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  • Hijab, séduction et coquetterie féminine en terre d’Islam

    Par Ikbel AL Gharbi*

    Un spectre hante les deux rives de la méditerranée : c’est le Hijab ou voile islamique. Certains gouvernements l’interdisent comme la Turquie, la Tunisie et la France, d’autres le tolèrent. Le Hijab est devenu une affaire d’Etat.

    Au-delà des polémiques et des controverses, il est utile d’interroger les représentations culturelles et l’imaginaire arabo- musulman pour mieux cerner cette problématique.

    La culture musulmane est marquée par une représentation stéréotypée d’un éternel féminin caractérisé par la ruse, la coquetterie et la séduction. Et vue que le mot Fitna désigne à la fois désordre, guerre civile , tentation et séduction, le corps féminin se trouva, tout le long de l’histoire musulmane inscrit dans le champs de pouvoir.

    Le désir de cacher ce corps apparaît comme une obsession chez la plupart des

    Fuquahas au point que leurs écrits soient marqués par une invasion massive de la «Charia » dans la vie privée.

    Le Hijab ou voile féminin, dérivé du verbe « hajaba » qui veut dire cacher, protéger, séparer ; était destiné, sur un conseil d’Omar Ben Khattab semble- t -il, à dérober les femmes aux regards des hommes.

    L’islam a justifié le port du Hijab comme étant le plus simple moyen pour les épouses du prophète de se faire reconnaître afin qu’elles ne soient point offensées.

    Cette coutume fut presque unanimement suivie par les citadines, surtout de la classe aisées qui désiraient s’identifier aux mères des croyants, cependant ni les paysannes ni les ouvrières ne purent l’adopter complètement.

    Il parait évident que le port du voile ne constitue pas un pilier de l’islam, il est, de plus et depuis les origines l’objet d’infinies controverses qui prennent leur source dans trois passages du Coran.

    La sourate du hijab concerne uniquement les épouses du prophète. Le hijab y apparaît comme un signe distinctif et honorifique : « Quand vous demandez à ses épouses quelque chose, adressez vous à elle derrière un rideau (hijab). C’est plus décent pour vos cœurs et pour les leurs » (Sourate 33, les Coalisés, verset 53).

    Une évocation plus explicite du voile se trouve au verset 59, qui élargit la recommandation aux femmes proches du prophète et à toutes les croyantes.

    Quant au troisième passage il est situé dans la sourate 24, la Lumière, verset 30, 31 qui fixe aux musulmanes la conduite idéale à tenir pour ne pas exciter la convoitise des hommes.

    Pour les musulmans tolérants, ces versets loin d’imposer le voile aux femmes instaurent plutôt une nouvelle attitude de décence en public et rompent avec certains rituels antéislamiques qui poussaient les femmes, par exemple, à se dénuder les seins pour encourager les combattants qui partaient en guerre.

    Pour d’autres musulmans, adeptes d’une lecture littérale du texte sacré, la recommandation concernant les femmes du prophète a valeur d’obligation.

    Pour ces penseurs, la sharia doit imprégner toute la vie du croyant. Ses directives doivent ériger toute son expérience quotidienne. C’est pour cette raison qu’en parcourant certains textes , on s’aperçoit avec surprise que mille et un détails que l’on pensait relever de la sphère de la vie privée relèvent en fait de la vie publique et politique : intimité du couple, comportement amoureux , tenue vestimentaire parure et ornements, etc.

    Toutefois, et en dépit des interdits et des restrictions, le conformisme a toujours été une affaire de culture et de milieu.

    Certaines femmes musulmanes ont toujours voulu être libres et séduisantes.

    Elles ont affirmé leur personnalité avec leurs allures.

    – A l’image de Aicha B Talha petite fille de Abu Bakr, compagnon du prophète et nièce d’Aicha mère des croyants qui refusa le Hijab. Cette aristocrate alliait à la noblesse de sa naissance une fierté d’esprit et une grande beauté, qu’elle tenait d’ailleurs à laisser admirer. En effet, Aicha refusa de se voiler en déclarant avec malice que Dieu dans sa miséricorde l’a créée belle et qu’elle désirait montrer son œuvre.

    Très coquette, Aicha recherchait les hommages des poètes et savait tirer parti des sentiments qu’elle inspirait, au point qu’elle provoqua la destitution du gouverneur de la Mecque Al Hareth el Makhzoumi , qui avait consentit à retarder l’heure de la prière pour lui permettre de terminer son « Tawaf » (la circulation rituelle autour de la Kaaba).

    – Umm Hani, cousine du prophète et sœur d’Ali, était très coquette. Elle se paradait dans la rue mi-voilée « On apercevait ses boucles d’oreilles » relatent les historiens. Omar Ibn Khattab réprobateur lui dit « ton cousin Mohamed ne pourra rien pour toi si tu continues à te parer de la sorte ». L’envoyé de Dieu, loin de blâmer sa cousine, rétorqua avec tendresse : « j’ai le pouvoir d’intercéder pour tous les membres de ma famille ».

    – Sukeina, fille de l’imam Hussein le martyr de Kerbela, arrière petite fille du prophète Mohamed ne s’est jamais voilée et cela malgré sa jeunesse, sa beauté et la noblesse de son rang. Elle refusa également d’abdiquer sa personnalité et ne consentit jamais au principe d’obéissance au mari « Taa », ni au droit de ce dernier à la polygamie. Elle stipulait cette contestation de l’autorité masculine dans ses contrats de mariage.

    En outre ; en récusant l’institution du Hijab, cette féministe d’avant garde sapa son symbolisme en tant que séparation institutionnelle de deux espaces distincts, un espace privé réservé à la femme et un espace public géré par l’homme.

    Loin de se soumettre aux lois de la claustration, la pétillante Sukeina tenait, en effet, un salon littéraire à Médine et organisait des soirées interminables où se côtoyaient artistes, poètes et hommes de Lettres de diverses tendances et de différentes religions. Très fréquemment, les grands poètes de « ghazal », poésie érotique, de l’école du Hijaz venaient à la résidence de Sukeina réciter leurs poèmes, vanter leurs talents et écouter les critiques.

    Aux cotés du célèbre Omar Ibn Abi Rabiaa on cite al Awas, Djarir mais surtout al Farazdak semble s’y être rendu quand il se trouvait dans les lieux.

    Sukeina ouvrait les discussions, stimulait les débats littéraires, émettait des remarques, des commentaires sur l’emploi inadéquat d’un terme, d’un croisement, ou d’un motif inclus dans les vers cités.

    Les interventions de Sukeina relevaient une bonne connaissance de la poésie et de la culture de son époque.

    Elle a ainsi réussi à préserver l’école de la poésie « Ghazal » puisque ses adeptes étaient protégés et encouragés en bénéficiant de la caution des plus hautes sphères de la société médinoise.

    Ces femmes musulmanes auraient pu cristalliser des modèles qui nous auraient aidées à bâtir des sociétés où les femmes seraient pleinement épanouies.

    Ces récits authentiques redéfinissent les rapports de ces sociétés avec les femmes. Séduire est ici pris dans le sens de charmer, de fasciner, de plaire.

    Dans la séduction on entre dans un autre enjeu : prendre conscience de son corps pour plaire à l’autre.

    Freud a toutefois apporté une contribution ingénieuse à ce sujet.

    Il reconnaît au narcissisme un grand pouvoir d’attraction sur les autres. Il démontre par ailleurs que le narcissisme féminin est un moyen qu’utilisent les femmes pour compenser leur manque et leur infériorité « Pour se dédommager de leur oppression, elles se consacrent à leur beauté. Elles retournent sur leur propre corps un désir qui leur était interdit d’extériorise.

    Or, la relative égalité des sexes qui a régné à cette époque a permis à la femme musulmane d’accéder à une certaine autonomie affective et c’est pour cette raison que la coquetterie fém inine revêt ici un autre sens :

    Sukaina l’artiste et Aicha la séductrice, en contestant l’institution très ambiguë du Hijab ont senti que si on méconnaît les couleurs et les nuances, si on ne perçoit plus le chatoiement des étoffes, quand on ne s’habille plus qu’en uniforme : Bluejean, tenue Mao ou Tchador noir, c’est qu’on est prêt à subir tous les conditionnements et toutes les manipulations. C’est qu’on n’est plus un être libre. Car lorsque la norme disciplinaire réussi à pénétrer le quotidien pour quadriller et stériliser l’expérience de l’individu jusqu’à dans son corps, son désir, sa sensibilité esthétique, bref sa disposition innée au plaisir, elle permet toute les dérives totalitaires.

    Et quand la vie quotidienne est à ce point appauvrie, l’individu n’a même plus la force de demander des comptes à une réalité mauvaise car il n’a plus le désir du bonheur. Évidemment cela rend toute désaliénation improbable.

    D’instinct, les femmes musulmanes se sont toujours opposées à l’uniformisation vestimentaire, sous le khalifat de l’intransigeant Omar B Khattab, elles ont détourné les lois et ont inventé la mode « Kabati ». Le Kabati était une longue robe moulante et ajustée qui ne dévoile aucune partie du corps féminin mais qui épouse ses formes comme une seconde peau.

    A ce propos l’Imam Malek écrit « j’ai appris que Omar B Khattab a proscrit cette mode féminine qui bien qu’elle ne laisse rien transparaître dévoile Tout ».

    Ce qui est bien plus séduisant car comme l’observe Barthe c’est la chemise béante qui provoque le désir bien plus que la nudité du corps.

    A la même époque d’Omar -et désirant toujours plus de fantaisie- les femmes musulmanes ont dévoilés leurs jambes et ont opté pour l’audacieuse mode de la « mini jupe ». Les Fuquahas s’insurgèrent contre cette mode qu’ils qualifièrent de « Bidaa » [Innovation].

    On voit bien que déjà à l’aube de l’islam la mode féminine s’est libérée de la rigueur de l’orthodoxie et s’est caractérisé par la recherche de ligne et de volume.

    Les tenues féminines étaient étincelantes. Les matières utilisées étaient des plus nobles, les tissus étaient raffinés : soie mousseline, taffetas, chantoung satin damassé, brocart broché d’or et d’argent.

    Les couleurs étaient chatoyantes : rose orange et jaune safran, embellissantes, elles étaient à elle seules un maquillage éclatant.

    Les tuniques étaient ajustées, parfumés de musc ou ambrés, décorés de poèmes langoureux et brodées de fils d’or et d’argent …

    Les traînes étaient interminables.

    On superpose, on ose, on s’amuse …

    La fabrication de tissus brodés spéciaux avait lieu dans les ateliers de tissage des palais.

    Cette activité qui débuta sous les Umayyades devint un trait courant de la civilisation matérielle de l’islam médiéval. Ces créations étaient multiples et variées : brocart « dibaj » , satin « istabrak » ; soie fine « harir » , soie diaprée « wachy » et autre tissu de luxe ornaient les gardes robes des nantis.

    Les vêtements brodés étaient donnés en témoignage de la faveur royale et faisaient partie des cadeaux diplomatiques courants.

    La «Khilaa » offerte par les émirs était un vestiaire complet. De beaux vêtements étaient importés de tout le monde islamique : De l’Inde venait la Futa, sorte de sari, de la chine venaient les vêtements de plie en tissu huilé, Mimtari, sorte d’imperméable ainsi que toute sorte de tissus nobles tels que le Sharab, Dimyati , Dabiki… tous en lin.

    Les chaussures et les sandales devaient être choisis parmi un certain nombre de cuir de couleur et de forme, et il était permis d’en porter qui présentent des combinaisons de couleurs telle que le noir et le rouge ou le noir et le jaune.

    La mode des bas empruntée aux persans était aussi bien établie. La lingerie de la musulmane élégante devait être fine et de couleur pastel ou noire.

    Le vêtement féminin s’introduit au double jeu de l’ordre et du désordre, de la soumission à la contrainte et de la liberté. Fidèle à son essence, il joue subtilement entre l’exhibition et le masque.

    Flugel compare en ce sens le vêtement à un symptôme névrotique et notamment à la rougeur. Celle ci est à la fois un signe excessif de honte, mais en même temps comme le montre la psychanalyse, c’est une façon d’attirer l’attention sur soi.

    Selon Flugel, le vêtement est une rougeur perpétuelle sur le corps de l’humanité. En isolant un corps ou une partie du corps il portait immanquablement l’attention sur elle. Par cette dialectique singulière tout vêtement même le hijab cache en même temps qu’il désigne.

    La fantaisie féminine s’est aussi manifestée au niveau de la coiffure. Dés l’époque du prophète les femmes utilisaient du vin comme laque pour donner plus de volumes à leur chevelure.

    Sukaina fille de hussein le martyr de karbala, qui affichait une coquetterie toute féminine, mettait en valeur sa beauté par une coiffure spéciale qui portait son nom « al turra al sukeyniya » (les cheveux bouclés à la Sukeina). Cette coupe à la mèche rebelle fit fureur aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Jugeant la « coupe Sukaina » trop efféminée, le pieux Khalife Omar B Abdelaziz l’a interdite aux hommes et punissait tout homme coiffé à la Sukaina à être rasé et flagellé.

    L’Histoire atteste que l’élan de vie et la vitalité des femmes musulmanes se sont toujours opposés à la rigueur de l’orthodoxie. En militant pour reconquérir socialement leur corps, elles affirment l’unité indissoluble de l’être humain : esprit libre dans un corps réapproprié.

    Ces pratiques si souvent vilipendées dont les textes n’ont gardé que des traces partielles et partiales nous en donnent la preuve.

    Ici point de jugement moralisateur, de systématiques querelles entre Anciens et

    Modernes, comme le voudraient le faire croire bon nombre de chroniqueurs nostalgiques d’un passé mythique, mais seulement un incessant bricolage qui fonde le phénomène vestimentaire féminin en une dynamique, parfois turbulente, toujours soumise à des réaménagements.


    * Ikbal al Gharbi est professeur de psychologie et des sciences de l’éducation à L’Institut supérieur des sciences religieuses, ainsi que directrice du Centre de l’innovation pédagogique, à l’université Ezzeytouna en Tunisie. Elle est aussi psychologue, docteur en anthropologie, consultante auprès des Nations Unies et elle s’occupe de la réforme dans le monde arabe.

    Source : Islamiqua, 15 déc 2008

    Tags : Islam, Hijab, musulman, femme, prophète, sunnite, chiite, burka. burkini, pudeur,

  • Maroc : Les marocains et le sexe !

    Eh oui ! les marocains ont une vie sexuelle ! Les statistiques revèlent que 98% de la population marocaine ( entre 13-50 ) pratiquent la masturbation. Ce chiffre ne parle pas que des ados qui commencent à peine à se de découvrir, mais ça parle aussi des femmes insatisfaites, de maris en froid avec leurs femmes, du professeur père de famille qui fantasme sur la super paire de nichons de la directrice et aussi et surtout de ceux qui crient partout qu’ils b… tout ce qui bouge. 98%, c est presque tout le monde. Alors, quelles sont les causes d’une statistique aussi élevée ? Qu’est ce qui fait que nos femmes, du moins la plupart sont insatifaites sexuellement? Et aussi, qu’est-ce qui fait qu’un père de famille qui a tout pour etre heureux, se laisse distraire par ce jeu dangereux qui n’a rien d’un jeu en l’occurence l’adultère ?

    Primo, au Maroc le sexe est et reste un sujet tabou. Mais un marocain est, comme tout être humain pardi, sexué de la tête aux pieds. Mais alors, qu’est-ce qui fait que les Marocains sont des cancres sexuellement parlant? C’est simple. Pour la seule et unique bonne raison qu’un marocain par définition est quelqu’un qui connait tout, et donc par là, il est de naissance doué pour les rapports sexuels.

    Le marocain est donc quelqu’un qui a imposé à son cerveau le fait qu’il était un bon coup, et du coup, c’est devenu normal chez lui de croire qu’il l’est et ne lui vient même pas à l’esprit qu’il ne sait pas s’y prendre. Ce qui nous permet de conclure que le marocain est un as de sexe (enfin c’est ce qu’il croit ).

    Deuxio, la quasi-totalité des marocains n’ont jamais eu et n’auront pas d’education sexuelle. Il faut dire que la plupart des marocains ignorent que les femmes ont, elles aussi, un orgasme. Il’n y a pas si longtemps que ça, j’ai décidé de faire une petite étude ou dois-je dire une petite enquête, j’ai donc décidé de demander à une vingtaine de personnes, des contacts MSN que je connais pas, de me dire ce que c’était qu’un clitoris. Personne ne savait ce que c’est. Mais quand je fesais l’éffort d’expliquer à ceux qui m’ont demandé des explications (seulement 10 me l’ont demandé) y a un seul qui l’a reconnu (il était marié) et encore d’une manière très … comment dire … je trouve pas le mot exact pour décrire ce qu’il m’a dit, je vous laisse en juger vous meme  » aaaahhhh bghiti tahdar 3la dik la7jira li 3Andhoum, li ila warrakti 3liha bjahd kikhrouj lboul » ( moi en tout cas, ça me fait rire :d:d:d la foction du clitoris chez ce type se résume à ça )

    J’ai essayé de savoir ce que cette personne savait à propos du clitoris à part ce truc qu’elle vient de me sortir. Je lui ai donc demandé s’il savait que la femme pouvait avoir beacoup de plaisir voire atteindre l’orgasme par simple stimulation de cette zone? Et là, le mec semblait ignorer totalement ce truc, mais comme tout marocain qui se respecte, m’a sorti le truc de « bien sûr » avec la pose du mec sur de lui et tout.

    Tertio, la notion de l’orgasme féminin varie d’une personne à une autre allant du mec qui croit que la femme atteint l’orgasme en un temps record, qu’elle n arrete pas « d’éjaculer » tout au long de la période de la pénétration (confusion du plaisir et de l’orgasme), à celui qui croit que la partenaire atteint l’extase en même temps que lui. Pour faire bref, le marocain en général tire son coup et se tire avec la certitude d’être un bon coup.

    Conclusion, les marocains accordent peu d’importance aux préliminaires. Enfin, et cette fois-ci du coté du sexe féminin, chose qui agace beaucoup d’hommes, la passivité de nos femmes. On dirait qu’on fait l’amour à des cadavres. Nos femmes ne sont pas coquines, soit pour ne pas paraitre comme des filles faciles (même en étant mariées), soit tout simplement, par timidité, chez nous le sexe, ne se pratique pas à deux mais à un et demi :p.

    (N.b : ces statisques n’ont rien d’officiel, elles sont là juste pour les besoin de l’article.)

    Source : Le blog insolite du disciple du diable

    Tags : Maroc, sexe, sexualité, éducation sexuelle, homme, femme, amour, mariage,

  • Le sexe et les femmes au Maroc et en Algérie

    La question sexuelle et les femmes au Maghreb et en Méditerranée

    Le problème de la femme au Maghreb n’est qu’un épiphénomène d’un problème plus englobant qu’est la question sexuelle. Les femmes ne sont dominées que pour pouvoir être contrôlées dans leur sexualité (tout en contrôlant en même temps celle des hommes), sexualité devenue fondement de la hurma, c’est-à-dire de l’honneur féminin. La sexualité est prise en otage dans une joute sociale dont l’enjeu consiste à défendre l’honneur du groupe familial, placé d’abord dans la pudeur et la virginité féminines. Plus une Famille contrôle ses femmes, plus son capital de réputation augmente (sinon, c’est une mauvaise famille, famille de p…). Un vrai homme, qui « lève sa tête devant les gens » (je traduis des propos courants), c’est celui qui « a pouvoir sur ses femmes ». « Maîtrise tes femmes » est une insulte en collectivité.

    Vieux_KabyleOr, les familles sont des institutions idéologiques tout entières orientées vers le dénigrement des autres familles rivales. Il s’ensuit une compétition symbolique pour la « respectabilité », la réputation et l’honneur. Un groupe familial qui trouve moyen pour diminuer l’honneur de son adversaire ne se fait pas prier. Or, les femmes sont le point faible, la brèche que l’ennemi présente et il faut en profiter pour le descendre. « Je lui ai niqué sa femme à celui-là » disent les hommes entre eux. Et le fait de faire l’amour avec la femme du concerné n’est pas seulement un acte de plaisir ou de tendresse avec elle, c’est surtout un acte de guerre symbolique destiné à amoindrir la réputation ou, mieux, le capital d’honneur, de son mari (ou de son frère, etc.). Faire l’amour, c’est attenter gravement (et souvent délibérément) à la réputation des familles.

    Le soi-disant intérêt des hommes à dominer les femmes n’est ni économique (une femme qui reste à la maison est une charge et un gain en moins), ni politique (le pouvoir que l’on a sur les « femelles » s’avère être une charge écrasante). C’est un intérêt d’honneur, le groupe défendant son image extérieure à travers l’image qu’il veut irréprochable de ses femmes.

    Un tel système fonctionnait avec ses injustices dans une société agraire où l’on se mariait très tôt et où les groupes vivaient dans une économie relativement vivrière. Le changement social et économique a conduit à un accroissement des besoins. Un jeune homme ne se marie plus s’il n’a pas d’appartement. Une épouse accepte rarement d’être simple membre de la famille nombreuse de son mari. Mais le célibat prolongé, né des nouvelles données socio-économiques, continue à perdurer dans l’ancien système social traditionnel caractérisé par une économie de l’honneur dont les femmes sont les dépositaires.

    Les femmes étant retirées de la circulation, l’espace public est devenu de facto masculin. Mais si un jeune homme du temps du Prophète avait ses quatre épouses, si un jeune Algérien des années cinquante avait sa femme légitime, le jeune Algérien de l’an 2000 n’a plus rien pour sa sexualité (au sens large : affection, amour, sexe, etc.) car elle lui a été confisquée sans contre-partie par l’honneur de la tribu.

    Il s’ensuit une séparation terrible des sexes malgré des apparences de mixité et une famine sexuelle générale, du côté des hommes, comme du côté des femmes, enfermées ou contrôlées dans leurs déplacements. La prostitution et l’homosexualité se sont développées pour colmater une infime partie de cette demande sociale. L’état de famine générale produit des dégâts sur les enfants (pédophilie), sur les animaux (zoophilie maghrébine bien connue) et sur la santé mentale (troubles psychiatriques).chaouia1pt_1_

    Cette société a pris le soin d’adopter le système religieux qui sert ses tendances profondes. C’est l’islam orthodoxe, sunnite et malékite, qui sera élu. Rien d’étonnant car l’islam chiite, bien qu’ayant des racines historiques lointaines au Maghreb (Fatimides), est éliminé, car jugé peu ferme en matière sexuelle : il tolère le mariage de joie, c’est à dire il légitime la sexualité entre jeunes gens, chose que la logique de l’honneur ne peut admettre. Le sunnisme lui-même est expurgé de ses points jugés incompatibles : le prophète n’a-t-il pas dans un hadith célèbre et certifié autorisé ses combattants à faire l’amour avec les prisonnières, dressant par là une exception en cas d’impérieux besoins. Ce sont des côtés soigneusement oblitérés. Bref, la religion s’est trouvée ainsi instrumentée à des fins de répression sexuelle.

    L’état est composé de gens issus de la société et anthropologiquement formés à l’école de l’honneur. Ils reproduisent, dans le système judiciaire, dans les institutions de l’état et dans le fonctionnement des divers appareils, les impératifs de l’honneur. C’est ainsi que les couples non mariés sont jugés et condamnés, la présidence de la République algérienne ordonne la chasse aux couples et la justice se montre infiniment complaisante avec les criminels de l’honneur (l’idée de tuer un intrus qui a pénétré à l’intérieur de la maison, la nuit, (entendre : un homme qui a intentionnellement voulu attenter à l’honneur du groupe) est passée dans la croyance populaire comme étant un droit légitime.

    Un intellectuel a peur de parler de problème sexuel parce qu’en le faisant, il donne aussi par la même occasion le droit à sa soeur de coucher avec un étranger, ce qui équivaut à ouvrir une brèche dans son honneur social et à saper sa réputation. Les groupes rivaux se surveillent en effet et chacun n’hésite pas à entamer la réputation de l’adversaire à la moindre occasion. L’intellectuel parle alors de façon voilée de condition des femmes, mais aussi de façon euphémique, limitée et surtout politiquement correcte : personne ne pourra attaquer sa réputation avec cela. Et, bien entendu, ce n’est pas avec des euphémismes que l’on provoque les vrais changements ou les vrais débats.

    Au bout du compte, à qui profite le système ? Aux hommes? Je ne le crois pas. Ils se débattent dans une affreuse misère affective parce que les femmes auprès desquelles ils devaient prendre satisfaction sont préalablement enfermées ou limitées de déplacement et de liberté. Les femmes, et parmi elles se trouvent de grandes militantes du système traditionnel, se rabattent sur les animaux domestiques et l’homosexualité. Dans certaines cités universitaires en Algérie, les étudiantes achetaient des sacs de lait et se les faisaient déverser sur leurs poitrines avant d’appeler les chats. Je ne sais pas ce que ça fait comme sensation d’être léchée par un chat à cet endroit, mais je suis certain qu’un tel comportement est celui d’un être lésé dans ses droits humains fondamentaux, celui d’utiliser comme il l’entend son propre corps. Je ne parle pas de l’hystérie nocturne du ciel algérois, qui voit fuser jusqu’aux étoiles les youyous de la frustration féminine émanant des cités universitaires non mixtes.

    Je pense que c’est un système qui ne sert personne. Il est tout simplement devenu caduc et malade, car les conditions pour lesquelles il était engendré ont presque disparu. Il continue à fonctionner dans un autre contexte, de façon anachronique, en générant énormément de souffrance, comme un moteur d’une deux chevaux qu’on met pour un bus de voyageurs futuriste.

    Maintenant, supposons que le problème de la sexualité soit réglé, que l’honneur n’ait plus comme siège la virginité des femmes, que les groupes cessent de s’attaquer sur cette question, que les gens consentants soient publiquement tolérés et légitimés dans leur sexualité. Pensez-vous que les femmes seraient interdites/limitées de déplacements, de travail, de liberté, etc. ???.

    Je ne le crois pas. Ce sera l’avènement d’une autre société, avec sûrement d’autres inégal ités, d’autres combats à faire, mais pas celui-là. Il y aura le chômage, la lutte pour l’emploi, etc. mais jamais d’enfermement, de limitation de déplacement ou de liberté.

    En définitive, cette condition n’est que la conséquence pratique de la question sexuelle. Alors, il faut arrêter de dire que les hommes dominent les femmes pour profiter de je ne sais quels privilèges. Que les hommes ont tout et les femmes rien. Qu’est ce qu’ils ont et qu’ils n’auraient pas sans cette domination ? Arrêter de faire de miséreux affectifs et sexuels des sultans divinement privilégiés, à la faveur d’un imaginaire grossièrement orientaliste. Car les femmes ne sont jamais mieux dominées que par d’autres femmes (Voir le rapport mères/filles par exemple). Mais surtout parce que si les femmes sont enfermées, c’est à cause de ce quelque chose qu’elles portent entre leurs jambes ! La société maghrébine a eu l’idée la plus saugrenue sur la terre qui consiste à placer son honneur justement là ou il ne fallait pas. La femme n’est donc partout sanctionnée qu’en tant que porteuse de sexe (et source de déshonneur possible pour tout le groupe). Pas en tant que femme. Mais cette sanction, déteint sur l’homme, ce qu’on oublie de souligner. En l’absence de femmes, il n’aime pas, il ne travaille pas, il ne baise pas, il souffre, il devient agressif et prêt à être enrôlé dans les fanatismes les plus sanguinaires.

    Naravas

    Source : Angles de vue, 20 janvier 2008

    Tags : Maroc, Algérie, Mauritanie, Tunisie, Libye, Egypte, monde arabe, Islam, musulmans, sexe, femme, virginité, Maghreb, société,

  • Situation des femmes nomades au Maroc

    Lettre ouverte au Secrétaire Général des Nations Unies
    Objet : situation des femmes nomades au Maroc.
    Des centaines de femmes nomades vivent au Maroc sous des tentes et dans des grottes. Elles se déplacent avec leurs familles à travers les montagnes et les plaines à la recherche de pâturages pour leurs troupeaux. Les conditions sont extrêmement difficiles cette année à cause d’une grave sécheresse et d’une sévère pandémie mondiale. Elles n’ont aucun soutien de la part du gouvernement marocain, alors que leurs troupeaux meurent de faim et de soif et que le marché connaît une dépression grave. Il ne leur reste pas d’argent pour nourrir leurs familles.
    En plus, les autorités régionales, provinciales du sud au nord n’hésitent pas à les poursuivre ainsi que leurs enfants. Les autorités locales et les forces publiques les répriment, arrêtent leurs enfants et déclenchent des conflits entre eux et les paysans autochtones.
    Après que ces femmes nomades aient dû quitter leurs terres riches en mines d’or et d’argent, exploitées par les sociétés multinationales, en particulier les sociétés canadiennes dans le sud et le sud-est, elles vivent avec leurs familles comme des réfugiées dans leur propre pays.
    Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

    Nous vous demandons d’intervenir auprès du gouvernement afin que ces femmes, leurs enfants et leurs troupeaux soient protégés et qu’ils soient aidés pour ne pas subir les conséquences de la pandémie du coronavirus.
    Agadir le 17 avril 2020
    Secrétaire Général

    Amal Lahoucine 

    Tags : Maroc, femme, égalité, genre, discrimination, 
  • Maroc : Le Makhzen empêche Ali Lmrabet de participer à un débat sur « les droits des femmes »

    Je viens d’apprendre qu’en début de semaine, M. Noureddine Mouaddib, le président de l’Université internationale de Rabat, université dite  » innovante « , a censuré ma présence dans un débat intitulé  » Les droits des Femmes : Progrès et Perspectives « , qui devait avoir lieu le 15 Mars 2019 à la Bibliothèque nationale de Rabat.

    Ce débat est organisé en partenariat avec le programme ARMA du Global Campus of Human Rights ( » Human Rights  » veut dire en français  » droits de l’homme « .)

    Pour m’empêcher de parler, tout le panel des journalistes marocains qui allait participer au débat a été arbitrairement retiré.

    C’est un professeur de l’Université internationale, M. Jean-Noël Ferrié, qui a été chargé de la sale besogne de censurer mon nom.

    Pour M. Ferrié, je serais un dangereux journaliste et activiste des droits de l’homme, dont la présence est bannie dans les universités marocaines. Alors que, pourtant, aucune condamnation de ce genre ne pèse sur moi.

    Les étudiants qui m’ont invité disent avoir été humiliés par cette décision. Ils assurent avoir été confrontés à une réalité qu’ils ne percevaient que partiellement auparavant.

    Comme je suis coincé entre deux avions, je reviendrai plus longuement dans un prochain communiqué.

    Ali Lmrabet, 15 mars 2019

    Source

    Tags : Noureddine Mouaddib, Université Internationale de Rabat, droits des femmes, femme, Ali Lmrabet,

  • António Guterres déplore la faible participation des femmes aux processus de paix

    Devant le Conseil de sécurité jeudi, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a estimé que, malgré d’importants progrès, la participation des femmes aux processus de paix officiels reste extrêmement limitée.

    « Entre 1990 et 2017, les femmes ne représentaient que 2% des médiateurs, 8% des négociateurs et 5% des témoins et des signataires dans tous les processus de paix importants », a-t-il relevé lors d’un débat du Conseil sur le rôle des femmes dans la paix et la sécurité et l’impact positif de leur émancipation politique et économique.

    Le chef de l’ONU a déploré que les conflits continuent d’avoir un effet dévastateur sur les femmes et les filles, l’ONU ayant documenté plus de 800 cas de violence sexuelle liée aux conflits en 2017, « soit une hausse de 56% depuis 2016 ».

    António Guterres a également constaté que le financement de programmes visant à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans les pays en conflit ne représente que 5% de l’aide bilatérale totale à ces pays. « Chaque année, nous prenons des engagements louables, mais ils ne bénéficient pas du soutien financier et politique requis », a regretté le Secrétaire général.

    Rappelant que la parité hommes-femmes a le plus grand impact potentiel sur l’efficacité et la crédibilité des opérations de l’ONU sur le terrain, António Guterres a annoncé la création d’un groupe de travail afin de mettre en place des mesures d’urgence en vue d’augmenter la présence des femmes qui ne représentent que 4% des soldats de la paix et 10% des effectifs de la police.

    « J’ai créé un groupe de travail de haut niveau chargé d’examiner notre financement en matière d’égalité entre les sexes, notamment dans les domaines de la paix et de la sécurité », a-t-il dit. « Je tiendrai les entités des Nations Unies responsables de leurs engagements en matière de suivi des dépenses consacrées aux femmes, à la paix et à la sécurité, avec l’objectif d’atteindre ou de dépasser 15% d’ici à 2020 ».

    Il reste beaucoup à faire pour que les femmes participent aux processus de paix
    Dans son intervention lors du débat au Conseil, le chef de l’ONU a estimé que malgré la participation d’organisations de femmes aux processus de paix notamment en Guinée-Bissau, en République centrafricaine, au Mali, en Syrie, au Yémen ou encore en Colombie, il reste beaucoup à faire.

    Il a réaffirmé sa détermination à renforcer la parité hommes-femmes pour accroître l’efficacité et la crédibilité des opérations de l’ONU sur le terrain, et ainsi mieux relever les défis internationaux.

    « Ici même à l’ONU, le Fonds pour la paix et l’action humanitaire pour les femmes fournit des ressources aux organisations de femmes qui en ont besoin. Le Fonds pour la consolidation de la paix investit plus de 30% de ses ressources dans les programmes d’égalité des sexes. Et un nombre croissant de donateurs consacre des fonds à l’égalité des sexes », a-t-il dit.

    Le Secrétaire général s’est également félicité que près de 100 États Membres aient signé avec l’Organisation des accords volontaires pour lutter contre l’exploitation et les abus sexuels, et a appelé les autres à les rejoindre.

    ONU INFO

    Tags: Femme, Antonio Guterres, Journée de la Femme, 8 mars,

  • Au Maroc, la femme et l’économie sociale et solidaire à l’honneur

    Les 15, 16 et 17 février, AFAQ (Action femmes des Associations des Quartiers du Grand Casablanca) a organisé, en partenariat avec l’ONG de coopération au développement belge Solsoc, la première édition du forum international de la parité et de l’économie sociale et solidaire, à Casablanca.

    Pendant trois jours, 500 femmes membres de coopératives, soit 34 initiatives d’économie sociale et solidaire et 46 associations de quartier ont présenté leurs revendications et leurs produits au public : vêtements, pâtisseries, épices. Il y en avait pour tous les goûts et toutes les… couleurs. Mais le Forum était principalement un espace d’échanges, notamment entre organisations partenaires de Solsoc, sur les obstacles rencontrés par les femmes des quartiers dans les différents pays, ainsi que sur les questions de parité, de protection sociale et de travail décent.

    En effet, des partenaires de la Palestine, du Burkina Faso et du Sénégal y ont participé. Pour Ghada Abu Ghalyoun, responsable du programme syndical de Solsoc en Palestine : « Les femmes au Maroc osent parler de leurs problèmes, partager leurs expériences, exprimer leurs souffrances. Elles luttent pour améliorer leur situation. Ce sont des combattantes, comme les femmes palestiniennes. Elles ont le pouvoir et la force de changer les choses ».

    Le Forum a également été l’occasion pour AFAQ d’unifier la vision et l’identité des femmes des quartiers et de nouer des alliances avec d’autres organisations de la société civile. Enfin, cela a également permis de porter les préoccupations des participants aux responsables politiques locaux, notamment grâce à une marche organisée le deuxième jour avec les représentants des quartiers brandissant leurs revendications ; et d’envisager de nouvelles collaborations autour de l’économie sociale et solidaire avec les institutions, telles que l’Office de Développement de la Coopération.

    La première version du Forum a été un franc succès : plusieurs centaines de personnes y ont participé, une couverture médiatique importante a été assurée. Une expérience à réitérer donc. La deuxième édition aura lieu dans deux ans.

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