Étiquette : deal du siècle

  • Palestine : Le deal de toutes les prédations

    Trois grands conflits en Afrique et au Moyen Orient ont jeté un voile sur un vieux problème que l’humanité traîne depuis plus de 70 ans. En effet, le Mali, la Libye et la Syrie vers où convergent les inquiétudes des Occidentaux, des Africains et des Arabes, ont relégué au second plan la question de décolonisation en Palestine. La récente sortie de Trump avec son «deal du siècle» renseigne, si besoin, des conséquences de l’absence de vigilance sur le dossier palestinien.

    Certes, les deux époques sont différentes, l’origine des conflits également, mais l’on constate dans les deux cas une volonté occidentale de maintenir la plaie ouverte. Les Britanniques, les Français et les Américains, le trio de pays qui n’ont pas hésité à attaquer l’Egypte de Nasser en 1956, pour sauver Israël, pousser ces dernières années les pays du monde à entrer dans un conflit international et ouvert contre la Syrie. Un seul objectif sous-tend cette attitude guerrière: fragiliser au maximum le pays-cible pour le rendre dépendant de leur volonté et l’offrir à Israël, dont le rêve de contrôler le monde arabe, n’a jamais été aussi près d’être réalisé.

    Dans ce monde arabe, il y a également l’Algérie. Après l’échec de l’anéantissement de cette grande Nation, le même trio milite «secrètement» pour allumer la mèche d’un autre conflit aux conséquences insoupçonnables aux frontières sud et est du pays. Pareille perspective n’anéantira certainement pas l’Algérie, mais risque de l’affaiblir au sens où elle aura, en tant que puissance régionale, à gérer une situation inextricable où des dizaines de pays impliqués dans la guerre, voudraient tirer profit de la situation.

    Le but des Occidentaux à travers l’internationalisation des conflits libyen, syrien et malien, est sans doute de créer des foyers de tension permanents qui viendraient s’ajouter à la question palestinienne. Cela reléguera aux calendes grecques le règlement d’une des plus importantes et légitimes revendications de l’humanité depuis l’imposition par les pays du tiers-monde du principe de l’autodétermination.

    Il est vrai que ces conflits arrangent deux alliés objectifs de l’Occident: Israël. Le printemps arabe et Daech ont complètement occulté les souffrances du peuple palestinien encore sous le joug de l’occupation. Comme quoi les «Révolutions» et le terrorisme servent les pouvoirs les plus injustes de la planète.

    Par Nabil G.

    Ouest Tribune, 12 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, deal du siècle, autodétermination, Proche Orient, monde arabe, terrorisme, Daech, printemps arabe,

  • Maroc-Palestine : Mohammed VI tente de se rattraper

    Barack Obama a proposé au Maroc de jouer un premier rôle dans le rapprochement entre Israël et le Monde Arabe. Les événements du Printemps Arabe ont réduit la marge de manœuvre des autorités marocaines et le Rabat s’accommodait du statu quo au Sahara Occidental.

    L’arrivée de Donald Trump a bousculé la situation en faisant pression sur les parties et en menaçant d’arrêter le financement de la MINURSO. Pour en sortir, Mohammed VI remémore la proposition d’Obama et concocte un plan en vue de duper le président américain en lui faisant croire qu’il serait prêt à établir des relations officielles avec l’État hébreu. Il fait appel à son ami Netanyahu en vue de mobiliser le lobby juif aux Etats-Unis.

    Netanyahu pense que Trump partage avec lui une situation de vulnérabilité. Le premier n’arrive pas à former un gouvernement et le deuxième était menacée de destitution par le Sénat. Sans oublier que Mohammed VI aussi est acculé par le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Netanyahu profite d’une rencontre au Portugal avec Pompeo et lui fait savoir que le Maroc serait prêt à reconnaître l’État d’Israël en échange d’un coup d’aide dans l’épineux dossier du Sahara Occidental. Selon certaines sources, il suffit de l’ouverture d’un consulat américain à El Aaiun. Le refus de Pompeo de s’engager dans cette entreprise est évident puisque le roi du Maroc a annulé, à la dernière minute, un dîner prévu avec le responsable américain. Quelques jours plus tard, des officiels de Département d’État ont fait savoir que cette question n’était pas dans l’agenda du Maroc.

    La tentative a laissé un goût de trahison à la cause palestinienne de la part d’un souverain arabe autoproclamé Commandeur des Croyants et président du Comité Al-Qods, de surcroît, à un moment où la position de l’Algérie et la Tunisie a été salué par l’opinion publique arabe.

    Acculé par la réalité des faits et pour sauver la face, Mohammed VI ordonne à son ministre des affaires étrangères de se rendre à Ramallah et l’organisation d’une manifestation gigantesque pour manifester sa solidarité avec le peuple palestinien qu’il voulait vendre aux yankees.

    Tags : Maroc, Palestine, Sahara Occidental, Benjamine Netanyahou, deal du siècle, Donald Trump,

  • Le « plan de paix » de Trump assigne aux Palestiniens un rôle d’esclaves sécuritaires

    Des lignes directes peuvent être observées entre « le Deal du siècle », les accords d’Oslo et leur mise en œuvre frauduleuse, qui a conduit à la création d’enclaves palestiniennes distinctes.

    La métaphore humiliante – mais juste – de l’Autorité palestinienne en tant que « sous-traitant » des agences de sécurité israéliennes est révolue. Maintenant, elle doit laisser place à celle de « l’esclave de la sécurité d’Israël » : c’est ce que le plan nommé d’après Donald Trump exige du pseudo-Etat palestinien.

    « Le Deal du siècle » piège les dirigeants palestiniens dans les sections sur la « sécurité », simplement parce qu’elles sont basées sur la logique de la coordination de la sécurité avec Israël à laquelle les dirigeants de l’Autorité Palestinienne (AP), notamment le Président Mahmoud Abbas, ont adhéré pendant de nombreuses années, et ce ouvertement.

    Les dirigeants de l’AP ont justifié cela comme une mesure vitale pour progresser vers un État indépendant, sur la base de leur interprétation naïvement positive des accords d’Oslo au début et d’un raisonnement sans fondement plus tard. Cette persévérance est précisément ce qui a permis aux hauts responsables du Fatah et à leurs associés de devenir une nomenklatura (une classe restreinte qui lègue son statut dominant et ses privilèges à ses enfants) et de mener une vie confortable – dans certains cas avec ostentation – sous la botte israélienne et avec le patronage d’Israël.

    Mises à part les tactiques diplomatiques habituelles et les critiques envers les institutions des États arabes, musulmans et neutres, cette nomenklatura n’a pas de plan solide en réserve contre les dangers immédiats et à long terme du plan Trump. Les services de sécurité palestiniens ont été formés pour opérer contre leur propre peuple, pas pour le défendre contre les attaques des colons ou les raids nocturnes de l’armée. Même si c’est une société qui n’est pas très forte pour garder les secrets, il est difficile d’obtenir beaucoup d’informations des Palestiniens sur les détails de la coopération sécuritaire entre l’AP et Israël (rappelons que le Hamas a accusé l’AP d’aider Israël à assassiner les cadres de la Résistance), mais le désir de l’establishment sécuritaire israélien de la préserver montre à quel point il l’apprécie.

    La nomenklatura et la coordination sur les questions de sécurité vont de pair et sont interdépendantes. La nomenklatura s’est tellement habituée à son style de vie qu’il est difficile d’imaginer qu’elle y renonce. Et même si elle essayait de le faire, il est difficile de voir comment elle pourrait regagner la confiance de la population palestinienne – qui a maintenant été complètement brisée –, même si Abbas a ordonné l’arrêt de toute coopération en matière de sécurité aujourd’hui. Et le fait même qu’il soit sincère est loin d’être une certitude. Dans les cercles de sécurité israéliens, qui sont en contact constant avec les Palestiniens, le sentiment est qu’il ne fera rien de tel, et que ce ne sont que de vaines rodomontades.

    Rétablir la confiance du public palestinien dans son leadership revient à passer de la « coordination sur les questions de sécurité » à un plan de « rébellion civile non armée » (semblable à ce qui a été proposé il y a quelques années par Qadura Fares, membre du Fatah poussé à la marge par Abbas). Il est également essentiel de rétablir cette confiance pour espérer mettre un terme aux appels à la lutte armée qui couvent dans des organisations comme le Hamas, le Jihad Islamique et le Front populaire de libération de la Palestine, ainsi que parmi les partisans du Fatah et la jeunesse.

    Les dirigeants palestiniens qui veulent bloquer le plan Trump doivent convaincre leur peuple qu’il ne doit pas se contenter d’une réponse pavlovienne d’attaques armées contre des Israéliens (armés et non armés). Après tout, l’expérience des 20 dernières années montre que les actions armées facilitent simplement la poursuite des saisies de terres colonialistes par Israël et affaiblissent le peuple dépossédé.*

    Mais lorsque les gens sont frustrés, désespérés et sceptiques quant aux motivations de leurs dirigeants, il est plus facile pour quelques individus de déclencher une bombe près d’une source que les colons ont l’intention de voler aux Palestiniens que de conduire 20 000 personnes à des pique-niques de masse tous les vendredis près des sources des villages palestiniens que les colonies ont accaparé – avec l’aide de l’administration civile israélienne.

    Méthodes dictatoriales

    En tant qu’ « esclave de la sécurité » d’Israël, la future entité palestinienne est également obligée par le plan Trump d’instituer le type d’oppression dictatoriale familière dans certains États arabes. Selon la section très détaillée sur la sécurité, lors des négociations que le plan prévoit de mener entre Israël et les Palestiniens, « les parties, en consultation avec les États-Unis, s’efforceront de créer des mesures initiales acceptables concernant des critères de sécurité acceptables pour l’État d’Israël et en aucun cas moins rigoureux que les paramètres utilisés par le Royaume hachémite de Jordanie ou la République arabe d’Égypte (selon ceux qui sont les plus stricts). »

    Certaines de ces méthodes dictatoriales sont déjà utilisées en Cisjordanie et à Gaza. Elles ne garantissent pas tant la sécurité que le statut privilégié des nomenklaturas (y compris celle du Hamas).

    Le récit trompeur d’Israël est visible dans à ligne du plan. Si le plan parvenait un jour sur une autre planète, les lecteurs y concluraient qu’Israël est un pays faible et persécuté qui a la chance d’avoir la protection de la plus grande superpuissance morale du monde, tandis que les Palestiniens seraient à l’origine de tous les problèmes (d’accord, l’Iran aussi), et qu’ils concoctent sans relâche des complots terroristes sans aucune raison. Les lecteurs extra-Terrestres concluraient également que les Palestiniens ont beaucoup d’armes dangereuses et sophistiquées pour menacer le petit Israël sans défense et malheureux.

    Le plan, bien sûr, ne reconnaît pas l’existence de l’occupation, sans parler de la nature colonialiste de l’État d’Israël qui a dépossédé le peuple palestinien de sa patrie.

    Mais le plan des exigences de sécurité imposées aux Palestiniens – un plan qui est tellement direct et explicite que cela en devient écœurant – ne reflète pas seulement la « vision » de droite de Benjamin Netanyahou. Il est naïvement erroné de considérer le soutien de Benny Gantz et d’Ehud Barak au plan comme rien d’autre qu’une manœuvre électorale. Comme Barak l’a dit dans Haaretz, le plan « satisfait tous les besoins de sécurité d’Israël ».

    Comme son prédécesseur Yitzhak Rabin (qui s’attendait à ce que l’AP ne soit pas entravée par la Haute Cour et le groupe de défense des droits B’Tselem), Barak a également exprimé son espoir ou son attente, à la fin des années 90, que les dirigeants palestiniens sauraient opprimer efficacement leur propre peuple. Le soutien de Gantz et Barak au projet de Trump est authentique : l’annexe sur la sécurité du plan Trump reflète ce à quoi plusieurs générations de responsables de la sécurité israéliens – qui sont également devenus des dirigeants politiques civils – ont œuvré.

    Rabin et Peres ne soutenaient pas le droit palestinien à l’autodétermination au point de devenir un État indépendant. Le deuxième paragraphe du plan Trump, intitulé « Oslo », rappelle que Rabin « envisageait que Jérusalem demeure unie sous la domination israélienne, avec l’incorporation à Israël des parties de la Cisjordanie ayant de grandes populations juives et de la vallée du Jourdain ; le reste la Cisjordanie, avec Gaza, deviendrait soumise à l’autonomie civile palestinienne dans ce qui serait, selon ses mots, ‘moins qu’un État’. La vision de Rabin était la base sur laquelle la Knesset a approuvé les accords d’Oslo, et elle n’a pas été rejetée par la direction palestinienne à l’époque. » Ici, l’auteur du plan Trump dit la vérité.

    Contrairement à la légende, les accords d’Oslo n’ont pas fait d’un « Etat » le point final des étapes graduelles du plan. Le mot « occupation » n’était pas non plus mentionné dans les documents de « paix » de Peres et Rabin.

    En fait, dans la lettre humiliante que Yasser Arafat a été contraint d’écrire à Yitzhak Rabin (le 9 septembre 1993), il a promis que les Palestiniens renonceraient à l’usage « de la terreur et d’autres actions violentes » (propos se référant au soulèvement populaire de la première Intifada). C’est comme si la source du problème n’était pas la violence des armes et la bureaucratie du régime d’occupation israélien, mais plutôt la réponse palestinienne. En échange de cette humiliation, Rabin a déclaré qu’Israël reconnaissait l’OLP comme le représentant du peuple palestinien.

    La différence d’aujourd’hui est qu’il y a 27 ans, de nombreux partisans du Parti travailliste et du parti Meretz reconnaissaient le caractère dangereux et immoral de l’occupation et soutenaient la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Comme les Palestiniens, ils voulaient croire à la « dynamique » positive des accords d’Oslo et considéraient le document comme une marche vers un État palestinien authentique. Pendant trop longtemps, ils ont ignoré les nombreuses preuves contenues dans les accords et le processus de mise en œuvre, qui indiquaient on ne peut plus clairement que le contraire était vrai.

    Des conditions draconiennes

    Un élément de preuve était et reste la vallée du Jourdain. Le nombre de Palestiniens là-bas (environ 80 000, y compris à Jéricho) est à peu près le même qu’en 1967, après que des centaines de milliers de personnes ont fui et ont été expulsées pendant la guerre des six-Jours. En d’autres termes, les nombreuses étapes mises en œuvre par Israël pratiquement depuis le début, inspirées du plan Allon, ont atteint leur objectif et empêché que la communauté palestinienne se reconstitue.

    Ces mesures ont été mises en œuvre avant les accords d’Oslo et affinées par la suite : désigner de vastes régions comme zones de tir militaires ou réserves naturelles, bloquer l’accès aux terres agricoles près du Jourdain, saisir les sources d’eau et assécher les sources utilisées par les Palestiniens, harceler les bergers et les agriculteurs, confisquer et tuer les moutons, prononcer des interdictions de construire, empêcher les connexions aux réseaux d’eau et d’électricité, et souvent démolir les bâtiments résidentiels et les infrastructures.

    À tout cela, ces dernières années, s’est ajoutée la violence croissante des avant-postes de bergers israéliens (colonies sauvages) qui, avec l’aide de l’armée israélienne, chassent les Palestiniens de leurs terres. Peu de gens pourraient résister à ces conditions draconiennes, si bien que contrairement au reste de la Cisjordanie, le nombre de Palestiniens dans la vallée du Jourdain a en fait diminué.

    La vallée du Jourdain est riche en eau, et les forages israéliens y détournent une grande partie des réserves d’eau vers les colons et leur agriculture d’exportation intensive ; cela se fait au détriment de l’eau potable pour les Palestiniens et de leur agriculture. Mais malgré les incitations financières, les Israéliens ne sont pas très enclins à vivre dans la chaleur extrême de la vallée du Jourdain, de sorte que leur nombre là-bas (environ 11 000) n’a pas beaucoup augmenté non plus. L’annexion de la vallée du Jourdain au prétexte de considérations sécuritaires permettrait à Israël de détourner de grandes quantités d’eau – équivalant à près d’un tiers de la quantité consommée par tous les Palestiniens de Cisjordanie – au profit d’autres Israéliens.

    Bien qu’il s’agisse du plan Trump, « le Deal du siècle » n’est pas stupide. Il manifeste effectivement de l’ignorance et un mépris caractéristique pour les faits, il parle d’une manière néocolonialiste condescendante de la « croissance », rappelant les rapports des agences internationales de développement. Et cela montre beaucoup d’astuce – comme les déclarations soigneusement parsemées çà et là sur la façon dont il sera bon pour la Jordanie et toute la région qu’Israël contrôle la vallée du Jourdain et protège ainsi le royaume hachémite des éléments hostiles.

    Des lignes directes peuvent être observées entre le plan Trump et les accords d’Oslo et leur mise en œuvre frauduleuse, qui a conduit à la création d’enclaves palestiniennes dans l’immensité de

    la zone C de la Cisjordanie, et pour laquelle, avant même Trump, Israël avait promis de créer une « contiguïté des transports ». Pour exactement cette raison, ce serait une erreur de rejeter le plan de Trump comme une simple aide amicale à Netanyahou ou quelque chose de forcément voué à l’échec. Tout comme les accords d’Oslo, « le Deal du siècle » pourrait réussir précisément parce qu’il correspond si parfaitement au projet colonialiste israélien.

    NdT

    Je récuse ce paragraphe : la résistance armée est le seule voie pour libérer la Palestine, à condition d’être sérieuse et non un simple moyen d’obtenir des concessions ; la Résistance a échoué jusque-là car elle n’était pas exclusive, le Hamas aspirant à remplacer le Fatah dans son rôle de sous-traitant d’Israël ; le Hezbollah a montré la voie à suivre.

    Tlaxcala, 4 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, Donald Trump, Netanyahu, deal du siècle, Proche Orient,

  • «Transaction du siècle»: Les Palestiniens seuls contre tous

    par Ghania Oukazi

      La réunion extraordinaire que la Ligue arabe a tenue samedi dernier au Caire a confirmé, si besoin est, l’enlisement de ses pays membres dans des situations de dévoiement d’une question capitale de décolonisation.

    Tenue à la demande du président palestinien, Mahmoud Abbas, la réunion n’avait rien d’extraordinaire. Comme de tradition, elle s’est contentée de dénoncer et rejeter «la transaction du siècle», avec des paroles déjà exprimées à maintes reprises y compris quand les Palestiniens sont expropriés de leurs propres terres ou sont la proie d’un génocide. Le niveau de représentation des Etats-membres à cette réunion, – à commencer par celui de l’Algérie – montre déjà l’esprit de désengagement de leurs plus hautes autorités vis-à-vis de la question palestinienne. Désengagement qui éloigne tout espoir de voir la Ligue arabe empêcher l’entité sioniste de formaliser cette transaction du déni du droit de vivre du peuple palestinien. Pourtant, comme affirment des analystes politiques, la transaction ne concerne pas que les Palestiniens.

    Les administrations et lobbys américano-sionistes veulent solder cette cause et de là, hypothéquer jusqu’au droit d’existence libre et souverain de l’ensemble des peuples arabes et musulmans. Ce qui semble ne pas inquiéter outre mesure les souverains et chefs d’Etats arabes encore moins leur Ligue qui s’est contentée samedi dernier de prendre acte de «la transaction du siècle» présentée mardi dernier par le président américain. «Et cela est la (manière) la plus faible de la foi (Hadha adhaaf el Imane)», diraient les Musulmans. «On ne pourra pas parce qu’on n’a plus de leaders !», a lâché Abdelaziz Belkhadem en 2006, au lendemain de l’offensive armée menée par le Hezbollah contre l’armée israélienne, en réponse à une question sur la possibilité des Etats arabes de rééditer la guerre de 1973 contre Israël.

    L’imam de la grande mosquée d’Al-Azhar, Ahmed Al Tayeb, a pour sa part résumé avant la tenue de la réunion de samedi dernier, la situation dans laquelle évolue le monde arabe et musulman. «Nous n’avons plus d’identité (…) en tant qu’Arabes et musulmans. Nous ne sommes plus rien (…). Je me suis senti terriblement déshonoré quand j’ai vu (Donald) Trump avec (le Premier ministre) israélien (…), ce sont eux qui prévoient, discutent, décident et résolvent nos problèmes. Il n’y a aucun Arabe ou musulman».

    L’embargo éternel sur Ghaza

    Préparés dans des laboratoires étrangers, «les printemps arabes» ont été un moyen efficace pour détourner du conflit israélo-arabe ce monde dont parle l’imam, qui s’étale de Kaboul à Tanger. Le déclassement du problème palestinien d’une cause de décolonisation vers une autre humanitaire a été en même temps mené avec doigté par l’administration américaine dont le dédale est «habité» par les Juifs les plus sionistes. Ghaza est mise ainsi par Tel-Aviv sous un embargo éternel. Les bombardements et raids aériens israéliens continus contre les civils palestiniens et leurs habitations dans cette région damnée n’ont jamais fait bouger les consciences de la communauté internationale. D’ailleurs elle refuse de s’attarder sur les crimes israéliens contre l’humanité et soutient seulement les aides en médicaments et en couvertures au profit des rescapés de ce génocide des temps modernes.

    Donald Trump l’a clairement démontré en s’appuyant sur les plus durs d’entre ces sionistes pour élaborer un projet de «solution» qui efface la Palestine de la carte du monde. Il fut un temps où les pays qui ont constitué le front de fermeté ou du refus finançaient les mouvements révolutionnaires palestiniens et les équipaient en armement pour se battre contre l’entité sioniste. L’Algérie, la Syrie, l’Irak, la Libye et le Yémen ont réalisé à eux seuls des prouesses dans ce sens auxquelles tous les Etats arabes réunis n’ont jamais osé y penser. Aujourd’hui, seule l’Algérie se bat contre les nombreuses tentatives de déstabilisation qui lui sont fomentées ici et ailleurs par des officines animées par un esprit colonialiste morbide. Les quatre autres pays vivent au rythme des bombardements d’armées occidentales conventionnelles ou menés par procuration par d’autres non conventionnelles de mercenaires et de groupes terroristes. Ce sont malheureusement les quelques rares pays qui pensent que l’indépendance de la Palestine ne peut être réalisée que par la reprise de l’action armée par les fidaïyine. «A la guerre comme à la guerre» soutiennent certains de leurs hauts responsables qui affirment que l’humiliation la plus dure qu’Israël subit quotidiennement en Palestine occupée, est celui de tourner ses chars, ses gaz chimiques, son arsenal militaire sophistiqué vers des enfants palestiniens avec comme seul moyen de défense une pierre dans la main.

    L’Iran reste dans ce désordre géopolitique programmé le pays le moins vulnérable malgré les longues années d’embargo américain et les assassinats de ses meilleurs scientifiques et de ses dirigeants militaires et politiques.

    Acquittement de Trump par le Congrès ?

    L’assassinat le mois dernier de son stratège en opérations armées au Moyen-Orient, entre autres contre la colonisation américaine de l’Irak, le général Qassam Souleimani, près de l’aéroport de Baghdad, s’il a amputé l’armée iranienne de l’un de ses plus brillants éléments, il a rapproché les Iraniens de leurs autorités politiques et religieuses après les escarmouches qui les ont opposées en raison de la complication des problèmes économiques et sociaux.

    Les Iraniens ont juré vengeance et quelques jours après, ils ont lancé des missiles à partir de leur pays, qui ont pu atteindre deux bases militaires américaines en Irak. Au regard des vidéos qui circulent sur la toile faisant état de nombreux dégâts humains et matériels au niveau des troupes américaines, il semble que les deux pays se sont entendus pour affirmer que l’attaque iranienne n’a pas fait de morts américains. Les Etats-Unis restent aussi évasifs sur le crash, il y a quelques jours, d’un avion américain en Afghanistan transportant l’un des membres de la CIA qui a programmé l’assassinat de Souleimani en Irak.

    Les nombreuses manifestations des milliers d’Irakiens pour faire sortir les Américains de leur pays s’ajoutent aux multiples affronts que les Etats-Unis ne cessent d’essuyer pratiquement à travers toute la planète. En parallèle, il serait en principe vain de penser que le Congrès pourrait aller jusqu’à prononcer l’empeachment contre Donald Trump comme voulu par les Démocrates pour cause d’un «Ukraingate» version revue et corrigée au rabais de l’affaire du Watergate qui a elle aussi poussé à l’ouverture par le Congrès d’un procès de destitution contre Richard Nixon élu président des Etats-Unis en 1973. A ne pas confondre entre les deux personnages, Trump et Nixon, ou comparer entre eux en raison d’un cursus et d’un quotient intellectuel qui ont fait de Nixon un homme d’Etat et l’ont poussé à démissionner en 1974 et de Trump un homme d’affaires après avoir été de divertissements télévisuels. Son acquittement par le Congrès, après le forcing des Républicains pour sa destitution, devrait intervenir dans les jours à venir.

    Le Quotidien d’Oran, 4 fév 2020

    Tags : Palestine, Etats-Unis, Israël, deal du siècle, Proche Orient,