Étiquette : armée

  • Algérie : L’homme providentiel

    par Moncef Wafi

    Ces derniers jours, dans la vie politique nationale, semblent déboucher sur un début de piste pour une sortie de crise en dehors des sentiers balisés de la Constitution. Les différents scénarii convergent vers le remplacement du Premier ministre Bedoui par une personnalité consensuelle, ou presque, et la formation d’un nouveau gouvernement qui aura pour mission de gérer les affaires courantes et de préparer la prochaine présidentielle.

    Avec ou sans Bensalah importe peu du moment que le chef de l’Etat par intérim n’est en poste que durant cette période et que son pouvoir semble plus protocolaire que réel.

    En effet, et dans l’hypothèse d’un report du 4 juillet, il est plus facile de procéder au changement de Bedoui, une démarche somme toute logique dans la mesure où lui-même ainsi que ses ministres sont interdits de sortie sur le terrain, qu’au remplacement de Bensalah qui demanderait théoriquement de piétiner la Constitution, une ligne rouge dans l’esprit de l’état-major de l’armée.

    La question est maintenant de savoir quel sera le profil de ce nouveau Premier ministre avant de connaître son identité. L’homme devra impérativement avoir l’expérience du poste ou du moins ne pas ignorer les rouages de l’appareil et il devra faire l’objet d’un consensus entre l’armée, les partis politiques et la société civile et surtout l’aval de la rue.

    En disant cela, on parle évidemment de consensus et non plus de cooptation comme c’était l’usage dans la désignation des hauts responsables du pays à une certaine époque pas si lointaine.

    Et cet homme providentiel ne devra pas avoir les mains liées par un passé compromettant ou otage d’un dossier à charge qui le rendra vulnérable aux yeux des décideurs. Il ne devra appartenir à aucune maison politique et de se montrer à la hauteur des attentes des Algériens, être au-dessus de tout soupçon et ne pas représenter uniquement des intérêts personnels ou claniques.

    Avec ces conditions, les CV des candidats ne doivent pas se bousculer sur le bureau de Gaïd Salah alors que certains noms reviennent avec insistance et il est fort probable qu’on assiste ces prochains jours voire heures au départ et de Bouchareb de la tête de l’APN et de Bedoui dans une tentative de calmer la rue et d’amorcer un début de sortie de crise.

    L’appel à une solution consensuelle lancé par Ali Yahia Abdenour, Ahmed Taleb Ibrahimi et Rachid Benyelles fait partie également de ces initiatives proposées pour trouver enfin une issue à cette impasse vers laquelle le pays se dirige si le 4 juillet est maintenu contre vents et marées.

    Le Quotidien d’Oran, 20 mai 2019

    Tags : Algérie, Ibrahimo, transition, armée, élections 4 juillet,

  • Algérie : Ahmed Taleb Ibrahimi appelle à une solution de compromis

    AHMED TALEB IBRAHIMI APPEL À UNE SOLUTION DE COMPROMIS

    Mohamed K.

    Ahmed Taleb Ibrahimi, ancien ministre, Ali Yahia Abdennour, avocat et militant des droits humains, et Rachid Benyelles, général à la retraite, appellent, dans une missive rendue publique ce samedi, le commandement de l’ANP à nouer un dialogue « franc et honnête » avec des figures représentatives du mouvement citoyen (Hirak), des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent.

    Pour les signataires de cet appel, il faut « trouver, au plus vite, une solution politique consensuelle en mesure de répondre aux aspirations populaires légitimes qui s’expriment quotidiennement depuis bientôt trois mois ».

    Selon eux, l’impasse actuelle est porteuse de grands dangers qui s’ajoutent à une situation régionale tendue. « La situation de blocage à laquelle nous assistons par le maintien de la date du 4 juillet pour l’élection présidentielle ne pourra que retarder l’avènement inéluctable d’une nouvelle République. Car comment peut-on imaginer des élections libres et honnêtes alors qu’elles sont d’ores et déjà rejetées par l’immense majorité de la population parce que organisées par des institutions encore aux mains de forces disqualifiées, opposées à tout changement salutaire ? », s’interrogent-ils.

    Les trois personnalités plaident pour une période de transition de courte durée. Elles estiment que les manifestants, dont le nombre a atteint des sommets historiques, exigent maintenant l’instauration d’un État de droit et d’une véritable démocratie, « en passant préalablement par une période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système profondément corrompu des vingt dernières années ».

    Taleb Ibrahimi, Yahia Abdennour et Rachid Benyelles rappellent que le 22 février 2019 les Algériens, « toutes classes sociales et tous âges confondus », sont sortis par millions dans les rues de l’ensemble des grandes villes du pays pour manifester pacifiquement, « crier leur colère et refuser l’humiliation, qu’un pouvoir arrogant et sûr de lui voulait encore leur faire subir en annonçant la candidature pour un cinquième mandat, d’un homme qui vit à l’état végétatif depuis cinq ans ».

    Les trois personnalités ont estimé que « les manifestations grandioses de ces treize dernières semaines ont forcé l’admiration du monde entier et nous ont rendu notre dignité trop longtemps bafouée, comme elles nous ont permis de recouvrer notre fierté d’appartenir à une grande nation. Elles auront également fortement contribué à renforcer l’unité nationale et la volonté du vivre ensemble, quelles que soient nos différences politiques, et nos sensibilités culturelles ou doctrinaires », ajoutent-ils.

    Pour rappel, Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et le général Benyellès avaient déjà signé par le passé une déclaration politique dans laquelle ils avaient souligné que Abdelaziz Bouteflika était invalide et incapable de diriger le pays, demandant sa démission immédiate. Cette déclaration a été diffusée au mois d’octobre 2017, un an et demi avant la fin du quatrième mandat.

    Les trois personnalités sont très proches sur le plan politique et intellectuel et sont connus pour avoir partagé les mêmes idées depuis le début des années 1990, avec le début de la crise et la décennie noire.

    Le Jeune Indépendant

    Tags : Algérie, Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour, Benyellès, élections du 4 juillet, armée, transition, Hirak,

  • Algérie : Une profonde opération main propre

    Du jamais vu ! Prés d’une soixantaine de personnalités qui exerçaient de hautes fonctions dans l’Etat, il n’y a pas si longtemps, ont défilé devant la justice en une seule journée. Parmi elles figurent deux ex premiers ministres qui ont dirigé les gouvernements successifs de ces dernières années. Tout ce beau monde doit répondre de collision entre le politique et les oligarques qui ont pris une place plus que grande ces derniers temps et qui sont soupçonnés d’enrichissements illicites grâce justement à l’appui de ces responsables.

    Bien sûr, à ce jour, ces ex ministres et autres grands responsables sont convoqués en tant que témoins, mais rien ne dit qu’ils continueront (du moins pour une bonne partie d’entre eux) à pouvoir bénéficier très longtemps de ce statut et que fatalement ils doivent répondre de leurs actes et du degré de leur implication dans bon nombre de dossiers de corruption et de dilapidation du deniers publics.

    Mais à l’heure actuelle, il faut toujours garder en tête que la présomption d’innocence doit être de mise dans ce genre de cas, mais aussi, il faut que la justice passe et elle doit passer, et ce sera à elle seule de décider de la suite à donner à chacun de ces dossiers et à chacun de ces hommes cités dans ces affaires quel que soit leur statut.

    Ces bouleversements et ces grands moments d’histoire sont en réalité une conséquence directe de ce formidable mouvement populaire né un certain 22 février qui a changé bien des plans pré- établis et bien des passages en force qui ont été tués dans l’œuf et qui se sont anéantis un certain 02 avril avec la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika.

    Ce sont là, certes, de grandes victoires du Hirak qui voit une importante partie de ses revendications satisfaites, mais il reste encore à trouver une sortie de crise consensuelle qui permettra au pays de concrétiser ce souhait d’édification d’une nouvelle république plus juste et démocratique où la voix et le pouvoir du peuple seront au dessus de toutes les autres considérations et où toutes les bonnes volontés et les bonnes énergies seront au service du développement du pays.

    Il s’agit de mettre fin à toutes les dérives auxquelles nous avons assistées ces dernières années et d’en finir une bonne fois pour toutes avec ces pratiques de corruption, de clientélisme et de passe droit et d’arriver à ce que chaque responsable sache une bonne fois pour toute qu’il est là au service du pays et du peuple uniquement et que l’Algérie n’est pas un bien privé où il peut se permettre tous les dépassements et les dérives jusqu’à appauvrir tout un peuple pour servir un clan.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune

    Tags : Algérie, corruption, armée, transition,

  • Algérie : Gaïd Salah dans la lignée des « 22 » historiques

    AMMAR KHELIFA

    Le contexte ne ressemble pas à celui d’octobre 1954, mais la révolte pacifique du peuple algérien en 2019 et l’insurrection armée déclenchée par un groupe révolutionnaire contre le colonialisme français, présentent beaucoup de similitudes.

    Si la veille du déclenchement de la lutte armée contre l’ordre colonial, avait été endossé par des militants nationalistes, déçus par le « jeu stérile des partis politiques de l’époque, dont la majorité ont été compromis par l’administration française, aujourd’hui, c’est l’ANP, digne héritière de l’ALN, qui pris la responsabilité de combler le vide laissé par une élite dépassée par les événements, et une classe politique, dont les intérêts ne sont plus compatibles avec les aspirations des masses.

    A l’instar des « 22 » historiques, qui avaient décidé de passer à l’acte, un certain 1er novembre 1954, en lançant un appel solennel au peuple soumis par le feu et par le fer, à les suivre, l’ANP, et partant de son ancrage populaire, n’a nullement hésité à s’inscrire dans le mouvement populaire né le 22 février.

    En tant qu’institution républicaine, elle s’est gardée d’intervenir, et s’est contenté de suivre la situation avec une attention accrue, jugeant le moment inopportun pour intervenir directement, tant que le pouvoir politique n’a pas encore dévoilé ses intentions et formulé des réponses concrètes aux manifestions populaires.

    A vrai dire, elle a laissé le soin aux politiques de gérer la situation dans un cadre constitutionnelle, mais devant leur incapacité à trouver des solutions acceptables par tous, elle a été obligée d’intervenir pour mettre chacun devant ses responsabilités. D’autant plus que les forces anticonstitutionnelles, que le chef d’Etat-major de l’ANP n’a pas cessé à dénoncer, jusque là tapies à l’ombre, sont sorties au grand jour, pour manœuvrer contre la patrie et le peuple.

    Conscient qu’il est devant une phase historique, Ahmed Gaïd Salah n’avait aucun choix que de hausser le ton, sans tenir compte des noms et des personnes. Pour le Haut commandement de l’armée, l’Algérie est guetté par les périls par ceux qui font la sourde oreille aux revendications du peuple, il n’est donc plus question de laisser une « bande de malfrats » « contourner ses revendications légitimes en fomentant des plans douteux, tendant à déstabiliser le pays et l’entrainer dans le piège du vide constitutionnel ».

    « J’ai confirmé à maintes fois qu’en ma qualité de Moudjahid ayant lutté par le passé contre le colonialisme tyrannique et ayant vécu la souffrance du peuple en cette période difficile, je ne saurai me taire aujourd’hui sur les complots et les conspirations abjectes, fomentés par une bande qui a fait de la fraude, la malversation et la duplicité sa vocation. Aussi, je suis avec le peuple et à ses côtés pour le meilleur et pour le pire, comme je le fus par le passé, et je m’engage devant Allah et devant la patrie et le peuple que je n’épargnerai aucun effort à cette fin, quoi qu’il m’en coûtera ».

    Ces propos sont extraits du dernier communiqué signé par Ahmed Gaïd Salah. Ils sont clairs et irrévocables ; et ont le mérite de sceller cette communion sacrée entre le peuple et son armée. « Nous soutiendrons le peuple jusqu’à ce que ses revendications soient entièrement et totalement satisfaites », a affirmé le chef d’état-major, au moment où la classe politique se terre ou se prépare à quitter le pays.

    « Djeich-Chaâb khawa, khawa », les Algériens ne sont pas trompés !

    AMMAR KHELIF

    Aamar.khelifa@eldjazaircom.dz

    El Djazair.com

    Tags : Algérie, armée, Gaïd Salah, Hirak,

  • Algérie : Il va adresser samedi une lettre aux algériens : Taleb Ibrahimi, le joker du pouvoir pour gérer la transition

    L’option d’Ahmed Taleb Ibrahimi comme probable Président de la transition semble se confirmer chaque jour un peu plus. En effet, le concerné dont le domicile à Alger a connu un chassé-croisé d’acteurs politiques, de journalistes et de hauts responsables, s’apprête à rendre public samedi prochain une proposition de sortie de crise, avons-nous confirmé auprès de son entourage.

    Taleb, confie-t-on, a été officiellement approché par des émissaires du pouvoir pour lui proposer de diriger une période de transition en qualité de «personnalité consensuelle».

    L’état-major de l’armée est désormais convaincu qu’il sera impossible d’organiser l’élection présidentielle le 4 juillet prochain.

    Et pour éviter le vide constitutionnel après la fin de l’intérim d’Abdelkader Bensalah, on a pensé à Taleb Ibahimi qui a ceci de particulier qu’il est âgé (87 ans) et qu’il est plus au moins consensuel.

    Après avoir poliment décliné la proposition à plusieurs reprises en faisant valoir son âge et sa santé fragile, Taleb a fini par se laisser convaincre. Pour ce faire, il va rendre public samedi une « lettre au peuple algérien » qui sera une sorte de prélude à l’annonce de son adoubement.

    L’ex-ministre des affaires étrangère devrait ainsi faire une série de propositions dont la plus importante sera la nécessité de «reporter l’élection présidentielle du 4 juillet» et l’ouverture des période de transition qui sera dirigée par une personnalité «acceptée par le peuple».

    L’initiative de Taleb devrait ainsi combiner les deux dimensions politiques et constitutionnelles dans le règlement de la crise.

    Aussi, Taleb devait proposer, d’après nos sources, à ce que l’armée « accompagne la transition politique» et la mise en place d’un gouvernement de compétence nationale.

    Pour rappel, le nom de Taleb Ibrahimi a été scandé dans plusieurs wilayas du pays lors des deux derniers vendredi avec Benbitour et Zeroual.

    Source : Algérie1

    Tags : Algérie, transition, Taleb Ibrahimi, armée, Hirak,

  • Le Tribunal Militaire convoque Tayeb Belaiz

    Le tribunal militaire de Blida vient de convoquer l’ancien président du Conseil constitutionnel,Tayeb Belaiz, rapporte la chaîne Echorouk News.

    Ce dernier comparaîtra pendant l’écriture de ces lignes comme « témoin » dans le cadre de l’affaire Saïd Bouteflika, Toufik et Tartag.

    Lors de la mise sous mandat de dépôt de Saïd Bouteflika et des généraux Tartag et Toufik, le communiqué du parquet militaire de Blida a laissé entendre que d’autres personnes pourraient être concernées par des poursuites dans le cadre de la même enquête.

    Rachel Hamdi

    Source : Echourouk Online, 16 mai 2019

    Tags : Algérie, tribunal militaire, Tayeb Belaiz, armée, transition, corruption,

  • La nouvelle Algérie à l’épreuve des urnes

    Dans une semaine, le processus électoral sera lancé pour mettre en œuvre la solution légale. Une minorité s’active dans certains médias et réseaux sociaux pour provoquer une impasse et imposer une «transition taillée à la mesure de leurs ambitions» politiques ou personnelles que, bien évidemment, le verdict ne pourra jamais satisfaire.

    L’opinion nationale aura tout compris du refus opposé à toutes les solutions, à l’offre de dialogue et à la proposition du général de corps d’armée Ahmed-Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, favorable à toute initiative pouvant conduire au dénouement définitif et rapide de la crise.

    Le piège du vide institutionnel et constitutionnel fait écho à la tentative de mainmise sur le mouvement citoyen souffrant cruellement d’une représentation à la hauteur de ses revendications légitimes. L’épreuve électorale reste incontournable.

    La constitutionnaliste émérite Fatiha Benabbou, appelant à faire preuve de sagesse et de recherche de compromis, soutient qu’«il est impossible d’annuler des élections. Il y a un processus automatique qu’il faut suivre, sinon l’on entre dans une zone d’illégalité».

    Les préparatifs vont bon train pour éviter une telle issue dangereuse pour la stabilité du pays et organiser le scrutin dans le respect des «délais et des échéances prévus par la Constitution et les lois de la République».

    Après la révision des listes électorales (16-23 avril) et le retrait des formulaires, l’étape décisive du dépôt des candidatures, dont la date limite est fixée au 19 mai, annonce le début de la compétition pour les 68 candidats à la candidature recensés par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Pour autant, les portes du dialogue restent ouvertes.

    Un appel solennel a été encore une fois lancé par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, qui, en recevant le Premier ministre, Noureddine Bedoui, a insisté sur la nécessite de «maintenir tous les canaux de concertation et de dialogue ouverts avec toutes les instances et les partenaires concernés par l’élection du 4 juillet».

    La balle est désormais dans le camp de la classe politique interpellée par les enjeux de la refondation démocratique.

    Horizons, 13 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, armée, élections, constitution,

  • Algérie – Sale temps pour Mouâd Bouchareb : Indésirable

    En prononçant son fameux « ceux qui pensent qu’il n’y aura pas de cinquième mandat rêvent », Mouâd Bouchareb, était à mille lieues de soupçonner que ce malheureux propos allait se retourner, moins de deux mois après contre lui. Cela pour devenir une accusation, voire une marque d’infamie contre lui.

    Il est vrai que dans l’euphorie du moment, dédiée au cinquième mandat de « Fakhamtouhou » , il était difficile d’imaginer le renversement de la situation que nous vivons depuis le 22 février.

    Mouâd Bouchareb, arrivé à la tête du FLN, suite à un putsch contre le président légitime Said Bouhadja, était présenté comme l’avenir chanteur du FLN, le porte flambeau de la nouvelle génération qui marque la rupture avec la gérontocratie du parti incarnée par Djamel Ould Abbès.

    Hier à l’APN, où il a tenté de reprendre la main, après avoir été dégagé du FLN par la nouvelle direction, Mouâd Bouchareb a vécu sans doute une des pires humiliations dans son parcours politique de jeune premier.

    Voulant mettre à profit la commémoration des événements du 8 mai 45, en organisant une cérémonie à laquelle tous les députés étaient conviés, le président de l’APN n’a pas eu beaucoup de monde pour écouter son laïus. Pas de députés de l’opposition, dont une partie avait déjà démissionné. Ni aussi ceux du FLN et du RND qui avaient soutenu sa candidature au perchoir.

    C’est connu, au FLN les hommes n’ont pas de convictions mais des postures, en fonction des conjonctures. Symbole de l’ancien pouvoir comme Bensalah, Bedoui, Bélaiz, Mouâd Bouchareb est un personnage politique devenu infréquentable traversant un moment difficile.

    La question est de savoir s’il est capable de faire le dos rond en espérant un retournement de situation. Pas si sûr, car il pourrait être sacrifié sur l’autel de l’expiation des pêchés commis par Saïd Bouteflika, son mentor.

    Du FLN, où il était appelé à diriger une instance de coordination avec son ami Mustapha Rehiel, il vient d’être éjecté sans autres formes de procès par Mohamed Djamai, élu nouveau secrétaire général du FLN. « Dégagé » du FLN, Mouâd Boucherb risque de l’être de la présidence de l’APN.

    Chaque vendredi, les manifestants réclament sa tête, comme tous les autres « B » du système. Saïd Bouhadja, évincé de son poste de président de l’APN, veut profiter de l’affaiblissement de Mouâd Bouchareb pour récupérer son « bien ».

    Depuis quelques jours, il multiplie les déclarations pour dire qu’il reste « le président légitime de l’APN ». Un message subliminal à destination du nouveau pouvoir pour se faire rendre son perchoir perdu. Saïd Bouhadja, qui joue à fond la carte victimaire, a déclaré qu’il déposerait prochainement deux requêtes au Conseil d’Etat et au Conseil Constitutionnel contre Mouâd Bouchareb, qu’il accuse par ailleurs de « dilapider les deniers de l’APN », avec la complicité du secrétaire général.

    D’une pierre deux coups, veut faire le vieux Saïd Bouhadja qui veut solder son compte avec ces deux responsables de l’APN, c’est-à-dire le SG dont les jours semblent bien comptés.

    H.Khellifi

    L’Est Républicain, 10/05/2019

    Tags : Algérie, transition, armée, Mouaad Bouchareb, Hirak, APN,

  • Algérie : L’armée s’en prend aux partisans de la transition à travers la revue El Djeïch

    L’armée réitère son rejet ferme et sans équivoque de toute possibilité de recours à une transition en dehors de ce que prévoit la Constitution. Elle considère même que cette « proposition » défendue par « certaines voix » fait partie du complot visant « à entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos ». C’est ce que l’institution militaire a fait savoir, encore une fois, à travers son organe central, la revue El Djeïch dans son édition de mai 2019, parue hier mercredi.

    Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Dans son éditorial intitulé « Clairvoyance et sagesse pour faire avorter tous les complots », le Haut Commandement de l’Armée nationale populaire s’en prend violemment à ceux qu’il accuse d’être derrière « ces complots », mais aussi à l’opposition et à certaines « voix » qui rejettent « toutes les solutions disponibles et possibles ».

    Dans cet éditorial qui reprend les grands axes de la position de l’ANP défendue régulièrement par le chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, faisant clairement allusion au général Toufik, surtout, mais aussi à des partis de l’opposition et à certaines personnalités , on lira en effet que « notre pays traverse une crise que certains parmi ceux qui ont vendu leur conscience, qui n’en ont cure de l’intérêt supérieur du pays et qui vont même jusqu’à tramer des complots contre la patrie , voudraient voir perdurer en rejetant toutes les solutions disponibles et possibles, à même de permettre à notre pays de surmonter cette épreuve , et donc de couper la route aux aventuriers qui concoctent des plans et projettent de les exécuter à tous les échelons , dans le but d’entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos ».

    Reprenant les déclarations précédentes sur ce points précis de Gaïd Salah, l’éditorialiste d’El Djeïch ajoutera : « Aujourd’hui, nul n’ignore que les exécutants de ce plan machiavélique, ceux qui leur ont confié cette tâche et ceux qui gravitent dans leur giron ont attendu, durant toutes les années passées, la moindre occasion pour le mettre à exécution en ayant recours à diverses voies et moyens .»

    Un peu plus précis encore, l’éditorialiste poursuit : « Après que le peuple algérien les a démasqués et rejetés fermement et définitivement, ils ont fait de certains canaux d’information connus et des réseaux sociaux un moyen pour tenter de réaliser des agendas douteux , en menant des campagnes méthodiques autant que tendancieuses dans le but d’abuser l’opinion publique pour distiller leurs mensonges et leurs élucubrations dans une vaine tentative de porter atteinte au lien existentiel et étroit qui unit le peuple à son armée , d’ébranler sa cohésion et la confiance mutuelle qui les anime .»

    S’en prenant à certaines parties dans l’opposition, l’éditorial d’El Djeïch affirmera : « Aussi, il n’est pas surprenant de voir que ce sont les mêmes voix qui avaient sollicité l’intervention de l’armée dans le champ politique durant les précédentes décennies qui tentent aujourd’hui, sournoisement, de l’entraîner sur cette voie en cette étape cruciale. Ceci par des voix multiples dont la plus courante est de faire pression à travers « des messages ouverts », « débats », « avis », et « points de vue » publiés dans les colonnes de certains médias , appelant à une période de transition calquée à leur mesure, durant laquelle ils se conduiront comme il leur plaira et feront passer leurs projets et les agendas de leurs parrains qui vouent à l’Algérie et à son peuple une haine et une rancœur infinies .»

    Aussi, lit-on encore dans cet éditorial, et « afin de concrétiser leurs vils desseins, ces revanchards tentent de mettre la main sur ce ‘’Hirak’’ pacifique et de prendre le train en marche pour servir leurs intérêts étroits en s’autoproclamant porte-parole du peuple, dans l’espoir de brouiller les cartes et de semer la confusion. Dans leurs manœuvres criminelles, ces mêmes parties n’oublient pas de lancer des campagnes féroces à travers certains porte-voix qui véhiculent toute leur rancœur à l’encontre de l’ANP, en lui reprochant son attitude patriotique et novembriste dont elle ne s’écartera jamais .»

    L’éditorialiste d’El Djeïch assènera même cette grave accusation : « Le comportement hystérique qui a fait perdre le nord à ces parties est essentiellement dû au refus catégorique du Commandement de notre armée de verser une seule goutte de sang de notre peuple, depuis le début des marches pacifiques, et sa détermination à faire barrage à tous ceux qui tenteraient d’ébranler la stabilité du pays et d’attenter à l’unité du peuple » rappelant , au passage, que cette position avait également été réaffirmée par Gaïd Salah.

    Dans ce même ordre d’idées, l’éditorial d’El Djeïch évoquant la grande campagne « mains propres » en cours depuis quelques jours, fera cette autre remarque , en citant une autre déclaration du chef de l’état-major : « (…) ces mêmes parties tentent de faire accroire aux Algériens que cette démarche de la justice de dépoussiérer les dossiers de corruption intervient sur ordre de l’institution militaire , dans une tentative sournoise d’entraver l’action de la justice et de saper sa détermination à continuer d’accomplir les missions qui lui sont assignées, conformément au droit et et aux lois de la République. Comment expliquer sinon que dès le lancement par la justice de l’opération d’investigation sur ces dossiers, une campagne de dénigrement a vu le jour émettant des doutes sur le sérieux de l’opération et jetant le discrédit sur l’intégrité de la justice, en prétendant qu’il s’agit d’une campagne de vengeance et de règlement de comptes .»

    L’éditorialiste conclura par réaffirmer la détermination de l’armée . « En tout état de cause, les projets et plans concoctés par cette poignée de comploteurs sont inéluctablement voués à l’échec, y compris celui visant à briser la cohésion entre le peuple et son armée. Pour sa part, l’ANP demeurera aux côtés du peuple jusqu’à ce qu’il atteigne ses objectifs et concrétise le changement attendu , comme elle demeurera mobilisée en permanence pour accompagner le peuple et le protéger des agissements d’individus dont le temps a fini par dévoiler les contours du vil complot qu’ils ont mis en œuvre contre la patrie des chouhada .»

    K. A.

    Source : Le Soir d’Algérie, 09/05/2019

    Tags : Algérie, Armée, El Djeïch, Gaid Salah, transition, Hirak,

  • Algérie : Les certitudes de l’armée

    Le Quotidien d’Oran, 9 mai 2019

    par Moncef Wafi

    L’état-major de l’ANP persiste et signe dans son refus de toute période de transition à laquelle appellent l’opposition et la rue. Dans son éditorial du mois de mai, la revue El Djeich, organe officiel de l’armée, dénonce ceux qui rejettent «toutes les solutions disponibles et possibles» qui permettront à l’Algérie de surmonter la crise politique qui la secoue.

    La même source qualifie d’«aventuristes» les tenants de cette option, les accusant de concocter des plans et projeter de les exécuter «à tous les échelons, dans le but d’entraîner le pays vers l’anarchie et le chaos». L’armée évoque ni plus ni moins un complot qui remonte, selon elle, à plusieurs années et qui comprend plusieurs niveaux de responsabilité allant des exécutants aux commanditaires en passant par leurs alliés. Et pour l’éditorial d’El Djeich, ces personnes sont connues et ce sont les mêmes «qui avaient sollicité l’intervention de l’armée dans le champ politique durant les précédentes décennies».

    L’état-major rejette, donc, catégoriquement une période de transition réclamée par le truchement de voies multiples dont la plus courante, détaille la revue, est de faire pression, à travers des «messages ouverts», «débats», «avis» et «points de vue» publiés dans les colonnes de certains médias.

    L’armée identifie ainsi et clairement ses adversaires, les partisans d’une transition en dehors des 3B (Bensalah, Bedoui et Bouchareb) qu’elle associe à des complices du complot visant à conduire le pays vers le chaos.

    A travers ces graves accusations, Gaïd Salah semble restreindre drastiquement le champ politique et le débat contradictoire, excluant de facto toute autre solution que celle de la présidentielle du 4 juillet prochain.

    Même s’il est plus que probable que le président de l’APN va être sacrifié, la feuille de route imposée par le pouvoir est refusée par les partis de l’opposition et la rue qui exigent la chute du régime en place.

    Devant ces positions tranchées, il est fort à craindre une confrontation frontale entre les deux camps retranchés et un changement dans les attitudes des uns et des autres.

    On peut aussi appréhender une restriction des libertés individuelles et des tentatives de musellement de la parole contradictoire, comme cela a été le cas avec Me Bouchachi, interdit de conférence à Blida et à Oran.

    Ce qui est certain par contre, c’est que le mouvement populaire ne donne aucun signe d’essoufflement, comme craint ou attendu, à cause du Ramadhan, et les marches des étudiants, mardi dernier, consacrent toute la détermination du Hirak d’aller au bout de ses revendications.

    Tags : Algérie, Hirak, Armée, Gaïd Salah, transition, complot,