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  • Maroc : Absence remarquée du roi lors de l’inauguration de l’extension de Tanger Med

    Mohamed VI et son absence remarquée lors de l’inauguration de la plus grande œuvre de son règne

    Por Ignacio Cembrero

    Fuente: Vanitatis, 29 juin 2019

    Il a ordonné à son fils, Moulay Hassan, de présider la cérémonie, laissant place à des spéculations sur les raisons de son absence.

    L’extension du port de Tanger Med, en face d’Algésiras, constitue le plus important travail d’infrastructure entrepris au cours des vingt années de règne de Mohamed VI au Maroc. Il s’agit d’un investissement global, entre contributions publiques et privées, de 2,380 milliards d’euros, soit 280 millions de plus que ce qui a finalement coûté le train à grande vitesse inauguré entre Tanger et Casablanca il ya environ huit mois.

    Tanger Med II, le nom donné à cet extension portuaire, est la dernière et la plus grande initiative de cette grande impulsion que le monarque alaouite a voulu donner au nord-ouest du Maroc que son père, Hassan II, a marginalisé pendant ses 38 années de règne. Il le considérait comme une région hostile à la monarchie. Par conséquent, le plus logique serait que ce soit le souverain en personne qui inaugure jeudi cette gigantesque œuvre qui, lorsqu’elle atteindra la plénitude de son rendement, fera de l’ensemble de Tanger Med non seulement le premier port d’Afrique, mais également de la Méditerranée.

    C’est ainsi qu’il a été annoncé à la presse qui a été convoquée jeudi à 15 heures pour assister, une heure plus tard, à l’inauguration solennelle par Mohamed VI, 55 ans, de Tanger Med II. Peu de temps avant le début de la cérémonie, les journalistes et invités ont toutefois été informés par les autorités qu’elle a été reportée de 24 heures à cause d’un « problème technique » dont ils n’ont donné aucune précision.

    Il y a « un navire en provenance de France qui devait arriver pour être le premier à entrer dans le port », mais « pour des raisons météorologiques, il ne peut pas être ici à temps ». C’était l’une des explications absurdes fournies par les autorités locales à la presse. L’hebdomadaire francophone de Casablanca « Tel Quel » les reprend sur son site Web et s’en moque rappelant par exemple que le bulletin météorologique indiquait que cette région de la Méditerranée occidentale était au calme absolu.

    Incommodé par le report, la très officielle Agence Spéciale Tanger Méditerranée est allée même jusqu’à démentir qu’une cérémonie était prévue.

    L’inauguration a finalement eu lieu vendredi après-midi, mais contrairement aux attentes, ce n’est pas le roi qui l’a présidée mais au dernier moment, il a délégué son fils, le prince Moulay Hassan, âgé de 16 ans. Ni les organisateurs de l’événement ni le palais royal n’ont donné des explications à propos de ce changement du dernier moment.

    L’absence royale a de nouveau déclenché les spéculations. Il va sans dire que la plupart d’entre elles signalent des problèmes de santé sans apporter la moindre information. En février 2018, Mohamed VI a été opéré avec succès à la clinique Ambroise Paré à Paris pour une arythmie cardiaque. Depuis lors, il a fait l’objet de contrôles périodiques – le dernier en juin – et l’on sait qu’il n’a subi aucun incident. Mercredi 26, il semblait en pleine forme lorsqu’il présidait l’inauguration de la première usine automobile en Afrique de la multinationale française PSA à Kénitra, un événement de moindre envergure que celui de Tanger Med II.

    Mohamed VI a une certaine tradition de poser des lapins, à titre d’exemple, aux invités étrangers qui allaient lui rendre visite à Rabat ou qui étaient déjà à la capitale. Parmi les victimes figurent les rois d’Espagne, dont la visite d’Etat a été annulée « pour des raisons d’ordre du jour » début janvier 2018, même le Premier ministre russe, Dimitri Medvedev, en octobre 2017, sans oublier le président turc Recep Tayip Erdogan, en juin 2013, alors qu’il était chef du gouvernement. Ils sont tous passés par la capitale marocaine sans pouvoir le voir.

    Cependant, jusqu’à présent, le monarque n’avait jamais manqué d’inaugurer les grands projets qu’il a propulsé et, parfois, d’autres beaucoup plus petits, comme par exemple la piscine municipale de Lalla Aicha, à Oujda, en juillet 2008. Bien qu’il est vrai qu’il porte le nom d’une de ses tantes, décédée en 2011, pour qui il avait une grande affection. Jamais en Europe un chef d’Etat n’inaugurerait un complexe municipal.

    L’adolescent Moulay Hassan, qui avait présidé un événement à Kénitra le même jour que son père – l’octroie de diplômes à une promotion militaire qui finissaient un cours d’Etat-Major – a été appelé vendredi par son père pour le remplacer, alors qu’il était prêt à entamer ses vacances. Les 17 et 18 juin, le prince héritier a passé avec succès ses premiers examens du baccalauréat au lycée Dar Essalam de Rabat.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Tanger Med, absentëïsme, maladie,

  • Maroc : Procès du journaliste qui a voulu débattre des absences du roi Mohammed VI

    Par: Ignacio Cembrero | 28 Juin, 2013

    Traduction de l’espagnol par Ahmed Benseddik

    Ali Anouzla, directeur du journal Lakome numérique, a été inculpé de diffusion de fausses informations sur une rixe tribale.

    « Le roi Mohammed VI, qui accumule de nombreux pouvoirs (Commandeur des croyants, Commandant en Chef des Forces Armées Royales, Président du Conseil des ministres, Président du Conseil supérieur de la magistrature et du Conseil supérieur des Oulémas, etc.), a-t-il le droit de s’absenter si souvent et si longtemps sans même annoncer la date et la durée de ses voyages à l’étranger ? Cette habitude royale pose un vrai problème constitutionnel, politique et moral. »

    Le seul journaliste marocain qui a osé poser cette question et apporter une réponse a été, le 4 Juin, Ali Anouzla, directeur du site numérique indépendant Lakome, dans un éditorial intitulé «De l’absentéisme royal». Il a publié le 4 Juin quand le souverain était en vacances en France. Au total, le monarque a consacré, depuis le début de l’année 2013, dix semaines à des voyages privés à l’extérieur du Maroc, en particulier au château qu’il possède à Betz, au nord de Paris.

    Ali Anouzla a été convoqué mardi 25 Juin par la police judiciaire de Fès et, le mercredi, par le procureur de la même ville. Il a été auditionné et accusé de «publication et diffusion, de mauvaise foi» de «fausses informations» et «faits inexacts» de nature à troubler l’ordre public. Il risque une condamnation en vertu de l’article 42 du code de la presse marocaine, à une peine allant d’un mois à un an de prison et une amende comprise entre € 110 et € 9.500.

    Quelle fausse information Anouzla a-t-il publié ? Le lundi 17 Juin vers 13h30, Lakome a repris une information publiée par RASSD, un journal numérique de Fès récemment crée, qui faisait état d’affrontements tribaux près de la ville ayant causé sept morts. A 14h, n’ayant pas pu vérifier la véracité de l’information, Lakome a retiré l’article en question, et peu après après 17h le site s’est excusé auprès de ses lecteurs suite à cette erreur.

    Le directeur du site local à Fès a également été convoqué par le procureur. Il a avoué avoir inventé l’histoire en vue d’induire en erreur les autres journaux numériques d’information. Mais le parquet n’a pas convoqué les responsables des autres sites numériques qui ont publié la même information fictive, parfois pendant des jours, et qui n’ont pas pris la peine de s’en excuser.

    « Je me demande si mon inculpation pour diffusion de fausses informations n’est qu’un prétexte, et si les motivations sont ailleurs », explique Anouzla au téléphone. Le procureur était pressé. Il a fixé l’audience pour le 16 Juillet. S’il est reconnu coupable, Anouzla ira en prison. En 2009, un tribunal l’avait déjà condamné à une peine d’un an de prison avec sursis, conformément à l’article 42 du code de la presse. Comme il s’agit de récidive, il devrait cumuler les deux peines.

    À la fin Août 2009, le palais royal marocain a publié un communiqué expliquant que le roi avait attrapé une infection dite rotavirus, une maladie qui affecte les intestins et qui l’a obligé à «une convalescence de cinq jours.» «L’état de santé de Sa Majesté le Roi n’est pas préoccupant», conclut le texte de ce communiqué.

    Anouzla, qui dirigeait à l’époque le quotidien Al Jarida Al Oula, avait publié un article intitulé: « La maladie royale retarde les causeries religieuses et son déplacement à Casablanca ». Un autre article signé par la journaliste Bouchra Eddou, signalait, en citant un médecin anonyme, que « l’origine du rotavirus contracté par le roi est due à la consommation de corticoïdes contre l’asthme qui causent l’enflure du corps et diminuent l’immunité». Ce commentaire médical lui a valu la condamnation.

    Étouffé par le manque de publicité Al Jarîda Al Oula a fermé en mai 2010, mais huit mois plus tard, Anouzla, infatigable, lance le site numérique arabophone Lakome. Plus tard, il lance avec Aboubakr Jamai une version francophone. Leur seule source de revenus pendant des mois fut la publicité de Google. Mais le site a connu un succès indéniable. Quand il a appris qu’il était poursuivi, Anouzla a déclaré : « La ligne éditoriale de Lakome ne changera pas d’un iota. ». Ceux qui connaissent la presse marocaine savent tous qu’ Anouzla est sans doute le journaliste le plus indépendant.

    Lorsqu’il n’est pas poursuivi par la justice, Anouzla est l’objet de harcèlement de la part des médias proches des autorités. Lorsqu’en Avril, le Conseil de sécurité de l’ONU a renoncé à élargir le mandat des casques bleus au Sahara occidental (MINURSO), afin qu’ils puissent surveiller les droits de l’homme, plusieurs médias proches des officiels avaient annoncé que le journaliste avait tenté de se suicider et avait été hospitalisé dans un état grave.

    Source : Le Blog d’Ahmed Benseddik, 3 jui 2013

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Ali Anouzla, Presse, absentéïsme,

  • Wikileaks: Le roi du Maroc ne semble pas intéressé par gouverner, selon le Mossad

    C’est une véritable bombe que vient de jeter le site Maroc Leaks. Le chef du Mossad, le Général Dagan, a déclaré aux américains que le roi Mohammed VI « ne semble pas très intéressé par gouverner ».

    Pour lui, le Maroc « fait mieux » dans la gestion de la menace terroriste « bien que le roi ne semble pas très intéressé par gouverner », selon un document révélé par Wikileaks en date 26 juillet 2007.

    Le manque d’intérêt et l’absentéïsme du roi du Maroc a été largement critiqué par la presse marocaine et internationale. C’est une des raisons pour lesquelles le journaliste Ali Anouzla a été persécuté par les autorités marocaines.

    Dans une interview accordée au journal belge Le Soir, le journaliste espagnol Ignacio Cembrero a déclaré que « Mohamed VI aime le pouvoir mais pas le travail qu’il suppose ».