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  • La variété locale du cannabis au Maroc est-elle la voie à suivre?


    Par Pierre-Arnaud Chouvy, CNRS-Prodig, Geopium

    Le Maroc serait l’un des principaux producteurs de haschich au monde depuis les années 80, lorsque la production à grande échelle s’est vraiment développée dans la région du nord du Rif, où la culture du cannabis est tolérée depuis longtemps.

    Au cours de la dernière décennie, la culture du cannabis dans le Rif a subi sa plus importante évolution depuis l’émergence de l’industrie du haschisch dans les années 1960. Une grande partie de la variété locale de cannabis kif (une race locale) a été rapidement supplantée par des hybrides modernes avec des rendements de résine beaucoup plus importants et une puissance beaucoup plus élevée qui peuvent produire de plus grandes quantités d’un haschich plus puissant. En conséquence, il est probable que la baisse des deux tiers signalée de la culture du cannabis qui a commencé au milieu des années 2000 en raison de pressions accrues en matière de répression a été au moins partiellement compensée par une augmentation des rendements.

    En effet, à partir de la fin des années 2000, l’industrie marocaine du cannabis s’est adaptée à la pression locale et à la concurrence internationale (substitution des importations en Europe) en se transformant grâce à l’utilisation de variétés de cannabis à haut rendement, des pratiques de culture modernes et des techniques modernes de production de haschisch, avec le résultat est que des dérivés de cannabis plus puissants et plus variés sont maintenant produits.

    Alors que l’adoption de telles variétés à haut rendement s’est très probablement avérée économiquement avantageuse pour les producteurs locaux, au moins en rendant le nouveau haschisch marocain plus attrayant et exportable, le passage massif du kif principalement pluvial à des hybrides systématiquement irrigués a alourdi le fardeau sur les ressources en eau limitées de la région. Face à une utilisation non réglementée et sans entrave des eaux souterraines par l’industrie modernisée du cannabis et à une sécheresse nationale prolongée qui a déclenché des troubles sociaux depuis 2015, les autorités marocaines auraient choisi d’interdire le semis d’hybrides assoiffés pendant la saison 2020.

    Dans l’intervalle, selon les discussions tenues avec les agriculteurs du Rif, les mesures de confinement et les fermetures de frontières provoquées par la pandémie COVID-19 (y compris au Maroc) ont gravement perturbé l’importation de semences hybrides approvisionnées annuellement principalement en Espagne et aux Pays-Bas. En conséquence, le semis de graines hybrides a été largement compromis et la plupart des cultivateurs de cannabis marocains ont dû recourir à la culture du kif, la variété locale du cannabis marocain qui est par définition la mieux adaptée à son environnement naturel, compte tenu notamment de la rareté croissante des ressources en eau. Il est probable, cependant, que certains agriculteurs auront eu recours à des semis d’hybrides pollinisés par des plantes kif voisines, même si cela impliquait des rendements réduits.

    Pourtant, interdire la culture d’hybrides ne garantit pas une moindre utilisation de l’irrigation puisque des rendements bien plus élevés peuvent être obtenus avec le kif irrigué qu’avec le kif pluvial. La récolte 2020 pourrait bien s’avérer financièrement intéressante car les graines hybrides coûteuses auront été remplacées par des graines de kif gratuites obtenues à partir des récoltes passées, car les systèmes d’irrigation mis en place pour les hybrides peuvent être utilisés pour augmenter les rendements de kif, et comme le haschisch produit à partir de la atteignant déjà des prix plus élevés au cours des dernières saisons.

    La perturbation causée par la pandémie associée aux restrictions liées à la sécheresse à la culture hybride peut avoir un côté positif puisque les ressources en eau de la région sont trop rares pour permettre la culture d’hybrides à grande échelle à long terme. De plus, le passage massif du kif aux hybrides pourrait contrecarrer les opportunités des agriculteurs marocains de profiter des valeurs intrinsèques et ajoutées de leur terroir, de leur race et de leurs techniques de production traditionnelles (tamisage manuel à sec). Surtout dans un marché déjà saturé de produits de cannabis issus d’hybrides.

    L’avenir de la région du Rif dépend en grande partie de l’avenir de l’industrie du cannabis car le cannabis est l’une de ses rares cultures commerciales rentables. Et l’avenir de l’industrie du cannabis dans le Rif dépend à la fois de pratiques urgentes de conservation des ressources naturelles (en particulier du sol et de l’eau) et du développement d’une culture de cannabis artisanale de haute qualité qui se distinguera sur un marché mondial à croissance rapide et compétitif où les hybrides modernes puissants et les variétés locales rares sont les grandes tendances.

    L’avenir du Rif et celui de son industrie du cannabis sont intimement liés et peuvent être prometteurs à condition de mettre l’accent, sur le terroir, ou sur ce qu’on a appelé le «goût du lieu» en anglais. La pandémie et la sécheresse devraient être considérées comme des opportunités pour le Rif de relancer son agriculture pré-intensive et hybride: en valorisant et en préservant ses caractéristiques géographiques et historiques distinctives, ses pratiques agricoles à faible impact (peu d’irrigation et d’intrants chimiques) , l’originalité et la typicité de son haschich, ainsi que sa qualité.

    Ceci peut être réalisé en préservant la race locale du Rif car seule la variété kif est adaptée aux sols difficiles et aux conditions climatiques de la région du Rif: en préservant le kif, on peut préserver le Rif et vice-versa.

    Au final, seule une réglementation légale rendra possible les réglementations environnementales et agricoles nécessaires en reconnaissant le Rif comme un terroir de cannabis, où le haschisch produit selon des normes biologiques et plus équitables se voit attribuer une appellation d’origine protégée à valeur ajoutée dans un environnement de plus en plus compétitif. marché mondial du cannabis.

    Source :idpc.net, 8 oct 2020

    Tags : Maroc, cannabis, haschich, kif, chanvre, marijuana, drogue, stupéfiants,

  • Banque Chaabi du Maroc : police belge enquête sur blanchiment à Nador, Al Hoceima et Tanger

    Selon le site Kawaliss Arrif, des enquêteurs de la police fédérale belge arriveront prochainement au Maroc dans le cadre d’une investigation concernant des opérations de blanchiment d’argent tiré du trafic de cocaïne moyennant des virements ou ou activités commerciales illégales.

    La police belge, en coordination avec ses homologues marocains, enquête sur les dossiers de blanchiment d’argent, car les recherches menées par la police fédérale ont révélé l’implication de 68 personnes, dont certaines avaient des comptes bancaires à la Banque Chaabi en Belgique avec des actifs financiers importants issus du trafic de cocaïne, indique la même source.

    Malgré les tentatives de la Banque Populaire de dissimuler les opérations de blanchiment d’argent, l’intervention des autorités supérieures de sécurité l’a empêchée en raison de l’existence d’un accord de coopération sécuritaire entre le Maroc et la Belgique, ajoute-t-on.

    L’enquête a révélé l’existence d’opérations de blanchiment d’argent à grande échelle qui concernaient de grands projets, notamment des cafés, des restaurants, l’acquisition de biens immobiliers, des commerces et des boîtes de nuit à Tanger, des parcelles de terrain à Rabat, Tanger, Tétouan, Nador et Agadir, et de grands projets touristiques dans le sud de l’Espagne.

    Kawaliss Arrif signale qu’on s’attend à ce que la recherche révèle des surprises qui feront tomber de grosses têtes, notamment des responsables de collectivités locales dans les régions de Nador et Al Hoceima, des parlementaires et des grands commerçants qui feront l’objet d’une enquête.
    Toutes les succursales de la Banque Chaabi en Belgique sont visées par cette enquête, à savoir:

    Agence du Midi: 20 agents fédéraux.

    Agence Molenbeek-Saint-Jean: 7 agents fédéraux

    Agence d’Anvers: 10 agents fédéraux

    Selon les témoins qui ont lu la lettre de l’enquête, les accusations sont:

    Blanchiment d’argent,

    Fraude économique,

    Pratique d’activités illégales.

    Utilisation abusive des chèques.

    Des directeurs des agences Banque Chaabi ont été entendus, des ordinateurs saisis et des dossiers ont été mis sous scellés.

    Tags : Rif, Hirak, Maroc, blanchiment, trafic, drogue, cocaïne, cannabis, haschich, Banque Chaabi du Maroc, Nador, Al Hoceima, Tanger,

  • Savona – Arrestation d’un réseau de trafic de drogue entre le Maroc et l’Italie


    Les carabiniers ont découvert et bloqué un gang de trafiquants de drogue qui transféraient du haschich et de la cocaïne du Maroc – via l’Espagne – et approvisionnaient la Ligurie, le Piémont et une partie de la Lombardie.

    L’Unité d’enquête du Commandement provincial des carabiniers de Savone, à Alexandrie et Novi Ligure (AL), assistée de leurs collègues de Novi Ligure, a exécuté une ordonnance d’application d’une mesure de précaution personnelle rendue par le juge des enquêtes préliminaires de la Cour ordinaire d’Alexandrie, à la demande du parquet d’Alexandrie, contre ELGHARIB Kacem et BOUKHAIRAT Rachid, tous deux marocains de 33 ans, pour délits de trafic de drogue et d’extorsion.

    La mesure de précaution est née dans le cadre d’une enquête menée par l’Unité d’enquête des carabiniers de Savone dénommée « Souk Express », concernant une association criminelle opérant dans les provinces de Savone, Gênes, Alessandria et Bergame, constituée de ressortissants du Maghreb, dédiée au trafic de grandes quantités de drogues telles que le haschich et la cocaïne.

    Les envois de drogues, en provenance du Maroc et d’Espagne, ont atteint la Ligurie par le transport routier, ou par l’utilisation de véhicules articulés (pour le haschich) et de voitures soigneusement modifiées (pour le transport de cocaïne).

    Au sommet de l’équipe criminelle a été identifié cet ELALOUI Said, un Marocain de 37 ans résidant à Novi Ligure (AL), qui opérait avec l’aide de subordonnés de confiance, en charge d’organiser les voyages et de recruter ceux qui devaient transporter la drogue.

    SAID était également propriétaire d’une société d’import-export de véhicules à Novi Ligure, qui au fil des ans avait acheté divers véhicules d’occasion, proposés à la vente par des particuliers ou des concessionnaires, puis utilisés pour le transport de stupéfiants.

    L’enquête menée par l’Unité d’enquête des carabiniers de Savone, lancée en 2018 et coordonnée dans un premier temps par le parquet de Savone puis par celui d’Alexandrie, a permis de déceler une image complète des associés et des moyens de transport qu’ils utilisaient, des drogues, les sujets qui ont émergé étaient également déjà connus de ce commandement, car ils étaient impliqués dans des activités antidrogue similaires.

    Les enquêtes ont permis de découvrir comment les suspects avaient élargi leur champ d’action, ainsi que dans ce domaine, également dans le Bas-Piémont et en Lombardie, avec des objectifs évidents visant à consolider leur présence dans ces zones.

    La morphologie de la province de Savone, caractérisée par la présence de ports et de carrefours routiers (il suffit de penser aux ports maritimes, à l’Autostrada Dei Fiori et à Turin – Savona, qui grâce à l’utilisation des sorties et des routes intermédiaires vous permettent d’accéder facilement différentes villes du Piémont), il était bien adapté aux objectifs et aux besoins de l’association criminelle.

    Le suivi des «mouvements» des suspects a permis à l’Unité d’investigation, le 28 février 2019, de procéder à l’arrestation en flagrant délit d’ELALOUI Said et ELGHARIB Kacem, 33 ans marocain, dans le cadre d’activités de lutte contre le trafic de drogue préparé en collaboration avec la société Carabinieri de Novi Ligure. Le service était issu d’une analyse des mouvements des suspects, qui avait permis d’identifier l’arrivée dans notre pays, et plus précisément dans la province d’Alexandrie, en provenance d’Espagne et passant par la Ligurie, d’un grand lot de médicament.
    La découverte de grandes quantités des deux différents types de stupéfiants, le haschisch et la cocaïne, a permis de comprendre comment le groupe criminel a pu s’approvisionner, délocaliser et gérer divers marchés illicites en Ligurie, dans le Bas-Piémont et en Lombardie.

    En outre, certains suspects, afin de résoudre certains problèmes qui se sont posés entre eux, provenant de conflits au sein de la gestion de la pègre, ont procédé à de véritables agressions physiques et extorsion, battus et menacés avec des couteaux et autres objets contondants leurs clients en retard de paiements. pour les fournitures de médicaments.

    Les enquêtes menées sur la drogue saisie par les laboratoires d’analyse des substances narcotiques des Carabinieri, ont certifié l’excellente qualité des marchandises, certifiant en outre la compétence et la capacité pénale des suspects:

    – à partir de 90 Kg de haschich, divisé en 880 comprimés, environ 850 000 doses de dopage moyennes ont pu être obtenues, pour une valeur totale de plus de 5 000 000 euros;

    – à partir de 20 gr. de cocaïne, divisé en 8 boyaux, 102 doses de dopage moyennes ont pu être obtenues, pour une valeur totale d’environ 5 000 euros.

    L’enquête a rapidement révélé que le financement, la planification, l’organisation et la cruauté avec lesquels le marché de la drogue illicite était géré étaient la seule activité et source de revenus d’ELALOUI Said et de ses associés.

    A l’issue de l’enquête, un total de 6 personnes d’origine marocaine, âgées de 33 à 39 ans, ont été dénoncées à l’autorité judiciaire compétente.

    Le 3 octobre 2020, une ordonnance d’application d’une mesure conservatoire rendue par le G.I.P. de la Cour d’Alexandrie, soumettant:

    • ELGHARIB Kacem, déjà incarcéré à Alessandria, à l’interdiction de rester sur le territoire de la municipalité de Novi Ligure;

    • BOUKHAIRAT Rachid en garde à vue en prison.

    Les arrêtés étaient tous deux associés à la prison d’Alexandrie

    Source : liguriaoggi.it, 8 oct 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, Italie, drogue, cannabis, cocaïne, stupéfiants, haschich, kif,

  • Italie : Marocain de 27 ans dénoncé pour trafic de cocaïne

    Carrara. La police dénonce un citoyen marocain pour trafic de cocaïne et résistance à un agent public

    La police d’État du Commissariat de Carrare, dans le cadre d’une stratégie globale de lutte contre le trafic de drogue, a dénoncé un citoyen du Royaume du Maroc âgé de 27 ans pour avoir trafiqué et résisté à un agent public. En particulier, le dimanche 4 septembre, les agents de la police d’État ont remarqué un homme à bord d’une bicyclette se conduisant de manière suspecte dans le quartier d’Avenza, le sujet a donc reçu l’ordre de s’arrêter pour être soumis à un contrôle. A la vue des agents, cependant, le citoyen non-européen s’est enfui, s’engageant dans le mauvais sens sur des routes même à fort trafic, constituant un réel danger pour la sécurité des personnes affectées par la circulation routière.

    Au bout d’un moment, l’état-major de la brigade volante du Commissariat a réussi à retrouver le sujet et après l’avoir soumis à une fouille personnelle, ils ont décidé d’aller vérifier son domicile. A l’intérieur d’une cave appartenant au domicile du sujet, un véritable kit pour la vente a été retrouvé: une dose de cocaïne enveloppée dans un emballage cellophane, divers autres bouts de matériel pour le conditionnement du médicament totalement compatible, pour la couleur et la forme, à celle utilisée pour la cocaïne liée à la saisie et enfin un slingbar de précision allumé et fonctionnel, utilisé pour diviser les doses pour être ensuite destinées à la vente au détail. Pour ces raisons, le pousseur a été déféré en état de liberté à l’A.G. tant pour la possession de stupéfiants à des fins évidentes de trafic que pour la résistance à un agent public lors du contrôle de police.

    Source : Il Metropolitano, 5 oct 2020

    Tags : Italie, Maroc, trafic, cocaïne, drogue, cannabis, haschich, marocain, 

  • Mechelen : Marocain condamné à 5 ans de prison pour tentative de meurtre

    Cinq ans de prison pour tentative de meurtre au disco Copacabana

    Sliman B. (30 ans), malinois, a été condamné par le tribunal correctionnel d’Anvers à cinq ans de prison, dont deux ans fermes, et à une amende de 4 000 euros pour tentative de meurtre sur la personne de Mathy A. Il avait tué un homme l’année dernière après une dispute à la discothèque Copacabana à Kontich.

    Sliman B. et la victime Mathy A. se sont disputés dans la boîte de nuit tôt le matin du 26 mai 2019. En raison de la quantité d’alcool consommé, auucun des deux ne se souvient des détails de ce qui s’est passé. Selon plusieurs témoins, l’accusé a reçu un coup de pied de Mathy A.

    Mathy A. est ensuite partie à pied avec des amis. Sliman B. était monté dans sa voiture en colère. «Je l’ai renversé. J’ai déjà été incarcéré au Maroc », aurait-il déclaré, selon un témoin. Cependant, la défense a nié cela.

    Sliman B. a tourné sur Grote Steenweg en direction de Kontich et est passé juste devant la victime, qui marchait dans la même direction. Mathy A. l’aurait appelé pour revenir. Quatre cents mètres plus loin, Sliman B. se retourna. Selon des témoins, Mathy A. se tenait sur la chaussée, après quoi l’accusé l’a défensé lui sans freiner.

    Tentative d’homicide

    L’expert en circulation a calculé que l’impact s’est produit à une vitesse de 38 à 44 kilomètres à l’heure. Mathy A. a été catapultée dans un pâturage. Il avait une cuisse fracturée, une vessie rompue, six côtes fracturées, un poumon effondré et des blessures à la tête. Il était également dans le coma pendant un certain temps.

    Sliman B. a déclaré qu’il s’était retourné parce qu’il avait commis une erreur et a nié que la collision était intentionnelle. La défense avait demandé une requalification pour « voies de fait et coups et blessures accidentelles ».

    Cependant, le tribunal a estimé que les faits étaient correctement qualifiés de «tentative de meurtre». «Les faits sont très graves. L’accusé, sous l’influence de l’alcool et de la drogue, a réagi de manière totalement disproportionnée à un conflit avec la victime », a-t-il déclaré dans le verdict.

    Le prévenu a été condamné à cinq ans de prison, dont deux fermes et le reste avec un sursis, lié aux conditions. Il doit suivre un cours de contrôle des agressions, a été interdit de consommation de drogues et d’alcool, ainsi que d’une interdiction de cinq ans sur les voyages non professionnels.

    Mathy A. s’est vu octroyer des dommages-intérêts provisoires de 25 000 euros.

    Source : Gazet van Antwerpen, 5 oct 2020

    Tags : Belgique, Maroc, Antwerpen, Anvers, tentative de meurtre, meurtre, alcool, drogue, 

  • Belgique : De 6 à 8 ans de prison pour une famille marocaine qui vendait de la cocaïne à Borgerhout


    Jusqu’à huit ans de prison pour une famille qui vend de la drogue dans les bars

    BORGERHOUT – Trois membres de la famille D. ont été condamnés à six à huit ans de prison pour avoir échangé de la cocaïne à grande échelle pendant des années depuis deux cafés du Turnhoutsebaan à Borgerhout. Alors qu’ils utilisaient le produit de leur commerce lucratif pour acheter des biens immobiliers au Maroc, les trois accusés de notre pays en ont également tiré profit, car ils n’avaient «officiellement» pratiquement aucun revenu. «Rejetable», a conclu le tribunal.

    Abdelhakime D. (63 ans) et son cousin Mostafa (33 ans) ont organisé le trafic de drogue depuis le café Mesira. Mustapha D. (61 ans), frère d’Abdelhakime et père de Mostafa, a fait de même depuis le café Oriëntal. Ils ont travaillé avec des hommes de façade en tant que chefs d’entreprise et ont embauché des immigrants illégaux pour vendre la drogue. Si ces immigrants illégaux étaient arrêtés, ils recevaient de l’argent pour ne pas coopérer à l’enquête.

    Propriétés

    En février 2016, l’un de ces immigrants clandestins s’est adressé à la police. Il a déclaré que Mostafa D. lui avait payé 50000 euros pour commettre des infractions liées aux drogues. L’homme a déclaré que la famille était active dans le commerce de la drogue depuis 20 ans. Les bénéfices ont été dissimulés dans toutes sortes de choses, comme l’électronique, et envoyés au Maroc. Là, l’argent de la drogue était investi dans l’immobilier et dans l’économie locale, comme une boulangerie et un car-wash. La sœur aînée a tout géré là-bas.

    Sept paxons de cocaïne ont été découverts lors d’une perquisition à domicile au café Mesira le 17 décembre 2018. La police a trouvé un sac contenant 581 grammes de cocaïne à Mustapha D. Il a été le seul à avouer qu’il avait sporadiquement vendu de la drogue à un nombre limité de personnes, mais a affirmé n’avoir rien à voir avec les cafés.

    Dans l’intervalle, les finances de la famille D. ont également été étudiées, avec une attention particulière pour les propriétés au Maroc. Abdelhakime et Mustapha se sont avérés avoir plusieurs contrats pour l’eau et l’électricité à Al Hoceima et Imzouren, mais comme il n’y a pas d’obligation d’enregistrement au Maroc, ils ont réussi à garder leurs propriétés hors de portée de l’État belge.

    Abdelhakime et Mustapha D. ont été condamnés à huit ans de prison et à une amende de 120 000 euros, Mostafa D. à six ans de prison et à une amende de 48 000 euros. Six employés ont été condamnés à des peines de prison allant de deux ans à 40 mois et à des amendes allant jusqu’à 16 000 EUR. Le tribunal a confisqué des avoirs illégaux pour un montant de 571 000 €.

    Source : Het Newsblad, 6 oct 2020

    tags : Belgique, Maroc, cocaïne, drogue, stupéfiants, trafic, Borgerhout, Abdelhakime D., Mustapha D., blanchiment,

     

  • Maroc : Et si on légalisait le cannabis ? (Dossier)

    Source : TelQuel (Maroc) n°233 du 17/07/06

    Par Ahmed R. Benchemsi et Bart Schut

    Avant d’être adoptée par TelQuel, cette position sur la légalisation du cannabis a été soumise au vote en conférence de rédaction, vendredi 16 juin. Nous étions 8. Résultat : 5 pour, 1 contre et 2 abstentions.

    Les hurleurs vont hurler, les moralisateurs moraliser, les pleureuses pousser des wili wili stridents… Mais voilà, c’est fait : la question est enfin posée frontalement, et mise en valeur comme elle le mérite. Il était temps. Ce débat planétaire n’avait pas encore été ouvert chez nous, alors que nous sommes, en tant que citoyens du premier pays producteur mondial de haschich… les premiers concernés !

    Des arguments pour légaliser, il y en a pléthore. Nous avons choisi – et nous l’assumons – de mettre en avant ceux-là, à l’exclusion des autres. Il y a sans doute des contre-arguments valables. Que ceux qui les défendent les mettent en avant, ce sera assurément plus intelligent – et plus instructif – que de récriminer aveuglément contre TelQuel. Ce pays manque cruellement de débats de fond, espérons que celui-là prendra.

    Mais allons, pour être cohérents, au bout de notre logique : la seule personne qui détienne assez de pouvoir pour prendre cette décision, c’est le roi Mohammed VI. La prendra-t-il ? Il est permis d’en douter.

    C’est d’abord son statut d’Amir al Mouminine qui pourrait l’en empêcher. On le dit haram, mais tout comme l’alcool, le cannabis n’est pas explicitement interdit par l’islam. Il l’est de manière détournée – et contournable, pour peu qu’on fasse l’effort d’Ijtihad [interprétation ouverte des textes, note de Raph] nécessaire. Sauf que les Marocains n’y sont pas prêts. Ils sont prêts à inonder le marché mondial de kif made in Morocco, prêts à fumer un milliard de joints par an (authentique !), oui… mais pas encore prêts à admettre tout ça. Le second obstacle, c’est l’opinion internationale – traumatisante, comme on le sait, pour nos officiels. Si nous légalisons, il est à parier que l’Occident réagira en vierge effarouchée, oublieux des politiques de légalisation et de dépénalisation du cannabis qui ont cours sur son sol.

    Pour toutes ces raisons, et connaissant le tempérament prudent et réservé de notre roi, il est peu probable que le cannabis soit légalisé au Maroc – production, commerce et consommation, comme nous le préconisons. Ce serait pourtant une décision historique, une première à l’échelle mondiale, et qui serait sous-tendue par un argument de souveraineté imparable : “le bien de mon peuple d’abord”… Sur les 6 pages suivantes, nous expliquons pourquoi.

    A.R.B

    Soyons clairs. Ce que nous proposons de légaliser

    Légalisation, tolérance, décriminalisation, dépénalisation : facile de se perdre dans cet embrouillamini de termes juridiques. Juridiquement parlant, voici ce que nous entendons exactement, dans ce dossier de TelQuel, par “légalisation” : une acceptation légale entière de la consommation, la production, le transport et la vente de tous les produits dérivés du cannabis (et principalement la résine, dite haschich), à l’intérieur des frontières du royaume.

    Soyons honnêtes : aucun pays au monde, jusqu’à présent, n’est allé aussi loin. Pas même les Pays-Bas, pays le plus tolérant au monde s’agissant du cannabis. Là-bas, tout ce que nous avons cité plus haut est légal, sauf la production et le transport. Pourquoi aller plus loin ? Tout simplement parce que le Maroc est non seulement un pays producteur mais le premier producteur au monde de résine de cannabis. Limiter le vŚu de légalisation à la consommation aurait consisté à reconduire une hypocrisie qui a fait suffisamment de ravages, au Maroc et dans le monde. Légaliser la production de cannabis, la plus importante ressource naturelle que Dieu ait accordé à ce pays, ne serait d’ailleurs qu’un pas “officiel” à franchir, puisque sur le terrain, elle est très largement tolérée – et visible sans effort, et sans quitter la route nationale, pour quiconque effectue le trajet Fès-Ketama. Pourquoi limiter notre scénario à l’intérieur des frontières du royaume ? Parce que nous sommes libres de promulguer nos propres lois, mais pas de changer celles des autres. L’évidence même.

    Six raisons pour le faire

    1. Les consommateurs ne seraient plus des criminels

    Il y a peu de chances, cher lecteur, que vous soyez un producteur de cannabis. Il y en a nettement plus, en revanche, que vous en soyez un consommateur – ou, au moins, que vous ayez des amis qui le soient. De près ou de loin, vous êtes de toute façon concerné par une hypothétique légalisation du cannabis. L’effet le plus important que cela aurait, en effet, serait la décriminalisation de centaines de milliers de personnes dans notre pays. Pas seulement les fumeurs, mais aussi ceux qui les connaissent et ne les dénoncent pas (et qui sont légalement considérés, aujourd’hui, comme “complices”).

    Imaginez que vous puissiez allumer un joint dans votre salle de séjour, sans que vos amis non-fumeurs commencent à gigoter sur leurs sièges, en baissant la voix et en regardant autour d’eux pour s’assurer que toutes les personnes présentes sont fréquentables… Imaginez que vous puissiez entrer dans un magasin (comme à Amsterdam) et dire : “10 grammes s’il vous plaît !” Finis, les rendez-vous louches dans les voitures des dealers. Finis, les coups de fil tardifs à vos amis quand vous êtes à court de “matière première”. Plus besoin de tout cela ! Vous pourriez garder votre réserve personnelle au placard (ou sur votre table de cuisine) et si vous êtes à court de marchandise, il vous suffira d’aller au magasin du coin, ou de rencontrer votre dealer, en plein jour et en tout bien tout honneur, pour vous approvisionner. La vie ne serait-elle pas beaucoup plus simple ainsi ?

    Le fait est qu’aujourd’hui, des centaines de milliers de nos compatriotes sont condamnés par une loi que tout le monde transgresse d’une façon ou d’une autre. Les chiffres fournis par Altadis (ex Régie des tabacs) concernant la vente du papier et du tabac à rouler au Maroc, nous mènent à cette ahurissante conclusion : plus d’un milliard de joints sont fumés (donc plus d’un milliard d’infractions sont commises) chaque année au Maroc ! Des centaines de milliers de citoyens, honnêtes comme vous et moi, commettent ainsi, chaque jour, un “crime” qui ne consiste, en fin de compte, qu’à satisfaire une envie personnelle – comme d’autres le font en allumant une cigarette ou en ouvrant une bouteille de Cabernet, sans déranger personne.

    Ce n’est pas seulement le consommateur qui y gagnerait à ne plus être considéré, ni traité comme criminel. Les non-fumeurs se sentent en effet mal à l’aise quand du haschisch circule dans une réception, surtout quand ce sont eux qui reçoivent. Si la police fait une descente à votre domicile et qu’elle y trouve des stupéfiants (qu’ils soient à vous ou pas), c’est vous qui devrez vous en expliquer devant un juge !

    C’est évident : c’est une question morale qui se pose. Si l’Etat considère ses citoyens (qui peuvent être des consommateurs de cannabis) comme des individus sérieux et mûrs qui ont le droit de voter, défendent leurs pays en temps de guerre, contribuent à sa richesse en payant leurs impôts… pourquoi ne leur donnerait-il pas le droit de gérer leur vie privée (et les éventuels risques pour leur santé – lire encadré ci-contre) comme ils l’entendent ? Toute liberté supplémentaire octroyée au peuple est un signe de maturité et d’émancipation, non seulement pour le consommateur-citoyen mais pour l’Etat lui-même. Par ailleurs, la légalisation aurait pour e ffet de diminuer le prix de la marchandise (lire plus loin). Encore une raison, pour les fumeurs, de continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait, mais cette fois avec un (plus) grand sourire…

    2. Les producteurs deviendraient honorables

    On a vu à quel point la décriminalisation changerait la vie du consommateur. Imaginez, maintenant, la vie du producteur… Elle changerait de fond en comble, et pour toujours ! Selon les estimations conjointes de l’Agence pour le développement du Nord et des Nations Unies, quelque 100 000 familles rifaines, soit 800 000 personnes, dépendent directement de la culture du cannabis. Tous ces gens sont donc, à aujourd’hui, des hors-la-loi.

    Une fois légalisé, le cannabis deviendrait un produit agricole comme un autre. Oubliée, l’épée de Damoclès planant en permanence sur des centaines de milliers de têtes ! Oubliées, les poursuites arbitraires contre quelques cultivateurs (forcément des boucs émissaires, vu l’ampleur des cultures). Oubliées, les destructions intempestives des récoltes et les appauvrissements collectifs dramatiques et sans issue qui en résultent ! Imaginez l’effet d’un tel changement sur la psychologie de ces populations qui se sentent exclues de notre société depuis plusieurs décennies. Imaginez les Rifains se sentant enfin des citoyens actifs, productifs, et respectés…

    Mais l’effet serait loin d’être uniquement psychologique. Une fois le cannabis légalisé, plus aucun obstacle n’empêcherait les cultivateurs d’étendre leur production. L’augmentation prévue du flux touristique dans le nord du pays entraînerait l’augmentation de la demande et, par ricochet, celles de la production et des revenus des cultivateurs et de leurs familles. Mieux, les cultivateurs pourraient s’impliquer dans la transformation de leur production brute (bottes de kif) en résine de cannabis consommable ; ils pourraient même en assurer le transport, voire la distribution – trois processus actuellement contrôlés par les mafias. Après la légalisation, les chefs mafieux n’auraient alors plus que les choix suivants : se convertir au commerce légal (ce qu’ils hésiteraient à faire, vu que leur marge bénéficiaire s’en trouverait fortement réduite) ; abandonner le commerce du cannabis (à cause, là encore, des marges désormais faibles) ; ou axer leurs activités sur l’exportation vers l’Europe (un créneau juteux mais qui resterait dangereux, car toujours illégal – sauf dans le cas improbable d’une révolution culturelle européenne). Dans les deux premiers cas, les effets de la légalisation seraient spectaculaires : des centaines de criminels mafieux n’auraient plus, du jour au lendemain… aucune raison de le rester !

    S’il n’est plus besoin de graisser la patte aux policiers ou aux gendarmes, si le producteur comme le transporteur de haschisch ne courent plus aucun risque, le cultivateur pourra enfin commencer à gagner sa vie décemment, en récupérant les marges de ses anciens “maîtres” mafieux. Ceux qui ont étudié la question ou ceux qui ont été faire un tour dans les montagnes rifaines le savent : actuellement, ce ne sont pas les petits cultivateurs qui roulent dans de grosses 4×4, mais bel et bien les gros barons.

    Les cultures alternatives ? On en parle depuis 50 ans mais toutes les études le démontrent : vu la nature ingrate du sol montagneux rifain, la plus lucrative des cultures alternatives est cinq fois moins rentable que celle du kif. Et cette dernière, vu ses conditions actuelles, permet à peine la survie des cultivateurs, coincés entre la double pression de la mafia de la drogue et des autorités. Tout cela ne peut plus durer… N’ayons pas peur de ce constat : à moins d’envisager un exode massif des paysans rifains, la seule manière de leur garantir des conditions de vie un minimum décentes est d’envisager la légalisation du cannabis.

    3. Une source majeure de corruption disparaîtrait

    Là où il y a délit, il y a corruption. La production, le trafic et la consommation sont des délits, et la corruption est une incontournable réalité dans le Rif – même s’il est, évidemment, impossible de la chiffrer. La grande question est donc : si on légalise le cannabis, le volume de la corruption dans le Rif baissera-t-il significativement ?

    À en croire l’ONG Transparency Maroc, chaque transaction économique légale dans notre pays engendre, en moyenne, un surcoût de 10 à 15% généré par la corruption. Même légalisé, le commerce du cannabis pourrait donc rester (au moins en partie) une activité “au noir” – tout comme le bâtiment ou le transport le sont aujourd’hui, dans l’unique souci d’augmenter les marges bénéficiaires des acteurs de ce commerce. Mais il y a tout de même une différence majeure : aujourd’hui, les intervenants dans le marché du cannabis sont obligés de corrompre, ils n’ont pas le choix. Demain, si le cannabis est légalisé, ils auront le choix. Fatalement, ils seront moins nombreux à faire ce choix. Et ceux qui le feront paieront de toute façon moins qu’avant, puisque “couvrir” du commerce au noir “coûtera” forcément moins cher que “couvrir” le trafic d’un produit illégal. L’un dans l’autre, la légalisation induira donc une baisse conséquente de la corruption.

    Mais ne rêvons pas trop… L’export restera le débouché le plus lucratif pour le haschich marocain et il restera illégal. Le chemin vers Algésiras restera donc truffé d’officiels qui prélèveront leur part sur le trafic. Mais au moins, les agents d’autorité (policiers et gendarmes) chargés aujourd’hui de réprimer le trafic intérieur, devront réfléchir à un autre moyen d’arrondir leurs fins de mois. Sans oublier leur hiérarchie, qui pourra les réaffecter tous (et ils sont nombreux) à d’autres tâches. Comme, par exemple, renforcer le contrôle aux frontières, pour rendre celles-ci plus étanches aux trafiquants internationaux, qui seront restés des hors-la-loi. Un bon argument pour mieux “vendre” notre processus de légalisation à des Etats européens qu’on imagine déjà sceptiques…

    4. Les recettes fiscales exploseraient

    Les effets macro-économiques de la légalisation du cannabis sont bien sûr difficiles à prévoir. Un expert en économie agricole prévoit néanmoins, en cas de légalisation, “un enrichissement des populations du Rif qui gonflerait notre PIB, car actuellement les énormes revenus du cannabis ne sont pas comptabilisés dans les statistiques nationales”. Du PIB, sans doute. Mais quid des recettes fiscales ? Depuis 1984, l’activité agricole au Maroc est exonérée d’impôts. Or, le cannabis est clairement un produit agricole. Sera-t-il exonéré aussi ? Rien n’y oblige l’Etat. La légalisation serait déjà une mesure juridique exceptionnelle, alors pourquoi pas, en prime, une petite exception fiscale ? Les cultivateurs, à n’en pas douter, préféreraient de loin payer des impôts pour avoir le droit d’exercer légalement, plutôt que continuer à vivre sans impôts, mais dans le mensonge et la peur… Et de toute façon, l’exonération fiscale de l’agriculture doit normalement s’achever dans moins de quatre ans, en 2010. L’ONU estime le revenu global des cultivateurs marocains de cannabis (sans compter celui des trafiquants) à 3,5 milliards de dirhams par an. Même en imaginant que ce chiffre ne bouge pas en cas de légalisation (alors qu’il y a de très fortes chances qu’il fasse plutôt un bond en avant), les recettes fiscales sur un tel chiffre d’affaires rendraient indiscutablement le sourire à M. Oualalou, notre bon ministre des Finances. Le gouvernement pourrait décider d’affecter cette manne supplémentaire à l’amélioration de l’infrastructure des provinces du nord et par conséquent, à renforcer les liens avec les Rifains et dissiper leur suspicion envers Rabat…

    5. Les touristes viendraient par millions

    Oui, il y aura foule ! Pas besoin d’être visionnaire p our prévoir, en cas de légalisation du cannabis, un raz-de-marée touristique sur le Maroc. Il ne sera plus question de 10 millions de touristes, mais (au moins) du double ! Sans compter ceux qui préfèrent les plages de la Costa Del Sol, mais qui ne pourront s’empêcher (s’ils sont fumeurs) de faire – au minimum – un petit saut de 24 heures à Tanger ou Tétouan.

    “Le Rif : mer, montagne et cannabis”, voilà un slogan qui ferait rêver des millions de touristes européens et américains. Chaouen deviendrait le centre d’une économie touristique prospère, au même titre que Nador, Al Hoceïma – bref, toutes les villes desservies par ferry depuis la péninsule ibérique. En attendant les aéroports internationaux… Pour répondre à l’afflux de touristes, les investissements hôteliers et de loisirs (nationaux ou étrangers) se multiplieraient. Et qui sait, les MRE originaires de la région (la grande majorité de ceux qui résident en Belgique et aux Pays-Bas) pourraient voir un nouvel Eldorado là même où ils ont leurs racines et leurs familles…

    Mieux encore : pensez à ce qui pourrait arriver à Casablanca ! Aujourd’hui ville d’affaires qui n’offre que peu d’attraits touristiques, la Ville Blanche – ou plutôt la Ville Verte – deviendrait la nouvelle Amsterdam de l’Afrique. Pensez à tous les touristes que les “hanout-qahoua” (ce serait rigolo, d’appeler nos coffee-shops comme ça) pourraient attirer… Casablanca ne sera plus cette ville où les touristes en route vers Marrakech passent le moins de temps possible. Elle deviendrait enfin la ville mythique et pleine d’aventures d’Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, celle-là même qui fait fantasmer les Occidentaux depuis la sortie du fameux film éponyme, dans les années 40. Casablanca pourrait exploiter sa situation stratégique et son aéroport international pour changer de statut : elle cesserait d’être un centre de transit peu attractif, et deviendrait une destination conviviale, qui ouvrirait les portes d’un royaume encore plus séduisant. Amsterdam l’a fait, et a fait fortune. Pourquoi pas Casa ?

    6. Le monde ne nous en voudrait pas (trop)

    Ne nous y trompons pas : si nous décidons de légaliser le cannabis, les consommateurs de toute la planète applaudiront mais certainement pas leurs gouvernements. L’Espagne appelle le Maroc, depuis longtemps, à lutter plus sérieusement contre le trafic de hasch. Nos deux alliés les plus importants, la France de Chirac et les Etats-Unis de Bush, ont toujours milité en faveur d’une politique anti-drogue fortement répressive. Si nous légalisons le cannabis, le Maroc ne risque-t-il pas d’être perçu comme un narco-Etat, une nation paria au ban de la communauté internationale ? Pas nécessairement…

    Si nous avons le droit souverain d’agir sur notre législation, nous devrons continuer à tenir compte de celle des autres. L’Occident continuera à interdire l’importation de cannabis sur son sol ? Soit. Dans ce cas nous combattrons son exportation. Sérieusement, cette fois, et dans une logique économique inédite : celle d’empêcher la fuite des capitaux. Raisonnement : pourquoi réaliser un chiffre d’affaires colossal en Europe (avec le risque que l’argent y reste), alors que nous pouvons réaliser le même chiffre d’affaires chez nous (et grossir d’autant notre épargne nationale) ? Slogan : “Nous ne pouvons pas vous envoyer notre haschich, venez le fumer ici !”

    Dans un sens, le système des coffee-shops néerlandais a toujours fonctionné ainsi. Même si la légalisation du cannabis a suscité en son temps des torrents de critiques (notamment de la part de la France et de la Suède) elle n’a jamais porté préjudice aux Pays-Bas sur un plan diplomatique, ni menacé le prestige de ce pays au sein de la communauté internationale. Les plus conservateurs parmi les Etats européens ont fini par s’y habituer, après un (léger) froncement de sourcils qui n’a guère duré plus que quelques années.

    Et les Etats-Unis ? Le cannabis marocain, pour faire simple, est le dernier de leurs soucis. Leur guerre contre la drogue est quasi exclusivement axée sur la cocaïne et vise notamment le Mexique (pour le trafic) et la Colombie (pour la production). Le Maroc n’a pas à s’inquiéter de ce côté-là, quand on sait que Washington, Paris ou Madrid nous considèrent comme un allié incontournable dans une guerre autrement plus importante que celle contre la drogue : celle contre le terrorisme.

    La question préalable. Est-ce dangereux, oui ou non ?

    Dans quelle mesure la consommation de haschich est-elle réellement nuisible à la santé ? Le débat est souvent très politisé, voire outrageusement passionné. Quand les opposants à la légalisation dénoncent (et exagèrent souvent) les effets nuisibles du cannabis sur la santé, ses avocats réfutent l’argument médical et vont jusqu’à faire l’éloge de ses vertus médicinales. C’est sans doute excessif, dans les deux sens.

    Les effets physiques de la consommation de cannabis sont très limités. Il a un effet calmant et relaxant qui procure un sentiment de bien-être mais pas d’euphorie. Les effets diminuent à mesure que l’organisme s’y habitue mais sans créer pour autant de dépendance. Fumé en grande quantité, le haschich devient non pas une addiction mais une habitude. Une habitude tenace, sans doute, mais une habitude quand même. Dire que la consommation de cannabis conduit inévitablement à la consommation de drogues dures est scientifiquement infondé.

    Comme pour les autres “drogues”, le phénomène de l’addiction dépend moins de la substance consommée que de la psychologie du consommateur… ou de facteurs héréditaires. En tout cas, comparer les effets du haschich à ceux de la cocaïne ou de l’héroïne est aberrant. On ne peut même pas comparer la dépendance au cannabis à celle à l’alcool ou à la nicotine. La dépendance au cannabis est plutôt comparable à celle à la caféine. Quand on y est habitué, on a du mal à s’en passer, mais si on s’en passe quand même, aucun symptôme physique n’apparaît. Etrange, pourtant : jamais personne n’a appelé à l’interdiction de Nescafé…

    Par ailleurs, il n’est pas facile d’évaluer correctement les effets du haschich sur la santé, pour la simple raison que ça ne se fume jamais seul, mais toujours avec du tabac – produit qui a déjà, tout seul, des effets négatifs sur la santé, et qui engendre une addiction. L’effet conjugué du cannabis et du tabac est indubitablement nuisible à la santé du fumeur, mais de nombreux médecins affirment que “le goudron et la nicotine sont les pires substances qu’un consommateur puisse trouver dans son joint”.

    Les études qui ont démontré que la consommation du cannabis diminue les capacités de concentration ou provoque des pertes de mémoire, voire de la schizophrénie, sont discutables – et largement discutées. Il n’est d’ailleurs pas inintéressant de noter que ces études proviennent généralement des pays les plus farouchement anti-cannabis (Etats-Unis, France, Suède…). Or, ce sont les gouvernements de ces pays qui financent ces mêmes études. En revanche, des recherches récentes menées au Royaume-Uni ont démontré que le cannabis a un effet positif sur les cancéreux en traitement (ça diminue les douleurs liées à la chimiothérapie), et aussi sur les personnes atteintes de sclérose en plaques, de douleurs menstruelles, d’asthme, du sida, de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer et… d’alcoolisme.

    Alcool et tabac. La grande hypocrisie

    Difficile d’expliquer valablement pourquoi le cannabis est interdit, alors qu’on peut acheter librement tabac et alcool à tous les coins de rue. De fait, les dommages causés, aux personnes comme à la société, par ces deux drogues légalisées, sont infiniment plus importants que ceux causés par le haschisch. Le tabac entraîne une dépendance forte (et prouvée), et est de surcroît très coût eux pour la société. Pensez au nombre de personnes qui souffrent de maladies liées au tabac, comme le cancer des poumons et les maladies cardio-vasculaires, et à ce que coûte leur traitement…

    L’alcool est pire, encore. Non seulement il provoque une grande dépendance, mais il provoque un énorme changement sur le comportement de celui qui le consomme. Pensez à ce clochard au pantalon sale qui va nu-pieds dans les rues, qui parle tout seul, qui invective “el houkouma” à tout bout de champ, et que vous faites semblant d’ignorer à chaque fois… Ce n’est pas le cannabis qui lui fait ça, mais, à tous les coups, l’alcool. Posez-vous la question : pourquoi les bagarres ont-elles toujours lieu devant (ou dans) des bars ? Justifier l’interdiction de l’alcool (les Américains l’ont fait dans les années 1920, mais ça n’a rien donné) serait beaucoup plus simple que justifier celle du cannabis. Et pourtant…

    D’autres l’ont fait. Des exemples pour le Maroc ?

    Les Pays-Bas ont sans doute la politique la plus tolérante dans le monde en matière de cannabis. Ce pays est souvent considéré comme l’exemple d’une légalisation réussie. Sa dépénalisation de la possession de haschisch (à condition de ne pas en détenir plus de 30 grammes) n’est pas unique en Europe. La plupart des pays de l’Union européenne tolèrent, en effet, la consommation de cannabis. Mais les Pays-Bas sont allés plus loin.

    Qui n’a pas entendu parler de ces fameux “coffee-shops” d’Amsterdam où l’on peut commander en toute liberté une grande variété de haschich ou de marijuana, comme on commanderait un Coca light ou un jus de pomme ? Pour avoir l’autorisation d’exploiter un coffee-shop, le propriétaire doit se conformer à des règlements très stricts imposés par le gouvernement concernant l’hygiène, les taxes (!), l’interdiction de vendre des drogues dures (cocaïne, héroïne) et l’interdiction de vendre aux mineurs. Les propriétaires respectent religieusement ces règlements. Pas fous ! Ils savent qu’ils sont assis sur une mine d’or et pour rien au monde, ils ne courraient le risque de perdre leur licence.

    Autre exemple intéressant : la légalisation de facto en Bolivie. À l’instar du Rif, une grande partie de la population de ce pays d’Amérique du Sud dépend économiquement de la production de drogues illicites. Seulement, en Bolivie, ce n’est pas le cannabis mais la plante de coca qui nourrit les familles de fermiers – qu’on appelle d’ailleurs les cocaleros. Bien sûr, la production, la vente et la consommation de cocaïne – le produit dérivé le plus connu de la plante de coca – est interdite en Bolivie. Cela dit, la culture de coca ne gêne en rien la plupart des Boliviens (idem pour les Péruviens, les Colombiens, les Equatoriens, etc.). Pour eux, la dépendance à la cocaïne est d’abord le problème des riches gringos (les Américains) et ils ne comprennent pas pourquoi leurs pays doivent subir les affres d’une guerre contre la drogue orchestrée par les Etats-Unis.

    Ils disent aussi que la culture et la consommation de la feuille de coca – qui a un effet relaxant reconnu – est chez eux une tradition millénaire. Les feuilles de coca se vendent librement à travers toute l’Amérique du Sud, et les T-shirts arborant l’inscription “la hoja de coca no es droga” (La feuille de coca n’est pas une drogue) sont très prisés par les touristes. La guerre américaine contre la drogue (incinération de milliers de kilomètres carrés de champs de coca, privant des dizaines de milliers de familles de leur gagne-pain) est si répressive et si vigoureuse que les cultivateurs de coca ont contribué à la destitution du président bolivien et ont élu à sa place Evo Morales… un ancien cocalero !

    Dernier mot.
    Imagine all the Moroccans…

    Né et ayant grandi au Pays-Bas, je ne me suis jamais posé de questions sur le haschich et la marijuana. Pour les adultes, acheter ou fumer de l’herbe est considéré comme un acte normal, parfaitement accepté par la société. Aucun parti politique (hormis quelques extrémistes religieux ultra-minoritaires) ne fait campagne sur l’interdiction du cannabis. Cela étant, parmi mes amis néerlandais, rares sont ceux qui fument. Personnellement, le cannabis, ce n’est pas mon “kif”. Cela n’empêche pas les étrangers de penser que toute notre culture est définie par notre rapport à “la drogue”. Jacques Chirac lui-même nous a un jour taxés de “narco-Etat” !

    Quand je suis arrivé au Maroc, j’ai été étonné de voir qu’à la différence de mes copains néerlandais, tout le monde ici fume ! Je dis bien tout le monde. Et notamment des Alaoui, des Berrada, des Alami, etc. Si la fine fleur de la jeunesse marocaine fume, si vos futurs (ou actuels) dirigeants roulent des joints avec autant de facilité, alors ça ne devrait pas être si difficile pour eux de défendre la légalisation… Non ?

    Peut-on imaginer qu’un jour, ce rêve devienne réalité ? Le Maroc deviendrait le pays le plus progressiste au monde – au moins sur ça… La première fois que j’ai pris la route Kétama-Fès, j’ai eu le sentiment que ce rêve devenait réalité. Je suis sorti de ma voiture pour marcher à travers ces superbes étendues vertes qui dégageaient un charme ensorcelant – sans doute la fascination de l’interdit. Par endroits, les plants de cannabis étaient plus grands que moi (je mesure 1m 95). Enfin, j’avais trouvé un pays plus tolérant que le mien en matière de cannabis (même si au Maroc, cela relève de l’usage plutôt que de la loi). C’était la première fois que j’étais vraiment fier de “mon” Maroc. Et je ne fume même pas. Même si personne ne me croit quand je dis ça…

    Bart Schut

    © 2006 TelQuel Magazine. Maroc.

    Tags : Maroc, cannabis, haschich, kif, drogue, stupéfiants, marijuana, légalisation, chanvre,

  • Insolite : Une cargaison de cocaïne envoyée avec la photo de Pablo Escobar

    Les services de sécurité du Port de Roterdam ont mis la main sur trois cargaisons de cocaïne dont l’une était décorée avec la photo du célèbre baron colombien de la drogue Pablo Escobar.

    En total, plus de 2 000 kilogrammes de cocaïne ont été découvertes dans le port de Rotterdam ces derniers jours. Une première cargaison de 1 050 kilogrammes de cocaïne provenait du Maroc, de la ville de Tanger plus précisément. La drogue était dissmulée dans un conteneur qui conternait des pièces automobiles provant du Brésil et dont la destination était une entreprise en France.

    Dans le même sillage, les services de douanes du port ont saisi 420 kilogrammes de cocaïne qui se trouvaient dans un conteneur contenant une cargaison de papier porvant du Chili et était destiné à une entreprise en Afrique du Sud.

    Dans un troisième conteneur plein de raisins secs, les douanes ont trouvé 531 kilogrammes de cocaïne.

    Source : VRT NEWS, 2 oct 2020

    Tags : Pays Bas, cocaïne, drogue, Port de Roterdam, stupéfiants, Pablo Escobar, 

  • Pays Bas : Saisie d’une tonne de cocaïne en provenance de Tanger, Maroc

    Trois découvertes de drogue pour un total de deux tonnes de cocaïne dans le port de Rotterdam

    Les douanes ont découvert plusieurs lots de cocaïne jeudi et vendredi. Au total, cela concerne 2 001 kilos de coke. Les douanes ont trouvé la drogue lors de divers contrôles dans le port de Rotterdam.

    1050 kilos

    Lors du premier contrôle, jeudi, les douanes ont trouvé 1 050 kilos de cocaïne sur un navire en provenance de Tanger au Maroc. Les drogues étaient cachées dans un conteneur rempli de pièces de voiture. Le conteneur venait du Brésil. Les pièces automobiles étaient destinées à une entreprise en France, ce qui n’a probablement rien à voir avec la contrebande.

    420 kilos

    La deuxième découverte a été faite vendredi. Les douanes ont trouvé un total de 420 kilos de cocaïne dans un conteneur chargé de papier. Le conteneur est venu du Chili et est arrivé vendredi dans le port de Rotterdam. Le papier était destiné à une entreprise en Afrique du Sud, cette entreprise n’a probablement rien à voir avec les drogues.

    531 kilos

    La troisième et dernière découverte a également eu lieu vendredi et concernait 531 kilos de cocaïne. Les drogues étaient à nouveau cachées dans un conteneur, cette fois chargé de raisins secs. Les fruits secs étaient destinés à une entreprise en Suède qui n’a probablement rien à voir avec la contrebande.

    L’équipe HARC, en partenariat entre les douanes, la FIOD, la police du port maritime et le ministère public de Rotterdam, enquête davantage sur l’affaire. Les drogues ont depuis été détruites.

    Source : Crimesite.nl, 2 oct 2020

    Tags : Maroc, Pays Bas, drogue, cacaïne, cannabis, haschich, trafic, stupéfiants, 

  • Maroc : Corruption et trafic de drogue gangrènent l’armée (diplomate américain)

    UN RAPPORT CONFIDENTIEL DU CONSULAT US À CASA EN FAIT ÉTAT : Corruption et trafic de drogue gangrènent l’armée marocaine

    Les estimations les plus « condescendantes » envers le royaume chérifien indiquent que la drogue produite par ce dernier et destinée au Vieux Continent génère en moyenne un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de pas moins de… 30 milliards d’euros.

    Tout porte à croire que certaines capitales occidentales en ont marre de devoir constamment fermer les yeux sur les agissements délictueux du royaume chérifien, en contrepartie de son soutien à l’entité sioniste et de son rôle de gendarme zélé, qu’aucun crime de rebute, dans la lutte méditerranéenne contre l’émigration clandestine. C’est, en tout cas, ce que relève en un rapport clair daté de 2008 du consulat américain basé dans la capitale économique du Maroc, Casablanca, et dont nous avons pu consulter une partie du contenu. Celui-ci, en effet, ne laisse pas d’incriminer directement l’ensemble des officiers supérieurs de l’armée royale marocaine. Il y est révélé, en effet, que ces derniers « ne sont occupés que par la corruption, le trafic d’influence et le trafic de drogue ».

    Le même rapport va encore plus loin en ajoutant que ce phénomène est encore plus prononcé dans les provinces du Sud, et plus précisément les territoires occupés sahraouis. Ces officiers supérieurs, menés par un général corrompu dont les activités ont fini par gangréner en profondeur tous les rangs de cette armée d’occupation, mettent à profit l’effort de guerre déployé par le roi Hassan II et plus tard par son fils Mohamed VI, pour détourner à leur profit de très gros contrats d’armements, d’équipements et de ravitaillement.

    Accablant, le rapport va encore plus loin pour relever que cette corruption et ce trafic de drogue n’épargnent même pas les responsables civils du Makhzen, et même les membres et proches de la famille royale. Un exemple parmi d’autres pour illustrer cet état de fait : le rapport parle d’un investissement immobilier fort d’une enveloppe de pas moins de 220 millions d’euros bloqués pendant des mois, avant que le promoteur en question n’accepte de se délester de 5 % de ce montant au profit de hauts responsables civils et militaires, qualifiés de proches du palais royal.

    À simple titre illustratif aussi, pour se faire une idée sur l’ampleur de ce trafic généralisé et mené à très grande échelle, contentons-nous de relever ici que des rapports européens indiquent que le trafic de la drogue marocaine à destination du Vieux continent produit annuellement un chiffre d’affaires de l’ordre de pas moins de 30 milliards d’euros.

    Kamel Zaidi

    Le Courrier d’Algérie, 1 juin 2020

    Tags : Maroc, drogue, cannabis, haschich, marijuana, trafic, stupéfiants, Wikileaks,