Étiquette : Erdogan

  • Paris et La Haye contre Ankara: dessins animés, islam et liberté d’expression

    La guerre diplomatique a été portée devant les tribunaux, Erdogan dénonçant l’extrême droite néerlandaise Geert Wilders pour avoir partagé une caricature du dirigeant turc avec une mèche allumée sur la tête, inspirée de l’une des caricatures danoises bien connues de Mahomet.

    Par Imane Rachidi

    Le conflit opposant les Pays-Bas et la France à la Turquie réactualisent encore une fois le fossé qui a toujours existé entre Ankara et l’Union européenne, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan se présentant désormais comme le défenseur de l’islam, face à Paris et La Haye qui se lèvent en porte-paroles de la liberté d’expression.

    La guerre diplomatique a été portée aux tribunaux, avec Erdogan dénonçant l’extrême-droitiste néerlandais Geert Wilders pour avoir partagé une caricature du dirigeant turc avec une mèche allumée sur la tête, inspirée de l’une des caricatures danoises bien connues de Mahomet.

    Par ailleurs, le parquet turc a ouvert une enquête pénale contre le magazine satirique Charlie Hebdo pour avoir publié mercredi une caricature d’Erdogan dans sa chemise et son slip, tout en s’exclamant « Wow! Le prophète! » et soulève le tchador (une tenue islamiste) à une femme sans sous-vêtements.

    Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a averti le dirigeant turc qu’il avait «franchi la ligne rouge» avec sa plainte contre Wilders et ses attaques contre le président français Emmanuel Macron: «J’ai un message très simple pour Erdogan: la liberté d’expression c’est notre atout le plus précieux et cela inclut la caricature des politiciens », a déclaré le libéral.

    Une telle plainte pourrait difficilement aboutir aux Pays-Bas, qui ont aboli en janvier une loi autorisant la sanction des «insultes à un chef d’État étranger ami», encore utilisées l’année dernière contre un homme accusé d’avoir envoyé des courriels insultants contre Erdogan à l’ambassade de Turquie à La Haye, mais acquitté faute de preuves contre lui.

    Organisations islamistes

    Après la décapitation du professeur français Samuel Paty aux mains d’un islamiste radical, qui a attaqué le professeur pour avoir utilisé des dessins animés de Mahomet en classe, Macron a annoncé des mesures contre des personnes et des organisations qui avaient publiquement justifié l’attaque.

    Le social-démocrate néerlandais Ahmed Marcouch, maire de la ville d’Arnhem, convient que l’idéologie salafiste, le courant ultra-conservateur de l’islam, est «un piège et un danger pour les jeunes en Europe».

    « Cela remplit leurs esprits de fantasmes et d’ordures idéologiques, profitant du fait qu’ils essaient toujours d’en savoir plus sur la religion », ce qui conduit à des « meurtres horribles » comme la décapitation de Paty, explique Marcouch à Efe.

    Des années avant que Macron ne le propose, Marcouch a déjà ouvert en tant que député au Parlement néerlandais le dossier des organisations salafistes interdites qui promeuvent le fanatisme dans les écoles coraniques et les mosquées financées par des pays tiers.

    Il estime que des pays comme la Turquie sont « loin de la liberté d’expression et de la démocratie, ont des prisons pleines d’activistes et sont les premiers à humilier la dignité du prophète, non pas par des dessins animés, mais en finançant des organisations islamistes et des politiques contraires au respect » aux autres.

    « Wilders et Erdogan pratiquent une politique populiste aux dépens de la société, y compris la société musulmane, qui craint justement que le radicalisme n’apparaisse dans leurs quartiers. Tous deux allument le fusible de la polarisation, et aucun des deux ne contribue à ouvrir un débat constructif », regrette Marcouch.

    Tout le monde y gagne

    Joost Lagendijk, expert néerlandais de la politique turque, estime que tout le monde « joue le même jeu » : Erdogan envoie un message aux Européens musulmans qu’il est le chef des sunnites  » ; Wilders se présente comme » un défenseur de la liberté d’expression attaqué par tous  » et Macron fait voir à ses électeurs qu’il « est le protecteur de la laïcité et des vraies valeurs républicaines, un impopulaire parmi les ennemis » de la France.

    « Tout le monde espère gagner quelque chose. Bien sûr, il y a du racisme contre les musulmans en Europe, comme disent les Turcs. Il y a Wilders et Marine Le Pen. Et Macron a raison de lutter contre les financements étrangers et de former les imams en France. Mais cela n’est pas la raison de cette situation. Erdogan et Macron ont des problèmes internes et sont heureux d’avoir un ennemi à traiter publiquement », a expliqué Lagendijk à Efe.

    « En plus de se considérer vraiment comme le leader des musulmans, c’est aussi un classique pour Erdogan de chercher des ennuis avec un autre pays quand les choses tournent mal chez lui », ajoute-t-il.

    Erdogan se classe derrière Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul et possible rival à l’élection présidentielle de 2023, dans les sondages. Et pour Macron, la polémique lui permet d’occuper la une des médias français avec un enjeu loin de la gestion de la pandémie, résume-t-il.

    Mais Marcouch estime que le combat doit prendre fin. « A Erdogan, je ne peux dire qu’une chose: la première obligation d’un musulman est de respecter la vie. C’est alarmant de parler de caricatures, au-dessus de la vie d’une personne décapitée. Si ce que vous voulez, c’est défendre la dignité du prophète, défend ses commandements: le respect de la vie et des autres », conclut-il.

    Source : Heraldo.es, 29 oct 2020

    Tags : France, Turquie, Macron, Erdogan, Islam, Islamisme, terrorisme,

  • Erdogan traite Macron de « meurtrier »

    Le président turc Tayip Erdogan a traité son homologue français de « meurtrier ».

    S’exprimant lors de la réunion du groupe du parti AK, Erdogan a déclaré que « la France et l’Europe en général ne méritent pas les politiques vicieuses, provocantes, laides, haineuses de Macron et celles de son esprit. Nous invitons les Européens prudents à prendre l’initiative contre cette dangereuse tendance pour un avenir radieux pour eux-mêmes et leurs enfants ».

    « Nous demandons à ceux qui essaient d’utiliser les ennemis des musulmans et des Turcs comme une couverture pour couvrir leurs échecs dans leur politique intérieure de retirer leurs mains sales de nos valeurs sacrées », a-t-il affirmé.

    S’adressant toujours au président français, Erdogan lui pose des questions : « N’est-ce pas vous qui avez assassiné des centaines de milliers de personnes au Rwanda, n’avez-vous pas tué des millions d’Algériens, n’êtes-vous pas entré dans tous les pays d’Afrique et tué des gens juste parce qu’il y avait le diamant et l’or? » .

    « Vous êtres un meurtrier. Vous êtes toujours à la recherche des mêmes choses aujourd’hui. Vous allez au Liban, que faites-vous au Liban?. Il y a un désastre au Liban, il est censé s’y diriger. Que s’est-il passé, y avez-vous trouvé ce que vous cherchiez? Vous n’avez pas pu trouver. Pourquoi? Ils vous ont expulsé. Au fur et à mesure qu’ils seront connus, ils seront renvoyés de partout, a-t-il dit. « C’est comme s’ils voulaient relancer les croisades », martèle-t-il.

    Avec Haberler.com

    Tags : Turquie, France, Islam, Macron, Erdogan, caricatures, Samuel Paty, Charlie Hebdo,

  • Erdogan accuse Macron de «régler des comptes avec l’islam et les musulmans»


    Lors d’un discours en visioconférence ce 20 octobre, Recep Tayyip Erdogan a fustigé les propos de son homologue français, tenus le 2 octobre, sur la création d’un «islam des Lumières» en France. Le dirigeant turc considère que ces initiatives visent à «régler des comptes avec l’islam et les musulmans».

    Le Président turc a critiqué la volonté d’Emmanuel Macron de construire un «islam des Lumières» en France, lors de la visioconférence réalisée par l’Organisation de la coopération islamique ce 20 octobre.

    «Ceux qui sont perturbés par la montée de l’islam attaquent notre religion à travers les crises qu’ils provoquent. La rhétorique anti-islam et anti-musulmane est l’outil le plus utile pour les politiciens occidentaux pour dissimuler leurs échecs», a déclaré le Président turc.

    «”L’islam français”, “l’islam européen” et “l’islam autrichien” en sont des exemples récents», a souligné M.Erdogan, ajoutant que le véritable enjeu de ces initiatives menées par le Président Macron est de «régler des comptes avec l’islam et les musulmans». Il a déclaré que celles-ci visaient à créer un profil lâche, peu rassurant et timide pour les musulmans ainsi qu’un système anti-islamique dans lequel les rituels religieux ne peuvent être pratiqués qu’à domicile et où l’utilisation des symboles religieux est interdite.

    «Le nom d’un tel système n’est pas démocratie, mais totalitarisme», a conclu M.Erdogan.

    Loi «contre les séparatismes»

    Lors de son discours prononcé aux Mureaux le 2 octobre, le Président français a dévoilé une partie des mesures du projet de loi «contre les séparatismes», principalement l’islamisme radical, dans son pays. Un texte qui sera présenté le 9 décembre en conseil des ministres.

    Dans le cadre de la lutte contre le «séparatisme islamique», les autorités françaises ont l’intention d’accorder une attention particulière à l’éducation des enfants. Emmanuel Macron a également exprimé l’idée de créer, avec le Conseil français du culte musulman (CFCM), une organisation qui permettra de construire un «islam des Lumières» dans le pays.

    Pour ce faire, M.Macron a annoncé la fin des imams détachés, c’est-à-dire formés dans des pays étrangers (Turquie, Algérie, Maroc). Désormais, en accord avec le CFCM, la formation d’imams sera «labellisée» en France afin d’éviter l’ingérence de pays étrangers dans la pratique du culte sur le sol français, et de renforcer le contrôle du financement des mosquées.

    Un projet vivement critiqué

    «Ce texte sera un coup pour rien», a prédit le député Les Républicains Éric Ciotti. À son tour, Marine Le Pen a déploré que «rien» n’ait été dit sur l’immigration, «terreau du fondamentalisme islamiste», tout en reconnaissant qu’un «certain nombre de ces mesures vont dans le bon sens».

    Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a qualifié ce discours de «mise en scène dramatisante absolument inutile», puisque «la loi telle qu’elle est aujourd’hui permet de réprimer les actes délictueux tels que d’éventuels prêches, de quelque religion que ce soit». Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a regretté l’absence d’inflexion de la politique économique et sociale.

    Ecourouk online, 21 oct 2020

    Tags : France, Turquie, Emmanuel Macron, Erdogan, Islam,

  • Syrie : Erdogan tombe dans le piège israélo-américain

    Syrie vs Turquie. Et l’Otan?

    La politique contemporaine turque est fort complexe. D’un côté ses aspirations souverainistes ne sont pas à démontrer. D’un autre, une vision ouvertement pro-islamiste d’une partie notable de ses élites actuelles, alliée au membership otanesque, constituent ensemble un cocktail de choc, pouvant exploser à tout moment tellement les ingrédients le composant sont infernaux. Les événements en cours dans la Syrie voisine, notamment dans la province d’Idlib, le confirment pleinement.

    Si l’islamisme fait bien souvent bon ménage avec l’atlantisme, du moment que cela arrange les intérêts géopolitiques de chacun, le souverainisme eurasien ne peut se joindre aux deux premiers. Telle est, en très bref, la particularité de la Turquie d’Erdogan. En termes de perspectives, ce jeu turc de la double, voire de la triple chaise, ne risque-t-il pas tout simplement d’anéantir les projets ambitieux d’Ankara?

    Alors que l’islamisme politique et le soutien aux divers groupes extrémistes, y compris salafistes, contredit effectivement l’héritage laïc d’Atatürk, les rapports qu’entretient Erdogan avec l’Otan sont eux aussi, pour le moins… très particuliers. Lorsqu’il s’agit de s’adonner à des aventures militaires en Syrie ou en Libye, Ankara ne coordonne pas vraiment ses actions avec ses alliés otanesques. Et ne fait qu’agir selon ce qu’elle considère ses propres intérêts. Mais du moment qu’elle se retrouve face à des forces capables de la stopper, comme c’est le cas aujourd’hui en Syrie – elle active immédiatement le bouton «Help» auprès de ses partenaires de l’Otan. Tel un adolescent jouant au dur devant ses camarades, pour après les appeler au secours car ayant reçu une riposte digne de ce nom. Une virilité alliée à l’anti-virilité absolue en un seul package.

    Donc ce que fait en réalité la Turquie, c’est d’entamer des actions sans concertation avec ses alliés de l’Otan dans un premier temps, mais au moindre souci crier quant à la nécessité pour eux de la faire protéger. Un jour contre la Syrie du président Assad, un autre contre la Russie de Poutine, demain ce sera peut-être quelqu’un autre. Peut-être même la Chine où la Turquie tente d’instrumentaliser depuis un bon moment le prétendu problème ouighour.

    En d’autres termes: je suis fort, je n’ai besoin de personne. Et puis tout à coup: venez me protéger! Le souci pour Ankara c’est qu’en continuant à jouer à ce jeu, elle risque, au final, de perdre toute la mise. La Turquie, faisant qu’on le veuille ou non, partie de la grande famille eurasienne, pouvait profiter des opportunités qui lui étaient offertes par les puissances mondiales et régionales indépendantes, que ce soit la Russie, l’Iran ou la Chine. Elle avait aussi une occasion unique d’aller dans le sens de la normalisation des relations avec la République arabe syrienne – et un premier pas avait été fait en ce sens en janvier dernier lorsque les chefs des services de renseignement syriens et turcs s’étaient rencontrés à Moscou, formalisant ainsi leur premier contact depuis le début de la guerre qui fut imposée à la Syrie. Désormais et au vu des événements en cours à Idlib, notamment l’engagement turc en faveur des terroristes déclarés, y compris ceux d’Al-Qaida, c’est gâché.

    C’est d’ailleurs l’idée partagée par le parti politique turc Vatan, selon lequel si la Turquie lance une guerre contre la Syrie, elle peut tomber dans un piège préparé par les Etats-Unis et Israël et perdre des alliés comme la Russie, la Chine, l’Iran et l’Irak – une annonce qui a été faite le 26 février dernier.

    Effectivement, le temps est venu pour que la Turquie d’Erdogan fasse un choix. Et non plus un choix situationnel, mais bel et bien sur du moyen-long terme. A défaut de quoi, elle risque de perdre tout.

    Aussi, et plus particulièrement dans la situation en cours en Syrie, il serait difficile de ne pas aborder l’approche hypocrite et ouvertement malhonnête de l’establishment occidental – étasunien en tête, européiste en bon suiveur. A savoir que lorsqu’Ankara avait lancé son offensive contre les forces kurdes – alliées des USA, ce même establishment criait au scandale, menaçant même la Turquie de sanctions. Désormais, ces mêmes silhouettes jurent leur solidarité avec Ankara à Idlib (et donc approuvent aussi les actions des terroristes) contre les forces gouvernementales syriennes. Un monde de fous direz-vous? Et ce ne serait pas loin de la vérité.

    Quoiqu’il en soit, ni l’Otan, ni l’Occident en général ne sauveront pas la Turquie. C’est un fait. L’histoire retiendra tout de même que la Turquie d’Erdogan, lorsque cela l’arrange, adore appeler au secours ses alliés otanesques, y compris si pour cela il faut les mettre en péril. Concernant la partie islamiste de la question, l’histoire retiendra aussi que la Turquie d’Erdogan a choisi de défendre des extrémistes de la pire espèce, y compris affiliés à Al-Qaida, contre une armée légitime en train de libérer son territoire national. Quant à l’intégration eurasienne, ni la Russie, ni la Chine, ni l’Iran, n’ont besoin d’alliés – amis des salafistes. Partenaires de circonstances – peut-être. Pour aller plus loin – non merci. La rencontre Poutine-Erdogan dans les prochains jours sera certainement décisive. A condition encore d’avoir lieu – si le président turc commet une quelconque erreur comparable à celle de novembre 2015, elle risquerait tout simplement de ne pas avoir lieu, avec en prime des conséquences fortement sérieuses. Il est encore temps de revenir à la raison. L’avenir nous situera.

    Mikhail Gamandiy-Egorov

    Observateur continental, 2 mars 2020

    Tags : Turquie, Erdogan, Russie, Syrie, Etats-Unis, Israël,

  • Syrie – Une autre note brève sur les développements récents (Moon of Alabama)

    Après la confusion causée par le retrait soudain des forces russes en Syrie et les attaques de drones turcs qui ont suivi, tout semble être revenu à la normale.

    Les avions russes bombardent à nouveau les djihadistes et la Russie a déclaré à la Turquie qu’aucun de ses avions ou drones ne serait en sécurité dans le ciel syrien.

    Le Pentagone a annoncé qu’il ne fournira pas de soutien aérien à la Turquie. Il n’enverra pas non plus de défense aérienne Patriot à la Syrie, mais le président Trump a promis de demander aux autres pays de l’OTAN de le faire. Il est probable qu’ils refuseront cette demande. Il semble que le Pentagone ait gagné le combat avec le Département d’Etat qui a soutenu la pression turque pour la protection.

    Le président turc Erdogan a déclaré que la Turquie n’a pas de « problème particulier » avec les forces russes et iraniennes alignées à Idleb. Cela vient après que l’Iran et le Hezbollah aient averti que les troupes turques dans leurs « postes d’observation » désormais encerclés seraient des cibles faciles. Les unités turques qui ont envahi Idleb sont restées silencieuses aujourd’hui.

    L’armée syrienne a de nouveau repris les zones qui avaient été perdues la semaine dernière. La ville de Saraqib est à nouveau libérée. La Russie a fait savoir que sa police militaire s’occuperait de la sécurité de la ville. Cela signifie qu’elle est hors de portée pour une nouvelle attaque du djihad turc. L’autoroute M5 peut maintenant être réouverte et sera sécurisée.

    Une autre grande opération d’approvisionnement en provenance de Russie est en cours. Au cours des trois derniers jours, deux navires de débarquement russes, qui transportent généralement des armes lourdes comme des chars, ont traversé le Bosphore en direction de la Syrie. Huit avions de transport stratégique Ilyushin Il-76 ont atterri à Hmeymim, en Lattaquié, au cours des trois derniers jours. Ils transportent probablement des systèmes de défense aérienne supplémentaires ou des avions de chasse supplémentaires.

    Le réapprovisionnement devrait faire taire tout discours que la Russie a abandonné sur la Syrie.

    Erdogan veut Idlib, mais ni la Syrie, ni l’Iran, ni la Russie ne le lui permettront. Le président Poutine rencontrera Erdogan au cours des prochains jours et s’assurera que ce point est bien compris.

    Traduction SLT

    Source 

    Tags : Russie, Syrie, Turquie, Idleb, terrorisme, Erdogan,

  • Erdogan boude le Maroc dans sa tournée africaine

    Alors que Rabat figurait bien dans son agenda, le président turc semble avoir supprimé le Maroc de son programme africain pour se rendre en Algérie avant de poursuivre son voyage vers la Gambie et le Sénégal.

    Il semble que que Tayip Erdogan est fâché contre Mohammed VI en raison de la légèreté avec laquelle on signe et on annule les contrats suite à la décision marocaine de réviser l’accord de libre échange liant le Maroc et la Turquie. Une légèreté qui pourrait coûter cher aux autorités marocaines dont la politique extérieure est strictement conditionnée au conflit du Sahara Occidental, ce qui rend le Maroc non fiable dans le domaine des traités commerciaux, notamment dans le conflit libyen où Tripoli est consciente de la manie du Maroc à s’aligner sur les positions de la France, le pays qui se trouve derrière le chaos libyen et qui soutient les troupes du rebelle Haftar. A cela s’ajoute que le président turc n’a jamais été en odeur de sainteté au Maroc en raison de ses liens avec les frères musulmans du PJD.

    Tags : Maroc, Turquie, Libye, Haftar, Erdogan, France,

  • La Turquie envoie ses troupes en Libye et va bientôt explorer le pétrole dans une zone contestée

    Recep Tayyip Erdogan a annoncé l’envoi de troupes en Libye en soutien aux forces du gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj face aux forces du maréchal Khalifa Haftar.

    «Nous envoyons nos troupes pour soutenir le gouvernement légitime libyen», a-t-il dit s’exprimant jeudi 16 janvier lors d’une conférence consacrée aux résultats économiques du pays en 2019.

    Erdogan a ajouté que la Turquie continuerait d’utiliser tous ses moyens diplomatiques et militaires pour assurer la stabilité à sa frontière sud, terrestre ou maritime, intégrant la Libye dans cet objectif.

    Sommet de Berlin sur le conflit en Libye

    L’annonce de l’envoi de troupes turques intervient à trois jours de la tenue dimanche 19 janvier à Berlin d’un sommet consacré à la crise libyenne, auquel Erdogan participera, et après l’échec des discussions qui se sont déroulées en début de semaine à Moscou, où Haftar a refusé de signer un accord de cessez-le-feu négocié sous la médiation de la Turquie et de la Russie.

    En outre, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, s’est rendu jeudi 16 janvier à Alger où il sera reçu par son homologue algérien Abdelaziz Djerad et par le Président Abdelmadjid Tebboune, indique un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. Les responsables mèneront d’intenses concertations sur la crise libyenne, précise la même source. Cette visite intervient une semaine après celle effectuée à Alger par le chef de la diplomatie italienne Luigi Di Maio.

    La Turquie explorera «bientôt» le gaz dans la Méditerranée orientale

    Le Président turc a également déclaré qu’Ankara commencerait à accorder des permis d’exploration et de forage dans la Méditerranée orientale en 2020, conformément à un accord maritime avec la Libye. Il a indiqué que le navire turc Oruc Reis entamerait des mesures sismiques dans la région.

    Selon l’AFP, la zone concernée par le forage de la Méditerranée orientale riche en hydrocarbures est contestée, ce qui risque d’aggraver les tensions. Elle est couverte par un accord controversé de délimitation maritime, conclu fin novembre entre Ankara et Tripoli, qui étend le plateau continental de la Turquie.

    La Turquie multiplie depuis plusieurs mois les initiatives en Méditerranée orientale où la découverte ces dernières années d’importants gisements gaziers, notamment au large de Chypre, a creusé l’appétit des pays riverains.

    Selon Ankara, cet accord permet à la Turquie d’avoir des revendications sur certains gisements et d’avoir son mot à dire sur le projet de gazoduc EastMed, qui vise à exporter en Europe centrale du gaz israélien et traverserait la zone revendiquée par les Turcs.

    Avec cet accord, « il n’est plus possible, d’un point de vue légal, de faire des explorations, des forages ou de faire passer un gazoduc dans la zone située entre les plateaux continentaux de la Turquie et de la Libye sans leur aval », a dit M. Erdogan.

    Plusieurs bateaux turcs sont déjà à la recherche de pétrole et de gaz au large de Chypre, sujet de tensions avec l’Union européenne dont Chypre est membre, la Turquie occupant la partie nord de l’île.

    Début novembre, l’UE a franchi une nouvelle étape vers l’imposition de sanctions contre la Turquie pour ces forages illégaux, en adoptant formellement un cadre juridique pour cibler les personnes concernées.

    Sputnik; AFP

    Source : Almanar, 16 jan 2020

    Tags : Libye, Turquie, pétrole, conférence de Berlin, Erdogan, Haftar, Tripoli,

  • Libye : La Tunisie dit non à la Turquie

    Action militaire contre la Libye: le Non de la Tunisie à la Turquie

    Selon le journal en ligne libanais, al-Masdar News, la Tunisie n’autorisera pas la Turquie à utiliser son territoire pour intervenir en Libye.

    La porte-parole de la présidence tunisienne, Rachida Ennaifer a confirmé ce mardi que son pays refusait « catégoriquement » l’utilisation de son territoire dans le conflit libyen.

    « La Tunisie rejette catégoriquement toute ingérence étrangère en Libye, y compris l’intervention turque, qui est la position de principe de la Tunisie dès le début. Cette démarche n’a pas changé et ne changera pas », a-t-elle réitéré.

    À la question de savoir si la Turquie est autorisée d’utiliser le territoire tunisien pour intervenir militairement en Libye, Rachida Ennaifer s’est exprimée en ces termes :

    « Tunis ne pourra permettre à Ankara d’utiliser le territoire tunisien et la réponse du président tunisien Kaïs Saïed, à l’adresse de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan a été explicite à ce sujet ».

    Elle a ajouté que « la souveraineté de n’importe quel pouce du sol tunisien n’est pas soumise à négociation », notant que des consultations sont toujours en cours concernant la possibilité de la participation de la Tunisie à la Conférence de Berlin sur la Libye. Lundi,6 janvier, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu a déclaré que la Turquie enverrait des « experts militaires et des équipements techniques » pour soutenir le gouvernement internationalement reconnu en Libye.

    PressTV

    Tags : Libye, Tunisie, Turquie, Erdogan, Haftar, Tripoli,

  • Le projet turc en Libye

    Parce qu’elle a réussi à occuper une partie de la Syrie, sous prétexte d’en faire une zone tampon entre elle et les Forces démocratiques syriennes, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, croit rééditer le même exploit en Libye. A-t-elle des chances d’y parvenir ? Oui, si les pays de la région, en particulier l’Egypte, l’Algérie et la Tunisie la laissent faire, comme elles avaient laissé le couple franco-britannique détruire l’Etat libyen, il est vrai dans un contexte différent de celui d’aujourd’hui.

    Elle n’en a en revanche aucun si les pays du Sahel et ceux du Maghreb s’entendent pour l’empêcher de poser pied en Libye. Ce dont le président turc est venu s’assurer dernièrement auprès des dirigeants tunisiens, ce n’est pas tant de leur disposition à s’inscrire dans son projet d’occupation de Tripoli que de leur neutralité dans le cas où il passe à l’action.

    Si au lieu de Kaïs Saïed, son interlocuteur avait été Rached Ghannouchi, maintenant non seulement le président d’Ennahda, le principal parti tunisien, mais le président de l’Assemblée, il serait probablement reparti avec l’assurance qu’il était venu chercher.

    En vertu de la Constitution tunisienne, la politique extérieure et les questions de sécurité ne relèvent pas du gouvernement, qui en l’occurrence n’est pas encore formé, mais du président de la République. Cela n’a pas empêché Erdogan de prêter ensuite à ses hôtes ces mêmes propos qu’il avait conçu l’espoir d’entendre d’eux, comme si en Tunisie il était un peu en territoire conquis.

    La mise au point de la présidence tunisienne n’a pas dû néanmoins lui déplaire beaucoup, puisqu’elle revenait à réaffirmer la politique de neutralité observée par Tunis dans les affaires libyennes, en dépit donc du développement que compte leur donner la Turquie.

    Erdogan n’aurait pas fait le déplacement s’il était certain que les Tunisiens prendraient mal qu’il soit seulement venu chercher de la compréhension auprès d’eux relativement à son projet d’occupation de la Libye.

    On ne peut même pas exclure qu’il en ait profité pour les sonder sur le sentiment des Algériens sur le même sujet, espérant sans doute qu’Alger soit dans les mêmes dispositions que Tunis. Maintenant, il se peut qu’à leur tour les Tunisiens n’aient discuté avec lui de la Libye, pour eux carrément un sujet de politique interne, que pour mieux prendre connaissance des intentions qu’il nourrit à cet égard. Il est venu prendre leur pouls, et ce seraient eux qui aient pris le sien. Il n’en reste pas moins qu’il ne pouvait se permettre une démarche de reconnaissance de ce genre qu’à Tunis, où il compte des amis.

    La Tunisie est le seul pays arabe où des islamistes sont en train de former un gouvernement. Le seul donc qui puisse être tenté de ne pas condamner sa deuxième occupation d’un pays arabe, après celle de la Syrie.

    S’il était certain de trouver un accueil comparable à Alger, nul doute qu’il y aurait fait un saut par la même occasion. Le seul fait qu’il n’ait pas eu une idée pareille prouve qu’Alger est hostile à son ambition libyenne. Ce projet est le même que celui qui a été mis en œuvre en Syrie, au bout de plusieurs années d’approche et d’intrigues.

    En Libye, son corps expéditionnaire se trouvera pris entre deux armées qui n’accepteront jamais sa présence à leurs frontières.

    En Syrie même d’ailleurs les jours de sa présence militaire sont comptés. Dans le pire des cas, elle ne durera que le temps que le demi-millier de soldats américains restera autour des puits de pétrole de Deïr-ezzour. C’est en vain qu’Erdogan veut ressusciter l’empire ottoman.

    Le jour d’Algérie, 31 déc 2019

  • « Ultimatum » de Trump: Comment Poutine et Erdogan ont révélé le bluff autour de la S-400 | Poutine aujourd’hui

    « Ultimatum » de Trump: Comment Poutine et Erdogan ont révélé le bluff autour de la S-400

    Le bluff est le concept le plus important de la vie internationale moderne. Construit sur des demi-vérités et des informations erronées, il date de 2016 et de l’arrivée du milliardaire dollar à la Maison Blanche et est devenu le fondement de la politique étrangère des États-Unis. Lors du bluff, sur lequel Trump s’est fait connaître dans les affaires, la clé est la capacité de convaincre un adversaire de ce qui ne se passe pas vraiment. «L’accord du siècle» conclu avec l’Arabie saoudite et portant sur des armes d’une valeur de 109,7 milliards de dollars a finalement abouti à un accord d’intention sur les menaces de destruction d’un pays donné.

    Au cours des trois dernières années, des représentants des États-Unis et de l’OTAN, des médias internationaux ainsi que des émissaires de la Maison Blanche ont à plusieurs reprises effrayé la Turquie de toutes les sanctions possibles pour avoir fait l’acquisition de systèmes anti-aériens russes. La gamme des «avertissements» couvrait toute la gamme des approches de Washington, des raisons publiques expliquant le format «d’impossibilité» d’intégration avec le système de défense antimissile «Atlantique Nord» aux menaces directes, lorsque, à partir d’août 2018, la Maison Blanche s’est déclarée prête à imposer des sanctions à «l’un des alliés» qui envisageait d’acheter Défense aérienne.

    Le 22 mai, la chaîne de télévision américaine CNBC a annoncé que les États-Unis avaient l’intention d’exclure Ankara du programme de chasse de cinquième génération et que la durée de l’ultimatum était limitée à la première semaine de juin. Et, néanmoins, la Turquie est allée au-devant de l’aggravation en indiquant qu’elle prévoyait de recevoir les premiers complexes russes dans le même délai.

    Quelle est la base de la persistance d’Erdogan? Pourquoi sont-ils sûrs dans la mise en œuvre des contrats à Moscou et à Ankara? Pourquoi les pays du bloc de l’OTAN ont-ils des systèmes anti-aériens russes et pourquoi la Russie devrait-elle vendre les meilleurs systèmes de défense aérienne en série au monde à quelqu’un qui fait partie d’une alliance hostile?

    Pourquoi la Turquie

    La Turquie moderne est un pays aux ambitions larges et aux opportunités limitées. Dans le même temps, la portée de ces opportunités a été réduite pendant des décennies non par les ennemis d’Ankara, mais par ses «amis». Ainsi, depuis son adhésion à l’OTAN en 1952, la Turquie s’est secrètement interdite de disposer de son système de défense aérienne « à longue portée ». La raison formelle était le «parapluie» existant de la défense antimissile de l’OTAN, mais en réalité, tout cela tenait au fait que l’Occident était réticent à donner au pays le moyen de lutter contre l’insubordination.

    Alors que les menaces pesant sur la Turquie étaient extérieures et que la politique était alignée sur celle des États-Unis, personne ne s’inquiétait de la chute de l’URSS, puis de la phase active des opérations menées au Moyen-Orient par les États-Unis, mais la «défense» de l’OTAN a commencé à se retourner pour Ankara. Avec l’arrivée de la Russie en Syrie en 2015, la Turquie est automatiquement devenue une partie intégrante de la stratégie russophobe américaine. Par conséquent, comprenant ce qui se passait, elle a essayé de toutes ses forces d’acheter des complexes tactico-opérationnels en cas de réaction de la part de la Russie.Ironiquement, à cette époque, Ankara considérait que les États-Unis et la Chine étaient les principaux vendeurs de ces technologies. Et si, aujourd’hui, les alliés de l’OTAN sont prêts à faire beaucoup, si seulement la Turquie les achetait, et non les systèmes anti-aériens russes, Ankara a été brutalement refusée à cette époque. Ensuite, Erdogan a fait appel à la République populaire de Chine, concluant un accord d’intention avec la compagnie militaire CPMIEC. Cependant, les Américains ont appris que le contrat était en cours, ont inscrit le CPMIEC sur la liste des sanctions et ont déclaré à Ankara que, en tant que membre de l’Alliance, ils étaient obligés de mettre fin à la procédure d’appel d’offres. En conséquence, la Turquie n’a plus rien.

    Quelque temps plus tard, au cours de la même année 2015, Berlin et Washington ont même retiré les systèmes de défense antiaérienne Patriot faisant partie de l’OTAN du territoire du pays, sans préavis à Ankara. Quelques mois plus tard, les services de renseignement américains ont fourni à l’armée de l’air turque des informations sur une cible importante: le bombardier russe Su-24. Le piège a été mis. À Washington, ils ont radié le sacrifice sacré en la personne d’Erdogan des comptes et se frottaient déjà les mains en prévision de l’effondrement du rapprochement entre la Russie et la Turquie.

    Après avoir organisé une embuscade volontaire contre un avion russe le jour de l’anniversaire d’Alexandre Suvorov, les services de renseignement américains ont tenté de pousser la Russie dans la riposte militaire la plus dure, la confrontation directe avec Ankara, à l’instar des attaques organisées similaires de l’aviation ukrainienne contre la population russophone du Donbass.

    Cela a été clairement démontré par la réunion d’urgence de l’OTAN qui a suivi, au cours de laquelle les représentants turcs choqués ont été directement informés que, comme la Géorgie en 2008, ils ne bénéficiaient d’aucune garantie, que l’article 5 de la Charte de l’OTAN ne serait pas appliqué et que la Turquie devrait rester seule avec la colère La russie.

    C’est à ce moment-là qu’Ankara s’est rendu compte que Washington l’utilisait pour ses objectifs géopolitiques, jouait sur l’idée de néo-ottomanisme et la laissait faire. Moscou, à son tour, a activement intensifié ses pressions et s’est vite rendu compte que Erdogan, contrairement à toute rhétorique antérieure, avait pris conscience de la réalité, et a accepté toutes les conditions du Kremlin.

    Le 25 juin 2016, il a transmis un message avec ses excuses officielles à Vladimir Poutine. Le 28 juin, il a déclaré que la Turquie était prête à indemniser les proches du défunt. Après l’emprisonnement d’Alpaslan Chelik, tous les pilotes qui ont tiré sur le Su-24 russe ont été arrêtés, le meurtrier de l’ambassadeur de Russie Mevlut Altyntash a été abattu et la rue où se trouve l’ambassade de Russie à Ankara. Beaucoup plus a été accompli sans atteindre le niveau de publicité, mais il a été mis en œuvre.

    Le plan américain a craqué et, dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une tentative de coup d’État militaire a été organisée en Turquie. Et dans ce document, l’avion militaire turc F-16, issu de la base Incirlik contrôlée par l’OTAN, n’a pas tiré sur Erdogan à bord simplement parce que la Russie est intervenue dans le processus. Les informations nécessaires à ce moment-là ont été reçues non seulement par Erdogan et ses plus proches collaborateurs, mais également par des acteurs pro-américains participant à la rébellion.

    En conséquence, le moment idéal où les systèmes patriotes américains ont quitté le territoire turc à temps et que tout pouvait être imputé aux rebelles, les services spéciaux américains n’ont pas profité et Ankara a enfin compris qu’il était temps de faire appel au soutien d’un partenaire alternatif.

    Bruxelles a continué de nier l’adhésion de la Turquie à l’UE, la RPC a maintenu sa neutralité, l’Union européenne a soutenu Chypre dans son différend sur l’exploration gazière et les États-Unis n’ont fait que renforcer leur soutien aux Kurdes en Syrie et en Irak.

    Dans ce contexte, dès novembre 2016, les premiers rapports sur les négociations entre la Fédération de Russie et la Turquie concernant la fourniture de S-400 ont paru dans la presse. Un accord ferme a été conclu le 12 septembre 2017. En décembre 2017, le chef de la société d’État Rostec a annoncé un coût de fournitures de 2,5 milliards de dollars. En 2019, il a été annoncé que les délais initiaux pour le transfert de systèmes à la demande d’Ankara avaient été décalés de 2020 à 2019.

    Pourquoi les États-Unis s’opposent

    Le matériel militaire fourni par le biais du système de coopération américano-technique, contrairement au russe, présente de nombreuses limitations en termes d’utilisation au combat. Par exemple, il est connu avec certitude que les F-16 jordaniens, dans l’éventualité d’un conflit armé hypothétique, ne pourront pas abattre une armée de l’air F-16 israélienne similaire. Cela ne permet tout simplement pas de verrouiller le logiciel.

    Il en va de même pour les systèmes de défense aérienne, qui pourraient bien ne pas vouloir tirer sur les avions de l’OTAN, même si, comme en 2016, ils souhaitent à nouveau aider le conseil présidentiel à se retirer. La S-400 « Triumph », fournie à la partie turque, est privée de cet inconvénient, ce qui est extrêmement insatisfait de la Maison-Blanche.

    La situation avec le Su-57, considéré par Ankara comme remplaçant des avions de combat de cinquième génération, est également perçue. Le F-35 possède le logiciel le plus complexe, toutes les clés étant entre les mains des États-Unis. Par conséquent, le Pentagone n’est pas du tout intéressé à rendre impossible l’abaissement artificiel des caractéristiques de combat de 100 F-35 turcs, si nécessaire.

    L’histoire selon laquelle le S-400 ne peut pas être intégré dans le système de défense antimissile de l’OTAN est également un prétexte flagrant, car auparavant, l’inclusion similaire du S-300 grec dans celui-ci ne posait aucun problème technique. Le problème de Washington dans ce domaine est plus susceptible d’être émotionnel, puisqu’en 2017, Moscou a déclaré de façon moqueuse que les S-400 turcs étaient équipés de systèmes OTAN-to-other fabriqués selon les normes de l’OTAN, et le système de défense aérienne de l’Alliance après la livraison.

    À ce stade, le Kremlin a montré sans équivoque que les représentants de l’Alliance peuvent établir des unités de l’OTAN dotées de codes secrets et de fréquences alphabétiques directement en Turquie, et que la Russie elle-même peut également s’installer, car elles ne sont pas un secret pour elle.

    De plus, les Américains sont effrayés par les systèmes de défense aérienne russes eux-mêmes. « Triumph » est destiné non seulement à vaincre les avions de brouillage, les avions de détection radar, les cibles de missiles et bien plus encore, mais également à éliminer les avions furtifs. La réduction de la visibilité d’un aéronef peut jouer un rôle important dans une bataille aérienne, où les capacités du radar sont limitées, mais rien ne contrarie la «vigilance» du radar Triumph 91H6E du système F-35.

    Les S-400 en Syrie obligent déjà les « invisibles » américains et israéliens à contourner leurs positions, les S-400 près des États baltes obligent à faire de même dans la partie orientale de l’UE. Les frontières de la Norvège ont également des batteries C-400 et les F-35 norvégiens ne les survolent pas de la même manière. Les États-Unis sont simplement scandalisés par le fait qu’il n’est plus nécessaire de voler également dans la région de la Turquie.

    Enfin, l’accord avec Moscou ouvre la porte politico-militaire de Pandore, car si l’OTAN et les membres grecs et turcs peuvent être armés de systèmes de défense antiaériens russes, et malgré la menace de sanctions, les autres États doivent renoncer aux meilleurs systèmes de défense aérienne du monde. moins qu’un patriote?

    Pourquoi tout cela c’est la Russie

    L’acquisition par la Turquie des systèmes de défense antiaériens russes S-400 va bien au-delà des simples avantages économiques. Tout d’abord, pour la première fois depuis 1999, les armes russes seront fournies au pays de l’OTAN et la Turquie deviendra dépendante de Moscou en termes de formation du personnel et d’exploitation du matériel.

    Les achats creusent un fossé entre Ankara et ses alliés de l’Atlantique Nord, et le sillage du cours «pro-russe» d’Erdogan est complété non seulement par la centrale nucléaire d’Akkuyu, le courant turc, les relations commerciales renaissantes, la plate-forme de négociation d’Astana et les futures actions communes des pays syriens Idlib, mais aussi par les forces armées partenariat stratégique.

    En outre, au cours des tentatives infructueuses des États-Unis pour déclencher une guerre à part entière entre la Russie et l’Ukraine, visant à rendre totalement aléatoire le Moyen-Orient, l’Asie centrale et d’autres régions, notre pays a réussi à créer une image de stabilité en soi. Et dans cette section – la sécurité du ciel pacifique – la fourniture de systèmes de défense aérienne est d’une nature particulière.

    Actuellement, la société Almaz-Antey exécute une commande à la fois de trois pays du monde: la Chine, la Turquie et l’Inde. En outre, la vente du C-400 en Chine a rendu possible la vente de complexes indiens, et la conclusion du plus important accord militaire sans dollar avec Delhi a facilité la passation de la commande actuelle à Ankara.

    L’acquisition de la défense aérienne russe par la Turquie, en dépit des sanctions américaines, entraînera une nouvelle vague de battage médiatique, alors même que 13 pays au moins demandent déjà le «parapluie» russe – Arabie saoudite, Qatar, Algérie, Maroc, Kazakhstan, Soudan, etc. Egypte, Vietnam, Irak et autres pays d’Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient.

    Ce succès a été obtenu malgré la pression des sanctions, et l’exemple avec la Turquie permet de prouver que même malgré la loi CAATSA, qui permet aux États-Unis de geler des avoirs et d’empêcher les institutions financières de coopérer avec les grands accords d’armement avec la Russie, la coopération se poursuit.

    Au cours des cinq dernières années, la production industrielle dans le secteur de la défense nationale a augmenté de 51% pendant les sanctions et le portefeuille de commandes à l’exportation est resté à 50 milliards de dollars.En outre, les restrictions en dollars US ne permettent qu’à Moscou d’encourager plus activement ses partenaires à passer aux règlements nationaux.

    En d’autres termes, un contrat passé avec un allié des États-Unis et un membre de l’OTAN pour l’achat de matériel militaire russe n’est pas seulement un succès militaro-économique, il constitue également un excellent moyen de montrer aux mécontents russes que le monde n’est pas tombé à terre. Et dans le même temps, montrez aux «amis» hésitants de Washington que nombre des menaces de l’hégémonie sont des bluffs vides, et que le cours de la politique anti-russe pourrait bien être reconsidéré.

    Hubiev Ruslan

    IA REGNUM

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