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  • Algérie: Le compte à rebours a commencé pour Bouteflika ?

    Rue et opposition rejettent les ‘‘engagements’’ pris dans sa lettre- testament
    Le compte à rebours a commencé pour Bouteflika ?

    C’est curieux comme le destin des malades du pouvoir se ressemble. L’histoire des nations nous fournit plein d’exemples d’autocrates décapités, pendus, lynchés ou passés pour les armes. Mais pour rester dans notre ère géographique, rappelons le cas des président Moubarak, Benali, El Guedhafi et Ali Salah. Les deux derniers ont été assassinés de la façon la plus sauvage, alors que les deux autres, Moubarak et Benali ont dû fuir dans la précipitation que dicte l’urgence leurs palais pour sauver leur peau.

    Moubarak et Benali ont multiplié les ruses. « The game was over » et la messe était dite pour les deux zains qui était restés plus de vingt ans au pouvoir. Il y a de troublantes ressemblances entre la fin de Benali et Moubarak et ce qui risque d’autre aussi celle de Bouteflika.

    Confrontée à la colère fulgurante et éruptive de la rue à Tunis et au Caire, lors du fameux « Printemps arabe » et après avoir échoué à opposer la force militaro-policière, c’est à dire le bâton, les deux ont cru pouvoir s’en sortir avec la carotte des réformes politiques. Souvent les mêmes d’ailleurs avec promesse d’ouverture démocratique, révision de la constitution et tout le toutim.

    C’est à peu de choses près, ce que propose Bouteflika, dans sa lettre- testament, dans laquelle il quémande une prolongation de son mandat pour assouvir ses dernières lubies. Conférence nationale, révision de la constitution, référendum, présidentielle anticipée et passage de témoin à la génération de la postindépendance.

    A priori, le package est de nature à séduire, même les plus sceptiques des opposants. Quand bien même Bouteflika, serait pour une fois de bonne foi, lui pour qui pouvoir a toujours rimé avec ruse, est-ce que ce n’est pas déjà trop tard ? Car en politique, le temps est une donnée cardinale, ce qui était possible hier ne peut plus l’être aujourd’hui. La réaction de la rue dimanche soir, après le dépôt de candidature de Bouteflika au Conseil constitutionnel est sans appel.

    « Vingt ans ça suffit », criaient les jeunes manifestants qui ont envahi en un coup de cuillère à pot la place Maurice Audin d’ Alger. Pour eux les choses sont claires, le cinquième mandat, niet! Si les citoyens s’arrêtent à la candidature, les partis politiques ont considéré le contenu du message lu par Abdelghani Zaâlane qui était visiblement dans ses petits souliers face aux nombreux journalistes présents au Conseil constituonnel.

    Pour Zoubida Assoul, qui s’exprimait en direct sur France 2014, les « engagements » de Bouteflika ne seraient qu’ « une ruse pour chercher à gagner du temps pour assurer ses arrières et celles de sa famille » Pour sa part, le RCD qui accuse Bouteflika d’avoir « spolié » les propositions de l’oppositon contenues dans la plate-forme de Mazafran datant de 2015 : Bouteflika n’est plus digne de confiance.

    « Qui peut croire qu’un homme dont l’action politique se confond avec la longue liste des coups de force, des reniements et des intrigues qui ont mutilé la nation peut se transformer en son contraire pour réaliser – maintenant que les forces l’ont abandonné et que les caisses sont vides – ce qu’il a scrupuleusement et méthodiquement combattu sa vie durant », observe le RCD. Peuple et classe politique sont d’accord pour dire à Bouteflika « c’est déjà trop tard ».

    Il lui appartient d’entendre ce message et de renoncer à la présidentielle. Autrement, il risque au mieux une fin comme celle de Moubarek et Benali et au pire celle de Gadhafi et Abdellah Salah. Qu’il accepte donc de rentrer chez lui pour épargner à l’Algérie une nouvelle tragédie, alors que les séquelles de la précédente sont encore visibles.

    H.Khellifi.

    L’Est Républicain, 5 mars 2019

  • Hallucinante situation politique en Algérie : « Le fleuve détourné »

    Un imbroglio politique, un vide juridique, une opposition inconsistante et un candidat -président sortant- lourdement handicapé, sont à l’affiche de la plus décisive élection présidentielle de l’Algérie indépendante.

    Un rendez-vous historique terni par un passage en force et l’imposition d’un fait accompli. Bouteflika sera réélu envers et contre tous, si l’on se réfère à sa lettre de candidature publiée hier.

    Tout un programme pour un avenir qui ne le concernera vraisemblablement pas, mais qu’il veut imposer à un peuple qui a crié haut et fort son rejet de tout ce qui lui est promis et qui n’a pas été entamé en vingt ans.

    Cette lettre « testament » équivaut à un legs « familial » et non pas une réponse au message populaire qui lui a été adressé en mondovision.

    C’est en tuteur d’un peuple « adoptif » qu’il choisit au lendemain de son 82ème anniversaire, de s’adresser, en président réélu, avant même l’entame de la campagne électorale.

    Les textes régissant le dépôt des candidatures ont été bafoués, par le Conseil Constitutionnel, leur détournement désavoué par la HIISE et leur interprétation rejetée par d’éminents constitutionnalistes. Et pourtant, c’est passé au nez et à la barbe de toutes les institutions en charge d’en assurer la légalité et la transparence.

    Partir d’un Etat de non droit en usant d’inqualifiables subterfuges tout en promettant un avenir meilleur fait de justice, d’équité et de valeurs morales ; ne sied pas à ces acteurs du désordre national qui dispose de tous les instruments répressifs que peut compter une république bananière promise à une dictature éternelle.

    Encore une fois, le peuple aspire à la paix et ne veut pas d’affrontements. La porte d’entrée du Palais Présidentiel sert aussi de porte de sortie pour peu qu’on se place du bon côté du « cadre ».

    Rappelons aux uns et aux autres qu’il est plus facile d’allumer une mèche que d’étouffer une explosion. La formule « à bon entendeur… » n’est comme de bien entendu, pas de mise, face à un pouvoir qui ne prête jamais la bonne oreille.

    C.Mechakra

    Le Provincial, 4 mars 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Présidentielles 2019,

  • Algérie: La grandeur et la valeur du peuple algérien riche d’histoire de millénaires

    La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis, tel que le peuple Algérien l’a démontré en rejetant un pouvoir et son système corrompu.

    La Grandeur des responsables politiques n’est pas dans leurs personne, mais dans la mesure où ils servent la grandeur de leur peuple.

    Ce qui a fait la grandeur et la valeur de l’Algérie c’est l’histoire inscrite à jamais de son peuple par le passé héroïque nos héros emblématiques de la révolution algérienne Allah Yerhamhoum, du Présent en train de se faire, et pour l’espoir et l’avenir je suis confiant et rassuré de la jeunesse algérienne fleurissante et réaliste Macha Allah.

    Pour être tolérant, il faut fixer des limites à l’intolérable.

         Le Journal de Personne

        Jamila Bouhired aux manifestations

    Pour terminer je demande votre attention, Cher(es) frères et sœurs compatriotes Algériens du sud au nord et de l’est à l’Ouest.

    Veillez par tous les moyens sur cette souveraineté fondamentale que possède notre mère patrie Algérie, en vertu de sa propre culture, qui a fait d’elle la beauté de la Méditerranée.

    SVP, protégeons-la comme la prunelle de nos yeux pour l’avenir de la grande famille Algérienne. Mais, je vous en prie, empêchez et refusez la violence. L’œuvre la plus honorable, la plus digne d’admiration que le peuple Algérien puisse accomplir, c’est de réaliser ses aspirations en agissant dans la discipline pacifique et démocratique et la non-violence, et de ne pas se faire piéger par des stratégies provocatrices d’un système sanguinaire et mafieux.

    Bien cordialement, et vous pouvez être fier de vous

    Dr Ismail GUELLIL

    Le Quotidien d’Algérie, 3 mars 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Présidentielles 2019, 5ème mandat,

  • Algérie: Le drapeau amazigh indésirable dans les manifestations ?

    Mais qui a donc décidé d’appeler à éviter le port du drapeau amazigh lors des actuelles manifestations populaires ? Qui a passé ce mot d’ordre ?

    Mise à part le drapeau géant porté par les manifestants à Kherrata et les quelques drapeaux érigés sur la statue de la place de la République à Paris, très rares sont les emblèmes amazighs brandis par les milliers de manifestants y compris en Kabylie où, étrangement, même les étudiants ont soigneusement évité de montrer le moindre bout du drapeau amazigh !

    La raison m’a été donnée par un manifestant rencontré sur la place de la République, cela en langue kabyle et d’une voix irritée, car il était courroucé par la présence des drapeaux amazighs. Ce n’est pas, m’a-t-il expliqué, une marque d’hostilité de sa part envers l’amazighité, mais c’est qu’il s’agit de montrer un peuple algérien uni dans ce bras de fer contre les tenants du pouvoir, et donc, ce n’est pas le moment ! Et c’est une erreur !

    Voilà donc la réponse et le sentiment sans doute partagé de ceux qui veulent « dégager » le système en reproduisant, en toute bonne foi peut-être, ses codes et son mode de pensée.

    Pour mieux comprendre mes propos, je recommande l’excellente réflexion de Mokrane Gacem sur le système algérien, parue sur le site du journal « le Matin d’Algérie » sous le titre : « Qu’est-ce que le système algérien ? Et comment en finir avec lui ? ». Dans ce texte, ce système dont tout le monde parle, mais qu’on a du mal à définir, est décrit comme un système très singulier « qui contient la matrice féconde et inamovible de l’arbitraire et du despotisme. Son ossature est assise sur l’articulation de 3 éléments fondamentaux : 1/ l’idéologie arabo-islamique à laquelle a adhéré Messali Hadj lors du congrès du pacte arabe à Jérusalem en 1931, pacte conclu entre le panarabisme et le panislamisme ». Les adhérents à cette idéologie ont eu malheureusement le dessus sur les « Algérianistes » dans le mouvement national ; «2 / la préservation en 1962 de l’État colonial avec la conservation de sa structure, son fonctionnement et sa mission qui était de servir les intérêts exclusifs du colon et de maintenir le peuple algérien dans la soumission et la servitude ; 3/ la primauté du militaire sur le politique en violation des résolutions du congrès de la Soummam. »

    En s’interdisant de manière délibérée le drapeau amazigh, on reproduit, inconsciemment ou pas, tous les identifiants de ce système :

    – on continue dans la falsification de l’histoire et dans le déni de la place de l’identité première du pays. Si on veut parler de ce qui unit les Algériens, l’amazighité est le seul référent commun à tous les Algériens qu’ils soient arabophones, amazighophones, francophones, musulmans, chrétiens ou autres. Et c’est cette dimension fondatrice qu’on s’empresse, paradoxalement, de cacher sous le tapis, car le moment serait à l’unité et non à la division?

    – on perpétue l’appartenance à la  » Oumma arabia wa islamya  » à l’origine de notre errance identitaire et de l’idée confuse qu’on se fait des contours de l’État et du sens de la citoyenneté. C’est une appartenance idéologique qui est supérieure à toutes les autres y compris l’appartenance à la terre d’Algérie. Pour preuve, beaucoup d’Algériens se sentent plus proches et plus solidaires des communautés en souffrance aux confins lointains du monde arabo musulman que de leurs propres concitoyens coupables de rupture avec celui-ci. Dans le même ordre d’idées, n’a-t-on pas lu dans une tribune d’un ancien haut dignitaire du pays, l’affirmation selon laquelle Novembre 54 a permis la restauration un État algérien qui aurait existé au 16ème siècle ( ?) dans l’idée que la régence turque n’est aucunement considérée comme un fait colonial, mais comme une autorité assimilée algérienne car légitimée par son appartenance à la « Ouma islamya » ?

    – on continue de nier la pluralité de l’Algérie et donc, la réalité de la société algérienne. Quand bien même ce drapeau eut été l’étendard identitaire exclusif des amazighophones, pour quelle raison ne peuvent-ils pas s’exprimer tels qu’ils sont et de la manière qu’ils souhaitent contre le 5e mandat et le système ? L’impact, au contraire, ne serait-il pas plus important si tous les Algériens, quelles que soient leurs langues et leurs spécificités, faisaient œuvre d’adhésion à cette grande bataille ? Si les Algériens ne s’acceptent pas avec leurs différences, on est encore dans la même configuration et aucune construction démocratique n’est possible ni d’unité, car celle-ci n’est pas l’uniformité, mais l’union des diversités et leur respect. C’est donc bien le moment de monter la pluralité algérienne en mouvement pour construire un avenir commun.

    Ce mode de pensée a aliéné tous les Algériens y compris ceux qui en sont victimes et qui veulent se rendre invisibles, étant persuadés eux-mêmes que leur effacement est un gage de réussite de tout projet national. Et pourtant, s’agissant des Kabyles, ils ont déjà payé très cher une telle attitude et l’Algérie n’ y a rien gagné. C’est ainsi que le système a remarquablement perduré en jouant sur la peur de la division et en faisant de ceux qui revendiquent le respect de leur droits des éternels ennemis de l’intérieur voulant détruire le pays. C’est également ainsi que ce système a passé le cap dangereux du 14 juin 2001 lors de la marche historique de la Kabylie vers Alger. Il y a près de vingt ans, ce régime aurait pu tomber si les Algériens des autres régions avaient rejoint les manifestants de Kabylie, Mais la Kabylie n’étant pas dans la « Oumma » par son refus de l’identité arabe et sa pratique non rigoriste de l’islam, la manipulation des mentalités a toujours réussi à faire inspirer de la défiance envers elle, et les autres Algériens, hormis quelques rares voix, sont donc restés au mieux dans l’expectative.

    De même, posons-nous la question de savoir pourquoi est-ce une évidence qu’il est impossible à un Kabyle de devenir président de la République algérienne et d’incarner la Nation ? Toutes ces questions sont à poser avec franchise et sans tabou si on veut restaurer la confiance entre Algériens et réparer les fractures subies.

    Même si les situations ne sont pas comparables, il est intéressant d’observer le mouvement des « Gilets Jaunes » en France. Avec des identités régionales moins marquées que les nôtres, on a vu les Gilets Jaunes manifester avec des drapeaux régionaux, des drapeaux corses, bretons, normands, occitans, savoyards à côté du drapeau français. Ils se reconnaissent et se revendiquent tous comme le peuple français. Leurs spécificités ne sont pas considérées comme des divisions, mais comme des additions pour amplifier l’expression de leurs colères.

    L’Algérie nouvelle devra se repenser profondément si elle ne veut pas prendre le risque de perdurer sur la même trajectoire y compris avec de nouvelles générations à la commande.

    On est en droit d’espérer, en entendant les mots d’ordre des manifestants et notamment de la jeunesse réclamant une « Algérie libre et démocratique », qu’un vent nouveau s’est levé mais il reste des réflexes lourds, intériorisés, imprimés par le système qu’il faut savoir identifier pour en finir avec lui définitivement.

    Selon Mokrane Gacem,  » la seule rupture qui vaille avec le système est celle de saper ses fondements si on veut rendre l’indépendance de l’Algérie et de son peuple efficients ». Et cela passe nécessairement par :

    -la rupture avec le concept de la « Oumma » pour aller à une vraie cohésion nationale. Une déconstruction mentale est à faire pour porter un regard neuf sur ce que nous sommes et assumer la réalité multiculturelle de la nation algérienne, résultat de notre histoire multimillénaire sur cette terre amazighe.

    – La refondation moderne et démocratique de l’État qui doit refléter cette pluralité et qui doit veiller au respect des droits individuels et collectifs de tous ses citoyens pour une communauté de destin.

    – La réactualisation de la résolution du congrès de la Soummam concernant la primauté du politique sur le militaire et la prise en compte des réalités territoriales.

    A côté du drapeau algérien, symbole du sang versé des martyrs de la révolution pour la libération de la terre d’Algérie, le drapeau amazigh est à porter très haut, avec dignité et fierté car il est le symbole de cette rupture avec la trahison post indépendance, de la volonté de retrouver une Algérie authentique, riche de sa pluralité et libérée de toutes les idéologies destructrices.

    Auteur : Malika Baraka

    Le Matin d’Algérie, 2 mars 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika,

  • France-Algérie: Solidarité avec le peuple algérien

    Communiqué de presse du groupe parlementaire La France insoumise.

    Plusieurs milliers de citoyens franco-algériens, français, algériens, se sont rassemblés aujourd’hui Place de la République à Paris. Ils faisaient écho aux manifestations de masse organisées en Algérie contre la candidature du Président A. Bouteflika à un cinquième mandat.

    Les députés Clémentine Autain et Eric Coquerel ont participé à ce rassemblement pacifique, joyeux et déterminé.

    Ils ont pu témoigner de notre solidarité avec le peuple algérien et rappeler que les peuples français et algériens ont les mêmes aspirations fondamentales à une vie digne et aux droits humains universels : souveraineté populaire, liberté, égalité, emploi, services publics, fin de la corruption, etc.

    Face aux oligarchies des deux rives, vive la révolution citoyenne et la solidarité entre les peuples.

    La France Insoumise, 3 mars 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, La France Insoumise, Présidentielles 2019,

  • Algérie: Kamel Daoud appelle à la désobéïssance civile

    KAMEL DAOUD APPELLE À LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE : Souffler le chaud, le froid… et le feu si besoin est !

    Désormais, le moment s’eprête à toutes les vociférations, y compris celle d’appeler le peuple algérien, via une publication laconique sur facebook, tenez-vous bien, à une désobéissance civile. Rien que ça ! Au moment même où les Algériens ont administré une leçon de patriotisme en ayant l’intime conviction que le changement, aussi radical soit-il, viendra pacifiquement. Un changement dont le processus, qu’il conviendrait à mettre en place sur une voie concertée et dans cette direction, tiendra compte de tout, sauf le recours à une telle action hasardeuse.

    Et lorsque ce genre d’appel incitateur- puisqu’il s’exprime par un «Il faut»- vient de celui sensé prévaloir la réflexion à la réaction, la clairvoyance à l’aveuglement et la mémoire à l’amnésie, là ça pose problème. À en douter même des intentions inavouées de l’auteur, et l’intellectuel qui prétend l’être ou bien reconnu publiquement dans ce statut !

    Ainsi va la fièvre suscitée autour de la Présidentielle 2019, dont la candidature, fort contestée du Président, pour un 5e mandat, semble empoter l’écrivain-journaliste Kamel Daoud. Dans un post publié hier sur son compte facebook, l’auteur exhorte le peuple algérien à opposer une désobéissance civile à l’État, si le Président-candidat viendrait à déposer sa candidature par l’intermède d’un représentant à lui. Qu’à cela ne tienne, l’auteur de «Meursault contre-enquête» est dans son plein droit de contester le 5e mandat, comme l’ont fait des Algériens. Mais prendre option d’une telle aventure téméraire, on ne sait suivant quels desseins, équivaut à pousser au pourrissement et à la violence.

    Comme pour dire, sur le coup du reflexe de l’instant, révoltons-nous contre Bouteflika, conte le régime et le système en place, et puis après on verra ! Jouer sur l’avenir des Algériens avec une telle légèreté déconcertante, en abusant de son statut de personnalité publique, ne pourrait qu’attester d’une volonté de précipiter le pays au bord du chaos. Alors que, le caractère pacifique des marches organisées, jusque là, sur le territoire national, continue à marquer les esprits et doit interpeller toutes les consciences, les intellos outre-mesure.

    «Si Bouteflika dépose sa candidature par procuration, il faut passer aux sit-in permanents dans toutes les wilayas dès demain. À la désobéissance civile. Il faut sauver le pays de cette folie. C’est du mépris.

    De l’insulte. Du crachat», écrit l’écrivain controversé. Oublieux, ou agissant à volonté, Kamel Daoud doit être rappelé que les Algériens n’ont pas attendu une quelconque voix instigatrice pour sortir dans la rue et proclamer son appel au changement. Il s’est suffi d’un signal d’alerte pour que le peuple sorte comme un seul homme. Le prendre alors pour objet à manipulation relève d’un manque de considération pour un peuple qui, lorsqu’il a décidé de se rebeller contre la France coloniale, il l’a fait dans un cadre structuré, aussi bien politiquement que militairement.

    On ne prétend pas connaître toutes les aspirations du peuple algérien, mais on sait au moins qu’il ne veut pas qu’on lui fasse sortir à nouveau le phantasme du «Printemps arabe !» Et Daoud aurait bien saisi le message des marcheurs qui scandaient «Silmia (pacifique)» pour chercher à les entraîner dans une aventure qui n’a ni tête ni queue, lorsqu’encore elle s’assimile à la désobéissance islamiste du FIS dissous. Et puis, l’expérience périlleuse de la décennie terroriste des années 90 suffit amplement au peuple algérien pour décider, aujourd’hui, et en toute souveraineté, de prendre les destinées du pays entre les mains. Entendre, une solution à l’algérienne !

    Pour le reste, le peuple algérien a démontré un tel niveau de maturité qu’il fera peu cas d’un tel appel à la mésaventure. À plus forte raison que le message de Daoud ne tient qu’à une réaction intra-muros, alors que l’élite, dans pareille situation de flou et d’incertitudes, voudrait qu’elle accompagne la dynamique sociale, elle réconcilie les consciences et propose un projet, ou tout au moins donner l’esquisse d’une voie de salut.
    Farouk Bellali

    Le Courrier d’Algérie

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, Kamel Daoud,

  • Algérie: Voici les candidats ayant déposé leurs candidatures

    Le général à la retraite et candidat à la candidature pour la présidentielle du 18 avril 2019, Ali Ghederi a déposé ,ce dimanche 03 mars 2019, son dossier de candidature au niveau du Conseil constitutionnel.

    Le candidat Ali Ghederi a été accompagné par son directeur de campagne, l’avocat Mokrane Aït Larbi.

    Force est de souligner qu’un important dispositif sécuritaire a été dressé aux alentours du Conseil constitutionnel.

    En parallèle, des étudiants ont tenu un rassemblement à quelques mètres du bâtiment où siège Tayeb Belaiz, en scandant des slogans hostiles au 5e mandat de Bouteflika.

    Il est utile de rappeler que le délai de dépôt de dossier de candidature pour la présidentielle expirera ce lundi à minuit.

    Désormais, quatre candidats ont officiellement déposé leurs dossiers de candidature en attendant que le Conseil constitutionnel tranchera sur la validité ou non de leurs candidature dans dix jours.

    Il s’agit de Abdelaziz Belaid, président du Front El Moustaqbal, de Abdelkader Bengrina, Mouvement .El-Bina, Abdelhakim Hamadi et Ali Ghederi

    En revanche, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune a affirmé qu’elle ne sera pas en lice pour ce scrutin, alors que le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri a décidé de se retirer de la course pour le palais de El Mouradia.

    Rappelons que le président sortant, Abdelaziz Bouteflika se trouve actuellement à Genève (Suisse) où il reçoit des soins médicaux périodiques, lui qui a désigné, voici 24 heures, un nouveau directeur de campagne, en l’occurrence Abdelghani Zaalane, ministre des Transports et des Travaux publics en remplacement de Abdelmalek Sellal.

    Le candidat Abdelaziz Bouteflika n’a toujours pas déposé sa candidature auprès du Conseil constitutionnel.

    En attendant, d’autres candidats devraient déposer leurs candidatures, selon certaines sources du Conseil constitutionnel, entre autres Amara Mohcen, Omar Bouacha, Amari Abdelkader, Rachid Khoudir.

    Echourouk Online

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, candidatures,

  • Que se passe-t-il exactement en Algérie ?

    ‘Algérie a vécu hier 1er mars 2019 une journée exceptionnelle qui marquera les mémoires et restera sans conteste gravée dans l’histoire. En ce jour anniversaire du président de la république algérienne, Abdelaziz Bouteflika, bouclant ses 82 années, sait parfaitement que son « aspiration » à se présenter pour un cinquième mandat est constitutionnellement irrecevable en raison de son état de santé profondément dégradé tant sur le plan physique que mental et intellectuel.

    Cette « volonté » de s’imposer coûte que coûte malgré le caractère grotesque et ridicule de la situation, a fait sortir de ses gonds un peuple en ébullition, en dépit de l’interdiction de manifester dans la capitale, décrétée en 2001. Alors qu’on était loin d’imaginer un tel éveil collectif et pacifique d’un peuple si fier et si fragile en même temps, gagné par la lassitude car terrorisé et démoralisé par 10 ans de guerre civile sanglante d’une rare violence, des millions d’Algériennes et d’Algériens ont battu le pavé dans quasiment toutes les grandes villes du pays du nord au sud et d’est en ouest.

    Alors que les citoyens algériens ne peuvent pas sortir du pays et sont obligés de se soigner dans les hôpitaux nationaux aux moyens limités, voire rudimentaires, Abdelaziz Bouteflika se paie le luxe indécent de se faire soigner à Genève où il se trouve actuellement, dans les meilleurs hôpitaux européens avec l’argent du contribuable.

    Malgré son âge avancé et surtout son AVC qui l’empêche de s’occuper sérieusement des affaires courantes, son clan, terrorisé à l’idée de perdre le pouvoir et de devoir rendre des comptes à la justice, veut l’imposer coûte que coûte. C’est la panique à bord. Le régime, aux abois, va utiliser tous les stratagèmes possibles pour empêcher la concrétisation de cet éveil des consciences populaires en demandant par exemple aux imams d’interdire les manifestations comme cela a été le cas dans la grande mosquée Istiklal de Constantine, ce qui a entraîné le courroux des fidèles qui ont quitté la salle de prière en traitant l’imam de « chiyyat«.

    Le régime utilisera également la menace terroriste, agitant le spectre de la guerre civile afin de calmer les ardeurs des plus téméraires, sauf que ça ne marche plus, étant donné qu’une grande part de la jeunesse algérienne n’a même pas connu les années noires ; du coup, ce chantage ne fonctionne plus. On comprend d’ailleurs à quoi peut servir le terrorisme surtout lorsqu’il est manipulé par le régime ; il l’aide à se maintenir au pouvoir. La France a d’ailleurs utilisé cette même menace juste après l’attentat de Strasbourg, pour calmer le mouvement des #GiletsJaunes. Une troisième et dernière tactique, systématiquement utilisée, consiste à accuser de « trahison-au-profit-de-la-main-de-l’étranger » toute personne s’avisant à remettre en cause la mafia au pouvoir ! Alors que la guerre de libération a pris fin en 1962, le régime en place continue de faire semblant de défendre les intérêts de la nation, alors qu’il travaille main dans la main avec les réseaux criminels de la Françafrique et que ses hommes sont les premiers traîtres à la nation. Cette inversion accusatoire ne fonctionne plus et toutes ces ruses éculées sont désormais vouées à l’échec.

    Traitement médiatique de ces événements

    Il est d’ailleurs assez impressionnant de constater que la chaîne de télévision officielle n’a pas réservé le traitement que tout citoyen était en droit d’attendre à propos de ces manifestations qui ont tout de même mobilisé des millions de personnes sur tout le territoire ! On se croirait au temps de l’URSS stalinienne, alors que nous sommes en 2019 et que les réseaux sociaux pullulent de milliers de vidéos et de photographies rendant compte en temps réel, de cette journée révolutionnaire du 1er mars ! Comment est-il possible d’être aussi stupide et aveuglé à ce point ?! Ne savent-ils pas qu’il est impossible de cacher le soleil avec un tamis ? Il faut croire que la panique et le désespoir rendent bête ! D’ailleurs une centaine de journalistes ont manifesté pour condamner cette censure d’État frappant également les radios et les chaînes privées appartenant à des milliardaires proches du pouvoir, comme Ali Haddad le patron du FCE [Forum des Chefs d’Entreprises] qui enregistre actuellement une cascade de démissions de ses membres, depuis que le vent a tourné et qu’un audio particulièrement compromettant a été mis en ligne…

    Il en est de même des médias français qui se sont illustrés par un silence difficilement justifiable, ne réservant à ce phénoménal mouvement de révolte populaire que très peu d’espace sur leurs antennes. Les seuls journaux à en avoir fait leur « une » le 2 mars sont l’Huma et La Croix ! On imagine que l’exécutif est en panique et a peur de la contagion et à tout le moins d’une relance flamboyante du mouvement des Gilets jaunes regonflés par les images des manifestants d’en face ! Il faut dire que depuis François Hollande dont le quinquennat entier a été marqué par l’état de santé désastreux du président Bouteflika, la France a fermé les yeux, osant même parler d’alacrité dont ferait preuve le président valétudinaire.

    Ce grand pays démocratique, lumineux, moralisateur et droidelomiste a estimé qu’un président sur une chaise roulante, incapable d’assurer sa fonction, est tout à fait acceptable. On se souviendra toujours des mots de François Hollande, s’étonnant de l’excellente forme intellectuelle d’Abdelaziz Bouteflika ! Nous ne sommes plus dans la complicité passive mais bien dans la gestion active d’un désastre soutenu et couvert par l’Élysée.

    D’ailleurs, les services de renseignements et le fisc français n’ont jamais été dérangés par les millions d’euros qui atterrissaient dans les caisses des banques hexagonales pour l’achat de biens luxueux dans les quartiers huppés de la capitale française, par des membres du régime d’Alger ! Aucun notaire ne s’est posé de question sur la provenance de millions d’euros chez un simple ministre payé en dinars !!! Tracfin non plus ne se pose pas de question alors qu’ils enclenchent systématiquement des enquêtes sur les citoyens au moindre versement au dessus de 3000 € !

    Comment se fait-il que l’Élysée de Macron ait pris le parti de Washington contre Madura ou sur la question vénézuélienne, quelque seconde seulement après les déclarations de Donald Trump, alors qu’il garde le silence face à des millions d’Algériens qui exigent la fin de cette dictature criminelle qui a ruiné tout un pays et ses 40 millions de citoyens ?! N’est-ce pas la preuve de la complicité de l’Élysée ! Quand le régime d’Alger tombera, tous les secrets honteux qui lient Al Mouradia à l’Élysée seront mis à jour !

    Un peuple à l’éveil politique rare

    La ferveur populaire et l’intelligence politique d’un grand nombre d’Algériens font mouche. Vous pouvez observer que lors des manifestations que vous pourrez constater dans la galerie ci-dessous la présence d’un nombre très important de femmes de tous âges et de personnes âgées. Il y a même beaucoup d’enfants qui ont participé aux manifestations aux côtés de leurs parents ! Des artistes ont mis en musique un texte (que vous pouvez découvrir dans la vidéo ci-dessus puisqu’il a été traduit par nos soins ) dans une chanson intitulée : Aujourd’hui le peuple va libérer l’Algérie.

    Les pancartes des manifestants sont également pleines d’humour, un humour si caractéristique du peuple algérien. On peut lire par exemple sur une pancarte « Le peuple veut : Ctrl+Alt+Suppr » ! Ou bien « FLN né en 1963, décédé en 2019 » ! Ou bien cette image de micro tendu à un cadre figurant Bouteflika qui est désormais appelé « Abdel-cadre » pour lui permettre de s’adresser à la nation suite aux manifestations ! Quand aux chants, ils sont très explicites et ne laissent planer aucun doute : « Pouvoir assassin » ! Il faut d’ailleurs rappeler que les supporters algériens de football depuis plusieurs années concoctaient des chants extraordinaires contre le pouvoir qui seront d’ailleurs entonnés lors de ces manifestations du 1er mars. Un autre chant plus explicite : « Makache elkhamsa y a Bouteflika. Jibou el BRI ou zidou Sa3ika » ou « Pas de 5e mandat ô Bouteflika, amenez la BRI et la gendarmerie » (brigades d’interventions du régime) ! Plus rien ne leur fait peur, le ras-le-bol est total..

    Chant de supporters algérois de l’Usma contre le pouvoir

    Tab jnanena !

    Rappelons que Bouteflika avait osé dire qu’il était prêt à rentrer chez lui et laisser le peuple algérien dans sa « médiocrité », alors que des archives françaises de documents secrets, déclassifiées et publiées très récemment, nous apprennent qu’Abdelaziz Bouteflika était connu pour être un prévaricateur ! Il appréciait les honneurs et n’hésitait pas, selon l’article de L’Obs, à éliminer des adversaires politiques. Bouteflika a été condamné par la justice algérienne pour avoir détourné l’argent public ! Il a été effectivement condamné par la Cour des Comptes pour avoir détourné l’équivalent de 6 milliards de centimes lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères ! Il s’agissait du détournement de l’argent public de la régie occulte de devises au niveau de son ministre des Affaires étrangères entre 1965 et 1978. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir président 20 ans plus tard !

    Ce faisant, M. Abdelaziz Bouteflika a pratiqué à des fins frauduleuses une opération non-conforme aux dispositions, légales et réglementaires, commettant de ce fait des infractions prévues et punies par l’ordonnance n°66-10 du 21 juin 1966 et les articles 424 et 425 du Code Pénal.

    L’Algérie est un pays très jeune, on peut d’ailleurs le constater en écoutant la tonalité de la voix des chants lors des manifestations. Une énergie folle se dégage, aussi effrayante que rassurante et prometteuse, car il vaut mieux être dans cette situation que celle du Japon ou de l’Allemagne dont la pyramide d’âge est inversée. On a pu voir d’ailleurs cette jeunesse lors de ces manifestations se comporter de manière exemplaire et pacifique allant jusqu’à organiser le ramassage des détritus sur les trottoirs et la chaussée, la distribution de bouteilles d’eau tout au long du parcours. Le statu quo n’a que trop duré et il faut dire qu’il était totalement irresponsable de croire que cette situation pouvait continuer ainsi éternellement. Alors que les scandales de corruption se sont multipliés tout au long des deux décennies de la présidence Bouteflika avec le chantier de l’autoroute Est-Ouest, la banque Khalifa… alors que l’économie est dans un état désastreux puisqu’elle ne compte principalement que sur la rente des hydrocarbures et du gaz, tout ceci ne laissant aucun espoir à toute cette jeunesse, cela ne pouvait que provoquer cet éveil et ce ras-le-bol. Il faut rappeler que les responsables algériens ont mis en branle la planche à billets, imprimant 3 585 milliards DA jusqu’à mars 2018, ce qui se traduira par une inflation galopante préjudiciable au pouvoir d’achat des citoyens.

    Il est dans l’intérêt immédiat et total des Occidentaux de soutenir cette volonté populaire de se débarrasser de cette mafia au pouvoir, car cela stopperait immédiatement toute velléité d’immigration et pourrait même faire revenir une grande partie de la diaspora algérienne sur ses terres natales ! Aucune personne saine d’esprit – et certainement pas un Algérien – ne peut estimer meilleur d’aller vivre à l’étranger en abandonnant derrière lui sa famille et sa patrie ! Il n’y a pas de situation plus dure à vivre que celle de l’exil. Il est de la responsabilité des peuples occidentaux et notamment des Gilets jaunes de demander et d’exiger de leurs gouvernants de mettre fin à l’ingérence dans les affaires africaines par l’intermédiaire des loges maçonniques (J. Foccart, G. Penne, R. Bourgi, A. Djouhri…).

    Tahya Aldjazaïr.

    Le Libre Penseur

    Tags: Algérie, 5ème mandat, présidentielles 2019, Bouteflika, élections,

  • Algérie : « Bouteflika le Marocain », un slogan révélateur

    L’Algérie connaît depuis le 22 février d’importantes manifestations populaire contre un 5ème mandat pour Abdelaziz Bouteflika. Le slogan le plus scandé par la foule était « Bouteflika le Marocain, pas de 5ème mandat».

    Les manifestants ne se sont pas limités à dire « dictateur » ou « vieil infirme » ou « despote ». Non, leur slogan préféré et unanime était celui qui rappelle le lieu de naissance du président algérien. Un détail qui en dit long sur le travail de long haleine mené par les services secrets marocains devenus très agressifs depuis l’intronisation du roi Mohammed VI.

    La DGED qui a réussi à engager ses ressortissants dans des attentats en Europe mène depuis quelques années un méticuleux travail de propagande et désinformation à l’égard des autorités algériennes en focalisant sur ce qu’ils appellent « le clan d’Oujda ». Pour en avoir une idée de l’ampleur de ce travail de sape, il suffit de visiter les deux sites préférés de la DGED marocaine : Algeria Watch et Le 360. Le résultat de ce travail est là.

    Tags : Algérie, Bouteflika, DGED, Maroc, propagande, désinformation, clan d’Oujda,

  • Algérie : L’immense protesta

    MANIFESTATION CONTRE LE 5e MANDAT DANS TOUTES LES VILLES D’ALGÉRIE

    On s’attendait à de grandes manifestations de contestation d’un cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika, on a eu droit, finalement, à une extraordinaire déferlante populaire qui, aux quatre coins du pays, a exprimé un impressionnant rejet, massif, unanime et sans appel, du candidat, de son bilan et de son système en général.

    Une sorte de référendum grandeur nature que les Algériens ont organisé, en cet historique vendredi 1er mars 2019, que le régime n’oubliera pas de sitôt. Une première dans l’histoire de l’Algérie post-indépendance, à l’exception peut-être des manifestations de l’été 1962, qu’à travers tout le pays, les Algériens expriment, en même temps, les mêmes slogans, à travers des marches qui n’étaient chapeautées par aucune structure de quelque ordre que ce soit.

    Des marches et des manifestations spontanées, synchronisées et, surtout, pacifiques et populaires au sens propre du terme. Le haut degré de civisme qui a caractérisé cette démonstration de rue, où des familles, des femmes, des jeunes filles, des jeunes, des vieux, d’immenses foules qui sillonnaient pendant des heures les grandes artères de toutes nos grandes villes sans le moindre incident, est frappant.

    Des marées humaines, composées de toutes les franges de la société, exprimaient, dans une ambiance de fête et dans une communion inhabituelle pour ce genre d’événements, leurs opinion et position politique : non à un cinquième mandat pour Bouteflika.

    Face à ce bel élan populaire, les forces de sécurité ont préféré, à leur tour, jouer la détente et se contenter de former des boucliers autour de certains points et sites stratégiques, notamment dans la capitale. Aussi, et contrairement aux manifestations du vendredi 22 février, l’on n’a pas assisté, cette fois, à des perturbations du débit internet ou des réseaux téléphoniques.

    A l’évidence, il s’agit là de décisions du pouvoir qui ne voudrait pas, en plus de ce sanglant camouflet populaire, se compliquer l’existence avec des conséquences autrement plus désastreuses pour lui, d’une répression «à l’ancienne». Notamment, à la veille du dépôt de son dossier auprès du Conseil constitutionnel, par le toujours candidat, Abdelaziz Bouteflika.
    Kamel Amarni

    Le Soir d’Algérie