Étiquette : Afrique

  • Selon le FMI : La réforme du franc CFA est une  » étape essentielle « 

    L’institution de Bretton Woods salue l’annonce de la modernisation des accords monétaires qui lient la France et l’Union économique ouest-africaine.

    La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a salué, dimanche 22 décembre, la réforme d’envergure du franc CFA décidée par huit pays d’Afrique de l’Ouest ainsi que par la France. Pour Kristalina Georgieva, ces changements  » constituent une étape essentielle dans la modernisation d’accords de longue date entre l’Union économique et monétaire ouest-africaine et la France « .

    En déplacement à Abidjan, le président français Emmanuel Macron a annoncé, samedi, la fin prochaine du franc CFA, créé en 1945 et perçu comme l’un des derniers vestiges de la  » Françafrique  » après les indépendances des années 1960.

    La réforme comprend le changement de nom de la monnaie, qui s’appellera désormais l’éco, la fin du dépôt de la moitié des réserves des pays africains concernés auprès du Trésor français ainsi que le retrait de la France des instances de gouvernance de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), où elle était présente.

    Parité avec l’euro conservée

     » Les mesures annoncées s’appuient sur le bon bilan de l’UEMOA en matière de conduite de la politique monétaire et de gestion des réserves extérieures « , selon Mme Georgieva, qui a souligné la faible inflation, la forte croissance économique, l’amélioration de la situation des finances publiques et l’augmentation du niveau des réserves de change des membres de l’UEMOA ces dernières années.

    La parité fixe avec l’euro et le rôle de garant financier de Paris pour les huit pays de l’UEMOA seront en revanche conservés.

     » Le FMI se tient prêt à coopérer avec les autorités régionales en fonction des besoins ainsi qu’à appuyer la mise en œuvre de cette importante initiative « , a assuré la patronne de l’institution financière.

    Le Maghreb, 25 déc 2019

    Tags : France, Afrique, françafrique, franc CFA, FCFA, eco, monnaie, euro,

  • La Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met en garde contre des invasions de Criquets pèlerins au Yémen et dans la Corne de l’Afrique

    Les dégâts causés aux cultures par de mauvaises conditions climatiques à l’origine de la multiplication et de la propagation des Criquets pèlerins

    ROME, Italie, 25 juillet 2019/ — La saison estivale de reproduction des Criquets pèlerins, amplifiée par de fortes pluies, peut représenter une grave menace pour les zones de production agricole au Yémen, au Soudan, en Erythrée et dans certaines parties de l’Ethiopie et du Nord de la Somalie lors des trois prochains mois, a averti aujourd’hui la FAO. Cela pourrait également avoir des répercussions négatives sur les rendements saisonniers agricoles et sur les économies locales, en affectant la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des populations dans les pays concernés.

    Cette année, des opérations de contrôle intensives sur le terrain et par voie aérienne ont été effectuées en Iran (sur 712 000 hectares), en Arabie Saoudite (sur 219 000 hectares) et au Soudan (sur 105 000 hectares) et ont permis de réduire la présence de Criquets pèlerins. Néanmoins, ces opérations n’ont pas réussi à empêcher complètement la formation d’essaims et le déplacement de ces derniers vers les zones traditionnelles de reproduction estivales au Yémen, au Soudan, dans la Corne de l’Afrique et le long de la frontière indo-pakistanaise.

    Il existe un risque modéré, voire élevé que la situation des Criquets pèlerins s’aggrave dans l’intérieur du territoire yéménite et sur le littoral du pays, ainsi qu’à l’intérieur du territoire soudanais, ce qui aurait pour effet de former des essaims qui menaceraient la production agricole d’ici la fin de l’été. Ce phénomène serait suivi par des augmentations d’essaims le long de la mer Rouge, au cours de la prochaine saison hivernale débutant en Novembre.

    Le Yémen, pays touché actuellement par la pire crise humanitaire au monde, est le plus concerné et à risque d’une infestation généralisée de bandes larvaires et de fortes pluies pouvant entraîner des formations d’essaims, et ce, dès cette semaine, ce qui pourrait avoir pour effet de voir émerger une autre génération de reproducteurs d’ici la fin du mois d’août, si les conditions climatiques demeurent favorables à la reproduction des criquets.

    Au pire des cas, en automne, les essaims de criquets pourraient migrer du Yémen vers la Corne de l’Afrique pour finalement atteindre le Kenya d’ici la fin de l’année, à moins que des mesures préventives de contrôle ne soient prises de manière urgente dans la région. La dernière invasion de Criquets pèlerins au Kenya remonte à 2007 et des opérations de contrôle aériennes ont été nécessaires afin de reprendre le contrôle de la situation.

    Au Nord-Est de la Somalie, des essaims matures de criquets ont été signalés à divers endroits ces dernières semaines. Ces derniers ont provoqué des dégâts majeurs sur les cultures. Des bandes larvaires sont maintenant en train de se former le long de la côte Nord-Ouest et probablement sur la côte Nord-Est à partir des œufs laissés par les essaims. Cette situation pourrait donner lieu à la création de nouveaux essaims d’ici la fin août.

    Des phénomènes semblables devraient apparaître dans l’Est de l’Ethiopie, lorsque des groupes de criquets adultes vont avoir l’occasion de partir de la région Amhara au Nord du pays vers les zones de reproduction estivales à l’Ouest de l’Erythrée et à l’intérieur du territoire soudanais.

    Au Soudan justement, nombreuses sont les populations adultes de criquets à être présentes dans la Vallée du Nil, tandis que des populations adultes sont apparues récemment et de manière dispersée sur la côte de la mer Rouge et au Nord du Kordofan, là où les reproductions estivales ont lieu.

    Des créatures dangereuses

    Après être devenus aériens, des essaims regroupant plus de dix millions de criquets peuvent parcourir jusqu’à 150km par jour, le vent aidant. Les Criquets pèlerins (Schistocerca gregaria) ont une durée de vie d’environ trois mois et un Criquet pèlerin femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs. Un Criquet pèlerin adulte consomme une quantité de nourriture fraîche équivalente à son propre poids chaque jour – soit près de deux grammes par jour. Un tout petit essaim consomme la même quantité de nourriture en une journée que près de 35 000 personnes.

    Il est nécessaire d’agir de manière urgente afin de prévenir la propagation des criquets et de sauver les cultures

    Des opérations de contrôle urgentes des Criquets pèlerins sont indispensables afin de protéger les cultures et d’atténuer les risques d’invasions au Yémen et d’empêcher les essaims de criquets d’envahir les pays voisins.

    Au Yémen, les opérations de contrôle sont freinées par l’insécurité qui prévaut dans les zones de reproduction des criquets et par le manque d’équipements et de fonds opérationnels. Afin de remédier partiellement à la situation, la FAO a pu mobiliser 100 000 dollars grâce au soutien de la Belgique à travers le Fonds spécial pour les activités d’urgence et le relèvement (SFERA) et 200 000 dollars issus de ses propres ressources afin de mettre en œuvre une campagne anti-criquets. La FAO travaille déjà à mettre en place des mesures urgentes afin de renforcer les opérations de surveillance et de contrôle dans les zones de reproduction.

    L’agence onusienne a également commencé à acquérir de l’équipement supplémentaire en vue de renforcer les capacités du Ministère de l’agriculture, afin de mieux contrôler les populations de criquets dans les zones infestées. De plus, la FAO a lancé un appel général en direction de la communauté internationale.

    Les premiers bénéficiaires sont les agriculteurs, les éleveurs de bétail et les populations nomades vivant dans les zones infestées. L’objectif étant de protéger leurs moyens d’existence et d’empêcher les éventuels dégâts que pourraient causer des invasions de criquets plus importantes sur leurs productions agricoles et leurs pâturages. Cette initiative bénéficierait à près de 100 000 personnes dans les provinces de Lahij, de Shabwah, d’Hadramout, d’Abyan, de Sana’a et d’Al-Hodeidah en sauvant leurs cultures, ce qui aurait pour effet de réduire les pertes agricoles et par conséquent de réduire le taux de faim et de pauvreté dans les zones rurales déjà impactées par le conflit en cours.

    Si le Soudan est mieux équipé et préparé que certains autres pays de la région, la situation politique actuelle du pays peut jouer en sa défaveur et diminuer l’efficacité des opérations mises en œuvre cet été. Les capacités en Erythrée, en Ethiopie et dans le Nord de la Somalie sont également relativement limitées.

    Etant donné la gravité de la situation actuelle des criquets, tous les pays se doivent de surveiller les conditions de leurs champs en organisant régulièrement des inspections sur le terrain et en prenant les mesures de contrôle nécessaires lorsque des invasions importantes de criquets sont détectées.

    La FAO propose un Service d’information sur le Criquet pèlerin, qui reçoit et analyse les données provenant des pays affectés par les criquets afin d’évaluer la situation actuelle des criquets, de fournir des prévisions et, lorsque nécessaire, d’émettre des avertissements et des alertes destinées à tenir au courant la communauté internationale des développements et menaces liés aux criquets.

    Tags : Afrique, crickets, Erythrée, Ethiopie, Somalie, FAO,

  • Qualification de l’Algérie pour la finale de la CAN : la joie dépasse les frontières

    Du Maroc à la Palestine, d’Alger à Paris, les supporters de l’équipe algérienne ont fêté la victoire des Fennecs face au Nigeria

    La qualification, dimanche 14 juillet au soir, de l’Algérie à la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), après sa victoire contre le Nigeria (2-1), a fait exploser de joie les Algériens.

    Sur une balle arrêtée exécutée par Riyad Mahrez dans les dernières minutes de la rencontre, l’Algérie l’emporte pour disputer la finale de la CAN face au Sénégal, vendredi 19 juillet.

    Pour cette demi-finale face au Nigeria, dix vols commerciaux de la compagnie Air Algérie ont transporté près de 1400 supporters des Fennecs au Caire, selon des sources concordantes, rapporte l’AFP.

    Les Fennecs jouaient « presque à domicile », relève Hani qui n’a pas réussi à obtenir un billet, précieux sésame pour embarquer sur l’un de ces vols.

    Cette joie a aussi été partagée par les Algériens expatriés, notamment en France, où des incidents ont fini par gâcher la fête… Près de 300 personnes ont été interpellées dans la nuit de dimanche à lundi, selon le ministère français de l’Intérieur.

    D’autres supporters des Fennecs à travers le monde arabe ont célébré cette victoire. À la frontière entre le Maroc et l’Algérie, fermée depuis 1994, les habitants des villages du côté marocain se sont rapprochés de la frontière :

    Et, cas unique dans le monde arabe, l’équipe algérienne a obtenu le soutien des Palestiniens dont le drapeau est systématiquement présent aussi bien dans les gradins des supportes des Fennecs que pendant les manifestations du hirak depuis le 22 février.

    Source : Middle East Eye, 21 jui 2019

    Tags: Algérie, CAN 2019, foot, championnat, afrique, Le Caire, Les fennecs,

  • Sept priorités pour l’Union africaine en 2018

    En 2018, l’Union africaine (UA) et son nouveau président d’assemblée, le président rwandais Paul Kagame, ont la possibilité de poursuivre les réformes institutionnelles indispensables. Mais l’UA ne doit pas perdre de vue les conflits et désamorcer les violences électorales potentielles.

    Quel est le problème? Les dirigeants de l’Union africaine se réunissent à la fin du mois de janvier pour leur sommet semestriel. Les réformes institutionnelles et financières essentielles constitueront probablement l’une des priorités de l’agenda 2018 de l’UA, mais l’organisation doit veiller à ce que sa mise en œuvre ne détourne pas l’attention de la prévention et du règlement des conflits.

    Pourquoi est-ce important? Le paysage des conflits en Afrique a changé: de nouvelles menaces, émanant en particulier des réseaux transnationaux djihadistes et criminels, aggravent les formes de conflit plus traditionnelles. Le climat géopolitique est devenu encore plus difficile à naviguer. Et les élections, qui sont souvent le déclencheur de la crise politique et de la violence, auront lieu dans 18 pays africains en 2018.

    Qu’est-ce qui devrait être fait? L’Union africaine doit accorder une attention particulière aux conflits les plus graves en Afrique et à ceux où elle peut avoir un impact réel: le Sud-Soudan, la République centrafricaine et la Somalie. En priorité, il devrait faire progresser les préparatifs en vue des élections en République démocratique du Congo et déployer des équipes d’observation au début du Cameroun, du Mali et du Zimbabwe.

    Vue d’ensemble

    2018 pourrait être une année de bouleversement dramatique pour l’Union africaine (UA), qui poursuit un vaste programme de réformes institutionnelles et financières. Fin janvier, le président rwandais, Paul Kagame – l’auteur et le superviseur principal du processus – a repris la présidence de la Conférence de l’Union africaine, la plus haute instance décisionnelle de l’organisation, ce qui signifie que la réforme sera au premier rang des priorités de l’UA. Les changements sont critiques pour la santé à long terme de l’organisation, mais leur mise en œuvre ne sera ni rapide ni facile. Kagame, travaillant en étroite collaboration avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, devrait veiller à ce que leur mise en œuvre ne sape pas trop l’énergie des autres travaux vitaux de l’Union africaine, en particulier la prévention et la résolution des conflits au niveau continental.

    Faki lui-même, depuis son entrée en fonction en mars 2017, a mis résolument l’accent sur la paix et la sécurité, contrastant fortement avec son prédécesseur, Nkosazana Dlamini Zuma, qui avait tenté de réorienter l’organisation vers un développement à long terme. Au cours de sa première semaine au pouvoir, Faki s’est rendu en Somalie, où une force de l’UA se bat contre l’insurrection résiliente d’Al-Shabaab. Lors de sa seconde visite, il s’est rendu au Sud-Soudan, théâtre du conflit le plus meurtrier du continent. Ces visites, ainsi que les visites ultérieures dans les États de la République démocratique du Congo (RDC) et du G5 du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) indiquent clairement à quel point M. Faki pense que les plus grands défis en matière de paix et de sécurité de l’UA se trouvent.

    En outre, il s’est employé à renforcer les relations avec les deux plus importants partenaires stratégiques de l’UA – l’ONU et l’Union européenne (UE). En avril, il a signé le Cadre commun pour le renforcement de la coopération sur la paix et la sécurité entre l’ONU et l’UA, longtemps attendu, qui devrait améliorer la collaboration entre les deux organisations. Faki a contribué à rétablir les relations avec l’UE, qui avait atteint un point bas en 2016 en raison de différends concernant le paiement de troupes à la mission de l’UA en Somalie (AMISOM). Les discussions en vue du sommet UA-UE de novembre suggèrent qu’un accord de coopération similaire à celui conclu entre l’UA et l’ONU sera probablement adopté en 2018. Le groupe de travail conjoint UA-UE-Nations Unies sur la migration, né du dégoût de l’esclave migrant enchères en Libye, est un développement positif qui tire parti des forces de chaque institution. Lorsque l’UA réévaluera ses partenariats avec d’autres organisations multilatérales et des États non africains en 2018, elle devrait s’appuyer sur ces succès et ne pas négliger les relations avec l’UE et l’ONU.

    Le climat géopolitique, déjà difficile lorsque Faki est entré en fonction en mars, est devenu encore plus difficile. Les tensions entre les puissances du Golfe, notamment entre l’Arabie saoudite et ses alliés, et le Qatar, se sont propagées dans la Corne de l’Afrique, aggravant l’instabilité en Somalie et exacerbant les tensions sur le Nil entre l’Égypte et l’Éthiopie qui avaient adopté des positions différentes sur le conflit. Les divisions entre les principales puissances au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies rendent encore plus difficile la recherche d’un consensus sur les crises, y compris celles survenant en Afrique. Bien que le président américain Donald Trump ait largement ignoré l’Afrique, les opérations de plus en plus importantes de son gouvernement dans la lutte contre le terrorisme risquent de compliquer davantage les crises en Somalie et au Sahel en l’absence d’un soutien plus global des États-Unis aux efforts de paix.
    Face à de nombreuses préoccupations concurrentes en matière de paix et de sécurité, l’Union africaine devrait se concentrer sur les crises les plus graves en Afrique et sur celles dans lesquelles l’organe continental ou ses représentants ont un rôle utile à jouer. Gardant cela à l’esprit, cette note présente les priorités de l’UA pour 2018. Celles-ci comprennent les importants efforts de réforme; limiter les perturbations dans le travail de l’institution causées par les frictions entre le Maroc et la République démocratique arabe sahraouie (RASD); aider à résoudre ou à éviter les crises liées aux élections en RDC, au Cameroun, au Mali et au Zimbabwe; et gestion des conflits en République centrafricaine, en Somalie et au Soudan du Sud.

    Direction stratégique

    I. Construire un consensus sur la réforme institutionnelle et financière

    L’UA s’est engagée dans un processus de réforme potentiellement radical, qui, s’il était pleinement mis en œuvre, pourrait s’avérer aussi important que la transformation en 2002 de l’Organisation de l’unité africaine en Union africaine. Les réformes en cours, menées par Kagame à la demande de l’Assemblée, visent à ramener l’attention de l’UA à quatre domaines seulement: la paix et la sécurité; affaires politiques; l’établissement d’une zone de libre échange continentale; et voix et représentation dans les affaires mondiales. L’autosuffisance financière accrue fait partie intégrante de ce processus, qui devrait rendre l’organisation plus légère et plus efficace. En 2012, alors que l’UA était la plus dépendante du monde, les États membres ne financaient que 3% de son budget de programmation. En 2017, ce pourcentage était passé à 14%, ce qui est encore loin de l’engagement pris par les États membres en juillet 2015 de financer 75% des programmes de l’UA d’ici 2020, plus 25% de ses activités en faveur de la paix et de la sécurité et de toutes ses dépenses d’opérations. . Des ressources supplémentaires doivent être mobilisées au moyen d’un prélèvement de 0,2% sur «tous les produits éligibles» importés sur le continent, dans le cadre d’un plan élaboré par Donald Kaberuka, haut représentant de l’Union africaine pour le Fonds pour la paix.

    2018 est une année charnière pour ces réformes. Fin janvier, Kagame succède à Alpha Condé, président de la Guinée, en tant que président de l’Assemblée. On s’attend à ce qu’il profite de son année à la barre pour mener à bien l’agenda qu’il a élaboré, approuvé par ses collègues dirigeants lors du sommet de l’UA de janvier 2017. Les États membres, la Commission et les communautés économiques régionales (CER) se sont déclarés déçus du processus mis en place à ce jour, invoquant un manque de consultation. Les réformes pourraient être déraillées sans une approche plus inclusive et collaborative.

    En particulier, Kagame doit dissiper les craintes de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui a dressé une liste exhaustive de ses préoccupations, notamment le caractère pratique de la taxe à l’importation de 0,2%, le rôle réduit du Comité des représentants permanents composé d’ ambassadeurs des États membres auprès de l’UA et la création d’une troïka des présidents de l’Assemblée actuels, sortants et futurs, chargée de représenter l’Union africaine aux sommets avec les partenaires. Il doit également gagner les cinq plus gros contributeurs au budget de l’UA – l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud – qui ont tous de sérieux doutes sur les réformes financières, entre autres propositions. Pour ce faire, Kagame devra constituer et mobiliser une coalition d’États favorables, issus de chaque sous-région, afin de vaincre les sceptiques. Lui et Faki devraient envisager des visites communes aux secrétariats de chaque CER reconnue par l’UA ou assister à leurs sommets respectifs pour expliquer les avantages de la réforme. Les États membres auront besoin de temps pour engager des consultations nationales, notamment en ce qui concerne le prélèvement de 0,2% sur les importations, qui nécessitera la ratification du parlement ou d’autres autorités locales de nombreux pays.

    Dans le cadre du processus de réforme, l’UA devrait entreprendre un examen global de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Le paysage des conflits continentaux a considérablement évolué depuis la conception et le développement de l’APSA au début des années 2000. De nouveaux défis sont apparus, notamment l’influence croissante d’acteurs non étatiques, en particulier de mouvements djihadistes et de réseaux criminels qui opèrent au-delà des frontières et exploitent et aggravent souvent des formes de conflit plus traditionnelles. L’UA a approuvé les forces ad hoc que les groupes d’États ont mobilisées pour réagir – l’Équipe spéciale multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad et la Force conjointe du G5 pour le Sahel – n’exerce que peu, voire pas du tout, de contrôle sur leur mandat ou leurs opérations. Un examen de l’APSA permettrait de déterminer si ces forces devraient être intégrées aux structures continentales et, le cas échéant, comment.

    II. Limiter les perturbations causées par les tensions entre le Maroc et la RASD

    Le Maroc a rejoint l’UA en janvier 2017, après 33 ans d’exil auto-imposé, pour protester contre l’admission de la République démocratique sahraouie (RASD). L’Algérie et plusieurs autres États s’opposaient fermement au retour de Rabat au motif que son «occupation» de la RASD contrevenait aux principes de l’UA. Beaucoup pensent que le Maroc tentera d’isoler et éventuellement d’expulser la RASD de l’UA et craignent que sa présence ne soit gênante: avant de le rejoindre, le Maroc a organisé des débrayages lors de plusieurs réunions internationales auxquelles ont assisté des représentants de la RASD. Dans son premier discours à l’Assemblée de l’UA, le roi Mohammed VI a tenté de rassurer ses collègues. « Nous n’avons absolument aucune intention de créer des divisions, comme certains voudraient l’insinuer », a-t-il déclaré, ajoutant: « L’action [du Royaume] contribuera au contraire à favoriser l’unité et le progrès ».

    Beaucoup pensent que le Maroc tentera d’isoler et éventuellement d’expulser la RASD de l’UA et craignent que sa présence ne perturbe la situation.

    Malgré ses assurances, les tensions entre le Maroc et la RASD ont déjà perturbé le travail de l’UA, retardant ou entravant les réunions internes et celles avec des partenaires extérieurs. En août 2017, lors d’une réunion ministérielle de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique à Maputo, au Mozambique, le ministre marocain des Affaires étrangères a été empêché de participer après avoir protesté contre l’inclusion de la RASD, conflit qui a dégénéré en altercation physique. Au cours des préparatifs du sommet UA-UE de novembre, beaucoup de temps et de volonté politique ont été consacrés à convaincre le Maroc de siéger, mais le roi a finalement participé pleinement, en grande partie à cause de l’importance du partenariat avec l’UE Afrique dans son ensemble.

    Les États membres et le personnel de la Commission de l’UA sont de plus en plus frustrés des deux côtés; ils devront faire preuve de diplomatie adroite pour atténuer les frictions. Faki devrait travailler avec les alliés des États membres pour persuader le Maroc, la RASD et leurs partisans respectifs de permettre à l’UA de travailler sans entrave. Des relations plus chaleureuses entre Pretoria et Rabat peuvent aider; Les deux pays ont convenu d’échanger des ambassadeurs après la rencontre entre le roi Mohammed VI et le président Jacob Zuma en marge du sommet UA-UE.

    Transitions contestées

    III. Aider à faire avancer les préparatifs pour les élections en RDC

    En 2017, le président Joseph Kabila a prolongé son mandat au moins jusqu’à la fin de 2018, malgré l’accord conclu avec Saint Sylvester en décembre 2016, qui prévoyait la tenue d’élections en décembre 2017. L’opposition et la société civile continuent de lutter pour se forger un mouvement populaire crédible face à la répression continue. Kabila conserve l’avantage, contrôlant le gouvernement, les forces de sécurité et la commission électorale. Pour le moment, il n’existe aucune garantie ni aucun engagement visible en faveur d’une organisation efficace des élections. La répression meurtrière exercée sur les manifestants le 31 décembre montre que la répression politique se poursuit sans relâche, ce qui renforce la crainte que les préparatifs électoraux ne soient qu’un écran de fumée.

    Cependant, l’économie congolaise est en crise et les pouvoirs du gouvernement sont faibles dans de grandes régions du pays. Un certain nombre de provinces subissent des insurrections locales ou des conflits intercommunautaires, entraînant l’une des pires crises humanitaires dans le monde. Le danger d’escalade de la violence reste élevé: l’expérience vécue au Kasaï, où la politisation de l’installation d’un chef local a provoqué un conflit dans plusieurs provinces, montre à quel point les troubles peuvent se propager rapidement. L’assassinat récent de quinze soldats de la paix de l’ONU à Beni est également un rappel brutal de la dangereuse dynamique dans l’est de la RDC.

    L’engagement international a été terne et incohérent, alors même que le gouvernement de Kabila avait volontairement enfreint les dispositions de Saint Sylvestre. Les États-Unis et l’UE ont été plus critiques et ont imposé des sanctions ciblées aux principaux responsables. L’UA, comme beaucoup d’autres États membres, dénonce les sanctions. Certains dirigeants africains expriment leur frustration à l’égard de Kabila en privé, mais leur soutien public tacite a donné du répit à son gouvernement.

    La commission électorale a reporté les élections présidentielle, législative et provinciale au 23 décembre 2018. Cela offre une occasion pour une diplomatie occidentale et africaine concertée et coordonnée, fondée sur le strict respect du nouvel échéancier, un vote crédible, une ouverture de l’espace politique et une garantie. que la constitution ne sera pas modifiée pour permettre à Kabila un autre mandat. L’opposition devrait s’engager activement dans le processus électoral.

    L’UA, qui a renforcé sa diplomatie en RDC au cours des derniers mois, pourrait utiliser le nouveau calendrier électoral comme base d’un engagement soutenu pour réduire les divisions entre l’Afrique et l’Ouest. Avec les acteurs régionaux (notamment la SADC, l’Afrique du Sud et l’Angola) et la communauté internationale au sens large, l’UA devrait surveiller les progrès de la commission électorale pour éviter de nouveaux retards et faire respecter les principes clés de l’accord de Saint Sylvester.

    Un groupe restreint mais représentatif de représentants des nations et organisations occidentales et africaines, y compris l’Union africaine, pourrait aider à forger un consensus international et limiter les possibilités de Kabila de faire du shopping libre. Ce groupe devrait établir et surveiller des points de repère pour le processus électoral et relier les initiatives aux niveaux local, régional et international. Enfin, l’UA devrait utiliser sa propre influence et sa légitimité, en particulier celle du Conseil de paix et de sécurité, pour inciter l’administration de Kabila à opter pour une transition et l’opposition à s’engager dans le processus électoral.

    Déployer des équipes d’observation bien avant d’autres élections critiques

    En plus de la RDC, dix-sept autres pays africains doivent organiser des élections présidentielle, législatives ou locales en 2018. Parmi eux, au moins treize sont aux prises avec un conflit ou en sortent ou ont des antécédents de conflits électoraux récurrents. Des sondages erronés ou violents, ou une série de votes qui provoquent des crises politiques, pourraient avoir des implications plus larges pour la démocratie et la stabilité sur le continent, dont certaines parties montrent déjà des signes de recul.

    Le Département des affaires politiques, sous-doté en personnel chronique et sous-financé, ne peut pas surveiller efficacement tous ces conflits. il devrait concentrer les efforts sur ceux qui nécessitent le plus d’attention. Outre les équipes à court terme qui surveillent les scrutins et les dépouillements, l’UA devrait déployer des observateurs à long terme, idéalement au moins six mois à l’avance, pour suivre les conditions plus générales des élections et l’environnement de la campagne; des conditions injustes sont souvent créées bien avant le scrutin. L’UA pourrait également envisager de combiner ses opérations d’observation avec celles des communautés économiques régionales.

    Trois sondages, hormis ceux de la RDC, méritent une attention particulière en 2018:

    Le Cameroun est confronté à une crise anglophone croissante dans le sud-ouest. Le gouvernement, déjà aux prises avec Boko Haram dans l’Extrême-Nord et les milices centrafricaines à l’est, semble mal équipé pour le désamorcer. Les troubles dans les zones anglophones montrent des signes d’insurrection naissante et pourraient déclencher une crise politique plus vaste qui risque de perturber les élections prévues pour octobre. L’UA et les autres acteurs internationaux devraient pousser le gouvernement et les militants anglophones à dialoguer et à promouvoir les conditions d’un vote crédible.

    Des élections présidentielles, à l’Assemblée nationale et régionales sont prévues au Mali, mais la mise en œuvre de l’accord de paix négocié par l’Algérie en juin 2015 reste lente. Les groupes armés se sont multipliés, se heurtant plus fréquemment aux forces maliennes et internationales. Le gouvernement reste largement absent du nord et les groupes djihadistes consolident le contrôle dans de nombreuses zones rurales. Les troubles se sont également propagés au centre du Mali, une région longtemps négligée par l’État. Dans ces conditions, administrer un vote crédible en 2018 sera difficile. Mais les élections devraient se tenir: le mécontentement populaire vis-à-vis du gouvernement actuel est élevé et toute tentative de les reporter, en particulier les élections présidentielles, pourrait alimenter les manifestations, en particulier dans la capitale Bamako. L’UA devrait assister les autorités maliennes dans leurs préparatifs électoraux, notamment en encourageant l’ONU et l’UE à appuyer un audit du registre des électeurs.

    Au Zimbabwe, l’euphorie qui a suivi l’éviction du président Robert Mugabe s’est apaisée, son remplaçant, Emmerson Mnangagwa, a consolidé le pouvoir du Front patriotique de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU-PF) et de l’armée, en nommant un cabinet composé de partisans et de hauts responsables de l’armée au lieu de construire une coalition plus large. Lors de son entrée en fonction, le président Mnangagwa a promis que les élections, qui doivent avoir lieu avant septembre 2018, seront libres et équitables, sans toutefois indiquer les réformes nécessaires pour garantir un vote crédible. L’Union africaine, travaillant de concert avec la SADC, devrait inciter le gouvernement à assainir les électeurs, à mettre en place un contrôle indépendant de la Commission électorale zimbabwéenne et à créer un environnement politique exempt de violence, d’intimidation et de propagande. Le Conseil consultatif électoral de la SADC devrait entreprendre une évaluation des conditions électorales et l’UA devrait déployer immédiatement des observateurs à long terme. Les deux institutions devraient également faire pression sur le gouvernement du Zimbabwe pour permettre aux groupes régionaux et internationaux d’observer les élections. La ZANU-PF et Mnangagwa ont intérêt à laisser les observateurs surveiller le processus: sans contrôle, un nouveau gouvernement aurait du mal à prouver qu’il dispose de la légitimité nécessaire pour que les donateurs et les institutions financières internationales soutiennent la reprise économique au Zimbabwe.

    Crises Majeures

    V. Mettre en œuvre la nouvelle feuille de route de l’UA en République centrafricaine

    La crise en République centrafricaine (RCA) s’est aggravée en 2017, la violence ayant fait de nombreuses victimes civiles et provoquant des déplacements massifs. En dehors de la capitale, Bangui, la majeure partie du pays est aux mains de groupes armés qui se disputent les ressources dans des configurations changeantes d’alliances. Dans le nord-ouest, la violence tourne principalement autour de groupes armés rivaux et de conflits perpétuels sur le mouvement du bétail, tandis que dans le centre et l’est, des groupes mènent une guerre de guérilla autour de zones d’influence et de ressources. La stabilisation est improbable à court terme et une victoire militaire sur les groupes armés encore moins. Les perspectives de reprise d’une guerre civile plus vaste ne peuvent être écartées.

    Jusqu’à présent, le gouvernement et ses partenaires internationaux ont été incapables de mettre fin aux troubles ou de trouver des solutions durables à la violence généralisée. Une médiation efficace entre les groupes armés et l’État nécessitera non seulement un dialogue, mais également des pressions, notamment en comprimant les flux de revenus et en renforçant la dissuasion militaire, notamment en débarrassant les villes des armes et en arrêtant les organisateurs d’attaques majeures. Les autorités nationales doivent également rétablir la confiance dans les périphéries, par exemple en répondant aux préoccupations de certaines communautés en matière de citoyenneté.

    Divers acteurs ou organisations internationaux et régionaux ont lancé des efforts de médiation parallèles en 2016 et au premier semestre de 2017. Toutefois, des agendas divergents, des rivalités institutionnelles et des approches divergentes ont envoyé des messages incohérents, notamment en ce qui concerne les amnisties pour les chefs rebelles, l’intégration des combattants dans l’armée et le retour. en RCA des anciens présidents. Bien que l’UA ait pris les devants et élaboré une nouvelle feuille de route pour la paix et la réconciliation en juillet 2017, destinée à promouvoir le dialogue et à conclure un accord sur le désarmement des combattants, peu de progrès ont été accomplis depuis. Pour que cette initiative aboutisse, la Commission de l’Union africaine, le Conseil de paix et de sécurité et représentant spécial, Bédializoun Moussa Nébié, ainsi que les voisins de la RCA, doivent intensifier leur engagement, notamment en poussant les dirigeants des groupes armés et le gouvernement à négocier. L’UA devrait également engager les ressources humaines et financières requises, en veillant à ce que son bureau de liaison dispose de tout le personnel et de toutes les ressources nécessaires.

    L’Union africaine devrait également régler les points de désaccord – notamment au sujet des amnisties et de la nomination de dirigeants rebelles à des postes gouvernementaux lucratifs – parmi les partenaires internationaux de la RCA, qui ont dans l’ensemble salué la récente initiative de l’Union africaine. Tout accord éventuel entre le gouvernement et les groupes armés nécessitera des garants provenant d’États africains et occidentaux, d’organisations continentales et régionales et de l’ONU. Un cadre à travers lequel les donateurs et les autres peuvent apporter un soutien politique et financier est également essentiel. Identifier les options à l’avance serait utile. L’appropriation du processus par les Centrafricains est essentielle à son succès, de sorte que l’UA devra également obtenir une plus grande participation du gouvernement.

    VI. Éviter un retrait précipité de la Somalie

    L’année 2017 a été agitée pour la Somalie. L’euphorie et l’optimisme ont suivi l’élection de Mohammed Abdullahi «Farmajo» à la présidence en février, mais le pays n’a pas subi l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire. Deux camions piégés à Mogadiscio ont fait au moins 500 morts en octobre. Les attentats à la bombe illustrent les défis auxquels fait face l’administration de Farmajo: les forces de sécurité nationales sont chroniquement faibles, tandis que l’insurrection al-Shabaab montre une puissance et une résilience constantes, reprenant récemment le territoire situé à l’extérieur de Mogadiscio. Farmajo doit également faire face à des conflits de longue date avec les clans et aux frictions grandissantes du gouvernement avec les États fédéraux, exacerbées par la crise du Golfe. Son administration n’a pas non plus beaucoup progressé dans la lutte contre les déficits chroniques de gouvernance qui sous-tendent l’instabilité de la Somalie.

    La Commission de l’UA pourrait envisager de convoquer un sommet au début de 2018 […] dans le but d’améliorer la coordination, notamment en ce qui concerne la formation et l’assistance des forces de sécurité.

    Peu de gens pensent que Al-Shabaab sera vaincu de sitôt, malgré le rythme grandissant de l’offensive militaire de l’AMISOM dans le sud de la Somalie, appuyée par les frappes aériennes américaines. La mission de l’Union africaine, elle-même sous-financée, souffre du moral des troupes et doit se retirer d’ici fin 2020. Cette date pose un dilemme aigu pour l’UA et les autres partenaires étrangers de la Somalie. Le retrait, qui a commencé en décembre 2017 avec le départ de 1 000 soldats de tous les pays fournisseurs de contingents, constitue un impératif politique. Pourtant, un retrait précipité ouvrirait presque certainement la porte aux gains d’Al-Shabaab, y compris sa possible reconquête de Mogadiscio, étant donné la faiblesse chronique et la corruption de l’Armée nationale somalienne. La Commission de l’Union africaine pourrait envisager de convoquer un sommet début 2018 réunissant des fournisseurs de contingents, des donateurs, des organismes régionaux et les Nations Unies dans le but d’améliorer la coordination, notamment en ce qui concerne la formation et l’assistance des forces de sécurité. Il est essentiel de ne pas précipiter le retrait et de se coordonner avec le gouvernement somalien et ses alliés impliqués dans la réforme du secteur de la sécurité.

    Le retrait imminent intervient à un moment de tension accrue entre Mogadiscio et les régions fédérales somaliennes. Au cours de la crise du Golfe en 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont fortement incité Farmajo à prendre parti pour rompre les relations diplomatiques avec le Qatar. Ses tentatives pour rester neutre – les Saoudiens, les Emiratis, les Qataris et son principal allié international, la Turquie, apportent une aide cruciale à la Somalie – ont conduit les EAU à renforcer leur soutien et à lancer un appel directement aux gouvernements fédéraux, en contrepoids à Mogadiscio. aggraver les frictions entre ces gouvernements et Farmajo et alimenter les factions politiques.

    VII. Aider à remodeler la stratégie de stabilisation du Soudan du Sud

    La fin des hostilités de Noël au Soudan du Sud a échoué, rappelant à quel point les conflits dans le pays sont insolubles. Bien que les combats aient diminué depuis son apogée au début de 2014, la violence reste omniprésente. Les forces gouvernementales ont l’avantage sur l’armée, mais bien que moins de régions fassent l’objet de combats actifs, une grande partie du pays existe toujours entre la guerre et la paix: la pauvreté, la violence et les déplacements sont des défis constants.

    En 2017, le gouvernement de transition, dirigé par la présidente Salva Kiir, s’est lancé dans une stratégie de stabilisation incohérente axée sur: le remaniement de l’accord de paix de 2015 à médiation régionale en sa faveur; lancer des négociations discrètes avec les groupes rebelles, associées à des pressions militaires pour les amener à accepter la paix aux conditions de Juba; et organiser un dialogue national. Grâce à cette stratégie, Kiir a réussi à passer d’un forum sous surveillance internationale à une approche nationale, dirigée par le gouvernement, exempte de toute surveillance externe importune. Les pays voisins ont fourni un soutien discret, mettant fin en grande partie à l’aide fournie aux groupes rebelles, mais les gouvernements occidentaux restent opposés à ce qu’ils considèrent comme les efforts de Juba pour instaurer la paix du vainqueur.

    Les avantages limités de cette stratégie, qui comprend des accords de paix avec plus de 10 000 rebelles armés, sont maintenant menacés. Sous la pression de la troïka (Norvège, Royaume-Uni et États-Unis), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, l’organe sous-régional qui a négocié l’accord de 2015) a lancé un forum de revitalisation pour ressusciter l’accord de paix par un nouveau cessez-le-feu et des délais convenus, retardant spécifiquement les élections prévues pour 2018. Le gouvernement a réagi à la pression internationale en élevant des voix moins compromettantes et plus belliqueuses dans ses rangs. Préserver les quelques avancées réalisées et prévenir une nouvelle détérioration devrait toujours être possible, même si cela nécessitera un engagement politique sérieux.

    Indépendamment d’autres facteurs, le gouvernement de transition contrôle la majeure partie du pays et doit être encouragé à promouvoir la paix et à améliorer les conditions de vie. Cependant, les gouvernements occidentaux ont été réticents à engager Kiir et l’IGAD s’est concentrée sur la prévention des conflits régionaux. Cela offre à l’UA une occasion de soutenir, d’élaborer et de transmettre des messages difficiles au gouvernement de transition – en public et en privé – sur la révision de sa stratégie de stabilisation et l’établissement d’un calendrier réaliste pour les élections. Alpha Oumar Konaré, haut représentant de l’UA, est perçu comme neutre, entretient de bonnes relations avec Kiir et est capable de livrer des vérités dures qui pourraient le pousser à adopter des positions plus modérées. Mais l’engagement de Konaré a été incohérent. Une participation soutenue, y compris des visites plus fréquentes à Juba, augmenterait sa capacité d’influencer les événements au Soudan du Sud.

    L’UA réactive son comité ad hoc de haut niveau sur le Soudan du Sud, connu officieusement sous le nom de UA5, qui comprend l’Algérie, le Tchad, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud. L’UA5 devrait coopérer étroitement avec les voisins du Sud-Soudan dans le cadre de discussions de chef à chef, en veillant à un équilibre entre atténuer les tensions régionales et soutenir la paix au Sud-Soudan. L’UA5, conjointement avec Konaré, devrait également envisager de faire participer Kiir à la stratégie de son gouvernement. Cela les obligerait à mettre en contact des discussions de haut niveau à l’étranger avec des discussions locales sur le terrain. Pour y parvenir efficacement, Konaré et l’UA5 auront besoin d’un personnel à plein temps capable de voyager fréquemment dans tout le Soudan du Sud.

    Source : Crisis Groupe, 17 jan 2018

    Tags : Afrique, Union Africaine, UA, conflits, Sahara Occidental, Maroc, Congo, RCA, ONU,

  • Cinquieme Reunion Ministerielle entre la Haute Representante de L’union Europeenne et les Ministres en Charge des Affaires Etrangeres du G5 Sahel

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    G5 Sahel

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Cinquieme Reunion Ministerielle entre la Haute Representante de L’union Europeenne et les Ministres en Charge des Affaires Etrangeres du G5 Sahel
    Des décisions importantes ont été prises pour un renforcement du partenariat stratégique et pour obtenir un impact plus fort de l’action commune menée sur le terrain au bénéfice des populations de l’espace G5 Sahel

    OUAGADOUGOU, Burkina Faso, 10 juillet 2019/ — 5ème réunion ministérielle entre l’Union européenne et le G5 Sahel (Ministres des Affaires étrangère du Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et le Secrétariat Permanent). Des décisions importantes ont été prises pour un renforcement du partenariat stratégique et pour obtenir un impact plus fort de l’action commune menée sur le terrain au bénéfice des populations de l’espace G5 Sahel.

    Communiqué Conjoint:

    1- Le 9 juillet 2019 s’est tenue à Ouagadougou la 5ème réunion ministérielle entre l’Union européenne et les Ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), sous la co-présidence de M. Alpha Barry, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération du Burkina Faso et représentant de la Présidence en exercice du G5 Sahel et de Mme Federica Mogherini, Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Vice-Présidente de la Commission européenne.

    2 – La tenue de cette 5ème réunion annuelle traduit la volonté de l’Union européenne et du G5 Sahel de renforcer leur partenariat, quelques semaines après la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’Union européenne et du G5 Sahel qui a eu lieu le 14 mai 2019 à Bruxelles.

    3 – Les deux parties ont passé en revue les différents domaines de leur coopération. A cet effet, elles ont exprimé leur profonde préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’espace G5 Sahel.

    4 – Au regard de la situation sécuritaire, caractérisée par la recrudescence des attaques par des groupes armés terroristes, des violences perpétrées par des groupes dits d’autodéfense et par des tensions intercommunautaires récurrentes, les deux parties ont appelé à une réaction déterminée et concertée des Etats concernés, soutenue par les acteurs régionaux et l’Union européenne afin de prévenir et circonscrire tout risque d’escalade et de déstabilisation de la région.

    5 – Les deux parties ont réaffirmé leur détermination à oeuvrer pour l’opérationnalisation de la Force conjointe, y compris sa composante police, et la mise en oeuvre du cadre de conformité des Droits de l’Homme et du Droit International Humanitaire.

    6 – Les deux parties ont réitéré leur volonté de tout mettre en oeuvre pour améliorer la coordination entre la Force Conjointe, les Forces de défense et de sécurité nationales et les partenaires internationaux.

    7 – Les deux parties ont salué les efforts consentis par les Etats du G5 Sahel pour la mobilisation des ressources internes pour faire face au terrorisme sous toutes ses formes. Elles ont, également, souligné l’importance d’un engagement accru et immédiat dans les zones fragiles pour assurer les services de l’Etat : la sécurité, la justice, les services sociaux de base.

    8- Parallèlement, les deux parties ont encouragé les Etats du G5 Sahel à impulser des initiatives en faveur de la réconciliation nationale et du dialogue intercommunautaire et intracommunautaire. Elles ont, en outre, souligné la nécessité du respect de l’Etat de droit notamment les droits de l’Homme, le droit international humanitaire, le droit des réfugiés et de lutter contre l’impunité ; en particulier, en vue de maintenir la confiance avec les populations tant au niveau national qu’au niveau sous régional.

    9- Considérant que la lutte contre les exactions commises par les groupes d’autodéfense est une condition primordiale pour prévenir l’escalade de la violence, les deux parties ont souligné l’urgence de procéder au démantèlement des milices dans le cadre d’un processus de réforme du secteur de sécurité et de programmes de réduction de la violence communautaire.

    10 – Les deux parties ont décidé de consolider leur partenariat sur la base des priorités suivantes :

    – l’appropriation par les cinq pays du G5 Sahel notamment à travers une coordination renforcée par le Secrétariat Permanent ;
    – la définition d’un cadre d’action intégré en matière de sécurité et de développement et l’identification de zones prioritaires sur lesquelles seront concentrés les efforts des parties ;

    – innover dans les modalités de mise en oeuvre de l’aide, tant dans le domaine de l’appui à la Force conjointe que dans les actions de développement pour répondre rapidement aux attentes de la population.

    Dans ce contexte et sur la base de ces priorités, l’Union européenne appuiera la Force conjointe, y compris sa composante police à hauteur de cent trente-huit millions (138 000 000) d’euros additionnels.

    11 – Les deux parties ont décidé de la mise en place d’une feuille de route pour la définition et l’opérationnalisation du cadre d’action intégré visé au point précédent.

    12- Les deux parties se sont engagées à une meilleure communication sur les actions menées sur le terrain.

    13 – Les Ministres du G5 Sahel ont également exprimé leur reconnaissance à la Haute Représentante de l’Union européenne/Vice-présidente de la Commission, Madame Federica Mogherini, pour les efforts inestimables et son engagement constant, depuis le début de son mandat, pour le renforcement du partenariat entre l’UE et le G5 Sahel.

    14 – Les deux parties ont, à la fin de leurs travaux, exprimé leur gratitude, a Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, Président en exercice du G5 Sahel, ainsi qu’au peuple burkinabè, pour l’hospitalité généreuse et les facilités mises à leurs dispositions durant leur séjour en terre burkinabè.

    Tags : Afrique, Sahel, G5, sécurité, terrorisme, France, Union Européenne,

  • Le Nigeria rejoindra officiellement la ZLECA

    Selon le communiqué de la présidence, Le Nigeria signera l’accord de libre-échange lors du prochain sommet de l’Union africaine à Niamey (Niger)

    Le Nigeria, plus grande économie du Continent et première puissance démographique avec ses 200 millions, a été l’un des pays les plus récalcitrants à la signature de la ZLECA. « Notre position est très simple, nous soutenons le libre-échange dans la mesure où il est juste et mené sur une base équitable », a déclaré le président de la république du Nigeria. L’accord de libre-échange continental africain vise à éliminer les tarifs douaniers entre les États membres.

    Le président Muhammadu Buhari avait exprimé son inquiétude quant à la possibilité pour les pays voisins d’inonder le Nigeria de produits à bas prix et de nuire aux efforts visant à redynamiser l’industrie et à développer le secteur agricole.

    L’accord sur la ZLECA signé par la quasi-totalité des pays africains à l’exception du Bénin, de l’Erythrée et du Nigeria est entré en vigueur le 30 mai 2019.

    De ces trois pays, c’est surtout l’absence du Nigeria qui a le plus fait polémique à cause de son poids économique et démographique. la population du Nigeria devrait passer de 206 millions d’habitants en 2020 à 264 millions en 2030.

    Le pays, selon les dernières prévisions économiques de la Banque africaine de développement (BAD), représente près de 20% du PIB continental et environ 75% de l’économie ouest-africaine

    Vision de l’agenda 2063

    Conformément à la vision de l’Agenda 2063, l’Afrique que nous voulons » de l’UA, la ZLECA devrait couvrir un marché de 1,2 milliard de personnes, représentant un produit intérieur brut (PIB) de 2 500 milliards de dollars.

    Selon la Commission économique pour l’Afrique (CEA), la mise en œuvre de la ZLECA pourrait accroître le commerce intra-africain de 52,3% en éliminant les droits de douane à l’importation et le doubler si les obstacles non tarifaires sont réduits.

    Afrik Economy, 3 jui 2019

    Tags : Nigeria, ZLECA, libre-échange, afrique, union africaine, UA,

  • La Zlec : un accord pour une économie africaine prospère?

    Le 21 mars 2018, les leaders des différents pays africains sont réunis afin de révolutionner le continent sur le plan économique. La création d’une Zone de libre-échange continentale (ZLEC) prend forme avec la signature de 44 pays des 55 membres de l’Union africaine. Cet accord de la ZLEC s’est tenu dans la capitale du Rwanda, à Kigali, lors du dixième sommet de l’UA (1).

    Un futur prospère à l’horizon

    La Zlec doit ultimement permettre l’élimination progressive des droits de douane entre pays membres, favorisant ainsi le commerce intracontinental (2). Important semble être l’enjeu auquel s’attaquent plusieurs États africains. On estime que seulement 16 % du commerce des pays d’Afrique se fait avec d’autres pays du continent, loin derrière l’Asie (autour de 50 %) et l’Europe (près de 70 %) (3). En enlevant les droits de douane ainsi que les frais reliés à ceux-ci, on attend d’ici à 2022 une augmentation du commerce intra-africain s’élevant à 60 %. C’est ce qu’affirme Albert Muchanga, commissaire au Commerce et à l’industrie. Celui-ci souhaite donc que chaque pays membre de l’Union africaine adhère à la Zone de libre-échange continentale (4). Bien que quarante États africains aient signé l’accord le 21 mars 2018, la mise en œuvre ne se fera qu’une fois qu’il aura été ratifié par 22 pays, soit la moitié des pays signataires (5).

    D’ici 2028, le projet devrait aussi mener à la création d’un marché commun et d’une union économique et monétaire en Afrique (6). L’accord a pour but l’émancipation des pays africains de la faible diversification de leur économie. Avec des secteurs des services et de l’industrie sous-dimensionnés, certains États africains se sont limités aux performances économiques provenant des matières premières exportées, comme le pétrole, le cacao ou l’or (7). Toutefois, l’Éthiopie et le Ghana ont investi dans les industries locales, ce qui a favorisé la croissance économique des deux États en diversifiant leur marché (8).

    Landry Signé, un expert en développement à l’université Stanford aux États-Unis, envisage une diversification considérable du secteur manufacturier par la Zlec. En effet, le marché composé de plusieurs millions de personnes représenterait éventuellement 1,2 milliard $ US. La Zlec pourrait également procurer au continent une plateforme afin de négocier de meilleurs accords commerciaux à l’échelle internationale (9).

    Des bâtons dans les roues?

    L’Afrique du Sud est un ardent défenseur de l’accord, perçu comme injuste puisque certaines économies africaines sont trop petites pour pouvoir se diversifier seules et s’industrialiser (10). Le consultant nigérian en commerce international, Sola Afolabi, pense que seuls les pays moins développés disposant de ports desservant les pays enclavés rejetteront la Zlec, de crainte de ne plus toucher leurs revenus douaniers (11).

    Il n’y a pas que les acteurs politiques et étatiques qui constituent une entrave importante au succès de la Zlec; les obstacles commerciaux en sont aussi. On remarque notamment que le sous-développement des services d’infrastructures et de réseaux nuit de façon significative au commerce intracontinental (12). De plus, les procédures fastidieuses de visas d’entrée sont reconnues pour limiter les activités des investisseurs en Afrique et des prestataires de services (13). De surcroit, le manque de réglementation et la corruption dans le secteur des services ralentissent le développement du commerce du continent également. En guise d’exemple, on mentionne que les critères relatifs à l’émancipation économique qui proviennent souvent de revirements politiques et de contradictions réglementaires engendrent une frustration chez les investisseurs (14). Enfin, l’accès aux réglementations régissant le secteur des services en matière d’immatriculation des entreprises, de procédures d’agrément, de fiscalité et de politiques de rapatriement des bénéfices pour les décisions des entreprises minimisent les vides juridiques, favorisant la corruption (15).

    Le Nigeria réticent

    Les doutes des acteurs nigérians gravitant autour de la sphère présidentielle sur les conditions de mise en œuvre de ce traité n’encouragent pas le Nigeria à rejoindre la Zlec (16). De surcroit, plusieurs organisations professionnelles du pays ont partagé des inquiétudes relativement aux implications de ce traité sur l’économie nigériane (17). Par ailleurs, certains associeraient le retrait du Nigeria à une tendance protectionniste croissante (18).

    Le Nigeria Labour Congress (NLC), une importante organisation syndicale, a exprimé sa crainte à propos des effets négatifs de la Zlec, et sa requête à être plus impliqué dans les négociations. En réaction, le président du Nigéria, Muhammadu Buhari, suspend sa visite à Kigali; d’autant plus qu’il apprend que certains acteurs nigérians n’ont pas été consultés avant la signature (19).

    Un membre de la Communauté de développement d’Afrique australe explique que le NLC ne s’oppose pas au projet, mais qu’il se montre précautionneux face à celui-ci puisqu’il ne possède pas d’études d’impact (20). inalement, selon la présidence nigériane, la décision du président aurait pour but d’acheter du temps en ce qui concerne les consultations avec le secteur privé (21).

    Références:

    (1) Perspective Monde, « Accord à Kigali en prévision d‘une Zone libre-échange continentale en Afrique », 6 juillet 2016, URL http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?code Pays=JPN&codeEve=1534&grandesRegions=100&slide=200… consulté le 02/11/2018

    JeuneAfrique, « Union africaine : l’accord sur la zone libre-échange continentale signé Kigali », 21 mars 2018, URL https://www.jeuneafrique.com/544161/politique/unio… consulté 05/11/2018

    (2) N’Gampoula, Nestor, « Union africaine : 44 pays signent l‘accord créant la zone libre-échange continentale », 21 mars 2018, URL http://www.adiac-congo.com/content/union-africaine… consulté le 02/11/2018

    (3) Jeune Afrique, « Union Africaine : L’Afrique face aux défis de la Zone de libre échange continentale », 19 mars 2018, URL https://www.jeuneafrique.com/543644/politique/unio… consulté le 03/11/2018

    (4) Le Point Afrique, « Zone libre-échange africaine : ce sera sans le Nigéria », 20 mars 2018, URL http://afrique.lepoint.fr/economie/zone-de-libre-e… consulté le 02/11/2018

    (5) Allard, Daniel, « Enfin la ZLEC : 44 pays signent un accord de libre-échange quasi-continental », Commerce Monde, 4 mai 2018, URL https://www.commercemonde.com/2018/05/44-pays-dafrique/, consulté le 02/011/2018

    (6) Le Point Afrique, op. cit.

    (7) Loc. Cit.

    (8) Loc. Cit.

    (9) Loc. Cit.

    (10) Loc. Cit.

    (11) Loc. Cit.

    (12) Sawere, Viola and David Ndolo, « Négociations de la ZLEC sur les services : comment parvenir un accord d‘ici 2017? », International Centre for Trade and Sustainable Development, vol. 17, n. 4, 31 mai 2016, URL https://www.ictsd.org/bridges-news/passerelles/news/n%C 3%A9gociations-de-la-zlec-sur-les-services-comment… consulté le 11/11/2018

    (13) Loc. Cit.

    (14) Loc. Cit.

    (15) Loc. Cit.

    (16) Barma, Aboubacar Yacouba, « Zone de libre échange continentale : le Nigéria fait marche arrière et suspend sa participation », Afrique LaTribune, 19 mars 2018, URL https://afrique.latribune.fr/politique/integration… consulté le 05/11/2018

    (17) Loc. Cit.

    (18) Le Point Afrique, op. cit.

    (19) Jeune Afrique, « Union Africaine : L’Afrique face aux défis de la Zone de libre échange continentale », op. cit.

    (20) Loc. Cit.

    (21) Barma, Aboubacar Yacouba, op. cit.

    Dernière modification: 2018-11-12 16:12:12

    -N.D.L.R.: Il est possible que des hyperliens actifs au moment de la recherche et de la rédaction de cet article ne le soient plus ultérieurement.

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    Tags : ZLECA, libre échange, afrique, union africaine,

  • La Fondation Merck avec La Première Dame du Burundi publie « Plus Qu’une Mère », une chanson d’autonomisation en Français, par courtoisie à toutes les femmes infertiles du Burundi et de l’Afrique

    La Fondation Merck poursuit son engagement en faveur de la sensibilisation sur l’infertilité

    BUJUMBURA, Burundi, 18 juin 2019/ — la Fondation Merck (Merck-Foundation.com), la branche philanthropique de Merck KGaA Allemagne, en collaboration avec La Première Dame du Burundi et sa fondation, la Fondation Buntu, a publié une chanson d’autonomisation, une chanson thématique de la campagne « Merck Plus Qu’une Mère », à titre gracieux à toutes les femmes infertiles du Burundi et de l’Afrique. « L’objectif de la chanson est de briser la stigmatisation liée à l’infertilité en Afrique et dans le reste du monde dans le cadre de la campagne de sensibilisation communautaire de ‘Merck Plus Qu’une Mère’ », a déclaré le Dr. Rasha Kelej CEO of Merck Foundation and President of Merck more than a Mother.

    La chanson a été composée par les gagnants de « Merck More than a Mother Song Award », un groupe très talentueux du Burundi

    Dr. Rasha Kelej souligne : « Je remercie ma sœur S.E. MADAME DENISE NKURUNZIZA, La Première Dame du Burundi et Ambassadrice de Merck Plus Qu’une Mère pour sa créativité. Cette belle chanson en français « Plus Qu’une Mère » transmet un message important à la société selon lequel les femmes sont plus que des mères, elles sont des membres utiles et productifs de la société, qu’elles aient des enfants ou non. Elle parle également de la stigmatisation autour de l’infertilité, donne un message important selon lequel la fertilité est une responsabilité partagée et que les hommes devraient soutenir leurs femmes tout au long de leur traitement. Cela me rend très heureuse de découvrir de jeunes talents africains et de travailler en étroite collaboration avec eux pour créer un important changement de culture dans nos sociétés ».

    S.E. MADAME DENISE NKURUNZIZA, La Première Dame du Burundi, Présidente de la Fondation Buntu et Ambassadrice de Merck Plus Qu’une Mère, a souligné : « L’objectif de cette chanson est l’autonomisation des femmes infertiles au Burundi et de faire comprendre à toute la communauté africaine que l’infertilité n’est pas un stigma. C’est notre contribution à ‘Merck Plus Qu’une Mère’, une campagne importante de la Fondation Merck »

    « La chanson aborde la stigmatisation liée à l’infertilité dans le but de sensibiliser la communauté sur l’infertilité masculine et de sensibiliser la communauté au fait que les hommes aussi (#MenToo) peut souffrir de l’infertilité, pas seulement les femmes, et appelle chaque mari à partager le parcours du traitement de l’infertilité avec son épouse », a ajouté le Dr. Rasha Kelej.

    Le groupe a été sélectionné lors d’un concours spécial organisé entre dix groupes de chorales locales du Burundi lors du lancement de la Fondation Merck au Burundi en Mars 2019.

    La Fondation Merck a œuvré à tous les niveaux pour introduire un changement de culture dans la société africaine et a plaidé en faveur des femmes qui ne peuvent pas avoir d’enfants contre la discrimination, l’isolement et la violence.

    Outre cette chanson, la Fondation Merck a lancé 14 chansons locales avec des chanteurs célèbres du Ghana, du Rwanda, du Kenya, de Sierra Leone et de Gambie afin de sensibiliser le public sur l’infertilité masculine et de briser la stigmatisation autour des femmes infertiles en Afrique, comme Tom Close, du Rwanda, « Life is bigger » et Sunita de Gambie pour « More than a Mother ». De plus, S.E. La Première Dame du Burundi a composé trois chansons en Français, Anglais et Kirundi.

    La Fondation Merck a travaillé en étroite collaboration avec des chanteurs locaux en Zambie pour créer des chansons abordant le même problème afin de sensibiliser la communauté dans le but de mettre fin à la stigmatisation liée à l’infertilité et d’autonomiser les femmes infertiles. Un autre projet en préparation est la chanson panafricaine avec six chanteurs de six pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est.

    La Fondation Merck prévoit de publier prochainement ces chansons sur toutes les télévisions et radios africaines.

    « L’art a la capacité et l’influence nécessaires pour faire ressentir le problème, ce qui stimule davantage les émotions et conduit à l’engagement et à l’action. Nous avons donc utilisé ce support pour aborder le problème de l’infertilité et de la stigmatisation qui y est associée. Personnellement, je pense que cette chanson ajoutera une valeur significative pour apporter le changement de culture que nous préconisons au Burundi et dans le reste de l’Afrique » a conclu le Dr. Rasha Kelej.

    Tags : Burundi, mères, femmes, afrique,

  • Qu’a fait Mouammar Kadhafi pour la Libye ?

    Ce vendredi marquait le 77ème anniversaire de la naissance de Mouammar Kadhafi, le dirigeant africain qui a unifié la Libye et favorisé le développement social et économique de son pays !

    « La Libye a été un exemple pour les nations africaines et arabes sous le gouvernement de Mouammar Kadhafi », a déclaré l’analyste international Basem Taljedine dans une interview pour teleSUR.
    Taljedine a souligné que pendant les plus de 40 ans de mandat de Kadhafi, la Libye a connu des progrès significatifs dans les domaines social, politique et économique, qui ont été perdus après son assassinat en 2011.

    La Libye avant Kadhafi !

    L’analyste international a affirmé qu’avant Kadhafi, la Libye était un pays avec un arriéré en termes d’éducation, de santé, de logement, de sécurité sociale, etc.

    Après la Seconde Guerre mondiale, la Libye a été cédée à la France et au Royaume-Uni ; en 1949, l’Assemblée Générale des Nations Unies (ONU) a adopté une résolution qui favorisait l’indépendance de la Libye avant 1952.
    Londres a favorisé l’émergence d’une monarchie saoudienne contrôlée, la dynastie des Senussis, qui gouvernait le pays depuis son « indépendance » en 1951.

    Le régime étranger défendait les intérêts économiques et militaires anglo-saxons.

    Vers 1963, les fouilles de pétrole et de gaz ont commencé, mais la richesse provenant du pétrole ne s’est pas traduite par des avantages pour la population.

    Selon l’article « La Libye selon l’ONU et la dure réalité » de Thierry Meyssan, il n’y avait pas d’écoles dans le pays africain et seulement 16 diplômés universitaires, il n’y avait que 2 avocats et pas un seul médecin, ingénieur, topographe ou pharmacien libyen dans le royaume.

    Seulement 250.000 personnes sur un total de 4 millions de personnes savaient lire et écrire.

    La situation de la Libye avec Kadhafi !

    Selon l’analyste, Mouammar Kadhafi a fait de la Libye un exemple pour l’Afrique et le monde arabe, le dirigeant libyen a unifié la nation, créé des institutions et des ministères pour renforcer l’institutionnalisation du pays.
    Mouammar Kadhafi dirigeait la Libye depuis 1969, depuis qu’il a renversé la monarchie du roi Idris, qui se trouvait en Turquie.

    Un Conseil Révolutionnaire a été établi qui a déclaré le pays musulman, nassériste (un mouvement révolutionnaire égyptien proclamant la fin de la monarchie) et socialiste.

    La Révolution Verte, comme on appelait le mouvement, a mis en place une réforme agraire, un système de sécurité sociale, une assistance médicale gratuite et la participation des travailleurs aux bénéfices des entreprises publiques.

    Kadhafi a fait progresser un plan d’action social pour promouvoir le développement humain de la Libye, garantir l’accès à l’eau, à l’éducation gratuite et à la santé.

    Le dirigeant libyen a nationalisé l’industrie pétrolière pour distribuer les bénéfices de la vente du pétrole brut, construire des canaux de communication et consolider l’agenda social.

    Selon Kenneth Nichols O’Keefe, militant antiguerre irlando-palestinien, pendant le mandat de 42 ans de Kadhafi, l’électricité a commencé à être distribué à la population gratuitement, ainsi que des services médicaux et l’alphabétisation est passée de 5 à 83 %.

    Si un Libyen possédait une terre et l’utilisait pour des travaux agricoles, le gouvernement lui accordait un crédit et un soutien en machines, semences et conseils de l’État.

    Le logement étant considéré comme un droit de l’homme, les jeunes mariés recevaient une prime équivalant à 50.000 dollars pour acheter une maison.
    Les prêts de toute nature étaient accordés à un taux d’intérêt nul, la Banque Centrale de Libye était une institution souveraine au service et dans l’intérêt des citoyens libyens.

    Taljedine a rappelé que Kadhafi avait encouragé la coopération entre les pays africains par le biais de l’Union Africaine, fondée en mai 2001.

    L’analyste a indiqué que Kadhafi prévoyait la création d’une monnaie unique soutenue par les réserves d’or de la Libye.

    Avec Kadhafi, la Libye est devenue le pays africain ayant le revenu par habitant le plus élevé.

    Durant les 42 années du Gouvernement de Mouammar Kadhafi, la Libye a réussi à se positionner comme le pays avec le plus haut niveau de vie d’Afrique, après avoir été la nation la plus pauvre du monde !

    La Libye après Kadhafi !

    Taljedine a déclaré qu’après l’invasion par l’Organisation de l’Atlantique Nord (OTAN) en février 2011 et l’assassinat de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la situation du pays est devenue pire qu’avant l’arrivée au pouvoir du dirigeant libyen.

    Actuellement, la Libye compte trois gouvernements : deux dans la capitale, qui se disputent le pouvoir dans l’ouest du pays, et un autre à Tobrouk, qui domine les régions orientales et contrôle les principales ressources en pétrole.

    Le conflit armé ouvert depuis 2011 a coûté la vie à plus de 5.000 personnes, près d’un million d’entre elles ont fui leur foyer, leurs exportations de pétrole ont chuté de 90 % et les pertes de son PIB s’élèvent à environ 200 milliards d’euros au cours des huit dernières années, selon les chiffres recueillis par Middle East Monitor.

    Les exportations d’hydrocarbures, qui représentent plus de 70 % du PIB de la Libye et 95 % des exportations totales, ont chuté.

    La Libye est utilisée par les mafias pour le transit et le commerce des réfugiés d’Afrique vers le continent européen.

    Source : Dernière Info

    Tags : Libye, Printemps arabe, Moamar Kadhafi, Afrique,

  • Qu’est-ce que la Françafrique?

    Guerres civiles, dictatures, pauvreté, analphabétisme, malnutrition… La situation précaire de l’Afrique francophone soulève de nombreuses questions. Pourquoi tant de misère dans des pays si riches en matières premières ? À qui profite l’argent du pétrole, de l’uranium, du diamant, du bois, des minerais ? Comment expliquer la présence permanente de l’armée française dans ses anciennes colonies ? Pour quelles raisons le gouvernement français reçoit-il régulièrement, avec tous les honneurs, des dirigeants africains parvenus au pouvoir par des coups d’Etat ou des élections truquées ?

    UNE DÉCOLONISATION INACHEVÉE

    La Françafrique désigne le système politique et institutionnel ainsi que l’ensemble des réseaux qui permettent à la France de garder la mainmise sur ses anciennes colonies, afi n de garantir son accès aux matières premières et de conserver sa puissance sur l’échiquier international. Il a été mis en place au moment des indépendances africaines par le sommet de l’Etat français et a accompagné toute l’histoire de la Ve République. « Le temps de la françafrique est révolu » — François Hollande, le 12 octobre 2012 à Dakar —

    ET AUJOURD’HUI ?

    Aujourd’hui, tout en prétendant avoir mis fi n à ces pratiques, la France poursuit son ingérence dans ses anciennes colonies. Le pillage et les guerres sont banalisés sous prétexte de crise économique et de lutte contre le terrorisme. Dans les médias comme les discours politiques, racisme et préjugés participent de ce système. La Françafrique s’oppose à la démocratie et aux droits de l’Homme en Afrique, car elle repose sur le maintien de régimes dictatoriaux, répressifs et prédateurs, qui empêchent toute émergence démocratique.

    La Françafrique s’oppose à la démocratie et aux droits de l’Homme en France, car elle résulte de décisions prises sans la moindre transparence par les plus hautes sphères de l’État, sans concertation ni contrôle parlementaire ou citoyen. « La Françafrique, c’est comme un iceberg. Vous avez la face du dessus, la partie émergée de l’iceberg : la France meilleure amie de l’Afrique, patrie des droits de l’Homme, etc. Et puis ensuite, vous avez 90 % de la relation qui est immergée : l’ensemble des mécanismes de maintien de la domination française en Afrique avec des alliés africains. » La France développe et déploie ses pratiques néocoloniales, avec la complicité de nombreux chefs d’Etats africains dits « amis de la France » : pillage des matières premières, corruption, détournement de l’aide au développement, soutien aux dictatures, trafi cs, interventions militaires (François-Xavier Verschave, ancien président de Survie, auteur de La Françafrique, le plus long scandale de la République, 1998, Stock)

    LES MÉCANISMES DE LA FRANÇAFRIQUE

    UN PEU D’HISTOIRE…

    « Tous les pays sous développés, qui hier dépendaient de nous, et qui sont aujourd’hui nos amis préférés, demandent notre aide et notre concours ? Mais cette aide et ce concours, pourquoi les donnerions-nous si cela n’en vaut pas la peine ? ».

    — De Gaulle, 5 septembre 1961 A la fin des années 1950, De Gaulle accorde officiellement l’indépendance à 14 pays d’Afrique francophone, pendant que, avec son conseiller Jacques Foccart, ils organisent officieusement le maintien de ces pays sous influence française.

    POURQUOI ?

    2 raisons économiques :

    › Garder un accès privilégié aux matières premières stratégiques (pétrole, uranium, minerais) et aux cultures de rente (coton, bois, plantations agricoles)

    › Préserver des débouchés pour les entreprises françaises 3 raisons politiques › Garder l’Afrique dans le camp occidental en période de guerre froide › Maintenir le rang de la France à l’ONU avec un cortège «d’Etats clients» › Financer le parti gaulliste par le détournement des rentes africaines, puis par la suite tous les partis de gouvernement (ce qu’a révélé notamment l’affaire Elf)

    COMMENT ?

    Le pouvoir français installe dès le début des années 60 des chefs d’état acquis à ses intérêts, et use de différents moyens pour les maintenir en place : élections truquées, coups d’Etat, assassinats politiques, soutien militaire via des accords de défense secrets… Par exemple, entre 1955 et 1971, la France mène au Cameroun une guerre coloniale faisant des dizaines de milliers de morts, et participe à l’assassinat ciblé des grands leaders indépendantistes (Ruben um Nyobe, Félix Mounié, Ernest Ouandié). Depuis lors, elle soutient la dictature en place, d’abord celle d’Ahmadou Ahidjo, puis celle de PaulBiya, à la tête du Cameroun depuis plus de 33 ans.

    ET AUJOURD’HUI ?

    Les mécanismes de maintien de la domination française en Afrique perdurent aujourd’hui encore, bien qu’ils aient pris de nouvelles formes.
    Les intérêts ont évolué au fil des années :
    Au niveau économique, l’exploitation des matières premières s’est intensifiée et mondialisée, les entreprises nationales ont presque toutes été privatisées.

    Par ailleurs, de nouvelles puissances sont entrées dans le jeu de la concurrence, en particulier les pays émergents.

    Fini «l’âge d’or» où des entreprises facilement identifiables comme «françaises» se partageaient seules le gâteau des profits en Afrique francophone. Aujourd’hui l’ancrage de l’économie africaine dans la mondialisation (ce qui implique un partage du gâteau, mais aussi un gâteau plus gros !) pousse l’Etat français à agir ouvertement en faveur de la défense de firmes transnationales qui brandissent les arguments de l’emploi et du rayonnement tricolore pour bénéficier à plein régime de son réseau d’influence.

    « L’Afrique est comme une île, reliée au monde par les mers. Donc, qui tient les grues tient le continent ! » — Un ancien cadre du groupe Bolloré (Th. Deltombe, le monde diplomatique, avril 2009)

    Au niveau de la politique internationale, la guerre froide a pris fin, mais le camp occidental et ses alliés se retrouvent aujourd’hui engagés dans une «guerre contre le terrorisme» dans laquelle la France se donne un rôle prépondérant. Malgré une économie affaiblie, elle reste une puissance de premier ordre, notamment grâce à ses positions militaires sur le sol africain. La France soutient politiquement et militairement des dictatures au pouvoir depuis plusieurs décennies : Depuis 1967 pour la famille Bongo au Gabon, depuis 1990 pour Idriss Déby au Tchad…

    Quant à la politique intérieure, l’affaire des valises révélée par Robert Bourgi en 2011, ou les accusations de plus en plus étayées de financement de la campagne de N. Sarkozy de 2007 par M. Kadhafi, nous rappellent que les pratiques de financement occulte des partis politiques perdurent encore de nos jours.

    LES PILIERS DE LA FRANÇAFRIQUE

    L’ARMÉE FRANÇAISE EN AFRIQUE ET LA COOPÉRATION MILITAIRE

    Peu connue, la présence militaire de la France en Afrique constitue depuis plus de 50 ans un des piliers de sa politique d’ingérence. Héritage d’un passé colonial proche, la France joue encore aujourd’hui un rôle depuissance militaire majeure en Afrique.

    Avec 8700 militaires sur le sol africain, la France intervient régulièrement sous différents prétextes (antiterrorisme, démocratie, maintien de la «paix») assurant ainsi sa domination sur les états et sur leurs ressources.

    « Si la France ne s’était pas engagée [au Mali], et bien les risques les plus grands auraient existé pour nos six mille ressortissants à Bamako et puis pour les ressources tout à fait importantes en uranium qui se trouvent au Niger » — Déclaration du Général Desportes en 2013.

    LE FRANC CFA

    Le franc CFA est la seule monnaie coloniale ayant survécu à la décolonisation, il lie quinze pays d’Afrique à la France. Aujourd’hui encore ce système empêche ces pays d’être souverains économiquement : chaque pays doit déposer 50 % de ses réserves en devises étrangères au trésor public français, le franc CFA est arrimé à l’euro et donc soumis à ses fluctuations, et des Français siègent aux instances de direction des banques centrales africaines. La France, en se portant officiellement garante de la stabilité et la convertibilité du franc CFA, contrôle directement ou indirectement la politique monétaire des États concernés.

    L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT

    En 2013, l’aide publique au développement française était de 8,5 milliards d’€, dont 45,6 % pour l’Afrique. Il s’agit d’un mélange de dons, de prêts et d’allègements de dette. Cette «aide» est essentiellement un outil au service des intérêts français et un instrument de tutelle et de dépendance.

    Parmi les dons, la France comptabilise par exemple : les frais d’accueil des réfugiés en France, les coûts des étudiants africains en France, les dépenses visant au rayonnement culturel et à la promotion du français.

    Une institution financière met en œuvre la politique d’Aide Publique : l’Agence Française de Développement (AFD). Elle fonctionne comme une banque. Sa politique est menée avec le souci constant de préserver et favoriser les intérêts de la France… et ceux de ses grandes entreprises

    COMMENT RÉSISTER ?

    CE QUI EST SCANDALEUX ›

    La françafrique : une politique néo-coloniale française, au service des intérêts de l’État, d’entreprises, de carrières politiques ou militaires, dont les populations paient le prix fort.

    › Les conséquences humaines et environnementales sont dramatiques : dictatures, crimes et guerres, pauvreté, migrations, pollution.

    › L’impunité des acteurs impliqués, militaires, économiques, politiques, est garantie, même lorsqu’ils vont jusqu’à se rendre complices d’un génocide, comme au Rwanda en 1994 (soutien diplomatique, livraison de munitions…) lors du génocide des Tutsis.

    La pauvreté en Afrique a d’abord des racines politiques, il faut donc agir dans le champ politique !

    RÉSISTANCES À LA FRANÇAFRIQUE EN AFRIQUE

    IIl existe en Afrique de nombreux mouvements citoyens, syndicaux, de défense des droits humains comme le Balai citoyen au Burkina Faso, Dynamique Citoyenne au Cameroun, ÇaSuffit Comme Ça au Gabon, leROTAB au Niger…

    Soutenir les peuples africains, cela passe aussi par le soutien aux mouvements des sociétés civiles en lutte pour leurs droits.

    ET EN FRANCE

    Survie s’engage depuis 30 ans pour une refonte de la politique de la France en Afrique. Des associations de la diaspora africaine et de solidarité internationale participent également à ce combat.

    Survie demande :

    › une diplomatie qui soutienne les peuples; › le retrait de l’armée française d’Afrique; › la fin du pillage et la transparence économique et fiscale;

    › un véritable contrôle parlementaire de la politique étrangère;

    › une justice indépendante et la fin de l’impunité

    Tags : France, Afrique, françafrique, pillage, colonialisme,