Étiquette : Bouteflika

  • Maroc – Algérie : Bouteflika, le cauchemar de Mohammed VI

    Dans ses dernières révélations, « WikiLeaks » rapporte que Mohammed VI et sa cour sont obsédés par tout ce qui concerne l’Algérie. Il est arrivé aux responsables marocains comme à cette personne qui a un marteau et qui, de ce fait, voit partout des clous.

    Le roi Mohammed VI et sa cour sont obnubilés par l’Algérie. Selon les dernières révélations du site « WikiLeaks », la préoccupation majeure de l’Armée royale concerne l’Algérie. Selon les documents de « WikiLeaks », l’Armée marocaine possède des « plans d’attaque d’urgence » et effectue des simulations stratégiques pour contrer un éventuel assaut algérien.De son voisin de l’Est, l’Algérie, Mohammed VI n’y voit que des menaces et se lance alors, dans une campagne de dénigrement international, particulièrement envers les Américains. En témoignent les documents irréfutables publiés par le site « WikiLeaks ».

    Dans ses notes, Rabat accuse l’Algérie de vouloir s’attaquer au Maroc, de refuser la collaboration sécuritaire, d’avoir favorisé la création d’« Al Qaîda » au Maghreb et, comble de la lubie royale, l’Algérie serait même sur le point de fabriquer la bombe atomique !

    C’est à peine si Rabat n’avait pas écrit que l’Algérie infestait la jeunesse marocaine par les tonnes de drogue qu’elle expédiait via les frontières. Dans leurs échanges avec les responsables américains en visite à Rabat, les officiels marocains accusent les Algériens de ne pas coopérer avec eux dans la lutte antiterroriste.Le directeur général pour la surveillance du territoire (services de renseignements intérieurs), Abdelatif Hammouchi, se livre d’une manière déconcertante aux Américains. Lors de la visite à Rabat de l’assistante du président américain pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend. « La coopération avec les Algériens est erratique » affirme Hammouchi. « Parfois ils nous fournissent de très bonnes informations et parfois on dirait qu’il s’agit d’impasse. Ce sont des partenaires difficiles », ajoute Yassine Mansouri (chef de la direction générale des études et de la documentation, le service de contre-espionnage marocain), citant une note diplomatique du 31 juillet 2007, publiée par « WikiLeaks ».

    Plus tôt, la même année, le directeur général des affaires bilatérales au ministère marocain des Affaires étrangères Youssef Amrani, avait ainsi « suggéré que l’émergence d’+ Aqmi + était principalement due aux échecs du gouvernement algérien », rapporte une note du 18 mai. Une position que ne partagent visiblement pas les Etats-Unis qui défendent la politique antiterroriste de l’Algérie. A l’accusation de Amrani, un diplomate américain répond que « le + GSPC + a été forcé de s’associer avec + Aqmi + parce que le gouvernement algérien a réussi à le marginaliser ». Dans la même note, le diplomate américain constate que Khalid Zerouali, en charge de la sécurité des frontières marocaines au ministère de l’Intérieur, « s’est hérissé » lorsque les officiels américains ont cité l’Algérie comme « un modèle » dans la lutte antiterroriste en Afrique du Nord. Les documents de « WikiLeaks » révèlent aussi que le Maroc soupçonne depuis longtemps l’Algérie de chercher à développer un programme nucléaire militaire. Cette inquiétude a été rapportée dans une note diplomatique américaine du 21 novembre 2006 transmise cinq jours après un entretien entre le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères marocains, Omar Hilale, et l’ambassadeur américain à Rabat au sujet du programme nucléaire de l’Iran. Hilale affirme ainsi qu’ «un Iran doté de l’arme nucléaire serait un désastre pour la région et spécialement pour le Maroc.

    Les diplomates américains en poste à Rabat évoquent « une armée marocaine minée par la corruption et la bureaucratie »

    « Cela provoquerait une course à l’armement dans la région et cela accélèrerait la poursuite de ce qu’il a décrit comme un programme nucléaire militaire algérien similaire, même s’il n’est que naissant ».« Si l’Iran réussit, dans les dix ans, d’autres pays du Moyen-Orient auront la bombe et les Algériens suivront peu après », a-t-il dit, précise la note. Au cauchemar algérien s’ajoute l’épine du Sahara occidental. A une certaine période, près de 70% des effectifs des forces armées marocaines étaient déployés au Sahara occidental.Les masques sont tombés: il s’agit d’une armée d’occupation. Avec de pareilles révélations, il sera maintenant difficile au Maroc de justifier ses exactions et surtout les massacres que cette même armée vient de commettre au Sahara occidental. Par ailleurs, le site « WikiLeaks » a fait d’autres révélations, notamment le portrait peu flatteur que font d’elle les Américains. Dans un câble classé « secret » daté d’août 2008, les diplomates américains en poste à Rabat évoquent « une armée marocaine minée par la corruption et la bureaucratie, de faibles niveaux d’éducation dans ses rangs, une marginalisation politique, des équipements vieillissants et un déploiement de la plupart de ses forces dans le Sahara occidental ».

    Pour Bouteflika, la France tente de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc »

    Les quotidiens « El Pais (Espagne) » et « Le Monde (France) », montrent des divergences de vues importantes entre Alger et Rabat au sujet du conflit au Sahara occidental. Des divergences qui viennent s’ajouter à la mésentente totale entre le président Bouteflika et le roi Mohamed VI. « Si je pouvais résoudre le problème je le ferais. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis » . Ce qu’il faut, c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains », a déclaré le président algérien lors d’une rencontre. C’est ce qu’a déclaré en 2007 à Alger le président Bouteflika à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend. Les Français, confiera le président Bouteflika lors d’une autre rencontre relatée par des diplomates américains, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit ». Selon lui, « la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne ». Elle tente aujourd’hui de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc ». En février 2008, recevant un diplomate américain, le président algérien dénonce « le plan d’autonomie » voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination au Sahara occidental. Pour lui, la proposition marocaine n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes ont d’avantage d’autonomie vis-à-vis d’Alger que ce que propose Rabat pour le Sahara occidental, a fait remarquer le président algérien. Une position réaffirmée, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward. « Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental ».

    Doutes sur la zone de libre échange maghrébine- Bouteflika et Mohammed VI, distance et f roideur

    La zone de libre-échange maghrébine sera opérationnelle en 2011. L’annonce faite par le secrétaire général de l’« Union du Maghreb Arabe », Habib Ben Yahia aurait du soulever l’enthousiasme des médias maghrébins, elle les a laissé presque froids. Et pour cause. Une zone de libre-échange suppose un minimum de convergence politique qui n’existe pas. Les premiers documents « Wikileaks » sur les relations entre Alger et Rabat, sans faire de grosses révélations, le confirment. Les premières révélations de « Wikileaks » sur les relations algéro-marocaines, hormis certaines appréciations crues, confirment des positions connues. Les divergences entre l’Algérie et le Maroc sur le dossier du Sahara Occidental sont de l’ordre du fondamental et constituent un facteur bloquant.

    La distance est si grande entre les deux plus grands pays maghrébins qu’on voit mal comment une zone de libre-échange dans laquelle ils seraient inclus serait possible. Quand à l’idée d’une zone de libre-échange à quatre – Tunisie, Libye, Mauritanie sans le Maroc ou sans l’Algérie – aucun des pays de l’« UMA » ne se risquerait à l’accepter car elle passerait pour une prise de position inamicale vis-à-vis de « l’exclu ». Dans ce contexte, la zone de libre-échange annoncée risque de n’être qu’un autre texte juridique ou accord sans traduction concrète. A l’évidence, c’est cela le vrai objet de l’annonce de M. Habib Ben Yahia. La Convention sur la zone de libre-échange va être finalisée avant la fin de l’année par le groupe de travail installé lors de la 9e session du conseil des ministres maghrébins du Commerce, tenue en mai à Tripoli. Les sherpas ont donc travaillé et mis au point le document. Il lui restera à passer par les sas des ministres du Commerce des pays de l’« Union du Maghreb », puis aux ministres des Affaires étrangères. « La convention relative à la création de cette zone est fin prête et sera signée par les ministres du commerce des pays de l’UMA avant de la soumettre au Conseil des ministres des Affaires étrangères », a indiqué Habib Ben Yahia. Cela constituerait déjà un progrès si des pays comme l’Algérie et la Libye acceptent une zone de libre-échange qui ne leur sera pas d’un grand bénéfice économique dans l’immédiat contrairement à la Tunisie et le Maroc, mais les obstacles d’ordres politiques ou psychologiques restent entiers.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Wikileaks, Bouteflika, Algérie, Sahara Occidental,

  • Buteflika y el Sáhara, según las revelaciones de Wikileaks

    Argel 001219 CONFIDENCIAL

    EO 12958: DECL: 01/07/2016
    TAGS: PREL, PBTS, WI, MO, AG
    TEMA: SAHARA OCCIDENTAL, Bouteflika, relaciones con MARRUECOS

    Archivado por: Richard Ambassador W. Erdman: Razones 1.4 (b), (d)

    1. (C) La Consejera Frances Fragos Townsend, Asesora del Presidente sobre Seguridad Nacional y Contraterrorismo, se reunió con el Presidente Bouteflika durante tres horas y media el 18 de junio, en presencia del Director Superior de Contra-Terrorismo del NSC. y Malvesti DCM Michele Townsend. El asesor de antiterrorismo de Bouteflika, el señor Rezzag Bara, y un tomador de notas también estuvieron presentes. Este cable se centra en sus discusiones sobre el Sahara Occidental y las relaciones con Marruecos.

    2. (C / NF) Durante gran parte de la reunión, Bouteflika planteó la cuestión del Sahara, señalando que los visitantes de los Estados Unidos siempre han querido discutirlo con él. Townsend señaló que tanto el presidente Bush había pedido a Bouteflika como al rey Mohamed VI que buscaran la manera de resolver la disputa. Townsend dijo que apreciaba el papel de Bouteflika en la liberación por el Polisario el verano pasado de 404 prisioneros marroquíes, y señaló que « no habría ocurrido sin su corage ». Se le preguntó a Bouteflika sobre la resolución histórica sobre este tema.

    3. (C / NF) Bouteflika respondió que el país más grande del mundo, los Estados Unidos, debería respetar las decisiones de la ONU sobre el Sahara Occidental. Recordó que en su primera reunión con el presidente Bush en 2001, el presidente le había pedido que trabajara con James Baker. « Bouteflika notó que había apoyado el Plan Baker, aunque sin la solicitud del presidente Bush, no lo habría hecho.

    Ahora, dice, Argelia está bloqueada con Marruecos; « Aceptan todo lo que rechazamos y viceversa ».

    Bouteflika comentó sobre el impase, recordando dos importantes decisiones de Argelia: « El Sáhara Occidental nunca será un casus belli para Argelia », y recordó que « claramente le he dicho a los marroquíes que Argelia no tenía reivindicaciones sobre el Sahara Occidental, ni en territorio ni en recursos.

    4. (C / NF) « Este problema, lo resolvería si pudiera », pero « No puedo hablar en nombre de los saharauis ». Marruecos y el Polisario deben encontrar una solución, con ayuda estadounidense. Argelia apoyará un acuerdo entre Marruecos y el Polisario. Pero, la solución no puede ser impuesta a la población saharaui. En este caso, Argelia defenderá el derecho de los saharauis a la autodeterminación.

    5. (C / NF) « No quiero estrechar la mano del rey ». Sin embargo, Bouteflika agregó: « Hace poco me encontré con el hermano del rey, el príncipe Moulay Rachid, en Sevilla, donde ambos fuimos invitados del rey juan carlos. Bouteflika dice que tuvo una larga conversación con Moulay Rachid. « Bromeamos. Charlamos y bromeamos alegremente, pero no puedo hacer lo mismo con el rey porque no tenemos el mismo sentido del humor ». El Rey Mohamed VI, « no es abierto, y le falta experiencia ». En un raro momento de autocrítica, Bouteflika dijo que tenía un punto débil: cree que los problemas deben resolverse a través del diálogo, pero no cree en el diálogo entre él y Mohamed VI.

    6. (C / NF) Townsend dijo que la cuestión del Sáhara Occidental seguía siendo un tema de gran interés para el Presidente Bush. Añadió que la ausencia de un arreglo obstaculizaría la cooperación regional en la lucha contra el terrorismo y evitaría que los países del Magreb alcanzaran un nivel de relaciones económicas que fuera rentable para todos. Bouteflika sugirió que James Baker sería una buena fuente de consejos para el presidente, es un hombre con « cualidades excepcionales ». Se preguntó si el presidente podría convencer a Baker para que retomara su rol anterior. Bouteflika concluyó que la oferta de concesiones a Marruecos « daría una bonificación a los más indisciplinados de la clase. » Estados Unidos « no deberían otorgar a Marruecos una bonificación por mal comportamiento ».

    7. (U) El Asesor del Presidente sobre Seguridad Nacional y la Lucha contra el Terrorismo Frances Fragos Townsend ha autorizado este mensaje.
    Erdman.

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    ALGUERES CONFIDENCIALES 000733

    SIPDIS

    E.O. 12958: DECL: 25/06/2028
    TAGS: PREL, MO, WI, AG
    ASUNTO: BOUTEFLIKA EN EL SAHARA OCCIDENTAL: NUESTROS RESPALDOS SON
    CONTRA LA PARED – AYUDA

    1. El Embajador Robert S. Ford, clasificado por razones 1.4 (b) y (d). 1. (C) El presidente Bouteflika plegó por que los Estados Unidos ayuden a romper el estancamiento en el Sahara Occidental durante la visita de despedida del embajador el 24 de junio. Bouteflika dijo que Estados Unidos siempre ha apoyado la autodeterminación, y el cambio aparente en su política de apoyo a la posición de Marruecos es doloroso y confuso para los argelinos. Agregó que tuvo mucho cuidado de no dejar que las relaciones bilaterales sufran debido al cambio en la política de Estados Unidos sobre el Sáhara Occidental, pero con el apoyo de Estados Unidos y Francia a Marruecos, « estamos la espalda contra la pared ».

    2. (C) El embajador le dijo a Bouteflika que Estados Unidos siempre ha apoyado la idea de autonomía como una forma de superar los problemas de una manera pragmática. Dijo que si las dos partes no adoptaban una actitud realista, el estancamiento actual podría durar otros 30 años o incluso más. El embajador dijo que sería mejor para los refugiados saharauis vivir con una buena autonomía en lugar de seguir viviendo en campamentos de refugiados. Añadió que Estados Unidos no le pidió al Polisario que aceptara el plan de Marruecos, sino que aceptara la negociación sobre la autonomía y que pusiera su propia propuesta sobre la mesa. El embajador continuó diciendo que Estados Unidos favorecería una amplia autonomía. Citó el ejemplo de los kurdos en Irak que aceptan operar en un estado iraquí unido.

    3. (C) Bouteflika respondió que Argelia no comprometería el derecho saharaui a elegir la independencia, y agregó que los argelinos estaban considerando este tema como principio. Los estados poderosos no deberían permitirse aplastar a los débiles. Bouteflika dijo que Estados Unidos ha apoyado la independencia de Timor Oriental y, por lo tanto, también debería apoyar a los saharauis. El Polisario tiene su propia influencia diplomática en el continente africano, agregó, que es algo que Argelia no puede simplemente ignorar. Bouteflika dijo que los marroquíes habían cometido un error al vincular la seguridad del trono con el Sahara Occidental. Argelia no ha tratado de desestabilizar a Marruecos. La estabilidad de Marruecos, insistió, es esencial para la estabilidad en Argelia.

    4. (C) Bouteflika le dijo al embajador que era decisión de los saharauis decidir si quieren o no la independencia, incluso si la solución final se haga por etapas a lo largo de varios años. Añadió que esta es la razón por la que Argelia ha abrazado el Plan Baker con entusiasmoo. Después de que el embajador señalara que el plan Baker no generó un movimiento hacia una solución, Bouteflika volvió a suplicar a Estados Unidos que ayude a romper el estancamiento actual. 5. (C) Comentario: Está claro que Bouteflika no presionará a los saharauis para que discutan solo de autonomía con los marroquíes; Los argelinos nos han dicho lo mismo en los últimos nueve meses. Dicho esto, como lo hizo con el subsecretario de AEN Welch (ref), Bouteflika dijo que quería encontrar una salida a este impase. Simplemente no hay nuevas ideas oara llegar a esto. FORD

    Tags : Marruecos, Argelia, Sahara Occidental, Wikileaks, Bouteflika, Mohammed VI,

  • Algérie : Contribution pour une sortie de crise : Lucidité et légalité

    Le peuple algérien, depuis le 22 février, s’est manifesté pour marquer massivement son opposition à un cinquième mandat du Président de la République et, dans le sillage, des formations politiques ont, notamment, appelé au retrait de la candidature du Président de la République, le report du processus électoral et le départ du gouvernement. Ces exigences, au demeurant partagées par une partie de l’opinion publique, ont reçu une traduction effective, mais partielle, à travers les décisions prises par le Président de la République, portées à l’opinion nationale, par sa lettre du 11 mars 2019.

    Les mesures annoncées ont donné lieu à un rejet global par ceux-là même qui les avaient portées, prétextant l’inconstitutionnalité desdites mesures.

    Le propos n’est pas de jeter l’anathème sur telle ou telle partie, ni de faire douter de leur patriotisme ou de leur sincère volonté d’édifier un régime politique plus à même d’assurer une gestion transparente et efficace des affaires du pays.

    L’objet de la présente initiative est d’examiner les préconisations émises par les uns et les autres, sur un plan légal et, surtout, pratique, et d’émettre des propositions concrètes, et surtout réalistes, pour une sortie de crise. En effet, faut-il souligner que le mouvement citoyen n’est pas aussi homogène qu’il n’y parait ; il est traversé par divers, et parfois fondamentalement opposés, courants politiques et idéologiques, de même qu’il n’est pas encadré par des organisations ou des personnes authentifiées, si ce n’est, pour partie, par des personnes et entités agissant sur les réseaux sociaux, dont certaines étrangères.

    En résumé, trois (3) principales voies de sortie de crise sont sur la table ; celle objet de la lettre du Président de la République, celle issue de la réunion de concertation de partis de l’opposition, de représentants de syndicats et de personnalités nationales, et la proposition du Vice-ministre de la Défense Nationale.

    A- La feuille de route de Monsieur le Président de la République est rejetée dans la forme et dans le fond par les formations et personnalités réunies au siège du Front Algérien pour le Développement, la Liberté et la Justice, ainsi que par les millions de manifestants, étant précisé qu’une frange de la société, acquise à priori à cette démarche, ne s’est pas exprimée dans la rue pour des raisons évidentes. Nous pouvons en conclure, cependant, que cette feuille de route est objectivement vouée à l’échec.

    B- La feuille de route issue de la réunion tenue au siège du FADLJ, appelle les observations suivantes :

    1- Ce regroupement qui a fondé son rejet de la feuille de route du Président de la République en faisant valoir des considérations liées à la constitutionnalité des mesures annoncées et à la légitimité de leur auteur, s’est lui-même autorisé à exprimer sa volonté d’agir loin de toute légitimité ou légalité, faisant fi de la souveraineté populaire et des dispositions constitutionnelles.

    2- L’appel à l’Armée Nationale Populaire à cautionner leur démarche est, à tout le moins, incongrue, nonobstant qu’il soit en flagrante contradiction avec les dispositions constitutionnelles. Bien plus, cet appel constitue un réel danger, aussi bien pour la cohésion de la nation toute entière, que pour la stabilité des institutions et du pays, en ce qu’il constituera une opportunité rêvée pour des puissances étrangères de jeter l’anathème sur l’institution militaire, voire justifier une intervention directe ou indirecte dans les affaires internes du pays.

    3- la préconisation de l’installation d’une direction collégiale composée de « personnalités nationales » et de représentants du mouvement citoyen, suscite des questionnements. En effet, qu’entendent-ils par « personnalités nationales » ?

    – est-ce les citoyens ayant exercé des fonctions politiques avant avril 1999 ? Faut-il rappeler que ces mêmes parties, ainsi que le mouvement citoyen exigent le départ du « système », c’est-à-dire celui en place depuis les premières années de l’indépendance, moyennant quelques mutations opérées au grès des circonstances, autrement dit, l’avènement de visages nouveaux ;

    – est-ce les citoyens connus de la place publique, au regard de leurs apparitions publiques régulières sur les plateaux de chaînes télévision ? Quels mérites particuliers peuvent-ils faire valoir par rapport à d’autres algériens aussi compétents, probes et honnêtes, sinon davantage qui, volontairement ou involontairement ont évolué loin des feux de la rampe.

    L’Algérie appartient à tous ses enfants, de tous sexes et générations. Les ambitions de certains ne peuvent servir de faire valoir pour hypothéquer la stabilité du pays et l’avenir des nouvelles générations.

    C- En réaction à cette initiative, le Vice-ministre de la Défense Nationale a encore une fois marqué son opposition à toute solution qui ne s’inscrirait pas en conformité avec la Constitution, et, a suggéré la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution, proposition immédiatement remise en cause par ceux-là même qui ne cessaient de lui faire appel du pied.

    Face a cette situation, quasiment de blocage, qui de plus en plus menace la sécurité et la stabilité du pays et de ses institutions, la présente contribution a pour finalité de soumettre une voie alternative de sortie de crise, en prenant en compte, autant que possible, les revendications des citoyens et les considérations légales.

    Monsieur le Président de la République aurait à prendre, selon cette contribution, les mesures suivantes :

    1-cessation de fonction du premier ministre et du vice-premier ministre qui n’ont pas pu réunir le consensus, et désignation d’un premier ministre et d’un gouvernement constitué exclusivement de technocrates. Aucun membre de l’actuel gouvernement ne serait maintenu.

    Le choix peut s’opérer parmi les cadres supérieurs de l’Etat, des établissements et entreprises publiques, des universitaires et des membres de la société civile, connus pour leur probité et leur expertise, n’appartenant à aucun courant ou formation politique et n’ayant exercé aucune responsabilité gouvernementale, ni un mandant électif national ;

    2- dissolution, sans délai, de l’Assemblée Populaire Nationale, dans les conditions prévues par l’article 147 de la Constitution ;

    3- amendement dans les plus brefs délais, par voie d’ordonnance, des missions de la haute instance indépendante de surveillance des élections pour lui confier les missions d’organisation et de surveillance des élections, en relation avec les institutions concernées de l’Etat.

    La haute instance serait constituée de magistrats élus par leurs pairs sous la supervision du conseil supérieur de la magistrature, dans sa formation disciplinaire, et de représentants des associations et organisations nationales, agréées, activant dans le domaine des libertés et droits de l’homme ou représentatives des avocats, des huissiers de justice, des notaires, des étudiants et des fonctionnaires et travailleurs. Le Président de la haute instance sera élu par l’assemblée générale.

    4- convocation immédiate du corps électoral, pour les élections présidentielle et législatives, dans les délais fixés par la loi.

    Le mandat du Chef de l’Etat en exercice prendra fin dès l’investiture du Président élu. Le Président élu aura toute latitude de soumettre à référendum une nouvelle constitution consensuelle.

    Alger, le 28 mars 2019

    Colonels à la retraite SOUFI Abdelkhalek et ZERROUK Ahmed

    ex-cadres/MDN

    Algérie1

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, transition, article 102, Gaid Salah,

  • Algérie : La chasse aux oligarques lancée?

    Vaste enquête sur des faits de corruption – LA CHASSE AUX OLIGARQUES LANCÉE ?

    Nassim Mecheri

    Une vaste enquête a été lancée ce lundi contre plusieurs oligarques algériens, soupçonnés de dilapider l’argent public et d’enrichissement illégal.

    Dans un communiqué rendu public, la justice a annoncé avoir ordonné l’ouverture d’enquêtes sur la corruption et les transferts illicites de capitaux vers l’étranger.

    Le Parquet général de la Cour d’Alger annonce également avoir ordonné des interdictions de sortie du territoire national à l’encontre de plusieurs hommes d’affaires très influents. « Conformément à l’article 11 alinéa 3 du code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d’Alger porte à la connaissance de l’opinion publique que des enquêtes préliminaires sont mises en œuvre pour des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l’étranger », précise la même source.

    Dans ce cadre et « pour les nécessités des enquêtes, le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed a procédé à l’application des dispositions de l’article 36 bis 1 du code de procédure pénale et a pris des mesures conservatoires en ordonnant l’interdiction de sortie du territoire national à l’encontre de certaines personnes », ajoute le même communiqué sans donner plus de détails. Plusieurs hommes d’affaires sont concernés par l’interdiction de sortie du territoire nationale et qui seront privés de leurs passeports.

    Selon plusieurs sources la liste comprend des noms puissants comme : Kouninef Reda, Kouninef Noa (ou Noah) Tarek, Kouninef Abdelkader Karim, Haddad Ali, Haddad Omar (alias Rebbouh), Tahkout Mahieddine, Tahkout Rachid, frère de Mahieddine, Tahkout Nacer, Tahkout Billel, Baïri Mohamed, Ould Youcef Mohamed, Boudia Ibrahim.

    Ces derniers et leurs proches ont fait l’objet d’une décision de confiscation de passeport, tandis que l’enquête se poursuit avec d’autres symboles de la corruption. Cette enquête a été confiée à la brigade de recherche de la Gendarmerie nationale de Bab J’did, à Alger. Les oligarques, leurs familles et proches y sont ciblés. Toujours selon la même source, la Gendarmerie s’intéressera à la fortune de ces hommes d’affaires en Algérie ainsi qu’à l’étranger.

    Par ailleurs, depuis la matinée d’avant-hier, tous les avions privés, immatriculés en Algérie ou à l’étranger, sont interdits de vol. Une instruction de la Direction de l’aviation civile a été adressée à tous les aéroports du pays. Aucun avion privé appartenant à un Algérien, qu’il soit immatriculé en Algérie ou à l’étranger, ne peut décoller des aéroports algériens ou y atterrir en provenance de l’étranger.

    Plusieurs jets privés appartenant à des hommes d’affaires algériens sont cloués au sol suite à cette interdiction.

    Pour rappel, le célèbre homme d’affaires Ali Haddad, deuxième fortune du pays, a été arrêté avant-hier tard dans la nuit au poste frontalier d’Oum Tboul en possession d’une somme d’argent en devises et d’un passeport britannique.

    Le patron du groupe ETRHB avait dissimulé l’argent dans ses valises et s’apprêtait à quitter le pays à bord d’un véhicule de marque Passat immatriculé à Alger. Le mis en cause a été rapatrié vers Alger par les services de la Gendarmerie nationale pour une enquête approfondie confiée aux sections et aux brigades économiques et financières.

    L’arrestation d’Ali Haddad, ex-patron du Forum des chefs d’entreprises, ainsi que la vaste enquête menée par la justice à l’encontre de plusieurs hommes d’affaires et de hauts responsables pour des faits de corruption et de dilapidation d’argent public, marquera sans doute le lancement d’une chasse aux oligarques longtemps protégés par le système.

    Le Jeune Indépendant, 1er avr 2019

    Tags : Algérie, Présidentielles 2019, Bouteflika, oligarchie, fortunes, corruption, malversation,

  • Prince Hicham : La démocratisation de l’Algérie va mettre le Maroc dans une situation difficile

    Prince Hicham : La démocratisation de l’Algérie va mettre le régime marocain dans une situation difficile

    Le prince marocain Hicham Alaoui souligne que l’institution militaire algérienne pourrait apprendre de la méthodologie/manœuvre du Makhzen marocain pour répondre aux exigences démocratiques du peuple algérien. Rappelant que si les Algériens parviennent à instaurer la démocratie, le Maroc sera dans une situation difficile.

    Hicham Alauí a exposé ces idées lors d’une conférence à l’Université Duke le 28 mars 2018. Le titre était “Le monde arabe entre révolution et contre-révolution”. Cette conférence coïncide avec le retour du printemps arabe dans des pays comme le Soudan, la Jordanie et surtout l’Algérie. Les idées principales de cette conférence sont :

    1 : Le printemps arabe et ses conséquences ressemblent beaucoup aux révolutions européennes de 1848. Une différence, cependant, est que la réaction contre-révolutionnaire contre le printemps arabe produit une version rénovée et non éclairée de l’autoritarisme qui ignore la nouvelle réalité sociale et au lieu de cela réduit son pouvoir patriarcal et despotique.

    Alors que les despotes éclairés de l’Europe ont cherché à absorber et à détourner le changement en offrant aux citoyens un nouveau type d’ordre politique, ou du moins des réformes conçues pour intégrer des formes croissantes de conscience nationaliste, l’ordre du printemps post-arabe offert par les autocrates régionaux est différent. Il tente d’écraser le changement en éliminant toute dissidence.

    2 : Situation au Maghreb. Comme l’Egypte, l’armée algérienne est l’épine dorsale de l’Etat. L’ère Bouteflika a été une modeste reconfiguration de cette formule, alors que le président civil grignotait cette hégémonie en faisant appel à de nouvelles élites commerciales et en réorganisant les services de sécurité. La chute de Bouteflika marque le retour de l’armée sur le devant de la scène politique algérienne. Ce moment politique est une transition, mais pas nécessairement démocratique. L’armée algérienne tentera d’apprendre de son ennemi juré, le makhzen marocain, en recyclant le système et ses élites. A l’inverse, le Makhzen marocain regarde l’Algérie avec appréhension. Les deux régimes, monarchique et militariste, ont des caractéristiques communes ; ce sont des autocraties libéralisées avec des élites pluralistes et des processus décisionnels opaques. Si le régime algérien fait de véritables pas vers la démocratisation, le système marocain se trouvera dans une position délicate.

    3 : La Chine et la Russie sont des puissances internationales qui n’ont aucun intérêt à promouvoir la démocratisation. Cependant, ils utilisent des stratégies différentes pour ce faire. La Russie fournit une couverture diplomatique aux autocraties, comme en Syrie et en Ukraine, et est même disposée à intervenir militairement pour renforcer leurs régimes favoris. La Chine est plus subtile, soutenant les autoritaires du Moyen-Orient par des ressources économiques et financières, ainsi que par une augmentation prometteuse du commerce et des investissements.

    Source : AlifPost

    Tags : Maroc, Algérie, Makhzen, Hicham Alaoui, Prince Hicham, Moulay Hicham, Bouteflika, article 102,

  • À quoi bon les F-16 Viper US que livrent les USA au Maroc ?

    Le cas algérien est sans doute une exception ! Les États-Unis ont bien rongé leur frein avant de finir par faire tomber leur masque alors que les contestations populaires entrent dans leur sixième semaine et que l’armée nationale demande le recours à l’article 102 de la Constitution et la mise à l’écart du président sortant.

    Dans un point de presse jeudi, le département d’État US affirme que c’est au peuple algérien de décider comment doit se dérouler la période de transition en cours dans le pays.

    La chaîne saoudienne Al-Arabiya, porte-voix du régime saoudien, a diffusé un documentaire où elle privilégie les théories du front Polisario, concernant la région du Sahara.

    Ce qui veut dire très clairement que l’Amérique de Trump n’a cure ni de l’État ni de l’armée algérienne, encore moins des solutions que celle-ci pourrait apporter pour une sortie de crise.

    Pour dire la vérité, les États-Unis s’accommodent fort bien de ce que le blocage perdure et que des mains invisibles aux ramifications obscures repoussent automatiquement toute solution à la crise, d’où cet appel de Palladino à « respecter le droit du peuple algérien à se rassembler et à exprimer pacifiquement son opinion pour que s’accomplissent ses aspirations économiques et politiques ».

    D’ailleurs, sous les dehors d’« une salutation parfaitement hypocrite », le diplomate américain évoque « l’engagement du gouvernement algérien à assurer la sécurité de tous les manifestants ». Pour ceux et celles qui se souviennent du début de la crise syrienne en 2011 et les encouragements transatlantiques à l’adresse du « mouvement pacifique du peuple syrien », ces mots en apparence bienveillants sonnent évidemment bien faux.

    Il y a plus. Le feu vert du Congrès inclut la mise à niveau des F-16 Block 52 de l’armée de l’air marocaine au standard Block 72. Pourquoi ? Le Congrès explique ainsi sa décision : « Le Maroc devrait pouvoir faire face à tout danger éventuel lié à la prise de contrôle des Soukhoï Su-30 algériens si ces appareils venaient à tomber entre les mains d’éléments non étatiques. » Un scénario imaginé par certains cercles du Congrès US qui semblent avoir tiré une leçon de l’échec américain en Syrie, où les milices terroristes n’ont jamais pu réellement s’imposer faute d’avoir un soutien aérien à proprement parler.

    La manipulation des populations par des parties tierces demeure aisée et très efficace, notamment par le biais des réseaux sociaux où les dérapages sont fort nombreux. Une armée électronique algérienne a été mise sur place pour contenir les attaques émanant de Libye et de Chypre, mais son action demeure jusqu’ici fort limitée.

    Pour le reste, la presse outre-Atlantique adopte déjà largement le mot « Hirak » pour désigner les protestations de la rue algérienne. Ce n’est pas anodin. Les sources américaines expliquent que le mot s’est déjà appliqué à la guerre de libération du mouvement sudiste au Yémen (à connotation séparatiste), mais aussi au mouvement de contestation du Rif au Maroc.

    C’est dire dans quel sens les stratèges US, déjà largement présents au Sahel, comptent orienter les protestations en Algérie. La grande question est : réussiront-ils à le faire ?

    PressTV

    Tags : Maroc, Algérie, Hirak, Bouteflika, article 102,

  • Algérie – La deuxième république n’est pas un vain mot, mon général, ministre de la république.

    Mon général, monsieur le ministre,

    Je m’adresse à vous en tant que citoyen libre dans sa pensée (libre penseur), universitaire, écrivain, enfin intellectuel, si mes capacités me le permettent de l’affirmer. Aussi, enfant ayant aiguisé son amour à la patrie dans le berceau de notre armée. Je n’ai pas connu le classique collège du théorème de Pythagore, ni la cour et le dortoir du respectable lycée des années soixante dix. J’étais dans un monde où la rigueur faisait foi dans notre éducation multidimensionnelle. Je vivais dans l’espace du clairon qui annonçait l’extinction des feux et le réveil matinal en l’absence de la douce voix maternelle.

    J’avais à peine neuf ans quand on m’a extirpé de mon environnement parental pour une éducation complémentaire et un rude apprentissage dans les salles de cours. J’étais le cadet de notre glorieuse révolution, le cadet de ceux qui ont défié la mort pour la liberté, le cadet de l’indépendance, héritier de ces valeureux hommes. Heureusement que cet héritage demeure un gène inextirpable, du fait qu’il n’est pas matériel.

    J’appartiens au peuple auquel vous vous êtes adressé du pupitre d’une caserne militaire .Du coup, vous avez accepté de vous soumettre à la critique citoyenne issue du mouvement de la liberté, celui du changement radical . Le discours de la « République démocratique et populaire » n’a pas plus sa place, et ce depuis la révolte citoyenne des jeunes du 22 février 2019.

    La « RADP », un slogan vide de son réel contenu philosophique, ne pouvait enfanter un cadre juridique à travers lequel le peuple espérait mettre en œuvre les outils avérés dans la construction d’une société moderne. Un rappel historique est nécessaire pour vous rappeler que lors du congrès de Tripoli en 1962, et devant le forcing instauré sur le GPRA par l’Etat Major Général présidé par feu colonel Boumédiène, pour la désignation du bureau politique du FLN qui avait pour tâche de préparer la phase de transition avec l’élection de l’assemblée constituante, et devant l’absence du consensus sur les personnalités qui devaient constituer le dit bureau politique, feu Seddik Benyahia, ne pouvant plus gérer la réunion, suspend les travaux du congrès le 05 juin de la même année. La suite est connue pour arriver au 22 février 2019 et voir le peuple s’extérioriser pacifiquement en lançant haut et fort : « Système dégage ». Ce système est né lors de ce congrès dont les travaux sont restés suspendus à ce jour.

    Mon général, monsieur le ministre, cette lettre est destiné au vice ministre de la défense nationale, à l’homme politique, l’homme public, et non pas au chef d’état major. La distinction est de taille. C’est une réponse à vos discours destinés au peuple à partir de casernements militaires. Je refuse d’impliquer l’institution militaire populaire dans le fond et la forme et qui est en dehors de la « République » hégémoniste que le peuple subi depuis la disparition du GPRA. La première « RADP »n’est qu’un slogan imprégné du Baathisme, pour pérenniser un pouvoir qui ne sort nullement du cadre de la « monarchie » archaïque habillée en costume de « république » dont le tissu est de très mauvaise qualité. D’une façon générale Quand la maturité politique fait défaut, l’erreur est omniprésente.

    Mon Général, monsieur le ministre, vous avez rendu visite au « Président » Bouteflika lors de son hospitalisation à l’hôpital militaire français ‘Val De Grâce’ , et où vous avez constaté de visu l’état de santé tout en prenant certainement acte des rapports médicaux inquiétants. C’était à ce moment précis que vous auriez du déposer votre démission du gouvernement, refusant d’emblée le fait accompli. À cet instant, vous auriez du proposer comme vous venez de le faire tardivement, l’application de l’article 102 de la constitution. Malheureusement, votre attitude s’est confondue au silence du consentement jusqu’à vous taire sur le ridicule, à savoir garantir un quatrième mandat à un candidat invalide, éclipsé par son état de santé.

    Mon général, monsieur le ministre,

    Lors de votre dernière déclaration publique vous avez précisé que l’institution militaire se limitera à ses prérogatives constitutionnelles .Cela veut dire tout simplement que votre proposition sur l’application de l’article 102 de la constitution sortait du cadre de vos prérogatives en tant que chef d’état major de l’ANP. Seulement, votre déclaration n’était pas fortuite je pense, car depuis l’avènement du congrès de Tripoli, l’institution militaire est toujours garante dans la désignation ou la destitution du président de la république.Tous les présidents qui ont géré le pays ont fait partie de l’institution militaire, mis à part le défunt Boudiaf.

    Mon général, monsieur le ministre, le peuple est fier de ses enfants qui garnissent les rangs de notre armée populaire, et ne peut s’éloigner de cette dernière pour assurer la stabilité et la sécurité de notre pays. Il existe une véritable symbiose entre le peuple et son armée. Toutefois, l’institution militaire ne saurait être indifférente, lorsque l’instabilité politique est en mesure de déchiqueter les repères de la nation et provoquer un enlisement sans précèdent. Le mouvement du 22 février 2019 entame la marche pacifique pour aboutir à l’éradication du système mafieux qui a marginalisé les compétences au profit de la médiocrité source de dilapidations des richesses du peuple .

    Une véritable mafia micro-régionaliste s’est emparée de l’appareil judiciaire pour faire taire les voix militantes au profit des mains sales. Même leurs enfants se sont gambadés sur le dos de la « République » devant les yeux meurtris d’une jeunesse accablée par la HOGRA, préférant et dans le désespoir, offrir leur corps à la faune marine méditerranéenne que de disparaître à petit feu dans leur pays natal.

    En conclusion, je dois vous assurer que la peur a changé de camp, et le peuple uni dans sa démarche pacifique, mettra fin à l’hégémonie de ce système qui agonise, qui étouffe et qui n’arrive plus à tenir debout. FAKHAMATOUHOU, « le roitelet » de la république écorchée n’existe plus. Enfin, la naissance de la deuxième république n’est pas un vain mot monsieur le ministre, car les articles 7 et 8 de la constitution sont les garants dans sa construction.Vive l’Algérie Horra Dimocratia, Allah yerham Echouhadas et GLOIRE à notre jeunesse, symbole du HIRAK du 22 février 2019.Que dieu tout puissant protège notre ANP.

    Mes sincères respects.

    Dr Driss Reffas , le 31 mars 2019

    31 mars 2019

    Bel-Abbas Info

  • Algérie: Urgence signalée

    » Dans un mois à peine, il sera trop tard pour agir, sauver le pays des graves dérives qui le menacent « .

    Par Mohamed Abdoun :

    La protesta populaire a fait mieux que ne pas faiblir. Elle a, en effet, pris un regain de vigueur qui annonce des vendredis tous plus agités et animés les uns que les autres. Comme il fallait s’y attendre, et comme je le prédisais dans un édito commentant la proposition du chef d’état-major pour la sortie de crise, je peuple répond massivement non.

    La proposition de Gaïd Salah, outre le fait qu’elle provoque une sorte d’immixtion de l’institution militaire dans les questions politiques, intervient bien trop tardivement. Les partis, organisations, et médias qui se sont empressés de s’aligner derrière cette tardive proposition, sans doute par opportunisme, en auront ainsi pris pour leur grade, si je puis dire.

    Cette proposition, comme je l’écrivais le jour-même de sa formulation, aurait été la bienvenue si elle était intervenue à peine deux ou trois semaines plus tôt. A présent, son obsolescence a clairement été démontrée par les manifestations monstres intervenues partout dans le pays, avec des mots d’ordre et des slogans quasi-identiques.

    Excédé, et chauffé à blanc face à la sourde oreille du pouvoir, le peuple a fini par placer la barre de ses revendications aussi haut que possible. Désormais, il ne veut rien moins que le départ du système. Tout le système. Celui-ci n’a pas d’autre choix que d’y donner suite, s’il ne veut pas mettre en péril la stabilité-même du pays.

    La rupture passe forcément par une urgente convocation d’une élection présidentielle. Mais pas avant d’avoir révisé la loi électorale afin de permettre la mise en place d’une commission d’organisation des élections absolument indépendante, et acceptée par tous.

    Parallèlement, un gouvernement technique, et réduit au minimum, sera également mis en place. Le président de la République, toujours en poste, et dont le mandat court toujours, jouit de toutes les prérogatives constitutionnelles et régaliennes pour accomplir tout cela, et sortir par la grande porte.

    Dans un mois à peine, il sera trop tard pour agir, sauver le pays des graves dérives qui le menacent. Il n’est pas difficile d’inscrire son nom au panthéon de l’histoire de l’Algérie.

    Pour cela, il suffit juste de savoir être à l’écoule de son admirable et glorieux peuple. L’exercice est à la portée de tous. Les manifestants répètent inlassablement les mêmes slogans et les mêmes revendications.

    M. A.

    Tribune des Lecteurs, 30 mars 2019

  • Algérie : L’exploit

    L’Algérie qui a écrit de belles pages de son Histoire qui ont émerveillé le monde, est en passe, actuellement, d’en réaliser une autre, de toute beauté. Nous vivons effectivement des instants Historiques. N’était-ce le sort politique d’un homme qui a beaucoup compté dans le parcours de la République qui se termine un peu en queue de poisson, on pourrait qualifier ces instants de magiques.

    Voilà donc un peuple qui, par la force de son engagement pacifique et sa détermination dans l’unité, la bonne humeur et un sens élevé du patriotisme, a réussi là où beaucoup d’autres ont dû sacrifier des centaines de vies humaines et traverser de grandes crises.

    Les Algériens sont en passe de réussir leur grande révolution pacifique, justement parce qu’ils ont déjà vécu des épisodes douloureux de leur histoire. Une douleur qu’il fallait vivre pour arracher l’indépendance, puis pour accéder à la démocratie, ensuite pour se réapproprier leur dimension identitaire millénaire.

    La somme de toutes les expériences qui, chacune en son temps, avait suscité l’admiration de la planète entière, a mis les Algériens sur la voie de la maturité politique. Ce peuple qui retient les leçons de l’Histoire et avance résolument en prenant en compte ses expériences passées, a unanimement pris la forte résolution de renforcer sa démocratie, en optant pour une République plus juste et qui s’inspire véritablement du droit. Il a réussi à passer un cap essentiel de la vie de la nation, sans effusion de sang, ni de débats stériles et encore moins de disputes byzantines.

    Le peuple Algérien uni dans sa lutte pacifique, a réussi l’extraordinaire exploit de sortir par millions 5 vendredis de suite pour dire sa volonté de changement.

    Il faut dire que cet exploit magnifique que les peuples de la planète le reçoivent comme une autre leçon de courage et d’abnégation pour la nation, a été réalisé grâce à un Etat qui, lui aussi, a appris de ses erreurs. Les institutions de la République, notamment, celles chargées de l’ordre public et de la sécurité, ont appliqué à la lettre près, l’article 7 de la Constitution, à savoir que la souveraineté revient au peuple et qu’il est en définitif le seul à l’exercer.

    Les policiers et les militaires ont parfaitement compris le sens de l’expression «Djeich, Chaab, Khawa Khawa». Ils se sont mis au service de leur peuple et de leur nation. Le résultat est cette très belle démonstration de révolution totalement et parfaitement pacifique.

    Il est cependant clair que la marche vers la démocratie n’est pas finie. Il reste encore du chemin à faire, peut être même que le plus dur reste à réaliser. Les uns et les autres ne sont pas encore d’accord sur les détails. Mais le peuple souverain, saura les guider. En grand timonier de son propre navire.

    Par Nabil.G

    Ouest Tribune, 27 mars 2019

    Tags : Algérie, présidentielles 2019, Bouteflika, transition, article 102,

  • Algérie : Mobilisation intacte

    DES MILLIONS D’ALGÉRIENS À NOUVEAU DANS LES RUES :
    Mobilisation intacte

    Au sixième vendredi de manifestations nationales populaires contre Abdelaziz Bouteflika, son régime et l’ensemble du système, la mobilisation reste extraordinairement forte et la détermination des Algériens toujours aussi intacte quant à rejeter toutes les propositions émanant du pouvoir. Après le cinquième mandat, le prolongement du quatrième contenu dans « le plan de travail » proposé par Bouteflika le 11 mars dernier, c’était au tour de la proposition de Gaïd Salah de subir l’épreuve de ce qui est devenu un référendum national hebdomadaire.

    Kamel Amarni – Alger (Le Soir) 

    Et d’ores et déjà, l’on notera que l’appel du chef de l’état-major de mardi dernier n’a en rien influé sur « le taux de participation » aux marches du vendredi. Ce 29 mars aussi, ils étaient des millions à battre le pavé, pour réclamer le changement et, en l’occurrence, à juger que, globalement, l’application de l’article 102 de la Constitution n’est plus dans l’agenda de la rue !

    Trop peu, trop tard, estime, en quelque sorte, la population qui conteste son application par le personnel politique du pouvoir. Plus précisément, l’actuel président du Conseil de la Nation, Abdelkader Bensalah, et le gouvernement de Nouredine Bedoui. L’un comme président intérimaire et l’autre comme exécutif en charge des affaires publiques jusqu’à l’élection d’un futur président de la République, comme le stipule effectivement l’article 102, s’il est appliqué en l’état actuel des choses.

    A l’arrivée, le pays s’englue encore davantage dans une crise politique sans précédent et qui est d’autant plus inextricable, que les manifestations que vit l’Algérie en ce printemps 2019 sont nationales, générales, incluant toutes les catégories de la société et toutes les générations et ne sont chapeautées par aucune tutelle partisane ou politique.

    C’est un face-à-face direct entre le pouvoir et le peuple et donc, sans aucune possibilité de concevoir un dialogue « à l’ancienne ». Une situation d’impasse inédite et qui explique l’intervention de l’institution militaire dans le débat, à travers la proposition de Gaïd Salah. Mardi, à partir du sud-est du pays, l’homme fort de l’ANP avait affirmé qu’« afin de prévenir notre pays de toute situation incertaine, il est du devoir de tout un chacun d’œuvrer avec patriotisme et abnégation, et de privilégier les intérêts suprêmes du pays, afin de trouver, dans l’immédiat, une solution de sortie de crise.

    Une solution qui s’inscrit exclusivement dans le cadre constitutionnel, qui constitue l’unique garantie pour la préservation d’une situation politique stable ». Pour le pouvoir donc, le cadre doit être « exclusivement constitutionnel », à travers l’article 102, excluant de fait, toute autre option, autrement dit, une période de transition.

    Devant le rejet exprimé hier vendredi, le pouvoir est encore appelé à davantage de concessions pour faire accepter sa feuille de route. A en croire des sources crédibles, il a été convenu entre Bouteflika et l’armée d’un agenda qui prévoit la nomination d’un nouveau gouvernement et d’un remplaçant pour l’actuel président du Sénat, Abdelkader Bensalah , voire même, aussi, pour Tayeb Belaïz, préalablement à une démission de Bouteflika ; démission qui enclencherait la procédure de la mise en application de l’article 102 de la Constitution par le Conseil constitutionnel.

    Epargnée par la colère populaire, l’institution militaire aura, dans tous les cas, un rôle central à jouer dans les jours et les semaines à venir. Un rôle qui sera déterminé par l’évolution de la situation politique générale sur le terrain.

    Gaïd Salah avait d’ailleurs prévenu, mardi dernier, à partir de Djanet, qu’«en dépit du caractère pacifique et du civisme qui caractérisent ces marches jusqu’à présent, qui démontrent la grandeur du peuple algérien, sa conscience et sa maturité, et qui a tenu à préserver l’image de marque dont jouit l’Algérie parmi les nations, il est de notre devoir de souligner que ces marches pourraient être exploitées par des parties hostiles et malintentionnées, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, qui usent de manœuvres douteuses visant d’attenter à la stabilité du pays. Des desseins abjects que ce peuple conscient et éveillé saura mettre en échec ».

    Il est également à prévoir d’autres sorties médiatiques du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah dans les jours à venir.

    K. A.

    Le Soir d’Algérie, 30 mars 2019

    Tags : Algérie, présidentielles 2019, Bouteflika, transition, article 102,