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  • Le Conseil de Sécurité maintient la pression sur la France et le Maroc

    Dans le but de contourner le principe d’autodétermination incessament invoqué par les résolutions du Conseil de Sécurité, la France et le Maroc se sont retranchés derrière le statu quo avec l’espoir de mater la résistance des sahraouis. Depuis le debut du mois d’avril ils se battent pour le renouvellement d’un mandat de 12 mois pour la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Mais Paris et Rabat se sont heurtés à la position ferme et unanime des membres du Conseil de réduire ce mandat à 6 mois.

    Selon le site What’s in Blue, qui suit de prés les activités de l’organisme onusien, « il semble que la plupart des pays s’accordent implicitement pour dire que la pression supplémentaire d’un renouvellement de six mois a permis au processus politique de progresser progressivement. Certains ont suggéré de tenir une discussion de fond sur les avantages et les inconvénients de la durée du mandat ».

    « Le projet de résolution inclut des références à la dynamique accrue du processus politique. Un membre a voulu incorporer un libellé appelant à «des gestes de bonne foi» de la part des parties, mais l’Envoyé personnel Horst Köhler avait exhorté le Conseil à le réclamer publiquement, mais cela a été jugé trop sensible et n’a pas été inclus dans le projet. (Des exemples de tels gestes pourraient être les visites de la famille ou les efforts visant à déminer le territoire) » ajoute la même source.

    Le Maroc a procédé dernièrement à la vente de la société Saham à un holding sudafricain. Rabat a agi ainsi dans le but de ralentir le soutien de Pretoria à la cause sahraouie. Après avoir organisé une conférence de solidarité avec le peuple sahraoui dans laquelle le président sudafricain, Cyril Ramaphosa a déclaré que la situation des Sahraouis « est un fléau pour la conscience humaine, d’autant plus qu’il y a trois décennies que la résolution 621 de l’ONU appelait à un référendum », l’Afrique du Sud vient de prouver qu’elle est loin de lâcher les sahraouis. Au Conseil de Sécurité, l’Afrique du Sud a cherché à poussé les membres du Conseil à mieux expliquer les mesures de confiance et les efforts visant à engager les partenaires dans ce sens. Pretoria et d’autres membres ont critiqué le caractère déséquilibré du projet de résolution américain qui prête à confusion.

    Selon le site What’s in Blue, lors des débats du Conseil sur le Sahara Occidental, l’idée de prendre des mesures pour remplacer la MINURSO par une mission politique spéciale (MPS) a été mise sur table. « Aucun autre détail n’est connu, mais ce concept pourrait entrer en jeu lors du prochain renouvellement du mandat de la MINURSO en octobre », a-t-il ajouté.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, ONU, MINURSO, Etats-Unis, France, Afrique du Sud,

  • Algérie – France: Le Maroc pris en flagrant délit d’intox

    Suite à la publication par Maghreb Intelligence d’une information sur une intervention officielle des autorités françaises auprès de leurs homologues algériennes concernant le cas de l’homme d’affaire Issad Rebrab, l’ambassade de la République Française en Algérie dément, dans un communiqué envoyé aux rédactions, toute « demande de renseignements sur les éléments du dossier judiciaire de l’homme d’affaires Issad Rebrab ».

    L’ambassade de la république française à Alger rappelle que la France « respecte la souveraineté de l’Algérie et celle de son peuple ami » et qu’elle ne s’ingère pas dans ses affaires intérieures et qu’elle n’a aucune volonté de le faire.

    Le communiqué de l’ambassade de France en Algérie a poussé Maghreb Online à supprimer la flagrante fake news dont le but était de semer la zizanie dans les relations franco-algériennes dans l’espoir de ralentir le rapprochement entre les deux pays initié par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Rabat craint que ce rapporchement n’affecte la position de la France sur le conflit du Sahara Occidental. Paris assure les intérêts du Maroc au Conseil de Sécurité lors des débats sur le processus de paix entamé par l’ONU il y plus de 30 ans en vue de régler ce contentieux qui dure depuis plus de 43 ans.

    Le Sahara Occidental étant une « cause sacrée » pour le Maroc, tous les coups sont permis, y compris l’intox.

    Pour rappel, Issad Rebrab est le PDG de la société Cevital et l’une des plus grosses fortunes de l’Algérie. Il a été arrêté dans la nuit du 30 au 31 mars pour « suspicion de fausses déclarations relatives au transfert de capitaux de et vers l’étranger et de surfacturation dans des opérations d’importation de matériel et importation de matériels usagés alors qu’il avait bénéficié des avantages douaniers, fiscaux et bancaires ».

    Les frères Kouninef et Ali Haddad sont d’autres hommes forts du monde algérien des affaires qui ont aussi été arrêtés pour différents motifs.

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario, France, ONU,

  • Maroc : Opération d’intox en vue de déstabiliser la France en Algérie

    Il semble que la France a lâché le Maroc au Conseil de Sécurité. Le dernier rapport du Secrétaire Général de l’ONU n’a pas été clément envers le Maroc.

    Pour la deuxième fois, le chef de l’ONU montre du doigt les autorités marocaines autant sur le plan des violations de l’Accord Nº1 que sur les mesures des restrictions imposées au territoire du Sahara Occidental que le Maroc a converti en prison à ciel ouvert.

    Le dernier rapport d’Antonio Guterres sur le Sahara Occidental dévoile que l’ONU continue d’être en conflit avec le Maroc à cause de la MINURSO, une mission qui non seulement n’a pas droit de porter des plaques onusiennes mais empêchée aussi de faire son travail concernant la situation de la population.

    La première fois que l’ONU a critiqué le Maroc pour ses actions contre la MINURSO était en 2012 lorsque Ban Ki-moon a dénoncé, entre autres, les activités d’espionnage auxquelles se livrent les autorités marocaines en vue de contrôler les mouvements des officiels onusiens. La réaction de Rabat a été le désavouement de l’Envoyé de l’ONU pour le Sahara Occidental, l’américain Christipher Ross.

    A l’époque, François Hollande venait d’être élu à l’Elysée après avoir gagné la bataille d’une campagne électorale où les marocains ont soutenu Nicolas Sarkozy. Hollande n’était pas des accoutumes de bienfaits de La Mamounia et il faisait peur aux marocains et le fait que son premier déplacement à l’étranger se fasse en Algérie a été la goutte qui a débordé la vase.

    En lisant le dernier rapport de Guterres, il y a lieu de se demander si la France n’a pas tourné, une nouvelle fois, le dos aux marocains au sein du Conseil de Sécurité.

    Le Makhzen, convaincu que ses alliés occidentaux, la France et les Etats-Unis, même si leur soutien au plan d’autonomie n’est plus à nier, n’ont pas l’intention de l’imposer aux sahraouis, s’agite dans tous les sens tellement la douleur est épouvantable. La douleur de se sentirimpuissant face au combat d’un peuple que les marocains, régime et citoyens, méprisent et villipendent.

    Ainsi les autorités marocaines, déçus par la France et par leurs mauvais calculs, ne savent plus à quel saint se vouer. Alors, ils annoncent l’implication de sahraouis dans des prétendues cellules supposément liées au terrorisme, multiplient les gestes envers les sionistes…. Et surtout se tournent vers leurs services secrets en vue de faire profit de la difficile situation en Algérie.

    C’est ainsi que la DGED monte des opérations des déstabilisation des relations franco-algériennes. Dans ce cadre, le site Maghreb Intelligence, une création des services de Yassine Mansouri, a publié le 23 avril 2019 une information censée être exclusive indiquant que l’Elysée avait demandé des explications après l’arrestation de Isaad Rebrab.

    Dans un communiqué transmis à la rédaction du site DIA, l’Ambassade de France en Algérie dément formellement les allégations du site Maghreb Intelligence selon lesquelles elle aurait « pris attache avec le ministère des Affaires étrangères algérien pour lui demander des renseignements sur les éléments du dossier judiciaire » de l’homme d’affaires Issad Rebrab.

    L’Ambassade de France en Algérie rappelle, une nouvelle fois, que la France respecte la souveraineté de l’Algérie et celle de son peuple ami, qu’elle ne s’ingère pas dans ses affaires intérieures et qu’elle n’a aucune volonté de le faire.

     Juste après le démenti de l’Ambassade de France, l’article a été supprimé.

    Le Maroc n’a plus rien à offrir à la France, son « amant » dont il n’est « pas particulièrement amoureux » mais qu’elle est « obligée à défendre », selon les mots de l’ancien ambassadeur français Gérard Araud. Rabat craint qu’à cause de l’épuisement des ressources marocaines, la France ne se tourne vers l’Algérie, un terrain encore fertile à exploiter et parasyté par les sociétés chinoises.

    Tags : Algérie, Maroc, Sahara Occidental, France, ONU. MINURSO, DGED, Maghreb Intelligence,

  • L’Elysée et la Françafrique : De Foccart à Macron

    Mise en place sous le général de Gaulle, la Françafrique – réseau d’influence informel, de nature politique, diplomatique, économique et militaire – est accusée par ses détracteurs de maintenir l’Afrique francophone sous la coupe du néocolonialisme français. Les présidents français successifs proclament sa disparition, tout en veillant à ce qu’elle demeure intacte. Retour sur ce réseau d’influence occulte qui croît depuis soixante ans au sein de la Vème République, jusqu’à en dévorer son hôte.

    Selon l’expression de Francois-Xavier Verschave, la Françafrique est « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement… ». Il ajoute : « ce système auto-dégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie ». (La Françafrique, le plus long scandale de la République, Stock, 1998).

    NAISSANCE DE LA FRANÇAFRIQUE

    Au moment de son accession au pouvoir en 1958, le général de Gaulle trouve un monde colonial en ébullition. La France peine à se remettre de son humiliation militaire à Dien Bien Phû (1954), de son humiliation diplomatique après la crise de Suez (1956), et subit une instabilité politique en Algérie qui précipite la IVème République vers l’abîme. Face aux mouvements politiques en faveur de l’indépendance qui émaillent l’Afrique du Nord, le général est conscient de l’incapacité de la France à tenir indéfiniment ses anciennes colonies. Souhaitant installer sa Vème République sur les décombres de la quatrième, de Gaulle s’engage donc vers le chemin de l’indépendance des anciennes colonies françaises sur toute la décennie des années 1960.

    Dans ses Mémoires d’espoir, le général de Gaulle parle d’une relation « d’amitié » et de coopération avec des chefs d’État qu’il considère comme ses « amis », afin d’ouvrir « le progrès » au continent africain. En réalité, il s’agit pour la France de garder les pays nouvellement indépendants sous tutelle économique, politique et militaire. L’ancien colonisateur ne souhaite pas voir laisser les anciennes positions géopolitiques et les fabuleuses richesses de l’Afrique sortir du giron d’une économie française en plein essor.

    Dans son entreprise, la France peut se targuer de contribuer à la lutte contre le communisme, en garantissant des pouvoirs qui resteront globalement réticents aux avances de l’URSS, qui fait de l’Afrique noire une priorité dans le cadre de la guerre froide –soutien à Patrice Lumumba en RDC, espoirs envers Modibo Keita au Mali ou encore Sékou Touré en Guinée. De même, le soutien des pays africains à la France dans les institutions internationales tout comme l’entretien de nombreuses bases militaires françaises en Afrique garantissent à l’armée française une projection opérationnelle sur tout le continent. En définitive, on en revient au désir du général de Gaulle de conserver la position mondiale de la France dans un monde dominé par les puissances américaines et soviétiques.

    Afin de matérialiser le vœu gaullien, Jacques Foccart est nommé à la tête du Secrétariat général des affaires africaines et malgaches en 1959. Mais Foccart est déjà un vieux baroudeur de l’Afrique : il gravite dans les réseaux gaullistes dès 1952 dans le cadre de l’Union française, cette institution voulue par la IVème République afin de garder les territoires africains dans le giron colonial français. Devenu rapidement intime du vieux général, Foccart le suit naturellement lorsque de Gaulle arrive au pouvoir en 1958.

    Très vite, Foccart organise un réseau d’amitié entre politiques, militaires et hommes d’affaires afin de maintenir l’emprise de la France sur le continent tout en organisant un véritable pillage de ses ressources. Celles-ci bénéficieront soit aux entreprises françaises (on pense à son ami, Pierre Guillaumat, dirigeant d’Elf), soit aux politiques français, soit aux potentats africains qui ne feront nullement, ou si peu, ruisseler leurs bénéfices vers la population. Afin de maintenir l’ensemble cohérent, Foccart s’appuie sur son grand ami Felix Houphouët-Boigny, Président ivoirien, avec un entretien téléphonique tous les mercredis. De même, le général de Gaulle se tenait informé quasiment en temps réel des évolutions politiques du continent africain par l’intermédiaire de Foccart. Mieux encore, c’est par ce secrétaire que passe les relations diplomatiques entre les chefs d’États africains et la France.

    Pour Foccart, la stabilité d’une Afrique dans le giron de la France passe par le soutien des chefs d’État dociles et la déstabilisation de ceux qui sont considérés comme hostiles à l’emprise française. Ainsi, en 1964, le Gabonais Léon Mba essuie un coup d’État militaire dans l’indifférence totale de la population. Très vite, les réseaux Foccart s’activent et, après de brefs combats, Mba est réintégré dans ses fonctions, avec comme vice-président un jeune prometteur : Omar Bongo. À l’inverse, Foccart soutien les opposants des chefs d’États hostiles à la Françafrique : Ahmed Sékou Touré a constamment dû subir les tentatives de déstabilisation de Foccart, tandis que le maréchal Mobutu bénéficie de sa bienveillance en République démocratique du Congo.

    Face à une telle violence, le pouvoir politique français doit être protégé, sous peine de passer sous les fourches caudines des institutions internationales. Il incombe donc à Foccart d’être en première ligne des coups d’États, assassinats ou arrestations qui émaillent l’Afrique, souvent à son instigation. Le principe est de garder le général de Gaulle hors de tout soupçon afin de conserver son aura historique de héros national et d’homme d’État à l’extérieur comme à l’intérieur du pays. Foccart était donc conscient d’être en première ligne, comme il le confiait à Alain Pierrefitte, porte-parole du gouvernement après l’épisode du coup d’État manqué contre Léon Mba : « Il ne faut jamais que le Général soit en première ligne pour ce genre de coups durs. Il faut les régler sans lui en parler. On parle en son nom. On le met au courant quand c’est fini. Il peut toujours nous désavouer si ça rate. » (in Jacques Foccart, dans l’ombre du pouvoir, Turpin Frédéric, CNRS éditions, 2018).

    L’APRÈS DE GAULLE

    Les convulsions du régime gaullien avec les événements de mai-juin 1968 ne changent pas grand-chose concernant le monde africain. Foccart continue d’officier sous Pompidou, avant d’être remplacé, sous Giscard, par son adjoint, René Journiac. Sous Giscard, Journiac s’est illustré par une empoignade mémorable avec « l’empereur » de Centrafrique, Jean-Bedel Bokassa, qui, de colère, lui a asséné un coup de canne sur la tête. Cette offense à la Françafrique lui a rapidement coûté son trône, avec une expédition militaire aéroportée mémorable de l’armée française vers Bangui. Après la prise de la ville, David Dacko proclame la chute de l’empire et l’avènement d’une République qui abandonne la volonté de Bokassa de se doter de la bombe atomique et de se rapprocher du colonel Kadhafi en Libye.

    En 1981, un vent d’inquiétude souffle sur la Françafrique : quelle sera l’attitude de François Mitterrand, candidat socialiste, face à l’Afrique ? Que cela n’en tienne, le « monsieur Afrique » de Mitterrand, Guy Penne, se comporte exactement comme ses prédécesseurs. D’emblée le nouveau conseiller va jusqu’à organiser un entretien entre le président et Foccart lui-même grâce à un ami commun, l’omniprésent Felix Houphouët-Boigny. Le travail de Guy Penne est tellement efficace que Foccart, s’exprimait dans une biographie peu avant son décès : « nous n’avions aucun désaccords profonds » (in Foccart parle).

    Car Guy Penne a dû s’occuper d’un des plus grands adversaires de la Françafrique : Thomas Sankara. Adversaire déclaré du système, le président Burkinabé s’exprimait sur la dette comme arme de la domination occidentale sur l’Afrique lors d’un discours à Addis-Addeba lors d’un sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) le 29 juillet 1987 :

    « La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n’est pas une question morale. Ce n’est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser ».

    Cette remise en question de l’hégémonie monétaire de la France et du franc CFA, monnaie des États africains dont la valeur est fixée en France, est intolérable pour le système, qui cherchera, de 1983 à 1987, à détruire Sankara par tous les moyens. Bien sûr, cette dureté est bien peu visible puisque l’on qualifiait à l’époque les relations entre le Burkina Faso et la France de « cordiale ».

    Car Thomas Sankara a bien des raisons de considérer la Françafrique comme un adversaire hostile. En 1983, Guy Penne est considéré comme un acteur essentiel de l’arrestation puis de l’emprisonnement du militaire. Son passage par la prison renforce son image de héros populaire, et contribue à la révolution qui renversera l’ancien président Jean Baptiste Ouédraogo. Mais cet épisode montre, aussi, que la Françafrique ne tolérera pas un homme d’État hors de ses réseaux, et, surtout, un idéaliste souhaitant débarrasser l’Afrique de la tutelle occidentale, et en particulier française.

    À l’instar de Foccart avec Guillaumat, Guy Penne sait s’entourer d’hommes capables de maintenir la cohésion du système malgré l’alternance. En particulier, Michel Roussin, ancien des services de renseignements, passé ensuite dans le cabinet de Jacques Chirac durant la cohabitation, pour terminer, aujourd’hui, dans le groupe Bolloré. De même, il a été à l’origine de l’éviction du jeune ministre de la Coopération, Jean Pierre Cot, qui fut le premier à remettre en question la politique africaine de la France. Il quitte le gouvernement en 1982.

    En 1986, suite à une affaire de détournement de fonds publics, Guy Penne doit quitter le navire pour laisser la place au fils aîné de François Mitterrand, Jean-Christophe. En prenant en compte le calendrier politique, l’éviction de Penne obéit plutôt à une volonté d’éviter un « mélange des genres ». En effet, 1986 est l’année de la cohabitation et Guy Penne est trop lié avec les milieux foccardiens, qui trustent les places auprès de Jacques Chirac, nouveau Premier ministre à Matignon. Mais l’éviction de Penne ne signifie pas la fin de sa carrière politique : dès septembre 1986, il est élu sénateur.

    Bien loin d’être vaincus par l’alternance, les réseaux foccardiens ont pu prospérer grâce à l’oreille des nouveaux acteurs au pouvoir. Mieux encore, les grandes lignes de la politique de Penne trouveront leur aboutissement avec la cohabitation. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné par un coup d’État monté contre lui par Blaise Compaoré, qui gouvernera le Burkina Faso jusqu’en 2014. Gauche ou droite, la défense des intérêts de la Françafrique sur tout le reste prime. En ce sens, il est avéré aujourd’hui que les services de renseignement français ont participé de près ou de loin à l’élimination de Sankara.

    LA MISE EN PLACE DES NOUVEAUX RÉSEAUX DE LA FRANÇAFRIQUE APRÈS 1986

    Très vite, la droite, à présent aux portes du pouvoir fait fructifier ses relations. Ainsi, Foccart promeut rapidement ses amis du Service d’action civique (SAC), une organisation paramilitaire, qualifiée de « police parallèle » qu’il a contribué à fonder en 1960 et qui a terminé ses activités en 1981. Parmi eux, nous retrouvons Charles Pasqua, dont Foccart fut le mentor à la fois au sein de la SAC et de la Françafrique. Le truculent deux fois ministre sous la cohabitation (à l’intérieur entre 1986 et 1988, puis entre 1993 et 1995) comprend le système de la Françafrique et y installe ses amis corses. Parmi eux, nous comptons Michel Tomi, ou encore la famille Feliciaggi, qui couvraient les chefs d’État africains de cadeaux, avec, en retour, l’accès à des marchés publics sans concurrence. La puissance des réseaux Pasqua était telle qu’on peut même parler d’une « Corsafrique » à l’intérieur de la Françafrique, ce que l’intéressé ne dément même pas en disant : « J’ai des amis corses, et alors ? Ce n’est pas un délit ». Mieux, il ne renie pas sa vision d’un homme au-dessus des lois, avec une phrase restée célèbre : « Je préfère qu’on me prenne pour un voyou que pour un con ».

    L’action de Pasqua amène indéniablement une dimension mafieuse à la Françafrique que Foccart et ses successeurs avaient subordonné aux intérêts de la présidence de la République. Dans le cas des réseaux de « Môssieur Charles », on assiste, pour la première fois à une autonomisation des réseaux de la Françafrique. Si ce vieux crocodile de la politique tient ses réseaux d’une main de fer, sa rupture avec Jacques Chirac et l’échec de ses ambitions présidentielles indique une première faille dans une Françafrique soumise à la direction de l’Élysée. En effet, après 1995, Pasqua continue d’entretenir ses relations avec l’Afrique en usant 1 % du budget du conseil général des Hauts-de-Seine (il en fut président de 1988 à 2004), pour la « coopération » avec l’Afrique. Ses mandats de sénateur, puis au parlement européen, ne le permettent pas de constituer une menace pour Jacques Chirac lors de l’élection présidentielle en 2002.

    La rupture avec Jacques Chirac amène une guerre des clans qui aura raison de la Françafrique telle que l’avait imaginée Foccart. Dans les couloirs feutrés de l’Élysée, une guerre sans merci s’engage entre :

    -D’un côté, un Foccart vieillissant et ses héritiers : Pasqua, Wibaux, et un nouveau venu, l’avocat franco-libanais Robert Bourgi, qui se distinguera pour avoir trahi de Villepin, et plus tard, participera à la chute de François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017.

    -De l’autre, une équipe composée de diplomates sous la houlette de Dominique de Villepin, avec, entre autres, Michel Dulpuch, qui sera le « monsieur Afrique » de l’Élysée entre 1995 et 2002. Foccart, lui, sera relégué à un rôle de « représentant personnel du Président » soit l’équivalent d’une disgrâce à ses yeux.

    Le président de la République, Jacques Chirac, soutient largement le second groupe, qui exile rapidement Bourgi, attend que Foccart veuille bien mourir, et consomme sa rupture avec Pasqua. Lorsque le fondateur de la Françafrique meurt le 19 mars 1997, de Villepin tente de faire transiter par lui tout ce qui a trait à l’Afrique, via le Secrétariat général de l’Élysée. Mais n’est pas Foccart qui veut. Son autorité sera constamment battu en brèche par le camp adverse et ne trouvera son salut que par la tutelle de Chirac.

    C’est dans ce contexte fratricide que le livre de Francois-Xavier Verschave sort. La Françafrique, le plus long scandale de la République met chaque camp face à ses responsabilités, bien que le camp Pasqua soit le plus touché, du fait même de sa nature fondamentalement mafieuse. Cependant, si les réseaux Foccart ne s’étaient pas entretués sur fond de lutte de pouvoir à l’intérieur du RPR, il aurait été peu probable que Verschave ait eu la matière suffisante pour son entreprise de dénonciation de ce système. De même, un réseau uni aurait eu tôt fait de minorer voire de passer sous silence son travail.

    LA FRANÇAFRIQUE AU XXIÈME SIÈCLE

    La division entre la Françafrique « mafieuse » et la Françafrique « des diplomates » n’est pas aussi binaire qu’on ne croit. Les liens entre les différents protagonistes plongent dans les deux camps et les chefs d’États africains, à l’image d’Omar Bongo, savent cultiver leurs relations. Afin que les deux faces de la même pièce se réunissent à nouveau, il faut un homme qui soit à la foi proche de Pasqua et dans les allées du pouvoir, un homme qui n’hésite pas à être impitoyable tout en laissant une bonne part aux activités mafieuses, et, surtout, un homme capable de détruire Dominique de Villepin et ses affidés, tout en imposant le retour des copains de Pasqua à Jacques Chirac. Cet homme, c’est Nicolas Sarkozy.

    Très vite, après l’élection de Sarkozy à la présidence, une nouvelle génération de descendants de Pasqua gravite autour du président de la République.

    Très vite, après l’élection de Sarkozy à la présidence, une nouvelle génération de descendants de Pasqua gravite autour du président de la République. Mais les deux camps de la Françafrique sont à présent irréconciliables : de Villepin est empêtré dans les affaires et ne peut ralentir sa chute, Juppé est relégué à sa mairie de Bordeaux tandis que Robert Bourgi signe son grand retour. Parmi les noms à retenir de cette nouvelle Françafrique, nous pouvons citer Vincent Miclet, passé à l’école de Charles Pasqua, Pierre Haïk, avocat de Xavière Tiberi, de Charles Pasqua, de Laurent Gbagbo (lorsqu’il était président), ou encore de Jean Marie Messier. D’autres noms apparaissent, comme le clan Djourhi, impliqué jusqu’au cou dans l’affaire des financements libyens de la campagne de 2007 de Sarkozy, et, bien sûr, Claude Guéant, le sulfureux secrétaire général de l’Élysée. Le tandem qu’il forme avec Bourgi sera à l’origine de la chute de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

    DE HOLLANDE À MACRON, UNE FRANÇAFRIQUE TOUJOURS LIÉE AU POUVOIR

    L’arrivée au pouvoir de François Hollande en 2012 s’accompagne d’une prétendue volonté de prendre ses distances avec la Françafrique qui est devenue, par l’entremise des réseaux Pasqua/Sarkozy, une véritable organisation mafieuse autonome qui déploie ses activités en dehors du giron français, à l’instar du clan Djourhi basé à Londres. Sans poigne forte pour tenir ces hommes d’affaires, sans homme providentiel capable de se réclamer de Pasqua ou de Foccart, la Françafrique est vouée à une autonomie qui frise l’indépendance face à l’Élysée. Souhaitant mettre ses distances vis-à-vis de cet encombrant héritage, François Hollande nomme comme conseillère Afrique Hélène Le Gal, qui tente une première mise à distance avec ce réseau. Cependant cette politique se heurte rapidement au ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, qualifié par Serge Dassault de « meilleur ministre de la Défense qu’on n’ait jamais eu ». Déjà vampirisé par Claude Guéant et Robert Bourgi sous le mandat de Sarkozy, le poste de conseiller « Afrique » se vide totalement de sa substance. Néanmoins, sans ces réseaux, la France doit trouver un nouveau moyen de conserver son hégémonie dans la région.

    Sous François Hollande, la France, débarrassée des reliquats des réseaux Pasqua/Sarkozy, trouve un nouveau moyen de pérenniser son emprise sur ses anciennes colonies à présent cibles des appétits américains ou chinois : la lutte contre le djihadisme. Par l’opération Serval, qui a refoulé les djihadistes au plus profond du désert, la France renforce sa présence au niveau sécuritaire, et contribue à la formation des armées maliennes et tchadiennes. Face à la résilience du djihadisme et à l’apparition de Daesh en Afrique via la Libye en 2014/2015, la France se dote de nouvelles bases militaires, notamment en Côte d’Ivoire en 2014. De même, l’opération Serval est remplacée par l’opération Barkhane qui continue la lutte contre le djihadisme. Or actuellement, les djihadistes trouvent de nouveaux terrain où se développer vers le Burkina Faso alors que Boko Haram monte en puissance au Nigéria. L’ère Jean-Yves le Drian est donc profondément marquée par cette évolution sécuritaire et stratégique de la France dans son emprise envers ses anciennes colonies. Là encore, des vieux briscards de la Françafrique sont mobilisés dans cette nouvelle orientation, comme le Président tchadien Idriss Deby, dont la longévité au pouvoir depuis 1990 lui a fait connaître les années Pasqua.

    Emmanuel Macron, annonce, lui aussi, sa prétendue volonté de s’écarter des années de la Françafrique, et nomme, après sa victoire à la présidentielle de 2017, Franck Paris au poste de conseiller pour l’Afrique. L’idée de Macron serait de remplacer les réseaux d’influence français en Afrique par un « soft power », permettant à la France de se blanchir tout en conservant son influence dans les anciennes colonies. En ce sens, Franck Paris travaille donc à la création d’un « conseil présidentiel pour l’Afrique », composé d’entrepreneurs, chercheurs, journalistes etc, qui appartiennent à la diaspora africaine en France et qui agiraient en relais entre une diplomatie élyséenne rénovée et la société civile africaine.

    Au final, personne n’est dupe : la nomination du Franck Paris comme la création de ce « conseil présidentiel » n’est qu’un paravent qui cache mal la pérennisation de ces réseaux d’influence.

    Mais c’est sans compter Le Drian et son influence. De la même façon qu’avec Hélène le Gal, Le Drian reprend la main sur la politique africaine et par son approche sécuritaire. De même, la nomination d’Édouard Philippe, directeur des affaires publiques d’Areva de 2007 à 2010 laisse un mauvais signal pour ceux qui voulaient enterrer la Françafrique. Durant cette période, Philippe protège les intérêts d’Areva auprès de l’Assemblée nationale, en particulier sur le sujet des mines d’uranium au Niger. Finalement, personne n’est dupe : la nomination du Franck Paris comme la création de ce « conseil présidentiel » n’est qu’un paravent qui cache mal la pérennisation de ces réseaux d’influence.

    L’année 2017-2018 voit Macron entamer un « règne personnel » sur les sujets africains. Il débute une tournée africaine où il s’adresse directement à la jeunesse. Il vante le « défi civilisationnel de l’Afrique », s’emploie à charmer ses interlocuteurs via des discussions « sans filtre », et ouvre les archives françaises sur l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. De même, en mai 2018, Macron reçoit les deux potentats libyens les plus influents, Fayez Al Sarraj et Khalifa Haftar, et initie les accords de Paris, qui annoncent la tenue d’élections présidentielles pour le 10 décembre 2018 en Libye. C’est sans compter sur la situation locale explosive. L’organisation d’un scrutin est impossible, alors que les Italiens ne souhaitent pas voir la France s’immiscer davantage dans leur ancienne colonie. Donald Trump s’est empressé de soutenir l’Italie, réduisant à néant le poids diplomatique français et entraînant logiquement une humiliation lors de la conférence de Palerme en novembre dernier. Après cette déconvenue lourde de sens pour la position française en Afrique, Le Drian, à nouveau, reprend la main sur la question africaine.

    « Désireux de peser à nouveau dans le jeu libyen et souhaitant stopper l’hémorragie causée par la perte de ces juteux marchés africains, Macron se tourne vers les seuls hommes capables de lui prodiguer l’un comme l’autre : les réseaux Pasqua/Sarkozy ».

    Humilié diplomatiquement et sans poids de premier ordre, Macron doit donc se rallier à l’approche sécuritaire de Le Drian, dont la nomination au quai d’Orsay ne remet pas en question ce tropisme. Sa grande entourloupe de « soft power » est remise aux calendes grecques, et le « conseil présidentiel de l’Afrique » parqué dans les locaux de l’Agence française de développement (AFD). De plus, la mise au ban des réseaux Pasqua/Sarkozy de la Françafrique a conduit à une quasi indépendance de ces hommes d’affaires. Ils n’hésitent plus à travailler pour des investisseurs étrangers, comme le Qatar, la Turquie, l’Arabie Saoudite, etc… Il en résulte une ouverture des marchés africains qui attirent les investisseurs et que la Chine comme la Russie ne mettent pas longtemps à en voir le potentiel. Or sans ces hommes d’affaires ayant l’oreille des dirigeants africains, la France, mécaniquement, à moins de poids pour faire valoir ses arguments face à ses concurrents. Il en résulte donc une pénétration de la Chine et de la Russie, très visible en Centrafrique, et qui bouscule sérieusement la suprématie française traditionnelle dans la région. Doit-on voir dans le rapprochement entre Macron et Sarkozy le désir de la part du Président de peser à nouveau dans le jeu libyen et de stopper l’hémorragie causée par la perte de ces juteux marchés africains – l’ex-président étant l’un des seuls à même de lui fournir le réseau suffisant pour y parvenir ?

    L’indépendance accrue des réseaux françafricains se matérialise par l’émergence d’une troisième génération de la Françafrique, après les bébés Foccart et les réseaux Pasqua/Sarkozy. Ces nouveaux réseaux, constitués de jeunes loups comme Charki, Djourhi junior ou encore Julien Balkany (le jeune frère du maire de Levallois), qui inaugurent de nouvelles pratiques et de nouvelles méthodes vers une organisation hors-sol qui sera de plus en plus mondialisée.

    Non content de tremper avec les pires réseaux que le milieu d’affaires français est capable de produire pour réparer les erreurs de son aventurisme diplomatique puéril, Emmanuel Macron doit, aujourd’hui, courir après ces personnes afin de les réintégrer dans le giron élyséen.

    Non content de tremper avec les pires réseaux que le milieu d’affaires français est capable de produire pour réparer les erreurs de son aventurisme diplomatique puéril, Emmanuel Macron doit, aujourd’hui, courir après ces personnes afin de les réintégrer dans le giron élyséen. Au prix, probablement, de davantage de révélations dans cette collusion entre le milieu macronien et la Françafrique. Plus largement, ces milieux de la Françafrique ont toujours su graviter autour du pouvoir et se sont réinventés avec une très grande adaptabilité à chaque alternance. Cette force de ces réseaux, tout comme son étendue et sa profondeur au sein des institutions et de l’Histoire de la Vème République, amène une question : sera-t-il possible de tuer le pouvoir de la Françafrique sur l’exécutif sans abolir la Vème République ? Mais le problème peut aussi se poser en sens inverse : serait-il concevable d’abolir la Vème République sans d’abord tuer le pouvoir de la Françafrique ? Finalement, les deux se confondent tant, et partagent une histoire commune au point qu’il est quasiment impossible de les distinguer.

    Pour aller plus loin :

    Beau Nicolas, La maison Pasqua, Paris, Plon, 2002

    Foccart Jacques, Foccart parle. Entretiens avec Philippe Gaillard, 2 tomes, Paris, Fayard-Jeune Afrique, 1995-1997

    Pigeaud Fanny, Ndongo Sylla, L’arme invisible de la Françafrique, une histoire du franc CFA, la découverte « cahiers libres », 2018

    Turpin Frédéric, Jacques Foccart, dans l’ombre du pouvoir,CNRS éditions, 2018.

    Verschave François-Xavier, La Françafrique, le plus long scandale de la République, Stock, 1998

    Le documentaire de Silvestro Montanaro : « Thomas Sankara…et ce jour là ils ont tués la félicité ». https://www.youtube.com/watch?v=94hBLBThVdo

    Sur la Françafrique version Sarkozy :      https://survie.org/themes/francafrique/article/nicolas-sarkozy-et-la-francafrique

    Un article du monde sur la Françafrique version Hollande : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/07/la-francafrique-ressuscitee-d-hollande-l-africain_4993714_3212.html

    Un article sur les débuts de la Françafrique version Macron : https://survie.org/themes/francafrique/article/emmanuel-macron-en-chef-militaire-au-mali-le-symbole-d-une-francafrique

    Un article sur les amitiés louches de Benalla : https://www.liberation.fr/france/2019/01/06/info-libe-les-amities-louches-de-benalla_1701361

    Source : Le Vent Se Lève, 29 mars 2019

    Tags : France, Afrique, Françafrique, spoliation, colonialisme, pillage,

  • Marocleaks : El Wikileaks que destapó los periodistas franceses a sueldo de Marruecos

    Wikileaks en Marruecos: un culebrón con periodistas extranjeros a sueldo

    Desde principios de octubre Chris Coleman, un perfil anónimo, y las autoridades de Marruecos juegan al ratón y el gato en las redes sociales. El primero cuelga, sobre todo en Dropbox, un servicio gratuito de almacenamiento online, documentos y correos confidenciales que anuncia a través de Twitter; los segundos solicitan que se borren esos archivos y hasta han logrado que se cierre la cuenta desde la que tanto les incordian. Él abre otra.

    El que se esconde detrás de Chris Coleman no es un profesional al estilo de Julian Assange y el equipo de Wikileaks. Es probablemente un hacker, con simpatías por el independentismo saharaui, a juzgar por algunos de los perfiles a los que sigue en Twitter. Si fuera más ducho y dispusiera de más recursos habría abierto una página web en algún remoto servidor en la que colgaría el material robado.

    Si fuera más astuto tampoco mezclaría documentos de sumo interés con otros privados e íntimos y además irrelevantes -como las fotos de la boda y cartas de la vice ministra de Exteriores de Marruecos- creando así cierta confusión. Cuesta un poco separar la paja del trigo.

    Los « papeles » revelados por Chris Coleman ponen al descubierto la labor del servicio secreto exterior marroquí, la Dirección General de Estudios y Documentación (DGED), que dirige Yassin Mansouri, para conseguir que think-tanks y periodistas de Estados Unidos y de Francia -hay también un caso en el Reino Unido- defiendan la « marroquinidad » del Sáhara Occidental y, de paso, arremetan contra Argelia y el Frente Polisario.

    El hombre clave aparenta ser Ahmed Charai, director del semanario L’Observateur du Maroc, que ordena las transferencias o hace los pagos en efectivo y da cuenta de ello a Mansouri o a su jefe de gabinete. Por llevar grandes cantidades de dinero en metálico y no declararlas fue detenido, en septiembre de 2011, en el aeropuerto de Dulles (Washington). Él ha reconocido que su correo ha sido pirateado desde 2010, pero asegura que los documentos publicados fueron manipulados. No explica en qué ha consistido la alteración.

    Charai intercambiaba correos con periodistas franceses que cobran 6.000 euros por artículo o que le pedían un anticipo de 38.000 euros en mano so pretexto de que debían mudarse de casa. A cambio le anunciaban que en sus informaciones dejarían, por ejemplo, caer que los terroristas de Al Qaeda que habían secuestrado a dos franceses en Malí venían de los campamentos de refugiados saharauis de Tinduf o que el Movimiento Autonómico de Cabilia, en Argelia, va ganando peso.

    En sus correos no se menciona a ningún periodista ni think-tank español aunque, a través de la empresa pública Office Chérifien des Phosphates (OCP), Rabat financia programas en al menos dos de ellos. La trama tiene, no obstante, una vertiente española porque fue Charai quién publicó en su semanario, en septiembre de 2008, el bulo que atribuía al expresidente José María Aznar la paternidad de la hija de Rachid Dati. La Audiencia Provincial le condenó en 2011 a indemnizar a Aznar con 90.000 euros que le abonó.

    Solo la prensa argelina y algunas publicaciones online afines al Polisario, como el blog del catedrático Carlos Ruíz Miguel, se han hecho eco de estas revelaciones. La prensa convencional marroquí las ha ignorado. Un puñado de diarios digitales sí las ha recogido, pero para hacer hincapié, generalmente, en documentos económicos o en las recomendaciones del ministro de Asuntos Exteriores, Salahedin Mezzouar, para que su hija obtenga un buen trabajo.

    En el Parlamento marroquí no ha habido ninguna pregunta no ya sobre cómo se gasta el espionaje el dinero público en seducir a periodistas -es un tema secreto- sino sobre un informe de la consultora McKinsey, encargado por el palacio real y entregado en septiembre, sobre la estrategia a seguir para desarrollar el país. Chirs Coleman lo puso en Dropbox. Nadie ha expresado tampoco en Rabat preocupación alguna porque correos de su servicio secreto salgan a la luz.

    Si la ausencia de debate en Marruecos no sorprende demasiado; la inexistencia de reacciones en Francia llama más la atención. Los periodistas cuyos nombres aparecen en los papeles de Chris Coleman no son unos desconocidos. Tres de ellos son reputados expertos en el Magreb -un cuarto desempeña un cargo clave en la televisión con más audiencia- y las revelaciones de Chris Coleman arrojan una sospecha sobre todo lo que han escrito y contado en tertulias estos últimos años.

    Francia es el país europeo en el que la prensa dedica más atención al Magreb, pero de los trapos sucios desvelados por el anónimo de Twitter no se ha publicado, a día de hoy, ni una sola línea. Será que en Francia también perro no come perro.

    Source : Orilla Sur, 22 oct 2014

    Tags : Maroc, France, Sahara Occidental, chris coleman, hacker, piratage, lobbying,

  • Sahara Occidental: Washington réclame un mécanisme des droits de l’homme

    Les tractions se poursuivent au Conseil de sécurité des Nations unies dans l’espoir de trouver un compromis sur le projet de résolution sur le mandat de la Minurso présenté par les États-Unis. Cette fois-ci Washington ne s’est
    pas limité au maintien de la réduction du mandat de la Minurso, mais a demandé la mise en place d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.

    Cela a provoqué un véritable blocage, selon le compte rendu présenté jeudi par le ministre des Affaires étrangères marocain au Conseil de gouvernement. Le communiqué rendu public par les services de Saâd-Eddine El Othmani indique que Nasser Bourita a expliqué que “la gestion de la Minurso et la promotion de certaines idées et projets improductifs” se rapportant à l’avenir de la mission onusienne, bloquent le projet de résolution américain.

    Il fait allusion aux difficultés que rencontre le Maroc pour faire face, une nouvelle fois, à la proposition des États-Unis de mettre en place un mécanisme indépendant chargé de la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.

    Une source diplomatique marocaine à New York a déclaré au média marocain Yabiladi à propos du déroulement des négociations autour du projet de résolutions, qu’“elles sont difficiles mais les nouvelles en provenance du siège des Nations unies convergent plutôt vers une issue satisfaisante pour le royaume.

    Parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, Rabat peut compter sur le soutien et la compréhension de trois États : la France, la Chine et la Russie”. La me même source a souligné que le “mécanisme” réclamé par les États-Unis, et ayant fait l’objet de la visite à Rabat de David Hale, et mentionné par Antonio Guterres dans son rapport, pourrait être remplacé par des visites régulières dans les villes du Sahara de délégations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

    Mais tout dépendra de l’issue des tractations et des pressions exercées par les soutiens du Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU sur la mission américaine, qui aura surpris plus d’un en présentant un projet de résolution prenant en compte la question des droits de l’homme.

    Jusque-là, la France, qui avait toujours réussi à éluder cette question des débats, y parviendra-t-elle cette fois-ci encore ?

    Merzak Tigrine

    Liberté, 20 avr 2019

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, ONU, MINURSO, Horst Kohler, Etats-Unis, France,

  • El abecedario de Frantz Fanon

    El pensamiento y acción del escritor, pensador y activista Frantz Fanon es crucial para entender los movimientos emancipadores a partir de los años 60 y 70.

    “Cada vez que la libertad y la dignidad humana se ponen en cuestión, nos concierne a todos, blancos, negros o amarillos (1)”, afirmaba este nativo de Fort-de-France (Martinica) para explicar su compromiso, en 1943, con el Ejército francés de liberación. Pero el joven soldado —herido de gravedad en el pecho por el estallido de un obús— no tardaría en confesar su desilusión: el racismo perduraba en las filas republicanas. Una década más tarde, siendo ya psiquiatra, se incorporó a la lucha por la independencia de Argelia, hasta el punto de presentarse como uno de sus conciudadanos y con el deseo de ser enterrado allí —como así se hizo a principios de los años 60, con tres de sus libros a su lado—. El autor de los ya clásicos Los condenados de la tierra y Piel negra, máscaras blancas consideraba que los análisis marxistas debían ser “ligeramente ajustados” cuando se trataba de pensar el colonialismo: un viaje, en 26 letras, sobre una de las grandes figuras revolucionarias del siglo XX.

    * * *

    Antisemitismo: “El antisemitismo me toca de lleno, me conmueve, me provoca un increíble rechazo que me debilita, me niega la posibilidad de ser humano. No puedo desolidarizarme de la suerte reservada a mi hermano. Cada uno de mis actos compromete a la humanidad. Cada una de mis reticencias, de mis miedos, expresa humanidad”. (Piel negra, máscaras blancas)

    * * *

    Burguesía nacional: “En el seno de esta burguesía nacional no se encuentran ni industriales ni inversores. La burguesía nacional de los países subdesarrollados no se orienta hacia la producción, la invención, la construcción o el trabajo. Se canaliza por completo hacia actividades de tipo intermedio. Estar en el circuito, en el entramado, tal parece ser su vocación profunda. La burguesía nacional tiene una psicología de hombre de negocios, no de patrón industrial”. (Los condenados de la tierra)

    * * *

    Colonialismo: “Reiterémoslo, todo grupo colonialista es racista”. (“Racisme et Culture”, Présence Africaine, junio-noviembre 1956)

    * * *

    Deshumanización: “Así pues, durante una primera fase, el invasor instala su dominación, afirma masivamente su superioridad. El grupo social subyugado militar y económicamente es deshumanizado según un método polidimensional”. (“Racisme et Culture”, Présence Africaine, junio-noviembre 1956)

    * * *

    Europa: “Es preciso que el tercer mundo retome la historia de la humanidad teniendo en cuenta, al mismo tiempo, las tesis, en ocasiones prodigiosas, defendidas por Europa y, también, los crímenes de Europa, de los cuales los más abominables habrían sido: sobre la persona, la dislocación patológica de sus funciones y el despiece de su unidad. En el marco de una colectividad, la ruptura, la estratificación y las tensiones brutales alimentadas por las clases. Finalmente, en la escala más amplia de la humanidad, los odios raciales, la esclavitud, la explotación y, sobre todo, el genocidio exangüe que supone la marginalización de la mitad de la humanidad”. (Los condenados de la tierra)

    * * *

    FLN: “El FLN interpela a la izquierda francesa y a los demócratas franceses pidiéndoles que apoyen toda huelga iniciada por el pueblo francés en contra del aumento del coste de la vida, contra los nuevos impuestos, las restricciones a las libertades democráticas en Francia, consecuencias directas de la Guerra de Argelia”. («Les Intellectuels et les démocrates français devant la révolution algérienne», El Moudjahid, diciembre 1957)

    * * *

    Genio: “Los nuevos vínculos no deben pasar por la sustitución de una barbarie por otra, ni por una nueva aniquilación del hombre por el hombre. Lo que queremos nosotros, argelinos, es descubrir al hombre tras el colonizador; ese hombre que es, a la vez, agente y víctima de un sistema que le asfixiaba y le reducía al silencio. Por nuestra parte, desde hace varios meses hemos rehabilitado al colonizado argelino. Hemos arrancado al argelino de la opresión secular e implacable. Nos hemos puesto en pie y avanzamos. ¿Quién puede retrotraernos a la servidumbre? Queremos una Argelia abierta a todos, propicia al genio. Así lo deseamos y así lo haremos”. ( L’An V de la révolution algérienne , Maspero, 1959)

    * * *

    Guardia: “El colonizado se mantiene siempre en guardia, descifrando con dificultad los múltiples códigos del mundo colonial. Ya que nunca sabe si ha traspasado o no el límite”. ( Los condenados de la tierra )

    * * *

    Historia: “El colono hace la Historia y es consciente de que la está haciendo. Y como se refiere constantemente a la historia de su metrópolis, deja claro que él es la extensión de esta metrópolis. La historia que escribe no es, por lo tanto, la historia del país que él saquea, sino que es la historia de su nación devastando, violando y matando de hambre”. (Los condenados de la tierra).

    * * *

    Invención: “Serán desalienados los negros y blancos que no se hayan dejado encerrar en la Torre sustancializada del Pasado. Yo soy un hombre, y tengo que llevar conmigo todo el pasado del mundo. De ninguna manera debo extraer del pasado de los pueblos de color mi vocación original. No es el mundo negro quien dicta mi conducta. […] En todas partes del mundo hay gente que se busca. Yo debo recordar en cada instante que el verdadero cambio consiste en introducir la invención en la existencia. Me creo interminablemente en este mundo hacia el que me encamino”. (Piel negra, máscaras blancas)

    * * *

    Jornada: “Es suficiente, para entender esta sensibilidad, con estudiar, con calcular simplemente, la cantidad y la profundidad de las heridas sufridas por el colonizado durante una sola jornada bajo el régimen colonial. En todo caso, hay que recordar que un pueblo colonizado no es simplemente un pueblo dominado. Durante la ocupación alemana, los franceses siguieron siendo hombres”. (Los condenados de la tierra)

    * * *

    Kenia: “En las colonias de poblamiento del tipo Kenia, Argelia o Sudáfrica se ha logrado la unanimidad: solamente la lucha armada provocará la derrota de la nación invasora”. (“Accra: l’Afrique affirme son unité et définit sa stratégie”, El Moudjahid, diciembre 1958)

    * * *

    Liberación: “La verdadera liberación no es esta seudoindependencia en la cual los ministros con responsabilidad limitada compadrean con la economía dirigida por el pacto colonial. La liberación es el fin del sistema colonial, desde la prevalencia del lenguaje del opresor y la transformación en provincias, hasta la unión aduanera que conserva, en realidad, al antiguo colonizado entre las redes de la cultura, la moda y las imágenes del colonialista”. (“Décolonisation et indépendance”, El Moudjahid, abril 1958)

    * * *

    Momificación: “La puesta en marcha del régimen colonial no conlleva de por sí la muerte de la cultura autóctona. Al contrario, a partir del análisis histórico se concluye que el objetivo pretendido es más una agonía continuada que la desaparición total de la cultura preexistente. Esa cultura, antaño viva y abierta hacia el futuro, se encierra, paralizada por el estatuto colonial, atrapada por el yugo de la opresión. A la vez presente y momificada, declara contra sus integrantes. Les define, de hecho, de manera irrevocable. La momificación cultural provoca una momificación del pensamiento individual. La apatía que se aprecia de forma global en los pueblos coloniales no es más que la consecuencia lógica de esta operación”. (“Racisme et Culture”, Présence Africaine, junio-noviembre 1956)

    * * *

    Negociación: “Durante las negociaciones sobre la independencia, se trataron en primer lugar las cuestiones ligadas a los intereses económicos: bancos, zonas monetarias, permisos de exploración, concesiones de explotación, inviolabilidad de las propiedades robadas a los campesinos durante la conquista, etc. De la empresa civilizadora, evangélica o cultural no se dijo una palabra”. (“Vérités premières à propos du problème colonial”, El Moudjahid, julio 1958)

    * * *

    Operación mágica: “Desde hace cuatro años no paramos de repetir a aquellos que ocupan el Parlamento francés que el colonialismo francés no será objeto de ninguna operación mágica y que, por lo tanto, resulta inútil esperar una desaparición progresiva”. (“Lettre à la jeunesse Africaine”, El Moudjahid, mayo 1958)

    * * *

    Pueblo negro: “Existen las mismas diferencias entre un antillano y un dakariano que entre un brasileño y un madrileño. Lo que se busca al englobar a todos los negros bajo el término de ‘pueblo negro’ es arrebatarles cualquier posibilidad de una expresión individual. Para así obligarles a responder de la idea que nos hacemos de ellos”. (“Antillais et Africains”, Esprit, febrero 1955)

    * * *

    Racismo: “El racismo vulgar, en su forma biológica, corresponde al periodo de la explotación brutal de los brazos y piernas del hombre. El perfeccionamiento de los medios de producción provoca el fatal camuflaje de las técnicas de explotación del hombre y, por lo tanto, de esas formas de racismo”. (“Racisme et Culture”, Présence Africaine, junio-noviembre 1958)

    * * *

    Siglo XIX: “Asimismo, frente al extraordinario poder de los hacendados blancos, la abolición de la esclavitud en el siglo XIX se mostró ineficaz para crear una mejora real de la situación de los trabajadores negros. Estos tuvieron que seguir trabajando como jornaleros en las plantaciones y, todavía hoy en día, sus miserables cabañas se levantan junto a la lujosa casa del propietario”. (“Aux Antilles, naissance d’une nation?”, El Moudjahid 1958)

    * * *

    Síndrome: “Síndrome norteafricano. Hoy en día, el norteafricano que se presenta a una consulta soporta el lastre de todos sus compatriotas. El de todos aquellos que no tenían más que síntomas, todos aquellos de los que decían: Nada a lo que agarrarse (entiéndase: sin lesión). Pero el enfermo que tengo aquí, frente a mí, cuyo cuerpo me obligo a suponer atravesado por una consciencia, un cuerpo que ya no es un cuerpo completo, o es al menos doblemente cuerpo por el desconcierto y el horror –este cuerpo me pide que le escuche sin demora– me provoca indignación”. (“Le syndrome nord africain”, Esprit, febrero 1952)

    * * *

    Tortura: “La tortura en Argelia no es un accidente, un error o una falta. El colonialismo no se entiende sin la posibilidad de la tortura, la violación o la masacre. La tortura es una modalidad en las relaciones ocupante-ocupado”. (“L’Algérie face aux tortionnaires français”, El Moudjahid, septiembre 1957)

    * * *

    Unidad: “La Unidad africana es una base a partir de la cual nos proponemos realizar los Estados Unidos de África sin pasar por la fase nacional chovinista burguesa con su comparsa de guerras y lutos”. (“Cette Afrique à venir”, Por la Revolución africana)

    * * *

    Voz: “Quiero que mi voz sea brutal, no que sea agradable, no la quiero pura, no la quiero transcendente. La quiero rasgada por todas partes, no quiero que se distraiga porque, en resumen, hablo del hombre y de su negación, de la podredumbre cotidiana de la humanidad, de su espantosa renuncia”. (Lettre à un français”, Por la Revolución africana)

    * * *

    Wright: “El hombre objeto, sin medios para existir, sin razón de ser, quebrado en lo más profundo de su esencia. Donde el deseo de vivir, de continuar, se hacen cada vez más borrosos, cada vez más fantasmagóricos. Es en ese momento en que aparece el famoso complejo de culpabilidad. Wright en sus primeras novelas da una descripción muy detallada”. (“Racisme et Culture”, Présence Africaine, junio-noviembre 1956)

    * * *

    Youssef: “Con [el bombardeo de] Sakiet Sidi Youssef el pueblo tunecino se ha convencido de que no solamente los franceses pretenden castigarlos por su solidaridad hacia el pueblo argelino sino de que también piensan tomar como pretexto esta solidaridad para reconquistar Túnez, demostrando así, de una vez por todas, que el Magreb es uno y que debe ser dominado por el imperialismo francés”. (“Le sang maghrébin ne coulera pas en vain”, El Moudjahid, febrero 1958)

    * * *

    Zona: “Una conferencia en Berlín pudo repartir el África desmembrada en tres o cuatro banderas. Actualmente, lo que importa no es que tal o tal región de África sea territorio de soberanía francesa o belga: lo que importa es que las zonas económicas estén protegidas”. (Los condenados de la tierra).

    1. Citado por Alice Cherki en Frantz Fanon, portrait, Seuil, 2011.

    El Salto Diario, 23 feb 2019

    Tags : Algérie, Frantz Fanon, colonialisme, peuple oprimmés, lutte de libération, France,

  • Un ministre allemand accuse la France d’avoir saboté le Projet Desertec en Algérie

    L’association des oulémas a fait état de révélations graves attribuées au ministre allemand de l’Energie, Peter Altmaier, cité, selon cette organisation, par la chaîne de télévision allemande ZDF, au sujet du projet d’énergie solaire prévu dans le désert algérien, Desertec, qui devait regrouper onze partenaires, dont le groupe énergétique algérien Sonelgaz.

    Des médias avaient déjà évoqué ce sujet, mais la version qu’en donne l’association des oulémas est tout à fait inédite, même si elle ne précise pas la date. «Nous voulions investir avec l’Algérie dans le plus grand projet solaire au monde, dans le grand désert algérien», aurait déclaré le ministre allemand, selon l’association.

    «L’Algérie pourrait alimenter l’Europe en électricité et gagner des milliards de dollars, mais le gouvernement de Bouteflika n’était pas de cet avis, car la France s’opposait fermement à l’idée que l’Algérie puisse se développer, diversifier son économie et sortir de sa dépendance aux hydrocarbures.

    L’Algérie aurait pu devenir l’un des plus gros exportateurs d’électricité au monde, mais la France a bloqué le projet, l’un des projets les plus importants et les plus lucratifs pour l’Algérie», aurait encore soutenu Peter Altmaier. Cinq groupes allemands, et pas des moindres, issus tous du pays le plus impliqué dans le très médiatisé projet Desertec, s’étaient retirés en 2014.

    Après Siemens et Bosch qui avaient pris leurs distances deux années auparavant, ce fut au tour du groupe de BTP et de services Bilfinger, de la compagnie d’électricité E.ON et du groupe bancaire HSH Nordbank de se désengager.

    Les principaux partenaires et associés du consortium quittaient ainsi le train avant même l’arrivée en gare, ce qui avait hypothéqué définitivement l’immense projet boudé par les Français. En plus de Sonelgaz, dix autres partenaires allemands, espagnols, tunisiens et marocains étaient impliqués dans Desertec Industrial Initiative.

    Le consortium regroupant des sociétés et des institutions européennes et du pourtour méditerranéen, créé en 2009, visait à l’origine à couvrir une part des besoins en énergie de l’Europe en exploitant le potentiel solaire et éolien du sud de la Méditerranée.

    Le coût total du projet s’élevait initialement à 400 milliards d’euros. Si, pour l’association des oulémas, le plus important dans le sujet est de nourrir le sentiment anti-français qui s’est davantage développé chez les Algériens depuis le début du soulèvement populaire du 22 février et qui transparaissait à travers les slogans, l’information en soi mérite d’être débattue et clarifiée auprès des responsables algériens. Car il s’agirait d’une opération de sabotage caractérisée de l’économie nationale.

    Source : L’Est Républicain

    Tags : Algérie, France, Allemagne, Projet Desertec,

  • Wikileaks : La situation des musulmans en France inquiètent les USA

    Le Département d’État de Washington conseille à la France de « donner una place aux musulmans » :

    Dans un câble diplomatique classé secret, l’ambassade américaine à Paris analyse, à travers plusieurs angles, la situation de l’islamisme radicale en France. Elle est inquiète à cause de ce qu’elle appelle « la marginalisation, l’exclusion et la discrimination dont sont victimes les musulmans de France inquiètent les américains ».

    Dans une note datée du 17-08-2005, et mis en ligne par Wikileaks le 2 décembre 2010, les analystes de l’ambassade américaine à Paris dressent un tableau peu reluisant du traitement réservé par les locataires de l’Elysée à cette catégorie de la population enfermée dans « des banlieues pauvres » situées à « l’extérieur des grandes villes de France ». Et même si les américains reconnaissent que la France réussit tant bien que mal à contrer la menace terroriste de l’extrémisme islamiste, ils ne manquent pas, néanmoins, de souligner que l’Hexagone comprend plus de « 9000 activistes » susceptibles d’alimenter à n’importe quel moment des filières du « Djihadisme ».

    Même la situation précaire des prisons françaises a été passée à la loupe. La note, qui cite des observations « confidentielles » des Renseignements Généraux Français précise que « pas moins de 50 % des détenus sont de confession musulmane ! Les mauvaises conditions carcérales et la détresse sociale de ces détenus ont créé un terrain idéal pour les recruteurs de l’islamisme radical ».

    Selon le câble diplomatique américain, 44 % des prisonniers convertis à l’islam tombent sous le charme de la tendance salafiste et 49 % de ces nouveaux salafistes n’ont jamais obtenu un diplôme dans leur vie. Plus étonnant encore, ce mémo révèle que les conversions à l’islam prospèrent au sein même de l’armée française où récemment  » 3,5 % de militaires français, y compris des officiers, s’étaient convertis à l’islam ».

    Non obstant, les diplomates américains nuancent ce constat. Pour eux, pour l’heure, rien ne prouve que ces conversions sont liées à des « raisons idéologiques ». Le mémo américain n’omet pas également de souligner que la France ne contrôle pas parfaitement le discours religieux produit en Hexagone par des imams dont la majorité ne parlent même pas français et, d’ailleurs, à peine 20 % d’entre eux, disposent de la nationalité française. Tous ses éléments constituent pour les services américains des ingrédients dangereux susceptibles d’alimenter une crise sécuritaire à même de nuire aux intérêts des Etats-Unis. Et ce risque demeure toujours important tant que les autorités publiques françaises rechignent à accepter la communauté musulmane comme une partie intégrante de « la société française ».

    Tags : France, Wikileaks, terrorisme, radicalisation, Islam,

  • Ingérence en Algérie: les services secrets russes auraient averti la France

    Tout est parti d’un tweet de Georges Malbrunot, grand reporter du Figaro. Il relaie une source diplomatique qui avance que les services de renseignement russes ont averti leurs homologues français que Moscou ne souhaitait pas d’ingérence des Français dans les changements politiques en cours en Algérie. Sputnik France a tenté d’en savoir plus.

    «Un confidentiel du Figaro nous apprend que les services de renseignements russes ont transmis le message suivant à leurs homologues français. “On ne veut pas d’une ingérence française dans le choix du nouveau régime algérien».

    Ce tweet daté du 9 avril a pour auteur Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro. Le journaliste cite cette information qui aurait pour source un diplomate français. Ce dernier assure que les services secrets russes ont averti la France qu’ils ne souhaitaient aucune intervention de Paris visant à influencer le changement politique en cours en Algérie.

    «Les services français ont répondu oui oui, mais ils n’ont tiendront pas compte, l’Algérie, c’est trop important pour nous», aurait ajouté le diplomate.

    Alain Rodier, ancien officier supérieur des services de renseignement extérieurs et directeur de recherche au sein du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) a livré son analyse à Sputnik France. Selon lui, il n’y a rien d’étonnant à ce que les services russes parlent avec leurs homologues français: «Je rappelle que nous avons des relations diplomatiques avec la Russie.

    À ma connaissance, les ambassades respectives sont toujours actives dans les deux pays. Le rôle des services de renseignement est aussi de maintenir des contacts avec leurs homologues étrangers sur des sujets d’intérêt commun, comme la lutte contre le terrorisme ou le crime organisé. Tout ceci se fait a priori, en dehors de considérations géopolitiques et entre professionnels.» Ce qui surprend plus l’ancien officier de renseignement, c’est la méthode:

    «Que les services russes aient dit aux services français de ne pas s’ingérer dans le changement de pouvoir en Algérie et que cette information sorte m’étonne. La première raison est que ce type d’échanges entre services doit rester secret. Un diplomate français aurait eu vent d’échanges entre les services russes et français. Or, à ma connaissance, les diplomates français n’ont pas accès à ce type d’échange. J’appelle donc à la prudence quant à cette source.»

    Sputnik France a contacté le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères. Ce dernier n’avait toujours pas donné suite à nos demandes de réaction au moment de la publication de cet article. Nous avons également sollicité les autorités russes afin de connaître leur point de vue et attendons leur retour.

    Echourouk Online, 12 avr 2019

    Tags : Algérie, transition, article 102, Bouteflika, France, Russie,