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  • Maroc : Le régime, entre soumission et traîtrise

    LE RÉGIME MONARCHIQUE MAROCAIN, ENTRE SOUMISSION ET TRAITRISE

    Le Maroc est poursuivi par une terrible malédiction. L’image de ses dirigeants s’assombrit de jour en jour et ne révèle que soumission et trahison. Le texte qui suit est époustouflant à plus d’un titre, il révèle preuves à l’appui l’incroyable collaboration du père du roi marocain actuel avec toutes les forces ennemies des peuples arabes et musulmans. Hassan II (fils du Glaoui Haj Thami et non de Mohammed V, un vrai secret de polichinelle au Maroc) « éternellement lié à la France et à la colonie sioniste à Tel Aviv » était avant tout l’ennemi de son propre peuple, un peuple courageux et brave qui « subit » mensonge sur mensonge quant à la nature du Makhzen, système féodal par excellence, et de la « maison royale ».

    Les révélations de l’article qui suit finiront par avoir, sans aucun doute, un effet dévastateur sur la continuité d’un régime illégal et illégitime à tous points de vue. Le peuple algérien montre la voie à son peuple frère marocain et très bientôt, sans le moindre doute, les frontières artificielles érigées par des dirigeants illégitimes, des deux côtés, sera abattu beaucoup plus rapidement qu’on ne pourrait le croire. Et tout cela n’a-t-il pas déjà commencé lorsque l’on observe les galeries des supporters des clubs marocains entonner des chansons de contestation politique dans les stades à la manière des supporters algériens…?

    Hassan II, la grande imposture

    Le Roi Hassan II du Maroc, « Président du Comité Al Qods » (Jérusalem), hôte du premier sommet islamique de l’époque contemporaine (Rabat 1969), apparaît rétrospectivement comme l‘un des grands traitres à la cause arabe et son long règne de 38 ans (Mars 1961-Juillet 1999) une vaste supercherie, si toutefois sont avérées les révélations contenues dans le livre du journaliste israélien Ronen Bergman «Rise and Kill First: The secret History of Israel’s targeted assassinations», ED. Penguin Random House.

    Les dirigeants arabes placés sur écoute sur ordre de Rabat

    Réputé pour son sérieux, chroniqueur militaire de Yedioth Aharonoth et du New York Times, l’auteur soutient que les dirigeants arabes ont été placés sur écoute des services israéliens grâce à la connivence marocaine lors du Sommet arabe de Casablanca de septembre 1965. Du jamais vu même dans les fictions les plus satiriques, cette trahison dénote la désinvolture du monarque chérifien à l’égard de ses pairs et de son mépris pour la cause palestinienne.

    La date n’est pas anodine. Scellé par la signature d’un pacte de solidarité et de coexistence pacifique entre régimes arabes, ce sommet s’est tenu en septembre 1965, au terme d’un été particulièrement brûlant au Maroc, marqué par la terrible répression de la révolte étudiante de Casablanca (23 mars 1965) qui fit officiellement 7 morts et 168 blessés. En fait 400 morts selon l’ambassade de France à Rabat.

    Sentant le vent du boulet, le jeune monarque a eu la lumineuse idée de se tourner alors vers les Israéliens, comme garde fou aux débordements de son opposition interne et externe. Autrement dit, contre la volonté de son peuple, il s’allia aux ennemis du Monde arabe pour la survie de son trône, dans la pure tradition de la servitude coloniale. Un schéma identique sera observé 70 ans plus tard par le trône wahhabite, bradant la Palestine, par une alliance ouverte avec Israël.

    Dans une sorte d’échange de bons procédés, Hassan II percevra le prix de sa forfaiture au plan arabe, un mois plus tard, par l’élimination d’un des espoirs de la renaissance arabe, Mehdi Ben Barka.

    Figure mythique de l’opposition démocratique marocaine, l’ancien professeur de mathématiques d’Hassan II sera enlevé en octobre 1965 à Paris avec la complicité du Mossad, et carbonisé par des sbires marocains, un mois après la tenue du sommet de Casablanca.

    Principal opposant socialiste au roi Hassan II et leader du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste, Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 octobre 1965 à Paris alors qu’il tentait, en sa qualité de «commis-voyageur de la révolution», de fédérer les mouvements révolutionnaires du tiers-monde en vue de la Conférence Tricontinentale devant se tenir en janvier 1966 à la Havane en vue de faire converger «les deux courants de la révolution mondiale: le courant surgi avec la révolution d’Octobre et celui de la révolution nationale libératrice». Pour l’historien René Galissot, «c’est dans cet élan révolutionnaire de la Tricontinentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka».

    La mise sur écoute des dirigeants arabes a permis aux Israéliens de prendre note de la stratégie de reconquête de la Palestine, comme des divergences inter arabes. La décision marocaine aura constitué «Le plus grand trésor stratégique d’Israël». Le journaliste israélien a estimé que cette information était «la raison principale qui a poussé Israël à prendre la décision de faire la guerre aux États arabes en Juin 1967», deux ans après le sommet de Casablanca, et qui a infligé une terrible défaite à l’Égypte, à la Syrie et à la Jordanie.

    L’incendie criminel d’Al AqsaL’incendie de la Mosquée Al Aqsa par un illuminé israélien, en 1969, donne l’occasion au souverain chérifien de se refaire une virginité politique à l’occasion du sommet Islamique de Rabat, en 1969. Deux ans après la défaite de juin 1967, dont il en a été indirectement responsable, le «Commandeur des Croyants» va cumuler cette fonction spirituelle avec celle plus politique de président du «Comité Al Qods».

    Le sommet islamique de Rabat a marqué, sur le plan idéologique, le début de l’instrumentalisation de l’Islam comme arme politique contre l’athéisme soviétique et le nationalisme arabe, et, sur le plan stratégique, le détournement du combat pour la libération de la Palestine, vers des contrées périphériques, à des milliers de km du champ de bataille de la Palestine, avec Al Qaida en Afghanistan et les djihadistes arabo afghans au Caucase et en Bosnie au Kosovo, avant d’être dirigé contre les pays arabes à structure républicaine (Libye, Syrie) à l’occasion du déclenchement de la séquence dite du «printemps arabe» et le surgissement de groupements terroristes islamistes Daech, Jabat An Nosra, Jaych al Islam, opérant, dans le sud de la Syrie, en coopération avec Israël.

    Le Maroc figurera lors de cette séquence comme l’un des plus gros exportateurs du terrorisme islamique vers l’Europe occidentale (Attentat de Madrid 2004 qui a fait 200 morts, l’assassinat de Théo Van Gogh, les attentats de Bruxelles en 2015 et les attentats de Barcelone en 2017). Pour aller plus loin sur ce thème.

    Nonobstant la coopération sécuritaire entre le Maroc et Israël, Hassan II, fait rarissime dans les annales, devra faire face à deux séditions militaires, à son palais de Skhirat, le 10 juillet 1971, jour de son anniversaire, puis l’année suivante contre son propre Boeing par un groupe d’aviateurs ; indice d’un fort ressentiment à son égard, deux ans après son sacre de Rabat.

    Au delà du rôle du Mossad dans l’enlèvement de Mehdi Ben Barka, la vassalité du trône alaouite à l’égard de l’État Hébreu s’est concrétisée sous le règne de son successeur Mohammad VI avec le scandale du «Collier de la Reine» dans sa version tropicale ; un scandale qui titre son nom du bijou offert par l’épouse du Roi à Tzipi Livni, ancien ministre israélien des Affaires étrangères, dans la foulée de la destruction de la bande de Gaza (2007-2008), dont l’ancienne agent du Mossad en Europe en a été la coordonnatrice. Pour aller plus loin sur l’affaire du collier de la reine.

    Le Maroc, pivot central du dispositif occidental en Afrique via le Safari Club

    Alliance Safari club au KényaPivot central du dispositif occidental en Afrique, le Royaume fondera, en 1976, avec la France, l’Egypte, l’Iran et l’Arabie saoudite, le «Safari Club», se donnant ainsi l’illusion de «jouer dans la cour des grands». En pleine négociation de paix égypto-israélienne, il assumera le rôle de gendarme, non sur le champ de la confrontation israélo-arabe, mais à des milliers de kilomètres de là, non pour la récupération des Lieux Saints de l’Islam, mais pour le maintien au pouvoir d’un des dictateurs les plus corrompus de la planète le Zaïrois Mobutu, agent attitré des Américains dans la zone centrale de l’Afrique, l’assassin de Patrice Lumumba, le chef charismatique de l’Indépendance du Congo ex belge.

    En soutien à Jonas Savimbi, l’agent de la CIA en Angola ; ou encore l’ivoirien Félix Houphouet Boigny, le principal pourvoyeur des djembés et des mallettes à une caste politico médiatique française vénale.

    Le Maroc était représenté au sein de cette structure par le général Ahmad Dlimi, un des artisans de la liquidation de Mehdi Ben Barka, l’ancien lieutenant du général Mohamad Oufkir, l’homme des basses œuvres de la dynastie alaouite, tous les deux liquidés sans autre forme de procès sur ordre du Palais royal.

    À propos du safari Club

    La dynastie chérifienne a constamment justifié sa relation privilégiée avec Israël par la spécificité du judaïsme marocain. Cf sur ce point, l’analyse d’Abraham Sarfati, l’un des plus célèbres opposants marocain à Hassan II.

    Il n’en demeure pas moins que le règne d’Hassan II, malgré les prosternations d’une presse française vénale, sera néanmoins qualifié de «Règne du Bagne et de la Terreur», dont le cas le plus illustre aura été le bagne de Tazmamart et l’arbitraire qui frappa notamment les Frères Bourequat.

    Le Maroc, pourvoyeur de prostituées pour les pétromonarchies et refuge de la mafia israélienne

    Un des principaux pourvoyeurs de la prostitution à destination du Golfe pétro monarchique, où près de vingt mille marocaines y font l’objet d’exploitations sexuelles, le Maroc passe de surcroît pour être un refuge pour la mafia israélienne. Le royaume aurait accueilli plusieurs anciens membres de la mafia israélienne, selon le quotidien israélien Haaretz, en date du vendredi 14 septembre 2012.

    Gabriel Ben-Harush et Shalom Domrani, deux figures puissantes de la mafia israélienne, recherchées depuis des années par l’Interpol, figuraient parmi les noms cités par le journal. Pour aller plus loin sur ce sujet.

    Ronen Bergman mentionne 2700 assassinats ciblés orchestrés par Israël ; soit en moyenne 40 opérations par an. Les Israéliens n’auront fait que reprendre les méthodes en vigueur en Palestine par les britanniques, notamment le général Orde Wingate, qui avait créé dans la décennie 1930 les «Special Night Squads», les «Escadrons Nocturnes Spéciaux» composés de combattants juifs chargés des raids contre les villages arabes en procédant à l’élimination des meneurs.

    La France en a fait usage pendant la guerre d’Algérie et François Hollande a même admis que Paris y avait eu recours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les deux derniers présidents américains ont eu également recours aux «assassinats extrajudiciaires», George W. Bush jr, après les attentats terroristes du 11 Septembre 2001, et Barack Obama a ordonné plusieurs centaines d’exécutions ciblées par drones.

    La connivence israélo-marocaine s’est poursuivie en dépit de la décapitation du leadership palestinien, par les Israéliens, et le recours aux assassinats «extra judiciaires» des deux principaux dirigeants du Hamas, Cheikh Ahmad Yassine et son successeur Abdel Aziz Rantissi. Une collision qui acte une forme de forfaiture de la part du pouvoir chérifien.

    Le livre suggère aussi clairement qu’Israël a utilisé un poison radioactif pour tuer Yasser Arafat, le chef historique palestinien, ce que les dirigeants israéliens ont toujours nié. Bergman écrit que la mort d’Arafat en 2004 correspondait à un modèle et avait des partisans. Mais il évite d’affirmer clairement ce qui s’est passé, expliquant que la censure militaire israélienne l’empêche de révéler ce qu’il pourrait savoir.

    Deux monuments ont été édifiés au Maroc pour immortaliser l’œuvre d’Hassan II : son mausolée à Rabat et la Mosquée de Casablanca, l’une des plus grandes du monde, qui porte son nom. Mais celui que la presse occidentale, particulièrement la presse française engourdie par la diplomatie de la Mamouniya, encensait comme un «Machiavel arabe doté de la baraka», se révélera être, à la lecture des révélations du livre de Ronen Bergman, un mauvais génie, une imposture.

    Et les deux monuments édifiés à la gloire posthume du Commandeur des Croyants et Président du comité Al Qods, -mais néanmoins un des principaux artisans du bradage de la Palestine, au même titre que l’Arabie saoudite-, se perçoivent, rétrospectivement, comme les stigmates du règne hideux d’un parfait sous traitant de l’impérium israélo-occidental. D’un être maléfique. D’un souverain vil et servile.

    Source : frontiereblog, 20 avril 2019

    Tags : Maroc, Hassan II, monarchie alaouite, Israël, Mossad, Ben Barka,

  • Comment fut inventé le peuple juif

    Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.

    par Shlomo Sand

    Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah (1) dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

    S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.

    Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

    D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

    Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.

    Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.

    Le judaïsme, religion prosélyte
    Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

    La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

    Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci… était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.

    Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif.

    L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple.

    Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’Etat d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée (2).

    A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite.

    Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud (3) autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.

    La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

    La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish (4).

    Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.

    Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie. Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier. La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive (5) dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ».

    Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.

    Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

    Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.

    Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.

    Shlomo Sand

    Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, à paraître chez Fayard en septembre.

    (1) Texte fondateur du judaïsme, la Torah — la racine hébraïque yara signifie enseigner — se compose des cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.

    (2) Cf. David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi, « Eretz Israël » dans le passé et dans le présent (1918, en yiddish), Jérusalem, 1980 (en hébreu) et Ben Zvi, Notre population dans le pays (en hébreu), Varsovie, Comité exécutif de l’Union de la jeunesse et Fonds national juif, 1929.

    (3) La Mishna, considérée comme le premier ouvrage de littérature rabbinique, a été achevée au IIe siècle de notre ère. Le Talmud synthétise l’ensemble des débats rabbiniques concernant la loi, les coutumes et l’histoire des Juifs. Il y a deux Talmud : celui de Palestine, écrit entre le IIIe et le Ve siècle, et celui de Babylone, achevé à la fin du Ve siècle.

    (4) Parlé par les Juifs d’Europe orientale, le yiddish est une langue slavo-allemande comprenant des mots issus de l’hébreu.

    (5) Dans la mythologie grecque, Clio était la muse de l’Histoire.

    Source : Le Monde Diplomatique, août 2008

    Tags : Israël, juif, peuple juif, Talmud, Palestine,

  • Maroc: Les vérités gênantes d’un professeur israélien sur les relations entre Hassan II et Ben Barka avec le Mossad

    Le professeur Yigal Bin-Nun, un Israélien d’origine marocaine, « spécialiste des relations SECRÈTES » entre l’Etat hébreu et le royaume du Maroc, a publié récemment une rectification au travail de deux journalistes israéliens paru dans le quotidien Yediot Aharonot sur l’implication du Mossad dans l’assassinat de Mehdi Ben Barka. L’enquête de Yediot Aharonot avait été reprise par le quotidien Le Monde.

    La rectification de Bin-Nun, qui est passée totalement inaperçue, fourmille pourtant d’informations non publiées par Yediot Aharonot et Le Monde. Il conclut dans ce papier, que nous publions ci-dessous, avoir rencontré, par l’intermédiaire de l’ancien ministre et ambassadeur Ahmed Ramzi (décédé en 2012), le général Hamidou Laânigri, alors patron de la DST marocaine, à Paris.

    Ygal Bin-Nun explique avoir révélé à Laânigri la véritable identité du fameux Chtouki, l’un des auteurs de l’enlèvement et assassinat de Ben Barka.

    Bin-Nun, qui a rencontré plusieurs agents du Mossad qui ont participé à l’opération, assure qu’il va publier prochainement un livre sur l’affaire Ben Barka. Une annonce qu’il avait déjà faite en 2004 dans Le Journal hebdomadaire.

    Les agents du Mossad et la mort de Mehdi Ben Barka

    Voici quelques rectifications à l’article de Yediot Aharonot sur les circonstances de la mort de Mehdi Ben Barka. Je n’ai jamais dit aux journalistes qu’Israël était impliqué dans l’assassinat de Ben Barka mais qu’il avait été sollicité par Ahmed Dlimi de la Sécurité nationale marocaine, pour faire disparaitre sa dépouille. En outre, à mon avis le roi Hassan II n’a pas donné l’ordre de tuer Ben Barka et ni Dlimi ni son patron Mohamed Oufkir n’ont dit aux Israéliens qu’ils avaient l’intention de tuer Ben Barka, qui d’ailleurs, avait d’excellentes relations avec les Israéliens.

    Selon les protocoles des entretiens entre le chef du Mossad Meir Amit le premier ministre Levy Eshkol, les Israéliens n’auraient jamais accepté de collaborer à un projet de ce genre. La mort du leader marocain n’a été causée que par un excès de zèle de la part de Dlimi, et Oufkir n’était pas impliqué dans ce meurtre. Ben Barka ne constituait aucun danger pour Israël, bien au contraire, il a longtemps soutenu la diplomatie israélienne dans les pays du tiers monde et avec Abderrahim Bouabid, il œuvra pour la sauvegarde des droits des Juifs du Maroc.

    Le 28 mars 1960, Golda Meir, ministre des Affaires étrangères avait même dépêché à Ben Barka un émissaire spécial, Yaacov Caroz, bras droit du chef du Mossad Isser Harel. Ben Barka demanda à cette occasion aux Israéliens une aide financière pour son parti. Durant son deuxième exil en Europe il reçut un salaire mensuel d’Israël par l’intermédiaire d’Alexandre Easterman du Congrès juif mondial. Mais les relations entre Ben Barka et Israël se détériorèrent lorsque Ben Barka osa demander à Caroz des armes qui seraient utilisées par son parti lorsqu’il déciderait de prendre le pouvoir par la force. A partir de cet entretien, Golda Meir conseilla à son ambassade à Paris de se méfier de l’exilé et de privilégier les contacts avec l’entourage financier du prince héritier Moulay Hassan. On peut comprendre le discours antiisraélien de Ben Barka au Caire par la décision d’Israël de minimiser ses relations avec lui (y compris le salaire) au profit du Palais. Sur les relations entre Ben Barka et Israël voir mon article.

    La coopération officielle entre le Maroc et Israël, dans le domaine politique, sans rapport avec l’émigration juive du Maroc, débuta en février 1963. Elle fut précédée par « l’accord de compromis » conclu au début août 1961. Contrairement à ce qui a été publié en mon nom, Oufkir n’avait aucun rapport avec cet accord pour le départ collectif des Juifs du Maroc moyennant une indemnisation de 50 à 250$, sous couvert de l’organisme humanitaire d’émigration HIAS (Hebrew Sheltering and Immigrant Aid Society). Il s’est même prononcé contre les conditions de cet accord. Voir mon article :

    Oufkir effectua quatre visites en Israël

    Les relations secrètes israélo-marocaines s’inscrivent dans le cadre de « la politique de la périphérie » préconisée par le premier ministre David Ben Gourion. Des contacts étroits furent établis surtout avec le roi Hussein de Jordanie, avec le général Qasim d’Irak, ainsi qu’une alliance spéciale (Kalil) entre Israël, l’Iran et la Turquie, et une autre alliance entre Israël, l’Éthiopie et le Soudan. Sans compter les relations avec les pays d’Afrique occidentale.

    La première rencontre officielle entre les deux pays eut lieu entre le bras droit de Isser Harel – Yaacov Caroz, le général Mohamed Oufkir et le commissaire de police français, délégué à l’Interpol, Émile Benhamou, à son domicile de Paris, rue Victor Hugo, suivie d’une série de rencontres entre Oufkir et David Shomron, du Mossad, dans les hôtels genevois Beau Rivage (quai du Mont-blanc 13) et Cornavin (23 boulevard James-Fazy). Oufkir avait reçu précédemment le feu vert de Hassan II.

    À la mi-février, Ahmed Dlimi, l’adjoint d’Oufkir, effectua un voyage en Israël et participa à des réunions de travail avec le Mossad. Le 12 avril 1963, l’ambassadeur d’Israël à Paris, Walter Eitan, rencontra son homologue marocain en France, Mohamed Cherkaoui. Oufkir effectua quatre visites en Israël, la première en janvier 1964 et rencontra Golda Meir et Meir Amit. À partir de ces rencontres, les agents du Mossad qui se succédèrent au Maroc s’entretinrent souvent avec le roi, Oufkir, Dlimi et avec d’autres personnalités marocaines.

    Contrairement à certaines publications, le premier directeur du Mossad, Isser Harel, n’a jamais effectué de voyage officiel au Maroc et n’a jamais rencontré Hassan II. Il est arrivé au Maroc à quatre reprises, clandestinement, dans le cadre de l’émigration clandestine des juifs du Maroc. Ce n’est que son successeur, Meir Amit, qui effectua un voyage officiel au cours du mois d’avril 1963 et fut reçu par Hassan II et le général Oufkir, dans un petit pavillon du palais de Marrakech. La visite officielle du chef du Mossad le général Meir Amit et de son adjoint Yaacov Caroz au roi et à Oufkir n’était en fait que la conséquence de l’échec des négociations entre Hassan II et le président algérien Ahmed Ben Bella à Alger concernant les problèmes frontaliers entre le Maroc et l’Algérie.

    Quelques mois avant la Guerre des sables qui opposa les armées marocaines et algériennes, Oufkir sollicita l’aide d’Israël pour une aide militaire, stratégique et sécuritaire. La classe dirigeante marocaine détestait Nasser et le Palais ne faisait confiance ni aux Américains ni aux Français. C’est pour cela que les Marocains préférèrent solliciter l’aide d’Israël.

    Pendant le deuxième exil de Ben Barka en Europe, Israël accepta de surveiller les déplacements et rencontres de l’exilé à la demande de Dlimi, mais se retira de cette filature, le Mossad s‘étant rendu compte que d’autres services secrets surveillaient ces déplacements. Selon un protocole gouvernemental Meir Amit avait reçu le feu vert du premier ministre Levi Eshkol d’effectuer cette filature uniquement après que le chef du Mossad lui eût promis que le but était d’éviter que Ben Barka ne tombe dans le piège d’un service qui décide de l’éliminer.

    Hassan II, de toute évidence, n’avait pas l’intention de tuer Ben Barka. Il avait même dépêché à Paris son ministre Réda Guedira pour proposer à l’exilé de rentrer au Maroc avant la Conférence tricontinentale qui devait se tenir à la Havane. Mais Ben Barka préféra ne retourner au pays qu’après cette conférence. On peut alors se demander, si les Marocains avaient prémédité l’élimination de Ben Barka pourquoi l’aurait-on enlevé en pleine journée à Paris au coin de la rue de Rennes et du boulevard Saint Germain ? On lui aurait plutôt tiré une balle dans le dos dans une rue déserte à Genève ou au Caire. Durant neuf mois, Ben Barka habita au domicile du couple Jacques Givet et Isabelle Vichniac, au 18 rue Beaumont à Genève.

    Comment Ben Barka trouva la mort?

    D’après divers témoignages que j’ai recueillis à partir de 1996, il s’avère de sources irréfutables que Ben Barka est mort noyé après qu’un groupe de marocains avec à leur tête Ahmed Dlimi et Miloud Tounsi, alias Chtouki, aient commis la bavure d’immerger sa tête dans une baignoire pleine d’eau, qui entraîna sa mort. Tout de suite après, Dlimi appela le responsable du Mossad à Paris, Emanuel Tadmor, lui raconta ce qui s’était passé et sollicita son aide dans deux domaines : débarrasser les Marocains du corps de Ben Barka et leur fournir de faux. Malgré sa consternation par la mort de Ben Barka, ami d’Israël, l’agent Emanuel Tadmor reçut l’ordre du chef du Mossad Meir Amit d’aider « nos amis marocains ».

    Voici le déroulement des faits tels que me les a rapportés l’agent du Mossad Eliezer Sharon-Sudit (alias Qabtsen) l’été 1998 dans son domicile (en présence de Ami Perets, un autre agent du Mossad): Dlimi, est arrivé le 28 octobre 1965 à Paris et fut reçu à l’aéroport Orly par Naftali Keinan, chef de la section Tevel du Mossad. Après quelques propos, ils préférèrent se revoir à la Porte de Saint-Cloud. Leur rencontre fut surveillée par Eliezer Sharon et Zeev Amit (cousin du chef du Mossad Meir Amit, mort pendant la Guerre de Kippour). Dlimi demanda à Keinan de rester en état d’alerte à portée d’un téléphone dans l’appartement de service du Mossad à Paris pour lui communiquer le déroulement des faits. Deux jours après, Dlimi affolé appela Keinan et lui demanda de l’aider à faire disparaître le corps de Ben Barka. Tout de suite après Dlimi vint lui remettre les clés de l’appartement où Ben Barka trouva la mort. Keinan demanda à Tadmor d’envoyer en urgence une équipe de quatre personnes, couverts par d’autres agents, planqués dans deux voitures diplomatiques, pour s’occuper de la dépouille. Zeev Amit.

    Les agents du Mossad l’ont enterré

    Eliezer Sharon, Zeev Amit et Rafi Eitan se rendirent à l’étage d’un petit appartement à Paris, prirent le corps de Ben Barka de l’intérieur d’une baignoire, l’enveloppèrent, le mirent dans le coffre d’une voiture diplomatique appartenant à Shalom Barak et se dirigèrent vers le périphérique pour quitter la capitale française. Le corps de Ben Barka fut enterré la nuit dans un bois dans le nord-est de Paris, un lieu où les agents du Mossad avaient l’habitude de faire des pique-niques avec leurs familles. Ils enterrèrent le corps dans un bois et versèrent au dessus et en dessous du cadavre un produit chimique acheté par des agents du Mossad en petites quantités dans plusieurs pharmacies de Paris. Ils versèrent de la chaux sur la dépouille puis recouvrirent le corps. Quelques heures plus tard, il plut et au contact de l’eau les produits chimiques le corps fut dissous.

    Contrairement à ce que prétend un des deux journalistes de Yediot Aharonot, Ben Barka n’a pas été enterré dans un jardin public, traversé par une route. Avant sa mort, Eliezer Sharon ne m’a pas dit que le lieu de l’enterrement était la forêt de Saint-Germain. Ce n’est qu’une de mes déductions personnelles, suite à une série de questions que je lui avais posées sur le lieu de l’enterrement. Sharon a répondu à toutes mes suggestions par la négative en indiquant seulement une forêt au nordouest de Paris. J’en ai déduit que probablement ça pouvait être la forêt de Saint-Germain.

    Les détails de ce témoignage m’ont été confirmés plus tard par Emanuel Tadmor. Le témoignage de David Shomron, premier chef de la station du Mossad au Maroc, que j’ai recueillis le 28 juillet 1998 et le 15 septembre 2003 dans son domicile à Ra’anana, confirment ceux de Sharon et de Tadmor. Quelques mois après les faits, Dlimi avoua à Shomron que Ben Barka était mort dans ses bras. Selon Shomron : « Dlimi immergeait la tête de sa victime dans l’eau d’une baignoire et pour voir s’il respirait encore, il lui pinçait les fesses. Si ses muscles raidissaient, il fallait sortir sa tête de l’eau. Au bout d’un moment, la tête de Ben Barka resta trop longtemps dans l’eau sans respirer et il mourut asphyxié ». Selon Shomron, Dlimi n’a utilisé ni les revolvers ni d’autres objets que lui avait fournis le Mossad à sa demande. Il précise que la mort de Ben Barka n’est que le résultat d’un excès de zèle de la part de Dlimi et que Oufkir n’avait eu aucun rôle dans cette affaire. Après la débâcle de l’opération, Hassan II demanda à Oufkir de se rendre à Paris pour s’informer du comportement de Dlimi.

    En fait le roi voulait « impliquer » Oufkir dans cette affaire devant la justice française. A la fin, Dlimi qui était le responsable du meurtre de l’opposant a été acquitté par la justice française et Oufkir, qui n’était impliqué ni dans l’enlèvement ni dans la mort de Ben Barka, a été jugé et condamné par contumace à la prison à vie par cette même cour de justice. Oufkir fut éliminé par le palais après une tentative de coup d’état en 1973 et Dlimi trouva la mort en 1984, dans un probable accident de voiture.

    Peu d’officiels marocains étaient au courant de la présence du Mossad au Maroc. A part Oufkir et Dlimi, on peut noter les noms de Hosni Benslimane, et les ministres Abdelkader Benjelloun, Bensalem Guessous, Mohammed Laghzaoui et quelques autres. Dans les stages militaires à la base militaire de Dar El Baïda à Meknès, les Israéliens étaient présentés comme des Américains ou des Allemands.

    J’ai transmis l’essentiel de ces révélations à Bachir Ben Barka et à son frère à Paris en octobre 1998. A Zakya Daoud en juillet 1997 et septembre 1998, ainsi qu’à l’avocat Maurice Buttin le 30 mars 2004. Plus tard, Me Buttin m’a demandé par courrier si j’étais prêt à témoigner sur l’affaire devant le juge Patrick Ramaël. J’ai posé deux conditions : que ce ne soit pas un témoignage mais l’avis d’un expert et que cet avis soit recueilli en Israël et non pas à Paris. On ne m’a plus recontacté.

    Le 27 décembre 2014 Me Buttin a renouvelé sa requête de témoigner devant le nouveau juge d’instruction Cyril Percaux.

    Par l’intermédiaire de l’ancien ministre Ahmed Ramzi, le chef des services de sécurité marocains Hamidou Laânigri accepta de me rencontrer. L’entretien a eu lieu en septembre 1998 à Paris au Drugstore des Champs Elysées, et je l’ai averti que j’allais publier le résultat de mes travaux sur l’affaire Ben Barka. A sa demande, je lui ai révélé le vrai nom de Chtouki. Le reste sera publié dans mon prochain livre.

    Yigal Bin-Nun est historien et spécialiste des relations SECRÈTES israélo-marocaines.

    Source : Academia.edu

    Tags : Maroc, Mehdi Ben Barka, Hassan II, Oufkir, Israël, Mossad,

  • Nasrallah: L’axe soutenu par les États-Unis vaincu, nous avons assez de missiles pour redessiner la carte du Moyen-Orient

    […] Un autre élément indiquant (l’improbabilité d’une guerre contre l’Iran) est constitué par les données de terrain, et je parle du (triple) Sommet que je viens de mentionner. Et nous entrons maintenant dans la (4ème partie de mon discours consacrée au triple) Sommet arabe (à La Mecque du 30 mai au 1er juin). Le sommet a été convoqué en urgence. Pourquoi? Il y a deux raisons, deux raisons claires qui sont mentionnées dans les déclarations (finales) (du Sommet).

    La première raison… La première raison… Je me souviens que durant les premiers jours de la guerre d’agression contre le Yémen, Son Éminence le Chef (Suprême) Sayed [Khamenei] a déclaré que les jeunes (combattants) du Yémen allaient trtaîner le nez des Al Saoud dans la boue. Il y a quelques jours, l’armée saoudienne a mordu la poussière (encore une fois). Cest ce qui est arrivé.

    La première raison (pour l’improbabilité de la guerre contre l’Iran), que j’ai mentionnée plus tôt, est que l’Arabie saoudite a reconnu le fait qu’il n’y avait aucune issue contre les missiles de l’armée yéménite et des comités de défense populaire, qu’ils appellent « missiles houthies » et contre leurs drones, et ma preuve en est ce qui s’est passé à Yanbu » (frappes d’un drone yéménite contre des installations pétrolières en Arabie saoudite). C’est un échec, un désastre complet. Sur le plan technique, militaire, de la sécurité et à tous les autres niveaux, c’est un échec colossal. Et c’est un grand succès pour nos frères yéménites.

    Et c’est pourquoi, dans la déclaration commune qui conclut le Sommet arabe, à partir de la première ligne, les points 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 ne parlent que des Houthis, des Houthis et encore une fois des Houthis, ainsi que l’Iran. Cela montre clairement à quel point la question de nos frères yéménites est présente et constitue la principale raison de la convocation de ce triple Sommet.

    La seconde raison (indiquant l’improbabilité d’une guerre contre l’Iran) est que le régime saoudien et ses alliés ont compris avec certitude qu’il n’y aurait pas de guerre américaine contre l’Iran. Vous rêvez (Ô Saoudiens), vous dépensez votre argent pour rien et vous incitez à la guerre, mais en vain. Trump ne se battra pas pour vous alors que c’était votre plus grand espoir. La dernière chose qui restait aux Saoudiens était cet espoir (sur lequel ils avaient tout misé). Y a-t-il quelque chose qu’ils peuvent faire? Les Saoud ont-ils des alternatives (à prévaloir)? Qui ira en guerre contre l’Iran? Les Saoud eux-mêmes? Au Yémen, selon les informations des Saoudiens eux-mêmes, ces jeunes combattants yéménites qui ne possèdent ni armée, ni grandes capacités, assiégés, isolés, affamés, malades, mais qui ont défait  l’Arabie saoudite! Et vous (les Saoudiens) iriez en guerre contre (une puissance aussi formidable que) l’Iran? Qui (osera attaquer l’Iran)? Engageront-ils Netanyahu pour déclencher une guerre contre l’Iran? Laissez-le d’abord s’occuper de ses propres problèmes (électoraux et avec la justice israélienne)!

    C’est la fin de la route (pour les Saoud)! Tous leurs projets et leurs espoirs reposaient ces dernières semaines sur Trump, son incitation à la guerre, Bolton, Pompeo et tous leurs compagnons pervers qui menaçaient d’attaquer l’Iran et de le dévaster. Mais c’est fini. Tous leurs espoirs ont été anéantis.

    C’est la raison pour laquelle ce sommet a été convoqué à La Mecque, comme je l’ai dit, pour appeler les mondes arabe et musulman et les pays du Golfe à l’aide. « Hâtez-vous donc (à notre aide), O Arabes » (cria la dynastie Al-Saud)! J’ai écrit ici… Où est ce document?… J’ai écrit (résumé à ce sujet)… “L’Arabie Saoudite a convoqué le triple Sommet pour se renforcer avec le soutien du Golfe, il s’est déchiré…” Car qui est responsable de la crise dans le Conseil de coopération du Golfe? L’Arabie Saoudite! “(L’Arabie saoudite a convoqué le triple sommet) pour se renforcer avec le soutien du Golfe qu’elle a déchiré, des Arabes qu’elle a écrasés…” Y a-t-il un seul pays arabe où l’Arabie saoudite n’a pas créé la discorde et la division? Et jusqu’à présent, jusqu’à présent, il y a des pays arabes déchirés par des guerres civiles, et l’Arabie Saoudite en est (le principal) responsable. Et il y a des pays arabes sous la menace de tomber dans des guerres civiles (Algérie, Soudan…), et nous devons chercher (la main de) l’Arabie saoudite (derrière elle). « (L’Arabie saoudite a convoqué le triple sommet pour se renforcer avec le soutien du Golfe qu’elle a déchiré), des Arabes qu’elle a écrasés et des musulmans parmi lesquels elle a propagé la sédition de takfir. »

    Voir Pakistan: l’Arabie saoudite veut devenir plus forte en obtenant le soutien de ce pays, tout en propageant son idéologie takfiri chez les Taliban, qui ont créé d’innombrables problèmes pour l’armée et le peuple pakistanais. Aujourd’hui, l’Arabie saoudite appelle tous ces pays à le sauver (et à le sortir du bourbier yéménite).

    Premièrement, en ce qui concerne le Sommet… Je conclurai mes remarques par quelques mots. En ce qui concerne le sommet (de la Mecque), tel est le contexte qui l’explique. C’est un appel à l’aide, un appel à l’aide, une demande d’intercession… Vous savez que c’est le Ramadan (où tous les souhaits peuvent être exaucés), alors les Saoudiens font des prières, expriment leurs souhaits, cajolent (les gouvernements arabes) afin que  leurs souhaits se réalisent, à cause de leur échec et de leur impuissance, et parce que leurs espoirs ont été anéantis. L’axe opposé (États-Unis, Israël, Arabie saoudite) n’est en aucun cas en position de force. Il est dans une position de faiblesse et d’échec, désespéré, très confus et complètement découragé. C’est la vérité.

    Deuxièmement, considérons la déclaration commune publiée après le sommet. Nous voyons qu’elle est composée de 10 points, qui ne parlent que de l’Iran et des «houthis», comme ils les appellent, mais à la fin de cette déclaration, alors que nous commémorons la Journée internationale d’Al-Quds (Jérusalem), à la fin de cette déclaration, vraiment les deux dernières lignes, nous lisons: «Et concernant la cause palestinienne, principale cause des Arabes, le Sommet a confirmé son attachement aux résolutions du 29ème Sommet arabe (d’avril 2018) à Dhahran (Arabie saoudite), ou le sommet Al-Qods, et les résolutions du 30e sommet arabe à Tunis (en mars 2019). ”Période. Ils n’ont même pas consacré deux lignes à la Palestine! Ils ne lui ont donné qu’une ligne et demie de leur déclaration finale! C’est l’importance de la Palestine pour le Sommet arabe. Je ne sais même pas s’ils en ont réellement parlé (au cours de leurs discussions), je viens de lire la déclaration finale.

    Et à propos du sommet du Conseil de coopération du Golfe, il y a une chose vraiment amusante, le 4ème point. Écoutez le 4ème point (de la déclaration finale) du Sommet du Conseil de la coopération du Golfe: «Confirme la force, l’harmonie et la résolution du Conseil de coopération du Golfe et l’unité de ses membres autour d’une ligne commune face à ces menaces. ”Et ils disent cela alors qu’ils assiègent le Qatar! Ils assiègent l’État et le peuple du Qatar depuis plus d’un an! C’est vraiment hilarant, oncle! Par Dieu, certaines personnes ne réalisent vraiment pas qu’elles sont devenues la risée du monde! Le monde entier se moque d’eux, les rabaisse et les humilie!

    Autre point concernant le sommet arabe, nous avons le devoir de louer la position exprimée par l’Iraq et le président de la République d’Iraq. C’est une position remarquable, courageuse et excellente. Quel dommage que le reste des présidents arabes, des rois et des émirs ne parlent pas de la même manière! Et la délégation irakienne n’a pas dit qu’elle voulait faire la guerre contre l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou qui que ce soit, rien de tel! Ils ont parlé de manière équilibrée (sans prendre parti pour l’Iran ni l’Arabie saoudite). Vous pouvez faire la même chose (et afficher une neutralité conciliatrice). Qu’est-ce qui vous a empêché de le faire, Arabes? Quel dommage que (les participants à ce sommet), malgré l’échec, l’impuissance et la confusion (de l’Arabie saoudite) et l’exploitation économique de la situation par les États-Unis, n’aient pas parlé en termes conciliatifs de l’Iran, alors que l’Iran lui-même, il y a quelques jours, a déclaré via ses délégués qu’ils étaient prêts à parler avec les États du Golfe et à conclure des pactes de non-agression avec eux! Pourquoi n’ont-ils pas adopté le même langage diplomatique ouvert et conciliant? S’ils l’avaient fait, leur argent, leur sécurité, leurs intérêts et même leur dignité ne seraient pas violés par Trump matin et soir.

    En ce qui concerne le Sommet arabe, j’ai encore une chose à dire: en tant que parti libanais participant au gouvernement du Liban, nous (Hezbollah) considérons que la position de la délégation officielle libanaise au Sommet arabe est en contradiction avec la Déclaration ministérielle (du gouvernement Hariri) et viole les engagements et les promesses du gouvernement libanais, qui a bénéficié de la confiance du Parlement sur la base de cette déclaration. Où est la neutralité promise, ô délégation libanaise officielle dans la ville sainte de La Mecque? Vous auriez pu dire… Il n’était même pas nécessaire que vous preniez une position similaire à celle de l’Irak. Vous auriez simplement pu dire que le gouvernement libanais était attaché à la neutralité (dans les conflits régionaux) et qu’une telle position était nécessaire dans l’intérêt national du Liban, qui devait rester neutre, comme il l’avait fait lors de sommets précédents.

    C’est pourquoi nous rejetons cette position (exprimée par la délégation libanaise), que nous considérons inacceptable et condamnons car elle ne représente pas le Liban. Elle ne représente que les membres de la délégation (en tant qu’individus) ou les partis politiques auxquels ils appartiennent. Il est impossible que telle soit la position officielle du Liban, une position qui publie une déclaration avec 10 paragraphes condamnant l’Iran et ne consacre qu’une ligne et demie à la Palestine, cette déclaration exprimant son soutien à un axe (Etats-Unis-Saoudo-Israélien) contre un autre (l’axe de résistance).

    Bien sûr, le parti de l’avenir aurait pu faire sa propre déclaration en soutenant avec éloquence la déclaration finale de ce sommet qui s’est tenu à La Mecque, c’est leur droit naturel. Cela ne nous dérangerait pas du tout car (il est de notoriété publique) que nous avons des positions opposées (sur des questions régionales). Nous avons déjà dit que la neutralité n’était pas requise des forces politiques. Et nous sommes les premiers à ne pas être neutres (et à annoncer fermement et publiquement nos positions contre les États-Unis, Israël, les Saoud…). Mais nous avons convenu que le gouvernement libanais resterait neutre. L’État libanais doit rester neutre (car il est composé à la fois de forces pro-américaines et pro-iraniennes). Et ce qui s’est passé à La Mecque va à l’encontre des engagements et des promesses (pris par l’Alliance pour l’avenir à la tête du gouvernement) et des intérêts nationaux du Liban.

    Cela m’amène au dernier point (de mon discours). (Je suis désolé) d’avoir été si long en cette nuit de ramadan, mais c’est une question délicate dont la mention ne peut être différée. En ce qui concerne la délimitation des frontières (terrestres et maritimes) (entre le Liban et Israël), comme je l’ai répété à maintes reprises, en tant que résistance, nous n’avons aucun problème et nous nous conformons aux décisions de l’État. Et malgré tout ce qui se passe aux frontières, nous laissons tout entre les mains de l’État, que ce soit bien ou mal, bien ou mal. En ce qui concerne la démarcation de nos frontières terrestres et maritimes, nous respecterons toutes les décisions de l’État (et nous n’aurons pas voix au chapitre).

    Et en faisant ces déclarations, je n’exagère pas. Certains frères pensent que mes paroles sont conciliantes mais ne coïncident pas avec la réalité, mais non, je dis la vérité quand je dis que, au Hezbollah, nous faisons confiance aux responsables libanais qui sont responsables de ce dossier et qui sont déterminés à défendre tous les droits du Liban à la terre et à l’eau, en termes d’espace maritime, de pétrole et de gaz (ressources présentes en Méditerranée). Nous avons (pleinement) confiance en eux et c’est pourquoi nous n’intervenons pas dans ce dossier. Voilà pour les points positifs, car je vais maintenant aborder un point très différent.

    Sur cette question, qu’est-ce que les États-Unis s’efforcent de réaliser par l’intermédiaire de leur envoyé, M. [David] Satterfield et ses semblables? Les États-Unis sont très forts pour exploiter tout, et exploiter (toutes les situations) de manière perverse (dans leur intérêt et à notre détriment). Puisque le Liban a besoin d’une délimitation rapide des frontières, notamment en mer, pour pouvoir (exploiter) le pétrole et le gaz (ressources en mer), et que le Liban a besoin d’une situation calme pour pouvoir obtenir des prêts financiers – car nous parlons principalement de prêts, pas des subventions -, dans ce contexte, les États-Unis en viennent à… J’espère que tous les Libanais vont m’écouter.

    Les États-Unis veulent exploiter les négociations (indirectes) (entre le Liban et Israël) sur la démarcation des frontières terrestres et maritimes pour résoudre un autre problème adjacent non lié, dans le seul intérêt d’Israël, et qu’Israël est incapable de résoudre depuis des années, à savoir les missiles de précision et la fabrication de missiles de précision.

    Depuis plus de deux ans (ambassadeurs, ambassades, services de renseignement étrangers, y compris les pays qui nous considèrent officiellement comme des terroristes, nous contactent constamment), cela ne les dérange pas. Ils nous ont posé les questions suivantes, ou (plutôt) nous ont adressé les messages suivants: vous avez des missiles de précision, et c’est quelque chose qu’Israël ne tolérera pas, et quand Israël apprendra sa place (sur le lieu de stockage), il les bombardera. C’est le message que nous recevons depuis plus de deux ans. C’est le premier point.

    Le deuxième point concernait l’accusation selon laquelle nous aurions des usines de missiles de précision au Liban, ce qui est (prétendument) une ligne rouge pour Israël qui ne sera pas tolérée, et l’avertissement que si Israël apprend à connaître leur emplacement, il les bombardera. Nous avons caché cette affaire au public pendant deux ans pour ne inquiéter personne et régler cette affaire en coulisse. Cependant, certaines choses qui me poussent à prendre la parole au cours de la semaine sont survenues au cours de cette semaine, car je pense que toute cette question sera bientôt débattue dans les médias, ce sujet étant débattu aujourd’hui dans des cercles plus larges. Je préfère exposer publiquement notre position sur cette question plutôt que de laisser les fonctionnaires (de l’État) responsables d’envoyer des messages ou de répondre à des questions (à ce sujet), et il est préférable que ces réponses proviennent directement de moi afin que les États-Unis, Israël et les autres les reçoivent distinctement. (C’est mieux), n’est-ce pas? C’est pourquoi je le mentionne.

    En ce qui concerne le premier point, la question des missiles de précision, nous sommes des personnes qui disent toujours la vérité, nous ne mentons jamais. Nous ne pouvons bien sûr pas révéler la vérité sans mentir, ou ne dire qu’une partie de la vérité, mais nous ne mentons jamais. C’est pourquoi quand ils nous ont demandé (si nous avions des missiles de précision), nous avons répondu que oui, nous avions des missiles de précision, et puis vous vous souvenez qu’il y a deux ans, le dixième jour (de ‘Ashura), j’ai annoncé très clairement que nous avions une précision missiles capables d’atteindre toutes les cibles requises dans l’entité sioniste.

    Et aujourd’hui, en cette Journée (internationale) d’Al-Qods (Jérusalem), à l’occasion du 40e anniversaire de l’annonce de cette journée, je dis au monde que oui, nous avons au Liban suffisamment de missiles de précision pour changer le visage de la région. et (contrarié) toutes les équations!

    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    Mais je ne dis rien de nouveau. C’est ce que j’ai dit pour ‘Ashura il ya deux ans. Et à tous ceux qui nous ont demandé, nous avons dit oui, nous avions des missiles de précision. Et à tous ceux qui ont dit ou transmis des messages (menaces israéliennes), nous avons dit qu’il n’y avait pas de problème… Cela fait 1, 2 et 3 ans que ces messages circulent, et que notre réponse a été donnée et est parvenue à Israël: chaque fois qu’ils ont essayé pour nous intimider en parlant d’Israël, de lignes rouges, de choses inacceptables, de bombardements, de réactions (violentes), etc., notre réponse était claire, et je l’ai ensuite répétée publiquement (dans une interview) avec Al-Mayadeen TV et ensuite dans un discours en direct. Et je le répète: nous avons dit que contre toute agression, toute frappe israélienne contre toute cible liée à la Résistance au Liban, qu’il s’agisse de missiles ou autre, le Hezbollah exercera des représailles immédiates, directement et avec une (grande) force!

    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    Et c’est pourquoi, depuis 1 an, 2 ans et 3 ans maintenant, ils n’ont jamais bombardé (Liban). Et plus encore, Israël se rend à l’ONU pour se plaindre que, sous le stade de football Al-Ahed, il y aurait des missiles. À cet endroit également (et ensuite, l’ONU) demande au gouvernement de vérifier si les missiles sont efficaces. présent à un endroit donné, etc. Ce n’est pas par mœurs ou par pudeur qu’Israël ne frappe pas nos missiles. C’est parce que nous sommes convaincus qu’ils n’osent pas le faire (parce qu’ils craignent nos représailles) et que nous répondrons à toute agression par une attaque similaire, sinon plus!
    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    La question des missiles de précision était donc terminée (avec une impasse pour Israël). Personne ne peut rien faire contre cela. La question a donc été améliorée avec l’accusation de possession d’usines de missiles de précision (au Liban). Il y a quelques mois, un responsable (libanais) a déclaré que les États-Unis l’avaient contacté pour lui dire ceci et cela. J’ai répondu: «Mon cher fonctionnaire – je ne dis rien de spécifique pour protéger son identité -, cette information est fausse. Nous n’avons pas — et je parle en toute franchise — nous n’avons aucune usine de missiles de précision au Liban. ”Il a demandé si les Iraniens avaient de telles usines au Liban. Je lui ai dit que les Iraniens n’avaient pas d’usine au Liban, que ce soit pour les missiles de précision ou d’autres missiles, ou quoi que ce soit du tout.A ce jour, j’ai dit jusqu’à ce soir, jusqu’à cette Journée internationale Al-Quds usines de missiles de précision (au Liban). Les Américains sont donc partis et sont revenus plus tard (avec de nouvelles accusations), affirmant qu’il y avait de telles usines dans tel lieu, jusqu’à ce qu’ils aient dit récemment, à savoir que le processus de délimitation des frontières maritimes était entravé par le fait que dans une telle région , il y avait des usines de missiles de précision. Encore une fois, plusieurs responsables libanais m’ont posé des questions à ce sujet et j’ai dit que ce n’était pas vrai. Dans cette région, il existe des installations militaires, des fournitures et du matériel du Hezbollah, mais aucune usine de missiles de précision. C’est tout. Quel est mon argument? Ces fausses accusations ont été accompagnées de diverses menaces. Je ne dirai pas quelles étaient les menaces, car je n’avais aucune raison de les révéler, mais plusieurs menaces ont été proférées, de sorte que le Liban règle le problème (usines de missiles de précision), détruit telle ou telle installation, les rase et les termine. leur. Mais mes chers amis, savez-vous à qui vous avez affaire? Dans quel monde vivez-vous (croire que vos menaces peuvent effrayer le Hezbollah)? C’est absolument inconcevable pour nous. De plus, nous, au Hezbollah, sommes plus dignes de confiance et fiables que les Américains et leurs prédécesseurs et plus fiables que les Israéliens et leurs prédécesseurs. Quand je vous dis qu’il n’y a pas d’usines de missiles de précision, cela signifie qu’il n’y en a pas. Et s’il existait de telles usines, j’aurais dit ce soir à la télévision qu’il en existait, comme je le prouverai dans un instant. Je vais expliquer mon problème avec cette question et conclure mon discours. Le problème est que… C’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu discuter de cette question avec des responsables libanais, mais je souhaite que nous (tous les Libanais) y prenions part. La discussion même de ces questions avec les États-Unis, leur permettant simplement de nous poser des questions sur (nos armes), cette porte devrait à mon avis être fermée. Ce n’est pas leur affaire, ils n’ont pas le droit de se renseigner sur nos armes. Les États-Unis n’ont aucun droit de s’y mêler. Qu’il y ait ou non des usines de missiles de précision au Liban, cela ne les regarde pas. Israël, qui est juste à côté de nous, fabrique des missiles, des avions de guerre, des chars d’assaut, des armes nucléaires et chimiques. Laissez-les y aller et faites les mêmes demandes! Pour nous, c’est notre droit – et c’est ce que je veux ajouter ce soir -, nous avons le droit absolu de posséder tout type d’arme pour défendre notre pays. Et c’est notre droit absolu de fabriquer tout type d’armes, car avoir une arme n’a que trois possibilités: soit vous les achetez, soit quelqu’un vous les donne, soit vous les fabriquez. À Gaza, que font-ils? Ils les font. Au Yémen, que font-ils? Ils les font. Mais la mentalité saoudienne est incapable de concevoir que les Yéménites puissent fabriquer leurs propres missiles et drones (et accusent l’Iran de les avoir fournis). Que voulez-vous que je fasse à ce sujet? En Iran, que font-ils? Ils fabriquent leurs propres armes! Et nous avons absolument le droit de faire la même chose. J’affirme que les États-Unis n’ont pas le droit de débattre avec nous de ce droit. C’est le premier point. Comment cela vous concerne? Que nous ayons ou non de telles usines, cela ne vous regarde pas. Je vous assure qu’il n’y a pas encore de telles usines, mais vous n’avez pas le droit de me demander à la première place! Qu’il y ait ou non de telles usines, faites attention à vos affaires! Nous avons parfaitement le droit de disposer de toutes les armes qui nous permettent de défendre notre pays, que nous les achetions, nous les donnions ou que nous les fabriquions. C’est le premier point.

    Deuxièmement, si les États-Unis continuent de soulever ce problème, je leur dis ceci: nous avons toutes les capacités techniques et humaines, grâce à notre jeunesse, pour fabriquer des missiles de précision, et nous sommes parfaitement en mesure d’importer au Liban tous les équipements nécessaires pour: ouvrir de telles usines. Je déclare ce soir que si les États-Unis continuent à soulever cette question, faites savoir au monde entier que nous allons ouvrir des usines de missiles de précision au Liban!

    [Audience: À votre service, O Nasrallah!]

    Jusqu’ici, nous n’avons pas de telles usines (au Liban), mais si elles continuent à soulever ce problème, elles nous convaincront de le faire! Ensuite, le gouvernement parle de nombreux problèmes de l’industrie libanaise. Aujourd’hui, l’un des plus grands maux du monde est la vente d’armes… Pourquoi ris-tu, je suis sérieux! Nous sommes en mesure de fabriquer des missiles de précision et de les vendre au monde entier, aidant ainsi le Trésor libanais. C’est pourquoi je conseille à Satterfield de rester calme et de faire le travail qui lui est confié (sans empiéter sur nos affaires), car il prétend être là pour aider… Mais à qui (veut-il vraiment) Aidez-moi? Parce que vous savez qu’en général, les États-Unis ne sont pas des intermédiaires. Ils ne sont là que pour faire pression et défendre les intérêts d’Israël, et que Dieu aide nos frères libanais responsables de ces négociations. Laissez Satterfield fermer ce fichier et ne pas perdre son temps dans des menaces (inutilisées), et arrêtez de vous exercer. Il devrait cesser de s’exercer (en vain). C’est notre droit naturel (d’avoir toutes les armes requises), nous y resterons attachés et les menaces ne mènent à rien avec nous. Ces menaces ne sont pas nouvelles, mais remontent à 2 ou 3 ans. Je leur ai répondu et je ne veux pas avoir à me répéter, d’accord? Que ce soit maintenant, avant ou après, notre position reste la même.En conclusion, mes chers et nobles frères, en ce jour d’Al-Quds, en ce 40ème anniversaire de la célébration de ce jour, notre axe (Résistance) est en une position de force, comme c’est notre front (le champ de bataille). Il est vrai que nous avons consenti de nombreux sacrifices ces dernières années, mais par la grâce du sang des martyrs, nous sommes sortis de tous ces sacrifices plus forts et plus présents. Et c’est plein de force, de détermination, de foi et de confiance que je vous dis à tous que nous pouvons défaire le deal du siècle et le faire échouer, et au premier plan le peuple palestinien: lorsque les Palestiniens sont unanimes dans leur position souveraine, l’appelle, à propos du deal du siècle et de la conférence de Bahreïn (condamnés par toutes les factions), personne ne peut rien imposer, ni aux Palestiniens ni à la région.Lorsque le peuple syrien refusera de céder le Golan, le Golan ne deviendra jamais Israël, même si Trump redessine les cartes et les panneaux ci-dessous, comme annoncé par Netanyahu hier. Laissez-les signer ce qu’ils veulent, faire ce qu’ils veulent et dire ce qu’ils veulent (ce sera futile). Si nous restons présents sur le terrain, sur tous les champs de bataille, si nous restons attachés à nos droits, et surtout, avant, après et avec tout, si nous avons confiance en Dieu et en sa promesse de victoire, si nous croyons en lui, nos peuples, notre génération, nos hommes, nos femmes, notre cerveau, notre esprit et notre volonté, l’avenir appartient à Al-Quds, et non à Trump ni à tous les nains insignifiants qui travaillent pour Trump.Peace Be sur l’âme du grand Khomeiny, qui a fondé ce jour, une fête heureuse (al-Quds) et que Dieu vous accorde la victoire et la gloire.

    Source

    (Traduction automatique)

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  • El asesinato de Ben Barka y la frustración de otro Marruecos posible

    Desde su independencia en 1956 de España y Francia, las potencias que ejercían de protectoras, Marruecos se ha caracterizado, como otras sociedades del mundo árabe, por su carácter dual. Cuenta con un alto porcentaje de población joven, muchos de ellos altamente cualificados, formados en universidades y centros de estudios del país, pero las oportunidades para su promoción se encuentran cerradas dentro de las fronteras nacionales, lo que les ha obligado a hacer las maletas buscando la “prosperidad” del mundo europeo o afrontando las estrecheces del día a día a través de empleos de baja cualificación y bajos salarios y la hoy denominada “economía informal”. Esa generación joven, formada (e informada gracias a los canales por satélite, como Al Jazeera, e internet) y urbana con ansias de independencia y libertad, como mostró no hace mucho tiempo el movimiento 20 de febrero, contrasta con las costumbres aún arraigadas en un país donde el peso de la ley religiosa y la costumbre, especialmente en el mundo rural, siguen presentes en la vida cotidiana, con represalias familiares y policiales hacia homosexuales y muchachas que se salen del redil patriarcal. Asimismo, cuenta con una constitución que establece al modo occidental el parlamentarismo, las elecciones, los partidos políticos, los sindicatos y las organizaciones de la sociedad civil como mecanismos de participación democrática y pluralista de los ciudadanos en la vida política de la nación, con una monarquía constitucional que no pocas veces se nos presenta equiparable a la de los Países Bajos, Noruega, Gran Bretaña o Dinamarca. En la realidad, sin embargo, el poder del rey es casi absoluto, el parlamento no pasa de ser un mero cuerpo consultivo al modo de la Duma zarista de 1905, la red clientelar del Majzén es tupida y omnipresente (convirtiéndose en el verdadero motor de la cosa pública) y los abusos policiales y judiciales están a la orden del día en un estado caracterizado por el cambio exasperantemente lento y siempre controlado por Palacio.

    Todas estas características (con sus diferencias y matices) pueden también aplicarse a muchos estados del mal llamado Primer Mundo, que parecen seguir la estrategia de avanzar hacia atrás o al menos de guardar en sus alcantarillas realidades superpuestas a una superficie donde sólo puede brillar la perfección, mientras se acusa al resto o se mira por encima del hombro a los demás -ayer el “salvaje e incivilizado”, hoy “nación subdesarrollada” o “del Tercer Mundo”-, es cierto (como muy bien ejemplifica Donald Trump, la xenofobia rampante en la Europa rica o la corrupción y descrédito que se van descubriendo de los sucesivos gobiernos españoles de la restauración democrática). Sin embargo, como en otros casos aquí descritos, la supuesta incapacidad de estas últimas naciones para alcanzar el nivel de modernidad, “cultura” y “civilización” del mundo desarrollado no se deben a factores innatos, a la supuesta incapacidad para gobernarse adecuadamente por parte de los estados africanos, latinoamericanos o asiáticos.

    Al contrario que en Europa o Estados Unidos, donde desde Washington o Bruselas se elogia la madurez del electorado y de la democracia del país X incluso cuando la democracia y el electorado han sido capaces. por razones diversas entre las que cabe contar la desesperanza, la propaganda o la manipulación mediática, de colocar a soberanos idiotas y peligros públicos al frente del mismo (e incluso se elogia al país Y incluso sin que exista sistema democrático y las violaciones de los derechos humanos sean constantes y a la orden del día siempre que Y tenga un gobierno amigo -o incluso “hermano”, como se refería Juan Carlos I al antiguo rey de Marruecos Hassan II-), la democracia no resulta un valor para el Tercer Mundo si quien se elige no responde a los intereses de Europa, Norteamérica, el FMI o la OMC, por mucho que signifique una esperanza o una realidad palpable de cambio para su propio pueblo. No fue la incapacidad para gobernarse, el manido “odio africano” o las querellas intestinas -que muchas veces aparecen espoleadas desde fuera- lo que acabó con los proyectos, cuando no la vida, de Lumumba, Arbenz, Allende, Sankara, Cabral o João Goulart, al igual que tampoco fue un mero asunto interno la asfixia lenta de proyectos incómodos desarrollados en la periferia europea, hasta ayer mismo, como quien dice, también parte del “Tercer Mundo”: la República en España, la Revolución de los Claveles en Portugal o el apoyo al restaurado e impopular gobierno monárquico de Grecia, plagado de antiguos nazis y colaboracionistas, en la guerra civil frente al ELAS, una de las guerrillas antifascistas más eficaces contra el III Reich.

    En Marruecos también se dio el caso. La independencia dio lugar a dos proyectos paralelos: uno, dontancredista, basado en la permanencia de las instituciones locales -el rey absoluto, las redes clientelares, la tradición mal entendida- más reaccionarias con un mero cambio de fachada, sustituyendo la presencia colonial por la de los gobiernos cien por cien marroquíes -aunque la sombra del neocolonialismo fuera y es alargada- y otro de independencia radical, autónomo y con claros aires socializantes, no-alineados y solidarios con el mundo emergente, sumido en plena lucha por la independencia. Este último fue obra de Mehdi Ben Barka y la facción izquierdista del partido Istiqlal (Independencia), luego reconstituido en Unión Nacional de Fuerzas Populares. Su tragedia, sin resolver del todo y la enésima vivida por el Tercer Mundo (entonces desprovisto de significados peyorativos referidos a su desarrollo económico), se inscribe no sólo en turbias maniobras de servicios secretos y de inteligencia. Está metida de lleno dentro de los años negros de la represión y la sangre en el país magrebí: los largos “años de plomo”.

    LA SOMBRA DE LOS AÑOS DE PLOMO: UN CAPÍTULO SIN CIERRE

    Antes de comenzar a hablar de Ben Barka, refirámonos a ese episodio especialmente sangriento de la historia del reino alauí. Los “años de plomo” marroquíes han tendido a verse como una coincidencia temporal con otros denominados de la misma forma aunque en zonas geográficamente distintas, como Italia o Argentina. Pero al contrario que en estos dos países, en Marruecos los años 1970 no vieron nacer la violencia armada, sino que ésta ya venía de lejos. Desde la independencia política del sultanato, bajo el reinado de Mohammed V, ya se habían registrado acontecimientos de violencia física, asesinatos y torturas contra oponentes políticos al régimen, sindicalistas y activistas, siendo especialmente célebre la prisión de Tazmamart como centro de detención ilegal, tortura y asesinato cuya existencia el estado marroquí ha venido negando sistemáticamente. Además, otra diferencia fundamental es que, si en la Italia de mayor actividad del Gladio o en la Argentina de María Estela Martínez de Perón la violencia no era patrimonio exclusivo del aparato estatal (aunque existieran implicaciones directas -policías, militares… que pertenecían a grupos terroristas de ultraderecha- o conexiones entre los servicios secretos y cuerpos paramilitares y organizaciones de extrema derecha), en Marruecos la actuación violenta implicó a sectores de las fuerzas de seguridad, del ejército y de los servicios secretos, de tal suerte que una implicación (por descubrir) de grupos armados ajenos siquiera nominalmente al control del Estado en estos hechos debe ser considerada muy por excepción.

    Aunque en el ámbito de los “años de plomo” marroquíes la mayor escalada de violencia coincide temporalmente con la década de los setenta – agitada en todo el mundo, pero especialmente en el ámbito no europeo y anglosajón, con revoluciones, guerras de liberación y golpes de estado en Argentina, Nicaragua, Irán, Chile, Angola, Mozambique, Vietnam o Afganistán-, a raíz de los intentos de golpe de derrocamiento y asesinato de Hassan II en 1971 y 1972 y las repercusiones de la ocupación marroquí del Sáhara Occidental en noviembre de 1975 y la lucha entre el ejército del reino y la fuerza de liberación anticolonial -entonces enfrentada a España y desde ese momento a Marruecos-, el Frente Popular de Liberación de Saguia-el-Hamra y Río de Oro o Frente Polisario. Sin embargo, otros especialistas consideran que ya desde el reinado del anterior monarca, Mohammed V, con la violenta represión de la revuelta del Rif en 1958-1959 -en la que se llevaron a cabo bombardeos indiscriminados con bombas de fragmentación napalm y fósforo blanco contra las poblaciones rifeñas, calculándose en tres mil las muertes, (desconociéndose el número exacto correspondiente a la represión), entre la población bereber de esta región norteña- y hasta el fallecimiento de Hassan II en 1999 y la asunción del trono por su hijo Mohammed VI pueden considerarse un continuo temporal, que si bien no ha tenido la misma intensidad en todo el período, sí se ha visto presidido por unas características comunes: el mantenimiento del status quo político, el silencio de la disidencia mediante el uso del terror y la omnipresencia y omnipotencia en la vida pública de las fuerzas de seguridad, como la gendarmería, el ejército o los servicios de inteligencia. El asesinato de Ben Barka, acontecido en mitad de la década de los sesenta, es un caso inscrito en medio de lo que habría que considerar más que los años las “décadas de plomo” del país magrebí.

    Así, el abogado Abderrahim Barrada escribe con meridiana claridad que “desde la recuperación de su independencia en 1956 y hasta mediados de los años noventa, Marruecos ha conocido violaciones más o menos graves de los derechos humanos de las cuales buena parte pueden ser calificadas de crímenes contra la humanidad según las definiciones establecidas para este tipo de actos por el derecho humanitario internacional […] Estas violaciones, que han jalonado la historia de Marruecos durante casi cuarenta años, han sido, excepto raras excepciones, crímenes de Estado”. Tales crímenes de Estado perpetrados por el aparato gubernamental marroquí incluirían tanto la desaparición forzada, la tortura, el genocidio y los crímenes de guerra -tal y como pueden recogerse de testimonios realizados no sólo por los bereberes del Rif, sino también por los saharauis, dando comienzo con la propia “Marcha Verde” en 1975, pues a la marcha pacífica de civiles por el oeste del territorio del Sáhara se le unieron soldados a pie y aviación en el este que bombardearon con las mismas técnicas empleadas quince años atrás en ciudades como Tifariti o Smara- o las ejecuciones extrajudiciales. Además de esto, hay que sumar la represión extremadamente violenta realizada por las fuerzas policiales, pero también militares, de las protestas populares, como las que se han ido sucediendo a lo largo del tiempo, como la revuelta de marzo de 1965, los disturbios de Casablanca (1981), las protestas de Tetuán o Nador (1984), así como las que han tenido lugar en lo que Marruecos denomina las “provincias del Sur” contra la ocupación del territorio saharaui.

    Hasta el momento no es posible saber el número exacto de víctimas causada por esta política criminal, porque las asociaciones civiles de derechos humanos en Marruecos no disponen de información completa y desde la Instancia Equidad y Reconciliación, el organismo oficial creado tras la subida al trono de Mohammed VI, no se facilitan cifras -al mismo tiempo que los criterios defendidos por este organismo para la consideración de víctima pueden distar mucho de lo universalmente aceptado-. Ni siquiera Amnistía Internacional en su informe de 1993 “Marruecos: Rompiendo el silencio” podía dar una cifra exacta, dado que muchos desaparecidos permanecían en cárceles secretas, mientras que otros no han vuelto a dar señales de vida tras la liberación decretada por el nuevo monarca, por lo que la horquilla -descontando las muertes ocasionadas por la ocupación del Sáhara o la represión violenta del Rif- podría oscilar entre varios centenares y más de un millar de personas.

    Además de mucha gente anónima, no han sido pocos los que han tenido puestos de responsabilidad política, policial o militar que han pasado por las cárceles del régimen alauí o han acabado siendo asesinados. Desde dirigentes de la izquierda como Ben Barka o Mohammed Larizi (asesinado en 1963 junto a su esposa, de nacionalidad suiza, y la hija de ambos, de sólo tres años de edad) a militares implicados en intentonas golpistas fracasadas, como Mohammed Ufqir (uno de los antiguos responsables de la represión de los bereberes, quien fue secuestrado y encarcelado durante décadas junto con varios miembros masculinos de su familia, incluyendo niños de corta edad, hasta 1991) o los responsables de la intentona militar de 1972, quienes fueron encerrados en Tamazmart al año siguiente, pereciendo la mitad de ellos. Además, Marruecos tiene en su haber el penoso récord de haber mantenido en prisión al preso político más antiguo de África después de Nelson Mandela, Abraham Serfaty, antiguo militante del Partido Comunista y judío marroquí que abogaba por la solución de “dos Estados” en Palestina.

    Durante décadas, Marruecos ha logrado mantener la escala represiva sin escándalo de la comunidad internacional gracias a la lógica de la “guerra fría”, en la que se convirtió en un aliado esencial de Estados Unidos en la lucha contra la penetración de la izquierda comunista y del alineamiento prosoviético de otros regímenes árabes del Magreb como la Argelia del FLN, el Egipto de Nasser o, con posterioridad, la Libia del coronel Gadaffi. Además del apoyo estadounidense, Francia, como antigua metrópoli, consideraba a Marruecos una pieza esencial dentro de su política de la “Françafrique”, especialmente tras el fracaso de la guerra de Argelia y la política independiente del nuevo gobierno de socialismo árabe instalado en Argel, así como para contar con una posición avanzada de cara a controlar Mauritania, la zona del Sahel y los estados de la antigua África Occidental Francesa. Esta consideración de régimen amigo es considerada clave para la implicación, a juicio de varios testimonios, de los servicios de inteligencia franceses y norteamericanos en la muerte de un líder tan peligroso para el gobierno de Rabat como Mehdi Ben Barka, quien ostentaba en ese momento la presidencia de la Conferencia Tricontinental, de gran influencia en el mundo no alineado.

    En la actualidad, el papel de Marruecos, finalizada la política de bloques, se ha mantenido como “gendarme” en la vigilancia de la frontera sur del Mediterráneo tanto en lo que se refiere al control de las migraciones procedentes del África subsahariana con destino a Europa como en el terrorismo de corte islamista radical. Esto ha hecho que, en los últimos años del reinado de Hassan II y estos primeros años de Mohammed VI, la política de las potencias occidentales no haya variado esencialmente respecto al vecino alauí, como puede observarse en temas como el respeto a los derechos humanos -que básicamente pasan por la consideración de Marruecos como un país garantista en este aspecto- o el referéndum por la autodeterminación del Sáhara Occidental, pospuesto prácticamente “sine die”. Y aún cuando se producen protestas en este o en otro sentido que pueden irritar a Palacio, al gobierno o a los intereses que rodean a la monarquía, la respuesta de Rabat, retórica pero poderosa, suele derivar en amenazas chantajistas sobre las pretensiones anexionistas sobre Ceuta y Melilla o el cese de las “obligaciones contraídas” con la Unión Europea en la vigilancia de la frontera, ocasionando las consabidas molestias y enojos para España y para las instituciones de Bruselas, pero zanjándose rápidamente la cuestión y olvidando la que dio lugar a la controversia.

    Por este motivo, ante la ausencia de una presión exterior que acabe obligando a Marruecos a llevar a la práctica su retórica o a acelerar sus reformas en lugar de usar la clásica vara de la represión (que denuncian no ha desaparecido del mapa) y la estrategia de la “apertura cerrada”, muchos son los que emiten críticas hacia la labor del Consejo Consultivo de Derechos Humanos y la Instancia Equidad y Reconciliación y la posibilidad de que realmente sea eficaz para saldar las cuentas de la sociedad marroquí con su pasado. En primer lugar, se establece una indemnización a las víctimas, pero no existe un verdadero derecho a saber y por supuesto no hay posibilidad alguna de un derecho a la justicia, los tres pilares fundamentales sobre los que se asienta la doctrina de Naciones Unidas a este respecto. Las instituciones estatales no establecen castigo alguno a los culpables, porque ello supondría cuestionar la estructura misma del estado y de la monarquía marroquí (¿cómo condenar al anterior monarca, expresar públicamente que Hassan II fue un genocida?), dado que muchos siguen al frente de los asuntos públicos o han sido sucedidos en sus puestos con normalidad institucional, siendo legitimados en cierto modo -un problema que nos suena por estas latitudes-. Además, existen sospechas de que el impulso de estas organizaciones por parte del Estado se ha hecho para frenar el empuje, mucho mayor y menos controlable, de las asociaciones cívicas.

    Por otro lado, en muchas ocasiones la víctima de violaciones de derechos humanos -caso de los golpistas- acaban siendo culpadas de su situación (de ahí lo que se mencionaba anteriormente: la posibilidad de que el Estado considere discrecionalmente quién es y quién no es víctima) porque despertaron una reacción (léase, tortura, asesinato, desaparición forzada…) de las fuerzas de seguridad. De ahí que el abogado Abdelrrahim Barrada se escandalice de ello del siguiente modo: “¡Las víctimas son, a sus ojos, los primeros culpables! ¡El Estado no ha hecho sino defenderse! Por ello el CCDH pide la gracia real [tal y como aparece en el memorándum del Consejo Consultivo] para estos “malhechores”…” De hecho, denuncia, aquellos que no sean “culpables” de provocar los hechos serán indemnizados.

    Para terminar, el hecho de que se lleven a cabo estas medidas, con un alcance limitado en el tiempo, no garantiza realmente que situaciones de esta índole no vuelvan a repetirse. De hecho, desde Nuremberg se ha venido afirmando la necesidad del castigo a los crímenes contra la Humanidad para evitar que cunda el ejemplo y que salga “gratis” para el genocida o el criminal de guerra llevar sus planes a cabo. Lejos de ello, no son pocas las voces que advierten que Marruecos podrían haber tomado apenas un respiro con la apertura de los primeros tiempos del reinado de Mohammed VI y la puesta en marcha de la IER, para después volver por las andadas, como muestra el desmantelamiento del campamento saharaui de Gdeim Izik, el maltrato a los migrantes subsaharianos en el monte Gurugú o la represión al colectivo LGTBI.

    MEHDI BEN BARKA: DE LA INDEPENDENCIA A LA DISIDENCIA

    Ben Barka es una de esas figuras indispensables para entender lo que ha significado el camino de las independencias frustradas en el Tercer Mundo y la exploración de vías de desarrollo políticas, económicas y sociales autónomas surgidas de la Conferencia de Bandung y del movimiento de los No Alineados. De un lado, un sentimiento nacionalista plasmado en la necesidad de buscar un destino propio, libre de injerencias políticas de corte neocolonialista (de las anteriores metrópolis o de las grandes potencias); de otro, un sentimiento de solidaridad internacionalista con las naciones recién independizadas y/o por su especial vulnerabilidad de cara a las presiones exteriores, que llevó a la creación de instituciones como el Movimiento de Países No-Alineados o la Conferencia Tricontinental. En los inicios de este movimiento (de la Conferencia de Bandung, 1955 a la I Conferencia de No-Alineados, Belgrado,1961) destacaron Nasser, Tito, Nehru, los líderes Sukarno de Indonesia, Kwame Nkrumah de Ghana o inclusive Fidel Castro y Ernesto “Che” Guevara de Cuba, aunque la revolución en la isla tuvo que decantarse cada vez más hacia el sistema socialista, dejando en segundo plano su carácter inicial de revolución nacionalista y antiimperialista, debido a la hostilidad y bloqueo estadounidenses a la misma y la falta de aliados estratégicos más allá del bloque soviético. En el MPNAL el caso cubano no fue el único: si en América Latina (Argentina, Chile, Colombia, Granada), Asia (Laos, Indonesia, Camboya) o el África francófona (Gabón, República Democrática del Congo, Mali, Camerún, Togo, Costa de Marfil o Alto Volta), la intervención a través de golpes de estado o del dominio poscolonial de Estados Unidos, Francia o Bélgica les colocó como estados “clientes” del bloque occidental, para quien el neutralismo -como muestran documentos elaborados por la administración en los primeros años de la guerra fría- no era una opción, la lucha anticolonial se fue revistiendo (en buena parte, producto de lo anterior) de un trasfondo antiimperialista y anticapitalista que dio origen a movimientos revolucionarios marxistas que tomaron el poder en países miembros del movimientos o que adquirieron luego esa condición, decantándose como aliados soviéticos: Yemen del Sur, Etiopía, Somalia (cuyo líder, Siad Barré, primero fue aliado soviético y a raíz del conflicto de Ogadén con Etiopía pasó a aliarse con Estados Unidos), las antiguas colonias portuguesas en África, Vietnam, la República Popular del Congo o Afganistán. Resultaba difícil la supervivencia en un mundo bipolar (y cuánto más en uno unipolar…)

    Mehdi Ben barka nació en Rabat, la hoy capital del país y entonces parte del protectorado francés, en 1920, donde formó parte de una familia humilde. Su padre era recitador del Corán en la mezquita y vendedor de té y azúcar. Ben Barka acudió a la escuela coránica hasta los nueve años, pero la familia no tenía recursos para mandar a más de uno de los dos hijos a la escuela más allá de esa edad, de modo que acompañaba a su hermano mayor al colegio francés, pero se quedaba fuera. La maestra le invitó a entrar como oyente, y eso cambió la historia del muchacho, dado que se reveló como un excepcional estudiante. Mehdi Ben Barka acabó convirtiéndose en el primer licenciado en Matemáticas de Marruecos (realizó sus estudios superiores en la universidad de Argel, pues en el momento de hacerlos no existía la posibilidad de realizarlos en su país natal y Francia, la otra opción, se encontraba ocupada por la Alemania de Hitler).

    En su juventud y durante sus etapa universitaria, frecuentó amistades y círculos nacionalistas -también de otros países del Mageb, como Argelia y Túnez- y fue uno de los fundadores del partido del Istiqlal en 1943, convirtiéndose en uno de los principales dirigentes del mismo dos años más tarde -de hecho, eso le llevó a ser desterrado en 1944 a las montañas del Atlas por las autoridades francesas, donde permanecerá siete años-. Sin embargo, su pensamiento estaba dirigido no sólo hacia la consecución de la independencia plena del país y la salida de las potencias dominadoras, España y Francia. Interesado por la economía, la modernización de la sociedad marroquí desde sus estructuras feudales, la reforma agraria y la no discriminación de la mujer, “deviene en combatiente por la independencia de las personas corrientes y del campesinado…” (Omar Benjelloun, abogado, colaborador de Le Monde Diplomatique y descendiente de militantes históricos de la izquierda marroquí). Por ese motivo, y aunque su actividad es esencial para el regreso del rey Mohammed V en 1955, exiliado por las autoridades francesas en Madagascar -para lo que pusieron en su lugar a un familiar más manejable-, conseguida la independencia en 1956, “se negó a sentarse en el gobierno y se opone a un régimen aristocrático desde su puesto en la presidencia de la Asamblea Consultiva”, escribe Benjelloun. La crítica se dirige hacia el clientelismo, el absolutismo del monarca y el conformismo del que hacen gala partidos políticos como el suyo propio, donde el impulso cobrado para lograr la independencia parece haberse quedado ahí, juzgándolo de este modo Ben Barka como muy conservador y un instrumento del régimen.

    LA UNFP Y EL EXILIO

    Bachir Ben Barka, hijo del líder marroquí, afirmó en una entrevista en octubre de 2016 cómo las puertas a cualquier apertura política en el país se cerraron casi de inmediato a la independencia, y el desarrollo de un proyecto alternativo al defendido desde los ambientes palaciegos no llegó siquiera a poderse plantear. “tras la independencia, con la euforia que esta generó, había una dinámica alimentada por esta joven generación de militantes que eran Mehdi Ben Barka, Bouabid, Basri […] Esta generación emprendió esa lucha para que la independencia tuviera un contenido social y progresista […] Pero poco a poco la relación de fuerza se invirtió y a finales de la década de 1950 se debilitó esta nueva fuerza emergente y Palacio retomó totalmente las riendas gracias a las alianzas políticas y estratégicas entre el feudalismo marroquí y los intereses neocoloniales e imperialistas, más particularmente franceses.” La subida al trono en 1961 de Hassan II de un lado, con una política mucho menos favorable hacia el aperturismo político de lo que hubiera podido demostrar su padre y antecesor en el trono -y, como demostró Mohammed V en la represión del Rif, igualmente dispuesto al uso de los mecanismos represivos que éste había utilizado-, y del otro la división mostrada en el campo político que, con partidos como el Istiqlal cooptados por la élite dominante (y que, en el caso de la antigua organización de Ben Barka, a partir de entonces pasará a formar parte del aparato del régimen) y una izquierda atomizada y fuertemente reprimida, marcará los años venideros y dará comienzo a una fructífera relación del reino con las potencias occidentales para la represión del nacionalismo árabe socialista y los movimientos de izquierda en el área (alianza frente a la Argelia revolucionaria, apoyo tácito a la ocupación del Sáhara Occidental, etc.)

    Cuando Hassan II llega al trono, Ben Barka es una figura de elevado prestigio, a pesar de no tener ningún cargo ejecutivo. Sus reuniones con líderes de movimientos independentistas y antiimperialistas del Tercer Mundo de reconocido carisma en aquellos momentos (Mao, Ho Chi Minh, otros más aún en el mundo árabe como Gamal Abdel Nasser); sus críticas a la situación política y su negativa a las componendas; sus proyectos de rescatar al país del feudalismo, acabar con el analfabetismo, las desigualdades sociales y otras lacras que arrastraba y el éxito de proyectos como la formación de jóvenes a través de proyectos de infraestructuras como la de la carretera de la Unidad (la carretera que unía las zonas de los antiguos protectorados español y francés) le convirtieron en una figura de masas, aun cuando entonces todavía formaba parte de un Istiqlal ya abiertamente empeñado en el mantenimiento del status quo.

    La situación entre el sector conservador y el izquierdista del Istiqlal, encabezado por Ben Barka, Basri y Bouabid y al que se encontraban adheridos los jóvenes del partido y los sindicatos, estalló finalmente en 1959, cuando esta última corriente propuso que se convocara una Asamblea Constituyente que elaborara una carta magna que, entre otras cosas, delimitara claramente las funciones del monarca y sustituyera las estructuras clientelares de poder (el Majzén) que entonces regían la vida política en el país por unas instituciones genuinamente democráticas. Los dirigentes del partido -pertenecientes al ala derechista- interpretaron que Ben Barka y los suyos asumían una postura republicana y de ruptura, por lo que acabaron expulsándolos del partido. Este fue el pistoletazo de salida para la creación de la Union Nationale des Forces Populaires (Unión Nacional de Fuerzas Populares, UNFP).

    La UNFP sigue los principios reflejados por el ala izquierda en la ruptura del Istiqlal: revolución democrática, reforma agraria, alfabetización, fin de la discriminación a las mujeres, reforma social en favor de las clases trabajadoras urbanas y campesinas, transformación de las estructuras del poder vigentes para poner fin al dominio social y político de unos pocos privilegiados y del dominio neocolonial y solidaridad con y entre los pueblos del Tercer Mundo. Ben Barka -que se convertirá en pocos años en uno de los dirigentes internacionales más importantes del movimiento no-alineado- entiende que la lucha de las naciones colonizadas y sometidas al yugo de la injerencia externa debe ser una lucha conjunta en la que en intercambio de experiencias y la unidad entre ellas debe ser central para el éxito final.

    Por supuesto, la presencia de un partido regido por principios que ponen en cuestión el régimen vigente con una claridad harto meridiana no es en absoluto del gusto de ningún sector poderoso de la sociedad marroquí, de tal modo que en poco tiempo la UNFP es ilegalizada y su órgano de prensa clausurado. Ben Barka partió al exilio en París, aunque regresó en 1962 tras una primera tímida apertura de Hassan II, coincidente con la redacción de una constitución “a medida”, rechazada por las fuerzas de izquierda, entre ellas la UNFP. Tras sufrir un primer intento de asesinato -un accidente de tráfico provocado que se saldó con una fractura leve-, se presentó como candidato a las elecciones generales del año siguiente, que se saldaron con la victoria de un partido “cortesano” creado ad hoc, pese a la enorme movilización conseguida por la UNFP (que quedó en tercer lugar). Las denuncias y protestas populares por fraude se saldaron con una violenta represión y la condena a prisión de los dirigentes de la UNFP -algunos de ellos encarcelados y torturados- por planear un complot contra la vida del monarca. Ben Barka consiguió huir y regresó a su exilio parisino, del que ya no regresaría.

    Sin embargo, no sería la última vez que el régimen marroquí desencadenaría una campaña de infamias -previa a su asesinato- contra el dirigente opositor. En 1963, como consecuencia de la “guerra de las Arenas” que Marruecos desencadenó contra Argelia a consecuencia de una disputa fronteriza que ambos países mantenían, Palacio mantuvo que Ben Barka apoyaba a Argelia en contra de su país natal, asimilando su postura con una traición. “Ahora bien”, relata su hijo Bachir, “lo que hizo fue condenar la guerra. Estaba en contra de esta guerra, que él calificó de agresión contra la joven Revolución argelina, la cual se había convertido en una referencia para los movimientos de liberación africanos y latinoamericanos. Es cierto que era un apoyo a Argelia y una condena, no de su país, sino del régimen que llevaba a cabo esta agresión para debilitar Argelia”. Hemos de observar que, como militante de la causa del Tercer Mundo, Ben Barka no podía estar más en contra con el hecho de que dos países recientemente independizados, que debían dedicar sus esfuerzos en el desarrollo de sus países y el bienestar de sus pueblos tras largos años de colonización y sujeción a los intereses de una potencia extranjera, malgastaran sus recursos en enfrentarse entre ellos en una guerra a la que se sospechaba, además, Marruecos había sido empujado por los intereses de la ex metrópoli Francia.

    LA TRICONTINENTAL

    Las experiencias del exilio, tanto la primera como la segunda y definitiva, contribuyeron a forjar una extraordinaria imagen exterior del líder marroquí, en particular como líder del Tercer Mundo. Su comprensión de los problemas que acuciaban a los países de África, Asia y Latinoamérica, muchos de ellos estados recién independizados del dominio colonial, y el eco que se hizo como voz autorizada a la hora de hablar de los mismos y de sus soluciones le auparon a ser una de las principales figuras de lo que hoy llamaríamos el “Sur global”.

    A lo largo de ese exilio sin residencia fija (vivió a caballo entre Argel, El Cairo y París), de 1962 a 1965, y partiendo de sus experiencias y charlas con líderes como Nasser, Ho Chi Minh, Nkrumah, Jomo Kenyatta, o Julius Nyerere, su pensamiento se enriquece, hacia una perspectiva más global acerca de la exploración de las características y las múltiples facetas que adquiere el dominio colonial e imperialista (neocolonial) y una convergencia sobre cómo emprender la lucha contra él -la necesidad de unidad de lucha y de compartir experiencias, antes mencionada-. “Su inspiración proviene de Frantz Fanon, así como de “Discurso sobre el colonialismo” de Aimé Césaire, de “Retrato del colonizador” (1957) y “Retrato del colonizado” de Albert Memmi” (Rebellyon.info).

    La capital argelina será un lugar donde encontrará enormes estímulos intelectuales para desarrollar su pensamiento antiimperialista. Al calor de los primeros años de la revolución en el país, comandada por Ahmed Ben Bella, y del estímulo que ésta supone para muchos movimientos de liberación nacional en otras partes del continente e incluso más allá de las propias fronteras africanas, Argel se convierte en una suerte de “melting pot” en la que se dan cita exiliados y líderes guerrilleros y tienen lugar interesantes intercambios de ideas. “La capital de Argelia se había convertido en el centro intelectual de la contestación revolucionaria internacional. Se encontraron allí, en primer lugar, los líderes exiliados de los movimientos de liberación de las colonias portuguesas, después de los problemas en Angola (1961), en Guinea Bissau (1963) y Mozambique (1964). Mestizos y minoritarios, los intelectuales de Cabo Verde, incluyendo a Amílcar Cabral, se hicieron eco de las corrientes libertadoras del continente americano.

    Una de las figuras más poderosas del movimiento negro en Estados Unidos, Malcolm X, estaba alojado en Argel en 1964; Ernesto Che Guevara, antes de contactar con los guerrilleros [lumumbistas] del Congo, también pasa por allí en la primavera de 1965” (ídem).

    El líder disidente marroquí es un auténtico “trotamundos” de la causa “altermundista”. Su presencia en el exilio, lejos de alejarle de la actividad política, le confiere un nuevo papel a su manera de entenderla, alejándola del marco exclusivamente nacional e incluyéndola dentro de un proyecto mucho más amplio, atendiendo a lo que Omar Benjelloun llama el tríptico “movilización, unidad, liberación”: “Ben Barka quiere salir fuera del marco nacionalista y ampliar la batalla de Marruecos mediante su inclusión en una visión universal. Viajando por el mundo como un viajante incansable de la revolución, que pasa de un continente a otro, escapando de varios intentos de asesinato. Un día está en El Cairo para dar un discurso
    defintorio y fustigante del neocolonialismo. Al día siguiente se va a Moscú y luego a Beijing para idear para aliviar la disputa chino-soviética, antes de regresar a Damasco a fin de conciliar al Egipto nasserista y la Siria baazista”.

    Su hijo Bachir comenta algunos aspectos que contribuyeron a la popularidad de Ben Barka. En primer lugar, remontándose a los inicios de la independencia de Marruecos, recuerda el proyecto de integración magrebí que partidos como el Istiqlal -liderado entonces por Ben Barka, el FLN argelino o el Nèo-Destour tunecino expusieron en la Conferencia de Tánger de 1958. Allí se expuso claramente, en ese contexto norteafricano, la necesidad de una solidaridad entre los pueblos desde una postura de respeto a la especificidad, a las circunstancias particulares de cada uno de los países y a la necesidad de que cada uno de ellos explore sus particulares vías de desarrollo. “Cada país tiene que llevar a cabo su propia evolución, pero gracias a la solidaridad entre ellos los pueblos van a poder progresar juntos” Esa postura es la que con posterioridad desarrollará en un contexto global, y que es muy diferente, si comparamos, con las recetas globales de la democracia parlamentaria al modo capitalista-occidental (que no contempla o desprecia otros modos de democracia como la participativa o la comunitaria, desarrolladas en constituciones de América del Sur como las de Ecuador o Bolivia) o con las prescritas por las autoridades financieras mundiales como el FMI o el Banco Mundial, con independencia del contexto económico nacional. “Tenían -prosigue Bachir Ben Barka- una visión magrebí, actuaban en esa perspectiva, eran conscientes del problema del neocolonialismo y estaban en una perspectiva de construcción de un Magreb de los pueblos. Esta perspectiva ya no está a la orden del día. Desde finales de la década de 1960 lo que se impone es el Magreb de los Estados, el Magreb de las policías con una serie de operaciones en las que había mucha más solidaridad policial y de seguridad entre los tres, cuatro o cinco Estados del Magreb que voluntad política de liberación y de progreso”.

    En segundo lugar, dado que el enemigo -el colonialismo, neocolonialismo o imperialismo; múltiples nombres para una forma de dominación de los países ricos y fuertes sobre los pobres y débiles- es común, la unidad de acción debe ejercerse también, y esto debe significar establecer una organización que, al igual que las que representan a los estados ricos (sea la ONU con un consejo de seguridad antidemocrático y con poder de veto, el G7, el GATT -hoy Organización Mundial del Comercio-), permita abrir numerosos frentes comunes que dispersen sus fuerzas y dificulten su estrategia de dominio. “Crear una organización de solidaridad de los tres continentes quiere decir organizar en todas partes luchas para debilitar al adversario principal. Lo que él hizo fue movilizar a la juventud pero, al mismo tiempo, poner en común las potencialidades de cada país para modificar a su favor la relación de fuerzas”. Ése era el objetivo de la OSPAAAL y de la Conferencia Tricontinental.

    No es por tanto casual que la presidencia de la Conferencia Tricontinental, que iba a celebrarse en La Habana en enero de 1966, recayera sobre Ben Barka. Esta conferencia nació a raíz de las reuniones mantenidas en años previos por la Organización de Solidaridad de los Pueblos de Asia y África en Accra, la capital ghanesa, en 1957 (debemos recordar que el presidente Nkrumah fue uno de los principales impulsores del movimiento de los no alineados y del movimiento panafricano, por lo que trató de convertir Ghana en uno de los principales centros del Sur global, de ese otro fiel de la balanza del poder mundial), y El Cairo en 1961, a la que los pueblos y organizaciones de liberación del Caribe y Latinoamérica se sumaron, dando lugar a la ampliación de las siglas de la organización -de OSPAA a OSPAAAL- y a la celebración de la histórica conferencia en la capital cubana. Según escribe Omar Benjelloun, Ben Barka fue uno de los principales impulsores de la ampliación del marco de la OSPAA al continente americano, convenciendo a sus interlocutores africanos y asiáticos -había estado presente en las reuniones de Accra y El Cairo- de ampliar a Latinoamérica su labor de solidaridad, y a raíz de sus conversaciones con “Che” Guevara en Argel, la mediación del guerrillero argentino y ex vicepresidente de la Cuba revolucionaria le hará ocupar la presidencia del encuentro habanero.

    La celebración de la conferencia fue un motivo de orgullo para Mehdi Ben Barka, quien se refirió a ella en los siguientes términos: “Es un acontecimiento histórico la reunión de organizaciones antiimperialistas de África, Asia y América Latina, por su composición y por estar representadas las dos grandes corrientes contemporáneas de la Revolución Mundial: la revolución socialista y la revolución de liberación nacional. Lo hace histórico también su celebración en Cuba, donde tienen lugar ambas revoluciones” (cita Reinaldo Morales Campos), lo que hizo que, por insistencia de Ben Barka, la intervención inaugural y final de la misma fueran realizadas por Fidel Castro. Sin embargo, en el momento de celebrarse, su presidente ya había sido secuestrado en París y asesinado. Este hecho produjo la más absoluta condena por parte de la organización de la Tricontinental -entre ellos el líder cubano Osmany Cienfuegos, hermano del revolucionario Camilo Cienfuegos, quien realizó un alegato contra la intervención de la CIA en los hechos- y los miembros de la OSPAAAL.

    Aunque la Conferencia Tricontinental no volvió a celebrarse, la OSPAAAL y la revista Tricontinental, fundada a raíz de su celebración, sigue presente como movimiento de promoción de la solidaridad, el desarrollo autónomo de los países del Sur, la paz y los derechos humanos, teniendo en la actualidad su secretariado permanente en Cuba y perteneciendo a ella doce países y con participantes de diversas partes del globo. La OSPAAAL es desde 1998 una organización con estatus consultivo especial del Consejo Económico y Social de Naciones Unidas o ECOSOC . La organización impone a personalidades relevantes -entre otros, por ejemplo, Nelson Mandela- que han destacado por la promoción de la solidaridad entre los pueblos la medalla de la Orden de Ben Barka, lo que demuestra que el legado en pro de la liberación de los pueblos del Tercer Mundo del líder marroquí sigue vigente.

    UN CRIMEN SIN RESOLVER

    El 29 de octubre de 1965 Ben Barka se había citado con el cineasta francés Georges Franju en la Brasserie Lipp de París. Allí llegó acompañado del estudiante marroquí Thami Azemmuri, a eso de las doce y cuarto del mediodía.

    La cita entre ambos formaba parte de una colaboración que el líder opositor marroquí iba a hacer con el realizador para el film anticolonialista “Basta!”, con guión de Marguerite Duras, en el que Ben Barka sería asesor histórico. Sin embargo, al parecer tanto Ben Barka como Duras y Franju fueron engañados por George Figon, supuesto productor de la película, que en realidad no existía, siendo en realidad un cebo para poder dar caza al líder del Tercer Mundo.

    La llegada de Ben Barka a París había sido vigilada por los servicios secretos del gobierno del general De Gaulle, de tal suerte que Antoine Lopez, jefe de escala de Air France en el aeropuerto de Orly y colaborador habitual del SDECE (Servicio de Documentación Exterior y Contraespionaje) informó a su superior Marcel Le Roy Finville para la preparación del operativo en cuanto Ben Barka pisó suelo francés.

    A la puerta de la brasserie, dos policías franceses, Louis Souchon y Roger Voitot, de la brigada de estupefacientes, se encargaron de interceptar a Ben Barka e introducirlo en un Peugeot 403, mientras individuos marroquíes espantaron a Azemmuri, quien corrió a avisar al hermano del infortunado opositor, anunciándole el suceso. Ese fue el último momento en que se vio con vida a Mehdi Ben Barka. Poco después Azzemuri también moriría, supuestamente suicidándose.

    Ben Barka subió al automóvil sin oponer resistencia debido a que Souchon y Voitot le habían comunicado que una autoridad francesa deseaba verle, por lo que pensó que éste debía ser De Gaulle, quien había mostrado interés en verle y seguía una política de cierta independencia respecto de Washington, lo que podía evidenciar un cierto acercamiento entre el presidente francés y los líderes nacionalistas del Tercer Mundo. Sin embargo, con lo que se encontró fue con la muerte tras una larga sesión de torturas en una casa de Fontenay-le-Vicomte, en la región de Ille-de-France (la misma donde se ubica París). La residencia pertenecía a Georges Boucheseiche, antiguo colaborador de la Gestapo convenientemente reconvertido en colaborador de las cloacas de la Francia democrática.

    ¿Quiénes fueron los torturadores y qué pretendían? Sobre este asunto hay mucha especulación y la investigación judicial en Francia, que con más de cincuenta años es el proceso que más tiempo lleva abierto en el Tribunal Supremo de París, no avanza como para poder determinar a ciencia cierta quiénes son sospechosos. Se alude a la existencia de un equipo formado por hombres de confianza de Boucheseiche a los que se unió posteriormente George Figon, lo que determinaría la complicidad de los servicios secretos franceses, así como a la de los agentes marroquíes que ya antes se habían encargado de “espantar” a Thami Azzemuri y todo ello además con el conocimiento -y en algunos casos la presencia- de los máximos directores de la seguridad del reino alauí: Ahmed Dlimi, responsable de la seguridad nacional; el agente Chtouki y el ministro del Interior magrebí Mohammed Oufkir, quien llegó con posterioridad a la casa y finalmente asesinó a Ben Barka de una puñalada en el pecho. George Figon, que posteriormente se convertiría en un prófugo de la justicia, hizo unas declaraciones al periódico Le Monde en enero de 1966 –tituladas de forma sensacionalista “Yo he visto matar a Ben Barka”, aunque no es cierto que estuviera presente en el momento del asesinato- en las que incriminaba a Dlimi y Oufkir en la tortura y muerte del líder, aunque es posible que se trate de una treta con la que tratar de librar de la prisión a los franceses implicados, entre ellos los hombres de Boucheseiche.

    Se especula con que la intención de quienes acabaron con la vida de Ben Barka no fue la de acabar con su vida, sino la de forzarle a firmar un poder en su favor para poder sacar los archivos que tenía depositados en un banco de Ginebra. También con que tan sólo se le quería amenazar para que cesara en su actividad de denuncia contra el régimen de Hassan II. Sin embargo, el asesinato también tenía para Marruecos y para las potencias coloniales y neocoloniales las ventajas de privar de un extraordinario portavoz a la causa de la democracia y el progreso en el país magrebí y a la causa de los pueblos sometidos a dominio extranjero, apenas unos meses antes de la celebración de la Conferencia Tricontinental.

    ¿Qué ocurrió con el cadáver? Dado que el cuerpo del líder africano no ha aparecido, el destino del mismo sigue siendo un misterio a día de hoy, surgiendo varias hipótesis al respecto. La más repetida es la apuntada por el antiguo agente de los servicios de seguridad marroquíes Ahmed Bujari, participante en el operativo de tortura y posterior asesinato, que expone que el cadáver fue trasladado a Marruecos, al centro de detención de la policía en Rabat, y sumergido en una cuba de ácido para que se disolviera sin dejar rastro. Bujari apunta que la operación fue filmada para que el propio monarca marroquí Hassan II tuviera constancia de la desaparición de Ben Barka.

    Otra hipótesis apunta a que su cuerpo fue enterrado en Francia, en un sarcófago de cemento, en un lugar próximo al sitio donde tuvo lugar el asesinato, excepto la cabeza, que fue llevada al rey de Marruecos como prueba del cumplimiento de la misión.

    Durante un tiempo se especuló con la posibilidad de que el cadáver de Ben Barka hubiera sido enterrado -arrojado más bien- en el interior de un mausoleo del cementerio de Ituren, una pequeña localidad del Pirineo navarro, y descubierto junto al cadáver de su secretaria cuando iba a ser enterrada una anciana del lugar, en septiembre de 1966. Sin embargo, estos hechos -que dieron pie a portadas de la prensa de sucesos española como “El Caso” y a espacios en programas televisivos actualmente como “Cuarto Milenio”- no parecen obedecer a la realidad, dado que en ningún caso se habló de que Ben Barka estuviera acompañado por una mujer cuando fue conducido al chalé de Fontenay-le-Vicomte ni existe referencia a secretaria alguna.

    ¿Hubo responsabilidad de los gobiernos de Francia y de otros estados? Las relaciones de alianza estratégica de Francia y Estados Unidos con la monarquía marroquí hacen muy plausibles la hipótesis de que existe una corresponsabilidad de ambos estados con Marruecos en el asesinato. Sobre los Estados Unidos, Ahmed Bujari afirma que la Agencia Central de Inteligencia (CIA) dio su apoyo al asesinato y que en el transcurso de la operación de desaparición del cadáver hubo un norteamericano, un oficial llamado coronel Martin, realizando labores de supervisión, añadiendo que Martin había aprendido ese método de hacer desaparecer cuerpos durante el golpe de estado de 1953 en Irán que depuso al primer ministro nacionalista Muhammad Mossadegh. Los norteamericanos podrían tener interés en hacer desaparecer al “alma” de la Tricontinental y asestar un golpe cuasi mortal a una conferencia y una organización como la OSPAAAL que tan duramente se oponía a los intereses de las grandes potencias. En la actualidad, la CIA posee 1800 documentos relativos a Ben Barka, pero aún no han sido desclasificados.

    Por parte francesa, De Gaulle negó en su día la implicación de los servicios secretos en su conjunto, bien llevándola a cabo o bien como encubridores. No obstante, aunque las altas instancias de la República no dieran su visto bueno a la operación y los servicios secretos actuaran de forma autónoma, los sucesivos gobiernos franceses, tanto socialistas como conservadores, han contribuido a tapar las responsabilidades de los agentes galos en la operación, de tal suerte que una de las quejas de la familia consiste en la escasa colaboración que las autoridades francesas tienen con la justicia para el esclarecimiento de los hechos, no sólo en lo que respecta a este extremo, sino incluso para dar curso a Interpol de las órdenes de detención de marroquíes implicados en la operación. “La razón de Estado se mofa de nuestro derecho a la verdad”, declara su hijo Bachir.

    EPÍLOGO

    Tras la muerte de Ben Barka, la historia fue repitiéndose sucesivamente en diversas partes del globo. La revolución argelina terminó por descarrilar; tenía lugar el golpe de estado contra Sukarno en Indonesia y el comienzo de una terrible matanza, apoyadas ambas por Estados Unidos, de Ahmed Suharto; el Che moría abatido por el ejército boliviano; ascendía al poder el hombre de la CIA en Congo-Léopoldville y artífice del golpe contra Lumumba, Joseph Mobutu; la lista iría poco a poco ampliándose con más nombres, como los de Amílcar Cabral, Eduardo Mondlane, Salvador Allende… El universo tricontinental apareció cada vez más dominado por los intereses de las antiguas potencias coloniales y las nuevas potencias neocoloniales y la lógica de la “guerra fría”, por lo que la necesidad de unión y fuerza que Ben Barka propugnaba fue vencida por la fuerza de una realidad más contundente. La herida dejada por el crimen cometido en la persona del líder marroquí fue demasiado grande para sanar.

    En el caso de Marruecos, no sólo fue grave el hecho de la consolidación de las estructuras de poder tradicionales que tantas veces habían sido denunciadas por Ben Barka como medievales y causantes del retardo, las desigualdades y la falta de democracia en las que estaba sumido el país. También resulta de igual gravedad el hecho de que las fuerzas de izquierda, causa por la que él tanto había luchado dentro y fuera de las fronteras del Magreb, acabaran formando parte del mismo entramado de poder. Primero el Istiqlal, como el mismo denunció en vida, y más adelante la Unión Socialista de Fuerzas Populares, reclamada como heredera de la UNFP que fundó, son hoy parte del sistema político de la “apertura cerrada” cuyo epicentro, hoy como ayer, sigue siendo el palacio real.

    Ben Barka sigue, de todos modos, presente en el recuerdo de la OSPAAAL que impulsó y en el espíritu de quienes aún hoy desean una transformación mucho más profunda de Marruecos que aquella que incluso Mohammed VI, a pesar de las esperanzas depositadas en él al principio de su reinado, y su corte están dispuestos a aceptar. La reclamación de justicia -y su sucesiva obstaculización- en este y en otros casos demuestra lo escaso que es el impulso que la monarquía quiere dar al cambio en el país. La movilización e inquietud de los jóvenes, demostrada recientemente al calor de la “primavera árabe” puede suponer un cambio en la correlación de fuerzas, aunque todo dependerá de si el rey y su gobierno pueden seguir contando con la represión y el apoyo exterior para seguir sosteniéndose.

    FUENTES:

    Mehdi Ben Barka

    Asunto Ben Barka

    Años de plomo (Marruecos)”

    El caso Ben Barka: 51 años después de los hechos todavía se teme a la verdad”, 29/10/2016, Entrevista de Alex Anfruns a Bachir Ben Barka.

    A los 45 años del asesinato de Ben Barka. Su imagen y pensamiento tricontinental.” Reinaldo Morales Campos. 09/02/2011.

    “Ben Barka, un mort à la vie longue”. Omar Benjelloun. Le Monde Diplomatique. Octubre 2015.

    “Mehdi Ben Barka et la Tricontinentale”. René Gallissot. Le Monde Diplomatique. Octubre 2005.

    Caso Ben Barka”. Blog “Entretanto, Entretente”. 23/01/2010

    La defensa de la impunidad. Crímenes de Estado y derechos humanos en Marruecos” Abderrahim Berrada y Manuel Lorenzo Villar, Nación Árabe, Nº 45, Año XV, Verano 2001.

    Mehdi Ben Barka assassiné le 29 octobre 1965 avec l’aide du gouvernement français”, Rebellyon.info, 29/10/2016,

    Fuente : Historias de la otra historia

    Tags : Marruecos, Mehdi Ben Barka, Sahara occidental, Mossad, Israel,

  • EEUU sale del Consejo de Derechos Humanos de la ONU en defensa de Israel

    Estados Unidos califica el organismo onusino de « hipócrita y egoísta »

    Ya en 2006, Bush había expresado su desacuerdo con el Consejo de Derechos Humanos de la ONU y empezó a boycotearlo. En 2009, Obama hizo que Washington volviera al Consejo. Ahora, el gabinete de Trump decidió salid de un organismo al que los yankies califican de « hipócrita y egoísta » a causa de sus continuos ataques contra Israel.

    « Damos este paso porque nuestro compromiso no nos permite seguir siendo parte de una organización hipócrita y egoísta que se burla de derechos humanos », dijo la embajadora estadounidense ante la ONU, Nikki Haley.

    « Quiero dejar muy claro que al dar este paso no nos estamos retirando de nuestros compromisos con los derechos humanos », agregó.

    Al justificar su decisión, Haley agregó que el órgano padece de una crónica parcialización contra Israel.

    El secretario general de la ONU, António Guterres, dijo en un comunicado que « habría preferido » que Estados Unidos permaneciera en el Consejo.

    Para el jordano Zeid Ra’ad Al Hussein, alto comisario de la ONU para los DDHH, se trata de una « noticia decepcionante y realmente sorprendente ».

    Lamentando esta decisión, el presidente del Consejo de Derechos Humanos de la ONU, Vojislav Suc, recordó en un comunicado que 47 países miembros del organismo están implicados de una manera constructiva. « En momentos en que el valor y la fortaleza del multilateralismo y de los derechos humanos son cuestionados a diario, es esencial que mantengamos un Consejo fuerte y vibrante », dijo.

    La noticia fue anunciada por la embajadora Haley en una conferencia de prensa junto al secretario de Estado, Mike Pompeo, en la que la diplomática estadounidense calificó el organismo como un « pozo negro de parcialidad política ».

    La decisión americana destapa la flagrante parcialidad de las potencias a la hora de defender a sus aliados ideológicos. Un incidente que no puede sino favorecer la cuestión saharaui ya que Estados Unidos sigue los pasos de Francia que defiende con puños y dientes a su aliado Marruecos en el conflicto del Sáhara Occidental.

    La postura de París llevó algunos obervadores a señalar que el contencioso del Sáhara Occidental se ha « israelizado » dados los puntos de semejanza en los apoyos de Francia y EEUU a una de las partes beligerantes.

    Tags : Sahara Occidental, Marruecos, Estados Unidos, Francia, ONU, Israël, Palestine, Consejo de la Derechos Humanos de la ONU, Donald Trump,

  • Des commandos du Mossad en Tunisie

    Alors que l’Algérie traverse toujours une période de forte turbulence, et que la Libye est plongée dans une guerre sans fin, un reportage de la chaîne 12 d’Israël évoque le déplacement de 2.000 touristes israéliens en Tunisie pour visiter la synagogue de la Ghriba située dans l’île de Djerba dans le golfe de Gabès. Des manifestations ont eu lieu évidemment à travers toute la Tunisie contre cette » infiltration » qui a l’air d’une tentative de normalisation avec le régime sioniste lequel a déjà frappé à coup de drone des cibles en territoire tunisien.

    D’après ce reportage de la télé israélienne, le voyage « d’un si grand nombre d’Israéliens en Tunisie est sans précédent depuis 2011 ». Le régime israélien a par ailleurs humilié l’État tunisien en organisant une visite de ces soi-disant touristes au nombre desquels figureraient « bon nombre d’agents du Mossad » à la maison du martyr Khalil al-Wazir, alias Abou Jihad. l’un des fondateurs du Fatah, membre de son comité central, numéro deux de l’OLP et chef de son aile militaire, il a abattu par un commando israélien en plein territoire tunisien et ce, en violation à la souveraineté de l’État tunisien. Sa mort provoque un grand émoi dans les territoires palestiniens occupés. Des drapeaux palestiniens surgissent partout en Cisjordanie et à Gaza. Le 16 avril sera également la journée la plus sanglante de la première Intifada. Ses funérailles sont organisées le 20 avril dans le camp du Yarmouk à Damas en présence de centaines de milliers de Palestiniens.

    En organisant une telle visite, le ministre tunisien du Tourisme, René Trabelsi, vient de marquer un point et fait avancer le projet de l’entrée d’Israël dans la zone géostratégique ultra sensible de l’Afrique du Nord. Après le Maroc, la Tunisie vient donc de tomber dans le piège. Mais il s’agit d’un plan bien concerté visant à encercler l’Algérie, qui elle reste le seul État nord africain à défendre la cause palestinienne.

    Le voyage des Israéliens en Tunisie sous prétexte du pèlerinage de la synagogue de la Ghriba pourrait s’ajouter aux déplacements des agents israéliens en Algérie, agents ayant un passeport marocain.

    Le président du mouvement du peuple de Tunisie, Zouheir Maghzaoui, a accusé le gouvernement tunisien « d’avoir normalisé avec l’entité sioniste » après l’entrée de rabbins israéliens avec des passeports d’Israël dans la synagogue de la Ghriba. Pire, ces mêmes rabbins auraient scandé, à bord d’un bus, « vive Israël ! »

    La chaîne Al-Mayadeen, des commandos sionistes notamment l’ex-chef du Mossad Nahum Admoni (1982-1989), étant à l’origine de l’assassinant d’Abou Jihad aurait figuré au nombre des touristes. René Trabelsi a été nommé en 2018 ministre du Tourisme. Il est juif et sa nomination a provoqué la joie des médias et des dirigeants israéliens.

    Source : PressTV

    Tags : Tunisie, Mossad, Algérie, Israël,

  • Wikileaks : Taïeb Fassi Fihri, et Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine.

    A en croire Samuel L. Kaplan, Taïeb Fassi Fihri, et Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine.

    Les contenus des câbles concernent toutes les notes ou « mémos » transcrits par les différents diplomates dans les ambassades américaines à travers le monde. Cela comprend évidemment le Maroc. Petite lecture.

    Dans un câble classé confidentiel, l’ambassadeur américain Samuel L. Kaplan relate sa pr

    A en croire Samuel L. Kaplan, Taïeb Fassi Fihri, et Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine.

    Les contenus des câbles concernent toutes les notes ou « mémos » transcrits par les différents diplomates dans les ambassades américaines à travers le monde. Cela comprend évidemment le Maroc. Petite lecture.

    Dans un câble classé confidentiel, l’ambassadeur américain Samuel L. Kaplan relate sa première rencontre avec la nouvelle mairesse de Marrakech, Fatima Zahra Mansouri.

    Ayant eu lieu le 27 janvier 2010, et en présence du consul général américain à Casablanca, Mansouri a profité de cette rencontre pour présenter ses projets pour la ville de Marrakech, mais aussi assurer les diplomates transatlantiques de son admiration pour l’Amérique. Mansouri a même déclaré « quand je suis submergée de problèmes à l’intérieur de la mairie, j’ai des envies de retour à New York ».

    Se plaignant des disparités sociales à Marrakech, Mansouri déplore le fait que 28.000 familles vivent « sans eau ni électricité » à proximité des centres d’hôtellerie et de restauration.

    Concernant son parti, le PAM, Mansouri le considère comme un « parti moderne» et «focalisé sur les problématiques de développement avec une vision libérale de l’économie». Pro-US quoi!

    Le ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri, et le patron de la DGED Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine, à en croire Samuel L. Kaplan.

    Dans un câble classé confidentiel et datant du premier février 2010, une équipe de sénateurs américains a rencontré les deux artisans de la diplomatie marocaine à Rabat, le 5 janvier 2010.

    Durant la rencontre, Mansouri a par ailleurs déclaré qu’il y avait « deux sortes d’idéologies extrémistes » : une première qu’il qualifie de « dépravée », et qui concerne la doctrine « takfirie », et la deuxième étant « l’idéologie du martyr », en rapport avec l’apologie des attaques suicides. Très instructif.

    Mustapha Ramid, le député du PJD, a déclaré tout le désamour qu’il portait au PAM (Parti authenticité et modernité) lors d’une rencontre avec un diplomate américain, le 10 décembre 2009.

    Pour le dirigeant islamiste, le PAM a été créé pour mettre fin à sa propre formation politique. Pour lui, la création du PAM est un « retour en arrière » dans le processus de démocratisation au Maroc. Ramid se dit aussi pro-monarchique, mais affirme que le roi ne doit pas être la source de toutes les réformes politiques. Ramid a aussi appelé à de profondes réformes démocratiques… 14 mois avant le 20 février.

    Robert P. Jackson, chargé d’affaires au sein du consulat américain à Casablanca, a écrit un rapport sur les élections communales, qui ont eu lieu en juin 2009. Pour le diplomate Américain, « malgré la relative transparence des élections […], elles pourraient représenter un pas en arrière pour la démocratie marocaine ». Jackson ajoute que « le fait que le mode de scrutin soit indirect favorise l’achat de voix et les pressions politiques ». « Le PAM de Fouad Ali El Himma aurait (d’ailleurs) utilisé des moyens de pression extra-politiques, notamment en invoquant le nom du roi pour faire pression sur les autres partis afin qu’ils s’y associent ».
    Les pressions de Kadhafi

    Souvenez-vous, un certain 27 juin 2007, un tribunal de Casablanca a condamné trois journaux marocains : Al Ahdath Al Maghribiya, Al Massae, et Al Jarida Al Oula; à de lourdes amendes pour avoir « publiquement nuit » au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, et d’avoir « atteint à sa dignité ». Cette affaire n’a pas pas échappé à l’ambassade américaine, qui prétend, dans un « mémo » daté du 9 juillet 2009, que le gouvernement libyen « aurait exercé des pressions sur la justice marocaine».

    Deux diplomates israéliens sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc ».

    Citant une source travaillant au sein du ministère des Affaires étrangères, la diplomatie américaine affirme « que le gouvernement libyen a exercé d’importantes pressions sur le gouvernement marocain», et ajoute un peu plus loin que « lorsque le ministère des Affaires étrangères a déclaré aux Libyens que les journalistes sont libres d’écrire ce qu’ils voulent, les Libyens ont répondu qu’aucune presse arabe n’est libre de tout contrôle, et ont considéré cela comme une indication que le gouvernement marocain approuve ce qui se dit dans les journaux ». Décidément, il était temps que Kadhafi quitte le pouvoir.

    Israël drague le Maroc

    Lors d’une conférence de lutte contre la prolifération nucléaire, ayant eu lieu du 3 au 5 juin à Rabat, diplomates Israéliens et marocains ont saisi l’occasion pour renouer leurs relations diplomatiques. Deux diplomates israéliens, Eynat Shlein-Michael et Israël Tikochinsky sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc, qui s’étaient interrompus à la suite de l’attaque israélienne de Gaza ». Les Israéliens ont exhorté les Marocains à mieux soutenir Mahmoud Abbas. Pour les représentants de l’État hébreux, soutenir Abbas par des déplacements d’officiels marocains à Ramallah reviendrait à améliorer l’image du dirigeant de l’OLP. Par ailleurs, les diplomates Israéliens ont demandé aux Marocains de faciliter l’accès aux touristes Israéliens qui visitent le Maroc, en les dispensant de visas, arguant que le chiffre de « 60 000 touristes israéliens annuels pourrait être beaucoup plus important ».

    Ayant eu lieu le 27 janvier 2010, et en présence du consul général américain à Casablanca, Mansouri a profité de cette rencontre pour présenter ses projets pour la ville de Marrakech, mais aussi assurer les diplomates transatlantiques de son admiration pour l’Amérique. Mansouri a même déclaré « quand je suis submergée de problèmes à l’intérieur de la mairie, j’ai des envies de retour à New York ».

    Se plaignant des disparités sociales à Marrakech, Mansouri déplore le fait que 28.000 familles vivent « sans eau ni électricité » à proximité des centres d’hôtellerie et de restauration.

    Concernant son parti, le PAM, Mansouri le considère comme un « parti moderne» et «focalisé sur les problématiques de développement avec une vision libérale de l’économie». Pro-US quoi!

    Le ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri, et le patron de la DGED Mohammed Yassine Mansouri sont «les véritables co-architectes de la politiques étrangère » marocaine, à en croire Samuel L. Kaplan.

    Dans un câble classé confidentiel et datant du premier février 2010, une équipe de sénateurs américains a rencontré les deux artisans de la diplomatie marocaine à Rabat, le 5 janvier 2010.

    Durant la rencontre, Mansouri a par ailleurs déclaré qu’il y avait « deux sortes d’idéologies extrémistes » : une première qu’il qualifie de « dépravée », et qui concerne la doctrine « takfirie », et la deuxième étant « l’idéologie du martyr », en rapport avec l’apologie des attaques suicides. Très instructif.

    Mustapha Ramid, le député du PJD, a déclaré tout le désamour qu’il portait au PAM (Parti authenticité et modernité) lors d’une rencontre avec un diplomate américain, le 10 décembre 2009.

    Pour le dirigeant islamiste, le PAM a été créé pour mettre fin à sa propre formation politique. Pour lui, la création du PAM est un « retour en arrière » dans le processus de démocratisation au Maroc. Ramid se dit aussi pro-monarchique, mais affirme que le roi ne doit pas être la source de toutes les réformes politiques. Ramid a aussi appelé à de profondes réformes démocratiques… 14 mois avant le 20 février.

    Robert P. Jackson, chargé d’affaires au sein du consulat américain à Casablanca, a écrit un rapport sur les élections communales, qui ont eu lieu en juin 2009. Pour le diplomate Américain, « malgré la relative transparence des élections […], elles pourraient représenter un pas en arrière pour la démocratie marocaine ». Jackson ajoute que « le fait que le mode de scrutin soit indirect favorise l’achat de voix et les pressions politiques ». « Le PAM de Fouad Ali El Himma aurait (d’ailleurs) utilisé des moyens de pression extra-politiques, notamment en invoquant le nom du roi pour faire pression sur les autres partis afin qu’ils s’y associent ».
    Les pressions de Kadhafi

    Souvenez-vous, un certain 27 juin 2007, un tribunal de Casablanca a condamné trois journaux marocains : Al Ahdath Al Maghribiya, Al Massae, et Al Jarida Al Oula; à de lourdes amendes pour avoir « publiquement nuit » au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, et d’avoir « atteint à sa dignité ». Cette affaire n’a pas pas échappé à l’ambassade américaine, qui prétend, dans un « mémo » daté du 9 juillet 2009, que le gouvernement libyen « aurait exercé des pressions sur la justice marocaine».

    Deux diplomates israéliens sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc ».

    Citant une source travaillant au sein du ministère des Affaires étrangères, la diplomatie américaine affirme « que le gouvernement libyen a exercé d’importantes pressions sur le gouvernement marocain», et ajoute un peu plus loin que « lorsque le ministère des Affaires étrangères a déclaré aux Libyens que les journalistes sont libres d’écrire ce qu’ils voulent, les Libyens ont répondu qu’aucune presse arabe n’est libre de tout contrôle, et ont considéré cela comme une indication que le gouvernement marocain approuve ce qui se dit dans les journaux ». Décidément, il était temps que Kadhafi quitte le pouvoir.

    Israël drague le Maroc

    Lors d’une conférence de lutte contre la prolifération nucléaire, ayant eu lieu du 3 au 5 juin à Rabat, diplomates Israéliens et marocains ont saisi l’occasion pour renouer leurs relations diplomatiques. Deux diplomates israéliens, Eynat Shlein-Michael et Israël Tikochinsky sont venus à la conférence non pas pour des « raisons professionnelles », mais pour « renouer les relations avec le Maroc, qui s’étaient interrompus à la suite de l’attaque israélienne de Gaza ». Les Israéliens ont exhorté les Marocains à mieux soutenir Mahmoud Abbas. Pour les représentants de l’État hébreux, soutenir Abbas par des déplacements d’officiels marocains à Ramallah reviendrait à améliorer l’image du dirigeant de l’OLP. Par ailleurs, les diplomates Israéliens ont demandé aux Marocains de faciliter l’accès aux touristes Israéliens qui visitent le Maroc, en les dispensant de visas, arguant que le chiffre de « 60 000 touristes israéliens annuels pourrait être beaucoup plus important ».

    Tags : Wikileaks, Maroc, Etats-Unis, Israël, Mansouri, DGED, Taïeb Fassi Fihri,

  • Estaría Mohamed VI a punto de traicionar a los palestinos?

    El yerno y consejero de Donald Trump, Jared Kushner, fue recibido en Rabat por el rey de Marruecos, Mohamed VI, para pedir su apoyo como presidente del Comité Al-Qods (Comité de la Mosquée de Jerusalén) a su plan de paz para Oriente Medio.

    Según El Watan que cita observadores, Mohamed VI « debería apoyar la iniciativa estadounidense y abandonar a los palestinos ». « A cambio, añade, dicen, el rey de Marruecos podría pedir ayuda a Washington en el conflicto del Sahara Occidental. Aseguran que Mohammed VI no dudará en hacer una venta concomitante ».

    « La hipótesis es muy probable sobre todo sabiendo que Estados Unidos se ha convertido, con los años, en un actor crucial en las discusiones sobre el futuro del Sahara Occidental. Un actor que además apoya el derecho del pueblo saharaui a la autodeterminación. Y del Sahara Occidental se habló con certeza ya que, según un portavoz del palacio real marroquí, las discusiones entre Mohammed VI y Jared Kushner se centraron en el « fortalecimiento de la asociación estratégica entre los Estados Unidos y Marruecos y de los desarrollos en la región del norte de África y Oriente Medio », señala el diario argelino.

    « Los mismos observadores notan que Mohammed VI está más cerca de los israelíes que de los palestinos. Recuerdan que en la época del rey Hassan II, Tel Aviv también ha asesorado a Marruecos en la gestión del conflicto del Sahara Occidental. No es una coincidencia que los especialistas mencionen similitudes entre los conflictos saharaui y palestino-israelí. Yahia Zoubir, director de investigación geopolítica en el Kedge Business School, cree que el conflicto en el Sáhara Occidental ha sido « israelizado » para imponer una ocupación de facto », agregó.

    « La israelización del conflicto del Sáhara Occidental consiste en adquirir territorios, colonizar asentamientos y garantizar que este tipo de ocupación sea aprobada por la comunidad internacional », declaró en un coloquio organizado el lunes ren Amiens, Francia, bajo el título de « Sahara Occidental: noticias de una vieja cuestión ». Se trata del mismo procedimiento utilizado por los israelíes desde 1967 para acapararse de las tierras palestinas », subraya la misma fuente.

    Según El Watan, « es probable que Marruecos sea el único país de la Liga Árabe que apoye el plan de paz de Jared Kushner, que fue rechazado recientemente por el rey Salman de Arabia Saudita. Los palestinos han estado boicoteando a la administración estadounidense desde diciembre de 2017, desde que el presidente Donald Trump rompió con décadas de consenso al reconocer a Al Quds como la capital de Israel ».

    « Consideran que la parte oriental de la ciudad es la capital del estado al que aspiran y han rechazado de antemano el plan de paz americano al considerar la administración de Trump pro-Israelí. La otra razón de la negativa de los palestinos es que Jared Kushner, a quien su suegro le encargó llegar al « acuerdo final » entre israelíes y palestinos, se niega a hablar de la llamada « solución de dos estados », que se encuentra en el corazón de la diplomacia internacional desde hace años. Los palestinos sospechan de él de querer matar su sueño de tener algún día su propio estado », concluye.

    Tags : Marruecos, Sahara Occidental, Estados Unidos, EEUU, Jared Kushner, Donald Trump, palestine,

  • Le général américain Wesley Clark : » Daesh est une création israélienne »

    Le général Wesley Clark, ancien commandant des forces armées de l’OTAN, a déclaré à la chaîne de télévision américaine CNN que l’Émirat islamique (Daech) avait été « créé par nos amis et nos alliés pour vaincre le Hezbollah».

    Dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN, le général Wesley Clark a déclaré que « l’Etat islamique (l’organisation takfiriste Daech) a été crée grâce au financement de nos amis et de nos alliés … dans le but de se battre jusqu’à la mort contre le Hezbollah ».

    Selon les aveux du général US, la création de Daech par l’Occident n’a eu pour seul but que d’assurer la sécurité de l’Etat hébreu face au Hezbollah.

    Homme politique et ancien général des Forces armées des Etats-Unis, Wesley Clark est bien informé des secrets du Pentagone. D’après lui, les allégations selon lesquelles l’Iran, la Syrie et le Hezbollah seraient la principale menace à la sécurité d’« Israël » n’est qu’une escroquerie créée de toute pièce par l’Etat sioniste.

    Le général Clark est connu pour avoir dénoncé à plusieurs reprises les agissements du gouvernement américain. Notamment le 2 mars 2007, où il explique dans une interview comment l’administration américaine fomentait déjà le projet machiavélique de prendre le contrôle de 7 pays en 5 ans, l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran. Cette information n’a jamais filtrée dans les médias. Des années plus tard, ses accusations prennent tout leur sens.

    L’ancien commandant des forces militaires de l’Otan a une idée très précise du rôle des Etats-Unis : « L’Armée (américaine) servirait à déclencher des guerres et faire tomber des gouvernements, et non pas à empêcher des conflits ».

    Le 3 octobre 2007, lors d’une allocution au Commonwealth Club de Californie (San Francisco), Clark a osé remettre en question l’attentat du 11 septembre en déclarant ce jour-là, que le 11 septembre était 2001 « un coup d’Etat politique ».

    Depuis 2001, le général Clark est le porte-parole d’un groupe d’officiers supérieurs opposés à l’influence israélienne sur la politique extérieure des États-Unis, à ses développements impérialistes agressifs et au remodelage du « Moyen-Orient élargi », version relookée du Grand Moyen-Orient (GMO). Il s’était opposé au déploiement de troupes en Irak, et aux guerres contre la Libye et contre la Syrie.

    En septembre 2014, l’ancien président cubain, Fidel Castro, a critiqué le soutien des Etats-Unis à « Israël », accusant le sénateur américain John McCain, en tant qu’allié le plus inconditionnel d’Israël, d’avoir participé à la création de Daech (EI) qui sème la terreur dans une partie considérable et vitale de l’Irak et dans un tiers de la Syrie.

    La rédaction de Canalfrance.info

    Source : Afrique-Asie, 27 mai 2019

    Tags : Daech, Daesh, ISIS, EI, Etat Islamique, Israël,