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  • Tebboune à Russia Today :  » L’Algérie aspire à renforcer ses relations avec la Russie »

    Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie aspirait à renforcer ses relations avec la Russie pour les hisser au niveau de l’entente et du rapprochement politiques entre les deux pays. Lors d’une entrevue accordée à la chaîne de télévision « Russia Today Arabic » diffusée vendredi, M. Tebboune a déclaré: « Nous souhaitons hisser nos relations avec la Russie, qui est quasiment un pays frère et non ami seulement, au niveau de l’entente politique et de la similitude des principes de libération », ajoutant vouloir voir ces liens franchir une nouvelle étape « pour le renforcement des relations économiques et culturelles avec ce pays auquel nous vouons estime et respect ».

    Dans ce sillage, le Président de la République a indiqué que l’Algérie était honorée de tisser des liens étroits avec la Russie, pays au legs historique et culturel, qui soient à la hauteur du rapprochement politique et de la convergence des vues entre les deux pays. « L’Algérie n’a et n’aura aucun problème avec la Russie, vu que nous partageons les mêmes principes », a-t-il soutenu. Dans le cadre des démarches communes visant le renforcement des relations bilatérales, le Président Tebboune a indiqué avoir reçu une invitation de son homologue Vladimir Poutine pour une visite en Russie, ajoutant que cette visite, qui le « réjouit », a dû être ajournée en raison de son agenda « chargé ».

    A une question sur le retour de la diplomatie algérienne au-devant de la scène internationale, à la faveur d’une intense activité, M. Tebboune a affirmé que l’Algérie, « par sa crédibilité et son intégrité », est « apte à jouer le rôle de médiateur » et « sa démarche est désintéressée car procédant des principes de sa Glorieuse révolution du 1er Novembre », rappelant « la grande expérience de l’Algérie dans ce domaine, notamment en matière de médiation et ce depuis l’indépendance ».

    « Le retour de la diplomatie algérienne est une revendication populaire, issue de la profonde conviction des Algériens en les vertus de l’unité, particulièrement lorsqu’il s’agit de nos frères (…). Il nous est difficile de voir un peuple arabe souffrir et de ne pas agir. Le cas est le même pour des peuples non arabes, la diplomatie algérienne est connue pour son rôle dans plusieurs questions à travers le monde (Timor Oriental, Sao Tomé et Principe, l’apartheid en Afrique du Sud, la question palestinienne, le Sahara occidental ainsi que le dossier libyen), a-t-il souligné.

    Pour le dossier libyen, le Président Tebboune a estimé que « les démarches de l’Algérie pour le règlement de la crise dans ce pays frère obéissent certes aux dénominateurs communs entre les deux pays et peuples, algérien et libyen, comme la langue, la religion et le voisinage mais surtout à un devoir de reconnaissance +inoubliable+ pour le peuple algérien à l’égard du peuple libyen à savoir son soutien à notre Guerre de libération nationale ».

    Quant aux nombreuses visites de responsables étrangers en Algérie, le Président Tebboune, a précisé que l’Algérie, partant de son principe de non alignement, veillait à « observer l’équidistance vis-à-vis de tous les protagonistes et tous les intervenants dans n’importe quelle question », assurant que « quand on veut jouer un rôle de médiateur, on doit faire attention à ne prendre partie ».

    Soulignant que tous les intervenants dans le dossier libyen « sont des pays frères et amis, que ce soit l’Egypte, les Emirats Arabes Unis, la Turquie ou la Russie », M. Tebboune a soutenu que « la voix de l’Algérie peut, ainsi, être écoutée, d’autant que son seul souci est de stopper l’effusion de sang dans ce pays frère et mettre un terme à la tragédie que vivent les Libyens, sans aucunes visées politiques, économiques ou expansionnistes ».

    Concernant la Turquie, le président de la République a déclaré: « nous avons avec ce pays de solides relations séculaires, et nos relations se poursuivent », cependant, a-t-il insisté, « l’Algérie ne peut être impliquée dans une politique qu’elle n’aura pas choisie. Notre politique, c’est nous qui la choisissons et ne peut nous être imposée », a-t-il ajouté. S’agissant de la visite prévue de l’Emir de Qatar, le Président de la République a indiqué que « l’Emir de Qatar est un frère qui est le bienvenu », précisant que « nous n’attendons aucune contrepartie ni des frères qataris, émiratis, saoudiens, égyptiens ni même d’autres pays amis ».

    Dans le même contexte, M. Tebboune a fait savoir qu’il voulait effectuer une visite en Arabie Saoudite, « mais mon agenda interne chargé avec l’ouverture de plusieurs chantiers m’a amené à reporter la visite à ce pays auquel nous vouons fraternité et considération », a-t-il expliqué.

    Concernant les relations avec le Maroc et la possibilité d’ouverture des frontières, le président de la République a affirmé que « pour qu’un mal disparaisse, il faudrait que ses causes le soient », soutenant qu’ »aucun reproche ne peut être fait à l’Algérie pour une insulte au Maroc ou à son peuple… ». « Le peuple algérien voue des sentiments d’estime et de fraternité à son frère marocain… », a-t-il ajouté, relevant la réciprocité du peuple marocain comme l’a démontrée l’ambiance de joie partagée dans plusieurs villes marocaines lorsque l’Algérie a remporté la dernière Coupe d’Afrique, organisée en Egypte.

    Quant aux frontières avec le Maroc, le Président Tebboune a dit que leur fermeture avait été « une réaction », précisant que cette fermeture « pour une deuxième fois, avait été plus douloureuse que lors de la première ».

    Dans ce cadre, il a rappelé la rencontre tripartite qui a réuni le défunt président Chadli Bendjedid et les Rois Fahd Ben Abdelaziz et Hassan II avant la réouverture pour la deuxième des frontières, lors de laquelle e Président Chadli avait déclaré: « Je crains la fermeture, une autre fois, des frontières qui serait très douloureuse pour les relations bilatérales ».

    Dès lors, a poursuivi le Président Tebboune, il a été convenu de laisser le dossier du Sahara Occidental entre les mains des Nations-Unies et de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) (UA actuellement), avec le rétablissement des relations de fraternité et des échanges commerciaux ». La décision de fermeture des frontières intervenait dans « une conjoncture qui nous était très défavorable et éminemment critique pour nous accuser de terrorisme et imposer le visa aux Algériens, d’autant qu’à ce moment un pays européen cataloguait tous les Algériens de +terroristes+ et avait fermé son espace aérien à l’Algérie (…) », a-t-il souligné.

    Mettant en avant la profondeur des liens entre les pays du Maghreb arabe, M. Tebboune a estimé qu’il « est difficile de parler le même discours lorsqu’il y a des intentions sous-jacentes. Nous, nous sommes clairs et notre pays est très lisible dans sa politique ». Dans ce contexte, le président a conclu en souhaitant « voir la situation, avec le Maroc pour lequel nous n’avons aucune animosité, aplanie loin de toute manoeuvre ou tentative d’isolement de l’autre… ».

    Concernant la position de l’Algérie au sujet de ce qui a été qualifié de +Deal du siècle+, le président de la République a rappelé que « la position de l’Algérie vis-à-vis de la Cause palestinienne, est une position de principe immuable », exhortant les Palestiniens à la réunification des rangs pour sortir de « la situation de division et de dispersion » que vit la Palestine et même les pays arabes. Se disant « convaincu » que ce deal « ne pourra aboutir, car non fondé sur des bases logiques, historiques ou éthiques, ni même sur les principes du droit international », M. Tebboune a déclaré que ce plan « est voué logiquement à l’échec » et que l’Etat palestinien « sera inéluctablement instauré ».

    Pour ce qui est du rôle que peut jouer l’Algérie, le président de la République a indiqué que les Etats Unis « sont un pays ami avec lequel nous n’avons jamais eu de problème. La voix de l’Algérie est la voix du droit. Il est question-là, de l’histoire d’une nation et n’ont d’une transaction commerciale », a-t-il soutenu. Affirmant qu’un « peuple entier ne peut pas être rayé comme ça de la carte », il a rappelé « les voix qui s’élèvent contre ce Deal au sein du Congrès américain et de l’Union européenne (UE), outre son rejet par les Etats issus des Mouvements de libération et même par une grande partie de la société israélienne, ce qui confirme que son sort c’est l’échec », a-t-il déclaré. « Il faut aller vers un Etat palestinien indépendant aux frontières de 1967 avec El Qods Echarif pour capitale », a soutenu le président de la République.

    Pour ce qui est de la Syrie, M. Tebboune a réaffirmé que l’Algérie, fidèle à ses principes, « ne peut accepter aucune atteinte à un ays arabe », rappelant que « la Syrie est l’un des pays fondateurs de la Ligue Arabe et un pays séculaire, dont l’effondrement ne nous est jamais venu à l’esprit ». Ce qui a affaibli la Syrie au niveau international », a-t-il expliqué, « c’est d’être le seul pays à n’avoir jamais envisagé la normalisation (avec Israël) et d’être un Etat de front, une position qui a sous-tendu, des années durant, sa politique, son économie et ses institutions, d’où un rétrécissement de l’espace démocratique et des libertés ».

    Concernant le calendrier des réformes politiques en Algérie, le Président Tebboune a affirmé que « le chantier de la révision constitutionnelle sera achevé au plus tard d’ici le début de l’été, et, avant la fin de l’année, nous aurons terminé avec la Constitution et le Code électoral pour parvenir, ainsi, aux élections législatives et locales ».

    Pour ce qui est des appels à la dissolution du Parlement et à l’organisation de législatives anticipées avant l’amendement de la Constitution, M. Tebboune a expliqué que « la logique dans la construction d’une maison, voudrait que l’on commence par les fondations ». La Constitution, a-t-il dit, est « le fondement de tout Etat et il n’est pas normal de commencer par des élections avant de définir le rôle des élus et la question du contrôle ».

    « Les mêmes raisons produisant les mêmes effets, la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections législatives conduira au même résultat, car l’argent sale continue à circuler et le trafic d’influence existe encore ». « Une fois réglementés tous ces aspects juridiques et criminalisées certaines pratiques, nous pourrons aller vers un Parlement dont la majorité des membres seront des jeunes intellectuels ayant suffisamment d’autorité morale pour agir », a-t-il poursuivi.

    En réponse à une question sur le Hirak populaire que vit le pays depuis une année, le Président de la République a affirmé « avoir qualifié le Hirak de +béni+ en connaissance de cause », précisant que « l’Etat algérien a frôlé l’effondrement et la disparition de ses institutions et cela s’inscrivait dans le cadre de l’agenda de ceux qui voulaient faire de l’Algérie une autre Syrie, une autre Libye ou un autre Irak ».

    Par ailleurs, M. Tebboune a indiqué que « le Hirak a sauvé l’Etat algérien également des dérives autocratiques et des velléités de perduration de la tragédie politique que vivait l’Algérie ». Après avoir rappelé le rôle du peuple algérien dans toutes les étapes phares de l’Histoire du pays, notamment durant la Guerre de libération nationale, M. Tebboune a souligné que « par ce Hirak, le peuple algérien a montré qu’il était un peuple pacifique, cultivé et politisé et qu’il n’était nullement violent ou terroriste comme le prétendaient même certains frères ».

    Les Algériens, a-t-il poursuivi, « ont donné ainsi des leçons au monde, notamment quant au caractère républicain de l’Armée nationale populaire (ANP), laquelle a démontré par son patriotisme qu’elle était la digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) », rappelant à ce propos qu’ »aucune goutte de sang n’a été versée ». « En barrant la route au cinquième mandat et au prolongement du quatrième, le Hirak a fait tomber les têtes qui ont mené le pays à cette situation et conduit à la poursuite de tous ceux qui exploitaient l’économie nationale à des fins personnelles et qui sont aujourd’hui en prison », a-t-il ajouté dans ce sens.

    Concernant le reste des revendications du Hirak, le Président Tebboune a précisé qu’il s’agit « maintenant de revoir le mode de gouvernance du pays, de garantir la plus large marge possible de libertés et d’instaurer l’équilibre entre les institutions pour éviter la domination de l’une ou l’autre, et partant, se prémunir contre tout dérapage vers l’autocratie et l’autoritarisme ».

    S’agissant des citoyens qui continuent d’investir la rue chaque vendredi, le président Tebboune a déclaré: « personnellement, je n’y vois aucun inconvénient, c’est leur droit et c’est ça la démocratie ». « La seule crainte, c’est les dérapages résultant de l’infiltration des rangs du peuple, même s’il en est conscient », a-t-il ajouté. Au volet économique, le Président Tebboune a affirmé que l’Algérie aspirait, sous son mandat, « à l’édification d’une économie propre et intègre, dont la principale finalité est la création de richesse et d’emplois et le traitement de la tragédie sociale infligée au citoyen ». « Il est impératif de sortir de la dépendance à la rente pétrolière et ‘aller à la quête d’autres ressources afin d’asseoir une économie qui n’est pas axée sur l’importation mais fondée sur des bases logiques et nationalistes, une économie profitant au pays et au citoyen et non à un clan d’oligarques », a-t-il insisté.

    Concernant le gaz de schiste, le Président de la République a rappelé que cette question « a été instrumentalisée pour susciter la colère ». « Je n’ai jamais dit que nous allions exploiter le gaz de schiste », a-t-il précisé, soulignant « avoir simplement relevé, chiffres à l’appui, que le développement et la croissance de l’Algérie nous ont amenés à consommer la moitié de notre production gazière ». Et d’affirmer « la décision est subordonnée aux conclusions des experts, c’est eux les spécialistes ».

    Dans ce contexte, M. Tebboune a déclaré que l’Algérie avait des trésors de ressources, dont la plupart non connus, mettant en avant « l’agriculture aussi bien dans le nord que dans le sud du pays ». L’agriculture saharienne, a-t-il relevé « n’est pas assez exploitée en dépit de l’existence d’eaux souterraines estimées à 15.000 milliards de m3, parfois à moins de 50m de profondeur, sans parler des grandes étendues de terres ». »Avec peu des moyens techniques, l’agriculture algérienne a pu produie, fin 2018, l’équivalent de 18 milliards USD », a-t-il poursuivi, évoquant « le potentiel humain important avec la sortie, chaque année, de 200.000 étudiants des universités algériennes ».

    Concernant le sujet de la devise, M. Tebboune a réaffirmé d’abord qu’une fois la situation économique améliorée », il « augmentera la valeur de l’allocation touristique pour préserver la dignité des Algériens ». Le marché parallèle de la devise servait « la contrebande », « d’où l’impératif de construire une économie propre et transparente avec une industrie réelle et non factice, une économie qui apporte des solutions au pays », a-t-il ajouté. M. Tebboune a mis en avant, dans le même ordre d’idée, l’importance de promouvoir le tourisme, de libérer l’initiative et de faciliter l’accès des jeunes aux crédits. Interrogé sur ses impressions au sujet du film documentaire sur « les zones d’ombre », projeté devant les walis lors de leur dernière rencontre avec le Gouvernement, le président de la République a indiqué que « ces images sont réelles et je les connaissais de par mon expérience en tant que responsable local, des années durant ».

    «Le plus triste est que personne ne s’est intéressé à la souffrance de ces citoyens et que tous étaient focalisés sur l’embellissement des villes », a-t-il déploré. Ace propos, le Président Tebboune a fait état de l’importance qu’il attachait au monde rural pour plusieurs raisons, notamment historiques, rappelant « les affres endurées par les populations rurales durant le colonialisme et même durant la période du terrorisme avec 70% des victimes ».

    La tribune des lecteurs, 24 fév 2020

    Tags : Algérie, Hirak, Abdelamjid Tebboune, Maroc, frontières, 

  • Algérie : Tebboune dévoile l’origine du conflit avec le Maroc

    Algérie/Maroc – Le président Tebboune s’est prononcé sur les relations algéro-marocaines, en évoquant les relations conflictuelles entre les deux pays.

    Durant son entretien avec la chaîne de télévision RT (Russia Today), ce 19 février, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a révélé la genèse du conflit entre l’Algérie et le Maroc, évoquant notamment la fermeture des frontières entre les deux pays voisins.

    « Les Algériens ont un sympathie particulière et une affection sincère pour les frères marocains. Lors de la victoire de l’Algérie à la CAN 2019, les deux peuples ont célébré dans la communion cet événement dans plusieurs villes marocaines. », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Concernant la question des frontières, leur fermeture a été une réaction doublement douloureuse comme réponse aux actions de la partie marocaine. Il y a d’ailleurs eu une rencontre [en 1987] entre le président algérien Chadli Bendjedid, président de l’Algérie, Hassan II, roi du Maroc, et en présence du roi Fahd d’Arabie Saoudite, où Chadli avait mis en garde contre une nouvelle fermeture des frontières. »

    Tebboune poursuit, en reprochant au Maroc d’avoir accusé les algériens de terroristes et d’avoir planté un couteau dans le dos, d’un pays frère, alors que ce dernier passait par une période extrêmement difficile. « L’Algérie a été accusée [par le Maroc] de terrorisme alors qu’un pays européen considérait tous les algériens comme de terroristes. Un pays frère n’est pas censé nous porter un tel coup. Sans parler de la fermeture [des frontières] et l’imposition d’un visa pour les ressortissants algériens. Nous avons eu une réaction naturelle face à cet incident. », explique-t-il.

    « Il est difficile d’être sur la même longueur d’ondes lorsque des anciennes rancœurs sont ravivés par des manœuvres, des complots, des collusions avec des ennemis et des liaisons mal-intentionnées. », confie le président avant de conclure : « Nous gardons espoir, et si Dieu le veut, les problèmes seront résolus. »

    Dzair daily, 22 fév 2020

    Tags : Algérie, Maroc, frontières, Maghreb,

  • Algérie : Tlemcen et la lutte contre la contrebande (Wikileaks)

    Tlemcen espionnée par des Américains en 2008 (Wikileaks)

    El Watan, 7 septembre 2011

    Plusieurs notes portant la mention «section confidentielle» et référenciées, émanant de la chancellerie américaine et transmises à la Maison-Blanche en décembre 2008, mettent en cause le wali de Tlemcen, des responsables, ainsi que des universitaires.

    Les confidences contenues dans le rapport sous les numéro 001282 à 002 003 indiquent en préambule que «Tlemcen est une région agricole arable dont est originaire le président Bouteflika, plusieurs ministres d’Etat et des conseillers (…) Il semble que la région s’est illustrée par son essor économique, en comparaison avec d’autres wilayas du pays». Le document secret évoque le wali dont il précise l’origine (un haut diplômé de l’Est algérien) cité nommément (Abdelwahab Nouri). «Il a consacré le plus clair de son temps à tenter de convaincre le gouvernement de la situation dangereuse de la wilaya de Tlemcen frontalière avec le Maroc, au lieu de porter son intérêt sur la création des richesses et d’emplois (…). Le wali Nourri Abdelwahab a moqué les Marocains pour leur pratique de céder à leur roi. Abdelwahab, un fonctionnaire de carrière, originaire de l’extrémité opposée du pays près de la frontière tunisienne, voit clairement la sauvegarde de ses frontières avec le Maroc comme une de ses principales missions.

    La frontière est poreuse et difficile à surveiller par les patrouilles.» Un autre responsable, dont la fonction n’a pas été révélée, a déclaré, concernant la contrebande dans cette région : «Nous avons souvent fermé les yeux sur la contrebande des oranges.» Une contrebande qui se pratique à dos d’âne sans cavalier. Les ânes sont maintenant souvent équipés d’un lecteur de cassettes et d’écouteurs… S’ils sont surpris par la police des frontières, les ânes sont simplement libérés, tandis que les contrebandiers sortent indemnes. En revanche, le trafic de cannabis est très rentable pour les humains. Commentant la réalisation d’infrastructures à Tlemcen, le document révèle : «Un responsable nous a dit que le wali supervise les dépenses de 10 milliards en USD de projets d’infrastructures dans la wilaya.» Dans la même note, il est aussi question de la main-d’œuvre chinoise. «Lors d’une visite du site, le recteur de l’université nous a montré le bidonville de baraques en parpaing où 300 ouvriers chinois vivent (…) La présence des ouvriers chinois n’était pas, pour nos interlocuteurs, quelque chose de perçue négativement, néanmoins, ont-ils noté, certains des ouvriers ne sont pas près de retourner en Chine à la fin des projets» et de rappeler qu’un ouvrier chinois a épousé une Tlemcénienne et ouvert une boutique à Tlemcen en s’inquiétant que plusieurs Chinois se sont convertis à l’Islam, comme ils sont inquiétés du port du hidjab chez les filles de cette ville conservatrice. Evoquant les plantations viticoles, le rapport rappelle : «L’acteur français Gérard Depardieu a récemment essayé de créer une coopérative dans la région de Tlemcen parmi les viticulteurs privés. Le projet, en dépit de la production de certains vins excellents, a échoué et nos interlocuteurs de l’ONCV ont apparu heureux de cette disparition.»

    Toujours à propos du vin, la note indique : «Après son retour de l’hadj, il y a deux ans, par exemple, le wali avait fermé les bars de la ville, profitant d’une loi permettant à la wilaya de contrôler la vente d’alcool. Maintenant, il y a un seul magasin dans la région viticole où l’alcool est vendu.» Enfin, entre autres révélations, cette note concernant la présidente d’une ONG, en l’occurrence Mme Khira Taleb. «Militante Khira Taleb, qui aide les femmes victimes de violence domestique, a expliqué que la société civile a stagné à Tlemcen comme, d’ailleurs en Algérie. Elle a déclaré que le ministère de l’Intérieur n’octroyait plus d’autorisations aux nouvelles ONG, par rapport à Alger. Fait intéressant, elle a affirmé que le dynamisme des ONG actuelles, à la fois à Tlemcen et au niveau national, a été largement sapé par la façon dont l’Union européenne a structuré son petit programme de subventions. L’UE a, cependant, décidé en 2006, à aider les associations à travers le ministère de la Solidarité, injectant ainsi un niveau de contrôle de l’Etat qui limite la capacité des ONG à fonctionner indépendamment.» Mme Taleb observe tristement :«L’Union européenne a détruit la société civile à Tlemcen.» Le 9 décembre, une délégation américaine, conduite par l’ambassadeur Ford, a séjourné à Tlemcen et s’était entretenue avec des responsables et des intellectuels de la région.

    Chahredine Berriah

    tags : Algérie, Tlemcen, frontières, Maroc, contrebande,

  • Voilà pourquoi le Maroc demande l’ouverture des frontières

    Le trabendo continue de faire rage à nos frontières ouest Une économie souterraine au service du développement du Maroc.

    Le trafic transfrontalier est un phénomène presque universel qui se limite dans la majorité des pays à un échange informel de produits rares ou onéreux dans l’un ou l’autre entre les populations riveraines, sans pour autant porter atteinte à la sécurité nationale de son pays, saigner son économie et détruire son potentiel infrastructurel.

    Ce qui se passe à nos frontières ouest n’est plus une affaire de simple trabendo, mais une grave entreprise criminelle organisée, planifiée, sans scrupule, sans aucun sentiment nationaliste et décidée à user de tous les moyens funestes pour satisfaire les commandes, toujours plus exigeantes et ciblées, des acolytes de l’autre côté de la frontière, pour ne pas dire les commanditaires attirés eux aussi par le gain facile, mais qui, contrairement à nos trabendistes, participent indirectement au développement socioéconomique de leur région en particulier, et de leur pays en général.

    Ils ne s’aventurent guère, à titre d’exemple, à voler les câbles téléphoniques ou électriques d’Oujda, Berkane, Ahfir ou Saïdia, pour ne citer que les villes frontalières, pour approvisionner en précieux métal de cuivre les ateliers algériens, ni priver leurs concitoyens de médicaments sensibles et très chers pour «se solidariser» avec nos hôpitaux et cliniques et enfin piller toute leur économie pour uniquement s’enrichir et créer une plus value, à moindre coût, dans nos régions frontalières.

    Les trabendistes marocains obéissent à un diagramme bien étudié dans les hautes sphères de la monarchie marocaine et ils l’exécutent à la lettre.
    Leurs activités sont encouragées et supervisées par la DST marocaine, avec laquelle ils sont tenus de collaborer, en lui fournissant tous les renseignements dont elle a besoin. Ces révélations nous ont été rapportées par un ancien baron de la drogue, D. Hachemi, condamné à de lourdes peines pour trafic de drogue par le tribunal militaire de Mers El-Kébir d’Oran dans les années 80, aujourd’hui retiré de ce milieu après avoir purgé 20 ans de prison. Il gère actuellement un grand café à Maghnia.

    «Je reconnais mes erreurs du passé sauf que nous avons acheté la drogue avec notre argent. Je peux vous affirmer que nous n’avons jamais bradé les produits de première nécessité ou un quelconque équipement pour acheter la drogue. Au contraire tous les produits que les trabendistes algériens ramenaient du Maroc étaient payés cash.» Et de souligner que «le trabendo a pris maintenant une grave dérive, sinon comment expliquer que des Algériens puissent saboter les équipements de leur pays ou priver leurs concitoyens de produits et médicaments vitaux pour le bien-être des populations d’un autre pays?»

    Il conclura en disant substantiellement que «tous les trabendistes marocains ne peuvent exercer leurs activités sans l’aval et la bénédiction du Makhzen qui régule ce trafic et leur impose une liste de produits qu’ils doivent obligatoirement ramener pour subvenir aux besoins des populations pauvres et sans aucune ressource économique, de l’Est- marocain, et en même temps prélever une dime sur chacune de ces transactions pour financer les collectivités locales, ‘’Aamala’’ de ces régions frontalières qui ne survivent que grâce au trabendo».

    Les trabendistes et le royaume

    Au moment où le trafic d’alcool en provenance du Maroc battait son plein, des distilleries clandestines ont été érigées le long de la bande frontalière pour mettre en péril la santé de nos compatriotes, avec des alcools frelatés, notamment les spiritueux et le Ricard qui ne répondent à aucune norme de sécurité sanitaire.

    Des millions de bouteilles ont été écoulées sur le marché national avant qu’un drame n’emporte 11 personnes à Sidi Bel-Abbès après avoir consommé cette boisson toxique, confirmée par des analyses biologistes.
    Ce «poison» était échangé à l’époque avec des médicaments subventionnés par l’Etat à coup de devises fortes, comme le Tagamet, un antiulcéreux inaccessible pour les bourses marocaines et tant d’autres médicaments vendus presque symboliquement par nos officines. D’autres échangeaient ces produits stratégiques contre des effets vestimentaires de qualité médiocre ou des fruits exotiques.

    Depuis l’ouverture de notre économie nationale, le trabendo marocain s’est reconverti en un véritable outil au service du développement et s’est transformé en une véritable connexion politico-financière et stratégique avec l’introduction de nouveaux acteurs influents ou autres décideurs pour faire pression sur l’Algérie afin qu’elle renonce à son soutien indéfectible à la cause sahraouie.

    L’argent de la drogue est mis alors au service du grand banditisme et du terrorisme. Le soutien et l’asile accordé à l’«émir» El-Ayada est la plus grande preuve de ce complot qui est loin de connaître son épilogue. Les campagnes médiatiques marocaines menées à ce jour contre notre pays confortent la thèse que «tant que l’Algérie continue de soutenir le Polisario, la manipulation marocaine est loin de s’arrêter».

    L’on sait la virulence avec laquelle a été accueillie au Maroc la chute de Kadhafi et comment les services marocains ont accueilli, hébergé et participé directement et indirectement au financement de la rébellion avec l’argent de la drogue. Le Maroc utilise donc la filière du trabendo pour, d’un côté, subvenir aux besoins des populations d’une région pauvre et sans ressources économiques, et, de l’autre, comme d’une arme au service du renseignement, de l’affaiblissement de l’économie algérienne et de son instabilité politique.

    Carburants, médicaments, produits alimentaires de première nécessité, engins agricoles et cheptel, tout y passe. Quant au cuivre, des unités de sa transformation ont été créées dans les zones frontalières. Et nos œufs, par jerricans, alimentent quotidiennement les usines marocaines de shampoings, sans omettre tous les matériaux de construction. Des villes entières se sont développées grâce à cet apport, à l’instar
    d’Ahfir ou Berkane qui n’étaient que des petites agglomérations, il n’y a pas si longtemps et qui sont devenues de grandes cités construites avec nos matériaux issus de la contrebande. En contrepartie, les trabendistes marocains ne nous livrent que de la drogue, quelques effets vestimentaires déclassés et certains produits alimentaires, de surcroît impropres à la consommation comme les olives dénoyautées dont 200 quintaux ont été saisis l’année dernière par les garde-frontières. Après analyses, il s’est avéré que ce produit représente un danger pour la santé publique.

    Une activité encouragée par le Makhzen

    A Araboz, commune de Bâb El-Assa, Roubane, Béni-Boussaid, Chébikia, Akid Lotfi, Sidi-Embarek, Douar Ouled Kaddour, Boukanoune, Mersat Ben-Mehidi, Sidi-Boudjenane, Souani et la région d’El-Aachach, toutes situées à la limite de la bande frontalière avec le Maroc, il existe des dépôts entiers pour stocker toutes sortes de marchandises destinées à la contrebande avec le Maroc.

    Sauf que chaque baron a sa limite territoriale et son créneau d’activité. Un genre de deal entre ces parrains de la «ruine» de l’Algérie.

    Hadj Rabah connaît très bien ce milieu et ne veut pas se cacher pour dénoncer cette situation qui met en péril notre économie et compromet notre sécurité nationale. «Jeune, j’ai fait du trabendo sans toucher aux choses interdites, mais détruire notre économie ou nos équipements comme le font certains voleurs et saboteurs relève d’un crime impardonnable», dira-t-il.

    Et de s’insurger : «Comment quelqu’un qui se dit Algérien détruit les installations de son pays pour développer un autre pays ? C’est de la haute trahison, ce n’est pas du trabendo. L’Etat doit revoir les sanctions vis-à-vis de ces traîtres», avant de souligner : «On échangeait des cigarettes, de l’huile, du café, du thé, du sucre avec des pantalons jeans, mais jamais je ne suis arrivé à un point où pour satisfaire un Marocain je prive tout un village d’électricité ou de téléphone.»

    Il s’est proposé de nous faire vivre et découvrir, de nuit, les dessous de cette économie souterraine. «Il ne faut pas faire un amalgame entre ceux qui font du trabendo par nécessité et les barons de la contrebande qui n’ont ni nationalité, ni moralité», dira-t-il alors que l’on roulait à bord de sa Mercédès. Et de se rappeler cette anecdote qui lui a coûté six ans de prison ferme.

    «Il y avait une grande crise de lait infantile en Algérie dans les années 80 à cause du trafic avec le Maroc où des quantités énormes ont été introduites, à un moment où ce produit était cédé à un prix dérisoire. Un soir, je devais réceptionner ma marchandise, des jeans et des habits pour femmes, au douar Salah où d’autres contrebandiers chargeaient à partir de leur dépôt des milliers de boîtes de lait infantile. J’ai alors chargé ma marchandise, mais je n’avais pas la conscience tranquille.

    En cours de route, je me suis dirigé tout droit vers la brigade de la gendarmerie de Sidi-Embarek, qui a arrêté les trabendistes et saisi le lait.
    Toujours est-il que ce contrebandier reconverti en homme d’affaires nous a permis, au cours de cette virée nocturne, de découvrir l’ampleur de ce trafic, malgré la présence de nos garde-frontières et le renforcement des dispositifs de contrôle. Il nous expliqua que le problème ne réside pas dans nos forces de sécurité, mais dans la complicité du Makhzen avec les contrebandiers marocains qu’il aide dans son entreprise.

    «Nos forces de sécurité combattent le trabendo parce qu’il porte atteinte à notre économie, sans parler de la drogue, mais le Makhzen n’a rien à craindre de ce trabendo qui n’est rien d’autre qu’une richesse pour l’économie marocaine.» Il dira, ironiquement et à juste titre, que l’un de ses amis, au moment où les frontières terrestres étaient encore ouvertes, avait tenté de faire introduire légalement un kg de pois chiches de qualité supérieure, dans l’intention de le faire semencer en Algérie.
    Il s’est vu opposer un refus catégorique de la part des douanes marocaines qui ont saisi le produit avec l’affirmation «que ce produit est interdit d’exportation par le Maroc».

    Zoudj Bghal ou Zoudj Fakou, l’âne reste incontournable

    Zoudj Bghal, devenu dans le jargon populaire local le poste frontalier «Zoudj Fakou», est presque désert, tout comme le poste de Boukanoun dont la commune n’est qu’à quelques mètres des frontières avec le Maroc. Mais c’est à partir de Chébikia et Sidi Boudjenane que nous apercevons des convois d’ânes chargés de marchandises et de jerricanes de carburant, sans guide, prendre le chemin des frontières.

    Notre guide nous éclairera en nous disant que «ces ânes connaissent la destination et n’ont besoin de personne pour s’orienter». Le reflexe de Pavlov nous est revenu à l’esprit sans pour autant négliger que le prix de l’une de ces bêtes dépasse, selon notre interlocuteur, «les vingt millions de centimes».

    La bande frontalière est très animée, y compris la nuit, malgré le nombre important de postes de contrôle. Dans cette économie souterraine et ce monde versatile, l’âne est l’élément central de ce vaste trafic. A ce sujet, Hadj Rabah nous dira que «les barons ne s’affichent jamais et ceux qui possèdent des dépôts le long des zones frontalières ne sont en fait que des intermédiaires.

    Les ânes qui sont chargés de marchandises commandées par les Marocains, à partir de ces dépôts, connaissent parfaitement les lieux de livraison.
    C’est un moyen de trafic utilisé uniquement entre l’Algérie et le Maroc. Entre l’Espagne, à travers Ceuta et Melilla par exemple, ce sont les femmes qui sont chargées de convoyer les effets du trabendo, essentiellement des habits dont la plus grande partie arrive jusqu’en Algérie.

    Les Espagnols ferment les yeux sur ce trafic, car il leur est fortement favorable et ne porte aucun préjudice à leur économie, comme c’est le cas de notre pays où cette région frontalière consomme l’équivalent de dix wilayas. Les chiffres ne sont pas utopiques.

    En carburant, le volume n’est plus à démontrer, de l’avis même des responsables de Naftal et des services de sécurité qui ont saisi, au cours des dix premiers mois de cette année, 335 000 litres de mazout. Quant aux semoules et farines, les préjudices sont énormes.

    Il existe dans la wilaya de Tlemcen 6 minoteries-semouleries, dont deux à Maghnia et une à Souani avec des surplus de production, sans compter l’unité d’Ouled-Mimoun qui couvrirait à elle seule les besoins de trois wilayas. Cette année la contrebande de ces deux produits a connu un regain sans précédent, après que le Maroc eut décidé de revoir à la hausse le prix des céréales.

    Ce qui a poussé des centaines de boulangeries à menacer de fermer chez nous, alors que, selon nos sources, toutes les boulangeries de l’Est-marocain sont approvisionnées grâce au trabendo avec l’Algérie.

    Une manne financière de plus de 6 milliards de dirhams par an
    D’après les spécialistes, le trabendo en provenance de l’Algérie rapporte au Maroc une manne financière de plus de 6 milliard de dirhams, soit 22 fois plus que ce que lui rapporte sa principale ressource, le phosphate et 150 fois la valeur des exportations de ses ressources agricoles vers l’Union européenne.

    Les raisons sont simples selon les analystes économiques : les populations de l’Est marocain, estimées à plus de 4 millions d’habitants, dont Oujda à elle seule compte plus de 2 millions d’âmes, vivent à 80% de produits algériens, se soignent avec nos médicaments, circulent avec notre carburant, construisent avec nos matériaux de construction et tous leurs étalages ne sont garnis que par nos produits : du chocolat jusqu’aux espadrilles en plastique.

    Lors de la décennie noire à ce jour, mais à des degrés moindres, fil chirurgical, sérum et vaccins prenaient le chemin des hôpitaux marocains à un moment où, des malades marocains se faisaient opérer dans nos cliniques et nos hôpitaux moyennant quelques dirhams.

    Ce qui représente une énorme charge en moins pour l’Etat marocain et une plus value pour son économie pour laquelle elle n’a investi aucun dirham.
    Pire, notre datte est exportée à partir d’Oujda sous le label marocain et les contrebandiers algériens achètent des palmeraies entières à Biskra et Tolga pour alimenter ce trafic. Que peut-on dire de toute cette catégorie de personnes qui a vendu son âme et sa conscience au diable pour quelques dirhams de plus, sans se soucier des intérêts suprêmes de son pays ?
    Des individus qui mettent en péril notre économie nationale, du fait qu’ils ne reculent devant rien. Seul l’appât du gain prime pour eux, avant des considérations nationaliste, patriotique ou économique. C’est là où réside le danger.

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    Tags : Algérie, Maroc, frontières, contrebande,

  • Algérie-Maroc : Histoire et convoitises du Makhzen

    Depuis l’indépendance de l’Algérie, les Marocains n’ont cessé de revendiquer des territoires du sud algérien. Si le plus souvent leurs revendications se limitent à Tindouf, certains poussent l’indécence jusqu’à citer le Touat, le Gourara et le Tidikelt, avec des références historiques à l’appui. Mais qu’en est-il en réalité ? Aya, parlons histoire.

    Pour bien comprendre certains aspects historiques, un rappel du contexte sociologique de l’époque s’impose. Au Sahara, la plupart des gens adhéraient à des ordres religieux, on appelait les adeptes de ces ordres des Foqara. Ainsi les chaamba de Métlili, Ouargla et El Goléa étaient des foqara de Sid Cheikh (Saint patron d’El Abiod) et de la qadiryia ; les gens de Touggourt et de Laghouat adhéraient principalement à la Tidjanyia (de Ain Madhi) ; les gens du Touat(Adrar), du Gourara (Timimoun) et du Tidikelt (In-Salah) adhéraient quand à eux aux tariqates de la bouchikhya (Sid Cheikh), Senoussia (Senoussi, de Jerboub en Lybie), Qadirya et Taybyia (de Cheikh Moulay Tayeb de Ouazzane au Maroc).

    De ce fait les gens du Sahara respectaient les chorfa (descendants du prophète) et vénéraient les saints hommes comme Moulay Abdallah Reggani (de Reggane) ou Moulay Ali Chérif (aïeul du roi du Maroc, au Tafilalet). Il s’agit bien d’affiliation ordinale et non d’allégeance au sens politique du terme dans le premier cas et de respect aux saints hommes dans le deuxième cas. Les historiens du Makhzen, adeptes des ambiguités sémantiques, appellent cela « allégeance au roi ».

    Pour illustrer cet aspect, je rappelle l’histoire de Gerhard Rholfs qui a fait un voyage dans ces régions en 1864 sous le nom de « Si Mustapha Nemsi ». Pour pouvoir traverser ces contrées, il était muni d’une lettre de recommandation de Moulay Abdesselem, mokaddem de la Taybyia à Ouazzane. Lors de son passage à In Salah, le chef de ce ksar, El Hadj Abdelkader ben Badjouda, qui a douté de son identité lui a dit : « s’il venait un chrétien dans notre pays, même s’il était muni de lettres du sultan de Constantinople ou du roi du Maroc, je le livrerais à la foule » (1). Cette phrase démontre la totale indépendance de ces régions par rapport au roi du Maroc et du sultan de Constantinople.

    En 1891, le roi du Maroc envoya des émissaires (le caïd Bouâza Es-Sokhari et le F’kih Si Mohammed Es-Slassi Er-Rachidi, Mohammed Delimi, et El Arbi el Menaï) pour s’attacher les ksour de ces régions. Devant le péril français qui se dessinait à l’horizon, quelques chefs de tribus se sont rendus auprès du roi (Moulay El Hassan), d’autres ont rejeté l’invitation. L’avenir leur donnera raison, car à ceux qui s’étaient rendus auprès de lui il avait promis la protection, mais quand les Français occupèrent In-Salah après les deux célèbres batailles de Feguiguira (décembre 1899/janvier 1900) et Deghamcha, menées sans la moindre intervention du roi Abdelaziz ben El Hassan, il s’est contenté d’une laconique lettre envoyée à El Hadj El Mahdi ben Badjouda (mort dans la bataille de Feguiguira) dans laquelle il s’apitoyaient sur le sort des musulmans (je suis en possession d’un photocopie de cette lettre). Le Touat, le Gourara furent occupés l’année suivante dans l’indifférence totale du sultan que ses propres sujets qualifiaient de « Mahboul ». (2)

    (1) G.Rohlfs ; Voyages & Explorations Au Sahara – Tome 1, Draa, Tafilalet, Sud-Oranais, Touat, Tidikelt, Rhadamès ; 1861-1864)

    (2) A.G.P Martin ; Quatre siècles d’histoire marocaine.

    Source : AlgérieDZ.com, 7 nov 2010

    Tags : Maroc, Algérie, Makhzen, expansionnisme, frontières,

  • La position de l’Algérie vis-à-vis de la question sahraouie est saine, juste et partagée avec d’autres peuples du monde »

    L’Algérie soucieuse d’établir des relations « normales » avec le Maroc

    L’Algérie est soucieuse d’établir des relations « normales » avec le Maroc et de construire l’Union du Maghreb arabe (UMA) dans le cadre du respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément au Droit international, a affirmé mercredi le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.

    L’Algérie « réaffirme, aujourd’hui, son engagement en faveur de l’établissement de relations bilatérales normales avec le Royaume du Maroc frère et de l’édification de l’Union du Maghreb arabe au mieux des intérêts des peuples de la région, mais tout en respectant la légalité internationale et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », a souligné M. Lamamra lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision Ennahar TV.

    « Lorsque l’Algérie avait misé sur l’établissement de relations bilatérales normales avec le Royaume du Maroc frère et sur la création de l’Union du Maghreb arabe pour instaurer un climat nouveau dans la région qui ouvrirait des perspectives prometteuses aux peuples de la région, elle partait de l’idée que le Maroc allait admettre les évidences et n’imposerait pas une solution dans la région que ni la communauté internationale, ni le peuple sahraoui frère n’accepteraient », a tenu à préciser le ministre.

    « La position de l’Algérie vis-à-vis de la question sahraouie est saine et juste, il s’agit d’une position partagée avec d’autres peuples à travers le monde », a-t-il rappelé soulignant l’attachement de la communauté internationale au principe d’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.

    Après avoir rappelé la responsabilité historique et juridique de l’Espagne vis-à-vis de la question sahraouie, M. Lamamra a déploré le recours par le Maroc depuis 1975 à une « image stéréotypée d’une Algérie qui serait en train de mobiliser le monde et de mener des actions diplomatiques favorables à la cause sahraouie, mue en cela par une prétendue animosité injustifiée à l’égard du Maroc ».

    « La vérité désormais établie a sorti de l’ombre une cause sahraouie juste adoptée par le continent africain et la communauté internationale. Il est aussi une doctrine internationale qui impose l’impératif de la décolonisation à travers le monde », a précisé M. Lamamra ajoutant que cette « doctrine enjoint à l’ONU ainsi qu’aux parties au conflit le recours à un référendum libre et régulier pour l’autodétermination du peuple sahraoui ».

    A une question sur les accusations marocaines selon lesquelles l’Algérie serait en train d’entraver le processeur de règlement du dossier du Sahara occidental, M. Lamamra a répondu : « Nous ne pensons pas que des agissements irréfléchis et irresponsables émanant de certaines parties dans le pays frère vont changer la position de principe de l’Algérie, pour la simple raison que cette position est étroitement liée à notre histoire contemporaine et à notre dignité en tant qu’Etat indépendant qui a su s’imposer et recouvrer son indépendance au prix de lourds sacrifices consentis par un 1,5 million de chahids ».

    « L’Algérie demeurera attachée à sa position, et sa sérénité et sa conscience tranquille la dispenseront de répondre à chaque fois que des dépassements sont enregistrés ça et là », a-t-il conclu.

    AlgerOnline,  3 jui 2014

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, frontières, trafoc de drogue,

  • L’Algérie : un cauchemar très marocain

    Et bis repetita ! Décidément l’offensive frénétique du makhzen contre l’Algérie prend des allures qui relèvent de la schizophrénie politique. Même les experts des sciences politiques éprouveront toutes les peines du monde à expliquer ce «va-t-en guerre» du Maroc contre l’Algérie.

    Et pour cause ! Au moment où les ministres du gouvernement de l’islamiste Benkirane se répandent en appels du pied pour la réouverture de la frontière avec l’Algérie, d’autres voix simultanées émanant du même gouvernement ou de son entourage immédiat descendent en flammes un pays voisin coupable de tous les maux du royaume…

    Difficile en effet de saisir cette approche contradictoire entre des intentions mielleuses et des paroles fielleuses. Mais pour qui connaît les intrigues du palais, il est aisé de deviner les arrières pensées. En pleine tempête interne caractérisée par la démission des ministres du parti Istiqlal du gouvernement de Benkirane, et l’accentuation de la crise économique, le royaume avait besoin de trouver un souffre-douleur.

    C’est connu, quand le makhzen éprouve des difficulté au niveau interne, il trouve tout de suite une victime de l’autre côté de ses frontières Est… L’Algérie vers laquelle il veut s’ouvrir pour y déverser de la drogue en quantités industrielles pour renflouer une économie basée sur la rente du…cannabis, devient alors l’ennemi le plus intime. Tiens, et pour confirmer ce réflexe maladif de vouloir «casser» de l’Algérie, le groupe public de télévision public de sa majesté propose un programme «très» spécial Ramadhan.

    Des généraux algériens au menu du… Ramadhan

    Depuis quelques jours une bande de publicité trône au dessus du site de la chaîne Atlas news du même groupe annonçant un programme dédié à, tenez vous bien, l’armée algérienne ! Atlas Maroc TV, financée en grande partie par l’argent de la drogue, contrôlée par le palais, propose ainsi à ses téléspectateurs un documentaire sur les «comptes secrets des généraux algériens». Au-delà du fait que ce soit une attaque en «dessous de la ceinture», il est à se demander quel rapport peut-il y avoir entre les comptes des généraux algériens et la spiritualité des marocains en ce mois sacré du Ramadhan. La chose prête à rire quand on sait que c’est le gouvernement islamiste qui se rend coupable d’une telle ineptie.

    Procès contre … Bouteflika et Ould Kablia

    A moins que dans son infinie paranoïa, le makhzen ne considère la haine de l’Algérie, de ses généraux et de son armée comme un acte de piété… Auquel cas, le «Commandeur des croyants» et ses fidèles serviteurs de sujets seraient alors dans leur «élément». Or, la réalité est toute autre. Ce coup de sang contre l’Algérie, est signe d’un malaise au palais qui fait face à la grogne de la rue. Il fallait donc vite trouver un défouloir. Le Maroc est économiquement sous perfusion avec une dette qui frôle les 40 milliards de dollars et un déficit public de plus de 6%.

    Les manifestations contre la cherté de la vie sont presque quotidiennes dans un pays où le roi est classé à la sixième position des plus riches monarques dans le monde arabe pendant qu’une partie de son peuple vend de la drogue ou se livre à la prostitution pour se nourrir. S’attaquer à l’Algérie est donc une diversion très classique pour permettre au makhzen d’étouffer la fronde interne.

    Dernière trouvaille en date, cette pseudo «Association pour la défense des marocains expulsés d’Algérie (ADEMA)» qui annonce sa décision de déposer plainte «contre des responsables algériens en Espagne». Le président Abdelaziz Bouteflika, chef de la diplomatie alors et Dahou Ould Kablia, wali d’Oran au moment des faits devraient donc répondre de leur actes ! Lamentables…

    Algérie1, 9 jui 2013

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental Front Polisario, frontières,