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  • Maroc : Eléments de langage pour le Comite Juif Américain (AJC)

    -Se féliciter du soutien régulier de l’AJC à notre Cause Nationale exprimé par le biais de lettres adressées aux membres du Congrès américain ;

    -Souligner le climat de liberté et de quiétude qui règne au Maroc entre les disciples des religions monothéistes et le respect et la protection accordés à la liberté du culte par Sa Majesté le Roi, Commandeur des Croyants et Garant des libertés publiques.

    -Mettre en avant l’aspect avant-gardiste de la nouvelle Constitution marocaine qui consacre le principe de la diversité culturelle et reconnaît la composante hébraïque comme partie intégrale de l’identité culturelle marocaine ;

    -Souligner la participation active et régulière du Maroc à la Conférence des Nations Unies sur le dialogue interreligieux, initiée par le Roi Abdallah Ibn Abdelaziz d’Arabie Saoudite. Cette participation a permis de réitérer l’attachement du Maroc aux valeurs de tolérance et du dialogue entre les religions et les cultures dans un contexte international marqué par la mondialisation et les dangers de l’extrémisme qui se manifestent par la violence et le rejet de l’Autre ;

    -Rappeler que le Maroc fait également partie du Groupe d’Amis de l’alliance des civilisations, et s’investi de manière volontariste pour la réussite du dialogue entre les civilisations, seule alternative possible face aux incompréhensions occasionnées par ceux qui prônent des approches de confrontation entre les religions et les cultures ;

    -Souligner l’harmonisation par le Maroc de sa législation nationale avec les instruments internationaux en matière de promotion de la culture de tolérance et de coexistence et la lutte contre la discrimination raciale.

    Maroc Leaks, 6 fév 2020

    Tags : Maroc, AJC, American Jewish Commitee, Comité Juif Américain, juifs, lobby juif, lobby sioniste, Sahara Occidental,

  • Le Maroc et le Mossad (4 épisodes du Journal Hebdo)

    Le Maroc et le Mossad 

    Dès le début des années 60, le Maroc et les services secrets israéliens ont tissé des liens. Ils débutèrent avec la question de l’exode des juifs marocains vers Israël pour s’étendre à une coopération plus étroite.

    L´histoire des relations entre l’un des services secrets les plus emblématiques du monde, le Mossad israélien, et le royaume chérifien remonte aux premières années de l’indépendance du Maroc. A l’époque, Israël, polygone territorial façonné par les grandes puissances au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, recherche à tout prix des moyens de survivance dans un environnement arabe en ébullition et forcément hostile. L’Etat hébreu est conscient que son avenir dépend avant tout de sa démographie et de sa capacité à entretenir des relations stratégiques avec nombre de jeunes nations encore non-alignées. Le Maroc correspond aux desseins des sionistes.

    Selon Agnès Bensimon, auteur du célèbre « Hassan II et les Juifs », c’est parce que les services secrets israéliens ont fourni des renseignements très précis quant à un complot visant à tuer le prince héritier en février 1960 que les relations entre le Maroc et Israël ont débuté. L’historien Yigal Bin-Nun dément une telle version des faits. Pour lui, c’est en 1963 que la coopération officielle entre les deux pays a commencé.

    Quel intérêt pour Hassan II ?

    Les Israéliens avaient contacté Emile Benhamou, un ami d’enfance de Mohamed Oufkir, afin qu’il les fasse entrer en contact avec le chef des services de sécurité marocains. Après plusieurs tentatives, la rencontre est finalement arrangée en février 1963 chez Benhamou lui-même, rue Victor Hugo à Paris, entre l’agent Yaakov Karoz et Oufkir. Les Marocains craignent qu’un membre de l’opposition ne se fasse passer pour un représentant du Palais pour acheter des armes. Le Mossad confirmera plus tard qu’il s’agissait d’une fausse alerte. Les relations entre le Maroc et Israël deviennent dès lors officielles. Hassan II craignait que son trône ne soit menacé par le panarabisme. Il faisait mine de sympathiser avec la vague nassérienne qui submergeait le monde arabe ; en réalité, il le faisait pour ne pas se laisser distancer par l’opposition. Selon Yigal Bin-Nun, le Roi a peut-être voulu se rapprocher d’Israël parce qu’il était attiré par ce qu’on appelait alors le « miracle israélien ». Beaucoup étaient fascinés par la capacité qu’avait eu ce jeune Etat à « fleurir le désert », selon l’expression consacrée. L’inexistence des relations israélo-arabes était propice à un rapprochement entre le Palais et les dirigeants israéliens, d’autant plus que Ben Gourion avait décidé d’opter pour la politique dite des Etats périphériques : il fallait développer une ceinture d’Etats lointains mais conciliants.

    L’intrusion du Mossad au Maroc s’est faite par des voyages clandestins de nombreux agents du Mossad et de leur chef Isser Harel, entre 1958 et 1960. Le premier eut lieu le 1er septembre 1958. Si les autorités marocaines eurent vent de sa visite, elles n’en laissèrent rien paraître, préparant ainsi le terrain à « l’accord de compromis » conclu entre le Palais et Israël favorisant l’exode des Juifs marocains. Plus tard, les officiers Oufkir, Dlimi et bien d’autres se rendirent clandestinement en Israël et des politiques et militaires israéliens firent durant de longues années le chemin inverse.

    Des liens ambivalents

    Les archives nationales d’Israël regorgent de documents historiques qui retracent ces liens. Les Marocains auraient souvent demandé aux Israéliens de les renseigner sur les Etats arabes favorables à un renversement de la monarchie alaouite. Israël aurait aussi soutenu le Maroc dans sa « Guerre des Sables » avec l’Algérie en livrant des blindés . Des officiers de Tsahal et du Mossad ont formé et encadré la jeune armée royale et les services de sécurité dont le célèbre Cab-1, l’embryon de la DST. En retour, et malgré l’envoi de troupes au Golan jugé « anecdotique », le Maroc n’a eu de cesse de normaliser l’existence de l’Etat hébreu auprès du monde arabe, en jouant par exemple un rôle capital dans l’accord de paix avec l’Egypte qui coûta la vie à Anouar Sadate ou encore d’ouvrir à Rabat et à Tel-Aviv des antennes diplomatiques. Plus récemment, Israël aurait continué à aider « technologiquement » le Maroc au Sahara, notamment dans la sécurisation du Sud par la construction du Mur de défense, ceinture modernisée de la fameuse ligne Barleev expérimentée dans le Sinaï ou diplomatiquement via le lobby pro-israélien aux Etats-Unis.

    Hassan II, Descartes et l’Etat hébreu

    La longue et tumultueuse histoire des relations entre Israël et le Maroc est marquée par une émigration progressive des Juifs marocains vers la « Terre promise ». Une émigration tolérée à la veille de la création de l’Etat d’Israël dans les années 48-49, clandestine à l’orée de l’indépendance marocaine et monnayée à partir de 1961 par le gouvernement marocain néo-indépendant. Un processus ayant pour corollaire les circonvolutions inhérentes à la politique interne marocaine et à l’analyse du phénomène par un homme, le défunt Roi Hassan II.

    De 1956 à 1961, le gouvernement marocain est dans une logique de durcissement quant à la liberté de circulation de ses ressortissants israélites. Des mesures restrictives accompagnées de brimades administratives (fin des relations postales entre les Etats) inquiètent fortement les gouvernements israéliens à cette période. Si les exactions commises à l’encontre de la minorité juive sont rares, Israël est dans une logique de peuplement de ses territoires, une logique dans laquelle la communauté marocaine constitue un réservoir important. C’est dans ce climat tendu que le prince Moulay Hassan, Premier ministre de fait, accomplit une visite au Caire, où il y rencontre le raïs Gamel Abdel Nasser qui lui promet soutien et collaboration, un rapprochement qui agace fortement l’Etat hébreu. Imaginer des solutions pour exfiltrer les ressortissants juifs devient dès lors une priorité pour Israël, mais la voie diplomatique devait être maintenue coûte que coûte. C’est dans ce cadre que l’éditeur français René Julliard organisa le 2 décembre 1959 une rencontre entre le consul d’Israël à Paris, Mordekhay Shneurson, et l’ambassadeur marocain Abdellatif Benjelloun.

    Une discussion tendue s’engagea entre les deux hommes et le consul israélien, dans une lettre adressée au directeur de cabinet de la ministre des Affaires étrangères, conclut de la manière suivante : « Cet entretien prouve qu’il n’y a aucun bénéfice dans nos tractations actuelles avec les Marocains. Tous nos efforts n’aboutissent à rien, il ne reste que l’action ». La solution politique s’éloignait, elle sera ravivée quatre mois plus tard par un canal inattendu. L’opposant marocain Mehdi Ben Barka prendra attache avec les Israéliens dans un contexte politique national extrêmement tendu. En mars 1960, Ben Barka assurera les Israéliens de sa défiance envers le régime de Nasser et de son admiration pour le modèle socialiste israélien. Il demandera un soutien moral et financier dans sa lutte contre le régime de Hassan II. Dès lors, les officiels israéliens demeureront quatre mois durant dans une logique dubitative. Fallait-il maintenir le contact avec un gouvernement marocain fermé aux discussions ou envisager une solution alternative mais plus risquée avec l’opposition au régime ? La réponse viendra du prince Moulay Hassan qui jeta les ponts à une ouverture progressive des frontières pour les ressortissants juifs marocains. Moulay Hassan exigea la discrétion absolue sur le sujet et rencontra à Rabat l’envoyé officieux du gouvernement israélien, le représentant du Congrès juif mondial Alexandre Easterman. Le prince eut alors l’analyse suivante, une analyse à deux niveaux qui permettra d’amorcer les modalités définitives d’un accord entre les deux parties. D’un côté, il craignait que si les portes de l’émigration s’ouvraient, les Juifs ne quitteraient en masse le pays et par conséquent un grave problème économique se déclenche. Même si un petit nombre seulement de Juifs quittait le Maroc, ils seraient rapidement imités par d’autres, ce qui risquait de provoquer « une force grégaire ». Mais le futur Roi contrebalança cet argument par une analyse pragmatique sur l’avenir de la communauté juive au Maroc : « soyons réalistes, l’expérience nous a appris que dans le processus de développement de pays venant d’accéder à l’indépendance, la classe défavorisée de la population, désenchantée par les difficultés, s’attaque d’abord aux étrangers, ensuite elle s’en prend aux minorités religieuses »(1). Avec cet argument, Moulay Hassan rejoignait les thèses alarmistes du Mossad sur la précarité à long terme de la communauté. Dès lors un accord dédommageant le pays de la perte d’une partie de ses forces vives, d’une élite productive mais qui aurait du mal à s’intégrer dans le Maroc indépendant, pouvait sérieusement être envisagé. Cette attitude permit au futur Roi de s’installer de manière pérenne dans un sillage moderniste. Analysant la position paternaliste de son père le roi Mohammed V à Easterman, le prince décrivit à froid son futur positionnement quant à la question israélienne : « Il ne pense pas comme vous et moi. Nous sommes des Occidentaux et lui, contrairement à nous, n’examine pas la question d’une manière cartésienne ». Une position confortable pour les deux parties. Pour Israël, elle permettait d’asseoir les relations avec un pays arabe éloigné du Proche-Orient et qui pourrait faire office d’intermédiation en cas de conflit (il en sera ainsi de même avec la Turquie et la Jordanie).Ben Barka était dans la même logique mais l’éviction quelques mois plus tard du gouvernement socialiste d’Abdallah Ibrahim et l’arrivée officiellement aux affaires du prince comme Premier ministre sonneront le glas d’une option qui avait très peu de chances d’aboutir.

    Ben Barka et Israël

    « Je sais qui a tué Ben Barka, je sais pourquoi et je sais où son corps se trouve aujourd’hui ». Yigal Bin-Nun dit ce qu’il veut bien dire de « l’affaire Ben Barka ». L’historien prépare un livre sur l’icône de la gauche marocaine et dit ne pas souhaiter voir ses révélations faire la Une des journaux sans véritable appareil argumentatif. Tout ce que l’on saura, c’est que Mehdi Ben Barka a été tué par erreur et que son corps repose quelque part en France. Que la fameuse histoire de la cuve est fausse et que le livre de Boukhari est un tissu de boniments. Qu’il n’y a rien sous la mosquée de Courcouronnes. Que Mohamed Oufkir n’a probablement rien à voir avec l’enlèvement et l’assassinat et que le seul nom récurrent est celui de Dlimi. Que tout a été organisé par Miloud Ettounsi, alias « Chtouki »…

    Bien plus que « saheb lihoud »

    Mais ce n’est pas tout. Yigal Bin-Nun veut bien donner quelques détails sur un autre sujet explosif : les relations de Mehdi Ben Barka avec Israël et le Mossad. Il affirme que Ben Barka était bien plus que « Saheb Lihoud » ; il aurait eu des contacts presque quotidiens avec le Mossad, notamment avec le numéro 2, Yaakov Karoz. Des relations idylliques qui commencèrent à se ternir lorsque Ben Barka parla ouvertement de prendre le pouvoir au Maroc et demanda non seulement de l’argent, mais aussi des armes à Israël. De là date la rupture supposée entre le Mossad et lui, qui explique les propos véhéments contre la présence d’Israël dans les pays d’Afrique et d’Asie lors d’un discours qu’il a tenu au Caire en 1963. Mehdi Ben Barka, tel que le décrit Yigal Bin-Nun, était également attiré par le modèle de développement israélien. Il aurait demandé à ses interlocuteurs du Mossad des livres pour apprendre l’hébreu ainsi que des manuels concernant le développement rural et agricole en Israël afin de s’en inspirer au Maroc. Le chercheur israélien s’est basé sur des témoignages d’acteurs de l’époque toujours en vie, mais aussi et surtout sur les archives déclassifiées de l’Etat hébreu. La relation de Mehdi Ben Barka avec Israël, daterait de mars 1960. Deux documents des comptes rendus classés aux archives nationales du ministère israélien des Affaires étrangères Israélien, dont l’auteur est André Chouraqui, dirigeant de l’Agence juive, rapportent le contenu des rencontres entre ce même André Chouraqui et Mehdi Ben Barka à Paris en Mars 1960. Le contexte politique marocain est pour le moins tendu. Le gouvernement Abdallah Ibrahim et Mehdi Ben Barka sont en conflit ouvert avec le prince héritier Moulay Hassan. Dans l’un des comptes rendus, Chouraqui écrit : « Au cours de son voyage en Orient, le sultan a mis Ibrahim à l’écart des conversations avec Nasser et les autres souverains du Proche-Orient ».

    Le Sultan est revenu transformé au moins sur ce point. Il sait qu’on peut gouverner un Etat seul et « au besoin » en mettant en prison des milliers de personnes. Ibrahim, par contre, a vu que la politique arabe dont il était l’instigateur n’est plus payante et qu’elle se retourne actuellement contre lui ; d’où, pour lui et ses amis, la nécessité de trouver de nouvelles alliance. Il les cherche alors du côté de l’Occident, des juifs et des forces de gauche.

    « Selon ce document, Mehdi Ben Barka affirmait à ses interlocuteurs que le gouvernement Ibrahim avait pris position pour le général Kassem, président de l’Irak dans le conflit qui l’opposait à Gamal Abdenasser au sein de la Ligue Arabe. Mehdi Ben Barka aurait dit lors de ces rencontres que le mouvement qu’il représentait avait fait le choix de la démocratie que pouvait représenter le général Kassem et les pays africains qui se démocratisaient, plutôt que de suivre le modèle nassérien anti-démocratique.

    Rencontres soutenues

    D’après le document, Ben Barka aurait proposé une solution pratique à un problème qui embarrasse Israël et la communauté juive marocaine : la rupture des rapports postaux entre Israël et le Maroc. Résultat de l’adhésion du Maroc à la Ligue Arabe, cette rupture avait suscité la mobilisation des organisations juives. Un intense travail de lobbying avait été effectué.

    Pourquoi le leader du progressisme marocain fait-il autant d’efforts vis-à-vis des lobbies pro-israélien et d’Israël lui-même ? Dans ce fameux document, André Chouraqui écrit : « La deuxième chose qui résulte de ce premier entretien avec Ben Barka est que celui-ci a, avec empressement, accepté l’invitation de visiter Israël. Si cela se réalise, cela aura des conséquences lointaines non négligeables. Ben Barka, en s’ouvrant à nous, attend de nous un appui moral auprès des Juifs marocains et, très probablement aussi, un appui matériel s’il entre en guerre ouverte contre la monarchie. Il aura besoin d’argent et d’armes. Il m’a laissé entendre cela d’une manière assez claire ». Selon les archives israéliennes, André Chouraqui organisera, le 26 mars 1960 à Paris, une rencontre entre Mehdi Ben Barka et Yacoov Karoz , numéro deux du Mossad. Yigal Bin-Nun produit à l’appui de sa thèse un autre document d’archives provenant du Congrès mondial Juif (CMJ). Il s’agit là aussi d’un compte rendu d’une rencontre entre Mehdi Ben Barka et Alexandre Easterman du CJM, à Paris le mardi 5 avril 1960. Selon ce document, c’est à la demande du leader marocain que la rencontre eut lieu. Easterman y rapporte l’argumentaire déployé par Ben Barka pour s’assurer l’aide du CJM dans son combat contre le pouvoir réactionnaire représenté par la monarchie marocaine. Ben Barka aurait évoqué une fois encore, l’opposition de son mouvement à la politique anti-démocratique de Nasser, et le soutien dont il jouit auprès de nombreux pays africains. Alexandre Easterman écrit avoir questionné Ben Barka sur la rupture des rapports postaux entre le Maroc et Israël, le refus de permettre de délivrer des passeports aux Juifs marocains pour leur permettre d’émigrer en Israël et le refus d’Abdallah Ibrahim de le recevoir quand il s’était rendu au Maroc. Ben Barka aurait évoqué là aussi les forces réactionnaires qui rendent toute politique d’ouverture impossible vis-à-vis d’Israël. Il aurait promis à son interlocuteur qu’il s’arrangerait pour que Abdallah Ibrahim le rencontre lors de sa prochaine visite au Maroc.

    Selon ce compte rendu, Mehdi Ben Barka a réitéré sa demande d’assistance. « Il (Mehdi Ben Barka) espérait que le CJM allait se joindre aux autres éléments libéraux pour soutenir son groupe par tous les moyens, et que c’était dans l’intérêt des Juifs que le Congrès devait le faire. Je lui ai demandé ce qu’il entendait par soutien, et il a répondu :  »Soutien moral et matériel ». Il n’a pas précisé ce qu’il entendait par là et je ne lui ai pas demandé », rapporte Easterman dans ce document. En conclusion, le dirigeant écrit très cyniquement : « J’ai appris à Paris que Ben Barka avait rencontré nombre de personnes et de délégations juives durant ces dernières semaines. Il apparaît donc qu’il ne m’a pas accordé un privilège spécial en me rencontrant si ce n’est le fait de s’être déplacé chez moi plutôt que le contraire. » Et d’ajouter : « La nouvelle, et sans précédente sollicitude de Ben Barka à l’égard des Juifs, montre indubitablement sa volonté de nous rassurer, à la lumière de ce qui s’est récemment passé au Maroc. Ses promesses de tout arranger signale son souhait d’obtenir un soutien juif, quel que soit le sens qu’il donne au mot soutien. D’un autre côté, tout ceci suggère que sa position est bien plus faible qu’il ne veut nous le laisser croire. »

    « Affirmations gratuites »

    « Tout cela est ridicule. Ce sont des affirmations gratuites qui ne se fondent sur aucune analyse historique ou sociale correcte. Tous ceux qui connaissaient Mehdi Ben Barka savent que c’est faux. Il a été l’un des premiers à ériger le problème palestinien en problème national. Nous n’accordons aucun crédit à ces élucubrations ». Béchir Ben Barka n’a pas de mots assez durs pour qualifier les affirmations de Yigal Bin-Nun. Même réaction chez Brahim Ouchelh, l’ancien adjoint du Fkih Basri, qui refuse catégoriquement l’éventualité d’une telle relation entre Mehdi Ben Barka et les Israéliens.

    « Hoche », l’agent du réseau de la Misgeret

    « Faire partir les gens ». C’est avec sobriété qu’il décrit l’émigration clandestine des juifs du Maroc vers Israël. Il ne semble pas prendre la mesure de ce qui s’est passé, ni en évaluer l’importance. Il souhaite pourtant garder l’anonymat : une peur, ou plutôt une prudence héritées des années où il a travaillé comme agent actif de la branche du Mossad qui s’occupait de « l’évacuation ». Il accepte qu’on l’appelle « Hoche », l’un des nombreux noms de code qu’il a dû porter à cette époque.

    Hoche est né à Fès en 1932. Fils d’un militaire français (« nous, on n’est pas des Français du décret Crémieux ») et d’une mère marocaine, il fait son service militaire pour « voir du pays ». De retour au Maroc après être passé par l’Indochine, l’Egypte et le Liban, il est recruté, par l’intermédiaire de l’un de ses amis, pour faire partie du Mossad et aider à évacuer les juifs du Maroc vers Israël. « Je devais garder le secret absolu. On devait jurer sur la Torah qu’on ne dévoilerait rien de nos activités ; c’était un véritable rituel, une cérémonie où l’on ne voyait pas le colonel de l’armée israélienne qui supervisait tout ça ». En 1955, il est envoyé un mois et demi en Israël pour participer à un stage de formation collectif. « On nous a mis dans des camps isolés et clandestins, dont personne ne connaissait l’existence. On nous apprenait à nous battre et à nous défendre, à mener les opérations sans jamais nous faire repérer par la police. Nous étions une cinquantaine en tout et nous ne devions pas nous parler, ni connaître nos vrais noms ». Il se souvient que Moshé Dayan et Isser Harel sont venus les voir pour leur parler et les encourager. De retour au Maroc, il est affecté à « l’Etat-major », à Casablanca, dont les réunions se déroulent dans un appartement de l’immeuble Liberté.

    C’est là qu’il reçoit les premiers ordres : superviser les opérations d’évacuation toutes les deux semaines environ, sans intervenir lui-même, sauf en cas de problème. « Nous arrivions la nuit sur une plage isolée. Nous attendions que le bateau nous envoie des signaux lumineux pour lui renvoyer un message codé. Les gens qui voulaient partir venaient de partout, de Marrakech, d’Essaouira. On en a fait des choses… ». Mais l’événement dont il est le plus fier s’est déroulé une nuit où il a utilisé sa voiture personnelle et a refusé de la faire entrer trop avant vers la plage, de crainte que quelqu’un ne note le numéro de sa plaque d’immatriculation et ne découvre son identité. Cette nuit-là, le reste des voitures des agents du Mossad a été encerclé par des Marocains -« les Arabes », comme les appelle Hoche-qui avaient observé le va-et-vient des bateaux et des véhicules et qui pensaient qu’il s’agissait de contrebandiers. Ils avaient donc bloqué la sortie en l’obstruant à l’aide de gros rochers. Il se trouve que cette nuit est celle qu’a choisie Isser Harel, le chef du Mossad en Israël, pour voir comment se passait l’émigration clandestine au Maroc. Sans la voiture de Hoche à l’extérieur, Harel était découvert. Hoche et le chef du Mossad se sont donc faufilés jusqu’au véhicule et ont réussi à se diriger vers l’aéroport où Harel est parti pour la France, puis pour Israël.

    Mais après le démantèlement du réseau de la Misgeret, Hoche décide de s’installer en Israël après un séjour de quelques mois en France. Il effectue un stage au ministère de la Défense israélien pendant deux ans mais est très vite confronté à la réalité de la société israélienne de l’époque : « J’étais suivi par une Polonaise, alors, moi évidemment, qui venais du Maroc… Aujourd’hui, il paraît que ça a changé. Mais je peux vous dire que pour les juifs d’Afrique du Nord, ce n’était pas facile. Un jour, on m’a même dit « Ici, on n’aime pas les Noirs ». C’est comme ça qu’ils appelaient les sépharades ». Hoche perd l’illusions d’une vie paisible en Israël et s’installe en France. Aujourd’hui, il nie avoir agi pour l’unique intérêt d’Israël : « On m’accuse d’avoir fait tout cela contre le Maroc ; mais à l’époque, on croyait vraiment qu’il était urgent de faire partir les gens parce qu’on craignait un danger futur ».

    (1) rapport d’Alexandre Easterman. Archives sionistes centrales Jérusalem Z6/1763

    Source : Le Journal Hebdomadaire, juillet 2005

    Tags : Maroc, Mossad, espionnage, juifs, Israël, lobby juif, lobby sioniste,

  • Allemagne : Deux juifs agressés par un marocain

    Allemagne: un Marocain accusé d’avoir craché et insulté des Juifs

    La police allemande a annoncé avoir arrêté temporairement un Marocain accusé d’avoir menacé, insulté et craché contre deux Juifs dans la ville de Hambourg, dans le nord du pays.

    La police a déclaré vendredi dans une déclaration que le jeune homme âgé de 45 ans insultait les deux hommes juifs jeudi près de l’hôtel de ville quand ils ont appelé un policier proche pour obtenir de l’aide. Lorsque l’officier a confronté le Marocain, il a d’abord tenté de s’enfuir, puis s’est tourné vers les deux hommes et leur a craché dessus.

    La police a déclaré que l’homme, qui parlait arabe et allemand, avait résisté et devait être menotté.

    Les médias locaux ont identifié les victimes comme étant un rabbin et un membre bien connu de la communauté juive qui quittaient la réunion avec des responsables de la ville.

    Le suspect, dont le nom n’était pas conforme aux lois sur la protection de la vie privée, a été libéré pendant le déroulement de l’enquête.

    Selon Die Welt, deux représentants de haut rang de la communauté juive de Hambourg ont été menacés verbalement et ont craché dessus au Rathausmarkt. L’auteur présumé serait apparemment un Marocain âgé de 45 ans. La communauté juive a confirmé l’attaque de jeudi contre le rabbin Shlomo Bistritzky et le membre du conseil d’administration Eliezer Noe. Tous deux étaient clairement reconnaissables en tant que Juifs à travers leurs vêtements.

    D’après Shlomo Bistritzky, l’agresseur était venu avec un collègue directement d’un petit-déjeuner officiel du Sénat dans les locaux de l’hôtel de ville avec le premier maire, Peter Tschentscher, lorsque l’homme les a salués pour la première fois avec «Shalom», puis a dit quelque chose qui ressemblait indubitablement à une menace. Ils se seraient alors tournés vers lui. « A ce moment-là, il a tendu la main sous sa chemise, a sorti quelque chose qui ressemblait à un couteau et nous a menacés verbalement », a déclaré Bistritzky. L’attaquant a ensuite sorti un briquet de sa poche et s’est dirigé vers eux avec une flamme enflammée, a commencé à les insulter et à leur cracher dessus.

    Les personnes attaquées ont demandé de l’aide à un policier qui était en service à la mairie. Lorsque le policier a voulu affronter le Marocain, il a d’abord tenté de s’enfuir. Cependant, il s’arrêta cependant et courut de nouveau sous une forme très agressive vers Bistritzky et Noe et cracha de nouveau sur elle. Le policier est intervenu et a tenté d’empêcher le Marocain de continuer à s’indigner. « Il s’est comporté de manière très agressive et n’a pas répondu au fonctionnaire. Il a donc menacé d’utiliser un spray au poivre » (journal Bild). Afin de maîtriser l’agresseur, l’agent a finalement dû menotter l’agresseur. Le policier a toutefois réussi très difficilement à recourir à la force physique violente.

    Bien que le coupable soit maintenant ligoté, il a continué à cracher. Finalement, d’autres policiers du commissariat de police de l’hôtel de ville voisin ont été forcés de mettre un garde-langue sur l’agresseur. L’homme a été arrêté. Toutefois, l’accusé a été renvoyé dans les deux heures suivant l’achèvement de l’enquête criminelle. On dit qu’il n’y a pas de motif de détention pour les autorités de l’État responsables. Détermine maintenant la protection de l’état de la ville hanséatique. Le Marocain vivrait en Basse-Saxe. « Selon des rapports non confirmés, il applique comme psychologiquement évident ».

    Source : Asociated Press, Die Welt

    Tags : Maroc, Allemagne, juifs, antisionisme, judaïsme,

  • Abdelkader Mesli , l’imam Algérien qui a sauvé tant de juifs !

    En d’autres temps, Monsieur Zemmour aurait été sous l’autorité du bon vouloir de l’imam algérien Abdelkader Mesli, cet Imam qui sauva des centaines de juifs en délivrant des certificats de musulmans.

    Cela nous rappelle l’altercation verbale que ce dernier (Zemmour) eut à relever ou du moins le débat très animé qu’il eut avec le journaliste humoriste Yacine Bellatar qui lui assena un : « tu ressembles à mon oncle Mahmoud du bled ».

    Ainsi l’on apprend que l’islam est à l’origine du sauvetage de milliers de juifs et l’imam Abdelkader Mesli en fut un des artisans les plus assidus et des plus efficaces pendant que d’autres s’attachaient à collaborer : « on en a vendu du juif casher et pas cher n’est ce pas Marine ? »

    Nul besoin de dire qu’il en fut de même concernant la reconnaissance témoignée à l’égard de ces musulmans par les membres de la communauté juive, pire, nous avons affaire aujourd’hui à une matière grise qui fait de l’islam une obsession : du Fieklkraut et du Zemmour.

    Un Zemmour au faciès de maghrébin et aux idées prô-nazies, un auto mutilé du cerveau qui voue une passion folle à tout ce qui a trait à l’islam et aux musulmans. « Et si Monsieut Mesli n’existait pas, dis moi, comment Monsieur Zemmour existerait ! »

    Abdelkader Mesli , imam de son état, membre du rectorat de la mosquée de paris dès 1930, fut dénoncé à la Gestapo après avoir sauvé beaucoup de familles juives, il en paiera le prix en étant déporté à son tour dans des camps de concentration où il fut torturé sans jamais dénoncer ces familles qui avaient des noms à consonance séfarades.

    On appelait ces gens là, sauveurs, car il n’y a pas d’autres mots : les justes, à l’image de Schindler, mais point de Mesli, ni aucun nom de cette consonance parmi les 24355 justes.

    C’est en ouvrant une vieille valise que Mohamed le fils de feu l’imam Abdelkader Mesli découvrit des documents et des certificats de musulmans destinés surement à des familles juives avant son arrestation et Mesli ne serait pas le seul à avoir accompli un tel travail, des complicités musulmanes apportèrent leur contribution, sans jamais être reconnus entre 1939 et 1945 .

    Monsieur Mesli mourut en 1960 laissant son fils Mohamed alors âgé de 10ans.

    Ce dernier a confié cette valise aux archives où Monsieur Zemmour aura tout le loisir, peut être de consulter.

    Sait-on jamais, risque-t-il d’avoir des surprises, dans un monde où rien ne nous surprend vraiment.

    Rafik Djilali

    Algérie Breves News

    Tags : Algérie, juifs, holocauste, abdelkader Mesli, Finkielkraut, Zemmour, islamophobie,

  • « Le Maghreb sous la croix gammée » de Bill Cran et Karin Davison

    La chaîne franco-allemande Arte a diffusé Le Maghreb sous la croix gammée (In search of… the Arabian Schindler, Gesucht wird der arabische Schindler), documentaire de Bill Cran et Karin Davison. Menée par Robert Satloff, cette « enquête historique » du Proche-Orient en France et aux Etats-Unis « rend justice aux « Justes » oubliés du monde arabe ». Ce film intéressant montre aussi les persécutions antisémites visant les Juifs d’Afrique du Nord, en particulier le travail forcé dans des camps et la déportation en Europe. Des faits que beaucoup ignorent. Comme le livre de Robert Satloff dont il s’inspire, ce documentaire souffre cependant de graves lacunes historiques. Le 25 avril 2019, de 20 h 30 à 22 h, le Cercle Bernard Lazare (CBL) proposera la conférence « Les musulmans et la machine de guerre nazie » par David Motadel, professeur à Sciences-Po, d’après son livre éponyme publié aux éditions la Découverte.

    Le 11 septembre 2001, Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy (WINEP) un think tank (institut de recherche) américain expert en politique étrangère et sur le Moyen-Orient, et Juif américain, avait rendez-vous au Rockfeller Center.

    D’une des fenêtres de cet immeuble, il a vu les attentats islamistes contre les Twin Towers, la fumée, les cendres. « Très vite, les images d’Auschwitz se sont superposées » dans son esprit, « la fumée, les cendres ».

    Robert Satloff s’interroge sur la glorification, le déni et la « relativisation » de la Shoah dans les mondes musulman et arabe. « Pour combattre l’ignorance, il amorce un dialogue avec des Arabes pour les sensibiliser à l’Holocauste. Comment s’y prendre ? Le problème est qu’il s’agit d’une histoire éloignée : des fascistes européens ont tué des juifs européens ».

    C’est par une question que Robert Satloff répond : « Y a-t-il eu des Justes arabes ? »

    A la recherche d’un « Oscar Schindler arabe »
    Vingt mille Justes parmi les Nations sont recensés par Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dont environ 60 sont musulmans (des Bosniaques et Albanais, un Turc).

    Pourquoi aucun nom arabe ne figure-t-il dans cette liste des Justes ? Cette question taraude Robert Satloff qui, avec équipe de documentaristes, de journalistes et de chercheurs dans 11 pays, part en quête d’« Arabes ayant sauvé des Juifs » en ayant la conviction que s’il existe « un Oscar Schindler Arabe, peut-être les Arabes auraient-ils une autre approche de l’Holocauste?»

    Au terme de cinq ans de recherches, Robert Satloff, qui a vécu dans le royaume chérifien lorsque cinq attentats islamistes ont visé majoritairement des cibles juives à Casablanca, publie en 2007 le livre Among the Righteous, Lost stories from the Holocaust’s Long Reach into Arab Lands (Parmi les Justes).

    Un ouvrage évoquant les persécutions des juifs d’Afrique du Nord – protectorats français du Maroc et de Tunisie, départements français d’Algérie – lors de la Seconde Guerre mondiale et le comportement des Arabes dans ces pays : de la collaboration avec les Nazis à la protection de juifs persécutés, via l’indifférence. Un livre qui espère amorcer un nouveau dialogue entre juifs et Arabes.

    Composé d’interviews passionnantes de témoins et d’historiens, ainsi que de visites sur les lieux mêmes de camps de travail forcé et de caches de juifs – ce qui est inédit -, ce documentaire documenté en est largement inspiré en se focalisant sur ces trois seuls pays ; l’histoire des juifs de Libye fait l’objet d’une allusion (camp de Giado) et celle d’Egypte ignorée.

    Plus de 100 camps de concentration

    « La plupart des camps de concentration au Maroc ne furent pas construits par les Nazis. Avant l’occupation du Maghreb par les Allemands, le régime de Vichy avait installé plusieurs dizaines au Maroc et en Algérie. Les fascistes italiens construisirent eux aussi des camps, comme le terrible camp de Giado en Libye où plus de Juifs furent tués que partout ailleurs en Afrique du Nord… Plus d’une centaine de camps » ont été édifiés dans les pays arabes. A deux reprises, le film de Michael Curtis Casablanca (1942) fait allusion aux camps de concentration au Maroc.

    « Un vrai réseau de camps traverse le Sahara. Les détenus sont essentiellement des Juifs d’Europe centrale réfugiés pour échapper aux nazis et déportés là ». Un film de propagande montre ces travailleurs forcés construire une voie de chemin de fer.

    Les « camps du désert ont été parmi les pires de la Seconde Guerre mondiale ». Ils étaient « dirigés de main de fer » et leurs « gardiens étaient indifférents au sort des prisonniers », constate l’historien de la Shoah, Sir Martin Gilbert.

    Le commandant du camp accueillait ainsi les nouveaux internés : « Vous êtes tous venus pour mourir. Mon travail est de faire en sorte que vous mouriez tous ici et je fais bien mon travail ». Les travailleurs forcés mouraient de faim, de torture, de dysenterie, de choléra, de piqures de scorpion et de serpent…

    A la différence du Maroc et de l’Algérie, la Tunisie a été occupée par les Nazis de novembre 1942 à mai 1943. Là, le SS colonel Walter Rauff, « un des inventeurs des camions à gaz en Europe de l’Est », organisa la rafle des juifs priant à la synagogue de Tunis, le 9 décembre 2002. Direction : les camps de travail forcé.

    Si certains Arabes sont indifférents devant les persécutions des juifs, deux Tunisiens se souviennent d’Arabes disant « Jüden, vous allez être égorgés » ou « Tape avec la pelle, Shalom ! Shalom signifie juif ». D’autres Tunisiens s’engagent dans l’armée allemande ou sont recrutés pour garder les camps d’internement de juifs.

    De rares Justes parmi les nations arabes

    Le documentaire se focalise sur trois musulmans ayant sauvé des juifs. En 1943, plusieurs dizaines de juifs parviennent à s’échapper d’un de ces camps et sont cachés par un fonctionnaire retraité, Si Ali Sakkat. Joseph Nacache échappe à une rafle grâce à Hamza Abdul Jalil, propriétaire d’un hammam, qui le prévient. Avec simplicité, le fils de ce sauveur explique le geste de son père : « Juif, ou chrétien ou musulman, c’est un humain ». Les familles Boukris et Uzan sont cachées à Mahdia (Tunisie) dans une propriété de l’architecte Khaled Abdul Wahab.

    En Algérie, « des décrets musulmans interdisent aux musulmans d’administrer les propriétés confisquées aux juifs ». Ils seront respectés.

    Pourquoi cette histoire d’Ali Sakat est-elle tombée dans l’oubli ? Pour des raisons politiques : il est « dangereux d’avoir aidé des juifs dans de nombreux pays arabes ». La famille Sakat serait-elle favorable à la pose d’une plaque rendant hommage à l’acte salvateur ? Un peu gêné, le petit-fils prévoit que certains seront pour, d’autres contre : « Beaucoup de Tunisiens ont de la sympathie pour le peuple palestinien quand ils le voient souffrir, etc. etc. »

    Une histoire tragique méconnue

    On peut regretter et s’étonner que le travail remarquable accompli par Robert Satloff – enregistrements vidéo des souvenirs des témoins – n’ait pas été réalisé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

    Rendre hommage aux Justes musulmans est justifié. Rechercher un « Oscar Schindler » Arabe ? C’est étrange : cet industriel allemand était ambigu ; il n’est pas Aristides de Sousa Mendes, consul général du Portugal à Bordeaux qui, désobéissant à sa hiérarchie, a donné des visas d’entrée au Portugal à 30 000 réfugiés, dont 10 000 juifs. Et c’est ignorer la distinction entre Arabe et Amazigh (Berbère).

    Des questions demeurent : quels étaient les liens entre Khaled Abdul Wahab et les officiers nazis ? Des relations d’affaires ? Khaled Abdul Wahab devait-il maintenir ses contacts avec les officiers allemands pour mener à bien sa protection des deux familles juives dont les adultes semble-t-il travaillaient dans sa propriété ?

    On voit une photo inédite où Français et Algériens font le salut nazi. Mais les liens entre nationalistes arabes et nazis ainsi que la fascination de masses arabes pour le Führer Hitler sont souvent minorés ou occultés. Il aurait aussi été utile de rappeler l’engagement de 150 000 à 300 000 musulmans dans les rangs des forces de l’Axe, la réception favorable de la propagande nazie dans le monde arabe, etc.

    Sur l’application en Afrique du Nord des statuts des juifs du régime de Vichy, ce documentaire demeure souvent trop vague. Ainsi, il allègue : « Malgré les pressions de Vichy, Mohammed V au Maroc réussit à protéger les juifs marocains ». Cependant, la caméra s’attarde sur Le Journal du Maroc évoquant les discriminations visant les Juifs français, étrangers et marocains édictées au Maroc par quatre dahirs (décrets royaux). Pourquoi ne pas citer et montrer ces dahirs marocains et les décrets beylicaux tunisiens antisémites ? Pourquoi ne voit-on pas Robert Satloff consulter les archives des protectorats français à Nantes (France) ? Pour ne pas écorner les mythes de la protection courageuse de souverains musulmans ?

    La réalité du pouvoir appartient au Résident général, c’est-à-dire à la France. Quant aux statuts des Juifs de Vichy d’octobre 1940 et de juin 1941, le Sultan du Maroc les appliquera à la lettre. Il ne s’oppose à aucune mesure prévue par ces deux statuts. Il n’y a que dans le volet économique qu’il tente légèrement de protéger la communauté juive du Maroc. Cette intervention n’est pas désintéressée, car elle sert surtout les intérêts économiques du Makhzen (gouvernement du Sultan). Sur l’essentiel, le Sultan Mohammed n’a pas protégé les Juifs puisqu’il a même promulgué les statuts des Juifs en Dahir (décret) chérifien.

    Au Maroc, « le Sultan Mohammed entend faire savoir aux autorités de Vichy qu’il reste le maître du pays. S’il y a persécution ou protection, il estime que c’est à lui à en décider. Le message est les suivant : les Juifs sont ses sujets et non pas ceux de Vichy. A travers les Juifs, le Sultan Mohammed réclame sa part d’autonomie vis-à-vis du gouvernement de Vichy. Les Juifs sont des pions parmi d’autres dans le rapport de force entre le Makhzen et Vichy », a déclaré l’historien Georges Bensoussan qui prouve que la prétendue opposition du sultan au port de l’étoile jaune par les Juifs est un mythe.

    Et d’ajouter : le sultan du Maroc « ne fait preuve d’aucune détermination à défendre les Juifs : il ne rencontre les dirigeants de la communauté juive qu’une seule fois et en privé, au printemps 1942, pour leur dire qu’à titre personnel, il désapprouve les mesures de Vichy. En revanche, à titre officiel et publiquement, il ne prend aucune mesure en faveur des Juifs. Pire, il traduit les statuts des Juifs en Dahir chérifien ! Le port de l’étoile jaune est une mesure allemande qui n’a jamais été d’application en Zone libre, c’est-à-dire sur l’ensemble du territoire français placé sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Et le Maroc (comme l’Algérie) faisait partie de la Zone libre… Les 150.000 Français vivant au Maroc sont violemment antisémites. L’administration française est littéralement gangrénée par l’antisémitisme. Quotidiennement, elle apporte la preuve de son antisémitisme dans la façon dont elle traite les Juifs. Ainsi, le gouvernement de Vichy n’accorde aux Juifs que 50% des ressources alimentaires qu’il attribue aux musulmans. Dans ce contexte particulier, l’attitude du Sultan du Maroc -qui reçoit notamment les dirigeants de la communauté juive en audience privée pour leur témoigner de sa solidarité- fait le tour de tous les mellahs (quartiers juifs) du Maroc. En comparant son attitude avec celle des autorités françaises, il n’a aucune difficulté à apparaître comme un sauveur magnanime… Le départ des Juifs du Maroc constitue une blessure, car il marque l’échec de l’intégration des Juifs à leur Etat nouvellement indépendant, tout comme il montre à quel point le nationalisme marocain est fermé et fondé sur l’islam. Les Marocains ont donc intérêt à présenter le passé comme une coexistence heureuse perturbée et sapée par le développement du sionisme, la création de l’Etat d’Israël et le départ des Juifs qu’ils considèrent comme une manipulation des sionistes ».

    De plus, quels sont les droits et les statuts en France de ces travailleurs forcés, Juifs et non Juifs ? Les sites des camps semblent délabrés, en voie d’effacement. Signe du désintérêt ou du refoulement des dirigeants de ces pays pour ce pan de leur histoire ? Souci de cacher « que la Shoah n’est pas qu’une affaire européenne ayant visé les seuls juifs européens ». Alors que les camps en France métropolitaine font l’objet d’attentions, ceux d’Afrique du Nord risquent de disparaître sans volonté des autorités politiques et des responsables Juifs français ou nord-africains. Pourquoi ?

    Quant à Joseph Scemla et ses deux fils, Gilbert et Jean, ils ont été guillotinés en Allemagne, après avoir été dénoncés par le Tunisien Hassen ben Hamouda El Ferdjani, qui voulait s’emparer de leurs biens. Ce dernier a certes été condamné à mort à la Libération. Mais sa peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité. Et, ce traître cupide a été libéré peu après l’indépendance de la Tunisie, après avoir purgé dix ans de prison. Et non les 14 ans indiqués dans le film.

    Si ce documentaire évoque la vie difficile des juifs sous joug musulman, il ne nomme pas la dhimmitude, ce statut inférieur, cruel et déshumanisant des non-musulmans en « terre d’islam » induit par le jihad. Et Robert Satloff ajoute, sans preuve : « Il est sûr qu’au cours des derniers millénaires, si on est juif, il valait mieux naître dans un pays musulman que dans un pays chrétien ». Rappelons que si l’histoire juive remonte à 5770 ans, Mahomet, prophète de l’islam est né en 570 après Jésus-Christ, et l’islam a donc moins de 1 500 ans. Au début du XXe siècle, les pays où la situation des juifs était la plus épouvantable étaient la Russie tsariste et le Maroc.

    Les images de cette synagogue vide à Mahdia sur laquelle veille pieusement le dernier juif, de ce vestige d’une communauté juive jadis nombreuse sont bouleversantes. L’« exode oublié » – exil généralement contraint de près d’un million de juifs des pays arabes, d’Iran et de Turquie des années 1940 aux années 1970 – est attribué en partie à la « fondation » de l’Etat d’Israël. Mais d’une part, il s’agit de sa recréation, et surtout cet exode a été causé par le refus de ces pays, et pas seulement des nationalistes arabes, de l’Etat juif sur sa terre biblique, en Eretz Israël.

    Curieusement, ce film occulte les similarités entre le processus de discriminations, de marginalisation, d’exclusion des nazis ou du régime de Vichy et celui de cet exil.

    Etrangement, Robert Satloff interviewe le président Shimon Peres et le ministre Sylvain Shalom sans souligner le rôle du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini dans la Shoah ni les menaces de destruction du Yichouv (ensemble des juifs vivant dans la Palestine mandataire, en Eretz Israël).

    Robert Satloff espère que nommer des Justes Arabes constitue « un premier jalon pour un nouveau dialogue entre juifs et Arabes ».

    Avec toutes ses qualités, ce documentaire prouve que relater une Shoah plus ou moins « arabiquement ou islamiquement correcte », ne pas dire toute l’histoire avec ses pans plus ou moins sombres, opter pour un dialogue judéo-musulman sans « apurer les contentieux » (Shmuel Trigano) induit, même involontairement, des amalgames anti-israéliens : ainsi, un spectateur musulman a quitté la réunion où l’on débattait du film en alléguant un parallèle diffamatoire entre la Shoah et « l’Holocauste des Palestiniens ». Des diatribes anti-israéliennes s’étaient déjà produites lors de la conférence de lancement du projet Aladin.

    « Certains Arabes ont fait des choix personnels, pour le meilleur et pour le pire. Même à l’époque des nazis, ils ont fait un choix… Jusqu’à présent, la Shoah a toujours été vue du côté des juifs européens. Les souffrances des juifs européens ont occulté celles des communautés d’Afrique du Nord », conclut avec pertinence Robert Satloff.

    Il est regrettable qu’aucune photo de ces Arabes au comportement louable ou des témoins Juifs ne figure parmi les visuels libres de droits pour la presse. De plus, ce documentaire a été diffusé à deux seules reprises, à 21 h 25 et à 5 h du matin. Dommage ! Les faits qu’il rappelle demeurent ignorés du grand public en France.

    A l’Institut Universitaire Elie Wiesel, les 12 mai, 26 mai et 2 juin 2015 à 17 h, Ariel Danan, docteur en histoire, directeur-adjoint de la Bibliothèque de l’AIU et responsable de la Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild. Secrétaire général de la Commission française des Archives juives et vice-président de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie et d’Afrique du Nord, enseigna l’Histoire des Juifs d’Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale : « Ce cycle aura pour objectif de découvrir un aspect souvent méconnu de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, qui, pendant longtemps, n’a pas retenu l’attention des historiens. Les Juifs d’Afrique du Nord ne sont en effet pas restés à l’abri de la Shoah : les lois antisémites de Vichy y ont été appliquées (avec une sévérité particulière en Algérie) : recensement des individus et des biens, exclusions professionnelles et scolaires, pillages etc. Le débarquement anglo-américain de novembre 1942 change la donne : en Tunisie, occupée par les troupes allemandes contraintes de reculer face à l’avance alliée, les Juifs de Tunisie subissent six mois d’horreur : spoliations, travail forcé, assassinats, sévices, ainsi que quelques déportations quelques jours avant la libération du pays. En Algérie et au Maroc (puis six mois après en Tunisie), malgré la reconquête alliée, une nouvelle ère pleine de difficultés et de remises en cause s’ouvre pour les Juifs qui subissent de graves difficultés économiques, un antisémitisme – quelquefois virulent – bien présent au sein des populations locales et du pouvoir colonial qui n’a pas été épuré. Si la période de la Seconde Guerre mondiale a été infiniment moins dramatique pour les Juifs d’Afrique du Nord que d’Europe, elle porte en son sein les germes du départ des Juifs des trois pays. La première leçon 1 a pour titre « Les Juifs d’Afrique du Nord sous le régime de Vichy ((juillet 1940 – novembre 1942) », la deuxième leçon « Les Juifs de Tunisie face aux Nazis (novembre 1942-mai 1943) » et la troisième leçon « Les Juifs d’Afrique du Nord face à de nouveaux défis (1942-1945) ». Ce cours fait partie du nouveau champ thématique « Visages de Sepharad : l’Orient, la Méditerranée, l’Afrique du Nord ».

    En partenariat avec l’Institut Ben Zvi, Jérusalem, Israël, le numéro 205 d’octobre 2016 de La Revue d’Histoire de la Shoah est consacré aux Juifs d’Orient face au nazisme et à la Shoah (1930-1945). Les « communautés juives dispersées du Maroc à l’Irak, de l’Égypte au Yémen, sont bien informées des vicissitudes d’un judaïsme européen qui est alors, de loin, majoritaire. Dès l’avènement des nazis au pouvoir, elles organisent avec plus ou moins de succès le boycott des produits allemands, au risque de se couper des autorités locales comme des mouvements nationalistes arabes. Mais cette solidarité éprouve rapidement ses limites, a fortiori quand la guerre se déclenche en Europe. Pour les communautés juives du monde arabe, le nazisme et la guerre constituent un tournant majeur. En 1945, leur avenir sur leur terre natale semble moins assuré que jamais ».
    « Seul périodique européen consacré à l’histoire de la destruction des Juifs d’Europe, et première revue d’histoire sur le sujet, cette publication est essentielle pour tout étudiant ou chercheur travaillant sur cette césure de l’histoire. Elle entend donner un aperçu des chantiers actuels de l’historiographie du judéocide. La Revue d’histoire de la Shoah ouvre également son champ d’étude aux autres tragédies du siècle : le génocide des Tutsis au Rwanda, celui des Arméniens de l’Empire ottoman et le massacre des Tziganes ». Pourquoi ne pas évoquer aussi celles des Grecs pontiques, des Assyriens, etc. ?

    Le 20 juin 2018 à 20 h, la Médiathèque Alliance-Baron Edmond de Rothschild de l’Alliance israélite universelle (AIU) proposa la conférence « Les juifs d’Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale : nouvelles perspectives », avec Haïm Saadoun. « Si l’histoire des juifs d’Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale est longtemps restée méconnue, elle est aujourd’hui devenue un sujet de recherches important en France, en Israël et en Afrique du Nord. Haïm Saadoun, spécialiste de cette période, Professeur à l’université ouverte d’Israël, apportera un éclairage nouveau sur des questions telles que l’application de la législation antisémite de Vichy en Algérie et au Maroc, sur la vie quotidienne des juifs de Tunisie durant l’occupation nazie, sur la condition des juifs de Libye ou encore sur la résistance juive en Afrique du Nord. »

    Le 25 avril 2019, de 20 h 30 à 22 h, le Cercle Bernard Lazare (CBL) proposera la conférence « Les musulmans et la machine de guerre nazie » par David Motadel, professeur à Sciences-Po, d’après son livre éponyme publié aux éditions la Découverte. « Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, après les premiers revers militaires subis en Union soviétique et l’enlisement dans des territoires abritant de nombreux musulmans – l’Afrique du Nord, le Caucase, les Balkans et la Crimée –, les dirigeants nazis ont cédé à une sorte d’urgence stratégique. Ainsi ont-ils mis de côté certains de leurs préjugés racistes et tenté d’instrumentaliser l’« islam » – religion que Hitler et Himmler, notamment, admiraient car ils la jugeaient « autoritaire », « fanatique » et « conquérante » – pour en faire une force politique ralliée à leur cause. Les musulmans sont donc devenus la cible d’une propagande acharnée et sophistiquée, quoique totalement ignorante des cultures et contextes régionaux. Mais en postulant l’unité du monde musulman, en manipulant les textes sacrés ou en tentant de faire passer Hitler pour une figure centrale de l’eschatologie islamique, la machine de guerre nazie a fabriqué de toutes pièces un islam imaginaire… Fondé sur des sources inédites issues de quatorze pays, ce livre démonte avec précision la thèse d’une proximité idéologique entre nazis et musulmans à l’égard des juifs. Si des dizaines de milliers de soldats musulmans se sont effectivement enrôlés dans la Wehrmacht et la SS, ils l’ont presque toujours fait pour échapper à une misère plus grande encore, aux menaces de la violence nazie, ou pour se venger de leurs anciens oppresseurs. »

    Robert Satloff, Among the Righteous, Lost stories from the Holocaust’s Long Reach into Arab Lands. Public Affairs, 2007. 251 pages. ISBN : 1586483994
    Lire un extrait

    Le Maghreb sous la croix gammée de Bill Cran et Karin Davison

    MacNeil/Lehrer Productions et Robert Satloff, MedienKontor, WDR pour ARTE, France, Allemagne, Maroc, 52 minutes, 2010

    Diffusions sur Arte le 2 juin 2010 à 21 h 25 et le 6 juin 2010 à 5 h

    Source : Véronique Shemla

    Tags : Shoah, Holocauste, juifs, nazis, fascisme, Robert Satloff, ARTE,

  • Les Juifs étaient les meilleurs vendeurs de haschich du Maroc

    Dans les champs de cannabis marocains, illumination du rôle juif dans le commerce du haschisch du pays

    Une visite des plantations illicites de marijuana mène un écrivain à d’anciens textes religieux, et une recette de couscous très spéciale souligne le rôle historique de cette plante dans la vie juive.

    MAROC – « Vous êtes juif ? Ahlan wa’ sahalan[bonjour et bienvenue], le Maroc était à vous avant qu’il ne devienne le nôtre « , dit Sayid, un Marocain âgé que j’ai rencontré en marchant dans la ville de Tétouan au nord du Maroc.

    « Les Juifs sont venus en Afrique du Nord avant la naissance de l’Islam, explique Sayid. « Les Juifs marocains sont donc indissociables de l’histoire du Maroc. »

    Il est difficile de rester indifférent au respect et à l’appréciation – sinon à l’admiration pure et simple – que les Juifs reçoivent dans les rues du Maroc de nos jours. Plus de 10 000 Israéliens visitent le pays chaque année et sont chaleureusement accueillis.

    Dans les différents marchés, vous pouvez trouver des articles Judaica. Et le gouvernement, pour sa part, veille à commémorer les personnalités et les institutions juives liées à l’histoire du lieu. A savoir, le Maroc est le seul pays musulman au monde qui possède un musée dédié uniquement à la communauté juive qui a prospéré ici dans le passé.

    Sayid et son ami sont assis sur un banc au bord de la rue, fumant du kief, un mélange de tabac et de haschisch, dans une longue pipe en bois.

    « Cette pipe s’appelle sebsi. C’est ainsi que la plupart des Marocains fument leur haschisch « , dit Sayid. « D’habitude, la pipe est en bois d’olivier, mais cette pipe est en bois d’abricot, ce qui donne au fumeur un goût légèrement plus doux et plus agréable en bouche. »

    Je demande s’il est possible de goûter le mélange moi-même. « Bien sûr », répond Sayid. « Mais il vaut mieux ne pas fumer ça au milieu de la rue. Je suis du coin et je connais personnellement tous les policiers du coin, mais vous êtes un touriste blanc. Si un policier vous voit fumer du haschisch au milieu de la rue, il s’approchera immédiatement et vous demandera un pot-de-vin. »

    Sayid me conduit à un petit magasin appartenant à un ami où il se sent plus à l’aise pour préparer un bon « bol » de sebsi, et me tend la pipe avec la bénédiction, « Sacha wa’raha », qui signifie « soyez en bonne santé et reposez-vous bien ».

    50 000 Marocains avec un mandat d’arrêt sur la tête

    Malgré l’apparente ouverture et l’attitude libérale à l’égard du haschisch, le fait que la culture du cannabis au Maroc soit toujours considérée comme une infraction pénale est très inquiétant pour les agriculteurs locaux.

    En fait, à ce jour, près de 50.000 producteurs ont un mandat d’arrestation suspendu au-dessus de leur tête. Ainsi, les agriculteurs marocains qui cultivent du cannabis à l’échelle commerciale sont très méfiants et n’aiment pas que les Occidentaux viennent sur leur territoire avec une caméra.

    Je me suis arrangé avec Francis, un cultivateur de cannabis français avec des années d’expérience de coopération avec les Marocains, pour m’emmener visiter les parcelles de cannabis d’un de ses partenaires près du village de Katma. Le village est situé dans les montagnes du Rif, une belle chaîne de montagnes dans le nord du Maroc où l’on cultive presque tout le cannabis du pays.

    Après presque trois heures de route dans les montagnes, nous arrivons à notre destination : une immense villa pittoresque sur le flanc d’une montagne.

    C’est le manoir du « Patron », me dit Francis (le nom du propriétaire a été changé pour protéger son identité). « Ici, il héberge ses amis ou partenaires d’affaires. »

    La villa est presque vide à l’exception d’un groupe de cinq Italiens, d’une paire de Polonais, de quatre ouvriers locaux qui entretiennent la cuisine – et de kilos de haschisch sur la table et suspendus pour sécher à l’air. Je me sens en sécurité, mais l’atmosphère est assez ombragée.

    Un prisonnier dans son propre palais

    Je ne rencontre Patron que le lendemain matin alors que nous terminons un somptueux petit déjeuner et que nous nous préparons à sortir dans les champs de cannabis.

    « Patron, c’est l’Israélien que je voulais te présenter, dit Francis en guise d’introduction.

    « Enchanté de vous rencontrer », j’ai dit, en tendant la main.

    Patron me donne un regard pénétrant. « Vous aussi, » répond-il. « Parlons quelques minutes avant de partir en tournée. »

    Une des femmes nous sert des verres de thé à la menthe sucrée. « Vous avez une très belle propriété ici », dis-je en essayant de briser la glace.

    « Merci », répond Patron. « Mais qu’est-ce que ça vaut si j’ai toute cette bonté et que je suis en prison ? »

    Patron m’explique qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt lui aussi depuis plusieurs années maintenant.

    « Mon pot-de-vin ne me permet de me déplacer que dans une zone limitée de plusieurs villages sans être arrêté « , dit-il. « Si j’ai un événement familial à Casablanca ou à Marrakech, par exemple, j’ai un problème. »

    « Maintenant, écoutez », prévient Patron. « Je vous envoie avec Mahmoud, le frère de ma femme. Vous ne pouvez pas allumer la caméra sans sa permission. Il n’y a pas de plans à 360 degrés. Tu ne prends qu’une direction à la fois, compris ? »

    Je dis bien sûr, et nous sommes en route.

    Après environ 15 minutes d’un trajet particulièrement cahoteux, nous arrêtons la voiture au pied d’une petite colline. De l’autre côté, un petit jardin d’Eden vous attend : Un champ plein de plantes de cannabis mûres, en pleine floraison et prêtes pour la récolte.

    Nous allumons un joint et profitons du paysage époustouflant qui se dresse devant nous quand Mahmoud se tourne soudain vers moi et me dit : « Tu sais, maintenant que j’y pense, mon père m’a dit un jour que les Juifs étaient les meilleurs vendeurs de hash du Maroc ».

    Les Juifs étaient les meilleurs vendeurs de haschich du Maroc.

    Nous voyageons entre de grandes montagnes verdoyantes et des routes non pavées. Une forte odeur de cannabis monte dans l’air, tandis qu’en arrière-plan, j’entends Francis et Mahmoud négocier le prix du prochain lot de graines que Francis va apporter d’Europe le mois prochain.

    Jusqu’à il y a quelques années encore, la plupart des agriculteurs locaux auraient cultivé le Bildia, une variété de cannabis locale acclimatée au climat de la région, mais avec une production de résine relativement faible et une faible teneur en THC (tétrahydrocannabinol, la principale substance psychoactive active du cannabis). Cela avait maintenu la production de haschisch à un niveau relativement bas et les effets du produit final étaient faibles.

    Ces dernières années, les Marocains ont importé d’Europe de plus en plus de souches hybrides capables de produire une production de résine beaucoup plus élevée et une teneur en THC environ cinq fois supérieure.

    Après environ 15 minutes d’un trajet particulièrement cahoteux, nous arrêtons la voiture au pied d’une petite colline. De l’autre côté, un petit jardin d’Eden vous attend : Un champ plein de plantes de cannabis mûres, en pleine floraison et prêtes pour la récolte.

    Nous allumons un joint et profitons du paysage époustouflant qui se dresse devant nous quand Mahmoud se tourne soudain vers moi et me dit : « Tu sais, maintenant que j’y pense, mon père m’a dit un jour que les Juifs étaient les meilleurs vendeurs de hash du Maroc ».

    Les Berbères cultivent, les Juifs vendent

    Cette information enflamme mon imagination, mais Mahmoud ne peut pas me donner beaucoup de détails sur la part des Juifs dans la scène du haschisch au Maroc – pas plus que les gens du pays que j’essaie de questionner. Heureusement, à mon retour en Israël, je rencontre le Dr Doron Danino, un expert du judaïsme marocain, qui sait exactement de quoi parlait Mahmoud.

    « Les Juifs en général ne cultivaient pas de cannabis, explique Danino. « Mais ils ont reçu un monopole du roi pour la vente de tabac au Maroc, et cela comprenait la vente de la plante de cannabis et du haschisch produit à partir de celle-ci. »

    Selon Danino, les fermiers berbères des montagnes du Rif étaient des agriculteurs qualifiés, mais la plupart étaient analphabètes et parlaient principalement la langue amazighe (berbère), qui n’avait jusqu’à relativement récemment aucun système d’écriture.

    Après la conquête musulmane du Maghreb au début du VIIIe siècle, la plupart des citadins parlaient arabe, de sorte que la communication avec la communauté berbère isolée était parfois difficile.

    « Mais les Juifs parlaient plusieurs langues, et ils avaient un sens des affaires, ce qui en faisait un partenariat mutuellement bénéfique « , dit Danino.

    Une querelle de voisinage : Sur le haschisch et les souris

    Aujourd’hui, malheureusement, il reste très peu de documentation qui puisse éclairer davantage les détails du commerce du haschisch juif au Maroc. Mais un examen attentif des textes religieux écrits par les rabbins des communautés locales aux XVIIIe et XIXe siècles révèle des informations fascinantes sur l’implication des juifs dans la scène du haschisch au Maroc.

    Écrit au XVIIIe siècle et imprimé à Jérusalem dans les années 1930, le livre « Avnei Shayish » du grand rabbin de Sefrou, le rabbin Shaul Abitbul, détaille les droits de licence annuels que les marchands juifs de haschisch devaient payer au roi chaque année : 24.000 rials espagnols.

    Et bien qu’un certain nombre de sources religieuses de l’époque fassent référence à des questions liées au haschisch, aucune ne mentionne l’interdiction de la consommation, ou même du commerce, de cette substance.

    Il y a, par exemple, une description amusante d’un conflit entre voisins qui s’est développé à la suite d’une vente de haschisch dans le livre « Shofriya DeYakov », écrit par le sage Yaakov Bardugo, chef du tribunal rabbinique de Meknès, il y a 200 ans.

    Le texte décrit comment les voisins voulaient qu’un marchand juif local cesse d’utiliser son appartement comme base pour son commerce de tabac et de haschisch.

    Selon le texte, « les propriétaires des[autres] maisons se sont levés et l’ont poursuivi en justice… parce que les plafonds et les murs étaient abîmés par les souris qui s’égarent et qu’on trouve beaucoup dans les endroits où le blé et d’autres cultures sont entreposés ».

    Malheureusement, les souris ne sont qu’un de leurs problèmes.

    « Tous les propriétaires des maisons prétendaient aussi que[le marchand] ne pouvait pas utiliser un appartement ou une cour pour loger le tabac et le kief », poursuit le texte, « à cause de l’odeur qui en émane et nuit aux bébés, et aussi aux adultes qui n’y sont pas habitués ».

    Mais il s’avère que le plus gros problème pour les voisins n’est pas les souris ou la puanteur – mais plutôt les clients mal élevés qui viennent, goûtent la marchandise, et mangent.

    « Et en plus de la multitude de ceux qui entrent et sortent de leur cour, c’est aussi un grand dommage quand[les clients] deviennent fous sur les résidents locaux, surtout les femmes et les enfants… puisque tous les clients de ce commerce sont forts et agressifs, et ils sont toujours fous et confus et ivres. Et ils demandent du pain, ou une compote, et du charbon pour brûler, et personne ne peut rien leur dire. »

    Il est clair que les Juifs du Maroc savaient comment faire de l’argent avec le commerce du haschisch. La question demeure cependant de savoir s’ils l’ont consommée eux-mêmes à des fins récréatives.

    Le couscous aux mille épices

    Les Juifs marocains n’étaient probablement pas de gros fumeurs de haschisch, mais selon Raphaël Attias du Centre des Juifs d’Afrique du Nord, il y avait des événements spéciaux où le cannabis était utilisé.

    Les célébrations familiales ou communautaires comme les mariages ou les bar-mitsvahs commençaient souvent le soir précédant l’événement, où les groupes mangeaient, buvaient et se régalaient. Souvent, ils servaient du shakshuk dal-ashub – un célèbre plat de couscous contenant du haschisch – pour les aider à se mettre dans l’ambiance avant le grand jour.

    Shakshuk dal-ashub est un couscous qui est préparé avec  » mille épices « , explique Danino. « Maintenant, il y a certains endroits dans le nord du Maroc, surtout autour du Rif, où d’autres épices qui étaient communes dans la région ont été ajoutées à ce plat. »

    « L’histoire est familière », dit Danino. « Ils organisaient des soirées pour les femmes, en particulier la cérémonie du henné avant un mariage, où les femmes allaient au mikvah[bain rituel] et organisaient une’fête des femmes’. Et à cette fête, ils préparaient aussi le shakshuk dal-ashub et y mettaient des choses qui les rendaient plus heureux. »

    Source : The Times of Israel, 12 mars 2019

    Tags : Maroc, cannabis, kif, haschich, Ketama, Rif, juifs,

  • Le Maroc, un pays dangereux pour les touristes

    Les attentats contre les touristes se multiplient au Maroc. Pour le gouvernement marocain, il s’agit d’un problème qu’il faut absolument résoudre compte tenu de son impact négatif sur la position du Maroc en tant que destination touristique préférentielle des vacanciers européens.

    Les autorités marocaines hésitent entre pointer du doigt le terrorisme et la maladie mentale pour justifier l’existence de ces attentats qui visent autant les touristes chrétiens que la population marocine de confession juive. Ils ne visent jamais les touristes des monarchies arabes connus pour leurs pratiques sexuelles contraires à l’Islam et amplement critiquées par la population locale marocaine. Leur cible sont toujours des individus de confession non musulmane.

    Le 4 octobre 2016, une néerlandaise et ses deux enfants en visite à Casablanca ont été poignardés par un marocain pendant qu’ils visitaient la Mosquée Hassan II.

    La vidéo de l’agression filmée par un témoin a fait le tour des réseaux sociaux mettant fin au mythe du Maroc comme destination privilégiée des touristes européens.

    Une agression qui a été accueillie avec un mutisme total de la part des autorités qui ont, non seulement imposé le black-out dans la presse locale, mais ont aussi demandé la discrétion aux autorités consulaires néerlandaises.

    La même attitude adoptée par le Makhzen, lors de l’attaque de cinq employés italiens d’un cirque de jeux par un marocain, le 24 août 2016 à Kenitra, tuant l’un d’entre eux et blessant quatre autres. Là encore, les autorités avaient, sur le coup, essayé de minimiser la portée politique de cette agression, en imputant l’acte à un «récidiviste» et circonscrire l’acte dans le cadre d’un «différend personnel» entre le mis en cause et le propriétaire du cirque qui l’aurait licencié de son emploi. Il n’est surtout pas question de suspecter un cas de «xénophobie» ou, pis encore, un acte «terroriste». Alors que ces deux actes portent toutes les caractéristiques d’un acte de xénophobie teinté de terrorisme.

    Le 2 juillet 2016, Sam Toledano et Vicky Chetrit, un couple juif résidant à Casablanca, ont été assassinées chez eux. Dans le but de brouiller les pistes, les autorités marocains ont imputé le crime à leur jardinier.

    Le 26 septembre 2016, trois cyclistes espagnols ont été attaqués avec une hache par un groupe de marocains à Nador.

    Le 17 décembre 2018 restera dans les mémoires des citoyens scandinaves connus pour leur pacifisme et leur ouverture vers d’autres cultures et religions. Deux jeunes filles de 24 et 28 ans ont été sauvagement égorgées et décapitées dans leur tente de campagne au pied du Mont Toubkal. Louisa Jespersen et Maren Ueland ont été victimes d’un crime abjecte et absurde qui a été récupéré par les autorités marocaines dans le but d’agiter la menace terroriste et l’instrumentaliser en vue d’amener les pays européens à solliciter l’aide du Maroc.

    Dans cette pièce de théâtre d’un très mauvais scénario, deux jeunes suisses ont été injustement accusés par le pays d’accueil et abandonnés par leur pays d’origine.

    Tags : Maroc, terrorisme, xénphobie, antisémistisme, juifs, tourisme,

  • Maroc : Hedva Selaa, la fille cachée du roi Hassan II

    Grâce au défunt roi du Maroc Hassan II, on aura tout vu. Même un roi roi musulman autoproclamé « Commandeur des Croyants » qui entretient des relations sexuelles avec une maîtraisse juive. Une relation qui a été couronnée par deux enfants illégitimes qui ont grandi en Israël.

    A l’époque, le prince Hassan a pris pour maîtresse une dame juive, Anita, nièce de Léon Benzaquen, figure de la communauté juive marocaine et futur ministre des PTT du premier gouvernement marocain sous Mohamed V.

    Hedva et son frère Jacky, ont émigré en Israël. Selon l’AFP, Jacky refuse d’en parler. Cependant, Hedva a tout dévoilé au quotidien israélien Yedioth Aharonot, 8 ans après le décés de sa mère Anita, en 1997. Une mère que Hedva n’hésite pas à qualifier de femme frivole et multipliant les aventures.

    Selon se déclarations, elle ne demande qu’à rencontrer son demi-frère, ce qu’il refuse catégoriquement.

    Nous pouvons comprendre que le roi du Maroc Mohamed VI fasse fi des réclamations de l’ex-espionne israélienne, Hedva Selaa pour tisser les liens avec ses frères marocains avec lesquels elle partage la parenté de Hassan II. Pour des raisons évidentes, Mohamed VI ne peut pas avouer la perversité de son père et les liens profonds qui unissent la dynastie alaouite avec l’Etat Hébreu et le sionisme.

    Mais ce qui est difficile à comprendre c’est pourquoi les liens de parenté qui lient la famille royale marocaine avec celle du président syrien Al-Assad n’ont été jamais évoqués. Peut-être parce que les leaders syriens, à différence des marocains, n’ont pas été jusqu’à se proclamer descendants du prophète.

    Il y a aussi que la famille Al-Assad n’a jamais vu d’un bon œil la disponibilité marocaine à soutenir les complots occidentaux contre la Nation Arabe et en faveur d’Israël. C’est la raison pour laquelle la Syrie avait reconnu la RASD et soutenu le droit d’autodétermination du peuple Sahara occidental.

    La descendance du prophète c’est aussi pour cacher une autre vérité. Que la véritable mère de Hassan II est Abla, l’esclave que le Pasha Leglaoui avait offerte en cadeau au roi Mohamed V.

    Tags : Maroc, Hassan II, Hedva Selaa, Mohammed VI, juifs, Anita Benzaken, Léon Benzaken,

  • Mon père, le Maroc et moi

    Perdre son père est aussi vieux que le monde. C’est un drame personnel quelle que soit la religion et la culture. Mon père lui est mort brutalement sur la voie publique au Maroc, je me trouvai 8 000 km plus loin, au Brésil, le pays où j’ai élu domicile. Je lui avais rendu visite quelques jours plus tôt à Rabat et nous nous sommes faits nos adieux sans le savoir sur le pas de la porte un dimanche radieux d’octobre.

    La mort, la police, le cimetière, la mosquée, l’administration, la banque, ces mots vont prendre une connotation particulière dès la disparition de mon père. Sans la protection et la médiation de mon père, je serai déniaisé. Tout va s’effondrer à commencer par l’image du pays où je suis né et que j’ai quitté à mes vingt ans.

    J’ai ouvert les yeux sur une société archaïque, saturée de corruption et de faux-semblants. Et peut-être que la découverte la plus douloureuse a été de ressentir dans ma chair cette décadence morale ancienne et sans cesse ravalée derrière des couches et des couches de mensonges faits à soi-même et au monde. Il a fallu que mon père parte pour que je voie clair : le mal est profond et va bien au-delà des élites, il a emporté le peuple en entier.

    Mon père aimait les juifs du Maroc, il faisait partie d’une génération qui chérissait toutes les composantes du Maroc : sa terre, ses arbres, ses fleuves et ses habitants dans toute leur diversité. Tout petit, à Séfrou, il côtoyait les juifs qui étaient là depuis la naissance du Maroc. Plus tard, il les a vus partir en grand nombre vers Israël, la France et l’Amérique du Nord.

    En partant ils ont emporté avec eux des compétences et un mode de vivre qui font cruellement défaut au Maroc d’aujourd’hui. Ils étaient comme mon père, c’étaient des Marocains exceptionnels, capables d’assumer leurs traditions et d’évoluer dans la modernité. C’est facile à dire et à écrire mais c’est extrêmement difficile à réaliser sur le terrain.

    Petit à petit, les Marocains de la trempe de mon père tirent leur révérence. Et l’effet se ressent à l’œil nu pour ceux qui, comme moi, acceptent de voir le réel. Y’aura-t-il une relève ?

    Mon père, le Maroc et moi est une chronique sociale, elle paraît le 05 février aux Editions de l’Artilleur. Prix : 15 euros en librairie et 8.99 euros en format kindle (Amazon).

    Source

    Tags : Maroc, Driss, Ghali, mon père le maroc et moi, Makhzen, juifs,

  • Maroc: Note au sujet du PJD et du Forum de l’Avenir

    3 nov 09

    Note d’alerte

    Communiqué PJD/Forum de l’avenir

    ANALYSE

    • La stratégie d’évitement

    En effet le secrétariat général évite de critiquer frontalement l’accueil par le Maroc du forum de l’avenir, et de facto ce qui est désigné par « politique de normalisation », ainsi et pour semble t il éviter de se retrouver de front avec l’Etat, particulièrement suite au communiqué tranchant de la primature qui avait dénoncé la position du parti en ce qui concerne le fonds d’appui a El Qods.

    Aussi et dans le cadre de l’habituel distribution des rôles c’est au groupe parlementaire Pjd que ce rôle a été dévolu, s’appuyant nous semble t il sur principe de l’immunité et se prévalant de la position de représentants de la Nation.

    • La volonté de banalisation

    La position contre le forum de l’avenir est dilué dans une somme de positions « banales« (conseil de la concurrence, non participation au hajj…) qui auraient été discutées par le groupe, évitant d’y consacrer une déclaration spécifique.

    • L’argumentaire

    La position contre le forum de l’avenir est construite a partir de « « …الانتهاكات الصهيونية الممنهجة لحرمة المسجد الأقصى وتهديد سلامته وكدا مساعي الكيان الصهوني الحثيثة لتهويد مدينة القدس عبر اعتماد سياسات إرهابية وعنصرية، ضد المقدسيين ترمي إلى تفريغها من ساكنتها المرابطة… »

    Faisant ainsi de la question d’Al Qods et de la logique de “normalisation” l’épicentre supposée des travaux du forum.

    • La « sacralisation » de la position du PJD

    La dernière formule employée en signature du communiqué est un louange « والله الموفق

    والهادي إلى سواء السبيل« 

    Louange qui semble faire référence a l’extrait suivant du saint Coran :

    سورة الأحزاب الآية 4

    Or la formule « الهداية للسبيل” est expliquée selon Ibn Katir ابن كثير par le droit chemin « الطريق المستقيم »

    Au même moment Tabiri الطبري l’explique suivant والله يبين لعباده سبيل الحق، ويرشدهم لطريقالرشاد « 

    Points marquants

    • La surenchère

    Ce communiqué se veut une surenchère par rapport a la position officielle du Royaume, tout en se positionnant ex nihilo ! , en ce sens qu’il affirme : « …إن فريق العدالة والتنمية يطالب الدولالإسلامية، وعلى رأسها المملكة المغربية باتخاذ كل المبادرات التي يتطلبها واجب حماية القدس الشريف باعتباره أولى القبلتين وثالث الحرمين الشريفين من كل أشكال العدوان الصهيوني« 

    Ce faisant, le communiqué fait abstraction purement et simplement de la mobilisation du peuple Marocain et de l’engagement de Sa Majesté dans le soutien indéfectible a la cause Palestinienne, notamment a travers les efforts récents de Bait Mal al Qods

    De même qu’il occulte les déclarations faite par le Ministre des A.E au Caire le 24 juin dernier :

    « قال السيد الطيب الفاسي الفهري, وزير الشؤون الخارجية والتعاون, إن جلالة الملك محمد السادس, رئيس لجنة القدس, يرفض أية سياسة تهدف إلى تهويد القدس الشريف وتغيير الطابع العربي والإسلامي للمدينة المقدسة. وأضاف السيد الفاسي الفهري, الذي ترأس الوفد المغربي في الاجتماع الطارئ لوزراء الخارجية العرب, الذي انعقد اليوم الأربعاء في القاهرة, في تصريح لوكالة المغرب العربي للأنباء, أن جلالة الملك « جد منشغل » بقضية الاستيطان الإسرائيلي في الأراضي الفلسطينية المحتلة. وأوضح وزير الشؤون الخارجية والتعاون أنه « لا يمكن أن تكون هناك مفاوضات سلام جادة ( بين الفلسطينيين والإسرائيليين ), وإسرائيل تواصل سياسة الاستيطان في الضفة الغربية بصفة عامة, وفي القدس بصفة خاصة« .

    De même qu’il est a relever que les déclarations officielles du Royaume lors du forum de l’avenir se sont tout particulièrement employé a dénoncer les exactions commises contre le peuple Palestinien

    A titre d’illustration : « …عبر المغرب مجددا، اليوم الثلاثاء بمراكش، عن انشغاله البالغ وإدانته لما يتعرض له المسجد الأقصى من انتهاكات وأعمال عدوانية اسرائيلية لا مشروعةوقال وزير الشؤون الخارجية والتعاون السيد الطيب الفاسي الفهري، في كلمة خلال الاجتماع الوزاري لمنتدى المستقبل، إن المملكة المغربية تشدد على ضرورة الحفاظ على الوضع القانوني الخاص لمدينة القدس وطابعها المتميز وحماية معالمها الروحية والحضارية.

    • L’accusation directe de l’ Etat Marocain

    Le communiqué accuse ouvertement l’Etat Marocain d’avoir choisi d’abriter le forum de l’avenir comme l’un des leviers d’une coupable « politique de normalisation« délibérée avec Israel

    • L’usage politicien d’une cause universelle

    Ce communiqué ne déroge pas a la manie du Pjd d’inscrire une cause universelle dans un cadre d’étroits intérêts politiques.

    L’instrumentalisation de la cause Palestinienne permettant au parti de tisser /raffermir des fils de rapprochement avec les partis dits progressistes ( Usfp, Psu…) des organisations des droits de l’Homme ( AMDH) et des mouvements islamistes prohibés ( JAOI)

    CONTEXTE

    Il est a souligner le M.A.E a eu a réagir par 2 fois a des positions du Pjd

    • Au moment de la rupture des relations avec le Vénézuela, le Pjd avait alors rendu visite a l’ambassadeur du Vénézuela en poste a Rabat , dans le cadre d‘une délégation incluant le M.P et l’U.C au moment de l’exclusion par le Vénézuela de l’ambassadeur d’Israel.

    Mustapha Ramid avait alors déclaré :

    « …إن الرئيس الفنزويلي كان إسلاما أكثر من حكام المسلمين، وعربيا أكثر من العرب، من خلال إقدامه على طرد السفير الصهيوني من بلاده، وعلى الدول العربية استيعاب الدرس الفنزويلي وقطع العلاقات مع الصهاينة« .

    Par la suite le M.AE.C avait publié un communiqué stipulant que : « …المغرب قد قرر إغلاق سفارته في جمهورية فنزويلا البوليفارية ونقلها إلى جمهورية الدومينيكانهذا القرار يأتي على إثر العداء المتصاعد للسلطات الفنزويلية إزاء قضية الوحدة الترابية للمملكة المغربية، وإلى إجراءات التأييد التي اتخذتها مؤخرا حكومة البلد لفائدة الجمهورية الصحراوية المزعومة« .

    • Au moment de l’envoi d’une lettre par le député Aftati a l’ambassade de France

    Le M.A.E.C avait alors déclaré :

    « …هذه المراسلة ليست مقبولة ولا معللة بأية حال من الأحوال سواء على الصعيد السياسي أو الأخلاقيإن الجنسية الفرنسية التي يحملها السيد بوبكر لا يمكنها أن تشكل حجة وتعلل أية حماية أجنبية، في ما يتعلق بانتخابات وطنية وداخليةإن التوجه إلى السفارة الفرنسية بالمغرب من قبل مسئول بحزب العدالة والتنمية ليس مفهوما ولا معللا بتاتا« .

    RECOMMANDATIONS

    Toute riposte a ce communiqué PJD, devrait a notre sens, intégrer les donnes suivantes :

    • Le Pjd cherche obstinément a se frayer un position de joute politique et de polémique, notamment avec la difficulté d’être tenaillé par un nouvel élément fort dans l’opposition (PAM) et un acteur de la majorité usant d’une dialectique d’opposition (USFP)
    • La prompte propension du PJD a user de la position de victime martyrisée par une partie de l’Etat cherchant son « éradication »
    • Le risque d’exposition médiatique « gratuite » du PJD et de son dirigeant Ramid sur les plans national et international
    • La publication de ce communiqué semble décalée et intervient après la tenue de l’événement qu’il appel a boycotter ( a vérifier)

    Toutefois, nonobstant ces facteurs de risques, nous recommandons d’étudier le déploiement d’une riposte institutionnelle tenant compte de la gravité des faits exposés ci avant et étant entendu que nul acteur, quel qui soit et sous des prétextes fallacieux, ne saurait s’ériger en censeur/au dessus de l’engagement permanent et tangible d’Amir Al Mouminine pour la cause Palestinienne