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  • Algérie : Procès en appel de Tahkout et cinq anciens ministres concernés

    Après deux reports consécutifs, le procès de Mahieddine Tahkout s’est ouvert hier à la cour d’Alger. Ce jugement est considéré comme une seconde chance offerte à l’homme d’affaires qui avait déjà été condamné à seize ans de prison par le tribunal de Sidi-M’hamed.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Cette forte peine a été assortie d’une amende de 8 000 000 DA que Tahkout est sommé de payer en cas de confirmation de la sentence par la cour d’Alger. Toutes ses sociétés, poursuivies en qualité de personnes morales, ont été aussi condamnées à payer une amende dont le montant s’élève à 309 milliards DA pour compenser les pertes occasionnées au Trésor public.

    Tahkout sera donc amené à convaincre la cour devant laquelle il se présente avec des arguments supplémentaires pour tenter d’obtenir une réduction de la première peine à laquelle il a été condamné. Le fait n’est pas impossible, puisque l’on a plusieurs peines de hauts responsables réduites au cours des différents procès qui se sont succédé ces dernières semaines. Cela a été notamment le cas pour Abdelghani Hamel, ex-patron de la DGSN, qui a vu ses 12 ans réduits à 10, et pour Ouyahia qui a vu sa peine passer de 15 ans à 12 ans dans l’affaire de Sovac.

    Comme Ali Haddad, Mahieddine Tahkout sera cependant auditionné à partir du pénitencier de Babar, à Khenchela, où il a été transféré en août dernier pour des raisons qui demeurent encore inconnues. Le premier jour de l’ouverture de ce procès n’a rien apporté de nouveau pour l’instant.
    La cour a entamé les traditionnelles entrées en matière en milieu d’après-midi. Les avocats ont naturellement défilé pour présenter les vices de forme recensés dans les dossiers de leurs clients, et ce n’est que vers 16h que les premières auditions ont été entamées par le président du tribunal qui a commencé par appeler à la barre l’ancien directeur de l’Etusa.Les questions auxquelles il a été soumis sont liées à l’achat de bus pour le transport universitaire à l’entreprise Tahkout et les raisons de ce choix. Les inculpés qui défileront à la barre durant les prochains jours sont nombreux. Pas moins de cinq anciens ministres figurent dans la liste.

    Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, Abdelghani Zaâlane, Youcef Yousfi et Amar Ghoul comparaîtront aussi pour octroi d’indus avantages. Le procès reprendra lundi prochain.
    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 29 oct 2020

    Tags : Algérie, Tahkout, Ali Haddad, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, Abdelghani Zaâlane, Youcef Yousfi, Amar Ghoul,

  • Algérie : Le nid des excroissances

    par Abdou BENABBOU


    Pour se défendre face à la justice, l’ancien ministre des Transports Amar Ghoul n’en démord pas et reste figé dans une logique dont malheureusement il n’a pas le monopole. Droit dans ses bottes, il soutient qu’il se devait de suivre les instructions verbales de l’ex-président de la République. Il confirme sans se rendre compte de l’énormité d’un axe immuable d’une gouvernance rendant le verbe présidentiel un axiome rigide au-dessus de n’importe laquelle des considérations légales. Il ne pouvait mieux démontrer comment était compris le sens d’une charge ministérielle et ce pourquoi un ministre était désigné.

    C’est lui qui a ordonné le maquillage d’un tronçon d’autoroute non encore totalement réalisé, parce qu’il redoutait qu’il ne soit pas à l’heure de l’inauguration présidentielle pour laquelle il s’était engagé. On sait que la formule avait des petits et peinturlurer les façades des immeubles en ruine avant le passage des limousines était un sport incontournable pour ceux qui ménageaient leurs carrières. Tout était su mais on laissait faire, l’essentiel était que les égos soient saufs.

    Tous les hauts responsables aujourd’hui jugés ne sont pas en reste et tous ont pour se défiler étalé ce moyen de défense pour tenter de faire comprendre aux juges que l’institution judiciaire subitement en effervescence se trompait de pays et que les lois algériennes avaient été promulguées pour servir d’ornement factice et valoir bonne mine face à tout le monde.

    Cette gouvernance informelle et permissive appliquée au grand jour a fait le nid de multiples excroissances qui en s’amplifiant se sont transformées en immense gangrène qui a déboussolé l’ensemble du pays.

    Philosophie d’une gestion, le passe-droit devenait droit et sacerdoce auxquels les hauts commis se prêtaient avec allégresse sans lesquels une grande responsabilité n’avait aucun sens. Pourquoi dès lors s’en priver lorsqu’un président de la République lui-même, pour le peu qu’on sache, s’arroge l’infantile privilège d’intervenir au bénéfice d’une connaissance pour l’octroi d’un terrain ou d’un appartement et va jusqu’à distribuer des billets d’avion.

    Le Quotidien d’Oran, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, Amar Ghoul, cirruption, procès,

  • Algérie : La révision de la Constitution déchire les partis islamistes

    Divisés entre partisans du oui et du non: La révision de la Constitution déchire les partis islamistes

    Le référendum sur le projet de révision de la Constitution divise les partis politiques islamistes. Certains d’entre eux ont appelé à voter «oui», d’autres ont opté pour la participation mais en votant «non».

    Par Aomar Fekrache

    Le «non» est notamment le cas du Front de la justice et du développement (FJD) de Abdallah Djaballah qui, faute d’arguments politiques, s’est adonné à un exercice dangereux en déversant son fiel sur l’une des constantes nationales. Lors d’une réunion du Medjlis Choura de son parti, Djaballah a exprimé ouvertement son hostilité à l’adoption de deux langues nationales. Autrement, ce chef islamiste, éjecté de deux partis politiques (El Islah et Ennahda) avant qu’il ne créé le FJD, dit voir en la langue tamazight un danger pour «l’unité nationale».

    Le plus grave est que le chef de file du FJD ose se placer en porte- parole des Algériens en se permettant d’affirmer que «cette Constitution n’est pas venue pour satisfaire les revendications du peuple». Lui déniant, unilatéralement, tout consensus avant même le tenue de l’élection, il n’hésitera pas à pousser le bouchon en évoquant une prédominance du courant «laïque» et «éradicateur».

    Même son de cloche de la part du Mouvement de la société pour la paix (MSP), dont le président, Abderrazak Makri, a exprimé des réserves liées à l’identité, à la langue et à la religion. Le MSP ne digère pas que toutes ses propositions n’aient pas été prises en considération. Pourtant, l’Algérie ne se réduit pas au seul point de vue de cette formation politique, en mal de consensus au sein même de sa base. Il y a quelques jours, l’un de ses leaders, à savoir El Hachemi Djaaboub, a rejoint le gouvernement pour occuper le poste de ministre du Travail. Ce qui renseigne, si besoin est, sur une divergence de vues évidente par rapport aux thèses de la direction nationale du parti. Mieux encore, Aboudjerra Soltani, ancien président du MSP et figure influente au sein du parti, a exprimé son soutien à El Hachemi Djaaboub. Ce qui démontre, pour le moins, que les arguments de Makri sont loin d’être partagés par tous les militants.

    Toutefois, les partis d’obédience islamiste ne sont pas tous de l’avis du FJD et du MSP. Bien d’autres formations ont appelé à voter oui pour le projet de révision de la Constitution. Le président du Mouvement El Islah, Filali Ghouini, a affirmé que la révision de la Constitution, soumise à référendum le 1er novembre prochain, «garantira l’édification de l’Algérie nouvelle et consacrera la souveraineté populaire et l’unité nationale».

    Selon lui, la révision constitutionnelle «est une réponse aux revendications légitimes» exprimées par les Algériens lors du Hirak populaire. Il a annoncé que le Conseil consultatif de son parti «a tranché la position du mouvement qui votera en faveur de cet amendement». Il a appelé les Algériens à un «sursaut collectif» à même de faire aboutir le référendum sur la révision constitutionnelle et tous les chantiers de réformes initiés dans différents dossiers politique, économique et social.

    De son côté, la présidente de Tajamoue Amal El Djazaïr (TAJ), Fatma-Zohra Zerouati, qui vient de succéder à Amar Ghoul à la tête du parti, a déclaré que sa formation se focalisera sur la mobilisation pour un vote en faveur du projet de révision de la Constitution, lors du référendum, étant «un jalon essentiel pour l’édification de l’Algérie nouvelle». Zerouati a affirmé que la prochaine étape sera consacrée à la mobilisation pour un vote par «oui» sur le projet de révision de la Constitution, indiquant que le contenu de la nouvelle loi fondamentale «traduit, dans sa majorité, un large consensus qui prend en considération les conditions de l’actuelle Algérie».

    Par ailleurs, le secrétaire général du mouvement En-Nahda, Yazid Benaïcha, a indiqué lors d’une rencontre avec les présidents des bureaux de wilaya, concernant le référendum sur la révision constitutionnelle, que le parti annoncera sa position définitive lors de la session du conseil Echoura.
    A. F.

    Le Jour d’Algérie, 5 oct 2020

    Tags : Algérie, Partis islamistes, Islam, Amar Ghoul, Abdallah Djaballah, El Islah, Ennahda, Mouvement de la société pour la paix, Abderrazak Makri,