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  • Algérie : La rue exige le départ de «tous»

    Ce vendredi, acte 7 d’une véritable révolution menée par les Algériens, la rue n’est pas sortie fêter son premier week-end sans Abdelaziz Bouteflika. Elle réclame à présent le départ de tout le système, des symboles, surtout, des années de «pillage» et de mauvaise gestion ayant conduit le pays à la crise.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Pour ce, un véritable tribunal populaire s’est mis en place dans les rues du centre-ville envahi très tôt par les manifestants. La place Audin et la rue Didouche-Mourad vibraient en effet dès les premières heures de la matinée sous l’effet d’une sorte de frénésie, d’impatience de «démarrer» la grande protestation hebdomadaire. Et tous se sont, comme de coutume, préparé en adaptant les messages à transmettre en fonction des dernières évolutions.

    De ces messages, on en déduit que la démission du président de la République n’est pas le seul facteur ayant conduit à l’incroyable mobilisation observée hier, mais que le sentiment de «réconfort», d’avoir obtenu gain de cause, d’avoir franchi le premier écueil (le plus symbolique surtout) a entraîné une foule encore dense qu’auparavant. Il faut dire que la capitale a enregistré une très grande affluence de citoyens venant d’autres wilayas du pays et que même si l’arrivée de ces derniers a été retardée par les barrages dressés autour d’Alger, tous, ou presque, ont pu finalement rejoindre les lieux de rassemblement.

    Ici, beaucoup ont la fierté d’annoncer le nom de la ville d’où ils arrivent : «Je viens de Chlef, c’est mon septième déplacement depuis le 22 février dernier», lance un jeune. A lui seul, il résume l’état d’esprit qui règne actuellement au sein de la population.

    «Depuis que les gens sortent réclamer leurs droits, nous n’avons plus enregistré un seul harraga là-bas, les candidats à l’aventure en mer viennent à Alger chaque vendredi.

    On n’ira pas dans les prisons espagnoles ou italiennes, maintenant c’est à eux de se retrouver derrière les barreaux.» Trois hommes venus spécialement de Grande-Bretagne pour soutenir le mouvement boivent littéralement les paroles de ce jeune. Ils sont sous le coup de l’émotion.
    «On est tellement fiers, comment rater un tel événement», dit l’un d’eux. Ils observent les images qui défilent sous leurs yeux en lâchant des commentaires : «C’est hollywoodien», crie l’un d’entre eux en voyant une immense foule amassée autour des portraits des symboles appelés à «dégager». Les noms dont le départ est réclamé sont très nombreux. Bedoui, Belaïz et Bensalah sont caricaturés en bagnards portant de lourdes chaînes. Abdelkader Bensalah est très visé : «Tu ne seras jamais président même pour une heure, rentre chez toi maintenant», scandent les manifestants. Bedoui également : «Fais tes bagages et emmène ta troupe avec toi.»

    Le nouveau gouvernement est aussi complètement rejeté. Il faut dire que la ministre de la Culture focalise particulièrement la colère des manifestants. Son départ est exigé, comme tous les autres.

    Tous réclament également justice. Des photos grand format de Ali Haddad, Chakib Khelil, Ouyahia sont brandies. L’arrestation de l’ex-patron du FCE et sa mise sous mandat de dépôt a donné lieu à une nouvelle chanson populaire : «Ils ont pris Haddad, guettez les suivants», «On vous l’a dit, nous n’arrêterons pas jusqu’à ce qu’ils partent tous». Des slogans de fraternité avec l’ANP sont très présents. Les messages sont pleins de finesse : «Emmène-les tous en prison, mais le pouvoir c’est nous.»

    L’après-midi tire à sa fin. Une dame d’un certain âge est applaudie car elle balaye symboliquement sous une immense pancarte où est inscrit en gras : «Tous, c’est tous.»

    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 6 avr 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Nacer Bouteflika, Article 102, armée, transition,

  • Algérie : Pour l’Histoire

    Nous vivons de grands moments d’histoire. Plutôt nous sommes en train de vivre l’histoire en direct. Ces dernières semaines, et chacun de leurs jours, ont été riches en événements majeurs qui ont totalement changé le cours de ce qui était écrit par des cercles du pouvoir. Un grand moment d’histoire qui a vu des millions d’Algériens sortir comme un seul homme pour crier un seul mot: NON.

    Un non qui a été répété chaque vendredi en nombre, mais aussi pratiquement chaque jour par différentes couches sociales et professionnelles. Mais en parallèle à ce sursaut populaire, dans les cercles fermés, se déroulait un bras de fer d’une immense intensité, mais aussi de risques majeurs qui auraient pu jeter l’Algérie dans la grande incertitude.

    Mais le choix a été fait de se référer dans tous les cas à la légalité et surtout à la Constitution, et c’est peut-être ce qui a permis de sortir avec ce qui a été considéré comme l’une des victoires majeures du hirak populaire enclenché le vendredi 22 février et permis la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril dernier.

    Mais ceci n’est que la partie émergente de cette singulière Révolution, car, l’histoire qui doit être écrite un jour, devra révéler les multiples tractations au sommet du pouvoir qui a permis une telle issue. Le bras de fer entre l’armée et la présidence, est un fait unique dans les annales de l’histoire de l’Algérie et, à n’en pas douter, il a été long et harassant et parfois même explosif.

    Ce moment intense de l’histoire post-indépendance de notre pays, est peut-être le plus important de tout ce que nous avons eu à vivre car, il est sensé mettre en place les fondements d’un système démocratique résolument ouvert sur les aspirations du peuple qui refuse de revivre les dérives qui ont caractérisé tous les pouvoirs successifs de ce pays.

    Pour ce, écrire l’histoire sans la travestir comme cela a été toujours le cas depuis la guerre de libération nationale, contribuera beaucoup à asseoir les fondements de cette nouvelle Algérie voulue et fièrement défendue par ces millions d’Algériens qui ne voudront jamais revenir en arrière et qui défendront chèrement leurs acquis et leurs victoires. Une défense qui commence par le devoir de vérité qui doit débuter par l’écriture de cette histoire loin de tous les mensonges qui ont été derrière tous les drames de la jeune histoire de ce grand pays.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 6 avr 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Nacer Bouteflika, Article 102, armée, transition,

  • Algérie : Nouvelle apparition de Nacer Bouteflika!

    Nacer Bouteflika, secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, est apparu dans la matinée de ce jeudi, prise lors des passations de service entre l’ancien et le nouveau ministre Belkhir Dada Moussa, a enflammé la toile.

    Deux jour après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le frère de l’ancien président de la République a démenti en bloc les rumeurs indiquant son placement en résidence surveillée des frères du président démissionnaire.

    Deux jours après la démission du président, et lors d’une visite effectuée par le nouveau ministre de la formation professionnelle dans les bureaux du ministère, Nacer Bouteflika a bel est bien été à ces cotes ainsi que d’autres employés.

    Une sortie qui n’a pas été du gout de l’ensemble des internautes algériens, qui l’ont pris comme une provocation à leur encontre.

    Rachel Hamdi

    Echourouk Online, 5 avr 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Nacer Bouteflika, Article 102, armée, transition,

  • Un changement radical sans les figures et les symboles du système : Le peuple algérien maintient la pression

    Des millions d’Algériennes et d’Algériens ont marché à nouveau, hier vendredi, à travers le pays, pour une 7e manifestation grandiose de suite et en date depuis le 22 Février historique.

    À Alger, la manifestation était encore beaucoup plus mobilisatrice, déterminante et tranchante surtout avec un mot d’ordre appelant à la restitution de la souveraineté au peuple algérien, changer le système avec une feuille de route qui passerait sans les symboles et figures du système en place.

    Dans la capitale, la marche a tenu toute ses promesses par la mobilisation, la manière pacifique et le niveau des revendications qui fait de plus en plus mouche et suivi assez souvent par un effet immédiat sur le terrain. Ainsi, les manifestants ont battu le pavé, simultanément, à travers tout le pays, munis de pancartes, drapeaux frappés des couleurs nationales, pour revendiquer la mise en place d’une nouvelle République.

    Après six vendredis consécutifs depuis le 22 février dernier, la 7e grande marche était celle de la victoire et projetant sur l’espoir d’en arracher encore à d’autres succès populaires et citoyens après la démission du président Bouteflika. La révolte nationale pacifique était d’ailleurs hier à son premier vendredi post-Bouteflika, l’ex-président sortant après 20 ans de règne à la tête du pouvoir.

    L’affluence des marcheurs était à son comble vers 11h à la Grande-Poste d’Alger, comme aussi au niveau des places Maurice Audin, le 1er Mai ou encore la place des Martyrs.

    Sur place, a-t-on constaté, une mobilisation plus importante que le précédent vendredi, où des centaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens ont affiché leur détermination à faire évincer «tous les partisans et les anciens fidèles de l’ex-Président», maintenant que lui-même ait quitté le pouvoir.

    «Bouteflika c’est fini ! À qui le tour ?»

    Place Maurice Audin, des manifestants portent une grande banderole entre les mains et sur laquelle on pouvait lire : «les 3 B, dégagez ! C’est la décision du peuple le seul et l’unique souverain.» «Le peuple exige le changement politique profond du système en place. Le peuple va maintenir la pression sur le pouvoir en place. Nous exigeons le départ des symboles du système Bouteflika, comme le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, et du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz », comme nous l’a lancé un étudiant, rencontré parmi ses compères, non loin de l’esplanade de la Grande-Poste.

    «Le peuple veut une République civile»

    Au fur et à mesure que les marcheurs avancent, la foule ne faisant que s’élargir. À la Place Audin, Hayet, une mère de trois enfants, nous dira que « le peuple réclame l’activation de l’article 7. Le peuple veut choisir son gouvernement de transition». Hamid, son mari, lui emboîte le pas : «Il est temps de prendre en compte le pouvoir légitime, l’incontournable, celui du peuple», et de préciser que « le peuple veut aller sur la voie de l’élaboration d’une législation garantissant l’État de droit, les libertés individuelles et collectives».

    Sur place, des discussions et des chuchotements sont engagés entre manifestants, portant notamment sur la période de transition. Les youyous fusaient de partout et exprimant la victoire contre l’ex-président de la République. Tarek, un jeune qui suivait de près nos échanges, a affirmé que « ce vendredi est le premier après le départ de Bouteflika. C’est donc une journée qui se veut être pleine d’espoir après cette victoire partielle, (la démission du chef de l’État).» Ou encore de juger que « le peuple veut aller vers une vraie transition démocratique», avant de poursuivre sa marche, en tenant à immortaliser une scène avec son Smartphone en tenant le drapeau national à bras-le-corps.

    Gaid Salah ? Chacun y va de son propre avis !

    Contrairement aux cas de Bensalah, Belaïz et Bedoui, dont la démission est exigée par des manifestants, les avis des marcheurs divergent sur Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’ANP.

    Croisé devant le tunnel des Facultés, Hakim nous à indiqué que « je pense que le peuple ne cessera de manifester ses revendications soulevées depuis le 22 février dernier, tant que celles-ci ne sont pas encore satisfaites. L’application de l’article 102 risque de privilégier des changements de forme et non pas de fond», estime notre interlocuteur comme pour renvoyer à l’article 7 surtout qui confère le pouvoir et la souveraineté au peuple algérien. «C’est vrai qu’El Djeïch (Armée nationale) est le nôtre. Mais Gaïd fait, lui aussi, partie du système en place, on réclame son départ. “Goulna Ga3, c’est ga3” (Nous avons dit tous, c’est tous), point barre ! », a conclu Hakim.

    Un autre jeune, par contre, scande, «Djeïch, Chaâb khawa khawa !» (Armée et peuple sont des frères), avant de répondre à Hakim que «Gaïd Salah s’est rangé du côté du peuple et il s’est engagé à satisfaire toutes ses revendications parmi lesquelles figurent le départ du système et une transition démocratique, pour construire une Algérie nouvelle et un État de droit. »

    Mohamed Amrouni

    Le Courrier d’Algérie

    Tags : Algérie, Article 102, Bouteflika, Gaid Salah, armée, transition,

  • Algérie : Quels scénarios pour la succession de Bouteflika ?

    L’armée face à un vrai dilemme

    Le Conseil constitutionnel constate officiellement « la vacance définitive de la présidence de la République en application de l’article 102, alinéa 4 de la Constitution » et « communique l’acte de la déclaration de la vacance définitive de la présidence de la République au Parlement ». C’est ce qu’annonce l’institution présidée par Tayeb Belaïz à l’issue de sa réunion d’hier mercredi.

    Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Les choses s’accélèrent donc au lendemain de la démission officielle, dans la soirée de mardi dernier, de Abdelaziz Bouteflika de son poste de président de la République. Le Conseil constitutionnel aura donc accompli sa mission, comme une lettre à la poste, en attendant que le Parlement fasse de même.

    A ce stade-là, celle du constat de la vacance de la présidence de la République, il ne s’agit plus que d’une simple formalité, dès lors que Bouteflika a enclenché le processus avec le dépôt de sa démission, sous la pression populaire mais, aussi, à la suite d’un vrai « coup d’Etat pacifique » conduit par Gaïd Salah, mardi dernier.

    Cette sortie lourde, déterminée et publique de l’institution militaire qui a précipité le départ de Bouteflika, propulse en fait le patron de l’armée, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd salah comme le nouvel homme fort du pays. Et à travers lui, c’est toute l’institution qui est appelée à jouer un rôle déterminant dans tout le processus enclenché depuis le 2 avril pour la succession de Abdelaziz Bouteflika.

    Un processus qui ne sera pas si facile à faire aboutir, en dépit de la clarté des dispositions constitutionnelles y afférentes, notamment l’article 102.
    Cet article stipule, en effet, que en l’état actuel des choses et de la configuration institutionnelle telle que laissée par Bouteflika, c’est le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, qui sera chargé d’assurer l’intérim du poste de président de la République pour une durée de trois mois, tandis que le gouvernement de Noureddine Bedoui demeure L’armée face à un vrai dilemme lui aussi jusqu’à l’élection d’un nouveau Président (article 104).

    Or, la rue, désormais incontournable, rejette fortement ces options ce qui, en cas de refus général et persistant, aggravera la crise politique qui est déjà assez compliquée.

    A en croire des sources fiables, Ramtane Lamamra avait refusé, la semaine dernière, d’être propulsé à la tête du Sénat en prévision de la démission de Bouteflika, pour donc prendre l’intérim en question.

    Cette option, celle de la désignation d’un remplaçant à Abdelkader Bensalah à la tête du Sénat n’est en tout cas pas à écarter, d’autant plus qu’elle n’est pas anticonstitutionnelle. Il suffit, pour cela, que les membres du Sénat élisent un nouveau président pour leur institution. Chose qui n’est pas possible, s’agissant du gouvernement qu’aucune disposition constitutionnelle ne permet, ni de changer, ni de remanier à compter de la date de démission de Bouteflika.

    Or, l’armée, par la voix de son chef d’état-major, a clairement signifié, à plusieurs reprises, qu’elle n’acceptera aucune autre solution ou mesure qui ne s’inscrirait pas « dans le cadre exclusif de la Constitution ». Et si alors le gouvernement Bedoui fait l’objet d’une forte contestation ? C’est à ce niveau que se situe le véritable enjeu de ces débuts de l’après-Bouteflika et qui accroîtra, à coup sûr, le rôle de l’armée qui est, désormais, un acteur politique direct et même le plus important sur la scène.

    L’institution militaire va-t-elle peser de tout son poids pour imposer le strict respect de la Constitution, et dans ce cas aller vers une présidentielle dans les trois mois, avec le personnel politique actuellement en charge de cette brève transition, même contestée ou alors pousser vers une autre issue, politique, « consensuelle », mais qui sera forcément anti-constitutionnelle ?

    K. A.

    Le Soir d’Algérie, 4 avr 2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, Gaid Salah, Bouteflika, armée,

  • Algérie – Entre insinuations et non-dits : Gaïd Salah, vise-t-il le Général Toufik ?

    Entre insinuations et non-dits : Gaïd Salah, vise-t-il le Général Toufik ?

    Le communiqué émanant hier, du ministère de la défense nationale, au moment où on s’attendait à une déclaration de la présidence de la république ou du conseil constitutionnel ; vient jeter plus de flou sur la situation de crise politique que vit l’Algérie, avec ses insinuations et ses non-dits.

    Le Chef d’Etat-Major, a en effet dit que «certaines parties malintentionnées s’affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l’ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple».

    Et de préciser qu’en date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l’identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l’ANP et faire accroire à l’opinion publique que le peuple algérien rejette l’application de l’article 102 de la Constitution.

    Ce communiqué intervient le jour même où les réseaux sociaux et certains sites électroniques, faisaient état d’une réunion qui aurait regroupé Saïd Bouteflika avec un groupe de personnes autour de l’ex patron du DRS, le Général Toufik. Une information relayée également par le N° 1 du RCD sur sa page facebook.

    Est-ce de cela que parle Ahmed Gaïd Salah ?

    Bouteflika, ne se laissera pas embarquer dans une quelconque aventure avec le clan présidentiel. Avec qui se serait-il alors réuni, si tant est, il l’ait fait ?

    Pour Gaïd Salah «toutes les propositions découlant de ces réunions suspectes, qui vont à l’encontre de la légalité constitutionnelle ou portent atteinte à l’ANP, qui demeure une ligne rouge, sont totalement inacceptables et auxquelles l’ANP fera face, par tous les moyens légaux».

    Gaid Salah, rappelé en fin de message que «la position de l’ANP demeure immuable, dans la mesure où elle s’inscrit constamment dans le cadre de la légalité constitutionnelle et place les intérêts du peuple algérien au-dessus de toute autre considération, en estimant toujours que la solution de crise ne peut être envisagée qu’à travers l’activation des articles 7, 8 et 102».

    Evacue-t-il par là, une solution à la Al Sissi pour l’Algérie ?

    Les quelques jours à venir, nous éclairerons certainement.

    C.Mechakra

    Le Provincial, 30 mars 2019

    Tags : Algérie, article 120, Gaid Salah, Toufik, armée, ANP,

  • Algérie: Cafouillage

    « C’est ainsi que l’on voit un Ahmed Ouyahia appeler le président à démissionner, ou bien son principal lieutenant jeter l’anathème sur la famille du chef de l’Etat sans aucune retenue, dans une sorte de surenchère où les agents du pouvoir les plus zélés et les plus » mouillés » en deviennent les plus grands et les plus insolents pourfendeurs. De pareils repositionnements montrent bien que le système tente de se recycler, et de survivre à cette protesta historique ».

    Par Mohamed Abdoun :

    L’appel lancé par Gaïd Salah en faveur de l’application de l’article 102 de la constitution donne l’air de poser plus de problèmes qu’il n’en résout. Le premier d’entre tous relève sans doute de cette immixtion de l’armée dans les affaires politiques, alors que cette même constitution le lui interdit formellement.

    Les missions de l’ANP, à l’ombre de la république démocratique algérienne sont on ne peut plus claires, en effet. Loin de moi, cependant, l’idée de douter de la bonne foi du chef d’état-major. C’est, sans doute mu par son inquiétude face à ces manifestations, certes exemplaires, mais pouvant quand même dégénérer à tout moment à cause d’agitateurs professionnels qui n’attendent que le moment idoine pour entrer en action, que Gaïd Salah a lancé cet appel pressant.

    Cet appel du coeur. Cet appel qui (re)plonge l’armée au coeur de la chose politique, alors qu’elle s’en est admirablement extraite, se professionnalisant à l’extrême, et exécutant avec un rare brio l’ensemble des missions pour lesquelles elle a été créée. Et ce n’est pas là le moindre des problèmes, ainsi posés.

    De fait, si cet appel avait été lancé il y a de cela à peine un mois ou deux, sans doute aurait-il été salvateur pour le pays, et accepté par l’écrasante majorité de la population, ainsi que par une bonne partie de la classe politique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La rue, excédée par le fait que le pouvoir a superbement ignoré ses revendications en dépit du gigantisme de ses marches du vendredi, a fini par relever de manière très sensible l’ensemble de ses revendications.

    La rue ne se contente plus de s’opposer ce mort-né cinquième mandat, ou même à la prorogation de l’actuel. La rue ne veut rien moins que le départ du système dans son entier. Ce n’est pas pour rien, du reste, que beaucoup d’acteurs politiques s’empressent de retourner leurs vestes, à qui mieux-mieux, dans un climat surréaliste, où la réalité est en passe de dépasser les rêves et les cauchemars les plus fous.

    C’est ainsi que l’on voit un Ahmed Ouyahia appeler le président à démissionner, ou bien son principal lieutenant jeter l’anathème à la famille du chef de l’Etat sans aucune retenue, dans une sorte de surenchère où les agents du pouvoir les plus zélés et les plus » mouillés » en deviennent les plus grands et les plus insolents pourfendeurs.

    De pareils repositionnements montrent bien que le système tente de se recycler, et de survivre cette protesta historique. Pour cela, le sacrifice du chef de l’Etat semble avoir été privilégié, un peu à l’image de ce qui s’était passé pour le président Moubarak, transformant le printemps égyptien en un printemps à blanc.

    Le PT, qui a siégé dans toutes les assemblées nationales, et qui a fait son beurre, découvre subitement que celles-ci ne serviraient à rien, et en claque la porte avec véhémence après plus d’un quart de siècle de » collaboration » et de » cohabitation « .

    Pareille manoeuvre ne saurait tromper personne. Ce n’est pas tout. Une application stricte de ce fameux article 102, que le président démissionne, ou qu’il soit reconnu incapable de gouverner, ne saurait en aucune manière régler la crise algérienne.

    L’idée que l’actuel gouvernement soit maintenu en place, selon l’article 104 de la constitution, que Bensalah devienne président par intérim, et qu’une présidentielle se tienne sans la moindre garantie en direction des éventuels candidats, ne ferait que nous ramener une bonne vingtaine d’années en arrière dans le temps, voire plus loin encore.

    L’idéal, et je continue de le dire, serait de mettre en place en urgence une commission nationale d’organisation des élections, et de convoquer le corps électoral pour la tenue d’une présidentielle libre, démocratique et transparente. Le peuple, à ce moment, saura j’en suis sûr reconnaitre les siens.

    M. A.

    Tribune des Lecteurs, 27 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, Gaid Salah, armée, ANP,

  • Algérie: Les mises en garde de Louisa Hanoune

    par M. Aziza

      La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune a rejeté les propositions d’une partie de l’opposition qui a plaidé pour un présidium (instance présidentielle provisoire) et celles faites par des pro-systèmes. Pour elle, toutes ces alternatives se rejoignent sur la nécessité, selon ces acteurs, d’aller vers une «période de transition» et pour la conception « des instruments de transition».

    Intervenant, hier, à l’ouverture des travaux du bureau politique de son parti, Mme Hanoune a appelé toutes les forces politiques du pays à laisser le mouvement populaire s’épanouir car il a besoin de plus de temps pour la «maturation». Et d’affirmer dans ce sens qu’ «il n y a aucune révolution qui a atteint ses objectifs en un mois».

    Louisa Hanoune a, également, lancé des mises en garde en avertissant contre «toute précipitation ou toute tentative d’empêcher ou de vouloir écourter le processus révolutionnaire algérien qui pourrait tourner au chaos». Elle a tenu à préciser que ce processus révolutionnaire n’est pas un «Hirak» ni même «un printemps arabe» mais c’est «une révolution typiquement algérienne».

    Pour la SG du PT, le dernier mot revient au peuple pour trancher s’il veut «un régime parlementaire», ou s’il veut, par exemple, «un régime semi-présidentiel ou présidentiel». Et de s’interroger «pourquoi imposer aujourd’hui des élections présidentielles, alors que le peuple n’a pas encore tranché sur la nature du régime ?».

    Selon Louisa Hanoune, «la logique dit que le peuple doit pouvoir chasser ce système du parti unique qui s’est élargi aux partis RND, MPA, et TAJ et des partis du deuxième collège et qui s’est élargi aux mafias et aux oligarques, puis le peuple va décider de la nature du régime qu’il veut et fixera par la suite le calendrier électoral».

    Le Parti des travailleurs affirme qu’il n’est pas contre l’opposition, mais s’est dit pour un dialogue avec le peuple sur l’ensemble des possibilités existantes, et non pas se focaliser sur «la période de transition», qui n’est pas une solution «positive» selon le PT.

    Pour Mme Hanoun, les périodes de transition n’ont jamais réussi, notamment, dans les pays africains dont certaines ont duré 6 à 7 ans. Elle prévient, en outre, en affirmant qu’«aucune période de transition n’a eu lieu, sans un protectorat étranger».

    Louisa Hanoune a noté, parallèlement, que les déclarations très contradictoires des directions du FLN et du RND sont en fait, une expression publique et même violente de l’accélération de la crise du système, dont ces deux partis sont l’incarnation. En fin de compte, dit-elle, «les directions de ces deux partis sont revenues à leur source où elles étaient contraintes de soutenir les propositions du président de la République, c’est-à-dire, contourner la volonté du peuple pour sauver le système et essayer de le maintenir quelque temps, «ce qui permet aux oligarques de siphonner les 85 milliards de dollars de réserves de changes et d’accaparer davantage de foncier et ruiner complètement le pays». Car dit-elle, ces partis n’ont jamais été indépendants sauf dans la période de feu Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN. Louisa Hanoune a, également, lancé des mises en garde en affirmant que « des informations circulent au sujet de l’octroi des parcelles de foncier et des crédits colossaux en devises à des prédateurs, après le 22 févier, c’est-à-dire après le déclenchement du processus révolutionnaire ». En soulignant «qu’en principe et dans les situations révolutionnaires lorsque la question du pouvoir et du système est posée, la mission du gouvernement se limite à la gestion des affaires courantes en attendant l’amorce du changement, la mise en place des institutions définies par la majorité du peuple, dans le cadre de la rupture avec l’ancien système et l’ancien régime». Et d’expliquer que cela veut dire que «les banques publiques, le gouvernement et tous les ministres et autres responsables ne doivent, en aucun cas, prendre des décisions importantes d’autant plus, lorsqu’il s’agit de décisions qui hypothèquent le sort de la nation ou qui permettent la poursuite de la prédation et de siphonner l’argent public».

    Elle a de ce fait appelé les procureurs généraux à s’auto-saisir pour l’ouverture des dossiers de corruption et de dilapidation des biens publics. Elle a, également, appelé les walis à cesser de sélectionner des personnes, des individus comme faux représentants pour assister à la conférence nationale, que les partisans du maintien du système veulent imposer, coûte que coûte. Et de souligner encore que la ré-appropriation et l’émancipation de l’UGTA par les travailleurs et les syndicalistes est une condition majeure pour empêcher les forces de la réaction et de la contre-révolution de dénaturer la lutte révolutionnaire et de confisquer la révolution.

    Le Quotidien d’Oran, 27 mars 2019

    Tags : Algérie, Gaid Salah, Article 102, armée, transition, vacance du pouvoir,

  • Algérie : réactions des partis politiques à l’application de l’article 102 de la constitution

    L’appel du chef d’Etat Major de l’Armée, Ahmed Gaid Salah, à l’application immédiate de l’article 102 de la constitution pour résoudre la crise politique que traverse l’Algérie après le refus populaire du 5ème mandat et les revendications d’un changement radical du système, a été largement commenté par les partis politiques.

    Réagissant à l’appel du chef d’état-major de l’armée à l’application de l’article 102 de la Constitution, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), dénonce « un coup d’Etat » contre la volonté du peuple.

    Pour le Mouvement de la société pour la paix (MSP), l’application de l’article 102 de la Constitution ne peut être la solution à la crise.

    Le président du Jil Jadid a réagi à l’appel du chef d’Etat-major de l’ANP qui a appelé à l’application de l’article 102 de la Constitution. Pour lui, « le peuple algérien commence à récolter les fruits » de son mouvement et de la pression qu’il a exercée sur le pouvoir. « Destituer le président est un autre pas en avant, mais ce n’est pas la fin du parcours », a pourtant estimé Djilali Soufiane dans une vidéo postée, ce mardi soir sur sa page facebook.

    Le Front des forces socialistes (FFS) a réagi à l’appel d’Ahmed Gaid Salah, chef d’Etat-major de l’ANP, à l’application de l’article 102 de la Constitution.

    Source: DMA

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  • Algérie: Imposantes marches des étudiants

    Prolongement du mandat présidentiel : Imposantes marches des étudiants

    27 Mars 2019

    La communauté universitaire s’est fortement mobilisée aujourd’hui, pour maintenir la pression sur le pouvoir, afin qu’il satisfasse les revendications de changement de système politique exprimées par le peuple.

    Ainsi, à l’appel des comités des étudiants, des marches pacifiques ont eu lieu aujourd’hui à travers l’ensemble du territoire national. A Alger, il y a eu une grande mobilisation, non seulement des étudiants qui enchaînent les actions de protestations sur le terrain, mais aussi les enseignants universitaires et des chercheurs qui continuent donc à accompagner l’élan populaire, en faveur d’une nouvelle République.

    De la place Audin à la Grande Poste, en passant par l’avenue Pasteur, des milliers d’étudiants et d’enseignants ont manifesté et exprimé leur rejet de la prolongation du mandat présidentiel de Bouteflika, sa feuille de route pour une transition politique et sa désignation du tandem Bedoui-Lamamra, pour la conduite des affaires du pays jusqu’à la future élection présidentielle.

    Les manifestants ont scandé des slogans appelant au départ sans délai, du président Bouteflika et de tous ceux qui dirigent avec lui. Sur des pancartes, les marcheurs affirmentque le système politique est « irréformable ».

    A Annaba aussi un grand rassemblement a été organisé par les étudiants. Plusieurs autres corporations étaient et se sont joints à la manifestation. Il s’agit notamment, des avocats, des médecins et simples citoyens qui se sont rassemblés devant le théâtre régional Azzedine Medjoubi dans le centre-ville.

    A Bejaia, des étudiants, travailleurs et agriculteurs, ont manifesté pour le changement.

    A Chlef, ce sont les journalistes exerçant dans les secteurs privé et public, qui ont organisé, hier mardi, un rassemblement devant la maison de la presse, avant de marcher dans la rue pour « une presse libre et indépendante » et pour « le départ immédiat de Bouteflika ».

    A Guelma, il y’a eu une grève générale des travailleurs de plusieurs secteurs.

    A Constantine, les étudiants scandaient « Non au prolongement du mandat du président ». Les étudiants ont marché depuis l’université des frères Mantouri jusqu’au centre-ville.

    A Oran, les anciens moudjahidine,issus des Écoles des cadets de laont manifesté hier, pourréclamer le départ immédiat du système politique incarné par Bouteflika.

    Le Midi Libre, 27 mars 2019

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