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  • La RDC et l’Angola veulent exploiter conjointement le pétrole de l’Atlantique

    – Situé au large de leurs côtes.

    AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa

    Le président angolais João Lourenço et son homologue de la République démocratique du Congo (RDC) Felix Tshisekedi ont exprimé leur intention d’exploiter conjointement les ressources pétrolières situées dans la zone d’intérêt commun (ZIC), au large des côtes des deux pays dans l’océan atlantique.

    Les deux présidents se sont rencontrés dimanche à Benguela, une des plus importantes villes angolaises.

    Ils ont convenus « que les équipes techniques des deux pays se réuniraient, dès que possible, pour établir le calendrier d’action nécessaire à la mise en œuvre du projet conjoint », indique un communiqué de la Maison civile du président Lourenço, rendu public après la rencontre.

    L’Angola exploite seul les gisements partagés par les deux pays.

    Début 2015, la société angolaise du pétrole (Sonangol) et la société congolaise des hydrocarbures avaient conclu une série d’accords sur l’exploitation de cette zone d’intérêt commun.

    La partie congolaise n’a jamais révélé quoi que ce soit sur cet accord qui devrait notamment définir la part de la production qui revient à la RDC.

    Le président congolais affirmait, en septembre dernier, avoir « besoin des millions de dollars de ce pétrole » pour le financement de l’enseignement primaire, devenu gratuit en RDC.

    « Il esquive un peu », avait déclaré Tshisekedi à deux médias français en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre dernier, à propos de son homologue angolais.

    La RDC revendique – depuis juin 2003 – un pan de la production des blocs angolais en eaux profondes.

    Le 11 mai 2009, le Congo – Kinshasa avait déposé une requête auprès de l’ONU pour obtenir la délimitation de ses frontières maritimes.

    Quelques semaines plus tard, la ZIC avait été créée, en application du traité de Montevideo sur le droit de la mer.

    La ZIC avait décidé d’étendre de 200 miles marins l’étendue du plateau continental de sa côte atlantique, entre l’Angola et sa province de Cabinda.

    Anadolou

    Tags : RDC, Congo, Angola, pétrole, Cabinda,

  • Congo : Une année et six défis pour Félix Tshisekedi

    Un an après les élections du 31 décembre 2018, « Fatshi Béton » a multiplié les promesses. La population attend les résultats.

    Voici unan, à la veille d’élections qui avaient été déjà retardées de deux ans et que le Congo comptait financer sur ses fonds propres, à hauteur de 500 millions de dollars, tous les voyants étaient au rouge et les ambassades multipliaient les consignes de prudence. Le 31 décembre cependant, le pire ne s’est pas produit : la « machine à voter » coréenne a tourné à plein régime, les électeurs congolais se sont déplacés en masse et dès le soir des élections il apparaissait que le « dauphin » de Joseph Kabila, Emmanuel Shadary, ne serait pas élu.

    Trois semaines plus tard, la Cour Constitutionnelle rendait son verdict : Félix Tshisekedi était proclamé vainqueur même si Martin Fayulu, le « candidat unique » de l’opposition défendait sa victoire. A la tête de CaCh, Coalition pour le changement, le fils d’EtienneTshisekedi, opposant légendaire et obstiné, devenait le 5eme président de la République démocratique du Congo. La population, au lieu de se soulever, acceptait de donner sa chance à cethomme de 58 ans. Ayant passé une bonne partie de sa vie en exil, il incarnait soudain une notion jusqu’alors inconnue dans le turbulent Congo : une cohabitation « pacifique et civilisée » avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui devenait ainsi le premier chef d’Etat congolais à quitter le pouvoir sans avoir été chassé ou assassiné.

    Ayant nommé au poste de directeur de cabinet Vital Kamerhe, un politicien chevronné qui avait accompagné les débuts de Joseph Kabila avant de passer à l’opposition, Félix Tshisekedi se mit en devoir de relever de multiples défis. Il tenta, à la fois, de répondre aux attentes de la population, de la communauté internationale, des pays voisins. Mais il veilla aussi à éviter le conflit avec un prédécesseur aguerri qui avait gardé la main sur plusieurs leviers du pouvoir : une majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat capable de démettre le nouveau chef de l’Etat, le contrôle des forces armées et de sécurité, ainsi que des finances, et last but not least une coalition, les FCC (Forces congolaises pour le changement) composée de politiciens expérimentés ayant déjà en vue les élections de 2023.

    Pour conforter sa légitimité, le nouveau président se lança sur plusieurs terrains.

    1. La diplomatie. Multipliant les voyages, (et dépassant largement le budget prévu) Félix Tshisekedi s’employa à rassurer les pays voisins : le Rwanda, l’Angola, puis l’Ouganda, l’Afrique du Sud, le Congo Brazzaville, quitte à multiplier les gages économiques : la compagnie Rwandair dessert désormais le Congo, le pont reliant Kinshasa à Brazzaville sera construit, l’or du Congo est raffiné en Ouganda… L’offensive diplomatique se poursuivit aux Nations Unies, culmina avec un accueil triomphal à Bruxelles, très positif à Paris et Washington où, en matière de lutte anti terroriste, le président multiplia les promesses souhaitées par ses hôtes.

    2. L’Etat de droit. Le respect des libertés publiques, dont les droits de la presse, le retour des exilés (dont Moïse Katumbi) ,la libération des prisonniers politiques, l’autorisation des manifestations, représenteun acquis incontestable. Sur le plan politique, le nouveau président veilla, lien après lien, à se délier de l’emprise de Kabila et des siens: quoique issu du camp d’en face, son Premier Ministre Ilunga Ilunkamba apparaît comme un politicien expérimenté.Cependant, si la lutte contre la corruption a été décrétée, aucune sanction n’a encore été prise.

    3. L’armée et les forces de sécurité. Le domaine militaire demeure le fief de Joseph Kabila, et François Beya, l’un des hommes de confiance de ce dernier, assure la sécurité du nouveau président tandis que Christian De Schryver, proche de l’ancien chef de l’Etat gère toujours la flotte présidentielle. Le crash d’un avion de la suite présidentielle qui reliait Goma à Kinshasa a d’ailleurs suscité bien des questions…Au Kivu, en Ituri, l’armée mène des opérations d’envergure afin d’éradiquer les groupes armés d’origine étrangère (Hutus rwandais, opposants burundais, musulmans ADF venus d’Ouganda, de Somalie, du Kenya et s’entraînant dans les forêts congolaises). Au Nord et Sud Kivu, des succès militaires sont enregistrés mais en Ituri, les rebelles traqués ont répliqué en assassinant plus de 200 civils. Cependant, les forces armées demeurent une forteresse intouchable : des officiers de haut rang, frappés de sanctions internationales ou soupçonnés, en vrac, de trafics divers, de complicité avec l’ennemi, voire de massacres et crimes contre l’humanité sont toujours en poste, sans doute protégés par l’ex président et jouissent d’une impunité dénoncée par les défenseurs des droits de l’homme.

    4. Le peuple d’abord. Fidèle à son slogan de campagne, Félix Tshisekedi multiplie les promesses sur le plan social et il s’est engagé, le temps de son mandat, à sortir 20 millions de ses compatriotes de la pauvreté. Il promet d’améliorer le quotidien des militaires, lance à Kinshasa de grands travaux, les « saute mouton », viaducs censés fluidifier la circulation. C’est qu’il y a urgence : 73 % de la population vit toujours dans l’insécurité alimentaire, le taux de pauvreté est de 63%, et, dans le pays du barrage d’Inga, 10% de la population est alimentée en électricité. Mais le budget ne suit pas : avec 7 milliards de dollars, « Fatshi Béton »ainsi nommé à la suite de ses promesses de bâtisseur ne peut aller très loin. JokOga, analyste politique et financier constate que « les investisseurs ne concrétisent pas leurs promesses, comme s’ils attendaient encore, la Gécamines est embourbée dans les scandales… »Quant à la diaspora, qui multiplie les retours au pays, elle va, vient et regarde, mais sans se lancer dans de grands projets. Paralysée par les embouteillages, les inondations dues à la crue du fleuve et aux rivières encombrées d’immondices, Kinshasa est à l’image du pays, elle vibre d’espoir mais n’a pas encore vu le changement annoncé.

    5. La gratuité de l’enseignement primaire.

    Décréter, au milieu de l’été, à quelques semaines de la rentrée, que l’enseignement primaire serait gratuit et que les parents seraient désormais déchargés de « frais scolaires » pouvant osciller entre 300 et 400 dollars par an, voilà qui représentait un « coup politique » fumant, répondant parfaitement aux aspirations d’une majorité de Congolais privés d’enseignement gratuit depuis la moitié des années 80. La fréquentation scolaire explosa, mais…les enseignants du réseau catholique (80% des écoles) multiplièrent les grèves, redoutant de perdre leurs « sursalaires » ! Si la mesure de gratuité représente 26 millions de dollars par mois, il apparut assez vite que le gouvernement avait peut-être surestimé la générosité et la promptitude des bailleurs dont la Banque mondiale qui renâcla à débourser le milliard de dollars escompté. Quoique bien inspirée, la mesure, décidée sans planification préalable, risque de se fracasser sur les dures réalités congolaises.

    6. Le sablier du temps. Accédant au pouvoir Félix Tshisekedi s’était donné cent jours pour frapper les esprits et lancer ses réformes. Mais l’analyste Jean-Claude Mputu constate que le temps file vite : « le président, qui a multiplié les voyages, s’est surtout cantonné à la représentation, aux mesures d’annonce, sans diriger de réelles réunions de travail avec son cabinet. Or la première année est déjà « consommée », sans véritables résultats tangibles. Et avant la prochaine échéance, celle de 2023, la dernière année sera consacrée à la campagne, elle ne comptera donc pas. Restent trois ans pour convaincre et surtout pour réaliser… » Ce délai est d’autant plus court que tous les observateurs estiment que Joseph Kabila n’a pas renoncé à revenir au pouvoir : sa coalition des FCC demeure en ordre de marche, et lors de ses rares apparitions publiques il lui arrive d’être applaudi par ceux qui hier le conspuaient ! Si ses premiers mois au pouvoir ont permis au nouveau président de surprendre, de convaincre et de ranimer l’espoir, « Fatshi Béton » est désormais confronté au défi de réaliser, de construire. A nouveau, il y a urgence.

    Le carnet de Colette Braeckman, 28 déc 2019

    Tags : RDC, Congo, Félix Tshisekedi,

  • Le conseil d’administration du FMI approuve un accord d’un montant de 448,6 millions de dollars au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de la République du Congo

    Les autorités congolaises ont redoublé d’efforts en 2018 et en 2019 pour s’attaquer à la crise économique qui les a frappé et aux problèmes de gouvernance qui y sont liés

    WASHINGTON D.C., États-Unis d’Amérique, 12 juillet 2019/ — La décision du conseil d’administration permet de décaisser immédiatement 32,4 millions de DTS (environ 44,9 millions de dollars) en faveur de la République du Congo; le programme de la République du Congo au titre de la FEC appuie les efforts déployés par les autorités pour rétablir la viabilité des finances publiques et reconstituer les réserves régionales tout en améliorant la gouvernance et en protégeant les groupes vulnérables de la population; les autorités congolaises ont redoublé d’efforts en 2018 et en 2019 pour s’attaquer à la crise économique qui les a frappé et aux problèmes de gouvernance qui y sont liés.

    Le 11 juillet 2019, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé en faveur de la République du Congo un accord triennal au titre de sa facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de 324 millions de DTS (environ 448,6 millions de dollars, ou 200 % de la quote-part du pays) à l’appui du programme de réformes économiques et financières du pays.

    Le programme appuyé par la FEC vise à aider la République du Congo à rétablir la stabilité macroéconomique, y compris la viabilité de la dette, et à jeter les bases d’une croissance plus élevée et plus inclusive. Il vise également à améliorer la gouvernance afin d’accroître l’efficience et la transparence de la gestion des ressources publiques, plus particulièrement dans le secteur pétrolier. Le programme appuyé par le FMI contribuera de manière positive à la stratégie régionale et aux efforts de stabilité de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC).

    La décision du conseil d’administration du FMI permet de décaisser immédiatement 32,40 millions de DTS, soit environ 44,9 millions de dollars. Les décaissements du montant restant seront échelonnés sur la durée du programme, sous réserve de revues semestrielles par le conseil d’administration.

    À l’issue des débats du conseil d’administration sur la République du Congo, M. Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président par intérim, a déclaré :

    « La République du Congo a été durement touchée par le choc des prix du pétrole et par le retard du rééquilibrage budgétaire, auxquels s’ajoutent des problèmes de gouvernance et une dette non viable. Ce choc a réduit les amortisseurs budgétaires et extérieurs et déclenché une profonde récession. Pour remédier à ces problèmes, le programme appuyé par le FMI donne la priorité à un rééquilibrage budgétaire et une restructuration de la dette ; un renforcement du capital humain, notamment au moyen de mesures protégeant les groupes vulnérables et des réformes structurelles mettant l’accent sur la gouvernance et le renforcement de la diversification économique afin de rendre la croissance plus inclusive.

    « Les autorités ont commencé à mettre en œuvre un programme ambitieux d’assainissement des finances publiques et de réformes structurelles. La mobilisation des recettes intérieures constituera un pilier essentiel de la stratégie ; les autorités devraient poursuivre la mise en œuvre des mesures prévues au budget 2019, en mettant l’accent sur l’élargissement de l’assiette fiscale et le respect de la réglementation, tout en protégeant les dépenses sociales en faveur de l’éducation, de la santé et des groupes vulnérables, y compris les programmes destinés aux femmes. Il importera également d’accroître la transparence des finances publiques, d’améliorer l’efficience des investissements publics et de supprimer les dépenses hors budget.

    « Le récent accord de restructuration de la dette bilatérale de la République du Congo devrait s’accompagner d’efforts de bonne foi visant à restructurer la dette commerciale, afin de maintenir la viabilité de la dette du pays.

    « Les autorités ont appliqué un programme ambitieux de réformes visant à améliorer la gouvernance. D’autres réformes s’imposeront en vue de renforcer l’État de droit et le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et de mettre sur pied la nouvelle haute autorité de lutte contre la corruption.

    « Les perspectives à moyen terme pour la République du Congo sont sujet à des risques découlant de la volatilité des cours pétroliers, d’éventuels déséquilibres dans la mise en œuvre des politiques et de la détérioration de la situation sécuritaire. Cependant, les autorités ont pris des mesures décisives pour améliorer les finances publiques et ont récemment fait preuve d’une bonne mise en œuvre des réformes structurelles. Les risques pesant sur le programme devraient être gérables si les autorités continuent d’appliquer des politiques prudentes.

    « Le programme est appuyé par des efforts déployés à l’échelle de l’Union pour maintenir une orientation adéquate de la politique monétaire, constituer des réserves régionales et assurer la stabilité du secteur financier. »

    Annexe

    Évolution économique récente

    La République du Congo souffre depuis plusieurs années de l’une des pires crises économiques de son histoire. La crise a été provoquée par la forte baisse des prix du pétrole depuis 2014 et des retards dans la mise en œuvre d’une riposte efficace de la part des pouvoirs publics. Elle a conduit à une récession économique, à des déficits budgétaires élevés, à une dette insoutenable, à une accumulation d’arriérés intérieurs considérables et à une érosion de la confiance liée à la mauvaise gouvernance.

    Dans ce contexte, les autorités ont agi de manière résolue en 2018 en 2019. Elles ont approuvé des budgets prudents pour les deux années, ont commencé à exécuter un programme rigoureux d’assainissement des finances publiques et ont mis en œuvre un ensemble ambitieux de réformes structurelles qui met fortement l’accent sur une amélioration de la gouvernance. Elles ont aussi redoublé d’efforts pour mettre au point un accord de restructuration de la dette bilatérale du pays vis-à-vis de la Chine, ce qui représente une étape décisive en vue de rétablir la viabilité de la dette.

    Résumé du programme

    Le programme appuyé par la FEC vise à rétablir la viabilité des finances publiques grâce à un assainissement vigoureux et à une restructuration de la dette, à améliorer la gouvernance (y compris la gestion des finances publiques) afin de promouvoir un usage plus efficient des ressources publiques et à protéger les groupes vulnérables de la charge de l’ajustement. Le programme a également pour objectif d’appuyer les efforts de stabilisation qui sont déployés à l’échelle régionale

    L’aide accordée par le FMI devrait catalyser une assistance internationale, notamment sous la forme d’une restructuration de la dette.

    Les objectifs budgétaires du programme seront atteints grâce à un assainissement des finances publiques, à des mesures énergiques du côté des recettes et à une réaffectation des ressources au profit de l’investissement et des dépenses sociales. La restructuration de la dette jouera un rôle essentiel aussi pour en rétablir la viabilité. À cet égard, la conclusion d’un accord de restructuration de la dette avec la Chine doit s’accompagner d’une nouvelle restructuration de la dette commerciale extérieure, conformément à la stratégie de restructuration de la dette suivie par les autorités. Le programme envisage l’apurement des arriérés extérieurs envers les créanciers officiels d’ici la première revue de l’accord au titre de la FEC. Il prévoit aussi le remboursement des arriérés intérieurs pendant la période couverte par le programme afin de soutenir la croissance et de préserver la stabilité du secteur financier.

    Si la riposte initiale face à la crise a été lente et a soulevé des problèmes de mauvaise gouvernance et de manque de transparence, les réformes récentes vont dans la bonne direction. Pendant l’année écoulée, les autorités ont mis en œuvre un vaste train de réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence.

    La mise en œuvre du programme reste exposée à des risques considérables, parmi lesquels la volatilité des prix du pétrole et d’éventuelles difficultés à inscrire l’effort de réforme dans la durée. Cependant, ces risques sont atténués par la forte volonté d’appliquer le programme, au plus haut niveau politique, comme en témoignent toutes les réformes que les autorités ont opérées avant l’approbation du programme.

    Contexte

    La République du Congo, qui est devenue membre du FMI le 10 juillet 1963, dispose d’une quote-part de 162 millions de DTS au FMI.

    Tags : Congo, FMI,

  • Sept priorités pour l’Union africaine en 2018

    En 2018, l’Union africaine (UA) et son nouveau président d’assemblée, le président rwandais Paul Kagame, ont la possibilité de poursuivre les réformes institutionnelles indispensables. Mais l’UA ne doit pas perdre de vue les conflits et désamorcer les violences électorales potentielles.

    Quel est le problème? Les dirigeants de l’Union africaine se réunissent à la fin du mois de janvier pour leur sommet semestriel. Les réformes institutionnelles et financières essentielles constitueront probablement l’une des priorités de l’agenda 2018 de l’UA, mais l’organisation doit veiller à ce que sa mise en œuvre ne détourne pas l’attention de la prévention et du règlement des conflits.

    Pourquoi est-ce important? Le paysage des conflits en Afrique a changé: de nouvelles menaces, émanant en particulier des réseaux transnationaux djihadistes et criminels, aggravent les formes de conflit plus traditionnelles. Le climat géopolitique est devenu encore plus difficile à naviguer. Et les élections, qui sont souvent le déclencheur de la crise politique et de la violence, auront lieu dans 18 pays africains en 2018.

    Qu’est-ce qui devrait être fait? L’Union africaine doit accorder une attention particulière aux conflits les plus graves en Afrique et à ceux où elle peut avoir un impact réel: le Sud-Soudan, la République centrafricaine et la Somalie. En priorité, il devrait faire progresser les préparatifs en vue des élections en République démocratique du Congo et déployer des équipes d’observation au début du Cameroun, du Mali et du Zimbabwe.

    Vue d’ensemble

    2018 pourrait être une année de bouleversement dramatique pour l’Union africaine (UA), qui poursuit un vaste programme de réformes institutionnelles et financières. Fin janvier, le président rwandais, Paul Kagame – l’auteur et le superviseur principal du processus – a repris la présidence de la Conférence de l’Union africaine, la plus haute instance décisionnelle de l’organisation, ce qui signifie que la réforme sera au premier rang des priorités de l’UA. Les changements sont critiques pour la santé à long terme de l’organisation, mais leur mise en œuvre ne sera ni rapide ni facile. Kagame, travaillant en étroite collaboration avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, devrait veiller à ce que leur mise en œuvre ne sape pas trop l’énergie des autres travaux vitaux de l’Union africaine, en particulier la prévention et la résolution des conflits au niveau continental.

    Faki lui-même, depuis son entrée en fonction en mars 2017, a mis résolument l’accent sur la paix et la sécurité, contrastant fortement avec son prédécesseur, Nkosazana Dlamini Zuma, qui avait tenté de réorienter l’organisation vers un développement à long terme. Au cours de sa première semaine au pouvoir, Faki s’est rendu en Somalie, où une force de l’UA se bat contre l’insurrection résiliente d’Al-Shabaab. Lors de sa seconde visite, il s’est rendu au Sud-Soudan, théâtre du conflit le plus meurtrier du continent. Ces visites, ainsi que les visites ultérieures dans les États de la République démocratique du Congo (RDC) et du G5 du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) indiquent clairement à quel point M. Faki pense que les plus grands défis en matière de paix et de sécurité de l’UA se trouvent.

    En outre, il s’est employé à renforcer les relations avec les deux plus importants partenaires stratégiques de l’UA – l’ONU et l’Union européenne (UE). En avril, il a signé le Cadre commun pour le renforcement de la coopération sur la paix et la sécurité entre l’ONU et l’UA, longtemps attendu, qui devrait améliorer la collaboration entre les deux organisations. Faki a contribué à rétablir les relations avec l’UE, qui avait atteint un point bas en 2016 en raison de différends concernant le paiement de troupes à la mission de l’UA en Somalie (AMISOM). Les discussions en vue du sommet UA-UE de novembre suggèrent qu’un accord de coopération similaire à celui conclu entre l’UA et l’ONU sera probablement adopté en 2018. Le groupe de travail conjoint UA-UE-Nations Unies sur la migration, né du dégoût de l’esclave migrant enchères en Libye, est un développement positif qui tire parti des forces de chaque institution. Lorsque l’UA réévaluera ses partenariats avec d’autres organisations multilatérales et des États non africains en 2018, elle devrait s’appuyer sur ces succès et ne pas négliger les relations avec l’UE et l’ONU.

    Le climat géopolitique, déjà difficile lorsque Faki est entré en fonction en mars, est devenu encore plus difficile. Les tensions entre les puissances du Golfe, notamment entre l’Arabie saoudite et ses alliés, et le Qatar, se sont propagées dans la Corne de l’Afrique, aggravant l’instabilité en Somalie et exacerbant les tensions sur le Nil entre l’Égypte et l’Éthiopie qui avaient adopté des positions différentes sur le conflit. Les divisions entre les principales puissances au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies rendent encore plus difficile la recherche d’un consensus sur les crises, y compris celles survenant en Afrique. Bien que le président américain Donald Trump ait largement ignoré l’Afrique, les opérations de plus en plus importantes de son gouvernement dans la lutte contre le terrorisme risquent de compliquer davantage les crises en Somalie et au Sahel en l’absence d’un soutien plus global des États-Unis aux efforts de paix.
    Face à de nombreuses préoccupations concurrentes en matière de paix et de sécurité, l’Union africaine devrait se concentrer sur les crises les plus graves en Afrique et sur celles dans lesquelles l’organe continental ou ses représentants ont un rôle utile à jouer. Gardant cela à l’esprit, cette note présente les priorités de l’UA pour 2018. Celles-ci comprennent les importants efforts de réforme; limiter les perturbations dans le travail de l’institution causées par les frictions entre le Maroc et la République démocratique arabe sahraouie (RASD); aider à résoudre ou à éviter les crises liées aux élections en RDC, au Cameroun, au Mali et au Zimbabwe; et gestion des conflits en République centrafricaine, en Somalie et au Soudan du Sud.

    Direction stratégique

    I. Construire un consensus sur la réforme institutionnelle et financière

    L’UA s’est engagée dans un processus de réforme potentiellement radical, qui, s’il était pleinement mis en œuvre, pourrait s’avérer aussi important que la transformation en 2002 de l’Organisation de l’unité africaine en Union africaine. Les réformes en cours, menées par Kagame à la demande de l’Assemblée, visent à ramener l’attention de l’UA à quatre domaines seulement: la paix et la sécurité; affaires politiques; l’établissement d’une zone de libre échange continentale; et voix et représentation dans les affaires mondiales. L’autosuffisance financière accrue fait partie intégrante de ce processus, qui devrait rendre l’organisation plus légère et plus efficace. En 2012, alors que l’UA était la plus dépendante du monde, les États membres ne financaient que 3% de son budget de programmation. En 2017, ce pourcentage était passé à 14%, ce qui est encore loin de l’engagement pris par les États membres en juillet 2015 de financer 75% des programmes de l’UA d’ici 2020, plus 25% de ses activités en faveur de la paix et de la sécurité et de toutes ses dépenses d’opérations. . Des ressources supplémentaires doivent être mobilisées au moyen d’un prélèvement de 0,2% sur «tous les produits éligibles» importés sur le continent, dans le cadre d’un plan élaboré par Donald Kaberuka, haut représentant de l’Union africaine pour le Fonds pour la paix.

    2018 est une année charnière pour ces réformes. Fin janvier, Kagame succède à Alpha Condé, président de la Guinée, en tant que président de l’Assemblée. On s’attend à ce qu’il profite de son année à la barre pour mener à bien l’agenda qu’il a élaboré, approuvé par ses collègues dirigeants lors du sommet de l’UA de janvier 2017. Les États membres, la Commission et les communautés économiques régionales (CER) se sont déclarés déçus du processus mis en place à ce jour, invoquant un manque de consultation. Les réformes pourraient être déraillées sans une approche plus inclusive et collaborative.

    En particulier, Kagame doit dissiper les craintes de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui a dressé une liste exhaustive de ses préoccupations, notamment le caractère pratique de la taxe à l’importation de 0,2%, le rôle réduit du Comité des représentants permanents composé d’ ambassadeurs des États membres auprès de l’UA et la création d’une troïka des présidents de l’Assemblée actuels, sortants et futurs, chargée de représenter l’Union africaine aux sommets avec les partenaires. Il doit également gagner les cinq plus gros contributeurs au budget de l’UA – l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud – qui ont tous de sérieux doutes sur les réformes financières, entre autres propositions. Pour ce faire, Kagame devra constituer et mobiliser une coalition d’États favorables, issus de chaque sous-région, afin de vaincre les sceptiques. Lui et Faki devraient envisager des visites communes aux secrétariats de chaque CER reconnue par l’UA ou assister à leurs sommets respectifs pour expliquer les avantages de la réforme. Les États membres auront besoin de temps pour engager des consultations nationales, notamment en ce qui concerne le prélèvement de 0,2% sur les importations, qui nécessitera la ratification du parlement ou d’autres autorités locales de nombreux pays.

    Dans le cadre du processus de réforme, l’UA devrait entreprendre un examen global de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA). Le paysage des conflits continentaux a considérablement évolué depuis la conception et le développement de l’APSA au début des années 2000. De nouveaux défis sont apparus, notamment l’influence croissante d’acteurs non étatiques, en particulier de mouvements djihadistes et de réseaux criminels qui opèrent au-delà des frontières et exploitent et aggravent souvent des formes de conflit plus traditionnelles. L’UA a approuvé les forces ad hoc que les groupes d’États ont mobilisées pour réagir – l’Équipe spéciale multinationale de lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad et la Force conjointe du G5 pour le Sahel – n’exerce que peu, voire pas du tout, de contrôle sur leur mandat ou leurs opérations. Un examen de l’APSA permettrait de déterminer si ces forces devraient être intégrées aux structures continentales et, le cas échéant, comment.

    II. Limiter les perturbations causées par les tensions entre le Maroc et la RASD

    Le Maroc a rejoint l’UA en janvier 2017, après 33 ans d’exil auto-imposé, pour protester contre l’admission de la République démocratique sahraouie (RASD). L’Algérie et plusieurs autres États s’opposaient fermement au retour de Rabat au motif que son «occupation» de la RASD contrevenait aux principes de l’UA. Beaucoup pensent que le Maroc tentera d’isoler et éventuellement d’expulser la RASD de l’UA et craignent que sa présence ne soit gênante: avant de le rejoindre, le Maroc a organisé des débrayages lors de plusieurs réunions internationales auxquelles ont assisté des représentants de la RASD. Dans son premier discours à l’Assemblée de l’UA, le roi Mohammed VI a tenté de rassurer ses collègues. « Nous n’avons absolument aucune intention de créer des divisions, comme certains voudraient l’insinuer », a-t-il déclaré, ajoutant: « L’action [du Royaume] contribuera au contraire à favoriser l’unité et le progrès ».

    Beaucoup pensent que le Maroc tentera d’isoler et éventuellement d’expulser la RASD de l’UA et craignent que sa présence ne perturbe la situation.

    Malgré ses assurances, les tensions entre le Maroc et la RASD ont déjà perturbé le travail de l’UA, retardant ou entravant les réunions internes et celles avec des partenaires extérieurs. En août 2017, lors d’une réunion ministérielle de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique à Maputo, au Mozambique, le ministre marocain des Affaires étrangères a été empêché de participer après avoir protesté contre l’inclusion de la RASD, conflit qui a dégénéré en altercation physique. Au cours des préparatifs du sommet UA-UE de novembre, beaucoup de temps et de volonté politique ont été consacrés à convaincre le Maroc de siéger, mais le roi a finalement participé pleinement, en grande partie à cause de l’importance du partenariat avec l’UE Afrique dans son ensemble.

    Les États membres et le personnel de la Commission de l’UA sont de plus en plus frustrés des deux côtés; ils devront faire preuve de diplomatie adroite pour atténuer les frictions. Faki devrait travailler avec les alliés des États membres pour persuader le Maroc, la RASD et leurs partisans respectifs de permettre à l’UA de travailler sans entrave. Des relations plus chaleureuses entre Pretoria et Rabat peuvent aider; Les deux pays ont convenu d’échanger des ambassadeurs après la rencontre entre le roi Mohammed VI et le président Jacob Zuma en marge du sommet UA-UE.

    Transitions contestées

    III. Aider à faire avancer les préparatifs pour les élections en RDC

    En 2017, le président Joseph Kabila a prolongé son mandat au moins jusqu’à la fin de 2018, malgré l’accord conclu avec Saint Sylvester en décembre 2016, qui prévoyait la tenue d’élections en décembre 2017. L’opposition et la société civile continuent de lutter pour se forger un mouvement populaire crédible face à la répression continue. Kabila conserve l’avantage, contrôlant le gouvernement, les forces de sécurité et la commission électorale. Pour le moment, il n’existe aucune garantie ni aucun engagement visible en faveur d’une organisation efficace des élections. La répression meurtrière exercée sur les manifestants le 31 décembre montre que la répression politique se poursuit sans relâche, ce qui renforce la crainte que les préparatifs électoraux ne soient qu’un écran de fumée.

    Cependant, l’économie congolaise est en crise et les pouvoirs du gouvernement sont faibles dans de grandes régions du pays. Un certain nombre de provinces subissent des insurrections locales ou des conflits intercommunautaires, entraînant l’une des pires crises humanitaires dans le monde. Le danger d’escalade de la violence reste élevé: l’expérience vécue au Kasaï, où la politisation de l’installation d’un chef local a provoqué un conflit dans plusieurs provinces, montre à quel point les troubles peuvent se propager rapidement. L’assassinat récent de quinze soldats de la paix de l’ONU à Beni est également un rappel brutal de la dangereuse dynamique dans l’est de la RDC.

    L’engagement international a été terne et incohérent, alors même que le gouvernement de Kabila avait volontairement enfreint les dispositions de Saint Sylvestre. Les États-Unis et l’UE ont été plus critiques et ont imposé des sanctions ciblées aux principaux responsables. L’UA, comme beaucoup d’autres États membres, dénonce les sanctions. Certains dirigeants africains expriment leur frustration à l’égard de Kabila en privé, mais leur soutien public tacite a donné du répit à son gouvernement.

    La commission électorale a reporté les élections présidentielle, législative et provinciale au 23 décembre 2018. Cela offre une occasion pour une diplomatie occidentale et africaine concertée et coordonnée, fondée sur le strict respect du nouvel échéancier, un vote crédible, une ouverture de l’espace politique et une garantie. que la constitution ne sera pas modifiée pour permettre à Kabila un autre mandat. L’opposition devrait s’engager activement dans le processus électoral.

    L’UA, qui a renforcé sa diplomatie en RDC au cours des derniers mois, pourrait utiliser le nouveau calendrier électoral comme base d’un engagement soutenu pour réduire les divisions entre l’Afrique et l’Ouest. Avec les acteurs régionaux (notamment la SADC, l’Afrique du Sud et l’Angola) et la communauté internationale au sens large, l’UA devrait surveiller les progrès de la commission électorale pour éviter de nouveaux retards et faire respecter les principes clés de l’accord de Saint Sylvester.

    Un groupe restreint mais représentatif de représentants des nations et organisations occidentales et africaines, y compris l’Union africaine, pourrait aider à forger un consensus international et limiter les possibilités de Kabila de faire du shopping libre. Ce groupe devrait établir et surveiller des points de repère pour le processus électoral et relier les initiatives aux niveaux local, régional et international. Enfin, l’UA devrait utiliser sa propre influence et sa légitimité, en particulier celle du Conseil de paix et de sécurité, pour inciter l’administration de Kabila à opter pour une transition et l’opposition à s’engager dans le processus électoral.

    Déployer des équipes d’observation bien avant d’autres élections critiques

    En plus de la RDC, dix-sept autres pays africains doivent organiser des élections présidentielle, législatives ou locales en 2018. Parmi eux, au moins treize sont aux prises avec un conflit ou en sortent ou ont des antécédents de conflits électoraux récurrents. Des sondages erronés ou violents, ou une série de votes qui provoquent des crises politiques, pourraient avoir des implications plus larges pour la démocratie et la stabilité sur le continent, dont certaines parties montrent déjà des signes de recul.

    Le Département des affaires politiques, sous-doté en personnel chronique et sous-financé, ne peut pas surveiller efficacement tous ces conflits. il devrait concentrer les efforts sur ceux qui nécessitent le plus d’attention. Outre les équipes à court terme qui surveillent les scrutins et les dépouillements, l’UA devrait déployer des observateurs à long terme, idéalement au moins six mois à l’avance, pour suivre les conditions plus générales des élections et l’environnement de la campagne; des conditions injustes sont souvent créées bien avant le scrutin. L’UA pourrait également envisager de combiner ses opérations d’observation avec celles des communautés économiques régionales.

    Trois sondages, hormis ceux de la RDC, méritent une attention particulière en 2018:

    Le Cameroun est confronté à une crise anglophone croissante dans le sud-ouest. Le gouvernement, déjà aux prises avec Boko Haram dans l’Extrême-Nord et les milices centrafricaines à l’est, semble mal équipé pour le désamorcer. Les troubles dans les zones anglophones montrent des signes d’insurrection naissante et pourraient déclencher une crise politique plus vaste qui risque de perturber les élections prévues pour octobre. L’UA et les autres acteurs internationaux devraient pousser le gouvernement et les militants anglophones à dialoguer et à promouvoir les conditions d’un vote crédible.

    Des élections présidentielles, à l’Assemblée nationale et régionales sont prévues au Mali, mais la mise en œuvre de l’accord de paix négocié par l’Algérie en juin 2015 reste lente. Les groupes armés se sont multipliés, se heurtant plus fréquemment aux forces maliennes et internationales. Le gouvernement reste largement absent du nord et les groupes djihadistes consolident le contrôle dans de nombreuses zones rurales. Les troubles se sont également propagés au centre du Mali, une région longtemps négligée par l’État. Dans ces conditions, administrer un vote crédible en 2018 sera difficile. Mais les élections devraient se tenir: le mécontentement populaire vis-à-vis du gouvernement actuel est élevé et toute tentative de les reporter, en particulier les élections présidentielles, pourrait alimenter les manifestations, en particulier dans la capitale Bamako. L’UA devrait assister les autorités maliennes dans leurs préparatifs électoraux, notamment en encourageant l’ONU et l’UE à appuyer un audit du registre des électeurs.

    Au Zimbabwe, l’euphorie qui a suivi l’éviction du président Robert Mugabe s’est apaisée, son remplaçant, Emmerson Mnangagwa, a consolidé le pouvoir du Front patriotique de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU-PF) et de l’armée, en nommant un cabinet composé de partisans et de hauts responsables de l’armée au lieu de construire une coalition plus large. Lors de son entrée en fonction, le président Mnangagwa a promis que les élections, qui doivent avoir lieu avant septembre 2018, seront libres et équitables, sans toutefois indiquer les réformes nécessaires pour garantir un vote crédible. L’Union africaine, travaillant de concert avec la SADC, devrait inciter le gouvernement à assainir les électeurs, à mettre en place un contrôle indépendant de la Commission électorale zimbabwéenne et à créer un environnement politique exempt de violence, d’intimidation et de propagande. Le Conseil consultatif électoral de la SADC devrait entreprendre une évaluation des conditions électorales et l’UA devrait déployer immédiatement des observateurs à long terme. Les deux institutions devraient également faire pression sur le gouvernement du Zimbabwe pour permettre aux groupes régionaux et internationaux d’observer les élections. La ZANU-PF et Mnangagwa ont intérêt à laisser les observateurs surveiller le processus: sans contrôle, un nouveau gouvernement aurait du mal à prouver qu’il dispose de la légitimité nécessaire pour que les donateurs et les institutions financières internationales soutiennent la reprise économique au Zimbabwe.

    Crises Majeures

    V. Mettre en œuvre la nouvelle feuille de route de l’UA en République centrafricaine

    La crise en République centrafricaine (RCA) s’est aggravée en 2017, la violence ayant fait de nombreuses victimes civiles et provoquant des déplacements massifs. En dehors de la capitale, Bangui, la majeure partie du pays est aux mains de groupes armés qui se disputent les ressources dans des configurations changeantes d’alliances. Dans le nord-ouest, la violence tourne principalement autour de groupes armés rivaux et de conflits perpétuels sur le mouvement du bétail, tandis que dans le centre et l’est, des groupes mènent une guerre de guérilla autour de zones d’influence et de ressources. La stabilisation est improbable à court terme et une victoire militaire sur les groupes armés encore moins. Les perspectives de reprise d’une guerre civile plus vaste ne peuvent être écartées.

    Jusqu’à présent, le gouvernement et ses partenaires internationaux ont été incapables de mettre fin aux troubles ou de trouver des solutions durables à la violence généralisée. Une médiation efficace entre les groupes armés et l’État nécessitera non seulement un dialogue, mais également des pressions, notamment en comprimant les flux de revenus et en renforçant la dissuasion militaire, notamment en débarrassant les villes des armes et en arrêtant les organisateurs d’attaques majeures. Les autorités nationales doivent également rétablir la confiance dans les périphéries, par exemple en répondant aux préoccupations de certaines communautés en matière de citoyenneté.

    Divers acteurs ou organisations internationaux et régionaux ont lancé des efforts de médiation parallèles en 2016 et au premier semestre de 2017. Toutefois, des agendas divergents, des rivalités institutionnelles et des approches divergentes ont envoyé des messages incohérents, notamment en ce qui concerne les amnisties pour les chefs rebelles, l’intégration des combattants dans l’armée et le retour. en RCA des anciens présidents. Bien que l’UA ait pris les devants et élaboré une nouvelle feuille de route pour la paix et la réconciliation en juillet 2017, destinée à promouvoir le dialogue et à conclure un accord sur le désarmement des combattants, peu de progrès ont été accomplis depuis. Pour que cette initiative aboutisse, la Commission de l’Union africaine, le Conseil de paix et de sécurité et représentant spécial, Bédializoun Moussa Nébié, ainsi que les voisins de la RCA, doivent intensifier leur engagement, notamment en poussant les dirigeants des groupes armés et le gouvernement à négocier. L’UA devrait également engager les ressources humaines et financières requises, en veillant à ce que son bureau de liaison dispose de tout le personnel et de toutes les ressources nécessaires.

    L’Union africaine devrait également régler les points de désaccord – notamment au sujet des amnisties et de la nomination de dirigeants rebelles à des postes gouvernementaux lucratifs – parmi les partenaires internationaux de la RCA, qui ont dans l’ensemble salué la récente initiative de l’Union africaine. Tout accord éventuel entre le gouvernement et les groupes armés nécessitera des garants provenant d’États africains et occidentaux, d’organisations continentales et régionales et de l’ONU. Un cadre à travers lequel les donateurs et les autres peuvent apporter un soutien politique et financier est également essentiel. Identifier les options à l’avance serait utile. L’appropriation du processus par les Centrafricains est essentielle à son succès, de sorte que l’UA devra également obtenir une plus grande participation du gouvernement.

    VI. Éviter un retrait précipité de la Somalie

    L’année 2017 a été agitée pour la Somalie. L’euphorie et l’optimisme ont suivi l’élection de Mohammed Abdullahi «Farmajo» à la présidence en février, mais le pays n’a pas subi l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire. Deux camions piégés à Mogadiscio ont fait au moins 500 morts en octobre. Les attentats à la bombe illustrent les défis auxquels fait face l’administration de Farmajo: les forces de sécurité nationales sont chroniquement faibles, tandis que l’insurrection al-Shabaab montre une puissance et une résilience constantes, reprenant récemment le territoire situé à l’extérieur de Mogadiscio. Farmajo doit également faire face à des conflits de longue date avec les clans et aux frictions grandissantes du gouvernement avec les États fédéraux, exacerbées par la crise du Golfe. Son administration n’a pas non plus beaucoup progressé dans la lutte contre les déficits chroniques de gouvernance qui sous-tendent l’instabilité de la Somalie.

    La Commission de l’UA pourrait envisager de convoquer un sommet au début de 2018 […] dans le but d’améliorer la coordination, notamment en ce qui concerne la formation et l’assistance des forces de sécurité.

    Peu de gens pensent que Al-Shabaab sera vaincu de sitôt, malgré le rythme grandissant de l’offensive militaire de l’AMISOM dans le sud de la Somalie, appuyée par les frappes aériennes américaines. La mission de l’Union africaine, elle-même sous-financée, souffre du moral des troupes et doit se retirer d’ici fin 2020. Cette date pose un dilemme aigu pour l’UA et les autres partenaires étrangers de la Somalie. Le retrait, qui a commencé en décembre 2017 avec le départ de 1 000 soldats de tous les pays fournisseurs de contingents, constitue un impératif politique. Pourtant, un retrait précipité ouvrirait presque certainement la porte aux gains d’Al-Shabaab, y compris sa possible reconquête de Mogadiscio, étant donné la faiblesse chronique et la corruption de l’Armée nationale somalienne. La Commission de l’Union africaine pourrait envisager de convoquer un sommet début 2018 réunissant des fournisseurs de contingents, des donateurs, des organismes régionaux et les Nations Unies dans le but d’améliorer la coordination, notamment en ce qui concerne la formation et l’assistance des forces de sécurité. Il est essentiel de ne pas précipiter le retrait et de se coordonner avec le gouvernement somalien et ses alliés impliqués dans la réforme du secteur de la sécurité.

    Le retrait imminent intervient à un moment de tension accrue entre Mogadiscio et les régions fédérales somaliennes. Au cours de la crise du Golfe en 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont fortement incité Farmajo à prendre parti pour rompre les relations diplomatiques avec le Qatar. Ses tentatives pour rester neutre – les Saoudiens, les Emiratis, les Qataris et son principal allié international, la Turquie, apportent une aide cruciale à la Somalie – ont conduit les EAU à renforcer leur soutien et à lancer un appel directement aux gouvernements fédéraux, en contrepoids à Mogadiscio. aggraver les frictions entre ces gouvernements et Farmajo et alimenter les factions politiques.

    VII. Aider à remodeler la stratégie de stabilisation du Soudan du Sud

    La fin des hostilités de Noël au Soudan du Sud a échoué, rappelant à quel point les conflits dans le pays sont insolubles. Bien que les combats aient diminué depuis son apogée au début de 2014, la violence reste omniprésente. Les forces gouvernementales ont l’avantage sur l’armée, mais bien que moins de régions fassent l’objet de combats actifs, une grande partie du pays existe toujours entre la guerre et la paix: la pauvreté, la violence et les déplacements sont des défis constants.

    En 2017, le gouvernement de transition, dirigé par la présidente Salva Kiir, s’est lancé dans une stratégie de stabilisation incohérente axée sur: le remaniement de l’accord de paix de 2015 à médiation régionale en sa faveur; lancer des négociations discrètes avec les groupes rebelles, associées à des pressions militaires pour les amener à accepter la paix aux conditions de Juba; et organiser un dialogue national. Grâce à cette stratégie, Kiir a réussi à passer d’un forum sous surveillance internationale à une approche nationale, dirigée par le gouvernement, exempte de toute surveillance externe importune. Les pays voisins ont fourni un soutien discret, mettant fin en grande partie à l’aide fournie aux groupes rebelles, mais les gouvernements occidentaux restent opposés à ce qu’ils considèrent comme les efforts de Juba pour instaurer la paix du vainqueur.

    Les avantages limités de cette stratégie, qui comprend des accords de paix avec plus de 10 000 rebelles armés, sont maintenant menacés. Sous la pression de la troïka (Norvège, Royaume-Uni et États-Unis), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, l’organe sous-régional qui a négocié l’accord de 2015) a lancé un forum de revitalisation pour ressusciter l’accord de paix par un nouveau cessez-le-feu et des délais convenus, retardant spécifiquement les élections prévues pour 2018. Le gouvernement a réagi à la pression internationale en élevant des voix moins compromettantes et plus belliqueuses dans ses rangs. Préserver les quelques avancées réalisées et prévenir une nouvelle détérioration devrait toujours être possible, même si cela nécessitera un engagement politique sérieux.

    Indépendamment d’autres facteurs, le gouvernement de transition contrôle la majeure partie du pays et doit être encouragé à promouvoir la paix et à améliorer les conditions de vie. Cependant, les gouvernements occidentaux ont été réticents à engager Kiir et l’IGAD s’est concentrée sur la prévention des conflits régionaux. Cela offre à l’UA une occasion de soutenir, d’élaborer et de transmettre des messages difficiles au gouvernement de transition – en public et en privé – sur la révision de sa stratégie de stabilisation et l’établissement d’un calendrier réaliste pour les élections. Alpha Oumar Konaré, haut représentant de l’UA, est perçu comme neutre, entretient de bonnes relations avec Kiir et est capable de livrer des vérités dures qui pourraient le pousser à adopter des positions plus modérées. Mais l’engagement de Konaré a été incohérent. Une participation soutenue, y compris des visites plus fréquentes à Juba, augmenterait sa capacité d’influencer les événements au Soudan du Sud.

    L’UA réactive son comité ad hoc de haut niveau sur le Soudan du Sud, connu officieusement sous le nom de UA5, qui comprend l’Algérie, le Tchad, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud. L’UA5 devrait coopérer étroitement avec les voisins du Sud-Soudan dans le cadre de discussions de chef à chef, en veillant à un équilibre entre atténuer les tensions régionales et soutenir la paix au Sud-Soudan. L’UA5, conjointement avec Konaré, devrait également envisager de faire participer Kiir à la stratégie de son gouvernement. Cela les obligerait à mettre en contact des discussions de haut niveau à l’étranger avec des discussions locales sur le terrain. Pour y parvenir efficacement, Konaré et l’UA5 auront besoin d’un personnel à plein temps capable de voyager fréquemment dans tout le Soudan du Sud.

    Source : Crisis Groupe, 17 jan 2018

    Tags : Afrique, Union Africaine, UA, conflits, Sahara Occidental, Maroc, Congo, RCA, ONU,

  • La Police MONUSCO sensibilise les déplacés de Butembo sur la Maladie à virus Ebola

    La Task-Force Ebola UNPOL a usé du français et du Swahili pour parler des modes de transmission et l’importance du respect strict des mesures de préventions

    BUTEMBO, République Démocratique du Congo, 4 juillet 2019/ — L’équipe Task-Force Ebola et les Officiers de Police Individuels de la Composante Police (UNPOL) de Butembo ont mené, dans l’enceinte de la Cathédrale de Butembo, une séance de sensibilisation sur la maladie à virus Ebola (MVE) au profit des déplacés de Beni, dans le Nord-Kivu.

    Ces derniers, environ 500 ménages victimes des groupes armés, mènent des activités sous l’encadrement de l’Association ‘Intégration Sociale pour la Promotion des Nécessiteux’ (ISPRON).

    UNPOL a jugé utile d’organiser cette séance de sensibilisation à leur profit afin de les informer sur les mesures à adopter pour se protéger contre la MVE.

    Plusieurs organisations humanitaires, notamment UNICEF, PAM y ont pris part sur invitation de la Composante Police.

    La Task-Force Ebola UNPOL a usé du français et du Swahili pour parler des modes de transmission et l’importance du respect strict des mesures de préventions édictées par les équipes médicales. L’Officier de Police Individuel Andrea Godwin LEGEMBO a saisi l’occasion pour expliquer, en swahili, les raisons de la présence des équipes des forces de sécurité auprès des équipes de la riposte.

    Les populations ont activement pris part à la séance de sensibilisation en posant de nombreuses questions sur la maladie à virus Ebola. Elles ont remercié la Composante Police pour cette belle initiative.

    Le curé de la paroisse et madame Masika Kahindo Marie Jeanne, Présidente d’ISPRON, leur ont emboités le pas en remerciant à leur tour les intervenants. Ils ont aussi profité de l’occasion pour inviter les acteurs humanitaires à venir en aide à ces populations nécessiteuses.

    A la fin de la séance, du matériel de prévention, composé de dispositif de lavage des mains et de savons, entre autres, a été distribué.

    Distribué par APO Group pour Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO).

    SOURCE

    Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO)

    Tags: MONUSCO, Ebola, épidémie, RDC, Congo,

  • Cuando los europeos se repartieron África

    El continente africano fue ocupado y repartido entre las potencias europeas en el siglo XIX. A principios de dicho siglo los europeos solamente poseían factorías costeras o pequeñas colonias. Pero en la segunda mitad del siglo, exploradores y misioneros recorrieron África, aprovechando el curso de los grandes ríos: Níger, Nilo, Congo, Zambeze y se aventuraron por el Sahara.

    A partir de la década de los años setenta del siglo XIX, las expediciones se multiplicaron y las potencias europeas se lanzaron a una verdadera carrera de conquista y colonización de territorios. Los británicos deseaban establecer un imperio de norte a sur, vertebrado por el ferrocarril El Cairo-El Cabo, dominando, a su vez, la fachada oriental del continente con vistas a controlar el Océano Índico. Gran Bretaña obtuvo territorios muy ricos en minerales (oro y diamantes), así como de gran valor estratégico, como el Canal de Suez, por el que controlaban el paso entre el Mediterráneo y el Mar Rojo hacia el Océano Índico.

    Por su parte, los franceses pretendían levantar un imperio de este a oeste del continente africano. Comenzaron por dominar Argelia y desde allí fueron dominando gran parte del norte de África (Marruecos y Túnez), la costa occidental del continente y se extendieron hacia Sudán, punto de fricción con los británicos, ya que era la zona de choque con la línea norte-sur británica.

    El rey de los belgas -Leopoldo II- encargó la exploración de la zona del Congo para levantar un imperio propio. Los alemanes se establecieron en África central. Así pues, muy pronto comenzaron a entrar en colisión los intereses de las grandes potencias. Ante esta situación, en el año 1885, Bismarck convocó una Conferencia Internacional en Berlín.

    En la Conferencia se tomaron una serie de decisiones sobre la colonización de África: garantía de libre navegación por los ríos Níger y Congo, establecimiento de unos principios para ocupar los territorios por parte de las metrópolis, basados en el dominio efectivo con notificación diplomática al resto de las potencias del establecimiento de la nueva colonia. Pero la Conferencia no terminó con los enfrentamientos entre las potencias coloniales.

    Posteriormente, los alemanes se establecieron en Togo, Camerún, África suroccidental y Tanganica, mientras que los portugueses se hacían con Angola, Mozambique y Guinea-Bissau. Italia estableció su imperio en Libia y Somalia. Por fin, España se estableció en lo que luego fue Guinea Ecuatorial, y el Sahara Occidental (Río de Oro).

    En el sur de África dos pequeñas repúblicas vecinas –Transvaal y Orange- estaban en manos de los holandeses nacidos en el continente africano y conocidos como bóers, después de haberse marchado de la zona de El Cabo (habían llegado en el siglo XVII), huyendo de la expansión británica en la zona. Pero la noticia del descubrimiento de importantes minas en Transvaal motivó a los ingleses a invadir los territorios de los bóers, provocando el estallido de una guerra, que duró tres años, con un alto coste en vidas humanas. Al final, esos territorios fueron anexionados al Imperio británico.

    Fuente: La Mar de Onuba

    Tags : Africa, colonización, expolio, recursos naturales, Congo, Níger, oro, diamantes, Tratado de Berlín,

  • Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du SG de l’ONU: 17 juin 2019

    Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 17 juin 2019

    (La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

    Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

    Nigéria

    Le Secrétaire général condamne le triple attentat-suicide perpétré le 16 juin dans le village de Konduga, de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigéria.

    Le Secrétaire général présente ses sincères condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au Gouvernement et au peuple du Nigéria. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés et espère que les auteurs de ces attaques seront rapidement traduits en justice.

    Le Secrétaire général réitère la solidarité des Nations Unies avec le Gouvernement du Nigéria dans sa lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il renouvelle aussi l’engagement des Nations Unies à continuer d’appuyer les efforts régionaux de lutte contre le terrorisme.

    Kenya/Somalie

    Le Secrétaire général condamne l’attaque perpétrée hier dans le comté de Wajir, au Kenya, au cours de laquelle huit policiers ont perdu la vie et d’autres ont été blessés lorsque leur véhicule a heurté un engin explosif improvisé. L’attaque intervient après l’enlèvement de trois policiers réservistes dans le même comté vendredi dernier, lequel enlèvement a été revendiqué par les Chabab.

    Le Secrétaire général condamne aussi le meurtre d’au moins huit personnes alors que d’autres ont été blessées par l’explosion d’une voiture à un point de contrôle de Mogadiscio, en Somalie. Cet acte a également été revendiqué par les Chabab.

    Le Secrétaire général présente ses condoléances aux familles des victimes et aux Gouvernements et aux peuples du Kenya et de la Somalie. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

    Le Secrétaire général exprime la solidarité des Nations Unies avec les Gouvernements du Kenya et de la Somalie dans leurs efforts de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

    Droit de la mer

    Ce matin, le Secrétaire général a pris la parole lors de la réunion commémorant le vingt-cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

    M. Guterres a déclaré qu’il était essentiel de disposer d’un corpus de droit international bien défini établissant les droits et obligations des États en ce qui concerne les mers et les océans à un moment où ces espaces subissent une pression sans précédent.

    Le Secrétaire général a encouragé les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la Convention et exhorté tous les États parties à s’attaquer pleinement à la mise en œuvre de la Convention avec un engagement et une vigueur renouvelés.

    « Soyons la génération qui brisera le cycle du déclin continu de nos océans et garantira leur conservation et leur utilisation durable, au profit des générations actuelles et futures », a-t-il déclaré.

    Yémen

    L’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a informé ce matin le Conseil de sécurité, depuis Amman, par visioconférence, des récents développements sur le terrain. À Hodeïda, la réduction de la violence a généralement été respectée depuis six mois, après l’entrée en vigueur de l’Accord de Stockholm en décembre. Et ce, en dépit des retards pris dans la mise en œuvre de ce même accord en raison d’un certain nombre de défis et de frustrations qui allaient de pair avec. M. Griffiths a ajouté que, au cours des derniers mois, des membres du Comité de coordination du redéploiement des deux parties ont continué à s’engager de manière constructive auprès du général de corps d’armée Michael Lollesgaard s’agissant des première et deuxième phases du redéploiement.

    L’Envoyé spécial s’est déclaré préoccupé par l’escalade récente des combats au Yémen ainsi que par les récentes attaques de drones à l’aéroport d’Abha. Dans le contexte de tensions régionales plus larges, a-t-il observé, les risques pour le processus politique n’ont jamais paru plus aigus. M. Griffiths a appelé à l’adoption de mesures visant à désamorcer les tensions au profit du peuple yéménite et de la sécurité régionale.

    Le Coordonnateur des secours d’urgence, M. Mark Lowcock, a, quant à lui, déclaré aux membres du Conseil de sécurité que les événements survenus au Yémen au cours des dernières années ont été récurrents, comme une boucle temporelle. La situation sur le terrain, a-t-il noté, n’a que très peu évolué depuis 2016. Mais à la suite des combats, 24 millions de personnes ont besoin d’aide et 10 millions de nourriture. M. David Beasley, le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, a également pris la parole au cours de cette séance.

    République démocratique du Congo (RDC)

    La Mission de l’Organisation des Nations Unies République démocratique du Congo (MONUSCO) est préoccupée des informations faisant état de violences dans la province de l’Ituri (territoire de Djugu), qui ont entraîné la mort de dizaines de personnes. Des pillages, des incendies de villages et des déplacements forcés de populations ont également été signalés.

    Afin de soutenir les efforts déployés par la RDC pour faire face à la détérioration de la situation sécuritaire, la MONUSCO a renforcé sa présence dans la région avec le déploiement de trois bases militaires temporaires dans les territoires de Djugu et de Mahagi.

    La Mission a également déployé des équipes sur le terrain pour évaluer la situation et engagé les communautés et les autorités à contribuer à prévenir de nouvelles attaques et à stabiliser la situation.

    Soudan

    La Coordonnatrice des opérations humanitaires au Soudan, Mme Gwi-Yeop Son, est gravement préoccupée de la détérioration de la situation humanitaire, et des informations faisant état de violence intercommunautaire dans des régions du Darfour, y compris les derniers affrontements à Zalingei dans le Darfour central, qui ont fait 17 morts et causé la destruction de 100 logements.

    Mme Son a souligné l’importance d’une intervention humanitaire sans entrave, fondée sur des principes, et rapide dans tout le Soudan. Elle a appelé les autorités à faciliter les importations et la distribution de l’aide, y compris les médicaments, et à garantir la liberté de mouvement des travailleurs humanitaires à l’intérieur du pays.

    Elle a ajouté qu’un demi-million de personnes risquent d’être touchées à Khartoum et au Darfour si les médicaments ne sont pas importés en temps utile, et 250 000 mères d’être privées de soins maternels.

    La Coordonnatrice a aussi mis en exergue la nécessité de respecter le droit international humanitaire, y compris la protection des centres sanitaires, le personnel de santé et les autres acteurs humanitaires. L’ONU et ses partenaires prêtent assistance à 4,4 millions de nécessiteux à travers tout le Soudan.

    Chine

    Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), les pluies diluviennes et les inondations qui se sont abattues la semaine dernière sur six provinces du sud et du centre de la Chine ont touché plus de six millions de personnes. Au moins 88 personnes ont été tuées avant le 16 juin et 388 000 personnes évacuées. L’ONU présente ses condoléances au Gouvernement et au peuple chinois pour ces pertes humaines.

    Venezuela

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a dépêché des équipes supplémentaires, ce week-end, à la frontière entre le Pérou et l’Équateur pour aider les autorités à gérer le nombre sans précédent de réfugiés et de migrants vénézuélien arrivant au Pérou.

    Vendredi, plus de 8 000 Vénézuéliens ont traversé la frontière dans la ville péruvienne de Tumbes, le plus grand nombre jamais enregistré en une journée. Le nombre total de réfugiés et de migrants vénézuéliens au Pérou serait de 800 000.

    Le HCR a indiqué qu’il prête une assistance humanitaire et médicale sur le terrain ainsi que des informations et des soutiens juridiques aux réfugiés et aux migrants des deux côtés de la frontière. L’agence réitère son appel à la communauté internationale à intensifier son appui aux pays comme la Colombie, l’Équateur et le Pérou qui ont accueilli la grande majorité des quatre millions de réfugiés et de migrants du Venezuela.

    Désertification

    La Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse est célébrée aujourd’hui. Le thème cette année est « Construisons l’avenir ensemble. »

    Dans son message, le Secrétaire général indique que « la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse présentent un grave danger pour des millions d’habitants de la planète et en particulier les femmes et les enfants ». Il a ajouté qu’il nous faut protéger la terre, la restaurer et en faire un meilleur usage pour réduire la migration forcée, améliorer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique. « C’est ainsi que nous pourrons faire face à l’urgence climatique mondiale. »

    La principale célébration se déroule en Turquie. Cette année marque aussi le vingt-cinquième anniversaire de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.

    Population

    La population mondiale devrait croître de deux milliards de personnes au cours des 30 prochaines années, selon le rapport sur les perspectives de la population mondiale de 2019, publié aujourd’hui par le Département des affaires économiques et sociales.

    Neuf pays devraient concentrer plus de la moitié de la croissance estimée d’ici à 2050. Il s’agit de l’Inde, du Nigéria, du Pakistan, de la République démocratique du Congo, de l’Éthiopie, de la Tanzanie, de l’Indonésie, de l’Égypte et des États-Unis.

    Le rapport confirme également que la population mondiale vieillit en raison d’une espérance de vie plus longue et de taux de fécondité plus bas. Entre 2019 et 2050, la population devrait baisser de 1% ou davantage dans 55 pays ou régions.

    Conférence de presse

    Demain à 12 h 30, le Secrétaire général et le Conseiller spécial pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng, s’adresseront à la presse à la sortie du Conseil économique et social (ECOSOC), à l’issue de la réunion informelle sur la Stratégie et le Plan d’action des Nations Unies contre les discours de haine, qui se tiendra à 11 heures.

    Source : ONU PRESS

    Tags : ONU, presse, Nigeria, Somalie, Yémen, République Démocratique du Congo, Congo, Ebola, ECOSOC,

  • Le génocide du sadique Léopold II de Belgique au Congo: le pire crime européen en Afrique

    Le monarque belge s’est fait passer par un bienfaiteur anti-esclavage pour que la communauté internationale lui cède le Congo, où il causa la mort et la mutilation des bras et des jambes de millions d’habitants afin de s’enrichir

    Alors que l’Europe du XIXe siècle continuait de traiter les Espagnols d’assassinats d’Indiens, pour quelque chose qui s’était passé deux siècles auparavant et qui était principalement causé par des maladies; en Afrique noire, l’exploitation du caoutchouc était derrière la mort de dix millions de personnes à l’époque. Comme le rappelle Josep Pérez dans son célèbre livre « La légende noire », « la colonisation européenne des XIXe et XXe siècles était coupable de crimes similaires à ceux commis par les Espagnols en Amérique. La seule différence est qu’il n’a pas trouvé un Las Casas [le frère qui a protesté avec des chiffres douteux pour le traitement réservé aux Indiens] pour le dénoncer ». Le Congo belge était le cas le plus sauvage.

    Un maître de la dissimulation

    Léopold de Saxe-Cobourg et Gothase, Léopold II, roi des Belges à la fin du XIXe siècle, a parrainé pendant son règne le fait que le Congo était passé de 20 millions d’habitants à 10 millions. La chose la plus surprenante est que le monarque, appartenant à la dynastie des Saxons-Coburg Gotha, n’a pas eu besoin de tirer une seule balle pour conquérir ce territoire. Léopoldo n’a pas hérité ni conquis le Congo (en fait, après sa mort, il a rejoint la Belgique), il suffisait de convaincre la communauté internationale que, s’ils lui accordaient sa souveraineté, il protégerait ses habitants des réseaux de négriers arabes. Rien de plus éloigné de la vérité, le véritable objectif du Belge, qui définissait son petit royaume européen comme «Petit pays, petits gens», était de s’emparer d’une colonie et de la presser jusqu’à la dernière goutte de ses ressources économiques.

    Le véritable objectif du blege était de se faire une colonie et presser jusqu’à la dernière goutte

    Léopoldo a néanmoins su dissimuler son mbition économique en créant une image de monarque humanitaire et altruiste, qui finançait des associations caritatives pour lutter contre l’esclavage en Afrique de l’Ouest et finançait le voyage des missionnaires dans ces régions. En 1876, lors d’une conférence géographique tenue à Bruxelles, avec son élégance et ses bonnes manières, un groupe choisi de géographes, d’explorateurs et d’activistes humanitaires se rendit compte que son intérêt était « absolument humanitaire ». Il a également été élu à la présidence de l’Association internationale africaine récemment créée, devenue au fil du temps l’Association internationale du Congo.

    À la suite de ces mouvements sibyllins, en février 1885, quatorze nations réunies à Berlin et présidées par la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les États-Unis donnèrent à Léopold II tout le Congo à travers l’association qu’il présidait. Un territoire vingt fois plus grand que la Belgique, où il s’est engagé à « abolir l’esclavage et à christianiser les sauvages » en échange de leur cession. Les grandes puissances ont accordé au Congo le roi des Belges, sans connaître le genre de personne qu’il était, surtout, parce qu’elles ignoraient le grand trésor qui se cachaient entre ses arbres.

    Mutilisations, au nom du caoutchouc

    En plus de l’ivoire de ses éléphants, Léopold était attiré par le Congo en raison de ses vastes réserves de caoutchouc. Pendant son règne, la demande internationale de caoutchouc extraite des hévéas, très nombreux au Congo, a explosé. Le problème de la collecte de ce matériel était l’énorme quantité de travail nécessaire et les conditions difficiles pour ces employés. Pour résoudre le problème, le roi de Belgique conçut un système de concessions qui condamnait essentiellement tous les Congolais à l’esclavage.

    L’explorateur Henry Morton Stanley (le premier Européen à parcourir les milliers de kilomètres du fleuve Congo) et d’autres émissaires du roi ont été chargés, entre 1884 et 1885, de faire signer aux chefs autochtones de la géographie congolaise des contrats de qui ont cédé la propriété de leurs terres à l’Association internationale du Congo. Dans ces « traités », les caudillos s’engageaient à travailler dans les travaux publics de cette institution qui, croyaient-ils, allaient servir à expulser les négriers et à moderniser le pays.

    Léopold de Belgique était parfaitement au courant des crimes et est allé jusqu’à proposer faire travailler des équipes d’enfants

    De cette manière dévergondée, Léopold II a utilisé le travail local pour collecter le caoutchouc et servir les officiers, soldats et policiers belges venus s’installer dans le pays. Un esclavage qui a occupé 24 heures par jour des Congolais; et qu’il comportait des punitions sadiques pour les collectionneurs qui ne livraient pas le minimum requis. Le catalogue des violations des droits de l’homme pourrait occuper des livres entiers: des coups de fouet aux agressions sexuelles, en passant par le vol de leurs villages. Les mutilations des mains et des tribus entières sans pieds ni mains , quand des villages entiers n’étaient pas directement exterminés.

    Le monarque a fait du Congo sa ferme privée entre 1885 et 1906, pleinement conscient de ce qui se passait à l’intérieur du pays. Comme Adam Hochschild l’explique dans son livre « Le fantôme du roi Léopold » (Livres Mariner), Léopold II de Belgique était parfaitement au courant des crimes et a même suggéré que des équipes d’enfants soient mises en place pour soutenir le travail. C’est ainsi que des milliers d’enfants ont été arrachés à leurs familles.

    Le sadique Léopoldo n’a eu à tirer aucune balle pour conquérir le Congo, et il n’a dû faire face à aucune résistance lorsqu’il a établi son système esclavagiste, car le Congo s’étendait sur un terrain gigantesque dans lequel chaque tribu vivait de manière isolée. L’historien Adam Hochschild a calculé que dix millions de personnes sont mortes sur la base d’enquêtes menées par l’anthropologue Jan Vansina.

    Il n’a pas non plus fait l’objet de critiques de la part de la communauté internationale ni de celles de la Belgique, qui se souviennent encore de Léopold II comme d’un homme d’État attachant. Lorsque des pasteurs baptistes américains ont sonné la première alerte, la même propagande belge qui avait élevé Léopold II au rang de bienfaiteur de l’humanité s’est manifestée pour porter les accusations de calomnie devant les tribunaux. Néanmoins, en 1889, Leopoldo oserait, dans le cadre d’un grand exercice d’hypocrisie, accueillir la Conférence sur l’antiesclavage.

    La réponse internationale tardive

    Il a fallu des années à l’Europe et à la Belgique pour s’autocritiquer et assumer les crimes du Congo. Les Britanniques ont été scandalisées lorsqu’ils ont appris de ses crimes sauvages par un rapport de Roger Casement au Foreign Office, mais uniquement les efforts particuliers de politiciens étrangers tels que le vice-consul britannique au Congo, Roger Casement, ou le journaliste Edmund Dene Morel, ancien employé d’une entreprise maritime de Liverpool, ont sortir à la lumière le génocide belge au cours des dernières années de la vie du monarque. Morel a personnellement rendu visite au président américain Theodore Roosevelt pour exiger de son gouvernement qu’il agisse, ainsi que des personnalités telles que l’archevêque de Canterbury puissent manifester contre ces horreurs.

    Les crimes seraient révélés au grand public par le célèbre écrivain anglo-polonais Joseph Conrad dans le célèbre roman « Heart of darkness » (Le cœur des ténèbres). De son côté, Conan Doyle, le créateur du personnage de Sherlock Holmes, écrirait un opuscule « Crime in the Congo » (1909) montrant sa veine la plus engagée.

    Peu de temps avant sa mort, Leopoldo légua à la Belgique les biens du Congo face à la pression internationale et une colonie fut créée qui subissait les problèmes structurels causés par tant de mauvais traitements et autant de morts. La compensation versée ultérieurement par les millionnaires de la Belgique au Congo a rendu la société d’esclaves uniquement rentable pour Leopoldo.

    Source : ABC

    Tags : Belgique, esclavage, Congo, Léopold II,

  • Environnement : au Congo, des enfants plantent les arbres pour purifier l’air (vidéo)

    Dans le cadre de la journée mondiale de l’environnement, des élèves de Pointe-Noire au Congo-Brazzaville ont planté mercredi des arbres dans leur établissement afin d’améliorer la qualité de l’air. Comme y oblige le contexte.

    Matériels aratoires et plants en main, ils étaient 1500 élèves d’un lycée public du quartier Vindoulou au nord-est de la capitale économique du Congo-Brazzaville, à participer au planting d’arbres initié par la direction départementale de l’environnement et l’ONG locale « Africa environnement solutions ».

    Organisée dans le cadre de la célébration ce 5 juin de la 48è journée mondiale de l’environnement, l’opération consistait avant tout à familiariser les enfants aux notions environnementales.

    « On a choisi ce lieu parce qu’il y a ici des enfants qu’il faille déja transformer en leur faisant connaître l’environnement car beaucoup d’enfants n’ont pas assez de connaissances sur cette notion (environnement, NDLR) », a expliqué Petho Bibalou, directeur général d’Africa environnement solutions. Un objectif en lien avec le thème de la journée mondiale de l’environnement de cette année axé sur « La pollution de l’air ».

    Et le thème est dicté par le contexte. D’après des études récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), plus de 7 millions de personnes dont 500 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année dans le monde à cause des pathologies (dont les AVC et le cancer) causées par l’air pollué.

    Plus d’un million de ces décès sont enregistrés en Afrique. Et dans le continent, un enfant de zéro à cinq ans sur quatre décède pour avoir respiré l’air contenant de fines particules d’un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres (PM2,5), et donc polluantes d’après les normes de l’OMS.

    Ville pétrolière, Pointe-Noire n’est pas à l’abri des effets de la pollution de l’air. Et les enfants se montrent conscients de ce qui se passe autour d’eux.

    « Il n’est pas acceptable de voir un grand établissement comme le nôtre manquer d’arbre. Lorsqu’il fait très chaud nous sommes obligés de nous abriter dans les salles de classe où l’air n’est toujours pas naturel. Cela n’est pas acceptable. C’est important de mener une lutte pour la protection de l’environnement », a déploré Matelo Mc Paula, élève en classe de seconde.

    Pour les autorités congolaises, il est plus que temps d’apprendre aux enfants à purifier l’air qu’ils respirent.

    « Le thème de la journée était ‘‘Améliorer la qualité de l’air’‘. Donc nous avons apporté des plants que nous avons plantés ce jour pour produire de l’oxygène pur indispensable à la vie des écoliers », a déclaré Aimée Rita Ehouani, directrice départementale de l’environnement de Pointe-Noire.

    Reste à savoir si cette initiative sera inscrite dans la durée. Et surtout si les arbres plantés seront entretenus pour qu’ils croissent et procurent de l’ombre, mais surtout de l’oxygène frais et pur pour que Pointe-Noire recouvre son surnom d’antan : Ponton-la-belle.

    (Source : Africanews)

    Tags : Congo, plantation, arbres, plantes, écologie,

  • RDC: Tshisekedi nomme un Premier ministre proposé par Kabila, retour triomphal de Katumbi

    Ca y est! Après quatre mois d’attente et de tractations,le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé un Premier ministre au profil très singulier: il a été proposé par son prédécesseur, Joseph Kabila, pour former un gouvernement de coalition.

    Ce même lundi, un poids lourd de l’opposition, Moïse Katumbi, s’est rappelé au bon souvenir de l’alliance Tshisekedi/Kabila, avec un retour d’exil triomphal devant des dizaines de milliers de partisans dans son fief de Lubumbashi (sud-est).

    Le nouveau Premier ministre est un économiste septuagénaire mi-technocrate, mi-politique, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Il a été nommé en vertu de « l’accord politique » entre les coalitions de MM. Tshisekedi et Kabila, a déclaré le porte-parole du chef de l’Etat.

    Un accord politique, qui donne toute sa saveur à l’ »alternance » en RDC saluée ce même lundi à Kinshasa par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

    Devant la presse, le nouveau Premier ministre a remercié le chef de l’Etat et son prédécesseur Joseph Kabila, « qui m’a proposé comme candidat Premier ministre en m’assurant de sa confiance ».

    M. Ilunga Ilunkamba était en retrait de la vie politique à la tête de la Société nationale des chemins de fer congolais (SNCC). Une des innombrables entreprise publique dont les salariés ont fait grève pour réclamer le paiement d’arriérés de salaires (jusqu’à 227 avait avancé un média en ligne congolais).

    Ce docteur en sciences économiques aurait 72 ans, d’après un CV qui circule sur les réseaux sociaux, alors que son entourage avait avancé un âge plus élevé.

    Il a été quatre fois vice-ministre et deux fois ministre au Plan et aux Finances, selon la présidence, qui a dû rafraîchir la mémoire des Congolais: M. Ilunga Ilunkamba aurait été au gouvernement pour la dernière fois en 1991, à l’époque de l’ex-dictateur Mobutu Sese Seko (1965-1997), d’après son CV.

    Ce vieux routier doit faire le trait d’union entre le président Tshisekedi, qui dispose des importantes prérogatives que prévoit la Constitution, et M. Kabila, qui conserve tous les autres leviers du pouvoir, à commencer par une large majorité au Parlement.

    Il doit maintenant former un gouvernement où les partisans de M. Kabila devraient être majoritaires, puis solliciter la confiance de l’Assemblée nationale.

    Le principal opposant à l’attelage Tshisekedi/Kabila s’appellera-t-il Moïse Katumbi? L’ex-gouverneur du Katanga est rentré au pays, trois ans jour pour jour après son départ en pleine tourmente judiciaire sous la pression de l’ancien régime Kabila.

    – Retour de rock-star –

    Tout vêtu de blanc, le riche homme d’affaires et président du TPMazembe, champion en titre du football congolais, a fait un retour digne d’une rock-star ou d’un joueur-vedette, salué par des dizaines de milliers de fans pendant cinq bonnes heures entre l’aéroport et le centre-ville.

    Pendant cette longue caravane, l’AFP n’a relevé aucun incident majeur à Lubumbashi, où les regroupements d’opposants étaient systématiquement dispersés dans les derniers mois du régime Kabila avant les élections du 30 décembre.

    « Je reviens pour la paix et pour la reconstruction nationale dans notre pays », a-t-il ajouté, en promettant de respecter la Constitution.

    M. Katumbi, exilé en Belgique, avait tenté en vain de revenir en août pour présenter sa candidature à l’élection présidentielle. Sa condamnation à trois ans de prison a depuis été annulée.

    Allié puis adversaire de l’ex-président Kabila qui l’a qualifié de « Judas », M. Katumbi a déclaré qu’il se situait toujours dans l’opposition au président Tshisekedi.

    Il devra préciser le rôle qu’il entend jouer avec Martin Fayulu, le candidat qu’il a soutenu à l’élection présidentielle du 30 décembre et qui revendique la victoire.

    « Un autre pas en avant dans la démocratie en #RDC avec le retour au pays de @moise_katumbi #Changement », a twitté l’ambassadeur américain Mike Hammer.

    « C’est une belle journée », a également glissé le ministre français des Affaires étrangères, en visite à Kinshasa.

    « Le président (Emmanuel) Macron m’a demandé de saluer toutes les initiatives prises par le président Tshisekedi dans le domaine de l’Etat de droit », a-t-il déclaré en sortant du bureau du président Tshisekedi, quelques heures avant la nomination du nouveau Premier ministre.

    Il a annoncé un programme d’aide de 300 millions d’euros à la RDC pendant les cinq ans du mandat de M. Tshisekedi.

    Le résultat de l’élection congolaise est le fruit d’un « compromis à l’africaine », avait déclaré en février M. Le Drian, après avoir mis en doute la victoire de M. Tshisekedi proclamée par la Commission électorale.

    « Il y a eu une vraie élection démocratique, je la constate, validée par la Cour constitutionnelle et validée par l’Union africaine », a-t-il cette fois déclaré lundi à Kinshasa.

    ANI

    Tags : Congo, RDC, Tshisekedi, Katumbi,