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  • Algérie : Le gouvernement se fait discret

    Etrange ralentissement des activités ministérielles. L’exécutif fonctionne au ralenti, visiblement surpris par l’ampleur des contestations. Quasiment plus de «sorties sur le terrain» ni même de parrainage de séminaires. Les ministres se font discrets tout autant que le Premier ministre qui n’a plus fait de sorties médiatiques depuis sa prestation face aux députés.

    Nawal Imès – Alger (Le Soir) – La grogne populaire met l’exécutif dans l’embarras : poursuivre ses activités comme si de rien n’était ou choisir la politique de l’autruche. C’est visiblement la seconde option qui est la plus confortable pour le gouvernement Ouyahia.

    Le Premier ministre lui-même donne d’ailleurs l’exemple en réduisant drastiquement ses apparitions. Depuis qu’il a répondu aux députés qui l’avait interpellé au sujet de la déclaration de politique générale, plus aucune sortie publique pour Ouyahia. Ses ministres en font de même.
    Si prompt à effectuer des sorties sur le terrain pour vanter les réalisations du Président-candidat, l’exécutif se mure dans un assourdissant silence. Les sorties médiatiques les forceraient en effet à répondre à des questions gênantes d’un côté tandis que d’un autre, leurs propos, souvent maladroits, pourraient raviver davantage la flamme de la contestation. Plutôt que de faire ce pari risqué, l’exécutif a choisi de «disparaître» des écrans en attendant des jours meilleurs.

    Aucun membre du gouvernement ne souhaiterait en effet vivre ce que la ministre de la Poste et Télécommunications a vécu la semaine dernière. En «visite de travail» dans la wilaya de Khenchela, Houda Feraoun a eu droit à un comité d’accueil des plus particuliers. Alors qu’elle achevait son «inspection» d’un bureau de poste, des centaines de manifestants l’ont accueillie au sortir de ce dernier par des «dégage !» et des slogans hostiles au gouvernement.

    La ministre n’a eu comme seul choix d’écourter sa visite et de rejoindre à la hâte son véhicule, entourée par ses proches collaborateurs.
    Le ministre de l’Intérieur et la délégation qui l’accompagnait à Adrar pour y célébrer l’anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures a eu droit au même accueil. Des centaines de manifestants se sont rassemblés autour de la salle devant abriter les «festivités».

    Emblème d’un système dont ils ne veulent plus, le Premier ministre est la cible des manifestants depuis le début du mouvement.

    Lors de la première marche déjà, Ouyahia avait été désigné comme l’homme dont la rue ne voulait plus. Les slogans brandis au cours des marches du 15 février puis celle du 22 du même mois ne laissent planer aucun doute sur le sentiment de ras-le-bol généralisé.

    Le Soir d’Algérie, 7 mars 2019

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  • Algérie: Faux scoops et vrais bobards

    Des tv étrangéres s‘adoonent à de la manipulation – Faux scoops et vrais bobards

    Les marches populaires en Algérie ont fait l‘objet de manipulations visibles par des TV étrangères tant européennes qu‘arabes.

    Des images de guerre en boucle et des arrestations massives ont été diffusées alors que les manifestions publiques n’ont pas bénéficié d’un traitement objectif.

    Sur les écrans de France24 dans sa version arabe et anglaise, les images chocs de « casseurs et odeurs defumées » ont été relayées sans discontinuité. Les présentateurs entament leurs sujets par des jeunes en proie à la violence en montrant la mise à sac d’unhôtel et d’une agence bancaire. Desimages qui n’ont montré qu’un aspect des manifestations publiques qui se sont déroulées dans le calme, de l’aveu de tous les observateurs.

    Sur la BBC version arabe, de vieilles images datant d’octobre1988 ont été montrées à l’écran alors que le débat se déroule en 2019.

    Sous prétextede relancer le processus de démocratisation en Algérie depuis la fin desannées 80, on voyait des images dejeunes de cette époque qui « cassaient les édifices publics » sous le sobriquet de la révolte des jeunes.

    La chaîne El Ghad qui se singularise dans ces scénarii, préfère donner la parole à de « jeunes désoeuvrés »ne tenant pas un discours cohérent alorsque le correspondant avait un large choix d’interviews avec des citoyens de toutes catégories.

    Pour sa part, la chaîne El Djazira El Moubasher (direct) n’a pas hésité à diffuser les images du CHU de Genève où se soigne le Président Boutefika poussant l’insolence jusqu’à montrer une image dégradante de l’état de santé du chef de l’État. Une grave entorse aux règles de l’éthique pousse ces TV à grande audience à jouer sur la fibre sentimentale de ces téléspectateurs algériens.

    Des entretiens sont aussitôt animés avec des citoyens algériens résidant en Suisse qui se permettent tous les « ragots » et autres infos de « caniveau » sur la personne du Président, sachant que c’est au personnel soignant et aux autorités algériennes d’en informer le public.

    Sous prétexte de verrouillage de l’information, ces médias « travaillent » selon leurs propres agendas l’opinion publique selon un dosage allant dans le sens du sensationnel et du fait brut en diffusant des images résultant des autres conflits.

    Une chaîne proche des thèses de la mouvance islamiste recycle les images datant de la tragédie nationale pour illustrer à coup de fake news et de désinformations systématiques sur toute l’actualité brûlante nationale.

    La palme d’or revient à El Magharibia (chaîne de proximité islamiste) dans la manipulation par des émissions où les raccourcis, les insultes et le parjure sont légion.

    Les images montrent généralement des quartiers sordides et des terrains vagues pleins de détritus pour illustrer uniquement le côté sombre du pays.

    En l’absence de toute déontologie, ces chaînes déversent leur fiel sans retenue où l’opinion partiale l’emporte sur le débat objectif et où l’insulte et les accusations gratuites sans fondements sur des personnes s’érigent en dogme.

    Par : FAYÇAL ABDELGHANI

    Le Midi Libre, 7 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika,

  • Algérie: Tractations au sommet de l’Etat

    Alors que les chefs de l’opposition sont en conclave – TRACTATIONS AU SOMMET DE L’ETAT

    Mohamed. K

    Affaibli par les récentes manifestations populaires et l’apparition des premières fissures au sein de l’alliance, l’entourage du président de la République semble vouloir chercher une issue de dégagement acceptable par tout le monde. La Présidence tente de trouver une passerelle de sérénité et de calme pour traverser le fleuve de la contestation qui prend de l’ampleur. L’option a été envisagée depuis quelques jours, suite au fort impact des manifestations populaires de vendredi dernier.

    Selon des sources dignes de foi, des représentants de la Présidence ont engagé de sérieux contacts et de tractations secrètes avec une personnalité nationale d’envergure, crédible et qui possède toujours des soutiens importants au sein de la société politique et civile. Cette personnalité est connue pour être consensuelle et fin connaisseur du sérail. Homme d’Etat, connu par les chancelleries étrangères, elle pourrait devenir, en cas d’accord ou de compromis sur des détails, l’unique issue pour le moment.

    Alors que ces négociations sont déjà entamées, l’opposition passe aujourd’hui un test décisif. A la veille de la fête de la femme, ce 8 mars, où les réseaux sociaux sont en train de partager des mots d’ordre de mobilisation, les partis de l’opposition réfléchissent sur la création d’une nouvelle réponse politique d’envergure. Une rencontre est prévue aujourd’hui au siège du parti Talaie El Houriyet, où il sera question justement d’un débat sur les donnes offertes par les manifestations citoyennes de la rue et les promesses d’une transition proposée par le président sortant.

    Pour des observateurs avertis, il n’y a pas que l’alliance présidentielle qui est secouée par les marches populaires et la vague de contestations qui déferlent dans les rues algériennes. L’opposition, elle aussi, a été surprise par ce mouvement inattendu et imperceptible il y a quelques semaines. Déroutée par la cascade de marches et autres événements populaires, l’opposition peine aujourd’hui à trouver des convergences de vue autour de la problématique électorale.

    Affaiblie par des échecs répétés, notamment avec le flop de la plate-forme de Mazafran et la coordination nationale des libertés, cette opposition semble retrouver un nouveau souffle avec la nouvelle conjoncture. Bien que n’ayant pas eu au début des positions communes sur la participation ou non aux élections, aujourd’hui il semble que les données ont considérablement changé.

    Selon nos informations, les invités à ce sommet de l’opposition cherchent à créer un front uni de refus du vote. Après la défection du RCD, du mouvement islamiste Adala, du Parti des travailleurs et du FFS, qui a choisi le boycott, c’est au tour de Benflis de se retirer, alors que Makri est sommé par le majliss echoura de son parti, le MSP, de ne pas déposer son dossier de candidature. Ces responsables rejoignent ainsi la position d’autres personnalités politiques, qui avaient tranché, depuis la convocation du corps électoral en janvier dernier, la question de la présidentielle.

    Avec leur participation à la grandissante marche du 1er mars, ces chefs de parti politique ont voulu anticiper sur l’avenir immédiat et répondre ainsi aux cris et autres slogans des manifestants. L’idée d’un rejet total des engagements inscrits dans la lettre du président sortant est déjà acceptable par tout le monde. On insiste aujourd’hui, dans le milieu politique, à la mise en place de nouvelles initiatives politiques. Pour certains, la tenue de la présidentielle dans une atmosphère pareille comporte des risques énormes, d’autant que la campagne électorale et ses meetings pourraient connaître des débordements dangereux. Une sorte d’alternative est déjà sur la table des discussions. Celle du report immédiat du processus électoral et de la tenue de cette fameuse conférence élargie dans les plus brefs délais. C’est cette conférence qui tranchera la feuille de route future, comme la constitution d’un gouvernement d’union nationale, la révision constitutionnelle et la mise en place de cette instance indépendante chargée de l’organisation et de la surveillance des élections. Il est d’ailleurs question de revoir complètement la charpente institutionnelle, puisque des élections générales anticipées sont prévues, présidentielle, législatives et municipales.

    Autrement dit, cette opposition veut inverser les engagements d’Abdelaziz Bouteflika. Mais pour certains patrons des partis de l’opposition, il est devenu difficile de convaincre tous les candidats potentiels à se retirer de la course. C’est le cas de l’indépendant Ali Ghediri, un général major en retraite qui, dépossédé de ses soutiens importants, comme l’avocat Mokrane Aït Larbi ou l’infatigable Zoubida Assoul, persiste à refuser de s’aligner avec cette opposition. C’est également le cas du président d’El Bina, Bengrina Abdelkader, qui a subi de fortes pressions pour qu’il abandonne sa candidature et rejoigne ainsi le front du refus. Or, les lectures faites par la classe politique sont que la rue n’est pas contre la présidentielle en elle-même, ni contre un quelconque candidat, mais contre la « continuité » et le cinquième mandat. Ces demandes populaires pourraient encore se développer davantage et prendre l’allure d’une conscience politique.

    Le Jeune Indépendant

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  • 3éme vendredi de manifestations: L’Algérie écrira son histoire !

    À quelques minutes d’une nouvelle journée d’action contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika et à la suite de la publication d’un message du chef de l’État mettant en garde les Algériens contre le chaos, le peuple algérien s’apprête à écrire son histoire !

    Un 8 mars pas comme les autres. Un troisième acte des marches populaires.

    Un autre rendez-vous avec l’histoire, après celui du 1er mars qui a vu le succès de la protestation populaire, qui gagne en intensité et en volume à chaque fois.

    Ce vendredi 8 mars, des marches sont organisées à Alger, mais aussi dans de nombreuses villes du pays. Tous les partis d’opposition ont appelé à participer au mouvement de contestation.

    Une foule immense s’est déjà regroupée à la place de la Grande poste.Les manifestants, déjà très nombreux, sont réunis derrière un même mot d’ordre: non au cinquième mandat du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika.

    Certains demandent le report de l’élection présidentielle prévue le 18 avril ou encore la mise en place d’un gouvernement de transition pour assurer de prochaines élections réellement démocratiques.

    Les manifestants n’ont qu’un seul mots à la bouche: « pacifique, pacifique ».Ils promettent même une fête nationale, en présence de la gente féminine qui fête aujourd’hui sa journée mondiale.

    Rachel Hamdi

    Echourouk Online

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  • Algérie : Dans l’attente d’un Adolfo Suarez algérien (El Pais)

    Le célèbre quotidien espagnole El Pais a titré aujourd’hui « Esperando a un Adolfo Suárez argelino« , dans l’attente d’un Adolfo Suarez algérien.

    Le journal espagnol compare l’époque du Président Bouteflika à l’époque du dictateur Franco « A la différence de ce qui s’est passé en Espagne après la mort de Franco et la transition vers la démocratie, le système de Bouteflika n’a pas prévu ou imaginé la possibilité d’un Adolfo Suarez. ».

    El Pais reste prudent en ajoutant « Les comparaisons sont toujours imprudentes, mais l’espérance d’une « Sortie » a l’Espagnole pourrait intéresser les algériens ».

    Le journaliste fait allusion à l’amnistie qu’a proposé Adolfo Suárez et tout le système mis en place dès 1976 avec la mise en place d’une constituante et la rédaction d’une nouvelle constitution adoptée par référendum national.

    Medias DZ

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  • Algérie: L’immigration en France et en Europe solidaire du peuple algérien

    Communiqué commun en solidarité avec le peuple algérien

    Les manifestations du 22 février, 24 février et 1er mars 2019 contre le « cinquième mandat » de l’actuel président a pris, en quelques jours, une ampleur sans précédent dans l’histoire contemporaine de l’Algérie. Au fil des contestations à travers tout le pays – et qui se poursuivront par les « marches du 8 mars » –, ce refus du « cinquième mandat » est devenu l’expression d’un rejet total d’un pouvoir autoritaire qui perdure depuis l’indépendance.

    Ce mouvement démontre aux yeux du monde entier, par son caractère pacifique et citoyen, une grande maturité de la jeunesse algérienne, des femmes et des hommes de tous âges et de toutes classes sociales qui sont descendus dans les rues des villes et des villages de tout le pays.

    Dans l’immigration, plusieurs manifestations de solidarité se sont déroulées, faisant la démonstration que la mobilisation du peuple algérien pour exiger un Etat de droit, les libertés, la justice sociale et une véritable citoyenneté, est dans le prolongement des mêmes revendications des peuples aussi bien au Maghreb, au Moyen-Orient, qu’à travers le monde.

    Nous, associations de l’immigration et de solidarité en France et en Europe, signataires :

    affirmons notre total soutien et notre solidarité avec les manifestations – en cours et à venir – du peuple algérien contre le « cinquième mandat », pour l’Etat de droit, les libertés et la justice sociale ;

    mettons en garde le pouvoir en place de toute tentative de dérive autoritaire cherchant à dévoyer les revendications pacifiques du peuple algérien ;

    appelons l’ensemble de l’immigration et les ami-e-s de l’Algérie à travers le monde à la vigilance pour que les revendications légitimes du peuple algérien soient satisfaites.
    Le 7 Mars 2019

    Premiers signataires

    Organisations : Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA) ; Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) ; Immigration Développement Démocratie (IDD) ; APEL-Egalité ; Association Na’oura-Bruxelles ; Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort) ; Association des Marocains en France (AMF) ; Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) ; Association tunisienne Culture et solidarité ; Association des Tunisiens en France (ATF) ; Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF) ; Association marocaine des droits humains (AMDH)-Paris ; Association des Tunisiens du nord de la France (ATNF)-Lille ; Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM) ; Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA) ; Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) ; AIDDA ; Association Zembra Écho ; Aknarij (Association pour la promotion d’une citoyenneté active des deux rives)-Pays-Bas ; Comités pour le développement et le patrimoine (CDP)-France ; Collectif 3C Culture et Citoyenneté ; Collectif des femmes tunisiennes (CTF) ; Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie (CVDT)-Belgique ; CEDETIM-IPAM ; Droit au logement (DAL) ; Droit devant ; Emcemo (Centre euroméditerranéen migration et développement)-Pays-Bas ; Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (Fasti) ; Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR) ; Femmes Plurielles ; Fondation Copernic – France ; KMAN – Hollande ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples – Mrap ; – Mouvement citoyen des Tunisiens en France (MCTF) ; Mouvement Ecolo ; Forsem (Forum de solidarité euro-méditerranéenne) ; Plate-forme euro-marocaine développement et citoyenneté ; Plate-forme des Marocains d’Amsterdam ; Réseau euro-maghrébin citoyenneté et culture (REMCC) ; Union syndicale Solidaires ; Union des Tunisiens pour une action citoyenne (UTAC)

    Personnes : Abdelhamid Maha, chercheure en géographie sociale ; Abdessamad Hichem, traducteur, historien ; Afarki Abderrahim, bibliothécaire ; Allal Mourad, militant associatif ; Allal Tewfik, militant associatif ; Alaoui Mehdi, responsable associatif ; Amara Jean-Claude, Droit Devant ; Angeli Verveine, syndicaliste ; Baaboura Noureddine, juriste, militant associatif ; Benameur Ali, universitaire ; Benhaim Raymond, cedetim ; Ben Hiba Tarek, militant associatif ; Ben Said Mohamed, militant associatif ; Ben Youssef Adnane, militant associatif ; Bessis Sophie, historienne ; Bhar Mohamed, artiste musicien ; Bouguerra Larbi, membre de l’Académie tunisienne Beyt al-Hikma (Carthage) ; Boumedienne Alima, avocate, ancienne sénatrice ; Boursier Philippe ; Chaabane Nadia, député Constituante (2011-2014) Tunisie ; Chenchabi Hedi, militant associatif ; Cherbib Mouhieddine, défenseur des droits humains ; Cukier Alexis ; Dakhlia Jocelyne, universitaire ; Dréano Bernard, militant associatif ; Dridi Mohsen, militant associatif ; El Amri Aida, médecin radiologue, présidente de ATCS ; EL Hadjali Fathi, militant associatif ; El Kherchi Driss, militant associatif ; Elkhorchi Driss, militant associatif – Bruxelles ; Ellala Mohamed-Lakhdhar, militant politique ; Enjalan Stephane, syndicaliste ; Eyraud Jean-Baptiste, DAL ; Faoual Raoudha, militante politique et associative ; Ferjani Mohamed Chérif, universitaire ; Gaillot Jacques, évêque ; Gineste Pierre, militant associatif ; Habel Janette ; Habache Youssef, président CDP, Palestine/France ; Hamrouni Mohamed, militant associatif ; Hidouci Ghazi, économiste, ancien ministre ; Jendoubi Kamel, défenseur des droits humains ; – Journée-Duez Aurélie, doctorante en anthropologie ; Kacimi Mohamed, écrivain ; Khalfa Pierre, Fondation Copernic ; Kitar Abderrazek, militant associatif ; Laabi Abdellatif, écrivain ; Le Moal Patrick ; – Lévy Catherine, sociologue CNRS, retraitée, ancienne «pied-rouge » ; M’Hamdi Hend, présidente CVDT-Belgique ; Mkichri Aziz, militant associatif – Bruxelles ; Menebhi Abdou, militant associatif – Amsterdam ; Pelletier Willy ; Rahim Rezigat, ancien militant du FLN et détenu en France pendant la guerre de libération ; Samary Catherine, économiste altermondialiste ; Sauterey François, « pied-rouge », responsable associatif ; Sraieb Hédi, économiste, consultant international ; Toukabri Tarek, militant associatif ; Vergiat Marie Christine, députée européen ; Zniber Abdallah, militant associatif

    Source

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  • Jean-Yves Le Drian: La France doit laisser le processus électoral algérien se dérouler

    Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a affirmé mercredi à Paris que la France doit laisser le processus électoral algérien se dérouler, soutenant que l’Algérie est un pays « souverain » dont la stabilité est « essentielle ».

    « Nous devons laisser le processus électoral se dérouler », a-t-il déclaré au sujet des manifestations populaires et l’élection présidentielle en Algérie devant députés lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale française. Il a rappelé que la France, « en raison de nos liens historiques », est « très attentive au déroulé de cette échéance majeure », évoquant « trois principes ».

    « L’Algérie est un pays souverain et c’est au peuple algérien, et à lui seul, qu’il revient de choisir ses dirigeants et son avenir, c’est au peuple algérien de définir ses aspirations, ce qui implique la transparence et la liberté du processus », a-t-il affirmé.

    Il a ajouté que l’Algérie est « un pays ami auquel nous rattachent des liens multiples », notant que ce qui se passe en Algérie « a des liens directs et un fort retentissement en France, nous le constatons ».

    Le ministre français a expliqué aux députés que l’Algérie est « pays clé en Afrique et en Méditerranée », faisant observer que « c’est pourquoi la stabilité, la sécurité et le développement de l’Algérie sont tout à fait essentiels et c’est dans cet esprit que la France appréhende cette échéance cruciale en Algérie ».

    Sud Horizons, 7 mars 2019

    Tags: Algérie, France, Paris, Elysée, présidentielles 2019, Bouteflika,

  • Algérie: La confession d’un jeune algérien

    Je ne suis comme on dit que « la cendre de la grande lassitude »…

    qui mine et donne mauvaise mine à mon pays depuis 1954.

    Sur mon pays, j’ai vu plus d’une fois plus d’un mal s’abattre…

    J’ai envie de quitter mon pays, j’ai envie de sauver mon pays.

    Et on ne cesse de me dire que c’est interdit dans les deux sens !

    Je n’ai ni le droit de partir,

    ni le droit de me sentir chez moi sans être en proie à cet étrange délire…

    Le délire de celui qui va sans savoir où il va et pour quoi ?

    Je suis fatigué de défoncer des portes fermées tout en sachant qu’elles n’ouvrent sur rien,

    comme si j’étais pris en otage par un redoutable destin…

    Je suis un jeune algérien qui veut tout, qui veut rien, les deux en même temps ou le lien entre les deux…

    au fait, je n’en sais rien !

    Parfois je me dis que je ne suis désormais que le résumé de la surdité des hommes devant le bien,

    leur absurdité comme dirait l’auteur de l’Exil et le Royaume.

    Et parfois je me dis que je crois savoir où se situe l’origine de mon drame :

    C’est que je ne m’entends pas avec moi-même.

    C’est la raison de mon mal- être,

    aussi étrange que cela puisse paraître…

    je ne m’entends pas avec moi-même.

    Et devant ce mur, je me murmure :

    j’ai tout mais je ne suis rien…

    Je suis tout mais je n’ai rien…

    Dieu, pourquoi m’as-tu fait algérien ?

    Un désir enfoui dans un désert…

    je cherche le grain de sable qui a décimé tout le troupeau.

    Une pomme de discorde qui a fait de nous une horde sauvage…

    Quel serpent nous empêche donc de traverser le pont qui sépare la bête humaine de Dieu ?

    Je veux bien risquer ma vie en tentant de reprendre le pouvoir à ceux qui l’ont confisqué

    mais pour le confier à qui ?

    Je ne vois hélas que deux catégories : les opportunistes et les islamistes…

    Les premiers s’en fichent de l’homme,

    les seconds s’en fichent de Dieu…

    et moi au milieu… jeune, je me sens déjà très vieux.

    Je n’ai pas de doléances mais un seul vœu :

    que Dieu bénisse l’Algérie !

    Source: Le Journal de Personne, 7 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, jeunesse algérienne,

  • Algérie: Quels changements pour le régime algérien ?

    Par Mohamed Habili
    Le Jour d’Algérie, 06/03/2019

    Si l’Algérie en est aujourd’hui à s’interroger sur son avenir immédiat, cela n’est pas dû à la personnalité de Abdelaziz Bouteflika, ni à sa candidature pour un cinquième mandat, mais pour quelque chose de plus fondamental encore et qui est la nature présidentielle du régime algérien.

    A la limite n’importe quel Algérien qui serait aujourd’hui à la place de Bouteflika, et qui de plus aurait les mêmes problèmes de santé que lui, agirait de la même façon que lui.

    Prenons le cas de quelqu’un qui depuis maintenant plus d’une décennie se présente comme l’opposé en tout point de Bouteflika, Ali Benflis, et qui très clairement ne demande qu’à prendre sa place. Ç’aurait été lui le président, il ferait selon toute vraisemblance exactement pareil, mû en cela d’ailleurs non pas nécessairement par des motifs égoïstes ou de mauvais aloi, mais à ses yeux du moins par devoir sacré, par dévouement illimité à son pays et à son peuple.

    Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions, comme on le sait. La présidence à vie n’est pas dans le nombre illimité des mandats présidentiels, mais dans les pouvoirs dont dispose le président algérien, et qui en font un monarque. Un monarque républicain, sans doute, mais un monarque quand même.

    Un monarque est par définition un monarque à vie. Qui aujourd’hui cherche à attirer l’attention des Algériens sur le fait que l’agitation en cours tient non pas à une ou à des personnes, mais au système politique algérien tel qu’il s’est formé au cours de sa jeune histoire ?

    En fait, le président algérien n’est pas seulement un monarque, c’est-à-dire quelqu’un dans les mains de qui sont concentrés tous les pouvoirs, mais un constituant à part entière, le seul d’ailleurs à l’être dans le pays. Un monarque, c’est quelqu’un qui est tout, qui a tout, ou qui, à l’inverse, n’est rien.

    Nulle limitation de mandats consignée dans la loi fondamentale ne peut lui résister. On peut s’en rendre compte aujourd’hui sur l’exemple égyptien, dans un pays qui pourtant est passé par le soi-disant printemps arabe, et qui n’aurait dû avoir de cesse de se garantir contre le retour à la présidence à vie.

    Les opposants algériens ont ceci de remarquable, ou d’étrange, qu’ils se présentent comme des démocrates, tous partisans de la rupture, dans le même temps qu’ils sont tous partisans du régime tel qu’il est aujourd’hui. Mieux, ils ne s’imaginent même pas qu’il y ait une contradiction là-dedans ; qu’en tant que démocrates, qu’ils prétendent être, il ne leur est pas permis d’être pour autre chose que pour un régime parlementaire.

    L’Algérie n’est encore ni une démocratie ni un Etat de droit. Elle ne peut tendre vers l’une et l’autre dans le cadre du système actuel. Si elle était déjà une démocratie et un Etat de droit, la nature du régime serait alors secondaire. Ce qui est premier au point de vue historique en effet, c’est la démocratie, qui ensuite s’incarne dans des institutions, bonnes ou mauvaises d’ailleurs, et qui de toute façon sont changeantes.

    Les institutions, aussi bien conçues qu’elles puissent être, ne créent pas la démocratie, ni ne la garantissent. Les opposants algériens veulent d’autant moins changer la nature du régime qu’ils entendent arracher ce même pouvoir hyper-concentré des mains de ceux qui l’exercent aujourd’hui pour en faire le même usage, mais dans l’intérêt de leur propre mouvance, et contre celles des autres. Ce ne sont pas des démocrates. Ils ont fait mine, il y a quelques années, de se reconnaître dans le « printemps arabe ». Mais c’est qu’ils voulaient juste que des flammèches s’en détachent qui embrasent le pays. Certains sont même allés jusqu’à clamer haut et fort leur sympathie pour les «révolutionnaires libyens», une engeance particulièrement méprisable.

    Tags: Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, 5ème mandat,

  • Algérie : La pression de la rue s’accentue contre le cinquième mandat

    par M. A., F. H., H. B., E. H. D. Et A. Z.

    La dynamique protestataire du mouvement estudiantin à Alger, comme partout ailleurs à travers les différentes wilayas du pays, ne connaît pas de fléchissement. Au contraire, les étudiants et même des lycéens continuent à investir en force les lieux publics, pour dire non au cinquième mandat et pour exiger des changements dans leur pays. De leur côté, les avocats de la région de Constantine, englobant également les wilayas de Skikda, Mila et Jijel, ont décidé de boycotter le travail juridique dans toutes les cours et tribunaux relevant de la compétence territoriale de l’organisation de Constantine. Une décision qui semble faire tache d’huile, puisque les robes noires de la région de Tizi Ouzou ont eux aussi décidé de faire de même.

    Hier encore, des milliers d’entre eux ont rejoint le centre de la ville d’Alger. Des étudiants sont arrivés de l’Université des sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB) de Bab Ezzouar, accompagnés de leurs enseignants, brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire « Les enfants de Houari Boumediene sont à la recherche des principes de Boumediene ». Ces derniers se sont mêlés à d’autres étudiants de la Fac centrale d’Alger, de la Faculté de médecine d’Alger et de la Faculté de Ben Aknoun et de Saïd Hamdine. Tout le monde scandait d’une même voix des slogans contre le cinquième mandat.

    Beaucoup plus organisés que la dernière fois, les étudiants déployaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Le pouvoir revient au peuple » ou encore « Etudiant réveille-toi pour défendre ton droit et celui de ton pays ». Les étudiants dont certains portaient des blouses blanches, d’autres drapés de l’emblème national ont défilé pacifiquement, répétant en chœur « les étudiants toujours engagés pour le changement ».

    Les étudiants qui ont marché de la Grande Poste vers la Faculté centrale à Maurice Audin, avant de faire demi-tour et revenir à leur point de départ se sont montrés très coopératifs avec les forces de l’ordre. Ces dernières essayaient à chaque fois de les orienter vers des parcours moins denses pour ne pas paralyser la circulation. Les éléments antiémeutes étaient là pour encadrer les étudiants, veillant à chasser les intrus ou les fauteurs de troubles. Un étudiant a été interpellé par un élément des services de la police qui lui a ordonné d’effacer les images filmant des policiers, sans toutefois le brusquer.

    Les protestataires se sont rassemblés après avoir effectué plusieurs tours, au niveau de l’esplanade de la Grande Poste, brandissant tous ensemble l’emblème national et en répétant le chant patriotique des éléments de l’armée nationale et des forces de sécurité « Watani watani ghali thamani».

    Si les éléments antiémeutes étaient plus souples dans la matinée, la stratégie de gestion de la foule a changé dans l’après-midi, après l’arrivée d’un flux important d’étudiants au centre-ville d’Alger, ce qui les a contraints à bloquer l’accès vers l’avenue Maurice Audin.

    Etudiants et enseignants marchent à Bouira

    A Bouira, l’université Akli Mohand Oulhadj a été paralysée hier mardi. Une grève générale d’une durée d’une semaine a été décidée en réponse à l’appel du collectif des étudiants. Le principal slogan de cette protestation est « Système dégage » selon le communiqué émanant du collectif. Après que les enseignants universitaires aient tenu un grand sit-in devant le siège du rectorat, portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Non à la violation de la Constitution », « Oui pour le respect des lois », « Oui pour bâtir une vraie 2ème République et une vraie transition politique » et « Non au 5ème mandat », ils ont décidé d’une marche qui les conduira jusqu’à l’entrée du siège de la wilaya. En arpentant cet itinéraire, les enseignants ont été rejoints par des étudiants pour une marche unifiée. Dans ce qui est devenu un rendez-vous hebdomadaire, les étudiants oranais ont investi, une fois de plus, hier, la rue comme ils l’avaient fait le mardi précédent avec une nouveauté tout de même : une participation non négligeable des lycéens de la wilaya.

    En effet, dès 10 heures du matin, des groupes composés de centaines de manifestants issus des différents campus universitaires de la wilaya ont commencé à affluer aux abords du siège de la wilaya d’Oran. Aux environs de midi, les trois pôles universitaires de Belgaïd, d’Es-Sénia et de l’USTO étaient tous représentés au niveau du grand rassemblement encadré par un dispositif sécuritaire déployé sur l’ensemble du périmètre entourant le siège de la wilaya. Et comme le tout début de ces manifestations anti-5ème mandat à Oran, le principe de non violence a été respecté par tous.

    Vers 13h, et vu le nombre impressionnant des participants à la marche pacifique, un nouveau mot d’ordre est passé aux jeunes manifestants de mettre le cap sur la place du 1er Novembre, espace beaucoup plus adapté pour accueillir les milliers de manifestants. Il faut dire que des centaines de citoyens de tout âge étaient parmi la foule de manifestants, soit en prenant activement part à la marche, soit par simple curiosité vu l’ambiance festive et bon enfant que les étudiants ont su créer par leurs chants. Les différentes vagues de manifestants qui se sont dirigés vers la place du 1er Novembre créeront une ambiance digne des supporters de foot. Instruments de musique à vent et de percussion ont rythmé ainsi la cadence des chants au niveau de la place du 1er Novembre donnant ainsi au site des allures de grand défouloir qui a attiré des dizaines curieux de tous bords. Il est à noter enfin que le service de transport par tramway a été quelque peu perturbé ce mardi entre 10h et 13h avant de reprendre graduellement une activité normal.

    Aucun incident à Tiaret et Constantine

    A Tiaret, des centaines d’étudiants des différentes facultés relevant de l’université « Ibn Khaldoun » ont marché, eux aussi, hier en milieu de journée, encadrés par un imposant dispositif de sécurité. En effet, brandissant des banderoles appelant au changement du système politique dans le pays et s’exprimant contre le cinquième mandat de Bouteflika, la marche pacifique des étudiants s’est ébranlée du siège de l’ancien rectorat à Zaâroura pour sillonner les principales artères de la ville avant de faire un crochet par le siège de la wilaya pour enfin arriver devant le siège du nouveau rectorat, devant le nouveau pôle universitaire de Karman.

    Vers 13h, un discret dispositif des forces antiémeutes a été déployé dans le centre-ville et autour du siège de la wilaya et le siège de la cour de justice, même si aucun incident n’est à signaler au moment où nous écrivons ces lignes. Sans relâche, les étudiants des universités des Constantine ont encore organisé, hier, des marches à l’intérieur des campus, scandant des slogans contre la candidature de Bouteflika à un 5e mandat, enregistrant cette fois-ci l’adhésion des enseignants universitaires, notamment à l’université Salah Boubnider Constantine ‘3′. Et une partie des manifestants ont marché vers le centre-ville de Constantine où ils y arriveront aux environs de la mi-journée. Un moment de pic de la circulation, provoquant ainsi un embouteillage monstre au niveau de tous les accès du centre-ville. Les manifestants observeront un rassemblement devant le palais de la culture Med Laïd Al Khalifa, après une marche à travers le boulevard de la République et l’avenue Abane Ramdane.

    Comme à l’accoutumée, les manifestants portaient des affiches sur lesquelles l’on pouvait lire « Non au 5e mandat », « Djazaïr Djoumhouria machi mamlaka » (l’Algérie est une république et non un royaume), sans s’arrêter de scander des slogans hostiles au gouvernement. Le cordon sécuritaire déployé au centre-ville a tout juste canalisé les manifestants, les empêchant de se diriger vers le siège de la wilaya, sans intervenir. Une manifestation qui s’est déroulée donc dans une atmosphère pacifique, « Silmia », comme le scandaient les étudiants.

    Le Quotidien d’Oran, 6 fév 2019

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