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  • Guéguerre entre Al-Adl Wal Ihsane et Jeune Afrique

    par Ali Lmrabet

    L’hebdomadaire français  » Jeune Afrique  » a publié par la plume du journaliste marocain Fahd El-Iraqi un article jugé  » diffamatoire  » par l’association  » Al Adl Wal Ihsane  » (Justice et spiritualité).

    Comme la loi française les y autorise, les dirigeants de ce mouvement islamiste ont envoyé au rédacteur en chef de cette feuille, François Soudan, un droit de réponse que ce dernier, comme c’est la pratique habituelle dans la famille Ben Yahmed, propriétaire de  » Jeune Afrique « , n’a pas jugé bon de publier au même endroit que l’article incriminé.

    Que dit cet article ? Premièrement le titre,  » Justice et malfaisance « , au lieu de  » Justice et bienfaisance  » (l’ancienne appellation du mouvement) ; une expression qui ne laisse aucun doute sur l’intention manifeste de  » Jeune Afrique  » de diffamer. Puis, une grave accusation :  » selon des sources sécuritaires 200 membres de la mouvance seraient impliqués dans des affaires de terrorisme « , à l’intérieur du Maroc comme à l’étranger, et que certains d’entre eux ont été enrôlés dans des cellules terroristes de  » Daech « , dixit Fahd El-Iraqi et  » Jeune Afrique « . Enfin, le mouvement fondé par le cheikh Abdessalam Yassine est accusé de vouloir créer, à l’intérieur comme à l’extérieur du royaume, un  » État dans l’État « .

    En premier lieu, c’est étonnant que les dirigeants d’ »Al Adl Wal Ihsane » daignent répondre à cet hebdomadaire que les Africains, qui sont les principaux consommateurs de ses articles à la commande, ont surnommé depuis longtemps  » Jeune-à-fric  » pour le nombre effroyable de polémiques et d’accusations de corruption de toutes sortes qui frappent Béchir ben Yahmed, sa femme Danielle, son fils Marwane, et son fidèle et peu loyal second, François Soudan. La dernière étant la dénonciation d’un groupe de journalistes du groupe  » Jeune Afrique  » de  » censures répétées concernant la Côte d’Ivoire  » dans l’hebdomadaire.

    Pas encore convaincus ? Lisez l’enquête publiée par  » Le Canard enchaîné  » sur  » les Comptes de Jeune Afrique « , où il est question d’argent distribué par des dictateurs Africains à la maison ben Yahmed. Relisez aussi la panoplie d’articles récents de médias français,  » Le Monde « ,  » L’Express « ,  » Mediapart  » qui mettent à nu cet hebdomadaire spécialisé dans les publireportages et la courbette devant les dictateurs maghrébins et africains, et qui a construit la richesse de ses propriétaires sur le dos des Africains. Enfin, si vous avez le temps, savourez le livre du journaliste spécialiste de l’Afrique Vincent Hugeux,  » Les Sorciers Blancs, Enquête sur les faux amis français de l’Afrique  » (Fayard, 2007), un ouvrage où il relate comment le rédacteur en chef de  » Jeune Afrique  » François Soudan est devenu propriétaire de licences de pêche grâce à des cadeaux du dictateur mauritanien Ould Taya. En échange de quoi ? On se le demande.

    Voilà pour la réputation de cette feuille. Maintenant, allons au fond de l’accusation.

    Premier point.  » 200 membres de la mouvance [d’Al Adl Wal Ihsane] seraient impliqués dans des affaires de terrorisme « , et certains d’entre eux auraient rejoint Daech ?

    C’est qui la source de cette grave accusation ? Des  » sources sécuritaires  » marocaines, répond Fahd El-Iraqi.

    Ah bon… Depuis quand l’État marocain communique avec une presse qu’il tient par la laisse ? Généralement, ces  » sources sécuritaires « , la DST et la DGED, ne communiquent pas, elles dictent aux journalistes ce qu’ils doivent écrire ou pas écrire. Quand elles ne rédigent pas elles-mêmes des papiers pour les remettre ensuite aux médias pour publication. On en a eu la preuve en 2014 grâce aux révélations documentées, et jamais démenties par l’Etat marocain, du hacker Chris Coleman sur les complicités des journalistes, marocains et étrangers, avec les services de renseignement marocains.

    Deuxième point. Les accusations au sujet de la propension internationaliste d’  » Al Adl Wal Ihsane « . Sauf que ces médisances sont formulées, quasiment avec les mêmes termes et à intervalles réguliers depuis plusieurs années, par une armée de scribes qui opèrent sous de faux noms, dont le plus connu est un certain  » Farid Mnebhi « . « Mnebhi » ? Après un procès intenté en France, et gagné !, par l’ex-capitaine Mustapha Adib, on a appris que ce « Mnebhi » s’appelle en réalité Farid Keddara, qu’il réside à Bordeaux et que c’est un agent marocain de la … DGED.

    Maintenant, allons au fond de la question.  » Al Adl Wal Ihsane  » est-il un mouvement terroriste ? Des militants de cette mouvance ont-ils rejoint Daech ?

    Ce que l’on sait jusqu’à aujourd’hui c’est que les services secrets occidentaux, qui sont très attentifs à ce qui se passe dans les pays musulmans, n’ont jamais détecté une quelconque collusion entre  » Al Adl  » et un quelconque mouvement jihadiste. Même pas un petit transvasement de militants de cette mouvance dans les milieux jihadistes internationaux.

    Même chose pour les pages Web spécialisées en jihadisme, comme  » SITE  » par exemple, qui scrutent à la loupe les allers-venues et les mouvements des groupes islamistes. Aucune nouvelle non plus de cette supposée collusion dans les grands médias occidentaux qui, il est vrai, sont protégés par leur charte déontologique contre la désinformation sonnante et trébuchante des services de renseignement marocains.

    Un exemple de cette propagande intéressée : Il y a quelques années, les services secrets marocains ont porté les mêmes accusations, ceux d’El-Iraqi, de Mnebhi-Keddara et d’autres, contre des Marocains résidents en Espagne soupçonnés d’être des terroristes en puissance. Après enquête, le CNI (Centre national d’intelligence, espagnol) est arrivé à la conclusion que ses homologues marocains avaient essayé de le manipuler pour régler leurs comptes avec cette mouvance islamiste dont les connaisseurs, à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc, considèrent comme avéré son pacifisme.

    Enfin, comment croire ces  » sources sécuritaires  » qui, dans un passé récent, ont fait publier par le quotidien marocain  » Assabah « , sans aucune preuve bien entendu, que le Hirak du Rif était financé par le Front Polisario et instrumentalisé par Daech. Des accusations tombés à l’eau depuis lors.

    Donc, qui aujourd’hui, ici et ailleurs, croit encore les manipulations intéressées des  » sources sécuritaires  » marocaines et celles de leurs affidés au Maroc et à l’étranger ?

    Pour terminer, ce qui attriste dans cette affaire c’est que ces sempiternelles et fallacieuses assertions ont été avancées par Fahd El-Iraqi, un ancien du  » Journal « . A moins que l’article original n’ait été réécrit par la bande à Ben Yahmed et Soudan, comme c’est la coutume à  » Jeune-à-fric « , El-Iraqi n’en sortira pas grandi et risque de voir écorné son honnêteté intellectuelle et professionnelle. Et c’est dommage.

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    Tags : Maroc, Association Justice et Bienfaisance, Al Adl Wal Ihsane, jeune afrique, françafrique,

  • Maroc : le peuple marocain, un obstacle devant la construction du Maghreb

    L’Union du Maghreb Arabe (UMA) est né le 17 février 1989 à Marrakech. Ses objectifs étaient :

    – La définition d’une politique commune dans différents domaines ;
    – La réalisation de la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux ; la concorde entre les États membres ;
    – L’établissement d’une étroite coopération diplomatique ;
    – La mise sur pied des projets communs et l’élaboration de programmes globaux et sectoriels au plan économique ;
    – Le développement des échanges universitaires.
    Force est de constater qu’aucun de ces objectifs n’a été réalisé depuis. Pire encore, l’UMA est une des régions les moins intégrées du monde.

    La raison principale est la gourmandise territoriale d’un de ses membres, le Maroc en l’occurrence. Après avoir trahi la promesse de poursuivre la lutte contre les colonialismes espagnol et français en désarmant et en persécutant l’ALN, Rabat a voulu éteindre le feu intérieur en projetant ses ambitions vers l’extérieur. C’est ainsi qu’il s’en est pris à la Mauritanie en 1960, à l’Maroc : le peuple marocain, un obstacle devant la construction du MaghrebAlgérie en 1963 et au Sahara Espagnol en 1975 alors qu’il tourne le dos aux deux enclaves de Ceuta et Melilla de peur de bousculer la paix espagnole dans ces territoires africains.

    Ainsi, le Maroc est devenu le seul pays au monde à être en conflit avec tous ses voisins et, à cause de son obsession pour les ressources du Sahara Occidental, encouragé dans cela par la France, ses relations avec la communauté internationale ont été déteriorées au point d’entrer en conflit avec le secrétaire général des Nations Unies et un de ses envoyés spéciaux, sans oublier l’audace de l’expulsion de membres de la MINURSO.

    Le régime alaouite est soutenu par le peuple marocain dans ses mésaventures territoriales. Ce soutien le rend arrogant et est devenu la cause principale de l’entêtement des autorités marocaines et un obstacle majeur devant la contruction de l’UMA. Même les pseudos-militants de la gauche marocaine aimeraient voir le roi pervers régner de Tanger au Fleuve Sénégal. Heureusement que les rêves ne coûtent rien. Ils pensent que le Front Polisario est manipulé par l’Algérie mais ils ne voient pas la manipulation dont eux sont victimes de la part d’un régime sans foi ni loi. Leur mentalité ne difère guère de celle de leur Makhzen.

    De ce fait, les marocains, avec leur soutien à l’injustice et aux velléités expansionnistes de la monarchie alaouite, sont devenus un véritable obstacle devant l’épanouissement de la région.. Inconscients et aveuglés par la propagande noire du Makhzen, ils sont incapables de voir la réalité en face : l’ennemi des peuples maghrébins n’est pas le Polisario ni l’Algérie, mais celui qui est l’ennemi de tous les peuples africains : la France.

    En dépit de cela, ils osent demander la réouverture des frontières alors que le contentieux du Sahara Occidental n’est pas encore résolu. Mais l’Algérie est un pays souverain et elle n’est pas prête à livrer ses voisins au colonialistes ni à sacrifier le principe sacré de l’autodétermination. Les 43 années passées en sont la preuve vivante et le peuple sahraoui est plus déterminé que jamais à poursuivre la lutte contre les serviteurs du colonialisme français et ses sujets marocains.

    Tags : Maroc, Front Polisario, Algérie, UMA, Mauritanie, expansionnisme, France, françafrique,

  • Tchad : Il y a 40 ans, marsouins et bigors repoussaient une imposante colonne rebelle pro-libyenne à Abéché

    Ayant obtenu son indépendance le 11 août 1960, le Tchad a très vite confronté à une guerre civile motivée par des considérations ethnico-religieuse, le centre et le nord du pays, à majorité musulmane, ne reconnaissant pas l’autorité du président François Tombalbaye, issu de l’ethnie Sara, animiste-chrétienne et implantée dans le sud. Des mouvements rebelles virent ainsi le jour et se fédérerent, sous l’autorité d’Abba Siddick, au sein du Front de libération nationale [FROLINAT], avec le soutien de la Libye et du Soudan.

    Devant la dégradation de la situation, ses jeunes forces armées, avec seulement 1.800 soldats et 2.500 gardes nomades, étant dépassées, N’Djamena demanda l’assistance de Paris. Ce qui donna lieu, entre 1969 et 1972, à l’opération « Limousin » [ou « Bison »].

    Cette dernière, commandée par le général Cortadellas, mobilisa 2.000 militaires français, appuyés par des hélicoptères Sikorksy H-34. L’objectif était alors de mettre un coup d’arrêt à la progression rebelle et de restructurer l’armée tchadienne. Grâce à cette intervention, la situation s’améliora rapidement, les principaux postes installés dans le nord du Tchad ayant été reconquis au bout de quelques mois. Toutefois, le FROLINAT ne fut pas réduit. Le 11 octobre 1970, une embuscade tendue entre Faya et Bardaï fit ainsi 11 tués et 25 blessés dans les rangs français. Soit les pertes subies les plus importantes depuis la fin de la guerre d’Algérie.

    Toutefois, en 1972, il fut considéré que le FROLINAT, même s’il n’était pas totalement éradiqué, ne constituait plus une menace pour le pouvoir tchadien. L’opération Limousin fut donc terminée, avec 39 soldats français tombés au champ d’honneur.

    Pour autant, le coup d’État à la faveur duquel le général Félix Malloum [un « sudiste »] prit le pouvoir à N’Djamena, relança l’organisation rebelle, plus que jamais soutenue par la Libye du colonel Khadafi. À nouveau, la situation se dégrada rapidement.

    En février 1978, plusieurs localités [Faya-Largeau, Ounianga, Fada et Koro-Toro] tombèrent sous le contrôle du FROLINAT, composé désormais de forces militaires organisées et très bien équipées [missiles sol-air, mortiers de 120 mm, canons de 75 et de 106 mm sans recul, lance-roquettes RPG-7, etc]. Et N’Djamena sollicita une nouvelle fois l’aide de la France, l’armée tchadienne ayant perdu 2.000 hommes.

    Dans un premier temps, des éléments du 2e Régiment Étranger de Parachutistes [REP] et de la 9e Division d’Infanterie de Marine [DIMa] furent envoyés au Tchad dans le cadre de l’opération Citronnelle, avec la mission de porter assistance aux forces tchadiennes, toujours aussi faibles. Mais au vu de la situation sur le terrain motiva dans la foulée le déclenchement d’une autre opération française, qui, appelée Tacaud, mobilisa 2.000 soldats, des hélicoptères, un avion Atlantic de la Marine nationale et des chasseurs-bombardiers Jaguar de l’armée de l’Air.

    En avril, sur la route menant à N’Djamena, une colonne du FROLINAT, armée de missiles sol-air SA-7, parvint à s’emparer de de Salal, au bout de dix jours de combat et malgré l’implication des forces françaises, qui se replièrent finalement vers Moussoro. Mais ses pertes l’empêchèrent de continuer sa progression.

    Plus à l’est, une autre colonne rebelle prit le contrôle de la localité d’Ati [centre du Tchad]. Mais la réaction des marsouins du 3e Régiment d’infanterie de Marine [RIMa], renforcés par un peloton du 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC] et appuyés par les Jaguar fut déterminante. La colonne du FROLINAT dut battre en retraite, laissant derrière elle 80 tués et plusieurs véhicules détruits.

    Sur fond d’intrigues politiques et de revirements d’alliance à N’Djamena, les combats se durcirent [un Jaguar fut abattu dans la région de Djedaa]. Mais les troupes françaises surent y répondre en remportant plusieurs succès significatifs contre le FROLINAT, de plus en plus divisé. Ainsi, la composante Gorane dirigée par Hissène Habré se rapprocha du régime dirigé par le général Malloum, avant de rompre avec lui en 1979 et d’affronter, dans le même temps, la faction « Toubou » de Goukouni Weddeye.

    Une autre faction arabe et pro-libyenne, le Conseil démocratique révolutionnaire d’Ahmat Acyl, ne s’en laissa pas compter. Le 5 mars 1979, près d’un millier de ses combattants, lourdement armés [SA-7, mortiers de 82 mm, canons anti-aériens, mitrailleuses .50, etc] s’élancèrent vers Abéché, la deuxième ville tchadienne et chef-lieu de la région du Ouaddaï, au centre-est du pays. Face à eux, sous le commandement du colonel Hamel, un escadron du Régiment d’Infanterie Chars de Marine sous les ordres du capitaine Dominique Delort, et des éléments du 3e RIMa ainsi que des bigors du 11e Régiment d’Artillerie de Marine [RAMa].

    L’objectif d’Ahmat Acyl était de s’emparer de la ville [et surtout de son aéroport afin d’en faire une tête de pont pour faciliter l’approvisionnement libyen] tout en causant le maximum de pertes parmi les militaires français pour choquer l’opinion internationale.

    Dans l’ouvrage « Engagés pour la France : 40 ans d’OPEX« , le général Delort raconte :

    Nous sommes le 5 mars 1979, à Abéché, position clé de l’est du Tchad. Il est 12h30. Les 160 marsouins de l’escadron ont passé comme toujours une matinée bien remplie. Brutalement, une, puis deux fortes explosions. Non, ce n’est pas un dépôt qui saute en centre-ville! Une attaque, mais de qui? Une troisième, un obus à 50 mètres. Le capitaine commande ‘à vos postes, ouvrez les réseaux radio, prêt à démarrer’. Déjà, le colonel Hamel [soleil] et l’artilleur [rouge] sont sur les ondes.

    La ville est attaquée, la batterie est prise à partie, l’aéroport où se trouve l’escadron reçoit des obus. ‘Bleu de Soleil, faites le point!’ Il n’en faut pas plus pour que Delort [bleu] ordonne à Descamps, son fidèle chef de peloton, de s’engager en reconnaissance le long de la piste, jusqu’au contact. Devant la colline de la léproserie tchadienne étincellent les feux multiples des rebelles. Les canons et les mitrailleuses de Descamps sont en action. Il fait très chaud, les AML [automitrailleuse légère de Panhard, ndlr] tirent les explosions se mêlent à celles des [canons de] 105 des artilleurs.

    – ‘Bleu, les coups passent juste au-dessus de moi!

    – Reçu 10, mais au moins deux mètres au-dessus, appuyez au nord et contre-attaquez plein ouest sur cinq kilomètres! »

    Les hélicoptères arrivent et tirent leurs SS11 à tête antipersonnel qui se transforment en boules de feu. Il doit être près de 14 heures. Tout indique que la vivacité et la violence de notre réaction ont interdit aux troupes d’Acyl de lancer l’assaut…

    Durant les combats, le RICM perdit l’un des siens le caporal-chef Guy Parent, la tourelle de son AML ayant été transpercée par une roquette alors qu’elle allait dégager 6 marsouins « fixés » par l’ennemi.

    Mais les militaires français, largement inférieurs en nombre, infligèrent des pertes considérables aux hommes d’Ahmat Acyl. Ces derniers laissèrent sur le terrain plus de 350 tués et plus de 800 armes individuelles et collectives, allant du fusil d’assaut aux missiles SA-7, en pasant par les lance-roquettes RPG-7, les mitrailleuses.

    Par la suite, en août 1979,et après les accords de Lagos et la formation d’un gouvernement national de transition [GUNT] présidé par Goukouni Oueddei, la France décida de redéployer ses troupes à N’Djamena, où il fut mis en place une force d’interposition neutre, les troupes d’Hissène Habré n’ayant pas rendu les armes. Puis, en avril 1980, estimant les buts militaires atteints [accord politique, évacuation de plus d’un millier de civils, progression stoppée des pro-Libyens vers le sud], Paris mit un terme à l’opération Tacaud.

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  • Pourquoi les pays africains payent un impôt colonial en France malgré leur indépendance?

    Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

    Pour les pays nouvellement indépendant il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

    Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

    Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

    Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA ( franc des colonies françaises d’Afrique ), et créa la monnaie du pays.

    Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

    Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

    Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA ( imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants ).

    En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

    Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état menée par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

    De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus :

    Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

    Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta, aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

    Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

    En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

    Nombre De Coups En Afrique Par Pays
    Ex colonies françaises

    Autres pays africains

    Pays                                  Nombre de coup d’état

    Togo                                   1

    Egypte                                1

    Tunisia                               1

    Libye                                  1

    Cote d’Ivoire                      1

    Equatorial Guinea            1

    Madagascar                        1

    Guinea Bissau                  2

    Rwanda                              1

    Liberia                                2

    Algeria                                2

    Nigeria                                3

    Congo – RDC                      2

    Ethiopia                             3

    Mali                                     2

    Ouganda                            4

    Guinea Conakry               2

    Soudan                              5

    Congo                                3

    Tchad                                3

    Burundi                            4

    Central Africa                 4

    Niger                                4

    Mauritania                      4

    Burkina Faso                   5

    Comores                           5

    Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

    En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:

    «Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ] “

    Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que : «Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle”

    En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France . Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état . Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

    Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

    Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

    Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

    En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

    Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

    Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

    1 . La Dette Coloniale Pour Les Avantages De La France Colonisation
    Les pays nouvellement «indépendants» doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

    Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

    2 . Confiscation Automatique Des Réserves Nationales
    Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

    La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961 : Bénin, Burkina Faso, Guinée- Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo -Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

    La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

    Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

    En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français . Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

    Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

    Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

    La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

    La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

    Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

    L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

    3 . Droit De Priorité Sur Toute Ressource Brute Ou Naturel Découvert Dans Le Pays

    La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

    4 . Priorité Aux Intérêts Et Aux Entreprises Françaises Dans Les Marchés Publics Et Constructions Publiques

    Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

    En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

    En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

    5 . Droit Exclusif De Fournir Des Équipements Militaires Et De Former Les Officiers Militaires Des Pays

    Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

    La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourris des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

    6 . Droit Pour La France De Pré-Déployer Des Troupes Et Intervenir Militairement Dans Le Pays Pour Défendre Ses Intérêts

    Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

    Les bases militaires françaises en Afrique

    Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

    Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

    Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

    Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

    7 . Obligation De Faire Du Français La Langue Officielle Du Pays Et De La Langue Pour L’éducation

    Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé «Francophonie» qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

    Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

    8 . Obligation D’utiliser La L’argent De La France Coloniale Le FCFA

    C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

    Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

    9 . Obligation D’envoyer Le Rapport Annuel France Du Solde Et De Réserve
    Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

    10 . Renonciation À Entrer En Alliance Militaire Avec Tout Autre Pays , Sauf Autorisation Par La France

    Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux! ).

    Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

    11 . Obligation De S’allier Avec La France En Situation De Guerre Ou De Crise Mondiale

    Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

    Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

    Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

    Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

    Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

    Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

    C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?

    La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand “

    A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d’un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

    Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

    “Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”. SEKOU TOURE

    Mawuna Remarque Koutonin

    Article original : http://www.siliconafrica.com/france-colonial-tax/

    Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

    https://www.facebook.com/dossou.gaglozoun

    Source : Afrikhepri

    Tags: Afrique, France, françafrique, franc CFA, FCFA, colonialisme, 

  • Italy : L’Italie persiste et signe : La France vole les richesses de l’Afrique sans créer le développement

    Le gouvernement italien n’entend pas lâcher la France d’une semelle. En cause, la persistance de l’exploitation sans contrepartie autre que l’installation de la misère dont ne sont exemptés que les satrapes locaux, garants devant Dieu et les hommes des intérêts de l’…amère patrie. Lesquels, on s’en doute, ne vont pas manquer bientôt de voler au secours de la France tutrice, en qualifiant les déclarations des ministres italiens de « fausses »

    Le gouvernement italien n’entend pas lâcher la France d’une semelle. En cause, la persistance de l’exploitation sans contrepartie autre que l’installation de la misère dont ne sont exemptés que les satrapes locaux, garants devant Dieu et les hommes des intérêts de l’…amère patrie. Lesquels, on s’en doute, ne vont pas manquer bientôt de voler au secours de la France tutrice, en qualifiant les déclarations des ministres italiens de « fausses »

    Avec pour corollaire –l’être humain n’étant pas à une astuce près pour s’offrir un espace vital collant à son aspiration au mieux vivre- la montée en puissance des migrations des Africains vers l’Europe dont la porte d’entrée la plus facile à ouvrir est l’Italie.

    Après le Vice-président du Conseil des ministres Italien, Luigi Di Maio qui, dimanche -faisant écho aux Panafricanistes qui dénoncent cette déplaisante situation depuis des lustres sans bénéficier d’une oreille attentive de la France et des autres puissances occidentales-, a imputé au surcolonialisme français la formation de « l’Internationale Migrants » constituée en majorité des exilés socioéconomiques africains qui perdent la vie par centaines dans la Méditerranée, donc sans jamais atteindre l’eldorado, accusation réitérée lundi -jour même où la ministre des Affaires Européennes française Nathalie Loiseau faisait convoquer l’Ambassadeur d’Italie à Paris, Teresa Castaldo pour lui signifier ses protestations- c’était au tour de son collègue, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, de prendre la France à rebrousse poil : « Le problème des migrants a beaucoup de causes : par exemple, ceux qui ne vont pas en Afrique pour créer du développement, mais plutôt pour voler de la richesse au peuple africain. La France est parmi eux, l’Italie, non ».

    Un flingage en règle que le membre du gouvernement italien n’a pas manqué d’assortir de menaces de faire payer à la France le prix de ses errements politiques en Afrique

    « À partir d’aujourd’hui, ceux qui veulent débarquer en Italie, on va les emmener à Marseille. Je vais demander des sanctions contre les pays qui colonisent l’Afrique. La France imprime le franc dans les colonies pour financer une partie de sa dette : pour laisser les Africains en Afrique, il suffirait que les Français restent chez eux », a-t-il proféré sur la chaîne RTL, comme pour bien montrer l’accord parfait qu’il y a entre son allié Luigi Di Maio et lui sur la question.

    Même s’il faut dire qu’en ce qui concerne la crise migratoire dont ils ont déjà identifié la cause au même titre que les Africains, Salvini et Di Maio n’ont plus besoin de faire la preuve de la cohésion gouvernementale italienne. Ces derniers temps, que ce soit sur cette question ou à propos de la confiscation du pouvoir et de l’économie en France par une élite ploutocratique, les deux principales figures italiennes n’ont pas manqué de dire leur mot. Et généralement dans des termes inamicaux qui n’ont pas manqué de gêner leurs homologues hexagonaux.

    Source

  • Gabon : Ali Bongo Ondimba comparé à Fantômas

    Selon Richard Moulomba, président du parti politique d’opposition Alliance pour la Renaissance Nationale  (ARENA ), ce qui se passe au Gabon ressemble à un film de Fantômas. À cause des « apparitions furtives du président Ali Bongo ».

    Les gabonais sont habitués à voir un président qui aime les médias, a-t-il déclaré à la chaîne RTN, rappelant que « le président de la République est une institution de la République. Quand il arrive au Gabon, il a droit à un ensemble des honneurs. Il faut un protocole particulier et ce protocole n’existe pas du tout. On a l’impression d’assister à un film de Fantômas où on revient et on repart furtivement ».

    « On fait des apparitions comme s’il y avait quelque chose à cacher. Il s’agit du président de la République d’un pays et c’est une institution. Nous aimerions et nous aurions aimé voir que tout le protocole dû à son rang soit déployé pour qu’on voit bien le président de la république qu’on a l’habitude de voir », a-t-il ajouté.

    Pour M. Moulomba, « personne ne croit au montage qui a été fait. Parce que, en plus, aucun journaliste n’a été admis à le filmer ». « Il s’agit d’un chef d’État et non d’un bonhomme qu’on pourrait cacher à volonté et en faire apparaître comme s’il s’agissait de réaliser le film de Fantômas », a-t-il martelé.

    « S’il peut désormais venir ici, semble-t-il, s’il tient sur ses deux pieds, a  pleinement la motricité à ses deux mains alors que fait-il encore à l’extérieur du Gabon ? Pourquoi des apparitions furtives ? Pourquoi des apparitions à la Fantômas ? Pourquoi une existence à la Fantômas ? Le président de la République doit venir pour clore le débat sur la vacance du pouvoir et accepter que la presse ait accès à lui comme cela a toujours été, ce qui n’est pas le cas pour le moment » a-t-il souligné.

  • La Françafrique: le franc CFA – Une étude du néocolonialisme français à travers la monnaie

    Bonjour à tous et bienvenue sur mon blog. Je m’appelle Jonas, j’ai 21 ans et je suis inscrit à la KU Leuven pour suivre un master en communication multilingue. Dans le cadre du cours français, communication professionnelle, on m’a demandé d’enqûeter l’économie dans une région francophone du choix. Après mon voyage au Burkina Faso pendant les grandes vacances de 2018 (fortement recommandé), j’ai su immédiatement que je voulais traiter L’Afrique. Tout ce qu’il me restait était de trouver un sujet économique…

    Quand on pense à l’économie, on pense à l’argent, et celui qui pense à l’argent, pense à la monnaie. Par coïncidence, la monnaie du Burkina Faso et ces pays voisins, le franc CFA (FCFA), est soumise à de fortes pressions. Ainsi, mon choix était rapidement fait.

    Pour ceux qui pensent que j’ai probablement choisi un des sujets les plus ennuyeux du monde : vous avez tort ! Cette série de billets de blog ne couvrira pas seulement la monnaie elle-même, mais aussi l’histoire et surtout le passé colonial de L’Afrique, des démonstrations, le président français, la politique européenne, etc. Il y en a pour tous les goûts.

    Les problèmes entourant le FCFA sont essentiellement de nature économico-politique. Cette fois-ci je vais commencer par parler de la Françafrique, un terme qui nécessite sans doute quelques explications. Ce terme se compose de deux parties, la France et l’Afrique, et décrit la relation longue et très complexe entre l’Hexagone et des pays africains et surtout ces anciennes colonies.

    Cependant, certains disent que Françafrique représente France-à-fric, ou bien l’exploitation française de l’Afrique. (Pour ceux qui aiment le rap français, il y a un clip de Rockin’ Squat avec le même nom fourni d’un texte politique intéressant. Je mettrai un lien YouTube tout en bas !)

    L’expression Françafrique date de 1955, quand elle est utilisée pour la première fois par le président ivoirien Felix Houphouët-Boigny. La Côte d’Ivoire était en marche vers l’indépendance, mais souhaitait garder une forte relation avec son colonisateur, la France. Cinq ans plus tard, lorsque la Côte d’Ivoire est devenue indépendante, elle a en effet connu un grand progrès économique, en partie grâce aux Français.

    A cette époque, un homme important pour la France était Jacques Foccart. Comme secrétaire général de l’Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, il a été un personnage centrale dans la création du concept Françafrique (Wikipedia). A la demande du président de Gaulle, il a négocié l’indépendance de nombreux états africains. On dit souvent que de Gaulle et Foccart sont les pères fondateurs du néocolonialisme français.

    L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant. (Omar Bongo – Libération, 1996)

    Mais aussi après la présidence de de Gaulle, ce règne autoritaire poursuivit. Ainsi, le terme de la Françafrique resurface en 1998 dans un ouvrage réalisé par l’économiste François-Xavier Verschave, critiquant les relations franco-africaines. Selon lui, plusieurs présidents, comme par exemple Omar Bongo, ancien président du Gabon, ont été instaurés par la France, étouffant la démocratie.

    Ce sont surtout les pays riches en matières premières, comme le Gabon, qui intéressent la France. L’entreprise française Total y est responsable de 60 % de la production pétrolière, la plus grande source des revenus pour le pays. Le fait que la puissance française soit d’une grande portée ressort également de l’affaire Elf, en 1994, dans laquelle le Gabon était impliqué (Elf est l’ancien Total). Selon The Guardian : « Le plus grand scandale de corruption politique et d’entreprise à frapper une démocratie occidentale depuis la Seconde Guerre mondiale. »

    À l’époque de l’affaire, Elf appartenait encore au gouvernement français quand l’entreprise a été condamnée pour avoir détourné une somme extraordinaire de 350 millions d’euros afin de corrompre des politiciens en France et à l’étranger pour en obtenir des faveurs. De ce montant, 10 millions d’euros ont été versés au président gabonais, Omar Bongo. Avec cet argent et d’autres paiements scandaleux, il a acheté pas mal de de biens immobiliers en France, surtout à Paris.

    De plus, la France a négocié un accord de défense avec le Gabon pour y installer une base navale, qui permet à la France d’occuper un endroit stratégique pour mieux contrôler l’Afrique centrale. Même si cette défense bénificie aussi le Gabon, c’est surtout la France qui en profite.

    Ce que je voulais démontrer en traitant le cas du Gabon en profondeur, c’est que la France influence toujours, plus de 50 ans après l’indépendance des états africains, le monde africain, d’une façon directe et indirecte. On ne peut pas le nier. La question qui se pose est si le FCFA joue un rôle dans cette Françafrique.

    Pour en savoir plus, dans le prochain billet de blog, la semaine prochaine, j’irai plus en profondeur sur la monnaie elle-même et sur la façon dont elle a été installée.

    LE FCFA pour les nuls

    Le deuxième message et vous n’avez toujours pas abandonné. Il doit y avoir quelque chose d’intéressant dans le néocolonialisme français. Aujourd’hui, c’est exactement ce passé colonial qui sera abordé, car je parlerai de l’origine du FCFA, un des deux monnaies coloniales encore en service. L’autre est le franc comorien, une autre monnaie installée par les Français.

    La naissance du FCFA, à cette époque appelé le franc des colonies françaises d’Afrique, date du 26 décembre 1945, lorsque le décret numéro 45-0136 était signé par le président du gouvernement provisoire, de Gaulle, le ministre des Finances, Pleven, et le ministre des Colonies, Soustelle. Le franc métropolitain qui était en vigueur dans toutes les colonies depuis 1939, avait perdu sa valeur après la Seconde Guerre mondiale par dévaluation.

    C’était donc par générosité que les Français avaient décidé d’arrêter l’unité monétaire entre le Hexagone et les colonies, ou c’est bien ça que Pleven a prétendu. Pleven ne voulait pas que les colonies étaient influencées par la pauvreté française, comme c’est attentif!

    Au cours de l’année précédente, en 1944, lors de la conférence Bretton Woods, le fonds monétaire internationale (FMI) était né, ce qui dévaluait la valeur des monnaies les plus importantes. On voulait garantir une stabilité monétaire et éviter des crises économiques comme c’était le cas dans les années trente. Surtout la position dominante du dollar américain profitait de ce système. « Chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l’or, ou au dollar américain lui-même convertible en or. Il en découlait pour chaque monnaie une parité officielle en or ou en dollar » (Wikipedia).

    La nouvelle parité du franc français avec le dollar était 1 dollar contre 119.10 francs, contre 49,6 francs auparavant. La France était donc bien dans les beaux draps et elle avait un bon argument pour créer le FCFA, mais déjà dès le début, tout ne s’est pas passé comme sur des roulettes.

    Un problème majeur, ce sont les deux zones africaines différentes : la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, ici en rouge) et l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA, ici en vert). Quoique ces deux zones sont économiquement différentes, la France y a instauré une monnaie avec la même valeur, au lieu d’en créer deux.

    De plus, le franc CFA est fortement surévalué. À cette époque, 1 FCFA s’échangeait contre 1.70 franc métropolitain. Ainsi, la valeur du CFA était supérieur à celle du franc métropolitain, sans aucune raison. On peut penser que c’est intéressant d’avoir une monnaie forte, mais ceci n’est pas vrai. Pour l’exportation des produits, c’est mieux d’avoir une monnaie faible pour rivaliser avec l’Asie par exemple.

    En effet, il n’y a qu’une partie qui en profite, la France bien sûr ! « Le FCFA a en réalité été conçu afin de permettre à la France de reprendre le contrôle de ses colonies après les deux zones africains avaient diversifié leurs relations commerciales durant la guerre. Le franc CFA surévalué était intéressant pour Paris, puisqu’il permettait de rendre les produits de la métropole meilleur marché. De cette façon, les colonies devaient importer des produits de la métropole. À l’inverse, un franc CFA fort avait pour effet d’augmenter le prix des productions des colonies destinées à l’exportation, et ainsi, de les rendre plus chères par rapport à celles de leurs concurrents d’Asie et d’Amérique latine » (l’arme invisible de la Françafrique). Donc, de nouveau, les colonies devaient compter sur les Français pour l’importation ainsi que pour l’exportation.

    En général, le système du FCFA est basé sur quatre principes :

    1) la centralisation des réserves de change au Trésor public français.

    2) la fixité de la parité franc CFA/euro

    3) la convertibilité du franc CFA à l’euro

    4) la libre circulation des capitaux entre la France et les pays assujettis de la zone franc

    Selon l’Africa Europe Faith and Justice Network, « L’avantage de la stabilité monétaire (la ‘garantie française’) est contrebalancé par l’impossibilité pour les pays africains membres de jouer sur la fluctuation du taux de change (libre convertibilité) en temps que levier de politique monétaire ; de plus, le franc CFA est complètement dépendant de la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE). » Quoique le CEMAC et l’UEMOA ont des bancs centrals, c’est toujours la France qui fait des décisions sur l’arrière-plan.

    Professeur Nicolas Agbohou, université du Gabon, en dit le suivant: « La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges interafricains freinant ainsi le développement économique sous regional.Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France. »

    Dans les années soixante, lorsque les colonies devenaient indépendants, la France n’a pas voulu abandonner le FCFA. Pour votre information, le rand, par exemple, la monnaie officielle de l’Afrique du Sud, a été créée 3 mois avant la fondation de la République de l’Afrique de Sud, remplacant la livre sud-africaine.

    Dans les années qui suivent, quelques pays ont décidé d’abolir le FCFA et de commencer par émettre une propre monnaie. La Guinée était le premier en 1960, suivi par le Mali en 1962, Madagascar en 1963, la Mauritanie en 1973, la Réunion en 1975 et la Mayotte en 1976. Cettes trois îles dernières ont changé vers le franc français qui deviendra l’euro plus tard.

    Par contre, il y a aussi quelques pays qui ont décidé de rejoindre.

    Bizarrement, en 1984, le Mali, qui avait quitté en 1962 re-rejoint. La Guinée équatoriale et la Guinée-Bissau, les deux colonisés par les Portugais, rejoignent respectivement en 1985 et 1997.

    Aujourd’hui, d’autres pays membres pensent aussi à se débarrasser du FCFA, je traiterai leurs opinion dans l’article suivant !

    Bibliographie

    https://www.liberation.fr/planete/2009/06/07/avec-omar-bongo-c-est-un-bout-de-la-francafrique-qui-disparait_562718
    https://www.courrierinternational.com/article/2011/04/19/la-francafrique-restera-toujours-la-france-a-fric
    https://www.bbc.com/afrique/region-42144947
    https://www.theguardian.com/business/2003/nov/13/france.oilandpetrol
    https://youtu.be/QBds1wZxf0o

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gabon#Françafrique

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Françafrique_(livre)

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Françafrique

    http://aefjn.org/wp-content/uploads/2018/02/PRESENTATION-FRANC-CFA-JANVIER-2018-2.pdf

    https://youtu.be/LNGwl4x18pE

    http://cvu-togo-diaspora.org/2012/06/03/franc-cfa-explique-par-le-professeur-nicolas-agbohou/6573

    https://play.google.com/books/reader?id=_gxuDwAAQBAJ&hl=nl&printsec=frontcover&source=ebookstore&pg=GBS.PP1

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Franc_CFA

    https://en.m.wikipedia.org/wiki/South_African_rand

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Rand_(monnaie)

    Source