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  • Lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation dans l’Espace Sahélien: Les acteurs de la réflexion stratégique et de la prospective renforcent leurs capacités, à Ouagadougou

    La rencontre de Ouagadougou permettra tout comme celle de Bamako, de réunir un panel représentatif des centres de recherche

    NOUAKCHOTT, Mauritanie, 24 juin 2019/ — Les acteurs de la réflexion stratégiques et de la prospective se réunissent pour la deuxième fois les 24 et 25 juin 2019 à Ouagadougou (Burkina Faso), le pays qui exerce la présidence tournante du G5 Sahel. Il s’agit pour cette rencontre de poursuivre la réflexion sur la contribution des centres d’analyses stratégiques et de prospective dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation dans l’espace G5 sahel et en Afrique de l’Ouest. Elle est placée sous la présidence du Ministre burkinabè de l’Economie, des Finances et du Développement, Président du Conseil des ministres du G5 Sahel, Lassané Kaboré.

    Deuxième du genre après celle de Bamako au Mali qui avait permis de poser les jalons pour une synergie d’action entre les centres de recherche des Etats membres du G5 Sahel, la rencontre de Ouagadougou permettra tout comme celle de Bamako, de réunir un panel représentatif des centres de recherche stratégique africains, institutionnels et privés en vue de produire un diagnostic sur les capacités et les besoins des acteurs de la réflexion et de la pensée stratégique au Sahel.

    L’intérêt de cette rencontre placée sous le thème : « Renforcement des capacités d’analyse et de réflexion stratégique des centres de recherche des pays du G5 Sahel et de l’Afrique de l’Ouest », c’est de pouvoir mettre en réseau les différents centres de recherche et de partager les résultats de la recherche afin d’accroitre l’efficacité des Etats du G5 Sahel et de l’Afrique de l’ouest en matière d’anticipation des menaces et de proposition de réponses à la problématique de l’insécurité qui sévit dans le Sahel.

    De façon spécifique, elle devrait permettre d’institutionnaliser et d’opérationnaliser le réseau régional de réflexion stratégique ; de créer une plateforme d’échanges, de dialogue et de travail entre praticiens, secteur académique et société civile ; d’officialiser les partenariats, de dynamiser les échanges et d’opérationnaliser le réseau régional ; de renforcer la collaboration entre les États, les acteurs de la réflexion stratégique, le G5 Sahel, l’Union Africaine et l’OIF ; de définir dans le cadre de la coopération régionale des orientations et activités des centres d’études nationaux, en fonction des spécificités des uns et des autres et de leurs besoins à travers une feuille de route.

    Les travaux de cette rencontre qui réunira une quarantaine de participants, se dérouleront sous forme de panels thématiques durant lesquels la parole sera donnée aux responsables des centres de recherche ; aux chercheurs et experts sahéliens ; aux praticiens des questions de paix et sécurité au Sahel ; aux membres de gouvernements et du corps diplomatique afin de favoriser des échanges nourris sur le thème de la rencontre.

    Une session spéciale sera dédiée à la validation de la feuille de route et à la création du réseau des think tanks.

    La rencontre de Ouagadougou est organisée par le G5 Sahel en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

    Distribué par APO Group pour G5 Sahel.

    Tags : Sahel, G5, terrorisme, Barkhane,

  • Signature d’un Accord de Coopération entre le G5 Sahel et l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL)

    Il définit les modalités de la coopération, technique, la formation et le renforcement des capacités

    NOUAKCHOTT, Mauritanie, 17 mai 2019/ — Le Secrétaire Permanent du G5 Sahel, Monsieur Maman Sambo Sidikou et le Secrétaire Général de l’Organisation internationale de police criminelle – INTERPOL, Monsieur Jürgen Stock ont signé,le 16 Mai 2019 à Lyon en France, un accord de coopération entre les deux institutions.

    Cet accord a pour objectif d’instaurer un cadre pour la coopération entre les deux institutions dans les limites de leurs domaines de la prévention et la répression des actes terroristes et d’autres formes de criminalité transfrontalière.

    Ce partenariat permettra d’avoir un cadre juridique régissant les échanges de données et d’informations entre INTERPOL et le G5 Sahel.Il définit par ailleurs les modalités de la coopération, technique, la formation et le renforcement des capacités. Autre volet important de l’accord , il s’agit d’échanges d’expertises dans les domaines relatifs à la police.

    Le Directeur Géneral de la police nationale du Burkina Faso le controleur Géneral de police Jean Bosco KIENOU en qualité de président en exercice du comité de Défense et Sécurité était présent à la cérémonie de signature . On notait également la présence du Controleur Général KAKA Abdoulaye coordinateur régional de la Plateforme de Coopération en Matiere de Sécurité

    Source : APO

    Tags : Sahel, G5, Mali, MINUSMA, terrorisme, lutte antiterroriste,

  • Le Conseil de l’UE cherche à renforcer la relation de l’UE avec la région

    BRUXELLES, Belgique, 13 mai 2019/ — Le 13 mai, le Conseil a examiné et adopté des conclusions sur le Sahel. Il y a rappelé que le Sahel constituait une priorité stratégique pour l’UE et ses États membres. Les différentes sessions et réunions prévues durant la semaine du 13 mai témoignent de ce sens des priorités et de l’approche intégrée adoptée par l’UE à l’égard de la région. Les ministres des affaires étrangères ont tenu un débat – qui devrait être axé sur les aspects liés à la sécurité – visant à définir le cadre politique, dans la perspective des échanges de vues auxquels procéderont les ministres des affaires étrangères et de la défense de l’UE le 14 mai avec leurs homologues des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger). Le jeudi 16 mai, les ministres de l’UE chargés du développement débattront de la manière de renforcer la relation à long terme de l’UE avec la région, ainsi que le soutien que l’UE apporte au Sahel.

    Les conclusions rappellent que l’UE se tient aux côtés des autorités et des populations du Sahel, qui demeurent confrontées à des défis de diverse nature:

    • au niveau politique, avec en particulier de graves lacunes en matière de gouvernance, d’état de droit et de protection des droits de l’homme;
    • ii) sur le plan sécuritaire, en raison de l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux;
    • en matière de développement, avec une pauvreté endémique, une forte croissance démographique et une faible cohésion socioéconomique;
    • ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humanitaire.

    C’est dans ce contexte que des conflits intercommunautaires ont connu une résurgence significative en quelques mois dans plusieurs pays de la région. Relever ces défis et répondre à ces lacunes relève avant tout de la responsabilité des États du Sahel. La communauté internationale les soutient dans les efforts qu’ils déploient.

    Conclusions du Conseil sur le Sahel

    1. L’Union européenne (UE) se tient aux côtés des autorités et des populations du Sahel, qui demeurent confrontées à des défis de diverse nature: i) politiques, en particulier de graves lacunes en matière de gouvernance, d’état de droit et de protection des droits de l’homme; ii) sécuritaires, avec l’expansion de la menace terroriste, de la violence extrémiste et de la criminalité organisée, y compris de la traite des êtres humains, le changement climatique ayant un effet négatif sur les ressources naturelles et alimentant les conflits locaux; iii) en matière de développement, avec une pauvreté endémique, une forte dynamique démographique et une faible cohésion socio-économique; iv) ces éléments contribuent à l’aggravation de l’insécurité alimentaire, à l’augmentation de la pression migratoire et à la dégradation de la situation humanitaire.
    C’est dans ce contexte que des conflits intercommunautaires ont connu une résurgence significative en quelques mois dans plusieurs pays de la région. Relever ces défis et répondre à ces lacunes relève avant tout de la responsabilité des États du Sahel. La communauté internationale les soutient dans leurs efforts

    2. Le Sahel est une priorité stratégique pour l’UE et ses États membres.
    La réunion entre les ministres des affaires étrangères et de la défense des vingt-huit États membres de l’UE et des cinq États membres du G5 Sahel lors de la session du Conseil des affaires étrangères du 14 mai 2019 en témoigne. Dans le cadre d’un dialogue politique permanent et d’une approche intégrée axée sur le nexus développement et sécurité, et sur la base de la stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement au Sahel et de son plan d’action régional, ainsi que des cinq piliers du plan d’action adopté lors du sommet de La Valette en 2015, l’ensemble des instruments européens d’action extérieure ont été déployés. L’UE soutient ainsi individuellement chacun des cinq pays rassemblés au sein du G5 Sahel et accompagne leurs efforts de coopération. L’UE et ses États membres sont les principaux partenaires de la région, mobilisant plus de 8 milliards d’euros entre 2014 et 2020 au titre de l’aide au développement pour des programmes nationaux et régionaux, notamment à travers le fonds fiduciaire d’urgence. L’UE et ses États membres soutiennent également la sécurité au Sahel en déployant de très importants moyens humains et matériels dans le cadre notamment des missions menées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) – EUTM Mali, EUCAP Sahel Mali et EUCAP Sahel Niger -, par leur participation à la mission MINUSMA des Nations unies, au travers de l’opération française Barkhane, soutenue par d’autres États membres, et dans le cadre de nombreux engagements bilatéraux.

    3. L’UE réaffirme son engagement, conformément à la résolution 2391 du Conseil de sécurité des Nations unies, en faveur du G5 Sahel et rappelle le soutien significatif qu’elle apporte à la mise en place de ses structures de gouvernance, à l’opérationnalisation de la Force conjointe (FCG5S) et à la mise en œuvre du Programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel (PIP) et de son Programme d’urgence, avec l’appui de l’Alliance Sahel et d’autres donateurs. Elle salue la reprise des opérations de la FCG5S et appelle à une intensification de ses efforts. Un an après la conférence de haut niveau sur le Sahel qui s’est tenue à Bruxelles le 23 février 2018, l’UE et ses États membres s’engagent à poursuivre la mise en œuvre des 147 millions d’euros déjà alloués à la Force.

    4. L’UE reste toutefois gravement préoccupée par la montée des violences terroristes, mais aussi communautaires, au Mali et au Burkina Faso. Elle appelle les autorités à lancer ou à diligenter des enquêtes appropriées, y compris sur les violences sexuelles et basées sur le genre, pour déterminer les responsabilités, directes ou indirectes, de l’ensemble des protagonistes, à ne laisser aucune place à l’impunité et à tenir les citoyens informés des progrès réalisés à cet égard. Elle appelle également les gouvernements à dissoudre et à désarmer toutes les milices actives sur leurs territoires et à lancer pour les régions concernées un processus politique ambitieux et inclusif de dialogue et de réconciliation pour résoudre les problèmes de cohésion sociale et de confiance, notamment entre la population et les forces armées. Elle appelle à cet égard à un comportement exemplaire des forces de sécurité et de défense dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire ainsi qu’à un suivi judiciaire des incidents, qui peuvent constituer des violations de ces droits. La prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants soldats et la lutte contre ce phénomène ainsi que la réinsertion des enfants soldats doivent être assurées. L’UE encourage le G5 Sahel et chacun de ses États membres à accorder la priorité aux zones d’instabilité les plus critiques, sans négliger les zones stables, et à traiter de manière intégrée les causes profondes de l’insécurité pour prévenir la violence et satisfaire aux besoins et aux aspirations des populations, y compris des femmes et des jeunes.

    5. L’UE souligne l’importance des réformes majeures que doivent entreprendre les gouvernements du G5 Sahel afin d’assurer une paix, une sécurité et une prospérité durables. D’une part, la gouvernance inclusive des territoires au niveau national et local, une véritable décentralisation, en particulier le retour des services publics, y compris l’accès à l’éducation, en particulier pour les filles et les femmes, la réouverture des écoles, l’accès à la justice pour tous, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance sont clés. D’autre part, la réforme du secteur de la sécurité, afin de rendre plus efficace la lutte contre l’insécurité et à mettre un terme aux exactions commises contre les populations civiles, s’impose. Des perspectives économiques plus équitables, le respect des droits et l’autonomisation des femmes et des filles, la protection et l’intégration des personnes en situation de vulnérabilité et l’égalité en matière d’accès aux services publics, y compris l’accès aux services de soins de santé sexuelle et reproductive doivent être assurés. Enfin, pour un développement économique inclusif et durable, un accès équitable aux ressources naturelles, des réponses appropriées aux changements climatiques et écologiques et un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat et à l’investissement sont également nécessaires. L’UE souligne aussi l’importance d’une participation pleine et entière des jeunes, des femmes et de la société civile aux processus de paix, y compris à la prévention des conflits, en général également au niveau local. Cela est indispensable pour la paix et le développement durable dans la région du Sahel. L’UE encourage le G5 Sahel à intégrer une perspective de genre dans l’ensemble de ses actions.

    6. L’UE appelle les États du G5 Sahel à redoubler, accélérer et approfondir leurs efforts en matière de coopération régionale, notamment en donnant au secrétariat permanent les moyens de remplir sa mission, et à renforcer leur mobilisation pour une opérationnalisation complète de la Force conjointe et une mise en œuvre immédiate du PIP dans les zones les plus vulnérables. Elle souligne une nouvelle fois l’impératif d’une mise en œuvre effective, par la FCG5S et ses États membres, du cadre de conformité pour les droits de l’homme et le droit international humanitaire, et la nécessité de mettre en place une véritable composante « police » en appui à la Force conjointe, en vue de garantir une interface efficace entre la Force conjointe et les systèmes nationaux de justice pénale. L’UE se réjouit à cet égard de la tenue, le 21 janvier dernier à Niamey, de la deuxième conférence sur le renforcement des liens entre sécurité, justice et développement dans l’espace du G5 Sahel.

    7. Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la région, aggravée par l’instabilité dans les pays limitrophes, l’UE rappelle que tous les acteurs – les gouvernements nationaux des pays du G5 Sahel, le G5 Sahel, la CEDEAO et les pays voisins, l’Union africaine et les Nations unies – ont la responsabilité de mobiliser leurs moyens dans le cadre d’une approche cohérente et globale de stabilisation permettant le retour de la sécurité et du développement. L’UE salue à cet égard le travail des gouvernements des pays du Sahel et des acteurs nationaux et internationaux et le rôle de coordination des Nations unies. Elle souligne le rôle crucial de la MINUSMA pour la stabilité, la paix et la réconciliation au Mali, y compris son rôle au nord et au centre du pays, en particulier ses missions d’appui au redéploiement de l’État, de protection de tous les civils, sans discrimination, d’appui au retour des services de base et de bons offices pour le processus politique malien qui doit impérativement être mené à terme, ainsi que sa capacité d’interaction avec les autres forces de sécurité, y compris par l’appui qu’elle apporte à la FCG5S. En conséquence, l’UE accueillerait favorablement l’adoption, par le Conseil de sécurité des Nations unies, en juin prochain, d’un mandat de la MINUSMA à la hauteur de ces enjeux.

    8. L’UE salue les avancées constatées au Mali dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation signé en juin 2015, y compris à travers le comité de suivi, mais appelle les parties prenantes, en particulier le nouveau gouvernement malien, à poursuivre leurs efforts et à les faire aboutir rapidement, notamment en ce qui concerne la réintégration effective des combattants via le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration, la réforme du secteur de la sécurité, l’avancée du processus de décentralisation et la création d’une zone de développement pour les régions du Nord. Elle appelle les plus hautes autorités maliennes à mener le processus de révision de la Constitution dans un esprit inclusif, pour que celle-ci soit acceptée par l’ensemble de la société malienne et qu’elle soit à même de contribuer au retour de la paix dans un Mali refondé. L’UE souligne l’importance d’une inclusion pleine et entière des femmes, des jeunes et de la société civile dans la mise en œuvre de l’accord.

    9. L’insécurité croissante contribue à la détérioration de la situation humanitaire. Les déplacements causés par la violence ne font qu’exacerber les difficultés liées aux crises alimentaires et nutritionnelles récurrentes, et augmentent les besoins en matière de protection des personnes en situation de vulnérabilité, en premier lieu les enfants, les femmes et les personnes handicapées. Bailleur humanitaire majeur avec plus de 250 millions d’euros alloués au cours des deux dernières années en faveur des populations des pays du G5 Sahel, et dans un contexte où la réponse d’urgence reste sous-financée, l’UE invite les pays du G5 Sahel à intensifier leurs efforts afin de prévenir de nouveaux déplacements et de garantir l’accès des populations touchées par les conflits et la violence aux services de base. L’UE continuera à se tenir aux côtés de la population.

    10. L’UE continuera à attacher une importance prioritaire à la région du Sahel et à prendre les initiatives appropriées, tout en restant attentive à l’engagement de ses partenaires et à l’efficacité des actions menées. L’UE rappelle sa détermination à accompagner le retour de l’État et des services de base, la stabilisation des zones périphériques, la lutte contre les trafics, par exemple au moyen du projet GAR-SI Sahel, et toute initiative de dialogue et de réconciliation. Elle est également prête à continuer à soutenir la nécessaire réforme des forces de sécurité et de défense des pays du G5 Sahel, la poursuite du développement de leurs capacités, sur la base des stratégies locales, et leur redéploiement, en s’appuyant en particulier sur les missions de PSDC existantes au Mali et au Niger, conformément au mandat de ces dernières. Par ailleurs, elle souligne que le soutien de l’UE ne peut être efficace que s’il accompagne d’efforts conséquents des pays du G5 Sahel pour améliorer la gouvernance, le développement et la sécurité dans l’ensemble de la région. L’UE continuera à suivre de près la situation et identifiera, le cas échéant, des ajustements nécessaires dans la mise en œuvre des actions qui sont en cours, sur la base d’avancées concrètes, notamment en vue de la réunion ministérielle annuelle entre le G5 Sahel et la haute représentante prévue à Ouagadougou en juillet 2019.

    Source : UE

    Tags : Union Européenne, UE, Sahel, terrorisme, sécurité, G5, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad, Barkhane,

  • Opération Barkhane – Comment éviter l’enlisement des forces françaises au Sahel ? (rapport confidentiel)

    EM GT International/ES Paris, 19 octobre 2016

    Note 15 (statut : confidentiel)

    Objet : Opération Barkhane – Comment éviter l’enlisement des forces françaises au Sahel ?

    1- Objectifs de l’opération Barkhane

    Lancée le 1er août 2014, l’opération Barkhane1 a succédé à l’opération Serval, lancée au Mali le 13 janvier 2013. L’objectif de l’opération Barkhane est de lutter contre les groupes terroristes djihadistes dans la région du Sahel, en soutenant l’action des Etats du « G5 Sahel » (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso), organisation régionale créée en 2014. Après la reprise des villes du Nord-Mali aux groupes terroristes (AQMI, MUJAO, Ansar Eddine), en 2013, en grande partie grâce à l’opération Serval, l’opération Barkhane étend le dispositif militaire français au niveau de la « bande sahélo-saharienne » afin d’empêcher la reconstitution de zones de refuges des terroristes dans la région.

    2- Activités de l’opération Barkhane

    Les forces françaises de l’opération Barkhane mènent trois types d’action :

    a- Des opérations contre-terroristes au Sahel de manière autonome (forces spéciales), en accord avec les autorités des Etats du G5 Sahel ;
    b- Un soutien aux armées des Etats du « G5 Sahel » pour lutter contre la menace terroriste : appui à la planification d’opérations militaires transfrontalières, fourniture de renseignement, appui aérien aux armées du G5 Sahel ;
    c- Un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour soutenir les Casques bleus de la MINUSMA au Mali, en cas de menace grave.

    3- Moyens de l’opération Barkhane

    Moyens humains : 3 500 militaires, commandés par un général de division depuis N’Djamena, où se trouve l’Etat-Major de l’opération. Barkhane s’appuie sur une petite dizaine de sites (cf. carte jointe), principalement au Mali (Gao, Tessalit), Niger (Niamey, Madama) et Tchad (N’Djamena, Faya-Largeau, Abéché) ;

    Equipement : Barkhane dispose d’une vingtaine d’hélicoptères, 200 véhicules de logistique, 200 véhicules blindés, 6 avions de chasse, 5 drones et une dizaine d’avions de transport.

    4- L’opération Barkhane a été jusqu’à présent un succès dans la lutte anti-terroriste

    Alors que les groupes terroristes avaient la capacité de contrôler l’ensemble du Mali en 2012, l’action de Serval puis de Barkhane a permis qu’ils ne menacent plus la viabilité des Etats du Sahel. Les forces françaises ont empêché la constitution d’un « califat » ou d’un territoire djihadiste de grande envergure au Sahel. Depuis sa création, Barkhane, seule ou conjointement avec les armées du G5 Sahel, a mené 221 opérations contre-terroristes, mis hors de combat ou remis aux autorités des autorités des Etats du Sahel 200 terroristes et saisi ou détruit 16 tonnes d’armes. En contribuant à sécuriser une région du monde proche de l’Europe, Barkhane contribue à sécuriser le territoire français.

    La méthodologie des forces françaises intéresse nos partenaires britanniques et américains, les Etats-Unis ayant eux-mêmes tenté à partir du début des années 2000 de fédérer les Etats de la région en matière de contre-terrorisme, sans réel succès. Barkhane, à l’inverse, a suscité et appuyé une coopération inédite en matière de sécurité entre les Etats du G5 Sahel qui mènent depuis 2014 des opérations militaires transfrontalières conjointes. Ces opérations incluent un droit de poursuite, grâce auquel les forces d’un Etat peuvent intervenir dans le territoire d’un Etat voisin, conjointement avec ses forces.

    5- L’opération Barkhane représente un coût élevé pour la France

    L’opération Barkhane a un coût élevé, que la France supporte seule ou presque.

    5.1- Coût politique

    La présence durable de Barkhane dans les Etats du Sahel contredit les engagements pris par les présidents Sarkozy et Hollande de réduire la présence militaire française en Afrique – sans équivalent parmi les pays occidentaux – et de fermer la plupart des bases militaires françaises sur le continent2. A l’inverse, cette présence créé des liens très forts avec ces Etats, qui contraignent parfois la France à fermer les yeux sur la situation des droits de l’Homme et de la démocratie dans certains de ces Etats, en particulier le Tchad.

    5.2- Coût financier

    Estimé à 600 M€ par an, le coût de l’opération Barkhane représente plus de 50% du budget annuel de l’ensemble des opérations militaires extérieures (OPEX).

    La France a été à l’initiative de la création au Mali de la MINUSMA, opération de maintien de la paix des Nations Unies de 11 000 soldats, ainsi que de missions de l’Union européenne pour former les forces de sécurité au Mali et au Niger. Pour autant, la France supporte sur son budget national l’essentiel de la lutte contre le terrorisme djihadiste au Sahel, région qui ne représente pas un enjeu de sécurité de premier plan pour les Etats-Unis et qu’ils ont de facto « sous-traité » à la France. L’opération Barkhane se répartit au Sahel et au Sahara sur un espace géographique plus vaste que l’Europe de Lisbonne à Moscou dans des conditions climatiques extrêmes (températures désertiques, tempêtes de sable, élongations logistiques), qui éprouvent les soldats et les matériels.

    6- La France menacée d’enlisement au Sahel

    Au début de l’opération Serval au Mali en 2013, le président Hollande avait fixé pour objectif stratégique de frapper les groupes terroristes fort et vite afin que les forces françaises puissent se retirer rapidement. Il s’agissait d’éviter un enlisement durable tel que les forces internationales l’avaient connu en Afghanistan et en Irak dans les années 2000. Au début de l’opération Barkhane en 2014, l’Etat-Major des armées françaises établissait des chronogrammes avec des échéances de retrait des forces françaises. Depuis, il n’existe plus d’échéancier ni de conditions d’un éventuel retrait. Au contraire, le Premier Ministre Valls, devant l’Assemblée nationale le 19 octobre 2016, a affirmé que la France resterait engagée au Mali « tant que la menace djihadiste continuera de peser sur le destin de ce pays et de cette région ».

    En dépit de conditions très difficiles, l’armée française n’a pas intérêt à se retirer du Sahel. Elle y trouve un terrain qui lui permet de développer et maintenir ses capacités opérationnelles ainsi qu’une source de prestige par rapport à ses homologues occidentales. La présence française au Sahel procure en outre des avantages matériels aux militaires français : soldes relevées, congés exceptionnels, abaissement de l’âge de la retraite.

    7- Recommandations

    7.1- Fixer des critères d’évaluation ainsi qu’un horizon de retrait pour Barkhane

    Il n’existe aucune stratégie de sortie de l’opération Barkhane. La France reproduit ici ce qu’elle a reproché aux Etats-Unis en Afghanistan et en Irak. Le terrorisme djihadiste se nourrissant de la grande pauvreté et de la désertification au Sahel, l’absence de critères pour évaluer le rapport coût/avantage de l’opération Barkhane conduit à une présence militaire de durée indéfinie, l’objectif de « 0 djihadiste » y étant inatteignable.
    Il est urgent par conséquent d’établir pour l’opération Barkhane :

    – des critères pour évaluer son bilan coût/avantage, qui doivent en particulier reposer sur la capacité des Etats du Sahel à assurer eux-mêmes un niveau de sécurité raisonnable face à la menace terroriste ;

    – un horizon de retrait possible, qui doit être communiqué en amont aux pays du Sahel ainsi qu’à nos partenaires occidentaux, afin de les inciter à s’impliquer davantage.

    7.2- Fixer un cadre réellement démocratique pour employer les forces françaises

    L’opération Barkhane illustre le fait que la France est l’une des très rares démocraties occidentales dans laquelle le pouvoir exécutif peut engager un volume illimité de forces de manière totalement autonome. Dans ce système concentré à l’extrême dans les mains du Président de la République, l’Etat-Major des Armées et l’Etat-Major particulier du Président jouissent d’une très forte influence. Il en résulte que les objectifs politiques à moyen et long terme des opérations militaires françaises sont souvent mal définis.

    La révision constitutionnelle de 2008 impose un débat parlementaire 60 jours maximum après le lancement d’une intervention militaire et donne au Parlement le droit d’autoriser ou non la prolongation de l’opération au-delà de quatre mois. En outre, comme le relève le Sénat dans un rapport de juillet 2016, il s’agit d’une « clause d’éternité », dans la mesure où le gouvernement n’a plus à solliciter d’autorisation du Parlement au-delà de quatre mois.

    Pour s’assurer du bon emploi de nos forces à l’avenir, en tirant les leçons de l’opération Barkhane, un débat parlementaire pourrait se tenir avant le lancement d’une intervention militaire, sans nécessairement donner un droit a priori au Parlement de s’y opposer. Le Parlement doit pouvoir interroger régulièrement le gouvernement sur la stratégie politique d’ensemble de Barkhane, comme de toute intervention militaire. Cela permettrait d’affiner les objectifs, les moyens, l’horizon temporel ainsi que les possibles partenaires étrangers des éventuelles opérations militaires extérieures. Le nouveau Président de la République devrait en prendre l’engagement auprès du Parlement avant d’envisager éventuellement une nouvelle révision de la Constitution. (ES)./.

    Source: Wikileaks

    Tags : France, Sahel, Barkhane, terrorisme, djihad, Mali, Azawad, G5,

  • Mauritania: Nacimiento de la Unión de Empresarios del G5 Sahel

    La capital mauritana, Nouakchott, acogió el lunes la Asamblea General constituyente de la Unión de Empresarios del Sahel G5 (UPAS).

    La UPAS tiene por meta establecer un mecanismo institucional para el comercio entre los patronatos y eliminar las barreras que frenan la actividad comercial entre los países del G5.

    UPAS también tiene como objetivo hacer del sector privado una fuerza motriz para el renacimiento económico y social en los países del G5 del Sahel y para apoyar los esfuerzos conjuntos en aras de fortalecer la seguridad y el desarrollo de los países miembros.

    El Presidente de la Unión Nacional de Empresarios Mauritanos (UNPM), Mohamed Zein El Abidine Ould Cheikh Ahmed, subrayó que la diversidad de los recursos económicos de los países del G5 debe aprovecharse para lograr la complementariedad y la integración económica a través de un marco institucional.

    Alakhbar, 13 marzo 2019