Étiquette : campagne électorale

  • Voilà pourquoi Trump est revenu à la Maison Blanche

    Par Moon of Alabama − Le 6 octobre 2020

    Hier, le président Donald Trump a révélé cette intéressante stratégie de réélection :

    Par Moon of Alabama − Le 6 octobre 2020

    Hier, le président Donald Trump a révélé cette intéressante stratégie de réélection :

     

    Agrandir – Je vais sortir du centre médical Walter Reed aujourd’hui à 18h00. Je me sens vraiment bien ! N’ayez pas peur de la Covid. Ne la laissez pas dominer votre vie. Nous avons développé, sous l’administration Trump, d’excellents médicaments et de l’expérience. Je me sens mieux qu’il y a 20 ans.

    Il s’agit d’un pari de la dernière chance, pris à un risque personnel élevé.

    Trump n’était certainement pas assez bien pour sortir de l’hôpital.

    On ne sait pas vraiment quand Trump a été infecté par le virus SARS-CoV-2 et quand il est tombé malade de la Covid-19. Les traitements que ses médecins ont dit avoir utilisés avec lui sont quelque peu contradictoires. Après le diagnostic de la Covid-19, Trump a reçu une forte dose d’anticorps monoclonaux qui attaquent directement le virus et réduisent la croissance globale des virus. Le remdesivir, un médicament antiviral qui réduit la production d’ARN viral, a également été administré :

    Il semblerait que si vous donnez des anticorps monoclonaux, il vaut mieux les administrer tôt dans le cours de la maladie, lorsque le traitement est encore en mode antiviral. L'ajout d'une cure de remdesivir de cinq jours au schéma thérapeutique convient également à cela : les deux sont conçus pour réduire la quantité de virus présente et (en théorie) empêcher la maladie de progresser vers un stade plus sévère.

    Les deux thérapies ont plus de sens dans la première phase d’une infection virale alors qu’elle ne se situe encore que dans la partie supérieure du système respiratoire. Dans cette phase, le système immunitaire normal est toujours en train de renforcer ses défenses. Mais Trump semble avoir déjà été dans la deuxième phase de l’infection où le virus est dans les poumons et lorsque le système immunitaire commence à attaquer le corps. Il a, au moins deux fois, manqué d’oxygène dans le sang, probablement sans le ressentir. Cette «hypoxémie heureuse» est typique de la Covid-19 :

    L'adéquation de l'échange gazeux est principalement déterminée par l'équilibre entre la ventilation pulmonaire et le flux sanguin capillaire, appelé appariement ventilation / perfusion (V / Q). Dans la phase initiale de la COVID-19, plusieurs mécanismes contribuent au développement de l'hypoxémie artérielle, sans augmentation concomitante du travail respiratoire. Une détérioration clinique rapide peut survenir.

    À ce stade, Trump a été amené à l’hôpital Walter Reed et a commencé la thérapie antivirale. Mais sa maladie a dû s’aggraver. Après son deuxième jour à l’hôpital, ses médecins ont annoncé qu’il avait reçu le corticostéroïde dexaméthasone :

    Le stade sévère se manifeste par une réponse immunitaire hyperactive menant à la fameuse «tempête de cytokines», et potentiellement de gros problèmes. La dexaméthasone semble vraiment être la meilleure thérapie que nous ayons pour le moment. J'ai donc trouvé intéressant - et pas dans le bon sens - que l’équipe médicale du président l’ait effectivement mis sous dexaméthasone, car son mode d’action consiste à atténuer la réaction inflammatoire. Et si une personne en est encore aux premiers stades de l’infection, c’est le contraire de ce que vous voulez faire.

    Les médecins ont également déclaré que le scanner thoracique de Trump montrait ce à quoi ils s’ « attendaient » sans décrire ce que c’était. Cela signifie probablement que le virus avait commencé à attaquer les poumons :

    En raison d'un œdème pulmonaire accru (conduisant à des opacités de verre dépoli et à une consolidation sur l'imagerie thoracique), à ​​une perte de surfactant et à une pression surimposée, un collapsus alvéolaire s'ensuit et une fraction substantielle du débit cardiaque perfuse les tissus pulmonaires non aérés, entraînant un shunt intra-pulmonaire.

    Cela a augmenté le besoin de donner de l’oxygène supplémentaire et de commencer par le stéroïde anti-inflammatoire.

    Agrandir

    Si la maladie ne peut pas être arrêtée à ce stade, les prochaines conséquences dangereuses, de petits caillots sanguins (microthrombi) sont susceptibles de se produire. Trump devra prendre une sorte d’anticoagulant pour empêcher ceux-ci de provoquer un accident vasculaire cérébral.

    Aucun médecin sain d’esprit ne libérerait à ce moment là un patient de l’hôpital.

    Mais Trump voulait être de retour à la Maison Blanche. Il a calculé qu’il devait montrer que le virus pouvait être vaincu.

    Il n’a aucune autre chance de gagner les élections. Les gens croient à juste titre qu’il a foiré la réponse américaine à la pandémie. Même les électeurs plus âgés qui ont voté pour Trump en 2016 disent maintenant qu’ils voteront contre lui :

    Dans un récent sondage Washington Post-ABC, 52% des électeurs de plus de 65 ans ont probablement soutenu Biden, contre 47% pour le président Trump. Il y a quatre ans, Trump a gagné ces électeurs sur Hillary Clinton.

    Trump en a été averti très tôt. Comme Tomas Pueyo l’a écrit en avril :

    Plus vous êtes âgé, plus vous avez de chances de voter républicain et de mourir du coronavirus. Les électeurs âgés de 80 ans et plus sont 80 fois plus susceptibles de mourir du coronavirus que ceux de moins de 40 ans (taux de mortalité de 16% contre environ 0,2%).
    
    Cet effet est suffisamment fort pour que les personnes qui ont voté pour Trump lors des élections de 2016 soient environ 30% plus susceptibles de mourir du coronavirus que les Démocrates. Dans certains États en ballottage de l'élection de 2016, comme la Pennsylvanie, si le coronavirus était devenu incontrôlé, cet effet à lui seul aurait pu éliminer jusqu'à 30% de l'écart entre les républicains et les démocrates lors de l'élection de 2016.

    Trump ne peut plus convaincre les électeurs, en particulier les plus âgés, qu’il a tout fait pour les protéger du virus. Ce qu’il peut probablement encore faire est de les convaincre que cela n’a pas d’importance parce que le virus peut être vaincu.

    Pour ce faire, Trump devait se mettre en scène.

    Je ne veux pas suggérer que Trump s’est infecté intentionnellement. Mais il a fait à peu près tout ce que l’on ne devrait pas faire si l’on veut empêcher l’infection.

    Trump est relativement vieux, il a des facteurs de risque supplémentaires et malgré cela, il peut maintenant dire qu’il a vaincu le virus. S’il ne lui arrivait plus rien, personne ne pourrait en douter.

    Son vrai message dans cette vidéo de la Maison Blanche est : « Je l’ai battu. Vous pouvez le battre. Le virus n’a pas vraiment d’importance. Ignorez-le. »

    Ce message, dans diverses variantes, sera désormais répété tous les jours. Certaines personnes commenceront à y croire et cela pourrait en effet aider Trump à gagner les prochaines élections.

    Il y a des risques dans cette stratégie. Certains de ceux qui ont récemment été infectés à la Maison Blanche peuvent mourir. Cela conduirait à des accusations selon lesquelles Trump a causé cela par son imprudence.

    Un autre risque, personnel celui-la, que prend Trump, est le fait qu’il n’a pas encore vaincu le virus. Il peut encore avoir besoin d’oxygène. Ses poumons sont toujours touchés et mettront plusieurs semaines à guérir. Ce virus est insidieux. Il y a un risque qu’il y ait une sorte de rechute ou de complication qui nécessitera un traitement supplémentaire chez Walter Reed. La Maison Blanche est équipée pour les urgences médicales mais pas pour les soins intensifs qui s’ensuivent souvent. Si Trump doit retourner à l’hôpital, sa stratégie échouera probablement.

    Trump recevra toujours de la dexaméthasone. Ce médicament a des effets secondaires et son abandon peut être délicat :

    • La production de corticostéroïdes est contrôlée par un «mécanisme de rétroaction», impliquant les glandes surrénales, l’hypophyse et le cerveau, appelé «axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien» (HPAA).
    • L’utilisation de doses importantes pendant quelques jours ou de doses plus petites pendant plus de deux semaines entraîne une diminution prolongée de la fonction HPAA.
    • L’utilisation de stéroïdes ne peut pas être interrompue brusquement ; la réduction progressive du médicament donne aux glandes surrénales le temps de revenir à leurs schémas normaux de sécrétion.
    • Les symptômes et signes de sevrage (faiblesse, fatigue, perte d’appétit, perte de poids, nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales) peuvent masquer de nombreux autres problèmes médicaux. Certains peuvent mettre la vie en danger.

    Il est peu probable que Trump revienne bientôt sur la scène électorale. Il pourra être heureux s’il a assez d’énergie pour le prochain débat télévisé avec Joe Biden. Il aura probablement besoin de médicaments supplémentaires pour le soutenir.

    Lorsque le Premier ministre britannique Boris Johnson est tombé malade avec la Covid-19, son approbation dans les sondages a augmenté. Nous n’avons pas vu cet effet pour Trump. Mais les sondages peuvent être erronés. Ils se sont trompés en 2016 parce que beaucoup de ceux qui ont été interrogés ne voulaient pas admettre qu’ils voteraient pour Trump. Cet effet peut maintenant être encore plus fort qu’il ne l’était à l’époque.

    Le retour de Trump à la Maison Blanche envoie un message de confiance. Il est probable que cela lui apportera des voix supplémentaires.

    En décidant de quitter l’hôpital tôt, Trump a montré sa volonté de prendre un risque personnel important pour obtenir sa réélection. On peut détester le bâtard mais l’admirer pourtant pour cela.

    Moon of Alabama

    Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone


    Tags : Etats-Unis, USA, Donald Trump, coronavirus, covid 19, campagne électorale, élections, présidentielles, 


  • Nouvelle audition de Sarkozy par la justice française

    NICOLAS SARKOZY À NOUVEAU ENTENDU DANS L’ENQUÊTE SUR LE FINANCEMENT LIBYEN DE SA CAMPAGNE DE 2007

    L’enquête pour « corruption passive », « recel de détournement de fonds publics » et « financement illégal de campagne » dont est suivi Nicolas Sarkozy a été largement validé le 24 septembre par un arrêt de la courd ‘appel.

    Depuis 2019, le président devenu célèbre par son utilisation de l’expression « pauv con » n’a jamais été inquiété ni entendu par les juges et prétend être « totalement innocent dans cette affaire ». Pire encore, il dénoncé grossièrement un « complot » au sujet de l’accusation d’avoir financé sa campagne présidentielle de 2007 avec de l’argent de celui qu’il assassinera froidement 4 ans plus tard.

    Selon l’AFP, qui cite les juges chargés de l’enquête, Nicolas Sarkozy a de nouveau été entendu hier sur ce dossier. Une information qui a déjà été diffusée par le site Mediapart.

    Dans ce dossier, M. Sarkozy a été mis en examen en mars 2018 pour « corruption passive », « recel de détournement de fonds publics » et « financement illégal de campagne ». Il pourrait être interrogé a propos des versements qui auraient été réalisés par un de ses anciens collaborateurs, Thierry Gaubert, mis en examen le 31 janvier pour « association de malfaiteurs ». Les juges soupçonnent que de telles sommes auraient pu être utilisées pour doper le budget de la campagne de Nicolas Sarkozy.

    Selon la même source, l’entourage de Sarkozy n’a pas daigné répondre aux sollicitations de l’AFP.

    Tags : France, Nicolas Sarkozy, élections présidentielles, campagne électorale, dépenses, financement illégal, Kadhafi, 

  • Etats-Unis : A la campagne comme à la guerre

    Par Mohamed Habili

    En ce moment précis, les gens à travers le monde ont les yeux tournés, en premier lieu à l’évolution de la pandémie, dont leur avenir même peut dépendre ; en second, à celle de la maladie du président américain ; et enfin, à la guerre dans le Haut-Karabagh, le seul conflit armé qui ait éclaté en dépit de la crise sanitaire mondiale. Alors que celles qui avaient commencé bien avant se sont aujourd’hui soit calmées, soit arrêtées, comme en Libye, où les négociations ont pris la relève et semblent même progresser.

    Donald Trump a créé la surprise avant-hier en s’autorisant une brève escapade pour aller saluer ses partisans massés autour de l’hôpital. Personne, pas même Jair Bolsanaro, l’homme qui lui ressemble le plus, n’aurait osé pareille conduite, aussitôt condamnée par les démocrates en des termes qui disent assez que la trêve est terminée et que la campagne retrouve toute sa férocité. Il faudrait s’intéresser de près aux prochains sondages, pour voir comment a été reçue l’équipée courte mais périlleuse du patient Trump. Encore que périlleuse, elle l’ait été surtout pour sa garde la plus rapprochée, embarquée dans la même voiture que lui, lui le pestiféré.

    A la différence de Boris Johnson et de Jair Bolsanaro, deux des «coronasceptiques» à avoir été contaminés comme pour l’avoir cherché, mais dont l’élection est récente, Trump a une campagne à terminer, et même à redresser, compte tenu de l’avance de son rival dans les sondages.

    On l’estime désormais à 14 points, ce qui à première vue semble dire que les jeux sont faits. Les médecins de Trump n’excluent pas qu’il sorte de l’hôpital dans les heures qui viennent, à supposer que cela ne soit pas déjà fait. On ne peut toutefois exclure que sa maladie évolue tout différemment. Que bien loin de pouvoir revenir à la Maison-Blanche pour se replonger dans la campagne, il voit son état empirer soudain pour se retrouver entre la vie et la mort.

    Ce ne serait pas la première fois que le Covid-19 fasse mine d’abord d’accorder sa grâce pour ensuite revenir sur sa décision. Ce qui vaut pour une personne vaut également pour un pays. Certains de nos voisins ont cru être au bout de leur peine qui ensuite ont dû déchanter, et reconfiner à la hâte. Il faut craindre qu’il nous arrive la même chose. Six mois plus tard, l’épidémie est toujours là, mais on n’en voit pas le bout. Elle reprend du poil de la bête là où précisément elle a semblé refluer.

    Aux dernières nouvelles, les autorités de la ville de New York, autant dire le centre du monde, envisagent sérieusement la refermeture, non pas seulement des bars et restaurants, comme à Paris et ailleurs en Europe, mais celle des écoles. Pour autant, ce n’est pas parce que la pandémie est plus que jamais au centre de la campagne que Donald Trump est condamné à perdre devant Joe Biden. S’il n’est pas envoyé pour de bon au tapis, il pourrait même sortir de l’épreuve plus fort qu’il n’y était entré. Ce qui ne vous tue pas vous renforce. On peut le voir sur les cas de Johnson et Bolsonaro.

    En temps de guerre, le candidat parti au front et d’où il est revenu sain et sauf a plus de chance que le candidat qui ne s’est pas trouvé au contact de l’ennemi. Or une épidémie est quelque chose qu’on a souvent comparé à une guerre. Pour peu que les électeurs américains les assimilent réellement et voilà l’avance de Biden réduite à pas grand-chose.

    Le Jour d’Algérie, 5 oct 2020

    Tags : Etats-Unis, Donald Trump, coronavirus, covid 19, campagne électorale, élections présidentielles, 

  • Etats-Unis : La campagne présidentielle américaine raccourcie d’un mois

    LA QUESTION DU JOUR PAR MOHAMED HABILI

    A l’annonce de l’infection de Donald Trump par le Covid-19, les principales places boursières à travers le monde, de même que les cours pétroliers, ont réagi à la baisse. Modérément sans doute, mais à la baisse quand même, ce qui montre bien que pour elles, c’est là une mauvaise nouvelle.

    Si elles avaient réagi à la hausse, cela aurait signifié que pour elles la perspective d’une disparition de Trump de la scène était quelque chose de souhaitable. Ce serait dans ce cas comme si elles avaient indiqué que c’est dans son rival qu’elles se reconnaissaient, et qu’à leur manière insidieuse elles travaillaient déjà à sa victoire.

    Elles ont ensuite, il est vrai, amorcé leur remontée, mais tout de même pas au point de retrouver leur niveau d’avant, ce qui semble dire qu’elles ne sont pas encore entièrement rassurées. Qu’une mauvaise nouvelle pour Trump et son camp soit reçue comme telle par les marchés financiers, voilà qui est flatteur pour lui.

    Les médias anti-Trump, aussi virulents avec lui qu’il l’est avec eux, ont rapporté cette baisse, mais ils ne s’y sont guère attardés, peut-être seulement de crainte de lui accorder plus d’importance qu’elle n’en a. Ils auraient été obligés de lui prêter une plus grande attention si elle avait été plus importante.

    N’empêche, si au lieu d’une baisse, ç’avait été une hausse, et même plus modérée que ne l’a été la baisse, les grands journaux américains, tous mortellement anti-Trump, n’auraient pas manqué d’y voir un bon présage pour la suite des événements.

    L’hospitalisation de Trump, bien que normale, n’en donne pas moins à penser que son cas n’est pas aussi bénin qu’il a pu sembler d’abord. Toujours est-il qu’elle confirme l’idée que sa campagne électorale est terminée. Elle ne l’est pas que pour lui, mais également pour Joe Biden, qui ne pourrait pas poursuivre la sienne comme si de rien n’était. Ce serait du plus mauvais effet s’il le faisait. Il aurait l’air de tirer profit de la maladie de son rival.

    Pis encore, de s’en réjouir. Un tel manque de goût serait sans doute contreproductif. Moins il en fait, donc, mieux c’est pour lui. Comme il a déjà souhaité prompt rétablissement à Trump, il ne lui reste au fond qu’à se retirer à son tour de la scène, du moins le temps de la quarantaine de Trump, et en entendant que ce dernier reprenne sa campagne. Une hypothèse peu probable, on s’en doute un peu.

    La compétition se trouve ainsi amputée de sa phase la plus intense, sinon la plus décisive, sachant que ce n’est pas dans la dernière ligne droite que les électeurs américains se décident, mais bien avant. Cela est encore plus vrai dans le contexte actuel de polarisation extrême. Quand un pays est divisé en deux camps bien tranchés, comme c’est le cas des Etats-Unis depuis non pas d’hier mais l’élection de Trump, les électeurs ont eu largement le temps de faire leur choix.

    Le président sortant avait d’ailleurs lancé la campagne pour un deuxième mandat dès le début de son arrivée au pouvoir. De même que les démocrates, qui n’ont jamais accepté sa victoire contre Hillary Clinton, s’étaient appliqués dès ce moment à le délégitimer. Ils l’auraient sûrement destitué si en plus de la Chambre des représentants ils avaient pris le contrôle du Sénat aux élections de mi-mandat, il y a maintenant près de deux ans.

    Le Jour d’Algérie, 3 oct 2020

    Tags : Etats-Unis, USA, Donald Trump, Joe Biden, élections, présidentielles, campagne électorale, covid 19, coronavirus, 

  • Reconnaissance de la RASD : les zigzags de la diplomatie mauricienne

    En 2014, le gouvernement de Ramgoolam retire sa reconnaissance officielle de la République arabe sahraouie démocratique. Celui de Jugnauth la restaure moins de deux ans plus tard. Derrière ce revirement, une question de « philosophie » et d’opinions politiques. En toile de fond, une accusation contre Arvin Boolell.

    D’un gouvernement à l’autre, l’État mauricien a retiré sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), puis l’a rétablie en l’espace de quelques années. L’affaire refait surface depuis que le site Maroc Leaks a publié des facsimilés de correspondances de Mohammed Amar, l’ancien ambassadeur du Maroc à Madagascar, alléguant qu’Arvin Boolell voulait que le gouvernement marocain finance sa campagne électorale en 2014, afin de garantir son soutien dans la non-reconnaissance de la RASD. Des allégations qu’Arvin Boolell rejette.

    Reconnaissance retirée

    Dès 1982, Maurice reconnaît la RASD, contrôlée par le Front Polisario, comme état indépendant, alors que le Maroc clame que le territoire concerné lui appartient. Le 8 janvier 2014, Arvin Boolell est ministre des Affaires étrangères quand le gouvernement décide de retirer cette reconnaissance. Le même Boolell explique cette décision au parlement suite à une question d’Ariane Navarre-Marie, le 8 avril suivant. « The decision to withdraw recognition of the Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR) as a State was motivated by the belief that this recognition does not help in the settlement of the issue of the self-determination of the Sahrawi people. It was felt that the decision of recognizing a territory as a State ahead of the conclusion of a process under the aegis of the United Nations was not fully justified and therefore was deemed premature », avait indiqué l’ex-ministre à l’Assemblée nationale.

    Sauf que l’actuel gouvernement renversera la décision, le 20 novembre 2015. Le communiqué du conseil des ministres explique sommairement : « Cabinet has agreed to Mauritius recognizing anew SADR as a sovereign State […] The recognition of the SADR as a sovereign and independent State is a reaffirmation of the support of Mauritius for the inalienable right of self-determination of the people of Western Sahara. »

    Revirement

    Il ne faut pas chercher bien loin les explications derrière ce revirement. « C’est une question de philosophie », selon une source de la diplomatie mauricienne.

    « L’Union Africaine (UA) reconnaît la RASD. Les changements de politique étrangère sont toujours subtils et le gouvernement avait retiré sa reconnaissance de la RASD uniquement comme état. Il n’y a aucune raison de croire qu’il y ait eu d’autres motivations de revenir sur cette décision en dehors des convictions fortes de certains partis sur le sujet », affirme cette source. Parmi ces partis, le MMM, qui était au pouvoir en 82 quand le pays a reconnu la RASD.

    Un ancien diplomate explique au Défi Quotidien que les relations entre le Maroc et les pays de l’Union africaine (UA) sont très complexes. « Le Maroc s’était retiré de l’UA, en 1984, parce que celle-ci avait soutenu le Front Polisario, explique cette source. En 2012, il y avait les élections pour les sièges au Conseil de sécurité de l’Onu et le Maroc a été élu aux dépens de la Mauritanie, candidat officiel de l’UA. » Preuve que les pays africains soutenaient le Maroc, selon cette ancienne source, sinon cette élection n’aurait jamais été possible. Un résultat qui indiquait déjà « un changement au niveau des pays africains », selon notre source. Finalement, en janvier de cette année, le Maroc a réintégré l’UA, n’imposant plus comme condition préalable l’exclusion de la RASD.

    Un diplomate marocain qui n’est pas pris au sérieux

    Faut-il vraiment croire qu’Arvin Boolell a demandé au gouvernement marocain de financer sa campagne ? Ce dernier nie en bloc et dans le giron de la diplomatie mauricienne, on peine à prendre ces allégations au sérieux. Car l’accusateur est Mohammed Amar, qui a passé dix ans à Antananarivo en tant qu’ambassadeur du Maroc. En 2016, il a été accusé de détournement de fonds et d’ingérence dans les affaires internes de Madagascar.

    « Si Boolell voulait réellement être financé, ce n’est certainement pas vers le Maroc qu’il se serait tourné, explique un ancien diplomate. ça saute aux yeux, vu les antécédents de l’ambassadeur, qu’il a voulu soutirer de l’argent à son gouvernement. » Si le gouvernement marocain voulait effectivement financer Arvin Boolell pour obtenir son soutien, l’argent serait forcément passé par l’ambassadeur, selon cette source. L’argent serait alors resté dans les poches de ce dernier. « C’est clairement une démarche personnelle », assure notre source.

    Dans sa lettre officielle, Mohammed Amar affirme que « Arvin Boolell m’a confié son souhait très urgent de voir le Maroc l’aider à couvrir la campagne qui est déjà lancée et qui va coûter extrêmement cher ». Le mercredi 4 octobre, Arvin Boolell a nié ces allégations sur Radio Plus. « J’invite le public à lire cet article et à comprendre pourquoi le gouvernement marocain a révoqué l’ambassadeur. Je suis très serein, mais ce qui m’intrigue, c’est pourquoi venir dire de telles choses maintenant. À qui profitent ces allégations ? J’ai déjà rencontré l’ambassadeur, comme c’est le cas avec les autres ambassadeurs et je n’ai jamais eu de financement auprès d’étrangers. »

    Source 

    Tags : Maroc, Arvin Boolell, Maurice, campagne électorale,

  • Maroc : Activité du 24 novembre 2011 (axes de médiatisation)

    Activité du 24 novembre

    Contexte

    • Timing : veille du scrutin législatif, fin de campagne électorale

    • Monde arabe : «acte II» de la révolution en Egypte, violences en Syrie / Yémen

    • Conjoncture mondiale : croissance internationale atone et crise de confiance sur les marchés (ex : notations souveraines)

    • Il y a un peu plus de six mois, l’attentat de Marrakech

    Portée médiatique

    • Un événement majeur par son envergure (montant de l’investissement) et le niveau de partenariat

    • Conventions créent de la confiance par leur contenu, le profil des signataires et un timing à signification éminemment politique

    • L’accord apporte notamment des réponses concrètes à deux problématiques nationales essentielles que sont :

    ✓ la création d’emplois

    ✓ la régionalisation

    Portée médiatique

    Il convient de profiter de la présence au Maroc de nombreux journalistes étrangers pour susciter/conforter un effet « Maroc émergent / exception » (Reuters, Bloomberg, L’Usine Nouvelle, Les Echos, Le Figaro, Financial Times, Wall Street Journal-> John Fund, …)

    Messages / cibles

    • 3 cibles à traiter concomitamment :

    ✓ International : dans un contexte marqué par l’immobilisme et les soubresauts… le Maroc

    avance économiquement et politiquement

    ✓ Grand public : la dynamique portée par la continuité des actions royales majeures donnent espoir et assurance

    ✓ Elites nationales : le Maroc témoigne une nouvelle fois de son attractivité

    Messages / territoires

    Participants : Qatar, Emirats Arabes Unis, Koweit

    ✓ Pays du Golfe : accompagnement spécifique de la presse de ces pays

    ✓ Risque à anticiper : sensibilités de gauche pourraient manifester leur mécontentement (par antiaméricanisme) suite à la visite de l’émir du Qatar (cf. Goud et Hibapress)

    Pays occidentaux : le Maroc à l’avant-garde démocratique et économique de la région offre des perspectives fortes et pérennes

    Message clef

    • Qui : des chefs d’Etats aux avant-postes de la modernisation du monde arabe (Qatar, EAU, Maroc)

    • Quoi : un projet financier au service d’une ambition industrielle de bon sens (fonds souverain)

    • Où : le Maroc pays arabe ayant le mieux résisté à la crise mondiale (dont secteur touristique) et soubresauts régionaux (chiffres à l’appui : résilience)

    • Quand : un processus lancé de longue date avec les partenaires (la date des législatives anticipées a elle même été modifiée à plusieurs reprises)

    Message clef

    • Comment : un engagement au plus haut niveau qui garantit la concrétisation des projets

    • Combien : une enveloppe financière dimensionnée par rapport aux ambitions du royaume (grands chantiers nationaux)

    • Pourquoi : la mutation démocratique du Maroc n’a pas mis en veilleuse ses transformations économiques bien au contraire (vs reculs du PIB en Tunisie, Egypte, Libye)

    Confiance

    • Confiance politique : le Maroc évolue pacifiquement dans un monde qui vit de profondes ruptures

    • Confiance économique : l’économie mondiale est en pleine mutation, le Maroc aux avant-postes de ces évolutions clefs pour son développement

    • Confiance dans l’avenir : le Maroc adopte une logique long-termiste dans le secteur touristique (fonds souverain) à l’inverse des investissements spéculatifs qui caractérisent parfois le secteur

    Haut-niveau

    Registre stratégique : le Roi faiseur de prospérité (investissements, diplomatie économique), la monarchie assure la continuité de l’Etat et de l’effort de prospection économique

    ‣ Cette convention s’inscrit dans le long terme, il convenait donc pour des raisons ethiques qu’elle ne soit pas récupérée par le prochain gouvernement (ce qui peut expliquer son timing)

    ‣ Le Palais n’a pas de candidat (sinon cette belle annonce lui aurait été réservée après les élections)

    Visibilité économique : c’est une action au niveau des chefs d’Etat (mettre en exergue l’horizon temporel des conventions qui dépasserait 10 ans)

    Axe démocratique

    Géopolitique : le Maroc recueille les dividendes de son anticipation démocratique dans l’agenda international

    Qatar s’est illustré par son appui de fond aux pays du printemps arabe et plus particulièrement en Libye et à travers le vecteur Aljazeera Dynamique régionale : les premiers effets du rapprochement CCG, les capitaux du Golfe manifestent leur confiance aux perspectives de croissance du Maroc (et semblent se détourner de la vieille Europe en crise!)

    Vecteurs

    Pour porter les messages ainsi explicités, il convient de mobiliser des leaders d’opinion provenant des sphères suivantes :

    ✓ Professionnels à envergure internationale

    ✓ Experts économiques

    ✓ Acteurs sectoriels nationaux

    ✓ Figures du monde financier

    Ci-après proposition d’un plan média pour installer un halo favorable :

    Questions à anticiper

    • Existence ou non d’engagement de l’État face à ces investisseurs sur des facilités, des exonérations ou du foncier

    • Qualité des signataires du côté marocains, en effet plusieurs ministres sont engagés dans la campagne électorale

    • Parasitage d’image / procès d’intention : thématique de la protection de l’environnement face aux grands chantiers touristiques

    • Tutelle : il serait judicieux de mettre en avant « l’aménagement urbain et touristique » de nature à diluer la convention sur plusieurs secteurs.

    Narrations hostiles

    L’occasion de la signature des conventions pourrait être une opportunité pour des parties intéressées afin de diffuser des messages antagonistes suivants :

    • Le Roi monte au créneau car il a du recevoir des rapports faisant état d’un score important des islamistes

    • Le Roi envoie un signal aux électeurs en faveur du RNI et donc plus largement du G8

    • Le parlement est une chambre d’enregistrement, le Roi ne renoncera pas à ses pouvoirs executifs

    • Par cet acte la veille du vote le Roi envoie un message clair au prochain chef de gouvernement

    Narrations hostiles

    • Consécration du « Roi providence » qui empiète sur les prérogatives du gouvernement

    • Ce genre d’actes incitent les marocains à bouder les urnes en considérant que les politiques ne font rien puisque le Roi fait tout

    • Maroc continue de tout miser sur tourisme (cf. rapport de la Fondation Bouabid)

    • Les monarques du Golfe ne présentent que des intentions non suivies d’effets (quid Emaar, Sama Dubai…)

    • Le Roi interfère / dérange la campagne électorale dans sa dernière journée qui en constitue un moment fort.

    Karim Bouzida, 23 nov 2011

    Tags : Maroc, campagne électorale, élections, Printemps Arabe,

  • Financement libyen de Sarkozy: Alexandre Djouhri remis aux autorités françaises

    La justice française demandait son extradition depuis deux ans. Alexandre Djouhri a été remis aux autorités française jeudi soir. Il se trouve dans les locaux de la police aux frontières à l’aéroport de Roissy et va être présenté à un juge ce vendredi.

    Alexandre Djouhri est un homme d’affaire franco-algérien recherché par la justice pour détournement de fonds publics et corruption. Il est au cœur de l’enquête sur le présumé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

    L’homme d’affaires de 60 ans avait été arrêté en janvier 2018 à Londres, en vertu de mandats d’arrêt européens émis par la justice française, notamment pour “détournements de fonds publics” et “corruption”. La justice britannique a autorisé son extradition mercredi 22 janvier.

    Alexandre Djourhi avait été arrêté en janvier 2018 à l’aéroport de Londres, en vertu de mandats d’arrêt européens émis par la justice française, notamment pour “détournements de fonds publics” et “corruption”. Hospitalisé après une série d’accidents cardiaques, l’homme d’affaires a été assigné à résidence dans la capitale britannique après avoir payé 1,13 million d’euros de caution.

    Tags : France, Nicolas Sarkozy, campagne électorale, financement illicite, Alexandre Djourhi, Kadhafi,

  • Maroc: Note d’alerte sur le lancement par Hillary Clinton du programme Partners for a New Beginning

    Le roi du Maroc a tissé une solide relation d’amitié avec Hillary Clinton après l’avoir consolée dans une période où elle avait besoin de consolation. C’était lors du scandale de Monica Lewinsky, la stagiaire qui offrait des services sexuels gratuits au président Billy Clinton.

    Cependant, cette amitié avec Hillary Clinton aura des conséquences catastrophiques pour les relations avec Donald Trump. Il n’a jamais pardonné le cadeau de 28 millions de dollars offerts par Mohammed VI à la fondation Clinton et qui ont été utilisés pour financer la campagne électorale contre lui.

    Note d’information

    Lancement par Hillary Clinton du programme Partners for a New Beginning

    Le 27 avril, la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a mis en place au département d’Etat le groupe chargé du programme « Partners for a New Beginning », composé de :

    Madeleine Albright en tant que président.

    Walter Isaacson, Président d’Aspen Institute, vice-président.

    Muhtar Kent, Président de Coca-Cola Company, vice-président. Muhtar Kent est d’origine turque.

    Partners for New Beginning vient dans le sillage du discours d’Obama au Caire. L’initiative vise à donner nouveau départ aux relations entre les Etats-Unis et le monde musulman.

    Les initiateurs veulent que ce nouveau départ soit basé sur une double dualité :

    • L’intérêt et le respect mutuels d’une part, et
    • Les valeurs et les responsabilités partagées d’autre part.
    • Il consiste a mettre en place une vision à travers le partenariat non seulement avec les gouvernements mais aussi avec le secteur privé, la société civile et les citoyens. Le partenariat devra puiser dans le dynamisme et l’innovation impulsés par le secteur privé américain (par exemple encourager les entreprises à équiper les centres d’excellence ou favoriser les échanges entre les universités….).

    Recommandation

    Suivre l’évolution de cette nouvelle forme de partenariat afin de :

    • Faire bénéficier le Royaume de ses retombées positives potentielles.
    • Parer à tout effet négatif. Cette nouvelle forme de partenariat ne se fait pas exclusivement à travers les canaux gouvernementaux. Aussi il s’agit de s’assurer que son appui ne soit pas dirigé vers des groupes/institutions antagonistes aux intérêts du Royaume
      29 avr 2010

    Karim Bouzida

    Source: Maroc Leaks

    Tags: Maroc, USA, Etats-Unis, Hillary Clinton, Donald Trump, Fondation Clinton, campagne électorale,