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  • Algérie : Entamer le changement

    La santé va au plus mal. C’est le ministre qui qui pose son diagnostic à travers les symptômes les plus apparents de la déficience dans la prise en charge des patients et de la gestion des établissements hospitaliers. Ce paradoxe entre les énormes ressources financières injectées dans le système des soins et ses piètres performances n’est toutefois pas nouveau.

    Les prédécesseurs de l’actuel ministre, entre autres, ont tous relevé cette inadéquation et posé autant de fois ce même diagnostic sans que la situation n’ait évolué d’un iota dans le bon sens.

    Aujourd’hui le pays a besoin de solutions pratiques qui donnent des résultats sur le terrain en matière de qualité des prestations et qui ont des répercussions positives sur la charge financière. Les précédentes ont jusque-là totalement échoué, pour la bonne raison que le système dans son entièreté n’est pas tourné pour atteindre un tel impact et que les tergiversations autour du principe de la gratuité des soins et des plans de sa remise en cause provoquaient l’émergence d’appétits aussi féroces que ceux déjà en place, nourris par la gabegie qui y règne.

    Creuser une franche tranchée entre les sphères des intérêts permettrait déjà de solutionner à moitié le problème ; l’autre moitié se dissoudra avec l’assainissement d’une administration trop impliquée dans le jeu des affaires.

    Contrairement à l’idée répandue, l’accès aux soins n’est pas gratuit, il est financé par les deniers publics. Verrouiller les accès aujourd’hui faciles à la dépense stérile et impunie est le seul moyen réaliste et efficace pour entamer le changement de la culture prévalant dans le système actuel et amener ce dernier à se soumettre à une gestion plus conforme aux canons de l’économie de la santé.

    Ne pouvant plus être entretenue, toute la fumée qui se dégage aujourd’hui à travers les comportements anomiques des uns et des autres finira forcément par se dissiper pour laisser place aux questions sérieuses de la formation, de l’organisation, de l’équité dans l’accès aux soins, de la performance, de la recherche médicale et, pourquoi pas, de la contribution à l’économie nationale à travers le tourisme médical, à l’instar de ces pays qui nous en administrent la leçon alors qu’ils ne sont pas forcément mieux dotés que l’Algérie.

    Horizons, 1 jui 2019

    Tags : Algérie, transition, élections, Bouteflika, Hirak, démocratie, constitution, article 102,

  • La nouvelle Algérie à l’épreuve des urnes

    Dans une semaine, le processus électoral sera lancé pour mettre en œuvre la solution légale. Une minorité s’active dans certains médias et réseaux sociaux pour provoquer une impasse et imposer une «transition taillée à la mesure de leurs ambitions» politiques ou personnelles que, bien évidemment, le verdict ne pourra jamais satisfaire.

    L’opinion nationale aura tout compris du refus opposé à toutes les solutions, à l’offre de dialogue et à la proposition du général de corps d’armée Ahmed-Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, favorable à toute initiative pouvant conduire au dénouement définitif et rapide de la crise.

    Le piège du vide institutionnel et constitutionnel fait écho à la tentative de mainmise sur le mouvement citoyen souffrant cruellement d’une représentation à la hauteur de ses revendications légitimes. L’épreuve électorale reste incontournable.

    La constitutionnaliste émérite Fatiha Benabbou, appelant à faire preuve de sagesse et de recherche de compromis, soutient qu’«il est impossible d’annuler des élections. Il y a un processus automatique qu’il faut suivre, sinon l’on entre dans une zone d’illégalité».

    Les préparatifs vont bon train pour éviter une telle issue dangereuse pour la stabilité du pays et organiser le scrutin dans le respect des «délais et des échéances prévus par la Constitution et les lois de la République».

    Après la révision des listes électorales (16-23 avril) et le retrait des formulaires, l’étape décisive du dépôt des candidatures, dont la date limite est fixée au 19 mai, annonce le début de la compétition pour les 68 candidats à la candidature recensés par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Pour autant, les portes du dialogue restent ouvertes.

    Un appel solennel a été encore une fois lancé par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, qui, en recevant le Premier ministre, Noureddine Bedoui, a insisté sur la nécessite de «maintenir tous les canaux de concertation et de dialogue ouverts avec toutes les instances et les partenaires concernés par l’élection du 4 juillet».

    La balle est désormais dans le camp de la classe politique interpellée par les enjeux de la refondation démocratique.

    Horizons, 13 mai 2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, armée, élections, constitution,

  • Algérie : L’armée passe à la vitesse supérieure

    L’arrestation d’Ali Haddad, une des plus grandes fortunes de l’Algérie, fait partie d’une opération anti-corruption plus étendue qui a affecté une douzaine de grands entrepreneurs algériens parmi lesquels certains sont très proches du clan Bouteflika, Saïd en particulier.

    Selon Carlos Ruiz Miguel, professeur à l’Université de Saint-Jacques de Compostèle, « avec la détention de Saïd Bouteflika, Tartag et Toufiq, l’armée vient d’offrir un gage de sincérité et sérieux dans la lutte contre la corruption et la système implanté par l’entourage de l’ancien président ».

    Dans une interview accordée au journal espagnol La Razón, Carlos Ruiz Miguel, grand connaisseur du Maghreb, a signalé qu’il y aura des acteurs qui voudront provoquer une situation similaire à celle de l’Egypte (la France ou le Maroc). « Cependant, dit-il, l’armée ne le permettra pas. D’ailleurs, elle l’a déjà fait en 1991. Si les islamistes remportent le processus électoral, l’armée interviendra pour l’empêcher. Et pour éviter ce scénario, l’on procédera à filtrer les candidatures électorales et les islamistes seront bloqués ».

    Selon d’autres sources, il s’agit d’une guerre ouverte entre l’armée et le clan Bouteflika qui avec son argent finançait les campagnes électorales de l’ex-président. Au centre de ce système se trouvait celui qui était jusqu’à hier le président du FCE, Ali Haddad.

    Régler les comptes aux entrepreneurs qui ont bénéficié pendant longtemps de ses relations étroites avec la classe dirigeante du pays faisait partie des revendications des manifestants du Hirak. L’armée y a répondu favorablement avec cette campagne d’arrestations. Maintenant, c’est à la justice de prouver qu’elle est capable d’être sufisamment indépendante pour poursuive l’opération d’assainissement entamée. Surtout qu’elle jouit du soutien de l’homme fort du pays, le général Gaïd Salah.

    Tags : Algérie, article 102, armée, Gaïd Salah, corruption, Saïd Bouteflika, Tartag, Ali Haddad, Toufik,

  • Algérie : «L’armée a tout à gagner en accompagnant une transition négociée» (Yahia Zoubir)

    Directeur de recherche en géopolitique à la Kedge Business School (Marseille, France), le professeur Yahia Zoubir estime que l’institution militaire doit se défaire de son attitude paternaliste et s’engager dans un processus d’accompagnement d’une « transition négociée ».

    Le Soir d’Algérie : Vous avez assisté, vendredi dernier, à la marche d’Alger. Quelles sont vos impressions ?

    Pr Yahia Zoubir : C’était un moment très fort. J’ai pu constater une continuité dans les revendications des manifestants. Il y a un élément important auquel ne se sont pas réellement intéressés les observateurs et les chercheurs, c’est le lien établi entre les générations actuelles et celle de Novembre 54. C’est un lien important car il signifie qu’il y a une déligitimation du régime actuel. Les manifestants disent clairement : notre mouvement fait la jonction avec les vrais révolutionnaires.

    Les manifestants se reconnaissent en les « pères fondateurs »…

    Parfaitement, nous le voyons clairement dans les photos de Didouche Mourad, Mustapha Ben Boulaïd et d’autres encore. Cela prouve que l’appel à une nouvelle République est bien pensé puisqu’il prend pour référence les pères fondateurs. La seconde chose qui m’a impressionné, c’est le caractère pacifique de ces manifestations.

    La haine des citoyens envers ceux qui représentent le régime est bien réelle, toutes ces personnes qui ont dilapidé les ressources du pays. La surprise n’est pas dans le fait que les Algériens soient sortis protester, car on avait atteint la dignité du peuple algérien. Je réside à l’étranger depuis de nombreuses années, et je dois reconnaître que j’avais honte de voir que le Président de ce beau pays était l’objet de moqueries. Ce sentiment de honte nous l’avions également ressenti en entendant les propos de certaines personnalités algériennes, censées être très sérieuses, qui disaient que Bouteflika était en bonne santé.

    La protestation était inéluctable, mais c’est son caractère pacifique qui est exceptionnel. Nous voyons également des slogans d’une grande maturité politique et qui représentent tous les griefs à l’encontre du régime et envers une situation qui perdure depuis 15 années, c’est-à-dire depuis la première maladie d’Abdelaziz Bouteflika.

    La goutte qui a fait déborder le vase, c’est cette tentative d’imposer ce cinquième mandat. Mais la population n’est pas dupe et elle le dit clairement aux dirigeants actuels : vous êtes en train de poursuivre le cinquième mandat de Bouteflika mais sans Bouteflika. Les gens sont conscients des enjeux mais aussi des ruses utilisées pour se maintenir au pouvoir.

    Le mouvement citoyen va se poursuivre tant que ses revendications légitimes ne seront pas prises en compte. Le constitutionnalisme dont fait preuve le chef d’état-major de l’armée est en fait une approche fausse car cette Constitution fabriquée spécialement pour l’ex-Président n’est plus valable.

    Il y a une nouvelle situation, il faut donc penser sérieusement à une transition ordonnée. Il existe plusieurs exemples dans le monde, des transitologistes ont travaillé sur des cas concrets. J’ai moi-même travaillé sur la période de transition post-Octobre 88. En collaboration avec un spécialiste brésilien, nous avions réalisé une étude sur les possibilités d’accompagnement de la transition par l’institution militaire.

    Quelles étaient les propositions de cette étude ?

    Nous avions proposé un pacte négocié qui prenait en compte l’instauration d’un nouveau système politique et de nouvelles procédures électorales. Nos propositions ont cessé d’être valables dès la tenue de l’élection du FIS en 1990.

    Ce concept de pacte négocié peut être appliqué dans la situation actuelle ?
    Bien entendu. Sauf que les messages du mouvement sont clairs, les Algériens refusent que les négociations soient menées par Bensalah, Bedoui et tous les autres personnages honnis par la population. Pour l’heure, le régime ne donne pas l’impression de vouloir créer un cadre nouveau pour surmonter la crise. Il ne faut pas perdre de vue que le danger est la radicalisation de la jeunesse. Pour le moment, elle nous montre le meilleur, mais elle pourrait être capable du pire.

    Le slogan khawa-khawa (frères-frères) avec l’armée tient à un fil depuis que le premier représentant de cette institution a commencé à menacer les manifestants.

    L’armée s’est impliquée activement dans la situation politique, depuis les premiers jours de la crise. Mais l’état-major était-il préparé à assumer cette responsabilité ?

    Il ne faut surtout pas que l’état-major donne l’impression que c’est lui qui dirige le pays et qu’il souhaite aller vers une solution à l’égyptienne. C’est-à-dire de remettre l’armée au pouvoir. En tant qu’académicien, j’estime que l’armée a tout à gagner en accompagnant une transition négociée et organisée où l’institution militaire ne s’immiscerait plus dans la politique.
    Plus cette situation perdurera plus les risques de fissures au sein de l’armée seront réels. L’ANP, dans sa composante essentielle, est issue du peuple. Elle s’identifie au peuple. Il est dans l’intérêt national que l’armée, qui est l’ossature du système, joue le rôle d’accompagnateur de la transition.
    Les Algériens ne sauraient se contenter de quelques changements cosmétiques. Il faut éviter la situation de 1988 où quelques têtes ont été écartées sans que le système change réellement. Il s’était juste renouvelé à travers le multipartisme.

    Nous sommes face à une armée qui a un comportement paternaliste envers le peuple et la classe politique. Les militaires sont-ils prêts à changer ?
    Oui et c’est une grave erreur. Cette attitude n’a pas changé depuis l’indépendance. Sauf que la jeunesse algérienne n’est plus dans ce contexte-là. Les jeunes sont très en avance, ils sont conscients de ce qui se passe ailleurs et savent utiliser les médias sociaux. La jeunesse algérienne constate le rajeunissement dans le monde, elle a vu Obama et voit aujourd’hui Macron. De plus, ce paternalisme est un paternalisme méchant qui souffle le chaud et le froid. Nous devons nous mettre dans une logique de retrait progressif de l’armée du champ politique, sans être pour autant désintéressé de l’évolution et de la sécurité de l’Etat.
    De plus, en voyant les dissensions actuelles, nous avons l’impression que l’armée est divisée.

    Le fait que des conflits entre le chef d’état-major et d’anciens hauts responsables de l’ANP, notamment les généraux Mediene et Hamel, se retrouvent sur la place publique ne risque-t-il pas de ternir l’image de marque de l’armée ?

    Parfaitement. Et plus ça continuera, plus l’image de l’armée sera impactée. En octobre 1988, l’armée avait perdu sa réputation après avoir tiré sur le peuple. Il lui a fallu du temps, avec la lutte antiterroriste, pour redorer son image. Elle est devenue par la suite l’institution la plus respectée du pays. Des études ont démontré que la population respecte l’ANP bien plus que les partis politiques ou les politiciens.

    Il est très important de préserver, au sein des jeunes officiers qui ne sont pas politisés, l’esprit de corps qui est requis pour une armée.

    Il ne faut pas oublier que les conflits opposent le premier représentant à d’anciens chefs militaires qui étaient hauts responsables au sein du régime.
    D’où la nécessité pour l’armée de se démarquer du régime, quelle que soit sa nature. Dans cette nouvelle République, l’armée devra être une institution républicaine. Cela prendra sûrement du temps, mais il sera possible de voir un jour un civil comme ministre de la Défense nationale et où l’armée pourra voir son budget décidé par le Parlement. Ce n’est pas d’être contre l’armée que de dire ça, bien au contraire.

    En cas de mise en œuvre d’une solution politique qui aboutirait à l’avènement d’une nouvelle République, pensez-vous que le général Ahmed Gaïd Salah accepterait d’être sous les ordres d’un chef hiérarchique civil en la personne du futur président de la République ?

    Nul n’est éternel. Il est le plus vieux soldat du monde et il sera obligé de composer avec le futur chef de l’Etat. En sa qualité d’ancien moudjahid, s’il a le pays à cœur, il devra laisser s’installer cette nouvelle République exigée par le peuple.

    Si aujourd’hui les critiques à son égard sont encore limitées, c’est dû au fait qu’une grande majorité du peuple est convaincue de son patriotisme. Il se doit de satisfaire les demandes légitimes de ce mouvement citoyen.
    Nous sommes à la croisée des chemins, la situation est très critique. Pour l’instant on ne parle pas beaucoup d’économie, mais dans cette situation de transition, la situation économique est très complexe.

    Nous assistons depuis quelques semaines à une campagne anticorruption sans précédent. Quelle doit être la place de la justice dans une phase de transition ?

    Les pays qui ont fait une transition vers la démocratie ont temporisé pour mettre en œuvre la justice transitionnelle. Mais vu les conditions de l’Algérie, il est parfaitement acceptable que les anciens responsables rendent des comptes durant cette phase. Encore faut-il que cela se fasse de manière rationnelle et crédible. Actuellement,nous avons l’impression d’assister à une certaine sélectivité dans le choix des responsables qui sont poursuivis. Il ne faut pas que cela tourne au règlement de comptes.

    La France est au centre de toutes les critiques depuis le début de ce mouvement. Il y a une forme d’unanimité puisque ces critiques proviennent de la population mais aussi du chef d’état-major de l’ANP…
    Il est possible que le chef d’état-major fût au courant que la France avait accepté le principe d’un 5e mandat. Il est également possible que ce soit un avertissement adressé aux Français afin qu’ils ne s’immiscent pas dans les affaires internes de l’Algérie. C’est aussi un message adressé au peuple algérien visant à apparaître comme un personnage qui ne reçoit pas ses ordres de Paris, car il est évident que les manifestants ont montré dès le début leur rejet de toute interférence étrangère. Cela est valable pour la France, les Etats-Unis ou encore la Russie et les pays du Golfe.
    Les Algériens ont compris que ce sont les interférences étrangères qui ont conduit à la destruction de la Libye, de la Syrie et du Yémen. Sur ce plan, il me semble que le général Gaïd Salah s’est posé sur la même ligne que les revendications populaires.

    Est-ce là une occasion pour redéfinir les relations algéro-françaises ?

    Oui, car même les accords économiques signés ces dernières années entre les deux pays suggéraient des tendances pro-françaises.

    Une transition démocratique pour l’instauration d’une nouvelle République pourra assainir les relations algéro-françaises et aller enfin vers des relations d’égal à égal.

    Les Français ont toujours dit que les relations changeraient quand l’ancienne génération de responsables algériens partira. Mais c’est valable aussi du côté des Français car il existe toujours des nostalgiques de l’Algérie française et qui voudraient tirer profit de cette situation.

    Comment la Chine et les Etats-Unis, deux pays que vous connaissez très bien, perçoivent ce mouvement citoyen et les changements qu’il provoque ?

    J’étais en Chine lorsqu’il y a eu les premières marches en Algérie. Les médias chinois se sont focalisés sur la situation au Soudan mais ont très peu montré l’Algérie. La position chinoise est constante : aucune ingérence. La non-ingérence est un des principes fondamentaux de la politique étrangère de la Chine. C’est d’ailleurs un point commun avec la politique étrangère algérienne, un principe hérité de la conférence de Bandung en 1955.
    Les Chinois ont une relation particulière avec l’Algérie. Malheureusement, nous n’avons pas su l’utiliser à sa juste valeur. Pour peu qu’il n’y ait pas de corruption, les Algériens ont tout à gagner à renforcer leurs rapports économiques avec la Chine. Ils permettront de contrebalancer les relations avec d’autres pays, car il faut miser sur la diversification.

    Pour ce qui est des Etats-Unis, la politique de Trump est très claire : elle consiste à soutenir les États autoritaires. Le souci majeur des Américains ce sont les contrats majeurs qui étaient en phase de signature dans le domaine des hydrocarbures. Ils vont tenter de comprendre quelles sont les implications de la situation actuelle dans les relations économiques.

    Je ne pense pas que les Etats-Unis souhaitent voir l’anarchie s’installer en Algérie, comme c’est le cas en Libye ou en Syrie. Bien sûr, ils souhaiteraient avoir des dirigeants qui leur sont favorables. Ils se positionneront en temps voulu lorsque les choses seront plus claires. Je n’anticipe pas de changement dans les relations avec l’Algérie, les Américains vont observer de façon très étroite les événements futurs.

    C’est également valable pour la Russie ?

    La Russie, c’est autre chose. Moscou et Alger entretiennent des liens très forts dans le domaine militaire. La Russie considère que le régime est stable, qui ne lui est pas défavorable et qui peut l’aider à trouver une solution dans le conflit libyen. Tout comme la Chine, ils sont contre toute ingérence, notamment occidentale, en Algérie.

    L’instauration d’une nouvelle République aura-t-elle des conséquences sur le Maghreb et les pays arabes ?

    Je peux parier que certains pays du Golfe ne souhaitent pas voir une république démocratique, dans le sens propre du terme, en Algérie. Ces pays estiment que cela pourrait déstabiliser le Maroc. Ce dernier souhaite la chute du régime algérien mais refuse de voir une démocratie authentique se développer à ses frontières.

    Mais les Marocains ont besoin d’une Algérie stable…

    Effectivement, ils veulent la fin du régime actuel, refusent l’idée d’une Algérie démocratique mais craignent une instabilité généralisée. Rabat est toujours dans le même concept développé par Hassan II lorsqu’il avait parlé « d’Algérie laboratoire de l’islamisme ». Il ne faut surtout pas que les citoyens marocains soient tentés de copier leurs voisins algériens.
    Et la monarchie souhaite surtout voir se diluer le soutien au Sahara occidental à la faveur de la crise actuelle.

    L’Egypte voit, elle aussi, d’un œil inquiet ce qui se passe en Algérie, surtout qu’un mouvement similaire se déroule au Soudan, à sa frontière sud. Abdel Fattah al-Sissi ne sera rassuré que si l’armée prend réellement le pouvoir en Algérie et au Soudan.

    La défense des peuples opprimés et le soutien au principe d’autodétermination, notamment au Sahara Occidental et en Palestine, seront-ils des principes que portera la nouvelle République ?

    Cette question est importante. Un des éléments extraordinaires dans les manifestations, c’est le fait que le drapeau palestinien soit brandi depuis plusieurs semaines. Idem pour le drapeau sahraoui qui commence à apparaître.

    Les intellectuels algériens ont souvent cru, mais de façon erronée, que la question du Sahara Occidental est une question de régimes.
    Cette façon de voir les choses est le résultat d’un manque de communication du régime algérien qui n’a pas su expliquer que le soutien au Front Polisario est avant tout une question d’autodétermination.
    Je suis très optimiste quant à la question de la préservation des valeurs et des principes fondateurs de l’Etat algérien.

    T. H.

    Bio express

    Yahia H. Zoubir est professeur senior en études internationales et de management international et directeur de recherche en géopolitique à la Kedge Business School, France. Avant de rejoindre Kedge en septembre 2005, il a enseigné dans différentes universités aux Etats-Unis. Il a été professeur invité dans diverses universités en Chine, en Europe, aux États-Unis, en Inde, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ses nombreuses publications comprennent des livres, tels que North African Politics : Change and Continuity (Routledge, 2016) ; Building a New Silk Road : China & the Middle East in the 21st Century (World Affairs Press, 2014) ; Global Security Watch-The Maghreb : Algeria, Libya, Morocco et Tunisia (ABC/CLIO, 2013) ; North Africa : Politics, Region, and the Limits of Transformation (Routledge, 2008) et des articles dans des revues scientifiques telles que Third World Quarterly, Mediterranean Politics, International Affairs, Journal of North African Studies, Middle East Journal, Journal of Contemporary China, Arab Studies Quarterly, Africa Today, etc.). Il a également contribué à de nombreux chapitres d’ouvrages et à diverses encyclopédies. Il a récemment terminé des travaux sur les rivalités au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et sur les puissances du Moyen-Orient dans la région Mena, ainsi que sur les questions de sécurité au Sahel et en Méditerranée.

    En 2019, il a réalisé une importante étude intitulée «Civil Strife, Politics, and Religion in Algeria» pour l’Oxford Research Encyclopedia of Politics.

    Source : Le Soir d’Algérie, transition, article 102, armée, Gaïd Salah, Yahia Zoubir,

  • Algérie : Gaïd Salah pour un dialogue constructif pour sortir de la crise

    Le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général decorps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a exprimé sa conviction que « le dialogue constructif avec les institutions de l’Etat, est l’unique moyen pour sortir de la crise ».

    C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN) rendu public hier mercredi. « Je demeure entièrement convaincu qu’adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’État, est l’unique moyen pour sortir de la crise, étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles », a déclaré Gaïd Salah dans une allocution prononcée lors d’une réunion d’orientation et suivie, via visioconférence, par les cadres et les personnels des unités de la 4e et la 5e RM, lors de sa visite à la 5e RM.

    Le chef d’état-major de l’ANP a tenu « à saluer l’adhésion de nombreuses personnalités et partis à l’idée de l’importance d’adopter le principe de dialogue, qui doit aboutir à des mécanismes raisonnables de sortie de crise. C’est là une position qui leur sera reconnue durant cette phase, où l’intérêt de la Nation doit être le dénominateur commun entre toutes les parties ».

    Pour le général de corps d’armée « l’ensemble des dispositions jusque-là prises a suscité un consensus national que nous avons perçu à travers les slogans scandés lors des marches à travers différentes wilayas du pays, à l’exception de certaines parties qui rejettent toutes les initiatives proposées, et oeuvrent à semer les graines de la discorde en conformité avec leurs intérêts étroits et ceux de leurs commanditaires ».

    Il a souligné que « les intentions malveillantes de ces parties ont été démasquées et dénoncées par les différentes franges du peuple, qui ont fait preuve d’une exceptionnelle et authentique, dans la mesure où elles ont rejeté leurs thèses visant à porter atteinte à la crédibilité et aux efforts des institutions de l’État à dégager et trouver des sorties decrises pacifiques ».

    Il a relevé qu’ »en conséquence, il y a lieu de s’armer de prudence pour ne pas tomber dans le piège visant à perturber les manifestations pacifiques et les dévier de leur objectif par des agissements hostiles à la patrie, à son intégrité territoriale ainsi qu’à exploiter ces manifestations afin de porter atteinte à la sécurité nationale du pays et mettre en danger son unité nationale ».

    Dans ce discours rendu public hier il n’a pas été question des élections présidentielles ni de l’attachement à la voie constitutionnelle pour sortir de la crise actuelle,comme ce fut le cas lors du discours rendupublic avant-hier mardi par le MDN.

    « L’attachement profond duCommandement de l’ANP à la Constitution, cautionnée par le peuple à travers ses représentants au Parlement, émane du fait que tout changement ou amendement de ses dispositions ne relève pas des prérogatives de l’ANP, mais de celles du Président qui sera élu conformément à la volonté du peuple », a déclaré Gaïd Salah dans cette allocution.

    Il a affirmé que « cette position de principeest un signe manifeste et constant de la détermination de l’ANP à ne pas s’écarter de la voie constitutionnelle, quelles que soient les conditions et les circonstances, et quiconque prétend le contraire fait preuve d’ingratitude envers l’Armée et ses positions de principe constantes, en particulier ces arrivistes qui ont profité des richesses du pays à bien des égards et veulent aujourd’hui donner des leçons à l’ANP et son Commandement ».

    « Dans cette optique, et dans le respect de la Constitution et des institutions de l’Etat, il nous incombe d’oeuvrer à réunir les conditions idoines pour l’organisation des élections présidentielles le plus tôt possible, du fait qu’elles constituent la solution idéale pour sortir de la crise, faire face à toutes les menaces et dangers qui guettent notre pays et déjouer les desseins hostiles visant à nous mener vers le vide constitutionnel et entrainer le pays dans les spirales de l’anarchie et la déstabilisation », a-t-il indiqué.

    Ce mécanisme constitutionnel, a-t-il poursuivi, « permettra d’élire un président de la République ayant la légitimité et les prérogatives pour concrétiser le reste des revendications populaires légitimes et constitue la règle de base pour que notre pays reprenne le cours du développementet de l’édification ».

    Plusieurs lourds dossiers de corruption

    Le chef d’état-major de l’ANP a rappelé avoir affirmé dans une rencontre précédente que « nous étions en cours de démantèlement des bombes à retardement que le peuple algérien sait pertinemment qui les a plantées au sein de toutes les institutions de l’État, et que cette crise, dont nous n’avions guère besoin, a été inventée dans le but de semer les graines de la déstabilisation en Algérie, en créant un environnement propice au vide constitutionnel ».

    Gaid Salah a indiqué que « ces individus, qui ont intentionnellement causé cette crise, sont ceux-là mêmes qui tentent aujourd’hui d’infiltrer les marches, brandissant des slogans suspects et tendancieux qui incitent à entraver toutes les initiatives constructives permettant le dénouement de la crise. Ils ont ainsi démontré qu’ils sont l’ennemi du peuple, lequel sait pertinemment comment mettre en échec, en compagnie de son armée, ces complots et mener le pays vers un havre de paix ».

    Concernant la poursuite en justice de »tous ceux impliqués dans le pillage des deniers publics et la dilapidation des richesses du pays, qui fait partie des principales revendications que le peuple a exprimé avec insistance, depuis le début de ses marches pacifiques », le vice-ministre de la Défense nationale a indiqué que les services du MDN « détiennent des informations avérées concernant plusieurs dossiers lourds de corruption, dont je me suis enquis personnellement, dévoilant des faits de spoliation des fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux ».

    « Aussi et partant de notre souci profond deprotéger l’économie nationale, les services de sécurité se sont chargés de mettre ces dossiers à la disposition de la justice pour les étudier et enquêter pour poursuivre tous ceux qui y sont impliqués », a-t-il assuré.

    Il a relevé que l’ANP « insiste également sur la nécessité d’éviter tout retard dans le traitement de ces dossiers, sous le prétexte de révision des procédures légales, laquelle requiert beaucoup de temps, ce qui donne la possibilité à certains à échapper à la justice ». »Il y a lieu d’indiquer que l’opération n’est qu’à son début et, par la grâce de Dieu, notre pays sera assaini définitivement de la corruption et des corrupteurs », a-t-il soutenu.

    Au sein de l’ANP, « nous n’avons jamais toléré la corruption, nous étions même les précurseurs dans ce domaine en présentant de hauts cadres militaires par devant la justice militaire, à savoir les anciens Commandants des 1re, 2e et 4e RM et de la Gendarmerie nationale et l’ancien directeur des services financiers, dont l’implication dans des affaires de corruption a été confirmée par des preuves tangibles », a-t-il poursuivi.

    Par : LAKHDARI BRAHIM

    Source : Le Midi Libre, 2 mai 2019

    Tags : Algérie, Transition, article 102, Gaïd Salah, armée, ANP, corruption,

  • Algérie : Ali Benflis appuie l’appel de Gaid Salah à propos du dialogue Politique

    Ali Benflis a réagi jeudi à l’appel au dialogue défendu par le chef d’état-major de l’Armée Ahmed Gaid Salah, en vue de dépasser l’impasse politique actuelle.

    « Le dialogue constitue l’essence de toute action politique responsable et constructive. Il est, aussi et surtout, l’instrument devant être toujours privilégié dans le règlement des crises. », écrit Ali Benflis.

    « Face à la crise exceptionnellement grave que connait notre pays, cette conviction est partagée par tous et nul ne doute de sa nécessité impérieuse et urgente. », insiste le président de Talaie El Hourriet pour qui « tout l’enjeu du moment est de permettre au dialogue de s’enclencher en réunissant les conditions les plus favorables à son bon déroulement et à son succès.

    La situation actuelle du pays est marquée par une crise politique , constitutionnelle et institutionnelle, décrit encore Benflis dans sa déclaration. Mais il y a plus grave pour lui : « il se heurte actuellement à une impasse totale qui se dresse sur le chemin du règlement de cette crise. »

    Du coup, la priorité de l’heure à ses yeux « est donc surmonter cette impasse pour ouvrir la voie à une entente sur le contenu d’un tel règlement. »Cette impasse, explique Benflis est identifiée :« Elle est la résultante d’une divergence profonde entre le processus actuellement conduit dans le cadre strict, intégral et exclusif de l’article 102 de la Constitution et les demandes légitimes de la révolution démocratique pacifique en marche dans notre pays. »

    Il s’agit donc pour lui « de travailler au dépassement de cette divergence. », estimant que « Tout dialogue véritablement orienté vers la recherche d’un règlement effectif et rapide de la crise actuelle doit impérativement en faire son objet et sa raison d’être. »

    « Ce dialogue suppose des interlocuteurs valables et crédibles, un cadre précis et connu ainsi que des objectifs bien identifiés. », conclut le patron de Talaie El Hourriet.

    Source : Algérie1

    Tags : Algérie, transition, article 102, Gaïd Salah, armée, Ali Benflis,

  • Le désespoir de l’axe atlanto-sioniste en Algérie

    L’Algérie comme cible prioritaire de l’internationale sioniste est un secret de polichinelle. A ce jour, le trio Français, Marocain et sioniste à Tel Aviv a utilisé tous les moyens pour créer les conditions d’une déstabilisation majeure du pays avec la complicité d’éléments algériens internes et externes au pays. George Soros, le milliardaire américano-sioniste, est le financier principal des dits « printemps arabes » mais également celui de l’opération mise en place qui tente de surfer sur la vague de contestation algérienne pour faire basculer le pays dans la tourmente. Les instruments algériens utilisés viennent de différents horizons et sont pour certains manipulés à leur insu.

    Une partie de ces instruments est utilisée pour piller les ressources du pays et font partie de l’administration, des milieux financiers et économiques ou de puissants réseaux à l’intérieur des institutions de pouvoir. D’autres gravitent dans l’espace politique, culturel ou même dans les médias. Il faut y ajouter un certain nombre de personnes inconnues qui ont gagné en popularité grâce à la prolifération des réseaux sociaux.

    Tout ce groupe hétérogène travaille aujourd’hui avec des réseaux très puissants créés sous la direction de l’empire atlanto-sioniste avec le soutien et les conseils des États-Unis, de la France, du Maroc et de la colonie sioniste en Palestine. À cet égard, ce n’est un secret pour personne que l’intense activité, pendant plusieurs mois avant le début des manifestations en Algérie, de l’ambassadeur des États-Unis, John B. Desrocher, à Alger est similaire à l’activité de l’ambassadeur américain Robert Ford en Syrie avant sa dévastation à partir de 2011.

    N’oublions pas également la trop grande proximité des ambassadeurs français en Algérie avec les renseignements extérieurs français, la DGSE. Deux des trois derniers ambassadeurs en sont devenus les patrons, Bernard Bajolet et Bernard Émié qui n’était pas le dernier à faire de l’ingérence en Algérie. Pour faire court, deux espions qui se succèdent presque à la tête de la plus importante Ambassade de France dans le monde. Et les deux sont remplacés par Xavier Driencourt, également pas très éloigné de la DGSE. Il est celui qui était avant eux entre 2008 et 2012 puis revient en 2017. Du très rare dans la tradition diplomatique !

    L’Algérie est aujourd’hui au carrefour de son histoire. Le peuple algérien est confronté à un tournant historique mais peut compter sur tous les éléments patriotes au sein des forces armées et du renseignement ainsi que sur les éléments intègres qui pullulent dans tous les secteurs d’activité. Il est à la veille de retrouver son indépendance car il constitue le rempart du futur président qui prendra des décisions souveraines faisant prévaloir l’intérêt supérieur du peuple algérien et fera sortir l’Algérie de la tutelle américano-française à tous les plans, qu’ils soient politiques, économiques ou stratégiques.

    Dans ces conditions, quel sera l’avenir des intérêts américains et français lorsque le peuple algérien prendra conscience du plan infernal concocté sous l’égide et avec la bénédiction de ces deux états? Et quel sera l’avenir de la France si les milliers d’universitaires algériens quittaient en masse la France pour reconstruire l’Algérie ? Quid de la santé en France par exemple ? Il suffit juste de savoir le nombre impressionnant de médecins algériens en France pour comprendre l’extrême gravité du basculement algérien quant à l’avenir incertain de la France !

    C’est aujourd’hui probablement le plus grand cauchemar français qui nécessite au plus haut niveau de l’État d’installer deux cellules de crise, selon un expert algérien des questions stratégiques, la première au Ministère des Affaires Étrangères et la seconde au Ministère de la Défense. Cellules de crise au plus haut niveau d’un état sous tutelle sioniste pour un pays étranger dit souverain ? Pour qui sait ce que signifie une cellule de crise au plus haut niveau d’un état…

    Le plan de déstabilisation de l’Algérie dévoilé

    L’Algérie sur la fracture sismique entre la volonté du peuple et les centres opérationnels occidentaux.

    Il est vrai que le mouvement populaire algérien est pacifique, discipliné, civilisé et est par ailleurs totalement engagé dans la préservation du prestige de l’État algérien fondé sur le sacrifice d’un million et demi de martyrs, ainsi que sur son rôle contre l’impérialisme et ses outils dans le Monde Arabe. A la tête de ces outils le mouvement sioniste et sa création Israël. Sauf que les forces coloniales et sionistes, les États-Unis et Israël en particulier, veulent totalement inverser cette tendance par la destruction de l’état algérien pour le punir de son refus de céder les richesses du pays et du peuple au colonisateur américain ou français, ou aux deux. Tout comme il refuse toute idée de se rapprocher ou de dialoguer avec l’État colonial israélien qui a volé la Palestine et chassé ses habitants de leur terre 70 ans plus tôt.

    Par Muhammad Sadegh Al-Husseini

    Et, selon une source du renseignement spécialisée dans l’analyse des mouvements populaires à travers le monde, et après analyse des agissements américano-sionistes hostiles à l’Algérie, il apparaît ce qui suit :

    Premièrement : un Centre opérationnel principal a été mis en place à Rabat au Maroc pour gérer la « révolution » en Algérie. Il est composé de quatre officiers du renseignement américain et de six officiers du renseignement marocain, ainsi que de douze « experts de la subversion » serbes, membres de l’organisation « OTPOR« , créée dans les années 1990 et financée par les États-Unis. Une organisation qui a vu le jour dans les années quatre vingt dix à l’Université de Belgrade. Son but était de renverser le régime du président Slobodan Milosevic, survenu en 2001.

    Huit algériens d’obédience islamiste, formés par « Otpor » au Maroc pendant six mois au deuxième semestre de 2018, sous la supervision d’officiers de renseignement américains, font également parti de l’opération à Rabat.

    La mission de ce Centre est de coordonner toutes les opérations actuelles et futures en termes de planification, de financement, d’approvisionnement et de fourniture pour certaines parties impliquées dans le mouvement algérien actuel et en contact avec ce Centre. Ceci dans le but de créer le chaos et de pousser à des affrontements avec les forces de sécurité algériennes afin de parvenir à des conditions favorables à la transformation du mouvement pacifique en affrontements armés. C’est-à-dire de transformer le cours des événements en les réorientant ainsi que ses objectifs afin d’atteindre le but premier.

    Deuxièmement : Deux centres opérationnels avancés ont été mis en place pour exécuter les plans du Centre opérationnel principal. Le premier dans la ville de Oujda, dans le nord-est du Maroc, près de la frontière algérienne, dirigé par onze officiers américains, marocains et serbes ainsi que trois éléments algériens.

    Le deuxième centre opérationnel a été installé dans la ville d’Errachidia, à environ 80 kilomètres de la frontière algérienne. Il est dirigé par huit officiers des nationalités citées précédemment, ainsi que par deux officiers du renseignement militaire français.

    Troisièmement : l’entraînement militaire se déroule dans trois camps de base spécialement créés à cet effet, dont deux se trouvent au Maroc.

    Le premier camp est situé à 28 kms à l’est de la ville de Laâyoune (Ndt au Sahara Occidental) et compte actuellement 362 éléments, essentiellement des Algériens ainsi que 28 formateurs et administratifs.

    Le deuxième camp d’entraînement est situé au nord-est de la ville de Smara (Ndt Sahara Occidental), dans le sud-est du Maroc, à proximité d’un triangle frontalier algérien, marocain et mauritanien, à cinquante-quatre kilomètres de distance. Le camp compte actuellement 284 éléments et 18 formateurs et administratifs.

    Le troisième camp est situé sur le territoire mauritanien, à 34 kilomètres au sud-ouest de la ville de Bir Moghreïn, près de la frontière nord-ouest de la Mauritanie avec le Maroc. Ce camp est composé de 340 éléments ainsi que de 46 formateurs et administratifs.

    Quatrièmement : la source a également souligné l’existence d’une coopération étroite, en particulier dans les domaines de l’approvisionnement et de la logistique, avec le mouvement tunisien Ennahdha. Ainsi, les groupes algériens, associés à certaines organisations islamiques en Algérie, ont établi deux points d’appui en Tunisie.

    Le premier est situé près de la ville de Kef, au nord-ouest de la Tunisie, près de la frontière algérienne.

    Le deuxième est au sud de la ville frontalière tunisienne de Jendouba qui est située au nord-ouest de Tunis, à environ 50 kilomètres de la frontière algérienne.

    A noter que toute cette organisation n’a pas débuté avec le commencement du mouvement en Algérie, mais tout a été mis en place depuis une année.

    C’est-à-dire que l’alliance américano-sioniste planifiait et se préparait à exploiter tout mouvement de contestation populaire en Algérie, quel que soit sa nature et la nature des forces qui les soutiennent et les dirigent pour le détourner et transformer son cours en confrontations conduisant à la propagation du chaos et de la destruction en Algérie. Cela est confirmé par la participation de Steve Bannon, conseiller de Trump lors de sa campagne électorale et son conseiller stratégique lorsqu’il a été élu président. Bannon a ouvert depuis quelques mois un bureau à Bruxelles pour organiser des révolutions colorées en Europe. Nos informations confirmées indiquent que le célèbre milliardaire américain George Soros est impliqué dans le financement de toutes les opérations mentionnées, y compris dans l’achat d’armement pour les fournir aux éléments déjà cités.

    En ce qui concerne les perspectives d’évolution de la situation en Algérie, la source d’information précisera les points suivants :

    1) La direction de l’armée a le plein contrôle sur tous les aspects de la vie en Algérie, en ce sens qu’aucune menace ne pèse sur le pays au point de faire basculer les manifestations populaires vers une violence destructrice. L’armée en effet comprend les revendications populaires et les fait siennes en ouvrant la voie à la liberté d’expression dans l’intérêt national du pays.

    2) La direction de l’armée reportera les élections présidentielles à la fin de cette année, dans un cadre juridique appropriée, après le retour du président Bouteflika au pays. Par la suite un dialogue national exhaustif sera installé qui conduira à la convocation de nouvelles élections conduisant à l’élection d’un nouveau président civil qui sera soutenu par l’armée.

    3) Le nouveau président algérien, selon les informations dont nous disposons, mettra en œuvre un programme de réforme de transformation radicale, organisé et totalement maîtrisé, et non un programme de choc tel qu’appliqué par l’ancien président Boris Eltsine en Russie au début des années quatre vingt dix.

    4) L’objectif du programme est de procéder à des réformes économiques qui préservent la richesse du pays du pillage des multinationales américaines et européennes, ce qui permettra de mettre fin à l’influence de la coalition constituée de certains grands chefs d’entreprises algériens et de certains anciens hauts dirigeants et responsables des services de sécurité et de l’armée.

    5) Agrandir l’espace des libertés politiques dans le pays avec en parallèle un développement économique, afin d’élargir au maximum la participation populaire à la vie politique dans le pays. Le but est de parvenir à une stabilité politique fondée sur la prospérité économique des citoyens.

    6) La direction de l’armée trouvera une sortie honorable pour le président Bouteflika et lui rendra un hommage à la hauteur de son passé militant avant les prochaines élections.

    Traduit de l’arabe par M.C.Belamine

    Source : frontièresblog, 17 avril 2019

    Tags : Algérie, article 102, hirak, sionisme, maroc, france,

  • Algérie : Saïd Bouteflika voulait limoger Gaïd Salah

    Révélations du général Nezzar : Saïd Bouteflika voulait limoger Gaïd Salah

    Saïd Bouteflika projetait de démettre Gaïd Salah de ses fonctions au moment où ce dernier est entré en lutte contre le clan présidentiel. C’est en substance l’une des informations capitales à retenir dans le témoignage apporté hier par l’ancien ministre de la Défense au sujet des derniers jours du règne des Bouteflika.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Dans leur globalité, les révélations, car s’en est, tendent à démontrer l’intensité de la lutte qui faisait rage au sommet au moment où le pouvoir ébranlé tentait de faire face à la colère des Algériens déterminés à ne plus se taire.

    Le témoignage de Khaled Nezzar cible l’homme fort des Bouteflika, Saïd, conseillé de l’ancien Président et détenteur, dit-on, de tous les pouvoirs depuis la maladie invalidante de son frère Président. Jusqu’aux derniers moments, celui-ci menait une lutte acharnée destinée à contrecarrer la révolution qui s’est mise en place et torpiller le plan mis en place par le chef d’état-major pour accélérer la démission de l’ancien Président. Khaled Nezzar affirme témoigner «pour l’Histoire» et «pour dire jusqu’où était décidé à aller cet homme qui ne voulait pas comprendre, qui ne voulait pas imaginer, que le rideau était définitivement tombé».

    Dans cet état d’esprit, il multiplie les tentatives, et prend par deux fois (le 7 et le 30 mars) attache avec le général à la retraite lui demandant ses conseils durant les moments cruciaux. «Jusqu’à la fin du mois de mars, Saïd Bouteflika était prêt à tout, y compris instaurer «l’état de siège», pour ne pas céder le pouvoir malgré les manifestations populaires massives qui secouaient le pays», témoigne-t-il. Il ajoute que «jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du Président – son frère Saïd – s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées pour garder la haute main sur les affaires du pays».

    De la rencontre du 7 mars, il garde cependant l’image d’un «homme visiblement dans le désarroi». A la question de savoir quelle décision adéquate pouvait être prise en de telles circonstances, l’ancien général soumet deux propositions allant dans le sens des revendications exprimées par le mouvement populaire.

    En substance, elles se résument à fixer une échéance à l’étape de transition proposée dans la première lettre de Bouteflika et à remplacer le gouvernement Ouyahia par une équipe de technocrates, ou, en second lieu, le retrait du Président par démission ou invalidation par le Conseil constitutionnel et mise en place de commissions indépendantes préparant les futures élections et instruments pour aller vers une deuxième République. Il suggère également la démission du président du Conseil constitutionnel et ceux des deux Chambres du Parlement.

    Saïd Bouteflika refuse la démission de son frère Président, celle de Taïeb Bélaïz, celle de Bensalah et Moad Bouchareb. Il les qualifie de «dangereuses pour eux». Face à lui, l’ancien général demande : «Et si cette énième lettre était rejetée, que feriez-vous ?». La réponse est choquante : «Ce sera l’état d’urgence ou l’état de siège.» «J’étais surpris par tant d’inconscience. Je lui répondis : « Si Saïd, prenez garde, les manifestations sont pacifiques, vous ne pouvez en aucun cas agir de cette manière ! » A cet instant, je me suis rendu compte qu’il se comportait comme le seul décideur et que le Président en titre était totalement écarté», écrit l’ancien ministre de la Défense.

    Le second échange entre les deux hommes se déroule lors d’une conversation téléphonique survenue quelques jours après l’annonce, par Bouteflika, du report de l’élection présidentielle et de sa décision de renoncer à un cinquième mandat.

    Dans le pays, les évènements se sont accélérés. Le chef d’état-major, qui comptait parmi les fidèles du Président, venait de lâcher son ami exigeant de lui une démission immédiate en réponse au Hirak. Bouteflika et sa famille résistent, mais Gaïd Salah revient à la charge une seconde fois et demande l’application, sans tarder, de l’article 102. Les deux interventions publiques ont été précédées d’importantes réunions au sein de l’état-major. Les principaux chefs militaires mais aussi le chef de la Garde républicaine (jusque-là acquis à Bouteflika) assistant au second conclave. Saïd Bouteflika perd pied à ce moment, fait part de ses inquiétudes «d’être arrêté à tout moment» et projette dès lors d’écarter Gaïd Salah.

    «Le 30 mars, vers 17 heures, nouvelle tentative du même Saïd Bouteflika pour me joindre, cette fois-ci au téléphone (…) Au son de sa voix, j’ai compris qu’il était paniqué. Il me dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP était en réunion avec des commandants des forces et qu’il pouvait agir contre Zéralda d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major. Je l’en dissuadai fortement au motif qu’il serait responsable de la dislocation de l’armée en cette période critique».

    Saïd Bouteflika a-t-il tout de même tenté d’écarter le chef d’état-major ? La confusion ayant régné tout le long de la nuit allant du 1 er au 2 avril laisse penser que la tentative a bel et bien eu lieu. Deux communiqués bizarres postés ce soir-là sur Facebook ont attiré l’attention. Le premier émanait de la présidence de la République et annonçait le limogeage de Gaïd Salah.

    A quelques minutes d’intervalle, un second communiqué officiel émanant du ministère de la Défense démentait l’information. La confusion avait alors atteint son comble. Par son témoignage, Khaled Nezzar lève probablement un coin du voile qui occulte les faits de la terrible guerre des clans qui s’est produite à ce moment-là.

    De manière directe, il enfonce aussi gravement Saïd Bouteflika au moment où celui-ci se trouve particulièrement ciblé par la rue.

    A. C.

    Source : Le Soir d’Algérie, 30/04/2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, Saïd Bouteflika, Gaïd Salah, armée, Hirak,

  • Algérie : Les vertus du consensus

    On ne le répétera jamais assez. Et on le dira autant de fois que l’exige la situation exceptionnelle et le veut la sagesse. Le peuple algérien a montré au monde un sens des responsabilités et une maturité, en phase avec sa marche vers son destin démocratique.

    Le bond qualitatif est indéniablement indissociable de l’héritage que le mouvement du 22 février a capitalisé en vertus fondamentales. Ce sont les valeurs de justice, de liberté, d’unité et de fraternité qui constituent le socle de la 2e République aux antipodes de la culture de la haine, de l’ethnicisme réducteur, de l’exclusion et du radicalisme.

    Il est admis que des pyromanes, en alliance avec les forces de la conjuration démasquées, tentent de vampiriser une dynamique de changement incontestable pour en faire le levier du chaos programmé, manifestement inscrit dans le vide institutionnel ardemment recherché et le refus de toutes les solutions de sortie de crise, notamment constitutionnelles.

    Le douloureux chapitre du lynchage des membres du gouvernement, pourtant chargés de la gestion des affaires courantes pour satisfaire aux besoins essentiels du citoyen, est la marque hideuse d’une dérive attentatoire aux fondements des institutions républicaines et porteuse de velléités anarchiques.

    Il s’agit, fera remarquer le général de corps d’armée Ahmed Gaïd-Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, d’un «phénomène étrange» et de «comportements contraires aux lois de la République que ne peut accepter le peuple algérien jaloux des institutions de son pays et que ne peut tolérer l’Armée nationale populaire, qui s’est engagée à accompagner ces institutions conformément à la loi».

    Et c’est parce que l’Algérie est notre maison commune qu’il urge de la préserver des dangers de la division et de l’instabilité dont nul mieux que le peuple algérien ne connaît le coût dramatique.

    Ensemble, main dans la main, il est possible de sortir grandi de cette nouvelle épreuve qui nécessite une quête consensuelle de «toute proposition constructive et initiative allant dans le sens du dénouement de la crise», comme l’a justement souligné le général de corps d’armée Gaïd-Salah.

    Cette main tendue interpelle l’opposition, appelée à transcender ses querelles de leadership, et le mouvement du 22 février tenu de choisir ses représentants pour, d’abord, séparer le bon grain de l’ivraie et, ensuite, constituer une force de propositions efficiente.

    Horizons

    Tags : Algérie, Hirak, article, printemps, article 102, Gaïd Salah,

  • Maroc : Le Makhzen se réjouit de la fermeture du site Algérie Patriotique

    Le site d’information Algérie Patriotique se retire de la toile après sept ans d’existence. Les actionnaires ont décidé, aujourd’hui 24 avril, de fermer le site, en précisant que le pas fatal est franchi pour « éviter un amalgame dangereux qui dénature [ la ] ligne éditoriale ».

    « Les actionnaires d’Algeriepatriotique qui confectionnaient le site avec le précieux concours d’une équipe de professionnels émérites, en faisant leur le principe cardinal du respect de l’intelligence et de l’acuité exceptionnelles des lecteurs et amis du journal, ont décidé que cette riche aventure doit cesser pour que cesse avec elle l’ambiguïté autour de l’indépendance du site. Par cette décision mûrement réfléchie, nous voulons éviter qu’à cette contraction douloureuse que vit notre pays s’ajoute un amalgame dangereux qui dénature notre ligne éditoriale ; lequel amalgame rend absconse la grille de lecture des événements actuels et pourrait servir à entretenir à dessein des thèses contraires aux intérêts de l’Algérie », ont écrit les actionnaires du site dans leur dernier papier mis en ligne ce matin.

    Sans le dire directement, les actionnaires du site veulent éviter que le général Khaled Nezzar soit confondu avec les écrits de ce site d’information du fait que le fils de l’ancien ministre de la défense est l’actionnaire majoritaire. « Une situation nouvelle s’est créée qui veut qu’aujourd’hui la confusion mène à des tiraillements et des manipulations nuisibles pour la stabilité et la sécurité du pays », précise  les actionnaires d’Algérie patriotique.

    Le Makhzen n’a pas résisté à la tentation d‘exprimer sa joie de voir le site Algérie Patriotique fermer boutique. « Un site internet de propagande algérien ferme boutique », écrit Le Desk sur le site algérien qui a attiré le plus de haine des marocains à cause de son soutien ferme à la cause sahraouie et ses nombreux écrits qui mettent à nu les conspirations des services secrets marocains et de leurs mentors français contre les aspirations légitimes des peuples de la région.

    Les lecteurs du site sont conscients du rôle d’avant-garde joué par Algérie Patriotique contre les manœuvres du Maroc visant à déstabiliser l’Algérie dans l’espoir de voir réaliser ses rêves expansionnistes et accomplir les ordres de ses maîtres de l’Elysée.

    « Ainsi vous faites le bonheur du Makhnez », écrit Slimou, alors que Mohamed El Maadi se demande « qui va répondre à ce torchon haineux et marocain qu’est le 360 MAG », un site proche du palais de Mohammed VI et de la DGED.

    Ziad Alami, pour sa part, apporte une « moralité : On pousse à la sortie un site patriotique pour laisser le champ médiatique libre au site Makhnazi TSA-Tout Sauf l’Algérie ».

    Pour M’Hamed Hamrouch, le départ d’AP n’est pas définitif. « Je sais que ce n’est qu’un au-revoir comme je sais aussi que les Patriotes DZ et le peuple du Sahara Occidental vous attendent déjà avec impatience », dit-il.

    « Nous souhaitons un retour rapide de ce site AP qui a toujours été à l’avant-garde du combat de la défense des peuple opprimés et de ceux qui luttent pour leur indépendance comme notre peuple et celui du Sahara Occidental », écrit Le Rifain.

    Les lecteurs du site sont conscients du rôle joué par AP dans la lutte contre les manœuvres du Maroc visant à créer la zizanie ainsi que celle de son principal protecteur, la France, qui l’a poussé à l’aventure saharienne dans le but de faire du Maghreb sa chasse gardée.

    Si beaucoup d’algériens sont tristes de voir AP disparaître, ce n’est pas le cas des marocains en général dont les sentiments envers les voisins sont régulés et synchronisés par la mamchine de propagande du Makhzen.

    Tous les marocains, qu’ils soient makhzéniens ou pas, monarchiques ou pas, de gauche, de droite, du centre, intellectuels, analphabètes, partagent la haine de l’Algérie à cause de sa position contre les velléités expansionnistes de la monarchie alaouite et ses maîtres de Paris. Après avoir offert leur pays, leurs femmes et leurs enfants aux français, ils veulent que l’Algérie et la RASD fassent de même.

    Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, Algérie Patriotique, article 102, armée,