Étiquette : Guerre

  • Kissinger : Les États-Unis et la Chine doivent se fixer des lignes rouges pour éviter une troisième guerre mondiale

    Sans règles, la situation peut être « similaire à celle qui a précédé la Première Guerre mondiale ». Il répondait indirectement à Pompeo, l’actuel Secrétaire d’État qui a avait dénoncé l’historique ouverture des États-Unis sur la Chine menée par Kissinger sous la présidence de Nixon pour casser le camps communiste et affaiblir l’Union soviétique.

    Par : David Wainer – Bloomberg

    L’ancien secrétaire d’État Henry Kissinger a déclaré que les États-Unis et la Chine devaient se fixer des règles d’engagement dans leur concurrence de plus en plus féroces si ils ne veulent pas risquer de recréer les mêmes conditions chaotiques qui avaient caractérisé la politique mondiale et qui avaient mené à la Première Guerre mondiale.

    « Nos dirigeants et leurs dirigeants doivent discuter des limites au-delà desquelles ils ne pousseront pas les menaces », a déclaré Kissinger, 97 ans, mercredi lors d’un débat via Internet organisé par l’Economic Club de New York. « Et puis ils doivent trouver un moyen de mener une telle politique sur une longue période. »

    « Vous pouvez dire que c’est totalement impossible », a-t-il ajouté. « Et si c’est totalement impossible, nous glisserons vers une situation similaire celle qui avait prévalu à la veille de la Première Guerre mondiale. »

    Kissinger, qui a été l’artisan et le négociateur du rapprochement des États-Unis avec la Chine sous la présidence de Richard Nixon, a déclaré que l’objectif était alors de créer un contrepoids à l’Union soviétique. Il a déclaré qu’il était de plus en plus alarmé par une nouvelle guerre froide qui se développait entre la Chine et les États-Unis, qu’il attribuait aux progrès technologiques qui ont considérablement changé le paysage géopolitique.

    Les États-Unis ont besoin d’une « nouvelle façon de penser » qui comprend que le monde est trop complexe pour qu’un pays « parvienne à une telle supériorité unilatérale à la fois en termes de stratégie et d’économie que personne ne sera en mesure de nous menacer », a-t-il déclaré dans son accent allemand devenu sa marque distinctive.

    Ses avertissements sont survenus alors que l’administration du président Donald Trump annule – et même désavoue – l’ouverture à la Chine qui est l’héritage largement loué de Kissinger, qui était également le conseiller à la sécurité nationale de Nixon et dont le rôle dans la poursuite de la guerre du Vietnam a été, à l’époque, reprouvé.

    S’exprimant à la bibliothèque présidentielle Richard Nixon en juillet, le secrétaire d’État Michael Pompeo a qualifié les dirigeants chinois de tyrans résolus à l’hégémonie mondiale, brossant un sombre portrait de la direction du pays alors que les tensions montent en flèche entre les deux plus grandes économies du monde.

    « Si nous plions le genou maintenant, les enfants de nos enfants pourraient être à la merci du Parti communiste chinois, dont les actions sont aujourd’hui le principal défi pour le monde libre », a déclaré Pompeo. « Le monde libre doit triompher de cette nouvelle tyrannie » avait-il conclu.
    Bloomberg

    Afrique-Asie, 10 oct 2020

    Tags : Etats-Unis, Chine, troisième guerre mondiale, conflits, affrontements, guerre, 

  • 1980 : quand l’Occident soutenait Saddam …

    La guerre a duré huit ans et a fait près d’un million de morts. À l’époque, le président irakien était soutenu par les États-Unis, la France et les pays du Golfe, y compris lorsqu’il a utilisé l’arme chimique de masse.

    Lorsque, le 22 septembre 1980, les troupes irakiennes franchissent la frontière et envahissent l’Iran, Saddam Hussein est persuadé que l’offensive sera de courte durée, que son voisin se pliera à ses volontés. Très mauvais calcul du président de la République d’Irak. C’est bien une guerre qu’il déclenche ce jour-là. Elle durera huit ans, jusqu’en août 1988, et fera près d’un million de morts. Une véritable hécatombe pour un affrontement qui n’est pas sans rappeler la Première Guerre mondiale. Les deux armées face à face sont importantes. Des tranchées sont creusées. Des assauts lancés pendant lesquels les hommes, dans chaque camp, sont fauchés, vague après vague. Parmi les photographes qui ont documenté ce conflit, le travail d’ Alfred Yaghobzadeh est sans doute l’un des plus poignants parce que d’une terrible humanité. Des images qui en disent beaucoup plus que les mots.

    Qu’est-ce qui a déclenché ce conflit ? Pourquoi à ce moment-là ? Quelles sont les puissances réellement impliquées ? Pour tenter de comprendre, quarante après, il convient d’abord de revenir à l’un des épisodes des relations entre l’Iran et l’Irak : la signature des accords d’Alger, le 6 mars 1975. Les tensions entre les deux pays concernaient essentiellement, à cette époque, le Chatt-el-Arab, fleuve formé par la jonction du Tigre et de l’Euphrate. Pour Bagdad, il constitue le seul accès à la mer et il est vital. Mais il l’est tout autant pour Téhéran, qui possède une raffinerie (Abadan) et un port (Khoramshahr) sur les bords du Chatt. De plus, nombre de puits de pétrole iraniens se trouvent à proximité. Par les accords d’Alger, l’Irak reconnaissait une partie de la souveraineté de l’Iran sur le Chatt et obtenait en échange l’arrêt de l’aide iranienne aux Kurdes.

    En 1978, tout commence à basculer. Saddam Hussein, jusque-là vice-président, devient le numéro 1 du régime baassiste et amplifie la répression contre le clergé chiite. En 1979, la révolution iranienne et la chute du shah rebattent les cartes dans la région. Saddam craint une révolte des chiites en Irak, où ils sont majoritaires, alors que les pays occidentaux voient d’un très mauvais œil cette révolution qui pourrait se répandre comme une traînée de poudre dans l’ensemble du Moyen-Orient et remettre en cause leurs intérêts. L’imam Khomeini annonçant même : « Nous exporterons notre révolution dans le monde entier. »

    Aux yeux de Saddam, l’heure est à l’offensive. Le shah, qui l’a humilié en le forçant à signer les accords d’Alger, est parti. Quant à l’Iran, il semble affaibli. Le moment semble opportun pour mettre la main sur la province iranienne du Khuzestan, riche en pétrole et peuplée surtout de populations arabes. Le 17 septembre 1980, il abroge unilatéralement les accords d’Alger. Cinq jours plus tard, il lance son offensive, qu’il présentait alors comme la « Qâdisiyya de Saddam ». Une référence à la victoire, en 636, des armées musulmanes sur la Perse, qu’elles voulaient convertir à l’islam.

    Si, les premiers jours, tout se passa comme prévu – l’armée irakienne rencontrant peu de résistance et se positionnant sur les principaux axes de la province, notamment dans la montagne Zagros –, la guerre s’est vite s’enlisée. Saddam Hussein est pourtant adoubé tant par les États-Unis (qui trouvent là un moyen de punir ce pays retenant en otage des ressortissants américains), la France et le Royaume-Uni, que par les pétromonarchies du Golfe qui voient en lui le rempart contre l’Iran.

    Les livraisons d’armes s’enchaînent, y compris les armes chimiques qui seront utilisées pour gazer les Kurdes à Halabja (nord-est de l’Irak), faisant près de 5 000 morts civils, en mars 1988, soit six mois avant la fin de cette guerre. Celle-ci aurait sans doute pu se poursuivre plusieurs années encore, si les bombardements réciproques sur les raffineries et l’interception de pétroliers dans le Golfe persique n’avaient fait craindre une crise énergétique de grande ampleur. Le Conseil de sécurité de l’ONU vote la résolution 598, le 20 juillet 1987, mais le cessez-le-feu décidé est refusé par l’Iran. Celui-ci comprend qu’il est en train de jouer ses dernières cartes, avant de négocier un véritable arrêt de la guerre. Le cessez-le-feu prend effet le 8 août 1988 et les combats cessent le 20 août.

    Il n’y eut ni vainqueur, ni vaincu. Mais les deux pays en sont sortis exsangues et les peuples endeuillés, meurtris. Saddam Hussein pensait que son statut de leader régional était approuvé par les pays occidentaux et du Golfe. Il allait déchanter moins de trois ans plus tard. Après avoir envahi le Koweït, il en a été délogé par ses anciens amis. Le début de la chute, qui s’est terminée en 2003 avec son éviction. Aujourd’hui, à Bagdad, règnent ainsi beaucoup de ses opposants qui se trouvaient à Téhéran pendant la guerre…

    Source : Decryptnewsonline

    Tags : Armement, Économie, sécurité, sanctions, négociations, islam, iran, international, guerre, défense, dictature, Politique, géopolitique, Saddam Hossein, Occident,

  • La CIA révèle dans des documents déclassifiés que le Front Polisario a pu faire plier le Maroc

    10 millions de pages sur le conflit du Sahara occidental sont rendus publics. Des pays arabes et européens ont aidé le régime marocain en pleine guerre froide entre l’URSS et les USA.

    Défilé des troupes du Front Polisario lors duème anniversaire de la RASD; Photo AFP

    La CIA, l’Agence de renseignement US, révèle dans des documents secrets que le Polisario a pu gagner la guerre du Sahara contre le Maroc, selon une série d’informations déclassifiées qui n’avaient pas vu le jour depuis des décennies et qui, alors que les négociations pour un accord de paix dans la région sont au point mort, deviennent actuelles grâce à de nouvelles autorisations d’accès à leur contenu.

    La CIA a donné le feu vert pour faciliter l’accès à plus de 10 millions de pages dont 900.000 sont des documents déclassifiés qui permettent de savoir ce qui s’est passé depuis mars 1979, 4 ans après la sortie précipitée de l’Espagne qui avait constaté que 300.000 Marocains attendaient dans une petite localité précaire au milieu du désert appelée Taj, situé à un jet de pierre de la frontière du 27ème parallèle, qui est à moins de 100 kilomètres des Canaries.

    Aujourd’hui, Taj est encore un minuscule lieu de passage abandonné à son sort, mais en 1975, il est devenu le point de départ d’un des plus grands exodes de l’histoire ‘Afrique du Nord, baptisé la Marche verte.

    Aujourd’hui, 44 ans plus tard, les services de renseignements US mettent à la disposition du public les dossiers qu’ils ont partagés avec les organismes et gouvernements occidentaux.

    La CIA révèle que le Maroc était en train de perdre la guerre contre le Front Polisario jusqu’à ce que les pays européens et arabes interviennent tactiquement et logistiquement pour aider la dictature de Hassan II.

    « L’annexion du Sahara Occidental par le Maroc en 1975 s’est faite par la force et a conduit à la guerre », selon des documents déclassifiés.

    La guerre du Sahara est l’un des conflits les plus singuliers que l’Afrique ait connu.

    Elle a fait l’objet d’une âpre confrontation entre le Front Polisario et le Maroc, et ses conséquences se sont étendues à l’Algérie voisine, avec laquelle le régime marocain a rompu en 1994 les relations diplomatiques et frontalières.

    Les effets collatéraux se sont également étendus à la Mauritanie qui, à ce jour, n’a pratiquement pas de relations avec le Maroc. Et, au milieu de l’Atlantique, les Canaries, qui ont accueilli une bonne partie des Sahraouis qui n’ont pas fui vers les camps algériens de Tindouf.

    Dans le conflit et l’invasion du Sahara par le Maroc, l’aide que les Marocains ont reçue des USA, de la France, de l’Espagne et de l’Arabie Saoudite a été décisive grâce aux relations entre Hassan II et Henry Kissinger, alors conseiller à la sécurité nationale des USA.

    Le document de base, intitulé  » Sahara Occidental, le boulet du Maroc « , a été diffusé par tranches en 2017 mais retrouve aujourd’hui sa notoriété en raison de l’arrêt bilatéral des ébauches de négociations qui ont eu lieu depuis janvier 2019 entre les représentants du Maroc, du Polisario, de l’Algérie et de la Mauritanie pour jeter les fondations d’un futur accord.

    Parmi les pages de la CIA figurent, par exemple, les chiffres des effectifs des troupes terrestres, maritimes et aériennes des pays riverains du Sahara, dont les forces du Polisario. On y détaille même le volume des troupes militaires, en plus des unités françaises et soviétiques déployées dans la région.

    L »analyse de la CIA sur les effectifs militaires en présence. (Source : CIA)

    Le conflit a duré jusqu’en 1991, après le cessez-le-feu imposé par les Nations Unies avec la promesse institutionnelle d’organiser un référendum d’autodétermination qui n’a jamais eu lieu du fait du boycott constant des négociations par le Maroc.

    Le processus de décolonisation du Sahara occidental est le plus ancien au monde.

    Le 21 août 1975, le Département d’Etat US donne le feu vert à un projet stratégique secret de la CIA, financé par l’Arabie Saoudite, visant à arracher l’ancienne province du Sahara (une zone de 270 000 kilomètres carrés) à l’Espagne.

    La colonie espagnole est considérée comme sensible d’un point de vue géostratégique.

    La Grande-Bretagne avait été chargée d’effectuer la due diligence (audit préalable) de l’ensemble de la province et avait établi sa richesse en phosphates, en fer, en pétrole et en gaz.

    Les techniciens britanniques ont identifié et scellé les puits de pétrole susceptibles d’être exploités après plusieurs décennies, afin d’éviter que la guerre du Sahara ne devienne un conflit économique aux yeux de la communauté internationale.

    Dans ce contexte, les USA n’étaient pas disposés à laisser entre les mains de l’Espagne l’avenir politique et commercial de la région qui allait passer sous le contrôle de la RASD, car ils entretenaient aussi des relations étroites avec l’Algérie, un des États les plus proches du régime communiste de l’Union soviétique.

    Les attaques sahraouies contre les troupes espagnoles se poursuivaient depuis 1969, faisant des dizaines de blessés et de morts. Même la mort de l’architecte du Polisario, Mohamed Basiri, des mains de l’espionnage espagnol, n’a pas suffi à étouffer la flamme indépendantiste.

    Aujourd’hui, le président de la RASD est Brahim Gali,qui était avec Basiri un combattant et co-fondateur du Front. Gali a également fait partie du premier gouvernement officiel de la RASD en tant que ministre des Affaires étrangères et, plus tard, a été responsable de la Défense.

    La guerre froide pesait aussi comme le couvercle d’un jerrycan sur les priorités de l’Occident pour que le Maroc assume le Sahara, si bien que le 6 octobre 1975, les services de renseignements de l’armée espagnole recommandèrent aux ministres et conseillers de Franco, d’élaborer une stratégie sur la colonie africaine.

    Franco est mort le 20 novembre 1975, mais le général agonisait depuis des semaines. Rabat appuya sur l’accélérateur et le 16 octobre 1975, la Marche Verte annoncée par Hasan II fut activée, en même temps que la Cour Internationale de Justice de l’ONU dénonçait les prétentions annexionistes du Maroc.

    Hassan II est allé jusqu’à déclarer publiquement : « Nous devons, cher peuple, nous lever comme un seul homme, avec ordre et organisation, pour aller au Sahara et rencontrer nos frères ».

    Le 21 novembre 1975 (au lendemain de la mort de Franco), le Prince Juan Carlos de Bourbon refuse d’accepter le poste de chef de l’Etat à titre provisoire.

    Carte pour comprendre le conflit du Sahara

    Le 31 octobre 1975, le prince avait présidé un Conseil des ministres à La Zarzuela où la crise du Sahara avait été abordée en priorité.

    Don Juan Carlos a exprimé son engagement à s’occuper le dossier du Sahara face au risque d’une occupation marocaine imminente.

    Cependant, il n’a pas informé les ministres qu’il avait déjà envoyé à Washington son homme de confiance, Manuel Prado y Colón de Carvajal, afin d’obtenir la couverture de Kissinger.

    Les conseillers militaires et politiques du futur roi d’Espagne ont compris qu’une guerre coloniale avec le Maroc à l’époque pourrait précipiter les événements à l’instar de ce qui s’était passé au Portugal (Révolution des œillets) et risquer ainsi l’avenir de la couronne.

    Le secrétaire d’État usaméricain a accepté la médiation demandée par le nouveau chef d’État espagnol, et est intervenu auprès de Hassan II et dans les heures qui ont suivi, un pacte secret a été signé par lequel le Sahara occidental (jusque-là considéré comme la 53e province espagnole) a été cédé.

    L’Espagne a reçu de l’autre côté de l’Atlantique le soutien promis par les USA, mais à seulement 100 kilomètres des îles Canaries, une guerre s’est déclenchée qui est toujours en cours et, ce qui est plus stupéfiant pour la communauté internationale, les Nations unies n’ont pas encore résolu le plus ancien conflit colonial du monde.

    Tlaxcala

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, CIA, guerre, armée sahraouie,

  • Dossier Libye… L’Algérie fait référence

    Magnifique métaphore que celle d’un historique des grandes batailles du 20ème siècle: au cœur d’un conflit mondial, il avait surpris ses pairs en affirmant que «la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires». Une phrase qui se prête exactement au bourbier libyen, si proche de nos frontières.

    A une encablure d’un cessez-le-feu acquis par le maréchal Khalifa Haftar et Fayez El Sarradj, le militaire fait volte-face et s’en retourne sur le front pour apparemment mieux peser sur la balance des négociations. Sur un conseil américain par exemple ? Ou tergiverser tactiquement pour augmenter la pression dans les loges des politiques que le maréchal n’affectionne sûrement pas ? Dans tous les cas, le chef de l’Armée Nationale Libyenne, a dérouté les présidents russe et turc qui croyaient avoir convaincu l’officier dominateur dans l’est du pays de feu Kadhafi.

    Mieux, selon les observateurs, Haftar s’est propulsé en position de force, parce que non seulement rien ne précursait qu’il allait émarger l’accord de cessez-le-feu, mais encore et surtout, il avait annoncé la poursuite des combats par ses «forces armées» contre les «terroristes qui, selon lui, «s’étaient emparés de la capitale Tripoli». Comment, les architectes du sommet de Moscou pouvaient croire en l’accord de Khalifa Haftar de cesser les combats alors qu’il avait précisé, depuis Moscou, «qu’ils ne cesseraient pas avant l’éradication des groupes terroristes».

    Bizarre ! Ou Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont fait biaisés en toute dernière minute par Haftar, ou ils doivent en ce moment ronger leurs nerfs sur une erreur stratégique de débutants. Le puzzle est inextricable. Encore plus quand on rappellera que depuis 2014, le Gouvernement d’Union National présidé par Fayez El-Sarradj et reconnu par les institutions internationales, subit les attaques du maréchal Haftar et de ses troupes, soutenus par l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite. Et si, acculé quotidiennement par les soldats de l’Est, Fayez El-Sarradj, s’en est voué à la Turquie pour l’envoi d’experts militaires, de troupes et d’équipements techniques, on comprendra que cette crise est profondément nourrie par des intérêts stratégiques et économiques évidents, de grande ampleur.

    Le «gibier» libyen focalise l’attention des plus grandes puissances. L’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, dénoncent le déploiement militaire turc en Libye et interpellent Ankara. L’autre va-en-guerre tous terrains, Donald Trump, exprime son soutien au maréchal Haftar: le jeu international se précise. Ankara et Moscou ont compris que leurs intérêts communs consistent à éclipser l’Occident du dossier «Libye».

    L’Egypte qui influe souvent l’Union africaine sur la question libyenne, tente d’orienter les membres du Conseil de Sécurité. Pire, Recep Tayyip Erdogan croit pouvoir impliquer la Tunisie dans le chaos libyen. Ailleurs, les Libyens aussi, jettent de l’huile sur le feu: «Si Tripoli tombe, Tunis et Alger tomberont» tonnait Fathi Bachagha, le ministre de l’Intérieur de Fayez El-Sarradj, le 27 décembre dernier.

    Heureusement, l’Algérie ne se confond pas avec les amateurs de la politique et des visions hallucinées de la guerre. Forte de sa doctrine diplomatique, nous avons été les premiers dans la région à encourager les deux belligérants de la crise libyenne à signer le cessez-le-feu. Nous n’adhèrerons à aucune promesse politique que lorsque les armes se soient tues», avait annoncé le gouvernement.

    Forte de son expérience dans ce registre sensible, l’Algérie ne s’est jamais écartée de sa démarche plaidant depuis l’éclatement de ce bourbier, pour un règlement politique et pacifique.

    Comme dans tous les scénarios de Klimov, ce cinéaste visionnaire, notre position politique envers la grave situation qui prévaut à nos frontières est admirable. Le pays de la grande Révolution fait référence dans ce type de conjonctures.

    Par Fayçal Haffaf

    Ouest Tribune, 15 jan 2020

    Tags : Algérie, Libye, diplomatie, guerre, conflit, violence,

  • Sáhara, la impotencia marroquí

    José Ramón Diego Aguirre

    El País, 7 nov 1991

    El autor, militar e historiador, analiza desde el punto de vista de la estrategia militar la incapacidad de Marruecos, a pesar de su enorme superioridad en hombres y armamento, para acabar desde hace 16 años con la guerrilla saharaui.

    Hace ya 16 años que se firmaron, el 14 de noviembre de 1975, los acuerdos de Madrid. Nadie hubiera podido pensar entonces que iban a dar lugar a una guerra interminable. Y todavía hoy, después de la aceptación teórica por Marruecos de un referéndum de autodeterminación, planean fuertes dudas sobre la determinación del rey a aceptar que la consulta se desarrolle de manera verdaderamente imparcial.Pero lo que no ofrece duda alguna, en cambio, es la resistencia de los saharauis a convertirse en súbditos suyos. La monarquía alauí podrá alegar los más alambicados argumentos de carácter supuestamente histórico -pulverizados por los historiadores y el Tribunal de La Haya- sobre sus derechos en el Sáhara, pero no podrá jactarse de la obediencia de los saharauis libres, ahora llamados « hijos descarriados ».

    Obstaculizando la celebración del referéndum, Marruecos sólo ha demostrado lo que ya se hacía patente antes del abandono español: su temor a la auténtica expresión de la voluntad popular, que le llevó a torpedear en la ONU en 1974, con la ayuda de Occidente, el referéndum prometido por España para 1975.

    Lejos de encontrarse, en noviembre de ese año, con el entusiasmo de la población autóctona que celebraba la liberación del colonialismo paternalista español, las tropas de Hassan II empezaron a sufrir una larga serie de reveses que obligaron a las Fuerzas Armadas a aumentar sus efectivos de 60.000 soldados en 1975 a 100.000 en 1979 y a 170.000 -sólo en lo que se refiere al Ejército de Tierra- en 1988, casi todos desplegados en el Sáhara, además de 25.000 hombres de la aviación, la gendarmería y las fuerzas auxiliares.

    A partir del 30 de octubre de 1975, cuando las Fuerzas Armadas marroquíes invadieron el este del Sáhara con una silenciosa ayuda española, empezaron los ataques de los saharauis contra los convoyes y los destacamentos aislados. Los bombardeos de la aviación marroquí sobre los campamentos sólo sirvieron para ocasionar numerosas víctimas entre mujeres y niños, pues los combatientes estaban diseminados a lo largo del territorio.

    En sólo dos meses, las Fuerzas Armadas consiguieron llegar a los puestos alejados de Tifariti, Guelta y Mahbes, en la zona norte, mientras los mauritanos se atascaban en el sur. Pero los ataques contra los destacamentos y convoyes se sucedían constantemente, lo mismo que contra El Aaiún y los objetivos económicos de los fosfatos de Bu Cra y de las instalaciones mineras mauritanas de Zuerat y su ferrocarril. En junio de 1976 era atacada Nuakchot, la capital de Mauritania, operación en la que moría el dirigente del Frente Polisario, El Ueli Uld Mustafá.

    A pesar de la importante intervención directa de Francia con sus aviones Jaguar en la Operación Lamantin, la guerra provocó el hundimiento del Gobierno mauritano con un golpe de Estado que derribé a Mohtar Uld Dadah en 1978 y que llevó a las nuevas autoridades a firmar la paz con el Frente Polisario en 1979, y poco después a reconocer a la república saharaui.

    ‘Ofensiva Huari Bumedian’

    Convertido Marruecos en objetivo único, a partir de enero de 1979 se desencadena la ofensiva Huari Bumedian, cuyo nombre recuerda al fallecido presidente de Argelia. El frente puso en juego importantes contingentes con armamento moderno, y el 28 de ese mes ocupó Tantan, capital de Tarfaya, en el propio Marruecos, liberando a sus prisioneros y destruyendo las instalaciones militares. Esta ofensiva tuvo una honda repercusión en el reino, donde se tuvo que reconocer que la guerra iba mal.

    Sin embargo, la operación se volvió a repetir en el mes de junio. El nuevo objetivo fue Assa, una ciudad marroquí al norte del río Dra, a sólo 200 kilómetros de Agadir. En agosto, la guarnición de Leboirat, en el valle del Dra, fue cogida por sorpresa y casi destruida, lo que supuso el procesamiento de numerosos militares marroquíes. Al propio tiempo, la población de Saac quedaba cercada. En 1980, el frente seguía atacando en el propio Marruecos: en enero, Akka; en septiembre, Tata, y en octubre, el oasis de M’Hamid. Estos combates se combinaban con los llevados a cabo al oeste de Tarfaya, en las guarniciones próximas a Tantan y al cabo Jubi, así como en la ruta que lleva hasta El Aaiún, que tuvo que ser abastecida por vía marítima.

    Como ya ocurrió en la guerra contra España de 1957-1958, quedó claro que era imposible mantener tantas posici ones aisladas, y Marruecos tuvo que abandonar sus puestos avanzados al este de Smara entre abril de 1977 y octubre de 1979, limitándose a ocupar el triángulo útil de Bu Cra-Smara-El Aaiún, así como los poblados de Guelta, Bir Nzarán y Dajala.

    Al propio tiempo, Marruecos ponía en marcha, con una supuesta finalidad antiguerrillera, unas importantes columnas con amplios medios. La primera, llamada Uhud, contando con 6.000 hombres, salía de Marraquech en septiembre y llegaba a Dahala en diciembre de 1979, para confirmar el dominio sobre la zona abandonada por Mauritanía. En enero de 1980 salía de Benguerir la columna Zalaca, dirigiéndose hacia el este del Dra para liberar Saac, que seguía sitiada por los saharauis desde meses atrás.

    Hostigada por éstos, la columna tuvo que retirarse a Assa y hasta mayo no pudo poner fin al sitio de Saac, después de dominar el paso de Trcíg Negueb, sobre el Dra. Otra columna, Larak, operaba en el oeste de Tarfaya, en el Yebel Zini y Yebel Rich, para impedir los ataques del frente contra Tañtan y la ruta de El Aaiún. Sin embargo, los resultados obtenidos no respondían a los medios empleados, porque los saharauis sólo combatían donde creían obtener más ventajas, diseminándose en el resto del territorio.

    Defensa estática

    A mediados de 1980, Marruecos comenzó a planear una defensiva estática a base de construir un sistema de grandes fortificaciones. El primer muro se elevó desde el Dra a Saac y a continuación se levantó otro desde Ras el Janfra, en la frontera, hasta Smara, desde donde se dirigía hacia el suroeste, alcanzando Bu Cra en mayo de 1981. En 1982, este primer muro se prolongó hasta el Atlántico, incluyendo el poblado de Bojador.

    Al finalizar 1981, Marruecos apenas dominaba una sexta parte del Sáhara, al tiempo que aumentaba a 120.000 hombres sus efectivos en filas. En el resto, es decir, 200.000 kilómetros cuadrados, dominaba el Frente Polisario.

    En diciembre de 1983, al amparo de una columna, marroquí de 30.000 hombres, se levantó otro muro que rodeaba Arrigala y llegaba al este de Smara, enlazando con el anterior. Entre abril y mayo de 1984 se elevó una nueva fortificación entre Amgala y Saac, englobando una nueva porción de territorio y estableciendo una línea defensiva de más de 1.000 kilómetros de Saac a Bejador.

    En 1985, otra muralla, aún más avanzada, partía de Saac hasta pasar a escasos kilómetros de la frontera argelina, lo que elevó la tensión entre los dos países. Esta nueva muralla enlazaba en Arngala con las fortificaciones anteriores. De mayo a septiembre, los muros defensivos se extendieron desde Arngala hacia el sur, incluyendo Guelta y llegando al golfo de Cintra. Y entre febrero y abril de 1987 se construyó la última fortificación, que partía de Bir Nzarán hacia el sur y giraba luego hacia el oeste, terminando al norte de La Güera, una ciudad administrada por los mauritanos.

    La decisión que había tomado Marruecos suponía encerrarse tras una enorme línea de fortificaciones, defensa y cerco propio a la vez, elevadas y mantenidas con gastos fabulosos, sin poder llegar a una victoria militar, faltos de iniciativa y de libertad de acción. El espíritu ofensivo permanecía en manos de los saharauis, quienes atacaban, las fortificaciones en innumerables ocasiones, consiguiendo causar a Marruecos elevadas pérdidas. Los gastos militares marroquíes ascendían en 1989 a 1.216 millones de dólares; la deuda exterior, a 19.500 millones, mientras las importaciones de armas superaban los 500 millones de dólares en 1979 y los 300 por año en los sucesivos.

    A pesar de la ímportantísima ayuda occidental, con créditos y ventas de armas de EE UU, Francia, España y otros países, y de las entregas generosas de miles de millones de dólares procedentes de Arabia Saudí y de los Emiratos Árabes Unidos, Marruecos no podía ganar una guerra contra un Ejército saharaui que no sobrepasaba los 15.000 hombres, según el Instituto de Estudios Estratégicos de Londres.

    Sólo la solución política, con un referéndum imparcial, se convertía en la salida posible para el conflicto del Sáhara, pero a ello se opuso durante años Hassan II, buscando primero fortalecer su inestable posición. Sus acciones de esta última época así lo prueban. Sólo falta por dilucidar si la ONU tendrá la suficiente energía y determinación para imponer una consulta de la población, libre de coacciones militares o policiales, que abra el camino hacia una independencia por la que los saharauis han luchado, durante tantos años. Creemos con firmeza que, finalmente, la historiá siempre hace justicia a los pueblos.

    José R. Diego Aguirre es historiador.

    * Este artículo apareció en la edición impresa del Jueves, 7 de noviembre de 1991

    Tags : Sahara Occidental, Frente Polisario, Marruecos, guerre, resistencia saharaui,

  • Les Gardiens de l’État de guerre

    Une analyse des secrétaires à la guerre et à la défense des États-Unis (dont le nom a été changé de secrétaire à la guerre à secrétaire à la défense en 1947) nous donne un aperçu de la nature des relations au sein du « complexe militaro-industriel ». Bien que ces secrétaires ne soient pas les seuls gardiens de l’État de guerre et de bien-être (et peut-être même pas les plus importants), ils jouent un rôle crucial dans la coordination entre les sociétés collectivistes, à la recherche de rente, et les partis politiques et leurs programmes largement sociaux-démocrates.

    Sur 41 secrétariats depuis 1900, nous comptons 39 personnes, dont deux ont servi deux fois sous deux présidents distincts. Ces 39 secrétaires venaient de 19 États seulement. La grande majorité d’entre eux venaient de la côte atlantique. Il est frappant de constater que 41 pour cent de ces secrétaires à la défense et à la guerre venaient de seulement trois États : New York, Pennsylvanie et Ohio. En élargissant un peu notre réseau géographique, nous obtenons les deux tiers des secrétaires. Certes, ces trois États étaient très peuplés, mais pour l’ensemble de la période, leur pourcentage moyen de la population américaine serait inférieur à 20 pour cent. De plus, très peu venaient des grandes villes. Les secrétaires de New York étaient beaucoup plus susceptibles de venir de Clinton (Elihu Root) ou de Glen Falls (Robert Patterson) que de New York. Il s’agissait principalement d’enfants de petites villes de l’ouest de la Pennsylvanie, du nord de l’État de New York et des districts voisins.

    Peut-être moins surprenant, 52 pour cent ont fréquenté les institutions de l’Ivy League (certains d’entre eux seulement les écoles professionnelles à l’Ivies). Parmi les Ivy Leaguers, 11 étaient des secrétaires républicains, 10 démocrates. Pourtant, malgré l’élite de l’éducation, la plupart des secrétaires venaient de la classe moyenne et, dans plusieurs cas, de milieux nettement inférieurs de la classe moyenne.

    Pas tous, bien sûr. Robert Lovett (sous Truman) était un descendant de l’argent de l’Union Pacific (donc lié à un couple d’empires bancaires). Elliott Richardson (sous la direction de Nixon) était issu d’une famille de Boston Brahmins au sang bleu. William Howard Taft (sous la direction de Theodore Roosevelt) était issu de la puissante famille Taft de l’Ohio de Cincinnati.

    Leurs biographies montrent que, du moins en résumé, même les plus atypiques des 39 ne s’éloignent pas trop du portrait suivant, une sorte de secrétaire de guerre de type idéal.

    Notre modèle de secrétaire à la guerre ou à la défense est une personne de l’ouest de la Pennsylvanie. Il vient d’une classe moyenne solide qui permet à ce garçon brillant et travailleur d’obtenir une éducation en Ivy League, très probablement à Yale. Il écrit ou édite l’une des publications du collège. Depuis que notre homme est à Yale, il est recherché par une société secrète, et il entre, disons, dans Skull and Bones (le plus fréquent, bien que d’autres soient représentés), côtoyant là les familles et les fortunes d’élite.

    S’il y a une guerre après l’université, notre homme fera un court séjour dans l’armée. Il étudiera ensuite le droit à Harvard, puis travaillera pour un cabinet d’avocats ou une banque d’investissement. Entrer dans la politique étatique ou nationale, il occupera plusieurs postes législatifs ou exécutifs.

    Notre homme idéal – et ce sont tous des hommes – serait certainement au Conseil des relations étrangères (après 1922). Après avoir servi pendant trois ou quatre ans comme secrétaire à la guerre ou à la défense, notre homme reviendra aux « affaires », presque certainement à la banque d’investissement. (C’est vrai dans presque tous les cas, même pour ceux qui n’étaient pas banquiers avant.) Il a également été membre d’un grand nombre de conseils d’administration, a occupé des postes consultatifs et a entretenu d’autres liens avec l’industrie de l’armement. Et il serait en contact avec les mondes des deux groupes de travail gouvernementaux et des grandes fondations libres d’impôt (Fondation Ford, Rand, etc.) et entretiendrait des liens étroits avec Lehman Brothers, Morgan, Jacob Schiff et Goldman Sachs.

    Maintenant, laissez-moi vous dire qu’il y a beaucoup de variations accidentelles dans la piscine. Intéressants, en plus. Un secrétaire à la guerre avait deux descendants (petit-fils et arrière-petite-fille) qui seraient mis en nomination pour un prix académique (George Dern, un des secrétaires de guerre de la FDR). Un secrétaire de la défense a servi deux fois et entre-temps a rejoint les grandes entreprises pharmaceutiques et a obtenu avec succès l’approbation de l’aspartame (Rumsfeld) par la FDA. Un secrétaire à la guerre a créé la Coupe Davis en tennis (Davis). Deux secrétaires étaient auparavant colocataires de l’université (Rumsfeld et Carlucci). Et l’un des secrétaires de guerre de Roosevelt était un strict non-interventionniste (Woodring) !

    Comme nous l’avons mentionné, seuls quelques-uns des secrétaires venaient de l’argent et des privilèges anciens : en général, ces hommes ne sont pas les maîtres des marionnettes banquières obscures ni les capitalistes vicieux de l’imagination, mais plutôt les fils de fermiers, d’avocats de petites villes et d’instituteurs dont les ambitions les ont conduits à des postes influents. En effet, certains ont exercé une influence énorme sur les politiques : pensons à Stimson, McNamara et Rumsfeld, par exemple. Certains beaucoup moins. Il n’y avait pas de vrais Metternichs ou Richelieus parmi eux, pas de « cochers d’Europe » pour ainsi dire. Ils étaient plutôt de hauts fonctionnaires de l’État de guerre et de bien-être. Et, il faut le dire, des individus travailleurs, intelligents et capables.

    Tout ce travail acharné a été consacré à l’acquisition de matériel de guerre, à son approvisionnement auprès des sources privilégiées, à la mise sur pied d’organisations de défense américaines afin de mettre en œuvre les plans militaires du président et de ses conseillers. Peut-être même s’assurer que les destructions infligées seraient telles que la reconstruction rapporterait des bénéfices aux secteurs et aux entreprises les plus favorisés par la suite. Ces secrétaires fournissent certainement l’un des liens sécurisés entre la politique et les niveaux supérieurs de prise de décision des « sages ».

    Je suggère que ce profil spécifique peut être crucial pour le processus politique de négociation d’accords entre les parties, l’administration, la haute finance, l’armée et la fabrication d’armes – en substance le complexe militaro-industriel. L’imperium moderne, pas moins que l’état du Roi Soleil, a besoin de gestionnaires hautement qualifiés, au tempérament égal et à la loyauté totale. La « démocratie » d’aujourd’hui – en partie du théâtre, en partie de la thérapie, en partie de l’oligarchie – peut servir de bizarreries et d’originaux comme secrétaires d’État, sénateurs et présidents. Mais les secrétaires à la défense, machines cruciales de l’État de guerre perpétuelle, sont des pièces finement affinées d’une marque spécifique.

    Entre parenthèses, et sans attribuer de signification particulière, j’observe une tendance à la différence de style partisane entre nos ministres de la défense. Le parti démocrate a eu tendance à choisir un peu plus de secrétaires désynchronisés que le parti républicain. De plus, quelques autres secrétaires démocrates venaient de l’extérieur du Triangle des Bermudes (de New York, de Pennsylvanie et de l’Ohio) des secrétaires de guerre.

    D’autre part, il est également vrai que la défense est la position du cabinet qui traverse probablement le plus souvent les lignes de parti, comme dans le cas du secrétaire Hagel. Il est clair que, parfois, ces tuteurs sont tout simplement interchangeables.

    Les deux partis politiques ont bien sûr servi de front à l’élite de l’État, au système de l’État de guerre et de bien-être. L’apparition de tensions entre les deux parties en matière de guerre a été théâtrale à bien des égards, bien que de nombreux participants soient, sans aucun doute, de vrais croyants. Pourtant, ces idées doivent être transmises dans le contexte d’une véritable activité guerrière agressive des deux parties lorsqu’elles sont au pouvoir.

    L’interface indispensable entre les partis, les entreprises et les élites est gardée par une classe spéciale de loyalistes, généralement des individus extrêmement brillants, de statut familial et social modeste, choisis par l’élite étatique pour faire ce travail, puis récompensés en conséquence. Quand on regarde ces hommes et ces fonctions, il est difficile d’imaginer comment il pourrait en être autrement.

    Hunt Tooley est président du département d’histoire de l’Austin College. Il a obtenu son doctorat en histoire à l’Université de Virginie. Il est l’auteur de The Great War : Western Front et Home Front.

    Ses articles et critiques ont paru dans des revues savantes comme History Teaching Review Yearbook, Canadian Review of Studies in Nationalism, The Independent Review, Central European History, Journal of Libertarian Studies, Quarterly Journal of Austrian Economics, American Historical Review et History : Critiques de Nouveaux Livres.

    Cet article provient de Mises.org

    Traduit par Dr.Mo7oG (toute reprise de cette traduction se doit de citer la source de cet article)

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    Tags : Etats-Unis, guerre, Pentagone,