Étiquette : Ahmed Taleb Ibrahimi

  • Algérie : Une prière pour une mission

    par Abdou BENABBOU

    Aller à la rencontre de personnalités marquantes de la scène politique algérienne et laisser dire aux constitutionnalistes que la pénalisation du président de la République n’était pas à écarter est sans conteste un éclairage important sur la nouvelle méthode de gouvernance de Tebboune.

    Elle semble enterrer le mépris flagrant qu’affichait le président déchu à l’adresse d’hommes dont il estimait qu’ils étaient porteurs d’ombre susceptible de contrarier son pouvoir et écorcher sa mainmise totale sur le pays. C’est sans doute d’abord à ce niveau que Bouteflika a entamé la creusée de son tombeau en peaufinant avec une débile maladresse la portée sur son dos de toutes les antipathies et les inimitiés. Qu’un Taleb Ibrahimi ait été ému de recevoir à son domicile le président n’est pas rien. La nature humaine est avant tout cela. L’être humain peut se transformer en volcan face à la déconsidération. Il peut offrir sa veste en échange d’une considération.

    Très souvent, et particulièrement en Algérie, face à un manque de considération manifeste, la réaction humaine devient terre à terre et quand elle se situe au sommet de l’Etat elle peut avoir des effets catastrophiques. L’histoire de l’Algérie est riche de zizanies accoucheuses de phénoménales crues psychologiques incontrôlées.

    Cependant, l’évolution sociale et politique du pays ne ressemble en rien à celle des deux dernières décennies. Le président de la République mesure à sa juste valeur la dimension de la crise devant laquelle il fait face et il maîtrise les aléas comme les bénéfices de la retombée des destinées. Il en connaît les senteurs pour en avoir goûté. Loin de chercher à composer avec les hommes, en homme d’Etat tel qu’il se dévoile, il a compris que sa grande arme ne peut être que la bonne foi et que sa lourde responsabilité exige d’être largement partagée. Prendre sur soi d’aller rendre visite à des personnalités et l’annoncer officiellement est un acte de gouvernance. Il n’est pas l’offre d’un partage mais une prière pour une mission.

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    Tags : Algérie, Abdelamjid Tebboune, Ahmed Taleb Ibrahimi, consultations, Constitution,

  • Algérie : Taleb Ibrahimi dit «oui» au dialogue national

    par Yazid Alilat

    L’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb Ibrahmi, dont le nom a été proposé à plusieurs reprises pour diriger une période de transition, a réagi positivement hier mardi à la publication d’une liste de 13 personnalités devant mener un dialogue national de sortie de crise politique.

    La semaine dernière, mercredi 17 juillet, le Forum civil pour le changement avait proposé une liste de 13 personnalités nationales qui pourraient diriger son initiative de médiation et de dialogue. Cette liste est composée notamment de MM. Ahmed Taleb Ibrahimi, Mokdad Sifi, Karim Younes ou Mouloud Hamrouche.

    Dans une réaction à cette initiative, M. Taleb Ibrahimi a remercié, dans une lettre adressée au Quotidien d’Oran, le Forum pour l’avoir inclus dans la liste des personnalités nationales chargées de mener le processus d’un dialogue inclusif de sortie de crise. Il explique dans cette lettre que « mon nom a figuré, sans avoir été consulté, sur la liste des noms proposés pour mettre en place une commission qui sera chargée de lancer et organiser le dialogue national en vue de sortir le pays de la situation d’impasse politique dans laquelle il se débat depuis l’annulation du 5e mandat ».

    Il ajoute : « Etant de retour de l’étranger après une courte visite, et en remerciant toute personne qui m’a témoigné sa confiance, je considère que c’est là une reconnaissance explicite de la position à laquelle je n’ai jamais dérogé, et ce depuis que j’ai appelé au dialogue et à la concorde civile pour éviter au pays le drame des années 1990, une position à laquelle je tiens toujours ».

    M. Taleb Ibrahmi estime dans cette lettre que « toute approche sérieuse, qui doit être mise en œuvre afin d’écourter le chemin vers la paix et pour se débarrasser définitivement des pratiques de la corruption et de la dictature, doit d’abord reconnaître l’existence d’une crise de confiance profonde entre le peuple et ses gouvernants, laquelle a débouché sur la rupture du 22 février dernier ». « Cette rupture a fait naître une conscience chez les jeunes qui n’acceptent plus les solutions de replâtrage et les demi-solutions », relève-t-il, avant de souligner que « partant de cette vérité, le souhait du pouvoir de lancer un dialogue doit émaner d’une volonté politique véritable, qui dépasse les considérations de conjonctures et instantanées ». Mieux, selon lui, cette volonté politique doit prendre en compte « les revendications des forces politiques et sociales qui appellent à prendre des mesures concrètes pour apaiser la situation et pour rassurer ».

    Auparavant, l’avocat Mustapha Bouchachi, également inclus dans cette liste, avait remercié lui aussi le Forum civil pour le changement, avant de souligner que « par principe, le dialogue reste la meilleure voie et le moyen civilisationnel pour une sortie de crise que vit l’Algérie ». De son côté, la moudjahida Djamila Bouhired, dont le nom a figuré dans la même liste, avait expliqué avoir appris avec « stupéfaction que mon nom figurait sur une liste de personnes chargées d’organiser un dialogue entre le pouvoir et le mouvement populaire ». Elle a ajouté dans un communiqué que « personne n’a demandé mon avis et je n’ai donné mon accord à personne », relevant que « je ne peux faire partie d’un groupe de personnes dont certaines ont servi le pouvoir ».

    M. Taleb Ibrahimi estime par ailleurs que la commission de dialogue devant être mise en place «n’a aucune utilité dans le moment présent sauf si elle jouit d’une totale indépendance dans sa gestion et qu’elle est libre et souveraine dans ses décisions et cela afin qu’elle aide à bâtir un consensus national autour de la meilleure formule à même de concrétiser les revendications du Hirak populaire pour le changement radical ». Il a terminé sa déclaration en réitérant son soutien au Hirak et a appelé ses différentes composantes à poursuivre sur la même lancée et dans la voie pacifique. Avec cependant, « plus de vigilance et ce afin de sauvegarder son principal acquis, en l’occurrence l’unité des rangs jusqu’à la réalisation des objectifs légitimes ».

    Après quelques réactions négatives, le Forum avait expliqué jeudi 18 juillet que Djamila Bouhired, Mouloud Hamrouche et Ahmed Taleb Ibrahimi n’ont pas été contactés pour faire partie de l’instance de médiation. «Nous précisons que nous avons pris attache avec de nombreuses personnalités nationales et obtenu leur accord pour participer à la démarche. Quant à la moudjahida Djamila Bouhired, Ahmed Taleb Ibrahimi et Mouloud Hamrouche, c’est le Forum qui a pris l’initiative d’inclure leurs noms directement dans la liste pour la symbolique qu’ils représentent, leur popularité, leur passé militant et leur poids politique », indique le Forum dans un communiqué. « Sans diminuer de la valeur des autres personnalités figurant dans la liste, nous estimons qu’il est inconcevable d’entamer le processus de dialogue sans ce genre d’hommes et de femmes. Nous saluons leurs positions, nous respectons leurs décisions et leurs avis et nous restons dans l’attente d’un signal de leur part. Quoi qu’il en soit, le processus de dialogue a pris la voie qui mène vers la sortie de crise », ajoute-t-on.

    Les 13 personnalités nationales proposées par le Forum civil pour le changement sont : Djamila Bouhired, Ahmed Taleb Ibrahimi, Mouloud Hamrouche, Mokdad Sifi, Karim Younes, Mustapha Bouchachi, Fatiha Benabaou, Nacer Djabi, Smail Lalmas, Lies Merabet, Nafissa Hireche, Aicha Zinai et Islam Benaya.

    Le Quotidien d’Oran, 24 jui 2019

    Tags : Algérie, dialogue, transition, armée, Ahmed Taleb Ibrahimi,

  • Algérie : Ahmed Taleb Ibrahimi appelle à une solution de compromis

    AHMED TALEB IBRAHIMI APPEL À UNE SOLUTION DE COMPROMIS

    Mohamed K.

    Ahmed Taleb Ibrahimi, ancien ministre, Ali Yahia Abdennour, avocat et militant des droits humains, et Rachid Benyelles, général à la retraite, appellent, dans une missive rendue publique ce samedi, le commandement de l’ANP à nouer un dialogue « franc et honnête » avec des figures représentatives du mouvement citoyen (Hirak), des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent.

    Pour les signataires de cet appel, il faut « trouver, au plus vite, une solution politique consensuelle en mesure de répondre aux aspirations populaires légitimes qui s’expriment quotidiennement depuis bientôt trois mois ».

    Selon eux, l’impasse actuelle est porteuse de grands dangers qui s’ajoutent à une situation régionale tendue. « La situation de blocage à laquelle nous assistons par le maintien de la date du 4 juillet pour l’élection présidentielle ne pourra que retarder l’avènement inéluctable d’une nouvelle République. Car comment peut-on imaginer des élections libres et honnêtes alors qu’elles sont d’ores et déjà rejetées par l’immense majorité de la population parce que organisées par des institutions encore aux mains de forces disqualifiées, opposées à tout changement salutaire ? », s’interrogent-ils.

    Les trois personnalités plaident pour une période de transition de courte durée. Elles estiment que les manifestants, dont le nombre a atteint des sommets historiques, exigent maintenant l’instauration d’un État de droit et d’une véritable démocratie, « en passant préalablement par une période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système profondément corrompu des vingt dernières années ».

    Taleb Ibrahimi, Yahia Abdennour et Rachid Benyelles rappellent que le 22 février 2019 les Algériens, « toutes classes sociales et tous âges confondus », sont sortis par millions dans les rues de l’ensemble des grandes villes du pays pour manifester pacifiquement, « crier leur colère et refuser l’humiliation, qu’un pouvoir arrogant et sûr de lui voulait encore leur faire subir en annonçant la candidature pour un cinquième mandat, d’un homme qui vit à l’état végétatif depuis cinq ans ».

    Les trois personnalités ont estimé que « les manifestations grandioses de ces treize dernières semaines ont forcé l’admiration du monde entier et nous ont rendu notre dignité trop longtemps bafouée, comme elles nous ont permis de recouvrer notre fierté d’appartenir à une grande nation. Elles auront également fortement contribué à renforcer l’unité nationale et la volonté du vivre ensemble, quelles que soient nos différences politiques, et nos sensibilités culturelles ou doctrinaires », ajoutent-ils.

    Pour rappel, Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et le général Benyellès avaient déjà signé par le passé une déclaration politique dans laquelle ils avaient souligné que Abdelaziz Bouteflika était invalide et incapable de diriger le pays, demandant sa démission immédiate. Cette déclaration a été diffusée au mois d’octobre 2017, un an et demi avant la fin du quatrième mandat.

    Les trois personnalités sont très proches sur le plan politique et intellectuel et sont connus pour avoir partagé les mêmes idées depuis le début des années 1990, avec le début de la crise et la décennie noire.

    Le Jeune Indépendant

    Tags : Algérie, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour, Benyellès, élections du 4 juillet, armée, transition, Hirak,

  • Algérie : Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et le général Benyelles refusent l’élection du 4 juillet

    Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et le général à la retraite Rachid Benyelles ont appelé « avec insistance« , ce samedi 18 mai, dans une déclaration commune publiée ce samedi matin sur le site électronique du journal « El Bilad » , l’état-major de l’armée nationale à ouvrir un dialogue « sincère et direct » avec les représentants du Hirak ainsi qu’avec les partis politiques et les « forces sociales » soutenant le mouvement populaire afin d’aboutir à une « solution politique consensuelle dans les plus brefs délais ».

    Dans le même texte (intitulé « un appel pour une solution consensuelle« ) les signataires se demandent « comment est-il possible d’imaginer l’organisation d’une élection libre et propre alors que la plus grande majorité du peuple la refuse parce qu’elle sera organisée par des institutions qui sont toujours gérées par des forces inaptes et qui sont contre un changement constructif?« .

    Le trio avait déjà lancé, ensemble, un appel (le 7 octobre 2017) pour exprimer leur refus d’un cinquième mandat de l’ex-président, Abdelazziz Bouteflika.

    Reporters

    Tags : Algérie, transition, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour, Rachid Benyelles, élections 4 juillet,

  • Algérie : Probable report des élections, manifestations se poursuivent

    Alger – Selon Reuters, l’élection présidentielle imminente en Algérie devrait être reportée alors qu’une nouvelle manifestation a eu lieu vendredi pour la troisième fois scandanrt des slogans contre l’élite dirigeante du pays.

    Après deux décennies au pouvoir, le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné le mois dernier sous la pression des manifestants et de l’armée, mais les manifestations ont continué en quête des réformes politiques et la destitution de tous les responsables appartenant à l’ancienne garde.

    Une élection présidentielle est prévue pour le 4 juillet.

    Mais une source proche du dossier a déclaré que le vote devait être retardé en raison de difficultés d’organisation de la logistique à temps et de l’opposition de la rue.

    « Il n’y aura pas d’élections le 4 juillet », a-t-il déclaré à Reuters, demandant à ne pas être cité par son nom.

    Des centaines de manifestants ont recommencé à se rassembler vendredi, appelant à la démission du président par intérim, Abdelkader Bensalah, et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

    « Non aux élections honteuses. Enlevez d’abord Bensalah et Bedoui », lit-on dans une banderole brandie au centre-ville d’Alger.

    Le Conseil constitutionnel, qui supervise la transition, devrait publier prochainement une déclaration sur le processus électoral. La date limite pour que les candidats à la présidentielle puissent collecter et soumettre 60.000 signatures est le 25 mai.

    La source a indiqué à Reuters que le vote pourrait être reporté à la fin de l’année, avec des noms en suspens pour assurer la transition, notamment l’ancien ministre conservateur Ahmed Taleb Ibrahimi et le technocrate et ancien Premier ministre Ahmed Benbitour.

    Source : New York Times, 17 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, Hirak, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ahmed Benbitour,