Étiquette : Etats-Unis

  • Sahara Occidental : Le dangeureux engagement américain

    Les Etats-Unis s’engagent ouvertement dans le conflit du Sahara Occidental : tel est le sens donné par un grand nombre d’observateurs.

    Si dans les années de guerre, Washington n’a pas hésité à fournir au Maroc du matériel militaire très spphistiqué destiné à être utilisé contre le peuple sahraoui, aujourd’hui tous les indices semblent indiquer que les américains font tout leur possible en vue d’imposer une solution favorable au Maroc. En un mot, ils ont emboîté le pas de Paris dans son soutien inconditionnel aux ambitions expansionnistes de la monarchie médiévale alaouite.

    En effet, dès les années 1970, le Maroc avait fait appel aux Etats-Unis pour leur demander de faire pression sur l’Espagne afin que celle-ci remette le Sahara Occidental au royaume de Hassan II. En 1975, Henry Kissinger envoyait le Général Vernon Walters, alors directeur adjoint de la CIA. En mission secrète dans cette région. Son rôle consista surtout à demander au régime franquiste d’accepter les Accords de Madrid. Dès leur signature, les Etats-Unis intensifièrent considérablement leurs livraisons d’armes, la plupart étant utilisées contre le Front Polisario.

    La résistance et le détermination des combattants sahraouis et la fin de la guerre froide obligea Washington à réviser sa copie en vue d’améliorer ses relations avec l’Algérie tout en subissant les pressions de la France qui défend les intérêts du Maroc au Conseil de Sécurité. Les responsables américains ont fini par succumber aux pressions françaises. Depuis la fin du cycle des négociations de Manhasset en 2007, américains et français n’ont qu’un seul but : mettre fin au conflit du Sahara Occidental en octroyant un pouvoir autonomique aux sahraouis dans le cadre d’une entité dépendant du royaume du Maroc.

    Depuis plus de 40 ans, les rois du Maroc donnent à leurs revendications territoriales le masque d’une croisade de défense de l’Occidental. Une tactique qui a donné ses fruits grâce à l’interventionnisme français à cet égard. Voilà Washington qui s’ajoute à Paris dans la caution de l’expansionnisme et l’intransigence marocaines.

    Dans leurs faux calculs, les deux alliés du Maroc voient dans la conjoncture particulière traversée par l’Algérie une occasion de contenter les jours du royaume moribond de Mohammed VI. Ainsi, ils ont poussé l’émissaire onusien Horst Köhler à la démission dans une dangereuse escalade.

    Ainsi, les deux superpuissances s’engagent dans une logique dangereuse qui prend la responsabilité, en s’opposant à la légalité internationale et aux droits du peuple à l’autodétermination, de transformer une question de décolonisation en une conflgration régionale dont personne ne peut prévoir toutes les répercussions.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Etats-Unis, France, ONU, MINURSO, Horst Köhler,

  • Les pièces de puzzle de la stratégie européenne pour la Chine se mettent lentement en place

    « L’approche de la Chine vis-à-vis de l’UE peut être résumée comme suit: travailler ensemble si possible, repousser là où c’est nécessaire », écrit Sven Biscop (UGent).

    « Je suis resté là et je me suis tourné vers elle. » Cela semble souvent être ce que l’Europe peut faire à la lumière de l’augmentation du pouvoir des Chinois.

    Certains sont tellement alarmés par l’influence croissante des Chinois qu’ils se préparent déjà pour la troisième guerre mondiale. Une stratégie risquée, parce que ceux qui croient eux-mêmes que la guerre est inévitable ne cherchent plus les occasions de maintenir la paix. D’autres sont également fatalistes, mais signent déjà la cession et organisent la grande vente eux-mêmes. Tout est vendu à la Chine, des ports et aéroports aux réseaux électriques, jusqu’au jour où on s’aperçoit qu’on a cédé sa souveraineté gratuitement.

    Cependant, une stratégie chinoise nuancée est possible. Selon l’Union européenne, la Chine est à la fois un partenaire de coopération, un partenaire de négociation, un concurrent économique et un rival systémique, selon les dossiers. L’UE a pris une série de décisions pour traduire cette vision en une politique concrète à trois niveaux.

    Premièrement, l’UE renforce sa base d’origine en protégeant ses décisions contre l’influence non autorisée de puissances étrangères. Un nouveau mécanisme de filtrage exige des États membres qu’ils signalent les investissements étrangers dans des secteurs critiques à la Commission européenne afin qu’elle puisse émettre un avis. Cela permet aux États membres qui souhaitent limiter la propriété étrangère dans des secteurs critiques. Celui qui préfère peut cependant continuer à vendre. Il s’agirait donc d’un système européen totalement obligatoire et uniforme, qui peut donc être imposé à tous les pays candidats.

    Deuxièmement, l’UE a une stratégie pour promouvoir sa « connectivité » avec tous les pays asiatiques. L’intention n’est pas de restreindre le commerce et les investissements chinois, car l’UE elle-même a bien sûr un lien économique étroit avec la Chine. L’objectif est de convaincre les autres pays qu’ils ont tout intérêt à développer une relation profonde en matière de commerce et d’investissement avec l’UE et, partant, à maintenir un système économique ouvert et transparent. À moins qu’ils ne veuillent être complètement absorbés par le maelström chinois (ou, dans certains cas, russe). Juste pour éviter cela, des accords de libre-échange avec le Japon, Singapour, le Vietnam et la Corée du Sud ancrent ces pays.

    Enfin, à l’égard de la Chine elle-même, le message de l’UE reste qu’elle veut travailler avec et non contre la Chine. Mais l’UE souhaite voir des actions concrètes pour prouver que la Chine est vraiment disposée à agir en tant que partenaire. L’approche de la Chine vis-à-vis de l’UE peut être résumée comme suit: travailler ensemble lorsque cela est possible, repousser là où cela est nécessaire.

    Le refoulement est efficace dans certains domaines. Dans la mer de Chine méridionale, la Chine a créé des bases et des troupes stationnées sur des îles (naturelles et artificielles) hors de son propre territoire. Non seulement dans les eaux internationales, mais aussi dans des zones qui appartiennent clairement à la souveraineté des pays voisins. La Chine n’a pas conquis ces bases par le feu ni par l’épée, mais les dirigeants chinois doivent se rendre compte qu’elle a néanmoins déjà franchi une ligne rouge.

    Cependant, trop d’Européens trouvent qu’il est trop facile d’oublier que, bien qu’aucune violence n’ait été utilisée, le résultat des actions chinoises en mer de Chine méridionale est identique à celui de l’annexion de la Crimée par la Russie: expansion territoriale. Pour faire marche arrière, toutefois, il faudra beaucoup plus d’unité politique que ce que l’UE a montré jusqu’à présent. À l’heure actuelle, la Chine peut être sûre de toujours avoir au moins un État membre dans sa poche, ce qui paralysera le processus décisionnel européen en tant qu’instrument volontaire.

    Garder des alliés à bord

    Cependant, repousser n’est pas la même chose que l’escalade. D’autres puissances, en particulier les États-Unis, peuvent réagir en envoyant régulièrement des navires de guerre dans la mer de Chine méridionale, mais aussi en annonçant des sanctions économiques. Les États-Unis, toutefois, créent de la confusion parce qu’ils vont si loin dans leurs mesures économiques qu’ils donnent l’impression que l’augmentation du pouvoir économique de la Chine va lui-même au-delà d’une ligne rouge. Une telle stratégie ne peut qu’engendrer de plus en plus de tensions. Il sera également difficile pour les États-Unis de garder tous leurs alliés à bord. Leurs économies sont beaucoup trop étroitement liées aux Chinois pour même envisager de se déconnecter de la Chine – ce qui vaut également pour l’économie américaine elle-même.

    En d’autres termes, la stratégie sophistiquée préconisée par l’UE a beaucoup plus de chances de réussir. Les pièces de cette stratégie européenne pour la Chine se mettent progressivement en place. Maintenant que le nouveau leadership de l’UE est sur le point d’émerger, il est important de poursuivre systématiquement ce qui a déjà été décidé dans toutes les dimensions de l’Union européenne.

    Egmont Institute, 12 juin 2019

    Tags : Union Européenne, UE, Chine, Etats-Unis, commerce,

  • Documents de la CIA : Hassan II et Kissinger

    Prémices d’une marche annoncée

    Treize jours avant l’annonce de l’annexion du Sahara par Hassan II, le directeur de la CIA avait écrit une lettre à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain, pour le prévenir des intentions de l’ancien monarque. Un document qui éclaire sur les informations dont disposaient les USA dans cette affaire.

    par Hicham Bennani

    Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain aux Affaires étrangères, s’entretient avec le roi Hassan II du Maroc en novembre 1973 à Casablanca.

    «Si l’armée espagnole reste au Sahara, un grave conflit pourrait éclater», prévient William Colby, directeur de la CIA (Central Intelligence Agency) le 3 octobre 1975, dans un memorandum envoyé à Henry Kissinger, secrétaire d’Etat américain. Le document parle d’un pari risqué du Maroc qui joue à «quitte ou double». Selon Colby, cela pourrait conduire soit à la chute du gouvernement de Rabat, soit à une crise politique du côté de Madrid. Le rôle éventuel que pourrait avoir l’Algérie et la Mauritanie est également signalé. Le rapport laisse à penser que la CIA a poussé l’administration américaine à jouer un rôle de médiateur entre le roi du Maroc et les autorités espagnoles. Le médiateur en question n’était autre que le Directeur-adjoint de la CIA à l’époque : le Général Vernon Walters, un proche de Hassan II. Les documents d’histoire attestent du fait que Walters et le défunt monarque se connaissaient depuis l’enfance. En 1973, lorsque l’OLP avait exécuté deux diplomates américains au Soudan, une rencontre entre les Etats-Unis et l’OLP avait été organisée au palais royal grâce aux liens solides qu’entretenaient Walters et Hassan II.

    Coup d’Etat ?

    Ceci pourrait expliquer en partie que lorsqu’il s’agit d’évoquer Hassan II, le directeur de la CIA semble extrêmement bien informé. Pour Colby, le roi use d’une politique à «haut risque» concernant le Sahara espagnol depuis longtemps. A ce propos, il rappelle qu’en août 1974, Hassan II avait déclaré qu’il était prêt à acquérir le Sahara espagnol «avec force si nécessaire avant la fin de l’année». Dans sa lettre, Colby pense que le roi du Maroc «peut prendre une décision à tout instant» concernant le Sahara. Et ce, même s’il avait promis qu’il attendrait le verdict de la Cour pénale internationale sur les revendications marocaines et mauritaniennes.

    Le directeur de la CIA avance que Rabat craignait d’une part que la décision de la Cour internationale ne soit pas favorable au Maroc et d’autre part, que le rapport d’une délégation d’enquête de l’ONU favorise l’indépendance du territoire. Pour rappel, en 1974, l’Espagne avait annoncé qu’elle mettrait en place un référendum. Ce qui a poussé Hassan II à saisir La Haye. Il pouvait donc décider «d’annexer le Sahara, à un moment où l’Espagne était jugée faible» par le Maroc. «Pour Hassan II, une intervention armée provoquerait à coup sûr une médiation internationale favorable», précise le document qui ajoute que : «jusqu’à ce jour, la majorité des Marocains ont approuvé la position de

    Hassan II sur le Sahara espagnol, mais si un pari militaire échouait, un coup d’Etat pourrait bien menacer le roi». Autres éléments apportés par le memorandum : «Rabat estime une possible résistance de la part d’environ 5000 hommes seulement». Il s’agirait de légionnaires espagnols basés au Sahara, d’unités des forces de l’air espagnoles provenant des Iles Canaries et dans une moindre mesure de l’armée algérienne. Les autorités marocaines sont «sceptiques» quant à toute intervention militaire de l’Algérie et Rabat se serait arrangé pour que les forces militaires de la Syrie, de l’Egypte, de l’OLP et peut-être de l’Arabie Saoudite soient symboliquement présentes pour intimider l’Algérie. Mais une implication physique des pays arabes est écartée par les Etats-Unis.

    Des Espagnols sous-estimés

    La CIA était également bien informée concernant l’armement dont disposaitle Maroc. Le rapport indique que le Royaume détenait 55 000 soldats dans le Sud du territoire et que le moral de ses troupes n’était pas au beau fixe étant donné les conditions dans lesquelles elles vivaient.

    Seulement 12 000 à 15 000 de ces troupes disposaient d’une artillerie puissante, capable de contrer l’Espagne et l’Algérie. Le rapport avance que l’Espagne possède une armée mieux entrainée et que si Hassan II s’engageait dans une guerre, il aurait sous-estimé la réponse des Espagnols.
    Colby pense tout de même qu’en cas de conflit, Madrid demanderait d’abord de l’aide à l’ONU et un appui des Etats-Unis. «En se référant à la coopération entre les Etats-Unis et l’Espagne, les Espagnols compteront sur un soutien diplomatique des Américains, surtout si les Marocains utilisent des armes américaines», peut-on lire dans le rapport. De plus, les Marocains réagiraient avec virulence, en cas d’appui américain en faveur des Espagnols. «Une position de neutralité stricte est probablement la chose la plus envisageable qu’accepterait Hassan II sans que les relations entre les deux pays (USA et Maroc) soient affectées», déduit donc Colby.

    Les Américains savaient également que l’Algérie soutiendrait le Front Polisario. Le document se termine ainsi : «Les forces de l’air algériennes, avec leurs 200 avions de combat, pourraient faire boire la tasse aux 40 avions de combat marocains et jouer un rôle décisif pour aider les soldats de l’armée algérienne, qui sont au même nombre que les Marocains, mais mieux entraînés et équipés».

    Dans un article publié dans Le Monde diplomatique en janvier 2006, le journaliste et écrivain Jacob Mundy précise qu’après cette lettre, Kissinger a rapidement envoyé un message à Hassan II, lui demandant de patienter. La réponse du roi est venue le 14 octobre. «Dans celle-ci, Hassan assurait le gouvernement des USA qu’il n’attaquerait pas l’Espagne, mais qu’il ne ferait pas cette promesse à quiconque s’opposerait à ses ambitions», écrit Mundy.
    Le journaliste précise que juste après l’annonce de la Marche verte, Kissinger a déclaré à son président que le Maroc menaçait d’entreprendre une «marche monstre» sur le Sahara espagnol et que la Cour internationale de justice avait donné un avis qui attribuait la souveraineté au Maroc et à la Mauritanie. «C’est absolument ce que Hassan II voulait !»

    «Les plans du Maroc pour envahir le Sahara espagnol»

    Ce document exclusif daté du 3 octobre 1975 a été «déclassifié» le 14 novembre 2000 par l’administration américaine. Il précède de treize jours le discours de Hassan II qui annonce un projet de marche pacifique destinée à annexer le Sahara, alors occupé par l’Espagne. Le feuillet de quatre pages, classé «secret», a pour objet principal «Les plans du Maroc pour envahir le Sahara espagnol». Les termes «Intelligence Alert Memorandum» mentionnés sur cette lettre de William Colby, directeur de la CIA, attestent de l’importance du document. En effet, ils sont fréquemment utilisés par la CIA pour signaler un danger imminent pouvant avoir un impact direct sur le monde et en particulier sur les intérêts américains. William Colby précise qu’avant ce mémorandum, la CIA s’est entretenue avec la DIA (Defense Intelligence Agency), la NSA (National Security Agency) et le DOS (Department of State). Deux paragraphes ont été censurés (par une bande noire), un élément qui apparaît dans tous les documents confidentiels de la CIA. Il est fort probable que le nom du Général Vernon Walters, Directeur-adjoint de la CIA à l’époque, ait été masqué, étant donné qu’il était très proche de Hassan II…

    Le Journal Hebdomadaire, novembre 2009

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Etats-Unis, Vernon Walters, Henry Kissinger, Hassan II,

  • Le marché entre la France et les USA au sujet de la succession au Gabon

    Chers lecteurs, nous avons soumis à nos contacts, la lecture de la visite effectuée par les ambassadeurs Français et Américains, à Marie Madeleine Mborantsuo, la Présidente de la Cour Constitutionnelle Gabonaise. Voici leur avis.

    1. Cette visite était la démonstration qu’en ce qui concerne leurs politiques africaines, la France et les USA ont résolument fait un marché de s’entraider dans leur pré-carrés respectifs.

    2. La France a aidé les USA en Lybie, et les USA ont aidé la France au Mali. La France pille l’Afrique Centrale francophone, quand les USA font de même avec la région des grands lacs par Rwanda interposé.

    3. La France permet aux USA de s’installer militairement au Cameroun et au Gabon en faisant des manœuvre periodiques avec les forces de ces pays ; réponse les USA demandent à leur poulains Rwandais et Ougandais de normaliser leurs relations avec la France. C’est du donnant donnant.

    4. Mais pourquoi ces ambassadeurs ont-ils rendu visite à Mborantsuo ? Parce que pour ces pays, dans l’état actuel des choses, le Gabon marche bien pour leurs intérêts et ils voudraient que tout continue dans le même sens. Pour ces ambassades, Mborantsuo est la garante légale de l’ordre établi tel qu’ils le conçoivent au Gabon et cette dame a besoin de leur aide et soutien pour accoucher d’un autre régime dans la continuité de ce que nous connaissons depuis 1967.

    5. L’Afrique est la dernière frontière économique et politique du monde. Qui conquiert l’Afrique est assuré de dominer le monde. La France et les USA travaillent de concert pour s’assurer des parts du lion. Si cela doit se faire en sacrifiant les libertés fondamentales des Africains, ils n’en ont que cure. C’est la real politik. Le triomphe du réalisme sur le sentimentalisme.

    6. Depuis la fin des élections de 2016, il est clair que la France, les USA et l’Union Européenne aient choisi de faire rempiler Ali Bongo et de passer l’éponge sur ses crimes antidémocratiques.

    7. Avec les incursions de la Russie et de la Chine en Afrique Centrale si riche, les USA et la France ne peuvent risquer leur contrôle de ces régions au nom de la démocratie. Au contraire, y installer des dictatures est un modèle qui a toujours marché pour eux en Afrique en général et au Gabon en particulier.

    Chers lecteurs, d’après nos sources, la démocratie au Gabon n’est même pas le cadet des soucis de la France et des USA pour notre pays, mais plutôt le benjamin. Le plus important pour eux est que les matières premières sortent à des conditions qui leur sont très favorables ; et pour garantir cela, rien de tel que d’y installer une dictature qui leur devra tout. Cela marche depuis 1967 avec les Bongo. La France gère plus de 500 milliards d’euros d’argents appartenant à l’Afrique francophone dans son économie. La même France n’a jusqu’ici qu’accorde à la même Afrique francophone seulement 10 milliards d’euros en aide au développement. Faite le calcul : qui profite de qui ?

    La question fondamentale est : « que faisons-nous pour changer cet état de fait ?

    Quand vous répondrez à cette question, vous vous rapprocherez des solutions et comprendrez pourquoi des gens comme Mborantsuo sont placées à la manœuvre en Afrique francophone.

    Nous ne devons rien lâcher !

    Source : Le Gabon Enervant

    Tags : Gabon, Ali Bongo Ondimba, France, Etats-Unis,

  • Tentative d’attaque depuis la Libye : l’armée algérienne envoie des drones

    Alors que les avertissements se multiplient en ce qui concerne les tentatives des services de renseignement israéliens et américains pour déstabiliser l’Algérie via la Libye voisine, l’armée algérienne vient de saisir des armes dans le sud-est du pays, à la frontière avec la Libye.

    L’ancien bras droit de Khalifa Haftar, cité par le site Algérie patriotique, a mis en garde l’Algérie et l’ensemble des pays du Maghreb contre les visées expansionnistes de l’homme fort de l’Est libyen.

    « Dans un entretien à la radio Alger Chaîne III, le colonel Mohamed Al-Hidjazi a révélé que le maréchal autoproclamé a tenu une réunion secrète avec des officiers supérieurs du service secret israélien, le Mossad, avant l’offensive qu’il a lancée contre Tripoli. »

    L’officier dissident libyen a également révélé que Khalifa Haftar était en contact permanent avec les services secrets français.

    Mohamed Al-Hidjazi a expliqué que l’objectif des puissances étrangères qui ont ordonné à Khalifa Haftar de marcher sur la capitale libyenne est d’étendre son hégémonie à l’ensemble de la Libye et de s’imposer comme la seule et unique autorité dans ce pays déchiré par une guerre civile sanglante depuis le renversement du régime de Kadhafi par la France et le Royaume-Uni.

    Les propos d’al-Hidjazi interviennent alors que le ministère algérien de la Défense vient d’annoncer dans un communiqué que les unités de l’armée avaient saisi des armes de guerre et détruit par drones des cibles terroristes dans le sud-est du pays, à la frontière avec la Libye.

    « Le 30 mai, les unités de la lutte antiterroriste de l’Armée nationale populaire (ANP) algérienne ont découvert un important stock d’armes et de munitions au nord-est d’In-Amenas, à la frontière sud-est de l’Algérie avec la Libye », indique un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).

    L’ANP a également procédé à des opérations de destruction de cibles terroristes par drones, informe le communiqué cité par l’agence d’information russe Sputnik.

    Dans le cadre de la lutte antiterroriste, les unités de l’ANP ont découvert lors d’opérations de recherche et de fouille « une cache d’armes et de munitions contenant : un lance-roquettes RPG-7, trois obus pour lance-roquettes RPG-7, trois fusils mitrailleurs de type Kalachnikov, ainsi que trois chargeurs et une certaine quantité de munitions », détaille le communiqué du MDN.

    Selon la même source, des drones de l’ANP « ont mené des vols de jour et de nuit, les 29 et 30 mai, pour détruire des cibles terroristes ayant été localisées lors d’une opération de reconnaissance aérienne ».

    Les révélations du dissident Mohamed Al-Hidjazi sont à prendre très au sérieux, Khalifa Haftar n’étant pas connu pour être un proche des thèses algériennes dans le complexe dossier libyen.

    L’Algérie, qui a joué un rôle central dans les pourparlers inter-libyens, a toujours appelé à un dialogue inclusif. Ce que « l’homme lige » de la France et des Émirats arabes unis refuse, retardant ainsi toute solution pouvant mettre fin au chaos qui règne en Libye depuis huit ans.

    Après la chute du pouvoir de Mouammar El-Kadhafi en 2011, les flux de circulation d’armes de guerre dans toute la région du Sahel ont augmenté d’une manière inquiétante. Des saisies d’armes et de munitions dans le sud de l’Algérie, notamment près des frontières avec la Libye, le Niger et le Mali, sont régulièrement annoncées par le MDN.

    PressTV, 1 juin 2019

    Tags : Algérie, Libye, Etats-Unis, France,

  • Wikileaks : Taïeb Fassi Fihri, et Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine.

    A en croire Samuel L. Kaplan, Taïeb Fassi Fihri, et Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine.

    Les contenus des câbles concernent toutes les notes ou « mémos » transcrits par les différents diplomates dans les ambassades américaines à travers le monde. Cela comprend évidemment le Maroc. Petite lecture.

    Dans un câble classé confidentiel, l’ambassadeur américain Samuel L. Kaplan relate sa pr

    A en croire Samuel L. Kaplan, Taïeb Fassi Fihri, et Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine.

    Les contenus des câbles concernent toutes les notes ou « mémos » transcrits par les différents diplomates dans les ambassades américaines à travers le monde. Cela comprend évidemment le Maroc. Petite lecture.

    Dans un câble classé confidentiel, l’ambassadeur américain Samuel L. Kaplan relate sa première rencontre avec la nouvelle mairesse de Marrakech, Fatima Zahra Mansouri.

    Ayant eu lieu le 27 janvier 2010, et en présence du consul général américain à Casablanca, Mansouri a profité de cette rencontre pour présenter ses projets pour la ville de Marrakech, mais aussi assurer les diplomates transatlantiques de son admiration pour l’Amérique. Mansouri a même déclaré « quand je suis submergée de problèmes à l’intérieur de la mairie, j’ai des envies de retour à New York ».

    Se plaignant des disparités sociales à Marrakech, Mansouri déplore le fait que 28.000 familles vivent « sans eau ni électricité » à proximité des centres d’hôtellerie et de restauration.

    Concernant son parti, le PAM, Mansouri le considère comme un « parti moderne» et «focalisé sur les problématiques de développement avec une vision libérale de l’économie». Pro-US quoi!

    Le ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri, et le patron de la DGED Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine, à en croire Samuel L. Kaplan.

    Dans un câble classé confidentiel et datant du premier février 2010, une équipe de sénateurs américains a rencontré les deux artisans de la diplomatie marocaine à Rabat, le 5 janvier 2010.

    Durant la rencontre, Mansouri a par ailleurs déclaré qu’il y avait « deux sortes d’idéologies extrémistes » : une première qu’il qualifie de « dépravée », et qui concerne la doctrine « takfirie », et la deuxième étant « l’idéologie du martyr », en rapport avec l’apologie des attaques suicides. Très instructif.

    Mustapha Ramid, le député du PJD, a déclaré tout le désamour qu’il portait au PAM (Parti authenticité et modernité) lors d’une rencontre avec un diplomate américain, le 10 décembre 2009.

    Pour le dirigeant islamiste, le PAM a été créé pour mettre fin à sa propre formation politique. Pour lui, la création du PAM est un « retour en arrière » dans le processus de démocratisation au Maroc. Ramid se dit aussi pro-monarchique, mais affirme que le roi ne doit pas être la source de toutes les réformes politiques. Ramid a aussi appelé à de profondes réformes démocratiques… 14 mois avant le 20 février.

    Robert P. Jackson, chargé d’affaires au sein du consulat américain à Casablanca, a écrit un rapport sur les élections communales, qui ont eu lieu en juin 2009. Pour le diplomate Américain, « malgré la relative transparence des élections […], elles pourraient représenter un pas en arrière pour la démocratie marocaine ». Jackson ajoute que « le fait que le mode de scrutin soit indirect favorise l’achat de voix et les pressions politiques ». « Le PAM de Fouad Ali El Himma aurait (d’ailleurs) utilisé des moyens de pression extra-politiques, notamment en invoquant le nom du roi pour faire pression sur les autres partis afin qu’ils s’y associent ».
    Les pressions de Kadhafi

    Souvenez-vous, un certain 27 juin 2007, un tribunal de Casablanca a condamné trois journaux marocains : Al Ahdath Al Maghribiya, Al Massae, et Al Jarida Al Oula; à de lourdes amendes pour avoir « publiquement nuit » au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, et d’avoir « atteint à sa dignité ». Cette affaire n’a pas pas échappé à l’ambassade américaine, qui prétend, dans un « mémo » daté du 9 juillet 2009, que le gouvernement libyen « aurait exercé des pressions sur la justice marocaine».

    Deux diplomates israéliens sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc ».

    Citant une source travaillant au sein du ministère des Affaires étrangères, la diplomatie américaine affirme « que le gouvernement libyen a exercé d’importantes pressions sur le gouvernement marocain», et ajoute un peu plus loin que « lorsque le ministère des Affaires étrangères a déclaré aux Libyens que les journalistes sont libres d’écrire ce qu’ils voulent, les Libyens ont répondu qu’aucune presse arabe n’est libre de tout contrôle, et ont considéré cela comme une indication que le gouvernement marocain approuve ce qui se dit dans les journaux ». Décidément, il était temps que Kadhafi quitte le pouvoir.

    Israël drague le Maroc

    Lors d’une conférence de lutte contre la prolifération nucléaire, ayant eu lieu du 3 au 5 juin à Rabat, diplomates Israéliens et marocains ont saisi l’occasion pour renouer leurs relations diplomatiques. Deux diplomates israéliens, Eynat Shlein-Michael et Israël Tikochinsky sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc, qui s’étaient interrompus à la suite de l’attaque israélienne de Gaza ». Les Israéliens ont exhorté les Marocains à mieux soutenir Mahmoud Abbas. Pour les représentants de l’État hébreux, soutenir Abbas par des déplacements d’officiels marocains à Ramallah reviendrait à améliorer l’image du dirigeant de l’OLP. Par ailleurs, les diplomates Israéliens ont demandé aux Marocains de faciliter l’accès aux touristes Israéliens qui visitent le Maroc, en les dispensant de visas, arguant que le chiffre de « 60 000 touristes israéliens annuels pourrait être beaucoup plus important ».

    Ayant eu lieu le 27 janvier 2010, et en présence du consul général américain à Casablanca, Mansouri a profité de cette rencontre pour présenter ses projets pour la ville de Marrakech, mais aussi assurer les diplomates transatlantiques de son admiration pour l’Amérique. Mansouri a même déclaré « quand je suis submergée de problèmes à l’intérieur de la mairie, j’ai des envies de retour à New York ».

    Se plaignant des disparités sociales à Marrakech, Mansouri déplore le fait que 28.000 familles vivent « sans eau ni électricité » à proximité des centres d’hôtellerie et de restauration.

    Concernant son parti, le PAM, Mansouri le considère comme un « parti moderne» et «focalisé sur les problématiques de développement avec une vision libérale de l’économie». Pro-US quoi!

    Le ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri, et le patron de la DGED Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine, à en croire Samuel L. Kaplan.

    Dans un câble classé confidentiel et datant du premier février 2010, une équipe de sénateurs américains a rencontré les deux artisans de la diplomatie marocaine à Rabat, le 5 janvier 2010.

    Durant la rencontre, Mansouri a par ailleurs déclaré qu’il y avait « deux sortes d’idéologies extrémistes » : une première qu’il qualifie de « dépravée », et qui concerne la doctrine « takfirie », et la deuxième étant « l’idéologie du martyr », en rapport avec l’apologie des attaques suicides. Très instructif.

    Mustapha Ramid, le député du PJD, a déclaré tout le désamour qu’il portait au PAM (Parti authenticité et modernité) lors d’une rencontre avec un diplomate américain, le 10 décembre 2009.

    Pour le dirigeant islamiste, le PAM a été créé pour mettre fin à sa propre formation politique. Pour lui, la création du PAM est un « retour en arrière » dans le processus de démocratisation au Maroc. Ramid se dit aussi pro-monarchique, mais affirme que le roi ne doit pas être la source de toutes les réformes politiques. Ramid a aussi appelé à de profondes réformes démocratiques… 14 mois avant le 20 février.

    Robert P. Jackson, chargé d’affaires au sein du consulat américain à Casablanca, a écrit un rapport sur les élections communales, qui ont eu lieu en juin 2009. Pour le diplomate Américain, « malgré la relative transparence des élections […], elles pourraient représenter un pas en arrière pour la démocratie marocaine ». Jackson ajoute que « le fait que le mode de scrutin soit indirect favorise l’achat de voix et les pressions politiques ». « Le PAM de Fouad Ali El Himma aurait (d’ailleurs) utilisé des moyens de pression extra-politiques, notamment en invoquant le nom du roi pour faire pression sur les autres partis afin qu’ils s’y associent ».
    Les pressions de Kadhafi

    Souvenez-vous, un certain 27 juin 2007, un tribunal de Casablanca a condamné trois journaux marocains : Al Ahdath Al Maghribiya, Al Massae, et Al Jarida Al Oula; à de lourdes amendes pour avoir « publiquement nuit » au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, et d’avoir « atteint à sa dignité ». Cette affaire n’a pas pas échappé à l’ambassade américaine, qui prétend, dans un « mémo » daté du 9 juillet 2009, que le gouvernement libyen « aurait exercé des pressions sur la justice marocaine».

    Deux diplomates israéliens sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc ».

    Citant une source travaillant au sein du ministère des Affaires étrangères, la diplomatie américaine affirme « que le gouvernement libyen a exercé d’importantes pressions sur le gouvernement marocain», et ajoute un peu plus loin que « lorsque le ministère des Affaires étrangères a déclaré aux Libyens que les journalistes sont libres d’écrire ce qu’ils voulent, les Libyens ont répondu qu’aucune presse arabe n’est libre de tout contrôle, et ont considéré cela comme une indication que le gouvernement marocain approuve ce qui se dit dans les journaux ». Décidément, il était temps que Kadhafi quitte le pouvoir.

    Israël drague le Maroc

    Lors d’une conférence de lutte contre la prolifération nucléaire, ayant eu lieu du 3 au 5 juin à Rabat, diplomates Israéliens et marocains ont saisi l’occasion pour renouer leurs relations diplomatiques. Deux diplomates israéliens, Eynat Shlein-Michael et Israël Tikochinsky sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc, qui s’étaient interrompus à la suite de l’attaque israélienne de Gaza ». Les Israéliens ont exhorté les Marocains à mieux soutenir Mahmoud Abbas. Pour les représentants de l’État hébreux, soutenir Abbas par des déplacements d’officiels marocains à Ramallah reviendrait à améliorer l’image du dirigeant de l’OLP. Par ailleurs, les diplomates Israéliens ont demandé aux Marocains de faciliter l’accès aux touristes Israéliens qui visitent le Maroc, en les dispensant de visas, arguant que le chiffre de « 60 000 touristes israéliens annuels pourrait être beaucoup plus important ».

    Tags : Wikileaks, Maroc, Etats-Unis, Israël, Mansouri, DGED, Taïeb Fassi Fihri,

  • Maroc : Mohammed VI, le roi de l’aplaventrisme et la danse du ventre

    Le roi du Maroc a donné un sacré coup de pouce à la danse du ventre en direction de l’aplaventrisme

    Lorsque les anglais sévissaient en Egypte, ils ont vite transformé la danse orientale connue sous le nom de danse du ventre. Les prestations privées des danseuses ont glissé vers le contact physique entre les soldats et les artistes ouvrant la porte aux prestations sexuelles.

    Peu à peu l’image de cette danse a été salie. Si à ses débuts ancestraux la danse orientale n’était pas perçue comme une pratique taboue dans les pays où elle a vu le jour, avec l’arrivée des Européens au Moyen-Orient elle a été déviée de sa conception originelle.

    Avec la realpolitik, qui est devenue synonyme d’hypocrisie et manque d’éthique politique, la danse du ventre a pris d’autres couleurs pour devenir synonyme d’aplaventrisme des regimes dictatoriaux devant ses mentors occidentaux.

    Le roi du Maroc est devenu un exemple dans l’art de rouler dans les avenues de la mesquinité, la médiocrité et la bassesse en vue d’avoir un soutien dans la question du Sahara Occidental.

    Poussée par ses intérêts économiques au Maroc et sa haine envers l’esprit libérateur de l’Algérie et des sahraouis, la France défend son allié au Conseil de Securité contre les vents et les marées du Droit International.

    Le lien marocain avec les Etats-Unis est plutôt géopolitique au lieu d’économique. Le Maroc est obligé, alors, de suivre une autre approche : la soumission et l’aplaventrisme élevés au rang de confort et de pratique machiavéliste.

    Dans l’espoir de s’approprier les ressources naturelles du Sahara Occidental, les marocains ont décidé de faire dans l’abrutissement, de se débarraser du peu de dignité qui leur restait, se taire à la gloire de leur petit confort éphémère.

    Au Maroc, on fait la part belle aux thèmes de la mollesse, de l’aplaventrisme, de la langue de bois, du politiquement correct. A sa place, on a érigé un aveugle suivisme atlantiste au point de faire que les mots indépendance et souveraineté ne sont plus dans le volcabulaire de la monarchie perverse qui gouverne dans ce pays devenu La Mecque des pervers, des pédophiles et des touristes sexuels.

    Le Maroc, soumis et amadoué par ses ambitions expansionnistes, n’est plus que l’ombre de lui-même, relegué au second rang, prisonnier de son mépris envers ses voisins et leurs aspirations libératrices.

    La France, elle, en suivant aveuglement son allié marocain, risque de le perdre à jamais parce que le peuple sahraoui ne capitulera jamais. Quarante-trois ans après, les sahraouis sont plus déterminés que jamais à arracher leur droit par le feu des armes. De nouvelles générations attendent dans les casernes l’ordre de faire payer aux marocains leur aplaventrisme et leur lâcheté.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, France, Etats-Unis, ONU,

  • Les révélations de Wikileaks sur les rapports entre l’Algérie et le Maroc

    www.tsa-algerie.com – 2 décembre 2010

    L’obsession algérienne, propagande contre le Front Polisario et un alignement total sur les Américains

    par Lounes Guemache

    Soixante-dix pages de mémos diplomatiques émanant essentiellement de l’ambassade américaine à Rabat et couvrant la période entre 2005 et 2009. TSA s’est procuré les notes de la diplomatie américaine sur le Maroc, avant leur publication sur le site américain Wikileaks. Ces documents relatent notamment les conversations entre des responsables américains et des officiels marocains à Rabat : les ministres de l’intérieur et des affaires étrangères, les chefs des renseignements intérieurs et du contre-espionnage, de hauts cadres de l’Etat…

    On y trouve un peu de tout mais certains sujets reviennent régulièrement dans les échanges entre les Américains et leurs interlocuteurs marocains : la lutte contre le terrorisme islamiste au Maghreb et dans la région du Sahel, l’Algérie, la gestion de l’islam dans le Royaume ainsi que des sujets internationaux comme le nucléaire iranien -on apprend par exemple que Rabat était opposé à la bombe dès 2006 bien avant la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 2009.

    Les documents mettent au jour l’obsession algérienne chez les responsables marocains. Dans leurs conversations avec les responsables américains, les Marocains mettent souvent en avant « le manque de coopération » des Algériens en matière de lutte contre le terrorisme dans la région. Ils imputent l’émergence d’Aqmi aux « échecs » d’Alger en matière de lutte contre le terrorisme. Une analyse que les Américains ne partagent pas. Selon eux, c’est au contraire grâce aux succès de l’Algérie que l’ex-GSPC a été contraint de s’associer avec Al-Qaïda pour créer Aqmi.

    Des responsables ont suggéré un lien direct entre le Front Polisario et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). On découvre aussi une implication plus importante qu’on pouvait l’imaginer de Rabat au Sahel. On apprend par exemple qu’en 2007, le Niger avait sollicité l’appui militaire du Maroc contre un groupe terroriste qui a pénétré depuis son territoire depuis l’Algérie. Pourquoi une telle demande n’avait-elle pas été adressée directement à l’Algérie ? Mystère.

    TSA- Algérie

    Quand les responsables marocains parlent de l’Algérie comme d’une menace

    par Yazid Slimani

    Dans leurs entretiens avec les diplomates et les responsables américains en visite à Rabat, les officiels marocains accusent les Algériens de mettre de la mauvaise volonté pour coopérer avec eux dans la lutte anti-terroriste. C’est par exemple le cas du Directeur général pour la surveillance du territoire (services de renseignements intérieurs), Abdelatif Hammouchi, Lors de la visite à Rabat de l’assistante du président américain pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend. « La coopération avec les Algériens est erratique affirme Hammouchi. Parfois ils nous fournissent de très bonnes informations et parfois on dirait qu’il s’agit d’impasse. Ces sont des partenaires difficiles, ajoute Yassine Mansouri (chef de la Direction générale des études et de la documentation, le service de contre-espionnage marocain, ndlr) », rapporte une note diplomatique du 31 juillet 2007, obtenue par TSA avant sa publication sur Wikileaks.

    Plus tôt la même année, le Directeur général des affaires bilatérales au ministère marocain des Affaires étrangères Youssef Amrani, avait ainsi « suggéré que l’émergence d’AQMI était principalement due aux échecs du gouvernement algérien », rapporte une note du 18 mai. Une position que ne partagent visiblement pas les Etats-Unis qui défendent la politique anti-terroriste de l’Algérie. A l’accusation de Amrani, un diplomate américain répond en effet que « le GSPC a été forcé de s’associer avec AQMI parce que le gouvernement algérien a réussi à le marginaliser ».

    Dans la même note, le diplomate américain constate que Khalid Zerouali, en charge de la sécurité des frontières marocaines au ministère de l’Intérieur «s’est hérissé » lorsque les officiels américains ont cité l’Algérie comme « un modèle » dans la lutte anti-terroriste en Afrique du Nord. Pour Zerouali, « le Maroc est beaucoup plus stable et sûr alors que je ne peux pas voyager d’Alger à Oran sans crainte ».

    Les documents de Wikileaks révèlent aussi que le Maroc soupçonne depuis longtemps l’Algérie de chercher à développer un programme nucléaire militaire. Une inquiétude rapportée notamment dans une note diplomatique américaine du 21 novembre 2006 transmise cinq jours après un entretien entre le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Omar Hilale et l’ambassadeur américain à Rabat au sujet du programme nucléaire de l’Iran. Hilale affirme ainsi qu’ « un Iran doté de l’arme nucléaire serait un désastre pour la région et spécialement pour le Maroc. Cela provoquerait une course à l’armement dans la région et cela accélèrerait la poursuite de ce qu’il a décrit comme un programme nucléaire militaire algérien similaire même s’il n’est que naissant ». « Si l’Iran réussit, dans les dix ans, d’autres pays du Moyen-Orient auront la bombe et les Algériens suivront peu après, a-t-il dit », précise la note.

    Enfin, selon Rabat, si les relations bilatérales avec Alger ne s’arrangent pas, la responsabilité serait entièrement algérienne. Dans le mémo du 31 juillet 2007, les diplomates américains rapportent qu’après une visite à Alger, Fouad Ali Himma, adjoint au ministre de l’Intérieur leur a affirmé que « les efforts marocains répétés pour réduire l’abîme diplomatique ont été rejetés. Il a assuré avoir dit aux Algériens que le Maroc était prêt à rouvrir sa frontière et à prendre d’autres mesures pour rétablir la confiance, mais les Algériens ne nous ont jamais dit ce qu’ils voulaient », citent-ils. Il a attribué ce qu’il décrit comme l’intransigeance algérienne à l’écart générationnel et de mentalités entre les dirigeants des deux pays », rapporte la note américaine qui précise que Himma est un proche du roi Mohammed VI souvent considéré comme plus puissant que le ministre de l’Intérieur lui-même.

    TSA-Algérie

    En proie à de nombreux problèmes, l’armée marocaine est préoccupée par le Front Polisario et l’Algérie

    par Samir Allam

    C’est un portrait peu flatteur que les diplomates américains dressent de l’armée marocaine. Dans un câble classé « secret » daté d’août 2008 et révélé par le site Wikileaks, les diplomates américains en poste à Rabat évoquent une armée marocaine en proie à des problèmes de corruption, une bureaucratie inefficace, de faibles niveaux d’éducation dans ses rangs, des menaces récurrentes de radicalisation de certains de ses soldats, une marginalisation politique, des équipements vieillissants et un déploiement de la plupart de ses forces dans le Sahara occidental.

    Les effectifs de l’armée marocaine sont estimés à 218.000 soldats, selon le mémo de l’ambassade américaine à Rabat. L’armée de terre compte 175.000 soldats, 13.000 militaires composent la force aérienne est 7.800 sont dans la marine. La gendarmerie, qui « dépend directement du roi », compte 22.000 éléments. Le salaire moyen pour les militaires soldats est d’environ 2.000 dirhams (270 USD) par mois, note le mémo. Les officiers sont mieux rémunérés, avec un salaire de départ d’environ 6.000 dirhams (USD 850) par mois. « Avec des avantages tels que le logement gratuit, ces (salaires) sont raisonnablement compétitifs dans le contexte marocain », souligne le document.

    Le Sahara occidental constitue la principale préoccupation de l’armée marocaine. A une certaine période –que la note ne précise pas–, entre 50% et 70% des effectifs des forces armées marocaines étaient déployés au Sahara occidental.

    Sans surprise, l’autre préoccupation majeure de l’armée marocaine concerne l’Algérie. Selon le document américain, l’armée marocaine possède des « plans d’urgence » et effectue des simulations stratégiques pour contrer une possible attaque algérienne. Toutefois, l’armée marocaine ne dispose pas de troupes déployées le long de la frontière algérienne, selon le mémo. Les militaires marocains sont stationnés dans des garnisons situées à des centaines de kilomètres de la frontière algérienne d’où ils pourraient se déployer en cas d’incursion algérienne.

    Selon les diplomates américains, bien que la frontière entre les deux pays soit fermée et les relations froides, l’Algérie ne constitue pas une menace imminente pour le Maroc. Dans le cas d’une confrontation entre les deux pays, celle-ci aurait lieu via le Front Polisario, estiment-ils.

    Enfin, les Américains évoquent une solide coopération militaire entre les Etats-Unis et le Maroc. Mais les rédacteurs du document doutent des capacités du Maroc à acquérir des équipements militaires haut de gamme pour moderniser son armée. La cause ? Les coûts élevés de ces équipements ne sont pas à la portée des modestes moyens du royaume.

    TSA-Algérie

    Pour Bouteflika, la France tente de régler ses comptes avec l’Algérie «en appuyant le Maroc»

    par Sonia Lyes

    Les documents de Wikileaks, révélés vendredi 3 novembre dans la soirée par les quotidiens El Pais (Espagne) et Le Monde (France), montrent des divergences de vues importantes entre Alger et Rabat au sujet du conflit au Sahara occidental. Des divergences qui viennent s’ajouter à la mésentente totale entre le président Bouteflika et le roi Mohamed VI.

    « Si je pouvais résoudre le problème je le ferais. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis » . Ce qu’il faut, c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains », a déclaré le président algérien lors d’une rencontre ». C’est ce qu’a déclaré en 2007 à Alger le président Bouteflika à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend.

    Les Français, confiera le président Bouteflika lors d’une autre rencontre relatée par des diplomates américains, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit ». Selon lui, « la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne ». Elle tente aujourd’hui de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc ».

    En février 2008, recevant un diplomate américain, le président algérien dénonce « le plan d’autonomie » voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination au Sahara occidental. Pour lui, la proposition marocaine n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes ont d’avantage d’autonomie vis-à-vis d’Alger que ce que propose Rabat pour le Sahara occidental, a fait remarquer le président algérien.

    Une position réaffirmée, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward. « Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental ».

    TSA-Algérie

    A Alger, la CIA dispose de sa propre cellule de surveillance aérienne des groupes terroristes

    par Yazid Slimani

    Pour les Etats-Unis, l’Algérie est devenue ces dernières années le partenaire numéro 1 dans la lutte anti-terroriste au Sahel contre Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). C’est ce qui ressort des derniers documents diplomatiques révélés par Wikileaks. « Aucun pays n’est plus important que l’Algérie dans la lutte contre Al Qaida au Sahel et au Maghreb », affirme ainsi l’ambassadeur américain à Alger David Pearce dans une note du 6 janvier 2010, soit juste après l’inscription de l’Algérie sur une liste des pays à risque par l’Administration américaine pour la sécurité dans les transports.

    Les diplomates américains saluent l’intensité grandissante de la coopération politique, sécuritaire et économique avec l’Algérie. Mais ils se disent frustrés de la réticence des autorités algériennes pour partager leurs renseignements sur les groupes terroristes qui activent dans le pays et reprochent aux forces de sécurité de ne pas avoir transmis les informations qui auraient pu éviter les attentats de décembre 2007 contre les Nations Unies à Alger.

    La coopération dans le domaine du renseignement se fait aussi par l’intermédiaire d’une base active de la CIA qui possède sa propre cellule de surveillance aérienne des groupes terroristes armés sur le territoire algérien via l’Africom. Cette présence de la CIA en Algérie n’a été publiquement révélée qu’en 2009 après l’affaire Warren, l’espion qui avait violé deux algériennes après les avoir droguées.

    D’ailleurs un câble datant du 1er février 2009 publié ces derniers jours par le quotidien libanais Al Akhbar, révèle que l’Etat algérien a fait pression sur la presse pour qu’elle cesse de couvrir cette affaire. Deux jours après la révélation du scandale, « il avait complètement disparu de la presse. L’absence quasi totale de couverture dans la presse publique montre bien que le gouvernement préfère que cette histoire s’apaise », est-il rapporté dans le même mémo.

    TSA-ALgérie

    Bouteflika méprise Mohamed VI à qui il ne serrera jamais la main

    par Samir Allam

    Abdelaziz Bouteflika méprise le roi Mohamed VI. Et il l’a fait savoir aux Américains au cours d’entretiens au Palais d’El Mouradia, selon des documents du site WikiLeaks révélés vendredi 3 novembre dans la soirée par le quotidien espagnol El Pais. Mais le président algérien a assuré à ses interlocuteurs que l’Algérie ne fera pas la guerre au Maroc à cause du Sahara occidental et ne permettra pas au Front Polisario de combattre depuis le territoire algérien. Toutefois, la frontière restera fermée jusqu’à la résolution du conflit au Sahara occidental, a expliqué le président Bouteflika.

    « Je ne serrerai pas la main du roi ». Le président Bouteflika a fait cette déclaration en juin 2006 à l’assistante du président américain George Bush pour la sécurité intérieure et l’antiterrorisme, Frances Fragos Townsend, en visite à Alger. Avant de décrire le monarque marocain comme « pas ouvert » et « sans expérience », selon la même source. Selon Abdelaziz Bouteflika, feu Hassan II et Moulay Rachid, frère de l’actuel roi, son plus ouverts. Le président Bouteflika évoque une rencontre avec Moulay Rachid lors d’un match à Séville, en Espagne. « Nous avons bavardé et plaisanté avec bonheur, mais je ne peux pas faire la même chose avec le roi, car nous n’avons pas le même sens de l’humour », a-t-il déploré.

    Selon un document daté du 1er juillet 2006, le président Boutelika a avoué, d’après l’ambassadeur américain à Alger, qu’il croyait au dialogue pour résoudre les problèmes avec le Maroc. Mais il ne croit pas à un dialogue avec le roi Mohamed VI.

    Les présidents Bush et Chirac ont essayé de rendre le président Bouteflika plus clément à l’égard du roi. Le président algérien a rappelé que le roi était encore un enfant quand lui-même était déjà un vétéran de la diplomatie. Mais le roi a fait subir un affront au président Bouteflika en annulant à la dernière minute une visite du premier ministre à Rabat. «Je ne suis pas Jésus, je ne vais pas tendre l’autre joue», avait alors déclaré Bouteflika.

    Tags : Maroc, Algérie, Wikileaks, Boutreflika, Mohammed VI, Sahara Occidental, France, Etats-Unis,

  • WikiLeaks : Les US pointent la question de l’eau des tomates

    Un câble de l’ambassade des États-Unis en 2005 pose la problématique d’une question restée sans réponse dans la récente ouverture du commerce agricole de l’UE avec le Maroc. “La longévité de l’eau douce aquifère de Dakhla est inconnue”, déclare la note. “Laayoune dépend de dessalement coûteux, et la longévité de l’eau douce aquifère de Dakhla est inconnue”, note l’ambassade des États-Unis dans une dépêche datée du 18 mai 2005“.La question de la gestion de l’eau est une question clé dans toute l’agriculture. Dans son récent rapport, «Label and Liability » (étiquette et responsabilité), WSRW identifie 11 sites agricoles près de Dakhla, tous détenus par le roi du Maroc, des conglomérats marocains d’entreprises franco-marocaines. Le rapport décrit aussi comment les produits de cette agro-industrie controversée, qui pompe l’eau en quantités énormes, trouve son chemin vers les paniers des consommateurs de l’UE.

    “Alors que le Maroc souffre d’une sécheresse périodique régulière et de la baisse de l’eau potable, la nappe aquifère de Dakhla offre une source d’irrigation annuelle constante “, déclare le câble.

    «L’agriculture pour l’exportation a réussi à Dakhla, mais n’est pas pratique à grande échelle en raison de la pénurie d’eau. […] Le Sahara Occidental a la chance d’avoir une croissance toute l’année et un bon accès routier aux marchés en Europe, mais ce que la région possède en soleil, elle le manque en eau douce “, est-il déclaré.

    Les préoccupations du câble US sur la non-durabilité de la production agricole au Sahara Occidental font écho aux déclarations similaires de l’eurodéputé vert José Bové, rapporteur du Parlement Européen sur l’accord agricole UE-Maroc :

    «Les entreprises agricoles ont été implantées depuis 2006 dans la banlieue de Dakhla (Sahara Occidental) où ils puisent les eaux souterraines du littoral. La surexploitation de ces réserves va, à long terme, saliniser l’eau douce, ce qui compromet l’approvisionnement en eau de la population à l’échelle locale », a écrit dans son rapport l’eurodéputé français.

    Le câble US souligne également que Dakhla est nouvellement une importante région agricole.

    “Les produits mûrissent sous les latitudes du sud du Sahara Occidental 10-15 jours avant les concurrents à Agadir 1.000 miles au nord, et donne aux producteurs à Dakhla deux semaines d’avance au démarrage sur les marchés européens”, selon Bové. Il fait spécifiquement référence à ce qui était probablement le premier partenariat franco-marocain qui, en 2002 a signé une joint-venture de 12 millions de dollars en collaboration avec le gouvernement marocain, qui lui a accordé 300 hectares dans la zone de Dakhla. En 2005, le groupe avait déjà couvert 100 hectares, soit une exportation annuelle de 5.000 tonnes de tomates vers l’Europe et le Canada.

    Un nouvel accord agricole UE-Maroc devrait entrer en vigueur prochainement. Son champ d’application territorial non précisé permettra l’entrée sur le marché de l’UE à de plus grands volumes de produits frais du Sahara Occidental occupé, estampillés du Maroc.

    La question de la gestion de l’eau est une question clé dans toute l’agriculture. Dans son récent rapport, «Label and Liability » (étiquette et responsabilité), WSRW identifie 11 sites agricoles près de Dakhla, tous détenus par le roi du Maroc, des conglomérats marocains d’entreprises franco-marocaines. Le rapport décrit aussi comment les produits de cette agro-industrie controversée, qui pompe l’eau en quantités énormes, trouve son chemin vers les paniers des consommateurs de l’UE.

    “Alors que le Maroc souffre d’une sécheresse périodique régulière et de la baisse de l’eau potable, la nappe aquifère de Dakhla offre une source d’irrigation annuelle constante “, déclare le câble.

    «L’agriculture pour l’exportation a réussi à Dakhla, mais n’est pas pratique à grande échelle en raison de la pénurie d’eau. […] Le Sahara Occidental a la chance d’avoir une croissance toute l’année et un bon accès routier aux marchés en Europe, mais ce que la région possède en soleil, elle le manque en eau douce “, est-il déclaré.

    Les préoccupations du câble US sur la non-durabilité de la production agricole au Sahara Occidental font écho aux déclarations similaires de l’eurodéputé vert José Bové, rapporteur du Parlement Européen sur l’accord agricole UE-Maroc :

    «Les entreprises agricoles ont été implantées depuis 2006 dans la banlieue de Dakhla (Sahara Occidental) où ils puisent les eaux souterraines du littoral. La surexploitation de ces réserves va, à long terme, saliniser l’eau douce, ce qui compromet l’approvisionnement en eau de la population à l’échelle locale », a écrit dans son rapport l’eurodéputé français.

    Le câble US souligne également que Dakhla est nouvellement une importante région agricole.

    “Les produits mûrissent sous les latitudes du sud du Sahara Occidental 10-15 jours avant les concurrents à Agadir 1.000 miles au nord, et donne aux producteurs à Dakhla deux semaines d’avance au démarrage sur les marchés européens”, selon Bové. Il fait spécifiquement référence à ce qui était probablement le premier partenariat franco-marocain qui, en 2002 a signé une joint-venture de 12 millions de dollars en collaboration avec le gouvernement marocain, qui lui a accordé 300 hectares dans la zone de Dakhla. En 2005, le groupe avait déjà couvert 100 hectares, soit une exportation annuelle de 5.000 tonnes de tomates vers l’Europe et le Canada.

    Un nouvel accord agricole UE-Maroc devrait entrer en vigueur prochainement. Son champ d’application territorial non précisé permettra l’entrée sur le marché de l’UE à de plus grands volumes de produits frais du Sahara Occidental occupé, estampillés du Maroc.

    Source : Sahara Doc, 25 juin 2012

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, tomates, Etats-Unis, Wikileaks,

  • Sahara Occidental : le peuple sahraoui commémore le 46e anniversaire de la lutte armée

    Le peuple sahraoui célèbre le 46e anniversaire du déclenchement de sa lutte de libération nationale dans la conviction totale de la victoire de sa juste cause

    20 mai 2019. Le peuple sahraoui célèbre le 46e anniversaire du déclenchement de sa victorieuse lutte armée de libération nationale.

    En effet, il ya 46 ans, jour pour jour, le peuple sahraoui décida de revendiquer, d’arracher au colonialisme espagnol son indépendance nationale, mais en usant cette fois-ci du seul langage que l’occupant espagnol serait forcé de comprendre, à savoir, la lutte armée.

    Le 20 mai 1973 marqua un pas décisif qui a permis aux sahraouis de passer de stade de tribus à celui de peuple en lutte pour son indépendance.

    La première action menée fut l’attaque de El Khanga, un petit poste espagnol tenu par un détachement bien armé retranché derrière un blockhaus. Le détachement du Front Polisario était composé de 16 militants ne s’étant jamais battus, ils étaient armés de quelques vieux fuils et une poignée de balles.

    Le début de l’opération était catastrophique. En effet, s’acquittant de la corvée d’eau avec un camarade, El Ouali Moustpha Sayed tomba sur une patrouille de routime qui les arrêta. Ses camarades furent avetis par un guetteur. Furieux par la perte de leur chef, ils décidèrent de passer à l’action, aussi se présentèrent-ils au poste à l’heure du dîner. L’effet de surprise fit son effet et le musqueton se révélant être un argument de poids, la sentinelle se laissa désarmer. Le poste fut rapidement investi.

    Après avoir libéré El Ouali, le groupe repartit sans perdre de temps emmenant ses prisonniers et premières prises de guerre : armes, munitions, chameaux de selle. Puis, après une conférence improvisée pour les soldats de la garnison – tous sahraouis engagés dans l’armée espagnole- sur le bien fondé de la lutte.. ceux-ci furent libérés avec un chameau, un fusil et des provisions de bouche, selon les traditions sahraouies. La guerre du Sahara avait commencé.

    Mobilisé derrière et autour de son avant-garde politique et militaire -le Front Polisario- le peuple sahraoui inaugura ainsi un long et dur combat qui lui rendait, peu à peu, le respect que les agresseurs colonialo-expansionnistes – Espagne et Maroc en particulier- lui refusèrent.

    46 ans après, le peuple sahraoui est en droit de s’énorgueillir du stade très avancé atteint par son héroïque combat, le mettant au bord de la victoire finale.

    Certes, à présent, la guerre est en veille, mais le combat politique et diplomatique continue de faire rage. Le régime expansionnistes marocain a choisi la voie de l’entêtement soutenu et encourage par certaines puissances occidentales, les USA et la France en l’occurrrence, mais ce n’est là au’une fuite en avant qui ne servira en fin de compte qu’à mettre fin définitivement à l’existence de cette monarchie bâtie sur la trahison, la violence, le pillage et la servitude aux pays qui se proclament la berceau de la démocratie et les droits de l’homme.

    L’alliance colonialo-impérialiste n’empêchera point le peuple sahraoui de continuer de combattre pour parachever la libération totale de sa patrie. D’autant plus qu’il a tous les moyens nécessaire (motivation, détermination, moyens matériels…) Le temps joue en sa faveur et la fin du pouvoir alaouite est inévitable.

    Le seul choix qui reste donc à Rabat est de se retirer totalement du Sahara Occidental, puisqu’il est incapable de prendre la voie de la paix, celle du dialogue et de la négociation.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, France, Etats-Unis, 20 mai 1973, 46e anniversaire, lutte armée, guerre de libération, statu quo, processus de paix,