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  • Maroc : Bourita paie les errements de son roi

    Bourita, au Mozambique après une bagarre avec la sécurité du TICAD

    Le Maroc est le pays du faux-semblant. La réalité n’est jamais ce qu’on dit. La mythomanie a été érigée en principe en vue d’attirer le soutien de l’Occident et dissimuler les échecs subis dans leur obsession de s’accaparer du territoire du Sahara Occidental et ses nombreuses richesses minières et halieutiques.

    Un média marocain vient de révéler que le ministre des affaires étrangères se trouve dans le collimateur du roi avec la probabilité de se faire bientôt limoger. La raison officielle ? Avoir rapatrié sa fille un jour avant l’annonce de fermeture des frontières aériennes, maritimes et terrestres en laissant des milliers des marocains bloqués à l’étranger.

    L’éloigner avant était l’équivalent de reconnaître l’échec de la diplomatie marocaine. Il fallait attendre de trouver une échappatoire. Rien de mieux que le scandale des citoyens abandonnés dans un contexte grave de pandémie pour, au moment temps, en faire un bouc émissaire. Bourita sera le fusible à faire péter pour sauvegarder la sacralité du roi et son véritable chef de la diplomatie, Yassine Mansouri.

    Le limogeage de Bourita est un fait qu’on voyait venir malgré le tapage médiatique visant à escamoter ses errements. Il suffit de tirer le bilan de son action qui a vidé les caisses du royaume sans rien apporter en échange si ce n’est le fait d’avoir déprestigié son pays et son roi.

    La manière dont il a géré le dossier du Sahara Occidental et sa stratégie en Afrique a soulevé de nombreuses questions. Il a essayé de sauver sa face en procédant à l’ouverture de consulats dans un territoire où se trouve une mission onusienne au même temps qu’il a porté atteinte à l’image du Maroc auprès des palestiniens en se jetant dans les bras des organisations sionistes. 

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Nasser Bourita, Mohammed VI, pandémie, coronavirus, covd-19, diplomatie,
  • Maroc : Craintes géopolitiques

    Suite à votre courrier Nº614, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance les appréciations et les suggestions suivantes :

    A la lumière des événements internationaux, il semblerait que la diplomatie marocaine soit confrontée, dans un avenir, plus ou moins proche, à des contraintes objectives qui seront autant de menaces directes pour le rayonnement du Royaume dans ses zones traditionnelles d’influence.

    Plusieurs éléments seront indispensables à analyser de manière à permettre une réponse adaptée et un réajustement de nos objectifs.

    Il conviendra de se pencher sur les aspects suivants :

    1) Plus que la réintégration de l’Iran et la fin de son isolement sur la scène internationale, il faudra prendre note du nouveau rôle qui lui semble être dévolu par les Etats-Unis de devenir le nouveau gendarme des pays Arabes et musulmans de la région ;

    2 ) La gestion en conséquence (notamment pour notre question nationale) du déclin de l’Arabie Saoudite dont la marge de manœuvre est appelée à se réduire de plus en plus ;

    3) L gestion du conflit israélo-palestinien pour ce qui concerne la réduction des risques, des actions et du discours extrémistes notamment à l’égard des juifs marocains ;

    4) La montée en puissance de l’Egypte qui se positionne, d’ores et déjà, comme l’interlocuteur solide des américains, d’Israël et des occidentaux pour ce qui concerne le Proche et Moyen Orient ;

    5) Le rapprochement sans précédent qui semble se dessiner entre l’Algérie et l’Egypte. Ledit rapprochement envisage une stratégie conjointe pour amplifier leur influence aussi bien vis-à-vis des américains qu’à l’égard du continent africain ;

    6) Ce rapprochement présenterait également un réel danger pour ce qui concerne l’éventuelle réactivation de l’UMA avec la possibilité d’une Egypte qui, cette fois-ci, deviendrait officiellement membre à part entière de l’Union ;

    7) Pour l’Algérie et l’Egypte, le Maroc représente d’autant plus un danger qu’il est désormais l’unique pays arabe à avoir un Chef de gouvernement islamiste. De même que le Maroc est à combattre en raison du système de sa gouvernance et de ses institutions démocratiques ;

    8) Pour ces deux raisons majeures, il faudra s’attendre à une coordination et à une synchronisation de ces deux Etats pour affaiblir le Royaume en s’attaquant particulièrement à la question nationale (sur le plan intérieur et international) ;

    9) De même, l’éclatement possible (parfois de fait) de certains pays arabes risque de poser la problématique de l’accès à l’indépendance de certaines entités (Kurdistan ou autres) ;

    10) On se rappelle que lorsque le président Obama avait accédé au pouvoir, il ne parlait que de droits de l’homme, démocratie etc… Idem pour le président Hollande, par exemple. Aujourd’hui, confrontés aux menaces intérieures, ce discours est dépassé voire même dérangeant. Désormais, les priorités ne sont plus d’ordre démocratique mais sécuritaire.

    Compte tenu de ces quelques éléments soulevés, je me permets de suggérer ce qui suit :

    1- Il est plus nécessaire que jamais, pour les raisons évoquées, ci-dessus, que le Royaume revoir la structure de son appareil diplomatique pour renforcer et dynamiser sa stratégie en vue de faire face aux multiples défis qui l’attendent ;

    2- Sur le plan culturel, une stratégie globale doit être établie à l’égard de la jeunesse marocaine qui réside à l’étranger et qui est appelée tôt ou tard à retourner au Maroc. Cette jeunesse « handicapée sur le plan culturel et éducatif » est confrontée à la perte (extrêmement dangereuse) de son identité marocaine ;

    3- Au vu du contexte international difficile et de l’évolution négative de certains dossiers (Palestine/Israël notamment) et aux fins d’éviter tout dérapage, la sensibilisation et la mobilisation de notre colonie à l’étranger s’impose. Ceci est d’autant plus nécessaire que le Royaume est à la veille d’élections municipales.

    4- Notre stratégie devrait également reposer sur une coordination étroite entre les Ambassades et les Consulats ;

    5- Pour ce qui concerne la question nationale, plusieurs actions peuvent être engagées, à savoir :

    -Renforcement de la présence du Maroc au sein des organisation internationales (ONU, CDH, CICR, UNESCO etc). Il s’agira, entre autres,d’identifier les postes disponibles à pourvoir et d’établir un fichier actualisé de personnalités et compétences à placer.

    -Au niveau du Conseil de Sécurité : il s’agira, d’une part, de renforcer notre coopération aussi bien avec la Chine que la Russie pour équilibrer le rapport de force au sein des P5 et d’autre part, et dès à présent, cibler et pousser les pays amis à présenter leur candidature au Conseil de Sécurité.

    -Pour ce qui concerne le poste de Secrétaire Général des Nations Unies, il s’agira, dès à présent, « d’encadrer » tous les candidats (déclarés ou non) à ce poste.

    -Au niveau du Département : assurer des briefings réguliers aux Ambassadeurs accrédités de façon qu’ils communiquent à leurs capitales des informations obtenues à la source. De la même manière, informer notre appareil diplomatique de la teneur des comptes et des questions posées.

    6 – Pour ce qui concerne la région Arabe et l’Afrique, les circonstances actuelles nous interpellent quant à l’envoi programmé et régulier de délégations de hauts responsables de notre Département pour assurer un contact permanent et sur place en vue du renforcement de notre présence sur le terrain et pour permettre aussi bien l’évaluation de l’état de notre coopération que celui de l’évolution politique du pays ciblé ;

    7 – Enfin, et pour ce qui concerne la formation des futurs diplômés de notre Académie diplomatique, il serait intéressant que, dans leur cursus, soient intégrés – et avant l’obtention de leurs diplômes- des stages auprès nos postes diplomatiques et consulaires à l’étranger .

    Zohour Alaoui
    Ambassadeur déléguée permanente

    Tags : Maroc, diplomatie, Egypte, Frères musulmans, Arabie Saoudite, Iran,

  • Ralph Boussier, avocat et diplomate pour le Maroc

    Monsieur Yassine MANSOURI
    Directeur Général de la DGED
    MAROC

    PAR MAIL

    Paris, le 3 octobre 2011

    RB /FL

    AFFAIRE : ROYAUME DU MAROC / CONSULTATION

    N/REF : 20060149

    Monsieur le Directeur Général,

    A la suite de mon séjour à WASHINGTON des 22 et 23 septembre derniers, je souhaitais par la présente vous faire un compte-rendu des éléments intéressants des rencontres auxquelles j’ai assistées en présence de mon Confrère Tom WOLF, ainsi que de deux américains d’origine marocaine, ce qui était particulièrement positif.

    La première rencontre a eu lieu avec le Congressman LANCE que depuis trois ans je rencontre à chacun de mes déplacements.

    Ayant été réélu l’année dernière, il a en charge une nouvelle Commission qu’est la Commission Energie et il apprécie particulièrement le Royaume. C’est un Républicain.

    Celui-ci se tient à notre disposition pour tout échange sur l’énergie et je lui ai vanté le programme de Sa Majesté sur l’énergie solaire et je m’interroge sur, le cas échéant, sur la pertinence de lui faire rencontrer Monsieur BAKHOURI.

    Nous sommes également allés voir Monsieur Keith ELLISON qui est un ami de l’actuel Ambassadeur à RABAT et qui est élu du même Etat.

    Puis nous avions rendez-vous avec les deux américains d’origine marocaine pour aller déjeuner avec l’ensemble des élus de Virginie, la rencontre étant organisée par la Chambre de Commerce de Virginie.

    C’est dans ces conditions que nous avons pu rencontrer le Sénateur Mark WARNER, ainsi que le Congressman GOODLATTE, le représentant des Républicains en Virginie Eric CANTOR qui est un élu, comme vous le savez, important puisqu’il est le leader de la majorité et nous nous sommes entretenus également avec l’un de ses proches collaborateurs pour envisager une rencontre avec ce Congressman qui est aujourd’hui, semble-t-il, quelqu’un avec qui il faut compter.

    Aux termes de ce déjeuner, nous sommes allés rencontrer la collaboratrice d’un élu du Delaware en la personne de Monsieur GARNEY.

    Nous l’avons sensibilisée sur les relations qui existaient déjà entre le Delaware et le Maroc, puisque cet Etat est un importateur significatif de Clémentine de la région d’AGADIR.

    Aux termes de cette journée, nos deux amis américains d’origine marocaine nous ont quittés.

    Le lendemain, avec Tom WOLF, nous avons rencontré le Sénateur COONS qui est Sénateur du Delaware et qui était très sensible à la présentation que nous avons faite du Maroc.

    Puis nous sommes repassés voir une autre collaboratrice du Congressman Eric CANTOR, ce qui a permis de refaire une présentation du Maroc.

    Aux termes de ces différentes rencontres très informelles, il nous est apparu nécessaire à Tom WOLF et à moi-même de faire un mail de remerciements après notre visite, dont je vous soumets le texte en annexe et que j’aimerais bien pouvoir, après votre validation, faire adresser par Tom WOLF à tous nos interlocuteurs.

    Par ailleurs, ces deux journées m’ont inspiré une réflexion, à savoir qu’il est très facile, ce qui est une particularité très américaine, de pouvoir rencontrer et d’échanger avec l’ensemble des congressman et qu’il suffirait de se faire un programme en ce sens pour que chaque mois Tom WOLF aille avec un américain d’origine marocaine et, le cas échéant, une personnalité marocaine qui viendrait avec eux rendre visite à plusieurs congressman ce qui permettrai, au bout de six mois, d’avoir rencontré plus d’une vingtaine de Parlementaires de façon tout à fait informelle et de leur communiquer des éléments de langage pour, le cas échéant, leur permettre de briller vis-à-vis de leurs autres collègues ou leur permettre de faire des exposés sur le Maroc, en fonction des thématiques que nous aurons choisies.

    Bien entendu, à cela s’ajoute la possibilité de leur organiser au Maroc des colloques dans le cadre de l’EGE ou d’autres cadres que nous pourrions organiser.

    Le dernier point sur lequel je souhaite attirer votre réflexion est un point que je viens de découvrir à l’occasion de ce déplacement, la possibilité d’organiser au Maroc des soirées de collectes de fonds pour les futurs élus américains.

    La législation américaine le permet et nous pourrions tester cela avec Tim KAINE, dès le mois de décembre prochain.

    Bien entendu pour que le déplacement soit rentable pour un élu, il faudrait au moins être capable de réunir une vingtaine d’américains qui seraient à même, chacun, de régler au moins 5.000 Dollars ou l’équivalent, ce qui serait significatif pour le candidat aux élections américaines.

    Je pense que Tim KAINE est le plus facile à utiliser comme test et pourrait être le premier, mais bien entendu si ceci vous paraît possible, rien n’empêche de multiplier ces soirées collectes de fonds dans différentes villes du Maroc et bien entendu avec uniquement des américains qui sont susceptibles d’être électeurs.

    Je me tiens bien entendu à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et je vous joins le projet de mail que j’ai évoqué ci-dessus.

    Dans l’attente de vous rencontrer,

    Je vous prie de recevoir, Monsieur le Directeur Général, l’expression de ma très haute considération.

    P.J. : Projet de mail.

    Tags : Maroc, Ralph Boussier, diplomatie, Etats-Unis,

  • Maroc : Prévisions budgétaires pour la mise en oeuvre des principaux objectifs diplomatiques sur le continent américain.

    Royaume du Maroc

    Ministère des Affaires Etrangères

    et de la Coopération

    Direction des Affaires Américaines

    DG/7/6……………./2012

                                                                                  Rabat, le 04 juillet 2012

    Note

    à l’attention de Monsieur le Secrétaire Général

    Objet : Budget quadriennal 2013/2017 / Prévisions budgétaires pour la mise en œuvre des principaux objectifs diplomatiques sur le continent américain.

    En application de vos instructions, suite à la réunion tenue le 29 juin 2012 au sujet du plan budgétaire quadriennal 2013/2017 et en prévision des dépenses devant être engagées, durant cette période, pour la réalisation des objectifs tracés dans le cadre du déploiement diplomatique concernant le continent américain, j’ai l’honneur de vous faire part, ci-après, des principales actions qui nécessitent la mobilisation de ressources financières conséquentes en vue de leur mise en œuvre effective :

    1/ Ouverture d’une Représentation Diplomatique et d’un Poste Consulaire :

    Outre l’ouverture d’une Ambassade du Royaume du Maroc à Sainte Lucie, qui a déjà reçu l’accord du Département, de manière à mieux couvrir la région des Caraïbes, au regard des enjeux géopolitiques qu’elle présente pour notre pays, il est à prévoir, durant la période considérée, la possibilité d’ouvrir une Représentation Diplomatique au Paraguay, de même qu’un Consulat Général à Miami.

    – S’agissant du Paraguay, il apparaît clair que les nouveaux développements de la situation politique dans ce pays, caractérisés par le départ du Gouvernement Lugo, qui avait reconnu la pseudo « RASD » en 2011, la mise en place de nouvelles autorités transitoires, de tendance de droite, et la prochaine organisation des élections présidentielles, dans ce pays, en avril 2013, devraient probablement dicter, dans un très proche avenir, une reprise de la dynamique politique, telle qu’enregistrée auparavant dans les relations bilatérales, avec la relance du thème de l’ouverture d’une Représentation Diplomatique du Maroc à Assomption.

    – S’agissant du Consulat Général du Royaume du Maroc à Miami, il va sans dire que son ouverture semble de plus en plus indiquée, dans la mesure où l’existence d’un tel poste consulaire, dans une région à forte composante latino-américaine, serait de nature à conférer à cette structure une vocation plus politique que consulaire, au moment où notre pays est appelé à renforcer ses relations avec les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes.

    La présence, à Miami, d’une importante communauté latino-américaine, originaire notamment de pays qui reconnaissent la pseudo « RASD », tels que Cuba et le Venezuela, et qui compte, parmi elle, avec des personnalités souvent très influentes politiquement, à laquelle s’ajoute une importante communauté juive marocaine, permettrait de mettre en place des lobbys favorables à la défense des positions du Maroc à partir de Miami. Outre cet aspect, l’ouverture d’un tel Poste permettra de décongestionner notre Consulat Général à New York, de manière à mieux répondre aux besoins de nos ressortissants installés dans la partie sud des Etats-Unis, voire même de couvrir certaines demandes consulaires formulées auprès de nos Ambassades présentes en Amérique latine, qui ne disposent pas d’agents de la CINE, situation imposant à nos ressortissants établis sur le sous-continent de se rendre soit à New York soit au Maroc pour l’établissement de ce document. Ainsi, l’ouverture des Missions Diplomatiques à Sainte Lucie et au Paraguay de même que celle du Consulat Général à Miami nécessiteront la mobilisation des ressources budgétaires suffisantes tant pour la location des bâtiments et leur fonctionnement effectif que pour l’affectation du personnel nécessaire.

    2/ Généralisation des crédits spéciaux alloués annuellement pour la mise en ouvre de la stratégie « Diplomatie Par Objectifs » :

    Suite au lancement de la stratégie « Diplomatie Par Objectifs » (DPO) prévoyant la mise à disposition, au profit d’un nombre précis de Missions Diplomatiques, d’une enveloppe budgétaire annuelle spéciale pour la réalisation des objectifs tracés, le constat est tel, qu’aujourd’hui, il apparaît nécessaire de généraliser l’octroi d’une telle enveloppe à l’ensemble de nos Ambassades sur le continent américain.

    Cette nécessité est en effet dictée par le fait que toutes nos Missions Diplomatiques sur le continent, particulièrement en Amérique latine, se trouvent confrontées aux mêmes défis et impératifs, notamment en ce qui concerne la défense de notre Cause Nationale, au moment où l’activisme, particulièrement virulent, des ennemis de notre intégrité territoriale concerne actuellement l’ensemble de la région, où il n’a cessé de croître. Ainsi, il sera tout indiqué d’obtenir les crédits suffisants de manière à parvenir à :

    – l’octroi généralisé de l’enveloppe budgétaire DPO à toutes les Missions : elle permettra de mettre fin au dilemme imposé par le difficile choix de tel ou tel pays, notamment latino-américain, devant être priorisé dans le cadre du déploiement extérieur, ce, au détriment d’autres Missions Diplomatiques dans la région, qui font pourtant face aux mêmes manques de moyens financiers. Au titre de l’année 2012, seules 5 Ambassades en Amérique latine ont pu bénéficier de l’enveloppe budgétaire spéciale, alors que les 3 autres Missions Diplomatiques restantes doivent faire face aux mêmes difficultés dans un environnement politique commun à l’ensemble de la région. L’objectif de cette extension serait ainsi de permettre à toutes nos Ambassades de bénéficier des mêmes moyens budgétaires et d’assurer une meilleure représentation de notre pays dans une région intégralement en proie aux manœuvres continues de nos adversaires.

    – l’extension et la révision à la hausse des rubriques budgétaires de la DPO : il s’agira de revoir à la hausse le montant global de cette enveloppe budgétaire, afin de faire bénéficier nos Ambassades de crédits suffisants pour l’ensemble de ses rubriques respectives, sachant que les actions engagées en Amérique latine engendrent des coûts particulièrement élevés, en raison de la cherté des services, notamment en ce qui est de la prise en charge des billets d’avion et de tous autres frais liés aux déplacements des délégations, entre autres. Cette enveloppe devrait également compter avec une rubrique supplémentaire « aide sociale et humanitaire », qui permettrait à notre pays de prévoir l’octroi annuel de fonds spéciaux à la réalisation de programmes sociaux ou actions humanitaires sur un continent, dont les pays non seulement connaissent des taux élevés de pauvreté mais sont également, constamment confrontés à des catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre, etc….). De tels gestes du Maroc sont hautement appréciés d’autant plus qu’ils permettent de générer des capitaux sympathies favorables à la défense de notre Cause Nationale dans la région.

    3/ Revalorisation de l’Indemnité Journalière de Séjour (IJS) au profit de plusieurs postes latino-américains :

    L’Amérique latine est une des régions où les diplomates de plusieurs de nos Ambassades ne bénéficient pas du même traitement en matière d’indemnités journalières de séjour, avec des coefficients différents pour leur calcul, au moment où ils font tous face aux mêmes contraintes.

    Outre les dévaluations constantes de la monnaie locale par rapport au dollar américain, les cadres affectés en Amérique latine affrontent, dans leur ensemble, la même situation d’insécurité constante dans des pays à hauts risques, tels le Mexique, le Guatemala, la Colombie, et actuellement la République Dominicaine, qui ont vu leurs taux de criminalité augmenter de manière vertigineuse, ce, sans la compensation financière adéquate pouvant les inciter à ignorer ce phénomène et postuler pour la région.

    A cela s’ajoute le niveau élevé d’inflation dans tous les pays latino-américains, en plus de l’augmentation constante de la cherté de la vie, notamment au niveau du logement, des services, et des prix exorbitants pratiqués dans les zones où doivent impérativement résider les diplomates, pour raisons de sécurité.

    Aussi, est-il nécessaire, aujourd’hui, de revaloriser les coefficients de nos Missions au Mexique, au Guatemala, au Pérou, en République Dominicaine et en Argentine pour tout au moins les égaler sur ceux de la Colombie et du Chili (coefficient 3), sachant que celui du Brésil est de 4,5 et qu’au regard des considérations exposées ci-dessus, toutes nos Missions Diplomatiques en Amérique latine devraient pouvoir bénéficier de ce même coefficient, de manière à encourager nos diplomates à postuler pour ce continent, au moment où beaucoup se refusent à une mutation dans des pays tels que le Mexique ou l’Argentine. Le tableau ci-dessous traduit, à titre d’exemple, toute la disparité existante au niveau du coefficient de l’IJS entre certains postes en Amérique latine par rapport au niveau d’inflation :

    4/ Augmentation des contributions financières du Maroc aux Organisations Régionales américaines.

    Membre observateur de l’Organisation des Etats Américains (OEA), de la Conférence Ibéro-américaine (SEGIB), de l’Organisation des Etats de la Caraïbe (OEC), du Parlement Andin (Parlandino) et du Parlement latino-américain (Parlatino), la présence du Maroc auprès de ces organismes régionaux, est d’une importance fondamentale pour la défense de ses intérêts dans la région, au moment où il est appelé à obtenir un tel statut auprès d’autres Organisations, notamment latino-américaines, telles que la Communauté Andine des Nations (CAN), auprès desquelles des démarches sont actuellement en cours dans ce sens.

    Cette présence du Maroc, en sa qualité de membre observateur, implique sa pleine participation non seulement aux contributions budgétaires allouées annuellement aux fonctionnement des ces Organisations régionales mais également à la réalisation des programmes mis en œuvre par celles-ci. Or, les contributions financières du Maroc auxdites Organisations sont restées très faibles jusqu’à aujourd’hui, voire même quasi inexistantes, alors qu’elles revêtent un caractère prioritaire pour permettre d’assurer une présence effective de notre pays auprès de ces organismes et de la mettre ainsi à profit en faveur de la défense de nos intérêts dans la région.

    Il est donc impératif de prévoir une augmentation des contributions financières du Maroc aux Organisations régionales américaines à la fois annuelles et périodiques dans le cadre de la participation aux programmes engagés par ces organismes, lesquels nécessitent un financement permanent de la part des Etats membres à part entière ou observateurs.

    Ces contributions financières sont également à prévoir dans le cadre des processus bi-régionaux, en particulier des Sommets Amérique du Sud/Pays Arabes (ASPA) et Amérique du Sud/Afrique (ASA), au sein desquels le Maroc défend une participation active, sans toutefois apporter des fonds conséquents, qui sont de nature à renforcer sa position au sein de ces processus. Il s’agira ainsi de déterminer chaque année une enveloppe budgétaire annuelle pouvant être allouée aux programmes mis en œuvre par chacun des processus en question, sachant que le Maroc, qui préside, dans le cadre de l’ASA, le Comité du Commerce, des Investissements et du Tourisme, prévoit l’organisation prochaine d’un « Forum d’Hommes d’affaires », et qu’il est chargé, au sein de l’ASPA, de concrétiser le projet de création de l’Institut des Etudes et de Recherches sur l’Amérique du Sud (IERAS), dont le siège sera abrité par la ville de Tanger.

    5/ Ouverture d’un Centre Culturel marocain en Amérique latine :

    Dans l’objectif d’assurer une meilleure projection de notre pays dans la région latino-américaine, notamment à travers la promotion de tous les aspects culturels et de l’histoire millénaire de notre pays, en tant que vecteur de rapprochement à la portée hautement politique, il serait tout indiqué de promouvoir, au titre du Budget quadriennal 2013/2017, l’ouverture dans un pays latino-américain, d’une véritable « Maison du Maroc » à l’image de celle récemment inaugurée à Montréal, sachant que le seul centre culturel actuellement présent dans la région reste celui de Coquimbo au Chili, qui lui-même connaît certaines difficultés dues à son éloignement de la capitale Santiago.

    Un tel Centre serait de nature à renforcer la présence du Maroc en Amérique latine, de délivrer un message politique conséquent sur la volonté de notre pays de renforcer ses liens historiques l’ensemble de la région et d’assurer une meilleure connectivité culturelle avec les pays latino-américains. Il serait également possible d’assurer des formations en langue arabe, à partir de ce centre, soit sur place soit à distance.

    Le choix du pays latino-américain pour une telle ouverture pourrait être porté sur le Mexique, où l’activisme « culturel » des séparatistes est particulièrement virulent, ou encore la Colombie, qui se trouve presque au centre du continent latino-américain.

    Cette ouverture impliquerait la mobilisation des dépenses nécessaires pour l’achat, la location ou la construction du bâtiment devant abriter ce Centre, l’affectation d’un personnel adéquat en plus des crédits afférents à son fonctionnement.

    6/ Organisation de deux Conférences Internationales au Maroc :

    Dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan d’Action Stratégique de la Direction des Affaires Américaines, pour la période 2013/2017, et dans le prolongement des initiatives prévues parallèlement aux actions orientées en direction des pays latino-américains et des Caraïbes, il a été prévu d’organiser deux rencontres internationales dans notre pays, sous l’un des formats suivants :

    – Une Conférence Maroc/Amérique Latine et Caraïbes sur la lutte contre le trafic de drogue, le crime organisé et le terrorisme ;

    – Une Conférence Maroc/Pays membres de l’Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale (OECO) sur les énergies renouvelables et le développement durable.

    Ces deux Conférences, qui se dérouleraient chacune à Rabat (au siège du Ministère), selon un intervalle de deux ans, dans le cadre du plan quadriennal, l’une entre 2013 et 2015 et l’autre entre 2015 et 2017, nécessiteront la mobilisation de moyens financiers adéquats pour couvrir notamment le transport international des participants, le séjour des délégations ainsi que tous les frais afférents à l’organisation de ces événements.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Amérique Latine,

  • Alger, carrefour diplomatique de la paix

    Le ballet diplomatique suscité par l’initiative d’Alger pour le règlement de la crise libyenne a incontestablement produit une plus grande visibilité de l’Algérie sur la scène politique régionale et internationale, longtemps absente pour des raisons inhérentes à la situation interne induite par la chute de l’ancien régime. Les références phares de ce regain d’activité diplomatique sont les escales de la Conférence de Berlin le 19 janvier dernier, et la récente réunion annuelle de l’Union africaine (UA) d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

    Par deux fois, le Président Abdelmadjid Tebboune a eu à prononcer des allocutions dans lesquelles il a réaffirmé – en sa qualité de nouveau Président élu – les principes qui régissent les relations de l’Algérie dans le concert des nations, dont la permanence de ses engagements pour la paix à travers le dialogue et le règlement pacifique des différends.

    Devant ses pairs africains, il a annoncé la création d’une Agence algérienne pour la coopération africaine et internationale, une initiative qui va dans le sens des préoccupations de développement inscrites à l’ordre du jour du 33ème Sommet de l’UA. Car s’il faut bien faire taire les armes, encore faut-il que les effets soient l’amélioration des conditions socioéconomiques des populations africaines, durement affectées par la pauvreté qui pousse à l’exode massif transfrontalier. Un décret à paraître dans le Journal Officiel sera promulgué prochainement.

    Cette agence des modèles de coopération inter-États existe, mais son actualisation s’impose. Par ailleurs, en échos au discours de Abdelmadjid Tebboune, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, vient de nommer un envoyé spécial pour le Sahara Occidental. Il s’agit de l’ancien ministre slovaque des Affaires étrangères, Miroslav Lajkac, appelé à succéder à Horst Kohler, après des mois de vacance du poste. Le volet économique a ainsi fait l’objet, jeudi dernier, de discussions élargies aux deux délégations, au ministère des Affaires étrangères, entre les ministres algérien Sabri Boukadoum et mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed, qui a été auparavant reçu par le chef de l’État.

    A une question du Soir d’Algérie, invitant l’envoyé spécial mauritanien à livrer son sentiment sur le niveau des relations économiques algéro-mauritaniennes, il a insisté sur leur excellence ainsi que l’importance stratégique des rapports qu’entretiennent les deux pays. A titre d’exemple, il rappellera la tenue récemment à Nouakchott de la Foire consacrée aux produits algériens qui fut, selon ses dires, un franc succès. Prix et qualité ont été les arguments qui ont suscité un grand engouement des consommateurs mauritaniens.

    Une grande caravane, partie d’Algérie, a acheminé ces produits sur le marché mauritanien, voire même au Sénégal, nous dit Ould Cheikh Ahmed qui a profité de l’occasion pour annoncer la construction d’une ligne de chemin de fer qui reliera le Sud algérien à Nouadhibou, deuxième grande ville de Mauritanie.

    Dans le point de presse tenu conjointement avec son homologue algérien, il a abordé d’autres questions de politique régionale, notamment la crise libyenne, au sujet de laquelle il soulignera une convergence de vues avec les positions de l’Algérie ,et que son pays soutiendra les démarches dans tout le processus de règlement.

    Sabri Boukadoum, qui nous a confié qu’il retrouve en la personne de Smail Ould Cheikh Ahmed un vieux compagnon de sa présence à l’Onu, a eu aussi à revenir sur le problème libyen et sa dernière visite à Benghazi appelée à être suivie, dans les prochains jours, par une escale à Tripoli, capitale du Gouvernement d’union nationale. Il en a profité pour rendre compte de la complexité libyenne de la crise et notamment du fait du rôle des divers acteurs, dont les tribus. C’est d’ailleurs un point essentiel abordé par le chef de la diplomatie grec, Nico Dendia, à l’occasion de sa visite de travail à Alger où il a été reçu à la présidence, compte tenu de ses démêlés avec la Turquie à propos de Chypre, qui se dit concernée par les événements qui ont lieu en Méditerranée orientale. Le maréchal Khalifa Haftar a rendu visite à ce pays à la veille de la tenue de la Conférence de Berlin le 19 janvier dernier. Le ministre des Affaires étrangères grec, qui abordera aussi la question de la relance des échanges économiques avec l’Algérie, n’a pas manqué de noter la convergence de vues sur la question de la Libye avec pour maître mot, le dialogue.

    Ainsi, l’offensive diplomatique enclenchée avec l’implication directe dans la recherche d’une solution au conflit libyen et la sécurité au Sahel, marque des points, preuve s’il en est, qu’Alger est en passe de devenir La Mecque des bonnes volontés…

    Brahim Taouchichet

    Le Soir d’Algérie, 15 fév 2020

    Tags : Algérie, Libye, Maghreb, Afrique du Nord, diplomatie,

  • Maroc : les diplomates méprisent l’Afrique et les africains

    Ambassadrice du Maroc au Ghana provoque un scandale à l’aéroport d’Accra

    Ambassadrice du Maroc au Ghana provoque un scandale à l’aéroport d’Accra

    Il s’agit d’une affaire qui a provoqué un tollé au Ghana et qui prouve à quel point les diplomates marocains méprisent l’Afrique et les africains.

    Faits :

    Le 1er septembre 2014, le vol de Nezha Alaoui Mhamdi, ambassadrice du Maroc au Ghana arrive à Accra. Selon des médias ghanéens, l’ambassadrice aurait été déçue par la qualité de l’accueil que les officiers du protocole lui ont réservée sur le tarmac. Elle n’aurait pas apprécié la qualité du véhicule mis à sa disposition. N’étant pas à la hauteur des ses attentes, elle refuse de monter à son bord.

    Une fois devant les services de la douane, Mme Alaoui M’Hammdi aurait refusé de se soumettre au contrôle de son passeport. Le site Citizenghana.com, citant des sources, précise que des agents du Protocole et d’autres de l’immigration auraient tenté de convaincre la diplomate marocaine, en vain.

    « Elle est partie en hâte pour s’asseoir dans sa voiture officielle en attente et est partie dans un manque de respect et un mépris total de la procédure régulière et des employés du salon VIP à la crainte totale et à la surprise totale des spectateurs », indique le média qui signale que « cette attitude de l’ambassadeur du Maroc est méprisable et condamnable » et « aucun Ghanéen n’oserait faire cela en se rendant à Rabat ou Casablanca ». Selon la mâme source, les autorités ghanéennes sont habituées aux frasques de la diplomate marocaine.

    Dans un courrier envoyé à sa centrale, Alaoui accuse un citoyen ghanéen dont elle ne cite pas le nom. Voici le texte intégral de ce courrier.

    Destinataires: Cabl, Cab2.

    Transmission : Confidentielle

    Diffusion : Restreinte

    Objet : Presse électronique. Allégations mensongères.

    J’ai l’honneur de porter a votre connaissance que le site de presse électronique ghanaweb a publié dans son édition d’hier un article (dont ci-joint copie) relatant des faits inavérés et infondés au sujet de mon arrivée le 2 septembre dernier a l’aéroport d’Accra.

    Il y a lieu de souligner a cet effet que j’ai été surprise de découvrir mon arrivée que le véhicule mis à la disposition de l’Ambassade par le Protocole ghanéen et dont était bard un cadre de l’Ambassade, a été détourné et utilise par un passager du même vol, sous le regard impuissant du chauffeur du Protocole. Devant cet état de fait, j’ai préféré, regagner le salon de l’aéroport a pied, en compagnie de ma famille et du cadre de l’Ambassade. Par ailleurs j’ai fait rapporter le surlendemain, ce qui s’est passe » au responsable du Protocole a l’aéroport, lequel s’en est excusé.

    Suite à la publication, hier de l’article sus mentionne et choquée par son contenu, j’ai pris contact avec la Directrice adjointe du Protocole ghanéen, laquelle m’a fait part de sa surprise et souligné que l’aéroport n’a notifié aucun incident ni dysfonctionnement. Elle a en outre conclu que ce site électronique est connu pour publier des articles » à la demande ». Elle m’a cet égard suggéré, si cette Mission en considère l’opportunité, de transmettre une Note Verbale aux Affaires Etrangères pour demander ace qu’une enquête interne aux services de l’immigration soit diligentée, afin de définir la source de ces allégations.

    A l’examen de ces faits, ainsi qu’au caractère tendancieux de l’article, il semble hautement probable que ce fait anodin, a été dévoyé, surdimensionne et rapporte la presse à sensation, des fins malveillantes, dans l’objectif de nuire à l’image de l’Ambassadeur.

    Il convient de rappeler ce sujet, que le passager ayant utilise le véhicule affecte’ l’Ambassade et suivi le déroulement de mon arrivée est un ressortissant ghaneo-egyptien, marié à une ressortissante marocaine, et qui s’est récemment vu débouter de demandes de visas pour un homme d’affaire égyptien dont il s’est fait l’intermédiaire.

    L’intéressé, homme d’affaires de sa profession, mais ayant des accointances avec les services sécuritaires et d’immigration, s’était présenté, à mon arrivée au Ghana, l’année dernière, comme une personne ressource, disponible apporter son appui à toute entreprise que l’Ambassade voudrait mener. Il s’est cependant et rapidement avéré que cette personne visait par sa proximité avec l’Ambassade un trafic d’influence et de l’intermédiation des fins inconnues.

    La tentative d’interférer dans les tractations commerciales, lors de l’arrivée du Groupe Addoha, l’intermédiation pour des visas en faveurs de personnes ne remplissant pas les conditions, ou devant voyager de façon l’urgente au Maroc, sont autant d’illustrations d’un comportement malsain et de raisons qui lui ont valu la mise a l’écart de l’Ambassade. Aussi, et devant ces velléités malveillantes de ternir l’image de cette Mission et de son représentant, je soumets a l’appréciation du Département, l’opportunité de transmettre une Note Verbale de démenti au Ministère des Affaires Étrangères ainsi qu’une demande de droit de réponse au site de presse électronique ghanéen.

    P.S.: Au lieu d’être sanctionnée, Mme Alaoui a juste été mutée. Elle exerce actuellement le poste d’ambassadrice en Ethiopie et Djibouti.

    Source : Maroc Leaks, 7 fév 2020

    Tags : Maroc, Ghana, Nezha Alaoui Mhamdi, diplomatie, Afrique,

  • Algérie : Le grand retour de la diplomatie algérienne à la médiation internationale

    Le chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum, a reçu, hier, son homologue émirati Cheïkh Abdullah Bin Zayed Al Nahyan, qui a pu s’entretenir également avec le Premier ministre Abdelaziz Djerad. Le communiqué des Affaires étrangères au sujet de cette visite est laconique.

    Il indique qu’il s’agit d’« évaluation de la coopération bilatérale », mais glisse également qu’il est question pour le ministre algérien, M. Boukadoum, et son hôte, d’« échanger autour des questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment la situation en Libye ».

    Ce pays voisin où, ce n’est un secret pour personne, les Emirats jouent la carte du maréchal autoproclamé Khalifa Haftar et sont donc considérés parmi les pays étrangers s’ingérant dans les affaires libyennes, sans doute même parmi ceux qui continuent, selon l’avertissement de la mission onusienne en Libye, la Manul, avant-hier dimanche, de violer l’embargo sur les armes et d’acheminer des armes et des équipements au bénéfice de l’homme fort de la Cyrénaïque.

    En attendant des indications relatives à ce contact entre les diplomaties algérienne et émiratie sur la question libyenne précisément, qui est sans doute le premier, officiellement, depuis plusieurs mois déjà, le fait que le ministre Abdullah Bin Zayed Al Nahyan fasse le déplacement à Alger confirme le retour de l’Algérie à son action diplomatique traditionnelle et prestigieuse : celle d’un médiateur international, cette fois-ci en particulier sur le terrain sahélo-maghrébin où la réputation qui lui est prodiguée est d’y disposer d’une connaissance et d’une expertise susceptibles de maîtriser, voire d’apaiser et de stabiliser des conflits complexes comme ceux qui empêchent la normalisation politico-institutionnelle en Libye et au Mali dont la question a justement été évoquée hier par le ministre français des Affaires étrangères.

    Lors de ses vœux à la presse au Quai d’Orsay, Jean- Yves Le Drian, a semblé confirmer le retour de la diplomatie algérienne à son rôle de médiateur et au paradigme qui fait sa singularité au moins depuis la négociation de la libération des otages américains en Iran en 1980. « J’ai pu constater lors de mes entretiens (le 21 janvier à Alger) et avec mon homologue Sabri Boukadoum et avec le président Abdelmadjid Tebboune la volonté d’être beaucoup plus actifs dans le règlement de la crise malienne et de la crise du Sahel ».

    Retour diplomatique sur la scène malienne

    «Pendant très longtemps, l’Algérie n’était pas vraiment présente dans ces discussions» autour du suivi de l’accord de paix, a relevé le ministre français des Affaires étrangères. «J’ai le sentiment d’une volonté de coopérer de manière beaucoup plus forte avec l’ensemble des acteurs qu’auparavant et c’est un signe très, très positif », a-t-il ajouté. « On a même envisagé que nous puissions aller ensemble M. Boukadoum et moi-même à un prochain CSA (comité de suivi de l’accord) pour manifester notre volonté de faire en sorte qu’il puisse être mis en œuvre », a-t-il précisé.

    Le 19 janvier dernier, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale et des compétences à l’étranger, a présidé à Bamako où il était en visite la 4e réunion de Haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord (CSA) pour la Paix et la réconciliation au Mali, issu de l’accord d’Alger de 2015. Rachid Bladehane y a souligné « l’importance de tout entreprendre en vue d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord qui reste la seule option pour un retour définitif et durable de la paix et de la stabilité au Mali », selon un communiqué des Affaires étrangères. La réunion de Bamako (la première depuis septembre 2019) a, selon la même source, permis de « définir les principales questions devant figurer à l’ordre du jour de la prochaine réunion du CSA. Il s’agit entre autres de relancer l’accord de paix d’Alger et discuter notamment du retour des soldats maliens à Kidal, ville du Nord aux mains d’ex-rebelles touaregs, et du désarmement de groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes.

    Reportersdz, 28 jan 2020

    Tags : Algérie, diplomatie, Libye, Sahel, Mali, Azawad, Barkhane,

  • Le hacker Chris Coleman ou quand la France se vengeait du Maroc

    Le Makhzen a trop confiance en ses moyens de chantage : le terrorisme, la migration et le trafic de haschich. Il a voulu mesurer sa force à celle de son maître, la France, et jouer aux espions avec le pays qui a inventé la françafrique et qui a fait tomber des dizaines de régimes africains. Apparemment, l’Elysée n’a pas pardonné cette arrogance de la part d’un esclave dont le sort dépend exclusivement de la bienveillance de Paris.

    Les gaulois ont voulu agir là où il fait trop mal : le dossier du Sahara Occidental dont l’occupation est décisive pour les plans hégémoniques marocains dans la région.

    Du jour au lendemain, des documents confidentiels de la diplomatie marocaine ont été jetés sur la place publique. Un mystérieux hacker qui semble connaître tous les détails du conflit du Sahara Occidental invite les internautes marocains à s’amuser avec la vie privée d’une ministre d’origine sahraouie : Mbarka Bouaida. Des photos de son mariage jusqu’au problème de son mari avec l’alcool. Chris Coleman avait une animosité particulière envers la petite-fille d’Ali Bouaida, premier consul marocain à Nouadhibou.

    Il n’a pas eu de pitié non plus de Mme Assia Bensalah Alaoui, ambassadrice itinérante de Mohammed VI et mère d’Abdelmalek Alaoui, directeur de la boîte de veille et conseil Global Partners Intelligence qui a été qualifiée par Coleman de « arrière boutique de la DGED ».

    Le hacker Chris Coleman a gagné le pseudonyme de « Snowden Marocain ». Ses révélations ont fait sensation sur le web. Il vise, notamment, des responsables de la diplomatie marocaine et la Dged (les services de contre-espionnage marocain). Il révèle, documents à l’appui, les pratiques machiavéliques du Makhzen. Du trafic d’influence jusqu’à la complaisance avec Israël, rien n’arrête le royaume pour nuire à l’Algérie et continuer son processus de colonisation du Sahara occidental.

    «Chris_Coleman24» nous révèle par exemple, dans un document publié, la collaboration marocaine avec l’entité sioniste. Il publie des échanges d’e-mails entre des responsables marocains et israéliens sur une demande de survol de l’espace aérien marocain. Chose qui a naturellement été acceptée et cela afin de permettre à l’Etat sioniste d’espionner l’ennemi commun qui est… l’Algérie. Chose que confirme le Makhzen dans un tweet avec un faux compte. «Le Maroc doit collaborer avec Satan si nécessaire pour garantir ses intérêts supérieurs et neutraliser ses ennemis de l’Est», est-il posté par ce compte du Makhzen.

    Le WikiLeaks marocain révèle également la coopération existant entre la Dged (Direction générale des études et de la documentation) et les services secrets israéliens. Une délégation du Mossad serait venue au Maroc sur invitation de la Dged. En guise de preuve, Coleman a publié deux copies de passeports israéliens. Pour appuyer ces propos sur les liens intimes liant le Maroc et Israël, Chris Coleman, révèle l’information qui fait état d’un dépôt de plainte du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu contre tous les pays arabes…sauf le Maroc!

    Le trafic d’influence mené par le Maroc pour acheter des soutiens dans sa colonisation du Sahara occidental est également mis à nu. Tout en faisant part des états de crispation entre Rabat et l’ONU (et l’envoyé personnel de Ban Ki-moon, le médiateur de ce conflit, Christopher Ross), voire même de certaines tensions avec l’administration Obama, Coleman sort des correspondances bancaires et des fac-similés de pièces d’identités qui démontrent ce trafic d’influence.

    Certaines correspondances montrent que des responsables marocains ont soudoyé des diplomates et des journalistes étrangers, dont des Français, pour qu’ils défendent avec vigueur la position de Rabat concernant la question du Sahara occidental. La Dged a même monté de faux sites Internet d’information algériens.

    Il est aussi mis en lumière le financement du lobby pro-marocain aux Etats-Unis et en France. Ce compte tweeter démontre aussi comment le Maroc pille les ressources naturelles du peuple sahraoui et précise que le Makhzen livre gracieusement des phosphates à plusieurs pays de la Caraïbe et du Pacifique en échange d’un soutien sur le dossier du Sahara occidental.

    Les malversations du ministre des Affaires étrangères marocains sont montrées noir sur blanc. Le secrétaire général du Rassemblement national des indépendants a «engagé la société McKinsey pour réaliser une étude destinée à relancer l’économie marocaine». Le cabinet de conseil américain emploie, selon Coleman, la fille du responsable de la diplomatie marocaine, ce qui permettrait «des versements de commission» pour une étude qui «coûtera certainement aux contribuables marocains des millions de dollars».

    Des virements à gogo entre des membres du clan Alaoui révèlenet l’écart existant entre les niveaux de vie de l’élite makhzénienne et le citoyen lambda. Tout comme les relais marocains à l’étranger, notamment en France. Un bâtonnier français exerçant à Paris est présenté comme l’avocat «particulier» du Makhzen. Il s’occuperait de toute la sale besogne du royaume… Les Marocains n’ont pas réagi officiellement à ces graves révélations, mis à part leur chef de la diplomatie qui est tombé dans son délire habituel, accusant Alger d’être à l’origine de ces fuites.

    Acculé jusqu’à ses derniers retranchements, le Makhzen tente d’attaquer Coleman sur son propre terrain c’est-à-dire la Toile en créant de faux comptes qui l’accusent de distiller de faux documents. Il tente de toucher à sa crédibilité. Toutefois, «Chris_Coleman24» a intelligemment prouvé la véracité de ces documents en publiant la base de données du personnel du ministère des Affaires étrangères. La liste de tous les fonctionnaires de ce ministère, diplomates, agents techniques et employés, etc., avec leurs noms, prénoms, date de naissance, état civil, nombre d’enfants, matricules, numéros de la carte d’identité nationale et date de recrutement, ont été rendus publics. Même des fonctionnaires, dont des ambassadeurs, partis en retraite, sont signalés. Une manière donc de narguer le Makhzen et de lui montrer qu’il n’est qu’un nain par rapport à ce que les services secrets français peuvent lui faire subir.

    Immédiatement après l’apparition du hacker Chris Coleman, le roi du Maroc s’est empressé de se présenter auprès du président François Hollande pour demander des excuses et « rétablir la coopération judiciaire » avec Paris.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Chris Coleman, Marocleaks, diplomatie, corruption, lobbying,

  • Dossier Libye… L’Algérie fait référence

    Magnifique métaphore que celle d’un historique des grandes batailles du 20ème siècle: au cœur d’un conflit mondial, il avait surpris ses pairs en affirmant que «la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires». Une phrase qui se prête exactement au bourbier libyen, si proche de nos frontières.

    A une encablure d’un cessez-le-feu acquis par le maréchal Khalifa Haftar et Fayez El Sarradj, le militaire fait volte-face et s’en retourne sur le front pour apparemment mieux peser sur la balance des négociations. Sur un conseil américain par exemple ? Ou tergiverser tactiquement pour augmenter la pression dans les loges des politiques que le maréchal n’affectionne sûrement pas ? Dans tous les cas, le chef de l’Armée Nationale Libyenne, a dérouté les présidents russe et turc qui croyaient avoir convaincu l’officier dominateur dans l’est du pays de feu Kadhafi.

    Mieux, selon les observateurs, Haftar s’est propulsé en position de force, parce que non seulement rien ne précursait qu’il allait émarger l’accord de cessez-le-feu, mais encore et surtout, il avait annoncé la poursuite des combats par ses «forces armées» contre les «terroristes qui, selon lui, «s’étaient emparés de la capitale Tripoli». Comment, les architectes du sommet de Moscou pouvaient croire en l’accord de Khalifa Haftar de cesser les combats alors qu’il avait précisé, depuis Moscou, «qu’ils ne cesseraient pas avant l’éradication des groupes terroristes».

    Bizarre ! Ou Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont fait biaisés en toute dernière minute par Haftar, ou ils doivent en ce moment ronger leurs nerfs sur une erreur stratégique de débutants. Le puzzle est inextricable. Encore plus quand on rappellera que depuis 2014, le Gouvernement d’Union National présidé par Fayez El-Sarradj et reconnu par les institutions internationales, subit les attaques du maréchal Haftar et de ses troupes, soutenus par l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite. Et si, acculé quotidiennement par les soldats de l’Est, Fayez El-Sarradj, s’en est voué à la Turquie pour l’envoi d’experts militaires, de troupes et d’équipements techniques, on comprendra que cette crise est profondément nourrie par des intérêts stratégiques et économiques évidents, de grande ampleur.

    Le «gibier» libyen focalise l’attention des plus grandes puissances. L’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, dénoncent le déploiement militaire turc en Libye et interpellent Ankara. L’autre va-en-guerre tous terrains, Donald Trump, exprime son soutien au maréchal Haftar: le jeu international se précise. Ankara et Moscou ont compris que leurs intérêts communs consistent à éclipser l’Occident du dossier «Libye».

    L’Egypte qui influe souvent l’Union africaine sur la question libyenne, tente d’orienter les membres du Conseil de Sécurité. Pire, Recep Tayyip Erdogan croit pouvoir impliquer la Tunisie dans le chaos libyen. Ailleurs, les Libyens aussi, jettent de l’huile sur le feu: «Si Tripoli tombe, Tunis et Alger tomberont» tonnait Fathi Bachagha, le ministre de l’Intérieur de Fayez El-Sarradj, le 27 décembre dernier.

    Heureusement, l’Algérie ne se confond pas avec les amateurs de la politique et des visions hallucinées de la guerre. Forte de sa doctrine diplomatique, nous avons été les premiers dans la région à encourager les deux belligérants de la crise libyenne à signer le cessez-le-feu. Nous n’adhèrerons à aucune promesse politique que lorsque les armes se soient tues», avait annoncé le gouvernement.

    Forte de son expérience dans ce registre sensible, l’Algérie ne s’est jamais écartée de sa démarche plaidant depuis l’éclatement de ce bourbier, pour un règlement politique et pacifique.

    Comme dans tous les scénarios de Klimov, ce cinéaste visionnaire, notre position politique envers la grave situation qui prévaut à nos frontières est admirable. Le pays de la grande Révolution fait référence dans ce type de conjonctures.

    Par Fayçal Haffaf

    Ouest Tribune, 15 jan 2020

    Tags : Algérie, Libye, diplomatie, guerre, conflit, violence,

  • Belgique: Nouveaux porte-paroles des Affaires étrangères

    Jusqu’il y a peu, Nadia Benini travaillait à l’Ambassade de Belgique à Kinshasa après des expériences successives dans nos postes à Shanghai, Brasilia et Lubumbashi

    BRUXELLES, Belgique, 24 juillet 2019/ — Karl Lagatie est le nouveau porte-parole du SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au Développement. Depuis le 8 juillet, il remplace Matthieu Branders qui prendra, prochainement, ses fonctions de Consul général à São Paulo. Nadia Benini a rejoint l’équipe en tant que porte-parole adjoint.

    Les coordonnées des porte-paroles sont les suivantes :

    Karl Lagatie, porte-parole

    + 32 2 501 49 59

    + 32 477 40 32 12 (GSM)

    Karl.Lagatie@diplobel.fed.be (link sends e-mail)

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    Nadia Benini, porte-parole adjoint

    + 32 2 501 30 57

    + 32 471 44 06 04 (GSM)

    Nadia.Benini@diplobel.fed.be (link sends e-mail)

    @BeniniNadia (link is external)

    Jusqu’à présent, Karl Lagatie était le porte-parole adjoint du SPF Affaires étrangères, après des affectations en poste à Washington et à New York (ONU). Il a aussi travaillé à Paris (OCDE) et Bruxelles (UE).

    Jusqu’il y a peu, Nadia Benini travaillait à l’Ambassade de Belgique à Kinshasa après des expériences successives dans nos postes à Shanghai, Brasilia et Lubumbashi. Auparavant, Nadia Benini a travaillé au SPF Intérieur et en tant que conseillère auprès d’une député européenne.

    Karl Lagatie et Nadia Benini sont également les porte-paroles de B-FAST et de l’Autorité Nationale de Sécurité. Ces derniers sont des organes collégiaux constitués de plusieurs services publics fédéraux, dont les Affaires étrangères.

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    Tags : Belgique, Nadia Benini, Karl Lagatie, affaires étrangères, diplomatie,