Étiquette : Etats-Unis

  • Média américains: deux poids deux mesures sur Hong Kong

    Les médias américains manient le deux poids deux mesures dans leurs reportages sur Hong Kong, selon un quotidien suisse

    GENEVE, 5 janvier (Xinhua) — Les médias américains manient le deux poids deux mesures dans leurs reportages sur Hong Kong, selon un article publié récemment par un quotidien suisse.

    Les médias occidentaux qui n’ont pas de correspondants à Hong Kong ont tendance à user de « demi-vérités », par exemple des extraits vidéo de quelques secondes qui sont tronqués ou remontés, comme base pour leurs reportages, a dénoncé Matthias Müller, l’auteur de l’article, qui rapporte depuis Beijing pour le quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

    Il a observé qu’une étude récemment menée par le groupe américain de surveillance des médias Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR) a comparé les reportages et le choix des mots du New York Times (NYT) et de CNN sur les manifestations au Chili, en Equateur, à Haïti et à Hong Kong en Chine.

    FAIR est parvenu à la conclusion sans surprise que le nombre de reportages effectués par ces deux médias américains sur Hong Kong est beaucoup plus important que ceux consacrés aux manifestations dans les pays d’Amérique latine, bien qu’il y ait eu dans ces pays-là beaucoup plus d’arrestations, de blessures et de décès au cours des dernières semaines.

    C’est « une indication de la distorsion de leurs reportages », précise le journal.

    « La question reste de savoir pourquoi ces deux médias américains (le NYT et CNN) continuent de glorifier les ‘manifestants pro-démocratie’ en dépit des preuves d’une violence excessive », interroge le journal, ajoutant qu’ils n’ont pourtant pas hésité à étiqueter les manifestants violents au Chili et en Equateur comme « émeutiers », « pyromanes » ou « pillards ».

    Ainsi, le NYT et CNN se rendent un mauvais service, à eux-mêmes ainsi qu’à d’autres médias occidentaux, avec leurs reportages orientés. Il devrait être de leur devoir de rapporter les événements de manière objective et critique sur la base des faits, conclut le journal.

    Xinhua

    Tags : Hong Kong, Etats-Unis, médias, presse,

  • L’Iran reconnaît avoir abattu l’avion ukrainien par « erreur » et explique ce qui s’est passé

    Trois jours après le crash de l’avion d’Ukrainian Airlines: l’Iran a reconnu ce samedi 11 janvier avoir abattu le Boeing 737 par « erreur » et a présenté ses excuses. Ses responsables militaires ont expliqué les conditions qui ont abouti à l’erreur humaine.

    Le vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International (UAI) s’est écrasé de nuit à l’ouest de Téhéran, très vite après son décollage. Les victimes sont essentiellement des Irano-Canadiens, mais aussi des Afghans, des Britanniques, des Suédois et des Ukrainiens.

    Guide: Un lourd fardeau

    Le guide suprême d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a ordonné aux forces armées du pays de remédier à toute « négligence » et exhorté à faire le nécessaire « pour éviter la répétition d’accident pareil », selon un communiqué publié samedi sur son site internet.
    « Après avoir consulté les résultats de l’enquête qui a conclu à une erreur humaine, j’ai senti un lourd fardeau sur mon dos en raison de la catastrophe due à la perte des passagers dans cet accident triste », a-t-il dit dans le texte. Présentant ses condoléances aux familles des sinistrés et sa pleine solidarité avec elles.

    Rohani: Une erreur impardonnable

    L’Iran regrette « profondément » ce crash, « une grande tragédie et une erreur impardonnable », a déclaré le président iranien Hassan Rohani.
    « L’enquête interne des forces armées a conclu que de manière regrettable des missiles lancés par erreur ont provoqué le crash de l’avion ukrainien », a-t-il rapporté sur Twitter.

    Zarif: Aventurisme américain

    Plus tôt, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif avait déjà exprimé des « excuses », tout en déplorant une « erreur humaine en des temps de crise causée par l’aventurisme américain (qui) a mené au désastre ».
    « Placées au plus haut niveau d’alerte pour répondre aux éventuelles menaces » américaines, les forces armées iraniennes avaient expliqué plus tôt que l’appareil avait été pris pour un « avion hostile ». « Le responsable » de cette erreur va être traduit « immédiatement » en justice, a ensuite précisé l’état-major.

    Etat d’alerte maximale

    Ce grave incident s’est produit à un moment où les forces armées iraniennes étaient en état d’alerte maximale. Elles avaient 5 heures plus tôt, procédé à une spectaculaire frappe balistique contre la plus grande base américaine en Irak, Aïn al-Assad. En riposte à l’assassinat de son chef de la force al-Quds du Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran, le général Qassem Soleimani, dans un raid américain à proximité de l’aéroport de Bagdad en Irak.

    Des avions américains

    Le site en ligne francophone de la télévision iranienne Press TV a rapporté les conditions qui ont abouti à cette erreur humaine, citant des sources militaires iraniennes.

    Dans les heures qui ont suivi la frappe, les forces américaines ont multiplié des vols militaires, près des frontières aériennes de l’Iran. Selon des informations communiquées aux unités de défense antiaériennes, rapporte Press TV, peu avant l’incident du Boeing 737, certains centres militaires stratégiques du pays avaient été approchés par des avions de combat ennemis, ce qui a redoublé la sensibilité des unités de la DCA.

    Toujours selon le site francophone de la télévision iranienne, le communiqué de l’état-major met en relief une « énorme anomalie » qui a « leurré » le système de défense antiaérienne de la capitale et fait croire à « l’approche d’un avion ennemi vers un centre militaire sensible » et partant, a causé, la « tragique erreur humaine».

    « Dans cette conjoncture délicate et critique, le vol 752 de la ligne aérienne ukrainienne a décollé de l’aéroport Imam Khomeiny. Au moment où l’avion faisait demi-tour, il est passé pour un appareil militaire qui se dirigeait tout droit vers un centre militaire ultra-sensible des gardiens de la révolution, d’autant plus qu’il se trouvait en altitude et en position d’un appareil ennemi », explique le communiqué.

    Et d’ajouter : « Malheureusement, une erreur humaine a eu lieu et l’avion a été pris pour cible d’une manière non intentionnelle»,

    Chef du CGRI: J’aurai préféré mourir

    Amirali Hajizadeh, un général des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, a endossé la responsabilité du drame, dans une déclaration à la télévision iranienne.
    « J’aurais préféré mourir que d’assister à un tel accident », a-t-il dit, ajoutant que le missile avait explosé « à côté de l’avion ».

    Russie: Tirer les leçons

    Un haut responsable russe a appelé Téhéran à tirer les leçons de son erreur.
    « Si le déchiffrage des boîtes noires et les travaux de l’enquête ne prouvent pas que l’armée iranienne a fait cela intentionnellement et qu’il n’y a pas de raisons logiques à cela, l’incident doit être clos. Avec l’espoir que les leçons seront tirées et des mesures prises par toutes les parties », a déclaré le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Konstantin Kossatchev.

    France : la leçon est de mettre un terme à l’escalade

    «Les leçons que nous devons tirer de cette séquence dramatique que nous avons vécue depuis maintenant plusieurs jours, depuis la fin de l’année 2019, c’est qu’il faut mettre un terme à cette escalade», a poursuivi la ministre française.

    Position canadienne et ukrainienne

    Jeudi, le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait estimé qu’il ne s’agissait pas d’un accident. « Nous avons des informations de sources multiples » qui « indiquent que l’avion a été abattu par un missile sol-air iranien », disait-il. « Ce n’était peut-être pas intentionnel ».

    Pour sa part, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Vadym Prystaïko avait souligné que les enquêteurs ukrainiens bénéficiaient de la « coopération entière » de Téhéran.

    Selon l’AFP, l’Iran avait invité Boeing, le constructeur américain de l’avion, à participer à l’enquête, ainsi que les Américains, les Canadiens, les Français et les Suédois à observer les méthodes de travail suivies par les Iraniens dans cette affaire.

    Almanar

    Tags : Iran, Etats-Unis, Ukraine, Boeing, avion, vol,

  • Irak arrête des suspects responsables de la fuite de données sur Suleimani aux États-Unis

    La sécurité irakienne arrête des suspects responsables de la fuite de données sur Souleimani aux États-Unis

    Qassem Suleimani, commandant de la Force Quds d’Iran, est tombé martyr tôt vendredi dernier, avec le sous-commandant des Unités de mobilisation populaire d’Irak (Al-Hashad Al-Shabi, en arabe), Abu Mahdi al-Muhandis et d’autres des combattants lors d’un assaut mené sur ordre direct du président américain Donald Trump, près de l’aéroport international de Bagdad.

    Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté trois employés de l’aéroport de Bagdad pour leur coopération présumée avec les États-Unis dans l’assassinat du général iranien Qassem Suleimani.

    HispanTV a rapporté que selon des sources proches du groupe enquêtant sur l’attaque, ces trois suspects avaient divulgué des informations détaillées sur les mouvements de Suleimani vers Washington, qui a volé le jour de l’attaque de Bagdad, la capitale irakienne, après un voyage à Damas, en Syrie.

    Suleimani, commandant de la Force Qods iranienne, est tombé martyr tôt vendredi dernier, avec le sous-commandant des Unités de mobilisation populaire d’Irak (Al-Hashad Al-Shabi, en arabe), Abu Mahdi al-Muhandis et d’autres combattants dans une agression menée par ordre direct du président américain, Donald Trump, près de l’aéroport international de Bagdad.

    Les données fournies par les employés étaient essentielles pour les États-Unis. a consommé son opération aérienne contre le haut commandement iranien et ses compagnons dans la capitale irakienne.

    L’enquête se concentre principalement sur les interrogatoires du personnel de l’aéroport et les hypothèses impliquées dans le bombardement meurtrier américain.

    À leur tour, les autorités syriennes ont lancé une enquête parallèle à l’aéroport international de Damas pour recueillir davantage d’indices.

    Le Premier ministre intérimaire irakien, Adel Abdul-Mahdi, a déclaré qu’il s’attendait à rencontrer Suleimani le jour de son assassinat.

    En réponse à ce crime, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) d’Iran a mené mercredi de fortes attaques de missiles contre des bases américaines en Irak, dans lesquelles le chef de file, l’ayatollah Sayyed Ali Jamenei, a décrit comme un simple « gifle « et non de vengeance.

    Selon des sources locales, les défenses antimissiles américaines n’ont pas réussi à intercepter un missile iranien tiré sur ses bases en territoire irakien et bien que la partie perse affirme qu’au moins 80 militaires américains sont morts, Trump a déclaré dans un message à la nation que il y avait des dommages entre les soldes.

    Après l’opération éclair de l’Iran, le président américain Il a retiré toutes ses menaces militaires précédentes contre le pays perse, bien qu’il ait affirmé qu’il n’y avait pas eu de morts dans l’offensive iranienne contre deux bases américaines.

    Al Mayadeen, 11 jan 2020

    Tags : Iran, Irak, Etats-Unis, Souleimani,

  • Iran-USA : Tout est bien qui donc finit bien ?

    Cinq jours seulement après le raid aérien américain qui a coûté la vie à Qassem Soleimani et à ses accompagnateurs irakiens, et peu de temps après son enterrement, les Gardiens de la révolution ont lancé des missiles balistiques sur deux bases américaines en Irak, l’une située dans la province d’el-Anbar et l’autre dans Irbil.

    La télévision iranienne a prétendu que ces tirs ont fait 80 morts et plusieurs dizaines de blessés dans les rangs des soldats américains, une information que personne n’a dû prendre au sérieux, peut-être pas même en Iran.

    Comme ces missiles ont parcouru une longue distance avant d’arriver en vue de leurs cibles, les systèmes de défense américains n’ont dû avoir aucune difficulté à les intercepter, pour ceux qui sont arrivés sur leurs objectifs ou dans leur proximité.

    Le jour d’Algérie, 10 jan 2020

    Tags : Etats-Unis, Iran, Trump, Khameneï,

  • Iran, Trump: nous étions prêts à frapper. La Chambre limite ses pouvoirs de guerre

    Mais la mesure n’est que symbolique, pour la Maison Blanche elle est « ridicule »

    (ANSA) – NEW YORK, 9 JANVIER – « Nous étions prêts » à réagir et à frapper l’Iran, mais « nous n’y sommes pas allés ». Donald Trump explique à ses partisans, lors de la première réunion de 2020, ce qui s’est passé le soir de l’attaque iranienne contre deux bases militaires en Irak qui abritent des troupes américaines. Il le fait peu de temps après que la Chambre a donné son feu vert à la résolution qui limite ses pouvoirs de guerre, interdisant toute intervention en Iran sans l’approbation du Congrès.

    La mesure proposée par les démocrates a recueilli le soutien de trois républicains. Mais c’est une mesure symbolique: elle est en fait non contraignante et ne réussira guère l’examen du Sénat. La Maison Blanche rejette la mesure la qualifiant de « ridicule »: le président a « le droit et le devoir de défendre le pays et ses citoyens », a déclaré le porte-parole Hogan Gidley, qualifiant la résolution d’ »autre décision politique » des démocrates en plus de impeachment. « Les démocrates devraient être irrités par les crimes commis » par le général iranien Qassem Suleimani « et non par sa mort ». La dose de Trump à Toledo, Ohio, augmente avant que son peuple ne chante « encore quatre ans ». Après une brève interruption causée par certains manifestants démis de leurs fonctions par la suite, le président salue les forces armées américaines, les « plus fortes du monde », et définit Souleimani comme un « terroriste assoiffé de sang » qui avait visé les ambassades américaines, non seulement celle de Bagdad.

    « Quand ils m’ont parlé des 16 missiles » lancés contre les bases en Irak , nous étions prêts à partir. J’ai demandé combien de morts et de blessés il y avait, personne n’a été informé et nous n’y sommes pas allés. « Pas que je voulais y aller », explique le président . « Nos forces armées sont les plus puissantes du monde. Ceux qui nous menacent le font à leurs risques et périls », ajoute-t-il, envoyant un message indirect à l’Iran.

     Critiquant l’accord nucléaire iranien, Trump se distancie davantage de la dernière administration. « Elle poussait le monde vers la guerre – dit-il -, maintenant nous sommes sur la voie de la paix ».

    Tags : Etats-Unis, Iran, Donald Trump, Khameneï, missiles,

  • WikiLeaks : quand Algériens et Marocains se confient sur le Sahara occidental

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution, à en croire les télégrammes obtenus par WikiLeaks et révélés par « Le Monde ».

    Par Jean-Pierre Tuquoi Publié le 03 décembre 2010 à 22h59 – Mis à jour le 04 décembre 2010 à 14h37

    Le conflit au Sahara occidental, né il y a une quarantaine d’années, n’est pas près de trouver une solution. Les positions sont trop éloignées, les rivalités trop profondes, les procès d’intention trop nombreux entre les deux principaux protagonistes: le Maroc, qui occupe le Sahara occidental en dehors de toute légalité internationale, et l’Algérie sans l’appui de laquelle le Front Polisario, favorable à un référendum pour fixer l’avenir de l’ancienne colonie espagnole (indépendance ou rattachement au Maroc), aurait le plus grand mal à exister.

    La position algérienne est clairement exprimée dans le compte-rendu d’une audience (d’une durée de 3 heures 30) accordée en mai 2007 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika à Frances Fragos Townsend, la conseillère du président Bush pour les affaires de sécurité, obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde.

    « Si je pouvais résoudre le problème je le ferais, affirme le président algérien. Mais je ne peux pas parler à la place des Sahraouis . » Ce qu’il faut c’est que « le Maroc et le Polisario trouvent une solution, et ils peuvent le faire avec l’aide des Américains ».

    Les Français, confiera-t-il à une autre occasion, « du fait du poids de leur histoire coloniale au Maghreb, sont incapables de jouer un rôle constructif dans le conflit ». D’ailleurs, ajoute-t-il, « la France n’a jamais vraiment accepté l’indépendance algérienne ». Pour lui, elle tente de régler ses comptes avec l’Algérie « en appuyant le Maroc ».

    LE JUGEMENT DE M. BOUTEFLIKA SUR LE ROI DU MAROC

    Un an plus tard, en février 2008, recevant un diplomate américain, changement de registre. Le président algérien dénonce « le plan d’autonomie » voulu par Rabat à la place du referendum d’autodétermination. Celui-ci n’offre qu’un semblant d’autonomie. Les provinces algériennes en ont d’avantage vis-à-vis d’Alger, soutient M.Bouteflika.

    Puis, au fil de l’entretien, le président algérien se laisse aller: il comprend que les Marocains se sentent menacés par la perspective d’un Sahara occidental indépendant mais, dit-il, ils sont les premiers responsables de la situation. Au lieu de faire preuve d’une approche « élégante » en acceptant une indépendance du Sahara occidental qu’ils auraient pu « contrôler » ou « superviser », ils veulent « un Anschluss, comme Saddam Hussein avec le Koweït ». S’ils n’avaient pas été aussi maladroits, les Marocains « auraient pu obtenir ce qu’ils voulaient », assure le président algérien à son hôte.

    L’année suivante, en novembre 2009, devant le chef du commandement américain pour l’Afrique (Africom), le général William Ward, le chef de l’Etat algérien revient à la charge. Selon lui, le projet d’autonomie est à rejeter. « Vous ne pouvez pas défendre l’application d’un principe pour la Palestine et un autre principe pour le Sahara occidental », fait valoir le président algérien.

    Le jugement négatif de M. Bouteflika sur le roi du Maroc n’est pas fait pour arranger les choses. Autant le président algérien apprécie Moulay Rachid, le frère du roi (« On a plaisanté et discuté agréablement » à l’occasion d’une rencontre à Séville, en Espagne) autant le courant ne passe pas avec Mohammed VI. « Il n’est pas ouvert, et manque d’expérience », se plaint-il. Pour M. Bouteflika, aucun dialogue n’est possible entre lui et le roi du Maroc.

    LES APPRÉCIATIONS SÉVÈRES DES MAROCAINS

    Côté marocain, la suspicion n’est pas moindre. Non pas que Mohammed VI se confie un tant soit peu aux très rares interlocuteurs américains qu’il reçoit. Mais ses proches le font pour lui. Or, ils sont sévères dans leur jugement. Selon leur lecture, la clé du dossier du Sahara occidental se trouve non pas à Tindouf, où siège les indépendantistes du Polisario, mais à Alger. Là-bas, expliquent-ils en juin 2009 au représentant personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, le pouvoir est toujours entre les mains de généraux dogmatiques, incapables de bouger et « pétrifiés » à l’idée du plan d’autonomie présenté par Rabat.

    Faut-il miser sur le temps et attendre qu’une nouvelle génération soit aux commandes en Algérie pour résoudre le conflit au Sahara occidental ? Certains conseiller du roi en sont convaincus, mais pas le chef des services de renseignements extérieurs, Mohamed Yassine Mansouri. Dans un « mémo » du printemps 2008, il se dit convaincu qu’un changement de génération « pourrait compliquer la situation ». « L’ancienne génération qui a créé le problème est la mieux placée pour le résoudre », dit-il à son interlocuteur américain.

    Dans un télégramme de juin 2009, le même Mansouri confie que Rabat a demandé au président français Nicolas Sarkozy de faire en sorte « de n’être pas perçu, comme par le passé comme aussi pro-marocain sur le Sahara occidental ».

    C’était aussi le cas de l’administration Bush, « qui apparaissait trop favorable au Maroc ». A l’équipe diplomatique du président Obama, le patron des services d’espionnage fait observer qu’ »il ne serait pas très judicieux d’abandonner ses vrais amis au profit du pétrole ».

    Jean-Pierre Tuquoi

    Le Monde, 3 déc 2010

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Wikileaks, Etats-Unis, ONU,

  • L’Amérique, de l’unilatéralisme au terrorisme d’Etat : l’hyperpuissance s’affranchit du droit et de la raison

    par Abdelhak Benelhadj

    L’assassinat par un drone américain du général iranien Qassem Soleimani est un pas de plus conforme à une évolution entamée dès l’entame des années 2000, avec la réaction américaine à la destruction des Twin Tower en Afghanistan contre les talibans et en Irak contre le régime de Saddam Hussein.

    Récapitulation

    Au début des années 1990, l’effondrement de l’union Soviétique va laisser place à une « hyperpuissance » qui se pose au cœur d’une large coalition internationale dont elle prend la direction.

    L’opération « Tempête du désert » en janvier 1991 a été déployée dans le cadre d’une mission des Nations Unies avec une participation très large d’une « communauté internationale » qui admet à ce que le monde « bipolaire » est terminé.

    Ce faisant, Washington reconnaît les institutions internationales dans l’exacte mesure où elle est convaincue qu’elle en prend le contrôle avec le consentement peu ou prou du reste du monde.

    Mais dès le début des années 2000, cette conviction disparaît pour laisser place au doute. La disparition de B. Eltsine, le retour de la Russie d’un Poutine qui veut redonner à son pays une fierté perdue et l’émergence de la Chine comme puissance dominante sur le plan économique, commercial et technologique, virtuellement première à l’horizon 2030-2040, place l’Amérique sur la défensive.

    Les deux mandats Obama ne sont qu’un intermède trompeur qui cache ce que révèle la gouvernance Trump.

    De nouveau, les institutions internationales deviennent un handicape dont les Etats-Unis vont définitivement s’affranchir pour les remplacer par leur propre droit et leur propre justice auxquels, par la force, ils soumettent indifféremment adversaires et partenaires.

    L’exécution du général iranien Soleimani relève de ce droit que la Maison Blanche se donne sans en référer à personne d’autre qu’à elle-même. Pas même au peuple américain et à ses représentants.

    Non seulement les Etats-Unis ne quêtent plus l’agrément des Nations-Unies, mais en outre ils ne cherchent même plus à se poser en arbitres. « Avec nous ou contre nous » lançait en 2003 G. W. Bush à l’adresse de ceux qui s’opposaient à sa guerre en Irak, entreprise sans mandat, en dehors des Lois et Conventions internationales.

    Au bellicisme et à la mauvaise foi D. Trump ajoute un cynisme pragmatique.

    Pour contourner l’aval du Congrès, il recourt au qualificatif de « terroriste » pour désigner le général iranien afin de se couvrir juridiquement en invoquant les lois antiterroristes votées en 2001. Ces dispositions lui donnent toute liberté d’agir sans consulter le Congrès majoritairement démocrate.[1]

    Convenablement conseillé, et donc loin d’être le farfelu imprévoyant et fantasque que les médias se plaisent à décrire, D. Trump profite aussi du « flou » juridique international entourant l’usage des drones pour noyer d’éventuelles contestations dans des procédures aussi tortueuses, chronophages que dilatoires.

    Toutefois, contrairement à ses adversaires russes, chinois ou iraniens, le président américain, aussi rusé soit-il, s’imagine que la force dont il pense disposer le dispense d’intelligence.

    Stratégie contre-productive

    Depuis 1979 et la chute du Shah, les Etats-Unis commettent erreur sur erreur face à l’Iran des mollahs. Pas seulement : Washington est devenue une machine à se fabriquer des ennemis

    1.- Début décembre, des milliers de manifestants protestaient contre le régime. D. Trump avait alors accusé Téhéran d’avoir tué plus de 1000 manifestants par la répression « brutale » de la contestation qui a éclaté mi-novembre. Ce dissentiment n’est plus d’actualité grâce à l’opération américaine contre le général iranien. Cela renforce et conforte le pouvoir intérieur iranien.

    2.- La guerre qu’ils ont poussée l’Irak de Saddam Hussein à déclarer à son voisin en 1979 a renforcé Téhéran au lieu de l’affaiblir, permettant aux religieux de triompher de leurs adversaires politiques intérieurs et en consolidant leur mainmise sur la société iranienne.

    3.- En se débarrassant des Talibans en 2002, qui ont pourtant poussé les soviétiques à quitter l’Afghanistan, ils ont soulagé leurs frontières à Est. Et en détruisant S. Hussein et son régime, les Américains ont servi sur un plateau d’argent le pouvoir aux chiites irakiens qui aujourd’hui basculent dans les bras de l’Iran.

    4.- De plus, en abandonnant leurs frères syriens, les Américains mécontentent les Kurdes irakiens et perdent leur confiance. A supposer qu’ils l’aient eue un jour se souvenant d’avoir été abandonnés par B. Clinton début 1990.

    5.- Pour en revenir à l’actualité, l’attaque américaine pousse les Irakiens dans les bras de leurs voisins. Même Moqtada al-Sadr traditionnellement opposé à l’Iran se rallie à lui contre l’Amérique. Les médias ont minoré le fait que l’attaque américaine a fait d’autres victimes : c’est le cas de l’Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis. Le 4 janvier, des dizaines de milliers de personnes, dont le Premier ministre Adel Abdel-Mehdi et des chefs du Hachd, ont participé à ses obsèques.

    C’est ainsi qu’après le parlement, le gouvernement irakien réclame officiellement le départ des troupes américaines (environ 5200 soldats stationnés en Irak) ce qui ruine tous les efforts laissant accroire à une présence militaire sollicitée par Baghdad.

    Cette demande a fait immédiatement réagir D. Trump qui menace de rétorsions les Irakiens et confirme de ce fait que la présence américaine est bel et bien un acte de violence exercé sur un pays occupé contre sa volonté depuis 16 ans.

    « S’ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n’en ont jamais vu auparavant », a-t-il lancé.

    « Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire. Nous ne partirons pas s’ils ne nous remboursent pas ! », a-t-il martelé.

    D. Trump oublie juste de préciser que les milliards de dollars dépensés sont des commandes adressées aux industries militaires américaines et n’ont que peu servi à l’Irak. N’est-ce pas après tout à cela que servent, pour l’essentiel, les guerres entreprises par les empires : créer des ennemis pour offrir des débouchés au système militaro-industriel ?[2]

    Le malheureux peuple afghan en paie le prix tous les jours depuis le XIXème siècle.[3]

    En 2017, les guerres d’Afghanistan, d’Irak et aujourd’hui de Syrie sont estimées cinq fois plus coûteuses que la première guerre mondiale, et deux fois et demie plus que la guerre du Vietnam. Les coûts, s’ils étaient consolidés, pourraient être bien supérieurs, certains chercheurs avançant des chiffres cumulés allant jusqu’à 12 000 milliards de dollars depuis 2001.

    12 000 milliards de dollars, c’est plus de 60 fois le PIB 2017 de l’Irak peuplé de 38 millions d’habitants.

    Pour le seul Afghanistan, de 2001 à 2017, les Etats-Unis ont dépensé plus d’argent que dans le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe après 1945. Un pays détruit et des centaines de milliers de victimes : jamais, s’il l’avait voulu, Saddam Hussein n’aurait pu se prévaloir d’un tel bilan.

    Quels peuples seraient tentés après ça de supplier les démocraties qui gouvernent le monde de venir les aider à se débarrasser de leurs dictateurs?

    L’annonce du vrai-faux départ des troupes américaines d’Irak a donné lieu à des confusions dont l’administration US a le secret.

    Datée du 06 janvier une lettre a été adressée au ministère irakien de la défense l’informant du prochain départ des forces américaines. Cette lettre, démentie aussitôt par le pentagone, n’est pas venue de n’importe qui. Elle est l’œuvre du général William H. Seely III chef du commandement américain en Irak.

    Après avoir tenté à plusieurs reprises de la déclarer fausse, les autorités américaines ont été contraintes d’en reconnaître l’authenticité, mais en affirmant qu’elle a été envoyée par erreur. Pourquoi donc a-t-elle été rédigée ?

    Comprenne qui pourra

    Dans toute cette pitoyable affaire l’Europe et en particulier la France ont brillé par leur absence, leur irrésolution et leur veulerie.

    Certains membres de la coalition procèdent dans la précipitation comme le Canada au déplacement leurs effectifs. Si l’Allemagne déménage en Jordanie et au Koweit une partie de ses soldats, au demeurant peu nombreux au Proche-Orient et n’occupent pas de fonctions militaires offensives[4], la France macronienne louvoie, donne l’impression d’hésiter, parfois même de critiquer mais finit par se ranger derrière un président américain qui ne manque aucune occasion de se gausser de son homologue français tout à son image et à sa communication et qui plastronne dans le vide.

    Mardi 07 janvier, elle, proclame hautement qu’elle n’a pas l’intention de retirer ses soldats déployés en Irak. Etrange hommage rendu à la mémoire d’un Général de Gaulle, dont la France commémore cette année le 50ème anniversaire de sa mort. Oubliée la condamnation par J. Chirac (disparu il y a peu) de l’agression américaine de l’Irak en mars 2003.

    Il est vrai que ces déclarations imprudentes sont inaudibles. Les Français ont d’autres soucis, confrontés depuis plus d’un an à une crise sociale majeure aggravée par une grève générale d’une durée record de plus d’un mois qui paralyse ses réseaux de communication et trouble ses activités économiques.

    A qui profite le crime ?

    Donald Trump s’est fait beaucoup d’ennemis en très peu de temps. Il conserve cependant un ami unique, avec lequel il partage son sort et son infortune.

    Le président américain, cela n’a échappé à personne, est en année électorale et toute dramatisation qui trouble le monde est à son avantage, selon le réflexe bien connu resserrant autour des dirigeants de leur pays les peuples en guerre.

    Le problème est qu’il est en conflit larvé avec son opposition démocrate qui veut le traduire devant les tribunaux pour des faits remontant aux conditions de son élection (il s’agit notamment de l’utilisation des services de l’Etat pour pousser l’Ukraine à discréditer un des ses adversaires). Cela au point qu’il est sous le coup d’une procédure d’impeachment.

    La situation de son compère israélien est aussi grave. Netanyahu n’arrive pas à se faire réélire. Le système électoral israélien (similaire à celui que la France a connu sous la IVème République) autorise toutes les magouilles et lui permet de retarder l’échéance.

    Sa situation est d’autant plus critique qu’il est menacé par la justice de son pays qui lui demanderait aussitôt des comptes s’il cessait d’occuper ses fonctions. M. Netanyahu joue sa survie politique après avoir été inculpé de « malversation », « abus de confiance » et « corruption ».

    Lui aussi a un intérêt particulier à ce qu’un environnement de crise persiste dans la région.

    Mais derrière ces vaudevilles, il y a des enjeux autrement plus préoccupants.

    Le 04 décembre dernier Benjamin Netanyahu s’est entretenu à Lisbonne avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo pour lui demander « d’accroître la pression » sur l’Iran.

    « Le premier sujet que je vais soulever c’est l’Iran, le deuxième aussi et le troisième aussi », disait-il obsédé par ce pays, juste avant l’entretien dans un hôtel de la capitale portugaise. « Nous avons la chance que le président Trump mène une politique cohérente de pression contre l’Iran »

    « Nous voyons l’empire iranien vaciller. Nous voyons des manifestations à Téhéran, à Bagdad et à Beyrouth. Il est important d’accroître cette pression », avait-il dit à son départ pour le Portugal, affirmant vouloir prolonger avec M. Pompeo une discussion téléphonique engagée dimanche 1er décembre avec M. Trump.

    « Nous avons discuté des efforts pour contrer l’influence déstabilisatrice de l’Iran dans la région (…) et d’autres sujets liés à la sécurité d’Israël », a résumé ensuite M. Pompeo sur Twitter.

    Poker menteur

    Certes, les réseaux sionistes influents aux Etats-Unis participent de manière décisive dans ces décisions. Mais on aurait tort cependant de déduire une dépendance totale et unilatérale de Washington à l’égard d’Israël. Tous deux ont des intérêts communs et étroitement imbriqués. Ce sont ces intérêts qui priment.

    Le paysage géostratégique régional n’a pas changé depuis 2010 et le début des événements de Tunisie. Le feu s’est étendu rapidement alors dans tous les pays, du Maghreb à la Syrie.[5]

    L’objectif principal des Etats-Unis et d’Israël et de neutraliser les influences russes et iraniennes dans la région. Ce pourquoi l’axe Hezbollah-Syrie-Iran est leur objectif principal.

    A l’évidence toutes les actions menées ont échoué.

    Toute la question est de savoir si Washington est disposé de faire monter les enchères et prendre des risques qu’il s’est jusque-là abstenu d’oser. L’Iran n’est pas du même calibre que l’Afghanistan, l’Irak ou la Syrie.

    Faire la guerre à l’Iran c’est ouvrir un front dans tout le Proche Orient : Liban, Irak, Syrie, Yémen… avec des impacts imprévisibles et incalculables sur toute la région et au-delà, avec notamment des flux de réfugiés massifs et incontrôlables qu’aucun « mur » ne saurait arrêter.

    Cela fragiliserait les « alliés », les pétromonarchies, l’Egypte, la Jordanie et tous les pays alignés sur Washington et compromettrait l’évolution en cours. Celle de ces pays du Golfe arabo-persique à l’Atlantique qui justement se rapprochent à reculons de l’Etat (désormais) « juif », à l’insu de leurs opinions publiques.

    Pour ce qui concerne le pétrole, il faut dire que la situation n’est plus celle du début ou de la fin des années 1970. Le paysage a beaucoup changé.

    Naturellement, le Proche Orient occupe une place de choix dans la production et l’exportation de l’énergie fossile. Cependant, la géographie des hydrocarbures s’est bien diversifiée.

    1.- l’Amérique est devenue le premier producteur mondial, grâce au pétrole de schiste (suivie par l’Arabie Saoudite et la Russie)

    2.- Elle ne dépend plus du pétrole saoudien

    3.- Il y a une surabondance de pétrole sur les marchés.

    L’économie mondiale a notablement réduit sa consommation d’énergie qui ne dépend plus seulement des hydrocarbures.

    Toutefois, tout événement dramatique a un impact immédiat sur les marchés. C’est d’autant plus dangereux que l’économie mondiale est assise sur un volcan financier débiteur de plusieurs milliers de milliards de dollars dont beaucoup de créances douteuses. Il est rare qu’une crise financière se produise en année électorale américaine. Mais les apprentis sorciers, illusionnés par les pouvoirs que confère la force militaire ne manquent ni d’imagination ni de capacités illimités de faire des bêtises.

    Notes :

    [1] Non pas, cela tombe sous le sens, que les Démocrates auraient été plus amènes envers l’Iran ou la Palestine. Les Américains savent depuis longtemps que rien de particulier ne distingue les Républicains de leurs adversaires, encore moins quand il s’agit de politique étrangère surtout à l’égard des pays du Proche-Orient où le parti pris en faveur d’Israël est proclamé de manière ostentatoire et provocante.

    [2] On se souvient des procès retentissants, aujourd’hui oubliés, contre les marchands de canons après l’élection de Roosevelt au début des années trente, les accusant d’avoir impliqué au regard de leurs seuls intérêts leur pays dans la première guerre mondiale.

    [3] L’armée américaine a trois fois plus d’employés militaires privés que de soldats en Afghanistan.

    [4] Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas avait reconnu que le retrait des troupes occidentales d’Irak était «une réflexion que nous devons tous avoir» au vu du contexte. «Car il n’y a aucun pays membre de la coalition anti-EI qui veuille rester en Irak s’il n’y est pas désiré», a-t-il ajouté, en référence au vote dimanche 05 janvier par le Parlement irakien d’une motion demandant le retrait de la coalition internationale du pays.

    [5] Cf. Abdelhak Benelhadj : « Pourquoi l’Amérique s’attaque à l’Iran ?». Le quotidien d’Oran, J. 16 mai 2019.

    Le Quotidien d’Oran, 9 jan 2020

    Tags : Etats-Unis, Iran, terrorisme,

  • USA-Iran :Un conflit qui a réussi à aligner les élites, mais qui ne cache pas toutes les différences

    TUNISIE – La stratégie de « pression maximale » exercée sur l’Iran par le président américain, Donald Trump, qui a commencé avec la rupture de l’accord nucléaire et a abouti au meurtre du puissant général Qassem Soleimani, représente à la fois une menace et une bénédiction pour le régime des mollahs. En même temps que leurs sanctions mettent à genoux l’économie du pays, qui s’est contractée de près de 10% selon le FMI, le harcèlement intense de l’ennemi officiel du pays au cours des quatre dernières décennies excite le nationalisme perse et provoque une fermeture des rangs autour du gouvernement des élites du pays et d’une grande partie de l’opinion publique.

    L’Iran, héritier de l’ancien et puissant Empire perse, est une nation fière de son passé. Son histoire mouvementée du XXe siècle est le résultat de trois vecteurs idéologiques: le « modernisme » – bien qu’il soit plus approprié de parler d ‘ »occidentalisme » -, l’islamisme et le nationalisme. Des trois, le seul capable d’unir la majorité de la société iranienne est le nationalisme, seul point commun entre le régime pro-américain de Sha Reza Pahlevi et la République islamique qui a été fondée par l’imam Ruhollah Khomeiny en 1979.

    Cette omniprésence du nationalisme iranien, au-dessus des profondes divisions idéologiques qui traversent la société iranienne, explique la foule qui s’est rassemblée ces derniers jours pour rendre hommage à Soleimani, le chef militaire le plus en vue du pays, un fait qui contraste avec la de nombreuses manifestations antigouvernementales récemment enregistrées.

    Dans un pays comptant des dizaines de prisonniers politiques, et donc sans enquêtes fiables, il est difficile de prendre le pouls de l’opinion publique. Probablement, une partie importante de la population iranienne s’est sentie humiliée par l’attaque américaine, sans vouloir dire qu’elle soutient le régime de manière transparente.

    Il ne fait aucun doute que le harcèlement des États-Unis a amené les élites politiques du pays, avec une histoire récente de dissidence, à resserrer les rangs. Depuis la mort du charismatique Khomeiny en 1989, la politique iranienne s’est structurée autour de la division entre «réformistes» et «conservateurs». Déjà sous la présidence de Mohammed Khatami à la fin des années 90, sa confrontation a atteint un haut degré d’acrimonie, mais son apogée a été en 2009, après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Les réformistes ont dénoncé l’ajustement des élections, qui a donné lieu à la soi-disant « Révolution verte », étouffée par le sang et le feu entre autres, les Gardiens de la révolution, l’organisme paramilitaire dirigé par Soleimani.

    « Sans aucun doute, le meurtre de Soleimani a uni les élites politiques de l’Iran et a déclenché la colère et la sympathie de millions d’Iraniens. Mais même l’idée souvent répétée que les Iraniens de toutes sortes sont désormais unis au régime, nécessite un examen minutieux. » Karim Sadjadpour, professeur iranien à l’Université de Georgetown, a écrit sur son compte Twitter qu’il se souvenait que Soleimani avait joué un rôle important dans la répression du mouvement kurde après la révolution islamique.

    L’unité renouvelée des élites politiques du pays se préparait depuis la rupture de l’accord nucléaire, un pari du président iranien Hassan Rohani, qui a provoqué une opposition frontale des secteurs conservateurs.

    Les nouvelles sanctions américaines, qui ont contrecarré la promesse du « réformiste » Rohani de relancer l’économie du pays, ont contraint le président à resserrer sa politique. Preuve en est sa réponse aux manifestations qui ont secoué le pays il y a quelques semaines: une répression brutale qu’un président faucon aurait pu parfaitement ordonner.

    Dans le contexte actuel, il semble difficile d’imaginer une nouvelle peur du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, qui a présenté en février dernier sa démission. Certaines sources soulignent qu’il aurait été en colère d’avoir été exclu des réunions avec le président syrien Bachar al-Assad lors de sa visite à Téhéran. Fait intéressant, l’un des principaux dirigeants de la politique iranienne dans le conflit syrien était Soleimani.

    Enfin, la démission de Zarif n’a pas été acceptée et continue de diriger la diplomatie iranienne. Sa langue a été aussi dure après l’attaque de Trump que celle de Khamenei ou Rohani. Aujourd’hui plus que jamais, les différences entre réformistes et conservateurs s’estompent, en expulsant du système un secteur de la société qui a opté pour une réforme progressive du régime et a participé à ses élections. Alors que les relations avec Washington coulent à flots, l’évolution interne de l’Iran est plus incertaine que jamais.

    Fuente

    Tags : Iran, USA, Etats-Unis, Washington, Téhéran, Irak, Donald Trump,

  • L’article de presse qui a coûté 20.000 dollars au Maroc

    Inutile de dire que les journalistes étrangers manipulés par le Makhzen sont gâtés au Maroc.  Les billets aller-retour sont aux frais de la DGED. Ils sont logés dans de luxuex hôtels où ils reçoivent des visites de jolies adolescentes payés pour le service. Ils sont même conviés aux trophées de gold organisés dans les palais de Mohammed VI.

    Parmi eux, le journaliste américain Richard Miniter, un blogeur qu’Ahmed Charaï a présenté comme un « grand journaliste d’investigation ».

    Dans un mail (voir image ci-joint), Miniter demande à Ahmed Charaï de ne pas oublier son « cadeau ». « S’il vous plaît, n’oubliez pas d’apporter mon cadeau (20 000 $) », dit-il. Et pour dire qu’il a bien mérité ce paiement, il a jouté : « J’ai reçu de nombreux appels de plusieurs membres du personnel du Congrès au sujet de l’article. J’espère que votre roi était très heureux et qu’il me donnera une distinction ».

    Voici une dépêche de la MAP sur l’article pour lequel Miniter a touché un chèque de 20.000 dollars:

    Les dirigeants du Polisario sont dans un déni de la réalité qui rappelle les derniers jours de l’Allemagne de l’est (Richard Miniter)

    Washington, 13 jan (MAP) – Les dirigeants du Polisario sont dans un « un déni de la réalité qui rappelle les derniers jours de l’Allemagne de l’est, dont les hauts fonctionnaires s’obstinaient à ne pas regarder la télévision ouest-allemande, ni à parler à leurs familles qui vivaient dans la prospérité de l’autre côté du mur de Berlin », relève le journaliste d’investigation US, Richard Miniter.

    « Les dirigeants du Polisario sont bien les seuls personnes dans les camps de Tindouf qui ne parlent pas au téléphone avec leurs familles au Maroc », note le journaliste dans un reportage sur les camps publié dans la version francophone du magazine US Foreign Policy, intitulé « La guerre la plus inutile ».

    Miniter cite, entre autres exemples, le cas du « représentant » des séparatistes à Washington, qui lui avait confié « avec tristesse qu’il n’avait pas vu son père depuis des décennies et qu’il ne lui sera pas possible de le faire étant donné que ce dernier est décédé dans un hôpital ultramoderne au Maroc », ajoutant que ce dirigeant séparatiste « sait qu’une visite au Maroc lui couterait son travail ».

    +Tindouf: un environnement où l’absence de pouvoir légitime fait le lit à l’anarchie+

    Le journaliste US, qui a dernièrement séjourné pendant une semaine dans les camps de Tindouf, décrit un environnement « livré à l’anarchie, dans lequel les dirigeants des séparatistes n’arrivent pas à assurer un semblant d’ordre, situation exacerbée par un manque d’infrastructures et par l’absence d’un pouvoir légitime ».

    Miniter souligne, dans ce cadre, qu’une simple visite dans les camps de Tindouf démystifie les revendications à une « autodétermination nationale » des dirigeants des séparatistes, expliquant que la caste dirigeante du polisario, y compris son chef Mohamed Abdelaziz, « a un intérêt économique à vouloir faire perpétuer le statu-quo, au détriment même des populations qui, elles, croupissent dans les camps ».

    « Si la guerre se termine à la faveur de la solution d’autonomie régionale, comme le propose le Maroc, les sommes d’argent conséquentes détournées des aides internationales (…) cesseront du jour au lendemain », explique encore l’auteur de l’article , en soutenant que l’Algérie, qui offre un abri sur son territoire au polisario, « a aussi un intérêt à faire perdurer le conflit du Sahara », dans sa quête « d’un semblant de leadership au Maghreb ».

    « Il y a fort à parier que l’argent, la politique et la crédulité sont pour beaucoup dans la perpétuation d’un conflit inutile », conclut Richard Miniter, également auteur de plusieurs ouvrages à succès sur la politique étrangère américaine.(MAP).

    Tags : Maroc, Lobbying, Richard Miniter, Etats-Unis, Front Polisario, Sahara Occidental,

  • Etats-Unis-Iran : Apocalypse à Aïn al-Asad!

    Un premier bilan recueilli sur place fait état de la mort de 80 militaires US…

    CNN le confirmait il y a peu : « l’Histoire nous le dira, le président Trump a perdu le Moyen-Orient ». L’attaque a eu lieu à 10.10 heures, heure de Téhéran, et les forces terroristes américaines continuaient à évacuer leurs morts et blessés, huit heures plus tard vers 10 heure, après que la première riposte militaire de l’Iran eut visé les troupes d’occupation US basés à Aïn al-Asad à l’ouest irakien. Un porte-parole de l’armée irakienne, joint par PressTV, affirme que l’évacuation des morts et des blessés américains continue toujours depuis la base américaine où les forces US ont lancé un appel de détresse aux hôpitaux irakiens. Les militaires américains, selon un porte-parole de l’US Army, « sont évacués à Bagdad » surtout que l’attaque a été « très intense ». Le porte-parole a également fait part de la présence des forces britanniques et canadiens sur la base alors que certaines informations depuis démenties par le ministère britannique des A.E. faisant état des morts et des blessés occidentaux et non américains.

    Selon le Renseignement du Corps des gardiens de la Révolution islamique, deux vagues de missiles tirés contre la plus importante base aérienne américaine à l’ouest d’al-Anbar se sont soldées par la mort d’au moins 80 soldats américains. Il s’agit de 15 missiles de haute précision dont aucun n’a raté sa ou ses cibles. Le bilan exact est à déterminer, au regard de la forte censure exercée par le Pentagone sur les médias.

    Al-Mayadeen qui confirme toujours le vol incessant des hélicoptères US sur la base à l’heure qu’il est midi passé en Irak, affirme que le commandement américain de la base a interdit aux forces irakiennes tout accès par crainte des fuites sur le vrai bilan des morts et des blessés. Cette tendance à occulter et à amoindrir le bilan des pertes a d’ailleurs un long précédent, les Américains ayant adopté la même approche au cours de la première Guerre du golfe Persique.

    Dans un communiqué publié ce matin, l’ambassade US aux Émirats arabes unis affirme que « tout est sous contrôle » et qu’il n’existe aucun changement dans la configuration sécuritaire des troupes US aux Émirats et dans la région ». Difficile d’y croire! Le rapport du renseignement du CGRI affirme : « Au moins 80 militaires américains ont été tués, 200 autres, blessés, les autorités de la base évacuant dans la hâte et la précipitation des blessés ».

    Et le rapport d’ajouter : » 20 points sensibles de la base ont été pris pour cible alors que toutes les composantes du complexe revêtent une importance stratégique pour les troupes d’occupation US. De nombreux hélicoptères et drones ont également été détruits. En dépit de l’alerte maximale pour les unités de la défense antiaérienne US, aucun missile antimissile n’a été tiré et donc aucune interception de la part des forces US n’a eu ». Le texte affirme que le Renseignement du CGRI a identifié « 104 cibles stratégiques américaines dans la région et que ces cibles se trouvent toutes dans la viseur ». « Au moindre agissement hostile des États-Unis, elles vont être frappées », dit le texte.

    Interrogé par les médias, le commandant en chef-adjoint du secteur « opérations militaires du CGRI, le général Nilforoushan apporte d’autres explications :  » les 15 missiles tirés ont frappé avec succès des objectifs très importants sur la base Aïn al-Asad, une base placée depuis 4 jours en état d’alerte maximal. Or aucun des systèmes radars ou DCA américains n’a été capable d’intercepter les missiles balistqiue du CGRI, ni même les faire dévier de quelques mètres que ce soit. Nos missiles se sont abattus avec précision sur les cibles d’où le nombre particulièrement élevé des morts américains. A vrai dire, nos missiles ont survolé deux bases où l’armée américaine n’a cessé de déployer ces deux derniers jours une impressionnante quantité d’armes, de munitions et de renforts. En effet, la DCA US était en état d’alerte maximum ce qui rend l’échec encore plus cuisant ».

    Quelques 4 000 militaires américains se trouvent toujours sur la base et leur présence est illégale depuis que le Parlement irakien a voté samedi le retrait des troupes US et ce, en représailles à l’attentat terroriste commis par les États-Unis vendredi 3 janvier et qui a coûté la vie au commandant en chef adjoint des Hachd al-Chaabi entre autres. C’est une base de 10 kilomètres de long soit autant que la Zone verte de Bagdad. En mars 2019, Donald Trump avait promis de « moderniser la base » moyennant « une somme de 3 milliards de dollars » et ce,  » dans l’objectif de mieux lutter contre le terrorisme ». Il semblerait que comme toujours ces dépenses sont inutiles.

    PressTV, 8 jan 2020

    Tags : Etats-Unis, Iran, Irak, Qassem Soleimani,