Étiquette : covid-19

  • Maroc-Algérie : La subtile réponse d’Alger à Rabat

    L’annonce de la mise en place d’un hôpital de campagne au profit du peuple sahraoui intervient alors que le Maroc poursuit ses attaques frontales contre l’Algérie. Dernière en date, celle du chef de la diplomatie marocaine qui accuse l’Algérie de mobiliser ses ressources pour alimenter « le séparatisme » plutôt que d’améliorer la situation « précaire » de sa population. Aucune réaction officielle à cette attaque mais une subtile démonstration des ressources pouvant être mobilisées.
    Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Pas de crise diplomatique publiquement assumée mais une multiplication d’attaques en règle de la partie marocaine. Lorsque ce ne sont pas les médias marocains qui trouvent des prétextes pour critiquer de manière acerbe l’Algérie, c’est le ministre des Affaires étrangères qui s’en charge.
    Profitant du sommet du groupe de contact du mouvement des non-alignés tenu en visioconférence, la semaine dernière, le chef de la diplomatie marocaine a évoqué l’Algérie sans la citer nommément, affirmant qu’un « pays voisin » qui, « malgré les circonstances actuelles exceptionnelles », s’obstine à « alimenter le séparatisme, en violation des principes fondateurs du mouvement des non-alignés». Et d’ajouter : «Ce pays, au lieu d’utiliser ses ressources pour améliorer la situation précaire de sa population dans le contexte de la pandémie de Covid-19, les détourne pour alimenter la déstabilisation régionale». Quelques jours plus tard, le commandement de l’armée faisait savoir que « dans le cadre du raffermissement des efforts de solidarité et de la promotion des relations humaines et fraternelles entre les deux peuples algérien et sahraoui, notamment à l’ombre de la situation sanitaire actuelle relative à la propagation de l’épidémie de coronavirus, le Haut Commandement de l’Armée nationale populaire a chargé les services de la santé militaire de mettre à la disposition du peuple sahraoui un hôpital de campagne afin d’assurer toutes les prestations et l’assistance médicale nécessaires tout au long de la pandémie que connaissent actuellement l’ensemble des pays du monde ».
    Dans ce même communiqué, il a été rappelé que « l’Algérie avait envoyé au peuple sahraoui, le 30 avril 2020, des aides humanitaires composées de produits alimentaires et d’équipements pharmaceutiques acheminées par des avions militaires depuis la base aérienne de Boufarik ». Il s’agit là d’une subtile mise au point au voisin qui émet des doutes sur la capacité de l’Algérie à couvrir les besoins de sa population, selon les dires du ministre marocain des Affaires étrangères. Une attaque en règle après que Abdelmadjid Tebboune eut lancé, au cours du même sommet, « un appel au Conseil de sécurité des Nations-Unies pour se réunir, dans les plus brefs délais, et adopter une résolution appelant solennellement à l’arrêt immédiat de toutes les hostilités à travers le monde, notamment en Libye, sans omettre les territoires occupés en Palestine et au Sahara Occidental ». Le président de la République ne faisait que rappeler une position de principe de l’Algérie.
    Dans son discours d’investiture, le président de la République avait pourtant insisté sur le fait que la question sahraouie était une affaire de «décolonisation» qui doit trouver un règlement dans le cadre des Nations-Unies et de l’Union africaine ,et qu’elle ne devait pas « envenimer les relations avec les frères marocains», tout en ajoutant que «l’Algérie œuvrera à préserver le bon voisinage et raffermir ses relations fraternelles avec les pays du Maghreb». Un message qui n’a visiblement pas trouvé écho auprès des voisins marocains.
    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario, covid-19, coronavirus, pandémie, réfugiés sahraouis,
  • Maroc : Où se cache le roi Mohammed VI ?

    Depuis le début de la crise pandémique, le roi du Maroc est aux abonnés absents. L’opinion publique marocaine s’indigne de plus en plus à cause de sa disparition à un moment où le peuple marocain traverse une conjoncture difficile en raison du confinement imposé par le gouvernement en vue de lutter contre la covid-19.

    Une population démunie implore l’intervention de Mohammed VI pour contrer les pratiques de répression contre ceux qui ont la mobilité comme seule choix pour parvenir à alimenter les siens. Mais aussi pour que les produits alimentaires distribués ne soient pas détournés par les agents d’autorité et leurs complices.

    De l’étranger aussi, des milliers de marocains implorent son intervention pour pouvoir rentrer au Maroc et passer le confinement avec les siens au Maroc.

    La réponse du souverain a été, jusqu’à présent, le silence total. Selon certaines sources, il aurait quitté le Maroc par crainte d’attraper le coronavirus. Le journaliste Ignacio Cembrero, qui rêve de se faire pardonner par le Makhzen, prétend qu’il se trouve au Maroc tout en démentant la nouvelle publiée par Le Courrier de l’Algérie selon laquelle, Mohammed VI se trouve au Gabon. Pourtant, même le roi sacré du Ramadan n’a pas réussi à le faire sortir de sa cachette. Sa disparition des radars a laissé place à des rumeurs persistantes sur un coup d’État en douceur. Des rumeurs consolidées par une présence massive de l’armée dans les rues.

    Tags : Maroc, Mohammed VI, pandémie, covid-19, coronavirus,

  • Le Maroc pique aux africains leur part de chloroquine, médicament pour traiter le covid-19

    Selon l’agence de presse mauritanienne Alanbaa, le Maroc a acheté la part destinée à l’Afrique de chloroquine, le traitement anti-paludique utilisé contre le covid-19.

    Dans une dépêche publiée sur son site, Alanbaa indique que la succursale de la société française Sanofi a confirmé que le Maroc a acheté toute sa production de chloroquine après que celle-ci ait donné des résultats positifs dans le traitement des patients atteints du virus covid-19.

    Citant des sources de la presse française, Alanbaa rapporte que ces médicaments étaient à l’origine destinés à l’Afrique subsaharienne.

    Alanbaa rappelle que le Premier ministre marocain Saadeddine El Othmani a indiqué dans un post publié sur son compte Twitter, que « tous les cas infectés par le coronavirus au Maroc, qui souffrent de ses symptômes, sont en fait traités avec ce médicament et il est fabriqué au Maroc, il n’y a donc pas besoin d’auto-flagellation ».

    Ainsi, le Maroc, qui prétend défendre les intérêts des africains, a été pris en flagrant délit de détournement d’un médicament vital pour le traitement du paludisme dans les pays de l’Afrique subsaharienne.

    Tags : Maroc, Afrique, choloroquine, paludisme, covid-19, coronavirus, pandémie,

  • Balance ton déconfiné !


    LE DECONFINEMENT approche, mais la dénonciation de confinés reste un sport national très en vogue (« Le Canard », 15/4). Et, en la matière, ont n’arrête plus les progrès ! « Le Figaro » (24/4) vient de dénicher un cas délation de toute beauté, qui a conduit à l’arrestation d’une grand-mère, dans le Tarn. Son crime : avoir rendu visite derrière la fenêtre de son Ehpad et lui avoir écrit des messages sur une ardoise. Allez, hop ! Balancé par un voisin aux poulets, qui l’ont verbalisé illico, avant d’annuler la procédure face au tollé provoqué par cette histoire des plus éclairantes.

    Un récent sondage Harris Interactive (17/4) semble conformer que le fond de l’air est très frais : 43 % des sondés approuverait le signalement à la police d’un non-respect du confinement. Et tant pis si le cafté est un peu vite déclaré coupable. Dans la plupart des cas, les flics constatent surtout « des phénomènes de jalousie » entre voisins qui ne vivent pas le confinement avec la même joie. La chasse aux barbecues et aux gens heureux est ouverte !

    Policiers et gendarmes notent ainsi de plus d’appels pour dénoncer des proprios de chiens qui sortiraient beaucoup leur clébard, des joggeurs qui joggeraient un peu trop ou des gamins qui jouent au foot dans la rue. Avec cette nouveauté : les corbeaux des temps modernes envoient des photos et des vidéos censées constituer la preuve du délit !

    Le syndicat Alternative Police révélait il y a 15 jours que, dans certaines régions, et surtout dans les grandes villes, jusqu’à 70 % des appels d’urgence concernaient désormais des dénonciations. De quoi mettre en pétard ledit syndicat, dont un représentant rappelait qu’il ne faudrait pas en oublier de dénoncer les vrais délits, « si votre voisin commet des violences conjugales sur son épouse, par exemple »…

    Mais, pour ces fait-là, le nombre d’appels grimpe nettement moins vite ! C.N.

    Le Canard enchaîné – 29.04.2020

    Tags : Confinement, covid-19, coronavirus, pandémie, délation, dénonciation,

  • Où est passé le roi Mohammed VI depuis le début de l’état d’urgence sanitaire au Maroc?

    Depuis la proclamation de l’état d’urgence sanitaire au Maroc annoncée vers la mi – mars 2020 en raison de la propagation du virus Corona, nulle apparition publique ou télévisuelle du souverain marocain n’a été enregistrée.

    Début avril, la chaine américaine d’information en continu Fox News annonçait lors d’un bulletin informatif que le roi du Maroc serait infecté de ce virus suite à un dîner qu’il avait partagé avec le prince Charles, lui même atteint par le virus Corona.

    Et la chaîne US d’ajouter que le monarque marocain se serait isolé aux Iles Canaries.

    Ni Mohammed VI, ni son entourage, encore moins le protocole royal n’ont cru utile ou opportun de démentir une telle information.

    Seuls quelques sites internet dont le 360.ma, dont le patron se trouve être le conseiller en affaires financières du roi se sont chargés de mettre en doute, maladroitement d’ailleurs, l’annonce faite par Fox.

    Prenant ses lecteurs pour des demeurés, le site 360.ma réagit à l’info en prétendant que la speakerine américaine avait confondu Morocco avec Monaco.

    Ce qui ajoute au mystère lié à cette éclipse royale, réside dans le fait que ni le très médiatique frère du roi du Maroc, Moulay Rachid, ni sa soeur Mariam qui préside de nombreuses associations caritatives et cuturelles n’ont apparu publiquement ou sur les chaînes des télévisions officielles marocaines.

    Le prince hériter Moulay Hassan qui atteindra prochainement l’âge de 16 ans et qui ne manque aucune inauguration, commémoration ou conférence internationale à laquelle assiste son père ou son oncle, se trouve lui aussi hors des radars depuis la disparition de son père.

    Signalons que les très nombreuses et fréquentes sorties princières sont destinées à parfaire la formation de l’héritier du trône alaouite.

    Cette longue éclipse du roi et des autres membres de la famille royale a été accompagnée par de nombreux communiqués émanant du souverain et par des messages attribués à Mohammed VI, messages envoyés à des chefs d’etats étrangers.

    En revanche, et depuis près de 50 jours, et contrairement aux multiples apparitions et discours des chefs d’etats arabo – musulmans, aucun message à la population marocaine n’a été prononcé en direct par le Commandeur des croyants.

    La personne du roi étant sacrée au Maroc, aucun marocain n’ose évoquer cette disparition qui commence à intriguer l’homme de la rue marocaine.

    Vendredi passé, ceux des Marocains qui atrendaient l’apparition du roi lors de la première séance des Causeries religieuses Hassaniennes, inaugurées par feu le roi Hassan II et retransmises en temps réel par la première chaîne marocaine, en ont été pour leurs frais.

    Ce qui corse davantage ce mystère, réside dans l’arrivée au Maroc du cousin du roi, le prince Hicham, qui réside aux États-Unis d’Amérique.

    Le prétexte avancé par le prince « rouge » et banni, pour expliquer sa subite entrée au Maroc en vue de rendre visite à sa mère malade paraît limite aux observateurs de la politique marocaine.

    Un roi absent physiquement, une armée massivement dans les rues et les places des villes et des villages marocains, armée appuyée par des chars de combats…

    Voilà une situation que les Marocains n’ont pas connue même lors des 2 coups d’État militaires perpétrés en 1971 et 1972 contre le défunt roi Hassan II

    Source: Bruxellois, sûrement!

    Tags : Maroc, Mohammed VI, pandémie, coronavirus, covid-19, Moulay Hicham, prince rouge,

  • A cause du coronavirus, des politiciens et des acteurs demandent la libération de prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines

    MADRID, le 3 mai (EUROPA PRESS) – Différentes personnalités de la politique et du cinéma se sont réunies pour exiger la libération des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines face à l’avancée de la pandémie de coronavirus.

    Des députés, des responsables municipaux, des représentants de groupes politiques et du monde du spectacle se sont filmés pour montrer leur solidarité avec les prisonniers. Ainsi, ils ont appelé à leur libération « immédiate » en assurant que ce sont des personnes emprisonnées pour « leurs convictions politiques » et qui courent un risque élevé d’être infectées, rapporte le portail d’information sahraoui Equipe Media dans un communiqué.

    « Les prisonniers sahraouis, qui souffrent de séquelles en raison des tortures qu’ils ont subies et souffrent de maladies dont ils sont à peine soignés, sont détenus dans des espaces confinés et sans les conditions sanitaires minimales, ce qui en fait des personnes à haut risque pour le coronavirus », rapportent le portail.

    « Les prisonniers sahraouis, qui souffrent de séquelles des tortures qu’ils ont subies et souffrent de maladies dont ils sont à peine soignés, sont détenus dans des espaces confinés et sans les conditions sanitaires minimales, ce qui en fait des personnes à haut risque pour le coronavirus », rapportent-ils. depuis le portail.

    De cette façon, il a soutenu que cette situation est aggravée par les communications téléphoniques « rares ou inexistantes » des détenus avec leurs proches. À ce stade, ils ont souligné depuis la plate-forme qu’ils étaient des « prisonniers d’opinion », accusés dans des procès où aucune preuve n’a été fournie et avec des aveux « sous la torture ».

    « Le Maroc, qui a reçu 450 millions d’euros d’aide de l’Union européenne pour lutter contre le coronavirus, a libéré 5.654 prisonniers face à la pandémie de coronavirus, mais aucun aucun sahraoui parmi eux », a dénoncé Equipe Media.

    Pour cette raison, ils ont fait allusion aux paroles de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, qui a exhorté les gouvernements du monde entier à prendre des mesures pour empêcher la Covid-19 de se répandre massivement dans les prisons.

    Bachelet a proposé la libération, en particulier des personnes vulnérables et de ceux qui accumulent des délits mineurs, soulignant que « maintenant plus que jamais, les gouvernements devraient libérer toutes les personnes détenues sans fondement juridique suffisant, y compris les prisonniers politiques et autres détenus simplement pour avoir exprimé des idées critiques ou dissidentes ».

    Europa Press, 3 mai 2020

    Tags : Sahara Occidental, Marruecos, presos políticos, pandemia, coronavirus, covid-19, Equipe Media,

  • Maroc : Mohamed VI se réfugie dans son manoir au Gabon

    En pleine crise sanitaire « Ya âbad Allah (Oh serviteurs de Dieu) »- comme dirait un farouche opposant marocain en exil-, le roi du Maroc s’envole pour le Gabon.

    Alors que son pays ne cesse de compter les victimes de la pandémie du Coronavirus, Mohamed VI quitte le navire et abandonne son peuple. Un peuple déjà gagné par la mal-vie et auquel l’autoproclamé descendant du Prophète lui préfère un refuge luxurieux dans sa résidence privée élue à la Pointe-Denis.

    C’est en effet depuis quelques jours que le Roi se la coule douce dans son manoir implanté dans une station balnéaire connue pour ses délices de vacances.

    Du coup, cette résidence qui lui sert habituellement de cachot pour blanchir l’argent du hachich s’est transformée en clinique ultra-médicalisée, où tous les moyens de protection contre le Covid-19 sont mis à sa disposition. C’est dire toute la lâcheté que de fuir son pays en ce temps de crise pandémique mondiale.

    Au lieu d’assumer des responsabilités qui lui font défaut face à son peuple, Mohamed VI applique la politique de l’autruche.

    Pour le reste, le choix du Gabon n’est pas fortuit. Là-bas, il retrouvera son allié, Ali Bongo Ondimba. Un président de ce pays qui n’a jamais caché son opposition au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.

    Source : Le Courrier d’Algérie, 26 avr 2020

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Gabon, pandémie, coronavirus, covid-19,

  • Les perspectives de la note du Maroc abaissée par Fitch Ratings de stable à négative

    Fitch Ratings a révisé la perspective de la note du Maroc de Stable à Négative et a confirmé sa note «BBB-».

    Fitch révise les perspectives du Maroc à négatives et confirme à ‘BBB-‘
    Mar 28 avril, 2020 – 06:35 ET
    Fitch Ratings – Hong Kong – 28 avril 2020: Fitch Ratings a révisé les perspectives sur la notation de défaut à long terme des émetteurs en devises (IDR) du Maroc à négative par rapport à stable et a confirmé la note à BBB- ».
    Une liste complète des actions de notation se trouve à la fin de ce commentaire d’action de notation.
    Drivers clés de classification
    Les Perspectives négatives reflètent le coup durement porté à l’économie marocaine par le choc de la pandémie de coronavirus, qui provoquera la plus forte contraction du PIB en 25 ans, et provoquera une augmentation marquée des déficits extérieurs et budgétaires et des ratios d’endettement du Maroc. L’ampleur du choc augmentera les risques à la baisse pour le profil de crédit du souverain, malgré une réponse politique proactive conforme à l’engagement de longue date des autorités en faveur de politiques économiques prudentes.
    La baisse des exportations, du tourisme et des envois de fonds entraînera un doublement du déficit du compte courant (CAD) à 8,3% du PIB en 2020, contre un niveau déjà élevé de 4,1% en 2019. Les recettes du compte courant seront affectées par une contraction de 7% du l’économie de la zone euro, qui a représenté 60% des exportations du Maroc, les deux tiers de ses envois de fonds, la moitié des investissements étrangers directs (IDE) et les trois quarts de ses arrivées de touristes au cours des cinq dernières années. L’effondrement des voyages internationaux affectera le secteur du tourisme au Maroc, qui contribue directement à une moyenne de 6,6% du PIB en revenus extérieurs bruts et près de 10% du PIB. Les perturbations des chaînes de valeur mondiales et les malheurs de l’industrie du transport aérien porteront également préjudice aux secteurs émergents de l’automobile et de l’aéronautique, qui représentent la plus grande part des exportations, à 40% en 2019.
    La forte baisse des prix du pétrole, l’arrêt des investissements à forte intensité d’importations et l’augmentation des subventions étrangères apporteront un certain soulagement, limitant la détérioration du solde du compte courant. Nous prévoyons que le CAD se resserrera à 5% du PIB en 2021, stimulé par une reprise du tourisme et une augmentation des capacités d’exportation manufacturières.
    Le CAD sera principalement financé par des emprunts extérieurs, ce qui portera la dette extérieure nette (NXD) à 27% du PIB en 2021, contre 16,8% en 2019, ce qui était déjà supérieur à la médiane «  BBB  » actuelle de 8%. Nous prévoyons que les emprunts publics auprès des créanciers officiels couvriront environ les deux tiers des CAD accumulés en 2020-2021. Le gouvernement a tiré tous les 3 milliards USD (3% du PIB) disponibles au titre d’une ligne de liquidité de précaution (PLL) avec le FMI en avril, la première fois que le Maroc a utilisé la facilité depuis qu’il a conclu un accord PLL avec le Fonds en 2012. Nous s’attendent à ce que le gouvernement cherche un accord de précaution successeur avec le FMI dans les prochains mois et reconduise son euro-obligation à cinq ans d’un milliard de dollars venant à échéance en octobre.
    Le coup porté aux recettes fiscales par le choc lié à la pandémie entraînera un creusement du déficit de l’administration centrale (CG) à 7,2% du PIB en 2020 contre 4% en 2019 selon nos projections. La baisse des revenus ne sera que partiellement compensée par la réaffectation des dépenses et les réductions des dépenses courantes non salariales primaires et des dépenses d’investissement, conformément à nos prévisions. Les autorités s’attendent à un impact net moindre sur le budget du choc lié à la pandémie, à environ 2% du PIB par rapport à leur objectif de déficit initial de 3,8% du PIB hors recettes de privatisation. Le déficit des administrations publiques (GG), qui comprend également la sécurité sociale, les collectivités locales et les unités extrabudgétaires, s’élèvera à 5,6% du PIB en 2020, contre 2,3% en 2019 selon nos estimations, légèrement au-dessus des médianes BBB prévues de 5,3. %.
    Le gouvernement a promulgué un plan de relance économique de 3% du PIB, accordant des allocations en espèces aux employés en congé et soutenant les entreprises en difficulté par des congés fiscaux et du service de la dette et des garanties de prêt. La majeure partie du plan de secours sera financée par des subventions, ce qui limitera le coût du budget, bien que les garanties gouvernementales sur les prêts pourraient générer des engagements conditionnels supplémentaires pour le souverain.
    La dette du GG atteindra 58% du PIB en 2020 contre 52,5% en 2019 selon notre scénario de référence, plus élevé que la médiane «  BBB  » prévue de 50%. Il baissera à 55% du PIB en 2021, porté par la relance de la croissance et un rétrécissement du déficit CG à 4,6% du PIB en 2021 selon nos prévisions. Nos mesures de la dette n’incluent pas les crédits d’impôt à la TVA d’environ 4% du PIB que le gouvernement compense par le biais d’un système d’affacturage.
    Le choc lié au coronavirus pourrait augmenter les besoins de soutien gouvernemental aux entreprises publiques dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et des transports, bien que certaines grandes entreprises publiques aient des bilans solides. En mars, le ministère des Finances a signé une lettre de confort pour rassurer les créanciers de Royal Air Maroc. La dette des entreprises publiques est relativement élevée, à environ 25% du PIB, dont environ 14% du PIB sont garantis par le souverain.
    Nous prévoyons que le PIB du Maroc devrait se contracter de 4,5% en 2020, mettant ainsi fin à 22 années de croissance continue. La détérioration du contexte extérieur sera aggravée par les perturbations de l’activité dans les secteurs non marchands suite à un blocage de deux mois pour endiguer la propagation de la pandémie. Pendant ce temps, une pénurie de précipitations pendant la majeure partie de la saison agricole actuelle aura un impact sur la récolte de céréales, entraînant une contraction du PIB agricole.
    L’activité économique rebondira à mesure que l’économie mondiale sortira du choc pandémique, aidée par l’économie diversifiée du Maroc et les plans de développement et d’industrialisation en cours. Le PIB devrait croître de 6% en 2021, grâce à une normalisation des récoltes céréalières, à la reprise des projets d’infrastructure, à l’expansion continue de l’offre manufacturière et à la lente reprise du tourisme et du commerce mondiaux. L’incertitude entourant la propagation de la pandémie et la levée des mesures de confinement, au Maroc et dans le monde, constituent des risques à la baisse pour notre base de référence.
    Le choc économique devrait entraîner une détérioration de la qualité des actifs bancaires. Fitch considère que les coussins de fonds propres étaient serrés avant le choc, compte tenu des risques liés à la concentration relativement élevée du portefeuille de prêts et à l’expansion à l’étranger des banques nationales dans les pays où l’environnement opérationnel est plus faible. Le risque de tout besoin d’aide gouvernementale aux banques est quelque peu atténué par les initiatives réglementaires de Bank al-Maghrib (BAM) pour améliorer la couverture du capital et le suivi des risques liés aux actifs. L’amélioration de l’offre de liquidité et l’abstention réglementaire de la BAM devraient atténuer le risque de resserrement du crédit.
    La note «BBB-» du Maroc reflète également les facteurs de notation suivants:
    Les risques de financement externe et budgétaire sont contenus. Environ 75% de la dette extérieure générale du secteur public est due aux créanciers officiels, ce qui limite les risques de refinancement et les coûts du service de la dette. Bien que la part de la dette en monnaie nationale dans la dette totale du GG tombera à 66% en 2021 contre 73% en 2019, elle restera élevée, réduisant les risques de change, tandis que la demande du grand secteur bancaire intérieur réduit les risques de roulement.
    L’élargissement de la bande de fluctuation du dirham en mars 2020 à +/- 5% autour d’un panier de devises inchangé comprenant l’euro (60%) et le dollar américain (40%) de +/- 2,5% précédemment soutiendra modestement la résilience externe. Le dirham s’est déprécié modérément en mars, mais est resté dans ses bandes flottantes bien que BAM n’intervienne pas sur les marchés des changes depuis mars 2018, reflétant une combinaison de l’amélioration de la liquidité du marché interbancaire, des restrictions de capital sur les investissements étrangers par les résidents et peut-être une certaine persuasion morale de la banque centrale . Nous ne prévoyons pas de nouveaux progrès dans la réforme des taux de change au cours des deux prochaines années et nous prévoyons que le plan du gouvernement de passer à un régime de flottement géré sera achevé au-delà de notre horizon de prévision actuel.
    Compte tenu des CAD plus larges et de la flexibilité du taux de change toujours limitée, les réserves de change seront réduites à environ 22,9 milliards de dollars fin 2020, contre 25,3 milliards de dollars fin 2019. Les réserves de change fourniront toujours une couverture confortable à la fois par rapport aux paiements en compte courant, à six mois (médiane «BBB»: 6,6 mois), et aux besoins cumulatifs bruts de financement extérieur du Maroc, que nous estimons à 22,8 milliards de dollars en 2020-2021, en supposant un roulement de la partie à court terme composée principalement de crédits commerciaux.
    Des indicateurs de gouvernance et de développement relativement faibles sont une contrainte majeure pour la notation. Les pressions exercées sur l’emploi et le pouvoir d’achat par le choc mondial actuel pourraient aggraver les tensions sociales persistantes, quoique contenues, au milieu d’un chômage toujours élevé, affectant en particulier les jeunes urbains. La stabilité politique a été préservée au Maroc au cours de la dernière décennie dans un contexte de crises récurrentes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, mais les tensions sociales ont provoqué des protestations récurrentes dans plusieurs provinces.
    ESG – Gouvernance: Le Maroc a un score de pertinence ESG (RS) de 5 pour la stabilité politique et les droits et pour l’État de droit, la qualité institutionnelle et réglementaire et le contrôle de la corruption, comme c’est le cas pour tous les souverains. Ces scores reflètent le poids élevé que les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale (WBGI) ont dans notre modèle propriétaire de notation souveraine. Le Maroc a un classement WBGI moyen au 41e centile et se situe en dessous des médianes des catégories de notation sur tous les piliers du WBGI.
    MODÈLE DE NOTATION SOUVERAIN (SRM) ET SUPERPOSITION QUALITATIVE (QO)
    Le SRM propriétaire de Fitch attribue au Maroc un score équivalent à une note de ‘BB +’ sur l’échelle IDR à long terme en devises étrangères (LT FC).
    Le comité de notation souveraine de Fitch a ajusté la sortie du SRM pour arriver à l’IDR LT FC final en appliquant son QO, par rapport aux pairs notés, comme suit:
    – Performances macroéconomiques, politiques et perspectives: +1 cran, reflétant le bilan du Maroc en matière de politiques économiques prudentes, qui sous-tend la stabilité macroéconomique. Ces dernières années, les autorités ont réalisé des progrès importants dans la mise à niveau du cadre de la politique macroéconomique.
    NOTER LES SENSIBILITÉS
    Les principaux facteurs qui peuvent, individuellement ou collectivement, conduire à une action / déclassement de notation négative sont:
    -Des preuves que le choc lié à la pandémie a considérablement affaibli les positions budgétaire et extérieure, conformément à l’augmentation continue de la dette publique et de la dette extérieure nette;
    – Évolution de la sécurité ou instabilité sociale affectant les performances macroéconomiques ou entraînant des dérapages budgétaires importants.
    Les principaux facteurs qui peuvent, individuellement ou collectivement, conduire à une action / mise à niveau de notation positive sont:
    – Impact plus faible que prévu du choc des coronavirus sur l’économie marocaine et preuve que les ratios des administrations publiques et de la dette extérieure nette se stabiliseront en dessous de nos projections actuelles.
    MEILLEUR / PIRE SCÉNARIO D’ÉVALUATION DE CAS
    Les notations de crédit à l’échelle internationale des émetteurs de Finances publiques ont un scénario de mise à niveau de la notation dans le meilleur des cas (défini comme le 99e centile des transitions de notation, mesuré dans une direction positive) de trois crans sur un horizon de notation de trois ans; et un scénario de dégradation de la notation dans le pire des cas (défini comme le 99e centile des transitions de notation, mesuré dans une direction négative) de trois crans sur trois ans. La gamme complète des cotes de crédit du meilleur et du pire des scénarios pour toutes les catégories de notation va de «AAA» à «D». Les cotes de crédit selon le meilleur et le pire des cas sont fondées sur la performance historique. Pour plus d’informations sur la méthodologie utilisée pour déterminer les cotes de crédit des meilleurs et des pires scénarios spécifiques au secteur, visitez https://www.fitchratings.com/site/re/10111579.
    HYPOTHÈSES CLÉS
    Nous nous attendons à ce que les tendances économiques mondiales se développent, comme indiqué dans les Perspectives économiques mondiales de Fitch publiées le 23 avril 2020. Nous prévoyons que les prix du pétrole Brent atteindront en moyenne 35 USD / baril en 2020 et 45 USD / baril en 2021. Nous prévoyons que le PIB de la zone euro se contractera de 7% en 2020 en 2020 et remonter à 4,3% en 2021.
    RÉFÉRENCES POUR UNE SOURCE SUBSTANTIELLEMENT MATÉRIELLE CITÉE COMME MOTEUR CLÉ DE LA NOTATION
    Les principales sources d’informations utilisées dans l’analyse sont décrites dans les critères applicables.
    Le Maroc ne publie pas de données budgétaires consolidées sur la base des administrations publiques. Cependant, Fitch est en mesure de produire ses propres estimations pour les principales mesures budgétaires du GG sur la base des données fournies par les autorités ainsi que des données accessibles au public sur les entités budgétaires non gouvernementales. Cette approche est globalement cohérente et comparable aux données utilisées pour les autres souverains, fournissant suffisamment d’informations pour maintenir la notation. Le gouvernement travaille à l’élargissement de la couverture des données budgétaires, avec l’assistance technique du FMI et prévoit de publier des données budgétaires consolidées du GG à court terme.
    CONSIDÉRATIONS ESG
    Le Maroc a un score de pertinence ESG de «5» pour la stabilité politique et les droits car les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale ont le poids le plus élevé dans le modèle de notation souveraine de Fitch; Le Maroc se classe en dessous de ses pairs «BBB» sur les indicateurs de gouvernance et les écarts de chômage et de développement sont une source de tensions sociales; ceci est très pertinent pour la notation et un facteur clé de la notation avec un poids élevé.
    Le Maroc a un score de pertinence ESG de «5» pour l’état de droit, la qualité institutionnelle et réglementaire et le contrôle de la corruption, car les indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale ont le poids le plus élevé dans le modèle de notation souveraine de Fitch; ceci est très pertinent pour la notation et un facteur clé de la notation avec un poids élevé.
    Le Maroc a un score de pertinence ESG de ‘4’ sur les droits de l’homme et les libertés politiques, car le pilier de la voix et de la responsabilité des indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale est pertinent pour la notation et un moteur de notation.
    Le Maroc a un score de pertinence ESG de «4» pour les droits des créanciers car la volonté de servir et de rembourser la dette est pertinente pour la notation et un moteur de notation pour le Maroc, comme pour tous les souverains.
    À l’exception des questions discutées ci-dessus, le niveau le plus élevé de pertinence ESG pour le crédit, s’il est présent, est un score de 3. Cela signifie que les problèmes ESG sont neutres en termes de crédit ou n’ont qu’un impact de crédit minimal sur l’entité ou les entités, soit en raison de leur nature ou à la manière dont elles sont gérées par la ou les entités. Pour plus d’informations sur les scores de pertinence ESG de Fitch, visitez www.fitchratings.com/esg.
    Source : Fitch Ratings

    (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, économie, pandémie, coronavirus, covid-19, ratings, Fitch, classification, 

  • Trump à MBS: « Coupez la production ou perdez le soutien militaire US »

    Alors que les États-Unis mettaient sous pression l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.
    « Lors d’une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.
    La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n’a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l’offre de pétrole alors que la demande s’effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.
    Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l’annonce de coupes dans la production du pétrole.

    Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.
    Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l’industrie pétrolière américaine d’une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.
    Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu’il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d’approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l’essence. Maintenant, Trump demande à l’OPEP de réduire la production.
    Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L’officiel a résumé l’argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »
    Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d’Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n’ai pas eu à le lui dire… Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »
    Interrogé sur ce qu’il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l’ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.
    Le bureau de presse du gouvernement saoudien n’a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l’accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l’OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.
    « L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.

    Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.
    Le soutien à cette mesure a pris de l’ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l’approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d’approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d’approvisionnement de l’OPEP.
    Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu’il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.
    Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l’Arabie saoudite qu’il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».
    Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole saoudiennes.
    Aujourd’hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.

    Source : Press TV, 1 mai 2020
    Tags : Arabie Saoudite, Pétrole, Etats-Unis, OPEP, Russie, Donald Trump, pandémie, coronavirus, covid-19, production, MBS,
  • Trump à MBS: "Coupez la production ou perdez le soutien militaire US"

    Alors que les États-Unis mettaient sous pression l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à sa guerre des prix du pétrole avec la Russie, le président Donald Trump a lancé un ultimatum aux dirigeants saoudiens.
    « Lors d’une conversation téléphonique, le 2 avril, Donald Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qu’au cas où l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commencerait pas à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi autorisant le retrait des troupes américaines du royaume », ont déclaré à Reuters quatre sources proches du dossier.
    La menace de renverser une alliance stratégique de 75 ans qui n’a pas été signalée auparavant, était au cœur de la campagne de pression américaine qui a conduit à un accord mondial historique pour réduire l’offre de pétrole alors que la demande s’effondrait sur fond de la pandémie de coronavirus.
    Donald Trump a transmis le message au prince héritier saoudien dix jours avant l’annonce de coupes dans la production du pétrole.

    Pris de court par cette menace, le chef de facto du royaume a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin de poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.
    Cet effort a illustré le fort désir de Donald Trump de protéger l’industrie pétrolière américaine d’une chute des prix historique alors que les gouvernements fermaient leurs frontières au monde entier pour lutter contre le coronavirus.
    Cela reflétait également un renversement révélateur des critiques de longue date de Trump contre le cartel qu’il a critiqué pour avoir augmenté les coûts énergétiques des Américains avec des coupures d’approvisionnement qui entraînent généralement une hausse des prix de l’essence. Maintenant, Trump demande à l’OPEP de réduire la production.
    Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que sans une réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines de l’Arabie saoudite ». L’officiel a résumé l’argument, avancé par divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens: « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »
    Reuters a interrogé le président américain sur les pourparlers, dans une interview mercredi soir à la Maison-Blanche au cours de laquelle il a abordé un éventail de sujets concernant la pandémie. Lorsqu’on lui a demandé s’il avait dit au prince héritier que les États-Unis pourraient retirer leurs troupes d’Arabie saoudite, Trump a répondu: « Je n’ai pas eu à le lui dire… Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine, étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis cela s’est produit. »
    Interrogé sur ce qu’il a dit au prince héritier Mohammed ben Salmane, Trump a déclaré: « Ils avaient du mal à conclure un accord. Et je l’ai contacté par téléphone et nous avons pu conclure un accord » pour des réductions de production.
    Le bureau de presse du gouvernement saoudien n’a pas répondu à une demande de commentaires. Un responsable saoudien qui a préféré rester anonyme a souligné que l’accord représentait la volonté de tous les pays de l’OPEP + qui comprend l’OPEP plus une coalition dirigée par la Russie.
    « L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord de l’OPEP + sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui y ont pris part, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le responsable saoudien qui a toutefois refusé de commenter les discussions entre les dirigeants américains et saoudiens.

    Une semaine avant la conversation téléphonique entre Donald Trump et Mohammed ben Salmane, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan avaient déposé une loi visant à retirer toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissile du royaume à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.
    Le soutien à cette mesure a pris de l’ampleur au milieu de la colère du Congrès face à la guerre des prix du pétrole saoudienne. Le royaume avait ouvert les robinets en avril, déclenchant un flot de brut dans l’approvisionnement mondial après que la Russie ait refusé d’approfondir les réductions de production conformément à un précédent pacte d’approvisionnement de l’OPEP.
    Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à Reuters qu’il avait parlé à Trump de la législation visant à retirer la protection militaire américaine à l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle le prince héritier saoudien.
    Interrogé pour savoir si Donald Trump a dit à l’Arabie saoudite qu’il pourrait perdre le soutien militaire américain, le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris « notre soutien à leurs besoins de défense ».
    Le partenariat stratégique saoudo-américain remonte à 1945, lorsque le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoul à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine. Ils ont conclu un accord : la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole saoudiennes.
    Aujourd’hui, les États-Unis ont environ trois mille soldats dans le pays et la cinquième flotte de la Marine américaine protège les exportations de pétrole de la région.

    Source : Press TV, 1 mai 2020
    Tags : Arabie Saoudite, Pétrole, Etats-Unis, OPEP, Russie, Donald Trump, pandémie, coronavirus, covid-19, production, MBS,