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  • Algérie : Repose en paix Martyr, le flambeau est entre de bonnes mains!

    Par Farid HOUALI

    Le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’Etat-major de l’ANP, était connu pour être un « chef intransigeant » notamment quand il s’agit de l’Algérie. Une Algérie pour laquelle il s’est consacré corps et âme depuis qu’il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale alors qu’il n’avait que 17 ans. Au lendemain de l’indépendance, toujours en uniforme, il continue à servir le pays au sein de l’Armée nationale populaire.

    « Préserver la dignité de l’Algérie, sauvegarder la sécurité de son peuple et protéger chaque parcelle de sa noble terre, sont des missions invariables, voire même sacrées pour l’ANP, qui leur accorde l’importance et l’intérêt requis, et qui s’engage à leur parfait accomplissement, en toutes conditions et circonstances », a souvent souligné dans ce contexte le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP, et vice-ministre de la Défense nationale.

    « Le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état- major de l’Armée nationale populaire est un homme qui parle peu, mais qui maîtrise parfaitement les techniques de la communication, lorsque les circonstances exigent son intervention au nom de l’institution militaire », écrivions-nous sur ces mêmes colonnes. En effet, tous s’accordent à dire qu’à l’inverse d’un grand nombre de politiciens dont les discours ont atteint depuis très longtemps le niveau de l’inflation, il ne s’est jamais laissé tenter par le verbiage occasionnel et le bavardage circonstanciel transformés en ligne de conduite par une infime partie d’une classe politique vouant une véritable obsession aux manifestations factices et ostentatoires.

    En confiant au général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, la vice-présidence de la Défense nationale, en plus de l’état-major de l’ANP, le chef de l’Etat n’a fait que répondre de manière inédite à un contexte extérieur non moins inédit. Ahmed Gaïd Salah a dirigé les secteurs opérationnels sud et centre de la 3e région militaire (Béchar) avant d’occuper successivement les postes de commandant adjoint de la 5e région militaire (Constantine), commandant de la 3e région militaire, commandant de la 2e région militaire (Oran) et commandant des forces terrestres. Il avait dirigé en outre l’école de formation des officiers de réserve de Blida.

    Jusqu’au dernier souffle

    Un simple survol de la carte suffit largement pour nous renseigner sur les charges supportées par le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah.

    Á l’ouest, ses hommes interviennent régulièrement dans la lutte contre les narcotrafiquants et procèdent à des saisies record de résine de cannabis provenant du Maroc. Au sud, ses troupes sont chargées de la surveillance d’une bande frontalière longue de plus de 1300 km.

    Au-delà de cette frontière séparant l’Algérie du Mali et du Niger, des bandes criminelles contrôlant le trafic de stupéfiant et d’armes écument des zones dont la superficie est plus grande que celle de certains pays européens. La preuve de leur connexion avec le terrorisme est établie depuis des années. C’est aussi à travers cette frontière que les cartels sud- américains tentent de faire passer de petites quantités de drogue dure, en utilisant les réseaux locaux qui contrôlent l’immigration clandestine. Á l’est, la mobilisation des militaires est quasi permanente en raison de la situation sécuritaire critique prévalant en Libye et qui menace, à l’ombre d’une grave crise politique sans précédent, de se propager en Tunisie. La situation est exceptionnelle et les défis sont énormes.

    Le tout est supervisé personnellement par Ahmed Gaïd Salah. Ni son âge avancé, ni sa maladie, ni encore moins l’étendue du territoire national ne l’empêchaient de parcourir les six Régions militaire et secteur opérationnels et ce, parfois deux à trois fois en un seul mois. Nos militaires reconnaissent d’ailleurs le fait qu’il n’y a jamais eu autant d’exercices militaires que du temps du général de corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah. « L’efficacité opérationnelle que nous voulons est celle dont les résultats peuvent s’étendre à tous les domaines à l’image de la lutte antiterroriste. Et tant que nous sommes pertinemment conscients que la préparation au combat est l’un des facteurs auxquels on peut compter en matière d’acquisition de la disponibilité requise, je tiens à préciser, aujourd’hui comme j’ai toujours insisté, que l’effort principal et vital consiste en la préparation au combat avec toutes les connotations de ces termes et avec toutes leurs exigences », ne cessait-il de répéter. Autre fait d’armes d’Ahmed Gaïd Salah. Au jour d’aujourd’hui, nul ne peut ignorer la relance de l’industrie militaire jusqu’au point de devenir une référence en la matière. Aussi, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah ne croyait qu’à la perfection de seins de l’ANP. Á cet effet, on ne peut faire l’impasse sur la réouverture des écoles des cadets de la Nation qui constituent le réservoir de l’ANP. Dans ses différentes interventions, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, a souvent mis en exergue la stratégie « clairvoyante » du Haut Commandement de l’ANP visant la formation d’une génération d’élite « capable » d’assumer ses futures responsabilités. Pour ce faire, le Haut commandement de l’ANP a réuni toutes les conditions de vie et professionnelles adéquates qui constituent des outils, voire des exigences impératives qui contribuent assurément à l’aboutissement de l’effort didactique escompté. Les résultats sont là : 548 lauréats des Ecoles des cadets de la Nation de Blida, Oran et Sétif ont enregistré d’excellents résultats avec un taux de réussite de 99.46% au baccalauréat session juin 2019.

    Seul contre tous

    L’Algérie traversait dix mois durant une crise politique, et l’ANP se retrouve encore une fois, malgré elle, un acteur incontournable sur la scène politique nationale. Disons que tout au long de cette période, l’ANP, à l’image de son premier responsable, Ahmed Gaïd Salah, portait un lourd fardeau et l’Histoire a démontré que l’Armée nationale populaire, digne héritière de l’Armée de libération nationale, était présente à toutes les étapes décisives que l’Algérie a connues car ces Hommes portent l’Algérie dans leur cœur, œuvrent à préserver sa sécurité et sa stabilité et valorisent ce qui a été réalisé comme exploits, que ne peuvent nier que les ingrats.

    Ce 26 mars 2019, c’est lui, Ahmed Gaïd Salah, qui sonne la fin de la partie pour Bouteflika. Le chef de l’armée, vice-ministre de la Défense, demande l’application de l’article 102 de la Constitution qui prévoit l’empêchement du président.

    Aujourd’hui, comme souvent réaffirmé, l’ANP faudrait-il le reconnaître, a contribué avec efficacité à surmonter cette phase cruciale que traversait notre pays et à aplanir les difficultés et les obstacles et neutraliser toutes les mines semées par la bande au sein des différentes institutions, partant de sa profonde foi en la noblesse de ses missions, dont elle a fait le serment devant Allah, la patrie et le peuple, de les mener à bien avec engagement et abnégation, quelle que soit l’ampleur des difficultés et des défis. Dans l’exercice de ses missions, l’ANP a la pleine confiance de la nation. Elle y répond et elle y répondra. Ahmed Gaïd Salah, en sa qualité de « premier soldat » de l’ANP, ne manquait aucune occasion de le souligner se montrant ainsi rassurant quant au devenir de la patrie, car, c’est là, toute la question.

    «Le peuple algérien, appuyé par son armée qui l’a accompagné, de manière sincère et constante dans son élan pacifique pour atteindre ses aspirations légitimes…, a accompli d’énormes avancées sur la voie de la concrétisation de la volonté populaire», lit-on dans l’édito de la revue El Djeïch dans son dernier numéro de décembre. L’Algérie est en effet entre de bonnes mains.

    F. H.

    Eldjazaircom.dz

    Tags : Algérie, Gaïd Salah, armée, Hirak, ANP,

  • Algérie : Un ton et des pratiques contre-productifs

    par Kharroubi Habib

    Le haut commandement de l’ANP et son homme fort le général Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major, sont déterminés à garder le cap sur l’organisation dans les plus brefs délais de l’élection présidentielle afin que le sommet de l’Etat renoue avec la légitimité constitutionnelle irrécusable dont il n’est plus investi aux yeux de la majorité des Algériens depuis le 9 juillet qui a marqué la forclusion de l’intérim dévolu en sa qualité de président du Sénat à Abdelkader Bensalah suite à l’activation de l’article 102 à l’encontre de l’ex-chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika.

    Mais s’ils ont obtenu le ralliement à leur agenda d’une frange non négligeable de l’opposition ainsi que de personnalités politiques et d’organisations et associations de la société, ils sont loin d’avoir réuni les conditions de l’ouverture du dialogue national sur les modalités et mécanismes à mettre en place pour le scrutin auquel Bensalah en accord avec eux a convié l’ensemble des acteurs politiques et sociétaux. L’agenda auquel tiennent le haut commandement de l’armée et son chef le général Gaïd Salah est en effet rejeté par d’autres acteurs politiques et sociétaux dont l’absence au dialogue proposé par Bensalah rend impossible de considérer l’accord qui en découlerait comme le produit d’un consensus vraiment national. Cela d’autant que ces parties disposent visiblement d’une influence qui fait défaut à celles qui ont fait preuve de réceptivité à l’égard de la démarche politique prônée par le haut commandement de l’armée pour la sortie de crise.

    C’est à cet ancrage populaire des opposants à sa démarche que le chef d’état-major de l’ANP s’est décidé de s’attaquer en musclant son discours contre ces opposants qu’il a fini par traiter de « traîtres » travaillant contre les intérêts de la nation et obéissants à des cercles étrangers dont les desseins sont de plonger l’Algérie dans le chaos menant à la destruction en tant qu’Etat. Gaïd Salah n’a pas fait que jeter l’opprobre sur cette grange de l’opposition, il a formulé des directives aux forces de l’ordre dont l’application se traduit par la chasse aux militants et activistes qui relaient ses slogans et mots d’ordre au sein du mouvement populaire. Ce qui ne dispose pas pour autant ce dernier à se démarquer de cette frange de l’opposition au principe qu’il milite pour la liberté d’expression et d’opinion.

    La tentation au recours à la répression dont est indicatrice l’attitude du vice-ministre de la Défense nationale est de même désapprouvée par ceux qui ne sont pas fermés à l’option de l’élection présidentielle en tant qu’opération première à la réinstauration de la légitimité constitutionnelle. Ils ont en effet conscience qu’abonder dans le sens d’un pouvoir qui use de l’argument de la répression contre ses adversaires leur vaudra un irréparable discrédit dans l’opinion publique dont ils ne pourront se prémunir qu’en se montrant à l’égard de ce pouvoir intransigeants sur la défense des libertés d’expression et d’opinion.

    Le Quotidien d’Oran, 13 jui 2019

    Tags : Algérie, ANP, armée, Gaïd Salah, dialogue, constitution,

  • Algérie : L’ANP maintient le cap

    Attachement aux solutions constitutionnelles : L’ANP maintient le cap

    L’attachement aux solutions légales et constitutionnelles conduisant à l’organisation de l’élection présidentielle, dans les plus brefs délais, permettra à l’Algérie de surmonter la crise conjoncturelle qu’elle traverse, souligne la revue El-Djeich dans sondernier numéro.

    « C’est là une position de principe qui ne saurait, en aucun cas, être remise en cause et uneoption nécessaire qu’impose une des règles essentielles de la démocratie. Une démarche qui balisera la voie à l’édification de l’Algérie de demain sur des fondements solides, la conduira vers des horizons plus sûrs et qui démontrera, en même temps, ce que le Haut commandementde l’ANP n’a eu de cesse d’affirmer, à savoir, qu’il ne nourrissait aucune ambition politique, contrairement aux assertions tendancieuses et mensongères de certaines voix », souligne l’éditorial du dernier numéro de la revue de l’ANP.

    L’éditorial relève, en outre, que « l’ANP continuera d’avancer sur la voie qui mènera à la concrétisation de la volonté populaire, conformément à l’engagementqu’elle a pris d’oeuvrer, à ce que la crise que traverse le pays soit surmontée afin de renouer avec le processus électoral, et s’en remettre aux urnes pour l’élection d’un président de la République et de barrer ainsi la route à ceux qui revendiquent une période de transition qui constitue, à n’en pas douter, un choix aventureux qui n’a d’autre finalité que d’ébranler la stabilité du pays et de le plonger dans des futilités, sources de déviations et d’égarements, dont il serait difficile d’en sortir ».

    « Les réalisations concrétisées jusqu’à présent par notre Commandement, qu’il s’agisse de la lutte contre la corruption, d’accompagner le peuple, du respect de la Constitution, ou d’encouragement du dialogue entre toutes les parties, est en lui-même un acte patriotique grandiose qui reflète le souci de l’institution militaire, de son Commandement et de tous les hommes sincères, de barrer la route à tous les +Don Quichotte+ chargés de la mission de proposer des solutions importées et de concrétiser des agendas néfastes enrobés dans des terminologies et expressions douteuses. C’est le voeu de la bande, de ses têtes et de tous ceux qui leur vouent allégeance », indique la revue.

    Pour El-Djeich, c’est ainsi que se traduit « le souci de l’institution militaire de l’impératif de respecter la Constitution du pays et d’appliquer les lois en vigueur, pour barrer la voie à tous les opportunistes, arrivistes et traitres qui tentent de brouiller les efforts des fidèles fils de l’Algérie et les empêcher de servir leur patrie, car servir la patrie signifie, incontestablement, l’impératif de faire face aux ennemis de la nation ». La revue cite, dans ce sens, les propos soulignés par le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, lors de sa dernière visite à l’Académie militaire de Cherchell, à savoir « les malveillants ne craignent que les hommes de bonne volonté ».

    « En effet, ne font peur aux corrompus que les gens honnêtes, l’alignement du peuple autour de son armée ainsi que la confiance qu’il voue aux héritiers de la glorieuse ALN », estime El-Djeich, ajoutant que « cette réalité fait peur aux forces du mal, aux agitateurs de l’ombre et les rappelle à leur véritable dimension de groupe de voleurs et de mafieux sans aucun honneur ni dignité, prêts à vendre leur pays pour concrétiser des intérêts étroits et satisfaire leurs maîtres et mentors ». Pour la revue, « notre armée ne craint ni ces méthodes ni ces comportements, encore moins les tours de passe-passe tant qu’elle jouit du soutien du peuple qui a confiance en sa démarche ».

    Par : RAYAN NASSIM

    Le Midi Libre, 13 jui 2019

    Tags : Algérie, armée, ANP, dialogue, Gaïd Salah, transition, constitution,

  • Algérie : Faut-il faire partir le chef d’état-major ?

    À mesure que les langues se délient, que la trame du projet de « consultation » nationale, initié sous la houlette de l’ex. DRS Toufik, précise ses contours, il est une évidence que le maintien du système Bouteflika avait tout l’air d’être promu à de beaux jours, après que l’option du cinquième mandat eut été rejetée globalement et dans le détail par le « Hirak ».

    C’est, du moins, le sentiment des instigateurs du projet de la 2ème République et de leur fan-club, croyant naïvement qu’il s’agissait là d’une simple opération technique comme dans le bon vieux temps lorsque les lois de la République étaient éludées, la Constitution ignorée et bafouée juste pour satisfaire le canevas du statu quo et assurer ainsi, la survie et les affaires du Clan.

    Partant d’hypothèses pour le moins erronées ne prenant pas en ligne de compte, notamment, l’instabilité de la contestation de la rue et sa versatilité au gré de l’évolution du « combat pour la liberté », et négligeant de façon ostentatoire le rôle de l’ANP dans pareille situation, les concepteurs du plan B de l’après-Bouteflika en préservant tout de même la philosophie intacte du système, ont fait fausse route et lamentablement échoué dans leur entreprise.

    Autre négligence de taille de cette stratégie à la va-vite, les risques potentiels de déstabilisation du pays par les ennemis d’hier et d’aujourd’hui. Résultats des courses, des voix s’élèvent ici et là pour appeler au départ du chef d’état-major de l’ANP visant, par la même, l’objectif sournois de porter atteinte à la stabilité et à l’unité de cette Institution, véritable colonne vertébrale du pays.

    Si des hommes politiques aigris, avides de pouvoir, mal sponsorisés au demeurant, et quelques podcasters aux mœurs débridées vivant à l’étranger et financés par des pays hostiles à l’Algérie, font du départ de Gaïd Salah un leitmotiv, il est intolérable que la rue en vienne à s’immiscer dans les affaires de l’ANP au seul motif que son chef d’état-major ait fait partie de l’ère Bouteflika.

    Un raisonnement absurde et dangereux à la fois en ce sens que tous les subalternes du chef d’état-major nommés par lui-même doivent, par transitivité, partir de l’Armée qui sera ainsi vidée de sa substance. La relève dans un tel cas de figure est totalement différente de celle d’une sentinelle dans une guérite. Cela demande du temps et expose le pays à toute velléité malveillante.

    Et puis, quel est ce pays, de par le monde, qui se vante de démocratie et qui laisserait des manifestants réclamer des changements à la tête de son Armée? Cela ne s’est pas vu même dans les Républiques banannières les plus archaïques. Fol espoir que d’espérer une réponse de Tabou ou de Zitout, aveuglés par leur machiavélisme et l’obligation de résultat pour laquelle engagement a été pris.

    L’objet de ce propos est de schématiser, tant bien que mal, le complot qui menace le Pays à travers l’ANP, complot ourdi par des officines et des think tanks relevant de puissances étrangères et que, malheureusement Toufik et consorts n’ont pas pris à sa juste mesure.

    La partie n’est pas encore définitivement gagnée. Les citoyens doivent se rendre à cette évidence amère. Que Dieu préserve notre pays!

    A. T.

    Le Courrier d’Algérie

    Tags : Algérie, armée, Gaïd Salah, dialogue, ANP, Hirak,

  • Algérie : Faut-il faire partir le chef d’état-major ?

    À mesure que les langues se délient, que la trame du projet de « consultation » nationale, initié sous la houlette de l’ex. DRS Toufik, précise ses contours, il est une évidence que le maintien du système Bouteflika avait tout l’air d’être promu à de beaux jours, après que l’option du cinquième mandat eut été rejetée globalement et dans le détail par le « Hirak ». C’est, du moins, le sentiment des instigateurs du projet de la 2ème République et de leur fan-club, croyant naïvement qu’il s’agissait là d’une simple opération technique comme dans le bon vieux temps lorsque les lois de la République étaient éludées, la Constitution ignorée et bafouée juste pour satisfaire le canevas du statu quo et assurer ainsi, la survie et les affaires du Clan.

    Partant d’hypothèses pour le moins erronées ne prenant pas en ligne de compte, notamment, l’instabilité de la contestation de la rue et sa versatilité au gré de l’évolution du « combat pour la liberté », et négligeant de façon ostentatoire le rôle de l’ANP dans pareille situation, les concepteurs du plan B de l’après-Bouteflika en préservant tout de même la philosophie intacte du système, ont fait fausse route et lamentablement échoué dans leur entreprise.

    Autre négligence de taille de cette stratégie à la va-vite, les risques potentiels de déstabilisation du pays par les ennemis d’hier et d’aujourd’hui. Résultats des courses, des voix s’élèvent ici et là pour appeler au départ du chef d’état-major de l’ANP visant, par la même, l’objectif sournois de porter atteinte à la stabilité et à l’unité de cette Institution, véritable colonne vertébrale du pays.

    Si des hommes politiques aigris, avides de pouvoir, mal sponsorisés au demeurant, et quelques podcasters aux mœurs débridées vivant à l’étranger et financés par des pays hostiles à l’Algérie, font du départ de Gaïd Salah un leitmotiv, il est intolérable que la rue en vienne à s’immiscer dans les affaires de l’ANP au seul motif que son chef d’état-major ait fait partie de l’ère Bouteflika. Un raisonnement absurde et dangereux à la fois en ce sens que tous les subalternes du chef d’état-major nommés par lui-même doivent, par transitivité, partir de l’Armée qui sera ainsi vidée de sa substance.

    La relève dans un tel cas de figure est totalement différente de celle d’une sentinelle dans une guérite. Cela demande du temps et expose le pays à toute velléité malveillante.

    Et puis, quel est ce pays, de par le monde, qui se vante de démocratie et qui laisserait des manifestants réclamer des changements à la tête de son Armée? Cela ne s’est pas vu même dans les Républiques banannières les plus archaïques.

    Fol espoir que d’espérer une réponse de Tabou ou de Zitout, aveuglés par leur machiavélisme et l’obligation de résultat pour laquelle engagement a été pris.

    L’objet de ce propos est de schématiser, tant bien que mal, le complot qui menace le Pays à travers l’ANP, complot ourdi par des officines et des think tanks relevant de puissances étrangères et que, malheureusement Toufik et consorts n’ont pas pris à sa juste mesure.

    La partie n’est pas encore définitivement gagnée. Les citoyens doivent se rendre à cette évidence amère. Que Dieu préserve notre pays!

    Le Courrier d’Algérie

    Tags : Algérie, transition, Hirak, armée, ANP, Gaïd Salah,

  • Algérie : SAVOIR RAISON GARDER

    » L’alchimie est particulièrement subtile. Elle consiste en une sorte de main de fer dans un gant de velours. Elle consiste, surtout, à se montrer avant tout ferme -très ferme- envers les siens, envers ses policiers, avant de se tourner vers les citoyens lambda, afin que ces derniers comprennent que nul n’est au-dessus de la loi, que les changements sont bel et bien en marche et que les oligarques et anciens très hauts responsables emprisonnés ne l’ont pas été dans le cadre de règlements de comptes entre clans sur fond de hirak populaire « .

    Par Mohamed Abdoun :

    Tout d’abord, et afin que les choses soient parfaitement claires d’entrée de jeu, il est hors de question d’encourager ici la violence, de quelque nature qu’elle soit, et quelle qu’en soit l’auteur. Dans un pays civilisé digne de ce nom, tout se règle par le dialogue. Et, même lorsque le litige devient absolument insoluble, il existe des lois et des arbitres -les juges en l’occurrence- pour trancher en connaissance de cause, sans jamais attenter aux droits des uns et des autres.

    Ce préambule pour rebondir sur l’affaire de ces deux jeunes interpellés, et inculpés de » tentative d’homicide volontaire et agression avec violence contre un agent de la forte publique « . Ma foi, au risque de me tromper, cette accusation, particulièrement grave, me parait particulièrement disproportionnée au regard des faits constatés, et que chacun pour visionner à son aise sur les réseaux sociaux.

    Le contact physique, qui ne dure pas plus d’une fraction de seconde, ne comporte en aucune manière une quelconque » agression avec violence « . En revanche, il est vrai que le policier a bel et bien été poussé du haut de ce fourgon. L’agression y est, ce me semble. Mais sans violence. Et, encore moins avec volonté de tuer ce policier, puisqu’il est question ici, dois-je le répéter encore, de » tentative d’homicide volontaire «.

    La dureté de cette inculpation a de quoi braquer un peu plus les citoyens, vis-à-vis de la justice et des pouvoirs publics alors que le but premier, à mon humble sens, est d’apaiser les esprits et de tenter de trouver une issue à la grave crise dans laquelle se débat l’Algérie depuis de nombreuses semaines. Sinon, pourquoi est-ce que ce policier n’a pas été inculpé lui aussi.

    Ma foi, en plein ramadan, il procédait, du haut de ce fourgon, à l’arrosage des citoyens-manifestants à l’aide d’une bombe aérosol distillant des gaz lacrymogènes. L’agression est formellement et dûment constatée. Ce n’est pas le seul cas, du reste. Le sentiment d’impunité dont jouiraient les services de sécurité ne peut donc qu’exacerber une opinion publique déjà chauffée à blanc, à cause de la non-satisfaction de ses revendications principales, et dont des membres sont inculpés de très lourdes charges alors qu’ils ne faisaient, en somme, que défendre les leurs de l’agression caractérisée dont ils étaient victimes de la part de ce policier.

    Hélas, la violence engendre la violence. Elle reste condamnable d’où qu’elle vienne. Elle l’est cependant deux fois plus chez celui qui a commencé. Qui a déclenché les hostilités. Le choix idoine, à mon humble sens, serait la voie de l’apaisement. Tout le monde a pu constater avec quel civisme les citoyens se comportent chaque vendredi, et qu’ils ne prennent la mouche que lorsqu’ils sont agressés et/ou provoqués.

    Des gilets oranges ont même été improvisés afin d’éviter et d’atténuer les frottements directs avec les services de sécurité, et de débusquer les provocateurs -d’Otpor et de Rachad- pouvant se glisser parmi les manifestants. L’alchimie est particulièrement subtile. Elle consiste en une sorte de main de fer dans un gant de velours. Elle consiste, surtout, à se montrer avant tout ferme -très ferme- envers les siens, envers ses policiers, avant de se tourner vers les citoyens lambda, afin que ces derniers comprennent que nul n’est au-dessus de la loi, que les changements sont bel et bien en marche et que les oligarques et anciens très hauts responsables emprisonnés ne l’ont pas été dans le cadre de règlements de comptes entre clans sur fond de hirak populaire.

    M. A.

    La Tribune des Lecteurs, 29 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, Hirak, armée, ANP, Gaid Salah,

  • Algérie : Le 15e vendredi de mobilisation

    Mouvement populaire : Le 15e vendredi de mobilisation

    10h01 : La grande poste et ses alentours sont fortement occupés par un important dispositif policier et l’on opère des arrestations parmi les premiers manifestants qui arrivent sur les lieux. Les accès vers la capitale sont bloqués par des barrages filtrant les automobilistes. Le Tunnel des facultés est pour le moment ouvert à la circulation avec une forte présence policière en prévision de sa fermeture.

    9h35 : Le quinzième vendredi de mobilisation populaire pour le départ du système intervient dans un contexte marqué par l’aboutissement de fait de la revendication portant annulation des élections présidentielles convoqués contre la volonté de la rue et au lendemain de la nouvelle offre de dialogue lancée par le chef de l’Etat major de l’armée nationale Ahmed Gaid Salah.

    Les Algériennes et les Algériens s’apprêtent à descendre dans la rue aussi au lendemain du décès tragique du détenu politique Kameleddine Fekhar après 54 jour de grève de faim pour protester contre la sa détention à la prison de Ghardaia.

    Cette question de détenus d’opinion puisque l’on a recensé pas moins de 14 suscitera sans aucun doute la réaction des manifestants de ce vendredi.

    Algérie1, 31 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, Hirak, armée, ANP, Gaid Salah,

  • Algérie: En attendant des solutions concrètes à la crise politique

    par Ghania Oukazi

      L’appel du chef d’état-major de l’ANP au dialogue et à l’organisation d’élections présidentielles devient redondance et continue de l’opposer à un «hirak» et à une classe politique qu’il s’est même refusé à qualifier en tant que tels.

    Encore une fois, le général de corps d’armée parle mais ne décide pas. Ses interventions dans les casernes deviennent des messages classiques qui n’apportent pas de solution concrète à la crise politique dans laquelle s’enlise le pays depuis trois mois. Ahmed Gaïd Salah sait qu’il est dans l’impossibilité d’organiser des élections présidentielles le 4 juillet prochain comme il l’a fait annoncer par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, au lendemain de la démission de Bouteflika.

    Des échos des Tagarins laissent même penser à une élection présidentielle le 31 octobre ou le 7 novembre prochains et qu’il faille au préalable conformer l’esprit de la Constitution à la situation nationale «exceptionnelle». L’on sait d’ailleurs qu’une ébauche sur les mécanismes à mettre en place pour la création d’une instance chargée de l’organisation du scrutin lui a été adressée par des milieux universitaires.

    De tout cela, le chef de l’état-major de l’armée n’en fait cas dans son discours du mardi dernier à partir de la 6ème région militaire. Son refus de se prononcer sur le report d’un rendez-vous avorté doit être à ses yeux cet indice qu’il veut de taille pour montrer que l’armée se refuse à intervenir dans le champ politique.

    Devant l’opinion nationale et internationale, il tient absolument à ne pas être vu comme un putschiste qui impose au pays un régime militaire de fait. Il l’explique et l’affirme lorsqu’il souligne que «la priorité aujourd’hui est d’aller vers un dialogue productif qui prépare la voie à la tenue des prochaines élections dans les plus brefs délais possibles, loin, et je le dis, de périodes de transition aux conséquences incertaines, car l’Algérie ne peut supporter davantage de retard et de procrastination». Son allusion aux généraux putschistes de 1991 est claire. Il est certain que Gaïd Salah ne veut pas être considéré comme tel et refuse de revenir aux circonstances qui ont prévalu à l’arrêt du processus électoral de l’époque. Ses sous-entendus rappellent précisément l’intronisation du Haut Commandement de l’armée de l’époque à la tête de l’Etat à travers la présence de généraux janviéristes comme Khaled Nezzar dans le HCE (Haut Comité d’Etat.) Ce qui a plongé le pays dans une période de transition «d’exception» jusqu’en 95, date de l’élection présidentielle de Liamine Zeroual.

    Quand Gaïd prône la prudence

    C’est peut-être pour cela que le général de corps d’armée répète qu’il n’a aucune ambition politique. Ceci étant, ses affirmations ne l’éloignent pas de la scène politique dans laquelle il se trouve les pieds joints depuis le déclenchement de la crise. Mais il se veut prudent en restant dans les grands principes de sortie de crise, et ce, en s’abstenant à ce jour de fixer clairement les contours et les mécanismes du dialogue auquel il appelle et se refuse même à en désigner précisément les acteurs.

    En attendant qu’il arrête l’opportunité pour les faire préciser par le chef de l’Etat, le chef d’état-major s’est adressé de Tamanrasset à «des personnalités et aux élites nationales», aux «personnalités nationales» et aux «enfants du pays» pour leur rappeler qu’un «dialogue sérieux, rationnel, constructif et clairvoyant est la seule solution à la crise». A aucun moment, le général de corps d’armée n’a interpellé nommément les partis politiques. Il est resté très vague sur les interlocuteurs ou les parties qu’il veut faire asseoir autour d’une table.

    Et bien qu’il exhorte «les enfants du pays» à «apporter la contribution judicieuse de façon à trouver les solutions escomptées», il réaffirme sa solution à lui à l’impasse politique en insistant sur «la tenue d’élections présidentielles dans les plus brefs délais». Il place ainsi le balle dans le camp de ceux qui appellent au dialogue à partir de leurs salons tout en leur faisant remarquer qu’«il n’y a aucune raison de continuer à perdre du temps, car le temps est précieux et il n’y a pas moyen de le gâcher dans des discussions stériles loin du véritable dialogue sincère et constructif». Il ne manquera pas de leur dire que «rien n’est impossible et l’Algérie attend une sortie légale et constitutionnelle qui la prémunira contre toute forme d’exacerbation de la situation». Il rejette par la force du verbe toute idée de période de transition «aux conséquences incertaines».

    La nouveauté dans son discours est peut-être cette esquisse d’un ordre du jour basé sur sa demande d’une «évaluation des circonstances que vit le pays» et surtout ces «concessions réciproques» qu’il attend de ceux qui appellent au dialogue. L’on se demande cependant de quel genre de concessions Gaïd Salah parle-t-il, mise à part celle qu’il attend de ses antagonistes de ne pas tenter de défaire le cadre constitutionnel par leur condition de faire partir le chef de l’Etat. Pour l’heure, Abdelkader Bensalah est la seule autorité constitutionnelle avec laquelle le dialogue peut être mené comme il le veut.

    «La Constitution telle qu’elle est» ?

    «Les solutions viendront dans les plus proches délais afin d’assister l’Armée Nationale Populaire dans l’accompagnement des fils de notre patrie, lorsqu’ils présenteront leurs propositions constructives comme le requiert le noble devoir national», a-t-il dit en supposant que le «hirak» aussi arriverait rapidement à désigner ses représentants pour la phase de concertation.

    Le général de corps d’armée préfère slalomer entre les diverses situations plutôt que de détailler sa feuille de route et d’affronter ses objecteurs qui veulent l’amener physiquement sur le terrain politique. Pour lui, le jeu n’en vaut pas la chandelle parce qu’il risque de précipiter sa chute. La France lui a signifié hier qu’elle gardait l’œil sur ce qui se passait «chez lui». Son ministre des Affaires étrangères qui intervenait mardi dernier devant la commission de l’assemblée nationale de l’Europe et des Affaires étrangères, a exprimé le souhait de son pays que «les Algériens puissent trouver ensemble les chemins d’une transition démocratique».

    Jean-Yves Le Drian s’est prononcé sur l’élection présidentielle en Algérie en faisant cette remarque claire : «(…) le problème c’est que pour qu’il y ait une élection, il faut qu’il y ait des candidats et, voilà, les candidats ne se manifestent pas. Il y a deux candidatures qui ont été reçues par le Conseil constitutionnel «. Le chef de la diplomatie française qualifie la situation de «très particulière où il y a des manifestations qui se poursuivent dans le pays, avec des aspirations profondes pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’Algérie». Il fait un clin d’œil au chef d’état-major de l’ANP en relevant «la volonté des autorités militaires de faire en sorte que la Constitution telle qu’elle est puisse s’appliquer.

    D’où la répétition de l’engagement par M. Gaïd Salah de faire en sorte que l’élection puisse avoir lieu le 4 juillet». Son «mais», c’est, a-t-il dit, «il y a deux voies parallèles, d’un côté cette affirmation, de l’autre côté le mouvement du peuple algérien» et entre les deux, «nous (la France ndlr), nous souhaitons que les Algériens puissent trouver ensemble les chemins d’une transition démocratique. C’est ce que nous espérons compte tenu des liens profonds qui nous lient à ce pays et dans ces moments nous continuons de nous tenir aux côtés des Algériens dans le respect de l’amitié qui doit présider toujours à nos relations». Ceux qui tenaient à ce que la France officielle donne «son avis» sur les événements nationaux, Le Drian l’a fait avec précision.

    Le Quotidien d’Oran, 30 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, Hirak, armée, ANP, Gaid Salah,

  • Gaïd Salah met en garde contre les ceux qui veulent exacerber la situation et faire perdurer la crise

    Le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, a affirmé, hier, à l’occasion de sa visite à la 6e Région militaire, que «l’unique voie pour résoudre la crise que vit notre pays est d’adopter la voie du dialogue sérieux, rationnel, constructif et clairvoyant, qui place l’Algérie au-dessus de toute considération».

    Le vice ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah a prononcé un nouveau discours, aujourd’hui, mercredi 29 mai, dans lequel il révoque l’importance du dialogue honnête et constructif pour sortir l’Algérie de la crise actuelle.

    Le chef de corps d’armée a confirmé que rien ne justifie la perte de temps et l’éloignement de la voie du dialogue honnête et constructif.

    Il avait notamment mis en garde contre les desseins de certains à vouloir exacerber la situation et faire perdurer cette crise, en répandant sciemment les rumeurs, les informations erronées et les mensonges, de façon continue, à travers de nombreux médias :

    «Ceux qui tendent à exacerber la situation et faire perdurer cette crise sont ceux-là mêmes qui œuvrent sciemment à répandre continuellement les rumeurs, les informations erronées et les mensonges à travers de nombreux médias, et ils ne peuvent en aucun cas contribuer à créer un climat d’entente mutuelle propice, voire un dialogue calme et serein et cela induit que ceux qui recourent à de telles pratiques sont contre le dialogue sérieux et pondéré. Ce sont des objectifs qui ne sont nullement innocents, dont les instigateurs supporteront les conséquences devant Allah, le peuple et l’histoire. Ils empruntent délibérément cette voie, même s’il était en leur capacité d’acquérir davantage de crédibilité en mettant l’accent sur la transmission des faits réels, au lieu de s’adonner à la désinformation de l’opinion publique par des mensonges et des scénarios fabriqués de toutes pièces et erronés, qu’ils imputent à des personnalités et des centres de décision, tout cela sur la base de plans étudiés et élaborés avec une grande ruse, afin de discréditer tout acte visant l’apaisement de la population et la recherche de solutions idoines à la crise actuelle que traverse le pays, leur but évident étant d’entraver toute solution et obstruer toute bonne démarche nationale de dialogue et de concertation entre les différentes parties »,a-t-il martelé.

    Rachel Hamdi

    Echourouk Online, 30 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, Hirak, armée, ANP, Gaid Salah,

  • Algérie : Pathétique

    » En conclusion, si le peuple doit se trouver un autre lieu de ralliement, il devra également se prémunir de cette contreoffensive déclenchée tous azimuts par les pouvoirs publics pour qui le temps des concessions semble bel et bien révolu « .

    Par Mohamed Abdoun :

    Difficile, très difficile, de croire que le parvis de la Grand-Poste tombe vraiment en ruine. Si cela était vraiment le cas, pas mal de signes évidents auraient été constatés auparavant. Et puis, je conçois mal que quelques dizaines de manifestants auraient pu provoquer les dégâts dont nous parlent des responsables au sein de la wilaya d’Alger.

    La rapidité avec laquelle ces derniers se sont empressés de fermer le lieu est elle aussi particulièrement suspecte. Le mode opératoire aussi. De lourds, très lourds, fourgons de police ont encerclé le lieu sans se soucier du fait que leur poids pourrait aggraver les choses, ou même précipiter la chute de ce parvis.

    Des policiers ont également été placés entre ces fourgons, bouchant les moindres espaces existant entre eux, empêchant même une fourmi de s’y glisser, et se souciant donc bien peu de leur propre sécurité. Au-delà de cette barrière faire de machines et de chair humaine, des plaques de zinc ont été fichées au sol sans se soucier, là encore, d’aggraver les choses avec les gros trous creusés dans ces escaliers centaines, ainsi que le poids de tout ce métal.

    Notre fluette photographe, qui ne pèse pas plus qu’une ou deux de ces plaques, a quand même été empêché de photographier de près ce véritable cirque, sous prétexte que sa sécurité aurait été menacée si elle s’était trop approchée des lieux. Fadaises que tout cela. Il semble bel et bien que l’on ait cherché à » neutraliser » le lieu de ralliement emblématique du hirak. Et, si tel est vraiment le cas, il faudra s’attendre à d’autres actions également hostiles à ce mouvement dans les prochains jours et semaines.

    En conclusion, si le peuple doit se trouver un autre lieu de ralliement, il devra également se prémunir de cette contre-offensive déclenchée tous azimuts par les pouvoirs publics pour qui le temps des concessions semble bel et bien révolu.

    Le système sacrifie des pions pour calmer la colère citoyenne, mais oeuvre à se régénérer. Son départ, tel que revendiqué par la rue, n’est absolument pas à l’ordre du jour. Le plus dur reste à venir…

    M.A.

    Source : La Tribune des Lecteurs, 22 mai 2019

    Tags : Algérie, ANP, armée, pouvoir, Gaïd Salah,