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  • Algérie : Le nécessaire débat

    Trois mois, presque jour pour jour, après l’émergence sur la scène nationale d’un mouvement populaire inédit en Algérie, la situation générale du pays, demeure exceptionnellement sereine, avec une «inflation salutaire» de débats citoyens. Les craintes d’une dérive violente ou d’un passage en force des autorités sur les questions que pose la société se sont dissipées, laissant place à un échange assez intense, faut-il l’admettre, entre les acteurs qui font l’actualité de l’heure. Mais cette intensité qui retient l’intérêt de toute la communauté nationale, où la chose politique s’impose, de fait, comme la priorité des priorités, est à ce jour stérile d’une feuille de route digne de ce nom.

    Cette stérilité dans la formulation d’une solution véritablement consensuelle, n’est certainement pas le fait de l’ANP, comme le crient certains leaders politiques qui se font relayer dans les manifestations. Et pour cause, l’attitude de l’institution militaire tient compte d’abord d’un constat de terrain, à savoir que le pays est actuellement dirigé par un président intérimaire. Il y a là des signes de fragilité, dont il faut s’occuper de manière urgente. L’armée n’a pas en face d’elle un interlocuteur représentatif de la scène politique à défaut d’être celui du Hirak. Et combien même cela serait-il possible, l’ANP a pris la résolution de n’avoir comme vis-à-vis que les institutions légales de la République. Dans le cas de figure de l’Algérie de l’après 2 avril, c’est la présidence de l’Etat.

    En restant sur sa position quant à l’organisation d’une élection présidentielle, sans passer par une période de transition, l’institution militaire est donc dans son rôle, telle que préconisée par la Constitution. Son refus d’ouvrir un débat direct avec la classe politique, relève du même principe constitutionnel. Que l’on soit d’accord ou pas avec la posture de l’état-major de l’ANP, il faut impérativement en prendre connaissance et le respecter. C’est à partir de là qu’il sera possible d’entrevoir une sortie à la crise que traverse le pays. Ce n’est pas en se posant comme donneur d’ordre à une institution de l’Etat, dont les missions sont clairement formulées dans la Constitution.

    Cela, pour dire que l’infertilité du débat qui prévaut actuellement avec cette impression de «dialogue de sourds», c’est précisément parce que les politiques semblent considérer que l’armée est à leur service. Qu’ils sachent donc qu’elle ne l’est pas. Elle est au service de toute la collectivité nationale, quelle que soit son obédience et ses positions vis-à-vis de la crise. Que les politiques descendent un peu de leur piédestal qu’ils écoutent réellement ce que dit l’armée. Le dialogue n’en sera que plus intéressant.

    Par Nabil G

    Source : Ouest Tribune, 22 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, dialogue, Hirak, débat, ANP, armée,

  • Algérie : Gaïd Salah pour un dialogue constructif pour sortir de la crise

    Le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général decorps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a exprimé sa conviction que « le dialogue constructif avec les institutions de l’Etat, est l’unique moyen pour sortir de la crise ».

    C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN) rendu public hier mercredi. « Je demeure entièrement convaincu qu’adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’État, est l’unique moyen pour sortir de la crise, étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles », a déclaré Gaïd Salah dans une allocution prononcée lors d’une réunion d’orientation et suivie, via visioconférence, par les cadres et les personnels des unités de la 4e et la 5e RM, lors de sa visite à la 5e RM.

    Le chef d’état-major de l’ANP a tenu « à saluer l’adhésion de nombreuses personnalités et partis à l’idée de l’importance d’adopter le principe de dialogue, qui doit aboutir à des mécanismes raisonnables de sortie de crise. C’est là une position qui leur sera reconnue durant cette phase, où l’intérêt de la Nation doit être le dénominateur commun entre toutes les parties ».

    Pour le général de corps d’armée « l’ensemble des dispositions jusque-là prises a suscité un consensus national que nous avons perçu à travers les slogans scandés lors des marches à travers différentes wilayas du pays, à l’exception de certaines parties qui rejettent toutes les initiatives proposées, et oeuvrent à semer les graines de la discorde en conformité avec leurs intérêts étroits et ceux de leurs commanditaires ».

    Il a souligné que « les intentions malveillantes de ces parties ont été démasquées et dénoncées par les différentes franges du peuple, qui ont fait preuve d’une exceptionnelle et authentique, dans la mesure où elles ont rejeté leurs thèses visant à porter atteinte à la crédibilité et aux efforts des institutions de l’État à dégager et trouver des sorties decrises pacifiques ».

    Il a relevé qu’ »en conséquence, il y a lieu de s’armer de prudence pour ne pas tomber dans le piège visant à perturber les manifestations pacifiques et les dévier de leur objectif par des agissements hostiles à la patrie, à son intégrité territoriale ainsi qu’à exploiter ces manifestations afin de porter atteinte à la sécurité nationale du pays et mettre en danger son unité nationale ».

    Dans ce discours rendu public hier il n’a pas été question des élections présidentielles ni de l’attachement à la voie constitutionnelle pour sortir de la crise actuelle,comme ce fut le cas lors du discours rendupublic avant-hier mardi par le MDN.

    « L’attachement profond duCommandement de l’ANP à la Constitution, cautionnée par le peuple à travers ses représentants au Parlement, émane du fait que tout changement ou amendement de ses dispositions ne relève pas des prérogatives de l’ANP, mais de celles du Président qui sera élu conformément à la volonté du peuple », a déclaré Gaïd Salah dans cette allocution.

    Il a affirmé que « cette position de principeest un signe manifeste et constant de la détermination de l’ANP à ne pas s’écarter de la voie constitutionnelle, quelles que soient les conditions et les circonstances, et quiconque prétend le contraire fait preuve d’ingratitude envers l’Armée et ses positions de principe constantes, en particulier ces arrivistes qui ont profité des richesses du pays à bien des égards et veulent aujourd’hui donner des leçons à l’ANP et son Commandement ».

    « Dans cette optique, et dans le respect de la Constitution et des institutions de l’Etat, il nous incombe d’oeuvrer à réunir les conditions idoines pour l’organisation des élections présidentielles le plus tôt possible, du fait qu’elles constituent la solution idéale pour sortir de la crise, faire face à toutes les menaces et dangers qui guettent notre pays et déjouer les desseins hostiles visant à nous mener vers le vide constitutionnel et entrainer le pays dans les spirales de l’anarchie et la déstabilisation », a-t-il indiqué.

    Ce mécanisme constitutionnel, a-t-il poursuivi, « permettra d’élire un président de la République ayant la légitimité et les prérogatives pour concrétiser le reste des revendications populaires légitimes et constitue la règle de base pour que notre pays reprenne le cours du développementet de l’édification ».

    Plusieurs lourds dossiers de corruption

    Le chef d’état-major de l’ANP a rappelé avoir affirmé dans une rencontre précédente que « nous étions en cours de démantèlement des bombes à retardement que le peuple algérien sait pertinemment qui les a plantées au sein de toutes les institutions de l’État, et que cette crise, dont nous n’avions guère besoin, a été inventée dans le but de semer les graines de la déstabilisation en Algérie, en créant un environnement propice au vide constitutionnel ».

    Gaid Salah a indiqué que « ces individus, qui ont intentionnellement causé cette crise, sont ceux-là mêmes qui tentent aujourd’hui d’infiltrer les marches, brandissant des slogans suspects et tendancieux qui incitent à entraver toutes les initiatives constructives permettant le dénouement de la crise. Ils ont ainsi démontré qu’ils sont l’ennemi du peuple, lequel sait pertinemment comment mettre en échec, en compagnie de son armée, ces complots et mener le pays vers un havre de paix ».

    Concernant la poursuite en justice de »tous ceux impliqués dans le pillage des deniers publics et la dilapidation des richesses du pays, qui fait partie des principales revendications que le peuple a exprimé avec insistance, depuis le début de ses marches pacifiques », le vice-ministre de la Défense nationale a indiqué que les services du MDN « détiennent des informations avérées concernant plusieurs dossiers lourds de corruption, dont je me suis enquis personnellement, dévoilant des faits de spoliation des fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux ».

    « Aussi et partant de notre souci profond deprotéger l’économie nationale, les services de sécurité se sont chargés de mettre ces dossiers à la disposition de la justice pour les étudier et enquêter pour poursuivre tous ceux qui y sont impliqués », a-t-il assuré.

    Il a relevé que l’ANP « insiste également sur la nécessité d’éviter tout retard dans le traitement de ces dossiers, sous le prétexte de révision des procédures légales, laquelle requiert beaucoup de temps, ce qui donne la possibilité à certains à échapper à la justice ». »Il y a lieu d’indiquer que l’opération n’est qu’à son début et, par la grâce de Dieu, notre pays sera assaini définitivement de la corruption et des corrupteurs », a-t-il soutenu.

    Au sein de l’ANP, « nous n’avons jamais toléré la corruption, nous étions même les précurseurs dans ce domaine en présentant de hauts cadres militaires par devant la justice militaire, à savoir les anciens Commandants des 1re, 2e et 4e RM et de la Gendarmerie nationale et l’ancien directeur des services financiers, dont l’implication dans des affaires de corruption a été confirmée par des preuves tangibles », a-t-il poursuivi.

    Par : LAKHDARI BRAHIM

    Source : Le Midi Libre, 2 mai 2019

    Tags : Algérie, Transition, article 102, Gaïd Salah, armée, ANP, corruption,

  • Algérie – Entre insinuations et non-dits : Gaïd Salah, vise-t-il le Général Toufik ?

    Entre insinuations et non-dits : Gaïd Salah, vise-t-il le Général Toufik ?

    Le communiqué émanant hier, du ministère de la défense nationale, au moment où on s’attendait à une déclaration de la présidence de la république ou du conseil constitutionnel ; vient jeter plus de flou sur la situation de crise politique que vit l’Algérie, avec ses insinuations et ses non-dits.

    Le Chef d’Etat-Major, a en effet dit que «certaines parties malintentionnées s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple».

    Et de préciser qu’en date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l’identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l’ANP et faire accroire à l’opinion publique que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution.

    Ce communiqué intervient le jour même où les réseaux sociaux et certains sites électroniques, faisaient état d’une réunion qui aurait regroupé Saïd Bouteflika avec un groupe de personnes autour de l’ex patron du DRS, le Général Toufik. Une information relayée également par le N° 1 du RCD sur sa page facebook.

    Est-ce de cela que parle Ahmed Gaïd Salah ?

    Bouteflika, ne se laissera pas embarquer dans une quelconque aventure avec le clan présidentiel. Avec qui se serait-il alors réuni, si tant est, il l’ait fait ?

    Pour Gaïd Salah «toutes les propositions découlant de ces réunions suspectes, qui vont à l’encontre de la légalité constitutionnelle ou portent atteinte à l’ANP, qui demeure une ligne rouge, sont totalement inacceptables et auxquelles l’ANP fera face, par tous les moyens légaux».

    Gaid Salah, rappelé en fin de message que «la position de l’ANP demeure immuable, dans la mesure où elle s’inscrit constamment dans le cadre de la légalité constitutionnelle et place les intérêts du peuple algérien au-dessus de toute autre considération, en estimant toujours que la solution de crise ne peut être envisagée qu’à travers l’activation des articles 7, 8 et 102».

    Evacue-t-il par là, une solution à la Al Sissi pour l’Algérie ?

    Les quelques jours à venir, nous éclairerons certainement.

    C.Mechakra

    Le Provincial, 30 mars 2019

    Tags : Algérie, article 120, Gaid Salah, Toufik, armée, ANP,

  • Algérie: Cafouillage

    « C’est ainsi que l’on voit un Ahmed Ouyahia appeler le président à démissionner, ou bien son principal lieutenant jeter l’anathème sur la famille du chef de l’Etat sans aucune retenue, dans une sorte de surenchère où les agents du pouvoir les plus zélés et les plus » mouillés » en deviennent les plus grands et les plus insolents pourfendeurs. De pareils repositionnements montrent bien que le système tente de se recycler, et de survivre à cette protesta historique ».

    Par Mohamed Abdoun :

    L’appel lancé par Gaïd Salah en faveur de l’application de l’article 102 de la constitution donne l’air de poser plus de problèmes qu’il n’en résout. Le premier d’entre tous relève sans doute de cette immixtion de l’armée dans les affaires politiques, alors que cette même constitution le lui interdit formellement.

    Les missions de l’ANP, à l’ombre de la république démocratique algérienne sont on ne peut plus claires, en effet. Loin de moi, cependant, l’idée de douter de la bonne foi du chef d’état-major. C’est, sans doute mu par son inquiétude face à ces manifestations, certes exemplaires, mais pouvant quand même dégénérer à tout moment à cause d’agitateurs professionnels qui n’attendent que le moment idoine pour entrer en action, que Gaïd Salah a lancé cet appel pressant.

    Cet appel du coeur. Cet appel qui (re)plonge l’armée au coeur de la chose politique, alors qu’elle s’en est admirablement extraite, se professionnalisant à l’extrême, et exécutant avec un rare brio l’ensemble des missions pour lesquelles elle a été créée. Et ce n’est pas là le moindre des problèmes, ainsi posés.

    De fait, si cet appel avait été lancé il y a de cela à peine un mois ou deux, sans doute aurait-il été salvateur pour le pays, et accepté par l’écrasante majorité de la population, ainsi que par une bonne partie de la classe politique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La rue, excédée par le fait que le pouvoir a superbement ignoré ses revendications en dépit du gigantisme de ses marches du vendredi, a fini par relever de manière très sensible l’ensemble de ses revendications.

    La rue ne se contente plus de s’opposer ce mort-né cinquième mandat, ou même à la prorogation de l’actuel. La rue ne veut rien moins que le départ du système dans son entier. Ce n’est pas pour rien, du reste, que beaucoup d’acteurs politiques s’empressent de retourner leurs vestes, à qui mieux-mieux, dans un climat surréaliste, où la réalité est en passe de dépasser les rêves et les cauchemars les plus fous.

    C’est ainsi que l’on voit un Ahmed Ouyahia appeler le président à démissionner, ou bien son principal lieutenant jeter l’anathème à la famille du chef de l’Etat sans aucune retenue, dans une sorte de surenchère où les agents du pouvoir les plus zélés et les plus » mouillés » en deviennent les plus grands et les plus insolents pourfendeurs.

    De pareils repositionnements montrent bien que le système tente de se recycler, et de survivre cette protesta historique. Pour cela, le sacrifice du chef de l’Etat semble avoir été privilégié, un peu à l’image de ce qui s’était passé pour le président Moubarak, transformant le printemps égyptien en un printemps à blanc.

    Le PT, qui a siégé dans toutes les assemblées nationales, et qui a fait son beurre, découvre subitement que celles-ci ne serviraient à rien, et en claque la porte avec véhémence après plus d’un quart de siècle de » collaboration » et de » cohabitation « .

    Pareille manoeuvre ne saurait tromper personne. Ce n’est pas tout. Une application stricte de ce fameux article 102, que le président démissionne, ou qu’il soit reconnu incapable de gouverner, ne saurait en aucune manière régler la crise algérienne.

    L’idée que l’actuel gouvernement soit maintenu en place, selon l’article 104 de la constitution, que Bensalah devienne président par intérim, et qu’une présidentielle se tienne sans la moindre garantie en direction des éventuels candidats, ne ferait que nous ramener une bonne vingtaine d’années en arrière dans le temps, voire plus loin encore.

    L’idéal, et je continue de le dire, serait de mettre en place en urgence une commission nationale d’organisation des élections, et de convoquer le corps électoral pour la tenue d’une présidentielle libre, démocratique et transparente. Le peuple, à ce moment, saura j’en suis sûr reconnaitre les siens.

    M. A.

    Tribune des Lecteurs, 27 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, Gaid Salah, armée, ANP,

  • Algérie: Imposantes marches des étudiants

    Prolongement du mandat présidentiel : Imposantes marches des étudiants

    27 Mars 2019

    La communauté universitaire s’est fortement mobilisée aujourd’hui, pour maintenir la pression sur le pouvoir, afin qu’il satisfasse les revendications de changement de système politique exprimées par le peuple.

    Ainsi, à l’appel des comités des étudiants, des marches pacifiques ont eu lieu aujourd’hui à travers l’ensemble du territoire national. A Alger, il y a eu une grande mobilisation, non seulement des étudiants qui enchaînent les actions de protestations sur le terrain, mais aussi les enseignants universitaires et des chercheurs qui continuent donc à accompagner l’élan populaire, en faveur d’une nouvelle République.

    De la place Audin à la Grande Poste, en passant par l’avenue Pasteur, des milliers d’étudiants et d’enseignants ont manifesté et exprimé leur rejet de la prolongation du mandat présidentiel de Bouteflika, sa feuille de route pour une transition politique et sa désignation du tandem Bedoui-Lamamra, pour la conduite des affaires du pays jusqu’à la future élection présidentielle.

    Les manifestants ont scandé des slogans appelant au départ sans délai, du président Bouteflika et de tous ceux qui dirigent avec lui. Sur des pancartes, les marcheurs affirmentque le système politique est « irréformable ».

    A Annaba aussi un grand rassemblement a été organisé par les étudiants. Plusieurs autres corporations étaient et se sont joints à la manifestation. Il s’agit notamment, des avocats, des médecins et simples citoyens qui se sont rassemblés devant le théâtre régional Azzedine Medjoubi dans le centre-ville.

    A Bejaia, des étudiants, travailleurs et agriculteurs, ont manifesté pour le changement.

    A Chlef, ce sont les journalistes exerçant dans les secteurs privé et public, qui ont organisé, hier mardi, un rassemblement devant la maison de la presse, avant de marcher dans la rue pour « une presse libre et indépendante » et pour « le départ immédiat de Bouteflika ».

    A Guelma, il y’a eu une grève générale des travailleurs de plusieurs secteurs.

    A Constantine, les étudiants scandaient « Non au prolongement du mandat du président ». Les étudiants ont marché depuis l’université des frères Mantouri jusqu’au centre-ville.

    A Oran, les anciens moudjahidine,issus des Écoles des cadets de laont manifesté hier, pourréclamer le départ immédiat du système politique incarné par Bouteflika.

    Le Midi Libre, 27 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah,

  • Algérie : Conte de fées, par Mohamed Abdoun

    « Et le ministre des finances de l’époque, promu plus tard président du conseil constitutionnel, qui reconnait avoir » manqué d’intelligence « , et fait donc montre de sa totale incompétence, mais qui reste quand membre de l’élite qui préside aux destinées de l’Algérie… pendant ce temps, l’ancien directeur général de la CNAS, dont les compétences sont reconnues par tous, et qui n’est lié ni de près ni de loin à ce scandale, a quand même été condamné à sept longues années de prison ».

    Par Mohamed Abdoun :

    La mise au point du CPA, importante banque publique algérienne, sonne comme une sorte d’insulte collective lancée à la face de l’ensemble des citoyens algériens. Au lieu de prendre le parti d’en rire, la trouvant -à la rigueur- simpliste et plaisante, je ne peux m’empêcher de la considérer avant tout blessante, réduisant à néant le peu de discernement dont peuvent encore jouir la mémoire et l’intelligence collectives. Explications.

    Pour faire court, en ce qui concerne cette mise au point, qui concerne la suspicion liée à un gros emprunt contracté par un oligarque en devise, doublé d’un transfert du plus gros de cette somme vers l’étranger, on nous indique très doctement, et très sobrement aussi, qu’il est » impossible » que de pareils emprunts et transferts aient pu se faire sans avoir obéi au préalable à une procédure lente, compliquée, et se déroulant sous divers contrôles, tant internes qu’externes. Voilà qui a de quoi rassurer le plus sceptique des quidams.

    Oui, mais alors, qui peut nous expliquer comment se sont » goupillées » les affaires Khalifa et Tonic ? Ce dernier avait » pillé » les finances d’une banque publique, y puisant -au total- une somme bien supérieure à son capital social.

    Quant au golden boy algérien, il a vidé des caisses sociales, avec la complicité d’un Sidi Saïd, qui a officiellement admis avoir commis des faux et vouloir assumer ce fait, sans jamais avoir été inquiété par la justice. Khalifa a, lui aussi, puisé dans les finances de divers fonds, transférés vers sa » banque » en échange de divers avantages consentis à l’adresse des donneurs d’ordres.

    Non, impossible n’est pas français. Ni algérien d’ailleurs. En théorie, il est -presque certain- qu’il est impossible que les opérations citées au début de ce texte avaient pu avoir lieu avec cette déconcertante facilité. Mais, en pratique, il en va tout autrement.

    Comme je l’ai si souvent répété dans ces mêmes colonnes, le problème chez nous ne se pose pas tant en termes d’arsenal juridique, mais plus mauvais qu’un autre, mais plutôt dans son application. Je ne pense pas trahir un quelconque secret en révélant ici que nous ne sommes pas tous égaux devant la justice.

    Un Sidi Saïd, qui déclare assumer des faits gravissimes devant une juge à Blida, est rappelé à l’ordre par celle-ci, non pas pour ordonner son mandat de dépôt immédiat, mais simplement pour lui rappeler » maternellement » qu’il n’est là qu’en tant que témoin. Et le ministre des finances de l’époque, promu plus tard président du conseil constitutionnel, qui reconnait avoir » manqué d’intelligence « , et fait donc montre de sa totale incompétence, mais qui reste quand membre de l’élite qui préside aux destinées de l’Algérie…

    Pendant ce temps, l’ancien directeur général de la CNAS, dont les compétences sont reconnues par tous, et qui n’est lié ni de près ni de loin à ce scandale, a quand même été condamné à sept longues années de prison. Car, il fallait bien des lampistes face à un scandale aussi retentissant. Amar Saidani, qui a raté l’occasion de rester loin des sunlights, a lui aussi reconnu avoir acheté un bien immobilier en France.

    La justice ne s’est quand même pas saisie de cet énorme scandale, alors que l’on sait qu’il est interdit -j’allais dire » impossible » pour paraphraser le CPA- de transférer des fonds vers l’étranger sans respecter des procédures particulièrement strictes et onéreuses.

    A cela s’ajoute le fait de savoir d’où il a obtenu une somme aussi importante, en monnaie forte. Tout cela pour dire, encore une fois, que la mise au point du CPA sonne comme une insulte à l’adresse de notre intelligence. Ce qui ne veut pas dire, forcément, que l’affaire en question ait quand même eu lieu.

    Je veux juste dire par là que le CPA aurait dû se contenter de démentir ce fait sans aller plus loin dans sa littérature, car on sait que des choses, franchement pas catholiques, se déroulent au sein de notre système bancaire.

    Le trop plein de bla-bla du CPA, qui touche le contraire de l’objectif recherché, me fait irrésistiblement penser à cette maxime vieille comme le monde, selon laquelle » qui se justifie, s’accuse… « .

    M. A.

    Tribune des Lecteurs, 27 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah, Article 102, Banque, CPA,

  • L’appel de Gaid Salah à la destitution de Bouteflika est une tentative de coup de force contre la révolution démocratique du 22 février

    L’appel de Gaid Salah à la destitution de Bouteflika est une tentative de coup de force contre la révolution démocratique du 22 février.

    Dépassés par l’ampleur de la révolte populaire, les chefs militaires, en sacrifiant Bouteflika, espèrent contenir un mouvement populaire d’une ampleur sans précédent pour en réduire la portée historique. La pseudo-solution constitutionnelle, à travers l’application de l’article102, préconisée par Gaid Salah au nom de l’Armée trahit une volonté de garder la haute main sur les futures échéances.

    Comment en effet ne pas voir dans cette réaction autoritaire une volonté de l’élite militaro-sécuritaire de maintenir sa position hégémonique et de contrarier l’exigence populaire pour une rupture radicale ?
    Il faut croire le syndrome Sissi a atteint irrémédiablement Gaid Salah. Alors que le peuple tendait sa main pour amorcer ensemble une dynamique historique de reconstruction de l’Etat national, la hiérarchie militaire, nourrie de vieux réflexes putschistes de l’armée des frontières, tourne encore une fois le dos aux aspirations populaires.

    Par cette attitude irresponsable, c’est l’occasion inespérée d’une véritable réconciliation historique entre l’Institution militaire et le peuple qui risque d’être ratée. Proposer un simple changement de façade civile, par la biais d’un nouveau processus électoral biaisé, alors que les Algériennes et les Algériens réclament l’exercice de leur droit inaliénable à l’autodétermination est un violent affront politique qui n’a d’égal que le profond mépris voué par Bouteflika à son peuple.

    Les conséquences seront graves pour la la cohésion nationale et sociale du pays.

    Les chefs militaires, en particulier les officiers intègres, doivent rapidement se raviser et prendre enfin la mesure de la détermination populaire. Faire aujourd’hui l’impasse sur une transition démocratique et l’élection d’une Assemblée constituante, c’est opter pour le pire et prendre le risque de plonger le pays dans le chaos.

    Par Samir Bouakouir

    Algérie Part, 26 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah, Article 102,

  • Algérie: le dernier verrou est tombé, l’article 102 sera bien appliqué

    Pile ou face : le dernier verrou est tombé, l’article 102 sera bien appliqué

    Au bout de plusieurs semaines de maturation de ce que certains appellent, le mouvement populaire (hirak), la révolution, la contestation, la rébellion, peut-être même « el-intifada », pour décrire ce formidable élan populaire pacifique et civilisé, de plusieurs millions d’habitants, sans heurts significatifs ni exactions ni blessés ni morts (ce qui suscite des envieux dans le monde), le dernier verrou, l’article 102, est enfin appliqué.

    La raison et la sagesse ont triomphé sur l’aventure et la bouteille d’encre noire dans laquelle certains ont tenté de plonger notre pays. Les deux grosses tendances et certaines autres auxiliaires qui ont prévalu se sont affrontés. La première préconisait une « période transitoire », hors champ constitutionnel et la seconde, l’application « en l’état », de la constitution et de ses articles subséquents. Les deux positions trouvent leur « légitimité » dans les slogans scandés, durant les marches populaires, à croire que chacun a écouté ce qu’il a bien voulu entendre.

    L’examen de ces deux propositions a été largement commenté par des spécialistes, des personnalités politiques, des partis seuls ou coalisés, des associations, des journalistes et la société civile en général. A priori, il semble que ces deux positions sont irréconciliables et qu’une synthèse n’est pas, pour l’instant, possible, sans compter que le temps imparti est extrêmement réduit, l’échéance du 28 avril 2019, étant généralement considérée comme un point de non retour.

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    A la première proposition, on reproche son cadre juridique anticonstitutionnel, son impossibilité de mise en œuvre, compte tenu du fait que le choix de ceux qui seront en charge de son application sont eux-mêmes illégitimes sauf à choisir (qui doit le faire) des « saints » représentatifs de la société, toute entière et qui accepteront, en outre, la mission.

    En plus, cette solution est consommatrice de beaucoup de temps, ce qui risque de prolonger le vide institutionnel (certains tablent sur une phase de transition, d’au moins de deux ans) et d’entraîner le chaos, à l’instar de l’impasse que vit notre voisin tunisien avec le retour du Président,Caid Badji-Essebsi, à l’âge de 94 ans, ce que d’aucuns considèrent comme une régression.

    Quant à la seconde solution, elle serait susceptible de « confisquer » le Hirak, dans la mesure où l’organisation de l’élection présidentielle, dans les termes de l’actuelle constitution, porte le risque de voir le retour déguisé de la clientèle de l’ancien régime, du fait que l’appareil politico-administratif est toujours entre les mains du pouvoir.

    Ainsi, le candidat choisi par le pouvoir actuel pourrait se faire coopter et perpétuer le système, mettant fin aux espoirs du mouvement populaire et en particulier à ceux de la jeunesse.

    Cette critique de fond est construite sur des supputations et sur les peurs induites par des scénarios qui sont susceptibles de se réaliser même partiellement. Or, dans le cadre constitutionnel actuel, il est fort possible d’expurger des quelque 50.000 bureaux de vote, la capacité de fraude de l’administration et d’injecter une surveillance populaire des urnes sur les 1.541 APC et les 48 juges affectés dans les 48 wilayas. Comme il est possible de remplacer la composante du Conseil constitutionnel, inféodé au pouvoir, afin de s’assurer de sa neutralité et qu’il puisse valider l’élection, après les recours prévus par la loi électorale.

    A l’évidence, les deux ministères-clés (Intérieur et Justice) de l’organisation des présidentielles seront dotés de technocrates, non partisans, pour orchestrer le bon déroulement du processus électoral. Enfin, l’intérim, prévu par la constitution, qui revient au président du Sénat (Abdelkader Bensalah), n’est également plus un obstacle, dans la mesure où ce dernier peut être remplacé par ses pairs et sa présidence occupée, après un vote de cette instance, par une personnalité indiscutable qui pourra mener cet intérim, jusqu’à son terme, conformément aux règles constitutionnelles et à la loi électorale.

    La raison et la sagesse l’auront donc emportée, sur la surenchère et le « khéchinisme » (terme cher à mon feu ami Kheireddine Ameyar) pour sauver notre pays des constructions machiavéliques nationales ou susurrées de l’étranger, chacun considérant son agenda personnel, comme supérieur à celui de l’Algérie.

    Tout le peuple algérien doit aller aux urnes pour donner à notre pays et ses futurs dirigeants élus, la légitimité pour affronter les défis que nous ne manquera pas de trouver sur son chemin. La tâche sera extrêmement difficile, tant le contentieux de vingt ans de gabegie, a laissé l’Algérie dans un état de non-gestion et de prédation généralisée.

    La prochaine étape constitutionnelle n’est pas du tout gagnée, des ennemis, insoupçonnables et insoupçonnés ne manqueront pas de surgir pour tenter de briser ce processus légal, afin de proposer leurs chimériques desseins, pour essayer d’imposer leurs ambitions camouflés dans un « corset démocratique ». Qu’à cela ne tienne, les urnes trancheront entre les différents programmes et les différents projets de société… mais pour une fois dans notre histoire, c’est le peuple et lui seul qui aura, en dernière analyse, le fin mot de l’histoire.

    M.G.

    Auteur

    Dr Mourad Goumiri, professeur associé

    Source : Le Matin d’Algérie, 26 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah,

  • Algérie: L’urgence d’une solution

    Publication : 26 mars 2019
    L’urgence d’une solution

    De la 4e Région militaire d’Ouargla, où il a entamé, hier, une visite d’inspection pour s’enquérir de la disponibilité opérationnelle de l’ANP mobilisée le long de nos frontières, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, a évoqué la solution idoine de l’article 102 de la Constitution pour mettre fin à la crise politique et barrer la route à tous ceux qui œuvrent à la déstabilisation de l’Algérie.

    Une Algérie conquérante, adossée en pionnière à une longue expérience dans la construction démocratique et confortée par la grandeur d’un peuple acquis au règlement pacifique et au débat démocratique, loin de toute forme d’ingérence.

    La démarche citoyenne, qui a participé au rayonnement dans notre pays, traduit un engagement patriotique indéniable qui converge vers une quête consensuelle de la 2e République revendiquée par tous dans une transition rassemblant toutes les forces politiques, les organisations sociales et les acteurs de la société civile, notamment les jeunes et les femmes victimes d’une marginalisation infondée.

    Le bout du tunnel est assurément pas loin. «Il est du devoir de tout un chacun d’œuvrer avec patriotisme et abnégation, et de privilégier les intérêts suprêmes du pays», a déclaré le général de corps d’armée Gaïd-Salah.

    Dès lors, la solution dans le cadre constitutionnel qu’il a préconisée pour garantir «la préservation d’une situation politique stable» est donc le prélude à une transition formulée par le président de la République dans sa lettre à la nation publiée le 18 mars, destinée à «renouveler les systèmes politique, économique et social» pour répondre aux aspirations au changement du peuple algérien.

    Elle accompagne également d’autres propositions de sortie de crise avancées par la classe politique. Par-delà les différences d’approche, le consensus se renforce en faveur d’une sortie pacifique de la crise.

    «Dans ce contexte, il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise qui réponde aux revendications légitimes du peuple algérien et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’Etat. Une solution à même d’aboutir à un consensus de l’ensemble des visions et faire l’unanimité de toutes les parties», a souligné le général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP.

    L’Algérie, qui a su trouver une réponse aux dures épreuves qu’elle a traversées, s’en sortira grandie.

    Horizons

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah,

  • Elle anticipe un vide institutionnel en Algérie: « Accompagnons l’ANP »

    Le Vice-ministre de la défense et chef d’Etat-Major de l’ANP, a anticipé les retombées du vide constitutionnel auquel se dirigeait l’Algérie et suggéré l’application de l’article 102 de la Constitution pour déclarer la vacance du poste de président de la République. Une «suggestion» qu’il revient au Conseil Constitutionnel d’assumer, selon les lois en vigueur dans le pays. Cette sortie de M Ahmed Gaïd Salah est à la mesure des risques qu’encourt le pays et dont l’ANP est partie prenante de par son rôle et ses missions constitutionnelles dans la préservation de la sécurité des frontières, des institutions ainsi que des biens et personnes. Évoquer comme le font certains agités, un coup D’État militaire, part au mieux d’une mauvaise foi au pire de calculs politiciens de bas niveau.

    Concédons toutefois à ceux-là que cette «solution» arrive un peu tard, même si celle-ci devait émaner du Conseil Constitutionnel et du parlement. Sans complaisance, l’ANP vient une fois encore, de sauver l’Algérie des frasques de ses gouvernants, sans s’immiscer dans la vie politique. A ceux qui se découvrent subitement légalistes et dénoncent ce «coup de force», il est utile de rappeler que les deux institutions citées plus haut sont le fruit d’un non droit. Belaiz n’ayant pas le droit d’occuper le poste qui est le sien et l’APN née d’un inceste politique.

    Cela étant, il est très difficile de contenter les algériens qui habitent les réseaux sociaux. Ils veulent plus et tout de suite.

    Par ailleurs, les malsaines réapparitions de quelques figures politiques sont matière à inquiétude, ce qui doit inciter les algériens à maintenir la vigilance dans le calme et la sérénité.

    Le départ de Bouteflika n’étant pas une fin en soi, il s’agit aujourd’hui, comme le fait l’ANP, d’accompagner le processus de changement afin d’éliminer toute trace du système qui a pris l’Algérie en otage depuis 1962. Il s’agit de déstructurer un système et non pas détruire un Etat. La différence est énorme et ne devrait pas être autrement médiatisée par de pseudo experts et faux analystes qui squattent des chaînes de télévision sujettes à caution.

    La situation du pays est trop sérieuse pour n’être confiée qu’à des politiques. Prudence, sagesse et vigilance sont plus que jamais de mise. Continuons notre révolution de manière réfléchie et non émotionnelle. Nous sommes près du but.

    Mechakra Chaouki

    Le Provincial, 26 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, vacance du pouvoir, ANP, armée, Gaïd Salah,