Étiquette : esclavage

  • L’histoire d’un million d’esclaves blancs au Maroc

    C’est l’histoire oubliée du million d’Européens blancs qui ont été arrachés à leurs foyers et emmenés enchaînés sur les grands marchés aux esclaves d’Afrique du Nord pour être vendus au plus offrant. Ignorés par leurs propres gouvernements et contraints de supporter les conditions les plus dures, peu ont vécu pour raconter l’histoire.

    S’appuyant sur le témoignage de première main d’un garçon de cabine de Cornouailles nommé Thomas Pellow, Giles Milton reconstruit de manière vivante un chapitre inquiétant et peu connu de l’histoire. Pellow a été acheté par le sultan tyrannique du Maroc qui a construit un palais de plaisir impérial d’une taille et d’une grandeur énormes entièrement construit par des esclaves chrétiens.

    En tant qu’esclave personnel, il serait témoin de la splendeur barbare de la cour impériale et vivrait la terreur quotidienne d’un régime brutal. Saisissant, impeccablement recherché et brillamment réalisé, WHITE GOLD dévoile un chapitre explosif de l’histoire populaire, raconté avec le rythme et la ferveur de l’un de nos meilleurs historiens.

    Tags : Maroc, esclavage, White Gold, Giles Milton, Thomas Pellow,

  • Les soumis se portent bien, ils vous saluent !!!

    JE NE SAIS PAS s’il existe une sorte de paradis ou de purgatoire où se retrouvent les serviteurs de
    la France qui ont plus ou moins fricoté avec notre continent, mais je suis sûr que les devanciers des actuels françafricains doivent être fiers de leurs héritiers qui continuent à faire du très bon boulot. Il n’y a pas si longtemps, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso avait dit devant les caméras de TV5 et devant les micros d’Europe1 que son pays avait toujours défendu les intérêts de la France.

    NOS ELITES POLITIQUES ne se gênent même plus au point de déclarer publiquement soit qu’ils ont besoin de la France (pour faire des dons de médicaments, pour des dons de bancs, etc.). Ce genre d’attitudes donne le bâton aux non-Africains qui sont convaincus de notre supposée paresse congénitale, pour nous battre encore de plus belle. Certains nous disent tous les jours que la Françafrique est une vue de l’esprit, que si nos États vont adhérer à des nébuleuses comme l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), l’AIMF (Association internationale des maires francophones) etc., c’est qu’ils y gagnent. Je suis de ceux (et vous le savez très bien) qui estiment que non seulement nous n’avons rien à y faire, mais, bien au contraire, nous en sommes les dindons de la farce. Nous sommes les cocus de service. Pire encore, non seulement nous sommes cocus, mais en plus, nous payons la chambre. Nombre d’Africains ne veulent pas faire l’effort de comprendre que la relation que nos Etats entretient avec la France est une relation de maître à soumis (je reste poli). Ce n’est pas un partenariat. Dans un partenariat, à défaut de trouver un équilibre à 50-50, on essaie d’y tendre. Mais ce lien incestueux que nous entretenons nous est tellement défavorable que le rapport serait peut-être de 1 à 9. Et encore, je suis sans doute trop gentil à ce niveau. La France, il y a plus de 50 ans, voyant bien que le monde changeait, a fait semblant d’accepter que ses satellites accèdent à la souveraineté internationale. Mais les officiels français chargés de négocier cet important virage étaient très malins et ils ont pris le soin de préparer uns système dans lequel nos représentants, pour la plupart sont pris comme dans un filet dont nous avons du mal à sortir. Chaque fois que la France veut faire voter un texte au Conseil d’Insécurité des nations Désunies, elle sait qu’elle peut compter sur ses valets soumis qui, on le voit bien se retrouvent seulement en Afrique et nulle part ailleurs. Nos amis d’Asie, qui ont gagné leur indépendance dans le sang savent ce que liberté veut dire. Ils ne suivent pas aveuglément Paris.

    LE FMI N’A JAMAIS été mon verre de ntsamba et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. Voilà que le Congo vient encore montrer à la face du monde qu’il suit la France comme un toutou suivrait son maître en déclarant soutenir officiellement la candidature de Mme Christine Lagarde au poste de DG du FMI, en remplacement du trop indélicat Dominique Strauss-Kahn (qui a d’autres comptes plus brûlants à régler en ce moment). S’il est vrai qu’un accord tacite existe entre les USA et l’Europe pour que ce poste soit dévolu à un Européen, dans les textes, rien par contre ne dit que cela doit se faire ainsi. Au moment où le centre de gravité du monde ne cesse de se déplacer vers l’Asie, le Congo (et d’autres soumis à la France, gageons-le) préfèrent aller à contre-courant de l’histoire et servir leurs maîtres comme hier. Je vais vous faire rire (ou pleurer, c’est selon), mais dans les réformes proposées par Dominique Strauss-Kahn, il était prévu que le poids des « petits pays » augmentent. Vous savez quels pays, jusqu’à il y a environ 8 mois s’y opposaient? Le Gabon et le Cameroun. Comme par enchantement, deux pays du pré carré français! Je vous le dis, au bal des insoumis, nos pays vont rester longtemps assis!

    Obambé GAKOSSO, May 2011©

    Source : Obambé GAKOSSO

    Tags : Afrique, France, françafrique, spoliation, pillage, exploitation, esclavage,

  • L’Occident vu par un ancien colonisé

    Je republie ce magnifique texte, plein de vérités en marg du débat sur le séparatisme musulman,

    qui m’a été envoyé par une chère personne. Merci à elle !

    Quand ils font la guerre, elle devient mondiale.

    Quand ils ont une opinion, elle est internationale.

    Quand ils s’expriment, ils le font au nom de la communauté internationale.

    Quant à leurs valeurs, elles sont universelles.

    Quand ils ont une crise, elle est mondiale.

    Quand ils parlent d’eux c’est une langue.

    Quand ce sont les autres c’est forcément des dialectes.

    Leurs fruits ont des noms du genre pomme, abricots, pèche. Ceux de l’Afrique sont exotiques, sauvages.

    Ils se sont installés de force en Amérique, au Canada, en Australie, en Afrique du sud, Amérique du sud et ils nous traitent d’immigrés.

    Lamentable !

    Quand ils viennent chez nous ils disent qu’ils sont expatriés et quand c’est nous qui allons chez eux ils nous traitent d’immigrés. Mesquinerie quand tu nous tiens.

    Ils disent d’eux qu’ils sont en situation irrégulière dans un autre pays.

    Et quand il s’agit de nous, ils disent que nous sommes des sans papiers, des clandestins.

    Quand ils s’attaquent à l’occupant, ce sont des résistants.

    Et quand nous on s’attaque à l’occupant, nous sommes des terroristes.

    Ils sont les seuls à pouvoir se doter des bombes atomiques et bizarrement ce sont les autres qui fabriquent et utilisent des « armes de destruction massive »

    Quand ils les combattaient il y’a à peine un demi siècle, on les appelait homosexuel, pédé.

    Et maintenant qu’ils les acceptent on les appelle gays.

    Quand ils croient en Dieu, le monde entier doit croire en Dieu.

    Et maintenant qu’ils n’y croient plus, le monde entier devrait accepter le mariage entre deux personnes de même sexe. Croire en Dieu est devenu ringard’.

    Quand on se met tout nu avec un cache sexe, nous sommes des sauvages.

    Et quand c’est eux, ils font du naturisme.

    Quand nos femmes se voilent, nous les opprimons. Quand les leurs se voilent, ce sont des saintes (sœurs).

    Quand ils y régnaient, on parlait de noble art.

    Depuis que nous les terrassons, on parle de boxe tout court.

    Quand ils nous prêtent de l’argent, ils parlent d’aide. Quand ils viennent nous piller, ils nous parlent de partenariat ou d’accord de partenariat.

    Quand ce sont eux qui le font, c’est du lobbying.

    Quand c’est nous, c’est de la corruption, du clientélisme, du népotisme.

    Ils traitent nos scarifications (marque de reconnaissance ethnique) de sauvage. Aujourd’hui ils pratiquent le tatouage à outrance et c’est devenu de l’art.

    Ils disent chez eux que la femme est plus libre, mais ils oublient que le corps de la femme se vend en vitrine à Amsterdam et aujourd’hui pour une pub de yaourt on a droit à un sein nu. Quel culot !!

    Saluons l’homme Blanc comme il se salue lui-même dans le miroir.

    Pas pour notre salut, mais pour celui de son nombril.

    Source : Mediapart

    Tags : Occident, Tiers Monde, Afrique, colonisation, lobbying, spoliation, pillage, homme blanc, noir, esclavage, migration, émigrés, expatriés,

  • Maroc / Les bonnes: L’esclavage des temps modernes

    « Aujourd’hui, c’est le premier jour du mois sacré de Ramadan. Je me suis réveillée à l’aube pour préparer le s7our à toute la famille. J’ai fait le plateau de la fille de Lalla, et je l’ai monté dans sa chambre. C’est drôle quand même, d’imaginer toute une chambre et toute une salle de bain pour une seule personne, bon je me perds là, j’en reviens au s7our. Quant à Lalla et Sidi, je leur ai dressé une table dans le jardin, et j’ai mis les « Sllayates » en direction de la Mecque pour qu’ils puissent prier à l’air frais. Ils aiment bien sentir l’odeur des orangers pendant leur prière de l’aube. Et moi, en ce beau matin, comme tous les autres, je m’installerai dans la cuisine des bonnes, et je mangerai un morceau de pain de bonnes, tartiné de margarine de bonnes, avec du lait de bonnes, agrémenté de dattes de bonnes, pour finir par un verre d’eau du robinet, mais du robinet des bonnes. Puis j’irai dans ma petite chambre de bonne, dormir une heure de plus, peut être deux, avant que Lalla ne me bipe pour me réveiller.

    8h30, mon Nokia 1100 me fait l’effet d’un marteau piqueur sur la nuque, j’ai envie de le fracasser contre un mur mais ces trucs là sont indestructibles. Je le sors de sous l’oreiller, c’est Lalla, il est temps de se réveiller. Je vais faire ma toilette, comme vous l’avez deviné, dans ma salle de bain de bonne, et puis je fais ma prière. Ce matin, je prie de rencontrer Mouhanad quand j’irai faire les courses avec Lalla, qu’il tombera sous mon charme, et que je partirai avec lui en Turquie, là où il habite. Plus sérieusement, je prie pour que Lalla oublie de fermer la porte de sa chambre à clés. Bref, au boulot.

    Lalla dépose le petit à l’école, et Sidi la grande au lycée. Je monte donc ranger les chambres des enfants. La fille de Lalla garde une chambre nette et rangée, ce qui me facilite énormément la tâche. Je n’ai plus qu’à faire la poussière, le parterre, la salle de bain, changer les draps, faire les carreaux, et plier le linge, une quantité astronomique de linge. Je suis sure qu’elle ne remet jamais la même chose deux fois la même année. Elle est gentille, on a quasiment le même âge, et elle me demande toujours de lui tenir compagnie. Elle me raconte ses prouesses amoureuses, elle me maquille, je lui raconte mes histoires avec L’hachmi. Par moment, je sens une véritable complicité s’installer entre nous, puis je me souviens qu’on ne vient pas du même monde, et puis c’est tant mieux, si elle pense que nous sommes complices, elle ne se doutera jamais que c’est moi qui lui ai volé sa chaine en or.

    Je passe à la chambre du petit, le gosse le plus bordelique de la planète. Lalla dit que c’est parce qu’il est créatif, et que retourner tous ses placards sens dessus dessous est un moyen d’expression qui cache un grand génie. Moi j’appelle ça, « 9ellet tterch » (carence en gifles). Heureusement, son tiroir est ouvert, une grosse enveloppe pleine de billets de 100 m’aguiche depuis tout à l’heure, c’était son cadeau d’anniversaire. Quelle idée, donner des sommes aussi obscènes a un gamin de 10 ans. Je me serre copieusement, ça m’aidera à ranger son bordel. Je déteste les gosses.

    Je me dirige vers la chambre de Lalla, elle est fermée à clés. Bon, tout à l’heure alors. Je descends en cuisine, je m’attèle à la tâche. Nous avons des invités ce soir. Il faut commencer par épousseter tous les salons, frotter le marbre du parterre au savon noir, puis passer la serpillère. Faire une machine ou deux et commencer à préparer le ftour et le diner. J’ai la tête qui tourne, j’ai faim, et il n’est que midi. Lalla rentre, elle m’ouvre la porte de sa chambre, j’ai 15 minutes chrono pour la ranger sous son œil inspecteur. Je ne peux me permettre de rien prendre, trop risqué. Elle inspecte les chambres de ses enfants, me reproche la poussière sur les jouets du petit, et puis nous nous dirigeons vers la fournaise, pardon, la cuisine pour finir les repas.

    16h, Lalla vas faire sa prière puis une petite sieste. J’essaye de tout bâcler en cuisine pour en faire autant. J’emmène tout de même un panier à linge dans ma chambre qui me servira potentiellement d’alibi. 17h15, je me réveille, je me lave le visage, et je remonte en cuisine. Ma sieste m’a fait du bien. Bientôt, j’entends Lalla m’appeler. Merde, je suis sure que je me suis faite choper, mon père va me couper les jambes. Je vais la voir, et en fait non, elle ne s’est toujours pas rendu compte de mon crime. Elle a un cadeau pour moi, un sachet Marjane, avec un pyjama de bonnes, et des sandales de bonnes. C’est gauche mais je dis merci quand même. Alors qu’elle passe sa vie à s’acheter des chandails en cachemire chez Un Deux Trois, elle aurait pu faire l’effort d’au moins aller dans un vrai magasin, au lieu de m’acheter un pyjama difforme de grande surface. Est-ce trop bien pour moi? Ou suis-je trop « Bonne » pour ça. Mais bon, c’est le geste qui compte. Ce n’est pas finis, elle me tend une enveloppe, me fait la bise et me lance un « mabrouk l3wacher » chaleureux. Mon père ne m’a toujours pas souhaitée un ramadan mabrouk. Ça me touche. Il y a 5 billets de 100 dans l’enveloppe. J’espère qu’elle ne le dira pas à mon père pour que je puisse les garder. Motivée, je retourne en cuisine, je finis de préparer les plats, je dresse la table, tout va très vite.

    Les invités commencent à arriver, tout est prêt. Nous n’attendons plus que l’Adane. Allahou Akbar, et c’est parti, les invités commencent à manger, je ne mangerai pas avant 20 minutes, je dois sortir les jus frais du frigidaire, servir les briouates du four. Je romprai le jeune en 10 minutes avant de faire le café. Une fois le café servi, et les plateaux jonchés de bouffe revenus en cuisine, je me jette dessus comme une sauvage. Je mords à pleines dents dans tous les choux à la crème qu’on m’a toujours refusé parce que ce n’était pas pour les bonnes, je n’arrête pas de mâcher. J’en profite à fond. Les plateaux de café et de thé reviennent, merde, plus de café. Tant pis, je me ferai un café de bonnes, c’est dégueulasse mais au moins c’est du café. Peut-être aurais-je plus de chance demain. Je range la cuisine et puis Lalla revient me voir. Elle a une nouvelle à m’annoncer. Demain, une nouvelle fille viendra travailler avec moi, elle ne passera pas la nuit et sera sous ma supervision. Elle s’occupera de ranger les chambres et je m’occuperai de la cuisine. Elle constitue pour moi, le parfait bouc émissaire à ma main légère. Hamdoullah. Quelqu’un sonne à la porte, c’est mon père. On est vendredi, il vient, après les prières des tarawi7, récupérer mon salaire hebdomadaire, l’équivalent de 40 euros. Lalla ne l’as pas mis au courant du petit cadeau qu’elle m’avait fait plus tôt. Hamdoullah. Plus tard, je compterai mon petit butin de la journée, et je le rajouterai à ma cagnotte. Bientôt, j’irai à Dubaï à travers une passeuse que j’ai rencontrée au Hammam. Dubai, c’est mon Eldorado, c’est un nouveau monde qui s’offre à moi. »

    Au Maroc l’esclavage persiste. Les femmes de ménage sont une marchandise efficace à prix bas, vendues de force par leurs familles, ou par leurs conditions, à des bourreaux qui se pensent bons et altruistes alors qu’ils ont le cul entre deux chaises: considérer la bonne comme un membre de la famille, ou la considérer comme un employé avec qui il faut entretenir des relations professionnelles. Notre société schizophrène, fait de la bonne son amie et son ennemie. Jamais assez bonne pour vivre comme ses maitres, et toujours trop bonne pour bénéficier de la CNSS. Il est grand temps de rendre son humanité à la femme de ménage, et d’arrêter cette hypocrisie qui fait que Lalla pleure en regardant Enquête Exclusive qui relate la souffrance des Philippines dans les foyers américains, alors que s a bonne est entrain de faire les 12 travaux d’Hercules en vue de la réception du lendemain.

    Source : La vérité qu’on n’ose pas dire 

    Tags : Maroc, bonnes, esclavage, exploitation, abus, viol, pédocriminalité, pédophilie, ménage, travaux ménagers,

  • Le véritable mal de la Guadeloupe

    Le mal dont souffre la Guadeloupe, n’est pas la covid-19 mais le colonialisme.

    Si le peuple guadeloupéen était maître de ses frontières et de ses terres, il aurait pu prendre des mesures aussi strictes que la Barbade ou la Dominique et ne serait pas dans la situation actuelle.

    Des années qu’on endoctrine nos frères dans un nationalisme français stupide qui voudrait les faire remercier la France d’être encore colonisés pour finir sacrifiés sur l’autel du tourisme national! Que dieu et les ancêtres veillent sur eux et Vive la lutte independentiste guadeloupéenne.

    Source : La Question Noire

    Tags : France, Guadeloupe, colonialisme, colonisation, esclavage, exploitation, indépendance, liberté, lutte,

  • Maroc : Le pirate hollandais devenu marchand d’esclaves blancs


    Abdelkader Benali met en lumière une histoire inconnue dans un essai qu’il a écrit pour le Mois de l’histoire. Jan Janszoon gagna sa vie comme corsaire et finit comme amiral dans le Maroc actuel où il gardait des esclaves blancs.

    Eric Brassem
    Source : Trouw, 30 septembre 2020

    Passeurs de clandestins en Méditerranée, migrants qui parcourent les identités européenne-chrétienne et musulmane. Abdelkader Benali a écrit une histoire d’actualité – bien qu’elle remonte à des siècles – pour le Mois de l’histoire, qui commence demain. Mais son histoire contient aussi des ingrédients moins contemporains et exotiques, comme des États pirates où les «renégats» néerlandais – convertis à l’islam – se sont enrichis grâce au commerce des esclaves blancs.

    Dans son essai «Les voyageurs d’un nouvel âge», Benali passe constamment d’une époque à l’autre, et de son histoire personnelle à celle des personnages historiques. Le personnage central est Jan Janszoon, alias Moerad Raïs (1570-1641). Ce Haarlemmer gagna d’abord sa vie en tant que pirate « corsaire », qui vola des navires espagnols avec la permission des États généraux néerlandais. Il a fini comme amiral de l’État pirate de Salé, dans l’actuelle capitale marocaine Rabat.

    Benali: «Jan Janszoon est également apparu dans le livre «Le Maroc à travers les yeux des Pays-Bas 1605-2005», que j’ai écrit en 2002 avec l’historien Herman Odeijn. Un homme qui finit au Maroc, devient musulman et y obtient un poste: il ressemblait à un de ces corbeaux blancs très exceptionnels qui voltigent à travers l’histoire. Il y a quelques années, Benali est de nouveau tombé sur le thème de la «piraterie» dans sa région natale, le nord du Maroc. «J’ai réalisé un documentaire avec une jeune femme d’Amsterdam qui cherchait ses racines. Nous nous sommes retrouvés sur la côte nord, où je suis également né: un lieu de pauvreté, d’où les gens partent traditionnellement.

    «Là, nous avons rencontré un homme qui a inventé de merveilleuses histoires sur les pirates. «Dans le passé, quand le brouillard arrivait, les pêcheurs du village se tenaient ici et soufflaient une corne d’agneau», a-t-il dit. Les Européens à bord de leurs navires pensaient être au port de Melilla (l’enclave espagnole au Maroc) et se sont retrouvés coincés. Les pêcheurs ont amené l’équipage à terre, ont vendu leurs marchandises et ont informé les envoyés diplomatiques à Tanger qu’ils pouvaient racheter l’équipage pour une somme considérable.

    L’année dernière, l’organisation du Mois de l’histoire a demandé à Benali s’il voulait rédiger un essai. «Le thème est Est-Ouest, ça va bien avec ça, disent-ils. Ma première pensée a été: je dois vous dire que je suis un enfant de pirates. Quand j’explique cela aux lecteurs, ils comprennent qui est Abdelkader Benali. Cela semblait également une excellente façon de donner à cette histoire de Jan Janszoon une couleur personnelle. Dans ce thème Est-Ouest, nous pensons aux flux de migrants modernes d’Est en Ouest et du Sud au Nord. Mais le pirate Jan Janszoon est allé du nord au sud. « 

    Glorieuse ville portuaire

    Benali s’est plongé dans l’histoire de la région, le Rif – réputé jusqu’au XIXe siècle comme région des pirates – et son village natal sur la Méditerranée: Ighazzazzen. D’où vient ce nom, se demanda Benali. Ce nom pourrait-il se rapporter à cette illustre ville portuaire en ruine, Cazzaza?

    Benali: «Cazzaza était reconnue comme une plaque tournante du commerce transafricain avec l’Andalousie, qui était aux mains des Maures jusqu’à la fin du XVe siècle. C’était aussi la ville où le monarque maure Boabdil a débarqué en 1493, après que les Espagnols l’ont expulsé d’Andalousie. L’emplacement est enveloppé d’incertitude, mais avec l’aide d’un historien marocain, j’ai pu le localiser: il était à environ 20 kilomètres au sud de ma ville natale, Ighazzazzen.

    Descendant de pirates

    Benali a en effet découvert un lien entre les deux lieux. Peu de temps après le débarquement de Boabdil, les Espagnols ont rasé Cazzaza au sol. De nombreux habitants, y compris des Maures expulsés d’Espagne qui avaient voyagé avec Boabdil, se sont installés dans un nouveau village: la ville natale de Benali, Ighazzazzen. « Quand j’ai découvert cela, j’étais bien sûr très fasciné, d’après mon expérience, mon village n’avait pas d’histoire. »

    Benali – un migrant, descendant de pirates et de réfugiés maures – a également découvert un lien entre ses ancêtres et ces migrants complètement différents, les pirates européens qui se sont installés au Maroc. Jan Janszoon avait une chose en commun avec les Maures qui se sont installés au Maroc après leur expulsion d’Espagne, écrit Benali: une aversion brûlante pour les Espagnols.

    Janszoon a grandi avec les histoires sur le siège de Haarlem (1572-1573). Poussés par le ressentiment et la recherche du profit, des aventuriers comme Janszoon purent attaquer les navires espagnols, comme une sorte de marine privée de la République, heureuse d’émettre des lettres de marque pendant la Révolte. Mais la trêve de douze ans avec l’Espagne en 1609 a brusquement mis fin aux moyens de subsistance de Jansson.

    Il décide alors de commencer par lui-même. Janszoon entre en contact avec Soliman Reys, un renégat, né aux Pays-Bas sous le nom d’Ivan de Veenboer. Cela emmène Janszoon à Alger, bastion des pirates sous la protection de l’Empire ottoman. La ville est une société multiculturelle de Vénitiens, Génois, Grecs, Berbères, Espagnols, Anglais, Irlandais, Juifs, Français et Néerlandais. Ces derniers sont très appréciés pour leur connaissance des navires. Une source importante de revenus à Alger est le commerce des esclaves blancs – en deux siècles, le sort est tombé à environ un million d’Européens, écrit Benali.

    Pour être autorisé à détourner sous la protection du sultan, Janszoon se tourne vers l’islam. En tant que Moeraid Raïs, il s’installe dans une autre cité-état de pirates: Salé, près de l’actuelle Rabat. Il a acquis une réputation parmi les Néerlandais en tant que médiateur entre les envoyés néerlandais qui viennent rançonner les prisonniers.

    Position de l’amiral

    Mais il se fait un nom en tant que pirate parmi ses concitoyens. Lors d’une expédition en 1627, il emmena 400 Islandais à Alger et à Salé, et en 1631, il fit entrer en esclavage 237 habitants du village irlandais de Baltimore. Moerad Raïs reçoit le poste d’amiral de la cité-état. Benali: «De beaux livres ont été écrits sur Baltimore et l’Islande. C’était l’horreur pour les habitants. Des hommes avec des turbans et des cimeterres sont venus rugir vers eux, ils avaient même 10 à 0 d’avance. Le vol en Islande est également bien décrit, car l’un des prisonniers, un ecclésiastique, a été libéré pour plaider auprès de la couronne danoise pour la libération des prisonniers.

    Une carrière remarquable, mais dit Benali: «Jan Janszoon n’était pas une exception comme je le supposais: à partir du XVIe siècle, il y avait certainement des centaines, probablement des milliers de« renégats ». Ils se sont convertis à l’islam pour des raisons économiques, pas parce qu’ils sont sortis ensemble ou ont vu la lumière.

    Les renégats ont revêtu un manteau culturel différent, et c’était en fait assez facile, écrit Benali. «Cela a été toléré, comme le montre de manière convaincante les recherches de Maartje van Gelder, professeur à l’Université d’Amsterdam. Lorsque le bateau de Janszoon fut endommagé en 1623, il débarqua à Veere, bien qu’il fût largement connu comme un renégat, qui se fit circoncire et détourna également des navires hollandais. Il a même recruté des garçons de navire là-bas, apparemment les possibilités offertes par un tel voyage étaient très attrayantes.

    «C’est en fait impossible à expliquer», admet Benali. «Janszoon a détourné des navires hollandais et les a ramenés à terre, et il a également gardé des esclaves. Mais dans sa position politique d’amiral de la cité pirate de Salé, il pourrait aussi faire des affaires avec la République.

    Pas d’esclaves pour toujours

    Benali Jan Janszoon / Moerad Raïs fait référence à une «frontière moderne» dans son essai. «Il saisit les opportunités dans une période de guerre et de déplacement. Dans un endroit, la Méditerranée, où elle fait maintenant également mal en Europe, où les gens – Syriens, Irakiens, Africains et Marocains – montent sur un bateau. La mer offre des opportunités mais recèle aussi la mort: territoire lucratif pour le passeur d’êtres humains. Quand je pense aux esclaves blancs de l’époque, qui n’ont été libérés qu’en échange d’argent, je pense aussi à ces passeurs en Libye qui obligent les gens à tout abandonner avant d’être à nouveau libres. Cela rend Moerad Raïs très moderne pour moi.

    Cette histoire de ces esclaves blancs s’inscrirait-elle dans le nouveau musée de l’esclavage à ouvrir? Benali: «Bonne question. Mais gardez à l’esprit que c’est une histoire très différente de la traite transatlantique des esclaves: elle était beaucoup plus vaste et de portée plus commerciale. Les esclaves blancs pouvaient être torturés, brûlés sur le bûcher ou traînés derrière un cheval dans les rues d’Alger. Mais dans de nombreux cas, ils n’étaient pas des esclaves pour toujours, ils pouvaient être rachetés et n’étaient pas utilisés pour des travaux forcés dans les plantations. En ce sens, l’esclavage n’a pas été institutionnalisé comme il l’était dans les colonies occidentales. Et beaucoup sont devenus musulmans et pourraient à terme faire partie de la société parce que selon la charia, les musulmans ne sont pas autorisés à garder des esclaves musulmans.

    Au Maroc, l’histoire des corsaires est plus célèbre que la nôtre, dit Benali. «Mais ce qui est aussi très vivant, c’est l’histoire de« 1492 », l’expulsion des Maures, comme une rupture dans l’histoire, l’idée que la civilisation marocaine était à son apogée en Andalousie. Ce que nous avons en Occident avec les Grecs de l’Antiquité, ils l’ont avec l’Andalousie: un idéal pour s’établir. Mais c’est douloureux, car ce point culminant inclut déjà la disparition. »

    «Salé a été en partie construit par des réfugiés d’Andalousie. Moerad Raïs était également un réfugié, poussé par l’agression espagnole aux Pays-Bas. Ce qui fut pour moi une révélation: le même jour où Philippe III signa la paix avec les Pays-Bas en 1609, il publia un autre édit. Parce qu’en tant que catholique, il a dû faire amende honorable à cause de cette paix avec les protestants hollandais, il a ordonné l’expulsion des derniers Maures. Beaucoup d’histoire y a été écrite en un jour.

    Tags : Maroc, Pays Bas, Espagne, Andalousie, Rif, pirates, esclaves blancs, esclavage, Ighazzazzen,

  • Etats-Unis : un Etat négrocidaire

    L’Amérique de Trump Obama W et consorts a toujours été un état négrocidaire. C’est à dire un état qui s’est construit sur la négation de la dimension humaine des Noirs qui y ont été déportés il y a maintenant près de 5 siècles.
    Durant toute la période esclavagiste les Noirs y ont été soumis à un régime d’extermination physique par le travail jusqu’à qu’à la mort. Après qu’ils aient vécu des années de misère de sévices et de tortures sur les plantations. 
    Puis il y’a eu abolition et donc redéfinition des méthodes d’extermination des Noirs.
    Entre 1865 et 1965, moment où le mouvement des droits civiques fut à son apogée pour céder la place à celui du pouvoir noir qui ne devait durer que quelques années, près de 5000 Noirs ont été lynchés par des petits Blancs, les Redneck du sud, les ouvriers et petits salariés ou commerçants blancs du nord. Parce qu’ils ne supportaient pas d’avoir à partager des espaces de vie avec ceux qu’ils ont toujours vus comme des Nègres c’est à dire des gens dont la seule fonction sociale consistait à les servir et à subir leurs sévices au nom du privilège blanc.
    La seule période où les Blancs ont du ranger leurs armes aura été quand des militants noirs auront eu le courage de sortir les leurs pour défendre leur droit à la vie.
    Mais le rapport de force avait été tellement déséquilibré qu’il n’avait fallu que quelques années au pouvoir blanc pour éradiquer le Black Panther Party la Black Libération Army et leurs mentors idéologiques comme Malcolm X Fred Hampton ou même Martin Luther King qui lui prônait pourtant la fin des violences et des meurtres de masse contre les Noirs par une méthode de non-violence.
    Le pouvoir blanc a alors pu relancer sa machine à écraser et à tuer les Noirs en masse.
    Ouvertement, et cette fois par les sommets de l’état.
    C’est Bill l’anguille alias Slick Willy et sa femme Killary qui auront décrété la réouverture de la chasse aux Nègres.
    Une fois, deux fois, trois fois et vous êtes éliminés de la société a lancé Bill Clinton, celui qui pourtant avait été qualifié mal à propos de premier président noir par un symbole de la microbourgeoisie noire.
    Puisque l’esclavage avait été aboli il suffisait de mettre en place une vaste politique d’incarcération de masse des Noirs pour faire revivre le good old times des plantations. 
    Mais cette nouvelle politique de négation de masse de la vie et des droits des Noirs ne suffisait plus à calmer la haine et la rage blanche. Le pouvoir blanc renaissant voulait faire couler du sang noir sur les trottoirs des grandes villes et dans les campagnes du pays. 
    Entre alors en jeu Killary. 
    Et en la matière elle surpassa celui qui lui sert de mari. 
    Selon elle il y avait de quoi se sentir en danger dans la rue à 22 h face à un Noir à capuche. 
    Killary décréta donc la criminalisation des Noirs pour le seul fait qu’ils étaient des Noirs. 
    Imparable. 
    Les femmes blanches ont toujours jouer leur partition dans les politiques d’extermination des Noirs.
    Et le féminisme blanc ne pouvait pas déroger à la sacro-sainte feuille de route du pouvoir blanc puisqu’il a toujours été une composante de ce pouvoir .
    Les petites mains blanches ont alors capté 5/5 le message de Killary. Après les diatribes rageuses et enflammées de cette dernière, tout jeune ou moins jeune Noir, femme ou homme (pour le coup pas question de faire de distinction de genre en s’adressant aux Noirs) devenait une cible des hommes et des femmes blancs en arme dans les espaces publics. 
    Qu’ils soient policiers agents de sécurité de grands sociétés ou simples vigiles-citoyens en patrouille dans leur quartier. 
    Certains policiers ont même été tellement assoiffés de sang nègre qu’ils sont allés jusqu’à pénétrer dans des appartements de Noirs en toute illégalité sans mandat et sans raison valables pour les éliminer. 
    Le déclencheur de cette nouvelle campagne de haine, de violence et d’assassinats ciblés aura été Barack Obama et sa meuf.
    Barack, le beau gosse propre sur lui, costume sur mesure et sourire banania qui aura osé allé dormir dans le lit du maître à la Maison blanche.
    Et que dire de Michelle qui depuis les deux mandats de son mari passe son temps à nous expliquer le rêve américain de la jeune femme noire et pauvre des bas quartiers de Chicago qu’elle a été mais qui a fini par réussir parce qu’elle en voulait. Becoming qu’elle nous dit. 
    Traduisez, l’Amérique c’est l’avenir, même pour une femme noire. 
    En attendant, depuis l’élection du Premier président noir qui du reste n’en a jamais rien eu à foutre du sort des Noirs, c’est l’hécatombe chez les Noirs
    Tamir Rice, Éric Garner Michael Brown Sandra Bland Laquan Mac Donald Freddie Gray Alton Sterling Philando Castile Charleena Lyles Ahmaud Arbery Breonna Taylor … et aujourd’hui George Floyd.
    Le négrocide aux États-Unis ne cessera qu’avec l’éradication des fondations du pouvoir blanc. Parce qu’on ne réforme pas un régime génocidaire et barbare on le fait disparaître.
    Ahmad Ngoubo
    Source

    Tags : Etats-Unis, noir, noirs, racisme, esclavage, nègres, esclaves, Malcolm X, Barack Obama, 

  • MAROC : ARABIE SAOUDITE/Des employées de maisons “vendues” sur le net

    Parce qu’elles ne donnent pas satisfaction à leurs employeurs, des employées marocaines ont été mises en «vente» sur les réseaux sociaux. Des pages sur les réseaux sociaux ont publié, récemment, des annonces proposant la cession de droits de parrainage de servantes marocaines à de nouveaux «kafils» (garants). Des réactions d’indignation sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre. La toile à explosé pour dénoncer cette forme de traite des êtres humains d’un nouveau genre.

    Par ces annonces sur le net les employeurs qui étaient «kafils» (garants) souhaitent se débarrasser de la main d’oeuvre qu’elle avaient acquise par le biais d’intermédiaires.

    les anciens employeurs se séparent de leurs employés en général pour des raisons futiles

    Ils prétextent le «manque de compétence en matière de garderie d’enfants» ou le fait de «vouloir se doter d’un téléphone» pour garder le contact avec leurs familles au pays.

    Parmi les raisons avancées du renoncement aux droits de parrainage à d’autres «kafils» potentiels, on trouve le fait qu’elles «ne savent pas traiter les enfants» ou «veulent des smartphones».

    Pire, ces annonces indiquent que les potentiels acheteurs de droits ont la possibilité de «tester les compétences de la domestique de leur choix avant de parapher le transfert des droits de tutorat».

    Tout en indiquant que plus les domestiques sont jeunes, plus elles sont plus chères, les annonces ajoutent qu’elles ont plus la côte si elles acceptent de s’occuper des personnes âgées.

    Sans aucun respect de la dignité de ces femmes traitées comme des marchandises, les annonces comportent également leurs données personnelles (âge, langues parlées, religion…).

    Précarité et maltraitance
    Ces domestiques se trouvent dans un état de précarité inimaginable. Elles n’ont pas d’autres choix que d’obéir et d’accepter d’être traitées comme des marchandises. Si jamais elles osent refuser le transfert, elles peuvent facilement se retrouver accusées de vol, de sorcellerie ou d’avoir voulu séduire l’époux et se retrouver ainsi en prison.

    Ces annonces qui suscitent un tollé sur les réseaux sociaux ont mis au grand jour une pratique très répandue. Il aura fallu attendre la diffusion par Deutsche Welle de certaines annonces de ces ventes pour que le grand public découvre la triste réalité.

    Une affaire qui rappelle celle de Lamia Mouatamid qui a nécessité une intervention royale pour qu’elle puisse retourner au Maroc. Ce triste épisode a mis en lumière la vie amère des domestiques marocaines «peu dociles» dans les prisons saoudiennes.

    A noter que ce genre de transactions, qui concerne souvent les femmes de ménage et les chauffeurs privés, les majordomes, etc., ne concerne pas uniquement les Marocains, mais touche toutes les nationalités travaillant en Arabie Saoudite: Phillipines, Pakiatsianes, etc.

    Bien qu’une enquête a été ouverte par les autorités saoudiennes pour déterminer les parties à l’origine de ces annonces, cette loi moyenâgeuse du kafil qui rime à de la traite des êtres humains, continue de sévir dans un des pays les plus riches au monde, malgré les conventions internationales sur le sujet.

    M.T

    Source : Points chauds, 28 fév 2020

    Tags : Maroc, Arabie Saoudite, esclavage, bonnes,

  • ANALYSE: Le cauchemar français en Afrique – I : Contexte historique

    – Aujourd’hui, le continent africain est divisé par les frontières coloniales, les langues coloniales, et l’idéologie coloniale. Notamment, les frontières d’aujourd’hui ont émergé en grande partie de la conférence de Berlin de 1884-1885.

    Ümit Dönmez | 06.02.2020

    AA – Istanbul

    Par Mustafa Efe

    Le passé colonial français, et les motivations économiques, religieuses, sociales et politiques aux procédés assimilationnistes et jacobins, ont façonné le passé du continent africain. Il sera donc utile de jeter un bref regard sur le passé colonial de la France, notamment en Afrique. Si cette période n’est pas prise en compte, on ne pourra pas évaluer la situation actuelle, à la lumière seule des actions françaises présentes.
    Avec le début de la période d’indépendance, les administrations étatiques africaines ont été transférées à des administrateurs qui étaient députés au parlement français pendant la période coloniale, ou à d’autres personnes travaillant pour l’administration coloniale, ou ayant été éduquées dans le pays colonisateur. Cela a assuré la poursuite du colonialisme français.

    – Historique du colonialisme français

    La domination française sur l’Afrique a une histoire qui remonte au 17ème siècle. La France a planté les graines du mouvement d’occupation et d’exploitation sur le continent en 1624 en établissant des centres commerciaux au Sénégal. Avec la création de la Compagnie française des Indes orientales en 1664, le colonialisme est devenu plus systématique. L’Empire colonial français, qui s’étendait sur une superficie de 3,5 millions de kilomètres carrés dans les années 1670, atteignait 11,5 millions de kilomètres carrés dans les années 1920.

    Malgré le fait que le roi de France, François Ier, qui avait été fait prisonnier par l’empereur Charles Quint du Saint-Empire romain germanique en 1525 lors de la bataille de Pavie avait appelé à l’aide de [l’empereur ottoman] Soliman le Législateur (ou Soliman le Magnifique), et malgré le fait que de bonnes relations aient été établies entre les deux nations, et que la France doive sa survie à l’Empire ottoman; la France, après s’être renforcée, s’est attaquée à l’Empire ottoman. En 1799, Napoléon a attaqué Acre pour prendre le contrôle de l’Égypte et de Damas, et a connu sa première défaite. Napoléon a dit: « Si je n’avais pas été arrêté à Acre, j’aurais pu conquérir tout l’Orient ». Cela montre que si l’État ottoman n’avait pas arrêté la France, de nombreux pays du monde islamique, et même du continent asiatique jusqu’à à l’Extrême-Orient, auraient pu devenir des colonies françaises, comme ce fut le cas en Afrique.

    Alors que l’État ottoman avait commencé à perdre de son pouvoir, la France a occupé l’Algérie en 1830. Cette invasion marque le début des invasions de la France en Afrique du Nord.

    Pendant la Première Guerre mondiale, 1 million de soldats africains ont combattu dans l’armée française.

    Pierre Savorgnan de Brazza, un citoyen français d’origine italienne, fondateur de la colonie française ouest-africaine moderne, était un explorateur de l’ère coloniale. Brazzaville, la capitale de la République du Congo, porte notamment son nom.

    Élargissant l’arrière-pays algérien avec le traité franco-britannique de 1890, la France l’a transformé en une région où se rejoignent la région du bassin du Lac Tchad et le territoire français-africain. Avec la note du 30 octobre 1890, l’État ottoman a tracé les limites du Sahara turc. La Libye, qui est à l’ordre du jour actuellement, était en fait au centre de la lutte franco-ottomane à cette époque. Selon la note turque du 30 octobre 1890, l’arrière-pays libyen ottoman incluait la Libye, le Soudan, l’Égypte, le Tchad, l’ouest de l’Éthiopie, le Soudan du Sud, la région centrafricaine, le nord du Cameroun, le nord et à l’est du Nigéria et une région constituée du Niger pour sa moitié. L’État ottoman, en réaction aux attitudes agressives de la France, a fait état de ses droits au nord du Congo et à l’est du Niger en 1885. La note remise à la France le 12 mars 1902 confirme cette situation. Malgré toutes les luttes que l’Ottoman a menées, il n’a pas pu empêcher les activités coloniales de la France sur le continent africain.

    Pendant la traite transatlantique des esclaves, environ 5 300 000 Africains ont été réduits en esclaves en Sénégambie, en Afrique occidentale et centrale, et emmenés dans les Caraïbes, en Haïti, c’est-à-dire dans les colonies françaises du nouveau monde, dans des navires français. Les puissances coloniales ont convenu de ne pas se battre entre elles. De plus, elles ont collaboré pour qu’une possession perdue par une puissance coloniale puisse être récupérée par une autre puissance coloniale. Elles ont, par exemple, forcé les pays qu’ils avaient exploités afin de les faire enseigner en anglais dans les anciennes colonies françaises et en français dans les anciennes colonies anglaises. Cette situation perdure aujourd’hui. Par exemple, quelle langue le Rwanda remplace-t-il en prenant des mesures pour se débarrasser du français? L’anglais, qui est aussi une langue coloniale …

    – Colonialisme français et génocides en Afrique

    Les Français ont exploité une grande partie de l’Afrique de l’Ouest et centrale pendant des siècles. La France a établi des formes d’administration directes pendant la période coloniale et a suivi des politiques d’assimilation en essayant d’établir son propre système de culture et de valeurs. Elle a structuré les colonies d’Afrique de l’Ouest en « Afrique occidentale française (AOF) » et celles d’Afrique centrale en « Afrique équatoriale française (AEF) ». La France a poursuivi une stratégie visant à mettre en conflit les tribus pour gérer plus facilement leurs colonies en Afrique. De plus, pour briser la résistance des peuples, comme par exemple avec le drapeau du Congo français, la France a utilisé un drapeau similaire au drapeau ottoman, constitué d’un « croissant et une étoile ».

    Les élites africaines, qui ont grandi dans les anciennes colonies françaises, ont soutenu que le colonialisme était bon et que les colonies ne devaient pas être indépendantes. Le colonialisme avait pénétré jusqu’à dans l’âme des Africains et un « EuroAfricisme » avait émergé, qui s’opposait à l’indépendance. Ce concept a été introduit en 1927 par un Français du nom de Guernier, auteur du livre « L’Afrique, champ d’expansion de l’Europe », (publié en 1933, ndlr].

    Blaise Diagne, président du premier congrès panafricain en 1919 et député sénégalais à l’Assemblée nationale française, avait déclaré: « Nous, autochtones […] voulons rester français. Parce que la France nous a donné toutes sortes de libertés et nous a traités comme ses propres enfants sans aucune discrimination. Personne ne veut que l’Afrique française soit laissée aux seuls Africains, comme certains le souhaiteraient. L’élite française ne permettrait pas les théories révolutionnaires qui exigent la séparation et l’indépendance, ce qui contreviendrait au calme et à l’ordre, qui sont essentiels pour la sécurité de tous ».

    Léopold Sedar Senghor, qui était le [premier] président du Sénégal entre 1960 et 1980, a également soutenu que la voie la plus appropriée et souhaitée pour son pays était une union au sein de l’Empire français et que les problèmes de l’empire était également ceux des colonies. Parmi l’élite africaine certains siégeaient à l’Assemblée nationale française.

    Les membres d’une même tribu ont été séparés entre différents États avec des frontières artificielles établies par les États coloniaux. Cette situation a provoqué des conflits entre de nombreux pays africains après l’indépendance. Par conséquent, d’autres dirigeants, à l’exception d’Ahmed Sekou Touré, ont accepté une indépendance au sein de l’Union française, que Frantz Fanon (1925-1961) a qualifiée de « fausse indépendance ».

    Comme exigence du nouveau monde capitaliste fondé après la Seconde Guerre mondiale, la France n’a accepté que « l’indépendance sur papier » de ses colonies, et à certaines conditions . La Guinée a rejeté l’indépendance conditionnelle; d’autres pays africains ont accepté. Mais la France a sécurisé ses relations avec les pays africains et signé des « accords de coopération » contraignants notamment sur la monnaie coloniale française (franc africain), le système éducatif français, le cadre des relations militaires et commerciales. De plus, elle a obligé les nouveaux pays «indépendants» à payer les infrastructures construites par la France pendant la période coloniale. 14 pays africains, anciennes colonies françaises, paient des impôts coloniaux à la France depuis leur indépendance. Alors que la France a dû s’excuser pour les richesses qu’elle a pillées en Afrique, et malgré les millions qu’elle a asservis ou tués, le chaos social sans fin qu’elle a provoqué et les génocides qu’elle a causés, elle continue de percevoir des impôts pour ce qu’elle fait.

    La France a en effet joué un rôle dans de nombreux génocides sur le continent africain, et coopéré ou fourni des armes à des forces génocidaires. La France a tué des millions d’Algériens pendant la période d’exploitation et d’occupation en Algérie, qui a duré 132 ans depuis 1830, indirectement par déportation, directement par balle ou par le feu dans des fours à chaux. Plus d’un million de personnes ont été tuées entre 1945 et l’indépendance.

    Les unités militaires françaises qui ont participé aux «opérations d’aide humanitaire (!)», lors du génocide des Tutsis par des Hutus au Rwanda en 1994, ont directement soutenu ce génocide. En outre, la France a fourni des armes, des renseignements, une stratégie, un soutien à la formation militaire au génocide et a déterminé la « liste des personnes à tuer ». Les massacres ont fait près d’un million de morts.

    Le nombre de personnes tuées en Tunisie, au Sénégal, au Niger, en Mauritanie, au Cameroun, au Burkina Faso, au Gabon, en Guinée et au Bénin reste encore inconnu.

    La France, comme d’autres puissances coloniales, a visé les leaders et les universitaires qui dirigeaient la société. Elle a, par exemple, tué 400 érudits lors d’un symposium islamique en 1917 au Tchad.

    [Mustafa Efe est président du Centre africain d’études stratégiques (AFSAM)]

    Anadolou

    Tags : France, Afrique, françafrique, colonialisme, néo-colonialisme, spoliation, esclavage, pillage,

  • Le génocide du sadique Léopold II de Belgique au Congo: le pire crime européen en Afrique

    Le monarque belge s’est fait passer par un bienfaiteur anti-esclavage pour que la communauté internationale lui cède le Congo, où il causa la mort et la mutilation des bras et des jambes de millions d’habitants afin de s’enrichir

    Alors que l’Europe du XIXe siècle continuait de traiter les Espagnols d’assassinats d’Indiens, pour quelque chose qui s’était passé deux siècles auparavant et qui était principalement causé par des maladies; en Afrique noire, l’exploitation du caoutchouc était derrière la mort de dix millions de personnes à l’époque. Comme le rappelle Josep Pérez dans son célèbre livre « La légende noire », « la colonisation européenne des XIXe et XXe siècles était coupable de crimes similaires à ceux commis par les Espagnols en Amérique. La seule différence est qu’il n’a pas trouvé un Las Casas [le frère qui a protesté avec des chiffres douteux pour le traitement réservé aux Indiens] pour le dénoncer ». Le Congo belge était le cas le plus sauvage.

    Un maître de la dissimulation

    Léopold de Saxe-Cobourg et Gothase, Léopold II, roi des Belges à la fin du XIXe siècle, a parrainé pendant son règne le fait que le Congo était passé de 20 millions d’habitants à 10 millions. La chose la plus surprenante est que le monarque, appartenant à la dynastie des Saxons-Coburg Gotha, n’a pas eu besoin de tirer une seule balle pour conquérir ce territoire. Léopoldo n’a pas hérité ni conquis le Congo (en fait, après sa mort, il a rejoint la Belgique), il suffisait de convaincre la communauté internationale que, s’ils lui accordaient sa souveraineté, il protégerait ses habitants des réseaux de négriers arabes. Rien de plus éloigné de la vérité, le véritable objectif du Belge, qui définissait son petit royaume européen comme «Petit pays, petits gens», était de s’emparer d’une colonie et de la presser jusqu’à la dernière goutte de ses ressources économiques.

    Le véritable objectif du blege était de se faire une colonie et presser jusqu’à la dernière goutte

    Léopoldo a néanmoins su dissimuler son mbition économique en créant une image de monarque humanitaire et altruiste, qui finançait des associations caritatives pour lutter contre l’esclavage en Afrique de l’Ouest et finançait le voyage des missionnaires dans ces régions. En 1876, lors d’une conférence géographique tenue à Bruxelles, avec son élégance et ses bonnes manières, un groupe choisi de géographes, d’explorateurs et d’activistes humanitaires se rendit compte que son intérêt était « absolument humanitaire ». Il a également été élu à la présidence de l’Association internationale africaine récemment créée, devenue au fil du temps l’Association internationale du Congo.

    À la suite de ces mouvements sibyllins, en février 1885, quatorze nations réunies à Berlin et présidées par la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les États-Unis donnèrent à Léopold II tout le Congo à travers l’association qu’il présidait. Un territoire vingt fois plus grand que la Belgique, où il s’est engagé à « abolir l’esclavage et à christianiser les sauvages » en échange de leur cession. Les grandes puissances ont accordé au Congo le roi des Belges, sans connaître le genre de personne qu’il était, surtout, parce qu’elles ignoraient le grand trésor qui se cachaient entre ses arbres.

    Mutilisations, au nom du caoutchouc

    En plus de l’ivoire de ses éléphants, Léopold était attiré par le Congo en raison de ses vastes réserves de caoutchouc. Pendant son règne, la demande internationale de caoutchouc extraite des hévéas, très nombreux au Congo, a explosé. Le problème de la collecte de ce matériel était l’énorme quantité de travail nécessaire et les conditions difficiles pour ces employés. Pour résoudre le problème, le roi de Belgique conçut un système de concessions qui condamnait essentiellement tous les Congolais à l’esclavage.

    L’explorateur Henry Morton Stanley (le premier Européen à parcourir les milliers de kilomètres du fleuve Congo) et d’autres émissaires du roi ont été chargés, entre 1884 et 1885, de faire signer aux chefs autochtones de la géographie congolaise des contrats de qui ont cédé la propriété de leurs terres à l’Association internationale du Congo. Dans ces « traités », les caudillos s’engageaient à travailler dans les travaux publics de cette institution qui, croyaient-ils, allaient servir à expulser les négriers et à moderniser le pays.

    Léopold de Belgique était parfaitement au courant des crimes et est allé jusqu’à proposer faire travailler des équipes d’enfants

    De cette manière dévergondée, Léopold II a utilisé le travail local pour collecter le caoutchouc et servir les officiers, soldats et policiers belges venus s’installer dans le pays. Un esclavage qui a occupé 24 heures par jour des Congolais; et qu’il comportait des punitions sadiques pour les collectionneurs qui ne livraient pas le minimum requis. Le catalogue des violations des droits de l’homme pourrait occuper des livres entiers: des coups de fouet aux agressions sexuelles, en passant par le vol de leurs villages. Les mutilations des mains et des tribus entières sans pieds ni mains , quand des villages entiers n’étaient pas directement exterminés.

    Le monarque a fait du Congo sa ferme privée entre 1885 et 1906, pleinement conscient de ce qui se passait à l’intérieur du pays. Comme Adam Hochschild l’explique dans son livre « Le fantôme du roi Léopold » (Livres Mariner), Léopold II de Belgique était parfaitement au courant des crimes et a même suggéré que des équipes d’enfants soient mises en place pour soutenir le travail. C’est ainsi que des milliers d’enfants ont été arrachés à leurs familles.

    Le sadique Léopoldo n’a eu à tirer aucune balle pour conquérir le Congo, et il n’a dû faire face à aucune résistance lorsqu’il a établi son système esclavagiste, car le Congo s’étendait sur un terrain gigantesque dans lequel chaque tribu vivait de manière isolée. L’historien Adam Hochschild a calculé que dix millions de personnes sont mortes sur la base d’enquêtes menées par l’anthropologue Jan Vansina.

    Il n’a pas non plus fait l’objet de critiques de la part de la communauté internationale ni de celles de la Belgique, qui se souviennent encore de Léopold II comme d’un homme d’État attachant. Lorsque des pasteurs baptistes américains ont sonné la première alerte, la même propagande belge qui avait élevé Léopold II au rang de bienfaiteur de l’humanité s’est manifestée pour porter les accusations de calomnie devant les tribunaux. Néanmoins, en 1889, Leopoldo oserait, dans le cadre d’un grand exercice d’hypocrisie, accueillir la Conférence sur l’antiesclavage.

    La réponse internationale tardive

    Il a fallu des années à l’Europe et à la Belgique pour s’autocritiquer et assumer les crimes du Congo. Les Britanniques ont été scandalisées lorsqu’ils ont appris de ses crimes sauvages par un rapport de Roger Casement au Foreign Office, mais uniquement les efforts particuliers de politiciens étrangers tels que le vice-consul britannique au Congo, Roger Casement, ou le journaliste Edmund Dene Morel, ancien employé d’une entreprise maritime de Liverpool, ont sortir à la lumière le génocide belge au cours des dernières années de la vie du monarque. Morel a personnellement rendu visite au président américain Theodore Roosevelt pour exiger de son gouvernement qu’il agisse, ainsi que des personnalités telles que l’archevêque de Canterbury puissent manifester contre ces horreurs.

    Les crimes seraient révélés au grand public par le célèbre écrivain anglo-polonais Joseph Conrad dans le célèbre roman « Heart of darkness » (Le cœur des ténèbres). De son côté, Conan Doyle, le créateur du personnage de Sherlock Holmes, écrirait un opuscule « Crime in the Congo » (1909) montrant sa veine la plus engagée.

    Peu de temps avant sa mort, Leopoldo légua à la Belgique les biens du Congo face à la pression internationale et une colonie fut créée qui subissait les problèmes structurels causés par tant de mauvais traitements et autant de morts. La compensation versée ultérieurement par les millionnaires de la Belgique au Congo a rendu la société d’esclaves uniquement rentable pour Leopoldo.

    Source : ABC

    Tags : Belgique, esclavage, Congo, Léopold II,