Étiquette : extrême droite

  • La carrière de Mélenchon, arrive-t-elle à sa fin?

    Carrière

    Par Faouzia Mahmoudi

    Jamais Jean-Luc Mélenchon n’avait été aussi critiqué par la classe politique française comme il est l’est depuis dix jours après l’atroce assassinat d’un professeur, Samuel Paty, par un terroriste islamiste. Cet acte de barbarie a fait l’effet d’un électrochoc sur toute une France traumatisée de voir le symbole de l’école touché de façon aussi sauvage. Ce crime horrible a aussi libéré la parole de nombreuses personnes, qui auraient été accusées d’islamophobie à s’attaquer, sans concession, à l’islamisme et aussi à ceux qui l’ont encouragé et soutenu.

    L’«islamogauchisme» dénoncé depuis des années par quelques personnalités, souvent ostracisées, est aujourd’hui évoqué par de nombreux ministres et personnalités de La République En Marche, de la droite et même de la gauche. L’un de ses plus célèbres représentants est depuis quelques années le chef de La France Insoumise, qui avait annoncé qu’il se prononcerait fin octobre sur une troisième candidature en 2022. Invité hier matin sur France Inter, le député de Marseille a répondu : «Je dois terminer de consulter beaucoup de gens qui m’importent et qui m’intéressent, sur ce que je dois faire», a-t-il expliqué, avant d’ajouter : «Et puis moi-même, j’ai beaucoup hésité, et j’hésite encore».

    Interrogé par un électeur sur la nécessité de faire l’union à gauche pour empêcher une victoire d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon a répliqué que cela n’était pas la bonne solution. «Si nous recommençons à penser qu’il suffit de se mettre d’accord sur des sigles, et après on fait un texte pour que tout le monde soit d’accord au rabais où il n’y a pratiquement rien dedans comme ça tout le monde est d’accord, on ne convaincra personne», a assuré l’ancien candidat.

    Le dirigeant de LFI a appelé à «créer une majorité d’adhésion sur des idées qu’on rassemble et qu’ensuite on applique». L’ancien candidat a notamment cité le passage à «la VIe République», «la planification écologique», «le partage des richesses». «Et à ce moment-là, on entraînera des millions de gens qui ont aujourd’hui l’intention de ne pas aller voter, ou de tout envoyer balader», a affirmé celui qui a été critiqué lourdement ces dix derniers jours pour ses accointances avec les milieux racialistes et indigénistes.

    Jean-Luc Mélenchon a toutefois certifié qu’il ne s’agissait pas, de son côté, «d’une affaire d’ego», lui qui est souvent qualifié d’«autocrate» par ses détracteurs. «Je vais avoir 70 ans l’été prochain, ma carrière n’est plus une préoccupation. De même, ma gloire, si vous me le permettez, est assurée par mes actes. Donc ce que je peux faire, c’est de me rendre utile», a-t-il proposé. Reste que son parti prend l’eau ces dernières années avec de plus en plus de partisans qui préfèrent se tourner parfois vers le Rassemblement National ou la gauche traditionnelle et surtout alors que les sondages sont très pessimistes sur sa réussite à la prochaine élection présidentielle.

    La fin de carrière de Mélenchon semble aujourd’hui vouée à finir tristement, entachée par ses trop nombreux accommodements raisonnables avec les indigénistes et les racialistes, qui, loin de lui apporter les électeurs qui lui manquaient pour faire la différence à l’échelle nationale, ont au contraire fissuré le parti d’extrême-gauche.

    Le Jour d’Algérie, 26 oct 2020

    Tags : France, Jean-Luc Mélenchon, Samuel Paty, Islam, islamisme, terrorisme, gauche, La République en Marche, Rassemblement National, Marine Le Pen, droite, extrême droite,


  • LFI : L’instrumentalisation de la mort de Samuel Paty à des fins politiques est indigne et abject.

    Chèr⋅e insoumis⋅e,

    Cette semaine a été ébranlée par l’assassinat de Samuel Paty, enseignant tué par un terroriste islamiste. Depuis, La France insoumise a fait l’objet de plusieurs attaques par des éditorialistes et des ministres macronistes qui tentent de nous imputer une responsabilité dans cet assassinat. Nous ferions preuve de « complicité intellectuelle » avec le terrorisme ! Nous aurions du sang sur les mains.

    Ces personnes instrumentalisent la mort de Samuel Paty à des fins politiques. C’est indigne et abject. Dans ces moments, notre devoir républicain est de faire preuve d’unité, comme l’a rappelé Adrien Quatennens sur France 2 : nous diviser, c’est rendre service aux terroristes islamistes et à l’extrême droite.

    Nous ne devons pas avoir honte de nos positions. Nous avons toujours proposé des solutions sérieuses pour vaincre le terrorisme islamiste et ne nous sommes jamais, nous, compromis avec les chefs de dictatures religieuses. À ceux qui veulent diviser les Français·es, nous répondons que nous serons toujours, dans toutes les occasions, les défenseurs du droit de croire ou ne pas croire, de la liberté d’expression, de la liberté de conscience.Vous nous trouverez toujours dans la cohérence. Car nous les insoumis·es nous refusons de trier. Nous refuserons toujours la haine et les tentatives de division du pays. Trier et diviser c’est l’agenda des terroristes et de l’extrême droite.

    Dans sa dernière note de blog, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur cette semaine noire où toute la scène médiatico-politique a été emportée par l’extrême droite en quelques jours et où nous avons été accusé de tous les maux.


    Source : Avec Marx, 24 oct 2020

    Tags : Samuel Paty, La France Insoumise, extrême droite, Islam, islamophobie, racisme,

  • Le roi du Maroc et Marine Le Pen ont le même conseiller

    Mohammed 6 (du Maroc) et Marine (de France) ont le même conseiller

    Vous avez sans doute remarqué que la tribu des Le Pen et Co tape à fond la caisse (et même parfois plus) sur les immigrés, mais jamais sur les gros bonnets dirigeants les états n’ayant rien à foutre de leurs peuples en désespérance.

    Le royaume du Maroc est l’un de ces états, grand exportateur de stupéfiants et de main-d’oeuvre à bas coût (légale ou pas) dont le patronat français raffole pour se faire du blé. Et vous avez aussi remarqué que la tribu précitée ne crie pas haro sur le poil de ce dit patronat.

    Bref, Mohammed 6 a pour conseiller Aymeric Chauprade, un français de souche comme disent ceux qui oublient que Clovis, notre premier roi chrétien, était d’origine germanique païenne. Auprès de Mohammed 6, Aymeric made in France est « expert du Royaume du Maroc pour le Sahara occidental », A ce titre, il a pu déblatérer à l’ONU en octobre 2013: « Les populations sahraouies du Sud du Maroc ont le droit à un avenir stable et au développement. Elles ont compris, dans leur très large majorité, que le Maroc pouvait offrir cet avenir ».

    Pour ceux qui ne suivent pas les affaires capitalistes en Afrique, le père de Mohammed 6 a annexé une grande part du Sahara occidental. L’Onu l’a condamné, mais contre la colonisation et les exactions envers les populations civiles, c’est ne pas demain que les casques bleus interviendront. Depuis 1976, le Polisario lutte pour recouvrer l’indépendance de son pays.

    Aymeric Chauprade était aussi enseignant en géopolitique dans les écoles de l’armée française. Mais sentant trop le cramé dans ses positions extrémistes, Morin, le ministre de la Guerre de Nicolas 1er, dut le virer. C’est dire la philosophie du lascar, sous l’Elysée dont un conseiller n’était autre que P. Buisson ex-journaleur à Minute.

    Marine, la fille de Jean-Marie chantre de la civilisation française en Algérie colonisée, vient de prendre le dit Aymeric dans son staff. Bon, il la conseillait officieusement depuis 4 ans. Mais à l’université d’été du Fn, il a parlé à la tribune en appelant au départ « ceux qui ne respecterait pas notre civilisation ». Il sera candidat aux Européennes.

    Voilà, tout est dit. Non, j’oubliais sur son blog, il aime très fort le sieur Poutine « artisan du redressement de la Russie ».

    Source : Le blog de Roger Colombier

    Tags : Maroc, Mohammed VI, Aymeric Chauprade, extrême droite, conseiller, Sahara Occidental, Marine Le Pen, 

  • Macron, l’amalgame regrettable entre les extrémistes islamistes et la religion musulmane pure !

    En France, avec la montée de l’extrême droite, certains hommes politiques en déclin et en mal de reconnaissance politique et médiatique trouvent en l’Islam et les musulmans de France leur exutoire ou leur nouveau bouc émissaire. Le président Macron parait s’égarer malheureusement sur le chemin de cette surenchère mortifère en faisant l’amalgame entre une poignée d’extrémistes en mal d’angélisme et l’une des plus importantes religions du monde, mais aussi en France, l’Islam.

    Il est en effet aberrant de réduire la grande civilisation musulmane et l’Islam à une seule forme de son expression marginale représentée par les agissements hideux et condamnables de certains extrémistes, et affirmer que « cette grande religion connait une crise mondiale ». Mal nommer les choses, comme disait Camus, c’est contribuer au malheur du monde. Un pas regrettable que le président Macron a franchi allégrement dans sa dernière conférence de presse, qui, en confondant l’Islam avec l’islamisme et plus encore avec le djihadisme terroriste, tombe dans le piège de Dae’ech.

    Car l’Islam véritable est aussi calme et serein comme le fond d’une mer immaculée ; il ne se reconnait pas dans les dérives extrémistes, comme d’ailleurs la religion chrétienne ; il s’y oppose fermement à ces dérives simplistes et violentes, en contradiction flagrante avec l’esprit de miséricorde qui est celui de l’Islam pur. N’est-ce pas , nulle part que dans l’Andalousie, sous l’égide de l’Islam, la coexistence des civilisations et des cultures n’a été aussi féconde ?

    Nous devons interroger notre mémoire commune et nous fonder sur les leçons de l’Histoire pour dégager une voie commune qui conjugue unité et diversité, loin du calcul politicien, de la xénophobie, du racisme et des humeurs passionnées ; mais aussi loin du tourbillon de la haine et du fanatisme de quelque acabit qu’il soit où la conscience se laisse bâillonner, impuissante, emportée par les doutes et les calculs immédiats de politique politicienne qui font que les convictions s’émoussent, les grandes valeurs républicaines de la France s’effritent.

    Docteur Abdallahi Ould Nem

    Source : Alwiam

    Tags : France, Macron, Emmanuel Macron, Islam, extrême droite, amalgame, musulmans, terrorisme, attentats, 

  • La doxa occidentale et la diabolisation de l’Islam

    «La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera.»

    André Malraux

    On assiste de nos jours en Europe à des tentatives lancinantes pour stigmatiser toujours et toujours la communauté musulmane, pour attiser les tensions, et semer la méfiance et la haine, tout cela accompagné par un contexte de crise qui ne fait qu’aggraver toutes les peurs. Tout ceci dans un contexte nébuleux de lieux communs concernant les préjugés contre l’Islam visant à ne présenter que le côté «fondamentaliste» propre à toutes les religions révélées. Les médias occidentaux acquis dans leur immense majorité à ce discours tendent graduellement vers une lepénisation des esprits par une doxa incantée comme une certitude. Qu’est au juste la doxa? Pour l’encyclopédie Wikipédia, la doxa est l’ensemble – plus ou moins homogène – d’opinions (confuses ou non), de préjugés populaires ou singuliers, de présuppositions généralement admises et évaluées positivement ou négativement, sur lesquelles se fonde toute forme de communication, sauf par principe, celles qui tentent précisément de s’en éloigner telles que les communications scientifiques et tout particulièrement le langage mathématique. La doxa (du grec äüîá, doxa, «opinion»), est, dans la philosophie de Parménide, l’opinion confuse que l’on se fait sur quelqu’un ou sur un aspect de la réalité, par opposition au vrai chemin d’accès à la vérité.

    L’Express a publié une enquête début 2006 sur la montée de l’Islam en Europe. L’un des points d’appui de cette enquête tourne autour de la position de Malraux vis-à-vis de l’Islam. Malraux lors de la campagne présidentielle en 1974 écrivait: «Politiquement, l’unité de l’Europe est une utopie. Il faudrait un ennemi commun pour l’unité politique de l’Europe, mais le seul ennemi commun qui pourrait exister serait l’Islam.» Cette position sans nuance a été affirmée bien avant l’idélogie des néoconservateurs aux Etats-Unis qui ont tout fait pour créer le clash que l’on sait et qui a duré huit ans sous l’ère de G.W. Bush. Déjà en 1956 au plus fort de la guerre d’Algérie, Malraux en visionnaire traçait à sa façon le chemin à des idéologues comme Huntington et surtout Bernard Lewis. Que disait-il?: «La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera.» «C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’Islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’Islam. En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis « musulmane », je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur. Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard! Les « misérables » ont d’ailleurs peu à perdre. Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution.»(1)

    «Pendant des décennies, écrivent Eric Conan et Christian Makarian, la plupart des pays ont compté sur leur force d’attraction et d’intégration pour que ces nouveaux fidèles se fondent dans leurs modèles. Ils s’aperçoivent aujourd’hui que certaines revendications remettent en question leurs propres valeurs. En France et chez ses voisins.(…) l’actualité européenne de ces derniers mois donne en effet l’impression que dans la plupart des pays membres, l’Islam est devenu sinon un ennemi, du moins un problème commun. Partout semble décrétée «la fin de la dictature de l’euphémisme», selon la formule du ministre français de l’Intérieur annonçant que nous sommes « en guerre » contre le « djihadisme global ». En 1989, l’Europe avait cru sortir des tensions de l’Histoire avec l’effondrement de l’hydre soviétique. (…) Comme si, dans l’histoire longue du continent, la parenthèse refermée de la courte confrontation Est-Ouest du XXe siècle laissait à nouveau la place au face-à-face entre Islam et Occident balisé par quelques dates immémoriales dans l’histoire de l’Europe et du monde musulman: 732, la victoire de Poitiers; 1492, la reconquête de la péninsule Ibérique; 1571, la bataille de Lépante; 1683, le siège de Vienne, et 1918, la chute de l’Empire ottoman. Une histoire qui a laissé des traces profondes dans la vie quotidienne des Européens, dont beaucoup trempent tous les jours un « croissant » dans leur café sans savoir que ce rite date de la défaite de la « Horde » (l’armée turque) devant les remparts de Vienne»(2)

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    «Aujourd’hui, la plupart des pays européens révisent cette vision optimiste en reconnaissant, de manière simultanée, avoir négligé deux phénomènes plus puissants que prévu. D’une part, l’intensité de la crise du monde musulman face à la modernité: les violents conflits internes que connaît cette religion, au bénéfice croissant des islamistes – dont des milliers de musulmans dans le monde sont les premières victimes – se propagent sur le sol européen. D’autre part, la redécouverte de la prégnance religieuse dans une Europe qui s’en était affranchie au point de ne même pas vouloir en garder trace dans le préambule de sa Constitution. L’Européen moyen qui feuillette vaguement un quotidien gratuit dans le métro, s’étonne de voir son voisin psalmodier sur le Coran avec une ferveur oubliée, y compris en Espagne ou en Italie.»(2)

    Deux voies

    «Gilles Kepel, qui l’étudie depuis vingt ans, explique que cet islam de l’Ouest, divisé, n’a pas encore choisi entre deux destins: soit un aggiornamento à valeur exemplaire pour le reste du monde, soit devenir la tête de pont d’un prosélytisme qui, à en croire les plus exaltés, assurerait la troisième – et victorieuse – expansion islamique sur le sol européen» (…)Cet abandon par l’Europe de ses propres valeurs a ainsi livré des millions d’individus à la propagande très organisée du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, créé en 1997 pour fédérer 27 organisations islamiques sur le continent. (…) Si la vieille Europe est malade, c’est surtout d’oublier le prix des valeurs que son histoire a forgées. Elle semble en être lasse ou honteuse au point de ne pas entendre ceux qui, au sein de cet islam en convulsion, lui rappellent combien ce trésor doit être protégé et préservé des extrémistes qui veulent le détruire. (…) Publiée l’été dernier, la fiction Mosquée Notre Dame de Paris, d’Elena Chudinova, fait un tabac dans les librairies de Russie. L’auteur imagine la France en 2040, sous l’emprise de l’Islam, devenu majoritaire et proclamé religion d’Etat, avec application de la charia. Un groupe de chrétiens se lance dans la résistance armée.(2)

    On remarque que l’Islam est chaque fois associé à la violence en faisant l’impasse sur les textes sur la violence occidentalo-judéo-chrétienne qui est apocalyptique. Entre immigration et conversions, la religion musulmane fait de plus en plus d’adeptes sur le Vieux Continent. Voilà trempé dans le vitriol l’état d’esprit des biens-pensants européens qui dénient à l’Islam tout apport civilisationnel, le contenant dans un catalogue de règles antidémocratiques et surtout qui asservissent la femme; cheval de bataille de l’Europe qui veut libérer la musulmane pour en faire un objet, certes libre mais esclave d’une vision matérialiste et consumériste qui lui fait perdre son rôle de matrice de la cohésion familiale et partant responsable de l’effritement des valeurs de la société occidentale. Pourtant, à toutes les époques il s’est trouvé des penseurs, des poètes, des intellectuels, en un mot, occidentaux qui ont loyalement décrit l’Islam.

    Alphonse de Lamartine (1865) a écrit: «Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mohammed! A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand?» Georges Bernard Shaw, protestant, dramaturge, prix Nobel de littérature en 1925, disait du Prophète Mohammed, dans l’Islam authentique,1935: «J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mohammed parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence, pouvoir qui peut la rendre si alléchante à toute période. J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le Sauveur de l’humanité.»

    A défaut de citer tous les spécialistes de l’Islam conquérant, citons un deuxième intellectuel qui a idéologisé la croisade contre l’Islam, Bernard Lewis, dont la plus grande majorité de sa carrière l’avait fait connaître à l’époque comme un spécialiste de la Turquie qui, au passage, ne reconnaissait pas en tant qu’historien la doxa occidentale là aussi, qui veut que les Arméniens aient subi un génocide de la part des Turcs. Depuis, il a enfourché, le dada de la croisade contre l’Islam.

    Ce brusque revirement sur le tard de Bernard Lewis qui se mit à attaquer lui permit de servir de référence à l’adminsiration américaine sous Goerges Bush. Examinons l’analyse d’Alain Gresh du Monde Diplomatique à ce propos : « M.Bolkestein a déclaré incompatibles au début des années 1990 les valeurs des immigrés musulmans et celles de son pays. Evoquant récemment le projet d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et la «pression migratoire», il mettait en garde: «Si cela devait arriver, la libération de Vienne, en 1683, n’aurait servi à rien.» Nous «les» avions arrêtés à Poitiers…Nous «les» avions arrêtés devant Vienne…Nous «les» arrêterons encore…Pour renforcer sa démonstration, il citait l’historien Bernard Lewis: «L’Europe sera musulmane d’ici à la fin du siècle.»(3)

    «(…) Depuis l’accession de M.George W.Bush à la présidence des Etats-Unis, Bernard Lewis est devenu un conseiller écouté, proche des néoconservateurs, notamment de M.Paul Wolfovitz. (..) Pourtant, sans réduire ses recherches à ses engagements, les uns comme les autres sont traversés par un fil rouge: le monde musulman est pétrifié dans une opposition fondamentale à l’Occident. Dès 1957, il « découvre » le choc des civilisations: Les ressentiments actuels des peuples du Moyen-Orient se comprennent mieux lorsqu’on s’aperçoit qu’ils résultent, non pas d’un conflit entre des Etats ou des nations, mais du choc entre deux civilisations. Commencé avec le déferlement des Arabes musulmans vers l’Ouest et leur conquête de la Syrie, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne chrétiennes, le « grand débat », comme l’appelait Gibbon, entre l’Islam et la chrétienté s’est poursuivi avec la contre-offensive chrétienne des Croisades et son échec, puis avec la poussée des Turcs en Europe, leur farouche combat pour y rester et leur repli. Depuis un siècle et demi, le Moyen-Orient musulman subit la domination de l’Occident – domination politique, économique et culturelle, même dans les pays qui n’ont pas connu un régime colonial (…). Je me suis efforcé de hisser les conflits du Moyen-Orient, souvent tenus pour des querelles entre Etats, au niveau d’un choc des civilisations.» (…) «Le coeur de l’idéologie de Bernard Lewis à propos de l’Islam est que celui-ci ne changera jamais, souligne Edward Saïd, (…) que toute approche politique, historique ou universitaire des musulmans doit commencer et se terminer par le fait que les musulmans sont des musulmans.» Et sans doute quelque scientifique américain découvrira bientôt un gène de l’Islam, gène qui expliquera ce qui «les» différencie du reste de l’humanité civilisée.(3)

    Alors comment les différents Etats européens doivent réagir vis-à-vis de ce phénomène? Et surtout quelle est la position de cette coalition impérialiste et sioniste qui domine, tire les ficelles et tente d’orienter nos sociétés. Devant cette veillée d’armes entretenue entre un Islam piètrement défendu en se focalisant sur l’accessoire et en oubliant l’essentiel, comment aller vers l’autre avec une parole désarmée et se mobiliser et à mettre les moyens pour ouvrir les canaux de dialogue et de communication entre l’ensemble des citoyens, pour mieux se connaître, se comprendre, dissiper les peurs, les préjugés et les malentendus et oeuvrer ensemble à construire la nouvelle communauté internationale.

    Les musulmans ont besoin de retrouver l’essence du message originel. Ils ont besoin d’un nouveau souffle capable de faire en sorte que la Foi ne se refroidisse pas en rites pervertis par les hommes. Ils ont besoin de nouveaux Djamel Eddine Al Afghani qui seront de leur temps des penseurs qui pensent non pas en fonction de la doxa occidentale, mais en fonction d l’apport réel à la communauté humaine . Nous devons tourner le dos aux exégèses auto-proclamés ces intellectuels européens d’origine arabe qui s’autorisent au nom de leur racine et de leur « Islam dit des Lumières », et qui , en voulant plaire voire se faire une « place au soleil en Occident » font assaut d’allégeance pour présenter, en fait, un Islam soft discrédité, sans aspérité un Islam édulcoré où la foi s’est refroidie en rites et en folkhlore. une grande partie Pour être crédibles, il nous faut l’être d’abord chez nous en militant pour l’avenir de sociétés endogènes fascinées par l’avenir. Malek Bennabi disait que les sciences morales, sociales et psychologiques sont aujourd’hui plus nécessaires que les sciences de la matière qui constituent plutôt un danger dans une société où les hommes restent ignorants d’eux-mêmes. Mais il est infiniment plus difficile de connaître et de faire de l’homme une civilisation que de fabriquer un moteur ou d’habituer un singe à porter une cravate….(4) Nous sommes d’accord.

    1.André Malraux, le 3 juin 1956 Valeurs Actuelles n° 3395 paru le 21 Décembre 2001-

    2.Eric Conan, Christian Makarian, Enquête: montée de l’islam en Europe. L’Express 26/01/2006

    3.Alain Gresh: Bernard Lewis et le gène de l’Islam. Le Monde Diplomatique

    4.Malek Bennabi : Vocation de l’Islam. p. 32. Rééditions Anep 2006.

    Pr Chems Eddine CHITOUR

    Blog Chitour, 3 jui 2009

    Tags : Islam, Europe, islamophobie, extrême droite, crise financière, racisme,

  • L’honneur de désobéir : Carola Rackete, capitaine du Sea-Watch 3

    Par Gad Lerner, Traduit par Fausto Giudice

    Cette fois, Salvini se retrouve face à un os dur : Carola Rackete

    On en vient à se demander : mais que pensera la mère de Salvini de son fils? Quand, face à ce qui, quoiqu’on on en pense, reste un drame humain, son Matteo écrit : « Personne ne débarque, ils m’ont cassé les couilles. Que cette petite frimeuse se le tienne pour dit ».

    Face à cette énième exhibition génitale viriloïde pour égratigner la Capitaine du Sea-Watch 3, Carola Rackete, qui, elle, est prête à prendre un risque réel, cette jeune femme redonne à Salvini sa vraie dimension, celle d’un tout petit capitaine. Petite frimeuse ? On n’a pas plutôt affaire à un ministre matamore de café du commerce ?

    Source: Tlaxcala

    Tags : Migration, Carola Rackete, Italie, Salvini, extrême droite,

  • Belgique : Le fascisme qui s’installe c’est …

    Manu Scordia

    Le fascisme qui s’installe c’est par exemple le « plan canal » qui criminalise les populations issues de l’immigration. C’est par exemple les « opérations Médusa » qui font la chasse aux migrants allant jusqu’à provoquer la mort de la petite Mawda.

    Le fascisme qui s’installe, ce sont toutes ces lois racistes et répressives qui sont passées dans l’indifférence générale. La loi sur la déchéance de nationalité, la loi « déportation » qui permet d’expulser des étrangers -même nés en Belgique- lorsqu’ils « troublent l’ordre public », la loi de non-assistance consulaire pour les binationaux…

    Le fascisme qui s’installe c’est le délit de solidarité, la criminalisation des « hébergeurs »… c’est Walid, Belgo-Tunisien qui a passé 8 mois en prison pour avoir hébergé des migrants. C’est Ahmed Elasey, ce sdf qui s’est fait tirer dessus par un policier et qui se retrouve inculpé pour tentative de meurtre. C’est Fayçal Cheffou, c’est Ali Aarrass….

    Le fascisme qui s’installe c’est la déshumanisation progressive du migrant, du musulman, du Noir, de l’Arabe… qui mène à des agressions et tentatives de meurtre racistes et islamophobes. C’est le MR qui a gouverné avec l’extrême-droite pendant 5 ans. C’est le Vlaams Belang qui explose aux dernières élections.

    Le fascisme qui s’installe, ce sont toutes ces choses qui sont désespérément absentes des débats et négociations post-électorales. Parce que manifestement le fascisme qui s’installe, ça n’a pas l’air très grave ni très important. Ou peut-être qu’il est déjà vachement bien installé.

    Manu Scordia

    Tags : Belgique, fascisme, racisme, extrême droite, migration, xénophobie,