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  • La fascination de la virginité féminine et l’exaltation morbide machiste

    Je ne sais pas pourquoi, dans toute cette affaire de virginité et dans la levée de bouclier à laquelle j’ai participé, quelque chose cependant m’a dérangé, comme un espèce de climat malsain s’installant dans notre pays, une instrumentalisation tous azimuts de cette cause, dans tous les sens.

    J’étais une des premières à me révolter à grands cris et à publier le communiqué de Regard de Femmes. Je n’étais pas à Paris lors de la manifestation de NPNS le 7 juin, mais ai vu combien cette initiative suscita l’enthousiasme, hurler le droit de ne pas être vierge, et refuser le poids des traditions. C’était comme un dernier soubresaut de mai 68, le mauvais temps en plus.

    De Genève (« putes », foot et Conseil des droits de l’homme) je suivais les virements et revirements de la Ministre Rachida Dati, à qui rien ne fut par ailleurs épargné. L’Express fit des gorges chaudes du prix de ses tenues vestimentaires. Immonde ! Jamais on n’a vu un magazine s’épancher de la sorte sur les marques et dépenses en chaussures, costumes et chemises sur mesure de nos ministres masculins.

    Certain-es chroniqueurs également ne furent pas embarrassé-es de passer en l’espace de 24 heures d’un avis à l’autre. L’une d’entre eux expliqua sont mouvement de girouette par le « sang froid » et « sérieux » journalistique qui l’avait fait passer de la justification de la décision de justice à la condamnation deux jours après.

    Bref, pendant qu’à Genève, la machine à broyer les normes universelle continuait son infernale travail de fabrication des dérives politiques de demain, et que les démocraties encore une fois capitulaient – sauf au point 4 de l’ordre du jour où elles purent en vrac et en quelques minutes se défouler (très gentiment) sur la Chine, le Zimbabwe, la Corée du Nord, l’Iran, le Soudan , la Birmanie pour un résultat sans doute nul – le must de l’associatif parisien retrouvait les échos de jadis : Tshirt, fanfare, bannière, la fête retrouvée pour quelques heures sur le pavé de la capitale.

    Excusez moi chères amies de combat ! Mais je ne peux m’empêcher d’éprouver un certain malaise devant ce mouvement formidable et nécessaire. Car il me semble qu’il est plus que jamais déconnecté du monde et de l’histoire, et que se jouent à présent des jeux de pouvoirs hexagonaux qui n’ont rien à voir avec le sujet traité. Ou comme si dans ce trop triste et pluvieux printemps, cette manifestation permettait de réunir en un dernier sursaut, tous les frustrés d’autres grands soirs aujourd’hui révolus.

    Je n’ai pas compris le slogan « Ni vierges, ni soumises » qui m’a semblé réduire le sujet au lieu de l’étendre.

    Merci à Catherine Deudon d’avoir ouvert le débat avec ses pancartes toujours plus imaginatives, notamment sur les 70 vierges promises aux assassins de masse que l’on appelle tour à tour «martyrs», «kamikazes», «bombes humaines», «terroristes» et même parfois «résistants.

    Comme l’a écrit Jacques Tarnero dans son magnifique texte intitulé «Les attentats suicides ne sont pas suicidaires», « il n’y a pas l’ombre d’un désespoir suicidaire dans ces gestes mais au contraire une exaltation morbide, une jubilation sensée ouvrir les voies du paradis dans le fait de donner la mort en y perdant la vie »

    Il y a dans cette quête de virginité, la même exaltation morbide.
    Certes, de nombreux « clients » de prostituées (ou prosti-tueurs) achètent des filles de plus en plus jeunes croyant ainsi se protéger du Sida. Le tourisme sexuel en direction des mineurs n’est pas l’apanage d’une nationalité plus qu’une autre, comme la bien montré complaisament dans son livre auto-narcissique (est-ce redondant comme expression ?) en 2005, le nouveau directeur talentueux de la Villa Médicis.
    ar en Asie du Sud Est, les clients des très très jeunes prostituées (parfois aussi jeunes que 5 ans) sont majoritairement des asiatiques.
    Au Cambodge, les japonais perpétuent ainsi une croyance millénaire selon laquelle la virginité freinerait la marche du temps, et les éloignerait de leur propre vieillesse et décrépitude.

    La mythologie est pleine de ces vieux croutons qui se refont une jeunesse dans le lit des vierges !

    Les matrones d’Asie refont faire l’hymen des petites filles, déflorées, tuées, violées, encore et encore…

    Ah le plaisir morbide de saigner les filles ! Et puis une vierge, ça rapporte plus !

    Ici en Europe, des médecins refabriquent des hymens, nouvelle branche de la chirurgie réparatrice qui rapportera un jour autant que les injections de toxines botuliques.
    En Australie, les chirurgiens pratiquent l’ablation des petites lèvres, restructurent les sexes des femmes après la quarantaine. Injections dans le vagin pour avoir des sexes toujours plus fermes, toujours plus jeunes, se retrouver toutes petites Lolitas au pubis glabre, retrouver la virginité promise dont les hommes raffolent tant !

    Où sont Médecins du monde et Médecins sans frontières pour dénoncer ces pratiques ?
    Nul part. Comme il y a une vingtaine d’années, lorsqu’ils ne condamnaient pas l’excision et restaient silencieux quand leurs confrères pratiquaient l’ablation du plaisir féminin et légitimaient cet acte par l’hygiénisme. Ils prétendaient qu’ainsi, en utilisant du matériel propre, ils protégeaient les filles du risque infectieux lié à l’utilisation d’une vieille lame de rasoir rouillée.

    « Ni vierges ni soumises »….beau slogan en effet ! Mais il empêche que l’on s’interroge sur la fascination morbide et machiste pour la virginité féminine. Et si l’on est « pute » et « vierge » de cinq ans au Cambodge? Et si l’on n’est plus vierge parce que l’on a été violée ?

    Quelles étaient les insultes que Fourniret lançait à ses victimes vierges, où celles des assassins du 11 septembre qui payèrent pour le sexe des prostituées quelques heures avant de tuer et de s’envoyer en l’air dans le ciel de Manhattan avec leur fantasme de soixante dix vierges ?

    La Secrétaire nationale du PS, chargée des droits des femmes et de la parité, Laurence Rossignol la première, dans son communiqué de presse qu’elle a rendu public le 30 mai, a mis en parallèle le jugement de Lille et «l’obsession de la virginité du tueur de femmes Fourniret » dont elle nota avec justesse la coïncidence.

    Et si l’horreur de l’affaire Fourniret avait trop plombé notre pauvre France, et que la scandaleuse décision de Lille nous permettait aussi ainsi de partir comme une seule femme à l’appel de « Ni vierges ni soumises » ?

    Et qui ne voit la propagande culturelle qui autorise le passage à l’acte, entre la fascination pour la virginité de Sade – que la plupart de nos intellectuels refusent à analyser – à la pornographie sur Internet ?

    Les mille et une légendes du monde entier nous racontent les histoires des barbes bleues et des princesses vierges. Nul relativisme culturel dans le mythe de la pureté virginale perdue, fantasme machiste transnational, malheureusement trop contemporain qui tue les femmes sur tous les continents.

    La quête de virginité n’a rien de pure et d’évanescent. Le sexe de l’homme devient l’arme par excellence, l’arme du meurtre machiste.

    Source : Malka Marcovich…enjeux internationaux

    Tags : Femmes, féminisme, féminité, virginité, vierge, hymen, défloration, droits de femmes, mariage, Islam, 

  • Maroc : L’hymen ne fait pas la virginité. La virginité ne fait pas la vertu.

    On en connait tous des comme ça, des filles vierges du vagin, mais épuisées de tous les autres orifices possibles et imaginables, qui toutes fières brandissent leur soit disant vertu à la gueule du monde. On a aussi vu des filles, que personne n’a jamais touché, qui sont tombées amoureuse d’un homme, qui les a déflorées, et qui a été le seul homme à les toucher. On connait aussi, des nanas, qui n’ont jamais rien fait, jamais rien vu, jamais rien touché, elles n’ont toujours pas vécu. Et puis il y a les autres, celles qui ont fait les 400 coups et qui l’assument à l’Américaine. Il faut de tout pour faire un monde.

    La virginité Technique

    Le fait est, qu’au Maroc la virginité is a Big Deal. Et je suppose que ce soit pareil dans tous les autres pays musulmans où une femme célibataire peut toujours sortir de chez elle sans avoir son frère ou son père collé aux basques. Etre vierge signifie être une fille qui se respecte, et vice versa. Une fille pas vierge est considérée comme une fille qui a couché avec tout et n’importe quoi. Et parallèlement, un hymen intact est une preuve, dite tangible, de la vertu de sa titulaire, tout comme un diplôme quoi. Sauf qu’un hymen, comme un diplôme, ça ne garantit pas grand-chose. Comment voulez-vous, qu’une stupide membrane, témoigne de la vertu d’une femme, honnêtement c’est tout bonnement débile.

    Déjà, la première vérité qu’on n’ose pas dire, est que, hymen ou pas, il y a des millions de filles, qui sortent avec des mecs, et qui font ce qu’on appelle le frotti frotta. En gros, ces couples miment l’acte sexuel, afin de procurer du plaisir aux deux partenaires sans pour autant qu’il n’y ait pénétration. Pourquoi ne pas juste pénétrer la demoiselle, eh bien parce qu’elle doit rester clean et intacte jusqu’au mariage, sinon ses parents et elle-même se feront lyncher par sa future belle famille. Puis il y a ceux qui, ni vus ni connus, empruntent les chemins boueux. Et finalement ceux, qui se contentent de sexe oral. Ces filles-là sont-elles vierges ? NON. Mais sont-elles techniquement vierges ? OUI. Et aux yeux des gens, c’est ce qui importe, parce qu’on ne veut pas regarder la réalité en face : la présence ou non d’un hymen ne veut absolument rien dire. On préfère fermer les yeux et se rassurer par un mensonge absurde. Mais se rassurer de quoi au juste ?

    Se rassurer de la deuxième vérité qu’on n’ose pas dire : Le sexe, ce n’est pas mal. Ce qui est mal, c’est les MST, les grossesses à 15 ans, les familles déchirées, les enfants non reconnus, les enfants des rues, les familles pauvres à 10 gosses … ça c’est mal, très mal. Mais le plaisir qu’un orgasme procure, je ne vois pas pourquoi ça le serait.

    Quand l’Islam, la Torah ou la Bible ont interdit le sexe hors de l’institution du mariage, c’est pour des raisons claires : dans le temps, il n’y avait pas DU TOUT de moyens de contraception. Ma phrase s’arrête ici. Je suis CLAIRE.

    Ce que je veux dire, est que la virginité et la vertu sont deux concepts qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Si vous voulez coucher avec quelqu’un faites-le, si vous voulez faire une partouze monstre, faites-la, mais soyez en convaincus. Faites le parce que ça vous plait. Ça ne veut pas dire que vous n’êtes pas de bonnes personnes, ça veut juste dire que vous kiffez le sexe, et je ne vois pas en quoi ce serait mal. Mais protégez-vous, ne foutez pas la merde dans votre vie pour autant.

    Malheureusement, ce genre de discours, ça dérange. Mais savez-vous pourquoi ? Parce que l’humain est possessif, il n’aime pas partager, il aime s’approprier ou appartenir, il aime l’exclusivité, la garantie d’être le seul, le plus fort, le plus beau, le plus intelligent; et il a trouvé la parfaite membrane pour s’approprier, pour appartenir, ou pour se pseudo garantir qu’il a été le seul, ou qu’il n’a jamais été atteint. Même si tout le monde sait que c’est contournable, tout le monde ferme les yeux, et profite de la jouissance du pouvoir créé autour de l’Hymen.

    L’hymen ne fait pas la vierge. La virginité ne fait pas la vertu.

    Source : La vérité qu’on n’ose pas dire, 18 juin 2015

    Tags : Maroc, virginité, hymen, pureté, chasteté, religion, vertu,