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  • ANALYSE – Les politiques régionales de l’Iran après Soleimani

    La mort de Qassem Soleimani est une perte irremplaçable pour la politique régionale de l’Iran.

    Bünyamin Tangüner, Ümit Dönmez | 13.01.2020

    AA – Istanbul – Bünyamin Tangüner

    L’année 2020 a commencé avec l’un des développements les plus importants de ces dernières années au sens régional. Suite aux développements sociaux et politiques en Irak ces dernières semaines, les protestations ayant d’abord pris l’Iran comme cible ont été réorientées par les Unités de mobilisation populaires (Hachd Al-Chaabi) contre les États-Unis, et l’ambassade des États-Unis à Bagdad a été envahie. À la suite de cet incident, la frappe aérienne de l’armée américaine autour de l’aéroport de Bagdad, et le stratège de l’efficacité et du pouvoir de l’Iran dans la région, le chef de la Force al-Quds de l’Armée du Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI) [1] le commandant Qassem Soleimani [2] et le Vice-président des Hachd Al-Chaabi, Abu al-Mahdi Al Muhandis [3] et ses compagnons ont perdu la vie. Cette attaque extraordinaire va longtemps occuper l’agenda mondial en termes de développements régionaux dans le contexte de la réponse initiale de l’Iran à cette attaque.

    Après que les funérailles de Qassem Soleimani et d’Abu al-Mahdi Al-Muhandis ont été amenées en Iran, la foule rassemblée lors des funérailles tenues dans diverses provinces et les slogans criés ont été évaluées comme une indication vivante que Qassem Soleimani occupait une place importante dans la société iranienne. Dans le contexte de son impact sur la politique intérieure et des récentes réactions sociales, cet événement est devenu une importante mobilisation sociale à travers le pays. La perte de Qassem Soleimani qui est considéré par la société iranienne, comme le commandant qui « fait la pluie et le beau temps au Moyen-Orient », et « l’homme qui défend les intérêts de l’Iran au prix de sa vie », et sur la scène internationale comme « le commandant fantôme », est sans aucun doute une perte importante en termes de de son rôle actif dans la stratégie de l’Iran.

    L’Iran a dépassé toutes les attentes selon lesquelles il répondra avec des « éléments de procuration » [proxy, ndlr] à cette attaque des États-Unis, en tirant des missiles balistiques sur la base d’Ayn al-Assad en Irak depuis la région de Kermanchah. Selon les informations fournies par les agences de presse iraniennes, ces attaques ont été effectuées avec des missiles de courte et moyenne portée, Fatih-313, Zulfiqar, et Resurrection. Après le début de ces attaques, le corps de Qassem Soleimani a été enterré dans un endroit prédéterminé à Kirman, et le régime a, à une certaine mesure, répondu aux attentes de sa société d’une « vengeance à outrance ».

    La vie militaire de Qassem Soleimani et le commandement de la Force al-Quds du CGRI

    Qassem Soleimani, né en mars 1957 dans la province de Kirman en Iran, a commencé sa vie de fonctionnaire à l’administration des Affaires de l’eau de la province de Kirman à l’âge de 18 ans. Il a rencontré Riza Kammyab, qui était un spirituel de Mashhad, pendant les jours où le processus conduisant à la révolution iranienne s’est progressivement déployé, et a ainsi pris part aux protestations allant renverser le régime du Chah. Qassem Soleimanii a rencontré l’ayatollah Ali Khamenei au moment de l’exil de Khamenei à Kirman et est, dès lors, devenu l’un des hommes les plus appréciés de Khamenei. Avec la mission lui ayant été conférée et les louanges d’Ali Khamenei sur toutes les plateformes, il est devenu la deuxième figure la plus importante du régime après le Guide révolutionnaire.

    Qassem Soleimani a commencé à participer aux activités de la CGRI après la révolution iranienne de 1979. Qassem Soleimanii, membre du Corps des gardiens de la révolution de la province de Kirman, a servi sur de nombreux fronts pendant la guerre Iran-Irak de huit ans entre 1980-1988 et a commandé des opérations telles que Velfecr 8, Karbala 4, Karbala 5 pendant la guerre.

    Qassem Soleimani a été nommé chef de la Force al-Quds du Corps des gardiens de la révolution par l’ayatollah Ali Khamenei en 1997. Pendant la période du commandement des Forces Qods, il a joué un rôle efficace dans la communication et le soutien fournis au Hezbollah libanais et aux milices palestiniennes. Les guerres de Gaza de 33 jours (2006) du Hezbollah libanais avec Israël (2006), ainsi que les les guerres de Gaza de 22 jours (2009) que les milices palestiniennes remportées (ou plutôt o,t démontré une relative supériorité), sont des exemples de ce rôle efficace que Soleimani a joué sur le terrain.

    Qassem Soleimani a été extrêmement impliqué dans la stratégie de guerre asymétrique et la coordination de ses éléments sur le terrain irakien après l’invasion américaine de l’Irak en 2001, en Afghanistan avec l’invasion de 2003, en Syrie après la crise débuté en 2010 et dans le champ yéménite après le début de la guerre civile. Il a joué un rôle actif et a encadré cette stratégie de la doctrine de sécurité régionale de l’Iran.

    Qassem Soleimani est devenu le premier commandant de l’histoire de la République islamique d’Iran à recevoir l’Ordre de Zulfiqar, et après sa mort, il a reçu le grade de « Sepehbod », inexistant dans le classement militaire actuel, et jusqu’à présent seulement attribué à Seyyad Shirazi.

    Le rôle stratégique de Qassem Soleimani dans les politiques régionales de l’Iran

    Nous pouvons la mesure de l’influence de Qassem Soleimani sur les politiques de l’Iran et leurs mises en œuvre dans la région, par cette lettre qu’il a écrite à Jalal Talabani pour qu’elle fût transmise au général David Petraeus, le commandant des forces américaines en Irak, qui est venu rencontrer le président irakien de l’époque, Jala Talabani, en 2007. Nous pouvons deviner à travers ce message: « Général Petraeus, vous devez savoir que je suis Qassem Soleimani, je contrôle la politique de l’Iran sur l’Irak, et en dehors de l’Irak, les politiques de l’Iran sur la Syrie, l’Afghanistan et de Gaza font partie de mon champs d’initiatives. Oubliez les diplomates iraniens et autres pour la solution du problème de Bassorah; traitez avec moi « .

    Bien que la juridiction de la Force al-Quds soit déterminée comme étant en dehors des frontières du pays, on ne peut pas dire que la Force al-Quds était très influente dans la région avant que Qassem Soleimani ne soit nommé commandant de l’armée. La croissance de l’influence des forces Qods dans la région a été observée à la suite de l’attaque contre les États-Unis le 11 septembre 2001, l’expansion et l’installation rapides des forces américaines au Moyen-Orient (d’abord avec l’intervention irakienne en 2001 puis avec l’intervention en Afghanistan en 2003), et du changement d’équilibre dans la région en constante déstabilisation. Au cours de ces années, l’État d’Israël, pour lequel le Hezbollah du Liban représentait le plus grand danger au Moyen-Orient avec l’Iran, a déclenché la guerre Israël-Hezbollah en 2006, qui durerait 33 jours.

    La guerre de 33 jours, dans laquelle Qassem Soleimani était actif, a obligé Israël à se retirer du Sud-Liban. Qassem Soleimani a été l’un des principaux stratèges de la guerre avec Hasan Nasrallah et Imad Mughniyah pendant la guerre de 33 jours. Le succès du Hezbollah au cours de la guerre de 33 jours a encore accru l’influence de l’Iran, à travers Soleimani, sur le Hezbollah, et en conséquence, Qassem Soleimani a été celui qui a réussi ancrer le Hezbollah libanais dans les événements régionaux.

    Lors du 22e jour de guerre en 2009, Soleimani a fourni des conseils importants aux milices palestiniennes dans le domaine de la logistique et de la stratégie de guerre. Pour l’Iran, la question de Jérusalem et de la Palestine est idéalisée en politique étrangère. L’un des principaux objectifs de l’appellation « Force al-Quds [Force Jérusalem] » de cette unité militaire était de maintenir cet idéal en usage de manière officielle, et de garantir que l’Iran soit mieux accepté dans le monde islamique. Les faits que Ismail Haniyeh ait été présent aux funérailles de Qassem Soleimani à Téhéran, et que dans son discours il ait fait référence à Qassem Soleimani en tant que « Martyr de Jérusalem », sont des indicateurs importants de l’influence de l’Iran sur ces groupes.

    L’Iran a commencé à développer une vision politique à travers le concept de « réveil islamique » concernant les troubles internes qui se sont produits dans de nombreux pays de la région à la fin de 2010, et lorsque les événements ont commencé à se produire en Syrie, l’un des alliés les plus proches de l’Iran dans la région, l’Iran a commencé à mettre en avant que les mouvements d’opposition étaient dirigés par des forces extérieures et que le régime d’Assad devait être protégé. L’Iran est devenu l’un des pays les plus actifs dans le théâtre syrien, ce qui est également important en termes de paradigme de sécurité et de connexion terrestre avec sa zone d’influence dans la région. Qassem Soleimani a joué un rôle primordial dans la formation des « mouvements populaires volontaires » en 2011 dans diverses régions de la Syrie. En 2012, il a joué un rôle actif dans les opérations dans la région d’Al-Qusair et dans la sécurisation des régions de Hama, Homs, Tedmur et de Damas, au nom du régime. La Syrie qui est considérée par l’Iran comme un pays de l’ « Axe de Résistance », a profité depuis 2010 du soutien des stratégies de guerre asymétriques de Qassem Soleimani. Dans le cadre de cette stratégie, afin de jouer un rôle plus actif dans la guerre civile syrienne, et de maintenir son existence en tant qu’acteur important sur le terrain, et avec une motivation sectaire, l’Iran utilise de façon très active en Syrie, pour la protection de divers lieux sacrés, les unités chiites afghanes, Fatımiyyun, et les unités chiites pakistanaises, Zeynebiyyun.

    En 2001, l’intervention américaine en Irak a entraîné le renversement du régime baasiste de Saddam Hussein que l’Iran a combattu pendant huit ans. Au cours des années suivantes, avec le retrait relatif américain d’Irak, l’Iran a commencé à profiter de ce vide de pouvoir en Irak pour y étendre son influence depuis des régions telles que Najaf et Karbala (historiquement, ses liens religieux y sont solides). Entre 2014 et 2015, il a joué un rôle actif dans la prévention de la capture de l’administration du district du Nord de l’Irak par Daech et dans la création des mouvements Hachd Al-Chaabi en Irak la même année. Le fait que les milices sous la structure des Hachd Al-Chaabi soient devenues une composante de l’armée irakienne au sens militaire, attaché au Premier ministre, peut être considéré comme un indicateur très important de réussite en termes de politique régionale pour le compte de l’Iran et de Qassem Soleimani.

    Qassem Soleimani lui-même a joué un rôle dans le nettoyage de la région d’Anbar en Irak, contre Daech en 2018, et sa lutte contre Daech dans la région a accru sa popularité en Iran.

    La Force al-Quds dirigée par Qassem Soleimani a pu coordonner les groupes chiites houthis au Yémen, l’une des principales zones de conflit de la région, et a utilisé avec succès ces milices dans les guerres par procuration de la région. Confronté à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis dans la guerre civile au Yémen, l’Iran a également obtenu un succès significatif dans l’utilisation efficace de ces milices comme force de dissuasion contre l’Arabie saoudite. L’incident d’ARAMCO, qui est apparu après les tensions entre l’Iran et les États-Unis au cours des derniers mois, et la rhétorique de l’Arabie saoudite contre l’Iran, est l’un des exemples les plus marquants de cette question.

    À la lumière de toutes ces informations, la Force al-Quds, établie avec pour mission d’opérer à l’étranger, est devenue la puissance politique et militaire la plus efficace de l’Iran dans la région. Sans aucun doute, on peut dire que Qassem Soleimani, qui a perdu la vie lors de l’attaque aérienne américaine, a joué un rôle majeur dans la formation d’un tel pouvoir dans la région. La mort de Qassem Soleimani est une perte irremplaçable pour la politique régionale de l’Iran en raison de son raisonnement stratégique pour institutionnaliser le pouvoir des guerres par procuration, de son expérience sur le terrain et des relations bilatérales qu’il a établies. Cependant, on peut dire que cette situation n’entraînera pas d’écarts majeurs en termes d’objectifs de politique régionale de l’Iran et de mode d’activité dans la région. Bien que de façon moins efficace que Soleimani, de nombreuses années d’expérience dans l’utilisation des éléments de guerre asymétriques et de coordination des forces de substitution, en particulier dans le contexte de motivations sectaires au cours de la période passée, seront poursuivies par le nouveau commandant de la Force al-Quds du CGRI, Ismail Kaani.

    [Bünyamin Tangüner est doctorant en relations internationales à l’Université de Téhéran]

    [1] L’Armée des Gardiens de la Révolution est l’armée créée après la révolution iranienne en 1979 par ordre personnel de Khomeiny, avec pour mission d’être, avant tout, les « protecteurs de la révolution islamique ». Elle est indépendante de l’armée, et dépend directement du « Guide de la révolution islamique ».

    [2] L’Armée de la Force de Jérusalem est l’un des quatre éléments fondamentaux de l’Armée des gardiens de la révolution, mais le domaine de service de cette armée est défini comme les activités en dehors des frontières du pays. L’Armée des forces de Jérusalem, dont le premier domaine d’activité est désigné comme le Liban et la Bosnie-Herzégovine, est actuellement active au Liban, en Syrie, en Iraq, au Yémen, en Afghanistan et à Gaza. Qassem Soleimani a été nommé commandant de l’armée des forces de Jérusalem en 1997 par l’ayatollah Ali Khamenei, le guide révolutionnaire.

    [3] Son vrai nom, Jamal Jafar Muhammad Ali Ibrahimi, est à l’origine un ingénieur irakien et entretient des relations étroites avec les dirigeants iraniens, notamment Qassem Soleimani. Bien qu’il soit connu comme le vice-président de l’organisation Hachd Al-Chaabi, il serait, sur le plan opérationnel, le stratège et le chef de facto de ladite organisation.

    [4] Ces opérations, très importantes pour le déroulement de la guerre Iran-Irak, ont été menées par la 41ème division de Sarallah sous le commandement de Qassem Soleimani. Qassem Soleimani a été nommé commandant de la 41e division de Sarallah par Muhsin Rezayi, commandant des Gardiens de la révolution de l’époque et candidat à la présidentielle les années suivantes.

    Anadolou

    Tags : Iran, Moyen Orient, Etats-Unis, Arabie Saoudite, Liban, Israël, Palestine,

  • Nicki Minaj se retire du concert de l’Arabie Saoudite

    NEW YORK (AP) – Nicki Minaj se retire d’un concert en Arabie Saoudite parce qu’elle dit vouloir manifester son soutien aux droits des femmes, aux droits des homosexuels et de la liberté d’expression.

    «Après mûre réflexion, j’ai décidé d’annuler mon concert prévu au Jeddah World Fest. Même si mon plus grand désir est de jouer pour mes fans en Arabie saoudite, après m’être mieux renseignée sur les questions, je pense qu’il est important que je soutienne clairement les droits des femmes, de la communauté LGBTQ et la liberté d’expression », a déclaré Minaj mardi dans une déclaration à l’Associated Press.

    Minaj devait initialement faire la une du spectacle le 18 juillet.

    En Arabie saoudite, la ségrégation entre hommes et femmes célibataires est toujours appliquée dans de nombreux restaurants, cafés, écoles publiques et universités, mais d’autres règles ont été assouplies, les femmes étant désormais autorisées à conduire et à assister à des manifestations dans les stades.

    Le Jeddah World Fest, qui, conformément aux lois saoudiennes, est sans alcool ni drogue, est ouvert aux personnes de 16 ans et plus et aura lieu au stade du roi Abdullah, dans la ville de la mer Rouge. D’autres artistes dont Liam Payne, ancien membre de One Direction, et Steve Aoki, producteur de DJ.

    La semaine dernière, la Human Rights Foundation a publié une déclaration dans laquelle elle demandait à Minaj et aux autres artistes de se retirer du spectacle. Mardi, l’organisation basée à New York a salué la décision de Minaj de ne pas se produire lors du concert.

    «Voilà à quoi ressemble le leadership. Nous sommes reconnaissants à Nicki Minaj pour sa décision inspirante et réfléchie de rejeter la tentative dr transparence du régime saoudien de l’utiliser pour une opération de relations publiques », a déclaré Thor Halvorssen, président de la Human Rights Foundation. «Le festival du 18 juillet en Arabie Saoudite montre toujours Liam Payne en tant qur vedette. Nous espérons qu’il suivra la décision de Nicki Minaj. La position morale de Minaj diffère de celle des artistes interprètes tels que J-Lo et Mariah Carey qui, par le passé, avaient choisi de se remplir les poches avec des millions de dollars et de défendre les gouvernements dictatoriaux par opposition aux communautés opprimées et aux militants des droits humains emprisonnés.

    Au cours des derniers mois, le royaume a vu des performances de Carey, Enrique Iglesias, les Black Eyed Peas, Sean Paul, David Guetta et Tiesto. C’est un changement radical par rapport au moment où la police de la morale saoudienne s’attaquait à des établissements qui diffusaient de la musique forte.

    Les organisateurs saoudiens ont déclaré que le Jeddah World Fest sera diffusé dans le monde entier. Le royaume promet également des visas électroniques rapides pour les visiteurs internationaux qui souhaitent y assister.

    L’année dernière, l’Arabie saoudite a connu de profonds bouleversements à la suite des efforts de réforme descendants du prince héritier, dont l’ouverture du premier cinéma et la levée de la seule interdiction mondiale de la conduite au volant.

    En décembre 2018, des femmes – certaines sans foulard – se sont rendues à une course automobile de Formule-E où des milliers de jeunes Saoudiens et des centaines de visiteurs internationaux ont fait la fête lors de concerts. Le spectacle aurait été impensable jusqu’à récemment dans le royaume ultra-conservateur où la police religieuse appliquait une stricte ségrégation sexuelle et réprimandait les femmes pour ne pas se couvrir les cheveux.

    Cependant, les réformes ont une dure limite – comme le montrent l’assassinat brutal de l’écrivain saoudien Jamal Khashoggi par des agents saoudiens proches du prince héritier en octobre et la torture qui aurait été infligée à plusieurs militantes des droits des femmes en détention. Alors que l’arène du divertissement s’élargit, l’espace réservé à l’engagement politique et à la dissidence a pratiquement disparu.

    Le prince héritier âgé de 33 ans, soutenu par son père, le roi Salman, préside une nation où il définit seul le rythme et la portée du changement.

    Associated Press

    Tags : Nicki Minaj, Arabie Saoudite, Jeddah World Fest,

  • CNN astigmate…

    …voit les derniers sommets du Golfe, qui ont pourtant montré leur désunion et se sont terminés sans déclaration finale, comme un succès pour l’Arabie Saoudite

    Par Moon of Alabama − Le 2 juin 2019

    La semaine dernière, l’Arabie saoudite a accueilli trois sommets internationaux à La Mecque. Le premier fut une réunion d’urgence du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui regroupe six pays arabes du Golfe persique. Elle a été suivie d’une réunion de la Ligue arabe entre les 22 pays membres, moins la Syrie qui est actuellement suspendue. Le troisième sommet était celui de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui compte 57 États membres.

    Les Saoudiens espéraient pouvoir utiliser ces sommets pour affirmer une position unie contre l’Iran. L’Arabie saoudite a accusé l’Iran d’avoir ordonné les récentes attaques de drones par le Yémen sur son gazoduc trans-saoudien. Les États-Unis ont accusé l’Iran d’être à l’origine des attaques récentes contre des pétroliers près des Émirats arabes unis.

    Le roi saoudien a ouvert le premier sommet par une attaque contre l’Iran :

    Le roi d’Arabie saoudite, le roi Salman, a déclaré jeudi lors d’une réunion d’urgence des pays arabes du Golfe que le développement par l’Iran de capacités nucléaires et de missiles balistiques menaçait la sécurité régionale et mondiale.

    Il a déclaré que les actions de Téhéran menaçaient le commerce maritime international et les approvisionnements mondiaux en pétrole en une « flagrante violation des traités de l’ONU », suite aux attaques de ce mois-ci contre des pétroliers au large des Émirats arabes unis et des stations de pompage du pétrole dans le Royaume.

    Si l’on en croit Nic Robertson de CNN, les Saoudiens ont réussi à unir tous les pays derrière leur position :

    Le roi Salman d’Arabie saoudite a réussi à la Mecque ce que beaucoup pensaient improbable – obtenir qu’une vingtaine de nations arabes si disparates s’unissent dans une position commune contre l’Iran.

    Et bien que cette réalisation n’ait pas été accompagnée de menaces belliqueuses ou de nouvelles lignes rouges, il s’agit d’une étape importante sur une route qui peut encore mener à un conflit régional. Au cours de sommets successifs pouvant s’étendre jusqu’en milieu de nuit, sur les sites les plus saints de l’Islam, le monarque saoudien, vieillissant mais toujours attentif, a obtenu la reconnaissance que l’Iran déstabilisait bien le Moyen-Orient et que son appel à « la communauté internationale pour assumer ses responsabilités. » soit soutenu.

    Les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe et les 21 pays de la Ligue arabe présents ont appelé l’Iran à cesser de « s’ingérer dans les affaires intérieures » de ses voisins et ont dénoncé la « menace de Téhéran pour la sécurité maritime » dans le golfe Persique. …

    Ce que nous avons vu à La Mecque, c’est que le statu quo avec l’Iran ne sera plus toléré par les Saoudiens et leurs alliés. Ce qui se passera ensuite dépend de l’Iran. Les pourparlers sont une option, mais le terrorisme, dans la mesure où il est perçu comme tel par les voisins de Téhéran, ne l’est pas.

    Les Saoudiens ont dû offrir des lunettes roses à Nic Robertson. En fait, aucun des trois sommets n’a réussi à concrétiser une nouvelle position vis-à-vis de l’Iran. Le communiqué du sommet du CCG ne blâme pas l’Iran pour les attaques récentes et n’utilise que des termes généraux pour exprimer ses préoccupations :

    Le Conseil a souligné les positions du Conseil suprême et ses décisions fermes sur les relations avec la République islamique d’Iran, soulignant la nécessité pour l’Iran de respecter les principes fondés sur la Charte des Nations Unies et le droit international, les principes de bon voisinage, le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures et le non recours à la force.

    Le Conseil a également demandé à l’Iran de cesser de soutenir, de financer et d’armer les milices et les organisations terroristes et de s’abstenir d’alimenter les conflits sectaires, il a appelé le régime iranien à faire preuve de sagesse, à éviter les hostilités et les tentatives pour déstabiliser la sécurité et la stabilité.

    Alors qu’Anderson affirme que le comportement de l’Iran « ne sera plus toléré par l’Arabie saoudite et ses alliés », la déclaration du CCG ne fait aucune menace de ce genre. Les membres du CCG savent qu’ils ne peuvent rien faire contre l’Iran car leurs pays sont vulnérables aux représailles. Ils appellent donc les autres à faire quelque chose pour résoudre leurs problèmes :

    La résolution appelle la communauté internationale à assumer ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, à prendre des mesures fermes contre le régime iranien ainsi que des mesures plus efficaces et plus sérieuses pour empêcher l’Iran de se doter de capacités nucléaires et imposer des restrictions plus strictes à son programme de missiles balistiques.

    Dans l’ensemble, le langage de l’actuelle déclaration du sommet du CCG n’est pas très différent de celui utilisé dans les précédents communiqués du CCG :

    Ils ont également exhorté Téhéran à réviser ses politiques dans la région en respectant les conventions et traités internationaux pertinents et à cesser d’héberger des groupes terroristes, dont le Hezbollah, sur son sol.

    Le communiqué du sommet la Ligue arabe à la Mecque est quelque peu similaire à celui publié par le CCG. Son langage n’est pas différent de celui utilisé dans les déclarations précédentes de la Ligue arabe. Il condamne l’Iran pour son soutien aux Houthis et à la Syrie, mais ne profère aucune menace. L’Irak n’a pas signé le communiqué de la Ligue arabe.

    Le communiqué de l’OCI du troisième sommet de La Mecque ne mentionne pas du tout l’Iran. Il se concentre sur la Palestine et rejette l’ « accord du siècle » voulu par les États-Unis, accord qui est censé dépouiller les droits des Palestiniens en échange de quelques maigres promesses économiques.

    Sur les six pays du CCG, le Qatar et Oman ont des relations amicales avec l’Iran. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont toujours hostiles au Qatar et ces deux pays échouent dans leur guerre contre le Yémen. La Ligue arabe est plus dysfonctionnelle que jamais. Ses États membres nord-africains sont en proie à des troubles intérieurs et le pays de la Ligue arabe dont l’armée est la plus efficace, la Syrie, est toujours suspendu. L’OCI a condamné le plan Kushner que le prince saoudien, Muhammad bin Salman, et les EAU soutiennent. Le président turc n’a pas participé au sommet de l’OCI en raison de l’hostilité saoudienne envers les Frères musulmans. Le président iranien n’a pas été invité. Le Premier ministre du Qatar, M. al-Thani, n’a été autorisé à participer aux sommets que parce que les États-Unis l’avaient demandé.

    En d’autres termes, les deux sommets qui excitaient tant Anderson étaient des « nothingburgers » [du temps perdu]. Leurs déclarations étaient semblables à celles qui ont été faites dans le passé et le CCG et la Ligue arabe n’ont toujours pas la capacité d’agir ensemble sur toute question grave. Qu’ils fassent appel à des étrangers pour s’attaquer l’Iran, c’est tout ce qu’il faut en retirer. Le sommet de l’OCI était carrément hostile aux plans de destruction de la Palestine proposé par les États-Unis et l’Arabie saoudite.

    Tant que les médias américains feront une telle « mauvaise analyse » des positions des États étrangers, les politiques qui en découleront continueront d’être irréalistes.

    Moon of Alabama

    Source : Le Saker Francophone

    Tags : Arabie Saoudite, CNN, Conseil de coopération du Golfe, CCG,

  • Quand un député républicain dénonçait un terrorisme d’État français

    Dans l’émission Politique Matin de la chaîne parlementaire française LCP du 28 novembre 2015, Claude Goasguen, ancien ministre et député du parti « Les Républicains » a dénoncé le soutien de la France à l’organisation terroriste Al Qaïda.

    « Vous soutenez Al-Qaïda en Syrie ! », a affirmé Goasguen en s’adressant à un responsable du gouvernement socialiste de François de Hollande. « La France soutient les rebelles syriens parce qu’ils sont soi-disant des rebelles démocrates contre M. Assad. Qu’est-ce que c’est Al Nosra ? Al Nosra c’est pas Al Qaïda ? Certains rebelles ont été récupérés par Al Qaïda avec des armes françaises. Nous continuons à fournir des armes à Al Nosra par l’intermédiaire des rebelles syriens et de l’Arabie Saoudite qui combat les chiites par l’intermédiaire du soutien d’un mouvement sunnite », a-t-il dénoncé.

    « Quelle est l’attitude de la France en Syrie avec Al Qaïda ?, s’est-il interrogé. Ce sont des questions qu’il faut se poser maintenant. Moi, ce que je souhaite depuis longtemps c’est qu’il y ait un vrai débat politique international sur cette situation qui a des conséquences en France ».

    M. Goasguen a dénoncé  business du groupe terroriste islamique ISIS profite à de nombreuses personnes, souvent des dirigeants. « Daech ne se promène pas avec de l’argent liquide dans les poches. Ils sont bien dans les banques. On n’est pas capable de savoir où ils ont mis l’argent alors qu’on est capable de faire des sanctions contre l’Iran et d’autres pays pendant des années ? Alors, à qui profite le crime ? », dit-il. « Le pétrole qui continue à couler de Mossoul, il faut bien qu’il sorte quelque part, il va pas chez les pompistes, il passe par la Turquie et on n’est pas capable d’arrêter les conteneurs de pétrole qui sortent de Mossoul et qui passent par le Turquie ? », a-t-il ajouté.

    « La création de Daech c’est un phénomène international. Est-ce que nous prenons tous nos moyens, militaires et financiers Pour faire la guerre à Daech ? », s’est-il demandé. « Quand on fait la guerre, on fait la guerre ! On ne se contente pas de faire des discours, car il y a une interconnexion évidente entre un groupe armé qui ne représente pas militairement grand-chose ». Pourtant, signale-t-il, « Barak, le premier ministre israélien a déclaré à Obama qu’il suffit de deux jours pour détruire Daech. Pourquoi ça ne se fait pas ? Qu’est-ce qui se passe en Syrie ? »

    Pour lui, « Daech est un phénomène nouveau qu’il faut érradiquer le plus rapidement possible. Je ne dis même pas que ce sont des islamistes, mais des voyous. Comment peut-on expliquer qu’on ait donné l’autorisation à quelqu’un qui est fiché « S » de rentrer dans un CV 2 sans qu’on puisse examiner avant qu’il était salafiste, on donne l’autorisation à quelqu’un de pouvoir rentrer dans une usine qui est pleine de bonbons de gaz qui peut risquer un attentat. La coordination n’est pas faite ».

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=LRNKVJ59jIc&w=560&h=315]

    Tags : Terrorisme, Al Qaïda, Syrie, Claude Goasguen, Front Al Nosra, Arabie Saoudite, Daech, Daesh, ISIS, EI,

  • Massacre de Sanaa: Les puissances fournissant des armes à Ryad doivent répondre de leurs actes, selon l’Iran

    L’Iran a appelé vendredi la communauté internationale à agir pour empêcher de nouvelles frappes saoudiennes au Yémen, après celles qui ont tué 6 civils, dont 4 enfants et fait plus de 70 blessés.

    La coalition menée par l’Arabie saoudite a mené, jeudi 16 mai, des bombardements aériens contre les quartiers résidentiels dans la capitale Sanaa.

    « Nous appelons la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à agir selon leurs engagements et à empêcher par tous les moyens que de tels crimes se reproduisent », a écrit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Abbas Moussavi, sur la messagerie Telegram.

    En revanche, le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé que les puissances fournissant des armes à la coalition militaire au Yémen avaient « une responsabilité partagée » pour les bombardements contre Sanaa.

    « Les pays soutenant les forces de l’agresseur au Yémen doivent répondre de leurs actes », a-t-il affirmé, en allusion aux Etats Unis, la France et la Grande Bretagne.

    Ryad intervient militairement contre le Yémen depuis 2015. Cette guerre causé la mort des dizaines de milliers de civils, selon diverses organisations humanitaires.

    Avec AFP

    Source: Almanar

    Tags : Yémen, Arabie Saoudite, crime de guerre, Iran, Houthis,

  • Israël/Arabie ont précipité la chute d’El-Béchir

    Le conseil militaire de transition soudanais a reçu presque dès sa création le soutien appuyé de Riyad et d’Abou Dhabi. C’est certain que sans le Soudan l’Arabie saoudite perdra le sud de son territoire. Les militaires soudanais ont d’ailleurs aussitôt renouvelé leur soutien à la guerre génocidaire en cours contre le Yémen et ont dit vouloir se battre aux côtés du régime saoudien contre les Yéménites. Au fond rien de nouveau sous les cieux de Khartoum. Un pion tombe et un autre le remplace, néanmoins en ce qui concerne le volet yéménite de la question, estime l’analyste iranien du Yémen, Jafar Qanad Bachi.

     » Car, voyez-vous, les médias « mainstream » n’en parlent guère mais l’un des motifs de contestation anti-El-Béchir a été l’implication de plus de 25 000 militaires soudanais au Yémen, militaires répartis sur différents fronts dont celui de Hudaydah et dont les pertes ne cessent de s’accroître. Une implication que Béchir a organisée et alimentée jusqu’au dernier jour de son règne sans qu’il en soit payé de retour. Puisque ni Riyad ni Abou Dhabi n’ont tenu leur promesse d’aide économique quitte à provoquer une détérioration rapide et profonde de la crise économique, ce qui a d’ailleurs joué en défaveur du pouvoir et a déclenché le mouvement de contestation », précisé cet analyste iranien.

    Et de poursuivre :  » A vrai dire en promettant argent et appui financier à El- Bechir sans que ces promesses soient respectées, l’axe saoudo-émirati a poussé El-Béchir vers l’abyme. Ce faisant, cet axe a bien rendu service à Israël et aux Etats-Unis qui depuis la scission du Soudan et l’indépendance du Sud-Soudan (projet entièrement israélien) ne cessent d’aller de déboire en déboire dans leurs projets de conquête des richesses pétrolières sud-soudanaises ».

    Selon al-Binna, ce serait Riyad qui aurait poussé son allié Béchir vers la porte. Mais pourquoi?

    Et l’auteur d’écrire :

    En effet, depuis la scission du sud-Soudan et la disparition de la manne pétrolière des caisses d’État soudanais, la situation économique s’est mise à détériorer. El-Bechir aurait pu y résister si ce n’était pas son opportunisme inné qui le poussait à changer tout le temps de camp et à manger à tous les râteliers. Car, la population soudanaise est profondément anti-israélienne. Celle-ci se rappelle encore les missiles tirés en 2011 par Israël contre Port-Soudan au large de la mer Rouge, perpétrés pour cause de lien à cette époque, entre Khartoum et la Résistance palestinienne et le Hezbollah. Pour une majorité de Soudanais, le projet de scission des régions du Sud avec en toile de fond la liquidation du Grand Soudan et le détournement de ses richesses pétrolières ont été l’écho de cette alliance, hélas, éphémère, mais bien ancrée au sein de la population avec la Résistance.

    S’il est vrai qu’el-Béchir a tenté par la suite de se rattraper et de colmater le vide en se rapprochant de la Russie, en allant même jusqu »ouvrir les portes de son pays à l’industrie nucléaire et à la marine russe, ce rapprochement n’a pas suffi à ce que son régime puisse surmonter l’épreuve des sanctions et des privations. Surtout que parallèlement à son divorce avec la Résistance, il s’est en tête de se rapprocher du FMI et de contacter des près auprès de cet outil colonial. Son pire erreur aura été d’envoyer les effectifs de l’armée à titre de grotesques mercenaires tuer et se faire tuer au Yémen. Et là aussi il a péché par étroitesse de sa vision stratégie. Pour l’heure le conseil militaire de transition cherche tant bien que mal à maîtriser la situation. Mais ses premiers gestes ne promettent rien de bon. Il vient d’annoncer que le Yémen resterait engagé aux côtés de Riyad dans ce qu’il convient de qualifier d’enlisement saoudien au Yémen. et puis il y a ce fameux Deal du siècle et l’idée d’un Israël étendu de l’Euphrate au Nil. Le régime de Tel-Aviv attend son heure pour s’emparer aussi de ce fleuve stratégique et ce, à l’aide des Américains. Les Soudanais devront être bien vigilants ».

    PressTV

    Tags : Soudan, Arabie Saoudite, Yémen, coalition arabem Iran, Etats-Unis, Israël,

  • Le roi du Maroc et la mendicité auprès des monarchies du Golfe

    Selon la presse marocaine, le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita s’est rendu en Arabie Saoudite en vue de remettre un message de Mohammed VI au roi Salman. Aucune précision n’a été donnée au sujet de ce message.

    Cependant, les documents confidentiels de la diplomatie marocaine révélés par le hacker Chris Coleman ont apporté le décryptage du sens de ce message.

    Grâce à ces documents nous avons appris que ce que la MAP appellait remettre une lettre au roi saoudien « portant sur le renforcement du partenariat stratégique existant entre les deux pays frères» était, en réalité, une lettre pour quémander une aide «pour surmonter la crise, les difficultés conjoncturelles dans le cadre de nos efforts de pour surmonter la crise économique et financière subie par l’économie nationale par des facteurs et des influences internationales et régionales, et les conséquences de conditions climatiques difficiles», selon un projet de lettre du roi Mohammed VI au souverain soudien.

    Si les relations entre les deux pays semblent rentrer dans l’ordre, c’est parce que Riyad a décidé de débloquer une aide économique au profit du Makhzen qui souffoque sous une crise financière non déclarée.

    A son habitude, le pouvoir marocain a tenté de dissimuler les véritables raisons de la crise avec l’Arabie Saoudite et les Emirats. Alors que Rabat évoque le Sahara Occidental, la réalité est autre : les riches pays du Golfe ont manqué à leur promesse d’octroyer 500 millions de dollars au Maroc.

    Ainsi, les autorités marocaines tentent de cacher l’agonie de leur économie maintenue à coups de perfusions apportées par la France, les monarchies du Golfe et les institutions financières internationales (FMI, BM).

    Cependant, le manque d’argent accusé par le pays n’empêche pas le roi du Maroc de s’exhiber sur Instagram avec une montre d’une valeur d’un million 200 mille dollars, ni d’offrir à son fils un jet Gulfstream G650 dont le prix dépasse les 67 millions de dollars, ni de dépenser 5 millions de dollars en une semaine de vacances en Grèce.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, crise financière, économie, perfusion, aide financière, monarchies du Golfe, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Sahara Occidental,

  • Le Pape François : Un gouvernement qui vend des armes à l’Arabie Saoudite « n’a pas le droit de parler de la paix »

    Les pays qui envoient des armes en Arabie Saoudite « n’ont pas le droit de parler de paix », a récemment déclaré le pape François.

    La déclaration du Pontife est apparue dans une interview qui a été diffusée dimanche à l’émission hebdomadaire espagnole « Salvados ».

    Lorsque le présentateur Jordi Évole lui a posé des questions sur la vente d’armes au royaume par l’Espagne, qui dirige la coalition qui mène une guerre catastrophique contre le Yémen, le pape François a exprimé sa tristesse mais a rapidement ajouté que « ce n’est pas le seul gouvernement qui le fait. »

    L’Espagne n’est que l’un des nombreux pays qui fournissent des armes à l’Arabie saoudite et continue de le faire, en dépit des accusations de crimes de guerre par la coalition et de l’attention accrue portée aux vastes violations des droits de l’homme perpétrées dans le royaume après le meurtre du journaliste Jamal Khahoggi.

    La quantité d’armes vendues par l’Espagne au royaume est cependant dépassée par la quantité d’armes vendues à l’Arabie saoudite par les États-Unis et le Royaume-Uni; les États-Unis étant le plus gros fournisseur d’armes aux Saoudiens.

    En se référant à ces pays, le pape a déclaré: « Ils fomentent la guerre dans un autre pays, mais veulent la paix dans leur propre pays ». Pourtant, cela reviendra les mordre, a-t-il dit, car il y a toujours un effet « boomerang ». Alimentez « la guerre là-bas, et vous en aurez une dans votre propre maison, que vous le vouliez ou non. »

    L’entrevue d’Évole avec le pape François a également abordé d’autres sujets, notamment les abus sexuels commis par des membres de l’église, les migrations en Europe, le capitalisme et même la star du football, Lionel Messi. Il a été diffusé le même jour où le souverain pontife a pris indirectement pour but les politiques et la rhétorique anti-immigrantes du président Donald Trump. « Les bâtisseurs de murs, qu’ils soient en fil de rasoir ou en briques, finiront par devenir prisonniers des murs qu’ils ont construits ».

    L’entrevue originale (en espagnol)

    La guerre au Yémen, 3 avr 2019

  • Crise avec l’Arabie et les EAU: le Maroc expose ses conditions pour son règlement

    Plus question pour le Maroc d’être pris à la légère par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. 4 déterminants devraient désormais gérer la continuation de la coordination avec ces deux pays avec lesquels une crise a éclaté ces derniers mois, rapporte le site d’information qatari en ligne Watanserb.

    « La coordination avec les pays du Golfe, plus précisément l’Arabie et les EAU devrait être conforme à la volonté des deux protagonistes », a affirmé le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Nasser Bouritat, le jeudi 28 mars à Casablanca. En présence de son homologue jordanien Ayman al-Safadi.

    « La politique étrangère est une question de souveraineté pour la Maroc », avait dit souligné auparavant.

    Concernant le troisième déterminant de cette coordination, elle « ne devrait pas se faire à la carte », a-t-il indiqué.

    Et la quatrième est qu’elle devrait traiter de toutes les questions essentielles au Moyen-Orient et en Afrique du nord, a l’instar de la crise libyenne.

    « La volonté de préserver cette relation devrait provenir des deux protagonistes et être partagée, sinon il est normal de ne point exclure les alternatives », a-t-il précisé.

    Les liens entre Rabat et Riad s’étaient envenimés ces derniers mois après la diffusion sur la télévision saoudienne Al-Arabiyat d’un documentaire qui accuse le Maroc d’avoir occupé le Sahara occidental après le retrait de l’occupant espagnol en 1975.

    Ce territoire de 266.000 km2 est revendiqué par la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le Front Polisario en 1976. Une revendication d’ailleurs soutenue par l’Algérie.

    Directement après le programme, le gouvernement marocain a convoqué son ambassadeur en Arabie. Par la suite, il s’est retiré de la Coalition arabe qui mène une guerre dirigée par l’Arabie saoudite et les EAU contre le Yémen.

    Le Maroc était avant outré par la position de Riad et d’Abu Dhabi hostile à sa candidature pour accueillir la Coupe du monde de football en 2026, alors qu’il comptait sur les voix arabes pour l’emporter contre le dossier formé conjointement par les USA, le Canada et le Mexique.

    Almanar

    Tags : Maroc, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, EAU, Qatar, monarchies arabes, CCG,

  • Affaire Khashoggi : les procès des assassins présumés en Arabie saoudite doivent être publics (experte de l’ONU)

    Les procès à huis clos en Arabie saoudite des personnes accusées d’avoir tué le journaliste Jamal Khashoggi n’ont pas encore atteint les normes internationales, a déclaré jeudi une experte des droits de l’homme de l’ONU.

    Agnès Callamard, l’experte de l’ONU chargée d’une enquête indépendante sur l’assassinat de M. Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul en octobre dernier, a dénoncé le manque de transparence de l’enquête et de la procédure judiciaire en Arabie saoudite.

    « Le gouvernement de l’Arabie saoudite se trompe gravement s’il estime que ces procédures, telles qu’elles sont actuellement constituées, satisferont la communauté internationale, que ce soit en termes d’équité procédurale au regard des normes internationales, ou en termes de validité de leurs conclusions », a dit Mme Callamard qui est Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.

    Il semble qu’au départ, 21 personnes aient été détenues par le gouvernement saoudien à la suite de son enquête sur l’assassinat de M. Khashoggi. Onze d’entre elles sont actuellement jugées, dont cinq risquent la peine de mort.

    « L’assassinat de M. Khashoggi est le résultat d’un meurtre extrajudiciaire commis dans un bureau consulaire en territoire étranger », a rappelé Mme Callamard.

    « Contrairement à ce qu’affirme l’Arabie saoudite, il ne s’agit pas de questions intérieures. Les droits de la victime et de sa famille sont en jeu, mais il en va de même pour les droits des autres États en vertu des traités et du droit internationaux. L’enquête et les poursuites qui en découlent doivent être conformes aux normes juridiques internationales, ce qui exige le plus haut niveau de transparence et d’impartialité », a souligné l’experte.

    Ryad a invité les représentants des membres permanents du Conseil de sécurité à assister au moins à certaines audiences du procès. Mais Mme Callamard les a mis en garde : « Ils risquent de participer à une erreur judiciaire potentielle ; ils risquent d’être complices s’il est démontré que les procès sont entachés de violations du droit relatif aux droits de l’homme. Ils devraient revoir leur coopération et insister pour que les débats soient pleinement ouverts au public et aux internationaux experts observateurs ».

    Pour qu’une enquête crédible sur l’assassinat et sa résolution devant un tribunal soit crédible, il faut que la disparition et l’assassinat soient jugés sur la base du droit international relatif aux droits de l’homme, de la Convention de Vienne sur les relations consulaires et du droit coutumier sur l’inviolabilité d’un territoire souverain.

    « Jusqu’à présent, les autorités saoudiennes n’ont même pas révélé publiquement l’identité des accusés, leur rôle par rapport au gouvernement ou les détails des charges retenues contre eux, et ont tenu les audiences à huis clos », a déclaré Mme Callamard.

    La Rapporteure spéciale a demandé au gouvernement saoudien de prendre des mesures concrètes pour s’acquitter de ses obligations internationales en ce qui concerne l’enquête sur la disparition et la mort de M. Khashoggi et les poursuites ultérieures :

    1. Rendre publics à la fois le nom de toutes les personnes poursuivies et les détails des accusations portées contre elles ;

    2. Rendre publiques toutes les procédures du procès et toutes les preuves contre l’accusé

    3. Inviter des experts internationaux indépendants à suivre le déroulement du procès

    4. Rendre publics les détails et les résultats des efforts déployés pour retrouver la dépouille de M. Khashoggi

    5. Rendre public le sort de toutes les personnes initialement arrêtées en relation avec le meurtre de M. Khashoggi.

    « Le gouvernement de l’Arabie saoudite démontrera davantage sa bonne foi s’il ouvre ses efforts à un examen international », a déclaré Mme. Callamard. « Je renouvelle donc ma demande d’autorisation d’entreprendre une visite en Arabie saoudite dans le cadre de mon enquête sur le sort de M. Khashoggi et sur l’endroit où il se trouve », a-t-elle ajouté. Une requête pour laquelle l’experte espère recevoir une réponse positive.

    ONU Actualités

    Tags : Arabie Saoudite, Jamal Khashoggi, droits de l’homme, justice,