Étiquette : corruption

  • Algérie : Le long été des juges

    Les grosses affaires de corruption en cours ont chamboulé tout le calendrier de vacances du corps judiciaire. Cette année, magistrats et procureurs sont contraints de programmer et d’aménager leur temps de repos en fonction des dossiers explosifs qui défilent les uns après les autres.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La situation exceptionnelle est installée depuis un moment déjà, «car même les week-ends traditionnels ne s’octroyaient plus de manière systématique», nous fait-on savoir dans le milieu. «Dans les tribunaux où se concentrent le plus grand nombre de ces affaires, les juges et procureurs étaient parfois forcés de se reposer durant la semaine lorsque rien de spécial n’était programmé. C’est nécessaire, un droit, certains passent parfois près de quarante-huit heures consécutives dans leur bureau.

    Plusieurs cadres et hommes d’affaires ont été placés en détention provisoire vers cinq ou six heures du matin. Cela s’est fait y compris les vendredis, vous vous souvenez pour Hamel, c’est ce qui s’était passé. Les vacances, c’est tout autre chose. C’est, encore une fois, un droit puisque ce sont des fonctionnaires, mais le planning est différent».

    La charge d’établir ce programme de vacances revient au procureur général qui a, cependant, déjà libéré «une première vague de magistrats» spécialisés dans les dossiers civils. Une formalité, nous dit-on, car les juges en question ne sont pas tenus par cette situation d’exception.

    Cette catégorie est d’ailleurs la seule à bénéficier annuellement de congé octroyé de facto, généralement appelé vacances de l’année judiciaire, car n’étant pas tenus par des dossiers concernant des clients en détention. Ces derniers sont en charge des magistrats spécialisés dans le pénal ou criminelle, appellation spécifique qui caractérise justement les gros dossiers de corruption qui se déversent sur le tribunal de Sidi-M’hamed et la Cour suprême. Il y a plus d’un mois, le procureur général a mis en place une équipe spécialisée pour faire face aux dossiers qui pleuvent et transmis par les enquêteurs de la gendarmerie de Bab J’did ou ceux de la police judiciaire. Des couples de juges et de procureurs ont été formés pour assurer la continuité de la gestion des affaires et permettre aussi de dégager des heures de repos aux concernés. Certains, apprend-on, ont déjà eu droit au précieux titre de congé, mais cette année, les jours octroyés n’excéderont pas quinze ou vingt jours.

    On apprend, également, que plusieurs congés ont été différés et ne seront délivrés qu’aux mois de septembre ou octobre prochains. La même situation prévaut au niveau de la Cour suprême où défilent, depuis de longues semaines, un nombre impressionnant d’anciens ministres, Premiers ministres, walis et ex-secrétaires généraux de ministères.
    Le lieu est aussi celui où se succèdent les fourgons cellulaires transportant les anciens dirigeants mais aussi celui où sont sommés de se présenter d’anciens ministres et walis placés sous contrôle judiciaire. Trois anciens membres de l’exécutif d’Ouyahia et un ministre de Bédoui ont été sommés de signer régulièrement un procès-verbal devant le magistrat en charge de leur dossier.

    Il s’agit de Abdelghani Zaâlane, Karim Djoudi, Amar Tou, et de Abdelkader Benmessaoud, actuel ministre du Tourisme. Dans les communiqués rendus publics, la Cour suprême n’a pas précisé à quelle fréquence devait s’effectuer cette procédure.

    «Le P-V peut être signé toutes les semaines, tous les quinze jours ou une fois par mois, c’est le juge qui décide», explique un avocat, avant d’ajouter : «Mais tout ceci veut dire que l’équipe en place et qui gère les dossiers de corruption reste mobilisée malgré les vacances car la mise sous contrôle judiciaire ne veut pas dire que le client est libre, c’est la frontière entre la liberté et la prison, le client a été inculpé, mais l’instruction se poursuit.
    La même situation vaut pour les tribunaux où doivent pointer les cadres et secrétaires généraux des ministères, car la Cour suprême n’est concernée que par les ministres et les walis.»

    Abdelkader Zoukh figure ainsi parmi les personnes sommées de rendre visite au juge régulièrement au niveau de cette haute instance de justice.
    Près d’une quarantaine de cadres, fonctionnaires ou responsables d’entreprises de montage automobiles doivent se soumettre à la même règle dans les juridictions de leur circonscription. Dans cette longue liste, se retrouvent également les noms des épouses de Abdelghani Hamel, ancien patron de la DGSN, et de Hamid Melzi, ancien directeur général de Club-des-Pins.

    En marge de ces procédures, la justice est appelée à procéder incessamment à la réouverture de dossiers brûlants. La Cour suprême a, en effet, récemment fait savoir qu’il s’agissait des dossiers Khalifa et Sonatrach II.
    La procédure implique un renvoi de ces affaires vers le tribunal ayant eu à les étudier précédemment, mais «il est aussi tout à fait probable que la Cour suprême désigne une autre équipe, ou un autre tribunal pour prendre en charge les dossiers».

    Dans le cas Khalifa, apprend-on, la nouvelle enquête ne visera qu’un seul point, un seul volet de l’affaire considéré comme mal pris en charge ou «bâclé» «car il y a déjà eu condamnation et cassation mais que l’enquête n’a pas pris en charge le témoignage d’une personne précise». La procédure qui concerne l’affaire Sonatrach II est, en revanche, totalement différente de la précédente.

    Dans ce cas-là, on peut effectivement parler de «réouverture» car «l’affaire a été instruite une seule fois puis classée, les principaux mis en cause, parmi lesquels Chakib Khelil, n’ont jamais été convoqués».

    Contrairement à l’affaire Khalifa, où la Cour suprême a appliqué son droit de procéder à une nouvelle instruction sur les zones d’ombre décelées, la décision de rouvrir le dossier Sonatrach II émane du ministre de la Justice (la décision fait également partie des prérogatives du chef de l’Etat), «qui estime que le loi n’a pas été appliquée».

    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 24 jui 2019

    Tags : Algérie, dialogue, corruption, juges, justice,

  • Maroc: au royaume de la rente

    Des métaux précieux à la pêche en haute mer, en passant par la manne du phosphate ou encore l’agriculture, le Maroc regorge de ressources naturelles, mais dont l’exploitation et la gestion s’apparentent à celles d’une véritable rente, dont profite, cependant, une infime minorité de puissants.

    Omar Brouksy*

    Cette publication a bénéficié du soutien de Rosa Luxembourg Institute. Ce texte peut être reproduit entièrement ou partiellement à condition de citer sa source.

    Si le Maroc ne dispose pas de pétrole et de gaz naturel, il est, cependant, pourvu de 3 500 kilomètres de côtes poissonneuses et d’importantes richesses naturelles. Des grands gisements des phosphates aux complexes d’extraction et d’exploitation des métaux précieux, en passant par la pêche en haute mer ou encore les innombrables carrières de sable, le royaume regorge de richesses naturelles dont l’exploitation recèle des enjeux économiques certes, mais également politiques.

    Depuis l’indépendance du pays en 1956, la répartition, la gestion et l’exploitation de ces ressources, à défaut d’un cadre juridique reposant sur des textes à la fois rationnels et consensuels, sont l’objet de débats, de questionnements et de controverses récurrentes. Quelle est la nature et le poids de ces richesses ? Comment sont-elles exploitées ? Quels sont les acteurs qui profitent réellement de ces ressources ? Quel est le cadre juridique qui détermine le processus de répartition et de gestion de ces ressources?

    L’héritage colonial

    A la différence de l’Algérie, département français pendant plus de 130 ans, le Maroc était considéré comme un Protectorat dont les structures politiques et religieuses n’avaient pas subi de modifications majeures par l’ancienne puissance coloniale. Aussi bien l’institution du Sultan que les principales structures tribales avaient été plutôt préservées. En revanche, la France n’hésita pas à explorer tout le pays en quête de ressources naturelles exploitables à profusion. Trois domaines représentaient la cible potentielle de ce processus qui devait d’abord de mettre en place toute l’infrastructure nécessaire pour une exploitation efficiente et efficace des richesses naturelles : routes, ports, chemins de fer, etc. Pour le général Hubert Lyautey, le principal artisan de la pénétration française, il fallait distinguer entre le Maroc « utile » et le Maroc « inutile » et agir en conséquence. Les phosphates, la production agricole et les métaux précieux se présentaient comme des ressources naturelles à explorer en priorité.

    – C’est en 1921, neuf ans seulement après l’établissement du Protectorat au Maroc, que les autorités françaises ont commencé l’extraction et le traitement du phosphate après la mise en place de la première mine, près de Khouribga (au centre du ays) où se trouve le gisement le plus riche au monde. C’est pour « gérer » ce secteur, qui connaîtra rapidement une extension fulgurante, que l’OCP, l’Office chérifien des phosphates, a été créé la même année.

    – Les métaux précieux sont l’autre « richesse naturelle » du Maroc qui avait été très tôt exploitée par les autorités coloniales, après la découverte en 1928 à Bou-Azzer, dans le Haut-Atlas, d’un important gisement de cobalt. Deux ans plus tard, en 1930, la société Managem voit le jour et elle évoluera, elle aussi, très rapidement. Aujourd’hui contrôlée par la famille royale, elle compte plus de 5000 salariés et une douzaine de sites miniers au Maroc et en Afrique noire.

    – Enfin, le domaine agricole et l’exploitation des terres fertiles étaient un enjeu économique majeur pour les autorités du Protectorat français afin de permettre, d’un côté, à une partie de ses ressortissants de s’installer au Maroc .A l’instar de l’Algérie, les meilleurs terrains, les plus fertiles, ont ainsi été mis à la disposition des colons français. Près de 55 000 migrants français se sont installés au Maroc entre 1912 et 1923, dont plus de 8 000 en milieu rural, selon les statistiques coloniales.

    L’exploitation des terres agricoles par les colons français avec l’appui matériel et politique des autorités françaises a favorisé l’émergence de plusieurs fermes modernes qui deviendront, à la fin de l’occupation, de grandes unités de production agricoles, parmi les plus modernes et les mieux équipées.

    Un acteur central: la monarchie

    Au lendemain du départ des autorités coloniales en 1956, ces trois domaines (agriculture, métaux précieux et phosphates) faisaient partie des structures d’exploitation des ressources naturelles les plus en vue, mais également les plus convoitées par les nouvelles élites politiques du Maroc fraîchement indépendant.

    Rapidement, la monarchie marocaine et les notables qui lui sont proches s’imposent comme des acteurs déterminants dans l’administration et l’exploitation de ces richesses : soit en s’octroyant le pouvoir de nomination aux entreprises publiques chargées de la gestion de ces ressources, soit en contrôlant directement ces dernières via des opérations de privatisation. Le cas le plus emblématique est celui de Managem.

    C’est à partir des années 1990, au cours d’une opération de grande envergure de privatisation des entreprises publiques menée par le roi Hassan II (1929-1999) que la monarchie marocaine a pu acquérir Managem. Celui-ci sera aussitôt rattaché à l’ONA (Ominum nord-africain), puis à la SNI (Société nationale d’investissement), devenue aujourd’hui Al-Mada, le principal groupe financier contrôlé par la famille royale.

    Managem devient en quelques années en un mastodonte dont le siège international est à Zoug, en Suisse, la capitale mondiale du courtage des matières premières et où la politique fiscale très favorable aux grandes entreprises. Le groupe pèse aujourd’hui 500 millions d’euros de chiffre d’affaires selon les chiffres publiés en 2018, et il compte une bonne dizaine de complexes miniers très riches en or et en argent notamment, au Maroc et en Afrique noire. (Voir la plaquette de présentation de Managem et les cartes des sites miniers au Maroc et à l’international).

    D’une entreprise publique, Managem est devenue une société privée contrôlée par Mohammed VI, un monarque de droit divin aux pouvoirs politiques et administratifs absolus. Parmi ces pouvoirs, celui de la nomination des hauts fonctionnaires, selon la constitution, permet à ses entreprises d’avoir plus facilement les marchés de l’Etat, et, dans le cadre de ce secteur, les permis d’exploitation et d’extraction des métaux précieux. Résultat, Managem détient dans ce sens un monopole quasi-écrasant par rapport aux autres entreprises, marocaines ou étrangères.

    Mais si le groupe royal profite de ces ressources avec autant de facilités, les régions où les complexes miniers sont situés vivent à l’âge de pierre. Dans le Haut-Atlas marocain, par exemple, le village d’Imider, à deux kilomètres de la plus grande mine d’argent du pays (240 tonnes par an) exploitée par Managem, aucune infrastructure n’existe : pas d’hôpital, pas d’école, la seule route date de la période coloniale, etc. Les habitants d’Imider mènent depuis 2011 le plus long sit-in de l’histoire du Maroc pour protester contre leur condition de vie et les conséquences écologiques désastreuses sur leur région dues à l’exploitation et l’extraction du minerai.

    Les phosphates, mauvaise gestion et catastrophes écologiques
    Le phosphate est une autre richesse sous-terraine dont l’exploitation et la gestion font l’objet de polémiques récurrentes. C’est l’OCP, devenue une entreprise publique depuis 1975, qui pilote tout le processus d’extraction et d’exploitation du phosphate, considéré par les observateurs comme « pétrole du Maroc ». Avec la Chine, le royaume en est l’un des plus grands producteurs mondiaux, et il dispose de 75% des réserves mondiales de ce minerai, selon les chiffres officiels. Des réserves tellement importantes qu’il faudrait sept siècles pour les exploiter toutes, assurent les responsables de l’OCP.

    Première source d’entrées en devises, les exportations du Maroc en phosphates et dérivés avaient été évaluées à 5,1 milliards d’euros en 2018. Mais la manière dont l’OCP est administré et le mode de désignation de ses dirigeants font souvent l’objet de critiques. Même si le conseil d’administration est présidé par le chef du gouvernement, c’est le directeur général, nommé par le roi, qui gère le groupe et ne rend compte qu’au chef de l’Etat. Il n’y a aucun mécanisme juridique permettant, par exemple, au parlement marocain de contrôler le fonctionnement de l’OCP. En 2007, le célèbre cabinet américain Kroll a dressé un constat accablant sur la « gestion catastrophique » du groupe, décrivant « une direction qui n’a pas de véritable stratégie industrielle et commerciale».

    Par ailleurs, l’OCP est devenue une sorte « vache à lait » que la monarchie utilise fréquemment pour faire sa promotion auprès d’organismes étrangers, notamment français. Exemple, l’OCP accorde chaque année plus de 700 000 euros à l’Institut français des relations internationales (IFRI), un think-thank basé à Paris, pour réaliser « des études » favorables au royaume et à ses dirigeants. Plus, la présence de l’OCP au sein de l’IFRI ne se limite pas à l’organisation des rencontres internationales ou au financement des programmes académiques : Mostafa Terrab, l’actuel PDG de l’OCP, est membre du conseil d’administration de l’IFRI…

    Agissant sans le moindre contrôle indépendant, l’OCP ne respecte pas les normes internationales en matière de respect de l’écologie et de la lutte contre la pollution. Conséquence, des violations systématiques du droit à la santé des travailleurs et des riverains. Un rapport publié en juin 2019 par l’ONG suisse Suissaid note que « les deux fabriques d’engrais de l’OCP (Safi et Jorf Lasfar) sur la côte atlantique marocaine émettent de grandes quantités de gaz toxiques, polluent l’air et violent le droit à la santé des travailleurs et des riverains. De nombreux travailleurs souffrent de maladies respiratoires et de cancers suite à une exposition prolongée aux polluants et aux poussières fines. De nombreux cas de décès de travailleurs sont rapportés suite à ces maladies. La pollution de l’OCP affecte également les riverains (maladies respiratoires et fluorose dentaire) ainsi que l’agriculture et l’élevage dans les villages autour des sites de l’OCP».

    La mer, le désert et la terre

    Avec une côte de plus de 3 500 kilomètres parmi les plus poissonneuses au monde, la pêche en haute mer et l’exploitation des carrières de sable sont un enjeu économique important qui prend la forme d’une véritable rente dont bénéficient les puissants du pays. Pour s’assurer de leur « allégeance », la monarchie marocaine a accordé des « agréments », des sortes de des « licences » d’exploitation sans critères juridiques objectifs pour profiter des richesses maritimes, à de hauts-gradés de l’armée et à des notables proches du palais. Une manne financière qui ressemble à une véritable « poule aux œufs d’or».

    Dans le sillage du Printemps arabe de 2011-2012, le parti islamiste justice et développement (PJD) avait promis, à la veille de son arrivée au gouvernement en janvier 2012, de publier, dans un souci de « transparence », la liste de tous les bénéficiaires de ces agréments. Mais il n’en fut rien. Une liste a en effet été publiée mais aucun nom n’y figurait. Seuls les noms d’un certain nombre de sociétés (dont les noms qui se cachaient derrière étaient impossibles à identifier) avaient en effet été diffusés ici et là, sans conséquences.

    Dans une enquête publiée par le site indépendant lakome.com, le journaliste Omar Radi a publié en 2012 quelques noms de bénéficiaires de tels agréments, pour la plupart des militaires, des hommes politiques et des notables issus de la région du Sahara occidental (administrée par le Maroc depuis1975 et dont l’indépendance est réclamée par le front Polisario). Cette enquête avait malgré tout révélé quelques noms emblématiques : le général Abdelaziz Bennani, cité par les documents de Wikileaks sur la corruption au sein de l’armée, les généraux Hosni Benslimane, l’un des hommes les plus puissants du royaume et abdelhak Kadiri, l’ancien inspecteur général de l’armée, avaient ainsi bénéficié d’une licence de pêche en haute mer dans le cadre d’une société appelée « Kaben pêche ». Mais, s’accordent les observateurs, ce n’était là que la partie visible de l’iceberg.

    A côté des haut-gradés, les notables sahraouis bénéficient eux aussi d’importantes licences pour l’exploitation des carrières de sable et la pêche en haute mer. Parmi eux, d’anciens dirigeants du Polisario (le mouvement indépendantiste sahraoui) ayant relié le Maroc comme Hassan Derhem, Mme Gajmoula ben Ebbi, Hibatou Maelainine ou encore la famille Ould Errachid.

    Le roi-fellah

    Enfin, l’agriculture est une autre rente dont profitent à plein régime la monarchie et les grands propriétaires terriens. Le roi Mohammed VI, faut-il le rappeler, est le plus grand propriétaire terrien, même s’il est difficile d’évaluer avec exactitude le nombre d’hectares qu’il possède : « Il posséderait en tout et pour tout plusieurs milliers d’hectares, souligne l’économiste Najib Akesbi. Au reste, s’il n’en possédait que 12 000, comme l’ont écrit certains journalistes, il serait déjà le plus grand propriétaire. On ne connaît pas d’autre propriétaire qui possède un tel nombre d’hectares. L’un des plus importants est Zniber, qui n’atteint pas cette superficie. Les groupes Kebbaj (Agadir, dans le sud-ouest) et Nouiji (la région du Gharb) n’atteignent pas les 10 000 hectares (1)».

    La structure qui gère l’essentiel de l’activité agricole du roi a un nom : les Domaines, dont la production est très diversifiée : des fromages aux fruits exotiques en passant par les légumes, la truite de l’Atlas, le miel, l’huile d’olive extra vierge, les plantes aromatiques ou encore les produits laitiers. Une grande partie de ces produits est destinée à l’exportation, vers l’Europe notamment (c’est le marché le plus important), suivie par les pays du Golfe et surtout l’Arabie saoudite.

    Une rente fiscale

    En 1984, Hassan II a décrété l’exonération totale d’impôt des revenus agricoles jusqu’en 2010. En d’autres termes, les agriculteurs, y compris les grands propriétaires terriens, ont été exonérés par le fisc. En 2008, soit deux ans avant l’échéance, Mohammed VI a décidé à son tour, dans un discours à la Nation, de prolonger cette mesure – jugée « injuste » par la plupart des économistes – jusqu’en 2014. « Les estimations qui sont régulièrement faites ici, à l’Institut agronomique, aboutissent à peu près au même chiffre : l’État perd chaque année 1,92 % de PIB, ce qui correspond aujourd’hui à près de 15 milliards de dirhams (1,4 milliard d’euros) de manque à gagner annuel pour le Trésor marocain, ajoute M. Akesbi. Est-il normal aujourd’hui qu’un salarié qui touche 3 000 dirhams (270 euros) paye ses impôts, et qu’un exploitant agricole qui gagne des millions ne paye rien à l’État»?

    A l’heure où ces lignes sont écrites, cette « rente fiscale » n’est toujours pas supprimée…

    *Journaliste indépendant et professeur universitaire – Maroc.

    Source : Assafir Aalarabi, 13 jui 2019

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Makhzen, monarchie, économie de rente, rente, corruption, monopole,

  • France : François de Rugy démissionne après une série de révélations

    Après une semaine de polémiques autour de repas fastueux lorsqu’il présidait l’Assemblée, François de Rugy a annoncé mardi sa démission du ministère de l’Ecologie, dénonçant un « lynchage médiatique » alors qu’il s’apprêtait à défendre le projet de loi énergie et climat.

    Sur Twitter, le ministre démissionnaire a confié qu’il pensait « aux mots » de François Mitterrand à l’égard de Pierre Bérégovoy, qui s’était suicidé le 1er mai 1993. L’ancien président avait alors déclaré que son Premier ministre avait été « livré aux chiens ».

    Emmanuel Macron a dit respecter la « décision personnelle » du ministre, englué dans une série de révélations, « pour qu’il puisse se défendre pleinement et librement », a affirmé l’Elysée à l’AFP.

    La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a affirmé n’avoir « aucune indication tendant à démontrer que François de Rugy a commis des actes qui sont contraires à la justice », alors que Matignon a lancé une enquête sur des faits reprochés.

    Selon son entourage, le ministre a pris sa décision durant la nuit et avait en tête sa démission en se rendant mardi matin à Matignon, où il était attendu pour une réunion de travail « classique » avec Edouard Philippe.

    « C’est une décision personnelle. La seule force extérieure c’est l’acharnement de Mediapart », souligne cette source.

    Trente minutes avant de se présenter à l’Assemblée pour les questions au gouvernement où, contre toute attente, la démission n’a pas été abordée, M. de Rugy a fait savoir par communiqué qu’il se retirait, « trop attaché à l’écologie pour accepter que (notre) action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes ».

    Plainte

    « La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d’assumer sereinement et efficacement la mission que m’ont confiée le président de la République et le Premier ministre », a encore mis en avant M. de Rugy.

    M. de Rugy, âgé de 45 ans, s’est aussi indigné contre « la volonté de nuire, de salir, de démolir » de Mediapart qui a en premier dévoilé mardi dernier des agapes dispendieuses lorsqu’il était président de l’Assemblée entre juin 2017 et septembre 2018. En ce sens, le député de Loire-Atlantique a affirmé avoir « déposé ce matin (mardi) une plainte pénale en diffamation » contre le site d’investigation.

    Dénonçant des attaques sur la base de « photos volées, de ragots », M. de Rugy s’est aussi dit « soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques ».

    « Ce n’est pas parce que des médias le disent, qu’il faut le croire forcément », a renchéri Sibeth Ndiaye.

    Edwy Plenel cofondateur et dirigeant de Mediapart a dit avoir envoyé lundi des questions au ministre sur une nouvelle enquête, mise en ligne mardi, à propos de l’utilisation de ses frais professionnels en tant que député. Il attendait ses réponses pour 14h00, au lieu desquelles il a reçu l’annonce de sa démission.

    « L’information a été plus forte que la communication », s’est félicité le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, auteur de ces enquêtes.

    Elus « inquiets »

    Une source gouvernementale indique que « c’est une décision à laquelle on ne s’attendait pas » et l’explique par le fait que « la pression médiatique se tasse mais ne retombe pas » et que des élus se disent « inquiets » de ce qu’ils entendent dans leurs circonscriptions.

    Outre la dizaine de repas organisés à l’hôtel de Lassay, M. de Rugy est également soumis à une « inspection » du secrétaire général du gouvernement pour des travaux dans son logement de fonction.

    D’autres révélations embarrassantes se sont succédé, concernant notamment le logement HLM de sa directrice de cabinet qu’il a limogée illico, ou la participation à un dîner « hors agenda » avec des lobbyistes du monde de l’énergie.

    La démission de M. de Rugy ouvre une nouvelle période de vacance au ministère de l’Ecologie, 11 mois après la démission fracassante de Nicolas Hulot, plaçant dans l’embarras Emmanuel Macron qui a fait de la préservation de l’environnement l’un des marqueurs forts de la suite de son quinquennat.

    Sa secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon a défendu à sa place mardi au Sénat le projet de loi énergie et climat, indiquant qu’elle « assurerai(t) la continuité de l’Etat » pour que les débats puissent se dérouler « dans les meilleures conditions possibles ».

    Pour son autre secrétaire d’Etat Brune Poirson, « plus que jamais au travail », M. de Rugy « souhaite continuer à se défendre, et par là-même il protège le gouvernement, il protège le ministère », a-t-elle dit à BFMTV.

    « Légèrete »

    Le chef des députés LREM Gilles Le Gendre a aussi salué une démission qui vise à « protéger (la) majorité ». Son homologue au Sénat François Patriat l’a qualifiée « de bon sens, même s’il y a une forme d’injustice ». Il s’agit de la décision d’un homme « à bout », selon la députée Olivia Grégoire.

    Barbara Pompili, députée LREM et proche de François de Rugy, a cependant déploré sa « légèreté dans la gestion des moyens publics ».

    Les responsables politiques ont tous stigmatisé le « décalage » entre le discours du ministre « chantre de la vertu » et la réalité, à l’instar de la vice-présidente de l’Assemblée LR Annie Genevard, « en colère » parce que « cette affaire réduit un peu plus le crédit qu’ont les hommes politiques auprès des Français ».

    Avec AFP

    Le Matin d’Algérie, 16 jui 2019

    Tags : France, François de Rugy, corruption, malversation, détournement,

  • Algérie : Le tribunal de Sidi Mhammed « en alerte »

    Le tribunal de Sidi-M’hamed est au cœur d’une page d’histoire exceptionnelle qui s’écrit au quotidien, depuis la chute de Bouteflika. Par la force des évènements qui s’y déroulent, il s’est transformé en lieu où défilent, sans relâche, les pontes d’un système gangrené par une corruption et des passe-droits érigés en règle de fonctionnement.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – «Etat d’alerte», c’est ainsi que les fonctionnaires du désormais très célèbre tribunal qualifient la situation prévalant au sein de l’établissement. Ici, juges, avocats, procureur, greffiers et tout le personnel concerné par le traitement des affaires des plus hauts responsables sous la coupe desquels ils se trouvaient il y a peu de temps sont mobilisés depuis déjà de longues semaines.

    Pour faire face aux affaires qui se succèdent de manière continue, décision a été prise de désigner un groupe de magistrats et de l’affecter à la gestion des dossiers ultrasensibles qui défilent sans arrêt. «Ils sont mobilisés de jour comme de nuit, témoignent des avocats, on n’a jamais rien vu de pareil ici. L’équipe de juges est sur place et attend l’arrivée des dossiers et des prévenus.» Depuis la fin du mois d’avril dernier, près de 200 personnes «sont déjà passées ici».

    Parmi eux, «treize anciens ministres, deux ex-Premiers ministres, six walis, anciens et actuels, six puissants hommes d’affaires, deux P-dg de banques, quatre secrétaires généraux de ministères… et des dizaines et dizaines de cadres et hauts responsables d’entreprises».

    Les auditions débutent dans la matinée. «Les juges sont là dans leurs bureaux, des moyens sont mis à leur disposition, la nourriture est acheminée, ils attendent l’arrivée des personnes convoquées. Les auditions sont censées de dérouler dès les premières heures de la matinée, mais depuis l’incarcération des principaux prévenus (les deux anciens Premiers ministres), il faut d’abord attendre leur arrivée de prison, puis, selon la procédure, passer à l’audition des cadres et témoins.»

    L’opération prend de très longues heures, «souvent, il faut deux journées entières avant de clôturer le dossier. Un grand nombre de mandats de dépôt ont été prononcés de nuit ou vers six heures du matin, les journées sont surchargées».

    La situation d’exception est également visible au très grand nombre d’avocats mobilisés au tribunal. «Souvent, dit l’un d’eux, nous sommes là sans savoir à quel moment l’affaire de nos clients doit débuter, parfois, lorsque celui-ci est en prison, on ignore souvent le jour de son passage devant le juge, alors (rire) on s’accroche aux ‘‘urgents’’ des télévisions privées qui retransmettent les évènements.» «Nous sommes témoins d’une page d’Histoire qui s’écrit», poursuit un autre. «Dans les couloirs du tribunal, dit-il, j’ai déjà eu à croiser Ouyahia deux fois de suite. Il avait l’air très fatigué, il se traînait pour avancer. L’homme a perdu une bonne partie de ses cheveux, son teint est jaunâtre, rien à voir avec l’image que les Algériens ont de lui. Depuis son incarcération, il a déjà fait quatre passages devant le juge d’instruction pour des affaires différentes. Dans l’affaire Tahkout, il a passé près de quarante-huit heures au tribunal.» Un autre témoigne : «J’ai croisé Haddad plusieurs fois, il est lui aussi très amaigri, son visage est défait, il préfère garder les yeux baissés.» «Lorsque ces anciens hauts responsables arrivent, on remarque immédiatement l’état de nervosité dans lequel ils se trouvent.

    Le fils Sellal était complètement défait, il préférait rester caché au milieu d’un groupe convoqué dans la même affaire. Mais le plus marquant, c’est Abdelghani Hamel. On a pu le voir arriver avec ses quatre enfants et son épouse. Ce sont des images incroyables, ils avaient tous des serviettes ou cartables contenant des documents pour leur défense, mais ils ne leur ont servi à rien, ni à eux ni aux enfants de Melzi (ancien directeur général de Club-des-Pins). Le jour de l’incarcération de son époux et de ses quatre enfants (trois fils et une fille), la femme de Abdelghani Hamel est ressortie du tribunal en se traînant. On voyait qu’elle était dans un état de choc total, elle s’est littéralement jetée dans un véhicule qui l’attendait.»

    Cette situation exceptionnelle a, naturellement, relégué au second plan les affaires courantes, «beaucoup de procès de droit commun ont été renvoyés à plusieurs reprises, les affaires sont traitées au ralenti car la pression est très importante au niveau du tribunal».

    Une enceinte qui attire également énormément de citoyens, des curieux venus voir de plus près les évènements qui s’y déroulent. «Assister à l’arrivée de tous ces hommes forts qui n’étaient vus qu’à la télévision ou dans les journaux n’est pas une chose qui arrive tous les jours, les voir débarquer à bord de fourgons cellulaires et séjourner dans le bureau d’un juge près de quarante-huit heures, ce n’est pas rien», avoue un jeune attiré par la situation. Comme les autres, il n’hésite pas, non plus, à se renseigner, auprès des avocats, parfois des gardiens et auprès des riverains du tribunal où les tenants des magasins gardent constamment un œil rivé sur les véhicules qui défilent devant la porte du tribunal. Ceux-là ont constitué leur petite documentation personnelle. Un «trésor» fait d’images, de vidéos de fourgons cellulaires transportant de célèbres prisonniers qu’ils n’hésitent pas à faire défiler sur leurs portables à la demande des curieux…

    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 10 jui 2019

    Tags : Algérie, corruption, Hirak, transition, dialogue,

  • Maroc: Une Armée marginalisée et inefficace (Wikileaks)

    Le Département d’État pense que le roi considère toujours les militaires constituent toujours la principale menace pour son trône

    Les Forces Armées Marocaines « sont toujours éclaboussées par la corruption, l’inefficience bureaucratique, leur bas niveau d’éducation, certains de leur soldats courent le risque de tomber dans le radicalisme, elles sont politiquement marginalisées et le gros de leurs effectifs sont déployés au Sahara Occidental ». « Elles se modernisent mais elles continuent à être lestées par de vieux problèmes ». L’ambassadeur des États Unis au Maroc, Thomas Riley, a élaboré, en août 2008, un rapport exhaustif et confidentiel de neuf feuillets sur l’armée marocaine avec l’aide des attachés de défense et de sécurité. C’est une véritable radiographie des Forces Armées Royales aujourd’hui encore très mal connues.

    Les effectifs des trois armées s’élèvent à 218.000 hommes -10.000 de moins que ceux qui sont sous les drapeaux en Espagne- dont la moitié, voire même 70%, se trouvent au Sahara. Seules 40% de ces unités déployées dans cette ancienne colonie espagnole, un pourcentage assez bas, sont réellement opérationnelles. Les jeunes qui s’enrôlent comme soldats touchent 2.000 dirhams par mois (180 euros) et les officiers en début de carrière 6.000 dirhams (540 euros). A cela il faut ajouter un logement de fonction ce qui les place « dans une situation relativement confortable dans le contexte marocain ».

    Auteurs de deux coups d’État malheureux au début des années soixante dix, les militaires marocains sont encore étroitement surveillés. « Nous pensons que la monarchie estime toujours qu’ils représentent la plus grande menace pour la couronne ». « Les officiers continuent à être écartés de la prise de décisions politiques et même leur participation à des débats sur la force militaire du Maroc est restreinte ». Leurs relations avec les officiers des armées étrangères, y compris les attachés militaires américains, son aussi réduites. Du coup la qualité de l’information sur les Forces Armées Royales laisse à désirer.

    L’approbation du roi

    Ce manque de confiance royal à pour conséquence « qu’il n’y a pas de mouvements de troupes, de man½uvres ni de voyages officiels, à l’intérieur ni à l’extérieur du pays, sans l’approbation du roi ». Au Maroc il n’y a pas de Ministère de la Défense mais une petite administration civile, qui dépend du premier ministre, dont le rôle est de contrôler la gestion. Le Ministère des Affaires Étrangères s’occupe, quant à lui, de la participation marocaine dans des opérations de maintien de la paix. « Toutes les autres questions en rapport avec la défense se décident au palais royal », précise Riley.

    L’ambassadeur est cependant de l’avis que « certains symptômes montrent que la confiance du roi dans les Forces Armées s’accroît ». Pour preuve « la hausse significative des dépenses militaires » avec, par exemple, l’achat de 24 chasseurs bombardiers américains F-16. « Récemment le roi a autorisé les vols militaires au nord de Ben Guérir [la plus grande base militaire marocaine à 200 kilomètres au sud de Rabat], ce qui n’était pas permis jusqu’à présent car le souverain souhaitait que les militaires restent éloignés du palais de Rabat ».

    Le principal défi auquel doivent faire face les Forces Armées c’est la corruption, d’après Riley. Elle touche surtout les niveaux supérieurs de la hiérarchie militaire. Elle a une origine historique car, après les deux coups d’État frustrés, Hassan II déclara aux militaires : « Soyez loyaux et vous pourrez en tirer profit ». « Des rapports dignes de foi signalent que le lieutenant général Benanni tire justement profit de son poste de commandant en chef du secteur sud ». Il en tire « des revenus des contrats militaires et exerce son influence sur les décisions du monde des affaires ». « Une rumeur très répandue veut qu’il soit le propriétaire d’une bonne partie des pêcheries au Sahara Occidental ». « Comme d’autres officiers vétérans Benanni possède une fastueuse résidence familiale qui fut probablement construite avec l’argent recouvré des pots de vin ».

    Pénétration islamiste dans les armées

    « Une position de leader dans une région est, pour la hiérarchie militaire, une source importante de revenus non légaux », affirme l’ambassadeur. « Il y a même des rapports sur les élèves de l’académie militaire marocaine qui soudoient pour améliorer leur classement scolaire et obtenir ainsi [à leur sortie d’école] des postes militaires lucratifs ». « Des postes de commandement dans le secteur sud, c’est-à-dire au Sahara Occidental, sont considérés parmi les plus lucratif étant donnée la concentration, là bas, de l’activité militaire (…) ». « Le Gouvernement du Maroc semble chercher des formules pour freiner la corruption dans les rangs des militaires en formation, en commençant par les colonels et jusqu’au bas de la hiérarchie ».

    Un problème mineur, comparé à la corruption, est la pénétration islamiste dans les armées. Certaines informations « suggèrent qu’un petit nombre de soldats sont susceptibles de tomber dans l’islamisme radical ». Après les attentats de 2003 à Casablanca, qui firent 45 morts, les enquêteurs « ont identifié des militaires » faisant partie de la conspiration. Plus tard la police arrêta « plusieurs militaires et gendarmes faisant partie d’autres cellules terroristes dont l’une vola des armes dans une base (…) ».

    Parmi les mesures préventives prises pour empêcher la propagation de l’islamisme radical dans l’armée figurent « l’élimination des mosquées dans toutes les casernes (…) et le déploiement de la contre intelligence militaire, appelée le Cinquième Bureau, avec ses agents secrets pour surveiller les activités radicales dans les mosquées » proches des bases militaires.

    Source : El País, 2 déc 2010

    Tags: Maroc, armée, Mohammed VI, corruption, islamisme, radicalisme,

  • Maroc : corruption de journalistes et personalités contre l’Algérie

    270.000 Dirhams gaspillé en fumée ….

    De nouveaux éléments d’information nous sont parvenus sur les mercenaires occidentaux de la plume qui travaillent pour le Makhzen dans le seul but de dénigrer l’Algérie.

    Après notre article publié le 12 octobre sous le titre : «Campagnes marocaines contre l’Algérie : ces mercenaires occidentaux qui travaillent pour Rabat», nous venons d’avoir des courriels compromettants échangés entre un représentant du Makhzen et le Marocain Ahmed Charaï, directeur du site l’observateur.ma, chargé par le Makhzen du recrutement et du paiement de ces «journalistes» occidentaux qui calomnient l’Algérie.

    Des emails compromettants qui ont été interceptés par des médias sahraouis. Ces échanges ont porté notamment sur les honoraires de ces «mercenaires» qui ont visiblement donné satisfaction à leurs maîtres de Rabat. Ce «journaliste», qui voue une haine sidérale à l’Algérie, a, en effet, dans un email, dont nous détenons une copie, détaillé les honoraires de sa bande de mercenaires pour des tâches effectuées avec brio ces derniers mois.

    En s’adressant à son «agent traiteur marocain», Ahmed Charaï demande ainsi de l’argent en euros pour «régler» les piges de juillet et de septembre de trois mercenaires de la plume français. Ainsi, il réclame 6.000 euros pour Vincent Hervouët, rédacteur dans la chaîne de télévision française LCI, pour ses articles propagandistes dans l’Observateur et dans Foreign Policy. Pour Dominique Lagarde, journaliste au service monde de l’Express, il réclame 12 000 euros.

    Autrement dit, 6 000 euros par mois de lobbying médiatique anti-algérien. Ahmed Charaï a fixé à 6 000 euros la pige de Mireille Duteil, rédactrice adjointe au service monde du Point. Des sommes qui restent dérisoires pour le «sale boulot» qu’ils sont chargés d’accomplir ! Mais le Makhzen ne leur offre pas que de l’argent. Il leur permet également des séjours gratuits dans les grands complexes touristiques de Marrakech comme il offre à travers Ahmed Charaï des cadeaux.

    Dans un email posté le 2 octobre à 12:42, Ahmed Charaï a parlé d’une réunion prévue pour le 7 octobre avec, dit-il, «nos amis journalistes français». Une réunion qui s’est en effet déroulée ce jour-là à 20h à l’hôtel Scribe, à Paris. Ce recruteur de mercenaires de la plume au profit du Makhzen a également annoncé sa volonté d’offrir au président du Financial Times un «beau cadeau». Dans un autre email adressé le 10 mars 2011 à son «employeur», Ahmed Charaï énumère quelques articles qui faisaient la promotion de la monarchie marocaine, publiés par ses amis journalistes à l’Express, Washington Post, Hudson Institute, Fox News, LCI et Foreign Policy.

    Les médias sahraouis ont également intercepté des emails échangés entre Ahmed Charaï et Vincent Hervouët sur la médiatisation du mouvement de l’autonomie de la Kabylie (MAK) en lui consacrant une bonne place dans le journal de TF1. Dans un autre courriel, Vincent Hervouët demandait une avance sur salaire de 38 000 euros à Ahmed Charaï. Exerçant dans de grands médias français, britanniques et américains, ces «journalistes» au service de Rabat se font payer pour des articles contre la cause sahraouie et contre l’Algérie, accusée à tort par Rabat de bloquer le processus des négociations menées sous l’égide de l’ONU pour une solution mutuellement acceptable. Pour assurer la survie de la monarchie, le Makhzen use et abuse de moyens détournés en faisant de l’Algérie sa principale cible.

    Algérie Network, 13 déc 2014

    Tags : Maroc, Algérie, Chris Coleman, corruption, journalistes français,

  • Maroc : Merci Monsieur « Coleman » !

    Pendant des années, que dis-je ?, quasiment vingt ans pour l’auteur de ces lignes, nous avons été accusés, les deux pelés et trois tondus qui avons essayé de faire du journalisme indépendant dans ce pays, d’être des agents de l’étranger, d’être soudoyés par tel Etat, tels services secrets ou tel mouvement ou organisation.

    Nous sommes passés d’être des agents de la DST, la police politique marocaine, à travailler pour le CNI espagnol, en passant par la DRS, les services secrets algériens et le Mossad israélien. Accusation suprême : nous étions également des agents du Polisario.

    Sans la moindre preuve bien évidemment, sinon on n’en serait pas là.

    Franchement, et si je devais un jour travailler pour un « sévice secret » je travaillerais avec celui de mon pays. Il paye bien. Les journalistes étrangers touchent 6000 euros par mois, avec en prime quelques séjours tous frais payés à Marrakech. Quant aux Marocains ils ont droit à des pages de publicité à gogo, des prébendes faites de facilités pour l’obtention d’un appartement ou d’une imprimerie, d’un prêt bancaire (que certains oublient de payer) et de généreux cadeaux en sous-main.

    Je connais le directeur d’un hebdomadaire francophone casablancais qui a acheté à l’Etat une villa où il a installé son torchon pour quelques dirhams. Son confrère d’un autre hebdomadaire, tout aussi francophone et pourri, a obtenu le même cadeau, sauf qu’il utilise la villa pour y habiter.

    Le premier, une barbouze journalistique qui a travaillé pour Dlimi quand il sillonnait les pays arabes et africains pour le compte d’un autre hebdomadaire francophone, celui-là français, a depuis quelques années les pires difficultés du monde pour boucler les finances de son brinquebalant et boiteux canard. Sans ses « amis », cela fait longtemps qu’il aurait fermé boutique. Mais à titre personnel, il est très riche. Il y a peu il négociait la vente d’un terrain dans l’un des quartiers les plus huppés de Casablanca pour un prix millionnaire. Il avait obtenu ce terrain pour des bricoles de la main d’un organisme étatique.

    Enfin, tout cela pour dire que sans aucune preuve, certaines officines de l’Etat marocain, appuyées par la presse aux ordres, déversent sur nous un tombereau d’accusations et d’affirmations mensongères dans le seul dessein de salir notre réputation et de nous signaler à un quelconque fou pour qu’il nous trucide avec un couteau dans la rue, alors que les vrais corrompus sont ceux qui hurlent avec les loups.

    Mais voilà, un hacker, ou plusieurs, publie depuis des mois une impressionnante pile de documents, scannés pour la plupart, et de mails compromettants qui prouvent par A+B que nos diplomates, en plus de leur labeur ordinaire de lobbying et de défense des intérêts de l’Etat, soudoient des fonctionnaires internationaux, de prétendus experts et une kyrielle de profiteurs comme ce pauvre fonctionnaire international sénégalais qui a vendu sa conscience pour quelques dirhams et un séjour au Maroc où il a visité un marabout local.

    On me rétorquera que cette corruption se fait au nom de la défense de la cause du Sahara. Je réponds qu’il faudrait alors préparer un bon chéquier et se hâter de gagner cette bataille parce que celui qui a vendu son âme une première fois la vendra une deuxième fois, et pas forcément au même camp, sinon au plus offrant.

    On découvre aussi dans les papiers du hacker que sous couvert d’un empire médiatique, un ex-commercial de publicité est en fait un responsable de la DGED, les services de contre-espionnage marocains, qui se fait passer pour un journaliste et entretient de coupables relations avec les pires organisations d’extrême droite pro-israélienne. Il est aussi le grand corrupteur d’une demi douzaine de journalistes français dont certains travaillent sur le Maroc depuis très longtemps.

    Merci donc à ce « Chris Coleman », pas pour la guerre qu’il mène contre le Makhzen au nom de ses propres intérêts (soukou hadak !), mais pour nous avoir permis de voir plus clair dans cette grande grotte où se tapit l’ogre qui nous opprime.

    Ali Lmrabet

    Demain Online, 15/12/2014

    Tags : Maroc, Makhzen, presse, DGED, Ahmed Charaï, Chris Coleman, corruption, Sahara Occidental,

  • Algérie : DEUX POIDS ET… DÉMESURE

    » Lui, en revanche, reconnait toute honte bue avoir » manqué d’intelligence « . Mais, au lieu d’être jugé pour ce » manque d’intelligence « , absolument impardonnable à ce niveau de responsabilité, ou au moins d’être écarté pour incompétent notoire et reconnue par le concerné lui-même, celui-ci a continué d’occuper pas mal de hauts postes, jusqu’à celui de président du Conseil constitutionnel « .

    Par Mohamed Abdoun 

    Le procès d’Ali Haddad a déçu pas mal d’espoirs. Explications. L’homme, pour le moment du moins, n’a été jugé qu’à cause des deux passeports qu’il avait en sa possession au moment de son interpellation au centre frontalier d’Oum Tboul. Certes, il s’agit là d’un délit caractérisé. Le réquisitoire du procureur, demandant 18 mois de prison ferme, n’est donc pas exagéré. Le débat, ou la déception si je puis dire, réside ailleurs en effet.

    Les deux passeports de Haddad donnent l’air d’être aussi authentiques, et aussi valables, l’un que l’autre. L’explication en est toute simple. A l’en croire, et nous n’avons aucune raison de douter de sa parole, sachant qu’à l’apogée de sa puissance, l’ex-président du FCE avait ses entrées auprès de la plupart des ministres des gouvernements Ouyahia et Sellal, à l’en croire donc, le second document en question, et pour lequel il croupit en prison, lui aurait été délivré avec l’assentiment d’Abdelmalek Sellel, ancien Premier ministre, Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur au moment des faits, et Hocine Mazouz, ancien secrétaire général du ministère de l’Intérieur.

    Or, aucun de ces très hauts responsables n’a été inquiété, ni même interrogé afin de connaitre le fin mot de l’histoire. Seul le dénommé Hassan Boualem, chargé de la délivrance de ce genre de documents au niveau du département de l’Intérieur, a été interpellé, sachant par ailleurs qu’il encourt lui aussi la même peine de prison.

    L’homme, comme n’ont pas manqué de le rappeler ses avocats, n’a pourtant fait qu’obéir aux ordres. Certes, il aurait dû se braquer, connaissant le caractère illégal d’une telle décision. Mais, il n’en demeure pas moins qu’avant son jugement, ses donneurs d’ordre auraient dû être interpellés et jugés premier.

    Cela est d’autant plus vrai que le dénommé Hassan Boualem va jusqu’à nous révéler qu’il n’a jamais rencontré de sa vie le sieur Ali Haddad. Un scénario pareil rappelle trop le dossier, ou le procès, Khalifa. Seul les lampistes avaient été inquiétés, et avaient payé, à l’égal du DG de la CNAS de l’époque, dont les compétences et la rectitude étaient connues de tous, alors que Sidi Saïd, dont la culpabilité avait été reconnue publiquement par luimême en plein tribunal, n’avait absolument pas été inquiété.

    Idem pour Mourad Medelci, ministre des Finances au moment des (mé)faits. Lui, en revanche, reconnait toute honte bue avoir » manqué d’intelligence « . Mais, au lieu d’être jugé pour ce » manque d’intelligence « , absolument impardonnable à ce niveau de responsabilité, ou au moins d’être écarté pour incompétente notoire et reconnue par le concerné lui-même, celui-ci a continué d’occuper pas mal de hauts postes, jusqu’à celui de président du Conseil constitutionnel.

    Dans le dossier relatif aux deux passeports d’Ali Haddad, si les magistrats ne décident pas d’aller jusqu’au bout de ce dossier, force me serait de supposer que rien n’a changé sous le ciel d’Algérie, et que l’on ne cherche des poux sur les têtes de certaines grosses légumes que dans le strict cadre de ces sempiternels règlements de comptes entre clans au pouvoir…

    M. A.

    La Tribune des Lecteurs

    Tags : Algérie, transition, Ali Haddad, corruption,

  • Arrestation du président de la CAF à Paris

    Le président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad a été interpellé ce jeudi matin dans un hôtel à Paris, où il séjournait pour assister au congrès de la FIFA.

    Ahmad Ahmad a été interpellé ce jeudi matin vers 8h30 à l’hôtel de Berri, à Paris, pour être entendu par les services de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), selon le journal Jeune Afrique.

    Cette interpellation serait liée au contrat rompu unilatéralement par la CAF avec l’équipementier allemand Puma pour s’engager avec la société Technical Steel, basée à La Seyne-sur-Mer (France), selon la même source.

    Une signature de contrat qui, selon l’ex-secrétaire général de l’instance continentale Amr Fahmy, aurait été favorisée par la proximité entre Ahmad Ahmad et un des dirigeants de l’entreprise française, et dont le surcoût atteindrait 830 000 dollars (739 000 euros). « Toutes les décisions ont été prises de manière collégiale » et « transparente », s’était défendu mi-avril le patron du foot africain.

    CAF: Ahmad Ahmad répond aux accusations de corruption et de harcèlement sexuel

    L’arrestation intervient alors qu’Ahmad Ahmad se trouvait à Paris pour assister au congrès de la FIFA, qui a abouti à la réélection du président Gianni Infantino.

    Rappelons que la Confédération africaine de football (CAF) était au centre d’un scandale sans précédent suite à l’arrêt du match retour de la finale de la Ligue des Champions d’Afrique entre l’Espérance Sportive de Tunis (EST) et le WA Casablanca.

    Un arrêt provoqué par la non-validation du but égalisateur du WAC en raison d’un problème lié à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR).

    Au cœur de la polémique, la CAF a décidé mercredi soir de faire rejouer le match dans un pays neutre et demandé au vainqueur (ES Tunis) de rendre le trophée et les médailles décernées aux joueurs et au staff technique.

    Cette décision n’a pas été du goût des Tunisiens qui ont annoncé leur intention de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS).

    A quelques jours du coup d’envoi de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations qu’abrite l’Égypte, l’Instance de football africain vient d’être secoué par un autre scandale pour lequel son président, le Malgache Ahmad Ahmad a été arrêté ce jeudi à Paris.

    Echourouk ONline

    Tags : CAF, Ahmad Ahmad, football, Tribunal arbitral du sport, corruption,

  • Maroc : Un Etat où les citoyens sont des vaches à lait

    Quand, je reçois des factures des impôts et des taxes, je le prends très mal. J’ai honte de voir un régime marocain « néo-féodal » et un conseil d’Etat corrompu, nous prendre pour des vaches à lait.

    Vous répondez quoi bande de mafieux? Ah oui vive le Maroc de la mafia!. Hé oui! Dégoûté, écœuré!. Que le chef d’état et ses membres de gouvernement fassent un tour du Maroc au lieu de statuer sous l’or de leurs bureaux, palais, voitures de luxe et avions en niant la réalité du pays.

    Honte à vous, oui pour avoir trouver un prétexte ! Vous ne représentez plus la majorité des citoyens marocains démunies et pauvres. Un Maroc non respectueux aujourd’hui des droits humain, qui ne respecte et ne reconnais pas ni la souffrance des humains ni des animaux.

    Les pages du temps se tournent pour d’autres horizons que j’espère sans vous ! Pour juger sans faute il ne faut pas avoir le pouvoir de condamner ou être un esclave d’un tyran. Où est la conscience collective de tous nos héros libéraux ?

    Vous croyez avoir découvert l’eau chaude!? Qu’attendez-vous, de former un comité et montrez à nos despotes que vous n’avez pas que des muscles pour hisser ce pouvoir absolu et cette dictature au Maroc qui règne par la peur du pire dans notre mère patrie.

    Le pouvoir au sommet de l’État est personnel et absolu. Un chef d’État issu d’un protectorat français, contrôle tous les rouages sécuritaires, civils, économiques, militaires et administratifs du pays. Pour exercer ce pouvoir absolu, il n’a cure d’aucun texte, d’aucune loi, d’aucun code qui puisse freiner sa volonté ou contrôler ses directives.

    Les textes et les lois n’existent que pour servir le système de domination et constituer un support à l’arbitraire des sanctions. Mais vous avez aussi des cerveaux, des valeurs et des principes humains qui n’acceptent ni l’injustice ni l’humiliation.

    Faites votre part, parce que, ensemble, vous pouvez faire marche arrière à la machine répressive du régime dictatorial. N’oubliez pas que vous êtes très puissants et que le régime ne peut s’en passer de votre soutien.

    Ensemble, il ne suffit que d’un seul appel pour rallier tous les Baltajis du régime à vos côtés et contre les despotes. Quand ses charognes sont arrivées au pouvoir, tu sème le vent et tu récolte la tempête !

    Dans leur idéologie, la terre leur appartient, nous, nous sommes des impurs et nous méritons la mort pour avoir les choisis. Quand allez-vous les dégagés ?, ils s’y croiront chez-eux et finiront par vous jeter dehors comme moi!..

    Orilio Leaks

    Tags : Maroc, Makhzen, mafia, corruption, prédation, répression, pillage,