Étiquette : Barkhane

  • Tombouctou : les premiers éléments du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) s’envolent vers leurs centres de formations

    Venants de Tombouctou, ils seront prochainement suivis de ceux des MOC de Gao et Kidal

    BAMAKO, Mali, 20 juin 2019/ — La MINUSMA procède depuis le 10 juin dernier, au transport des premiers ex-combattants du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC). Venants de Tombouctou, ils seront prochainement suivis de ceux des MOC de Gao et Kidal. Tous seront formés à Koulikoro et Ségou, dans le but d’intégrer l’Armée malienne reconstituée, prévue par l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Cette opération s’inscrit dans le cadre du processus du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion et Intégration accélérés (DDR-I).

    Du lundi 10 Juin au 17 juin 2019, 233 combattants du MOC, ont quitté la ville mystérieuse pour regagner Bamako grâce au pont aérien mis en place par la MINUSMA, pour faciliter leur transport vers les centres de formation dans les régions de Ségou et de Koulikoro. La formation de ces ex-combattants constitue une phase importante dans la mise en œuvre effective de l’armée malienne reconstituée en prélude de leur redéploiement.

    Cette formation du bataillon MOC, à l’instar des autres de Kidal et Gao, représente pour les habitants de Tombouctou, l’espoir d’une future amélioration dans la sécurité des personnes et des biens de leur région.

    Il faut rappeler que les bataillons du Mécanisme Opérationnel de Coordination ont été mis en place conformément à l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, afin de sécuriser le processus du cantonnement et de DDR tout en participant aux efforts de sécurisation des zones où elles sont déployées en étroite collaboration avec les Forces de sécurité nationales et internationales.

    La MINUSMA, à travers ses bureaux régionaux mais aussi sa section Réforme du Secteur de la Sécurité/DDR et la Force, coordonne avec les parties maliennes cette importante opération qui permettra à terme l’intégration de tous les bataillons MOC dans les Forces de Défense et de Sécurité maliennes.

    Ce processus fait suite aux deux phases du DDR ‘intégration accéléré, qui se sont déroulés en novembre 2018 et avril 2019.

    Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA).

    Tags : Mali, MINUSMA, terrorisme, Sahel,

  • MALI : REPRISE EN MAIN DE BARKHANE

    par Michel LHOMME

    Une dizaine de jihadistes ont été tués ou capturés dans la région du Gourma (centre-est du Mali), frontalière du Burkina Faso, au cours d’une opération aéroterrestre menée vendredi par les militaires français de la force Barkhane, a annoncé mercredi l’état-major.

    L’armée française a parallèlement mené du 20 mai au 3 juin « une opération d’ampleur » avec l’armée burkinabè dans le nord du Burkina Faso, à la frontière avec le Gourma malien, selon la même source.

    Le 31 mai, après avoir observé « un mouvement suspect d’une quinzaine d’individus au nord de Ndaki, dans le Gourma », région-sanctuaire de plusieurs groupes armés, l’armée française a lancé une opération « rassemblant la composante aérienne, les groupes commandos et le groupement tactique aérocombat de la force Barkhane ».

    Après une frappe aérienne conduite par des Mirage 2000, des commandos ont été déposés par hélicoptère. « Une dizaine de terroristes a été mise hors de combat », et « une quantité importante de ressources a été saisie, dont plusieurs motos et de l’armement individuel ».

    Parmi les groupes actifs dans la zone de Ndaki figurent l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS) et Ansaroul Islam, accusé de semer la terreur dans le nord du Burkina Faso. En parallèle, 450 militaires de la force française Barkhane ont mené fin mai, pendant près de deux semaines, une opération conjointe « majeure » avec les militaires burkinabè dans le nord du Burkina.

    D’après tous ces communiqués du Ministère de la Défense que nous relayons, cet engagement commun était « une première depuis la signature de l’accord de décembre 2018 » conclu entre Paris et Ouagadougou, prévoyant des interventions militaires françaises au Burkina en soutien des efforts de lutte antiterroriste du gouvernement.

    Après une série d’opérations militaires concentrées pendant un an et demi dans le Liptako, dans le nord-est du Mali, la force française Barkhane a récemment étendu son champ d’action de l’autre côté du fleuve Niger, dans la zone adjacente du Gourma, frontalière du Burkina Faso, le nord du Burkina étant en proie depuis 2015 à une spirale de violences dont les autorités semblent incapables d’enrayer la propagation.

    Rappelons que dans la nuit du 9 au 10 mai, les forces spéciales françaises avaient libéré quatre otages – deux Français en voyage de noce homosexuel (!), une Américaine et une Sud-coréenne – dans le nord du Burkina et que lors de cette opération deux militaires français deux commandos de la marine avaient été tués.

    Source : Metainfos

    Tags : Mali, Barkhane, terrorisme, France,

  • Intervenciones extranjeras: se repite en Mali el fracaso afgano?

    Intervenciones extranjeras: se repite en Mali el fracaso afgano?

    Con alrededor de 1.700 soldados, Mali es hoy el país que alberga el mayor contingente de soldados de la Operación Barkhane, una intervención realizada en el Sahel y el Sahara por el ejército francés para luchar contra algunos grupos armados en la región.

    Aunque es largo y costoso, el compromiso militar en el Sahel de Malí es, hasta ahora, incapaz de contener las tensiones ancladas e irreductibles en este territorio.

    Las similitudes entre el conflicto que ahora afecta violentamente el centro y el norte de Malí y la guerra en Afganistán desde 2001 son numerosas.

    Al tratar de restaurar las instituciones estatales sólidas y la legitimidad política de los gobiernos impopulares, las fuerzas interventoras del exterior han contribuido, por el contrario, a una exacerbación de la fragmentación étnica y comunitaria.

    En ambos casos, las consecuencias ahora parecen duraderas.

    El deseo de « ganar corazones y mentes ».

    Malí, como Afganistán antes, es un estudio de caso de una tendencia observada desde principios de la década de 2000: en términos de resolución de conflictos, la línea es cada vez más difícil de trazar entre lo que es un mantenimiento de la paz tradicional, no discriminatorio y universal, y lo que equivale a meras herramientas de política exterior utilizadas por estados poderosos dentro del orden internacional.

    Aunque antiguas y legítimamente condenadas, las llamadas estrategias de « contrainsurgencia » se han rehabilitado como un modelo privilegiado de intervención en los conflictos. Involucran a actores con capacidades muy asimétricas: por un lado, estados poderosos y, por el otro, grupos con asentamientos localizados y poco equipados con recursos de combate.

    Observadas primero en Afganistán y luego en Mali, estas doctrinas combinan actividades civiles y militares, y apuntan esencialmente a adquirir el apoyo mayoritario de las poblaciones locales para obtener la ventaja sobre el adversario designado.

    Dado que el objetivo es ejercer una forma de gubernamentalidad sobre un territorio, para ganar « corazones y mentes », estos métodos implican costos exorbitantes para los países involucrados.

    Asegurar el mantenimiento del orden y el mantenimiento de infraestructuras defectuosas requiere una movilización masiva de recursos humanos, económicos o logísticos. El costo político es igual de importante. Estas interminables intervenciones militares son percibidas como fallas por la opinión pública de los países desplegados, guerras ilegítimas y no relacionadas con intereses inmediatos.

    Subcontratación dudosa
    Para compensar una cierta falta de recursos que pueden movilizarse, los países intervinientes a menudo adoptaron la misma solución: delegaron a otros las tareas que no podían asumir ellos mismos. En Afganistán y Malí, han subcontratado operaciones de aplicación de la ley a grupos armados no estatales, milicias definidas por divisiones comunitarias, étnicas o tribales.

    Mediante este movimiento denegado de « militarización », las organizaciones armadas a menudo privadas de cualquier legitimidad política a nivel nacional han podido acceder a recursos importantes.

    El problema es que los conflictos son periodos de transformaciones de identidad. El reclutamiento de milicias de esta manera tiene una influencia real en la duración y la severidad de las hostilidades.

    Al elegir los grupos apoyados y los excluidos, las fuerzas extranjeras trazan arbitrariamente líneas entre los « buenos » y los « chicos malos », las milicias que son frecuentes y las que luchan. Las tensiones antiguas de la comunidad son potencialmente reactivadas.

    Además, a medida que los grupos reclutados obtienen recursos sin precedentes de sus nuevas alianzas, tienden a favorecer el mantenimiento de una zona gris entre una solución completa del conflicto y hostilidades abiertas.

    ¿Una historia que se repite?
    Afganistán ha sido un brillante ejemplo de esta « militarización ».

    Las lógicas de contrainsurgencia se pusieron en marcha en 2001 en el país, con el objetivo de estabilizar las instituciones ad hoc creadas por la caída del régimen talibán. La Policía Local Afgana (EPL) se construyó en parte sobre bases étnicas para apoyar los intereses del ejército de los EE. UU., Brindando a las milicias tribales recursos que no podían reclamar antes.

    En la provincia de Kunduz en particular, en el norte del país, muchas milicias tayikas, uzbekas y turcomanas han sido entrenadas, armadas y apoyadas para defender los intereses de la lucha contra los talibanes. Era imposible para el ejército de los Estados Unidos y sus aliados asegurar una presencia continua en todo Afganistán.

    Los recursos distribuidos, sin embargo, fueron manipulados rápidamente por sus destinatarios para servir a sus propios intereses. Las tensiones comunitarias preexistentes se han fortalecido gradualmente, cuando la seguridad de las poblaciones locales se ha deteriorado rápidamente.

    Este ejemplo simbólico del fracaso de las doctrinas contrainsurgentes desafortunadamente no ha llevado a su abandono.

    En Malí, varios informes recientes han demostrado el apoyo del gobierno central y la fuerza de Barkhane a grupos armados no estatales en el norte del país y en la frontera con Níger. El objetivo, una vez más, es paliar la incapacidad de las fuerzas armadas para evolucionar en vastos territorios desconocidos.

    El resultado es también una exacerbación de las luchas intercomunitarias, ahora en su apogeo. Una solución del conflicto de Malí en el corto y mediano plazo es ahora irrelevante, por lo que la lógica militar ha adoptado un enfoque de resolución política de las disputas.

    Casi seis años después de la primera lucha contra grupos armados, la misión de los soldados franceses no está a punto de terminar.

    Repensando la construcción de la paz.
    « Divide y vencerás », decía el adagio. Pero ganar la guerra tiene poco sentido, si la paz que tiene éxito es tan frágil. Los países intervinientes finalmente han aprendido poco de los errores del pasado. No se dieron cuenta de la contradicción entre el deseo de estabilizar un espacio y crear instituciones estables, y la delegación de misiones de cumplimiento de la ley.

    Los grupos armados tienen intereses necesariamente alejados de los ejércitos extranjeros. Son muy difíciles de controlar, incluso por las estructuras que los financian y los arman. Su desmovilización después de los conflictos es un gran desafío, mal manejado en los casos afganos y malienses para permitir un retorno a la estabilidad. El riesgo de resurgir de la violencia aumenta inevitablemente.

    Hoy, tanto Afganistán como Malí son fracasos de las luchas de contrainsurgencia, por lo que la polarización de las identidades impide una solución sólida y duradera de los conflictos.

    Después de 18 años de guerra, los talibanes parecen más poderosos que nunca, mientras que las tensiones entre las comunidades están destrozando a Mali. Con más de 130 muertos entre civiles, el terrible ataque del 23 de marzo en la región de Mopti vino a recordarnos la urgente necesidad de repensar la construcción de la paz.

    The Conversation, 27 mayo 2019

    Tags : Terrorismo, Mali, Barkhane, Afganistán, orden mundial,

  • Le Conseil de l’UE cherche à renforcer la relation de l’UE avec la région

    BRUXELLES, Belgique, 13 mai 2019/ — Le 13 mai, le Conseil a examiné et adopté des conclusions sur le Sahel. Il y a rappelé que le Sahel constituait une priorité stratégique pour l’UE et ses États membres. Les différentes sessions et réunions prévues durant la semaine du 13 mai témoignent de ce sens des priorités et de l’approche intégrée adoptée par l’UE à l’égard de la région. Les ministres des affaires étrangères ont tenu un débat – qui devrait être axé sur les aspects liés à la sécurité – visant à définir le cadre politique, dans la perspective des échanges de vues auxquels procéderont les ministres des affaires étrangères et de la défense de l’UE le 14 mai avec leurs homologues des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger). Le jeudi 16 mai, les ministres de l’UE chargés du développement débattront de la manière de renforcer la relation à long terme de l’UE avec la région, ainsi que le soutien que l’UE apporte au Sahel.

    Les conclusions rappellent que l’UE se tient aux côtés des autorités et des populations du Sahel, qui demeurent confrontées à des défis de diverse nature:

    • au niveau politique, avec en particulier de graves lacunes en matière de gouvernance, d’état de droit et de protection des droits de l’homme;
    • ii) sur le plan sécuritaire, en raison de l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux;
    • en matière de développement, avec une pauvreté endémique, une forte croissance démographique et une faible cohésion socioéconomique;
    • ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humanitaire.

    C’est dans ce contexte que des conflits intercommunautaires ont connu une résurgence significative en quelques mois dans plusieurs pays de la région. Relever ces défis et répondre à ces lacunes relève avant tout de la responsabilité des États du Sahel. La communauté internationale les soutient dans les efforts qu’ils déploient.

    Conclusions du Conseil sur le Sahel

    1. L’Union européenne (UE) se tient aux côtés des autorités et des populations du Sahel, qui demeurent confrontées à des défis de diverse nature: i) politiques, en particulier de graves lacunes en matière de gouvernance, d’état de droit et de protection des droits de l’homme; ii) sécuritaires, avec l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris de la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux; iii) en matière de développement, avec une pauvreté endémique, une forte dynamique démographique et une faible cohésion socio-économique; iv) ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humanitaire.
    C’est dans ce contexte que des conflits intercommunautaires ont connu une résurgence significative en quelques mois dans plusieurs pays de la région. Relever ces défis et répondre à ces lacunes relève avant tout de la responsabilité des États du Sahel. La communauté internationale les soutient dans leurs efforts

    2. Le Sahel est une priorité stratégique pour l’UE et ses États membres.
    La réunion entre les ministres des affaires étrangères et de la défense des vingt-huit États membres de l’UE et des cinq États membres du G5 Sahel lors de la session du Conseil des affaires étrangères du 14 mai 2019 en témoigne. Dans le cadre d’un dialogue politique permanent et d’une approche intégrée axée sur le nexus développement et sécurité, et sur la base de la stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement au Sahel et de son plan d’action régional, ainsi que des cinq piliers du plan d’action adopté lors du sommet de La Valette en 2015, l’ensemble des instruments européens d’action extérieure ont été déployés. L’UE soutient ainsi individuellement chacun des cinq pays rassemblés au sein du G5 Sahel et accompagne leurs efforts de coopération. L’UE et ses États membres sont les principaux partenaires de la région, mobilisant plus de 8 milliards d’euros entre 2014 et 2020 au titre de l’aide au développement pour des programmes nationaux et régionaux, notamment à travers le fonds fiduciaire d’urgence. L’UE et ses États membres soutiennent également la sécurité au Sahel en déployant de très importants moyens humains et matériels dans le cadre notamment des missions menées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) – EUTM Mali, EUCAP Sahel Mali et EUCAP Sahel Niger -, par leur participation à la mission MINUSMA des Nations unies, au travers de l’opération française Barkhane, soutenue par d’autres États membres, et dans le cadre de nombreux engagements bilatéraux.

    3. L’UE réaffirme son engagement, conformément à la résolution 2391 du Conseil de sécurité des Nations unies, en faveur du G5 Sahel et rappelle le soutien significatif qu’elle apporte à la mise en place de ses structures de gouvernance, à l’opérationnalisation de la Force conjointe (FCG5S) et à la mise en œuvre du Programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel (PIP) et de son Programme d’urgence, avec l’appui de l’Alliance Sahel et d’autres donateurs. Elle salue la reprise des opérations de la FCG5S et appelle à une intensification de ses efforts. Un an après la conférence de haut niveau sur le Sahel qui s’est tenue à Bruxelles le 23 février 2018, l’UE et ses États membres s’engagent à poursuivre la mise en œuvre des 147 millions d’euros déjà alloués à la Force.

    4. L’UE reste toutefois gravement préoccupée par la montée des violences terroristes, mais aussi communautaires, au Mali et au Burkina Faso. Elle appelle les autorités à lancer ou à diligenter des enquêtes appropriées, y compris sur les violences sexuelles et basées sur le genre, pour déterminer les responsabilités, directes ou indirectes, de l’ensemble des protagonistes, à ne laisser aucune place à l’impunité et à tenir les citoyens informés des progrès réalisés à cet égard. Elle appelle également les gouvernements à dissoudre et à désarmer toutes les milices actives sur leurs territoires et à lancer pour les régions concernées un processus politique ambitieux et inclusif de dialogue et de réconciliation pour résoudre les problèmes de cohésion sociale et de confiance, notamment entre la population et les forces armées. Elle appelle à cet égard à un comportement exemplaire des forces de sécurité et de défense dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire ainsi qu’à un suivi judiciaire des incidents, qui peuvent constituer des violations de ces droits. La prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats et la lutte contre ce phénomène ainsi que la réinsertion des enfants soldats doivent être assurées. L’UE encourage le G5 Sahel et chacun de ses États membres à accorder la priorité aux zones d’instabilité les plus critiques, sans négliger les zones stables, et à traiter de manière intégrée les causes profondes de l’insécurité pour prévenir la violence et satisfaire aux besoins et aux aspirations des populations, y compris des femmes et des jeunes.

    5. L’UE souligne l’importance des réformes majeures que doivent entreprendre les gouvernements du G5 Sahel afin d’assurer une paix, une sécurité et une prospérité durables. D’une part, la gouvernance inclusive des territoires au niveau national et local, une véritable décentralisation, en particulier le retour des services publics, y compris l’accès à l’éducation, en particulier pour les filles et les femmes, la réouverture des écoles, l’accès à la justice pour tous, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance sont clés. D’autre part, la réforme du secteur de la sécurité, afin de rendre plus efficace la lutte contre l’insécurité et à mettre un terme aux exactions commises contre les populations civiles, s’impose. Des perspectives économiques plus équitables, le respect des droits et l’autonomisation des femmes et des filles, la protection et l’intégration des personnes en situation de vulnérabilité et l’égalité en matière d’accès aux services publics, y compris l’accès aux services de soins de santé sexuelle et reproductive doivent être assurés. Enfin, pour un développement économique inclusif et durable, un accès équitable aux ressources naturelles, des réponses appropriées aux changements climatiques et écologiques et un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat et à l’investissement sont également nécessaires. L’UE souligne aussi l’importance d’une participation pleine et entière des jeunes, des femmes et de la société civile aux processus de paix, y compris à la prévention des conflits, en général également au niveau local. Cela est indispensable pour la paix et le développement durable dans la région du Sahel. L’UE encourage le G5 Sahel à intégrer une perspective de genre dans l’ensemble de ses actions.

    6. L’UE appelle les États du G5 Sahel à redoubler, accélérer et approfondir leurs efforts en matière de coopération régionale, notamment en donnant au secrétariat permanent les moyens de remplir sa mission, et à renforcer leur mobilisation pour une opérationnalisation complète de la Force conjointe et une mise en œuvre immédiate du PIP dans les zones les plus vulnérables. Elle souligne une nouvelle fois l’impératif d’une mise en œuvre effective, par la FCG5S et ses États membres, du cadre de conformité pour les droits de l’homme et le droit international humanitaire, et la nécessité de mettre en place une véritable composante « police » en appui à la Force conjointe, en vue de garantir une interface efficace entre la Force conjointe et les systèmes nationaux de justice pénale. L’UE se réjouit à cet égard de la tenue, le 21 janvier dernier à Niamey, de la deuxième conférence sur le renforcement des liens entre sécurité, justice et développement dans l’espace du G5 Sahel.

    7. Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la région, aggravée par l’instabilité dans les pays limitrophes, l’UE rappelle que tous les acteurs – les gouvernements nationaux des pays du G5 Sahel, le G5 Sahel, la CEDEAO et les pays voisins, l’Union africaine et les Nations unies – ont la responsabilité de mobiliser leurs moyens dans le cadre d’une approche cohérente et globale de stabilisation permettant le retour de la sécurité et du développement. L’UE salue à cet égard le travail des gouvernements des pays du Sahel et des acteurs nationaux et internationaux et le rôle de coordination des Nations unies. Elle souligne le rôle crucial de la MINUSMA pour la stabilité, la paix et la réconciliation au Mali, y compris son rôle au nord et au centre du pays, en particulier ses missions d’appui au redéploiement de l’État, de protection de tous les civils, sans discrimination, d’appui au retour des services de base et de bons offices pour le processus politique malien qui doit impérativement être mené à terme, ainsi que sa capacité d’interaction avec les autres forces de sécurité, y compris par l’appui qu’elle apporte à la FCG5S. En conséquence, l’UE accueillerait favorablement l’adoption, par le Conseil de sécurité des Nations unies, en juin prochain, d’un mandat de la MINUSMA à la hauteur de ces enjeux.

    8. L’UE salue les avancées constatées au Mali dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation signé en juin 2015, y compris à travers le comité de suivi, mais appelle les parties prenantes, en particulier le nouveau gouvernement malien, à poursuivre leurs efforts et à les faire aboutir rapidement, notamment en ce qui concerne la réintégration effective des combattants via le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, la réforme du secteur de la sécurité, l’avancée du processus de décentralisation et la création d’une zone de développement pour les régions du Nord. Elle appelle les plus hautes autorités maliennes à mener le processus de révision de la Constitution dans un esprit inclusif, pour que celle-ci soit acceptée par l’ensemble de la société malienne et qu’elle soit à même de contribuer au retour de la paix dans un Mali refondé. L’UE souligne l’importance d’une inclusion pleine et entière des femmes, des jeunes et de la société civile dans la mise en œuvre de l’accord.

    9. L’insécurité croissante contribue à la détérioration de la situation humanitaire. Les déplacements causés par la violence ne font qu’exacerber les difficultés liées aux crises alimentaires et nutritionnelles récurrentes, et augmentent les besoins en matière de protection des personnes en situation de vulnérabilité, en premier lieu les enfants, les femmes et les personnes handicapées. Bailleur humanitaire majeur avec plus de 250 millions d’euros alloués au cours des deux dernières années en faveur des populations des pays du G5 Sahel, et dans un contexte où la réponse d’urgence reste sous-financée, l’UE invite les pays du G5 Sahel à intensifier leurs efforts afin de prévenir de nouveaux déplacements et de garantir l’accès des populations touchées par les conflits et la violence aux services de base. L’UE continuera à se tenir aux côtés de la population.

    10. L’UE continuera à attacher une importance prioritaire à la région du Sahel et à prendre les initiatives appropriées, tout en restant attentive à l’engagement de ses partenaires et à l’efficacité des actions menées. L’UE rappelle sa détermination à accompagner le retour de l’État et des services de base, la stabilisation des zones périphériques, la lutte contre les trafics, par exemple au moyen du projet GAR-SI Sahel, et toute initiative de dialogue et de réconciliation. Elle est également prête à continuer à soutenir la nécessaire réforme des forces de sécurité et de défense des pays du G5 Sahel, la poursuite du développement de leurs capacités, sur la base des stratégies locales, et leur redéploiement, en s’appuyant en particulier sur les missions de PSDC existantes au Mali et au Niger, conformément au mandat de ces dernières. Par ailleurs, elle souligne que le soutien de l’UE ne peut être efficace que s’il accompagne d’efforts conséquents des pays du G5 Sahel pour améliorer la gouvernance, le développement et la sécurité dans l’ensemble de la région. L’UE continuera à suivre de près la situation et identifiera, le cas échéant, des ajustements nécessaires dans la mise en œuvre des actions qui sont en cours, sur la base d’avancées concrètes, notamment en vue de la réunion ministérielle annuelle entre le G5 Sahel et la haute représentante prévue à Ouagadougou en juillet 2019.

    Source : UE

    Tags : Union Européenne, UE, Sahel, terrorisme, sécurité, G5, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad, Barkhane,

  • Opération Barkhane – Comment éviter l’enlisement des forces françaises au Sahel ? (rapport confidentiel)

    EM GT International/ES Paris, 19 octobre 2016

    Note 15 (statut : confidentiel)

    Objet : Opération Barkhane – Comment éviter l’enlisement des forces françaises au Sahel ?

    1- Objectifs de l’opération Barkhane

    Lancée le 1er août 2014, l’opération Barkhane1 a succédé à l’opération Serval, lancée au Mali le 13 janvier 2013. L’objectif de l’opération Barkhane est de lutter contre les groupes terroristes djihadistes dans la région du Sahel, en soutenant l’action des Etats du « G5 Sahel » (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso), organisation régionale créée en 2014. Après la reprise des villes du Nord-Mali aux groupes terroristes (AQMI, MUJAO, Ansar Eddine), en 2013, en grande partie grâce à l’opération Serval, l’opération Barkhane étend le dispositif militaire français au niveau de la « bande sahélo-saharienne » afin d’empêcher la reconstitution de zones de refuges des terroristes dans la région.

    2- Activités de l’opération Barkhane

    Les forces françaises de l’opération Barkhane mènent trois types d’action :

    a- Des opérations contre-terroristes au Sahel de manière autonome (forces spéciales), en accord avec les autorités des Etats du G5 Sahel ;
    b- Un soutien aux armées des Etats du « G5 Sahel » pour lutter contre la menace terroriste : appui à la planification d’opérations militaires transfrontalières, fourniture de renseignement, appui aérien aux armées du G5 Sahel ;
    c- Un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour soutenir les Casques bleus de la MINUSMA au Mali, en cas de menace grave.

    3- Moyens de l’opération Barkhane

    Moyens humains : 3 500 militaires, commandés par un général de division depuis N’Djamena, où se trouve l’Etat-Major de l’opération. Barkhane s’appuie sur une petite dizaine de sites (cf. carte jointe), principalement au Mali (Gao, Tessalit), Niger (Niamey, Madama) et Tchad (N’Djamena, Faya-Largeau, Abéché) ;

    Equipement : Barkhane dispose d’une vingtaine d’hélicoptères, 200 véhicules de logistique, 200 véhicules blindés, 6 avions de chasse, 5 drones et une dizaine d’avions de transport.

    4- L’opération Barkhane a été jusqu’à présent un succès dans la lutte anti-terroriste

    Alors que les groupes terroristes avaient la capacité de contrôler l’ensemble du Mali en 2012, l’action de Serval puis de Barkhane a permis qu’ils ne menacent plus la viabilité des Etats du Sahel. Les forces françaises ont empêché la constitution d’un « califat » ou d’un territoire djihadiste de grande envergure au Sahel. Depuis sa création, Barkhane, seule ou conjointement avec les armées du G5 Sahel, a mené 221 opérations contre-terroristes, mis hors de combat ou remis aux autorités des autorités des Etats du Sahel 200 terroristes et saisi ou détruit 16 tonnes d’armes. En contribuant à sécuriser une région du monde proche de l’Europe, Barkhane contribue à sécuriser le territoire français.

    La méthodologie des forces françaises intéresse nos partenaires britanniques et américains, les Etats-Unis ayant eux-mêmes tenté à partir du début des années 2000 de fédérer les Etats de la région en matière de contre-terrorisme, sans réel succès. Barkhane, à l’inverse, a suscité et appuyé une coopération inédite en matière de sécurité entre les Etats du G5 Sahel qui mènent depuis 2014 des opérations militaires transfrontalières conjointes. Ces opérations incluent un droit de poursuite, grâce auquel les forces d’un Etat peuvent intervenir dans le territoire d’un Etat voisin, conjointement avec ses forces.

    5- L’opération Barkhane représente un coût élevé pour la France

    L’opération Barkhane a un coût élevé, que la France supporte seule ou presque.

    5.1- Coût politique

    La présence durable de Barkhane dans les Etats du Sahel contredit les engagements pris par les présidents Sarkozy et Hollande de réduire la présence militaire française en Afrique – sans équivalent parmi les pays occidentaux – et de fermer la plupart des bases militaires françaises sur le continent2. A l’inverse, cette présence créé des liens très forts avec ces Etats, qui contraignent parfois la France à fermer les yeux sur la situation des droits de l’Homme et de la démocratie dans certains de ces Etats, en particulier le Tchad.

    5.2- Coût financier

    Estimé à 600 M€ par an, le coût de l’opération Barkhane représente plus de 50% du budget annuel de l’ensemble des opérations militaires extérieures (OPEX).

    La France a été à l’initiative de la création au Mali de la MINUSMA, opération de maintien de la paix des Nations Unies de 11 000 soldats, ainsi que de missions de l’Union européenne pour former les forces de sécurité au Mali et au Niger. Pour autant, la France supporte sur son budget national l’essentiel de la lutte contre le terrorisme djihadiste au Sahel, région qui ne représente pas un enjeu de sécurité de premier plan pour les Etats-Unis et qu’ils ont de facto « sous-traité » à la France. L’opération Barkhane se répartit au Sahel et au Sahara sur un espace géographique plus vaste que l’Europe de Lisbonne à Moscou dans des conditions climatiques extrêmes (températures désertiques, tempêtes de sable, élongations logistiques), qui éprouvent les soldats et les matériels.

    6- La France menacée d’enlisement au Sahel

    Au début de l’opération Serval au Mali en 2013, le président Hollande avait fixé pour objectif stratégique de frapper les groupes terroristes fort et vite afin que les forces françaises puissent se retirer rapidement. Il s’agissait d’éviter un enlisement durable tel que les forces internationales l’avaient connu en Afghanistan et en Irak dans les années 2000. Au début de l’opération Barkhane en 2014, l’Etat-Major des armées françaises établissait des chronogrammes avec des échéances de retrait des forces françaises. Depuis, il n’existe plus d’échéancier ni de conditions d’un éventuel retrait. Au contraire, le Premier Ministre Valls, devant l’Assemblée nationale le 19 octobre 2016, a affirmé que la France resterait engagée au Mali « tant que la menace djihadiste continuera de peser sur le destin de ce pays et de cette région ».

    En dépit de conditions très difficiles, l’armée française n’a pas intérêt à se retirer du Sahel. Elle y trouve un terrain qui lui permet de développer et maintenir ses capacités opérationnelles ainsi qu’une source de prestige par rapport à ses homologues occidentales. La présence française au Sahel procure en outre des avantages matériels aux militaires français : soldes relevées, congés exceptionnels, abaissement de l’âge de la retraite.

    7- Recommandations

    7.1- Fixer des critères d’évaluation ainsi qu’un horizon de retrait pour Barkhane

    Il n’existe aucune stratégie de sortie de l’opération Barkhane. La France reproduit ici ce qu’elle a reproché aux Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Le terrorisme djihadiste se nourrissant de la grande pauvreté et de la désertification au Sahel, l’absence de critères pour évaluer le rapport coût/avantage de l’opération Barkhane conduit à une présence militaire de durée indéfinie, l’objectif de « 0 djihadiste » y étant inatteignable.
    Il est urgent par conséquent d’établir pour l’opération Barkhane :

    – des critères pour évaluer son bilan coût/avantage, qui doivent en particulier reposer sur la capacité des Etats du Sahel à assurer eux-mêmes un niveau de sécurité raisonnable face à la menace terroriste ;

    – un horizon de retrait possible, qui doit être communiqué en amont aux pays du Sahel ainsi qu’à nos partenaires occidentaux, afin de les inciter à s’impliquer davantage.

    7.2- Fixer un cadre réellement démocratique pour employer les forces françaises

    L’opération Barkhane illustre le fait que la France est l’une des très rares démocraties occidentales dans laquelle le pouvoir exécutif peut engager un volume illimité de forces de manière totalement autonome. Dans ce système concentré à l’extrême dans les mains du Président de la République, l’Etat-Major des Armées et l’Etat-Major particulier du Président jouissent d’une très forte influence. Il en résulte que les objectifs politiques à moyen et long terme des opérations militaires françaises sont souvent mal définis.

    La révision constitutionnelle de 2008 impose un débat parlementaire 60 jours maximum après le lancement d’une intervention militaire et donne au Parlement le droit d’autoriser ou non la prolongation de l’opération au-delà de quatre mois. En outre, comme le relève le Sénat dans un rapport de juillet 2016, il s’agit d’une « clause d’éternité », dans la mesure où le gouvernement n’a plus à solliciter d’autorisation du Parlement au-delà de quatre mois.

    Pour s’assurer du bon emploi de nos forces à l’avenir, en tirant les leçons de l’opération Barkhane, un débat parlementaire pourrait se tenir avant le lancement d’une intervention militaire, sans nécessairement donner un droit a priori au Parlement de s’y opposer. Le Parlement doit pouvoir interroger régulièrement le gouvernement sur la stratégie politique d’ensemble de Barkhane, comme de toute intervention militaire. Cela permettrait d’affiner les objectifs, les moyens, l’horizon temporel ainsi que les possibles partenaires étrangers des éventuelles opérations militaires extérieures. Le nouveau Président de la République devrait en prendre l’engagement auprès du Parlement avant d’envisager éventuellement une nouvelle révision de la Constitution. (ES)./.

    Source: Wikileaks

    Tags : France, Sahel, Barkhane, terrorisme, djihad, Mali, Azawad, G5,

  • Tchad : Idriss Déby interdit une manifestation contre le Franc CFA

    Une manifestation prévue jeudi 14 mars contre le Franc CFA et le néo-colonialisme a été interdite par les autorités de N’djamena.

    Idriss Déby, celui qui hier disait «  L’Afrique ne peut pas évoluer avec le Franc CFA. Nous devons frapper notre propre monnaie » est le même qui s’oppose aujourd’hui à une manifestation contre la monnaie négrière de la France.

    Il y a à peine un mois, les forces françaises stationnés au Tchd dans le cadre de l’opération Barkhane sont intervenuest contre les forces d’opposition tchadiennes de l’UFR pour sauver la tête du président Déby.

    Ainsi dont, Deby lui rend l’ascenseur à Paris pour la remercie de son intervention contre les rebelles tchadiens.

    Tags : Tchad, France, Idriss Déby, Barkhane, UFR, Franc CFA, FCFA,