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  • L’administration Trump garde des informations secrètes alors qu’elles pourraient réduire à néant les allégations d’ingérence russe

    Mardi, le président russe Poutine a de nouveau rejeté les allégations américaines disant que son pays s’était ingéré dans les élections de 2016 aux États-Unis. D’autres déclarations du ministre des Affaires étrangères, M. Lavrov, indiquent qu’il y a plus d’informations disponibles sur ce sujet. Il a parlé d’échanges entre les gouvernements russe et américain que la Russie voudrait rendre public, mais que les États-Unis ne veulent pas.

    Le mardi 14 mai, le secrétaire d’État Mike Pompeo s’est rendu à Sotchi pour rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères Sergej Lavrov et le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine. C’était la première visite officielle de Pompeo en Russie. La rencontre entre Pompeo et Lavrov a été suivie d’une conférence de presse conjointe. Les déclarations des deux parties ont abordé la question des soit disant interférences dans les élections.

    Le département d’État a publié une transcription intégrale et une vidéo de la conférence de presse en langue anglaise. Le ministère russe des Affaires étrangères a fourni une traduction officielle en anglais uniquement de la déclaration de Lavrov. Les deux traductions ne diffèrent que légèrement.

    Voici les extraits pertinents des allocutions d’ouverture concernant les questions liées au sujet.

    Lavrov :

    Nous nous sommes mis d’accord sur l’importance de rétablir les canaux de communication qui avait été récemment suspendus, dû en grande partie aux accusations infondées portées contre la Russie disant qu’elle avait tenté de s’ingérer dans les élections américaines. Ces allégations sont allées jusqu’à suggérer que nous avions collaboré d’une manière ou d’une autre avec de hauts responsables de l’administration américaine actuelle. Il est clair que de telles allégations sont totalement fausses. (…) Je pense qu’il existe maintenant une compréhension totale sur cette sujet, comme en ont discuté nos présidents lors de leur réunion de l’année dernière à Helsinki, ainsi qu’au cours d’un certain nombre de conversations téléphoniques. Jusqu’à présent, cette compréhension ne s’était pas complètement révélée.

    Pompeo :

    Nous avons aussi parlé de la question de l’ingérence dans nos affaires intérieures. J’ai fait savoir que la Russie pourrait faire certaines choses pour montrer que ce type d’activités appartient au passé et j’espère qu’elle tirera parti de cette opportunité.

    Au moment des questions réponses, Shaun Tanron de l’AFP a interrogé Pompeo sur le sujet des élections :

    Si je reprends votre déclaration au sujet des élections, vous avez dit que la Russie pourrait faire certaines choses pour montrer que l’ingérence électorale est une chose du passé. Quel genre de choses ? Que voulez-vous que la Russie fasse ? Je vous remercie beaucoup.
    Lavrov a répondu en premier à la question. Il a d’abord dit qu’il n’y avait aucune preuve de l’ingérence de la Russie dans les élections américaines.

    Puis il a continué :

    S’agissant en particulier de la dernière campagne présidentielle américaine, nous avions mis en place un canal d’échange d’informations sur les risques involontaires potentiels dans le cyberespace depuis 2013. D’octobre 2016 (lorsque l’administration démocratique américaine a soulevé cette question pour la première fois) à janvier 2017 (avant l’inauguration de Donald Trump), ce canal a été utilisé pour traiter les demandes et les réponses. Il n’y a pas si longtemps, lorsque les attaques contre la Russie liées à la prétendue ingérence dans les élections ont atteint leur point culminant, nous avons proposé de publier cet échange de messages entre ces deux entités, qui s’engagent à prévenir les incidents du cyberespace. Je l’ai rappelé à M. Pompeo aujourd’hui. L’administration, maintenant dirigée par le président Trump, a refusé de le faire. Je ne sais pas qui est derrière cette décision, mais l’idée de publier ces données a été bloquée par les États-Unis. Cependant, nous pensons que sa publication dévoilerait de nombreuses mensonges actuellement en circulation. Bien sûr, nous ne rendrons pas unilatéralement ces échanges publics, mais je voulais quand même faire savoir qu’ils existent.

    Un canal de communication sur les questions cybernétiques existait effectivement. En juin 2013, les Présidents des États-Unis et de la Russie ont publié une déclaration commune sur les « Technologies de l’information et de la communication (TIC) ». Les parties ont convenu d’établir des voies de communication entre les équipes d’intervention en cas d’urgence informatique, d’utiliser le lien de communication direct des centres de réduction des risques nucléaires pour les échanges sur les questions cybernétiques et d’établir des liens de communication directs entre les hauts fonctionnaires de la Maison Blanche et du Kremlin à ce sujet. Une fiche d’information publiée par la Maison-Blanche d’Obama a détaillé la mise en œuvre de ces trois canaux.

    L’une des conclusions de la déclaration de Lavrov est que « l’entente fondamentale sur ce sujet » entre les deux présidents, qui n’a pas été « pleinement mise en œuvre », est la publication des communications sur les incidents du cyberespace. Les Russes pensent clairement qu’une divulgation des communications avec l’administration Obama les disculperait. Cela disculpait également Trump de toute autre allégation de collusion. Pourquoi alors l’administration de Trump rejette-t-elle cette divulgation ? Qui la bloque ?

    Pompeo n’a pas répondu aux déclarations de Lavrov. Le lendemain, il a rencontré le président Poutine.

    Poutine l’a laissé attendre trois heures. Les deux parties ont fait de brèves déclarations liminaires. Les traductions anglaises de ce que Poutine a dit diffèrent. Dans la version fournie par la Russie, Poutine nie explicitement la prétendue ingérence électorale :

    De notre côté, nous avons dit à maintes reprises que nous aimerions également rétablir les relations à grande échelle. J’espère que les conditions nécessaires sont en train d’être réunies, car, malgré le caractère exotique du travail de M. Mueller, il faut lui reconnaître le mérite d’avoir mené ce qui est généralement une enquête objective. Il a réaffirmé l’absence de toute trace de collusion entre la Russie et l’administration actuelle, ce que nous avions qualifié de pure absurdité dès le début. Il n’y a pas eu, et il ne pouvait y avoir, d’ingérence de notre part dans les élections américaines au niveau du gouvernement. Néanmoins, malheureusement, ces allégations ont servi de prétexte à la détérioration de nos liens inter-étatiques.

    La version du département d’État n’inclut pas la dénégation russe sur l’interférence électorale, mais insiste sur le fait qu’aucune collusion n’a été prouvée :

    De notre côté, nous avons dit à maintes reprises que nous aimerions également reconstruire des relations à part entière, et j’espère qu’un environnement favorable est en train d’être créé à cet effet, car, malgré le travail du Conseiller spécial Mueller, aussi exotique soit-il, je dois dire que, dans l’ensemble, il a mené une enquête très objective et a confirmé qu’il n’y avait aucune trace de collusion entre la Russie et le gouvernement en place, comme nous le disions. Comme nous l’avons déjà dit, il n’y a eu aucune collusion de la part de nos représentants gouvernementaux et il ne pouvait pas y en avoir. Pourtant, c’était l’une des raisons pour lesquelles nous avons effectivement rompu nos liens (inaudibles).

    Une traduction en direct en anglais de ce paragraphe (vidéo) par le Ruptly russe n’inclut pas le mot « élection » dans la phrase surlignée, de même que la traduction en direct (vidéo) par PBS.

    Il semble que le Kremlin ait plus tard inséré dans la déclaration de Poutine la négation explicite de l’ingérence électorale. Il est tout à fait possible que Poutine, qui ne lisait pas un document préparé à l’avance, ait loupé le point de discussion que Lavrov avait déjà exprimé.

    Après la réunion avec Poutine, Pompeo a tenu un bref point de presse avec les journalistes américains l’accompagnant. Il n’est pas fait mention du point de vue de Lavrov.

    Il y a eu des communications secrètes entre l’administration Obama et le gouvernement russe au sujet de l’ingérence électorale et du piratage présumés du DNC et du directeur de campagne de Mme Clinton, M. Podesta. Elles ne sont mentionnées ni dans le rapport Mueller ni dans aucune autre source ouverte. Comme la Russie souhaite que ces communications soient rendues publiques, il pourrait être possible de déposer une demande de publication en vertu de la loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information Act, FOIA). La réponse de l’administration Trump à une telle demande de FOIA pourrait au moins révéler les raisons pour lesquelles elle les cache.

    Les allégations d’ingérence russe dans les élections de 2016 reposent en partie sur le fait qu’une entreprise commerciale russe a utilisé de fausses identités sur Facebook pour vendre de la publicité. Un examen des thèmes et des positions idéologiques de ces fausses identités montre qu’elles n’ont pas été faites pour influencer les élections américaines.

    Contrairement à ces faux Russes, d’autres fausses identités sur Facebook, fournis par une société israélienne et révélés aujourd’hui, ont été clairement créées pour influencer des élections :

    Facebook a déclaré jeudi qu’il avait banni une entreprise israélienne ayant mené une campagne d’influence visant à perturber les élections dans divers pays et a annulé des dizaines de comptes engagés dans la diffusion de désinformation. …

    Nombre d’entre eux étaient liés au groupe Archimedes, une société de conseil et de lobbying politique basée à Tel Aviv, qui se vante de ses compétences en matière de médias sociaux et de sa capacité à « changer la réalité ». …

    Sur son site Internet, Archimedes se présente comme un cabinet de conseil impliqué dans les campagnes pour les élections présidentielles.

    Peu d’informations sont disponibles au-delà de son slogan, qui est « des campagnes gagnantes dans le monde entier », et d’un vague descriptif sur un logiciel de « gestion des médias sociaux de masse » du groupe, qui, selon lui, permet de gérer un nombre « illimité » de comptes en ligne.
    Ne vous attendez pas à ce que Washington DC proteste contre une ingérence électorale aussi évidente venant d’autres pays.

    Moon of alabama – Le 16 mai 2019

    Source : Le Saker Francophone

    Tags : Etats-Unis, Russie, Donald Trump, Vladimir Poutine, élections présidentielles,

  • L’Allemagne refuse d’être une « colonie des États-Unis »

    « L’ambassadeur des États-Unis à Berlin Richard Grenell s’adresse à l’Allemagne comme si elle était une colonie américaine lorsqu’il s’agit du gazoduc Nord Stream 2 », s’est indigné Klaus Ernst, président de la commission du Bundestag pour l’économie et l’énergie.

    « Les déclarations de l’ambassadeur américain en Allemagne Richard Grenell sur la construction du gazoduc Nord Stream 2 laissent croire que l’Allemagne est une colonie des États-Unis, ce qui est inadmissible », a déclaré ce jeudi 16 mai Klaus Ernst, le président de la commission du Bundestag pour l’économie et l’énergie, cité par Sputnik.

    « Les Américains souhaitent vendre leur gaz sur le marché européen. Les mesures qu’ils entreprennent ne sont pas toujours agréables. Elles sont tournées non seulement contre les Russes mais aussi contre les Européens, par exemple contre les sociétés allemandes participant au projet Nord Stream 2. Les agissements de l’ambassadeur américain en Allemagne sont inadmissibles, on a l’impression que nous sommes une colonie des États-Unis », a indiqué M. Ernst, lors d’une conférence consacrée à la coopération gazière Russie-UE.

    Le parlementaire a, en outre, noté que le gaz naturel russe convenait mieux à l’Allemagne que le gaz liquéfié américain pour des raisons écologiques et en raison de son prix intéressant.

    En mars, le vice-président du Parlement allemand, Wolfgang Kubicki, du Parti libéral-démocrate, avait proposé d’expulser l’ambassadeur des États-Unis pour ses propos concernant les dépenses militaires de Berlin. Selon M. Kubicki, le diplomate « se comporte comme un haut-commissaire d’une force d’occupation ».

    En janvier, M. Grenell a envoyé des lettres à plusieurs sociétés allemandes, les menaçant de sanctions en réaction à leur soutien au projet de gazoduc Nord Stream 2. L’Allemagne a considéré les déclarations de l’ambassadeur comme un « cas d’ingérence » dans ses affaires intérieures.

    Le Nord Stream-2 est un gazoduc long de plus de 1 200 km qui doit relier la Russie à l’Allemagne en passant sous la mer Baltique. Sa mise en service est programmée pour la fin 2019. Le gazoduc aura une capacité de transfert de 55 milliards de mètres cubes par an. Le projet est réalisé par la société russe Gazprom, en coopération avec les groupes européens Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall.

    Selon Sputnik, les États-Unis ont plusieurs fois menacé d’adopter des sanctions contre le projet Nord Stream 2 et ses participants européens, tout en faisant la promotion de son gaz naturel liquéfié dont le prix est plus élevé que celui du gaz russe.

    Source : PressTV,

    Tags : Allemagne, Etats-Unis, Nord Stream-2, Russie, gazoduc, Gazprom,

  • La folie de mener une guerre contre l’Iran…

    …alors que c’est la Chine et la Russie qui la gagneront

    Par Moon of Alabama – Le 15 mai 2019

    La tactique d’induire la peur en menaçant d’une attaque contre l’Iran continue de plus belle. Bolton se tape sur les cuisses de constater la facilité avec laquelle il peut jouer de cette menace qui ne repose sur rien. Il s’oppose simplement à toute négation d’une prétendue « menace de la part de l’Iran » en en rajoutant. Hier, un général britannique a nié l’existence d’une telle menace dans la zone relevant de sa responsabilité :

    « Non – il n’y a pas de menace accrue de la part des forces soutenues par l’Iran en Irak et en Syrie », a déclaré le Cdt Christopher Ghika, commandant adjoint de l’opération Inherent Resolve (OIR), la coalition responsable des opérations antiterroristes contre État Islamique en Irak et en Syrie, dans un briefing vidéo, selon le Guardian.
    Aujourd’hui, Bolton a fait croire le contraire en ré-augmentant le niveau verbal autour de cette menace imaginaire :

    L’ambassade des États-Unis en Irak affirme que le département d’État a ordonné à tous les agents non essentiels du gouvernement de quitter le pays immédiatement en raison des tensions croissantes avec l’Iran.

    L’alerte, publiée sur le site Web de l’ambassade mercredi, intervient après que Washington a déclaré la semaine dernière qu’il avait détecté de nouvelles menaces importantes ciblant les Américains et les intérêts américains de la part de l’Iran et de ses mandataires dans la région .
    Bolton est pour l’instant en train d’atteindre le résultat qu’il veut. Il remplit systématiquement l’espace public en parlant d’une « menace iranienne » qui est pourtant inexistante. Si cette menace est établie dans l’esprit du public par sa répétition constante, elle sera utilisée pour l’habituel incident sous faux drapeau qui servira à justifier le déclenchement d’une guerre contre l’Iran.

    Le pouvoir de Bolton pourrait cependant en prendre un coup. Les couteaux sont tirés contre lui et il y a des rumeurs disant qu’il risque d’être viré :

    Deux sources familières avec la question m’ont dit que le chef du Conseil de sécurité nationale du président Donald Trump se dirige vers la sortie, après s’être approché trop près du soleil pendant ses tentatives de changement de régime en Iran, au Venezuela et en Corée du Nord. « On entend dire que Trump veut qu’il parte », m’a confié un ancien haut fonctionnaire de l’administration.
    Bolton – et peut-être aussi Trump – veulent une guerre contre l’Iran parce que Bibi Netanyahou l’a demandé, parce que l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) [anti-iranienne] et les sionistes l’ont payé pour la faire, et parce qu’il pense pouvoir la faire sans que cela nuise aux États-Unis.

    C’est sur ce dernier point qu’il se trompe complètement. La guerre contre l’Irak a détruit la position des États-Unis en tant que » seule superpuissance « . La Russie a profité de l’après-guerre pour revenir au Moyen-Orient tandis que la Chine a gagné du temps pour renforcer sa position en Asie. La superpuissance autrefois unique n’est plus qu’un primus inter pares avec la Chine et la Russie. Une guerre américaine contre l’Iran diminuerait encore sa position. La Chine et la Russie se retrouveraient toutes deux avec une position accrue dans le monde tandis que les États-Unis en seraient les grands perdants.

    Voici pourquoi :

    Hier, le New York Times a publié les options que le Pentagone avait présentées à la Maison-Blanche pour une guerre contre l’Iran. L’une d’elle est l’option des 120 000 soldats, option qui n’a aucun sens :

    Ce nombre est trop élevé pour une attaque aérienne et maritime et trop faible pour une attaque terrestre, c’est-à-dire une invasion de l’Iran.
    Newsweek dit maintenant que l’option des 120 000 soldats n’est qu’un prélude à une invasion de l’Iran :

    Les responsables du Pentagone ont déclaré à Newsweek que, si ils étaient déployées, les 120 000 soldats américains joueraient un rôle de soutien logistique et de mise en place de l’infrastructure nécessaire pour pré-positionner les forces américaines en vue d’une éventuelle invasion terrestre. Les 120 000 hommes initialement prévus s’intégreraient dans un afflux supplémentaire de forces américaines envoyées dans la région.
    Ces « fonctionnaires du Pentagone » ne sont pas des « fonctionnaires militaires », c’est-à-dire des soldats. Ils ne semblent pas savoir de quoi ils parlent. Une invasion et une occupation d’un pays montagneux comme l’Iran nécessiteraient plus d’un demi-million de soldats, juste pour commencer. Même une invasion des seules zones riches en pétrole de la côte ouest de l’Iran et de sa frontière avec l’Irak nécessiterait une force d’environ 300 000 hommes. Sans préparation, l’armée américaine ne sera pas en mesure de soutenir une opération d’une telle envergure pendant plus de deux ou trois mois.

    Et envahir par où, s’il vous plaît ? L’Irak ne permettrait certainement pas aux forces américaines d’attaquer son voisin depuis son territoire. Une invasion par mer est impossible à cause des eaux confinées du golfe Persique, de l’absence de dragueurs de mines et d’autres équipements maritimes.

    Les gens qui parlent d’une telle guerre connaîtront une grave désillusion :

    Une source du Pentagone a déclaré à Newsweek que si quelque chose devait se produire concernant les premières étapes d’une guerre contre l’Iran, cela impliquerait une lourde campagne de missiles guidés pour tenter de conduire Téhéran à la table des négociations dès le début.

    « Cela dépend de l’escalade de la force. Mais quelle que soit la bravade du côté iranien, quand on se fait frapper avec 500 missiles par jour, cela vous décourage, ce qui est l’objectif. Quand votre adversaire est découragé, vous tirez le meilleur parti de n’importe quelle négociation », a déclaré un responsable au courant des plans contre l’Iran.
    Il était une fois un Saddam Hussein, manipulé par les États-Unis et les pays arabes du Golfe, qui avait des idées similaires. Lorsqu’il a attaqué l’Iran en 1980, il pensait qu’il allait s’emparer de la province du Khuzestan, riche en pétrole, en un mois ou deux. Après la révolution islamique de 1979, l’armée iranienne était en désarroi. Beaucoup d’officiers avaient été congédiés ou étaient partis. L’Iran était soumis à un embargo mondial sur les armes alors que l’Irak bénéficiait du soutien de toutes les grandes puissances. La guerre n’a pas pris quelques mois. Il a fallu huit ans, l’utilisation d’armes chimiques contre des villes iraniennes, une vaste opération américaine contre la marine iranienne et plus d’un million de morts au total, des deux côtés, pour que l’Iran soit prêt à accepter un cessez-le-feu. En fin de compte, la frontière a été rétablie dans son état d’avant-guerre. L’Irak a presque fait faillite à cause de la guerre et c’est la raison pour laquelle il s’est emparé plus tard du Koweït et a dû en subir les conséquences.

    A la lumière de cette histoire, il est risible de croire que l’on « tirerait plus de profit de négociations » avec l’Iran en lançant chaque jour 500 missiles sur ce pays.

    Et qu’en est-il des capacités de représailles de l’Iran ? L’Iran possède sa propre flotte de missiles et de drones. Elle dispose d’une force mandataire bien équipée au Liban et ailleurs. Chaque missile de croisière touchant Téhéran peut être contré par un missile lancé sur Tel Aviv. L’Iran bénéficierait également du soutien de la Chine et de la Russie, qui peuvent lui fournir toutes les armes dont il a besoin à travers la mer Caspienne, tandis que les États-Unis manqueraient d’alliés compétents.

    Les missiles iraniens peuvent frapper n’importe quel pays du Moyen-Orient qui accueille des forces américaines. Ils peuvent cibler les usines de dessalement saoudiennes, les raffineries des Émirats arabes unis et divers ports d’expédition de pétrole. Les prix de l’énergie grimperaient en flèche. Les récents incidents près du port de Fujairah aux Émirats arabes unis et l’attaque des oléoducs est-ouest saoudiens n’ont probablement pas été causés par l’Iran. Mais ils donnent un avant-goût de ce que les capacités asymétriques de l’Iran pourraient accomplir.

    Les « responsables du Pentagone » devraient relire leurs exposés sur l’exercice nommé Millenium Challenge qui simulait une attaque américaine (bleue) contre l’Iran (rouge) :

    Au début du MC’02, pour justifier l’exigence d’attaque par effraction, les bleus ont lancé au rouges un ultimatum en huit points, dont le point final était la reddition. Le chef de l’équipe rouge, Van Riper, savait que les dirigeants politiques de son pays ne pouvaient l’accepter, ce qui, selon lui, conduirait les forces bleues à intervenir directement. Comme l’administration de George W. Bush avait récemment annoncé sa « doctrine de première frappe », Van Riper décida que dès qu’un groupe aéronaval de la marine américaine s’aventurerait dans le Golfe, il « frapperait en premier ceux qui veulent frapper en premier » et donc frapperait le premier. Une fois les forces américaines à portée de tir, les forces de Van Riper ont déclenché un barrage de missiles à partir de lanceurs au sol, de navires commerciaux et d’avions volant à basse altitude et sans communications radio pour réduire leur signature radar. Simultanément, des essaims de vedettes rapides chargées d’explosifs lancèrent des attaques kamikazes. Le système radar Aegis du groupement tactique de transport – qui suit et tente d’intercepter les missiles entrants – a été rapidement saturé, et dix-neuf navires américains ont été coulés, dont le porte avions, plusieurs croiseurs et cinq navires amphibies. « Tout était fini en cinq, peut-être dix minutes », a expliqué Van Riper.
    L’incapacité des faucons de guerre à apprendre de l’histoire est tout à fait remarquable :

    Firing line avec Margaret Hoover – @FiringLineShow- 20:14 utc – 14 mai 2019

    Le sénateur @TomCottonAR explique à Firing Line qu’en cas de guerre contre l’Iran, il est convaincu que les États-Unis gagneraient, et gagneraient rapidement. « Deux frappes, la première et la dernière », dit le sénateur. (vidéo)
    Nous avons déjà entendu de tels propos :

    « Je crois que démolir le pouvoir militaire de Hussein et libérer l’Irak sera un jeu d’enfant. » Ken Adelmann, 13 février 2002, Washington Post

    « L’idée qu’il s’agira d’une longue, longue, longue bataille est démentie par le fait de ce qui s’est passé en 1990. Cinq jours, cinq semaines ou cinq mois, mais ça ne durera pas plus longtemps que ça. » Donald Rumsfeld, 15 novembre 2002, CBSNews

    « Ce sera une guerre de deux mois, pas une guerre de huit ans. » Bill Kristol, 29 mars 2003, CSPAN

    La guerre contre l’Irak serait une affaire courte et simple, disaient les imbéciles à la Tom Cotton. On disait aussi que cela ne coûterait presque rien. Seize ans plus tard, après un million de morts, deux – ou trois – mille milliards de dollars dépensés et une énorme crise économique, les États-Unis se battent toujours en Irak.

    Il n’y a pas de guerres courtes ou bon marché. De par sa nature même, la guerre est imprévisible, coûteuse et ne se termine presque jamais comme on le souhaite.

    John Bolton plaide depuis longtemps en faveur d’une guerre contre l’Iran. S’il obtient ce qu’il veut et pousse les États-Unis à lancer une guerre, les deux parties y perdront. Il y aura aussi beaucoup de dommages collatéraux dans plusieurs autres pays du Moyen-Orient, et d’autres conséquences graves que nous ne pouvons pas encore prévoir.

    Ce qui est sûr, c’est que les plus grands gagnants d’une telle guerre, et peut-être les seuls, seront la Russie et la Chine.

    L’opposition Démocrate aux États-Unis semble avoir peu de temps pour s’opposer à une autre guerre au Moyen-Orient. Ils sont toujours occupés avec les restes du Russiagate. Mais n’est-il pas évident que Poutine utilise en ce moment la fameuse vidéo « golden shower » [en faisant chanter Trump] pour le pousser dans une guerre contre l’Iran dont profitera la position de la Russie dans le monde ? Que font-ils pour empêcher cela ?

    Moon of Alabama

    Le Saker Francophone

    Tags : USA, Etats-Unis, Iran, menace de guerre,

  • Pour sortir du guêpier saharien, le Maroc invoque les rabbins

    Parmi les expressions populaires très utilisées se trouve « ne plus savoir à quel saint se vouer ». Cependant, cette expression n’est pas applicable qu roi roi du Maroc. Il a des centaines de saint d’un genre très particulier : les rabbins. Il les honore constamment avec ses « wissam » et il a Mème demandé leur bénédiction, selon une vidéo publiée sur Youtube. Il a même épousé une femme des Bennani, une famille d’origine juive convertie à l’Islam.

    Dans ses opérations de lobbying, le Maroc s’appuie ses relations tissées depuis des années avec les lobby juifs aux Etats-Unis, le pays « porte-plumes » des résolutions du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental qui constitue l’essence de la diplomatie marocaine en vue d’affirmer son occupation de ce territoire riche en ressources naturelles.

    Les Etats-Unis, c’est aussi le pays qui a bousculé la politique marocaine qui, jusqu’à présent, s’accomodait, à l’aide de la France, du statu quo.

    En effet, Washington a tapé sur la table pour dire qu’il faut mettre fin au financement à une mission de paix présente sur le territoire du Sahara Occidental depuis 28 ans sans rien faire.

    A cela s’ajoute que la détermination de la population autochtone n’a pas bougé d’un iota et elle est prête à reprendre les armes si l’ONU jette l’éponge.

    Bien sûr, la situation est édulcorée par la presse jaune (pour ne pas dire rose) en vue d’entretenir le délire du peuple marocain sur cette terre qui ne lui appartient que dans les textes de la MAP et dans ses rêves les plus fous.

    Cependant, il y a un détail qui ne trompe pas sur l’état de désespoir du Makhzen dans ce contentieux et c’est l’invocation des liens du Maroc avec le judaïsme. Dernièrement, ce thème est quotiennement invoqué par la presse marocaine dans le cadre d’une campagne lancé par le roi en personne deux semaines avant l’adoption de la résolution 2468(2019) lorsqu’il et même Mohammed VI a demandé le 16 avril la construction d’un nouveau musée juif.

    A titre d’exemple, nous citons les titres suivants :

    13 mai : « Egoz ou le drame du « hrig » des juifs du Maroc » Le site Zamane rappelle l’histoire du bateau qui a coulé avec des juifs à bord qui fouillaient l’enfer du Maroc (Zamane)

    12 mai : Rapporte qu’un pèlerinage juif est organisé chaque année à Essaouira par le grand rabbin David Pinto, autour de la tombe du grand rabbin Rabbi Haïm Pinto. Un véritable moment de recueillement et de retrouvailles pour toute la communauté juive marocaine en provenance des quatre coins du monde (Le Matin)

    11 mai : Le statut des juifs marocains pendant le Protectorat (Discovery Morocco)

    8 mai : Plus de 2000 Marocains ont visité Israël en 2018 (H24)

    7 mai : [+212] De l’importance de redonner un visage à la diaspora juive marocaine (Huffpost)

    3 mai : Une exposition à Bruxelles met en exergue la cohabitation millénaire entre Juifs et Musulmans au Maroc (L’observateur du Maroc)

    2 mai : André Azoulay : « Musulmans et Juifs au Maroc ont cultivé une mémoire partagée, devenue le fondement de leur destinée et de leur identité contemporaine» (Le Matin)

    30 avr : Maroc : ce que pense la communauté israélite des élections de ses membres (Marocains du monde)

    29 avr : Canada: La communauté juive marocaine célèbre la Mimouna à Toronto (MAP)

    20 avr : Le roi ordonne la tenue des élections des Instances représentatives des communautés juives du Maroc – Des élections non tenues depuis 1969 (Huffpost)

    16 avr : Mohammed VI la construction d’un nouveau musée juif (le360)

    Tags : Maroc, Mohammed VI, lobbying, Sahara Occidental, Etats-Unis, rabbins, ONU, MINURSO,

  • Les Gardiens de l’État de guerre

    Une analyse des secrétaires à la guerre et à la défense des États-Unis (dont le nom a été changé de secrétaire à la guerre à secrétaire à la défense en 1947) nous donne un aperçu de la nature des relations au sein du « complexe militaro-industriel ». Bien que ces secrétaires ne soient pas les seuls gardiens de l’État de guerre et de bien-être (et peut-être même pas les plus importants), ils jouent un rôle crucial dans la coordination entre les sociétés collectivistes, à la recherche de rente, et les partis politiques et leurs programmes largement sociaux-démocrates.

    Sur 41 secrétariats depuis 1900, nous comptons 39 personnes, dont deux ont servi deux fois sous deux présidents distincts. Ces 39 secrétaires venaient de 19 États seulement. La grande majorité d’entre eux venaient de la côte atlantique. Il est frappant de constater que 41 pour cent de ces secrétaires à la défense et à la guerre venaient de seulement trois États : New York, Pennsylvanie et Ohio. En élargissant un peu notre réseau géographique, nous obtenons les deux tiers des secrétaires. Certes, ces trois États étaient très peuplés, mais pour l’ensemble de la période, leur pourcentage moyen de la population américaine serait inférieur à 20 pour cent. De plus, très peu venaient des grandes villes. Les secrétaires de New York étaient beaucoup plus susceptibles de venir de Clinton (Elihu Root) ou de Glen Falls (Robert Patterson) que de New York. Il s’agissait principalement d’enfants de petites villes de l’ouest de la Pennsylvanie, du nord de l’État de New York et des districts voisins.

    Peut-être moins surprenant, 52 pour cent ont fréquenté les institutions de l’Ivy League (certains d’entre eux seulement les écoles professionnelles à l’Ivies). Parmi les Ivy Leaguers, 11 étaient des secrétaires républicains, 10 démocrates. Pourtant, malgré l’élite de l’éducation, la plupart des secrétaires venaient de la classe moyenne et, dans plusieurs cas, de milieux nettement inférieurs de la classe moyenne.

    Pas tous, bien sûr. Robert Lovett (sous Truman) était un descendant de l’argent de l’Union Pacific (donc lié à un couple d’empires bancaires). Elliott Richardson (sous la direction de Nixon) était issu d’une famille de Boston Brahmins au sang bleu. William Howard Taft (sous la direction de Theodore Roosevelt) était issu de la puissante famille Taft de l’Ohio de Cincinnati.

    Leurs biographies montrent que, du moins en résumé, même les plus atypiques des 39 ne s’éloignent pas trop du portrait suivant, une sorte de secrétaire de guerre de type idéal.

    Notre modèle de secrétaire à la guerre ou à la défense est une personne de l’ouest de la Pennsylvanie. Il vient d’une classe moyenne solide qui permet à ce garçon brillant et travailleur d’obtenir une éducation en Ivy League, très probablement à Yale. Il écrit ou édite l’une des publications du collège. Depuis que notre homme est à Yale, il est recherché par une société secrète, et il entre, disons, dans Skull and Bones (le plus fréquent, bien que d’autres soient représentés), côtoyant là les familles et les fortunes d’élite.

    S’il y a une guerre après l’université, notre homme fera un court séjour dans l’armée. Il étudiera ensuite le droit à Harvard, puis travaillera pour un cabinet d’avocats ou une banque d’investissement. Entrer dans la politique étatique ou nationale, il occupera plusieurs postes législatifs ou exécutifs.

    Notre homme idéal – et ce sont tous des hommes – serait certainement au Conseil des relations étrangères (après 1922). Après avoir servi pendant trois ou quatre ans comme secrétaire à la guerre ou à la défense, notre homme reviendra aux « affaires », presque certainement à la banque d’investissement. (C’est vrai dans presque tous les cas, même pour ceux qui n’étaient pas banquiers avant.) Il a également été membre d’un grand nombre de conseils d’administration, a occupé des postes consultatifs et a entretenu d’autres liens avec l’industrie de l’armement. Et il serait en contact avec les mondes des deux groupes de travail gouvernementaux et des grandes fondations libres d’impôt (Fondation Ford, Rand, etc.) et entretiendrait des liens étroits avec Lehman Brothers, Morgan, Jacob Schiff et Goldman Sachs.

    Maintenant, laissez-moi vous dire qu’il y a beaucoup de variations accidentelles dans la piscine. Intéressants, en plus. Un secrétaire à la guerre avait deux descendants (petit-fils et arrière-petite-fille) qui seraient mis en nomination pour un prix académique (George Dern, un des secrétaires de guerre de la FDR). Un secrétaire de la défense a servi deux fois et entre-temps a rejoint les grandes entreprises pharmaceutiques et a obtenu avec succès l’approbation de l’aspartame (Rumsfeld) par la FDA. Un secrétaire à la guerre a créé la Coupe Davis en tennis (Davis). Deux secrétaires étaient auparavant colocataires de l’université (Rumsfeld et Carlucci). Et l’un des secrétaires de guerre de Roosevelt était un strict non-interventionniste (Woodring) !

    Comme nous l’avons mentionné, seuls quelques-uns des secrétaires venaient de l’argent et des privilèges anciens : en général, ces hommes ne sont pas les maîtres des marionnettes banquières obscures ni les capitalistes vicieux de l’imagination, mais plutôt les fils de fermiers, d’avocats de petites villes et d’instituteurs dont les ambitions les ont conduits à des postes influents. En effet, certains ont exercé une influence énorme sur les politiques : pensons à Stimson, McNamara et Rumsfeld, par exemple. Certains beaucoup moins. Il n’y avait pas de vrais Metternichs ou Richelieus parmi eux, pas de « cochers d’Europe » pour ainsi dire. Ils étaient plutôt de hauts fonctionnaires de l’État de guerre et de bien-être. Et, il faut le dire, des individus travailleurs, intelligents et capables.

    Tout ce travail acharné a été consacré à l’acquisition de matériel de guerre, à son approvisionnement auprès des sources privilégiées, à la mise sur pied d’organisations de défense américaines afin de mettre en œuvre les plans militaires du président et de ses conseillers. Peut-être même s’assurer que les destructions infligées seraient telles que la reconstruction rapporterait des bénéfices aux secteurs et aux entreprises les plus favorisés par la suite. Ces secrétaires fournissent certainement l’un des liens sécurisés entre la politique et les niveaux supérieurs de prise de décision des « sages ».

    Je suggère que ce profil spécifique peut être crucial pour le processus politique de négociation d’accords entre les parties, l’administration, la haute finance, l’armée et la fabrication d’armes – en substance le complexe militaro-industriel. L’imperium moderne, pas moins que l’état du Roi Soleil, a besoin de gestionnaires hautement qualifiés, au tempérament égal et à la loyauté totale. La « démocratie » d’aujourd’hui – en partie du théâtre, en partie de la thérapie, en partie de l’oligarchie – peut servir de bizarreries et d’originaux comme secrétaires d’État, sénateurs et présidents. Mais les secrétaires à la défense, machines cruciales de l’État de guerre perpétuelle, sont des pièces finement affinées d’une marque spécifique.

    Entre parenthèses, et sans attribuer de signification particulière, j’observe une tendance à la différence de style partisane entre nos ministres de la défense. Le parti démocrate a eu tendance à choisir un peu plus de secrétaires désynchronisés que le parti républicain. De plus, quelques autres secrétaires démocrates venaient de l’extérieur du Triangle des Bermudes (de New York, de Pennsylvanie et de l’Ohio) des secrétaires de guerre.

    D’autre part, il est également vrai que la défense est la position du cabinet qui traverse probablement le plus souvent les lignes de parti, comme dans le cas du secrétaire Hagel. Il est clair que, parfois, ces tuteurs sont tout simplement interchangeables.

    Les deux partis politiques ont bien sûr servi de front à l’élite de l’État, au système de l’État de guerre et de bien-être. L’apparition de tensions entre les deux parties en matière de guerre a été théâtrale à bien des égards, bien que de nombreux participants soient, sans aucun doute, de vrais croyants. Pourtant, ces idées doivent être transmises dans le contexte d’une véritable activité guerrière agressive des deux parties lorsqu’elles sont au pouvoir.

    L’interface indispensable entre les partis, les entreprises et les élites est gardée par une classe spéciale de loyalistes, généralement des individus extrêmement brillants, de statut familial et social modeste, choisis par l’élite étatique pour faire ce travail, puis récompensés en conséquence. Quand on regarde ces hommes et ces fonctions, il est difficile d’imaginer comment il pourrait en être autrement.

    Hunt Tooley est président du département d’histoire de l’Austin College. Il a obtenu son doctorat en histoire à l’Université de Virginie. Il est l’auteur de The Great War : Western Front et Home Front.

    Ses articles et critiques ont paru dans des revues savantes comme History Teaching Review Yearbook, Canadian Review of Studies in Nationalism, The Independent Review, Central European History, Journal of Libertarian Studies, Quarterly Journal of Austrian Economics, American Historical Review et History : Critiques de Nouveaux Livres.

    Cet article provient de Mises.org

    Traduit par Dr.Mo7oG (toute reprise de cette traduction se doit de citer la source de cet article)

    ACTIVISTPOST

    Source : No Signal Found

    Tags : Etats-Unis, guerre, Pentagone,

  • Quand Boukhari Ahmed demandait un « cessez-le-feu » pour les violations des droits de l’homme

    Nous sommes le 8 juin 2007. Nommé à ce poste en juin 2005 par Koffi Annan, le néerlandais Peter Walsum assume depuis deux ans son poste d’Envoyé Personnel du Sg de l’ONU pour le Sahara Occidental.

    Le représentant du Front Polisario auprés des Nations Unies à l’époque, Boukhari Ahmed est convoqué par l’ambassadeur américain à New York en vue d’inviter les sahraouis à participer aux négociations avec le Maroc.

    Boukhari a déclaré que le Polisario sait qu’il ne sera pas une tâche facile d’arriver à un résultat qui satisfera les deux parties, mais qu’essayer de s’engager est une meilleure option que de ne rien faire.
    Boukhari a ajouté qu’il espérait que les pourparlers pourraient au moins entraîner un « cessez-le-feu » dans les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental. Dans ce sens, il a exprimé le souhait du Polisario de pouvoir obtenir un large soutien de la communauté internationale.

    Questionné sur les positions du dénommé « Groupe d’Amis du Sahara Occidental », Boukhari a dit carrément que le Polisario ne fait pas confiance aux Espagnols, qui, selon eux, jouent un double jeu, affirmant qu’ils sont pro-Polisario tout en étant pro-français dans les coulisses.

    Quinze ans après, le Maroc continue sa politique de répression avec le soutien de la France et des Etats-Unis dans le but d’imposer la solution d’autonomie qu’ils ont proposé en vue de défendre les intérêts de leur allié. Une position qui renforce l’impasse imposée par le Conseil de Sécurité et qui a poussé Van Walsum à la démission.

    Source : Wikileaks

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Etats-Unis, France, Groupe d’Amis du Sahara Occidental, droits de l’homme,

  • Pour les américains, le Maroc n’est pas un pays sûr

    Pour les Etats-Unis, il est très probable que les endroits touristiques au Maroc soient l’objet d’attentats terroristes. Par conséquent, Washington appelle ses ressortissants à faire preuve de « prudence » et « vigilance ».

    Selon des médias marocains, qui citent une note du Département d’Etat américain, les citoyens américains désirant visiter ces jours-ci le royaume chérifien ont été invités à observer une «prudence accrue» en raison vue la possibilité de voir ces endroit ciblés par des terroristes.

    Le Département d’État américain prévient que les terroristes n’avertissent pas lorsqu’ils vont commettre leurs méfaits, rappellant que les lieux touristiques, les centres commerciaux et les établissements administratifs sont autant des cibles privilégiés des actes terroristes.

    En publiant ces notes sécuritaires, les Etats Unis emboîtent ainsi le pas à la France et au Royaume-Uni qui avaient déjà appelé leurs citoyens en partance pour le Maroc à la «plus grande vigilance», notamment à la suite de l’assassinat de deux touristes scandinaves dans la région de l’Atlas par des terroristes se revendiquant du groupe autoproclamé Etat islamique (Daech/EI).

    Tags : Maroc, Etats-Unis, terrorisme, Daech, Etat Islamique, Département d’Etat,

  • Le Conseil de Sécurité maintient la pression sur la France et le Maroc

    Dans le but de contourner le principe d’autodétermination incessament invoqué par les résolutions du Conseil de Sécurité, la France et le Maroc se sont retranchés derrière le statu quo avec l’espoir de mater la résistance des sahraouis. Depuis le debut du mois d’avril ils se battent pour le renouvellement d’un mandat de 12 mois pour la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Mais Paris et Rabat se sont heurtés à la position ferme et unanime des membres du Conseil de réduire ce mandat à 6 mois.

    Selon le site What’s in Blue, qui suit de prés les activités de l’organisme onusien, « il semble que la plupart des pays s’accordent implicitement pour dire que la pression supplémentaire d’un renouvellement de six mois a permis au processus politique de progresser progressivement. Certains ont suggéré de tenir une discussion de fond sur les avantages et les inconvénients de la durée du mandat ».

    « Le projet de résolution inclut des références à la dynamique accrue du processus politique. Un membre a voulu incorporer un libellé appelant à «des gestes de bonne foi» de la part des parties, mais l’Envoyé personnel Horst Köhler avait exhorté le Conseil à le réclamer publiquement, mais cela a été jugé trop sensible et n’a pas été inclus dans le projet. (Des exemples de tels gestes pourraient être les visites de la famille ou les efforts visant à déminer le territoire) » ajoute la même source.

    Le Maroc a procédé dernièrement à la vente de la société Saham à un holding sudafricain. Rabat a agi ainsi dans le but de ralentir le soutien de Pretoria à la cause sahraouie. Après avoir organisé une conférence de solidarité avec le peuple sahraoui dans laquelle le président sudafricain, Cyril Ramaphosa a déclaré que la situation des Sahraouis « est un fléau pour la conscience humaine, d’autant plus qu’il y a trois décennies que la résolution 621 de l’ONU appelait à un référendum », l’Afrique du Sud vient de prouver qu’elle est loin de lâcher les sahraouis. Au Conseil de Sécurité, l’Afrique du Sud a cherché à poussé les membres du Conseil à mieux expliquer les mesures de confiance et les efforts visant à engager les partenaires dans ce sens. Pretoria et d’autres membres ont critiqué le caractère déséquilibré du projet de résolution américain qui prête à confusion.

    Selon le site What’s in Blue, lors des débats du Conseil sur le Sahara Occidental, l’idée de prendre des mesures pour remplacer la MINURSO par une mission politique spéciale (MPS) a été mise sur table. « Aucun autre détail n’est connu, mais ce concept pourrait entrer en jeu lors du prochain renouvellement du mandat de la MINURSO en octobre », a-t-il ajouté.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, ONU, MINURSO, Etats-Unis, France, Afrique du Sud,

  • Sahara Occidental: Washington réclame un mécanisme des droits de l’homme

    Les tractions se poursuivent au Conseil de sécurité des Nations unies dans l’espoir de trouver un compromis sur le projet de résolution sur le mandat de la Minurso présenté par les États-Unis. Cette fois-ci Washington ne s’est
    pas limité au maintien de la réduction du mandat de la Minurso, mais a demandé la mise en place d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.

    Cela a provoqué un véritable blocage, selon le compte rendu présenté jeudi par le ministre des Affaires étrangères marocain au Conseil de gouvernement. Le communiqué rendu public par les services de Saâd-Eddine El Othmani indique que Nasser Bourita a expliqué que “la gestion de la Minurso et la promotion de certaines idées et projets improductifs” se rapportant à l’avenir de la mission onusienne, bloquent le projet de résolution américain.

    Il fait allusion aux difficultés que rencontre le Maroc pour faire face, une nouvelle fois, à la proposition des États-Unis de mettre en place un mécanisme indépendant chargé de la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.

    Une source diplomatique marocaine à New York a déclaré au média marocain Yabiladi à propos du déroulement des négociations autour du projet de résolutions, qu’“elles sont difficiles mais les nouvelles en provenance du siège des Nations unies convergent plutôt vers une issue satisfaisante pour le royaume.

    Parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, Rabat peut compter sur le soutien et la compréhension de trois États : la France, la Chine et la Russie”. La me même source a souligné que le “mécanisme” réclamé par les États-Unis, et ayant fait l’objet de la visite à Rabat de David Hale, et mentionné par Antonio Guterres dans son rapport, pourrait être remplacé par des visites régulières dans les villes du Sahara de délégations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

    Mais tout dépendra de l’issue des tractations et des pressions exercées par les soutiens du Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU sur la mission américaine, qui aura surpris plus d’un en présentant un projet de résolution prenant en compte la question des droits de l’homme.

    Jusque-là, la France, qui avait toujours réussi à éluder cette question des débats, y parviendra-t-elle cette fois-ci encore ?

    Merzak Tigrine

    Liberté, 20 avr 2019

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, ONU, MINURSO, Horst Kohler, Etats-Unis, France,

  • Israël/Arabie ont précipité la chute d’El-Béchir

    Le conseil militaire de transition soudanais a reçu presque dès sa création le soutien appuyé de Riyad et d’Abou Dhabi. C’est certain que sans le Soudan l’Arabie saoudite perdra le sud de son territoire. Les militaires soudanais ont d’ailleurs aussitôt renouvelé leur soutien à la guerre génocidaire en cours contre le Yémen et ont dit vouloir se battre aux côtés du régime saoudien contre les Yéménites. Au fond rien de nouveau sous les cieux de Khartoum. Un pion tombe et un autre le remplace, néanmoins en ce qui concerne le volet yéménite de la question, estime l’analyste iranien du Yémen, Jafar Qanad Bachi.

     » Car, voyez-vous, les médias « mainstream » n’en parlent guère mais l’un des motifs de contestation anti-El-Béchir a été l’implication de plus de 25 000 militaires soudanais au Yémen, militaires répartis sur différents fronts dont celui de Hudaydah et dont les pertes ne cessent de s’accroître. Une implication que Béchir a organisée et alimentée jusqu’au dernier jour de son règne sans qu’il en soit payé de retour. Puisque ni Riyad ni Abou Dhabi n’ont tenu leur promesse d’aide économique quitte à provoquer une détérioration rapide et profonde de la crise économique, ce qui a d’ailleurs joué en défaveur du pouvoir et a déclenché le mouvement de contestation », précisé cet analyste iranien.

    Et de poursuivre :  » A vrai dire en promettant argent et appui financier à El- Bechir sans que ces promesses soient respectées, l’axe saoudo-émirati a poussé El-Béchir vers l’abyme. Ce faisant, cet axe a bien rendu service à Israël et aux Etats-Unis qui depuis la scission du Soudan et l’indépendance du Sud-Soudan (projet entièrement israélien) ne cessent d’aller de déboire en déboire dans leurs projets de conquête des richesses pétrolières sud-soudanaises ».

    Selon al-Binna, ce serait Riyad qui aurait poussé son allié Béchir vers la porte. Mais pourquoi?

    Et l’auteur d’écrire :

    En effet, depuis la scission du sud-Soudan et la disparition de la manne pétrolière des caisses d’État soudanais, la situation économique s’est mise à détériorer. El-Bechir aurait pu y résister si ce n’était pas son opportunisme inné qui le poussait à changer tout le temps de camp et à manger à tous les râteliers. Car, la population soudanaise est profondément anti-israélienne. Celle-ci se rappelle encore les missiles tirés en 2011 par Israël contre Port-Soudan au large de la mer Rouge, perpétrés pour cause de lien à cette époque, entre Khartoum et la Résistance palestinienne et le Hezbollah. Pour une majorité de Soudanais, le projet de scission des régions du Sud avec en toile de fond la liquidation du Grand Soudan et le détournement de ses richesses pétrolières ont été l’écho de cette alliance, hélas, éphémère, mais bien ancrée au sein de la population avec la Résistance.

    S’il est vrai qu’el-Béchir a tenté par la suite de se rattraper et de colmater le vide en se rapprochant de la Russie, en allant même jusqu »ouvrir les portes de son pays à l’industrie nucléaire et à la marine russe, ce rapprochement n’a pas suffi à ce que son régime puisse surmonter l’épreuve des sanctions et des privations. Surtout que parallèlement à son divorce avec la Résistance, il s’est en tête de se rapprocher du FMI et de contacter des près auprès de cet outil colonial. Son pire erreur aura été d’envoyer les effectifs de l’armée à titre de grotesques mercenaires tuer et se faire tuer au Yémen. Et là aussi il a péché par étroitesse de sa vision stratégie. Pour l’heure le conseil militaire de transition cherche tant bien que mal à maîtriser la situation. Mais ses premiers gestes ne promettent rien de bon. Il vient d’annoncer que le Yémen resterait engagé aux côtés de Riyad dans ce qu’il convient de qualifier d’enlisement saoudien au Yémen. et puis il y a ce fameux Deal du siècle et l’idée d’un Israël étendu de l’Euphrate au Nil. Le régime de Tel-Aviv attend son heure pour s’emparer aussi de ce fleuve stratégique et ce, à l’aide des Américains. Les Soudanais devront être bien vigilants ».

    PressTV

    Tags : Soudan, Arabie Saoudite, Yémen, coalition arabem Iran, Etats-Unis, Israël,