Étiquette : islamophobie

  • Musulmans de France, tous coupables ?

    par Akram Belkaïd, Paris

    L’horrible décapitation de Samuel Paty, un enseignant en France par un jeune de dix-huit ans d’origine tchétchène, qui lui reprochait d’avoir montré des caricatures du Prophète à ses élèves dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, a provoqué une grave crise aux conséquences incertaines. Il ne s’agit pas ici uniquement de l’immense, et légitime, émotion qu’un tel acte barbare a provoqué au sein de la société française. Il ne s’agit pas non plus de l’agitation suspecte d’un gouvernement, et notamment du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, déjà préoccupé par la campagne électorale de la présidentielle de 2022 et soucieux de faire oublier ses responsabilités dans cette triste affaire. Une frénésie de propos destinés à masquer aussi le délabrement d’un secteur éducatif où il n’est pas rare que des parents d’élèvent cognent un enseignant surmené pour une mauvaise note ou un téléphone portable confisqué durant les heures de cours.

    Il est évident que ce drame révèle des lignes de fractures qui se sont aggravées depuis le début des années 2010. De manière régulière, des attentats ou des actes isolés de violence se revendiquant de l’islam reposent de manière brutale le rapport entre la société française et les communautés de cultures musulmanes. Cette fois-ci, l’onde de choc est plus forte, ne serait-ce que parce que c’est l’école qui est concernée mais aussi parce que le crime a aggravé un climat déjà délétère en raison, notamment, de la crise sanitaire.

    Il n’y a rien d’étonnant à voir l’extrême-droite et ses relais médiatiques s’engouffrer dans la récupération de cette sordide atteinte à la vie. Tout y passe. L’immigration, les politiques d’accueil et d’asile, certains droits individuels, les mécanismes de lutte contre le racisme et les discriminations, la gauche populaire, tout cela est visé. Marine Le Pen le dit clairement quand elle évoque « une guerre qui exige une législation de guerre ». Dans tout ce vacarme amplifié par les politiques et les chaînes d’information en continu, l’islam en France est de nouveau mis en accusation comme si toutes les personnes concernées de près ou de loin par cette religion étaient complices du tueur.

    A l’inverse, ce qui est inquiétant, c’est la proportion sans cesse croissante de la société française qui se dit convaincue par tout ou partie de ce discours accusateur. L’idée que « les musulmans » n’en font pas assez pour lutter contre le terrorisme intégriste est en train de s’installer de manière définitive et celles et ceux qui la combattent en dénonçant les amalgames sont mis à l’index. « Islamo-gauchistes » ou naïfs, ils seraient les complices, ou, pourquoi pas, les instigateurs de cette violence. Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, il est de plus en plus difficile de faire entendre la nuance. Et de poser les termes du problème.

    Il y a six ans, voici ce que je répondais au journaliste Gille Heuré de Télérama lorsqu’il m’interrogeait à propos des suites de l’assassinat d’Hervé Gourdel en Algérie (1). Les appels demandant à la communauté musulmane de réagir, disais-je, « traduisent une contradiction fondamentale : d’un côté, on met en garde les musulmans contre toute forme de communautarisme ; de l’autre, on les intime, en tant que musulmans, à condamner officiellement cet acte ignoble. C’est une manière d’affirmer que les musulmans restent une exception dans le modèle républicain. N’importe quel être humain réprouve ces crimes épouvantables. On n’a pas besoin de demander aux gens de s’en désolidariser ou d’exprimer leur dégoût : ça coule de source (…) Pour certains milieux en France, les musulmans, s’ils ne sont pas coupables par nature, peuvent faire preuve de duplicité. Ils doivent fournir la preuve de leur normalité et de leur insertion dans la société française. »

    En réalité, ajoutai-je, « ces appels laissent entendre que l’islam pratique un double discours : les musulmans intégrés participeraient à la vie de la société française, payeraient bien leurs impôts, etc., mais seraient susceptibles à tout moment de commettre des meurtres à l’encontre de citoyens français, musulmans et non musulmans. C’est une peur palpable et entretenue. »

    Rien de tout cela n’a changé. C’est même devenu pire. Cela pose de vrais problèmes pour l’avenir. Apeurée, affolée par les vitupérations d’éditorialistes connus, sans cesse conditionnée par les outrances des réseaux sociaux, la société française semble exiger aujourd’hui des preuves de loyauté de la part des musulmans. C’est cela qui se dessine tranquillement, sans que le personnel politique ne prenne la mesure de l’enjeu. En réalité, dans un pays où l’on rejette, à juste titre le communautarisme, les questions « mais où sont les musulmans ? » ou « mais que font les musulmans ? » sontdes assignations à résidence qui ne veulent pas disparaître. Elles logent dans l’inconscient collectif et il sera difficile de les extirper. Mr Omar ou Mme Latifa, quelles que soient leurs opinions et leurs croyances, sont ainsi sommés de s’exprimer en tant que musulmans. Il ne vient à l’idée de personne qu’ils n’ont pas envie d’être définis de la sorte. Il ne vient à l’idée de personne que leur seule manière de lutter contre l’intégrisme et les actes de violence, est juste d’être eux-mêmes, des citoyens sans histoires qui ont les mêmes préoccupations et attentes que leurs compatriotes français.Mieux, des citoyens qui haussent les épaules ou se détournent quand un collectif intégriste tente de les convaincre ou de les enrôler.

    La grande mosquée de Paris, de nombreux imams, ont clairement condamné le crime. Ils sont dans leur rôle et parlent au nom de nombreux croyants. D’autres, « musulmans de culture » ont, quant à eux, exprimé leur révulsion via les réseaux sociaux. Que leur faut-il faire d’autre ? Qu’ils singent l’imam Chalghoumi en baragouinant, en pleurnichant, un pardon pour des actes qu’ils condamnent et avec lesquels, faut-il le répéter, ils n’ont rien à voir ?Veut-on qu’il fassent le coup de poing contre les extrémistes ? Qu’ils se substituent à la police et qu’ils s’en prennent directement à des associations d’incendiaires que les autorités ont tolérées, voire encouragées, parce qu’elles imposaient la paix dans des quartiers populaires gangrénés par le trafic de drogue ? Qu’est-ce que tout cela veut dire ? Veut-on organiser une guerre civile chez les cinq millions de musulmans vivant en France afin qu’un camp (celui qui incarne la majorité respectueuse de la République) puisse enfin gagner ses galons de citoyenneté reconnue ? Faute de réponse politique clairvoyante, c’est la paix civile qui est désormais menacée.

    (1) « Les musulmans français victimes d’amalgames », Télérama, 12 octobre 2014.

    Le Quotidien d’Oran, 1 nov 2020

    Tags : France, Islam, Islamisme, terrorisme, Caricatures, Charlie Hebdo, Macron, Islamophobie,

  • Macron : le rétropédalage

    Poussé par des calculs élecoralistes, le président Macron s’est fondu dans des déclarations qui cachent mal une islamophobie dont les répercussions n’ont pas été prévues. Face à la réaction des pays musulmans, il s’est vu obligé de rétropédaler en vue de gérer en urgence les problèmes diplomatiques multiformes survenus et la campagne de boycott susceptible un grand préjudice à une économie française meurtrie par la pandémie.

    Dans un entretien accordé à la chaîne qatari Aljazeera, Emmanuel Macron a tenté de calmer la situation en déclarant comprendre que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures de Mahomet, mais qu’il n’acceptera jamais qu’on puisse justifier la violence.

    Cherchant à se désengager des polémiques apparues dans le monde arabo-musulman, le président français a souligné que les caricatures n’ont pas été publiées par le gouvernement, mais par des journaux libres et indépendants.

    Tags : France, Macron, caricatures, Charlie Hebdo, terrorisme,

  • Une française convertie à l’islam invite Macron à suivre sa voie

    Elle ne veut plus qu’on l’appelle Sophie, mais Maryam Pétronin après sa conversion à l’Islam durant son séjour parmi les groupes djihadistes qui sévissent au Mali après avoir été kidnappé alors qu’elle faisait son travail humanitaire en faveur de la population locale.

    Après avoir écouté le discours du président français Emmanuel Macron et son projet controversé de réformer l’islam en France, Mme Pétronin a décidé de lui adresser une lettre publique dans laquelle elle rappelle sa conversion à la religion du prohpèhe Mahomet dont les caricatures ont démontré le niveau du débat qui secoue la société française et l’invite à faire de même.

    Maryam Pétronin dévoile que le président Macron est restée « sans voix » lorsqu’elle lui a annoncé sa conversion à l’Islam à Paris où il l’attendait à l’aéroport.

    Avec Zeri

    Tags : France, Sophie Pétronin, Islam, Islamisme, Macron, islamophobie, caricatures, Charlie Hebdo,

  • Sophie Pétronin : une libération qui révèle l’islamophobie en France

    Depuis son annonce d’une conversion à l’islam, Sophie Pétronin est critiquée. On lui reproche de faire le jeu des terroristes qui l’ont enlevée au Mali.

    Syndrome de Stockholm pour les uns, acceptation des idées des terroristes pour les autres… Depuis la libération de l’otage française détenue au Mali, Sophie Pétronin, les commentaires fustigent une déclaration de celle qui a passé près de quatre années en détention.

    A peine libérée, Sophie Pétronin a envoyé un message d’espoir à son pays d’adoption, le Mali, tout en affirmant être convertie à l’islam : « Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, car maintenant je suis musulmane. Vous dites Sophie mais c’est Maryam que vous avez devant vous ».

    Pour la fachosphère, Sophie Pétronin aurait été convertie de force par ses ravisseurs. Présente depuis 2004 au Mali, l’ex-otage a pourtant pu se convertir avant d’être kidnappée par les terroristes. Atlantico titre même : « On croyait libérer une mère Teresa : on a libéré une mamie Daech ! »

    Autrement dit, il n’y a plus aucune distinction faite entre les musulmans et les terroristes qui ont kidnappé Sophie Pétronin. Du côté de la famille de l’ancienne otage, on comprend sa conversion mais on insiste sur le fait qu’il s’agissait d’une adaptation à sa vie malienne : « Allez passer quatre ans de votre vie professionnelle à Londres, je vous déconseille d’apprendre l’italien, vous feriez mieux d’apprendre l’anglais. Soit elle essaye de s’adapter, soit elle va périr, et ma mère s’est adaptée », explique Sébastien Chadaud-Pétronin, le fils de Sophie.

    Benoît Rayski, le journaliste d’Atlantico, ose de son côté dire que les ravisseurs sont les « amis » de l’ex-otage. Il reproche à Sophie Pétronin de vouloir retourner au Mali, « comme ça, ses frères djihadistes pourront l’enlever à nouveau ».

    Une sortie, comme beaucoup d’autres, qui montre comment, pour une conversion à l’islam, il est désormais possible de faire des amalgames sans faire sourciller.

    Le Muslim Poste, 13 octobre 2020

    Tags : France, Islam, islamisme, amalgame, islamophobie, Sophie Pétronin, conversion, Samuel Paty, Charlie Hebdo, caricatures,

  • Editorial : Des voix s’élèvent en Mauritanie pour prôner le boycott de la France

    En Mauritanie des voix s’élèvent de plus en plus pour demander le boycott de la France, de ses produits et de sa culture.

    Après l’éminence grise du mouvement islamiste, le Cheikh Dedew qui avait lancé récemment un appel dans ce sens, au lendemain de la republication des caricatures controversées de Charlie Hebdo, c’est au tour de l’écrivain francophone Moussa Ould Ebnou de déclarer sa fronde contre la puissance colonisatrice, annonçant au passage un embargo personnel contre tout ce qui est français, y compris la culture et invitant les écrivains musulmans francophones à une grève ouverte contre l’écriture dans la langue de Molière.

    Un grand coup de gueule pour ce grand philosophe et nouvelliste sortant de la Sorbonne.

    Ould Ebnou s’insurge ainsi contre les déclarations du président français Emmanuel Macron qui a déclaré que la France continuera à assumer les caricatures diffamatoires contre le prophète Mohamed (PSL).

    Notons que la France est actuellement dans le collimateur des défenseurs du prophète Mohamed (PSL) depuis le déclenchement de l’affaire Samuel Paty, du nom de ce professeur d’histoire Géo qui a préféré joué avec le feu en montrant à ses élèves des caricatures insultantes de l’idole des musulmans. La décapitation de Paty par un musulman Tchétchène fut utilisée par le gouvernement de Jean Castex pour lancer une nouvelle chasse aux sorcières contre les musulmans, ainsi que les ONG et les institutions d’obédience musulmane.

    C’est ainsi que le 21 Octobre, le préfet de Seine-Saint-Denis a pris la décision de fermer la grande mosquée de Pantin. Et le même jour, le Conseil des ministres a publié un décret administratif à l’encontre du collectif Cheikh Yassine dont le premier responsable a été mis en examen. Une épée de Damoclès pèse également sur plusieurs ONG de bienfaisance comme Baraka City ou le Collectif contre l’islamophobie (CCIF).

    Ainsi en France les musulmans ne sont pas vraiment en odeur de sainteté malgré leur nombre de plus en plus croissant. En effet ils constituent la principale minorité-près de 9% de la population et plus de 2500 lieux de culte- et ils ne sont pas du tout étrangers à l’histoire de France et les incursions musulmanes dans les Pyrénées ont fait date avec la fameuse expédition de Charles Martel le 25 octobre 732, qui empêcha Poitiers d’être une tête de pont pour l’islamisation de la France. Mais l’Espagne d’à côté portera l’étendard de l’islam durant près de huit siècles, de 711 à 1492.

    Et pour revenir à la France, la liberté religieuse est reconnue par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Pourquoi est-elle foulée aux pieds aujourd’hui à tout va ?

    Pourquoi malgré l’article 1132-1 du Code du travail qui interdit les discriminations en raison de la religion le musulman est souvent interdit de faire sa prière dans son lieu de travail ?

    Et pourquoi la France à si peur de l’islam ?

    Bakari Guèye

    Source : Zahraa Chinguett, 26 oct 2020

    Tags : Mauritanie, caricatures, Charlie Hebdo, Samuel Paty, Islam, Islamisme, islamophobie,

  • Quand Macron irrite les musulmans

    Islamophobie en France : Quand Macron irrite les musulmans

    Décidemment, le président français, Emmanuel Macron, ne s’attendait certainement pas à susciter autant de réactions de désapprobation s’agissant de ses propos sur l’Islam et les musulmans. C’est en effet à une véritable levée de boucliers que l’on assiste dans le monde musulman et jamais la France n’a été autant dans l’oeil du cyclone.

    Des appels au boycott des produits français, des convocations des ambassadeurs de la Frane dans certais pays smusulan, comme c’était le cas hier au Pakistan, ainsi que des condamnations à la chaine et des manifestations de colère organisées ça et là pour dénoncer des propos considérés comme franchement assez blessants envers la communauté musulmane de France, en général, et la religion musulmane, en particulier.

    Le Président français n’y est pas allé de main morte cette fois-ci, en mettant de coté les us et coutumes qui appellent à la pondération pour dire crument des propos pour le moins inédits d’un président de la République. Cela a commencé avec l’histoire du « séparatisme islamiste », un projet de loi défendu bec et ongles par le Président français, auquel est venu se greffer l’affaire de la décapitation du professeur français Samuel Patty, par un jeune furieux tchetchène.

    C’est en effet lors de l’hommage rendu à ce professeur, que le Président français a défendu les caricatures offensantes à l’endroit du Prophéte Mohamed. Des caricatures qui ont été à l’origine de la décapitation, puisque ce jeune tchétchène n’a pas apprécié le cours donné par Samuel Patty sur les caricatures et la liberté d’expression. Emmanuel Macron avait déclaré : « Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent », car pour lui et les autorités françaises, cela relève de la liberté d’expression. Mais la communauté musulmane, de France et d’autres pays musulmans, ne l’entendaient pas de cette oreille, car pour eux, cela constitue, indéniablement, un grave dérapage et un acte avéré d’islamophobie.

    Surpris par le concert de réactions de désapprobations, Macron et les autorités françaises ont bien tenté d’apaiser ce climat tendu. En vain, puisque le mal est fait et les musulmans continuent de dénoncer cette attitude du Président francais.

    Dans ce grand vacarme, c’est surtout la polémique entre le presidnet Turc Recep Tayep Erdogan et son homologue francais qui a retenu l’atention et les relations entre les deux pays , déjà minées par tant de dossiers lourds litigieux, sont au plus mal. Erdongan a reproché à Macron d’étre un malade mental. La France, à l’évidence, n’a pas accepté de tels propos et a convoqué l’ambassadeur Turc à Paris pour protester. Le gouvernement français a appelé à l‘arrêt de la campagne de boycott des produit français, qui prend chaque jour de nouvelles proportions en estimant que ceci est l’oeuvre de « minorités radicales ». En tout cas, cette affaire a aussi eu des répercussions en France, puisque le débat et la polémique font rage. Certains intellectuels n’ont pas manqué de prendre la défense des musulmans, en appelant à faire preuve de sagesse et de cesser de stigmatiser cette importante communauté de France.

    Le Midi Libre, 27 oct 2020

    Tags : Emmanuel Macron, Macron, Islam, islamophobie, séparatisme, musulmans, Samuel Paty, Charlie Hebdo, caricatures,

  • Musulmans de France… Jusqu’à quand l’incompréhension ?

    A l’occasion des Journées Cinématographiques de Carthage (du 23 au 31 octobre 2010), j’ai eu l’occasion de visionner le documentaire « Musulmans de France » (3 volets) qui retrace l’histoire des relations entre les musulmans et la France depuis la colonisation et jusqu’en 2009, et de discuter avec M. Karim Miske (réalisateur avec Mustapha Hasnaoui du film).

    Durant plus de 3 heures, le documentaire revient sur cette incompréhension historique entre l’islam et la France. La cause : l’histoire le montre bien, absence d’une stratégie républicaine globale et sur le long terme. Toujours, la République intervient en urgence, toujours en pompier, jamais en stratège. Et avec ce sentiment bizarre de voir l’incompréhension qui se développe d’une génération à une autre. Et de revendications purement économiques (facilitation de l’intégration, demandes d’emplois…) les musulmans de France se dirigent vers des revendications identitaires et religieuses. La cause : là aussi, l’inaction des gouvernements français successifs qui ne se rappellent des minorités qu’en cas de crise majeure.

    Un article publié récemment par The Christian Science Monitor, revient sur la relation actuelle entre la France de M. Sarkozy et les musulmans de France. Lisez ci-dessous ce qu’écrit ce journal, fidèle aux traditions des différentes républiques, le gouvernement actuel ne fait qu’empirer les choses, favorisant une incompréhension dangereuse entre les Français et les Français… musulmans !

    Français musulmans, vos papiers !

    Ici, on mange plus de pita que de baguette, et les fast-foods halal sont plus nombreux que les salons de thé. A trois stations de RER seulement des magasins de vêtements chics, des musées de renommée mondiale et des librairies spécialisées dans les beaux livres rares, on débarque dans un autre Paris. L’Ile Saint-Denis, au nord de la capitale, est une banlieue de discothèques hip-hop, de parfumeries à prix cassés et d’immigrés qui travaillent dur. Des Marocains, la tété couverte, achètent fruits et légumes, des commerçants tunisiens vendent pâtisseries et olives, des Congolais et des Sénégalais jouent au football dans un par et des Pakistanais barbus bavardent en sirotant leur thé au bar du coin (…)

    « Voyez ce qui se passe en ce moment », se lamente Kinaz Dicko, un musulman pratiquant dont les parents sont venues du Mali. « Il y a une alerte à la bombe ? Alors tout de suite, on nous contrôle. Des rumeurs sur des militants musulmans et quelques arrestations ? Encore des contrôles… et immédiatement on nous soupçonne de terrorisme ! ». (…)

    Depuis vingt ans, le nombre des musulmans vivant en Europe de l’Ouest ne cesse d’augmenter, passant de moins de 10 millions en 1990 à environ 17 millions aujourd’hui. Dans l’Hexagone comme dans l’ensemble de l’Europe, les relations entre cette communauté et le reste de la population sont souvent tendues. Le Conseil constitutionnel vient de valider définitivement la loi interdisant le port du voile intégral sur la voie publique. La France devient ainsi le premier pays à prendre une telle mesure. L’Espagne et la Belgique envisagent de lui emboiter le pas. (…)

    Pour une enquête réalisé par l’institut Gallup, seuls un tiers des Français ont répondu qu’ils pensaient que les musulmans vivant en France étaient loyaux envers le pays ; de leur coté, trois quarts des musulmans de France ont affirmé la loyauté. « Ce qui est certain, c’est que nous ne sommes pas des terroristes, martèle Mme Dendoune. Et on ferait mieux de ne plus suggérer une chose pareille par ici, maintenant », ajoute-t-elle en souriant gentiment.

    Islamiqua, 1 nov 2010

    Tags : France, Laïcité, Islam, musulmans, discrimination, islamophobie, terrorisme, stigmatisation,

  • LFI : L’instrumentalisation de la mort de Samuel Paty à des fins politiques est indigne et abject.

    Chèr⋅e insoumis⋅e,

    Cette semaine a été ébranlée par l’assassinat de Samuel Paty, enseignant tué par un terroriste islamiste. Depuis, La France insoumise a fait l’objet de plusieurs attaques par des éditorialistes et des ministres macronistes qui tentent de nous imputer une responsabilité dans cet assassinat. Nous ferions preuve de « complicité intellectuelle » avec le terrorisme ! Nous aurions du sang sur les mains.

    Ces personnes instrumentalisent la mort de Samuel Paty à des fins politiques. C’est indigne et abject. Dans ces moments, notre devoir républicain est de faire preuve d’unité, comme l’a rappelé Adrien Quatennens sur France 2 : nous diviser, c’est rendre service aux terroristes islamistes et à l’extrême droite.

    Nous ne devons pas avoir honte de nos positions. Nous avons toujours proposé des solutions sérieuses pour vaincre le terrorisme islamiste et ne nous sommes jamais, nous, compromis avec les chefs de dictatures religieuses. À ceux qui veulent diviser les Français·es, nous répondons que nous serons toujours, dans toutes les occasions, les défenseurs du droit de croire ou ne pas croire, de la liberté d’expression, de la liberté de conscience.Vous nous trouverez toujours dans la cohérence. Car nous les insoumis·es nous refusons de trier. Nous refuserons toujours la haine et les tentatives de division du pays. Trier et diviser c’est l’agenda des terroristes et de l’extrême droite.

    Dans sa dernière note de blog, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur cette semaine noire où toute la scène médiatico-politique a été emportée par l’extrême droite en quelques jours et où nous avons été accusé de tous les maux.


    Source : Avec Marx, 24 oct 2020

    Tags : Samuel Paty, La France Insoumise, extrême droite, Islam, islamophobie, racisme,

  • Algérie : des partis appellent à une réaction officielle sur les propos de Macron sur l’Islam

    Propos de Macron sur l’islam : des partis appellent à une réaction officielle

    Par Aziza Mehdid

    Les dernières déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’islam et les musulmans de France ont suscité une vive polémique et moult réactions de par le monde. Si Alger a préféré « ne pas répondre officiellement à des propos participant de la pure propagation », la classe politique, elle, y voit un « devoir » à ne pas passer sous silence une telle attaque.

    Ce sont particulièrement les partis issus de la mouvance « islamiste » qui ont réagi, à l’image du Mouvement El-Bina de Abdelkader Bengrina. Ce dernier a décidé hier d’emboîter le pas au Mouvement de la société pour la paix (MSP) en appelant les autorités publiques « à intervenir en vue de protéger la communauté musulmane en France de la montée de la haine et des pratiques racistes suite aux déclarations non responsables du président français ».

    « Face aux attaques franches subies par l’islam et les musulmans et l’atteinte officielle et directe de la France à la sacralité de la nation, et la montée accrue des jugements racistes, ainsi que les approches intégristes des politiciens contre cette religion, il est du devoir de tout musulman et de la nation musulmane de protéger l’islam, de défendre l’honneur de son prophète (QSSSL) et d’imposer le respect de la sacralité des musulmans de toute partie visant à leur porter atteinte », lit-on dans un communiqué publié sur la page Facebook du président du Mouvement El-Bina.
    M. Bengrina considère que « les derniers évènements ayant eu lieu en France ne seront pas sans conséquences dangereuses sur les relations de Paris avec les autres pays ». Des répercussions qui, explique-t-il, toucheront les intérêts français dans le domaine économique et culturel.
    Ainsi, le Mouvement tient, selon la même source, à « rejeter les politiques de l’hostilité et le conflit mené contre l’islam à travers des croisades et des politiques colonialistes, dont l’impact est toujours perceptible dans le monde musulman ». Le chef du parti précise qu’il dénonce « le terrorisme au nom ou contre la religion, au nom ou contre l’Etat, quelle que soit son origine », appelant « les sages de la place politique française à freiner la dégradation gouvernementale qui tente de justifier l’échec en fabriquant des batailles extérieures ».

    Le président du parti appelle « les peuples de la nation musulmane, de par le monde, à exprimer leur refus de ces menaces avec des méthodes pacifiques et légales », et « à faire primer le langage de la raison et du dialogue civilisationnel au lieu d’acculer le monde à des dérapages vers la violence et la contre-violence ». Par ailleurs, le MSP a exprimé son indignation dans un communiqué rendu public ce week-end. Son président Abderrazak Makri a accusé clairement le président français Macron d’atteinte à l’islam, appelant les autorités algériennes « à dénoncer officiellement les déclarations du président français et à prendre une position diplomatique, politique et économique convenable en considérant que l’islam est religion d’Etat ».
    « Le président français poursuit d’offenser les musulmans et d’agresser le prophète Mohammed ( QSSSL). Il s’agit d’une agression directe contre chaque musulman. C’est un comportement qui exprime une profonde haine envers l’islam et les musulmans. Persister dans cette offense est une attitude non conforme à l’éthique et s’inscrit aux antipodes des normes politiques et diplomatiques, au risque d’attiser les haines et les conflits entre les nations et civilisations », indique le communiqué du parti.
    Tout comme le Mouvement El-Bina, le MSP souligne que l’islam et les musulmans se démarquent du terrorisme et de ceux qui sèment l’horreur au nom d’une quelconque religion. « Chaque musulman connaissant sa religion condamne le terrorisme quelles que soient sa forme ou ses raisons. L’assassinat de l’enseignant français est condamnable et répréhensible, malgré l’acte criminel qu’il a commis à l’encontre du prophète de l’islam. Certes, il y a une minorité musulmane qui exploite le culte musulman pour justifier ses tendances violentes, mais cela est contraire aux préceptes de la charia’ islamique tolérante. Ce qui est valable aussi pour les autres religions », poursuit le même document.

    Pour Makri, l’argument de la liberté d’expression n’est pas admissible et ne justifie en rien la publication des caricatures sur le prophète Mohammed (QSSSL) dans la presse française, faisant observer qu’« aucune critique, sous toutes ses formes, n’est tolérée concernant la Shoah, qualifiée de comportements racistes et sionistes ». Le chef du parti « islamiste » s’est également adressé aux institutions religieuses et aux organisations et autres associations du culte pour prendre position « en condamnant les propos du président français ». Il demande toutefois à la communauté musulmane de « résister aux altérations faites à leur religion » et de donner surtout « une bonne image de l’islam civilisationnel et tolérant ».

    Le Jeune Indépendant, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, Macron, Islam, caritcatures, Samuel Paty, islamophobie,

  • Algérie : Abdallah Djaballah appelle au boycott des produits français

    par Ilhem Tir

    En réaction aux dernières déclarations provocatrices du président français, Emmanuel Macron, et aux atteintes au prophète Mohamed (QSSSL), le président du Front pour la justice et le développement (FJD), Abdallah Djaballah, en campagne contre le projet de la Constitution, appelle au boycott de tous les produits français.

    En meeting hier au Centre culturel Ibn Badis de Constantine dans le cadre de sa campagne contre le projet constitutionnel, Abdallah Djaballah a préféré endosser la abaya du cheikh que le costume du politique en prononçant un discours purement religieux profitant de la circonstance des événements islamophobes en France.

    Un pari gagnant puisqu’il a su capter l’attention de toute la salle acquise à sa cause lorsqu’il parla du prophète et de sa position dans le cœur de tous les Algériens. Tout en se référant au Coran et à quelques versets, le leader islamiste a appelé les citoyens à s’exprimer face à ces attaques provocatrices contre leur prophète avant de proposer une campagne de boycott de tous les produits français et en invitant l’État à prendre des mesures concrètes comme la convocation de l’ambassadeur de la France à Alger.

    Après une heure de prêche, le chef de file des islamistes a convergé vers la principale raison de la tenue de son meeting à savoir la Constitution et «le devoir d’aller voter et dire non à ce projet», dira-t-il. Sans verser dans les détails, il a accusé, lors de son intervention, la commission chargée de l’élaboration de ce projet d’être composée majoritairement de membres «laïques».

    «Cette Constitution sera une malédiction, pour le pouvoir et pour les Algériens qui voteront par oui, a-t-il affirmé.

    Affirmant avoir étudié le projet de manière explicite, le chef du FJD a considéré la nouvelle Constitution comme une «menace pour les constantes» avant d’énumérer les prérogatives élargies du président de la République dans cette nouvelle mouture de la loi fondamentale.

    Il a regretté que le chef de l’État se soit accaparé tous les pouvoirs contrairement à ses promesses.

    Ilhem Tir

    Le Soir d’Algérie, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, France, Islam, Samuel Paty, islamophobie, boycott, Abdallah Djaballah,