Étiquette : drogue

  • Hassan II, Notre ami le dealer

    par Michel Sitbon
    ARCHIVES | PARIS (FRANCE) | 15 NOVEMBRE 1995

    Non, je n’ai pas la berlue : c’est bien en première page du « Monde », ce 3 novembre, sur deux colonnes, en haut à droite : « Le Maroc, premier exportateur mondial de haschisch ». Et le sous-titre : « Un rapport confidentiel met en cause l’entourage du roi Hassan II ».

    Les lecteurs réguliers de « Maintenant » ne s’en étonneront peut-être pas. Ni les trop rares acheteurs des rapports de l’Observatoire géopolitique des drogues (OGD), normalement édités mais quasiment introuvables en librairie.

    Le « rapport confidentiel » auquel il est fait référence, destiné à la bureaucratie de l’Union européenne semble-t-il, émane d’ailleurs de l’OGD. L’Observatoire est l’auteur d’enquêtes minutieuses qui ont permis depuis des années de détailler à quel point le Maroc est impliqué dans la production et le commerce de drogues. Le rapport en question rappelle quelques résultats de cette observation du royaume chérifien : « Premier exportateur de haschisch dans le monde, (…) premier fournisseur du marché européen, (…) surfaces de culture – dans la région du Rif – multipliées par dix en dix ans… » Tout ceci s’étant passé « dans la discrétion et une apparente indifférence des pays amis ».

    A qui appartient le Maroc ?
    Dans ce texte, l’OGD insiste sur le fait que ce commerce est « très hiérarchisé ». Au sommet de la hiérarchie, le rapport citait les noms des membres de la famille royale ou des ministres directement compromis (il est à noter que les bureaucrates européens ont aussitôt demandé une version expurgée où n’apparaîtraient pas ces noms…). A la base de cette pyramide, au moins 200.000 paysans du Rif. De loyaux sujets de Sa Majesté Hassan II. A la pointe de la pyramide ? Mystère… L’ »entourage du roi » ? Soit. Et le roi ?

    A qui appartient le Maroc ? C’est le titre d’un ouvrage, déjà recommandé par ce journal, que vous pouvez peut-être encore vous procurer chez l’Harmattan. Le Maroc appartient à Hassan. A qui appartient la région du Rif ? Eh bien le Rif appartient directement au roi ! Le Maroc est un pays en grande partie féodal. Le Rif est, lui, féodal. Colonisé par l’administration royale, rien ne peut y être planté sans le feu vert de ses représentants. Et c’est normal : Hassan II est un homme sérieux. Il ne laisserait pas un tel commerce entre les mains de n’importe qui.

    Hassan II est donc un des hommes les plus riches du monde. Ça lui vaut d’avoir des amis – nous y reviendrons dans un instant. Le plus riche du monde ? C’est possible. Mais lui, c’est un roi, pas un Mobutu. Sa fortune c’est son pays. Il a sûrement quelques comptes en Suisse et des villas de-ci de-là, mais ce ne sont que peu de choses comparées à sa fortune. La reine d’Angleterre elle aussi est très riche. C’est la dure vie de certains monarques.

    Hassan, pour sa part, s’est donc spécialement enrichi en trafiquant des drogues illicites. Cette activité est sévèrement réprimée par la loi, y compris celle de son propre pays. Des tas de gens croupissent en prison au Maroc, en Espagne, en France ou ailleurs – qui ne sont au fond que ses sous-traitants – pendant que Sa Majesté reçoit dans ses palais les grands de ce monde. Et les grands de ce monde, flattés d’avoir été si bien reçus par un si grand monarque, s’en retournent dans leur pays et font des discours enflammés contre la drogue, cette hydre aux dents longues qui suce le sang de nos petits enfants.

    Amis de 20 ans
    Un de ces grands s’appelle Jacques Chirac. Un ami de vingt ans. Quelqu’un sur qui on peut compter. Jacques Chirac est un monsieur qui fait de la politique à un assez haut niveau. Il a été, entre autres choses, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, maintenant il est président de la République. Ces métiers-là permettent, parfois, d’être bien informé.

    En France il existe une brigade des stupéfiants et un Office central de répression du trafic international de stupéfiants (OCRTIS). Ce sont de grosses organisations qui ont beaucoup de moyens. L’OGD est une petite organisation qui a peu de moyens. Pouvons-nous supposer un instant que ce que l’OGD a pu apprendre en enquêtant avec les moyens du bord soit inconnu de Jacques Chirac ?

    On sait aussi que le roi du Maroc, qui est un homme riche, a pour habitude de subventionner les partis politiques français. Ceci est spécialement utile, bien sûr, pendant les campagnes électorales. Et doublement utile lorsque ces campagnes sont difficiles, comme celle de Jacques Chirac contre Edouard Balladur. A peine élu, le premier acte du Génial président, avant même de lancer des bombes sur Mururoa, ce fut un petit voyage en Afrique, chez les amis. La première étape de ce voyage fut la plus importante : le Maroc. Jacques Chirac et Hassan II se sont retrouvés très cordialement. Ils ont conclu en un éclair un accord impressionnant qui consistait, entre autres choses, à doubler l’aide française au Maroc. Rien que ça.

    Deux heures d’entretien confidentiel entre Chirac et son ami le dealer
    Au nom des vingt années d’amitié les unissant, Son Altesse Royale Hassan II décora le Génial président de la plus haute distinction marocaine. Ils ont même eu l’occasion de parler du Rif et de ses « problèmes de développement économique et social ». Chirac s’est engagé à ce que la France soutienne plus particulièrement l’action du roi dans cette région. Pour la petite histoire, il faut savoir que le roi a réussi à encaisser des milliards de dollars de la communauté internationale, sous prétexte de développer des cultures de substitution au cannabis dans le Rif. D’un côté il encaisse les subventions, de l’autre les surfaces de cultures s’étendent… Tout bénéfice. L’astuce a beau être éventée depuis un moment et faire sourire les spécialistes, c’est bien cette escroquerie-là que Chirac proposait de relancer auprès de la communauté européenne, pour un montant de plus de deux milliards de dollars cette fois…

    En 36 heures de visite, le fringuant Président français a aussi trouvé le temps pour deux heures d’entretien confidentiel avec son ami le dealer. On ne sait pas ce qu’ils se sont dit.

    La Hollande concurrence ce juteux trafic
    Ce qu’on sait en revanche, c’est que s’il n’y avait pas l’OGD – et « Le Monde » -, notre ami le roi serait peut-être soupçonné de n’être pas un très bon démocrate – mais l’affaire s’arrêterait là. Le pollen du cannabis marocain a beau embaumer jusqu’en Espagne – ainsi que c’était le cas cet été, à peu près en même temps que Chirac passait par là… -, motus et bouche cousue, personne n’oserait dire un mot.

    Il vaut mieux. Quelqu’un a osé témoigner sur la complicité franco-marocaine dans le trafic de drogues. Il s’appelle Ali Bourequat. L’asile politique lui a été accordé il y a quelques mois aux Etats-Unis. Il l’a obtenu en raison des persécutions subies en France du fait des dénonciations que contient son livre « Dix-huit ans de solitude : Tazmamart », paru chez Lafon en 1993. Charles Pasqua était encore ministre de l’Intérieur. Il semble que cet autre grand ami du roi du Maroc n’ait pas été en mesure de garantir la sécurité d’Ali Bourequat en France. Bourequat osait simplement dénoncer les complicités entre la France de monsieur Pasqua et le Maroc de monsieur Hassan II dans le trafic de stupéfiants.

    De retour à Paris, Jacques Chirac s’est cru autorisé à agresser le premier ministre néerlandais pour le « laxisme » dont fait preuve son pays en matière de drogues. En fait de laxisme, les Pays-Bas mènent une politique qui tend à la légalisation du cannabis, une légalisation qui mettrait fin au marché noir à colossales plus-values que permet la pseudo-prohibition des drogues. En plus, les Pays-Bas pratiquent une sorte de « tolérance » qui en fait le premier producteur européen de cannabis et donc, un concurrent du Maroc.

    Assurance deal
    Si Chirac, Pasqua et les patrons de la brigade des stups et de l’OCRTIS sont tellement remontés contre les Pays-Bas, c’est simplement parce qu’ils proposent une voie qui mettrait fin à leurs petites affaires, et qu’en attendant, elle fait concurrence à Son Altesse Royale, leur ami le dealer.

    Pour bien comprendre tout ça, il faut savoir comment se passe le commerce entre le Maroc et les pays destinataires des drogues qu’il exporte. Un ami de l’OGD me racontait un jour comment, au cours d’une de ses enquêtes, il avait réussi à se faire passer pour un gros acheteur de haschisch, un investisseur en col blanc. On lui proposait alors deux formules : soit il achetait la marchandise et la faisait transporter à ses risques et périls, soit il payait l’assurance. On appelle ça « acheter la route ». La marchandise lui coûtait plus cher, mais il n’avait qu’à indiquer le point de livraison. L’assurance était totale. En cas de pépin – on ne sait jamais, on peut tomber sur un flic ou un douanier honnête -, la marchandise était remplacée sans qu’il ait à débourser un sou de plus, et livrée comme prévu à l’adresse indiquée.

    Héroïne, terrorisme et médailles…
    Pour compléter le tableau, il est utile de savoir aussi que le Maroc n’est plus spécialisé en cannabis depuis longtemps. Voilà des années qu’il a proposé à la Mafia internationale de profiter de son infrastructure et de ses excellentes capacités d’acheminement des drogues en Europe pour récupérer, d’abord le marché de la cocaïne, puis celui de l’héroïne. En ce qui concerne l’héroïne, le Maroc expérimente la culture de pavot – et maîtrise déjà sa transformation. Ainsi, ce pays n’est pas seulement le premier producteur de haschisch, mais vraisemblablement la première « plaque tournante » de drogues sur terre.

    Que dire de plus ? Nous n’avons pas là une « affaire » comme celle de l’appartement d’Alain Juppé. Ce sont les bases mêmes de l’ordre qui nous accable qui sont en cause. La politique criminelle dite de « prohibition » des drogues a d’ores et déjà sapé tout l’édifice. Il faut en changer d’urgence. Il n’y a plus de contrat social qui tienne dans de telles conditions.

    Ramzi Ahmed Youssef, un Pakistanais de 27 ans, est soupçonné d’avoir organisé l’attentat contre le World Trade Center, en 1993, à New York – et d’avoir été sponsorisé par les « narcos » de son pays. Les hezbollahs de monsieur Hekmatyar, en Afghanistan, ont financé leur guerre en cultivant le pavot, transformé en héroïne, au Pakistan, avec l’aide des services secrets pakistanais, travaillant main dans la main avec la CIA (pour vaincre, à l’époque, l’armée rouge).

    Les mêmes hezbollahs de Hekmatyar sont, selon la DST, les organisateurs des attentats qui nous valent Vigipirate. Les poseurs de bombes qui accaparent la une des journaux ont été entraînés en Afghanistan, dans les camps de monsieur Hekmatyar, à côté de ses champs de pavot. Toujours selon la DST, ils auraient pris leurs ordres dans un bureau de Peshawar, et le communiqué revendiquant finalement ces attentats est arrivé au Caire en provenance de Lahore. Lahore, c’est au Pakistan. Un pays qui dispute à la Birmanie la place de premier producteur d’héroïne du monde.

    Ce n’est pas la peine de faire semblant de combattre le terrorisme par Vigipirate quand on va prendre ses médailles chez le roi du Maroc.

    Michel Sitbon

    Source : voltairenet.org

    Tags : Maroc, Hassan II; haschich, drogue, kif, cannabis,

  • Los detenidos por el ejército saharaui son 3 mauritanos y un maliense

    Según medios de prensa mauritanos, 3 mauritanos y un maliense fueron capturados recientemente por una unidad del ejército saharaui en la región de Timelusa.

    Los militares saharauis también incautaron 1525 kg de resina cannabis, además de armas y municiones. La mercancía procedía del muro de defensa marroquí, desde un punto que se encuentra a 80 km de la localidad mauritana de Bir Mogrein, al noreste de Mauritania.

    La Oficina de las Naciones Unidas contra la Droga y el Delito (UNODC) publicó su 22º informe mundial anual sobre producción, tráfico, erradicación y supresión, el Informe Mundial sobre las Drogas, 2019. Además de proporcionar cifras sobre la cocaína y los opiáceos, el informe busca cuantificar el cannabis cultivado en cada país productor. En los últimos 10 años, el informe siempre ha colocado a Marruecos en la vanguardia de la producción ilícita de cannabis. Todavía conserva este título.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, trafic, drogue, cannabis, mur de la honte,

  • Connue l’identité des traficants arrêtés au Sahara Occidental

    Selon le site Cridem qui cite Zouerate Online, trois des traficants arrêtés par l’armée sahraouie sont de nationalité mauritanienne et un malien.

    Dans un communiqué, le ministère sahraoui de la défense a rapporté que les unités militaires sahraouies ont arrêté samedi 13 juillet, dans la région de Timellouza une bande de 4 traficans à bord d’un véhicule Toyota qui portait 1525 kh de cannabis, une mitrailleuse et une importante quantité de munitions.

    Selon des informations de la presse mauritanienne, la gang était composé d’un d’un ingénieur d’armes, d’un soldat retraité, d’un mauritanien et d’un malien.

    Selon la même source : la drogue et l’arsenal mentionné a été saisi dans la localité d’Ichergane, à 80 km à l’ouest de Bir Moghrein.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Mauritanie, trafic, drogue, cannabis, chanvre indien, haschich,

  • Le Maroc, véritable plaque tournante de la cocaïne, selon l’ONU

    Le Maroc est une véritable plaque tournante de la « poudre blanche » avec 86% de la cocaïne saisie en Afrique en 2017, indique un rapport mondial sur la drogue publié mercredi par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

    Le Maroc, rappelle l’organisme onusien, a déclaré avoir saisi ces dernières années des kilos voire tonnes de cocaïne, avec 120 kilos de cocaïne en 2015, 1,6 tonne en 2016 et 2,8 tonnes en 2017, dont une cargaison de 2,6 tonnes de cocaïne en provenance du Brésil saisie en octobre 2017. Une autre saisie majeure a eu lieu l’année suivante: plus d’une tonne de cocaïne retrouvée à El Jadida (Maroc) en décembre 2018.

    Si le trafic de cocaïne à destination de pays hors des Amériques et d’Europe centrale et de l’ouest reste relativement limité (il représente 1% de la quantité globale saisie), il n’en reste pas moins qu’il a augmenté ces dernières années, de même que les routes de contrebande qui prolifèrent, notamment en Afrique, indique le rapport.

    Les saisies récentes au Maroc, mais aussi en Afrique du Sud et en Guinée-Bissau « indiquent que le trafic de cocaïne via l’Afrique continue d’être bien organisé », souligne l’ONUDC.

    Tags : Maroc, cocaïne, drogue, ONUDC, trafic, cannabis,

  • Mohammed VI, le Pablo Escobar du Maroc

    Cannabis : l’enquête qui dérange

    Le gouvernement refuse de collaborer avec l’ONUDC pour réaliser une nouvelle enquête sur la culture et la production de cannabis dans le Rif.
    Si, depuis quelques années, les reportages journalistiques se multiplient dans le Rif, les données fiables et exhaustives sur la production de cannabis au Maroc restent rares. La dernière enquête menée par les autorités marocaines en collaboration avec l’ONUDC (Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime) a été réalisée il y a six ans (cartographie complète des cultures, calcul des rendements, enquête sociologique, etc.). Mais depuis 2005, plus rien…

    Une nouvelle enquête conjointe devait être réalisée en 2010 afin d’actualiser ces données. Mais elle n’a pas vu le jour, comme le regrette l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), dans son rapport annuel rendu public le 2 mars dernier. L’OICS « encourage le Gouvernement et l’UNODC à prendre toutes les mesures nécessaires pour que cette enquête soit réalisée dès que possible ».

    Que s’est-il passé ? Contacté par Lakome.com, le siège de l’ONUDC (basé à Vienne) s’explique :

    “En 2010, les préparatifs pour la nouvelle enquête étaient bien avancés. Cependant, et malgré un accord initial, le gouvernement marocain n’est pas allé au bout de son engagement. Aucune explication supplémentaire n’a été fournie par le gouvernement ».

    Egalement contacté par Lakome.com, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Culture en hausse pendant la transition monarchique

    Les chiffres du rapport 2010 de l’OICS (56 000 hectares de culture au Maroc en 2009) sont annoncés au conditionnel et correspondent aux chiffres distillés périodiquement par le ministère de l’Intérieur. Ils montrent que les campagnes d’éradication menées par les autorités semblent porter leurs fruits.

    Estimée à 70 000 hectares en 1993, 90 000 hectares en 1999 ¹ et 173 000 en 2003, la culture de cannabis au Maroc serait retombée à fin 2010 à 46 000 hectares². Des données encourageantes mis qui, justement, interrogent sur le refus des autorités marocaines de mener cette nouvelle enquête conjointe.

    Concernant la culture du cannabis, les rapports entre le Maroc et les différents organismes internationaux ont toujours été tendus, les autorités considérant les données récoltées comme étant « hautement confidentielles » rapporte l’OFDT ¹. La première enquête complète réalisée dans le royaume remonte à 1994. Deux ans plus tôt, Hassan II lançait sa « guerre contre la drogue » et l’Europe, qui examinait la demande marocaine d’adhésion à l’UE, commandait un rapport à l’Observatoire géopolitique des drogues (OGD).

    La publication par le journal français Le Monde en novembre 1995, d’un article à propos de la version originale de ce rapport eu l’effet d’une véritable bombe. Extraits :

    « La volonté politique de s’attaquer à la drogue semble se limiter à des effets d’annonce, destinés à maintenir l’image du pays », affirme le document. Contrairement à la version de Rabat, « le développement du commerce international du haschisch marocain n’est pas le seul fait de trafiquants européens, arrivés dans le royaume chérifien sur les pas des hippies des années 70 », note l’OGD […]

    « La corruption assure aux réseaux de trafiquants l’appui des « protecteurs, que l’on peut trouver associés au trafic à tous les niveaux, du plus humble fonctionnaire des douanes aux proches du Palais, en passant par tous les échelons de l’administration centrale, des administrations locales, des organisations politiques ou des institutions élues », précise encore le rapport. « Aucun des réseaux qui sont parvenus à conquérir un réel poids économique et politique n’a pu le faire sans la bienveillance des autorités », note l’étude.

    A l’en croire, « de hauts représentants ou des proches du pouvoir », apparaissant « tantôt comme protecteurs ou comme commanditaires », sont impliqués dans les filières d’exportation du cannabis. Un ancien gouverneur de Tanger, Karim Laalj, aurait ainsi « joué un rôle déterminant dans la structuration des réseaux de trafiquants », avant d’être écarté, dès les débuts de la « guerre à la drogue », pour être nommé à la tête de la Caisse nationale de sécurité sociale.

    Parmi « les principaux protecteurs » supposés de réseaux de trafiquants, le rapport, dans une première version remise en février 1994, citait une liste de personnalités, établie « par ordre d’importance politique ».

    Y figuraient notamment les noms de deux membres de la famille royale un beau-frère, une cousine, de deux anciens ministres, d’un député devenu ministre. Les patronymes d’une série de présidents de chambres locales de commerce et d’industrie, de dirigeants de sociétés, de maires et de députés, complétaient cette liste. Mais, à sa lecture, l’UE a commandé une version édulcorée du rapport d’où les noms de ces personnalités jamais condamnées par la justice ont disparu. « Le quadrillage efficace du territoire par l’administration interdit à tout autre pouvoir de s’exercer », constate néanmoins l’étude qui souligne la place essentielle du trafic de drogue dans l’économie nationale. »

    Cet article valu à son auteur, Erich Inciyan, ainsi qu’au directeur de la publication, Jean-Marie Colombani, un procès au pénal intenté en France par le Palais royal pour « offense à un Chef d’Etat étranger ». L’avocat d’Hassan II sur cette affaire n’était autre que l’actuel ministre de la Justice, Mohammed Naciri.

    Condamnés par les tribunaux français en appel en 1997 et en cassation en 1998, à l’issue d’un procès kafkaïen, les journalistes du Monde ont finalement eu gain de cause en 2002 grâce à un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, qui estimait que cette condamnation était contraire à la liberté d’expression et au droit d’informer. Cette décision européenne obligea la France en 2004 à supprimer de son code pénal le délit « d’offense à un Chef d’Etat étranger ».

    L’Observatoire géopolitique des drogues (OGD), lui, fut fermé et son fondateur, Alain Labrousse, intégra l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), pour qui il réalisa un nouveau rapport en 2001 sur le cannabis au Maroc, en collaboration avec Lluis Romero du Centre d’Etude Rurale et d’Agriculture Internationale (CERAI).

    Enquêtes avec l’ONUDC

    En février 2003, le gouvernement et l’ONUDC ont signé un accord de coopération pour réaliser la première enquête conjointe. Il y en eu trois au total (2003, 2004, 2005). Mais en 2005, le bureau de l’ONUDC à Rabat ferma sans explications et les enquêtes, pourtant réalisées annuellement dans les autres régions productrices de drogue, s’arrêtèrent elles-aussi.

    Ce qui ne veut pas dire que le travail est complètement stoppé depuis. Les autorités disposent toujours du matériel mis à disposition à l’époque pour ces enquêtes, notamment les images satellite SPOT, et les directions provinciales de l’Agriculture continuent leur travail sur le terrain, dans le cadre d’une politique plus globale de « développement intégré » de la région, menée par l’Agence de Promotion et de Développement du Nord (APDN).

    L’OICS, toujours dans son dernier rapport, félicite le Maroc pour ses efforts mais « l’engage » aussi à partager ces données avec la communauté internationale.

    La susceptibilité des autorités marocaines sur la problématique du cannabis – et sur celle, plus large, de la « question rifaine » – ne touche pas que les organismes internationaux. Certains habitants de la région en font toujours les frais, lorsqu’il s’agit de dénoncer la corruption liée au trafic ou d’aider les journalistes à enquêter sur le terrain. Il y a eu notamment le cas d’Hamid Naïmi, fondateur d’un journal local à Nador en 1998 et exilé à l’étranger depuis 2005 après avoir été condamné à trois ans de prison pour « diffamation ». Mohammed Bouhcini, humble commerçant à Ouazzane qui, en 2004, goûta aux joies de l’arrestation et de l‘emprisonnement arbitraires pour avoir servi de « guide » à une journaliste de Tel Quel.

    Plus près de nous, il y a bien sûr l’affaire Chakib El Khyari, infatiguable militant rifain arrêté en février 2009, peu de temps après le « coup de filet de Nador » (arrestation de plusieurs responsables sécuritaires locaux). Dans la ligne de mire du régime pour avoir dénoncé sans relâche la corruption et l’implication de hauts responsables dans les trafics de la région, il a été victime lui aussi d’accusations fantaisistes de la part des autorités. Au terme d’un procès inique, digne d’une époque pourtant officiellement révolue, Chakib El Khayri a été condamné à trois ans de prison et continue aujourd’hui de purger sa peine à la prison de Meknès.

    ¹ Rapport sur la situation du cannabis dans le Rif marocain (2001) – OFDT

    ² Taieb Charkaoui, ministre de l’Intérieur, devant la Chambre des Conseillers le 6 décembre 2010

    Source : Lakome

    Tags : Maroc, Mohammed VI, cannabis, Kif, haschich, drogue, trafic, ONUDC,

  • Le roi du Maroc gagne la sympathie des fumeurs de marijuana

    Le 31 décembre 2016, en guise de cadeau de fin d’année au roi du tourisme sexuel africain Mohamed VI, le blog Diàspora Saharaui a consacré un article documenté avec des images sur les tendances vestimentaires du souverain marocain.

    Sous le titre de « Mohamed VI ne cache plus son homosexualité », l’article comprenait un diaporama avec plusieurs images du roi du Maroc. En couverture, une photo prise sur les précieuses îles de Zanzibar avec un t-shirt imprimé avec une feuille de marijuana et le drapeau des États-Unis.

    Cette photo est la seule qui a attiré l’intérêt des sites espagnols dédiés à la défense de la consommation de marijuana

    Sous le titre de « Le roi du maroc surprend avec un t-shirt cannabique » (Magazine Cañamo) affirme que « le roi du Maroc Mohamed VI a surpris cette semaine avec un changement dans son image personnelle. Mohamed a remplacé la djellaba traditionnelle avec laquelle il avait l’habitude d’apparaître en public par d’autres vêtements plus décontractés et modernes, et a publié plusieurs photos sur les réseaux sociaux ».

    « Parmi les photos postées sur son compte Facebook, il y en a une qui a un intérêt particulier pour le monde cannabique : Mohamed VI s’est habillé avec un t-shirt à bretelles sur lequel apparaît une feuille de cannabis avec le drapeau américain. C’est probablement la première fois qu’un monarque enfile un vêtement cannabique et l’exhibe », ajoute-t-il.

    Et il conclut sa chronique par « le Maroc est l’un des principaux producteurs de cannabis au niveau international, même si cette culture reste une activité illégale dans le pays. Dans un rapport de 2014, l’OICS (Organe international de contrôle des stupéfiants) a quantifié en 38000 tonnes de cannabis sa production annuelle.  » Le Maroc est toujours le premier producteur de cannabis sur le continent africain et dans le monde, même si la production est en baisse » affirmait le rapport ».

    « Beaucoup d’images sont visibles sur son Facebook, mais il y en a une qui a surpris les amateurs de la plante de cannabis. C’est une photo où il apparaît dans laquelle il apparaît avec un t-shirt d’été et où dans son image centrale a été imprimée une grande feuille de marijuana aux couleurs des États-Unis », a-t-il ajouté.

    « Historiquement, le Maroc a été et continue d’être l’un des plus grands producteurs de cannabis au monde et des forces politiques du royaume ont également plaidé en faveur d’une entrée complète dans l’industrie du cannabis », a conclu la même source.

    Source: Cannabis Magazine

    Tags : Maroc, Mohammed VI, cannabis, haschich, drogue, stupéfiants, trafic,

  • Cocaïne: Le Maroc, hub de transit et de distribution

    En plus du trafic de cannabis dont le royaume est le principal fournisseur en Europe, le Maroc est devenu un point de transit névralgique pour le trafic de cocaïne provenant de l’Amérique du Sud et acheminée par les bateaux de pêche des généraux qui commandent l’armée marocaine stationnée au Sahara Occidental et dont les trafics sont devenus les principales sources de financements.

    En dépit des nombreux rapports qui épinglent le Maroc sur la question du trafic de drogue, il est improbable que Rabat fasse un effort en vue de combattre ces trafics illégaux en raison de la conjoncture économique très difficile traversée par le pays. De ce fait, le gouvernement marocain accueille avec les bras ouverts toute source susceptible de renflouer les caisses de l’Etat.

    Pendant presque 40 ans, le Maroc a boudé l’Afrique estimant que ses relations économiques privilégiées avec l’Europe, grâce au soutien de la France, suffiraient aux besoins de développement du pays. Cette politique a rendu l’économie marocaine entièrement dépendante d’une Europe touchée aussi par la crise et les développements politiques du conflit du Sahara Occidental dont la solution reste une condition importante pour la pacification de la région du Sahel. Cette dernière, considérée comme l’arrière-cour de l’Elysée, est déstabilisée depuis plusieurs années par la nébuleuse terroriste qui a adopté le trafic du cannabis marocain et la cocaïne colombienne comme principale source de financement de leurs opérations. Ils se chargent de l’acheminement de la “marchandise” jusqu’à son arrivée à bon port.

    Tags : Maroc, drogue, cocaïne, cannabis,

  • Point de presse téléphonique sur les défis de la criminalité et de la corruption en Afrique avec Heather Merritt, sous-secrétaire d’État adjointe des États-Unis

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    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Point de presse téléphonique sur les défis de la criminalité et de la corruption en Afrique avec Heather Merritt, sous-secrétaire d’État adjointe des États-Unis

    Mme Merritt y parlera du dialogue stratégique bilatéral avec le Kenya, de son récent déplacement en république démocratique du Congo et des programmes de l’INL en matière de criminalité et de corruption en Afrique
    WASHINGTON D.C., États-Unis d’Amérique, 16 mai 2019/ — Le 23 mai 2019 Point de presse téléphonique sur les défis de la criminalité et de la corruption en Afrique avec Heather Merritt, sous-secrétaire d’État adjointe des États-Unis.

    ÉVÉNEMENT:

    Veuillez vous joindre à nous le 23 mai 2019 à 12h00 TU pour un point de presse téléphonique avec Heather Merritt, sous-secrétaire d’État adjointe pour le bureau des Affaires internationales de stupéfiants et de répression (Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs ou INL). Mme Merritt y parlera du dialogue stratégique bilatéral avec le Kenya, de son récent déplacement en république démocratique du Congo et des programmes de l’INL en matière de criminalité et de corruption en Afrique.

    CONTEXTE :

    L’INL veille à la sécurité des Américains par la lutte contre la criminalité, les drogues illicites et l’instabilité à l’étranger. Nous faisons progresser ces priorités par l’engagement et l’assistance diplomatiques pour renforcer les entités du secteur du maintien de l’ordre et de la justice pénale afin que les partenaires et les alliés gèrent plus efficacement les menaces transnationales dans leur pays avant qu’elles atteignent les frontières des États-Unis. En quelques mots, nous veillons à la sécurité par la justice. La mission principale de l’INL est de :

    Favoriser la stabilité, l’état de droit, les droits humains et la démocratie,
    Promouvoir la croissance économique sur les marchés étrangers, et faire en sorte que les entreprises américaines y puissent lutter à armes égales,
    Soutenir nos partenaires des forces de l’ordre, et
    Faire en sorte qu’il soit plus difficile de se livrer à des activités relevant de la criminalité internationale, du terrorisme, et du commerce illicite.

    La sous-secrétaire adjointe Mme Merritt supervise les activités de l’INL en RDC et dans le reste de l’Afrique sur la voie de ces objectifs par : l’assistance aux partenaires africains dans le cadre de la lutte contre le crime organisé transnational, le trafic de drogue et le terrorisme ; la facilitation des opérations de stabilisation post-conflit et de la réforme du secteur de la sécurité ; le renforcement des systèmes de justice criminelle de sorte à les responsabiliser vis-à-vis du public et à garantir le respect des droits de l’homme ; et la promotion de la coopération régionale.

    DÉTAILS :

    Intervenante : Heather Merritt, sous-secrétaire d’État adjointe pour le bureau des Affaires internationales de stupéfiants et de répression

    Date : 23 mai 2019

    Heure : 12h TU/14h00 Afrique du Sud

    * Veuillez utiliser le convertisseur de fuseau horaire afin de calculer l’heure du début de l’événement dans votre fuseau horaire.

    Langue : Anglais. Un service d’interprétation en français et portugais sera disponible.

    Règles de base : « On the record », les déclarations sont officielles.

    Confirmation de la participation

    (RSVP) : Confirmez votre participation via Eventbrite.

    Twitter : Suivez la conversation à #AFHubPress pour l’appel. Suivez-nous sur @AfricaMediaHub et @StateINL.

    LOGISTIQUE :

    · Les participants devront se connecter à la téléconférence 10 à 15 minutes avant son début.

    · L’opérateur demandera aux journalistes qui se connectent à titre individuel de donner leur nom, celui de leur organe de presse ainsi que leur localisation. Il demandera aux ambassades leur nom et leur localisation.

    · Le modérateur assurera la répartition du temps de parole entre les appelants connectés pour les questions-réponses. Les journalistes participant à l’appel en conférence en anglais uniquement seront invités à appuyer sur les touches « * » et « 1 » de leur téléphone pour figurer sur la file d’attente de questions. Nous demandons aux journalistes de bien vouloir limiter leur intervention à une seule question et d’indiquer à quel intervenant elle s’adresse.

    · Ils peuvent également poser leurs questions par courrier électronique à afmediahub@state.gov avant l’appel.

    BIOGRAPHIE :

    Heather Merritt a été officiellement nommée sous-secrétaire d’État adjointe au Bureau des affaires internationales de stupéfiants et de répression (INL) en octobre 2018 après avoir exercé des fonctions intérimaires depuis novembre 2017. À ce titre, elle supervise le bureau des programmes Afrique et Moyen-Orient de l’INL et le bureau chargé de l’assistance et des partenariats en matière de justice pénale. Auparavant, elle était directrice du bureau des programmes Afrique et Moyen-Orient de l’INL, qui met en œuvre des programmes d’assistance étrangère dans plus de trente pays partenaires de l’Afrique et du Moyen-Orient, pour les aider à développer de manière durable leurs institutions du secteur de la justice pénale et de la sécurité civile.

    Mme Merritt est titulaire d’une maîtrise en stratégie des ressources nationales de la Dwight D. Eisenhower School of National Security and Resource Strategy de la National Defense University à Washington.

    Madame Merritt a été cheffe de mission adjointe à l’ambassade des États-Unis à Luanda, en Angola, de 2012 à 2015 et a exercé les fonctions de chargée d’affaires par intérim pendant un an dans le cadre de cette affectation. Elle a également occupé le poste de responsable du bureau politique/économique de l’ambassade des États-Unis de Gaborone, au Botswana et de responsable du bureau politique adjointe à l’ambassade des États-Unis d’Abuja, au Nigéria. Elle avait auparavant occupé des fonctions diplomatiques au Zimbabwe et au Mexique et travaillé à Washington au sein du bureau de la Colombie au Bureau des affaires des Amériques. Elle a rejoint le département d’État en 1998.

    Distribué par APO Group pour Africa Regional Media Hub.

    SOURCE

    Africa Regional Media Hub

    Tags : Afrique, Heather Merritt, Criminalité, corruption, trafic, drogue, Kenya, Congo, RDC, stupéfiants, narcotrafic,

  • Karim Wade fume des joints avec le roi du Maroc

    Selon des informations révélées par un câble Wikileaks, le chargé d’affaires à l’ambassade américains à Rabat, Robert P. Jackson, pendant le mois du sacré Ramadhan, les saisies de cannabis par la police rapportée par la presse marocaine se multiplient. « Un Marocain a comparé cela à la fois à un exercice de « purification » et à un feuilleton, faisant remarquer que chaque année pendant le Ramadhan, un scandale quelconque est annoncé par les journaux ».

    Le Ramadhan de l’année 2009 a été particulièrement différent. Les médias marocains du 31 août ont raconté l’histoire de l’arrestation de Mohamed Jouahi, ancien député au Parlement, considéré par certains comme l’un des plus grands et des plus puissants des barons de la drogue. Immédiatement après son arrestation, son parti, le RNI, l’a renié.

    Quelques jours avant, la presse s’est fait écho de la punition dont a été l’objet un commissaire de police qui opérait à l’aéroport de Casablance. Il a été réaffecté à un poste sans responsabilités à Layounne, au Sahara Occidental. La raison ? Selon le diplomate américain qui cite des « rapports de renseignement », le policier marocain a arrêté à l’aéroport le fils du président sénégalais à l’époque, Karim Wade, en possession de cannabis. « Le roi Mohammed VI, un ami intime de Wade, n’aurait pas apprécié les actions des autorités locales qui ne l’ont pas informé que Wade avait été détenu; il a donc réaffecté deux fonctionnaires ».

    « Si les informations faisant état de la répression du trafic de drogue au Maroc donnent à penser que les autorités continuent de se concentrer sur ce problème, leurs efforts ne sont pas à l’abri de la politisation. Etant donné que l’arrestation du jeune Wade pourrait mettre en péril les relations entre le Maroc et le Sénégal, on peut comprendre le coup du roi à la police de l’aéroport de Casablanca. Après la publication d’un rapport sur l’impact potentiel de l’éradication de la drogue sur la participation des électeurs aux élections locales de juin ; ce dernier incident suggère que, malgré les appels continus du roi à la réforme judiciaire, l’arrestation pour infraction pénale est également soumise à l’opportunité politique », ajoute le câble.

    Tags : Maroc, Sénégal, Karim Wade, cannabis, haschich, drogue, Mohammed VI,

  • Inédit : Interview avec le roi du « karkobi » au Maroc

    Entretien avec Pablo Escobar du Maroc: il gagne 180 000 euros par mois avec des médicaments espagnols

    Il ne révèle pas son nom et il est très difficile d’y accéder. Au Maroc, il est considéré comme un roi capable de défier quotidiennement les lois en vue de fournir de la drogue à un pays entier. Il vit à Tanger, gagne plus de 180.000 euros par mois et crée sa drogue, le karkobi, avec des tranquillisants provenant de la santé espagnole.

    Le visiter n’est pas à la portée de n’importe qui, il faut traverser plusieurs filtres, car il est toujours accompagné d’un cordon de sécurité qui impose et, en même temps, garantit que tout ce qui se passe autour de lui est sous son contrôle, transformant le journaliste en un simple pion dans son échiquier. Il ne révèle pas son nom devant la caméra, mais tout le Maroc le connaît sous le pseudonyme du « Pablo Escobar » arabe.

    Dans une zone de la banlieue de Tanger, près d’un cimetière, le narcotrafiquant nous donne rendez-vous dans une maison abandonnée. « Je vends mille boîtes (clonazépan) par mois, chacune contient 36 comprimés et je vends chaque comprimé à 5 euros », explique le roi de la drogue. Autrement dit, le narcotrafiquant gagne 180.000 euros par mois. Le Karkobi est la drogue à la mode dans le pays et a été créé grâce à des tranquillisants importés illégalement de notre pays: « Les meilleurs tranquillisants sont espagnols, ils sont très précieux et chauds ».

    A tout moment, le journaliste est en danger, la police peut arriver et arrêter tout le monde. Par conséquent, lorsque la caméra fait un étrange mouvement, le journaliste et Pablo Escobar sont effrayés et inquiets. Toutefois, en montrant la dureté de la drogue, la personne interviewée sniffe une ligne pendant qu’il parle avec le journaliste pour faire faire passer la peur: « Du calme, c’est mon endroit, il est sûr, rien ne se passera ».

    Le Pablo Escobar reconnaît que sa drogue est consommée par « des garçons et des filles de l’école et dans la chicha », des personnes avec des problèmes qui « viennent de tuer des amis ou qui s’autoblessent ». D’ailleurs, le narcotrafiquant en personne reconnaît que, après avoir consommé une bonne dose de Karkobi, il s’est auto-blessé au bras et ne se souvient pas de comment il l’a fait.

    Le journaliste et la personne interviewée étaient dans une pièce sombre où ils pouvaient voir, à première vue, plusieurs types de drogues. La question était directe: « Combien d’années de prison pouvez-vous chopper si vous êtes arrêté par la police tout de suite? ». Pablo Escobar, presque ironique, répond: « Avec ce qui est ici maintenant … environ cinq ans, mais pas de problème, ici la police prend l’argent, j’appelle mon avocat et il le paye. » Un roi sans aucune contrainte, qui campe librement sur le côté de l’illégalité.

    Source : cuatro.com, 01/05/2019

    Tags : Maroc, drogue, trafic, narcotrafic, karkobi, calmants, Espagne,