, je le faisais à titre bénévole, pour meubler mon temps.

    DGED. Voyage au-dessus d’un nid d’espions

    La Direction générale des études et de la documentation (DGED, service de renseignements extérieurs) est une bien diplomatique appellation pour désigner la toile de l’espionnage marocain tissée à travers le monde. “Diplomatique”, le mot est trouvé. La DGED, nid d’espions au service du royaume, opère la plupart du temps dans le sillage de la diplomatie marocaine à laquelle l’essentiel de ses membres est théoriquement rattaché. La “centrale” a d’ailleurs des airs de diplomatie parallèle, surtout depuis l’avènement de Mohamed Yassine Mansouri, proche (et compagnon de classe) de Mohammed VI, à la tête de la DGED. Un Mansouri, qui a fait partie de la délégation officielle reçue cette semaine par le secrétaire général des Nations Unies, pratiquement au même titre que le ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri… La DGED a classiquement pour tâche de tenir une “veille” (informations et renseignements en tous genres) là où elle se trouve, aux quatre coins du monde. La veille est d’autant plus importante que les pays cibles représentent un enjeu politique important pour le Maroc : cas des voisins du Maghreb, Algérie et Mauritanie en tête, mais aussi de l’Europe (France, Espagne, Belgique, Hollande). Sans oublier les pays à forte implantation islamiste (Soudan, Pakistan, etc.). Concrètement, nos espions ont la tâche (secrète, bien entendu) d’infiltrer les milieux et les réseaux sensibles, à commencer par les rouages des chancelleries occidentales, mais aussi d’encadrer la communauté marocaine à l’étranger. Le but premier de toutes ces activités étant de suivre à la trace les mouvements des “fortes têtes” (activistes politiques, islamistes) marocaines de la diaspora. Comme nous l’ont expliqué plusieurs sources consultées pour les besoins de notre enquête, la DGED a un fort penchant pour les amicales marocaines à l’étranger, réputées très perméables aux infiltrations policières. Même les mosquées, à l’image de tous les lieux de rassemblement communautaire, n’échappent pas à la surveillance des espions venant ou agissant pour le compte de Rabat.

    © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés

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    Tags : Maroc, DGED, espions, espionnage, Yassine Mansouri, services secrets, renseignements,