Étiquette : Consitution

  • Algérie : Le FFS renoue avec le gouvernement

    Fait notable, avant-hier à l’occasion de la visite du ministre de l’Industrie dans la wilaya de Tizi-Ouzou, le FFS était représenté aux côtés du wali qui accueillait Ferhat Aït Ali Braham, par son 1er élu local, en l’occurrence M. Achir, P/APW par intérim qui a suppléé le titulaire du poste, élu lors du dernier congrès premier secrétaire du parti.

    Par ce geste, les observateurs n’ont pas manqué d’y voir un apaisement du nouveau FFS envers les cercles officiels, sachant que jusque-là, en pareilles activités, l’assemblée se contentait de déléguer des représentants suppléants.

    Source : Le Soir d’Algérie, 8 oct 2020

    Tags : Algérie, FFS, gouvernement, transition, Consitution, Abdelmajid Tebboune, 

  • Algérie : Défendons l’authenticité et la modernité

    Les islamistes, même visiblement divisés par rapport à l’attitude à avoir face à la révision de la Constitution, n’en constituent pas moins, pour une partie d’entre eux, un véritable mur qui empêche l’émancipation de la société. L’on aura vu cela dans les attaques frontales de certains de leurs leaders contre la révision de la Constitution.

    Ces offensives ne sont pas destinées à ce qu’on pourrait qualifier d’éventuels déficits en démocratie ou encore en libertés individuelles et collectives, mais en ce que porte la Loi fondamentale comme aspiration légitime à la modernité et à l’authenticité de la société algérienne. On aura compris, à bien entendre les critiques des dirigeants de quelques grands partis islamistes, qu’ils ne veulent pas voir le peuple assumer pleinement ses racines, ni s’ouvrir à l’universalité positive. C’est justement ce que propose la révision constitutionnelle, soumise au référendum, le premier novembre prochain.

    En un mot comme en mille, les tenants de l’islamisme en Algérie veulent forcer la société à se diviser sur des aspects fondamentaux de sa personnalité et à se détourner de toutes les réalisations de l’humanité. Ils entendent maintenir les Algériens sous cloche et les faire sortir de l’histoire.

    Compte tenu des équilibres sociaux et politiques, force est de constater que les leaders de la mouvance islamiste travaillent à constituer une sorte de bipolarité politique qui laisse des miettes à l’expression de l’authenticité et de la modernité. Cette évidente stratégie n’est malheureusement contrée que par le président de la République et ses collaborateurs.

    Les partis de la mouvance démocratique, dont les discours sont aussi contradictoires que leur émiettement sur le terrain, n’ont même pas effleuré la possibilité de constituer une alliance pour défendre l’authenticité et l’aspiration à la modernité des Algériens. Pourtant à voir les scores en terme de voix collectées aux législatifs par quelques partis dits modernistes comme l’ANR, le MPS, l’UFDS et DJil DJadid pour ne citer que les plus actifs lors de la dernière campagne électorale, on pourrait supposer qu’ensemble ils pourraient construire une sorte de minorité active, une opposition qui ne fait pas que de la figuration.

    Bref, une alternative audible au discours islamiste. Il ne leur sera pas demander de cautionner toute la démarche présidentielle, mais la moindre des choses est de sauvegarder l’essentiel de ce qu’est l’Algérie. Les démocrates sont, encore une fois, hors contexte.
    Par Nabil.G.

    Ouest Tribune, 8 oct 2020

    Tags : Algérie, Consitution, Abdelmajid Tebboune, Islam, Islamisme, partis islamistes, religion, Etat laïque, laïcité, 

  • Algérie : Retour aux sources

    Dans un message prononcé en son nom par un de ses conseillers à l’ouverture d’un séminaire organisé hier sous le thème « la constitution au service du citoyen », Abdelmadjid Tebboune a réitéré sa volonté d’expurger le processus électoral, notamment en ce qui concerne les scrutins législatif et local, de l’un de ses vices les plus pernicieux, qui a fini par éroder la crédibilité du suffrage : le système des quotas. Le président de la République s’est engagé personnellement à tout mettre en œuvre pour démanteler ce stratagème, instauré en 1997 par ceux que feu Mohamed Boudiaf appelait les décideurs, dans l’intention apparente d’éviter le scénario des élections législatives du 26 décembre 1991.

    Erigé en règle tacite, mais appliqué à la lettre par un régime clientéliste, ce système n’a pas seulement montré ses limites, il a surtout dénaturé l’évolution démocratique au profit d’une classe politique, dominée par les opportunistes de tous bords et les carriéristes invétérés. Les dégâts causés par cette pratique totalitaire que l’on s’évertuait à dissoudre dans un multipartisme factice, sont parmi les premières raisons, qui ont fait sortir les Algériens dans la rue, un certain 22 février 2019.

    Conscient de la gravité de la situation, le chef de l’Etat a marqué sa détermination à en finir une bonne fois pour toutes avec ce genre de méthode, qui a transformé l’exercice démocratique en une opération formatée et accessoirisée avec la complicité de partis politiques servant d’alibi. Pour réussir, il est appelé à aller au fond du problème.

    L’émergence d’une nouvelle classe de jeunes élus doit se faire en dehors des réseaux encore actifs, dont les leviers de commande sont toujours entre les mains des résidus de la Issaba. En revenant sur la récente installation de la commission chargée de revoir le régime électoral, et en tenant à assurer qu’elle « est composée d’experts en droit et de représentants du ministère de l’intérieur, Abdelmadjid Tebboune a certainement voulu se limiter à l’aspect légal, pour ne pas donner l’occasion aux spéculateurs de monter au créneau et l’accuser de pratiquer le même « jeu » que son prédécesseur déchu. Il sait pertinemment qu’un projet destiné à garantir la transparence et la régularité des futures élections, restera toujours un projet, s’il n’est pas accompagné d’un profond assainissement de la scène politique en général.

    « Encadrer le financement des élections pour faire respecter la volonté populaire et en finir définitivement avec les quotas afin de donner les mêmes chances à tous les candidats engagés dans la compétition électorale », constitue certes une barrière de protection, qui pourrait contribuer largement à la protection des voix des citoyens, comme l’entend le président de la République, mais sa résistance sera tributaire des mécanismes mis en œuvre pour éradiquer et à jamais l’intrusion de l’argent sale dans la politique.

    « Dans l’Algérie nouvelle, personne ne sera protégé, personne ne bénéficiera de l’impunité, de l’immunité, l’argent proviendra uniquement du travail, de la création de richesse pour que le citoyens puisse constater un changement réel », a souligné le conseiller à la Présidence dans sa lecture du message transmis par le chef de l’Etat. Effacer le préjudice matériel et moral porté à l’Etat par les pratiques mafieuses cautionnées par la Issaba, et réinstaurer la confiance entre le peuple et ses institutions ; une œuvre immense qui attend Abdelmadjid Tebboune, et un retour aux sources imposé par la conjoncture.

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 6 oct 2020

    Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, Consitution, corruption, gabégie, malversation, institutions, Etat de droit, élections, référendum,

  • Algérie : Les sept axes de propositions et recommandations du Président de la République

    Renforcement des droits et libertés des citoyens, moralisation de la vie publique et lutte contre la corruption, consolidation de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement, consolidation de l’indépendance du pouvoir judiciaire, consolidation de l’égalité des citoyens devant la loi et consécration constitutionnelle des mécanismes d’organisation des élections.

    Les sept axes de propositions et recommandations du Président de la République autour desquels le comité, choisi pour cette mission, doit mener sa réflexion sont ambitieux. A la mesure de la situation cruciale que vit le pays. Il s’agit de revoir les principaux thèmes pour la construction d’un Etat de droit. Ces recommandations s’inscrivent en droite ligne avec les engagements du chef de l’Etat pendant sa campagne pour une Algérie nouvelle, basée sur un Etat de droit et des règles du jeu démocratique comme le souhaite une majeure partie de l’opinion nationale.

    Les Algériens, sortis dans la rue pour rejeter un cinquième mandat, exigent depuis ces mêmes changements contenus aujourd’hui dans ces propositions. L’amendement de l’actuelle Constitution qui devrait constituer le projet politique qui va animer prochainement la vie sociale et probablement un passage nécessaire, afin d’entamer un nouveau départ. Sauf qu’il faudrait faire en sorte que la Constitution amendée soit désormais celle qui prescrira des règles immuables. Qui ne seront pas vite remises en cause à chaque nouvelle présidence.

    L’Algérie a toujours eu du mal à respecter les textes mis en place par le législateur pour réguler la vie publique. Souvent, le politique s’incruste et impose ses règles, même aux dépens de l’Etat et de son image. Celle par exemple de changer le fameux verrou du nombre de mandats présidentiels et de l’alternance au pouvoir. Une «liberté» qui aura énormément fait mal à l’Algérie et à ses lois.

    La situation que vit actuellement le pays pourrait bien être idoine pour décider, une bonne fois pour toutes, un véritable changement. Et instituer des règles du jeu immuable qui consolideront l’Etat et, partant, le citoyen dans son rapport avec son Etat.

    Reporters.dz, 9 jan 2020

    Tags : Algérie, Hirak, Abdelmajid Tebboune, Consitution, réforme,

  • Algérie : Pourquoi le populisme de rejet a-t-il pris?

    Nadia Abdat

    Voilà bientôt quatre mois depuis que les algériens manifestent pacifiquement des frustrations et des colères longtemps ravalées car étouffées par la très moderne gestion démocratique des foules, qu’ils réclament mordicus une véritable démocratie au lieu du multipartisme de carton qui a donné autant de clones d’un FLN du pouvoir chevillé au régime oligarchique et, qu’ils scandent aussi de nombreux slogans.

    De ces slogans, il en est qui relèvent d’un radicalisme certes catégorique mais sans conteste d’une indiscutable légitimité au regard des conséquences désastreuses pour les finances publiques, de l’incroyable dépravation des mœurs politiques de ces néo mameluks gavés dans le sérail et qui se sont vautrés depuis deux décennies au moins, dans d’ineffables affaires de corruption, asservissant comme jamais toutes les structures de gouvernance, aux forces insatiables de la prédation érigée en mode de captation de la rente.

    De plus, tous les indicateurs permettant de jauger l’état de l’économie signaleraient un collapsus imminent.

    Pas de quoi rassurer les citoyens alors que le pays tourne visiblement au ralenti. Un ralentissement qui affecte les secteurs importants comme le BTPH ou les hydrocarbures, et qui promet d’être durable selon de récurrentes analyses que rapportent de sérieux quotidiens.

    L’ONG transparency international qui a rangé l’Algérie à la 105 place dans son classement pour 2018 sur la perception de la corruption au sein du secteur public, réactualisera sûrement son prochain classement au vu de ce que charrie l’actualité judiciaire.

    Et, en attendant que l’on procédât à un éventuel arrêté des comptes de l’industrie de la prédation, la méfiance gagne toujours plus de terrain.
    Les purges qui commencent à s’abattre sur les milieux politico affairistes ne font que détériorer encore plus la perception qu’ont les citoyens de leur classe dirigeante.

    Et pour cause, cette dernière est largement éclaboussée par un déluge de scandales de malversations, de marchés générateurs de pots de vin et de rackets sur pièces administratives. Une enfilade de relations louches soudant le secteur formel à son pernicieux pendant, dans l’informel ainsi que des réseaux bien établis de complicités avec l’argent sale , de la base au sommet et ce, jusqu’au niveau local, sont mis au jour.

    Ce qui n’était que rumeurs et ébruitages de corridors, a laissé place à une opération de divulgation de grande envergure dont le ton a été donné l’été dernier au cours duquel, ont été diffusées en boucle sur les chaînes de télévision d’habitude taiseuses sur de tels sujets, des images d’importantes captures, laissant entrevoir de dangereuses liaisons avec le crime organisé international.

    Sur fond de déballages tous azimuts à l’heure des délations et des fuites ciblées, la défiance du peuple s’est également étendue aux relations de l’Algérie avec quelques traditionnels partenaires, soupçonnés d’avoir accordé d’amicales indulgences aux affairistes et aux politiques ayant confié aux banques amies d’outre-mer, leur astronomique butin ; ces capitaux frauduleusement exfiltrés du pays alors que les réserves de change, de ce dernier fondaient à vue d’œil.

    Le slogan ultra radical régulièrement ponctué par les marcheurs, qui traduit leur perception et qui exprime leur rejet viscéral de toute la classe politique et de tous les décisionnaires réside dans la formule du « Yatnahaw Ga3 » (arrachons-les tous)

    Ce slogan sur lequel risque d’achopper non seulement l’impératif dialogue, mais aussi le dénouement positif de la crise actuelle, devrait être sérieusement pris en compte par les politiques afin qu’ils en saisissent les tenants et les aboutissants.

    Approché de plus près, ce 22 Février 2019 marque une rupture dans l’histoire du pays post 1992, en même temps qu’il date deux épisodes politiques consécutifs et liés dont il faudra tirer les enseignements :

    **Le premier s’est soldé par le knock out au sommet du pouvoir, du clan lié à l’argent et à l’extérieur qu’un second clan à l’affut, a entrepris d’affaiblir encore plus et de façon ouverte en 2017 , dans une guerre hors normes, qui a atteint son point d’orgue, au cours de l’été 2018.

    **Le second, est relatif à l’effondrement des digues anti-émeutes populaires (dont celle qui assurait la paix sociale), tel un château de cartes, sur les structures anémiées d’un pouvoir miné et fragmenté dont se disputent les oripeaux seconds et sous fifres.

    Le peuple s’est alors « miraculeusement » et paisiblement coulé dans l’espace public déterminé à le libérer seulement lorsque le « dégagisme » aura lieu. Se défiant de la classe politique à laquelle il ne semble n’avoir jamais trouvé de vertu représentative, le peuple en appelle à l’armée (le pouvoir) afin qu’elle contribuât à faire sortir le pays autrement de la grave crise.

    Ce peuple qui s’estime sous-estimé et oublié, a surgi, là où on ne l’attendait pas, ou plus.
    La mémoire collective surgit à son tour et ressoude toutes les strates de la société vers un même objectif, la moralisation de la vie publique. Selon l’acception populaire : un accès égalitaire à la rente.

    Pour ces millions de marcheurs, il est nécessaire de revenir aux idéaux d’égalité incarnés aussi bien par l’Islam des compagnons que par l’esprit novembriste.

    Les griefs de la population

    Les politiques doivent entendre attentivement les griefs de la population à leur encontre.

    Ils doivent se rappeler à leur tour :

    -que des démocrates auto-proclamés se disant déçus que ce peuple n’ait pas été à la hauteur de leur ambition, ont déclaré qu’ils s’étaient trompés de peuple quand d’autres, désappointés par un peuple qu’ils estiment inculte, l’ont affublé du méprisant vocable de « ghachi ». Ce qui ne les a pas empêché de pointer aux assemblées pour les premiers ou de s’installer dans des maroquins pour les seconds.

    -que c’est avec acharnement qu’ont été ostracisés ces courants politiques taxés de libertaires, par ceux là mêmes qui bien qu’ayant remporté les législatives ont professé que la démocratie est « kofr », promettant de sceller sous leur imperium et à jamais, ces urnes provenant du monde impie.

    -que ces suffisants leaders des partis politiques de la défunte alliance pour la longévité de son excellentissime, proféraient avec morgue, insultes et menaces à l’encontre du petit peuple ingrat qui ne manifestait pas suffisamment de reconnaissance pour les enviables subventions maintenues hinc et nunc par celui qu’ils ont élevé au rang de messager de Dieu.

    -que ces partis politiques de l’opposition officielle qui pour conserver leurs strapontins, ont préféré négocier des quotas aux assemblées préférant l’entrisme et adoptant la posture des trois singes surtout lorsque le pouvoir et les alliés qu’il s’est créés ou choisis, faisaient passer comme des lettres à la poste, amendements tordus à la constitution et régimes dérogatoires de faveur pour la nomenklatura.

    -que les pseudo-indépendants politiques, constituent surtout une réserve de docilité afin de, maintenir, renforcer, ou défaire des équilibres au besoin.

    Les alertes ratées

    Les taux d’abstention et le recul du taux de participation aux différentes élections, constituaient pourtant un signal fort qui aurait du alerter les élites politiques.

    Ulcéré par l’arrogance et l’incompétence de ces mêmes politiques, le peuple refuse de se faire chaperonner par eux. Il s’est alors réfugié dans un populisme de rejet déployant l’étendard du « khaoua khaoua » à l’adresse des forces armées dont l’institution, incarne encore des valeurs à même de protéger le pays de la horde des politicards et des prédateurs embusqués aux frontières.

    Un peuple nourri aux populismes pendant de longues décennies ne peut que répondre par un populisme de rejet. Certes, ce populisme constitue une saine réaction de défense du corps social agressé par l’affairisme de la classe politique, mais il ne peut tenir lieu de solution politique.

    Ce qui est néanmoins le plus à craindre, c’est la faillite des politiques laquelle ne laisserait d’autres voies, qu’une dictature personnifiée ou la somalisation.

    Nadia Abdat

    Le Jeune Indépendant

    Tags : Algérie, armée, Hirak, consitution, dialogue, contestation,