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  • 1980 : quand l’Occident soutenait Saddam …

    La guerre a duré huit ans et a fait près d’un million de morts. À l’époque, le président irakien était soutenu par les États-Unis, la France et les pays du Golfe, y compris lorsqu’il a utilisé l’arme chimique de masse.

    Lorsque, le 22 septembre 1980, les troupes irakiennes franchissent la frontière et envahissent l’Iran, Saddam Hussein est persuadé que l’offensive sera de courte durée, que son voisin se pliera à ses volontés. Très mauvais calcul du président de la République d’Irak. C’est bien une guerre qu’il déclenche ce jour-là. Elle durera huit ans, jusqu’en août 1988, et fera près d’un million de morts. Une véritable hécatombe pour un affrontement qui n’est pas sans rappeler la Première Guerre mondiale. Les deux armées face à face sont importantes. Des tranchées sont creusées. Des assauts lancés pendant lesquels les hommes, dans chaque camp, sont fauchés, vague après vague. Parmi les photographes qui ont documenté ce conflit, le travail d’ Alfred Yaghobzadeh est sans doute l’un des plus poignants parce que d’une terrible humanité. Des images qui en disent beaucoup plus que les mots.

    Qu’est-ce qui a déclenché ce conflit ? Pourquoi à ce moment-là ? Quelles sont les puissances réellement impliquées ? Pour tenter de comprendre, quarante après, il convient d’abord de revenir à l’un des épisodes des relations entre l’Iran et l’Irak : la signature des accords d’Alger, le 6 mars 1975. Les tensions entre les deux pays concernaient essentiellement, à cette époque, le Chatt-el-Arab, fleuve formé par la jonction du Tigre et de l’Euphrate. Pour Bagdad, il constitue le seul accès à la mer et il est vital. Mais il l’est tout autant pour Téhéran, qui possède une raffinerie (Abadan) et un port (Khoramshahr) sur les bords du Chatt. De plus, nombre de puits de pétrole iraniens se trouvent à proximité. Par les accords d’Alger, l’Irak reconnaissait une partie de la souveraineté de l’Iran sur le Chatt et obtenait en échange l’arrêt de l’aide iranienne aux Kurdes.

    En 1978, tout commence à basculer. Saddam Hussein, jusque-là vice-président, devient le numéro 1 du régime baassiste et amplifie la répression contre le clergé chiite. En 1979, la révolution iranienne et la chute du shah rebattent les cartes dans la région. Saddam craint une révolte des chiites en Irak, où ils sont majoritaires, alors que les pays occidentaux voient d’un très mauvais œil cette révolution qui pourrait se répandre comme une traînée de poudre dans l’ensemble du Moyen-Orient et remettre en cause leurs intérêts. L’imam Khomeini annonçant même : « Nous exporterons notre révolution dans le monde entier. »

    Aux yeux de Saddam, l’heure est à l’offensive. Le shah, qui l’a humilié en le forçant à signer les accords d’Alger, est parti. Quant à l’Iran, il semble affaibli. Le moment semble opportun pour mettre la main sur la province iranienne du Khuzestan, riche en pétrole et peuplée surtout de populations arabes. Le 17 septembre 1980, il abroge unilatéralement les accords d’Alger. Cinq jours plus tard, il lance son offensive, qu’il présentait alors comme la « Qâdisiyya de Saddam ». Une référence à la victoire, en 636, des armées musulmanes sur la Perse, qu’elles voulaient convertir à l’islam.

    Si, les premiers jours, tout se passa comme prévu – l’armée irakienne rencontrant peu de résistance et se positionnant sur les principaux axes de la province, notamment dans la montagne Zagros –, la guerre s’est vite s’enlisée. Saddam Hussein est pourtant adoubé tant par les États-Unis (qui trouvent là un moyen de punir ce pays retenant en otage des ressortissants américains), la France et le Royaume-Uni, que par les pétromonarchies du Golfe qui voient en lui le rempart contre l’Iran.

    Les livraisons d’armes s’enchaînent, y compris les armes chimiques qui seront utilisées pour gazer les Kurdes à Halabja (nord-est de l’Irak), faisant près de 5 000 morts civils, en mars 1988, soit six mois avant la fin de cette guerre. Celle-ci aurait sans doute pu se poursuivre plusieurs années encore, si les bombardements réciproques sur les raffineries et l’interception de pétroliers dans le Golfe persique n’avaient fait craindre une crise énergétique de grande ampleur. Le Conseil de sécurité de l’ONU vote la résolution 598, le 20 juillet 1987, mais le cessez-le-feu décidé est refusé par l’Iran. Celui-ci comprend qu’il est en train de jouer ses dernières cartes, avant de négocier un véritable arrêt de la guerre. Le cessez-le-feu prend effet le 8 août 1988 et les combats cessent le 20 août.

    Il n’y eut ni vainqueur, ni vaincu. Mais les deux pays en sont sortis exsangues et les peuples endeuillés, meurtris. Saddam Hussein pensait que son statut de leader régional était approuvé par les pays occidentaux et du Golfe. Il allait déchanter moins de trois ans plus tard. Après avoir envahi le Koweït, il en a été délogé par ses anciens amis. Le début de la chute, qui s’est terminée en 2003 avec son éviction. Aujourd’hui, à Bagdad, règnent ainsi beaucoup de ses opposants qui se trouvaient à Téhéran pendant la guerre…

    Source : Decryptnewsonline

    Tags : Armement, Économie, sécurité, sanctions, négociations, islam, iran, international, guerre, défense, dictature, Politique, géopolitique, Saddam Hossein, Occident,

  • La Turquie utilisera les systèmes S-400 en cas d’attaque – Erdogan

    Le président turc a réitéré les projets d’Ankara concernant la production en commun des systèmes S-400

    ANKARA, 10 juillet. / TASS /. La Turquie envisage d’utiliser les systèmes de missiles S-400 fabriqués en Russie si le pays est attaqué, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan à son retour de Bosnie-Herzégovine.

    « Certains se demandent pourquoi nous achetons [les systèmes S-400] et faisons un tel investissement. Si le besoin s’en fait sentir, nous aurons le droit de les utiliser. Si quelqu’un nous attaque, nous utiliserons ces systèmes de défense antiaérienne. C’est pourquoi nous faisons un tel investissement « , a déclaré Erdogan, cité par le journal Hurriyet.

    Erdogan a réitéré les plans d’Ankara concernant la production en commun des systèmes S-400. « En ce qui concerne la production en commun, nous n’avons aucun problème avec la Russie. Au tout début de nos discussions avec le président Poutine, nous sommes parvenus à un accord à ce sujet. J’espère que nous lancerons une production en commun, il n’ya pas de problèmes en ce moment. » Cependant, ceux qui veulent que nous abandonnions l’achat du S-400 continuent de faire des spéculations « , a souligné le président turc.

    Dans le même temps, le porte-parole du président russe, Dmitry Peskov, a déclaré le 29 juin que le contrat pour la livraison des systèmes S-400 à la Turquie prévoyait un transfert partiel de technologie.

    Le marché des S-400

    Les premières nouvelles concernant les pourparlers russo-turcs sur la livraison des systèmes S-400 ont eu lieu en novembre 2016. En septembre 2017, Erdogan a annoncé qu’Ankara avait signé un contrat avec Moscou pour l’achat des systèmes S-400 et effectué un paiement anticipé. Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a déclaré plus tard qu’Ankara commencerait le déploiement des systèmes S-400 en octobre 2019. Sergueï Chemezov, de la société d’État russe Rostec, a déclaré en décembre 2017 que l’accord valait 2,5 milliards de dollars.

    Pendant ce temps, les États-Unis continuent leurs tentatives d’empêcher la Turquie d’acheter les systèmes de missiles russes. Washington a déclaré qu’il exclurait Ankara du programme des F-35 si la Turquie achetait les systèmes S-400.

    Le S-400 Triumf (nom de l’OTAN: SA-21 Growler) est le système de missile anti-aérien à longue portée le plus avancé mis en service en 2007. Il est conçu pour détruire les missiles d’avions, de croisière et balistiques, y compris ceux de portée moyenne, et peut également être utilisé contre des objectifs au sol. Le système S-400 peut engager des cibles à une distance de 400 km et à une altitude allant jusqu’à 35 km.

    Source : TASS

    Tags : S-400, missiles, défense, armée, Turquie, Tayip Erdogan, Russie, OTAN,