Étiquette : Bouteflika

  • Algérie : Pour l’Histoire

    Nous vivons de grands moments d’histoire. Plutôt nous sommes en train de vivre l’histoire en direct. Ces dernières semaines, et chacun de leurs jours, ont été riches en événements majeurs qui ont totalement changé le cours de ce qui était écrit par des cercles du pouvoir. Un grand moment d’histoire qui a vu des millions d’Algériens sortir comme un seul homme pour crier un seul mot: NON.

    Un non qui a été répété chaque vendredi en nombre, mais aussi pratiquement chaque jour par différentes couches sociales et professionnelles. Mais en parallèle à ce sursaut populaire, dans les cercles fermés, se déroulait un bras de fer d’une immense intensité, mais aussi de risques majeurs qui auraient pu jeter l’Algérie dans la grande incertitude.

    Mais le choix a été fait de se référer dans tous les cas à la légalité et surtout à la Constitution, et c’est peut-être ce qui a permis de sortir avec ce qui a été considéré comme l’une des victoires majeures du hirak populaire enclenché le vendredi 22 février et permis la démission de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril dernier.

    Mais ceci n’est que la partie émergente de cette singulière Révolution, car, l’histoire qui doit être écrite un jour, devra révéler les multiples tractations au sommet du pouvoir qui a permis une telle issue. Le bras de fer entre l’armée et la présidence, est un fait unique dans les annales de l’histoire de l’Algérie et, à n’en pas douter, il a été long et harassant et parfois même explosif.

    Ce moment intense de l’histoire post-indépendance de notre pays, est peut-être le plus important de tout ce que nous avons eu à vivre car, il est sensé mettre en place les fondements d’un système démocratique résolument ouvert sur les aspirations du peuple qui refuse de revivre les dérives qui ont caractérisé tous les pouvoirs successifs de ce pays.

    Pour ce, écrire l’histoire sans la travestir comme cela a été toujours le cas depuis la guerre de libération nationale, contribuera beaucoup à asseoir les fondements de cette nouvelle Algérie voulue et fièrement défendue par ces millions d’Algériens qui ne voudront jamais revenir en arrière et qui défendront chèrement leurs acquis et leurs victoires. Une défense qui commence par le devoir de vérité qui doit débuter par l’écriture de cette histoire loin de tous les mensonges qui ont été derrière tous les drames de la jeune histoire de ce grand pays.

    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 6 avr 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Nacer Bouteflika, Article 102, armée, transition,

  • Algérie : Nouvelle apparition de Nacer Bouteflika!

    Nacer Bouteflika, secrétaire général du ministère de la Formation professionnelle, est apparu dans la matinée de ce jeudi, prise lors des passations de service entre l’ancien et le nouveau ministre Belkhir Dada Moussa, a enflammé la toile.

    Deux jour après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, le frère de l’ancien président de la République a démenti en bloc les rumeurs indiquant son placement en résidence surveillée des frères du président démissionnaire.

    Deux jours après la démission du président, et lors d’une visite effectuée par le nouveau ministre de la formation professionnelle dans les bureaux du ministère, Nacer Bouteflika a bel est bien été à ces cotes ainsi que d’autres employés.

    Une sortie qui n’a pas été du gout de l’ensemble des internautes algériens, qui l’ont pris comme une provocation à leur encontre.

    Rachel Hamdi

    Echourouk Online, 5 avr 2019

    Tags : Algérie, Bouteflika, Nacer Bouteflika, Article 102, armée, transition,

  • Un changement radical sans les figures et les symboles du système : Le peuple algérien maintient la pression

    Des millions d’Algériennes et d’Algériens ont marché à nouveau, hier vendredi, à travers le pays, pour une 7e manifestation grandiose de suite et en date depuis le 22 Février historique.

    À Alger, la manifestation était encore beaucoup plus mobilisatrice, déterminante et tranchante surtout avec un mot d’ordre appelant à la restitution de la souveraineté au peuple algérien, changer le système avec une feuille de route qui passerait sans les symboles et figures du système en place.

    Dans la capitale, la marche a tenu toute ses promesses par la mobilisation, la manière pacifique et le niveau des revendications qui fait de plus en plus mouche et suivi assez souvent par un effet immédiat sur le terrain. Ainsi, les manifestants ont battu le pavé, simultanément, à travers tout le pays, munis de pancartes, drapeaux frappés des couleurs nationales, pour revendiquer la mise en place d’une nouvelle République.

    Après six vendredis consécutifs depuis le 22 février dernier, la 7e grande marche était celle de la victoire et projetant sur l’espoir d’en arracher encore à d’autres succès populaires et citoyens après la démission du président Bouteflika. La révolte nationale pacifique était d’ailleurs hier à son premier vendredi post-Bouteflika, l’ex-président sortant après 20 ans de règne à la tête du pouvoir.

    L’affluence des marcheurs était à son comble vers 11h à la Grande-Poste d’Alger, comme aussi au niveau des places Maurice Audin, le 1er Mai ou encore la place des Martyrs.

    Sur place, a-t-on constaté, une mobilisation plus importante que le précédent vendredi, où des centaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens ont affiché leur détermination à faire évincer «tous les partisans et les anciens fidèles de l’ex-Président», maintenant que lui-même ait quitté le pouvoir.

    «Bouteflika c’est fini ! À qui le tour ?»

    Place Maurice Audin, des manifestants portent une grande banderole entre les mains et sur laquelle on pouvait lire : «les 3 B, dégagez ! C’est la décision du peuple le seul et l’unique souverain.» «Le peuple exige le changement politique profond du système en place. Le peuple va maintenir la pression sur le pouvoir en place. Nous exigeons le départ des symboles du système Bouteflika, comme le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, le Premier ministre, Noureddine Bedoui, et du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz », comme nous l’a lancé un étudiant, rencontré parmi ses compères, non loin de l’esplanade de la Grande-Poste.

    «Le peuple veut une République civile»

    Au fur et à mesure que les marcheurs avancent, la foule ne faisant que s’élargir. À la Place Audin, Hayet, une mère de trois enfants, nous dira que « le peuple réclame l’activation de l’article 7. Le peuple veut choisir son gouvernement de transition». Hamid, son mari, lui emboîte le pas : «Il est temps de prendre en compte le pouvoir légitime, l’incontournable, celui du peuple», et de préciser que « le peuple veut aller sur la voie de l’élaboration d’une législation garantissant l’État de droit, les libertés individuelles et collectives».

    Sur place, des discussions et des chuchotements sont engagés entre manifestants, portant notamment sur la période de transition. Les youyous fusaient de partout et exprimant la victoire contre l’ex-président de la République. Tarek, un jeune qui suivait de près nos échanges, a affirmé que « ce vendredi est le premier après le départ de Bouteflika. C’est donc une journée qui se veut être pleine d’espoir après cette victoire partielle, (la démission du chef de l’État).» Ou encore de juger que « le peuple veut aller vers une vraie transition démocratique», avant de poursuivre sa marche, en tenant à immortaliser une scène avec son Smartphone en tenant le drapeau national à bras-le-corps.

    Gaid Salah ? Chacun y va de son propre avis !

    Contrairement aux cas de Bensalah, Belaïz et Bedoui, dont la démission est exigée par des manifestants, les avis des marcheurs divergent sur Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’ANP.

    Croisé devant le tunnel des Facultés, Hakim nous à indiqué que « je pense que le peuple ne cessera de manifester ses revendications soulevées depuis le 22 février dernier, tant que celles-ci ne sont pas encore satisfaites. L’application de l’article 102 risque de privilégier des changements de forme et non pas de fond», estime notre interlocuteur comme pour renvoyer à l’article 7 surtout qui confère le pouvoir et la souveraineté au peuple algérien. «C’est vrai qu’El Djeïch (Armée nationale) est le nôtre. Mais Gaïd fait, lui aussi, partie du système en place, on réclame son départ. “Goulna Ga3, c’est ga3” (Nous avons dit tous, c’est tous), point barre ! », a conclu Hakim.

    Un autre jeune, par contre, scande, «Djeïch, Chaâb khawa khawa !» (Armée et peuple sont des frères), avant de répondre à Hakim que «Gaïd Salah s’est rangé du côté du peuple et il s’est engagé à satisfaire toutes ses revendications parmi lesquelles figurent le départ du système et une transition démocratique, pour construire une Algérie nouvelle et un État de droit. »

    Mohamed Amrouni

    Le Courrier d’Algérie

    Tags : Algérie, Article 102, Bouteflika, Gaid Salah, armée, transition,

  • Algérie : L’après Bouteflika, premières appréhensions

    Hocine Adryen

    Le FLN et le RND complètement neutralisés, le patron de l’ex-DRS Toufik remis à sa juste place, Liamine Zeroual reparti à Batna sa ville natale pour y sa longue retraite, Bouteflika et ses frères ne président plus l‘Algérie, TAJ et le MPA oubliés et la mafia politico-financière, du moins une grande partie d’entre elle, est aujourd’hui sous surveillance. Que reste-t-il alors à neutraliser ?

    Il y a ceux qui sont encore tapis dans l’ombre dans les institutions officielles et les entreprises publiques. Seuls quelques partis de l’opposition, les plus crédibles, et certaines personnalités sont épargnés par la vindicte populaire. Mais la grande question qui est sur les lèvres d tout le monde : Que va être désormais la position de l’ANP ? Sera-t-elle tentée, encore une fois, d’imposer son propre agenda ? Ou fera-t-elle, comme elle l’a montré dans ses deux derniers communiqués, allégeance au peuple qui a brandi les articles 7 et 8 de la Constitution pour signifier que le moment de son règne est venu ? L’ex-patron du RCD, Saïd Sadi, ne cache pas d’ailleurs on appréhension envers cette institution : « L’ANP doit, en ces instants critiques, se méfier autant de ses propres démons que de ses courtisans », avertit-il. Le premier jour de l’après-Bouteflika après vingt ans de règne personnel a rendu le sourire aux Algériens. Mais il ne doit pas cacher pour autant cette légitime interrogation : « Où va l’Algérie ? », interrogation du défunt président Mohamed Boudiaf.

    Le Conseil constitutionnel, qui s’est réuni hier sous la présidence de Tayeb Belaiz, a officiellement constaté la vacance du pouvoir. Cette décision devra permettre au président du Sénat Abdelkader Bensalah de prendre la relève pour une période de 90 jours. Mais pour qu’elle soit effective, il faut attendre la convocation des deux chambres du Parlement pour acter la procédure. Le Conseil constitutionnel fait la constatation et finit par déclarer la vacance du pouvoir. Ensuite, il envoie la requête au Parlement réuni en ses deux chambres (Sénat et APN). Mais certains craignent déjà une autre manœuvre dilatoire du camp des perdants pour perpétuer la crise institutionnelle.

    Le président de Talaiet el Hourryet, Ali Benflis, a raison de parler de « bombes à retardement laissées par le régime déchu qu’il s’agira de désamorcer ».

    Cela dit et sur un autre plan, le patron de l’ETRHB Ali Haddad pourrait aussi être mêlé à d’autres affaires dans le cadre des enquêtes menées actuellement sur les fortunes douteuses et les transferts illicites de devises, lancées par le parquet contre une douzaine d’hommes d’affaires. Il devra partager sa cellule avec l’autre grand nom de la corruption durant les premières années du règne de Bouteflika Abdelmoumene Khalifa, qui croupit en prison depuis plus de dix ans. Voilà un autre grand scandale qui n’a pas dévoilé tous ses secrets. Des gens cités, dont des ministres, des responsables d’’entreprises en poste à l’époque des faits, n’ont jamais été inquiétés. La majorité avaient bénéficié de la protection du clan présidentiel. On a condamné des seconds couteaux en lieu et place des vrais responsables. Certains sont toujours en poste. D’autres se sont volatilisés. Faut-il rouvrir le dossier ? La justice algérienne est aujourd’hui devant un cas de conscience qu’elle doit corriger pour l’histoire et pour les victimes de cette grosse escroquerie.

    Le Jeune Indépendant, 3 avril 2019

    Tags : Algérie, Article 102, Bouteflika, Gaid Salah, transition, manifestations,

  • Argelia: ¿Qué escenarios para la sucesión de Bouteflika?

    El ejército ante un verdadero dilema

    El Consejo Constitucional constata oficialmente « la vacante permanente de la Presidencia de la República de conformidad con el apartado 4 del artículo 102 de la Constitución » y « comunica al Parlamento el acta de la declaración de la vacante definitiva de la Presidencia de la República ». Esto es lo que la institución presidida por Tayeb Belaïz anunció al final de su reunión de ayer miércoles.

    Kamel Amarni – Argel (Le Soir) – Los eventos se aceleran el día después de la dimisión oficial de Abdelaziz Bouteflika de su cargo de Presidente de la República el martes por la noche. Por lo tanto, el Consejo Constitucional habrá cumplido su misión, como la puesta de una carta en la oficina de correos, hasta que el Parlamento haga lo mismo.

    En esta etapa, la de la constatación de la vacante de la presidencia de la República, ya no es una simple formalidad, ya que Bouteflika ha iniciado el proceso con la presentación de su dimisión, bajo presión popular, sino también, tras un verdadero « golpe de Estado pacífico » dirigido por Gaïd Salah, el pasado martes.

    Esta salida pesada, decidida y pública de la institución militar que precipitó la salida de Bouteflika impulsa al jefe del ejército, el teniente general Ahmed Gaïd Salah, a convertirse en el nuevo hombre fuerte del país. Y a través de él, toda la institución está llamada a desempeñar un papel decisivo en todo el proceso iniciado el 2 de abril para la sucesión de Abdelaziz Bouteflika.

    Un proceso que no será tan fácil de completar, a pesar de la claridad de las disposiciones constitucionales pertinentes, en particular el artículo 102. Este artículo estipula que, tal como están las cosas en la actualidad y la configuración institucional tal como la dejó Bouteflika, es el Presidente del Senado, Abdelkader Bensalah, quien será responsable de actuar como Presidente de la República por un período de tres meses, mientras que el gobierno de Noureddine Bedoui sigue hasta que se elija un nuevo Presidente (Artículo 104).

    Sin embargo, la calle, ahora inevitable, rechaza enérgicamente estas opciones que, en caso de rechazo general y persistente, agravarán la crisis política que ya es bastante complicada.

    Según fuentes fidedignas, Ramtane Lamamra se negó la semana pasada a ser propulsado al Senado en previsión de la dimisión de Bouteflika y, por lo tanto, asumir el cargo interino en cuestión.

    Esta opción, la de nombrar a un sustituto de Abdelkader Bensalah al frente del Senado, no se puede descartar, sobre todo porque no es inconstitucional. Todo lo que se necesita es que los miembros del Senado elijan un nuevo presidente para su institución. Esto no es posible, en lo que respecta al Gobierno, que no está autorizado por ninguna disposición constitucional a cambiar o modificar a partir de la fecha de la dimisión de Bouteflika.

    Sin embargo, el ejército, a través de su Jefe de Estado Mayor, ha dejado claro en varias ocasiones que no aceptará ninguna otra solución o medida que no esté dentro del « marco exclusivo de la Constitución ». ¿Y si entonces el gobierno beduino es fuertemente disputado? Es en este nivel donde reside el verdadero reto de la era post-Bouteflika, y que sin duda aumentará el papel del ejército, que ahora es un actor político directo e incluso el más importante en la escena.

    ¿Utilizará la institución militar toda su influencia para imponer el estricto respeto a la Constitución, y en este caso avanzar hacia una elección presidencial en un plazo de tres meses, con el personal político actualmente a cargo de esta breve transición, aunque sea impugnada, o impulsará hacia otro resultado, político, « consensual », pero que necesariamente será inconstitucional?

    K. A.

    Le Soir d’Algérie, 4 abr 2019

    Tags: Argelia, artículo 102, Gaid Salah, Bouteflika, ejército, transición,

  • Algérie . Hommage à ce peuple algérien admirable à plus d’un titre

    par Ali Djaaboub

    Il est un fait indéniable que nul ne peut nier, c’est celui de reconnaitre sans l’ombre d’un doute que le peuple algérien qui a été traité de tous les qualificatifs désobligeants et qu’on a enterré trop tôt est grandiose, formidable, exemplaire et valeureux.

    Ce peuple qui s’est armé de patience des années, qui a ébahi le monde durant sa révolution armée contre l’occupant français et l’ensemble des forces de l’OTAN, et qui est entrain de l’ébahir depuis le 22 février, est en passe de démontrer qu’il est de loin bien plus grand que ceux qui géraient ses affaires malgré lui et qui l’ont méprisé, l’ont traité d’immature et d’assisté durant longtemps, trop longtemps. Tout comme il est entrain de donner des leçons de civisme à ceux à l’extérieur qui l’ont qualifié tantôt de soumis et tantôt de violent et principalement ceux qui complotent dans le secret contre lui et son armée, ceux dont les peuples dits « démocrates » et « civilisés » saccagent tous les Weekends les biens publics de leur pays. Ce qui nous amène à leur dire : « avant de parler des autres, commencez par balayer devant chez vous ».

    Ce peuple, que ne connaissent sa véritable valeur que seuls ceux qui ont sacrifié leur vie pour sa Liberté et la libération de sa Patrie. Ceux qui, un jour, avaient dit : « jetez la révolution à la rue, le peuple la portera ».

    Ce peuple qui après avoir fait l’objet de mépris par ceux là même qui étaient censés le représenter, mais qui ont détourné sa volonté pour se servir au lieu de le servir et qui ont ouvert les portes du pouvoir aux aventuriers qui ont fini par prendre ses rênes, détourner sa vocation et salir l’image du pays et sa réputation. Ce peuple qui a été muselé durant des années par la menace, par le chantage et même la terreur est en voie d’écrire une Histoire grandiose qui survivra au temps et aux générations.

    Je me permets, avec fierté, de défier quiconque de me citer un peuple aussi civilisé soit t-il qui sort par centaines de milliers dans 48 Wilaya (départements), (ce sont quelques 15 ou 20 Millions au total) durant des heures sans rien casser et de nettoyer les rues et les places qu’il a occupées avant de se retirer dans l’ordre et la discipline pour rentrer chez soi ?!!!

    Ce vendredi fatidique du 22 février 2019, il a fini par dire non à l’injustice, non à l’usurpation de ma volonté, non au pouvoir totalitaire, non aux voleurs, non aux prédateurs et non au mépris. De ce fait, il décide de reprendre sa souveraineté en main et descend dans la rue pour l’exprimer haut et fort en criant non au 5ème mandat d’un président malade et impotent qui ne s’est pas adressé à son peuple depuis des années et au nom de qui un groupe d’usurpateurs gouverne illégalement. Il rejette la feuille de route présentée au nom de ce même président à qui il refuse toute prolongation (prorogation) de mandat. Tout comme il renie le nouveau 1er Ministre nommé en remplacement d’Ahmed Ouyahia et rejette son gouvernement, tout comme il exige le départ de toutes les figures de l’ancien système à qui il dénie le droit de gérer ou même participer à la période de transition.

    Aujourd’hui, après 6 vendredis consécutifs, la communion entre le peuple et son Armée Nationale Populaire et la solidarité de l’ensemble des services de sécurité avec lui est totale, notamment après l’invitation du chef d’Etat Major de l’armée à activer l’article 7, 8 et 102 de la Constitution et donc son alignement sur la position du peuple qui le lui rend bien, et ceci, malgré de vaines tentatives de porter atteinte aussi bien à l’armée qu’au Hirak. Le « pouvoir » fait de la résistance et refuse de se soumettre et partir quitte à engager le pays dans une impasse dont les dangers sont multiples. Entre temps, les profiteurs qui ont sucé les richesses du peuple tentent tels des rats qui quittent le navire au moment de sombrer, de fuir le pays par l’utilisation de moyens multiples et entre autres 11 avions privés mal acquis, avant d’être empêché de quitter le territoire par qui de droit.

    Jamais l’Algérie n’a connu une gouvernance aussi personnelle depuis son indépendance. Jamais elle n’a vu ses institutions reléguer au rang de simples entités sans aucun pouvoir et sans consistance comme elles l’ont été sous le règne de l’actuel premier dirigeant qui a concentré l’ensemble des pouvoirs aussi insignifiants soient ils à son niveau. Il est le maire, le député et le ministre à la fois. Les institutions clés (APN, Sénat et Conseil constitutionnel) ont été confié à des inconditionnels qui n’obéissent à aucune autre loi que celle qui lui est dictée par le chef qui l’y a installé. La nomination de la quasi majorité des différents Ministres et hauts responsables est puisé dans la seule région de Tlemcen où est natif le président. Jamais le sentiment de régionalisme outrancier n’a été ressenti par le peuple comme il l‘a été sous les tenants du pouvoir actuel, ce qui fait dire à beaucoup que le pays est devenu une royauté.

    Cette politique de vide institutionnel mise en place a donné naissance à un phénomène de clientélisme qui a vu s’installer une catégorie de prédateurs sans foi ni loi, notamment après la maladie du président, qui se servent de l’autorité de l’Etat pour s’accaparer de ses rouages et les utiliser à leur seul profit, rouages de l’Etat qui ont été illégalement confisqués.

    Le 22 février le peuple a décidé de reprendre sa destinée en main et nul ne pourra se dresser contre sa volonté : « Ida Echab Yawnan Arada El Hayat Laboudda En Yastajib El Kadar ».

    Que Dieu préserve notre chère Patrie et son peuple de leurs ennemis à l’intérieur et à l’extérieur, gloire à nos valeureux Martyrs et que vive l’Algérie.

    Le Quotidien d’Oran, 4/04/2019

    Tags : Algérie, Article 102, Bouteflika, Gaid Salah, transition, manifestations,

  • Algérie : Quels scénarios pour la succession de Bouteflika ?

    L’armée face à un vrai dilemme

    Le Conseil constitutionnel constate officiellement « la vacance définitive de la présidence de la République en application de l’article 102, alinéa 4 de la Constitution » et « communique l’acte de la déclaration de la vacance définitive de la présidence de la République au Parlement ». C’est ce qu’annonce l’institution présidée par Tayeb Belaïz à l’issue de sa réunion d’hier mercredi.

    Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Les choses s’accélèrent donc au lendemain de la démission officielle, dans la soirée de mardi dernier, de Abdelaziz Bouteflika de son poste de président de la République. Le Conseil constitutionnel aura donc accompli sa mission, comme une lettre à la poste, en attendant que le Parlement fasse de même.

    A ce stade-là, celle du constat de la vacance de la présidence de la République, il ne s’agit plus que d’une simple formalité, dès lors que Bouteflika a enclenché le processus avec le dépôt de sa démission, sous la pression populaire mais, aussi, à la suite d’un vrai « coup d’Etat pacifique » conduit par Gaïd Salah, mardi dernier.

    Cette sortie lourde, déterminée et publique de l’institution militaire qui a précipité le départ de Bouteflika, propulse en fait le patron de l’armée, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd salah comme le nouvel homme fort du pays. Et à travers lui, c’est toute l’institution qui est appelée à jouer un rôle déterminant dans tout le processus enclenché depuis le 2 avril pour la succession de Abdelaziz Bouteflika.

    Un processus qui ne sera pas si facile à faire aboutir, en dépit de la clarté des dispositions constitutionnelles y afférentes, notamment l’article 102.
    Cet article stipule, en effet, que en l’état actuel des choses et de la configuration institutionnelle telle que laissée par Bouteflika, c’est le président du Sénat, Abdelkader Bensalah, qui sera chargé d’assurer l’intérim du poste de président de la République pour une durée de trois mois, tandis que le gouvernement de Noureddine Bedoui demeure L’armée face à un vrai dilemme lui aussi jusqu’à l’élection d’un nouveau Président (article 104).

    Or, la rue, désormais incontournable, rejette fortement ces options ce qui, en cas de refus général et persistant, aggravera la crise politique qui est déjà assez compliquée.

    A en croire des sources fiables, Ramtane Lamamra avait refusé, la semaine dernière, d’être propulsé à la tête du Sénat en prévision de la démission de Bouteflika, pour donc prendre l’intérim en question.

    Cette option, celle de la désignation d’un remplaçant à Abdelkader Bensalah à la tête du Sénat n’est en tout cas pas à écarter, d’autant plus qu’elle n’est pas anticonstitutionnelle. Il suffit, pour cela, que les membres du Sénat élisent un nouveau président pour leur institution. Chose qui n’est pas possible, s’agissant du gouvernement qu’aucune disposition constitutionnelle ne permet, ni de changer, ni de remanier à compter de la date de démission de Bouteflika.

    Or, l’armée, par la voix de son chef d’état-major, a clairement signifié, à plusieurs reprises, qu’elle n’acceptera aucune autre solution ou mesure qui ne s’inscrirait pas « dans le cadre exclusif de la Constitution ». Et si alors le gouvernement Bedoui fait l’objet d’une forte contestation ? C’est à ce niveau que se situe le véritable enjeu de ces débuts de l’après-Bouteflika et qui accroîtra, à coup sûr, le rôle de l’armée qui est, désormais, un acteur politique direct et même le plus important sur la scène.

    L’institution militaire va-t-elle peser de tout son poids pour imposer le strict respect de la Constitution, et dans ce cas aller vers une présidentielle dans les trois mois, avec le personnel politique actuellement en charge de cette brève transition, même contestée ou alors pousser vers une autre issue, politique, « consensuelle », mais qui sera forcément anti-constitutionnelle ?

    K. A.

    Le Soir d’Algérie, 4 avr 2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, Gaid Salah, Bouteflika, armée,

  • WikiLeaks : Ce que pense Bouteflika du roi du Maroc

    Un fossé d’incompréhension et de préjugés sépare les dirigeants algérien et marocain. Les télégrammes révélés par le site WikiLeaks montrent à quel point les divergences sont profondes. En plus du conflit sur le Sahara occidental qui empoisonne les relations entre Alger et Rabat, les deux dirigeants ne s’apprécient guère.

    Le président algérien voit en Mohammed VI un homme non ouvert et qui manque d’expérience.

    L’aversion de Abdelaziz Bouteflika pour le roi marocain est telle qu’il promet, dans une confidence à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, de ne pas «lui serrer la main».

    Le président algérien dit avoir une préférence pour le frère du roi, Moulay Rachid, avec lequel il affirme avoir «plaisanté et discuté agréablement» lors d’une rencontre à Séville, en Espagne, selon un autre mémo américain. «Nous avons bavardé et plaisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire la même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour», a-t-il déploré. Concernant le Sahara, le chef de l’Etat algérien assure que s’il pouvait résoudre le problème, il le ferait. «Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis», dit-il. «Ce qu’il faut c’est que le Maroc et le Polisario trouvent une solution et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains», aurait ajouté le président algérien.

    En février 2008, selon un autre télégramme émis après un entretien avec un diplomate américain, Abdelaziz Bouteflika a jugé qu’au lieu de faire preuve d’une approche «élégante» en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu «contrôler» ou «superviser», les Marocains souhaitent en réalité « un «anschluss» (un rattachement) comme Saddam Hussein avec le Koweït». Le «plan d’autonomie» voulu par Rabat à la place du référendum d’autodétermination n’offre, d’après Bouteflika, qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes en ont davantage vis-à-vis d’Alger, soutient-il.

    Les visées malsaines de Paris

    A en croire les mémos diffusés par WikiLeaks, le président algérien rumine sa rancune auprès de la France qui n’aurait, selon ses mots repris par Le Monde, «jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne» et tente de régler ses comptes avec l’Algérie «en appuyant le Maroc».Les Français, «du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit» du Sahara, a-t-il aussi estimé lors d’une rencontre avec Frances Fragos Townsend, conseillère du président George W. Bush pour les affaires de sécurité, selon ces mémos rendus publics par Le Monde. Il semble que le président français a été assez maladroit dans sa diplomatie envers les pays du Maghreb. Alors que le président algérien lui attribue des visées malsaines, le Maroc s’est senti «trahi» par le fait qu’il ait réservé son premier déplacement hors d’Europe à l’Algérie.

    Si le président critique sans ménagement le royaume chérifien, les proches du roi lui rendent la pareille. Ils expliquent, en juin 2009, au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, que «le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques», «pétrifiés» à l’idée du plan d’autonomie pour le Sahara présenté par Rabat. L’Algérie est décrite comme une «menace», un pays qui ferait barrage au Maroc pour lutter efficacement contre le terrorisme et qui chercherait à se doter de l’arme nucléaire.

    Dans la note du 31 juillet 2007, Fouad Ali Himma, adjoint du ministre de l’Intérieur, souligne, après un voyage effectué à Alger, que «les efforts marocains répétés pour réduire le fossé diplomatique ont été rejetés». «Nous avons dit aux Algériens que le Maroc était prêt à rouvrir sa frontière et à prendre d’autres mesures pour rétablir la confiance, mais les Algériens ne nous ont jamais dit ce qu’ils voulaient», prétend-il. Les Américains jugent, eux aussi, sévèrement le Maroc.

    Un câble diplomatique daté du 4 août 2008 et provenant de l’ambassade américaine à Rabat, répercuté par El Pais, Thomas Riley, ambassadeur des Etats-Unis au Maroc de 2003 à 2009, est longuement revenu sur la «coopération exemplaire» entre les armées des deux pays. Mais il insiste également sur la corruption au sein de l’armée marocaine en citant nominativement un général.D’autres mémos évoquent des pratiques frauduleuses dans le secteur immobilier au Maroc.

    El Watan, 5 déc 2010

  • Bouteflika méprise le roi du Maroc à qui il ne serrera jamais la main

    Abdelaziz Bouteflika méprise le roi Mohamed VI. Et il l’a fait savoir aux Américains au cours d’entretiens au Palais d’El Mouradia, selon des documents du site WikiLeaks révélés vendredi 3 novembre dans la soirée par le quotidien espagnol El Pais. Mais le président algérien a assuré à ses interlocuteurs que l’Algérie ne fera pas la guerre au Maroc à cause du Sahara occidental et ne permettra pas au Front Polisario de combattre depuis le territoire algérien. Toutefois, la frontière restera fermée jusqu’à la résolution du conflit au Sahara Occidental, a expliqué le président Bouteflika.

    « Je ne serrerai pas la main du roi ». Le président Bouteflika a fait cette déclaration en juin 2006 à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, en visite à Alger. Avant de décrire le monarque marocain comme « pas ouvert » et « sans expérience », selon la même source.

    Selon Abdelaziz Bouteflika, feu Hassan II et Moulay Rachid, frère de l’actuel roi, sont plus ouverts. Le président Bouteflika évoque une rencontre avec Moulay Rachid lors d’un match à Séville, en Espagne. « Nous avons bavardé et plaisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire la même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour », a-t-il déploré.

    Selon un document daté du 1er juillet 2006, le président Boutelika a avoué, d’après l’ambassadeur américain à Alger, qu’il croyait au dialogue pour résoudre les problèmes avec le Maroc. Mais il ne croit pas à un dialogue avec le roi Mohamed VI.

    Les présidents Bush et Chirac ont essayé de rendre le président Bouteflika plus clément à l’égard du roi. Le président algérien a rappelé que le roi était encore un enfant quand lui-même était déjà un vétéran de la diplomatie. Mais le roi a fait subir un affront au président Bouteflika en annulant à la dernière minute une visite du Premier ministre à Rabat. « Je ne suis pas Jésus, je ne vais pas tendre l’autre joue », avait alors déclaré Bouteflika.

    Samir Allam

    Source: OSSIN, 21/12/2010

    Tags : Algérie, Maroc, Bouteflika, Mohammed VI, Wikileaks, Sahara Occidental,

  • Algérie : Zeroual refuse le deal de Saïd Bouteflika

    Nassim Mecheri

    L’ancien président de la République, Liamine Zeroual, est sorti de son silence en publiant ce mardi une lettre dans laquelle il évoque sa rencontre avec le général à la retraite Mohamed Mediène, alias Toufik, qui lui a proposé de diriger la période de transition.

    L’ex-Président a expliqué dans sa lettre le déroulement de sa rencontre avec l’ex-patron du DRS Mohamed Mediene.

    « Je tiens à cet effet à informer, par devoir de vérité et de transparence, que j’ai reçu ce samedi 30 mars et à sa demande, le général de corps d’armée Mohamed Mediene, qui m’a porté la proposition de présider une instance chargée de la conduite de la transition. Il m’a confirmé que cette proposition avait été faite en accord avec Saïd Bouteflika, conseiller à la présidence de la République ».

    L’ancien chef de l’Etat affirme avoir refusé la proposition du général Toufik. « J’ai fait part à mon interlocuteur de toute ma confiance dans la maturité des millions de manifestants et de la nécessité de ne pas entraver la marche du peuple, redevenu maître de son destin », ajoutant qu’il a toujours décliné toute offre politique depuis plus de 15 ans. « Comme vous le savez , je décline depuis 2004 toutes les sollicitations politiques et j’appelle à chaque fois à organiser une véritable alternance de nature à favoriser l’émergence de nouvelles générations auxquelles j’ai toujours fait confiance et fortement encouragées ».

    Liamine Zeroual a pointé du doigt le système politique algérien qui, selon lui, depuis l’indépendance « n’a pas su être à l’écoute du peuple, se réformer à temps, se moderniser et se hisser à la hauteur des attentes d’un grand peuple qui, le 22 février 2019, n‘a pas raté son rendez-vous avec la démocratie et a réconcilié l’Algérie avec son immense histoire ».

    Concernant le mouvement populaire sans précédent que connaît notre pays depuis le 22 février dernier, l’ancien président de la République a exprimé sa fierté, apportant son soutien aux citoyens. « Je suis interpellé tout comme vous par la force des manifestations populaires, massives et organisées du peuple algérien auxquelles j’ai apporté publiquement mon soutien dès les premiers instants », soulignant l’absence de réponses politiques « à la hauteur de ses légitimes revendications démocratiques ». « Comme tous les Algériens, j’ai ressenti une immense fierté en voyant des millions d’Algériennes et d’Algériens réclamer une Algérie démocratique dans une ferveur et une discipline qui font honneur à la Nation et donnent de l ‘Algérie et de son peuple une image digne de nos aspirations historiques », ajoute-t-il.

    Liamine Zeroual appelle dans sa lettre les tenants du pouvoir à faire preuve de « raison et de discernement et s’élever à la hauteur de notre peuple pour éviter tout dérapage aux conséquences incalculables pour le pays et laisser les Algériens s’exprimer librement et imposer la volonté de notre grand peuple » .

    Pour rappel, l’ancien président de la République s’était opposé à un 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika en 2014, affirmant à l’époque qu’il fallait passer le relais aux jeunes et à la génération des enfants de chouhada. Il avait également critiqué la révision de la Constitution en 2008, notamment l’amendement de son article 74 relatif à la limitation des mandats présidentiels à deux, rappelant l’importance de l’alternance au pouvoir pour consolider la cohésion nationale et instituer les bases structurantes d’une stabilité durable.

    Le Jeune Indépendant, 2 avr 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, article 102, transition,